La Plume d'Aliocha

09/11/2012

Le temps des médias

Filed under: questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 09:20
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Passionnante interview que celle de Dominique Wolton publiée dans La Tribune. Le directeur de l’Institut des Sciences de la Communication au CNRS y analyse la crise de légitimité des médias et plein d’autres choses encore. Je ne vais pas le paraphraser, le mieux est de vous y renvoyer. Observons au passage que ce très long article compte 22 000 signes, preuve s’il en était besoin que son auteur a choisi d’ignorer l’impératif catégorique kantien de la presse actuelle : faire court, pour faire court car les lecteurs n’ont plus le temps de lire. Ouf, ça fait du bien !

Justement, puisque nous parlons du temps, Dominique Wolton explique dans cet entretien que le temps de la politique n’est pas celui des médias. Son observation vaut pour le gouvernement d’un pays, mais pas seulement. Chaque domaine ou presque pourrait avancer que son temps n’est pas celui des médias. C’est le cas de la justice qui met des années à instruire et juger un dossier. De  la science dont les travaux s’étendent sur des décennies. De l’entreprise, dont on ne peut juger le développement qu’à long terme. Et de tas d’autres domaines d’activité encore. Du coup, on peut se demander si le temps des médias n’est pas exclusivement celui des…médias. Mais au fait, de quels médias parlons-nous ? S’il s’agit de désigner la partie d’entre eux qui produit de l’information (radio, télé, presse écrite, web) bien sûr que ces médias-là sont tributaires de l’urgence, celle consistant à informer le plus vite possible. La valeur de l’information est intrinsèquement liée à sa nouveauté et diminue à mesure que l’information est connue. De fait, informer rapidement n’est pas seulement un travers professionnel mais une question économique, a fortiori depuis qu’Internet a bougé les lignes du temps (le quotidien n’est plus le summum de la rapidité de l’information écrite) et imposé son exigence de gratuité. Préoccupation économique que Dominique Wolton dénonce à juste titre, à ceci près que la survie de la presse est suffisamment menacée pour qu’on entende l’argument. Il ne s’agit pas ici de gagner plus que les autres, mais d’éviter de mourir.

La culture du « tout, tout de suite »

Mais les médias ne seraient-ils pas au fond tributaires d’une accélération dont ils ne seraient qu’en partie responsables ? Les nouveaux joujoux technologiques multiplient les promesses de vitesse et nous transforment, de fait, en consommateurs d’instanténéité. La possibilité de téléphoner où que nous soyons et quand nous le voulons a fait son apparition il y a 20 ans avec le portable. Puis la généralisation d’Internet jusque sur ces téléphones a renforcé cette  culture du « tout tout de suite ». Il n’y a donc pas que les organes d’information qui vivent dans l’instantanéité, mais plus généralement chacun d’entre nous. De sorte qu’on peut se demander si le public ne tend pas lui aussi à exiger la vitesse. Dans ce cas,  le divorce évoqué par Dominique Wolton entre des médias impatients et un public lassé de cette hystérie pourrait n’être que provisoire. Ce qui n’est pas réjouissant d’ailleurs.

La seconde n’est pas l’unité de temps de l’entreprise

Il est intéressant d’observer au passage que l’utilisation des nouvelles technologies dans la finance a fait émerger les mêmes interrogations que celles soulevées à propos de l’information. « Quelle entreprise vit à la seconde ? » s’interrogent par exemple les détracteurs, forts nombreux y compris chez les économistes libéraux,  du trading haute fréquence. Cette technique consiste à programmer des ordinateurs pour lancer des millions d’ordres sur le marché dans un délai calculé à la nanoseconde. La vitesse est ici si précieuse que les établissements financiers paient à prix d’or le droit d’installer leurs ordinateurs au plus près de celui de l’entreprise de marché (la bourse) car la longueur du câble conditionne la rapidité de l’exercice et donc les juteux bénéfices espérés. Ces ordinateurs achètent et vendent des titres, mais il est bien évident qu’ils ne se comportent pas en investisseurs éclairés investissant dans une entreprise en considération de ses potentialités de développement. De fait, on peut avancer en la matière que la finance s’est déconnectée de l’économie (un peu plus encore…) et que son temps n’est définitivement plus celui de l’entreprise qu’elle est censée accompagner et servir, tout comme l’information semble en passe de se déconnecter (quel paradoxe !) d’un grand nombre de domaines dont elle prétend pourtant s’emparer légitimement. L’ennui, c’est que dans les deux cas, le plus rapide tend à imposer son rythme au plus lent, érigeant la rapidité en valeur suprême. Au point que tout ce qui est lent apparait sujet à caution. La justice est taxée de lourdeur administrative, la politique qualifiée d’immobiliste si elle n’annonce pas trois réformes par jour, la science moquée pour son ignorance quand elle invoque la durée nécessaire à ses travaux.

