La Plume d'Aliocha

07/07/2012

Comme une perruque orange dans le potage

Filed under: Choses vues — laplumedaliocha @ 22:24
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Le repas de noce par Bruegel Le JeuneLe jour où les touristes étrangers qui visitent notre belle capitale décideront enfin de se révolter contre le mauvais accueil que leur réservent bistrots et restaurants, je gage que de nombreux parisiens se joindront à eux. A l’exception sans doute  des clients de cette célèbre enseigne qui a colonisé les plus beaux endroits de Paris et où il est de bon ton de se faire agresser par des serveuses mannequins douées d’une amabilité rappelant singulièrement l’attitude d’un CRS victime d’un pavé dans la gueule. Il y a des snobs qui trouvent du plus grand chic de se faire rudoyer, passons. Je croyais avoir tout vu en la matière, du serveur revèche qui vous balance votre café comme si commander un expresso dans un bistrot était le comble de l’extravagance, au restaurateur qui vous accueille avec la mine réjouie d’un commerçant qui se fait braquer, en passant par les établissements à la mode où, parce que vous avez réservé, on vous colle la plus mauvaise table,  celle coincée entre l’entrée, la cuisine et les chiottes, à l’endroit précis où les serveurs chargés de plats fumants bousculent les clients qui attendent leur tour en faisant trainer le bas de leur veste dans la moutarde de votre steack, tandis que les effluves d’un désodorisant atroce viennent vous polluer les narines. Devenue atrabilaire  à force de voir le commerce s’éloigner chaque jour un peu plus de l’image que je m’en fais – et qui se résume en gros à : le client est roi, tant qu’il reste poli, parce que c’est lui qui nourrit le commerçant – je croyais donc avoir tout vu et surtout le pire. Hélas, la pente est savonneuse et nous y glissons en patins à roulettes sans freins.

Au complet

Par une belle matinée de juin, un ami me dit « allons donc gouter les joies d’un soleil trop rare à la terrasse du restaurant le Mal embouché  (le nom a été changé, mais les victimes reconnaîtront), place du Marche St Honoré.  On ne peut pas réserver, mais si on arrive à 12h30 on a une chance d’avoir une place ». Me voici donc trottinant joyeusement vers ladite place en me régalant à l’avance de cet intermède amical et gastronomique. Arrivée sur site, je suis interpellée  par une donzelle en jupe à broderie anglaise, boots à chaussettes et cheveux en pétard orange fluo qui a l’air d’avoir confondu sa garde-robe avec celle de son arrière petite fille. Heureusement qu’on est en plein jour et que le quartier est chic, sinon j’aurais eu un doute sur son métier. « Bonjour, j’ai rendez-vous avec un ami peut-être déjà arrivé, nous serons deux » lui dis-je avec le sourire que je m’obstine à servir à Paris bien que l’on m’explique régulièrement que pour se faire respecter il faut prendre un air odieux. Comme la terrasse est immense et pour l’instant quasiment vide, je cherche déjà des yeux la table la plus agréable. « Désolée, nous ne donnons les tables que quand les gens sont au complet » me postillonne au visage la rouquine avec cet aplomb très particulier qui caractérise l’imbécile irrécupérable.

La tentation du coup de boule

J’étais venue me détendre et voici que je me découvre affligée d’une tare que j’ignorais : je ne suis pas « au complet ». Honte sur moi ! Par acquis de conscience, je m’observe pour vérifier qu’au moins je suis présentable. Test réussi : je ne suis ni à poil, ce qui aurait expliqué la réserve hautaine de la donzelle, ni même décoiffée et je ne pense pas avoir de chancre sur le nez, mais je m’effleure quand même le visage pour vérifier. A l’énoncé de cette règle idiote,  je comprends mieux l’attroupement qui s’est formé devant cette terrasse vide. Une bonne quinzaine de clients « pas au complet » attend de remplir les conditions fixées par le restaurant pour avoir le droit de s’asseoir. Des fois qu’on trompe le propriétaire en disant qu’on est deux alors qu’en fait on est seul…songez donc, c’est tellement courant ce genre d’escroquerie ! On pourrait en rire si on n’était  saisi à cet instant précis d’une envie folle de balancer un coup de boule. Ce truc-là part du buste, me dis-je soudain, en me souvenant de la leçon de Gérard Depardieu à Pierre Richard dans Les Compères. Tentée d’essayer sur le champ,  un je ne sais quoi d’éducation me fait opter  in extremis pour la solution la plus sage : foutre le camp.

