La Plume d'Aliocha

24/10/2012

Infernale affaire Kerviel

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 23:37
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Dans mon ancien métier de juriste apprenti-avocat, il y a déjà près de 20 ans, j’avais observé une chose qui m’avait amusée : les dossiers ressemblent aux clients. Une affaire judiciaire porte toujours, à des degrés divers, l’empreinte de celui qui l’initie. Le rôle de l’avocat est en principe de tenir les rênes de l’action judiciaire. Mais, il arrive qu’on tombe sur un client qui vous embarque dans son histoire, sa logique, voire sa folie. Ah si seulement Jérôme Kerviel avait conservé sa première avocate ! S’il avait su dire « je suis tombé malade, j’ai perdu pied avec la réalité, pardon », si cette spécialiste de droit du travail avait pu poursuivre sa stratégie, amener ce dossier sur le terrain  de la relation salarié/employeur, plaider la solitude du trader qui fait des pertes et n’ose pas l’avouer, la perte de contact avec la réalité, tenir Jérôme Kerviel à l’écart des médias, pondérer toute cette folie…

Seulement voilà, Jérôme Kerviel, lui, a voulu en découdre avec la banque. Alors contre toute prudence, malgré les mises en garde de ses conseils successif, il est monté au front, il a attaqué sa victime, mis en cause ses anciens collègues, nié la gravité de sa faute, refusé de demander pardon. Et ce faisant, il a refermé sur lui les mâchoires du piège diabolique dans lequel il s’était mis en se livrant avec démesure à sa passion du trading.

L’issue judiciaire provisoire de ce dossier, qualifiée par certains de scandaleuse et qui est à tout le moins extraordinaire, n’est que le prolongement, on l’oublie un peu trop vite, d’événements eux-mêmes extraordinaires. C’est l’histoire d’un trader qui a engagé deux fois trente milliards en 2007 et 50 milliards en 2008, occasionnant une perte record de 4,9 milliards. Une perte qui a mis en péril la banque et qui aurait pu faire chanceler tout le système financier. Seulement voilà, l’homme et l’histoire plaisent aux médias, le trader devient une icône. Dans un pays réputé pour sa détestation de la finance et des marchés, quel paradoxe ! La justice, elle, est moins sensible au charme du héros. Il faut dire qu’elle a le dossier en mains et que celui-ci est tout sauf romantique. En octobre 2010, elle le condamne à 3 ans de prison ferme et surtout à rembourser les 4,9 milliards perdus. Les montants engagés étaient délirants, les pertes vertigineuses, la sanction est à l’avenant. La justice n’y est pour rien. Celui qui occasionne un préjudice doit le réparer. Dans la vie courante, cela parait normal et même nécessaire. Ici c’est aberrant. A qui la faute ? Est-ce la justice qui a misé et perdu des milliards ? On notera au passage que le jugement fut particulièrement violent avec le trader et bienveillant vis à vis d’une banque qui n’en méritait pas tant. Complot ? Justice de classe ? Non, irritation face au silence obtus du jeune homme, à son refus contre toute évidence d’admettre qu’il a fauté et à son impossibilité de justifier ses allégations sur les complicités internes.

Alors l’ex-trader fait appel, et cette fois il ne dit plus que sa hiérarchie savait mais qu’il est l’objet d’une manipulation digne d’un thriller américain. C’est un peu comme le Da Vinci Code. Quelques éléments de vérité servent à accréditer une histoire incroyable. L’Opus Dei existe, la toile de Vinci aussi mais ici on leur fait dire ce que l’on veut. Et on en tire une histoire infiniment plus chatoyante que la vérité historique et le dogme de l’église chrétienne. Dans notre dossier Kerviel, la finance sert de décor à une superbe intrigue dans laquelle une banque estimant ses pertes sur les subprimes à un montant indécent identifie un trader, le laisse cyniquement déraper, puis décide de le sacrifier sur l’autel de ses intérêts. Des pertes ? Même pas, une obscure cellule grise aurait tout récupéré en sous-main. Ici les éléments de vérité sont la finance décrédibilisée depuis 2008, les bonus des traders, et quelques témoins parfaitement crédibles qui préférent croire à la noirceur des hommes plutôt qu’à leur bêtise.

Las ! La justice est sourde à l’opinion publique et peu sensible au roman. Sous sa lumière glacée le beau trader victime de la méchante banque et son fringant défenseur sont apparus pour ce qu’ils étaient : des plaideurs en panne d’arguments crédibles et de preuves irréfutables. Et voici que Jérôme Kerviel est condamné de nouveau. A la même peine – ça aurait pu être pire, l’avocat général réclamait 5 ans – et au même montant faramineux de dommages intérêts. Comme si cela ne suffisait pas, le journal de 20 heures de France 2  lui offre le soir-même son audience si convoitée. Philippe Bilger s’en est ému dans un tweet : « Honte éthique et médiatique que l’invitation de Kerviel prévenu lourdement condamné au journal de France 2 ». Il a raison. Dans sa logique de magistrat. Médiatiquement, il a tort, Jérôme Kerviel était bien l’homme de l’actualité du jour. L’affaire Kerviel est celle de tous les excès. Elle ressemble à celui qui en est la cause…

Jérôme Kerviel pour l’instant est libre. Il a décidé de se pourvoir en cassation et lance solennellement un appel à témoins. Que le ciel lui vienne en aide.

Mise à jour 25/10 à 14h35 : pour ceux qui souhaitent lire l’arrêt, il est ici. Merci à Kaeldric de l’avoir trouvé et signalé en commentaire !

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183 commentaires

  1. Je ne sais pas si on peut être aussi péremptoire que vous l’êtes quant au choix d’un système de défense. Il y a bien des cas où des avocats « raisonnables » conseilleraient de faire profil bas, de plaider coupable pour obtenir des circonstances atténuantes tandis que les mis en cause choisiront plutôt de faire une défense politique, ou de rupture (avec un avocat comme Verges), quitte à perdre. À quelqu’un qui a tout perdu on pourrait au moins laisser le choix de son système de défense, non ?
    Présenter la banque comme victime, ça me fait doucement rigoler. Si Kerviel a pu engager de telles sommes, c’est que le système le permettait, non ? Il me semble que ce n’était pas la première fois qu’il allait au delà des limites permises. Seulement quand il gagnait, la banque ne disait rien. Ça ressemble à un accord tacite, non ? Donc on pourrait imputer une part de responsabilité à la banque, non ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 25/10/2012 @ 01:15

  2. Pour aller dans le sens d’Aliocha, il faut aussi remarquer que les magistrats jugeant des affaires financières sont exaspérés par les explications maintes fois entendues du style de celles développées par Gilbert Duroux ci-dessus: (je cite) « Si Kerviel a pu s’engager de telles sommes, c’est que le système le permettait, non? » N’importe quel escroc qui a piqué des sommes sur les comptes d’un petit vieux, d’une association, d’un comité d’entreprise, d’une société ou d’une banque dit ça! Et le magistrat pense immédiatement: « Ben tiens, quand il y a une faille, c’est de la faute de la victime si un homme de confiance la gruge! » On sourit des explications de gôche qui consistent à toujours sous-entendre que le délinquant est d’abord une victime. Mais il suffit de traîner dans les audiences financières des tribunaux pour s’apercevoir que, du côté des « friqués », c’est la même explication qui est ressassée. Loin de moi l’idée de défendre par principe la banque mais, comme le remarque Aliocha, Kerviel a revendiqué son comportement. Et donc revendiqué totalement son délit. Après, bien sûr, on peut écrire un roman. De l’affaire Sceznec à Kerviel, le filon des bonnes histoires où l’on fait pleurer Margot est inépuisable.

    Didier Specq

    Commentaire par didier specq — 25/10/2012 @ 07:59

  3. Pour ceux qui aiment la lecture, le texte complet de l’arrêt est ici http://www.bfmtv.com/economie/exclu-bfm-business-texte-larret-cour-dappel-proces-kerviel-366664.html
    Quand Kerviel ira en cassation, il serait intéressant aussi d’en connaître les « motifs ». Je ne suis pas juriste, mon vocabulaire et ma connaissance du droit est approximative, mais pour aller en cassation, il faut soulever des points de droits précis qui n’auraient pas été respectés. On ne parlera plus finance mais droit.

    Commentaire par Kaeldric — 25/10/2012 @ 08:16

  4. C’est curieux, mais je vois un sacré parallèle entre Jérôme Kerviel et Lance Armstrong. Les deux ont mis en place un sacré système pour frauder, et ils persistent à nier, y compris quand les preuves s’accumulent. Et veulent surtout gagner la bataille de l’opinion, parce qu’au fond, ils savent que celle devant les tribunaux sera perdue à terme.

    Commentaire par Zoom Zoom — 25/10/2012 @ 09:01

  5. « Les dossiers ressemblent aux clients » dites-vous. Eh oui, toujours ce fichu mimétisme, toujours cette difficulté à faire un pas de côté et à voir objectivement les choses. Kerviel est dans le déni, la banque aussi. Kerviel noircit la banque, la banque noircit Kerviel. Kerviel se dit innocent, la banque se dit innocente. Et tout à l’avenant. La justice s’en sort plutôt bien, échappant assez bien au piège de la réciprocité, et cest bien là la première qualité qu’on peut attendre d’elle.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 25/10/2012 @ 09:23

  6. je suis perplexe, j’avais une opinion, mais divers commentaires me déstabilisent dans mes certitudes.
    certes l’individu est peu sympathique, mais je refuse de juger au faciès…
    Je ne suis pas juriste, mais quelques capacités à réfléchir, l’hyper-médiatisation de cette affaire me gêne, le changement de défenseur aussi…
    Où est la sérénité de la justice?
    Cliente de la Soc Générale, je lui en veux également de ce que j’appellerais un manque de sérieux dans ses procédés….

    Commentaire par jeanne — 25/10/2012 @ 10:35

  7. Merci pour ce papier, Aliocha. Vous savez, vous me reconciliez (un peu) avec les media … 
    C’est tellement juste quand vous dites que les dossiers ressemblent aux clients. Je suis tombee a la renverse hier : J. Kerviel esperait la relaxe, au vu de la force des preuves et temoignages apportes ! Et le pire c’est qu’il semblait sincere. Il faut croire que l’aveuglement est chez lui un trait dominant de sa personnalite, celui-la meme qui l’a conduit a s’engloutir dans ce faramineux rogue trading …

    @ Denis Monod Broca.

    Vous avez raison : « Kerviel noircit la banque, la banque noircit Kerviel. Kerviel se dit innocent, la banque se dit innocente ». En revanche, si J. Kerviel est assurement dans le deni, il n’en est pas de meme pour la SG. Deja, comme vous le savez sans doute, toute la ligne hierarchique jusqu’au PDG ( a une exception pres) a saute, et je peux vous dire que les employes, notamment dans les salles de marche , ont decille et  realisent parfaitement  ce qui s’est passe  et pourquoi. Il faut dire que la crise aussi est passee par la. La tant admiree SGCIB (Je crois me souvenir d’une phrase off de Bouton :  » c’etait une si belle banque… ») etait, comme on dit, un colosse au pied d’argile …

    Commentaire par Maelle — 25/10/2012 @ 11:10

  8. Ce qui m’étonnera toujours, et me choquera, c’est comment de telles positions ont pu être montées par Kerviel sans que rien ni personne ne voit rien. Ou c’est un génie de la manipulation (et de l’informatique), ou les procédures de contrôle à la Sogé étaient plus que défaillantes. Et le génie, je n’y crois pas trop, alors que des procédures défaillantes, c’est tellement courant (et des traders qui prennent d’énormes positions aussi, Kerviel n’est pas le seul).
    Du coup, question pour ceux dans la finance: est-ce que depuis les choses ont réellement changé dans les banques depuis, en procédures, contrôles,…?

    Commentaire par Nono — 25/10/2012 @ 11:34

  9. @Maelle : il évoque en effet « l’exceptionnelle qualité des témoignages ». Je ne suis pas une fanatique de la petite phrase servant à appuyer une analyse psychologique sauvage de leur auteur, mais celle-là est magnifiquement expressive. C’est lui qui pilote sa défense, lui qui décide la stratégie, évalue la qualité des témoins etc. Visiblement, personne ne parvient à lui faire comprendre qu’on peut être un brillant trader et tout ignorer des moeurs judiciaires…Mortel entêtement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 11:37

  10. Merci pour ce billet. Pour moi c’est clair. La Société Générale a porté plainte contre Kerviel, et la justice a condamné Kerviel, confirmé en appel.
    Ce qui serait amusant, c’est que Kerviel porte plainte contre la Société Générale pour l’avoir mis en situation de pouvoir faire ces énormes conneries. Je ne connais pas l’intitulé exact du délit, mais ça devrait pouvoir se trouver ??
    Non je rigole !

    Commentaire par Ginkgo — 25/10/2012 @ 12:02

  11. Oui, pas de preuves. La preuve est la pierre d’achoppement. Accuser sans preuves alors qu’on est sollicité de s’expliquer sur des fautes avérées ressemble à un déni des ses responsabilités. Il n’est pas risqué, mais téméraire et signe d’une grande inconscience d’accuser sans preuves. Dans la vie courante, c’est ainsi. L’accusation sans preuves se retourne contre vous. Alors devant un tribunal cela devient suicidaire. Non seulement la faute de l’autre n’excuse pas la vôtre, mais s’il apparaît que ce que vous imputez à l’autre n’est pas fondé sur des preuves l’échappatoire est marqué du sceau de la fiction mensongère.

    Comme dans l’affaire de Bobigny, toutes proportions gardées et mutatis mutandis, le soutien médiatique se révèle un poison car il engendre des illusions dans la tête du justiciable.

    Pour moi, Koubi lorsqu’il se plie à une telle stratégie est un dangereux pousse-au-crime.
    Kerviel, au mieux, pouvait espérer bénéficier de circonstances atténuantes, s’il reconnaissait ses torts, sa folie même, et plaidait coupable, dans l’incapacité de nier les faits non plus que sa responsabilité, tout en se présentant comme un rouage d’un système qui lui aussi a déraillé et l’a laissé dérailler, nolens volens, pas plus.

    Que vaudrait en effet l’argument d’un chauffeur de poids lourd plaidant l’irresponsabilité après avoir provoqué un grave accident entraînant mort d’homme dû à un dépassement des limites de vitesse autorisées, et qui pour se défendre en rajouterait encore en attaquant son patron qui lui a remis un véhicule susceptible de dépasser ces limites ?

    L’irresponsabilité et l’inconscience de Kerviel étaient un lourd handicap pour sa défense, mais la pire des défenses était l’accusation sans preuves de la partie civile.

    La condamnation de Kerviel à rembourser presque 5 milliards est évidemment spectaculaire car tout à fait extraordinaire et a tous les aspects d’une aberration. D’où le sujet mediatique. Inévitable.
    Cela ne change rien au fond sur le plan juridique.

    Commentaire par Schmilblick — 25/10/2012 @ 12:06

  12. […] Bref, on en a profité pour voir par les extrêmes vu que le temps nous était donné, merci la sncf.See on laplumedaliocha.wordpress.com […]

    Ping par De la justice: Infernale affaire Kerviel « stitb — 25/10/2012 @ 12:40

  13. « Dans son Traité des Lois, Théophraste dit qu’il y a à Athènes deux sortes d’autels de justice : autels de la Vengeance et autels de l’Injure, en fait des pierres sans taille faisant office de tribunes devant l’Aréopage. L’autel du poursuivant s’appelait la pierre de l’anésie (ἀναιδεία), c’est-à-dire celle de la vengeance inflexible, qui refuse de recevoir le prix du sang (αἰδεῖσθαι). Celle de l’accusé s’appelait la pierre de l’hybris, c’est-à-dire de l’orgueil qui pousse au crime. » (wikipedia)

    La justice des hommes sait indubitablement punir cette forme d’hybris, qui ne se rencontre pas si rarement que ça, au banc des accusés, la faute fondamentale de ceux qui réclament, finalement, plus que leur part de gloire judiciaire.

    Commentaire par Fantômette — 25/10/2012 @ 12:41

  14. @ Fantômette

    En effet, c’est la démesure chez les Grecs, qui éloigne de la réconciliation avec le monde, la réalité.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 25/10/2012 @ 13:08

  15. Je suis assez consterné par autant de certitude ! On pourrait y croire si la justice Française était vierge de toute erreur …. mais elle a également de nombreux cadavres dans les placards ! Et la première dans cette affaire, J.Kerviel n a jamais fait perdre 5Mds à la banque ! Lui a pris des positions à risque sur un montant non autorisé officiellement (50Mds)… mais qui les a bradé : la banque elle-même. Pourquoi imputé cette perte à Kerviel ? ce n’est pas un braquage l’achat de position ! Pourquoi la banque a t elle vendu avec 10% de perte ? C’est un peu comme si vous demandiez à votre ex-agent immobilier qui a vous a vendu un appartement de vous rembourser la différence parce que le prix de vente est inférieure ! Il n y a aucune logique dans cette affaire…et encore moins si le patron trafique le limiteur de vitesse !

    Commentaire par V — 25/10/2012 @ 13:18

  16. Analyse intéressante d’une référence du barreau en droit du travail : http://www.jolpress.com/blog/georges-berlioz-arret-jerome-kerviel-injustice-lamentable-ou-defense-deplorable-societe-generale-trader-banque-814407.html
    comme quoi, c’était bien là qu’il fallait situer le débat…

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 13:22

  17. A votre avis quelle aurait pu être sa condamnation s’il était resté sur un plan droit du travail (1er axe de son avocat précédent?)

    Merci

    Commentaire par marc — 25/10/2012 @ 13:36

  18. @Aliocha en 16
    Merci pour ce lien. Voilà un avocat (Georges Berlioz) qui aurait été peut-être plus efficace que Me Koubbi aux côtés de JK

    Commentaire par Ginkgo — 25/10/2012 @ 13:58

  19. Ca a déjà été soulevé ici même lors du précédent procés que c’était un conflit prud’homme, puis tout le monde à embrayé sur le coupable JK

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 15:08

  20. l’affaire vue par des financiers (ou présentés comme tels, allez voir le Qui sommes-nous ? Vous y retrouverez le savoureux Skyzelimit bien connu des twittos) http://www.margincall.fr/2012/10/laffaire-kerviel-decryptee.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 15:08

  21. @herve_02 : les petits actionnaires ont déposé plainte le jeudi matin, la banque le jeudi après-midi, la machine pénale était lancée et Kerviel déjà foutu…

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 15:13

  22. Bonjour Aliocha,

    A propos de l’abus de confiance et l’analyse de Me Berlioz qui conclut :

    « N’étant pas MANDATAIRE, Jérome Kerviel ne pouvait commettre un abus de confiance par des opérations faites, dans le cadre de son activité salariée, sans APPROPRIATION à son profit. LA VIOLATION DES INSTRUCTIONS NE RELEVE PAS DE L’ABUS DE CONFIANCE ».

    C’est un débat qui a fait long feu ici même ! Cette thèse, du statut du condamné, ne résiste pas à l’examen sur le terrain du droit pénal…

    Il sera donc rappelé que même sous l’empire de l’article 408 de l’ancien Code pénal, la REMISE (seconde condition préalable à l’infraction) était nécessairement réalisée dans le cadre d’un des six contrats prévus par la loi (louage, dépôt, mandat, nantissement, prêt à usage, travail salarié ou non salarié).

    Or, l’article 314-1 du Code pénal qui n’a pas conservé ce carcan contractuel a été plus loin puisqu’il a élargi le domaine d’incrimination de l’abus de confiance (V. sur ce point précis M. Delmas Marty« Nouveau code pénal, avant-propos » ).

    En l’espèce, la SocGen employait M. Kerviel au sein du désormais fameux desk Delta one, chargé de réaliser des opérations financières sur le marché des options et contrats à terme.

    Dans le cadre de son travail, il s’était donc vu confier le titre de trader et les moyens informatiques nécessaires à la passation des ordres sur les marchés, à charge pour lui d’en faire un usage conforme à la volonté de la banque.

    Cela d’autant plus, que l’on sait que les biens non corporels peuvent faire l’objet d’un abus de confiance en droit français.

    Ainsi, la dématérialisation de l’abus de confiance a été acceptée par la Cour de cassation dans l’hypothèse du détournement d’un numéro de carte de crédit (Crim. 14 nov. 2000).

    Il ne lui est donc pas reproché d’avoir détourné – APPROPRIE – les actifs financiers sur lesquels il spéculait mais bien dans avoir fait un usage non conforme à la volon,té de la banque !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 25/10/2012 @ 15:56

  23. @lapulme en 21

    Vous voulez dire qu’avant même l’enquête, JK était foutu ? Parce que c’est l’axiome de toute l’affaire que JK soit coupable ?

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 16:08

  24. @herve_02 : non, ce n’est pas l’axiome de l’affaire Kerviel, c’est l’axiome des affaires de rogue traders en général. On a souvent le même scénario, un trader qui franchit les limites, des pertes qui s’aggravent, une hirérachie qui voit rien, des contrôles mis en échec, puis l’intéressé renvoyé devant la justice et condamné à la prison. Plus j’y pense, et plus je me dis que JK a bénéficié d’un traitement de faveur du public dans cette affaire, peut-être parce qu’elle est survenue en 2008 quand les banques commençaient à avoir mauvaise presse et peut-être aussi parce que nous sommes culturellement allergiques à la finance, de sorte qu’entre un trader (pas forcément sympathique compte-tenu de son métier) et une banque, moins sympathique encore tant pour les clients que nous sommes que pour les citoyens depuis la crise, on choisit le trader et on essaie de s’inventer une jolie histoire de bouc-émissaire.
    Mais ma réflexion visait surtout à dire qu’à partir du moment où la banque désignait un « fraudeur » et déclenchait la machine pénale, il n’avait aucune chance dès lors qu’hélas les faits étaient accablants.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 16:41

  25. Bonjour Aliocha,

    « Dans mon ancien métier de juriste apprenti-avocat, il y a déjà près de 20 ans, j’avais observé une chose qui m’avait amusée : les dossiers ressemblent aux clients. »

    C’est votre remarque qui m’amuse. Après un peu plus de 20 ans d’exercice comme avocat, ce que j’ai observé, c’est que l’avocat et son client se ressemblent toujours un peu et cette ressemblance doit durer tout le temps de la procédure ; sinon ils se séparent. L’étude du profil des avocats qui se sont succédé dans sa défense permettrait presque de faire l’anamnèse de son aveuglement quant à la logique judiciaire qui est à l’œuvre contre lui et de ses progrès : une défense de plus en plus médiatique mais de moins en moins efficace. Ses déclarations et son « appel à témoins » à la suite du verdict d’hier montrent qu’il n’est pas encore revenu de son erreur. Le retour à la réalité sera terrible pour lui, je le crains.

    Commentaire par ranide — 25/10/2012 @ 17:30

  26. @ranide : ce que je voulais dire, c’est que certains clients ont le don de transformer les affaires judiciaires en cauchemars qui durent des décennies et que cela reflète leur personnalité. C’est parce que j’en ai connu un comme ça (un ancien trader, voyez comme c’est étrange 😉 que je pense à JK.) Jusqu’à présent, il n’avait pas vraiment choisi ses avocats, Meyer lui était conseillé par son frère, Benaiem, Wasserman par l’expert informatique, Dupont Moretti par les deux précédents, Metzner par sa conseillère en communication, je crois que Koubbi est son premier vrai choix. Et c’est bien vrai que les deux hommes se ressemblent…

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 17:36

  27. @laplume

    Admettons que JK soit coupable, en fait il l’est puisque le jugement est prononcé. Il est coupable d’avoir joué plus que autorisé (mais ce n’est pas du pénal), d’avoir fait des faux mails et de fausses écritures.

    Maintenant, simple hypothèse de film, si dans les desk société générale à cette époque de nombreux traders le faisait avec l’assentiment de la hiérarchie (pas bouton hein) (domaine du non dit) parce que plus de risques = plus de gains = des primes plus importantes à tout le monde (pas à ces montants nous sommes bien d’accord).

    Est-ce que ce serait toujours un délit pénal alors que c’est « coutumier » dans la société ? Dans ce cas n’est-ce pas l’outrance de la perte associé qui a déclenché les foudres ? Et si, toujours dans notre pitch de mauvais film, les faux mails avaient pour but de se couvrir pour le contrôle et était une pratique pas quotidienne mais habituelle ? est-ce que ce serait toujours un délit pénal ?

    Enfin il est assez compliqué de faire des « faux mails », outlook ne suffit pas…

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 18:41

  28. Désolé si je pose une question idiote, mais le temps me fait défaut en ce moment.

    Quelqu’un peut-il me dire si depuis cette affaire les procédures internes de la Société Générale ont été revues? Et si ceux qui ont été aussi facilement abusés, remplacés par des cadres ayant un profil autre que celui d’un lapin de trois semaines?

    Parce que si l’erreur est humaine, persévérer dans son erreur est d’inspiration diabolique… et difficilement excusable.

    Commentaire par Zarga — 25/10/2012 @ 18:55

  29. @ Aliocha :

    Bravo et merci pour le pas de côté : l’approche sous l’angle du droit du travail aurait certainement fait suer pas mal de monde à la Société Générale.

    Commentaire par Zarga — 25/10/2012 @ 18:57

  30. @ Didier Specq
    Ce n’est pas très honnête de déformer mes propos avec votre comparaison de l’arnaque faites aux petits vieux. J’ai bien parlé d’accord tacite de la banque quand Kerviel lui ramenait du pognon en dépassant les limites. Que je sache, aucun petit vieux n’a donné un accord (tacite ou non) pour des manœuvres visant à l’escroquer).

    Commentaire par Gilbert Duroux — 25/10/2012 @ 19:21

  31. Bonjour

    En dehors des considérations sur la culpabilité de Jérôme Kerviel, qui peuvent tout à fait se discuter, ce qui me choque ce sont les 4 milliards à payer.

    Enfin, on sait bien que jamais un particulier ne pourra rembourser cette dette. Et donc, en plus des 5 années de prison, on afflige cet homme d’une perpétuité à ne pas pouvoir travailler, ni se marier, ni élever des enfants, car on sait bien que si il travaille, et quelque soit son salaire, la justice lui prélèvera quasiment tout son salaire. Sa vie lui est donc confisquée.

    Cette justice lui impose donc une peine à perpet qui n’est pas dite comme telle.

