La Plume d'Aliocha

29/06/2012

L’affaire Kerviel, ce cauchemar sans fin

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 17:33
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Palais de Justice, jeudi 28 juin, 13h30 : On connaissait David Koubbi avec une canne, voici qu’il est arrivé le jour fatidique des plaidoiries le visage orné d’un cocard coquard ! Cette apparence de gueule cassée de la défense sied plutôt bien au jeune premier. Sa souffrance quasi-christique est tellement cinématographique qu’il apparait décidément urgent de transformer cette histoire en film. Pourquoi d’ailleurs ne pas confier un rôle féminin à Tristane Banon, arrivée au palais au bras de l’avocat ? Elle s’est installée au premier rang parmi les anonymes car il n’y a, hélas, pas de carré VIP dans une salle d’audience.  Du coup, on cherche des yeux l’actrice de X, Clara Morgane, également cliente de David Koubbi et soutien attendri de Jérôme Kerviel. Elle n’est pas là, c’est dommage, elle aurait ajouté au spectacle. Ainsi va la nouvelle équipe de défense de Jérôme Kerviel, on se croirait à la table d’une pipole botoxée dans une boite branchée.

Salle comble

Le procès fait salle comble, tout le monde est venu écouter la star. C’est même la foule des grands jours sur le balcon réservé à la presse. D’une main ornée de bracelets en argent mon voisin, qui a des allures de mannequin, efface une poussière imaginaire sur son soulier de prix parfaitement ciré. C’est un confrère de la radio venu entendre David Koubbi, « par simple curiosité personnelle » me confie-t-il. On se demande bien ce que cette foule de visiteurs occasionnels peut espérer comprendre de ce procès si compliqué en ne daignant assister qu’au tour de show de l’avocat « vu à la télévision« .  Même les bancs de la défense sont pleins à craquer. Le fan club de David Koubbi, sans doute. Les filles ont des chevelures et des talons vertigineux, les garçons sont lustrés comme des pouliches à Longchamp. Tout ce petit monde fleure bon la jeunesse branchée. Jérôme Kerviel, c’est leur distraction du moment, le trader le plus célèbre du monde, la star de l’actualité qu’on expose à ses amis comme un trophée. Demain sans doute ils l’auront oublié, mais aujourd’hui ils sont là pour le soutenir…et se montrer. Les caméras sont présentes, c’est donc l’endroit où il faut être. Ce petit monde turbulent détonne avec les avocats blanchis sous le harnais de la Société Générale qui défendent l’institution vieille de 120 ans avec discrétion et doigté. Il détonne plus encore face aux juges aguerris qui s’appliquent depuis un mois à comprendre un dossier d’une technicité à pleurer. Quant aux chroniqueurs judiciaires, peu sensibles aux paillettes, ils se demandent ce que ce transfuge de la Jet Set est venu faire dans une affaire financière aussi grave.

C’est l’associé de David Koubbi qui assure la première partie du spectacle, il faut bien chauffer la salle. On sent qu’il tente de prendre son envol, mais sans jamais parvenir à quitter un ton sourd et monocorde qui contraste singulièrement avec l’indignation que l’on croit saisir dans le propos lorsqu’on parvient à se concentrer. Dommage, son faux air de vicking avait suscité à tort l’espoir d’une plaidoirie tonitruante.  Trois quart d’heure plus tard, c’est au tour du jeune collaborateur du cabinet de plaider. Brun, le physique fluet d’un adolescent, la chevelure rebelle, il est fier, dit-il, à 26 ans, d’intervenir dans une telle affaire. On frissonne pour Jérôme Kerviel. Le voici embarqué dans un exposé technique sur la qualification des infractions. Le jeune homme s’applique, tort tord le droit à l’extrême pour le faire coller à sa démonstration. Sans doute croit-il en ce qu’il dit, mais il ne parvient pas à atteindre son auditoire. La présidente soulage tout le monde en décidant une pause. Il est déjà 15h30. Deux heures d’audience, c’est long quand on s’ennuie dans une salle bourrée de monde et étouffante de chaleur.

Fantasme d’insomniaque

15h45 : La grand moment est arrivé : David Koubbi entre en piste. Il vibre, il attaque, la banque, la presse, la justice et d’autres choses encore. Tout le monde y passe. Il interpelle la Cour, exige que l’on juge « Monsieur » Jérôme Kerviel. Le discours est séduisant, l’avocat inspiré. Et l’on songe à la phrase assassine d’une caricature de Daumier : « vous avez perdu votre procès, mais vous avez eu le plaisir de m’entendre plaider ». Il parle pour un public imaginaire, à l’évidence plus proche des lecteurs de Voici que des très sérieux magistrats composant la Cour. Il est aussi la voix de Jérôme Kerviel, celle qui a plaidé la manipulation et parle désormais de son honneur. Et pourtant les avocats le savent bien, la bonne plaidoirie n’est pas celle qui plait au client, moins encore celle qui va séduire le public, c’est celle qu’impose la défense et qui s’avère généralement beaucoup moins chatoyante qu’on ne le souhaiterait.