Que les geeks se rassurent, cette réflexion à haute voix sur le temps des médias et celui de la finance n’est pas une mise en cause déguisée d’Internet ou de l’IPhone. Le désir de vitesse a toujours habité le coeur de l’homme, tant mieux s’il s’accomplit. La question, là comme ailleurs, vise plus à se demander si nous sommes maîtres du progrès ou si par hasard ce ne serait pas le progrès qui finirait par nous diriger et parfois peut-être, nous égarer. Toujours est-il que nous sommes appelés à évoluer désormais dans un double espace-temps. Celui de la communication, virtuel, mondial, instantané, et celui beaucoup plus lent, du monde réel. Comme souvent, faisons confiance à l’adaptatabilité de la nature humaine pour reprendre ses marques, mais il y aura immanquablement des zones de friction. Par exemple quand un dossier politique, judiciaire ou scientifique rappellera aux impatients que nous sommes devenus, qu’il faut parfois du temps pour faire les choses, qu’on ne redresse pas une économie en quelques heures, qu’on ne juge pas un homme le temps d’une émission de TV ou encore qu’il ne faut pas espérer de la science des réponses immédiates à toutes nos questions. A moins bien sûr que ces ultimes refuges d’une « lenteur » nécessaire ne finissent par céder à la tyrannie de l’instantanéité…

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14 commentaires »

  1. Je suis d’accord avec l’ensemble de l’article sauf sur un point : « ce ne serait pas le progrès qui finirait par nous diriger et parfois peut-être, nous égarer » : Le progrès n’est pas une entité indépendante et consciente, seuls les hommes controlent le progrès et son usage. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cet article, c’est à chacun de s’interroger sur son rapport au temps et à l’information.
    En tout cas, très bel article.

    Commentaire par Ettesiun — 09/11/2012 @ 11:17

  2. Alliocha

    oui je sais je râbache comme un gâteux à chacune de mes interventions, mais qu’est-ce qui empêche les médias de faire autrement?
    Par exemple lorsque un tribunal relâche des prévenus déclarés coupables par telle ou telle association bien pensante et fort bruyante pourquoi la parole de cette association sera la seule relayée au point de devenir elle même l’info?

    Vous dites qu’il faut relayer l’info le plus vite possible, sauf que dans le cas d’espèce elle n’est carréement pas relayée, ni sur le moment, ni plus tard.

    L’info n’est pas le baratin de tel lobby, tout le monde connaît leur position, l’info ce sont les raisons juridiques qui ont conduit à la décision.

    OK les juges ne peuvent pas faire le tour des plateaux télé et journaux pour commenter une décision de justice. Mais, sauf erreur que vous corrigerez, les journalistes savent se servir d’un téléphone et de nombreux juriste « bons clients » sont parfaitement prêt à avoir leur quart d’heure de gloire pour expliquer les choses.

    Ben non, on embraye sur le baratin de l’association, après on prend à témoin les réactions sur facebook ou twitter des théoriciens du complot habituels, puis un microsondage enrichit en bidonicité et puis hop l’info suivante.