    Et je trouve cela choquant. 5 ans de prison OK, je ne trouve pas ça injuste, cela peut tout à fait se concevoir. Mais franchement, defoncer la vie de Kerviel à hauteur de 4 milliards! Il n’a tué personne, il n’a violé personne. Quant à la banque, elle a joué (et perdu) autant sur le marché des subprimes et autres produits financiers.

    Si j’étais Jérôme Kerviel, je prendrais la balle, je changerais mes papiers, changerais de vie, de visage, je me tirerais au loin. J’espère pour lui qu’il fera cela plutôt que de se braquer sur un pourvoi en cassation qui ne lui apportera rien.

    Commentaire par wanda — 25/10/2012 @ 20:14

  32. Et je trouve cela d’autant plus choquant en cette ère de crise financière, où l’on apprend que les banques ont joué et perdu des milliards. Où sont les autres responsables ? Quelles sommes ont-ils été condamnés à rembourser ?
    Désolée, mais j’ai du mal à ne pas voir un e justice à deux vitesses ….

    Commentaire par wanda — 25/10/2012 @ 20:22

  33. @wanda : dans un état de droit, il y a des lois qui fixent les principes et une jurisprudence, c’est-à-dire une série de décision judiciaires qui en précisent les conditions d’application. Et ces lois en principe ne changent pas en fonction des cas particuliers, sinon, on sort de l’état de droit. Il se trouve qu’en droit français jusqu’à présent, quand il y a faute intentionnelle, l’auteur supporte seul le poids de la réparation du préjudice occasionné. La cour aurait pu changer la jurisprudence en décidant autrement, elle ne l’a pas fait. Sans doute parce qu’elle pensait que ce cas particulier ne méritait pas d’adopter une nouvelle vision des choses susceptibles d’avoir un impact sur des milliers d’autres affaires. On peut en effet en débattre. Mais n’oubliez pas pas quand même que JK a engagé deux fois 30 milliards puis une fois 50 milliards, mettant en péril une entreprise de 150 000 personnes à l’époque, entrainant pour les salariés actionnaires et les actionnaires tout court une perte sèche, et risquant de mettre en péril le système financier car il était fragilisé à l’époque. S’il avait bossé dans une centrale nucléaire, je doute qu’on aurait trouvé beaucoup de gens pour défendre un salarié qui met autant de gens en danger…Pour votre information, j’ai discuté récemment avec un syndicaliste de la banque, à ses yeux, JK n’a aucune excuse, parce que justement il raisonne au vu des risques qu’il a fait courir à tous ses collègues. Et il n’est pas ému un instant par la condamnation. Voyez-vous, je suis personnellement plus douce que lui. Pour moi, il a été victime d’une addiction et il n’y avait personne pour l’empêcher de déraper. Mais n’oublions pas quand même, dans notre colère aveugle contre la finance, la gravité de ses fautes. Après, cela pose plein de questions, sur la responsabilité personnelle/responsabilité du système, sur le rapport salarié/employeur, sur les addictions, sur le fait que le métier de trader est sans doute dangereux pour ceux qui l’exercent, sur le brun out etc. Ce que je peux vous dire, ayant assisté au procès en appel, c’est que la présidente a écouté JK avec beaucoup d’attention, qu’elle a maintenu tout au long du procès une stricte égalité des armes (quand elle taclait Koubbi, elle taclait aussi Socgen qui souvent n’avait rien fait pour que la banque ne profite pas de l’occasion pour enfoncer l’adversaire). Cet arrêt reflète exactement les débats qui ont eu lieu devant la cour.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 21:26

  34. Mon tableau de bord m’informe que Mediapart renvoie à ce blog dans un article sur l’affaire Kerviel (ou un commentaire), je ne suis plus abonnée, donc si un lecteur abonné peut me dire ce qu’il en est, je suis preneuse….

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 21:46

  35. @wanda : et sur la justice à deux vitesses, je ne pense pas que ce soit le cas en l’espèce, il y a d’un côté un système général qui déraille et de l’autre, des individus qui dérapent aussi. La justice juge les hommes, pas les systèmes. C’est aux citoyens qu’il appartient de juger et, éventuellement, de changer les systèmes. Pas à la justice.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 21:56

  36. @laplume

    Votre longue diatribe serait presque honnête si l’instruction avait fait une partie des enquêtes que la défense demandait. Le juge ne peut juger que sur le dossier, le dossier ne peut contenir que ce qui sort de l’enquête. Vous dites tout le temps la même chose ; la justice ne juge pas le système. C’est vrai et la justice n’a pas jugée la générale non plus car c’est le système. Les pratiques internes à la générale qui peuvent peut être expliquer le cas JK ont été sorties du champ de l’enquête. On ne sait même pas si TOUTES les positions JK ont été débouclées, il faut juste faire confiance à la parole de la générale qui était la plaignante. Même le montant du préjudice a été repassé comme un plat surgelé : zéro experts.

    Moi perso je m’en cogne grave du cas JK ou générale, parce que je n’y étais pas, je vois juste que certaines demandes de la défense n’ont pas été entendues, je vois juste qu’on n’a pas saisie les mails des supérieurs de JK, tous les mails, et que cela aurait fait taire la théorie du complot immédiatement : mais cela n’a pas été fait. Pourquoi ? on a considéré que ca n’en valait pas la peine ? et lorsque JK dit : ils étaient au courant hop pas de preuve… forcément on ne les a pas cherché ces preuves (ou ces absences de preuves).

    On est parti dès le départ que c’était un mec tout seul dans son coin et que personne ne savait et tout ce qui ne va pas dans ce sens : hop écarté et surtout pas d’investigations. Normalement en droit français, l’instruction se fait à charge et à décharge : ce n’est pas au coupable d’aller chercher les preuves de son innocence. Que JK ce soit enfermé dans une défense autistique c’est un fait, que la justice ait refusé toutes ses demandes d’investigation c’est tout bonnement dégueulasse, il n’y a pas d’autres mots.

    Que vous l’ayez justifié un fois en disant le juge en a eu mare de ses mensonges et a arrêté est une __preuve__ que l’instruction n’a pas été équitable. Et si JK fait un appel à témoin c’est parce que il n’y a que la justice peut aller voir dans les papiers de la générale si ils existent ou celui qui les a qui peut les donner.

    La majorité des gens a été victime du story telling de la générale : tout le monde reprend la thèse de la générale, sans moufter, même si plein de points restent dans l’ombre : on a notre coupable qui ne remet en cause rien du tout.

    Et je trouve admirable le larmoyant : il a faillit faire sauter la banque, 150 000 emploi blablabla. Entre 2007 et 2008 il s’est volatilisé 500 milliards dans le monde bancaire et sauf lemanh machin personne n’a mis la clé sous la porte, alors les 5 petits milliards de JK, laissez moi douter un instant qu’il allait faire tomber le système financier mondiale. C’est une arnaque intellectuelle. la perte JK, c’est même pas 1%, pas de quoi fouetter un chat..

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 22:26

  37. @Le Chevalier Bayard : je le cite pour la variété des espèces et parce que je pense qu’une défense connotée droit du travail aurait eu plus de chances de succès, mais rassurez-vous, je ne suis pas dupe un instant d’un avocat qui communique sur une affaire en expliquant qu’il l’aurait mieux défendue. Il peut y avoir au choix, volonté de décrocher le dossier, impossibilité de cacher qu’on est intervenu en sous-main, désir de se mettre en avant, ou propos politique visant à défendre un infléchissement de jurisprudence 😉
    Seulement quand on aime le débat, ce qui est mon cas, on cite les contradicteurs. Sinon, on ouvre un blog, on installe la modération préalable, et on ne laisse passer ou on ne cite que les flatteries et ce qui va dans votre sens…

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 22:28

  38. @Herve_02 : en réalité, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a ici deux storytellings, celui de la banque et celui de JK. C’est l’inconvénient des procès plaidés auprès de l’opinion publique. Dans un prétoire, vous avez justement des règles destinées à assurer le contradictoire. Dans les médias, les avocats sont trop heureux de s’en affranchir, de la même façon qu’ils s’affranchissent de la subtilité d’un dossier, de la précision factuelle et plus encore du droit. Tant que le public n’aura pas compris qu’il est manipulé, on n’avancera pas. Maintenant sur l’instruction et le reste, j’ai souligné dans mon livre que la banque avait eu la maitrise de la scène de crime du vendredi 18 janvier, date à laquelle JK est prié de rester chez lui au vendredi suivant 17 heures, moment où à eu lieu la visite de la justice dans les locaux de Socgen pour saisir les éléments utiles au dossier. Socgen a pu trafiquer, ou pas. Quant au juge, selon mes informations, JK lui a demandé une mesure d’instruction, qu’il a faite, et il s’est aperçu que le trader lui avait menti, ce qui a joué en sa défaveur. Je tiens d’enquêteurs en interne qu’on n’a trouvé aucune trace de complicité. Maintenant, on peut continuer à croire que la banque savait, mais ça me parait de plus en plus hypothétique. Et Dieu sait que j’étais partie dans mon enquête dans l’idée de révéler la manipulation. Seulement voilà, y’a rien. Rien lors de l’instruction, rien en appel. Vous pensez que si autant de monde était mouillé, supérieurs, contrôleurs, collègues, on aurait tenu le secret si longtemps ? Que la police n’aurait rien vu, la justice non plus, que personne n’aurait craqué à la barre, que rien n’aurait fuité ? Même les syndicats de la banque m’ont confirmé que les transactions n’étaient pas le prix du silence mais une négociation pied à pied pour obtenir l’indemnisation des salariés concernés.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/10/2012 @ 22:39

  39. alors si vous le dites….

    mais arrêtez de dire mettre à bas la finance mondiale, c’est juste ridicule.

    Commentaire par herve_02 — 25/10/2012 @ 23:01

  40. @Wanda
    Pour le montant de la somme que Kerviel est condamné à rembourser à la banque ce qu’il ne pourra bien entendu pas faire, la banque parfaitement consciente de ce fait, s’est dite prête à négocier le montant du remboursement et trouver un compromis raisonnable.

    @ Aliocha
    Mediapart : c’est un commentaire qui cite longuement votre article précédent.

    Il y a deux articles l’un, sobre et très bref, de la rédaction, qui communique juste le jugement en ajoutant qu’il est « sévère ». (c’est à la suite de celui-ci, dans un comm. de lecteur, que votre article est cité)

    Un autre article développé, cite les points essentiels des attendus du jugement et les explique, exposant la logique du droit, le raisonnement de la Cour et l’idée qu’elle s’est faite de Kerviel et de sa défense. Clair. Précis. C’est l’exposé du jugement et des raisons sur lesquelles il se fonde.

    Commentaire par Schmilblick — 25/10/2012 @ 23:01

  41. Aliocha
    l’article en question est de Michel Deléan, et titre « L’inévitable condamnation de Jérôme Kerviel »
    et les commentaires renvoient à votre blog ainsi qu’à celui de Pascale Robert-Diard, et à l’article de Stéphane Durand-Souffland, présentés comme « des journalistes avertis »

    Commentaire par Schmilblick — 25/10/2012 @ 23:15

  42. Bonsoir Aliocha,

    Merci pour ce lien qui m’a permis de rappeler une des conditions préalables de l’abus de confiance en droit pénal.

    On ne doit pas se laisser abuser, effectivement, je ne crois pas que l’armada d’avocats réputés de grands cabinets parisiens parfois d’affaires dont il s’est entouré aurait exclu d’envisager toutes les hypothèses même les plus farfelues…en droit du travail !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/10/2012 @ 00:09

  43. Jérôme Kerviel dit ne pas comprendre l’arrêt d’appel alors qu’il s’attendait à une relaxe.
    Les arguments qu’il avance sont de pur fait et l’appel à témoin qu’il a lancé pour avoir des éléments supplémentaires (documents, témoignages) va dans le même sens. Ces moyens risquent d’être inopérants devant la cour de cassation qui ne va pas refaire encore une fois le procès.

    Tout ce qu’il va gagner sera sans doute un répit avant que la sentence ne devienne exécutoire.
    J’ai donc l’impression d’une fuite en avant juridique, après la fuite en avant financière lorsqu’il était trader.

    Commentaire par stellar — 26/10/2012 @ 01:19

  44. @schmilblick : merci !

    @herve_02 : ridicule ? Je ne sais pas, il faut le replacer dans mon propos qui ne vise pas à charger JK mais à mettre en exergue la fragilité de nos systèmes. Dans le cadre des commissions d’enquêtes qui se sont montées au Parlement juste après l’annonce de la perte de trading, les parlementaires ont félicité Bouton de nous avoir épargné une panique du genre file d’attentes de clients au guichets pour récupérer leurs avoirs. Par ailleurs, comme vous le savez les banques portent un risque systémique dès lors qu’elles sont toutes liées entre elles, ce qu’on a vu avec la faillite de Lehman Brothers. Le système financier était fragilisé, donc le bordel de la SG ne pouvait qu’avoir des conséquences désastreuses.

    Maintenant, pour en revenir à l’affaire, comprenez-moi bien, je ne dis pas que JK a tort, je dis que jusqu’à présent il n’y a aucun élément en sa faveur et que plus on gratte, moins on trouve. Quand j’ai parlé au syndicaliste de SG, je me suis émue que les syndicats de la banque n’aient pas défendu JK. Bon sang, quoiqu’il ait fait, il reste un salarié. Et j’ai insisté pour comprendre cette différence de traitement entre le soutien accordé à ses collègues et même à sa hiérarchie et le fait qu’on l’ait laissé choir. J’ai été scotchée par la colère qu’il leur inspire. Ils ont fouillé partout, interrogé tout le monde, m’a-t-on répondu et rien trouvé qui accrédite la thèse d’une complicité. Ils ajoutent qu’il a pris des risques insensés et que ce n’était pas un bon trader. J’ai alors tenté d’avancer l’hypothèse de retenir en sa faveur la maladie professionnelle. Ils admettent qu’il y a un problème de solitude du trader face à ses pertes, mais là encore JK ne leur inspire aucune pitié. « Il faut assumer la responsabilité de ses actes » a conclu ce syndicaliste. C’est quand même troublant, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 08:15

  45. @Zarga 28 : oui, dès juin 2008, la banque a repensé son système de contrôle interne sur la base d’un rapport de PwC. Voilà ce qu’ils expliquent eux-mêmes : http://www.societegenerale.com/sites/default/files/documents/Mesures_de_renforcement_des_controles_290512.pdf
    en interne, on dit que l’ambiance est devenue lourde, qu’on ne peut rien faire sans être contrôlé. Sans doute, la question est : renforcer les contrôles ne suffit pas, encore faut-il les concevoir intelligemment. Bémol : SG a licencié ces derniers temps pour cause de crise, dans les fonctions contrôle on a remplacé en partie les hommes par des machines.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 08:20

  46. Bonjour Aliocha,

    Avez-vous lu cet article de La Tribune qui  cite a plusieurs reprises votre ouvrage ? Il repond aussi a Zarga.
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20121025trib000727132/societe-generale-est-elle-vraiment-a-l-abri-d-une-affaire-kerviel-bis-.html
    Au ton, j’ai comme l’impression que L. Fort ne vous suit pas vraiment quand vous refusez de (trop) stigmatiser la SG en affirmant que l’affaire Kerviel aurait pu arriver n’importe ou. En realite, ceux qui travaillent sur les marches ne l’avouent pas toujours mais ils savent bien que vous avez raison, meme si ce n’est pas etonnant que ce soit arrive a la SG ou la banque d’investissement, et plus particulierement le departement des derives actions, etait presque devenue par son importance et son prestige intouchable.

    Pour rebondir sur votre derniere intervention, c’est vrai, on a licencie dans les fonctions de controle mises en place au sein de la banque d’investissement mais pas (ou peu) dans les risques de marche qui la controlent de l’exterieur. C’est vrai que le role de ce departement n’est pas d’empecher la fraude a proprement parler, mais ca va dans le bon sens d’un controle des salles de marche. Pas mal d’articles dans le presse specialisee ont explique comment les banques avaient renforce leurs equipes de risques de marche non seulement en nombre mais par les diplomes qualifications experiences et bien sur remunerations des nouveaux embauches issus souvent des front offices en contraction. Ce phenomene est particulierement marque a la SG, ou de plus le nouveau chef des risques est plus a meme, et de tres loin, de faire le poids face au patron de la BFI que ne l’etait son predecesseur. Bref il y a un vrai changement d’etat d’esprit, mais pour combien de temps ?

    Commentaire par Maelle — 26/10/2012 @ 09:04

  47. Je ne suis pas juriste et pas financier. Si JK est coupable (puisque le Justice le dit…) alors je pense qu’il y a beaucoup de soucis à se faire pour les clents de la S. G. qui s’est fait « enfumer » par un trader présenté comme particulièrement incompétent. Je pense qu’on ne peut abuser que plus bête que soi ! Les systèmes de contrôle contournés par un esprit si peu doué ?
    Si vous laissez la porte de votre habitation ouverte, l’assurance en cas de vol n’indemnise pas !

    Commentaire par BONNET Francis — 26/10/2012 @ 11:30

  48. @Francis Bonnet : mais le voleur ne peut en tirer une excuse…ce qu’a rappelé le parquet en première instance comme en appel. Pour le reste, cela dépasse la SG et pose la question de la sécurité de nos systèmes gigantesques et ultra sophistiqués. J’ajoute que SG n’est ni la première ni la seule à être confrontée à une affaire de rogue trader, il y en a eu trois autres depuis, chez Caisse d’Epargne, UBS et JP Morgan.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 11:40

  49. Pour chicaner un petit peu …

    K. Adoboli a UBS est en effet un rogue trader quoiqu’a la personnalite bien differente de J. Kerviel. Il y a eu en effet aussi une paume moins mediatisee (merci Jerome) de – seulement – 600 millions aux Caisses d’Epargne.

    En revanche pour ce qui est de la baleine de Londres chez JP Morgan ca se discute. J’ai pour ma part plutot l’impression de tout un departement eloigne geographiquement, avec a sa tete un « femme de confiance » de la direction, qui a deconne plein tube en faisant des operations speculatives pour lesquelles il n’etait pas fait. Ca ressemble en un sens davantage au cas de MF Global qui a fait faillite a cause des errements megalo de son patron ex de Goldman Sachs.

    Commentaire par Maelle — 26/10/2012 @ 12:36

  50. @Aliocha (comm 33): Oui, une centrale nucléaire peut faire beaucoup de dégâts en cas d’erreurs des opérateurs. Mais:
    – ils sont entraînés,
    – ils sont formés
    – ils sontencadrés,
    – ils ont des procédures à suivre.
    De plus, tout est contrôlé, et pas seulement par des machines. Et quand je dis contrôle, ce n’est pas dans le sens flicage, mais bien dans l’esprit d’un proverbe aéronautique qui dit « la confiance n’exclut pas le contrôle », autrement dit, on ne suit pas aveuglément des instructions ou des procédures, on ne croit pas aveuglément que l’autre fait comme il faut. Pas seulement parce qu’il veut faire une erreur, mais parce qu’il peut en faire une. Et qu’éventuellement, il peut s’enferrer dans un système de réflexion qui fait qu’il n’a plus le recul pour juger la situation, et fera la boulette. Donc le pilote vérifie quand le contrôleur lui donne une instruction que c’est cohérent, le pilote vérifie ce que fait son collègue, et ainsi de suite.

    Dans le système financier, et ce que vous dites des contrôles instaurés à la SG me conforte dans cette hypothèse, il n’y a rien de tout ça: j’ai l’impression qu’on est passé de « zéro contrôle, on croit les gens, ils sont maîtres à bord » à « flicage intensif ». Et ces 2 versions sont mauvaises.

    Dans le nucléaire et en aéronautique, le contrôle ne se fait pas seulement sur les grands évènements « à la Kerviel », mais aussi au long cours: par exemple, chez Air France, les vols sont analysés pour voir si tout s’est bien passé, et si quelque chose a dépassé la normalité (sans qu’il y ait forcément un quelconque incident, ça peut juste être « vous êtes restés à telle vitesse à ce moment alors que normalement vous deviez être à xx », et l’analyse est là pour voir si c’est justifié, ou si combiné à d’autres évènements ça aurait pu mener à un accident. Ex: Airbus à Toronto: poser trop long plus situation orageuse + mauvaise prise en compte du vent plus sortie tardive des revers = un avion cassé, alors qu’aucun évènement individuel ne peut mener à l’accident. Bref, tout ça pour dire, est-ce qu’il y a un quelconque début de démarché de ce genre dans le domaine de la finance, ou ces surhommes qui « jonglent avec les millions » ont la bride sur le coup? N’y-a-t-il pas un changement d’approche à avoir??

    NB: au passage, j’ai lu il y a quelques temps un article sur le THF où, grosso modo, le banquier justifiait l’utilisation de ces systèmes automatisés « parce que dans un avion, l’automatisation a amélioré la sécurité ». Oui, mais cette automatisation ne se fait pas non plus avec des logiciels écrits on ne sait pas comment, il y a toute une démarche de conception, validation, d’audit, de plus en plus lourde en fonction de la criticité des applications considérées. cf la DO-178B, avec les DAL (Development Assurance Level), allant de E (aucune exigences) à A (le top): http://fr.wikipedia.org/wiki/DO-178B. Tout ce qui est des commandes de vol électriques dont parlait ce monsieur est en niveau A, et je doute que le THF ait le millième des contraintes (vu le coût de développement en DAL A, ça serait incroyable!!)

    Commentaire par Nono — 26/10/2012 @ 13:25

  51. Je rebondis sur ce que dit herve_02 quand il remarque que vous dites souvent que « la justice ne juge pas le système ». La justice, comme tout corps social, n’est pas en dehors de la société. Je sais bien qu’en théorie elle juge des cas individuels, mais pour avoir assisté au procès Papon, je peux vous dire qu’il s’agissait de tout autre chose que de juger le seul cas Papon. Après avoir jugé le nazi (Barbie), le milicien (Touvier), il fallait à travers Papon juger le fonctionnaire d’État complice des déportations. C’était un procès d’historiens, fait pour l’histoire. Papon n’est qu’un symbole.

    @ Aliocha : quand vous vous appuyez sur les dires des syndicats, à quels syndicats faites-vous allusion ? Méfiance, car dans le secteur bancaire particulièrement la plupart des syndicats sont des « syndicats maison », QUELLES QUE SOIENT LEURS ÉTIQUETTES.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 26/10/2012 @ 13:49

  52. Pas d’excuse pour JK : je veux bien. Mais il n’a pas échoué lors de sa première manoeuvre frauduleuse me semble-t-il ?
    Que dire du comportement de la banque qui n’a pas protesté, qui ne l’a pas licencié, qui n’a pas demandé à ce qu’il soit traduit devant la Justice tant que les infractions de JK lui rapportaient ? N’était-ce pas une incitation à la faute ?
    Cela me rappelle les feuilletons d’espionnage : si vous êtes pris lors de la mission pour laquelle on vous mandate… »le département d’etat niera toute implication de sa part ! »

    Commentaire par BONNET Francis — 26/10/2012 @ 14:11

  53. Un papier lié à notre affaire mais option détente pour le vendredi : http://www.lepoint.fr/insolite/mode-plutot-kerviel-ou-longoria-25-10-2012-1521101_48.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 14:48

  54. Les deux plaintes déposées par Me Koubbi classées ? http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/kerviel-les-plaintes-contre-la-societe-generale-classees-sans-suite_1179988.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 15:08

  55. Ce qui m’horripile c’est de voir que l’on s’en prend à un individu alors que c’est tout le système financier qui ment, qui triche et qui d’une manière éhontée est en train d’organiser le plus grand hold up du siècle grâce aux intérêts demandés sur des sommes qui n’existent pas !

    https://effondrements.wordpress.com/2012/07/11/crash-en-vue-grace-a-un-genial-hold-up-sur-les-peuples/

    Commentaire par Tien — 26/10/2012 @ 15:32

  56. Tres rigolo, l’article du point, peut etre une idee cadeau Noel pour quelqu’un(e) que je connais.

    Un peu plus serieusement j’ai toujours trouve que Kerviel dans son look au tribunal avait l’air plus trader-iste que les traders que je connais, presque avec  un cote « c’est jeudi soir, je vais dans un bar ». Personnellement je ne l’aurais pas joue comme ca devant le tribunal ( et l’opinion). Par ailleurs, a la fin, Me Koubbi et lui se ressemblaient de plus en plus …

    Commentaire par Maelle — 26/10/2012 @ 16:51

  57. @laplume

    >Les deux plaintes déposées par Me Koubbi classées.

    Nan, nan, la justice n’a pas un a-priori sur la générale et JK. pas d’enquête, pas de vagues montrons comment il est coupable.

    Je ne comprends pas qu’il n’ait pas compris le JK : la cassation ne sert à rien, tout était écrit d’avance lorsque la générale l’a renvoyé chez lui et à travaillée seul pendant une semaine. Justice qui a fait son travail, ouais, enfants du bon dieu, canards sauvages, toussa

    Commentaire par herve_02 — 26/10/2012 @ 20:16

  58. @Herve_02 : vous ne lâchez rien, vous. Bon, alors reprenons. Quand David Koubbi prend le dossier fin mars, il adopte immédiatement une défense de rupture. Puisque l’ennemi est puissant et vraisemblablement défendu par le système, on dynamite. Donc il saisit le Conseil supérieur de la magistrature, estimant que Dominique Pauthe, le président du TC qui a condamné son client en première instance l’a diffamé dans le jugement. Parallèlement, il dépose deux plaintes contre Socgen.

    L’une pour tentative d’escroquerie au jugement. Motif ? Socgen évalue son préjudice à 4,9 milliards (6,3 milliards de pertes sur le débouclage de la pose de 50 milliards – 1,4 milliards de gains de JK en 2007 sur deux poses de 30 milliards chacune) alors qu’elle a bénéficié d’une ristourne fiscale de 1,7 milliards dont elle aurait du tenir compte – selon lui-, ce qui aurait ramené le préjudice à 3,2 milliards (entre nous, on s’en fout un peu vu que les montants restent délirants).

    L’autre pour faux et usage de faux. Motif ? JK a été entendu 12 heures à la banque et il n’y a que 7 heures d’enregistrement (je donne les chiffres de mémoire, l’important c’est la différence entre la durée de ses interrogatoires du samedi soir et du dimanche matin et la durée des bandes remises à la justice puisque lesdits interrogatoires ont été enregistrés comme est enregistré tout ce qui se passe dans une banque – question de preuve, on manie des millions par téléphone, il faut bien garder des traces).