Le trader rêve, l’avocat fantasme. L’un s’est imaginé en Gordon Gekko, l’autre se prend pour Moro-Giafferi. Quel équipage ! Ils se sont unis il y a tout juste trois mois pour le meilleur et pour le pire. Depuis lors, la défense n’a eu de cesse de se tirer dans les pieds. D’abord en interrogeant maladroitement les témoins, au point que chacune de leurs réponses venait apporter de l’eau au moulin de la banque qui n’en espérait pas tant. Ensuite en dégainant la thèse de la manipulation. Et l’on se rappelle ces sorties  d’audience où, tandis que la presse – pourtant friande de rebondissements – quittait la salle sceptique, l’avocat et le trader se tapaient dans la main en signe de victoire avant d’aller fanfaronner sur les marches du palais. Dans le film qu’ils se jouaient à eux-mêmes, il ne manquait que le ralenti et la musique ; on les ajoutera au montage. Hélas, une fois exposée sous la lumière crue de l’analyse judiciaire, la théorie de la manipulation est apparue pour ce qu’elle était : un fantasme d’insomniaque qui aurait abusé de littérature complotiste sur Internet. Jérôme Kerviel se doute-t-il qu’il vient de perdre son meilleur atout, faute d’avoir su le jouer comme il fallait ? Qui peut croire encore que la banque savait, alors que le scénario d’une Société Générale complice apparait en définitive plus extravagant  que celui de la banque aveugle ? Qu’importe ! L’avocat poursuit sa course maladroite en claudiquant appuyé sur sa canne. A croire que son étrange client lui a transmis le virus de la fuite en avant. Il a irrité tout le monde durant trois semaines à commencer par la cour, n’a convaincu personne, en a voulu à la presse de le dire…Chut !  Ecoutez donc ses amis applaudir à la fin de sa plaidoirie, envers et contre tous les usages judiciaires : c’est bien la preuve qu’il est bon ! Hé oui, tout comme les gains mirifiques de Jérôme Kerviel sur les marchés en 2007 ont incité celui-ci à croire qu’il était un trader invicible. Tout comme l’incompréhension du public et les doutes d’une poignée de financiers quant à la sincérité de la banque ont convaincu l’ex-trader qu’il pouvait avancer sur le terrain du complot. Tout comme le soutien inconditionnel de leur fan club a conforté l’avocat et son client dans l’idée qu’ils avaient retourné la situation à leur avantage. Cette affaire, c’est un rêve fou sans cesse ranimé, une suite de mirages, un long cauchemar.

Au fond, il aurait mieux valu que l’ex-trader se défende tout seul. C’est dans les rares moments où Jérôme Kerviel a pris la parole que la défense a semblé marquer des points. Au début du procès lorsque, interrogé par la présidente, il s’est expliqué sur ses actes. Après l’intervention de Daniel Bouton aussi, quand il a fissuré l’armure, évoquant son éducation, sa mère malade, sa confiance dans la justice. Et puis hier, quand il a enfin demandé pardon. A défaut de convaincre, il a révélé cette part d’humanité qui faisait si cruellement défaut jusque ici à sa défense. La brutalité du jugement de première instance est un autre atout : qui sait si avec le recul, la cour ne va pas tempérer la responsabilité du trader en apercevant celle de la banque qui n’a pas su l’arrêter à temps ? Cela suffira-t-il à corriger les effets ravageurs d’une défense calamiteuse ? Réponse le 24 octobre. Si le jugement est adouci, gageons que l’avocat fanfaronnera. Dans le cas contraire, il sera toujours temps de crier au complot. Après tout, il a déjà dénoncé la banque machiavélique, la presse méprisant les faits, le gouvernement indifférent au sort du trader, il ne manque plus dans ce tableau que la justice aux ordres. Le public va adorer !

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183 commentaires

  1. j’ai beaucoup aimé votre série de billets, que j’ai croisés avec ceux de Pascale Robert-Diard. Grace à vous deux, nous avons pris la mesure de ce qui se jouait dans la salle d’audience, de la complexité du dossier, et nous avons pu nous extraire des jugements à l’emporte-pièce. Merci.

    Commentaire par Valérie — 29/06/2012 @ 19:21

  2. Merci. Quel beau papier ! Quelle belle couverture d’un procès a priori totalement indigeste pour le béotien que je suis. Je me revois enfant fasciné par les compte-rendus d’audience de Fréderic Pottecher.

    Commentaire par Massilian — 29/06/2012 @ 20:32

  3. ita missa est

    personne n’en sortira indemne.

    Commentaire par herve_02 — 29/06/2012 @ 22:00

  4. pfff, en france on a des compétences faut pas l’oublier…

    dire qu’a ubs ils ont pas eu l’idée de dire que la hiérarchie ne savait pas et que le responsable c’est le guichetier…. ils vont s’en prendre plein la gueule… mauvais avocats.

    Commentaire par herve_02 — 29/06/2012 @ 22:12

  5. ils aurait du être en france…

    « L’ensemble des éléments qui précèdent suffit à considérer que la SA UBS France ne démontre pas que les accusations réitérées dans divers écrits par M. [X] à l’égard de son employeur d’avoir organisé “un système d’aide à l’évasion fiscale et à la fraude fiscale internationale” seraient infondées. »

    Commentaire par herve_02 — 29/06/2012 @ 22:13

  6. @laplume

    Excellent papier !
    J’aime beaucoup votre description de la flore qui occupait la salle. Je n’avais pas vraiment pris la mesure de qui était cette claque en lisant les confrères.
    Moi je ne vois pas le petit avocat médiatique contre l’Establishment, mais plutôt un clash entre le tout Paris qui rêve de rouler en Ferrari et celui qui rêve de rouler en Bentley.