Trop polis pour faire un scandale

Tandis que je cherche mon portable au fond de mon sac pour prévenir mon camarade qu’on change de crémerie et que c’est non-négociable, une autre furie à peu près conçue sur le même moule m’aborde. « Bonjour Madame, puis-je vous aider ? ». Non seulement, ils obligent les gens à attendre debout mais en plus ils sont idiots au point de ne pas identifier les clients qu’ils ont déjà rudoyés. J’affiche alors ostensiblement l’air de celle qui a entendu mais ne daigne pas répondre à un loufiat. S’il faut la jouer snob et con, je sais faire, c’est juste que je trouve ça minable.  « Suis à l’intérieur », vient de me textoter ma complétude. Bon sang, le pétard orange aurait pu me dire qu’il y avait une chance que mon ami soit déjà installé quelque part dans les entrailles de son établissement. Premier étage, point de camarade, un personnel un brin compatissant me recommande d’explorer le fond de l’autre bâtiment. Je redescend et découvre mon césame pour la terrasse  piteusement attablé dans ce qui ressemble plus à un réfectoire qu’à un restaurant. Lui et moi appartenons  à la même catégorie de victimes de la société moderne, trop bien élevés pour supporter de nous faire rudoyer par des malotrus, mais trop polis pour faire un scandale. C’est la pire des situations.  Le bourre-pif, on en rêve, mais il nous faudra sans doute endurer encore dix ans de souffrance avant de nous décider à sombrer du côté obscur de la bienséance.

Pour le principe, j’ai adopté ma mine la plus hautaine, balayé d’un regard souverainement méprisant cette cantine de bas étage et exigé la place en terrasse qu’on aurait dû m’allouer dès le départ. Sans surprise, la donzelle s’est mise aux petits soins puisque j’avais cessé d’être aimable. Hélas, les places au soleil avaient été colonisées entre temps par d’heureux « au complet ». Quand le moment de l’addition est arrivé, au terme d’un repas insipide, on nous a balancé du même ton d’imbécilité péremptoire :  le règlement, c’est à la caisse. Une cantine, vous dis-je, mais au tarif d’un restaurant parisien dans un quartier chic avec terrasse. « De toute façon, ils avaient perdu le pourboire dès le départ » m’a confié mon ami avec amertume. En partant, j’ai regardé la terrasse, elle était blindée. Profil : jeunes cadres dynamiques visiblement habitués des lieux. Si les parisiens non seulement supportent ce type de pratiques, mais les encouragent, tant pis pour eux.

Au fait, le coup de boule, ça part bien du buste, n’est-ce pas ?  Je vous laisse, il faut que je m’entraine.

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31 commentaires »

  1. « le client est roi, tant qu’il reste poli, parce que c’est lui qui nourrit le commerçant »

    Cette maxime est vraiment nulle.
    Je fréquente pas mal de serveuses, elles m’en racontent des histoires de clients. Le client, même poli, peut être un vrai boulet, voire un vrai connard. Etre client ne donne pas de droits supplémentaires.
    Le client n’est pas roi. Et ne doit pas l’être.

    Mais je comprends l’énervement. Et je ne comprends vraiment pas ces serveurs condescendants et méprisants. Etre client donne le droit d’être traité poliment. Et d’être servi. Pas plus.
    Je ne vis pas à Paris et m’en réjouis.

    Commentaire par Jean Robert de Murcy — 07/07/2012 @ 22:40

  2. Il y a quelques années, excédé, j’ai laissé tomber mon assiette au beau milieu de l’allée du restaurant : effet garanti (avec résultats positifs)

    Commentaire par zelectron — 07/07/2012 @ 22:58

  3. Pourquoi être restée ? Franchement, ça frise le masochisme…

    Souvent après avoir occupé une place, quand le service est trop long, je m’en vais ; et si je suis rattrapé, je me fais une joie de leur expliquer que puisque mon argent ne les intéresse pas je vais le dépenser ailleurs.