    – Sur la première plainte, il s’agit en réalité d’un débat juridique sur le point de savoir si le juge pénal est – ou pas – aussi un juge fiscal. En clair, doit-il, pour évaluer le montant des dommages intérêts se demander si la victime a ou va payer des impôts sur la chose ? Réponse – à ma connaissance – de la jurisprudence : non. Ce serait trop compliqué de faire autrement, donc le fisc se débrouille. D’ailleurs il préfère car il est susceptible sur son périmètre de compétence. Seulement voilà, la plainte ça fait chic. D’ailleurs, ce n’est pas une idée de Koubbi, Metzner l’avait agitée après la condamnation en première instance sans que l’on sache très bien s’il s’agissait d’un argument médiatique ou d’une vraie intention.

    – Sur la deuxième plainte, son classement n’est pas un scoop pour les journalistes qui ont assisté au procès. J’avais déjà avancé une explication sur ce blog en commentaire (j’sais plus où, avis aux Sherlock Holmes) avant d’entendre l’expert. Donc Socgen a fait venir son expert à la barre, oui, son expert, donc sa position est à nuancer, je l’accorde (à ceci près que c’est un expert très reconnu par la justice). Bref, ledit expert a expliqué des tas de choses très compliquées qui se résument en deux idées force :
    1) les enregistrements sont inviolables, on paie très cher les concepteurs pour cela, il faut beaucoup de conditions techniques compliquées pour seulement les écouter; d’ailleurs la cour a dit elle-même qu’elle avait loué très cher le matériel pour permettre à Koubbi de venir entendre les bandes, ce qu’il a fait mais pour écouter seulement quelques minutes. La présidente de la cour quant à elle dit avoir écouté les enregistrements deux fois. On notera au passage que les juges soi disant à la botte du système et des banques bossent plus que certains avocats. On notera aussi qu’à la cour d’appel quand les juges ont besoin de post it, ils les achètent eux-mêmes tellement la justice est pauvre, donc claquer plusieurs milliers d’euros pour rien, ça l’agace et je trouve que sur ce coup là, elle a raison.
    2) pour limiter l’encombrement d’archivage, l’enregistrement se déclenche au bruit et s’interrompt quand le silence retombe. D’où notre différence de durée. J’ai eu fut un temps pour mes interviews un modeste enregistreur à déclenchement vocal, je me souviens qu’il démarrait avec un temps de retard sur le bruit de la voix et s’interrompait avec un temps d’avance car lorsqu’on finit une phrase généralement le son de la voix s’amenuise. Je sais par ailleurs pour l’avoir entendu et au tribunal et en one to one que JK a une voix douce et très peu audible.

    Conclusion : encore une fois, je n’ai pas la prétention de connaître la vérité, il n’y a qu’une poignée d’individus qui la connaissent, les acteurs du drame et encore, je crois que JK ne distingue plus ce qu’il pense de ce qui est, mais halte au discours sur : Socgen est intouchable. Je trouve qu’il existe des arguments plus que solides pour expliquer le classement des plaintes. Ce qui est moins solide en revanche, c’est la défense médiatique…

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/10/2012 @ 21:47

  59. Je remarque qu’il n’est pas répondu à la remarque de Francis Bonnet (que j’avais faite également), à savoir que ce n’était pas la première fois que JK prenait des positions au delà de ce qui était permis. Lorsque ces positions étaient gagnantes, la banque ne trouvait rien à y redire, il me semble. Si ce n’est pas un encouragement ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 26/10/2012 @ 22:38

  60. @ Aliocha : « Ce qui est moins solide en revanche, c’est la défense médiatique »…ou quand l’accusé est cuit parce que l’avocat n’est pas cru » (Pierre Dac)

    Tenue comme responsable la Socgen ne pouvait l’être comme coupable faute de preuve et dès lors qu’au cours de l’instruction Jérôme Kerviel est passé aux aveux face Renaud Van Ruymbeke.

    En tout état de cause, une défense qui se présentait fragilisée ce que Stéphane Durand-Souffland rapporte d’une certaine manière dans le Figaro :  » Me Dupond-Moretti semble opter pour une défense raisonnable, consistant à reconnaître des erreurs pour mieux placer la Société générale devant les criantes insuffisances de ses contrôles internes. Ce n’est pas la relaxe qui est visée, mais une peine avec sursis ou, à tout le moins, aménageable, Jérôme Kerviel ayant reconnu chez le juge Van Ruymbeke la fabrication de faux. »

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/10/2012 @ 22:57

  61. @sur le rabais d’impôts, oui c’était injouable : j’ai compris.

    Sur la bande je suis bien plus septique 7 heure sur 12, ça fait un gros trou. presque 50% du temps. Qu’on ne puisse pas le trafiquer « à l’enregistrement » je veux bien le croire, qu’on ne puisse pas le trafiquer APRÈS l’enregistrement avec le matériel adéquat c’est impossible à prouver : soit c’est numérique et c’est la fête du slip, soit c’est analogique et il suffit de recopier sur une bande neuve la copie modifiée. A partir du moment ou il y a une coupure (le truc s’arrête) rien ne permet d’affirmer que la coupure est parce qu’il n’y avait rien qui se disait.

    que koubi n’est pas fait une bonne défense, j’en suis persuadé : ce type de « procès » est un procès de ‘dossier » : des centaines d’heures de compulsions, de vérifications, de recoupement, de demandes d’actes (refusées).

    Maintenant lorsque vous demandez un acte et qu’on vous le refuse, 34 fois. Que votre seule défense, c’est que n+1 (qui comprend rien) et n+2 (qui pilote) le sait et qu’on ne saisit rien qui puisse vous permettre de prouvez qu’ils le savaient il vous reste quoi ? peau de balle. Je ne reproche pas le verdict, je reproche qu’on ait refusé les demandes d’enquêtes de la défense, juste cela. Parce que se dire que ça n’en valait pas la peine, en regard des 4 milliards qu’on lui demande, comment dire… Et à CHAQUE FOIS, vous, maelle, d’autres, vous répondez sur tout, mais vous passez sous silence ce point qui est à mon avis, le point central : cette inégalité des chances (entre un quidam accusé de tous les maux qu’on estime coupable et que l’on traite comme cela et une banque au cash illimité.) ce n’est pas juste. Sur le syndicat maison qui ne le soutien pas… pas mieux, voire suspect.

    Que le jugement soit la suite logique de cette enquête à charge avec les seuls éléments fournis par la plaignante, et une défense se retrouvant à plaider avec rien : le bonhomme a été dépaysé pendant une semaine : pas moyen de « sortir des documents », la banque a pu largement faire le ménage pendant ce temps. Tous les témoins proposant des indices,le bouton qui dit : oui mais de l’extérieur vous ne pouvez pas comprendre (il est le demandeur et c’est lui qui recale les témoins sans avoir a expliquer !)

    Personne n’est capable de certifier que TOUTES les positions JK ont été débouclées. D’ailleurs l' »expert » (de la banque?) à « certifié » que « seulement des positions JK ont été débouclées », pas « et toutes les positions JK ». Et l’expert ne nous dit pas si elles n’ont pas été « débouclées » et vendues à une filiale ou banque amie ou banque avec contrat : on ne connaît pas les contre parties.

    Car si cela ne diminue en rien la « responsabilité » JK, cela changerait grandement le montant de la « perte » (et donc du dommage) ET le « rabais d’impôt ».

    Qu’il a joué gros : oui
    Qu’il n’avait pas le droit : ouais
    Que personne ne savait : keuf… keuf…
    Qu’il a occasionné cette perte : fait croire juste sur parole.

    C’est la justice de la « bonne tête »…

    Commentaire par herve_02 — 27/10/2012 @ 00:34

  62. Jérôme Kerviel et David Koubbi invités ce soir de l’émission de Ruquier On n’est pas couché. Eh si….http://www.france2.fr/emissions/on-nest-pas-couche

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/10/2012 @ 09:51

  63. @Le Chevalier Bayard : il va arriver un moment où je ne pourrai plus m’empêcher de penser qu’on abuse ici de la patience de la justice et de nos impôts, même si je sais que c’est mal de contester à quelqu’un le droit de se défendre en justice 😉
    j’ai évoqué sur ce blog le cas d’un client trader avec qui j’avais vécu une histoire similaire il y a 20 ans. Comme il avait réussi à faire péter les plombs de son avocat (l’associé du cabinet pour lequel je travaillais), nous avons pris dans la tête à l’époque un arrêt de la cour de paris qui n’est pas sans rappeler les décisions infligées à JK. L’arrêt multipliait les petites phrases du genre « rejetons toutes les autres demandes pour autant qu’elles soient compréhensibles » avant de conclure que, compte-tenu du caractère gravement abusif de l’appel il y aurait lieu de prononcer l’amende civile si son montant n’apparaissait trop dérisoire au regard de la gravité des faits….

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/10/2012 @ 10:17

  64. Bonjour Aliocha,

    En effet, ça en devient pitoyable… Ruquier désormais ! Même si j’estime que les 3 ans fermes sont lourds.

    J’espère qu’un aménagement de la peine sera négociée.

    Cela étant, je me souviens qu’un des intervenants avait commenté la « défense Koubbi » en critiquant la volonté de cet avocat d’appliquer ce qu’il est convenu d’appeler « la défense de rupture » et lui semblait ne pouvoir se prêter à la défense Kerviel : https://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/06/29/laffaire-kerviel-ce-cauchemar-sans-fin/

    Il n’avait pas tort d’autant que passer d’une défense ou « la banque savait » à une défense « complot » le risque était, manifestement, d’indisposer ses juges à la lecture de l’arrêt d’appel.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/10/2012 @ 11:03

  65. Oups ! Pour le renvoi c’est à : l’ @ 31 !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/10/2012 @ 11:05

  66. ça y est, on a la preuve de l’innocence de Jérôme Kerviel. Jean-Pierre Pernaut a fait un micro trottoir à Pont L’Abbé, ville natale du trader et sur le marché, on est formel : la justice est pourrie, Kerviel est forcément innocent puisqu’il est bigouden. CQFD http://www.soutien-officiel-kerviel.com/blog/actu-news/le-comite-de-soutien-de-jerome-kerviel-fait-bloc-5812
    Que pèsent trois semaines de procès et un arrêt motivé de 105 pages contre l’avis d’un breton en colère, je vous le demande : RIEN. Un grand bravo au journal de TF1 d’avoir résolu l’affaire. (non, je ne suis pas énervée, ce n’est qu’une apparence 😉 )

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/10/2012 @ 13:50

  67. Ah, le compte officiel d’On n’est pas couché informe que JK participera aussi à l’émission ce soir. Asseyez-vous confortablement et observez comment on défend dans les médias une affaire mal engagée en justice.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/10/2012 @ 13:59

  68. Ce reportage du journal de 13h de TF1, je crois qu’il faut en rire pour ne pas en pleurer. Quand ici meme en juin, je parlais de derive populiste …

    J. Kerviel jusqu’a present s’etait beaucoup protege des media, et c’etait plutot intelligent de sa part. Aussi est-ce un peu surprenant ce revirement, meme s’il considere sans doute qu’il n’a plus rien a perdre.

    Deja JK aurait des raisons de se mefier du simple fait que ca arrange bien son avocat qui adoooore faire parler de lui. J’ai comme l’impression qu’il se fait manipuler, lui qui se presente comme un taiseux. Au fait, Koubbi, il ne participerait pas a l’emission de Fogiel (qui a eu l’exclu) sur RTL par hasard ?

    De toute facon, contester une decision de justice en portant le debat dans le cirque mediatique, ce n’est pas bien pour, employons un grand mot, la democratie. Et qu’on ne vienne pas parler d’affaire Dreyfus, un peu de decence. 

    Et puis, Jerome sait-il vraiment ce qu’il fait en devenant une celebrite ? Peut-etre veut-il faire la couv’ de Voici avec sa compagne faire pleurer les mamies dans France Dimanche, voire participer a »danse avec les stars » ou, plus approprie, « I’m a celebrity, get me out of here ».

    Surtout, l’image de Kerviel, petit gars du pays bigouden, victime de la grande finance internationale, va peut etre en prendre un coup quand l’opinion va se rendre qu’au fond il n’est pas si sympa et qu’il a tout du trader. Le mystere qui l’entourait rendait plus facile une certaine empathie du public. Pas sur qu’il gagne a se faire connaitre …

    Commentaire par Maelle — 27/10/2012 @ 15:38

  69. bonjour… bon j’ai (encore) lu le Billet ni les commentaires ni l’arret… mais j’ai acheté votre ouvrage*** … j’avais pu assister à un bout d’audience du procès d’appel…. je vais voir ce qui est dit sur les « expert » dans le cadre du procès de première instance.. car en appel j’ai halluciné de voir la Présidente demandé si tel ou tel système est fiable et de satisfaire (en tout cas en audience car il ya peut être des contestations au sein des écritures et/ou plaidoiries qu’elle a prise en compte, avec ses assesseurs)…. se satisfaire donc d’une réponse du type : ah oui oui, y’a pas plus fiable sur le marché… tout le monde utilise cela… (un peu comme l’amiante il y a quelques nombreuses années si je puis faire un parallèle sombre)
    a suivre donc…
    *** c’était le dernier de la FNAC Saint Lazare…. vite, ré-approvisionnez ! 😉

    Commentaire par villiv — 27/10/2012 @ 18:27

  70. @Maelle : hélas, cette stratégie, dans notre société de l’information est tout à fait pertinente. A ce stade. Avant le procès de première instance ses deux conseils en communication, Reille et CHapelotte, lui tenaient la bride courte, c’est lors de la sortie de son livre en mai 2010 qu’il a dérapé dans les médias, il fallait bien faire la promo du livre. Maintenant que la situation tourne très mal sur le terrain judiciaire, il faut sauver le soldat Kerviel auprès du public. C’est la seule façon de sauver son avenir : le faire passer pour un innocent injustement condamné. Si JK et DK jouent bien le coup, il y aura bien une télé ou une radio pour lui offrir un poste grassement payé d’animateur, par exemple.Ou tout autre job dont on considérera qu’il est la réparation nécessaire d’une atroce injustice. Pour autant, il n’y aura pas de lien direct avec l’affaire et SG aura du mal à lui ponctionner ce qu’elle voulait c’est-à-dire les produits qu’il pourrait tirer d’un film ou d’un livre. Tout ceci est pourri jusqu’à la moelle Maelle, mais bon, ainsi va notre société.

    @Villiv : merci ! pour le réapprovisionnement, voyez avec mon éditeur 😉 Je préfère ne pas dire ce que je pense de lui sur le sujet, je risquerais de devenir très grossière….

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/10/2012 @ 20:34

  71. JK était un mauvais trader, il est un mauvais juriste, il a un mauvais avocat, il utilise mal les medias…le « pôvre » il se débat dans un procès qui le dépasse, pour autant sous prétexte de toutes ses insuffisances, devrait-il être condamné même s’il était innocent ? Assuremment oui, car il ne faut surtout pas que les citoyens perdent confiance dans le système bancaire. De mon point de vue, le devoir des Juges n’est pas de juger une plaidoirie mais de rechercher la « vérité » et ne pas se laisser influencer, autant que faire se peut, par la puissance d’un plaideur contre un autre moins doué ou moins fortuné. « Selon que vous serez puissant ou misérable… »
    Il y a des fautes impardonnables : s’en prendre à l’Honneur de l’Armée, contester la Justice ou dénoncer l’opacité du système bancaire, par exemple.
    Il ne faut surtout pas reconnaîtrte que la plupart des salariés du Privé ou du Public sont soumis à des objectifs irréalisables, qu’en conséquence il sont souvent conduits à « tricher » pour essayer de remplir des tableaux de bord flatteurs, afin de préserver leur emploi ou d’améliorer le montant des primes dites au rendement qu’ils espèrent empocher. Les hiérarchies s’en satisfont tant qu’il n’y a pas de trop grosses bavures…ça leur profite à elles aussi !

    Commentaire par BONNET Francis — 27/10/2012 @ 21:29

  72. @ Bonnet Francis

    Je me permets de reprendre votre premiere phrase :
    JK n’etait pas, et de tres loin,  le trader star qu’il aurait ete aime etre ; on ne lui demande pas d’etre juriste mais il ne comprend manifestement pas grand chose a la facon dont fonctionne la justice francaise ; son dernier avocat (car les deux precedents etaient des pointures) s’est revele bon uniquement dans l’esbrouffe ; les media vont l’utiliser puis le jeter comme un kleenex. 
    Alors oui, le pauvre. Je n’ai franchement aucune sympathie pour lui mais j’en arrive presque a le plaindre, surtout pour le jour ( et il arrivera tot ou tard) ou il ouvrira les yeux.

    Et puis la citation de La Fontaine qui court de forum en forum …

    En reponse a  la question que vous posiez plus haut en #52. A un moment les positions speculatives de J. Kerviel ont ete beneficiaires de  un milliard, et que croyez-vous que la hierarchie de la SG ait fait ? Rien, car Kerviel s’est bien abstenu de leur dire … 

    Commentaire par Maelle — 27/10/2012 @ 21:54

  73. Je suis stupéfait que dans un domaine aussi sensible, où tant de risques financièrement importants peuvent survenir, je suis stupéfait que la hiérarchie bancaire ne voit rien…et que les systèmes de contrôle soient inopérants ! Inopérants et abusés par un trader que tout le monde décrit comme peu « brillant » ? Il y a quelque chose d’incohérent derrière cette affaire et l’explication que vous donnez est ahurissante : Quand les positions spéculatives de JK étaient bénéficiaires, la hiérarchie n’a rien fait car il s’est abstenu de leur dire…Faut-il attendre que les criminels se dénoncent pour que la Police les arrêtent ?

    Commentaire par BONNET Francis — 27/10/2012 @ 22:29

  74. On peut etre un trader moyen et se reveler expert pour contourner les controles (surtout quand on travaillait auparavant au middle office) et manipuler ses collegues. Cela ne demande pas les memes qualites et qualifications ! Je vous rappelle que le desk ou travaillait J. Kerviel tradait de simples produits vanilla, et non des derives.

    Quant a ma reponse sur le milliard de benefice, j’avais l’impression  que vous sous-entendiez dans votre interrogation que la SG avait soutenu, voire pousse, Kerviel tant qu’il gagnait pour le lacher ensuite. Dans ce cas-la, comment expliquer cet enorme gain dissimule ?

    Et puis oui, il y avait d’enormes dysfonctionnements dans la banque d’investissement de la SG, c’est le moins qu’on puisse dire, et il y a de quoi etre stupefait.  Mais cela devient moins etonnant quand on realise combien etaient dereglees les salles de marche en pleine effervescence speculative avant la crise. On en a deja enormement discute ici meme sur ce blog.

    Commentaire par Maelle — 27/10/2012 @ 22:56

  75. Chère Aliocha,

    Merci pour votre enquête sur Kerviel qui a bien éclairé ma lanterne .
    Vous avez fait du bon boulot !

    Commentaire par Physdémon — 27/10/2012 @ 23:26

  76. Alors là, Maelle, vous m’épatez. Quand Kerviel fait un bénef de 1 milliard, son employeur ne le remarque pas. Ça veut dire quoi, qu’il l’a gardé pour lui ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 27/10/2012 @ 23:30

  77. Non, @ Gilbert Duroux, il n’a pas detourne cet argent a son profit, ca veut dire qu’il a camoufle son gain de la meme facon qu’il a camoufle ses pertes.

    Commentaire par Maelle — 27/10/2012 @ 23:51

  78. @ Bonnet Francis

    D’abord, Kerviel est titulaire d’un 3ème cycle en finance de marché, en principe, ce cursus mène davantage aux opérations de contrôle des traders en middle office que comme trader.

    Passé aux opérations de contrôle ce passage donc lui a permis d’en connaître…

    On lui a donné sa chance de devenir trader. On ne lui a pas demandé d’introduire des données informatiques frauduleuses qu’il a d’ailleurs reconnu face au juge Van Ruymbeke.

    Ensuite, chacun sait que l’imagination des délinquants en cybercriminalité est sans bornes.

    Surtout que les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données bancaires sont assez « monnaie courante » si j’ose dire.

    Même Sarko en a été victime.

    Enfin, quand on sait aussi que les hackers souvent mineurs transgressifs, en mal de sensation forte, n’hésitent même plus à casser des codes et à pénétrer les systèmes des grandes institutions internationales : pentagone, CIA etc…

    Alors la violation du système informatique « inopérant » de la Socgen en interne par un des leurs ça a dû être un jeu d’enfant…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 28/10/2012 @ 00:24

  79. @ Maelle,
    C’est vraiment pas de bol. La Société générale a trouvé les pertes dissimulés mais pas les gains.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 28/10/2012 @ 00:43

  80. @Gilbert Duroux : erreur, elle a commencé par trouver le gain d’1,4 milliards, et c’est en exigeant des explications qu’elle a découvert la position de 50 milliards qui affichait à ce moment-là environ 2 milliards de pertes latentes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 00:54

  81. @Gilbert Duroux : j’ajoute que la bonne question à se poser en l’espèce, c’est pourquoi il dissimule 500 millions de gains en juillet 2007, puis 900 millions en novembre 2007, si, comme il le dit, tout le monde savait ce qu’il faisait et l’y encourageait ? C’est quand même ballot de dissimuler du résultat si c’est du résultat qu’on vous demande de faire, non ? Et pourquoi se donne-t-il un mal fou, fin décembre, pour dissimuler son résultat annuel, 1,4 milliards, alors que c’est le moment où on calcule des bonus ? C’est justement l’occasion de dire : les gars, j’ai fait 1,4 milliards ! Et de faire péter les bouchons si vraiment tout le monde était au courant. Je vais vous dire ce qui s’est vraisemblablement passé. JK avait une petite réputation sur son desk, il disait qu’il avait une méthode et qu’il ne voulait pas la dévoiler, on l’a sans doute laissé faire sans se poser assez de questions, ce qui lui permet de dire aujourd’hui : ils savaient. Oui, mais ils savaient quoi ? Qu’il investissait 30 milliards ? Sûrement pas. Et d’ailleurs JK le savait si bien qu’il cachait ses gains parce que ses supérieurs auraient compris qu’un résultat pareil ne pouvait provenir que d’opérations non autorisées. Ce dossier est bête comme chou. Pour le comprendre, il faut juste mettre de côté deux choses :
    – l’irritation contre les banques
    – la conviction erronée que les systèmes de contrôle sont inviolables. Ils le sont, la preuve.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 11:45

  82. @Gilbert Duroux : j’ai l’impression que les interrogations de bon sens des « non-initiés » énervent quelque peu les pros ? Oui c’est tout simple : on n’a pas affaire avec des banques, mais avec des tripots…il n’y a qu’une règle : tous les coups sont permis à condition de ne pas perdre !
    Pas d’irritation contre les banques…je ne suis pas irrité (il y a longtemps que je ne me fais plus d’illusions), mais je crois déceler un comportement totalement irresponsable de la SG puisqu’elle aurait nommé à ce poste un employé qui n’avait pas la bonne formation (cf Le chevalier Bayard).
    Par ailleurs la pression découlant de la fixation d’objectifs normalement irréalisables, devrait entraîner un contrôle très strict de ceux qui les réalisent si brillamment. Mon expérience professionnelle dans la Fonction publique m’a enseigné avec le temps, que nombre des « brillants agents » statistiquement efficaces, se révèlaient avoir été des « tricheurs ». Comme souvent la hiérarchie commence à se poser des questions seulement quand ça « merde » de toutes parts…
    JK n’est pas un modèle de moralité ou de conscience professionnelle (est-ce que ces mots ou ces principes ont encore un sens dans ce milieu ?)…mais n’est-il pas à l’image de la plupart de ses collègues ? Il fallait juste qu’un fusible saute pour protéger l’installation…jusqu’à la prochaine fois.

    Commentaire par BONNET Francis — 28/10/2012 @ 12:55

  83. @Francis Bonnet : mais personne ne dit le contraire, Socgen a en effet failli, gravement. Et c’est même ce que j’explique dans mon livre, le vrai scandale n’est pas dans une complicité interne, mais dans une incroyable négligence. Seulement tout le monde s’est tellement focalisé sur JK gentil bouc émissaire d’un système financier pourri que personne n’a vu le vrai sujet (à mon avis). Ce qu’on dit simplement c’est que l’incurie de Socgen et les actions de JK sont les deux problèmes de ce dossier. Or on a le sentiment que le public, largement encouragé par la défense, s’obstine à ne voir qu’une faute. Pourquoi faudrait-il choisir entre Socgen et Kerviel, ils sont tous coupables. C’est très précisément cela que je soutiens ici.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 13:07

  84. Suite : mais me direz-vous, seul JK est condamné. Oui, parce que la bêtise n’est pas sanctionné pénalement (elle l’a été sur le terrain administratif, Socgen a été sanctionnée par son autorité de tutelle), les délits de faux, usage de faux, abus de confiance et introduction frauduleuse de données dans un systèmes automatisé, si. Lisez l’arrêt, et vous aurez sans doute moins de tendresse pour JK.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 13:10

  85. Je vais poser une question très naïve qui va montrer mon ignorance crasse du système banquier international mais tant pis :
    Les banques ne peuvent-elles se prémunir contre les dommages liés aux risques d’intrusions dans leurs systèmes de sécurité en payant une assurance ?

    Commentaire par kuk — 28/10/2012 @ 13:28

  86. Je n’ai pas de tendresse pour JK, seulement je trouve qu’il est trop facile de ne condamner que lui. Il y a vraiment disproportion entre sanctions administratives et sanction pénale aussi lourde. Quand l’installation est aussi dangereuse, ne répond pas aux normes de « sécurité », il ne suffit pas de remplacer un fusible pour la rendre plus sûre.Je me permettrai de faire un rapprochement avec l’affaire Lance Armstrong (domaine que je connais mieux…). Tout le monde professionnel (cycliste, médical, media, organisateurs…) savait depuis toujours, qu’il se doppait, lui comme bien ou mieux que d’autres. Tout ce beau monde l’a couvert et donc incité à poursuivre dans cette dérive. Aujourd’hui les mêmes le clouent au pilori…s’exonérant de leurs responsabilités en disant qu’il avait mis au point un système de dopage ultra sophistiqué, alors qu’il se contentait d’acheter son impunité (suivant les informations qui sont maintenant révélées). On va lui faire payer très cher son succès ou ses fautes, mais j’attends de voir les changements dans la pratique de ce sport, comme de bien d’autres…

    Commentaire par BONNET Francis — 28/10/2012 @ 13:47

  87. @ BONNET Francis : s’agissant du fusible oui ! Et, j’ai aucun complexe a vous suivre car la réalité que vous perçez est assez simple : il a dépassé son autorisation d’engagement et trompé le système pour arracher des bonus injustifiés. Une grave dérive, ça méritait une sanction ! Mais, surtout il s’est fait prendre….Pas vu, pas pris : c’est la devise des traders, simplement elle est complétée par cette petite chute que je connais bien pour avoir passé 15 ans à la Socgen comme juriste en droit bancaire : vu viré. Ou plutôt sacrifié, étranglé dépecé, éviscéré même au nom de la sacro-sainte réputation de la banque.