    Commentaire par Maelle — 29/06/2012 @ 22:53

  7. Je ne comprends pas Hervé : vous parlez de la perte de 2 milliards de dollars d’Adoboli à UBS ? Certes la hiérarchie a très vite démissionné (mais à la SG, tous les N+ de Kerviel aussi, même si ça a pris plus de temps, à part Mianné) et elle reconnaît qu’elle a négligé des alarmes, mais surement pas qu’elle savait ce que faisait ce rogue trader. D’ailleurs procès à venir à la rentrée.

    Commentaire par Maelle — 29/06/2012 @ 22:54

  8. Par curiosité, Aliocha, juste comme ça : ça vous a fait quel effet de voir votre livre chroniqué par Pascale Robert-Diard, sur son blog ?

    Commentaire par Schmorgluck — 29/06/2012 @ 23:00

  9. nan je parle de la « fuite des capitaux » et de la double compta… il suffisait de dire que c’est une défaut de contrôle.

    sinon je suis un peu gêné que vous rameniez tout à l’argent, vous êtes aux us peut être ?

    À mon sens vous faites fausse route. On juge les autres comme on voit la vie et que l’on agit. Pour vous kerviel se voyait en grosse voiture et dans des blondes pétasses et votre « aversion pour lui » est en partie pour cela, comme si sa « condition » ne lui méritait pas ces choses réservés aux « méritants qui ont fait des études ». C’est ce qui transpire de vos propos (chacun ses délires, j’ai le droit aux miens). ou alors vous êtes jalouse, vous qui avez tant de mérites et pas accès à ca ? Alors que son attitude est exactement l’inverse : un mec qui prend pratiquement pas de vacances et est rivé 14h ou plus par jour sur un écran est tout sauf un flambeur qui se rève en jag.

    On peut le voir comme un mec qui voulait être respecté pour ses résultats et donc qui voulait gagner beaucoup sur le desk pour avoir de la considération. et ce n’est pas en le traitant de « rogue trader » à chacun de vos posts comme pour enfoncer un clou qu’on apprendra à vous apprécier.

    Chaque exemple de la générale est un plan merdique (kerviel, sentier, sgam, sgam ai ) à chaque fois c’est pas eux, est-ce que cela fait de la générale, la « banque des branquignolles », vous semblez le penser avec votre jugement à l’emporte pièce.

    Comme l’a dit aliocha et eolas lors du procès originel: dès le début il a été positionné comme coupable et toute l’instruction a été de démontrer sa culpabilité, comment faire en appel avec personne qui veut témoigner et que ceux qui témoigne pour la défense on leur dit « c’est votre ressenti, pas une vérité » alors qu’aux aveugles sourds et muets qui témoigne pour la banque c’est forcement la vérité ?

    Ensuite vous pouvez écrire autant de livres que vous voulez, rencontrer autant de personne que vous voulez (sauf ceux qu’on a payé pour se taire) si les enquêtes n’ont pas été faites c’est mort, vous devez ramer comme un fou pour trouver un truc et en absence de pièces disponibles, il ne vous reste que vos impressions et les impressions des gens que vous rencontrer. Tout c’est joué à l’instruction, ensuite c’était mort. Maintenant JE considère que refuser toutes les demandes de l’accusé ca porte à réfléchir. et refuser de saisir les boites mails _professionnelles_ de la hiérarchie dans un procès ou on veut savoir qui sait quoi, ca pose tout de même un contexte. point.

    mais vous pouvez me traiter de populiste et tout le truc en iste ca change pas d’un seul iota ces points, sauf à vous rassurer sur notre bonne vieille justice qui défend les gentils contre les « rogue traider » comme kerviel ^^

    Commentaire par herve_02 — 29/06/2012 @ 23:26

  10. d’ailleurs maelle si on cherche un peu, elle trempe souvent dans des trucs trop louche : le mustier, qui reste, fait dans le délit d’initié, et le scandale des cds et de goldman sachs… encore un coup de kerviel ? ou alors, encore tout plein de gens qui lisent pas leurs mails oui qui ne savent pas ce qui se passe.

    Vous savez ce que l’on dit sur 3 barbus ?

    Commentaire par herve_02 — 29/06/2012 @ 23:44

  11. Un petit commentaire au passage (qui mériterait peut un d’ailleurs un article Actualité Parallèle sur mon blog… mais je n’ai malheureusement pas le temps): Londres tremble ces jours ci d’un ENORME scandale. Et oui, on vient de découvrir que certaines banques (RBS, HSBC…) on vendu des SWAP de couverture tres complexes et risqués a de petites entreprises sans en expliquer les risques, swaps qui se sont révélés mortels avec l’effondrement de la Livre Sterling, ce qui a permis aux banque de réclamer des pénalités juteuses…!
    On apprend aussi que Barclays (mais peut être d’autres banques aussi, l’enquête est en cours) ont manipulé artificiellement le taux du Libor afin d’améliorer leurs positions (acheteuse ou vendeuse). Cela aurait permis de gros profits. Et devinez quoi? Le PDG de Barclays qui s’est goinfré de bonus a cette époque se dit non responsable: on lui a tout caché ! Cela ne vous rappelle rien ? et bien sur comme il n’est pas responsable il ne veut pas démissionner. Vraiment, ça ne vous rappelle rien ? 😉
    Bien sur certaines personnes (dont la presse de fait écho) commencent à dire que soit il savait et ment pour préserver sa position et ses bonus (et éventuellement éviter la prison), soit il ne savait pas et c’est peut être plus grave, car il passe pour un idiot qui ne maitrisait rien et donc ne méritait surement pas son poste.