    Et le pire, pour avoir fréquenté tous les milieux, c’est que c’est à peu près partout pareil… même dans les banlieues pourries… Oui c’est étonnant que ces gens n’aient toujours aucun sens de l’accueil…
    Un ami a fait fortune en vendant des prestations de formation à l’accueil à une chaine de coiffeur et autres enseignes ; les patrons n’ont pas regretté cette dépense… mais visiblement, c’est une culture d’entreprise qui a toujours du mal à percer en France.

    Commentaire par Incognitototo — 07/07/2012 @ 23:21

  4. Tout dépend de la taille des combattantes. Le coup de latte dans le tibia fait certes plus cours de récréation mais reste plus facile à ajuster et diablement efficace.

    Commentaire par koztoujours — 08/07/2012 @ 08:36

  5. ?????

    Je suppose que vous ne mettrez plus jamais les pieds dans cet endroit moche où l’on est reçu moins bien que dans une prison (où il faut être « complets » pour entrer, mais où le personnel est en général aimable) et où l’on mange mal ? Sinon, franchement, je ne comprends pas.
    Je ne comprends pas, d’ailleurs, pourquoi vous et votre ami n’êtes pas parti dès vos retrouvailles. Par masochisme, ou pour vérifier si l nourriture était à la hauteur de l’accueil et du cadre ?

    Commentaire par lambertine — 08/07/2012 @ 08:54

  6. bien fait! petits cons de parigots!

    Commentaire par kikoolol — 08/07/2012 @ 12:18

  7. @ Kikoolol dire que les Parigots sont cons revient à dire que tous les provinciaux sont de pauvres bouseux dénués de classe. Avec ces poncifs-ci, on avance :p

    Commentaire par desfraisesetdelatendresse — 08/07/2012 @ 13:11

  8. Le client est roi.
    C’est vrai que c’était la maxime des commerçants d’autrefois. Et comme les clients étaient polis, ça voulait juste dire que le commerçant se mettait en quatre pour satisfaire son client. Et tout le monde était content. Le client parce qu’il en avait pour son argent : même dans les rares cas où il n’avait pas eu exactement ce qu’il désirait, il se sentait respecté parce que le commerçant avait fait tout son possible pour le satisfaire. Le commerçant lui, avait la satisfaction du travail bien fait, et le sourire sincèrement reconnaissant de son client. Et je crois que l’un et l’autre étaient bien plus heureux que leurs homologues de notre époque.
    Bonne chance pour votre prochaine virée entre amis. Je vous souhaite de découvrir la perle rare. Il en existe encore, je souhaite qu’il y en ait une qui vous soit accessible.

    Commentaire par Barbara — 08/07/2012 @ 18:34

  9. Bonsoir Aliocha,

    Vous semblez découvrir le charme du fameux service à la française. Oui, le client est roi et s’il lui prend l’envie de prendre son petit noir dans une grande tasse, c’est lui qui a raison. Raz le bol des serveurs aux ongles sales ou aux cheveux sales, de ces hôtels où le client n’est qu’un … con ou des hypermarchés où on vous fait poireauter 30 mn à la caisse en dépit du super-système de scannette installé. Personnellement, je ne fais plus de cadeau et je suis à deux doigts de laisser mon assiette tomber par terre (foutue politesse qui me retient). Le pire étant la SNCF. Là, pas de cadeau: incapable de se téléphoner d’une gare à l’autre pour indiquer que le rame TGV n’est pas dans le bon sens. Ceci dit, je sais dire quand c’est bien et je le dis.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 08/07/2012 @ 21:02

  10. Oui. Vous n’en faites pas un peu beaucoup là juste parce qu’ UNE serveuse ne vous a pas laissé vous installer à la place que vous convoitiez ?
    Et si tout cela n’était qu’une grosse erreur d’interprétation liée à vos expériences antérieures, à la réputation des établissements parisiens que vous avez associée à celui-ci au premier contact avec la 1ère serveuse, alors que le reste du personnel était peut-être là pour vous aider ? Concernant la qualité de la nourriture, le service n’en est pas du tout responsable.