    Quant à celui qui n’avait pas la bonne formation a ce poste  » l’irresponsable » c’est son dirigeant, le président Bouton, débarqué et la plupart des traders (7 selon JK, hier, chez Ruquier) du desk Delta One qui ont tous été virés.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 28/10/2012 @ 13:54

  88. @ Le Chevalier Bayard : Merci pour votre explication sans détour mais qui n’est pas faite pour réconforter les « naïfs » qui voudraient bien encore pouvoir croire en quelques valeurs ou principes…Ca n’est certainement pas dans le monde de la spéculation qu’il faut s’attendre à les retrouver ! Alors contentons-nous des opérations mises en scène spectaculairement pour détourner l’attention des gogos des vrais problèmes et leur faire croire que désormais on va laver plus blanc que blanc, comme disait Coluche.
    De la plupart des points de vue exprimés ici, celui que vous avez écrit au point 87 est on ne peut plus clair. Pas de faux fuyants, c’est un exposé très cru des réalités que je pressentais mais que je ne pouvais affirmer fautes de connaissances de ce milieu et fautes de preuves. Ne comprennent pas que ceux qui ne veulent pas comprendre ou qui ont intérêt à ne pas comprendre. « Heureux les simples d’esprit, car le royaume des Cieux leur appartient ! »…malheureusement ou heureusement : ni vous, ni moi de devons être de simples « simples d’esprit »!

    Commentaire par BONNET Francis — 28/10/2012 @ 15:30

  89. Quand je lis le début de votre article je m’interroge. A vous lire, nous sommes dans un système judiciaire à l’américaine où l’efficacité passe avant la vérité.

    En gros, Jérôme Kerviel même s’il se sait non-coupable d’abus de confiance aurait du plaider coupable pour espérer être condamné à une peine allégée… bon, c’est une façon de voir la justice..

    C’est sûr que, une défense sur le mode « profil bas » et « coupable de folie » aurait fait l’affaire des communicants de la Société Générale: Une banque fiable, honnête qui a fait une petite erreur de recrutement, bon, ça arrive… Dégagez, il n’y a rien à voir…

    Par contre, rien ne peut toutefois assurer que cela’ aurait allégé la peine de Jérôme Kerviel, hélas, nous ne pouvons pas encore négocier les peines en France, la justice est de moins en moins prévisible surtout dans cette affaire.
    La fuite seule, lui aurait assuré la liberté (hors de France).

    Si Jérôme Kerviel se sait coupable, serait t’il arrogant à se point de penser qu’il peut berner la justice face à l’armurerie de la SoGen? Il serait alors sérieusement cinglé!!!?? (les expertises psychologique le considère « normal »)

    Alors, Jérôme Kerviel se sait non-coupable dans ce cas, c’est un homme qui a décidé de faire fasse aux difficultés, à ses responsabilités en faisant ce qu’il y a à faire pour démontrer son innocence. Même s’il a perdu son procès, il a quand même réussi à démontrer, à qui a l’honnêteté et le courage de le voir qu’il y a une gros problème dans le fonctionnement de nos institutions judiciaires et qu’en France aujourd’hui, le doute profite à l’accusation et non plus à l’accusé et l’on peut condamner une homme à des dommages et intérêts à hauteur de 4.9 md ceci sans expertise… bon…

    On peut toujours défendre les magistrats et avoir de mal à admettre qu’ils ne sont pas si impartiale que ça… C’est difficile de faire ce constant, ça fait peur, je le comprends bien, mieux vaut finalement remettre en question l’avocat, le mode de défense de Jérôme Kerveil que le socle de l’institution, c’est plus facile et confortable… ça évite de devoir tout remettre en question…

    Ouf, dégagez, rien à voir…

    Commentaire par Maïté Lor — 28/10/2012 @ 16:04

  90. @Maïte Lor : vous connaissez mal la nature humaine. C’est un grand classique chez un individu qui a déconné de se trouver des excuses. Lisez l’arrêt.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 16:14

  91. Avant de lire l’arrêt, j’aimerais comprendre comment un juge d’instruction peut décider de ne pas donner suite aux demandes d’enquête de l’accusé, ne pas saisir les mails internes alors que la défense de l’accusé est « ma hiérarchie savait », condamner aux demandes de l’accusation sans regarder de plus près à tel point que l’erreur d’addition apparaît dans le jugement ? Quelle est la preuve que les 6 milliards de pertes attribués à JK ne tiennent pas comptent de certaines positions bénéficiaires non débouclées ? Comment les 2 milliards de pertes latentes à la découverte se transforment en 6,3 milliards 15 jours plus tard. Qu’a fait la justice pour être certains que ces 6.3 milliards sont une vraie réalité ?

    Est-ce cela la justice ?

    Tout le reste est pour moi du cinéma tant que ces simples questions fondamentales ne sont pas réglées.

    Commentaire par herve_02 — 28/10/2012 @ 16:56

  92. Ma pauvre !! décidément, vous avalez tout cru tout ce que la SG et les médias qui, parce qu’ils appartiennent aux collègues de golfe des dirigeants de la banque, lui sont dévoués, voudraient faire croire depuis 4 ans !
    Vous dites n’importe quoi aux gens qui vous lisent, sauf qu’eux ne le savent pas : ainsi, vous parvenez à les manipuler. Et vous ne conservez ici que les commentaires qui vont dans votre sens et flattent votre égo ( on verra pour celui-ci… ).

    – Faux, quand vous dites que JK est dans le déni, puisque depuis le premier jour il a assumé la responsabilité de ce qu’il avait fait ( contrairement à sa hiérarchie qui, malgré les 70 alertes et les contrôles quotidiens durant des mois, ont laissé continuer leur  » bonne gagneuse » qui leur rapportait 55 millions l’an quand tous les autres ne lui rapportait que 2 ou 3, et l’ont même encouragé, en lui fixant des objectifs fondés sur ce qu’il leur avait rapporté, pour l’année suivante !!… Ben tant qu’à faire ! )…
    – Faux, quand vous dites que JK a refusé de s’excuser, alors qu’il s’est excusé au tribunal : où étiez-vous donc, pour ne pas l’entendre ??
    – Faux, quand vous dites que sa défense n’avait pas de preuves – il avait même les témoignages des sérieux et compétents Messieurs Philippe Houbé et Sylvain Passemar ! Mais, comme la magistrate qui n’a pas voulu les voir ou les entendre, pour on ne sait quelle raison, vous aussi préférez les ignorer.
    Pourquoi vous acharnez-vous à salir au maximum l’image d’un homme devenu gênant pour cette banque qui lui avait tout appris des méthodes de travail, l’encourageait a toujours risquer plus pour gagner plus et qui, le jour où elle connaît une énorme perte, quand ce salarié junior ne lui rapporte plus d’argent, décide alors qu’elle n’est responsable de rien, qu’elle n’a rien vu sur plusieurs mois, qu’elle n’a jamais jugé utile de lire ses mails ( plus de 70 alertes ! ), mais que rien n’est de sa faute ! Donc un seul homme qui n’est pas informaticien, aurait été tellement doué qu’en douce, pendant des mois, il aurait ridiculisé à lui tout seul tous les informaticiens de la banque réunis !? Trop fort le mec !! et tous les autres, ce sont donc de grosses brelles !? Mais bien sûr ! Une chose est sûre, si vraiment le staff de contrôle de la SG était aussi aveugle, ses cadres aussi mauvais et ses dirigeants aussi nuls au point de ne même pas être capables de relever leurs mails d’alerte, les clients et les actionnaires auraient du mouron à se faire !!! Faudrait vite changer de banque !…
    Mais comment pouvez-vous croire une seule seconde que ces gens ne mentent pas !!!??
    Et malgré l’omerta, malgré la trahison de ses collègues tenus à la gorge par un protocole d’accord et un gros chèque de la SG ( équivalent de 7 années de salaire ), JK a « osé » se défendre contre ce que cette hiérarchie sans honneur ( qui elle, pour le coup, est dans le déni total de ses actes et a toujours refusé d’assumer sa part de responsabilité ) l’avait accusé.
    Sauf qu’il ne pouvait pas savoir que les dés étaient pipés d’avance !!

    – Vous dites qu’il faut fournir des preuves mais « oubliez » de préciser à vos lecteurs que c’est la SG elle même, qui n’en a pas !! Elle n’a jamais prouvé sa perte de 4.9 M !- ce ne sont que ses déclarations, et le plus extraordinaire, c’est que les magistrats ne lui en ont jamais demandé la preuve ! Mais peut-être n’en n’êtes-vous même pas au courant ? Avez-vous signalé à vos lecteurs, qu’en outre, pour cette soi-disante perte ( jamais prouvée, donc ) la SG a reçu de l’Etat un beau chèque de 1.7 M, cadeau fiscal de Mme Lagarde ! comme ça, sans preuve ! et alors même que la Commission bancaire avait jugé la SG responsable de ses défauts de contrôles, qui de ce fait ne lui autorisait pas à bénéficier d’un tel avoir fiscal !
    Vous leur dites tout ça à vos lecteur ?? Non bien sûr, parce que vous n’avez aucune objectivité ! Vous vous acharnez en ne disant que ce qui vous arrange… la question c’est pourquoi !? quel est votre intérêt ?
    Evoquez-vous, à quelque moment, ce qu’un manager de la SG à la barre a sorti à la magistrate : que s’il disait la vérité, il devrait rendre l’argent que lui a versé la SG pour acheter son silence !!? Et qu’au lieu de le contraindre à dire ce qu’il savait, ma magistrate a laissé couler !! Et tous ces faits ne vous choquent à aucun moment !?? C’est tout de même hallucinant !
    J’imagine aussi que vous n’avez jamais dit à ceux qui vous lisent que les magistrats n’ont travaillé, depuis le début, qu’avec des documents exclusivement fournis par la Société générale et qu’ils ont toujours refusé, systématiquement, toutes les expertises qui avaient été demandées par la défense de JK !!! TOUTES !! Mais évidemment, cela, les médias n’en ont jamais parlé ! Comme vous !
    Comment, la défense de M. Kerviel aurait-elle assez de preuves à fournir au tribunal, alors que ce sont les magistrats eux-mêmes, pour on ne sait quelle raison (!), qui lui empêchent, par tous les moyens, de pouvoir les obtenir !!??!

    Mais si les magistrats avaient fait leur travail en toute impartialité, en toute objectivité, ils n’auraient jamais refuser toutes les demandes d’expertises informatiques !! au contraire, c’est même eux qui les auraient demandées !! Ils n’auraient jamais refusé à la brigade financière d’aller à Chicago, recueillir cette dans cette » boîte inviolable » tous les mails de la SG ! – ceux-là, les responsables de la SG n’avaient pas le pouvoir de les faire effacer par leurs sous-fifres !!
    Mais c’est vrai, vous ne pouvez pas leur dire tout cela, sinon vos lecteurs se mettraient à réfléchir ( enfin !), à constater les anomalies, à se rendre compte de ce qui cloche.
    Je me demande vraiment ce qui vous pousse à vous conduire ainsi; il y a bien quelque chose, pour s’acharner ainsi sur quelqu’un, en omettant, en privilégiant…
    Enfin, je ne vous souhaite pas d’être un jour dans cette situation, où tout le système politico-financier et même le judiciaire s’unissent pour tenter de vous faire taire, ou pour vous empêcher de parler, comme vous voudrez.

    Commentaire par beegood — 28/10/2012 @ 18:10

  93. @beegoood : tiens, c’est la pleine lune on dirait, les esprits s’échauffent….Comme dirait un proverbe chinois, on peut convaincre celui qui sait, on peut convaincre celui qui ne sait pas, mais on ne saurait convaincre celui qui croit savoir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 18:44

  94. On relèvera du commentaire de beegood une caractéristique commune aux supporters inconditionnels de JK : l’approximation, (non, il n’y a pas sous ce billet que des gens qui vont dans mon sens, voir par exemple les commentaires d’Hervé), l’accusation sans preuve (non, je ne pratique pas la modération préalable, que les commentaires me plaisent ou non, ils apparaissent, pas ma faute si je n’ai que des lecteurs intelligents), et le complotisme (les juges jouent au golf avec Bouton, tous les juges, c’est bien connu).

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 18:47

  95. Infernale affaire.
    Les objections toujours les mêmes des deux derniers commentateurs, auxquelles répond l’arrêt qu’on refuse de lire cependant avant d’objecter, objections auxquelles, pour le premier, il a été répondu mille fois personnellement (le juge s’est rendu compte que JK mentait) et qui ont été défaites plus de fois encore, pour le second commentateur, ne font pas démordre de leur foi les convaincus par avance de l’inanité et de l’incapacité de la Justice.

    Impressionnant.

    Quant aux remarques selon lesquelles , JK, qui aurait dû rester au contrôle et ne pas devenir trader vu sa formation, les réflexions qui aboutissent à se représenter qu’il s’est fait happé, dans sa folie personnelle, par l’engrenage d’un système au sein duquel il se croyait trop malin (pour être honnête), son incompréhension totale du système judiciaire et la folie de sa défense qui va aboutir à faire ressortir ses mensonges et délires de complots à son encontre, à nier les faits qu’il a reconnu auparavant, et enfin le pronostic selon lequel il finira par se faire bouffer par les système mediatique, je crains qu’elles ne soient fort pertinentes.

    Pour moi, quelque chose de la folie de Kerviel ressort dans cette obstination à nier, à ne pas voir, à ne pas vouloir admettre, ni comprendre, ni s’adapter aux règles des tribunaux, ni vouloir entendre les conseils des meilleurs avocats, à nier les faits reconnus par lui précédemment.
    Cela relève du déni de réalité.
    Cet aspect de sa personnalité a également joué contre lui.

    Que l’opinion commune soit sollicitée de faire un héros d’un type qui offre une tel déni de réalité, est peu réjouissant.

    Commentaire par Schmilblick — 28/10/2012 @ 18:48

  96. j’aurais dû écrire

    la folie de sa défense qui va aboutir à faire ressortir que celle-ci ne repose que sur ses mensonges et délires de complots à son encontre

    Commentaire par Schmilblick — 28/10/2012 @ 18:51

  97. Quand on se souvient que Goldman Sachs conseillait la Grèce pour la présentation frauduleuse de sa dette publique, que les banques américaines avaient mis au point le merveilleux système des subprimes avec lequel elles ont « vérolé » toutes leurs consoeurs dans le monde entier, quand on apprend qu’elles trafiquaient le « LIBOR », que certaines blanchissent l’argent sale (quelques exemples révélés, parmi tant d’autres, des plaisantes facéties de ces institutions prestigieuses et respectables)…j’éprouve quelque révolte à entendre la SG se plaindre des agissements d’un trader, agissements contraires à la déontologie, à la probité…uniquement quand il lui fait perdre de l’argent ! N’était-ce pas à elle en tant qu’employeur, de le former, de l’encadrer et de le contrôler plutôt que de lui assigner des objectifs irréalistes à atteindre par des procédures légales ou régulières, plutôt que de l’inciter à la faute à coup de bonus faramineux et scandaleux.
    Ne peut-on considérer que dans un système aussi délirant, les traders sont délibéremment poussés à la faute ? Est-on sûr que JK était le seul à agir de la sorte ? Est-on sûr qu’avec cette sanction le système est définitivement assaini ? Je voudrais rappeler un vieil adage du Droit : « Nemo auditur propriam turpitudinem allegans » !
    et je rejoins »beegood » dans sa conclusion, car il ne faut pas que les clients, ou plutôt les « pigeons » que nous sommes, en arrivent à craindre de se faire plumer ou éviscérer, ainsi que l’a dit « Le Chevalier Bayard ».

    Commentaire par BONNET Francis — 28/10/2012 @ 19:04

  98. @Schmilblick

    Ok, vous savez pourquoi le juge n’a pas saisi les mails ? pourquoi il n’a pas expertisé le montant de la dette ? et dans l’arrêt il y a la « preuve » que toutes les lignes JK ont été débouclées ? l’arrêt explique pourquoi la même erreur d’addition est dans la demande générale et le verdict ?

    Je ne parle pas de complots, ni de juges vendus, ces questions ne parlent pas de justice à 2 vitesses. Pourquoi la recherche d’éléments à décharges n’a pas été faite ? La réponse ultime c’est : Le juge d’instruction à compris que JK lui mentait donc il a refusé toutes ses demandes. WTF ? Cool…. drôle de justice, ce que j’en dit…

    L’arrêt c’est comme un roman qui présente la fin. tous les éléments n’entrant pas dans le cadre de la fin seront écartés, soit sans le dire, soit : la défense n’a pas fournis la preuve que… ou l’accusation a montré dans la pièce N° truc (une vraie ou une fausse puisqu’on peut saisir des fausses pièces) que… Il suffit de décider que ce que dit un témoin est « partial », « faussé », « tronqué », « non prouvé » alors que seul la SG a accès aux pièces et qu’elle a jouée tout seule pendant une semaine pour écarter tout ce que l’on veut. Si la justice ne saisit pas TOUT ce qui se rapproche de près ou de loin à l’enquête au moment de la découverte (avant les nettoyeurs) : il ne reste pour la défense que peau de balle. Lorsqu’on tient pour vraisemblable que les gens ne lisent pas leurs mails, ou si ils ont répondu,ils ont juste lu le début, (70 fois) il ne reste rien à défendre.

    Quelle preuve pouvait apporter JK ?
    un enregistrement téléphonique ? (lorsque 2 traders parlent et celui de la bnp cite JK alors que personne ne sait : ce n’est pas considéré comme concluant).
    Lorsque la console JK a été débloquée, ce n’est pas considéré comme concluant.
    Lorsque la limite JK a été relevéé chez des prestataires extérieurs, ce n’est pas considéré comme concluant.
    Les cadres ne peuvent/veulent pas témoigner parce qu’ils devront rendre l’argent et ce n’est pas considéré comme concluant, même pas un indice.

    Mais on reproche à JK de ne pas avoir apporter de preuves. Quelle preuve pouvait-t-il apporter qui ne serait pas considérée comme non concluante ?

    Le verdict ne peut montrer QUE ce que l’instruction à sorti… l’instruction _peut_ n’avoir sorti que ce qu’elle avait décidée de sortir (de bonne ou de mauvaise foi) . Au moment ou la générale à communiqué sur le « trader fou, criminel et en fuite qui avait braqué la banque » avant même que l’instruction commence, c’était cuit pour JK.

    Ensuite tout n’est question que de réseau. Il avait d’ailleurs circulé à un moment sur le net un mail éloquent sur cette notion de réseaux.

    Mais si vous trouvez que c’est pile poil nickel…. cool…

    Eh, sans vouloir faire ma mauvaise foi : les « tournantes » de fontenay, on aurait dû les juger de la même manière, nous n’aurions pas les féministes sur le dos.

    Commentaire par herve_02 — 28/10/2012 @ 19:57

  99. @Herve_02 : ben non, c’est pas concluant. Face à un garçon qui a avoué avoir fait des faux, entré de fausses données (900 de mémoire, quand même !) et dépassé largement les limites du bon sens (deux fois 30 milliards, une fois 50 milliards) au point qu’il n’a avoué à personne, même pas à sa hiérarchie dont il dit qu’elle savait tout, son bénéfice record de 1,4 milliards, c’est pas concluant, ça pèse peanuts, même. Que la défense fasse de l’embrouille, normal, c’est son rôle. Mais qu’on tape sur la justice à cause de l’embrouille de la défense, ça m’énerve. Hier soir Koubbi s’est demandé chez Ruquier si la journaliste du Monde avait sa carte de presse. Il désignait sans la nommer Pascale Robert-Diard, journaliste au moins depuis 20 ans, à la compétence archi reconnue. Quelle honte de sortir une insinuation aussi sotte et vicieuse pour convaincre un public ignorant du dessous des cartes. Quand à Kerviel, il a soutenu que les critiques contre Koubbi le visaient lui en réalité. Faux. PRD, Durand Souffland et les autres ont trouvé la défense nulle, je le sais, j’étais avec eux et je les ai observé réagir pendant 3 semaines. Eux sont journalistes judiciaires professionnels, ils ont donc l’habitude des prétoires et des avocats. Moi, j’ai une formation d’avocat, mais je n’ai pas foutu les pieds dans une salle d’audience depuis 20 ans, pourtant, je conclu de la même façon qu’eux. Ce procès a été une tuerie pour la défense. Voilà deux exemples criants de contrevérité – parmi d’autres – que j’ai entendus hier soir. Alors permettez-moi de réserver ma compassion à des gens qui la méritent davantage que Jérôme Kerviel. Parce que franchement, si je sortais de la réserve que m’imposent mes valeurs et que je vous disais ce que je pense réellement de cette affaire, vous seriez scotché à votre fauteuil.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/10/2012 @ 22:26

  100. @laplume…. sans vouloir paraître mal polis, à partir de « Que la défense fasse … », osef, vous ne répondez pas à la question. C’est d’ailleurs ce que je reproche à toute cette affaire lorsque l’on pose des questions simples, on a une diatribe ou se mélange théorie du complot, juges vendues, blablabla, koubi ceci….

    Oui il a fait des faux, mais rien ne prouve qu’il est le seul, rien ne prouve que ce n’est pas une pratique courante sur le desk (ou les desk). Le volume des faux n’est pas concluant pour déterminer si c’est interdit ou pas. Je ne parle pas de l’interdit contractuel, je parle de l’interdit même dans le non dit. Ensuite, comment on peut faire un logiciel qui permet de rentrer des fausses opérations ? comment imaginer que le contrôle ne contrôle pas les contreparties…. Les faux sont-ce des faux pour le contrôle interne ? pour les instances de contrôle du marché ? pour sa hiérarchie ? L’instruction a décidée que ce n’était pas une question importante à résoudre et à considérée qu’il en faisait et que c’était bien évidemment interdit, même dans le non dit. Pour ma part je suis sceptique.

    Et vous décidez qu’il est coupable __parce qu’il a dépassé les limites du bon sens__ : ce n’est pas le chef d’accusation. Mais vous faites de la morale, pas du droit. Que JK soit « moralement » coupable, suivent de quel coté on se place, oui. Pénalement il l’est devenu car … il a dépassé les limites du bon sens… et il a menti.

    C’est cela que je reproche. cela ne sert à rien de faire 200 lignes sur le koubi à l’émission de tartenpion, les médias le chose… l’enquête à été uniquement à charge avec les papiers fournis par l’accusation.

    Commentaire par herve_02 — 28/10/2012 @ 22:42

  101. @ BONNET Francis : « j’éprouve quelque révolte à entendre la SG se plaindre des agissements d’un trader, agissements contraires à la déontologie, à la probité…uniquement quand il lui fait perdre de l’argent ! »

    Sauf que, passé trader en titre en janvier 2005 (au moment où il signe ses licences délivrées par les différentes places boursières qui lui permettent de négocier sous son propre nom) 6 mois après il se faisait déjà « souffler dans les bronches » par sa hiérarchie pour avoir masqué sa stratégie alors qu’il réalise son premier gain de 500 K€ !

    Rappelé à l’ordre donc 2 ans après il récidivait !

    On peut toujours travestir la réalité : la vérité n’a évidemment pas le même sens selon l’angle sous lequel on l’envisage.

    Or, même à supposer que la Socgen ait commis des infractions boursières ou pénales celui qui est accusé par la plaignante d’abus de confiance, de faux et usage de faux, d’introduction frauduleuse de données dans un système informatique c’est Kerviel et, en effet, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude surtout si vous cherchez à démontrer ce que vous avez dissimulez à celui que vous prétendez censé savoir ? probatio diabolica !

    Dans « Vérité ou libertés » le philosophe, Alain Etchegoyen, (La justice expliquée aux adultes, Ed. Fayard, p. 61 et s.) avait opposé, en droit pénal, la « vérité à découvrir », qui serait celle des magistrats, et « la vérité judiciaire à construire », qui serait celle des avocats.

    Sans se prononcer sur cette thèse, on peut retenir l’idée, difficilement contestable, que la vérité, même de la preuve, ne se laisse pas facilement appréhender, qu’elle n’est pas nécessairement la même pour tous, selon l’éclairage différent sous lequel chacun la voit.