    Commentaire par Vonric — 30/06/2012 @ 00:12

  12. @Hervé

    UBS, autant pour moi …

    J’appelle Jérôme Kerviel un rogue trader, car pour moi c’est en effet ce qu’il est, et en l’occurrence j’aime appeller un chat un chat.
    Il y a deux genres de rogue traders, ceux comme Nick Leeson ou Fabulous Fab qui en effet roulent en grosses voitures, vont à des soirées où on ne boit peut-être pas que des Vichy fraises en reniflant de la lavande, aiment les jolies filles parfois rémunérées … Je pense que ceux-là renvoient à l’image traditionnelle du trader flambeur.
    Et puis il y a les autres, comme certains Japonais , des bourreaux de travail au tempérament plus réservé qui sont pris dans une folle logique de fuite en avant, l’argent et/ou une certaine soif de reconnaissance étant le déclencheur. Pour moi, s’ ils s’apparentent à qqch, ce serait à des fous de jeux vidéos. Kerviel est pour moi plutôt l’un de ceux-là. Ce qui n’empêche pas, ou même au contraire explique, une certaine envie pour Me Koubbi.
    Car je pense que vous m’avez mal comprise, la claque jet set de la cour hier était le monde où évolue Me Koubbi, pas Jérôme Kerviel.

    C’est quoi cette histoire de Goldman Sachs ? Je viens juste d’évoquer en passant Fabulous Fab, vous confondez mon cher.
    Alors pour vous toutes ces affaires de pertes exceptionnelles de trading , si on veut rester dans le PC, depuis le déclenchement de la crise financière en 2007, ce sont des dégazages, c’est ça ? Pas un seul petit rogue trader ? Vous ne comprenez pas que l’effervescence de la bulle spéculative a été le terreau des rogues traders. Demandez donc à des gens travaillant dans des banques de financement, ils vous le diront, le champagne qui coule à flot lors de l’annonce des bonus, les collaborateurs qui bougent sans cesse car débauchés par des chasseurs de têtes, des systèmes informatiques et des back/middle office qui ne suivent pas dans tous les sens du terme, des managers et des dirigeants éblouis et trop sûrs de leurs certitudes etc

    J’aimerais bien que vous précisiez votre pensée sur l’instruction : Van Ruymbeke est un vendu, c’est ça ? Relisez donc un des papiers de la chroniqueuse du Monde hier .

    Le délit d’initié de J.-P. Mustier , parlons-en ! Vous savez combien représentent les actions SG dans sa fortune perso. Non n’imaginez pas après tout, ça vous donnerait le tournis et peut-être une certaine aigreur. Si je me souviens bien le même jour de l’avis de l’AMF, des gars de EADS eux n’ étaient pas inquiétés dans ce qui me semblait bien davantage correspondre à un délit d’initiés. Le fond de ma pensée : on a voulu faire un exemple de Mustier. D’ailleurs je croyais que l’Establisment protégeait à fond la SG et ses sbires, non ?
    Au fait pour anticiper votre remarque, ce monsieur, je ne le connais ni de près ni de loin.

    Au fait, je ne sais pas où vous voyez dans mes propos que je ramène tout à l’argent (moi comme ça j’aurais dit que je surdéterminais la dimension psychologique), mais après tout ce ne serait que normal, étant donné que l’argent c’est le moteur d’une banque.
    J’aime bien finalement les attaques ad personam, c’est stimulant. Vous ne me connaissez pas, vous ne savez pas ce que je fais précisément et encore moins d’où je viens. Alors je trouve l’impression que vous avez de moi plutôt rigolotte. C’est la magie d’internet. Peut-être l’ironie de certains de mes propos vous a-t-elle échappé. Mais bien joué Hervé je préfère en effet les Jaguars aux Ferrari et aux Bentley !

    Commentaire par Maelle — 30/06/2012 @ 00:36

  13. Il faut jeter un coup d’oeil aux commentaires du papier de Pascale Robert Diard « Me Koubbi son coquard … » ; le moins que l’on puisse dire c’est que beaucoup sont mecontents.
    Plus interessant encore, les interventions d’un certain « Philippe Hoube (senior back office) » sic. Evidemment, avec internet, il faut se mefier, mais le ton rappelle bien celui du fameux temoin de la defense. C’est quand meme bizarre de s’exposer ainsi sous son nom propre ; drole d’impression vraiment.
    Je suis frappee par l’evolution de la plupart des journalistes, chroniqueurs sur le dossier, et surtout le fosse qui se creuse avec leurs lecteurs.

    Au fait Aliocha vous confondez le cocard tricolore et le coquard hematome ! En meme temps la moi j’utilise un clavier qwer …

    Commentaire par Maelle — 30/06/2012 @ 06:24

  14. « Le jeune homme s’applique, tort le droit à l’extrême » … il a tord! ;o)

    Commentaire par mussipontMussipont — 30/06/2012 @ 06:40

  15. @schmorgluck : ça me touche profondément parce que j’admire son travail.
    @mussipont et Maelle : merci, c’est rectifié 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 10:10

  16. Cette « affaire » est effarante.
    On parle de quoi, là ? D’un jeu de rôle pas très bien mené pour ados qui s’ennuient, ou d’un procès en correctionnelle où un type risque la prison pour avoir, selon l’accusation, failli fiche en l’air une des plus grandes banques françaises et faire perdre leur emploi à plus de 100.000 personnes. De joueurs de Monopoly, ou de professionnels payés une fortune pour gérer l’argent qui leur est confié ?