    Vous (les journalistes) avaient p-e l’impression de faire votre boulot. OK tant mieux, mais j’ai la même qualité d’information gratuitement dans n’importe quel blog d’aigris professionnels. Alors pourquoi irai-je acheter votre journal?

    je dis ça et je dis rien

    Commentaire par Fredo — 09/11/2012 @ 14:06

  3. @Ettesiun : en effet, je procède par raccourci, et je suis d’accord avec vous, c’est à nous de penser le progrès et d’en faire ce qu’on juge bon et nécessaire. Cela étant, en l’espèce le progrès est porté par des géants mondiaux qui nous assènent leur marketing, ce qui a pour effet de créer par exemple des files d’attente démentes devant les boutiques Apple pour acheter l’IPhone 5 ou encore de changer chacun d’entre nous en exhibitionniste notoire (Facebook) ou en pipole de pacotille cherchant la renommée (Twitter). Du coup, il n’est pas impossible que nous perdions la maitrise du progrès…

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/11/2012 @ 15:26

  4. @Fredo : vous avez raison. Simplement,pour comprendre il faut tenir compte d’un certain nombre de facteurs. La presse écrite a fonctionné miraculeusement durant des décennies, du coup les éditeurs de presse ont surfé sur la vague, sans se soucier de provisionner pour les temps difficiles et moins encore d’anticiper les révolutions technologiques. Du coup aujourd’hui, il ne peuvent plus agir, ils sont condamnés à réagir et donc à bricoler dans l’urgence pour sauver leur peau. Résultat ? Course à la vitesse, au buzz et mauvaise information. Les journalistes suivent soit inconsciemment, soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire mieux, soit encore parce qu’ils obéissent, à leur corps défendant. Sur l’affaire des Tournantes, un de mes confrères m’a confié qu’on lui avait demandé de relayer les assoc’ féministes et qu’il n’avait pas eu le choix. Parce que la défense se taisait, parce que le procès était à huis clos et parce qu’il fallait quand même parler de l’affaire.Alors on en parle, comme on peut…C’est navrant, je vous l’accorde. Mais pour se remonter le moral, on peut songer que nous sommes en phase transitoire, et que bon an mal an, des esprits éclairés finiront par identifier ces erreurs et changer les choses. On en voit les prémisses avec des canards comme XXI qui remontent le courant : des reportages de fond, une périodicité trimestrielle, un vraie exigence de qualité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/11/2012 @ 15:31

  5. 1) « Je suis d’accord avec l’ensemble de l’article sauf sur un point : « ce ne serait pas le progrès qui finirait par nous diriger et parfois peut-être, nous égarer » : Le progrès n’est pas une entité indépendante et consciente, seuls les hommes controlent le progrès et son usage. » Commentaire par Ettesiun — 09/11/2012 @ 11:17
    2) « c’est à nous de penser le progrès et d’en faire ce qu’on juge bon et nécessaire. » Commentaire par laplumedaliocha — 09/11/2012 @ 15:26

    La notion de « progrès » est très ambiguë :
    – dans le domaine scientifique, il y a « progrès » si la nouvelle théorie non démentie par les faits englobe, complète, prolonge, réfute ou explique la précédente
    – en technique, il y a « progrès » si le service rendu est nouveau ou obtenu de façon plus efficace (moins coûteuse en moyens) en comparaison avec la technique précédemment utilisée
    – dans le domaine humain… le « progrès » de l’un peut être vu comme une régression par l’autre. Et tout progrès scientifique a vocation à devenir progrès technique – et à modifier les comportements humains : on ne peut être certain que ce sera un « progrès » (la télévision, le nucléaire, les OGM, les nano-technologies, etc.) perçu comme tel par tous.
    D’autres évolutions des comportements humains n’impliquent pas forcément un progrès techico-scientifique préalable : chacun peut y voir aussi un « progrès », ou pas.
    L’abolition de l’esclavage est généralement perçue comme un progrès. Pas par tous. L’impôt progressif sur le revenu – idem ! Les congés payés – encore idem ! La Sécurité sociale – idem ! L’abolition de la peine de mort – re-idem ! Les 35h – idem toujours !
    Et n’évoquons pas le mariage des homosexuels ou la dépénalisation du cannabis… où il y aurait un « retard » à combler (par rapport à quel horizon, défini comment, par qui ?)

    Le téléphone mobile (ou l’Internet) résulte de progrès scientifiques indiscutables obtenus le siècle dernier, et de progrès techniques toujours indiscutables de ce siècle. C’est également un progrès humain quand il permet d’alerter sans délai des secours (d’obtenir rapidement des « informations »). C’est une régression quand ils permettent de pister l’utilisateur à son insu, d’espionner ses échanges ou de l’inonder de messages publicitaires non sollicités. Mais cette « régression » est perçue comme « progrès » par la DCRI et les services de marketing…

    Alors les deux citations ci-dessus ne me semblent pas claires : de quoi parle-t-on ?