    Cela étant, puisque vous aimez les formules latines : « La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a » traduction libre « Nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet » la Socgen s’est désormais dotée d’un département « Safe » elle a injectée 180 M€ :

    http://www.huffingtonpost.fr/2012/10/23/societe-generale-kerviel-proces-trader-bourse-risques_n_2007441.html

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/10/2012 @ 01:25

  102. Le pire dans tout ça, c’est qu’on ergote sur la responsabilité de Kerviel devant la loi, qui est patente, mais on oublie la perversité du système spéculatif. Il y a une chose que Kerviel a dite chez Ruquier et qui est vraie (ceux qui boursicotent connaissent). On peut, et Kerviel l’a fait, spéculer à la baisse sur une petite société qui marche bien, qui est saine, et ainsi plumer ses actionnaires. C’est normal, c’est dans l’ordre des choses, c’est parfaitement légal.
    Ben moi je dis que ça pue et que ça vaudrait le coup d’élever un peu le débat et ne ne pas en rester à la question de la légalité. Quand je vois tout ce cirque sur fond d’absence totale de morale, je comprends de mieux en mieux les adeptes de la désobéissance civile :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sob%C3%A9issance_civile

    Commentaire par Gilbert Duroux — 29/10/2012 @ 03:53

  103. @Gilbert Duroux : justement, le côté donneur de leçon de JK est un poil agaçant (euphémisme). C’est un peu comme si il était VRP et qu’on découvre qu’il collait un couteau sous la gorge de ses clients pour qu’ils achètent ses produits, pour se défendre ensuite en disant : le système est pourri, on nous demande de faire n’importe quoi pour vendre nos produits et faire du chiffre et j’ai fait n’importe quoi mais je veux pas être seul à payer. Euh oui, gars, mais là t’es peut-être allé un peu loin dans la compréhension du n’importe quoi, non ?
    Encore une fois, personne ne dit que la banque est blanc bleu, ni la finance. On dit que dans cet univers qui n’est pas blanc bleu (problème du législateur et du citoyen), il y a quelqu’un qui a commis des infractions (problème dont est saisie la justice)

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/10/2012 @ 10:17

  104. @Herve_02 : c’est injuste ce que vous dites, j’ai passé deux ans sur cette affaire, écrit un livre dans laquelle je la raconte par le menu, écrit plusieurs billets ici, répondu à des dizaines de commentaires de façon très circonstanciée me semble-t-il. Permettez-moi de fatiguer, cette affaire est déjà loin derrière moi, elle me saoule pour être claire. Vous savez avec les femmes, quand il n’y a plus de mystère 😉 et alors journaliste en plus… ! Mais bon, puisqu’il faut répondre aux « arguments » de l’avocat….
    Pas d’expertise ? Mouais. Je suppose qu’il y a les documents relatifs au débouclage, d’ailleurs Socgen a du s’expliquer encore plus finement suite aux déclarations d’Houbé sur un compte mystérieux qui n’était autre que celui du trader qui débouclait. Entre nous, on s’en tape de fixer le préjudice au million près, compte-tenu de la somme.
    Des mesures de police et d’instruction, il y a en a eu, seulement à chaque fois c’est comme avec le témoignage d’Houbé. On avance l’hypothèse d’un compte mystérieux et on s’aperçoit que c’est celui du trader. Des bandes trafiquées ? C’est le système d’enregistrement qui se déclenche et se coupe. Des transactions du silence : je tiens du délégué syndical qui les a négociées un non formel. Des supérieurs au courant ? Mais qui ? De temps en temps c’est juste Cordelle et Rouyère (première instance), et puis ça devient tout le monde (appel). Les fameux témoins si fantastiques de la défense ? Un salarié de Fimat qui n’apporte que des suppositions tirées d’internet et de son expérience, un ancien du MATIF qui nous fait le coup du thriller juridique et un cadre d’une autre banque qui lançait à la barre en levant les bras au ciel « la comptabilité ne ment pas Madame la présidente, la comptabilité de ment pas ! ». Allons, je vous laisse continuer de croire à la belle histoire, moi je n’y crois plus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/10/2012 @ 10:40

  105. @ Herve_02

    Seriez vous peut etre  un neo pythagoricien pour qui « toute chose est informatique » ?
    Pour moi, un systeme informatique ne peut dire que ce qu’on veut bien lui faire dire ( non,  je ne parle pas ici de complot…) et en aucun cas il ne peut remplacer l’humain.
    Je ne suis pas completement sure, en vous lisant, que vous ayez compris en quoi constituaient les faux elabores par Kerviel. Alors revenons au terre a terre, je vais essayer d’expliquer sommairement.
    Disons que Jerome Kerviel prenait une position de – 100 millions, sa magnifique martingale c’etait de ne pas la couvrir par une contrepartie. Mais bien sur, dans le systeme informatique, il entrait le bon chiffre + 100 m contrepartie p.ex. avec Deutsche Bank. Donc tout etait OK pour la SG. Ensuite ces chiffres partaient a l’exterieur pour etre compares avec les comptes de la Deutsche Bank, ca prend du temps. Ils  reviennent finalement a la SG avec une alerte car bien sur la Deutsche Bank n’a pas trouve la contrepartie. Ce genre de chose arrive quotidiennement, le plus souvent a cause d’erreurs de saisie. On perd encore du temps car evidemment il n’y a pas qu’un seul trader faisant des erreurs de ce type a la SG. Finalement on interroge Kerviel qui dit « ah merde c’etait 100,5 m ». Et tout repart pour un tour. Deuxieme alerte, Kerviel : « les gars, je suis vraiment desole, j’etais creve par une bronchite, c’etait bien 100 m mais avec Commerz Bank ». Et rebelote. Quand l’alerte remonte une troisieme fois, ca devient plus embetant pour Kerviel qui decide alors de photoshoper des lettres a en tete des banques en question. Mais, la ca commence vraiment a sentir le roussi …
    Voili, voila, j’espere que c’est a peu pres clair !

    @Chevalier Bayard

    C’est ca pour moi le plus incomprehensif, que Kerviel n’ait pas ete vire en 2005.  Sans ironie, la SG a ete bien naive et JK sans doute tres convaincant dans son repentir ! Ce qui est encore plus anormal, c’est que l’ancien chef de Kerviel n’ait pas dit au nouveau, Cordelle, ce qui s’etait passe (je crois qu’il y a eu quelque temps de vacance a la tete du desk delta one, il est vrai que le turn over etait phenomenal sur les trading floors a cette epoque) et au contraire que celui-ci se soit vu conseiller de s’appuyer sur le meritant Kerviel.

    Commentaire par Maelle — 29/10/2012 @ 10:53

  106. @Maelle : Declerck est parti en janvier, Cordelle arrivé fin mars ou début avril. Quant au N+2 de 2005, de mémoire il était parti ailleurs au moment où Cordelle est arrivé et Rouyère n’était pas au courant du dérapage de 2005….

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/10/2012 @ 11:02

  107. Bonjour Maelle

    Ça peut s’expliquer par le fait qu’ Alain Declerc, son ancien n+1, se savait à l’époque approché par HSBC qu’il a d’ailleurs rejoint comme manager, il s’est donc montré plus flexible à l’égard de Kerviel d’autant que ses rapports avec Rouyère s’étaient largement dégradés mais tout de même en se couvrant en informant aussitôt le patron des opérations.

    A mon avis il a dû plaider sa cause et même dans une relation professionnelle il y a une dose psychologique d’un « jeu de séduction masculine réciproque parfois perverse », personne n’est dupe, et comme mâle dominant séducteur, Kerviel, en sait quelque chose (ce n’est pas donner à tout le monde de se séparer de ténors du barreau) mais là… je brode !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/10/2012 @ 11:47

  108. Tout ça pour moi « béotien de la finance », c’est du foutage de gueule. Erreurs de saisie à la pelle, explications vaseuses du coupable coup après coup, hiérarchie qui valse, n’est pas informée des antécédents coupables de ceux dont elle a la charge, qui ne maîtrise pas le temps et laisse divaguer les milliards au gré de flux informatiques incontrôlables ou mal contrôlés, peu m’importe : c’est pire que de l’amateurisme, c’est au moins de l’irresponsabilité grave doublée d’incompétence. Le fric aveugle tout le monde, l’espoir du gain facile grâce à un coup tordu fait perdre toute conscience. Ils doivent tous faire dans leur froc en se disant c’est de la folie…mais si ça marche : quel pactole ! On est à chaque instant sur le fil du rasoir, le système ne fonctionne que parce que le pire n’est jamais sûr…ou parce qu’un certain nombre de conneries ou saloperies arrivent sans doute à être corrigées avant qu’il n’ait été trop tard.
    Dans ce cloaque, JK est bien évidemment coupable, qu’il aille en prison, soit : c’est le tarif…quant à rembourser les 5 milliards ? Mais qu’il soit seul condamné me laisse pantois. Il a été dit plus haut que le président avait été débarqué et 7 autres tradres virés à la suite de l’affaire. Dans ces conditions est-il illogique de penser que les sanctions qui leur ont été appliquées en interne démontrent que JK n’était donc pas seul coupable…alors pourquoi une telle différence de traitement ?

    Commentaire par BONNET Francis — 29/10/2012 @ 12:10

  109. Tiens, je n’avais pas encore lu le billet de Philippe Bilger qui précise utilement le tweet que je mentionne dans le billet : http://www.philippebilger.com/blog/2012/10/kerviel-r%C3%A9compens%C3%A9.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/10/2012 @ 13:19

  110. Ce verdict est scandaleux. Pour qui, comme moi, connaît bien le dossier, bien trop de doutes essentiels en ressortent auxquels Mireille Filippini n’a pas cherché à répondre autrement que du haut de sa prétention à comprendre le fonctionnement d’une entreprise qui avait déjà endormi le juge d’instruction…

    Commentaire par PhHoube — 29/10/2012 @ 16:47

  111. @Aliocha, J’ai lu l’arrêt comme j’avais lu le jugement (qui était assez délirent, je dois dire). Le tribunal a donné raison à la Société Générale et il reprend les arguments de l’avocat général et des parties civiles, il ne s’agit pas d’un jugement divin et justement, si vous lisez bien mon post, je remet en cause le mode de fonctionnement de la justice dans cette affaire.
    Après, je ne dis pas que la justice est vendu. Mais m’interroge comme d’autres ici sur la façon dont la justice a traité (casi uniquement à charge cette affaire). Pour reprendre les propos d’une personne ici:

    « Ok, vous savez pourquoi le juge n’a pas saisi les mails ? pourquoi il n’a pas expertisé le montant de la dette ? et dans l’arrêt il y a la « preuve » que toutes les lignes JK ont été débouclées ? l’arrêt explique pourquoi la même erreur d’addition est dans la demande générale et le verdict ?

    Pourquoi la recherche d’éléments à décharges n’a pas été faite ? La réponse ultime c’est : Le juge d’instruction à compris que JK lui mentait donc il a refusé toutes ses demandes. WTF ? Cool…. drôle de justice, ce que j’en dit… »

    Comme dit cet internaute, en effet, drôle de justice, hai, hai, hai, heureusement que la peine de mort n’existe plus… Croisons les doigts de ne pas avoir à faire à elle. Quand aux journalistes je les trouve assez « mou », complaisants et pas très critiques par rapport à ça… Pourquoi ne pas écrire un article sur le travail de la justice dans l’affaire Kerviel? trouvez vous qu’elle a bien fait son travail?

    Commentaire par Maïté Lor — 29/10/2012 @ 17:57

  112. @laplume

    Je comprends tout a fait ce que vous dites, je ne dis pas que JK était innocent de ce qu’on lui reprochait. Je dis qu’ « on » (je ne peut pas dire qui est ce on) savait probablement ce qui se passe, pour plusieurs raisons :

    1 – Il est impensable de gagner beaucoup d’argent pour un trader avec :
    a) juste de l’arbitrage (entendre les écarts minimes entre 2 titres qui devraient être équivalent)
    b) de l’intraday

    La preuve, c’est que pour essayer d’y arriver, on augmente la fréquence de transaction par des machines qui peuvent passer des milliers d’ordres à la secondes.

    La bourse, les affaires, la vie c’est (en général) peu de risque, peu de profit, beaucoup de risque, beaucoup (peut être) de profits. Dès lors que des traders gagnent des bonus ou l’unité de compte est le 100 K €, il est impensable (ou crétin) de penser qu’il n’y a pas de prise de risque.

    Maintenant la question est : qui savait qu’il prend des risques au delà de ce que son contrat de travail lui autorisait. Pour avoir une réponse à cette question il suffisait de saisir les mails de sa hiérarchie (disons de n à n+4). Làs, cela n’a pas été fait et nous n’aurons jamais réponse à cette question. Peut être que personne ne savait, peut être pas. Nous n’avons pas la preuve que personne ne savait et il me semble qu’en droit c’est à l’accusation de prouver qu’elle ne savait pas : juste le dire la main sur le coeur ne devrait pas suffire : c’était si simple de montrer que dans les mails il n’y avait rien qui laissait penser que quelqu’un savait. Pourquoi la générale n’a pas fournis tous les mails pour montrer sa bonne foi ? parce qu’elle était crue automatiquement ? Sur l’enregistrement, je ne tiens pas pour acquis que le différentiel de temps représente les pauses dans la conversation.

    Mais je conçois que vous en avez marre de cette histoire et que la page est tournée. La page est , pour moi tournée mais il reste toujours en suspens : qu’y avait-il dans ses mails, ce serait tellement simple de montrer que tout le monde est horrifiée et que personne ne savait, ca m’irait parfaitement, je déteste l’injustice. Je resterais éternellement sceptique sur les pertes et peut être que des documents internes SG seraient très éloquents sur le montant des pertes, mais nous ne les avons pas.

    Ce que je trouve dommage c’est qu’à chaque fois que la défense pose une question : ca énerve tout le monde. Le différentiel de temps sur la bande : les silences. Le compte fantôme c’est celui du déboucleur. C’est mal de poser la question ? elle se défend comment la défense ? Je peux comprendre que cela donne l’impression d’une défense qui pinaille et lorsque tout le monde est persuadé qu’elle est coupable ca énerve. Maintenant que la stratégie de défense soit ahurissante, je veux bien le croire, mais je pensais que l’on jugeait de la culpabilité et non de la stratégie de défense.

    Avec le recul ce que je trouve ahurissant (et le mot est faible) c’est qu’avec toute cette informatique les contreparties ne sont pas passées par la machine : on peut passer des ordres sans les saisir et on peut saisir des ordres sans les passer. Pourquoi ? quelles ont été les circonstances techniques qui ont accouchées de ce cahier des charges ou la saisie dans le logiciel n’est pas le point d’entrée et de sortie de l’ordre.

    Ce serait, toute proportion gardée, comme si sur un site de commande en ligne, on pouvait entrer un produit qui ne fait pas partie de la commande et que la commande incorpore un article qui n’est pas écrit sur le bon de commande. Cela semble impossible à conceptualiser. Mais c’est possible : la preuve c’est le cas. Dès lors comment peut-on reprocher aux traders de « dépasser les limites » : l’outil le permet, ils sont incités à faire toujours plus de résultats et leurs émoluments dépendent de ces résultats.

    C’est comme donner à des enfants un pistolet chargé et dire : c’est juste pour faire jolie, faut pas s’en servir : sur 99.999% des cas il n’y aura pas d’accident. Mais est-ce que c’est l’enfant sur 100 000 qui meurt qui est le responsable ?

    Commentaire par herve_02 — 29/10/2012 @ 19:16

  113. @Herve_02 : vous oubliez une chose : la finance rêve. Et elle aime par dessus tout qu’on la fasse rêver. Vous n’imaginez pas le nombre de projets débiles dans lequel un de mes copains financier (ancien courtier sur le MATIF) est prêt à investir tous les jours, à condition que le bateleur en face de lui le fasse rêver. Les bras m’en tombent quand je l’observe. Un enfant de cinq ans ne croirait pas aux boniments qu’il avale. En même temps, ce sont ces types là qui concourent au financement de l’économie et régulièrement aussi je vous l’accorde à sa destruction. Bref, quand un trader réalise de superbes performances et soutient en plus qu’il développe une formidable stratégie, ben on le croit. Eric Cordelle a été interrogé sur les 55 millions de résultat déclaré lors de l’appel en juin, ça ne vous a pas interpellé ? a demandé la présidente qui, contrairement à ce que je lis ici et là, n’était pas une gourde à la botte de Socgen. Réponse : dans mon ancien job un trader faisait 80% du résultat de l’équipe. Voilà. On en revient toujours vous et moi à la même opposition irréductible, vous refusez de croire à l’immensité de la connerie humaine, moi j’y crois. Vous vous souvenez de la dernière phrase prononcée par Steve Mc Queen dans la Tour Infernale ? Il dit qu’il faut laisser les ruines fumantes de la tour qui vient de s’effondrer et en faire « un monument dédié à la connerie humaine ». Pourquoi ? Parce qu’on a construit trop haut et parce qu’un margoulin a trouvé le moyen en plus de rogner sur les dépenses de sécurité en pensant qu’elles étaient superflues. Ben voilà, pour moi l’affaire Kerviel c’est notre tour infernale, une banque qui se croit la meilleure du monde, qui n’écoute pas les consignes de la commission bancaire sur le nécessaire renforcement de son contrôle interne, des gens qui font leur boulot pour les uns mécaniquement, pour les autres approximativement et hop, l’accident, le court-circuit, l’incendie.
    Sur les mails, qu’est-ce que vous en savez qu’elle n’a pas tout produit ? Ce que dit la défense sur les plateaux télé ? Un témoignage évoquant une demande chez Fimat sur la possibilité de supprimer des mails ? Bon, admettons. Que répond SG ? Ah ben on n’en sait rien, mais on s’en fout. OK. Permettez-moi de me méfier de ce genre de chose, c’est l’objet du billet d’hier. D’abord on ne sait pas si elle n’a pas tout produit (ou plutôt si tout n’a pas été saisi le vendredi quand policiers et magistrats ont passé 7 heures dans les locaux et embarqué tous les ordinateurs de JK, les enregistrements, les dossiers etc.). Ensuite, admettons qu’il y ait eu nettoyage chez Fimat. Cela peut êtreparce que le courtier pas trop regardant s’est bien engraissé via JK et que d’un seul coup il panique en se disant « merde, les rares fois on s’est posé des questions, on va nous reprocher de ne pas avoir tilté ». C’est un grand classique, ils ont pu vouloir dissimuler bien d’autres choses qu’une complicité. L’ennui dans ce dossier, c’est qu’à chaque fois que la défense sort un lapin du chapeau ça tombe à plat. Entre nous, je pense que JK était ou s’est persuadé qu’on le manipulait, il est d’autant plus crédible qu’il est convaincu de ce qu’il dit, mais franchement quand il cache ses gains, chat avec un copain et évoque la taule qui l’attend, vous croyez encore que tout le monde savait ? C’est bizarre quand même de cacher ce que tout le monde sait et d’avoir peut de la taule en faisant des choses qu’on vous encourage à faire. Surtout quand on a comme lui une notion aussi approximative du respect des limites, des règles, bref de tout ce qui peut brider une addiction…

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/10/2012 @ 21:53

  114. @laplume

    Peut être qu’il pense à la taule parce que instances de contrôle, pas du tout à cause de la générale. C’est un peu comme cela que j’avais envisagé : JK persuadé (à raison ou pas) que ce qu’il fait est « autorisé » à demi mot par sa hiérarchie car cela rapporte des sous mais il doit le cacher au contrôle. Mais bon on s’en fout.

    Par contre, je vous rejoins, en fait toute la hiérarchie de la générale c’est une équipe de bras cassée, pas intelligent pour un sous. Avec des logiciels de merde . D’après les témoignages et ce que disent les gens ici c’est une bonne description de la général : une équipe de bras cassés avec des logiciels de merde.

    Commentaire par herve_02 — 29/10/2012 @ 23:54

  115. Caricature de l’Infernale affaire Société Générale
    Filed under: Affaire Société Générale —@diouspikanglich 23:37
    Tags: injustice, ratio Cooke, Libor, subprimes

    Dans mon ancien métier de trader junior, il y a déjà près de 20 ans, j’avais observé une chose qui m’avait amusée : la banque a toujours raison. Une affaire judiciaire porte toujours, à des degrés divers, l’empreinte de celui ou de celle qui l’initie. Le rôle d’une institution bancaire est en principe de tenir les rênes de l’action des salles de marchés. Mais, il arrive qu’elle tombe dans des magouilles qui embarquent son staff et les médias dans son histoire, sa logique, voire sa folie. Ah si seulement Daniel Bouton avait conservé son premier métier, celui de dirigeant de banque de dépôt ! S’il avait su dire « je suis tombé bien bas, j’ai perdu pied avec la réalité, pardon !», si ce dirigeant tordu avait pu poursuivre sa stratégie, amener le dossier sur le terrain de la relation employeur/employé, plaider la solitude du dirigeant qui ment au peuple et n’ose pas l’avouer, la perte de contact avec la réalité !

    Seulement voilà, la Société Générale, elle, a voulu faire Le film inachevé de l’affaire Kerviel http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20121024.CHA2282/le-film-inacheve-de-l-affaire-kerviel.html. Alors contre toute prudence, malgré les mises en garde de ses conseils successifs, elle est monté au front, elle a attaqué sa victime, mis en cause ses salariés, nié la gravité de sa faute, refusé de demander pardon. Et ce faisant, elle a refermé sur elle les mâchoires du piège diabolique dans lequel elle s’était mise en se livrant avec démesure à sa passion du pouvoir : le piège de la perte de confiance.
    L’issue judiciaire provisoire de ce dossier, qualifiée par certains de scandaleuse et qui est à tout le moins extraordinaire, n’est que le prolongement, on l’oublie un peu trop vite, d’événements eux-mêmes extraordinaires. C’est l’histoire d’un dirigeant de banque qui a engagé deux fois son ratio Cooke en 2007 et en 2008, occasionnant une perte record de 4,9 milliards. Une perte qui a mis en péril le trader junior chargé du dossier, Jérôme Kerviel, une perte colossale due aux subprimes, non avouable à la France et qui aurait pu faire chanceler tout le système financier. Seulement voilà, l’homme et l’histoire plaisent aux médias, le banquier grand PDG, est une icône dont on craint sa maîtrise de la monnaie fiat. Dans un pays réputé pour sa détestation de la finance et des marchés, quelle évidence ! La justice même, sensible au charme du vieux cowboy se rallie à la fange médiatique. Il faut dire qu’elle a le dossier en mains et que celui-ci est tout sauf romantique. En octobre 2010, elle interroge Mr Bouton qui persiste à affirmer n’avoir rien vu ni su du travail de son trader junior et surtout à demander le remboursement des 4,9 milliards perdus. Les montants engagés étaient délirants, les pertes vertigineuses. La justice y est pour quelque chose. Celui ou celle qui occasionne un préjudice doit le réparer. Dans la vie courante, cela parait normal et même nécessaire. Ici c’est aberrant. A qui la faute ? Est-ce le peuple qui a misé et perdu des milliards ? On notera au passage que le jugement fut particulièrement violent avec le jeune trader et bienveillant vis à vis d’une banque auréolée. Dissimulation de la part de la banque ? Effacement de preuves ? Utilisation abusive de pouvoir ? Oui, irritation face au silence obtus du vieil homme, à son refus contre toute évidence d’admettre qu’il a fauté et à son impossibilité de justifier ses allégations sur les complicités dans les plus hautes sphères, à l’aide des contrats baillons, les faux témoignages et le soudoiement des groupes d’intérêt.

    Alors le jeune trader Jérome Kerviel, dans un second sursaut d’espoir, fait appel, et encore une fois, il continue à clamer que sa hiérarchie savait mais qu’il est l’objet d’une manipulation digne de l’affaire d’Outreau. C’est un peu comme le Da Vinci Code. Bien des éléments de vérité sont utiles pour accréditer une histoire probable. La Cène de Léonard de Vinci existe et l’on sait bien que les convives ne sont pas seulement au nombre de douze. On peut admettre finalement que les pontes ecclésiastiques forcent la vérité en donnant une version théologique de l’histoire du fils de Dieu qui les arrange, de la même manière qu’un juge peut forcer les faux témoignages en cherchant à accuser un innocent quelle que soit la vérité. Mais les dogmatiques de l’église catholique peuvent persister dans le mensonge en jurant que c’est une théorie du complot ! Et on en tire une histoire infiniment plus chatoyante que la vérité historique. Dans notre dossier Société Générale, la finance sert de décor à une indigne intrigue dans laquelle elle estime ses pertes sur les subprimes à un montant indécent, identifie un trader inexpérimenté, le laisse cyniquement déraper, puis décide de le sacrifier sur l’autel de ses intérêts. Elle en ajoute en mettant en place une obscure cellule grise qui récupère en sous-main les pertes des autres traders non dénoncés car issus de l’école polytechnique. Et finalement, elle révèle glorieusement des pertes gigantesques. Ici les éléments de vérité sont la finance décrédibilisée depuis 2008, les parachutes dorés des dirigeants de banque et les stocks option oubliés, et quelques témoins parfaitement crédibles en faveur du pauvre trader qui préfèrent croire à la sincérité des hommes et de leur travail plutôt qu’à leur malice.
    Las ! La justice annonce triomphante l’indigne calvaire qu’elle inflige à un malheureux salarié et montre ostensiblement une indifférence arrogante au drame véritable qui est entrain de se jouer. Sous sa lumière glacée, le puissant PDG et ses fringants défenseurs, bourreaux du misérable trader sont apparus pour ce qu’ils étaient : des imposteurs.
    Et voici que Daniel Bouton est sauvé à nouveau. L’expédition punitive de la Société Générale fait oublier ses malversations http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/29/enquete-a-paris-sur-des-soupcons-de-manipulation-du-libor_1782654_3234.html – ça aurait pu être pire, l’avocat général réclamait 5 milliards– et au même montant faramineux de dommages intérêts. Alors que cela apparaissait une peine incommensurablement digne des châtiments du Moyen Age, le journal de 20 heures de France 2 offre, au jeune condamné à la servitude, le soir même son audience en consolation. Maitre David Koubbi, son avocat, humaniste et courageux dans une cause perdue s’en est ému dans un tweet : « Honte à une justice lamentable ». Il a raison. Dans sa logique d’avocat. Médiatiquement, Daniel Bouton était bien l’homme de l’actualité du jour. L’affaire de la Société Générale est celle de tous les excès. Elle ressemble au dirigeant qui en est la cause…
    Daniel Bouton pour l’instant est libre. Que l’enfer lui vienne en aide.

    Mise à jour 29/10 à 23h35 : pour ceux qui souhaitent croire encore à la fin du calvaire d’un homme victime d’une erreur judiciaire, c’est ici : Présumé Coupable (2011) – l’affaire d’Outreau film …http://www.youtube.com/watch?v=YGFETB70NMc

    Commentaire par diouspikangliche (@diouspikanglich) — 30/10/2012 @ 08:13

  116. @diouspikangliche : Outreau seulement, allons, vous êtes trop timide, David Koubbi a parlé de Dreyfus et Seznec chez Ruquier (on en dit des choses chez Ruquier), faut y aller plus franco ma belle !

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/10/2012 @ 08:37

  117. @diouspikangliche : dire que la banque a toujours raison c’est aussi caricatural que de faire croire que son PDG ait souhaité, sciemment, (« la banque savait ») faire disparaître 140 000 emplois en engageant sur les marchés financiers 1.5 les fonds propres de la société !

    Et, quand on se penche sur l’histoire des faillites bancaires on relève aussi qu’elles ont bien souvent tort !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/10/2012 @ 10:21

  118. @Le Chevalier Bayard : laissez tomber, dans cette histoire, à ce stade, il y a d’un côté les gens qui réfléchissent, qui lisent les décisions de justice, qui travaillent et de l’autre les petits farceurs qui refont le monde autour d’une bouteille de vodka dans une boite branchée. Vous savez, sous les sunlights, tout le monde est beau, riche, bronzé, plein d’avenir et innocent 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/10/2012 @ 14:08

  119. Ma chère, je n’ai rien contre les boites branchées pour les avoir moi-même fréquentées dans un « récent passé » (ne vous méprenez pas la formule est une coquetterie !) je préfère de loin « les bistrots parisiens » et vous avouerai que la vodka n’est pas mon truc : je ne bois que du bon vin !