    Je suis désolée, Maelle, Schmilblick, et autres défenseurs de la Société Générale, mais je suis incapable, mais alors incapable de croire, qu’une banque pareille puisse avoir été gérée pendant des années par des « branquignoles »(et fiers de l’être) comme les appelle Hervé. « Désolé, ch’savais pas, j’ouvrais pas mes mails, ch’faisais confiance »… Aucune entreprise ne peut fonctionner comme ça.

    Figurez-vous que j’ai un peu trop de respect pour les banques, ou pour ce qu’elles devraient être, pour imaginer ne serait-ce qu’une seule seconde qu’un Kerviel puisse tout seul comme un grand engager plus que le CA de son entreprise sans que personne ne remarque rien. Et tant pis si pour ça, je passe pour une poujado-populisto-gauchiste sous le charme d’un « bad boy ».

    Commentaire par lambertine — 30/06/2012 @ 10:32

  17. Finalement cette affaire, et la description vous en faite Aliocha, c’est une véritable Fable contemporaine de La Fontaine dans laquelle la Jet-Set vient remplacer les animaux. J’attends la Morale avec impatience !
    (A la manière de La Fontaine bien sûr. Un truc du genre « L’Anosognosie et l’Ignorance sont la force et l’intouchabilité des puissants… »)

    J’attends aussi la suite, après le jugement, car j’imagine mal JK se retrouver tout penaud entre 4 murs à verser euro après euro à la SG pour la rembourser. J’espère qu’il y aura des rebondissements post-judiciaires tout aussi croustillants du genre : JK s’évade et se réfugie dans un pays duquel il dirige un service anti-spéculation mondiale, ou alors il se convertit au Bouddhisme est part faire une retraite spirituelle sur les hauts plateau d’un pays oriental et nous revient en gourou spirituel (intouchable) à la tête d’une communauté prêchant l’illusion de la finance mondiale, …

    Commentaire par Oeil-du-sage — 30/06/2012 @ 11:28

  18. @Lambertine : c’est le coeur du débat, banque sotte ou banque délinquante ? Ceux qui continuent de penser qu’elle n’a pas pu ne rien voir le font généralement, surtout dans la finance, pour les raisons que vous évoquez : on ne peut pas laisser penser que la finance française est con à ce point là. C’est notamment l’argument qu’a développé un ancien directeur du MATIF (marché à terme des instruments financiers). Sauf que, à la place, il propose une autre version : la banque a perdu 8 milliards sur les subprimes, elle ne pouvait pas l’annoncer sinon elle faisait imploser le système bancaire, donc elle a repéré un de ses traders qui pétait un plomb, l’a laissé faire, puis l’a dénoncé en profitant de ses pertes pour lui faire endosser une partie de la paume sur les subprimes et n’avoir à annoncer que 2,2 milliards. On croit comprendre que les 4,9 milliards n’auraient d’ailleurs pas été perdus mais récupérés par une cellule fantôme planquée quelque part dans le monde. Admettons, donc nous avons une grande banque française qui produit un faux bilan, de faux comptes consolidés, ment aux régulateurs, au gouvernement, à l’Elysée et au parlement, et pour couronner le tout envoie son trader en prison. A moins bien sûr que le gouvernement, l’amf et la banque de france n’aient fait aussi partie du complot, dans ce cas, nous avons des institutions entièrement vérolées. Et vous trouvez ça préférable à l’hypothèse d’un accident de contrôle ? Z’êtes sûre ? Moi je veux bien qu’on croit à la manipulation, mais dans ce cas, il faut aller au bout du raisonnement.

    L’un des représentants de la banque avance une image qui me parait juste, il y a eu dans cette affaire un alignement de planètes : la crise des subprimes qui perturbe tout le monde, un desk en plein développement et des systèmes de contrôle débordés, un trader qui pète un cable, un supérieur hiérarchique non formé au trading qu’on avait mis là pour qu’il apprenne parce que c’était un petit desk qui faisait des choses simples. Société Générale complètement con ? Pas tout à fait, c’est un accident. Complètement innocente ? Pas davantage, elle est coupable d’avoir sous estimé les moyens alloués aux contrôles, insuffisamment formé ses contrôleurs à la détection de la fraude (quand une alarme s’allume ils ne pensent qu’à un problème technique) et placé à la tête du service de JK un polytechnicien sans doute très compétent dans sa spécialité mais incapable de gérer un département de trading.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 13:03

  19. @OdS : je n’ai hélas aucun talent de fabuliste, mais si quelqu’un veut se risquer à nous transformer cette affaire en fable, qu’il n’hésite pas !

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 13:04

  20. @maelle

    Ou que vous ramenez tout à l’argent et au classement entre les méritants et les secondes zones ? vous ne vous en apercevez pas tellement ca vous semble naturel. Je vais faire un retour sur vos posts (mais je déteste ca j’ai l’impression de corriger des copies et mettre en exergue ce qui ne va pas.)

    sous le billet du 24,
    post 109
    « un petit gars châtain aux yeux clairs propre sur lui, venant d’une petite ville de Bretagne, un milieu français très moyen (Papa prof de LEP, Maman coiffeuse), des diplômes qu’il faut bien appeler de seconde zone ; »

    post 137
    mais David ce n’est pas un peu ce que Jérôme aurait voulu être : une grosse voiture, de belles copines, une certaine prestance, une célébrité …

    Dans votre esprit, kerviel est un « petit guichetier » qui a voulu jouer au grand, en se cachant de tout le monde, pour faire fortune. mais c’est définitivement un « maichant » et solitaire en plus. Or rien dans son comportement ne le montre. et un faisceau d’indice laisse entendre qu’on savait, même en dehors de la générale que ça jouait gros, très gros. Le fait qu’eurex doivent changer sa machine à cause du volume des ordres de la générale doit tout de même interpeller sur le truc discret que personne ne voit.