    Commentaire par Clafoutis — 09/11/2012 @ 18:50

  6. @laplume

    je vais être un vieux con et ronchon, mais j’ai un l’impression qu’on nous prend pour des jambons. Il est méga hyper super facile d’accuser le « lecteur » qui voudrait de l’instantané avec les dernières merdes que la pub ET LA PRESSE lui vend à grand renfort d’article travaillé, fouillé, précis factuel – non je me moque.

    le problème de la presse vient ….. de la presse. Attention je ne parle pas du journaliste, mais bon vous arrivez d’un coté à enfoncer JK qui fait comme on lui « dit » de faire (résister toussa) et en même temps flaire pleurer giselle sur les pauvres journalistes qui ne peuvent faire que ce qu’on leur dit de faire. (ils résistent pas, toussa… période les plus noire, point godwin ?)

    Je crois que comme tout être humain vous ne voyez pas votre responsabilité (pas vous individuellement mais la corporation ou le métier) et vous cherchez des raisons chez les autres pour atténuer vos responsabilités.

    La presse se meurt parce que pendant plus de 30 ans (peut être même 50), vous n’avez été (en règle général, il y a toujours des exceptions) un outils de propagande politique pour les puissants en cherchant à endormir la masse laborieuse, la noyer dans des trucs soit techniques soit à la jean pierre pernault façon reportage france profonde.

    Dans quel organe de presse papier, y a t il de vrais reportages sur ce qu’il se passe réellement en grèce, espagne portugal, italie. Ce qu’il se passe humainement, les résultats de la politique de l’europe ?
    Dans quel organe papier peut on trouver des reportages travaillés et fouillés sur l’importance de goldman sachs sur la politique économique mondiale, ce que cela implique, combien cela coûte ?
    Dans quel organe de presse y a t-il de vrais reportages sur les études alternatives sur les ogm ? ce qu’il y a dans le monde à ce propos, ce qui se passe aux états unis, en inde, en afrique… Et sur big pharma ? et sur les quasi monopoles en france ?

    Je vais vous répondre : dans aucun.

    La seule différence avec internet, ce n’est pas la rapidité, mais qu’il y a un canal de communication qui n’est pas verrouillé par « un des 500 » qui contrôle la france et les gens découvrent que vous nous mentez depuis des lustres. Et vous prenez chère. Alors oui vous vous lancez dans la course à la nouvelle la plus récente (le tweet d’une grognasse qui change la face du monde, le retour ou pas de sarko, la bataille copé-fillon, l’allemagne qu’est trop un exemple (mais pas un seul article sur la paupérisation de sa population) le mariage de untel ou la sortie d’ un autre.

    Ouais, les gens le lisent, mais comme ils regardaient friends dans les années 90 : ils _savent_ que ce n’est pas de l’information et ne veulent pas payer pour cela : c’est juste du divertissement (et de mauvaise qualité, mais justin biber se vend, alors) Comme vous (la presse, en gros) ne savez/voulez pas faire autre chose, vous allez crever et une autre presse renaîtra : comme JK est passé à perte et profit le modèle actuel va disparaître, mais cela ne fera pas disparaître l’information. Vous n’en aurez pas le monopole, c’est tout.

    Ensuite sur le jouraliste, il va subir ce qu’il (avec la presse) a vendu à la masse : moins de charge, plus de travail, plus de flexibilité,moins d’argent (sinon on va pas s’en sortir : vous avez vécu au dessus de vos moyens, toussa), maintenant vous allez le vivre appliqué à votre cas. Vous pataugez dans la même poisse que les autes, celle que vous prédisiez obligatoire pour le bien et la croissance, vous allez la vivre. Et vous ne l’avez pas vu venir ?

    Commentaire par herve_02 — 09/11/2012 @ 19:33

  7. Ce qui m’agace le plus avec certains journalistes (genre JT ou entretien avec une « personnalité ») c’est l’absence de débat.
    Entendons-nous bien : poser une question, entendre la réponse puis enchainer la question suivante sans aucune observation , c’est nullissime !
    Si quelqu’un se permet une réponse contradictoire avec une position précédente ou des chiffres ou des faits, autant le souligner … Il faut mettre les pieds dans le plat au lieu de prendre les gens (auditeurs, spectateurs …) pour des ânes !