    Avec une bonne dose d’humour je vous comprends : « faire comprendre des choses complexes à des « gens simples » frise souvent l’abus de confiance » (Philippe Bouvard)

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/10/2012 @ 14:53

  120. @laplumedaliocha et autre chevalier Bayard : Le problème avec vos commentaires c’est que vous êtes en pleine docu-fiction et croyez fermement détenir la vérité alors que techniquement vous ne comprenez rien à l’activité financière en question. Ce n’est pas mon cas et de surcroit j’étais aux premières loges. JK a eu beau faire plus de 900 opérations fictives dans l’année 2007, il ne pouvait en aucun cas dissimuler ses résultats. C’est strictement impossible. Vous vous faîtes avoir comme la justice en confondant les résultats théoriques issus de l’outil front-office et les résultats comptables.
    La comptabilité n’étant alimentée QUE par les résultats réellement constatés sur des comptes externes, les opérations fictives sont toujours restées bloquées dans le hors-bilan avec la mention « en suspend ».. Relisez l’instruction et les rapports de missions, c’est écrit noir sur blanc. De ce fait, la comptabilité n’a JAMAIS été altérée par la moindre de ces tentatives maladroites de dissimulation. Au final vous vous réjouissez de l’éternelle victoire du cynisme sur la naïveté. Vous applaudissez quand la justice protège l’omerta qui s’impose à la finance française. C’est désolant. C’est mon dernier mot sur votre blog. Je vous remercie d’avance d’avoir la gentillesse de le publier.
    Philippe Houbé

    Commentaire par Philippe Houbé — 31/10/2012 @ 14:04

  121. Mais vous savez, Monsieur. Houbé, comme le dit MADAME La Plume elle-même,  » Comme dirait un proverbe chinois, on peut convaincre celui qui sait, on peut convaincre celui qui ne sait pas, mais on ne saurait convaincre celui qui croit savoir. » … … …
    Madame La Plume n’en a que faire des spécialistes comme vous, qui ont tout risqué pour dénoncer les pratiques de la SG, qui connaissent les ficelles du métier bien mieux qu’elle, qui savent expliquer simplement et clairement, en se fondant sur des faits précis, pourquoi il était absolument impossible que la hiérarchie de l’accusé ne sache rien de ce qui se passait… elle préfère nier l’évidence en fabriquant des images de l’accusé et de sa défense, les plus machiavéliques ou fantaisistes possibles… c’est plus attrayant pour le lecteur ! Et en rabbachant la même cuisine, ça lave le cerveau à force !
    Il est désolant de constater que malgré le courage et l’honnêteté dont vous avez fait preuve, Monsieur Houbé, il y a encore des gens qui se font embobiner, au lieu de se poser la question du pourquoi un homme comme vous, Monsieur Houbé, a-t-il pris la décision d’apporter son savoir, ses connaissances et son soutien à la défense de M. Kerviel, quoiqu’il lui en coûte ??
    En attendant, Madame pourra remercier Monsieur Kerviel de lui avoir permis de trouver l’inspiration pour écrire un livre qui, espérons-le, lui aura rapporté tout plein de sous !! ( tant qu’à faire ), et de passer à la TV, aussi !
    Monsieur Kerviel est la muse de La Plume… tout un roman !

    Commentaire par beegood — 31/10/2012 @ 17:09

  122. @Philippe Houbé : on ne se réjouit de rien, on attend des preuves. Et pour l’instant, les seules preuves que l’on a ce sont celles des opérations fictives de JK et des faux e-mails. Vous m’expliquez le back office, souffrez que je vous explique la justice.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 17:13

  123. @Begood : Moi je cours les plateaux télé, mais vous vous foutez de la gueule de qui ? Qui a écrit un livre qui s’est vendu à plus de 60 000 exemplaires, qui a fait toutes les télés et toutes les radios depuis 2010 ? Qui mobilise l’attention des médias et de la justice depuis 4 ans ? Qui a joué 110 milliards au total ? Qui a incontestablement fait des faux ? Qui a failli foutre sa banque par terre ? Qui passe son temps à accuser les autres, tous les autres de ses propres turpitudes ? Bon sang, mais y’en a marre de ce clan d’hystériques qui insulte à tour de bras tous ceux qui ne croient pas à l’innocence de leur idole et qui en plus se font passer pour les insultés et les victimes. Vous savez comment on appelle ça ? Au choix de la connerie ou de la perversion. Vous avez lu le dossier ? Je veux dire les milliers de pages du dossier ? Moi oui. Vous avez interviwé au bas mot une centaine de personnes sur l’affaire, tous profils confondus, gens de la banque, traders, experts, commissaires aux comptes, économistes, comptables et j’en passe ? Moi oui. Vous avez lu toute la littérature sur l’affaire ? Moi oui. Vous avez assisté aux deux procès ? Moi oui. Vous avez lu attentivement les deux décisions ? Moi oui. Alors foutez moi le camp d’ici avec vos diatribes à quatre balles contre les journalistes, la justice, la banque et que sais-je encore. ça fonctionne avec la bande à Ruquier votre truc, mais pas avec moi. L’inversion totale des valeurs, ça commence à suffire. J’ai publié un récit objectif de l’affaire dans une maison d’édition technique on ne peut plus sérieuse. Un récit qui ne conclut pas à la culpabilité de Kerviel mais qui en revanche avance qu’on a sous estimé la responsabilité de la banque. Vous le sauriez si vous l’aviez lu. Mais non, c’est tellement plus simple là encore de se contenter de répéter ce que le mec qui ne l’a pas lu non plus vous dit quoi en penser.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 17:40

  124. @ Philippe Houbé

    Mouais… Bon !

    Vous avez une curieuse conception du débat démocratique ?

    Voyez-vous, n’être d’accord sur rien c’est l’avantage de ne pas se disputer sur grand chose.

    Cela étant, j’ai trop de respect pour l’intelligence pour avoir l’inélégance de traiter mon contradicteur d’incompétent je suis même prêt à reconnaître que votre démonstration à le mérite d’exister, seulement voilà, à la lecture de l’arrêt de la Cour d’appel, dommage pour vous, elle n’a pas résisté à l’analyse sur le terrain probatoire.

    A ce propos, savez-vous ce que disait Kant : « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter ».

    Par ailleurs, dans une démocratie, et à suivre Aristote, en exprimant des opinions, le citoyen exerce un droit qui n’est pas lié à ses compétences, mais à sa qualité d’usager : « La multitude, écrit-il, est composée d’individus qui séparément sont des gens sans valeur, mais est néanmoins susceptible, prise en corps, de se montrer supérieure à l’élite…Non à titre individuel, mais collectif. »

    Autrement dit, la compétence du citoyen est d’un autre ordre que celle du technicien.

    Alors de grâce ne transformez pas votre « aigreur d’incompris par Madame Filippini » en moyen d’attaque à mon égard.

    Je risquerais à mon tour de devenir désagréable car l’intelligence c’est comme les parachutes disait Pierre Desproges quand on en a pas on s’écrase !

    En pur droit, attention hein ! Pas en finance ou en comptabilité ! Si vous ne parvenez pas à établir solidement « une vérité judiciaire » celle qui, bien évidemment, est à construire par l’avocat vous finissez toujours par récolter se que vous avez semé !

    Quant à la démarche de l’utilisation des engagements d’un hors bilan je vous félicite et vous remercie car désormais grâce à vous M. Kerviel pourra plus nous dire : « le ratio Cooke ? (McDonough) Euh connais pas ! » (eh oui ! Je l’ai financé, certes à hauteur de 19,90 €, comme quoi je ne suis pas mauvais bougre, c’est en quelque sorte une façon de le « soutenir ») vérifiez c’est à la page 35 de son livre !.

    Je vous dis ça parce qu’en 30 ans de pratique en droit bancaire (15 ans, précisément, à la « Gégène » un reste de 1979 à 1994) même un simple stagiaire de 3 ème cycle en banque-finance ou finance de marché (comme Kerviel) et j’en ai vu passé, voire embauché savait de quoi il parlait !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 31/10/2012 @ 18:02

  125. @chevallier

    On en revient toujours à la même chose : la plaignante SEULE sur le terrain pendant une semaine, qui a eu le temps de faire son ménage. Pour le « secret des affaires » on n’a que la parole de la générale sur le débouclage…
    L’enquête qui a refusé tout plein d’actes à la défense et on dit : « j’attends les preuves »… comment obtenir une vérité judiciaire lorsqu’on a un a-priori sur la culpabilité et qu’on ne juge pas important ni pertinent de réaliser les actes d’enquête que la défense demande ?

    moi je veux bien être idiot, incompétent, populiste, poujadiste, troll : comment arriver à une vérité judiciaire juste lorsqu’on cherche juste les preuves de culpabilité ?

    OUI il a entré des fausses opérations, mais rien ne prouve qu’il est le seul à le faire, et rien ne prouve que ce n’est pas une pratique courante. Si c’est une pratique courante, ce n’est plus un délit. Rien ne prouve que c’est une pratique courante parce que la plaignante, main sur le coeur dit « non non non onfépassa » et aucune enquête n’a été diligentée pour vérifier. CQFD

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 20:07

  126. Réveillez-vous ! Si vous me plantez de 5 mds et, bien moi, j’utilise les mêmes méthodes que vous ! Vous me me comprenez maintenant ou je dois vous faire un dessin ?

    Eh bien le monde le monde des affaires c’est ça ! Plus requin que moi tu moeurs ! You got it !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 31/10/2012 @ 20:39

  127. @chevallier

    Attention, vous êtes en train de dire que la générale à menti et donc que c’est une arnaque au jugement….

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 20:46

  128. Eh bien prouvez-le !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 31/10/2012 @ 20:48

  129. @Aliocha : Vous me permettrez de vous répondre que les preuves ne manquent pas. Beaucoup sont déjà versée au dossier pour qui sait un peu lire les différents rapports et autres pièces versées au dossier, comme la Cour vus les avez sous les yeux mais n’en voyez pas la portée.
    D’autres ont été rassemblées dans le cadre de l’instruction ouverte contre la banque, mais il est vrai que celle-ci a été classée.
    D’autres auraient pu apparaître à la Cour si elle avait demandé une analyse des éléments que je tenais à sa disposition si elle souhaitait y voir plus clair. J’attendais de vrais débats contradictoires avec les représentants de la hiérarchie de la banque, ils ont été écourtés et je n’ai pas disposé du temps et des moyens nécessaires pour démontrer mon propos.
    On trouve encore d’autres preuves dans le rapport Green.
    D’autres enfin sont lisibles entre les lignes du blâme infligé par la Commission Bancaire.
    @Chevalier Bayard : Je reçois clairement vos sous-entendus et prend bonne note de ce que vous ayez travaillé au service juridique de la banque. Permettez-moi simplement de regretter qu’il n’y ait justement pas eu « d’analyse sur le terrain probatoire » de la part de la Cour, celle-ci ayant des impératifs de planning.

    Commentaire par Philippe Houbé — 31/10/2012 @ 21:17

  130. Ce n’est pas à moi de le prouver, mais à la justice.

    Nous ne sommes pas dans un système à l’américaine ou les cabinets d’avocats font les enquêtes… mais un système à la française ou on décide de la culpabilité au début de l’enquête et on instruit pour prouver que le « coupable » est bien coupable.

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 21:18

  131. Quand je parlais de l’éternelle victoire du cynisme sur la naïveté…

    Commentaire par Philippe Houbé — 31/10/2012 @ 21:40

  132. Il est extraordinaire de devoir constater que les seuls « arguments » des défenseurs de Kerviel ne sont constitués que par des soupçons qui consistent à édifier des raisonnements de plus en plus improbables , pour maintenir leur défense contre les résultats de l’enquête et les jugements appuyés sur des preuves (abus de confiance envers son employeur, faux et usage de faux, introduction frauduleuse de données dans un système informatique).

    N’ayant aucun fait à citer, aucune preuve à charge envers la banque qui porte plainte contre son employé qui l’a trompée, exactement comme la défense de Kerviel par Koubi, les défenseurs qui s’acharnent n’ont juste qu’une logique du soupçon à opposer, et leur soupçon s’approfondit à chaque étape et s’élargit toujours davantage. Après le soupçon qui porte bien entendu sur la banque -sur le mode du « et si »… « et pourquoi pas … » « et si jamais… » et « nous pouvons imaginer sachant ce que l’on sait des banques… » et « sachant ce que l’on sait du monde de la finance, nous pouvons légitimement supposer… » cela devient « nous devons légitimement supposer… » et s’achève en certitude « ça s’est forcément passé comme ça , c’est impossible autrement… » – cette logique du soupçon appliquée à la banque ne suffisant pas à réfuter les faits indiquant la culpabilité de Kerviel, tandis que rien ne peut être apporté prouvant que la banque a commis des infractions boursières ou pénales, la dite défense entêtée se poursuit en portant le soupçon sur la Justice : forcément partiale, dans son enquête, au procès, dans ses jugements.

    Pourquoi ? parce que ceux là ont décidé que Kerviel, convaincu de délits pénaux avérés, ne peut être condamné seul tandis que la banque ne l’est pas même si elle n’a commis aucun délit. la Justice est forcément partiale, que dire ? vendue, pourrie, complice. Rien que cela.

    Outre que cette accusation est grave, Aliocha a pointé que face à cette accusation portée par Kerviel-Koubi et ceux qui les suivent qui se répandent sur internet pour soutenir cette idée, il n’y a pas de contradictoire possible : pas de réponse de la Justice, des magistrats, pour se défendre contre ce qui relève de la diffamation .
    Outre cela, il faut tout de même voir la fragilité de la logique : moins il y a de preuves, plus il y a de preuves que c’est louche , la banque, la Justice sont forcément coupables PRECISEMENT parce qu’il n’y a pas de preuves : c’est la preuve que les preuves ont été dissimulées.

    Donc on on doit faire comme s’il y en avait, des preuves, et alors on peut reprendre ses raisonnements par hypothèses appuyées sur de simples soupçons très généraux fondés sur la nature des banques comme dit + haut. des raisonnements sur le mode du « et si jamais… » et « nous pouvons imaginer sachant ce que l’on sait des banques… » et « sachant ce que l’on sait du monde de la finance, nous pouvons légitimement supposer… » qui aboutit à une certitude.
    En résumé, sans preuves factuelles c’est la logique du : parce que riches, forcément coupables (de délits) et parce que donnant raison aux riches (banques) dans leur plainte, la Justice est pourrie : preuve, elle est au service des riches.

    ça rappelle la logique ultra-sectaire d’un groupe d’extrême-gauche dans l’affaire de Bruay en Artois : parce que notable, le notaire était forcément coupable (de l’assassinat d’une jeune fille issue d’un milieu modeste, ouvrier) : un jugement a priori, qui ne cherche pas la culpabilité réelle sur la base de preuves, mais juge en fonction de critères de classe : accusation de la Justice au service des riches etc.

    Finalement son innocence sera établie.
    A la suite de cela, les groupes d’extrême-gauche ultra-sectaires qui s’étaient déchaînés contre le notaire durent s’auto-dissoudre, s’étant rendu compte, même eux, que leur position était aussi intenable que dangereuse et confinait à des excès qui ressemblaient fort à l’arbitraire le plus total et n’avaient rien à envier aux moeurs qu’ils imputaient à leurs adversaires et ennemis.

    Là, les preuves de culpabilité de Kerviel sont mises en balance avec des délits supposés, sans preuves.

    En somme un mode de raisonnement par hypothèses infondées, étayées sur une logique du soupçon, qui accuse sur la base non de faits et agissements réels et étayés par des preuves, mais sur la base de la nature -réelle ou supposée- de la partie civile.
    =
    Rien n’est plus contraire au fonctionnement du système judiciaire qui ne juge que des faits et des actes en vertu de preuves, et non sur la tête, l’image, et la réputation générale ou particulière du justiciable.

    C’est assez immonde d’accuser magistrats et système judiciaire, sans preuves là encore, alors que par définition ils ne peuvent répondre et se défendre : accusation sans contradictoire.

    Et quand je vois Hervé me répondre + haut (98)

     » les « tournantes » de fontenay, on aurait dû les juger de la même manière, nous n’aurions pas les féministes sur le dos » .
    = de la même manière signifie à la tête du client, compte tenu de leur profil sociologique et culturel de petits voyous de banlieue, dans le cas de l’affaire de Fontenay, comme Kerviel donc aurait été condamné dans cette affaire avec la SG, parce que « petit » employé d’une grosse banque. Non parce que coupable des faits qui lui sont reprochés, mais parce que un certain profil, tandis que la banque, vu son profil, est elle, nécessaire coupable, on le sait.

    Jugement sur profil et qui néglige les preuves, et leur recherche. Voilà l’accusation faite aux magistrats qui ont eu à s’occuper de l’affaire Kerviel.

    Outre la forme de l’hypothèse sans fondement qui mène à une théorie du complot, on a ici, un raisonnement qui justifie l’accusation et la condamnation sur profil, de la banque qui le mériterait puisqu’elle est une banque et pour cette seule raison, mais se réjouit de l’acquittement, ou presque, sur profil, de petit voyous de banlieue, ce qui fait bien chier les féministes.
    = même logique dans les deux cas.

    1- dans l’affaire des viols de Fontenay, il est établi qu’il y a eu viols multiples, en réunion, mais, malheureusement pour elle, la plaignante ne peut désigner avec suffisamment d’éléments probants les auteurs et complices ni les circonstances de façon à satisfaire l’exigence de preuve de la Justice : il semble qu’ elle a tout du profil de la victime mais elle ne peut obtenir que la justice envoie en prison « une bande » plus ou moins anonyme, il faut identifier les agresseurs, que les circonstances puissent établies etc. : même si elle a raison, sa parole ne suffit pas. Dans le doute, la Justice ne condamne pas, faute de preuves suffisantes.

    2- Kerviel accuse la banque, sans preuves, ce n’est pas mieux : il ne peut obtenir aucune condamnation.
    Pour condamner en effet, il faut au moins que le délit ou le crime soit établi.

    Et la machine à s’indigner est partie, s’emballe, jusqu’à la diffamation envers les magistrats car il faudrait condamner ou relaxer sur profil.

    Eh bè !

    On voit ici à l’oeuvre que, comment et pourquoi le mépris du droit lorsque lui est substituée une logique sociologique du coupable a priori selon sa position sociale ou son appartenance à un groupe désigné comme bous-émissaire, mène inexorablement à l’idéologisation dangereuse des sujets sur les quels a à juger, en principe, un système judiciaire dans un Etat de droit et ressemble à peu près au lynchage ou à la vengeance, pré-juridiques. Logique du mépris du droit, qui, transformée en système politique s’achève en terreur et massacre.

    Alors, si on se calmait un peu avec ces arguments qui n’en sont pas ?

    Commentaire par Schmilblick — 31/10/2012 @ 22:08

  133. @Schmilblick

    faut arrêter de monter au créneau, il suffit de lire. La question qui est posée, n’affirme rien du tout, ne suppose rien du tout. La question est : pourquoi on a refusé les actes à la défense ?

    je ne demande rien d’autre : pourquoi ?

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 22:17

  134. Eh bien ça s’énerve…pour un lecteur qui n’est pas branché en matière bancaire, financière et spéculation…il y a un commentaire clair, concis et parfaitement compréhensible, c’est celui de Philippe HOUBE au point 120.
    Puis-je faire observer par ailleurs qu’il me paraît quelque peu, disons « excessif » ou hypocrithe d’accuser JK de se défendre mal et d’avoir mal choisi sa défense. Je pensais que le rôle de la Justice était de rechercher la vérité et non pas de juger de la qualité des plaidoiries : la Justice doit-elle relaxer les coupables bien défendus et condamner les innocents mal défendus…sans état d’âme ?
    Cette affaire fait fureur parce qu’on nous dit que 5 milliards se sont évanouis…mais le diabolique et incompétent JK qui a si bien mystifié l’irréprochable SG, n’a rien détourné à son profit. Il a voulu se faire apprécier de sa hiérarchie et arrondir ses émoluments…comme tant d’autres qui dans leurs métiers respectifs trafiquent à belle journée, comptes-rendus d’activités et statistiques, mais pour des sommes plus modestes. Alors on n’en parle pas, on s’en accomode et souvent très bien…Est-ce que la moralité et la responsabilité des individus doit être mesurée selon la gravité des conséquences de leurs actes ? Quand j’étais petit à l’école on enseignait aux enfants : « Qui vole un oeuf, un boeuf volera ! »

    Commentaire par BONNET Francis — 31/10/2012 @ 22:35

  135. @Philippe Houbé : Kerviel ne vous mérite pas Monsieur. Un jour vous comprendrez. J’espère au moins que vous trouvez dans ce combat une satisfaction personnelle quelconque. Son propos n’est pas dire qu’il n’a pas déconné, mais simplement que tout le monde fait comme lui. Vous dépassez ses ambitions. En ce qui me concerne, je ne lui accorde pas d’autre excuse que celle d’être tombé dans l’addiction sans que personne ne l’en empêche alors que l’activité est risquée pour les traders autant que pour l’établissement.

    @Hervé _02 : quand vous faites plusieurs mesures d’instruction et que vous vous apercevez qu’on vous mène en bateau, vous laissez tomber. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il est question ici de l’argent du contribuable et, plus important encore, d’autres affaires à gérer qui, elles, méritent le temps et l’argent que celle-ci ne valait pas qu’on gâche.

    @Francis Bonnet : il ne paie pas un mauvais avocat menant une mauvaise défense, il paie son déni qui monopolise indument la justice. C’est ça que vous contestez, ami contribuable ?

    @Schmilblick : je ne l’aurais pas dit aussi bien.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:12

  136. ok, je m’incline…

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 23:17

  137. uuuhh !  » tiens, c’est la pleine lune on dirait, les esprits s’échauffent  » lol – je suis super contente de vous faire sortir de vos guons ! que du bonheur ! au fait, c’est quoi des diatribes ? franchement, vous êtes trop forte en vocabulaire, grâce auquel je m’enrichis – merci braz ! :)))

    Commentaire par beegood — 31/10/2012 @ 23:17

  138. @Schmilblick

    dans le cas du procès de fontenay, « : quand vous faites plusieurs mesures d’instruction et que vous vous apercevez que vous ne trouvez rien alors vous laissez tomber. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il est question ici de l’argent du contribuable et, plus important encore, d’autres affaires à gérer qui, elles, méritent le temps et l’argent que celle-ci ne valait pas qu’on gâche. »

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 23:21

  139. J’ajoute, à l’attention de tous : à supposer même que sa hiérarchie l’ait encouragé à franchir les lignes, quelle est son excuse d’avoir accepté de prendre des risques objectivement délirants ? « Ma famille m’a enseigné la valeur travail, a-t-il expliqué, la Société Générale m’a enseigné d’autres codes » sous entendu : la fraude, la démesure, le fric à tout prix. So what ? En ce qui me concerne, il m’est arrivée d’être confrontée à des ordres illégaux ou simplement immoraux. J’ai dit non. Et nous sommes des millions comme ça, à dire non tous les jours….Si je disais à quoi ça me fait penser, les gens qui obéissent ainsi à un ordre manifestement contraire au droit, au bon sens, au bien collectif et à la moral, je friserais le point Godwin, donc je préfère me taire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:21

  140. @Scmilblick : Laissez-moi, en réponse, vous citer la Commission Bancaire, c’est beau comme du Prévert :

    « …alors que les informations mises à la disposition de la hiérarchie, en particulier la balance de trésorerie des portefeuilles gérés par cet opérateur, ont fait ressortir tout au long de l’année 2007 des soldes et des variations difficilement explicables au regard des activités confiées à celui-ci »

    « … que les écarts identifiés à l’occasion des travaux de réconciliation des résultats comptables et de gestion, dont la ligne hiérarchique directe a été avisée en mars et avril 2007, n’ont pas donné lieu à des demandes de justifications à l’opérateur ; qu’il n’y a pas eu ultérieurement d’analyse suffisante de l’origine des gains affichés par cet opérateur, en dépit du fait que ces résultats très favorables paraissaient difficilement explicables par les seules opérations qu’il était autorisé à effectuer… »

    « qu’il ressort également de l’instruction qu’un nombre élevé de dépassements des limites avait été constaté»

    « Considérant qu’il résulte de tout ce qui précède (…) que les défaillances relevées, en particulier les carences des contrôles hiérarchiques, se sont poursuivies pendant une longue période, à savoir l’année 2007 »
    «… que cette persistance révèle des carences graves du système de contrôle interne dépassant la répétition de simples défaillances individuelles »

    A vous de nous faire avaler ensuite que c’est imaginable, et de nous expliquer pourquoi un lampiste est mis au carcan tandis que les supérieurs ainsi taclés par la Commission sont tous partis avec un gros chèque ?
    @Aliocha : Merci encore d’accepter mes commentaires, c’est tout à votre honneur. Si vous le souhaitez, j’ai mis plusieurs preuves de mon propos en lieu sûr…

    Commentaire par Philippe Houbé — 31/10/2012 @ 23:31

  141. @Beegood : vous ne m’énervez pas, vous me servez. Joyeux Halloween !

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:35

  142. @Philippe Houbé : Je ne censure personne ici. Tout au plus m’arrive-t-il, très rarement, de virer les malotrus à propos orduriers, ce que vous n’êtes absolument pas. Je crois profondément que la vérité jaillit de la confrontation des opinions. Par ailleurs, je ne cesserai jamais de m’interroger sur cette affaire. Simplement, pour l’instant, je trouve la défense parfois absurde et parfois non étayée. Jusqu’à preuve du contraire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:40

  143. @philippe Houbé

    oui, mais on va dire que ce n’est pas le procès de la générale… Alors que si on laisse faire, en le sachant, cela veut dire que ce n’est plus interdit…

    Mais de toute façon on tourne en rond, l’affaire est close cela satisfait tout le monde …

    on construit le monde que l’on mérite, c’est la morale de cette histoire…

    Commentaire par herve_02 — 31/10/2012 @ 23:47

  144. « En ce qui me concerne, il m’est arrivée d’être confrontée à des ordres illégaux ou simplement immoraux. J’ai dit non. Et nous sommes des millions comme ça, à dire non tous les jours….Si je disais à quoi ça me fait penser, les gens qui obéissent ainsi à un ordre manifestement contraire au droit, au bon sens, au bien collectif et à la moral, je friserais le point Godwin, donc je préfère me taire. »

    Et que pensez vous de ceux qui donnent les ordres? Faut t’il les laissez donner des ordres immoraux? Faut t’il condamner uniquement ceux qu’il les exécutent? Faut t’il leur permettre de continuer à en passer en les laissant libre de faire porter le chapeau?