    Quand bien même vous auriez vu juste, je ne suis pas sûr que le marché St Honoré soit vraiment représentatif de l’accueil parisien. Dans les quartiers plus populaires, rive droite, j’ai rarement été mal reçu.

    Commentaire par kuk — 08/07/2012 @ 23:02

  11. je rejoins le commentaire précédent
    dès que l’on évite les quartiers à touriste, il est finallement rare d’être déçu, c’est d’ailleurs ce que je conseille à mes amis qui se rendent à paris

    Commentaire par Frédo — 08/07/2012 @ 23:14

  12. @la tenancière

    en fait c’est de la faute de personne

    les supérieurs n’ont pas vu, pas entendu, pas compris, c’est juste la serveuses qui a trompé tout le monde. vous avez juste pas de chance. C’est de la faute du système. Life… is life.

    toute ressemblance avec une autre affaire serait totalement fortuite.

    Commentaire par toto — 08/07/2012 @ 23:15

  13. @11 Fredo
    Vous résumez bien le problème : « dès que l’on évite les quartiers à touriste, il est finalement rare d’être déçu ».
    Pourquoi faut-il réserver le pire des accueils aux « touristes » ?

    Commentaire par Ginkgo — 09/07/2012 @ 09:37

  14. Parce que les touristes sont des vaches à lait qui, en général, ne viennent qu’une fois. En France comme ailleurs.
    Je déteste les pays touristiques.

    Commentaire par lambertine — 09/07/2012 @ 10:06

  15. @ toto juste une petite faute logique
    si c’est la faute du système, comme vous dites, cela veut dire justement que l’employé n’y est pour rien. Faute du système = les supérieurs ont vu, entendu, et même incité la serveuse à être désagréable, qui n’a donc rien fait par elle-même ni pris aucune initiative, il faut chercher du côté des chefs seuls responsables.

    de même que Monsieur x n’a rien fait de lui-même mais a été incité par ses chefs qui lui ont enjoint de faire ce qu’il a fait, c’est la faute du système .

    il suffit donc d’interroger ses collègues de travail pour savoir si les chefs enjoignent généralement aux employés de faire ce qu’a fait Monsieur x et se demander aussi pourquoi Monsieur x a fait ainsi et pas ses collègues, puisque c’est le système qui l’exigerait

    Commentaire par Schmilblick — 09/07/2012 @ 10:55

  16. Certes, il reste encore des endroits comme ça, mais je trouve que globalement le service s’est énormémént amélioré à Paris depuis quelques années (je veux dire que ce genre de mesaventure m’arrive de moins en moins).
    En tout cas samedi, sur la même place mais un autre bistro, nous avons été correctement accueillis alors que nous avont été un nombre variable, qu’on a squatté plusieurs heures avec seulement un chocolat chaud par personne (et même pas pour tout le monde), et on a eu des verres d’eau sans devoir supplier (c’est un test très efficace)…

    PS : par acquiT de consience il me semble : on acquitte sa confiance, elle n’est pas aquise (je suis certaine que votre conscience n’est pas à vendre 😉

    Commentaire par alixe75 — 09/07/2012 @ 11:33

  17. Creusons le parallèle : si la serveuse, avec son attitude méprisable, vous a fait perdre un gros paquet d’argent (disons que vous aviez RV avec de Messmaker et qu’elle a fait rater le contrat du siècle), vous allez la faire mettre en tôle ? Non, vous n’obtiendrez probablement que son licenciement par son employeur, et les excuses du sus-dit pour n’avoir pas su contrôler la correcte attitude de ses serveurs.
    Mais comparaison n’est pas raison…

    Commentaire par Ginkgo — 09/07/2012 @ 11:34

  18. Bonjour Aliocha,

    J’ai récemment voyagé au Québec. Le service y est d’un tout autre niveau. Il est vrai que les serveurs sont payés essentiellement au pourboire (en moyenne 15% de la note. Moins, c’est que le service n’est pas à la hauteur, plus c’est qu’on est très content). Ceci explique peut être cela.
    Quand on confond avoir un emploi et travailler, tout est possible.