    Il n’y a que pour les matches de foot que les « professionnels de l’information » se fendent d’un commentaire …
    C’est navrant !

    Commentaire par fultrix — 09/11/2012 @ 22:18

  8. Wolton est vraiment un enfonceur de portes ouvertes.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 10/11/2012 @ 04:35

  9. Alliocha

    En phase transitoire, vraiment?

    tenez lisez ceci:
    http://www.slate.fr/story/64721/le-lab-europe-1-meilleur-site-infos

    Quand on en est à s’inspirer des méthodes Morandini pour faire de « l’info », ben je suis pas certain que les journaux passerons la décennie

    allez pour le fun, la citation en entier:

    « C’est là où est le coup de génie (certes emprunté à Morandini): les journalistes du Lab épluchent tous les matins la presse politique à la recherche de petites phrases passées inaperçues »

    C’est bon les gars continuez, vous visez bien le pied. Coup de génie en effet.

    De toute façon une démocratie ne permettant pas de produire la valeur pour les actionnaires, franchement autant s’en passer.

    Commentaire par Fredo — 12/11/2012 @ 11:55

  10. @Fredo : très intéressant, merci pour le lien ! Sinon, ça vous étonne ? Quand j’entendais il y a quelques années que le web allait sauver l’information des griffes de ces cons de journalistes racoleurs, paresseux et superficiels, je riais intérieurement (enfin passé la première phase d’inquiétude puis celle de l’analyse pour tester la pertinence du pronostic). L’avenir à mon avis sera pire et meilleur que le temps glorieux de la presse papier. Il y a aura d’un côté le tissu de conneries que vous mettez en lien (le pire) et de l’autre, par réaction, un journalisme de plus en plus consistant, soit dans le technique à valeur ajoutée (par exemple la presse éco), soit dans le grand reportage, l’enquête (magazine XXI et ses petits camarades,mais aussi enquêtes au long cours puliées sous forme de livre). De fait, la prévision de Marcel Gauchet sur l’émergence d’un journalisme de qualité, payant, réservé à une élite, et d’un tout-venant à la Morandini pour les autres (il ne cite pas Morandini, c’est moi qui adapte à notre propos)semble en passe de se réaliser. A qui la faute ? Aux éditeurs de presse bien entendu, mais aussi au mythe de la gratuité sur Internet. Un journal, c’était vraiment pas cher (même si un peu plus cher en France qu’ailleurs). On ne veut même plus payer ça. Dont acte. Ouvrez grand la bouche et laissez vous gaver gratuitement par la mal bouffe de l’information.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/11/2012 @ 12:12

  11. Au sujet du « procès des tournantes » : à partir du moment où,la presse n’avait rien concernant ce procès, sauf trois phrases sorties de leur contexte et un verdict, pourquoi devait-elle absolument « parler de l’affaire » ? Quand on n’a rien, on n’a rien, on ne donne pas la parole à des associations qui n’ont pas plus d’information « parce qu’il faut bien dire quelque chose ». Ou alors, on fait un vrai reportage, qui permet de comprendre un peu mieux le pourquoi du comment (en donnant aussi la parole aux associations précitées). Evidemment, ça prend du temps, et le temps…

    Commentaire par lambertine — 12/11/2012 @ 17:11

  12. […] Passionnante interview que celle de Dominique Wolton publiée dans La Tribune. Le directeur de l’Institut des Sciences de la Communication au CNRS y analyse la crise de légitimité des médias e…  […]

    Ping par Le temps des médias | Cultures numériques et nouveaux médias | Scoop.it — 12/11/2012 @ 19:46

  13. @laplume

    Je trouve admirable cette capacité à rebondir sur le tout gratuit, blablabla, internet blablabla, les gens veulent pas payer blablabla. C’est un peu votre marronnier personnel.

    D’abord, l’information (sic) gratuit ce n’est pas une émanation d’internet, mais de la presse papier : le premier gratuit à arriver en france, est, de mémoire, métro, une émanation du groupe de presse suedois Metro international. Il s’est implanté à paris et marseilles en 2002 et était déjà présent en suède depuis plus de temps. Cela fait plus de 10 ans en france. (pour comparer, les archives de votre blog commencent en 2008 – à peine 4 ans) La presse fait connement la querre à google depuis, disons 5 ans.