    NON! NON! NON!

    C’est très mal connaitre la nature humaine, chère Aliocha, que de penser que sont des millions qui n’obéissent pas aux ordres immoraux…!!!! c’est même l’inverse qui se passe…!!! Avec vos articles vous justifiez un jugement et une justice médiocre et des donneurs d’ordre immoraux qui pourrons ainsi tranquillement continuer à trouver des gens pour les suivre!!!

    Si vous êtes aussi résistante que ça au ordre alors, allez y, utilisez votre intelligence et vos connaissances pour remettre en cause autant les donneurs d’ordre que les exécutants et ceux qui les protègent !!!

    Commentaire par Maïté Lor — 31/10/2012 @ 23:53

  145. @Herve_02 : non, cela ne satisfait personne, simplement, c’est peut-être un mauvais combat. Et on en revient à ce que dit Schmilblick, on ne condamne pas un homme (ou une institution) sur le foi de simples convictions générales et théoriques. La finance est folle ? Sans scrupules ? Elle nous a foutu dans la m…. ? Oui, mille fois oui. Mais ce n’est en aucun cas la preuve que dans ce dossier particulier, Kerviel est innocent et la banque ontolgiquement coupable. Encore une fois, ne mélangeons pas politique et justice. La finance folle, c’est le problème de la politique. L’affaire Kerviel, cela regarde la justice à qui nous, citoyens, déléguons la mission de juger. Un dossier. Pas un système. Un homme, pas un concept. Des actes. Pas des idées. Au regard du code pénal, pas de l’air du temps.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:53

  146. @Maïté Lor : mais c’est exactement ce que j’ai fait dans mon livre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:55

  147. @Maïte Lor : ah, mais j’oubliais, j’ai pas fait de buzz, pas écrit un pamphlet contre Socgen, pas fait le con chez Ruquier. Ben non, je suis un esprit mesuré. Le délire médiatique, c’est pas mon truc. La caricature non plus. J’entends bien que je suis un peu trop subtile pour notre système. Qu’importe, je ne changerai pas. Les coups médiatiques, le scandale, les accusations dans tous les sens, c’est pas mon truc.

    Evidemment, pour le savoir, il faut me lire. Au lieu d’écouter jules qui a dit à Jean, que bouhhh….Aliocha c’est crasseux. Parce qu’Aliocha n’est pas membre du comité de soutien, parce qu’elle n’a juré allégeance ni à Socgen, ni a Kerviel. Je suis un esprit libre et bon dieu, on pourra m’insulter jusqu’à la fin de mes jours, je le resterai. (j’ai du sang breton, comme kerviel, ce qui serait gérable, si je n’avais en plus du sang gitan et là, c’est carrément plus gérable, par personne 😉 )

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 00:01

  148. Tant que j’y pense, Garapon & Salas ont écrit un excellent livre dans lequel ils expliquent que l’affaire Outreau s’est enracinée dans une grande peur collective, celle de la pédophilie, comme celle des sorcières de Salem s’était inscrite dans la peur de la sorcellerie. Ainsi éclairent-ils l’emballement judiciaire et médiatique. L’argument de Kerviel = erreur judiciaire Outreau se retourne facilement. On peut soutenir en effet sans mal que Socgen, pénalement victime, est considérée dans l’opinion publique comme coupable parce que nous sommes dans un climat violemment anti-finance.
    http://www.franceculture.fr/oeuvre-les-nouvelles-sorcières-de-salem-leçons-d-outreau-de-antoine-garapon-et-denis-salas.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 00:12

  149. @Aliocha : Je vous rejoins totalement sur ce point, il ne s’agit pas de juger sur de simples convictions, mais sur des preuves. Hors j’affirme pouvoir prouver (même si cela reste forcément un peu technique) que la partie civile a inutilement chargé la mule en augmentant volontairement les pertes du SF581.

    J’affirme encore, et j’ai de bonnes raisons de le faire, que le retraitement des comptes de 2007 de la banque, effectué en 2008 avec l’aval des CAC, n’est rien de moins qu’un faux en écritures.
    La preuve en est dans le rapport Green et dans le texte du blâme de la Commission Bancaire. Les chiffres publiés pour mars, juin et septembre 2007 étaient nets des écarts constatés, nul besoin de les retraiter, surtout pour se tromper (certes à la marge).
    Le seul besoin d’avoir recours à de telles méthodes démontre la duplicité du discours de sa hiérarchie.
    Pour toutes ces raisons, ce verdict est déplorable à plus d’un titre et la Justice de notre pays n’en sort pas grandie.

    Commentaire par Philippe Houbé — 01/11/2012 @ 00:31

  150. @La justice a sa technique, comme la finance. Que la banque ait chargé la mule, comme vous dites, est extrêmement intéressant, mais n’a que peu d’incidence sur la culpabilité de JK. Elle peut additionner en l’espèce, mais soustraire, j’en doute. La justice pénale est brutale, sans subtilité : on lui colle un individu et là elle observe s’il a fait ou non, les délits reprochés. Si c’est oui, c’est a taule, si c’est non, la relaxe. S’il y a d’autres coupables, elle les punit aussi, à condition qu’elle les trouve. Mais la faute des uns ne diminue pas celle des autres. On n’est pas aux prud’hommes. Ici, la responsabilité de l’employeur, on s’en fout. Notez, c’est dommage, mais c’est ainsi.
    Quant au retraitement vous parlez de quoi ? De l’imputation de la perte 2008 sur l’exercice 2007 ? C’est en effet hasardeux et je l’ai écrit à l’époque dans un de mes journaux, mais c’est de l’acrobatie comptable et n’a rien à voir avec une complicité. Cela étant, si vous avez des preuves, n’hésitez pas à me contacter.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 00:44

  151. * Note explicative aux néophyte : Il existe une réglementation comptable spécifique à ce type d’activité :
    Sont inscrits au bilan comptable les résultats dûment constatés (donc les opérations réelles de J.K.)
    Sont inscrits hors-bilan les résultats à règlement différé dûment vérifiés.
    Le reste (dont les opérations fictives de J.K.) est classé « en suspend » dans le hors-bilan et n’a donc pas de valeur comptable.
    Cette règle a été respectée par la direction financière de la branche au cours de l’année 2007, c’est prouvé dans le dossier; le retraitement des comptes est donc illogique.

    Commentaire par Philippe Houbé — 01/11/2012 @ 00:53

  152. @laplume

    à __chaque fois__ vous bottez en touche __de la même manière__ et avec les __même mots__. Je sais que enseigner c’est répéter mais on ne fait que tourner en rond et parfois on a un peu l’impression pour être pris pour des « abrutis ».

    Je ne parles pas d’un procès du système, de la finance, des banques, tralala car de toute façon c’est impossible car la banque et la finance ce n’est pas un système, c’est LE système : de l’austérité coupable du fmi qui ruine notre continent après avoir agenouillé tous les pays en voie de développement à la concurrence libre et non faussée qui asservit les peuples et préserve les fortunes de quelques uns. Mais ce n’est pas du tout l’objet du propos.

    Nous parlons du procès d’un homme, d’un salarié, payé pour faire de l’arbitrage dans un desk d’arrière boutique. Petites limites, rien de stratégique, à la limite même pas de quoi payer les locaux. Un salarié d’une fac de province, pas un génie, pas un hacker, pas un kador, pas un mathématicien de génie, à la limite d’un employé de guichet, même pas à sa place.
    D’ailleurs, comment peut-on dire dans la même phrase que c’est un desk d’arrière boutique sans envergure et expliquer que l’on devrait y mettre que des centraliens ou des X, enfin pas grave.

    Il a été à ce poste pendant un certain nombre de temps et au fil de ce même temps (c’est important) il a joué de plus en plus gros. Ce n’est pas un mec qui du jour au lendemain à tapé 5 000 000 000 au lieu de 500 sur sa console. Il était d’ailleurs dans une situation « à part » puisque sa console était « débloquée » (alors que on a essayé de faire courir le bruit qu’il avait volé des mots de passe ou hacké le système) et que SES limites personnelles avaient été relevées auprès d’opérateurs extérieurs (il reste plus qu’à l’accuser d’avoir écrit de faux mails – lol – pour monter ses limites). Donc à un moment donnée, il a pris des positions, au delà (bien bien au delà) des limites qui lui étaient fixées et qui accusaient des _pertes latentes_ de 2 milliards d’euros, avait fait des fausses lignes dans ses logiciels pour « couvrir » les positions ainsi que des faux mails. La question qui n’a pas été vraiment éclaircie, c’est couvrir vis à vis de qui ? sa hiérarchie ? le contrôle ? les instances de contrôle ? le marché ? sa technique (si tenté qu’il y en ait une) ?

    Ensuite ce qui s’est passé réellement à partir de ce point là, personne ne le sait : nous n’avons que la version de la générale, mais en gros ils débouclent et annoncent une perte de 6 milliards et des cahouettes (l’inflation et un marché baissier peut être). Notez : pertes latentes de 2 milliards débouclage perte de 6 milliards. Lorsqu’on demande à bouton pourquoi il a fait des fausses lignes lui aussi : une seule réponse (de mémoire, et en gros) parce que je ne sais pas faire autrement pour résorber son merdier que de faire des fausses lignes. Mais à AUCUN moment il n’a eu (on ne lui a pas demandé) à expliquer pourquoi. Chaque réponse de bouton c’est un laconique « c’est comme ça picétou » sans avoir jamais été sommé de s’expliquer.

    Que le juge d’instruction en ait eu marre des mensonges de JK on peut le comprendre, mais son TRAVAIL est de continuer à enquêter car le futur coupable à le droit de mentir (le droit de ne pas devoir s’accuser) – ou de ne pas comprendre ce qui lui arrive et se débattre comme il peut – et c’est aux juridictions de jugement de se prononcer sur la culpabilité du futur coupable. En arrêtant de faire droit aux demandes de la défense (ca coûte des sous ma brave dame), il l’a privé de son droit à avoir un procès équitable. Et le jugement ne peut se faire que sur l’instruction, si vous refusez (34) demandes de la défense, vous vous défendez comment ?

    Vous ne demandez qu’une seule chose, avoir des preuves et vous expliquez en même temps que le juge avait d’autres choses à faire que de les chercher car il en avait marre. Je peux le comprendre, mais ce n’est pas normal. (d’ailleurs le chevalier dit, en résumé, il a planté la banque de 5 milliards, la banque le plante en magouillant, c’est de bonne guerre).

    Il n’y a même pas eu une expertise sur les pertes réelles de la banque pourquoi ? le contribuable à mieux que cela qu’à payer ? ben le jugement JK ou on a économisé 100 000 euros d’expertises pour faire plaisir au contribuable, ca lui a coûté 1,7 milliards (rabais kdo lagarde) au contribuable alors je rigole un peu doucement. Mon opinion (et prouvez moi que ce n’est pas vrai) c’est qu’on a pas été voir dans les comptes pour ne rien voir du tout. Parce que comprendre comment les 6 milliards de pertes se sont creusées c’est aller voir la mécanique société générale, et personne le voulait sauf JK qui n’a pas compris ce qui lui arrivait : il s’est fait baisé comme de la bleuzaille.

    Alors maintenant la messe est dite, on s’en fout. Mais je trouve un peu gros d’entendre toujours théorie du complôt, blabla finance pourrie, c’est pas le procès d’un système… En résumé on n’a pas vraiment instruit à décharge. voila. on peut l’expliquer, le théoriser, mais il ne faut pas chercher à le cacher.

    Commentaire par herve_02 — 01/11/2012 @ 01:13

  153. « J’ai dit non. Et nous sommes des millions comme ça, à dire non tous les jours….Si je disais à quoi ça me fait penser, les gens qui obéissent ainsi à un ordre manifestement contraire au droit, au bon sens, au bien collectif et à la moral, je friserais le point Godwin, donc je préfère me taire ».

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/10/2012 @ 23:21

    Mais non, vous n’êtes pas des millions. Vous êtes quasiment la seule. Vous êtes une héroïne. Vous savez résister à la pression sociale.
    Plus sérieusement, vous croyez vraiment à ce que vous dites ? Vous ne voyez pas tous les jours autour de vous des gens qui font où on leur dit de faire parce qu’ils n’ont guère les moyens de faire autrement ? Dans quel monde vivez vous ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 01/11/2012 @ 01:44

  154. « il s’est fait baisé comme de la bleuzaille »

    Enfin ! Un moment de lucidité dans votre commentaire ! C’est ça ! Exactement ça !

    Faut vraiment être « con » faire gagner 1,4 mds à sa banque et être incapable cigare au bec de passer un deal les 2 pieds sur le bureau de Bouton ?

    Oui les autres sont partis avec de gros chèques ! Quand j’étais môme je jouais souvent à qui perd gagne en ce temps là la game boy n’existait pas !

    Tout le reste c’est de la littérature pour enfant !

    Bonne nuit les petits…

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/11/2012 @ 02:11

  155. @chevalier

    ce n’est pas un moment de lucidité, c’est __exactement__ ce que je dis depuis le début, sans le formuler aussi crûment.

    La « vérité » qui est sorti est celle que la générale à voulu faire sortir en noyant l’instruction probablement avec des tonnes de papiers, pas faux, mais ne présentant pas une image vraie. Un instruction qui avait l’image toute faites du mec coupable : un truand en fuite qui a piraté sa console et les ordinateurs du back office, avec le bouton soutenu par l’élysé, fleuron national, pas faire de vague, confiance, blablabla. Toute cette pression sociale auquel aliocha résiste, mais qui a pesé bien fort sur toute cette affaire.

    Ce n’est pas un système qu’on juge, mais un petit trader d’une fac de province, pas un génie, pas méchant, contre la SOCGEN blindée de centraliens de de Xiens avec des appuis dans tous les milieux politiques et d’affaires. C’était gagné (enfin perdu) d’avance.

    Commentaire par herve_02 — 01/11/2012 @ 02:20

  156. >> Evidemment, pour le savoir, il faut me lire. Au lieu d’écouter jules qui a dit à Jean, que bouhhh….Aliocha c’est crasseux. Parce qu’Aliocha n’est pas membre du comité de soutien, parce qu’elle n’a juré allégeance ni à Socgen, ni a Kerviel. Je suis un esprit libre et bon dieu, on pourra m’insulter jusqu’à la fin de mes jours, je le resterai. (j’ai du sang breton, comme kerviel, ce qui serait gérable, si je n’avais en plus du sang gitan et là, c’est carrément plus gérable, par personne )

    Mais que-ce que vous recomptez la’? vous perdez pied Aliocha… Parce qu’on critique vos articles on est forcément un débile qui suit je ne sais quel groupe de soutien?
    Mais, que-ce que vous connaissez de moi?

    Si vous voulez tout savoir, je n’ai aucun lien avec Jérôme Kerviel et à ma connaissance pas une goute de sang Breton!!!
    Je vie en Suisse et quand l’affaire a éclatée, les financiers autour de moi rigolaient! oui! par réflexe ils ont tous dit en coeur « il lui ont fichu des pertes des subprimes sur le dos »! J’étais donc certaine que cette affaire irait pas plus loin que ça… alors, quand il a été condamné j’ai voulu en savoir plus et comprendre… je m’y suis intéressée et j’ai lu, y compris vos articles sur ce blog!!!

    C’est d’ailleurs, ce qui fait que je ne vais pas lire votre livre, car vous n’allez pas assez loin ici dans vos analyses et recherche pas de raison que ça soit différent dans votre livre, en tous les cas vous en faite mal la promo.

    Il y a des citoyens qui font tout simplement leur travail de citoyen! Je suis très probablement bien plus libre que vous, car la critique n’est pas mon métier, j’ai rien à vendre et suis liée à rien pour rien avec personne!

    Commentaire par Maïté Lor — 01/11/2012 @ 09:16

  157. « Toute cette pression sociale auquel aliocha résiste, mais qui a pesé bien fort sur toute cette affaire »

    Je partage la vision d’Aliocha car vous ne pouvez faire abstraction dans une stratégie minimaliste du risque, en droit pénal des affaires, de la logique judiciaire particulièrement s’agissant des règles d’administration des preuves surtout si elles s’avèrent délicates.

    Si cette stratégie devient une « défense médiatique » vous prenez l’opinion publique à témoin (pourquoi pas) mais le risque aussi c’est d’abord d’indisposer vos juges (Pauthe et Filippini c’est pas Jonathan et Jennifer dans « L’amour du risque » de gentils justiciers milliardaires) ensuite qu’elle vous revienne en pleine poire c’est ce qui c’est passé..

    Mais ça c’est le choix de l’avocat et de son client ! Kerviel est un joueur le goût du risque semble être sa came !

    A ce propos, l’aversion au risque est un concept comportemental économique c’est ce qu’on apprend dans les formations bancaires. En finance le risque est aussi perçu comme un bien.

    S’agissant de l’aléa judiciaire j’ai des doutes car de toute façon par définition avoir affaire à la justice ça sent déjà mauvais…

    Cela étant, plutôt que la relaxe si vous risquez de la prison ferme autant être condamné a du sursis voire avec une peine aménageable : c’est ce que Stéphane Durand-Souffland rapportait dans un article du Figaro lorsqu’il parlait d’une défense raisonnable avec Dupont-Moretti c’est aussi ça le travail de l’avocat.

    Quant à : « avec le bouton soutenu par l’élysé » relisez « Sarko m’a tuer » (Chez Stock).

    L’objectif était de le débarquer (de le foutre à la porte) alors que le conseil d’administration avait refusé sa démission. La cible a été atteinte, les auteurs du livre font référence à plusieurs attaques de Nicolas Sarkozy et de ses « snipers habituels » contre Bouton : il fallait « se le payer physiquement  » – « dans la crise financière, il lui fallait un banquier, une tête à couper, c’est une façon de prouver sa compétence » – « J’étais complètement sidéré. (…) Quand on m’apprend la teneur des propos, je ne suis pas très surpris, s’agissant de Sarkozy. (…) Il ne peut pas s’en empêcher, il a besoin de trouver un coupable; tout événement désagréable provient de l’erreur de quelqu’un ».

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/11/2012 @ 12:12

  158. @chevallier

    Oui avec la crise sarko devait plomber un mec, mais il était impossible pour sarko de voir la secteur de la banque et de la finance décrédibilisé : c’est le coeur de sa vision politique. Il voulait peut être se payer bouton en tant qu’homme, mais pas en tant que dirigeant ex abrupto. Et vous ne m’enlèverez pas de l’idée que le « pragmatisme » de la justice (surtout dès que le touche à ceux qui sont dans le bottin mondain) est plus stricte dans l’accumulation des preuves qu’elle juge recevable et concluante. On n’interroge pas bouton de la même manière que le kaïd du quartier et on n’accepte pas ses réponses de la même manière.

    Quand aux règles d’administrations des preuves : il faut déjà les chercher avant de les administrer. Et je ne sais pas si on doit tenir pour acquis ce que le plaignant amène dans un joli paquet kado.

    mais de toute façon, cela sert à rien. La justice a été dite. et elle satisfait tout le monde : fermer sa gueule, rentrer la tête, refuser des ordres (directs ou indirects) illégaux (lol) et surtout passer entre les gouttes : un vrai parfum de crise.

    Commentaire par herve_02 — 01/11/2012 @ 13:13

  159. Tiens, c’est pas mal vu ça : http://www.huffingtonpost.fr/daniel-soulez-lariviere/justice-affaire-kerviel_b_2044323.html?utm_hp_ref=france

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 13:39

  160. Madame La Plume, mais c’est vous qui m’avez servi, voyons ! … Comment avez-vous pu devenir hystérique à ce point, vous qui pensez tout maîtriser !? Vous avez clairement dit ce que vous pensez des citoyens ( oups, des vassaux devrais-je dire ! ) qui, dans cette affaire, ont une opinion qui diverge de la vôtre, dérangeant, semble-t-il, vos certitudes… On a beau vous dire que M. Kerviel a toujours reconnu ses torts, vous refusez de le reconnaître; qu’il s’est excusé au tribunal, tout le monde l’a entendu, sauf vous (!?); que sa condamnation est injuste parce que fondée sur un justice visiblement partiale, qui lui a refusé TOUTES les expertises qui auraient pu lui permettre d’apporter les preuves dont il avait besoin… injuste aussi parce qu’il n’a jamais rien volé ni détourné, mais qu’il est condamné plus lourdement que ceux qui ont vraiment commis de tels actes, ou autres politiciens qui ont détouné de l’argent public, ou d’autres qui ont abusé de biens sociaux; la justice le condamne plus lourdement que certains criminels qui ont détruit des vies. Et vous, vous rabâchez, sans jamais remettre en cause le comportement plus que douteux de cette justice, qu’il n’a pas apporté de preuves suffisantes ou concluantes, alors que c’est la justice elle-même qui l’en a empêché ! Pourquoi ne critiquez-vous pas cette inégalité ?… Une justice qui a refusé obstinément d’utiliser les moyens dont elle disposait pour rechercher la vérité, bref, qui semble-t-il, a fait barrage pour que la vérité n’éclate…
    Comment ne rien dire face à de telles méthodes et le fait que la justice n’ai travaillé, depuis le début, qu’avec des documents de la SG, sur de simples dires de le SG, et ai sans cesse refusé à la défense d’accéder aux systèmes informatiques de la SG ? là où sont les preuves !!…Toute personne objective trouverait cela curieux et non-équitable, non ? Trouvez-vous que cette attitude de la justice soit curieuse et non-équitable ? Et Monsieur Houbé a beau vous expliquer, rien n’y fait… il faudrait penser à ôter vos oeillères… bonne Toussaint.

    Commentaire par beegood — 01/11/2012 @ 14:40

  161. @beegood : voui, la justice est dans le coup, forcément. Ce qui nous donne donc plusieurs dizaines de contrôleurs, toute la chaine hiérarchique depuis Cordelle jusqu’à Bouton, les commissaires aux comptes, les auditeurs internes, l’inspection générale, les syndicats chez Socgen, la commission bancaire, Bercy, l’Elysée, la brigade financière, les deux juges d’instruction, le parquet et le tribunal, la chambre de la cour d’appel qui a jugé le dossier et la quasi-totalité des journalistes. Tous complices, tous des salauds sauf JK. Et c’est moi qui suis « hystérique », CQFD.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 15:05

  162. Bonjour Aliocha,

    Curieux parallèle mais il y a une perception bien sentie du comportement d’une personnalité qui a fait le choix de la tribune médiatique en prenant le risque de « jouer » au sort, inconsciemment, son dossier judiciaire.

    Pour les psys le désir de jouissance serait une arme qui donne à l’être désirant le pouvoir d’affronter son destin avec l’inconscience de la jeunesse. Comme l’enfant tout-puissant et colérique y aurait-il absence de surmoi chez Kerviel ?

    Gilmore avait 35 ans à l’époque étonnant Kerviel aussi ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/11/2012 @ 15:21

  163. @ Maite Lor

    Vraiment ? Des  » financiers », comme vous dites, en Suisse vous ont dit (serieusement hein, pas apres 2 ou 3 whisky) que la SG avait passe ses pertes subprimes sur le debouclage Kerviel. Et bien moi  je vivais a Londres au moment des faits et je connaissais pas mal de personnes travaillant dans des banques d’investissement, souvent en front, qui, tout en rigolant aussi mais sur les malheurs de la SocGen, m’ont dit : »oh putain ! Ca aurait pu arriver chez nous ».

    @Herve_02

    Une petite question, je suis curieuse, on cause, on cause, mais si Jerome Kerviel n’est pas un rogue trader, le plus grand de tous les temps (si ca ce n’est pas un titre de gloire, dans la lignee de l’article cite par Aliocha 159), que pensez-vous qui s’est donc passe ? 

    Commentaire par Maelle — 01/11/2012 @ 18:17

  164. Je constate que Philippe HOUBE apporte des explications claires, précises, décortique le fonctionnement et le contrôle des activités des traders. Personne ne réfute ses propos, ne dénonce d’erreurs ou de désinformations de sa part. Les commentaires qui sont faits à la suite de ses interventions partent tous azimuts, nous font de la « philosophie » du droit, critiquent la défense maladroite de JK, nous font la psychologie du trader. Certains se drapent dans leur vertu et se posent en moralistes…Tous ces embrouillaminis, pour ne pas répondre sur les faits : la SG savait parfaitement ce qui se passait et depuis bien longtemps et laissait faire, voire encourageait : OUI ou NON ?

    Commentaire par BONNET Francis — 01/11/2012 @ 18:31

  165. Pour repondre a votre interrogation, @Bonnet Francis, un extrait de l’arret de la cour d’appel tel que cite par les Echos :
    « la note de Monsieur Hoube n’etant pas pertinente, car construite a partir de documents parcellaires, pas plus que les autres pieces fournies par la defense consistant en des articles de presse trouvessur internet, des commentaires ou declarations anonymes, des articles tires du site internet wikipedia, documents faisant etat de rumeur, de sentiments, d’opinions, non etayes »

    On peut aussi voir les choses autrement, et se demander pourquoi seul Monsieur Hoube, senior back office a la FIMAT filiale de courtage de la SG, parmi la centaine de milliers d’ employes, s’est presente comme temoin a decharge (je crois qu’il y avait une ou deux autres personnes que la cour n’a pas fait comparaitre)
    Sur ses motivations, il vaut mieux lui demander ; je me souviens qu’il avait declare devant la cour avoir connu l’injustice et ne pas supporter de voir quelqu’un d’autre en etre victime.

    Au fait, moi je le dis tres clairement : NON, la Societe Generale ne savait pas.

    Commentaire par Maelle — 01/11/2012 @ 19:48

  166. Philippe Houbé rappelle « les carences graves du système de contrôle interne en 2007 », avant que le pot aux roses ne soit découvert.
    Personne ne nie ces carences, avérées, dénoncées, sanctionnées.

    Les carences de la banque, qui n’a pas su surveiller ni arrêter Kerviel, qui a été trompée par lui du fait de ses très nombreux faux et autres opérations de dissimulation et mensonges à ses supérieurs de sorte que les alertes sont demeurées lettre morte, ne rendent pas pour autant Kerviel innocent ni la banque responsable et coupable des fautes de Kerviel.