    Bonne journée,

    Commentaire par H.. — 09/07/2012 @ 12:08

  19. bonjour Aliocha,

    j’ai parfaitement reconnu le « Mal Embouché » place du Marché St Honoré et sa serveuse expéditive aux cheveux orange fluo … mais personnellement je trouve que c’est plutôt une bonne adresse dans le quartier Opéra ! C’est vrai que c’est parfois énervant de devoir attendre d’être « au complet » pour s’assoir, mais les produits sont frais et le service est rapide.

    Pour ce qui est de payer à la caisse, cela ne me choque pas. C’est souvent plus rapide que d’attendre la note à sa table. C’est d’ailleurs la pratique au Japon, un pays où le service client tutoie la perfection : dans un restaurant, si on attend que le serveur apporte l’addition on peut attendre longtemps. Quand on a fini, on se lève et on va payer à la caisse. ( Au Japon on ne dit pas que le client est roi, on dit que le client est Dieu ! )

    Cela dit, je suis d’accord sur l’essentiel : le service client est mauvais à Paris, surtout dans les quartiers touristiques. Un comble. Et pourtant, je préfère travailler dans le quartier de l’Opéra … qu’à la Défense.

    Commentaire par junot — 09/07/2012 @ 15:30

  20. J’ai reconnu aussi l’endroit. C’était ma cantine il y a quelques années, quand j’habitais dans le quartier. Florence (la nana aux cheveux oranges) n’est pas serveuse, c’est la patronne (en fait la co-patronne, mais l’autre s’appelle aussi Florence)

    Désolé que ça se soit mal passé avec vous, moi j’adorais cette adresse, et j’y retourne de temps en temps quand je passe dans le coin. Chaleureuses, sympa, patientes avec les enfants… Les Florence étaient vraiment accueillantes, on avait l’impression de faire partie de la famille. Mais je venais surtout bruncher le week-end et c’était le début du restaurant, peut-être ont-elles attrapé la grosse tête avec le succès.

    Ceci dit, ça confirme ma méthode miracle pour les restaus parisiens : la base, c’est l’anonymat… et un service effectivement pas toujours top. Le secret c’est de venir quasiment tous les jours pendant un moment. On finit par sympathiser avec les serveurs/patrons et ça devient très agréable. Après, on peut ne pas venir pendant 6 mois ou 2 ans, ils ne nous oublient pas.

    Commentaire par Lib — 09/07/2012 @ 18:09

  21. @Schmilblick

    Non vous faites erreur, c’est le système qui empêche ses supérieurs de le contrôler ou les pousse à ne pas les contrôler. Parce qu’avec cette attitude M. X, le serveur, permet de placer plus rapidement les clients, de déterminer plus facilement comment caser tout le monde, en étant désagréable il passe moins de temps à parler et donc plus à travailler et il arrive à faire activer les clients qui restent moins longtemps à table car ils ne se sentent pas très bien reçus et cela permet de faire 50 couverts de plus dans la soirée. Et comme les supérieurs ont une prime sur résultats, les clients qui ralent ne pèsent pas beaucoup dans la balance au regard des 100 euros qu’ils arrivent à prendre par mois.

    Parce que monsieur X est tellement plus productif que les autres serveurs qu’on va regarder derrière si le ton monte un peu et on va faire comme si on n’avait pas entendu râler les clients. C’est juste quand on aura une inspection de la maison mère qu’on lourdera monsieur X en le condamnant à des DI parce que monsieur X aura bien du mal à « prouver » qu’on le laissait faire comme cela parce qu’on gagnait plus d’argent. Et que tout le monde dira qu’on avait pas fait attention et les 15 mails de plaintes sur le site du restaurant n’ont pas vraiment été lu car on n’avait pas le temps de tout lire, il y a tellement de travail.