    Donc la « gratuité » de la presse a été fabriquée par la presse elle même et n’est en _aucun cas_ la résultante de la gratuité sur internet et que les gens y veulent pas payer. La presse à fabriqué elle même le cercueil et a patiemment planté, toute seule comme une grande,un à un, tous les clous qui permettent de faire maintenir les planches qui l’enferme dans le trou : ils se battent contre google qui leur amène du traffic gratuitement, mais donne à apple 30% du CA sur la vente en ligne à destination des mobiles de la marque. Bon apple, il file gratuitement des ipads et iphones à tout un tas de journaliste, donc c’est un truc bien, donc blablabla : vous connaissez autant que moi la déontologie de la profession.

    Ensuite les médias (presse et divertissement) vendent depuis 30 ans (50?) un monde d’absence de réflexion ou l’individu doit devenir un consommateur irréfléchis qui se jette sur tout ce qu’il trouve comme un chien de pavlov, en voulant payer le moins possible (pour en avoir le plus possible). Avec une perte de pouvoir d’achat qui devient tellement manifeste que même les mensonges des gouvernants et des journalistes n’arrivent même plus à le cacher : vous avez les « clients » que vous avez façonnés. Ça m’a toujours fait un peu sourire cette réflexion « mes clients/salariés peuvent pas acheter mes produits (je les paye pas assez), je vendrais mes produits aux clients/salariés des autres » (les autres pensant pareil… serpent.. queue… toussa)

    Ensuite « l’information » sur internet est un bien grand mots. Il peut y avoir de la _réflexion_ c’est à dire le contenu de ce qu’une personne pense : elle à un blog, elle écrit et les lecteurs trouvent intéressant le point de vue et l’éclairage. Les mickey se discréditent tout seuls et on fini par connaître les travers de chacun : cela permet de contrebalancer le contenu, ce que l’on a pas avec les journaux. Si, on sait que les éditorialistes sont des crétins et on lit ce qu’ils bavent dans les cabinets des dentistes ou des médecins parce que c’est ça ou « petit ours brun », même un femme actuelle est plus intéressant. Pas mieux que sur internet. Et ca change de la dépèche afp souvent recopiée et parfois avec les même erreurs ou, miracle de la presse nationale, de la propagande (traitement de l’affaire fontenay ou de l’affaire de tarnace, par exemple).

    Ensuite, je trouve admirable votre petit couplet sur le peuple il aura que la merde bien fait pour sa gueule car il veut plus payer ouinnnn. En cherchant un peu sur internet on tombe sur wikipédia qui fait un calcul à la louche des aides directes et indirectes à la presse pour 2010 ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Aides_%C3%A0_la_presse_en_France

    Pour la presse papier et en ligne, c’est, en gros, 1 milliard sur la seule année 2010 si on ajoute l’audio-visuel ca fait 1,8 milliard pour cette même année. Et, bref résumé, on se retrouve avec des torchons qui expliquent que le « peuple » caracole au dessus de ses moyens, que l’ouvrier payé grassement ses 1000 euros par mois plombe la compétitivité et que le chômeur qui doit toucher impérialement 500-600 euros paresse comme un parasite au crochet de la société. Pour un truc qui crame chaque année pas loin de 2 milliards à faire « de la merde », ca fait pas trop sérieux. Enfin ce que j’en pense.

    Est-ce que vous êtes en train de nous expliquer qu’avec 1.8 milliards soit, à la louche 50 euros (en plus de la pub et du prix de vente au numéro) par français agés de 20 à 65 ans l’industrie de la presse n’est pas capable de fournir une information travaillée qui amène de la réfléxion, sans parti pris, en toute indépendance, sans crever la dalle et que c’est de la faute du présumé-client ?

    Vous le pensez sérieusement ? en tant que journaliste spécialisée en économie ?

    Commentaire par herve_02 — 13/11/2012 @ 02:43

  14. […] Réflexion autours du temps des médias…  […]

    Ping par Le temps des médias | E-culture | Scoop.it — 23/11/2012 @ 11:33


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