    Celui-ci eut pu tenter de plaider les circonstances atténuantes en invoquant ces carences, pour tenter de minimiser sa peine, mais son déni de réalité et sa mégalomanie ( perceptibles une fois encore au procès comme lorsqu’il jouait des milliards) l’ont poussé à accuser. Stratégie suicidaire, sachant que de toute façon la faute des uns n’excuse pas celle des autres, mais qu’il n’a même pas pu prouver la malhonnêteté qu’il impute à la banque.
    Carences et malhonnêteté ne sont pas tout à fait synonymes. ici il est question de fautes pénalement sanctionnables.

    En plein déni de réalité, Kerviel semble poursuivre une jouissance aveugle à tout ce qui l’entoure, sourde et aveugle aux règles du système judiciaire et contraire à toute raison, de sorte qu’il n’a pas adopté une stratégie pour tenter de minimiser sa peine.
    Cette jouissance semble effectivement avoir quelque peu à voir avec le héros dans les media qu’il a réussi à fabriquer et à devenir. Pour un temps.

    Commentaire par Schmilblick — 01/11/2012 @ 20:07

  167. @Francis Bonnet : on n’est pas chez Ruquier ici, on ne rejoue pas le procès en quelques commentaires pour en plus avoir la prétention de faire jaillir la vérité. Pour ce qui me concerne, je me contente de donner un avis et d’expliquer au passage que non, la justice n’est pas totalement sotte et aux ordres. Ce n’est pas de la philo, c’est parce qu’il apparait clairement qu’une partie de l’incompréhension de la décision de justice s’enracine dans une incompréhension plus générale du fonctionnement de la justice, de la logique pénale, des règles d’administration de la preuve etc…Pour le reste, je note ce que dit Philippe Houbé, mais vous espérez quoi ? Que je vais là, comme ça, au pied levé, apprécier la validité d’arguments sans les pièces qui vont avec et en plus dans un domaine aussi complexe que la comptabilité bancaire ? J’en parlais il y a quelques jours de ce problème comptable justement avec le brillant associé d’un cabinet parisien d’audit. Quand je l’ai interrogé sur le traitement comptable des opérations de trading, il a eu la sagesse de me répondre : je ne sais pas, je ne suis pas compétent en comptabilité bancaire. Au passage (et de mémoire, mon document est au bureau et moi je n’y suis pas), il y avait à l’époque de l’affaire chez Socgen 80 millions d’opérations par jour, 5 millions d’exécution et 100 000 opérations en pending.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 20:33

  168. Une fois de plus, ce que j’ai du mal à comprendre, c’est la hiérarchie de l’information. Je suis d’accord avec Aliocha lorsqu’elle dit, en substance, qu’aux yeux de notre système judiciaire Kerviel est coupable et que par ailleurs il s’est très mal défendu en faisant du cirque médiatique. Mais Aliocha dit par ailleurs que la question de système financier se pose et que c’est une question politique. Pourquoi, alors, cette question politique de la faillite du système financier (qui est patente) n’est-elle pas mise en avant dans les médias ? Il est évident que cette question politique est infiniment plus importante que le cas du petit bonhomme Kerviel. Puisque la plupart des journalistes sont de gauche, parait-il, c’est de cela qu’il devrait être question dans les journaux plutôt que le dérapage d’un individu.
    Aliocha, qui ne cesse de défendre le système médiatique envers et contre tout devrait nous expliquer pourquoi ses collègues ne rétablissent pas l’ordre des priorités.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 01/11/2012 @ 21:14

  169. @laplume

    Vous voulez dire qu’il y avait à l’époque 80 millions d’opérations par jour et ils travaillaient avec un logiciel à la « one again »… putain, ce sont des malades mentaux en fait. Le JK il peut paraître timbré mais ca doit être le moins dingue de tous.

    Commentaire par herve_02 — 01/11/2012 @ 22:02

  170. @Gilbert Duroux : d’abord je ne défends pas le système et moins encore envers et contre tout. C’est même le contraire, je réfléchis sur la différence entre ce qui relève des travers du système et ce qui a trait aux travers des journalistes en estimant que ces-derniers sont souvent bien moins idiots qu’on le dit, mais emportés au final dans un système qui, lui, est assez imbécile. D’une manière générale, depuis 2008, on ne parle que de la démence de la finance, me semble-t-il. Sur cette affaire en particulier, elle a dérivé d’entrée de jeu sous l’effet de la com’ des parties en cause. Socgen a crié à la fraude. JK hurle son innocence. Résultat, les médias et le public se focalisent sur la culpabilité de JK et les éventuelles complicités internes. Quelques voix s’élèvent dont la mienne pour dire que le problème est sans doute ailleurs. Vous noterez le peu de crédit qu’on m’accorde et la manière dont, ici comme ailleurs, on en revient sempiternellement au sujet le plus accessible pour tout le monde, celui de la culpabilité ou de l’innocence…Les médias savent bien que le public s’intéresse à ce qu’il connait déjà, donc ils alimentent ce débat-là, poussés à la roue par JK en ce moment. Je vous rappelle qu’il a été l’invité du 20 heures de France 2 et de Ruquier, par préférence à des types beaucoup moins drôles qu’on aurait pu faire parler de la sécurité bancaire en particulier et de celle de nos systèmes en général. Ai-je besoin d’argumenter pour vous convaincre qu’un type avec une belle gueule, lourdement condamné et qui crie son innocence est plus vendeur qu’un spécialiste de contrôle interne ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2012 @ 22:25

  171. Oui, ils ont fait immédiatement cette supposition. Un d’entre eux est polytechnicien et mathématicien, vous savez ceux qui savent pas manager, ni lire les mails, mais qui ont quand même le grade de capitaine 🙂 La thèse qu’a avancé Koubbi durant le procès va dans le même sens.

    Commentaire par Maïté Lor — 02/11/2012 @ 00:35

  172. Non mais sérieusement, vous n’avez jamais entendu quelqu’un dire ça? bref, j’arrête.

    Commentaire par Maïté Lor — 02/11/2012 @ 01:02

  173. @BONNET Francis : OUI !

    Le chemin est court pour trouver des similarités entre ces deux affaires Dreyfus et Kerviel mais la route est-elle longue pour découvrir un Zola, assez bien placé pour émouvoir l’opinion et les media ?
    Si les affaires Dreyfus et Kerviel coïncident par l’idée du harcèlement moral que l’accusation médiatique d’une personne représente, l’affaire dite « Kerviel » n’a pas encore pris la dimension scandaleuse de celle de Dreyfus car aujourd’hui, le journalisme d’opinion est quasiment inexistant au contraire de l’époque de Dreyfus, sous la 3ème république. Aucune voix connue et qui nous est familière ne s’élève pour accuser le pouvoir politique et financier d’avoir mis en place un guet-apens à ce trader. Pourquoi cela empêcherait –il de voir en Jérôme Kerviel un bouc émissaire et le jouet de pouvoirs financiers et politique ?
    Pourquoi n’y verrait on pas une affaire d’Etat car la toute puissance des institutions bancaires, leur pouvoir de création de la monnaie et leur rôle de prêteur aux Etats Européens menottent et asphyxient les gouvernements ? Les gouvernements accusent la finance mais n’agissent pas. Ils n’ont pas leur mot à dire. Fort de sa domination, le pouvoir financier ne s’en excuse pas mais au contraire, rendu encore plus solide par son sauvetage grâce au contribuable pour des dizaines de milliards, il enfonce le clou en accusant ses traders, de simples salariés.

    Pendant l’affaire Dreyfus, il y eut une théorie curieuse appelée « l’autoforgerie » qui consistait à faire de la graphologie dont on ne connaissait même pas la science à cette époque ; Là, on invente la théorie de «l’autoinstruction » sans la nommer, pendant l’affaire dite « Kerviel ». Cela n’a jamais existé, donc il faut bien inventer un nom. L’ «autoinstruction » est une théorie simple, elle consiste pour une « victime », la Société Générale, à conduire sa propre instruction.
    La Société Générale conduit l’instruction de bout en bout à la place de la justice, et ne s’en excuse pas.

    La Société Générale ne s’excuse pas d’avoir écrit son rapport Green, mais heureusement pour JK, ce rapport est encombré de zones d’ombres et d’incohérences, voire d’erreurs. http://sauvezkerviel.canalblog.com/archives/2008/09/09/10493187.html
    Pourtant, ce document crée par la banque elle-même, sert de référence à tout investigateur sur cette affaire ! Elle fournit donc à la justice l’état des comptes et de ce qu’elle appelle des « fraudes » de Jérôme Kerviel.

    La Société Générale ne s’excuse pas d’avoir fourni à la justice les éléments de l’instruction c’est à dire les bandes audio de 3 heures d’enregistrement de l’interrogatoire de Jérôme Kerviel qu’elle a mené elle-même. Ces enregistrements serviront de base à toute l’instruction. Une victime qui interroge son accusé, on aura tout vu !

    La Société Générale ne s’excuse pas d’avoir choisi tous ses témoins, ceux qu’elle veut faire parler et ceux à qui elle demande de se taire à l’aide de contrats baillons, des transactions (3 ou 4 dans l’entourage le plus proche de JK). Certains témoins en l’occurrence font savoir qu’ils ne peuvent pas parler car ils perdraient l’argent qui leur a été versé en échange de leur silence ! Ceux qui parlent en faveur de la Société Générale représentent un groupe en face un seul homme. Il n’y aucun débat contradictoire.

    Mieux encore, au sujet des opérations fictives, élément clé de cette affaire, la Société Générale ne s’excuse pas que ses témoins stipendiés pourtant arrivent encore à s’embrouiller par quelques accès de sincérité devant la cour. Pour un simple exemple, Eric Cordelle, N+1 de Jérôme Kerviel, fait savoir au sujet des opérations fictives qu’elles sont « normales », tout le monde dans la salle de marchés les utilise car ce sont des « sortes de « patchs » qu’ « on » adapte au système » qui fonctionne mal !
    Voici un extrait de la déposition à l’audience de juin 2012 devant la cour d’appel rapporté par la Tribune avec tous les mots prononcés par Cordelle (non tronqués comme la cour d’appel oublie le pronom personnel « on » dans son arrêt) :
    « Maitre David Koubbi : On ne vous a pas dit que le péché mignon des traders était de passer des opérations fictives ?
    Eric Cordelle : Le terme fictif est mal choisi. Ca a une réalité très simple. On a des systèmes qui ne sont pas toujours adaptés aux produits. Pour faire coller au mieux la modélisation à la réalité, on rajoute un patch, une rustine, pour que le résultat colle à la réalité. C’est une correction. »). http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120617trib000704299/proces-kerviel-suivez-en-direct-le-septieme-jour-d-audience.html
    Pourtant, le trader junior est jugé et condamné pour « abus de confiance » et « introduction de données frauduleuse dans le système » pour avoir dissimulé des opérations de trading via des opérations fictives !
    La cour d’appel juge une « intention frauduleuse » dans son arrêt qui repose sur « l’infraction définie par l’article 323-3 du code pénal repose sur l’introduction, la modification ou la suppression de données dans un système de traitement automatisé ».
    Pourtant, cette déposition d’Eric Cordelle que la cour d’appel ne reprend pas mot à mot, est confirmée par « Madame AUCLAIR précisant qu’il fallait en effet palier certains défauts de modélisation par plusieurs opérations de modélisation venant matérialiser la réalité économique du produit. » (Cour d’Appel de Paris – pôle 5 – chambre 12 – n° rg 11/404 – arrêt rendu le 24 octobre 2012 – Page 87)
    Pourtant, la cour d’appel confirme le jugement de 1ère instance et matérialise les opérations fictives comme une intention frauduleuse ! Contestable puisqu’elles sont connues !
    Il est avéré, par ce témoignage pourtant contre Jérôme Kerviel, qu’il n’y pas de « nature frauduleuse de l’élément intentionnel » avec les opérations fictives comme ce petit bout de « considérant » le suggère page 84 ! De la même façon, les textos sont lus au 1er degré, alors qu’il apparait évident que Jérôme Kerviel sait qu’il recoure à des opérations fictives officiellement interdites mais autorisées de manière factuelle comme le souligne Eric Cordelle.

    Pire ! La Société Générale ne s’excuse pas d’avoir publié des comptes qui ont fait l’objet d’audits menés par la commissaire aux comptes Isabelle Santenac d’Ernst &Young rémunérée par la Société Générale ! Maitre David Koubbi lui a fait remarquer qu’il y avait conflit d’intérêts.

    De surcroit, loin de s’excuser, la Société Générale conduit des opérations de débouclage des positions engagées par Jérôme Kerviel à partir du 17 janvier 2008 en toute impunité ! Celles-ci auraient été menées uniquement par Maxime Kahn directeur interne du groupe de la Société Générale, comme si une victime d’accident de la route signait un constat d’accident toute seule ! Et la cour d’appel en reste à seulement attribuer le préjudice entier à Jérôme Kerviel qui n’avait perdu que 2.5 milliards en janvier 2008 alors que la société Générale a crée son propre préjudice en perdant les 5 milliards elle-même et dont la perte réelle n’est même pas prouvée.

    Pour mettre la cerise sur le gâteau, la société Générale ne s’excuse pas d’avoir été condamnée par la Commission Bancaire pour vices de contrôle dans son organisation.
    « …alors que les informations mises à la disposition de la hiérarchie, en particulier la balance de trésorerie des portefeuilles gérés par cet opérateur, ont fait ressortir tout au long de l’année 2007 des soldes et des variations difficilement explicables au regard des activités confiées à celui-ci ».

    La Société Générale ne s’excuse même pas d’avoir bidouillé son ratio Cooke que la cour d’appel ne sait même pas orthographier correctement. C’est dire !
    Ce ratio tient ce nom de Peter Cooke, un directeur de la Banque d’Angleterre qui avait été un des premiers à proposer la création du Comité de Bâle. La cour considère que l’engagement de fonds propres en janvier 2008 a plus d’importance que celui de 2007, alors que la règle des 8% de réserves de la banque imposée par le Comité de Bâle est la même en 2007 et en 2008 et que les contrôles de ce ratio sont semestriels !
    « Les positions ainsi prises entraînaient un besoin supplémentaire de fonds propres de l’ordre de 20 milliards d’euros, les fonds propres de la Société Générale s’élevant au 31 décembre 2007 à 31,275 milliards d’euro (Cour d’Appel de Paris – pôle 5 – chambre 12 – n° rg 11/404 – arrêt rendu le 24 octobre 2012 – Page 54)
    La Société Générale aurait eu un niveau de contrôle tellement pauvre qu’elle se serait aperçue que son obligation vis-à-vis de Bale était en péril en janvier 2008 seulement ! Car une perte de 2.5 milliard en juin 2007 n’aurait pas été vue pendant que celle de 2.5 milliard en janvier 2008 aurait été vue ? (graphe p55 du rapport Green).

    Et enfin, pour mettre le drapeau de la victoire de la Société Générale sur la cerise, personne ne s’excuse qu’aucune investigation n’ait été poursuivie au sujet de l’absence d’un grand nombre d’emails de la hiérarchie de la Société Générale, sur ses serveurs, lors de la perquisition des bureaux de la banque par la Brigade Financière en janvier 2008. Le témoignage d’Olivier Bruneau relayé par le Canard Enchainé sur une question d’effacement possible de mèls étant balayé d’un revers de main et non mentionné dans l’arrêt de la cour d’appel.

    Cette « autoinstruction » de l’affaire est en fait une «grande escroquerie intellectuelle » à juste titre dénoncée par Maitre David Koubbi et j’ajouterai, que cette escroquerie intellectuelle est tellement bien organisée que « les bras m’en tombent !» comme dirait notre cher président de banque défendu avec tant de rage.

    En attendant, le jeune homme trader junior s’excuse, lui, face au rouleau compresseur du système d’accusation mis en place par la grande banque. Il s’excuse de n’avoir pour seule défense, sa famille. Il n’a pas d’autres éléments à donner à la justice que sa propre parole. Beaucoup d’autres témoins, salariés de la Société Générale, ne veulent pas se faire connaitre à la justice, de peur de perdre leur emploi et tout avenir dans leur carrière bancaire. Le seul rapport que la défense a pour avancer des arguments, les seuls chiffres et informations neutres proviennent du rapport de la Commission Bancaire. Le reste prend sa source à la Société Générale.

    La boucle est bouclée. Les mâchoires du géant se referment sur la proie.

    Jérôme Kerviel est bien un bouc émissaire pris dans l’engrenage d’un système judiciaire inquisitoire archaïque : déficience de documents neutres, carence de preuves pour se défendre, insuffisance de témoins, aucune expertise pour attester les dépositions des témoins en faveur de Jérôme Kerviel. En un mot, le néant.
    Cet homme est pris dans un immense guet apens comme Dreyfus le fut.

    Commentaire par diouspikangliche (@diouspikanglich) — 02/11/2012 @ 11:22

  174. Chere Maite Lor,

    Les X, ca pullule encore plus a Londres, sans doute le climat pluvieux ou peut etre la City, je ne sais pas trop. Au fait , a la sortie de Polytechnique, on sort lieutenant, pas capitaine (a moins de s’engager).

    Serieusement ou plutot malheuresement j’ai deja entendu quelqu’un dire ca … J’ai entendu dire aussi que le micro once ca donnait le cancer et que Sheila etait un homme …
    Bref, on en dit des choses, surtout quand on ne sait rien et quand on n’y connait rien. C’est bien le probleme dans cette affaire Kerviel, comme l’a tres justement releve l’arret de la cour d’appel dans l’extrait que j’ai cite 165.
    Et bien sur, imaginer une sorte de machination fomentee par la SG, c’est tellement plus rigolo, plus interessant intellectuellement que d’essayer de comprendre la triste realite. On a deja evoque ce penchant en juin sur ce blog meme.

    Commentaire par Maelle — 02/11/2012 @ 12:31

  175. Et c’est reparti…
    @ Maelle :
    1/ d’après les infos que vous donnez, il semblerait que Ph. HOUBE soit un professionnel compétent qui sait de quoi il parle.
    2/ la Cour d’Appel écarte la note de ce témoin au prétexte qu’ « elle est construite à partir de documents parcellaires… » Pour affirmer cela il faut que la Cour ait connaissance de l’ensemble des documents : que ne les présentent-elles pas pour compléter ou infirmer ceux avancés par Ph. HOUBE ? Si elle ne les a pas, que ne les a-t-elle recherchés et dès lors que vaut son affirmation ?
    3/ Enfin je ne me soucie pas des intentions de Monsieur HOUBE. Je voudrais simplement savoir s’il dit vrai, ou sinon qu’on m’apporte des explications aussi claires que les siennes qui prouveraient qu’il se trompe ou qu’il ne dit pas la vérité.
    @ Schmilblick : Je prends acte que vous acquiescez aux propos de Ph. HOUBE au sujet des carences graves du système de contrôle interne.
    Contrairement à ce que vous semblez sous-entendre, je ne nie pas la responsabilité et la culpabilité de JK. Seulement, il est essentiel de savoir comment il a pu commettre ses fautes, avant d’éxonérer la banque de toute responsabilité (surtout si son système de contrôle présentait des carences graves).
    Votre commentaire à la suite de bien d’autres, sur le comportement défensif de JK me semble étrange : vous le voulez coupable…mais pas sanctionné trop fort ? Après avoir défendu l’infaillibilité de la Banque, n’attaquez pas l’infaillibilité de la Justice.
    @ Aliocha : Si on ne rejoue pas le procès, je me demande qu’est-ce que tout un chacun fait sur votre blog jour après jour ?
    Dans « la logique pénale », l’intention est primordiale : pourquoi JK a-t-il commis ses fautes qui ne lui profitaient pas directement, puisqu’elles ne visaient pas à détourner des sommes d’argent à son profit. Pourquoi et comment cela a-t-il été possible ? Si vous achetez une auto, il y a une garantie, y compris contre les vices cachés. Le fabricant ne pourra pas s’exonérer de sa responsabilité en cas d’avarie ou d’accident, en invoquant la faute de l’ouvrier qui l’a construite ou l’erreur de l’ingénieur qui l’a conçue.
    Enfin après avoir invoqué l’extrême complexité de la comptabilité bancaire, votre incapacité à la maîtiser, vous écrivez : « Que je vais là comme ça au pied levé, apprécier la validité d’arguments sans les pièces qui vont avec et en plus dans un domaine aussi complexe que la comptabilité bancaire ? »
    Et bien voyez-vous : là, il me semble que nous nageons en pleine contradiction sinon dans la malhonnêteté intellectuelle…vous qui dîtes avoir suivi tout le procès, tout lu, tout décortiqué et qui avez écrit un livre sur cette affaire, alors que vous avouez ne pas tout savoir, ne pas pouvoir maîtriser tous les rouages de l’affaire et ne pas avoir la prétention de faire jaillir la Vérité…
    Il faudrait arrêter de s’enilser dans de nombreuses digressions, de traîter de questions hors sujet, de se dissimuler derrière des écrans de fumée et se dire et comprendre qu’à tout problème, même extrêmement complexe : il y a une réponse simple…quand on veut bien se donner la peine de la chercher.

    Commentaire par BONNET Francis — 02/11/2012 @ 12:36

  176. @Francis Bonnet : en effet, il y a une réponse simple : il est convaincu, a été condamné et avoue lui-même avoir poussé le système jusqu’au bout et fait des faux ainsi que les autres infractions reprochées. Le reste n’est qu’une vague tambouille classique de la part d’un prévenu, consistant à diminuer sa responsabilité soit en évoquant son enfance malheureuse, soit – le coup de l’enfance malheureuse en finance ça passe mal – en accusant le système. ça aussi c’est un élément de culture pénale qui échappe au grand public mais dont les juges sont familiers. Pour moi, l’affaire est close. Jusqu’à preuve du contraire. Et ceux qui disent ne pas comprendre en réalité n’ont pas un problème de compréhension mais d’acceptation de la décision de justice, c’est très différent. Je le conçois très bien, j’étais dans le même état d’esprit au début de mon enquête, sauf qu’au bout de deux ans, j’ai été la première à devoir admettre que je me trompais et qu’il n’y avait hélas rien de probant au secours de JK.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2012 @ 12:45

  177. @Diouspikangliche : merci d’avoir rappelé dans votre commentaire l’une des farces les plus piquantes de David Koubbi à l’audience, quand il a feint (mais feignait-il d’ailleurs, je lui fait peut-être trop d’honneur…?) de dénoncer le fait que Société Générale rémunère elle-même les auditeurs qui certifient ses comptes. Oulala ! Quelle révélation sur la duplicité de la banque ! On la tient notre preuve de la manipulation stratosphérique… Sauf que dans tous les pays du monde ce sont les entreprises qui rémunèrent leurs auditeurs. Eh oui. A ceci près que pour une banque cela se passe sous le contrôle étroit de l’ACP, pour une société cotée de l’AMF, Socgen cumule donc les deux puisqu’elle est banque et cotée et dans tous les cas du H3C. Hop, ça fait trois contrôles. C’est gentil les effets d’audience, mais faut quand même pas pousser le bouchon trop loin. C’est comme lorsque notre avocat feint de s’interroger chez Ruquier sur la carte de presse de Pascale Robert-Diard, journaliste au Monde depuis 25 ans et saluée de façon unanime comme une professionnelle d’exception. Ou bien encore quand JK sur le même plateau avance que les chroniqueurs judiciaires lui en voulaient et que c’est la raison pour laquelle ils attaquent son avocat. Ben non, ils pointent juste sa connaissance approximative de la procédure pénale. Et voilà, tout est à l’avenant dans ce dossier. Ce qui explique que ceux qui l’approchent au plus près finissent par s’énerver franchement à force de se faire balader avec des arguments à quatres balles, pour ne pas dire pire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2012 @ 13:12

  178. @ Diouspikangliche

    Dreyfus … Galvauder ainsi, quelle honte ! Rien d’autre a rajouter.

    Commentaire par Maelle — 02/11/2012 @ 13:36

  179. @Aliocha Vous ne réfutez qu’un seul des arguments et quels que soient les contrôles des commissaires aux comptes payés même par toutes les entreprises du monde ne signifie pas pour autant que cette base de certification mise en place est une bonne chose. Le conflit d’intérêt méritait d’être souligné par Maitre Koubbi. Le contrôle a postériori de cette certification, c’est la grande farce du jour. Est-ce du même acabit que les derniers contrôles des comptes de la France par la commission européenne !? « Mince j’ai un train à 16H30 pour Bruxelles, je vais torcher ces comptes en 2 heures de temps ». Madame Aliocha, permettez moi de suggérer que vous ne comprenez peut-être pas la satire du monde dans lequel on vit. Quant à Pascale Robert Diard, j’ai pu voir quelques écrits assez grotesques décrivant les parties au procès plutôt que le fond d’un procès pourtant capital pour l’avenir de nombreux salariés. Beaucoup de questions difficiles méritent décidément d’être soulevées dans ce pays.

    Commentaire par diouspikangliche (@diouspikanglich) — 02/11/2012 @ 14:15

  180. @diouspikangliche : non je ne réponds pas à tout parce que tout est à l’avenant. Vous m’excuserez d’avoir autre chose à faire. Rien que votre anaphore sur l’absence d’excuses de Socgen est absurde. En revanche, je comprends mieux qu’en raisonnant de façon aussi excentrique vous en veniez à considérer qu’il est possible de comparer JK et Dreyfus. Sinon, entre nous, les écrits de Pascale sont tout sauf grotesques. Visiblement, vous ne comprenez rien à la justice, rien à la chronique judiciaire, rien aux arguments de DK que vous répétez maladroitement, desservant au passage la cause de votre idole, et rien à l’affaire. Ce qui ne vous empêche pas de tirer à vue sur tous ceux qui ne partagent pas votre ignorance. J’ignore si JK trouvera son Zola ou son Voltaire, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas vous.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2012 @ 15:20

  181. Ca commence à voler bas dans les commentaires…généralement c’est quand on est à bout d’arguments ?

    Commentaire par BONNET Francis — 02/11/2012 @ 15:31

  182. @Francis Bonnet : justement, on ferme. Tout a été dit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2012 @ 15:44

  183. […] Dans mon ancien métier de juriste apprenti-avocat, il y a déjà près de 20 ans, j’avais observé une chose qui m’avait amusée : les dossiers ressemblent aux clients. Une affaire judiciair…  […]

    Ping par Infernale affaire Kerviel | Affaire Kerviel - SocGen | Scoop.it — 03/11/2012 @ 19:26


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