    Commentaire par toto — 09/07/2012 @ 18:20

  22. Bonjour,
    je ne comprends pourquoi ne pas indiquer le nom du restau ? Si le service a été merdique, il faut bien le dire non ? Là, ça fait vraiment happy few qui blogue en public un mail qu’il aurait du réserver à ses potes ambiance « tu sais quoi, l’autre jour ? L’accueil qu’on m’a fait au mal embouché m’a tellement halluciné que j’ai pas laissé de pourboire, trop les boules pour eux, grave. »
    Vu que la terrasse est sympa, vous y retournerez, ils seront mieux lunés, vous serez dehors, soleil, petite salade un peu chelou, 17 euros pour les capres et hop, vous pourrez vous la jouer survivor qui connaît un restau mortel pour le déjeuner »

    Commentaire par Djame Seddah (@zehavoc) — 10/07/2012 @ 00:19

  23. complètement hors sujet -j’espère que vous me pardonnerez Aliocha-
    au moins pour Merah les thèses conspirationnistes se voient retirer le tapis sous le pied depuis la publication de ses déclarations au Raid
    http://www.slate.fr/story/59075/merah-TF1-polemique

    … parce que je sature de cette multiplication des thèses conspirationnistes

    Commentaire par Schmilblick — 10/07/2012 @ 13:17

  24. Ca me rappelle un final de spectacle musical datant d’au-moins le siècle dernier et qui disait à peu près ceci:
     » Ca c’est Paris! « 

    Commentaire par Nick — 10/07/2012 @ 17:09

  25. Bonjour ,
    Avant tout, merci, j’ai pris grand plaisir a lire votre article, très bien écrit, tout en laissant l’image des réponses possibles (coup de boule &co ) vagabonder dans mon esprit.
    Personnellement je me retrouve dans votre descriptif, au détail près que maintenant je suis passer du coté obscure du client qui répond au niveau de mon interlocuteur…
    Bon courage pour vos nouvelles errances culinaires, pour vous rassurer je vous dirai qu’il y a bien, le plus souvent en dehors des sentiers touristiques il est vrai, de très bonnes adresses , avec un service de qualité et des prix abordables…
    Parisien et amoureux de ma ville !

    Commentaire par syskh — 10/07/2012 @ 19:18

  26. Tant qu’il y aura des gens comme vous nous garderons le moral car votre style et votre humour nous aident à supporter le quotidien mal vécu et permettent de le voir avec d’autres yeux. Ceux qui sont « de passage » subissent en croyant que c’est occasionnel , ils échappent à l’enfer et fort heureusement sinon nous n’aurions plus de touristes.

    Commentaire par scaramouche — 11/07/2012 @ 08:51

  27. @scaramouche : l’enfer : ne pas pouvoir siroter un verre en terrasse ?

    Commentaire par kuk — 11/07/2012 @ 10:56

  28. Quand on se veut un minimum critique on donne clairement le nom visé ne serait ce que pour mettre en garde ceux qui pourraient être tenté de s’y fourvoyer. Sinon cela ressemble fortement au sport national des français durant le seconde guerre mondiale, ou alors à un refus d’assumer ce qui est aussi un sport national français.
    (censuré)

    Commentaire par lui — 11/07/2012 @ 16:00

  29. C’était la cantine de l’UMP ?

    Commentaire par Nick — 12/07/2012 @ 08:43

  30. […] des risques, du fou rire à la déprime il n’y a qu’un pas. Entre la vie de bébé, les caprices de la journaliste parisienne, ceux qui dénoncent les JO Satanico-Illuminati-francs maçons, les armées de fan qui réécrivent […]

    Ping par Stimuler votre créativité : tenez un journal ! | La Vie Cheap — 27/08/2012 @ 00:34

  31. […] des risques, du fou rire à la déprime il n’y a qu’un pas. Entre la vie de bébé, les caprices de la journaliste parisienne, ceux qui dénoncent les JO Satanico-Illuminati-francs maçons, les armées de fans qui […]

    Ping par Stimuler votre créativité : tenez un journal ! | La Vie Cheap — 27/08/2012 @ 01:17


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