    Sur l’instruction je ne dis que quelqu’un n’est vendu, mais vous refuser ce qui ne rentre pas dans votre story telling de l’histoire. je vais répéter pour que vous compreniez bien :
    « Comme l’a dit aliocha et eolas lors du procès originel: dès le début il a été positionné comme coupable et toute l’instruction a été de démontrer sa culpabilité, comment faire en appel avec personne qui veut témoigner et que ceux qui témoignent pour la défense on leur dit “c’est votre ressenti, pas une vérité” alors qu’aux aveugles sourds et muets qui témoignent pour la banque c’est forcement la vérité ? » et donc le juge s’est fait « avoir » et à penché plus d’un coté que de l’autre. Parce qu’il y avait le terroriste d’un coté et la vieille dame bien sage de l’autre.

    De la même manière que la justice n’est pas égale pour tous. Si mouloud dit ne pas se souvenir du vol ou ne pas avoir vu le viol dans la cave ou il se trouvait, il va prendre plus cher, si chirac dit qu’il se souvient plus ou la générale qu’elle n’a rien vu, ils sont relaxés. C’est une question de « moralité » (ah ah ah) mais la moralité c’est encore une question de com. Si on vous qualifie de terroriste vous n’avez pas du tout les même droits, au niveau du droit et dans la tête des « populistes poujadistes.

    Ca a été une bataille de com bien avant la bataille pénale et david contre goliath. On a reproché à kerviel d’avoir fait son livre : il ne l’aurait pas fait il serait oublié dans les limbes des fraudeurs qui arnaquent les vielles dames.

    La générale à dépensée du pognon en com (100 millions) pour bien faire comprendre que kerviel était un terroriste qui a faillit faire sauter la banque (oui vous avez raison, personne ne connaît le monde de la finance, c’est trop lol) et entraîner le chaos financier mondial avec le retour au troc et la perte des économies de tous les clients dans le moonnnnde.

    Pour remettre un peu en perspective, l’amende (et la perte) infligé à kerviel, c’est 170 138 fois son _salaire_ annuel actuel et 2.43 fois le _résultat_ général de 2008. Non pour dire qu’elle est trop élevée mais pour donner des ordres de grandeurs. C’est le soit disant préjudice (qui a été copié-collé des demandes de la générale sans avoir vraiment fait d’expertise.) Là aussi on a juste la parole de la banque, et la justice indépendante elle a fait quoi ? On paye pourquoi ?

    alors faire sauter la banque, je veux rire.

    Dans ce procès ca n’a été que de la com, je suis persuadé que toutes les expertises n’ont pas été faite parce que … c’était évident que kerviel était seul …. et donc que la générale était de bonne foi, qu’on pouvait la croire sur parole. que de la com… la société de spectacle continu, avec de plus en plus d’aficionados.

    Pour le truc goldman sachs : la générale à fait jouer un cds sur la dite et lui en a reversé une partie, immédiatement. Mais ca n’a aucun rapport, ils se devait un peu d’argent d’une partie de poker de la semaine dernière.

    Commentaire par herve_02 — 30/06/2012 @ 13:23

  21. @la plume

    à propos du directeur du matif. Désolé de vous contredire mais vous amalgamez 2 choses. Ce qu’il « sait » et ce qu’il « pense ». Il a eu tord de cherchez le pourquoi, il n’est pas à notre porté. Non la banque ne pouvait pas ne pas savoir, mais ce n’est pas pour cacher truc ou truc (on ne sait pas) c’est juste pour gagner de l’argent. et une partie de sa hiérarchie savait, pas forcément bouton, une partie qui devait même savoir pour les 1,4 milliards : mais pas le contrôle, ni les risques. Qui a débloqué sa console ? c’est encore un truc que tout le monde s’en fout de savoir. Le discours des général-istes oscille entre on s’en fout de savoir qui fait quoi car il ne devait pas le faire (donc pas la peine de cherche des ‘preuves’) et de toute façon personne ne savait la preuve y a pas de preuve (mais comme on les cherche pas).

    J’adore votre histoire pour vous rassurer, une conjonction de planète, le calendrier mayas toussa, et dans ce même concours de circonstance : on refuse les 35 expertises que la défense demande, on saisit pas les boites mails et on copie colle le préjudice sans une seule investigation. Ce que pouvait se dire ses supérieurs entre eux c’est pas si important, mais la maladie de son frère ouais ca c’est du sérieux. Ouais, l’alignement de planète : l’abolition de la raison surtout, probablement à cause du rayonnement solaire. …. knowing … EE

    Commentaire par herve_02 — 30/06/2012 @ 13:39

  22. @Herve_02 : l’alignement des planètes est une métaphore, pas une explication, ne me faites pas passer pour une abrutie tout de même. Alors maintenant, je vais être claire puisque vous me provoquez. Mon point de départ dans cette enquête, c’était le même que vous, avec en plus l’envie sincère de révéler la vérité, et de défendre JK. A l’arrivée, 2 ans plus tard, sa thèse ne résiste pas à l’analyse. Son livre est bourré de contrevérités qui sautent aux yeux quand on connait le dossier. Je suis désolée d’être désagréable, mais il ment. Si je ne l’ai pas dit aussi clairement jusqu’ici, c’est parce que je m’abstiens de juger, il me semble que le simple récit des faits dans le livre suffit à faire comprendre où sont les vrais problèmes, sans que je sois obligée de surligner. Ne confondez pas chez moi délicatesse et bêtise. Je sais qu’à notre époque où tout le monde s’époumonne et jonglant avec l’hyperbole, mon discours de juriste qui pèse ses mots est difficilement audible. Tant pis, je ne me changerais pas en charretier pour faire de l’audimat. Et je n’insulterai pas pour le seul plaisir de vendre un livre. Quoique Jérôme Kerviel ai fait, je lui accorde le même respect et j’évoque sa situation avec la même délicatesse que j’accorderais à n’importe qui d’autre. Et même avec plus de soin parce que j’éprouve de la compassion pour lui. Je sais que ça non plus, ce n’est pas à la mode. Là encore, je m’en fous. Question de valeurs et de dignité. Autre chose, vous en connaissez beaucoup vous des gens qui se sentent victimes d’une injustice et qui envoient paitre une journaliste qui dit : je vais vous aider ? Moi pas. Je ne lui en ai pas tenu rigueur un seul instant, mais force est de constater que c’est une incohérence supplémentaire, et de taille. Comme disait mon chez ex-mari, « la première chose qu’on voit dans tes yeux quand on te rencontre c’est : you don’t fuck with me ». Il faut croire que notre trader a identifié la même chose…;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 13:59

  23. @hervé : vous êtes fatiguant…

    Commentaire par Le Pet Financier — 30/06/2012 @ 14:04

  24. @laplume

    j’avais bien compris pour les planètes. alors moi aussi je vais être clair.

    Je veux bien comprendre que vous ayez enquêté pendant 2 ans : avez-vous accès aux boites mails des supérieurs ? savez-vous ce qu’ils se disaient entre eux? ou vous avez du prendre pour argent comptant ce qu’on vous disait en sachant que vous en faisiez ou « possiblement faisiez » un livre ?

    Avez vous pu calculez vous même le préjudice de la banque en ayant accès aux pièces, contreparties du débouclage, pu vérifier que rien d’autre n’a été débouclé et que tout a été débouclé dans la base de donnée des opérations et pas juste sur les rapports du procés ?

    Vous avez trouvé comment son automate a été débloqué en volume ?

    Vous avez trouvé comment des gens extérieurs à la générale savaient que ca jouait gros ?

    Ensuite pour terminer avec le « do not fuck with me », moi non plus, je peux sembler un peu simplet parce que je détaille pas chaque ligne de mon enchaînement de raisonnement, considérant que mes interlocuteurs sont assez intelligents pour boucher les trous. Vous voyez moi aussi je suis sympa.

    C’est VOTRE livre, VOTRE vision de ce que VOUS pensez qu’il s’est passé. VOTRE retranscription de ce que disent certaines personnes qui vont toutes dans le même sens. Les même qui disaient c’est impossible et qui disent maintenant ca peut pas être autrement. ca n’en fait pas un évangile : juste le résultat de votre travail après 100 millions de com. C’est POSSIBLE que ce soit une vérité. ca n’empèche que vous ne PROUVEZ pas que, dans ceux qui ont été lourdés et payés pour se taire, aucun ne savait.

    Vous dites juste c’est un concours de circonstance impensable mais bien réel. l’absence d’enquête à décharge laissera toujours le doute, ce n’est pas de ma faute. Vous n’avez pas les moyens de faire les actes que peut faire la justice lorsqu’elle le désire.Vous faites avec les cartes que vous avez, c’est un peu juste, de mon point de vue, pour en faire autre chose que VOTRE idée de l’affaire kerviel ,et tout sauf la VÉRITÉ sur l’affaire kerviel.

    Comme le mec bourré qui renverse un gamin : il aurait pu prendre une autre route, partir 5 minutes plus tôt ou plus tard, le gamin aurait pu ne pas aller à l’école ce jours là ou être en retard ou en avance, il y aurait pu ne pas avoir cette femme sur le bord de la route qui attitré son regard, il aurait pu ne pas avoir le temps de prendre ses 4 pastis en sortant du travail, etc….

    C’est le même concours de circonstance qui a fait que le gamin est passé sous la voiture ? non c’est lui, c’est son pote qui l’a laissé partir bourré. Peut être que même pas bourré cela se serait passé pareil, parce que le gosse à surgit entre deux voitures et qu’il courait parce qu’en retard, on ne saura jamais. sauf que son pote l’a laissé partir bourré et le gendarme qui l’a contrôlé 5 minutes avant l’accident n’a pas vu qu’il était bourré.

    Pour avoir 0 accident, il faut juste pas rouler du tout.

    Attention je ne dis pas que votre travail est inintéressant ou idiot ou je ne sais quoi (je sais comment régit une mère lorsqu’on parle de son enfant) mais, désolé, ca n’en fait pas un évangile non plus.

    pour Le Pet, oui je suis fatiguant mais il reste des réponses qui auraient pu être intéressante et je n’arrêterais pas de le lamenter qu’on ne les ait pas. ensuite c’est une vérité judiciaire et pas forcément la vérité des faits.

    Commentaire par herve_02 — 30/06/2012 @ 14:49

  25. @Herve_02 : vous n’avez pas lu le livre, sinon, vous ne diriez pas des conneries pareilles. Sur ce, je vous laisse, j’ai autre chose à faire que de vous servir de punching ball.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 15:02

  26. Vous n’avez pas compris ma demonstration, la subtilite ce n’est pas votre fort, semble-t-il. Ma description un peu caricaturale, j’en conviens, de Jerome Kerviel, ou du moins de son image, c’était pour expliquer comment l’opinion publique francaise pouvait se reconnaitre en lui (un cote gendre ideal) et comment, malgre lui en l’occurrence, il devenait porte drapeau pour certaines tendances populistes. Pour mettre les points sur les i, etes-vous convaincu que les reactions auraient été les memes s’il s’était appele Mohammed ou encore s’il était polytechnicien, fils et petit- fils de ? Moi pas.

    Commentaire par Maelle — 30/06/2012 @ 15:46

  27. @Maelle : se reconnaître en Kerviel …
    Oui, il faut vraiment regarder l’affaire de loin alors. Quand bien même Kerviel serait mal défendu par un avocat m’as-tu-vu et irritant, alors qu’on rêve de voir la banque payer au choix son incompétence / immoralité, je n’arrive pas à éprouver beaucoup de compassion pour l’accusé. Reste juste la vision d’un addict qui s’est cru plus malin que les autres, fasciné par les gros chiffres et qui s’est fondu comme un poisson dans l’eau dans un milieu ou l’argent est érigé en valeur suprême (bon je transpose sûrement mes propres préjugés, mais voir tout de même la réaction de Kerviel après les attentats de Londres…). Juste un peu de compassion devant une personne qui s’enferme dans une stratégie suicidaire en public. Une auto-destruction en public entraîne toujours de tels sentiments, quand bien même il s’agit d’un financier.

    Commentaire par kuk — 30/06/2012 @ 16:23

  28. @la_plume

    Je l’aurais lu avec plaisir, mais 13 euros l’ebook je passe mon tour.

    Commentaire par herve_02 — 30/06/2012 @ 16:48

  29. @Herve_02 : en clair, vous donnez votre avis sur une affaire que vous ne connaissez pas. Vous brutalisez les gens qui ont un avis différent, y compris lorsque, eux, connaissent le dossier. Et vous critiquez un livre que vous n’avez pas lu. J’en déduis que vous êtes mûr pour adhérer au comité de soutien de Jérôme Kerviel. Accessoirement, je trouve moyennement sympathique et élégant que vous veniez ici libérer votre bile parce que c’est gratuit. Au point que je me demande si, juste pour vous, ce blog ne va pas devenir payant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 17:02

  30. @Herve_02 : tenez, ça me rappelle un très vieux dessin de Faizant. La scène se passe dans une manifestation étudiante contre un projet de réforme de l’éducation, de mémoire un journaliste tape sur l’épaule d’un manifestant qui lui répond « Dire qu’est bon un projet que j’ai pas lu mais dont on m’a dit qu’il était mauvais, ça va pas non ?! »

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 17:05

  31. Je crois que la première chose qu’il aurait fallut expliquer à Maître Koubbi et à son entourage c’est qu’ils ne plaidaient pas devant une Cour d’Assise….ou devant un Grand Jury américain….Il n’y a pas de jurés à convaincre…. qui jugent sans avoir à justifier leur jugement et qui peuvent être influencés par l’opinion publique et la presse.
    On est devant une Cour d’Appel Correctionnelle, à Paris de surcroit, composée de magistrats compétents qui vont juger en fait et en droit, leur jugement sera motivé par surement plusieurs dizaines de pages d’argumentation.
    A partir de ce moment là la défense était pour la plus grande partie du procès et des plaidoiries « hors sujet » c’est à dire que son travail et plus directement Kerviel sera jugé sur le 1/3 de la note…..Sérieux handicap dès le départ pour cette équipe.

    Les questions que vont se poser la Cour ce seront : est ce qu’il y a des fait délictueux (l’accusation a prouvé qu’il y avait des faux, une volonté de dissimulation, le fait que Kerviel savait que ce qu’il faisait était illégal….) est ce que ces faits correspondent à une (ou des) infraction pénale punie dans le code, accessoirement y a t il prescription des faits ou pas? Pour les dommages est qu’il y a eu un préjudice pour la victime et est ce qu’il y a un lien entre les faits délictueux et ce préjudice?
    C’est si vous reprenez le procès la démarche qu’a suivi l’accusation
    A partir du moment ou on a répondu à ces questions la condamnation est acquise.
    Que la Société Générale ait commis par ailleurs des infractions boursières et pénales (cela serait un autre procès mais pas celui là), qu’elle n’ait pas agis en bonne professionnelle au niveau de son système de contrôle interne ne saurait disculper Kerviel.
    C’est pour cela qu’en l’état actuel des choses la condamnation de Kerviel semble probable, reste le quantum de la peine…..

    Est ce que cela aurait pu être autrement, on peut quant même le penser…cela pouvait être un beau procès… il y avait tout de même des éléments intéressants.

    Il est possible de faire une défense de rupture, on ne veut jouer avec les règles de l’adversaire, tout est joué d’avance et on dénonce médiatiquement l’injustice….un peu ce qui a été tenté avec la théorie du complot…par Me Koubbi.

    Mais quels sont les buts? Quant il s’agit d’un procès politique les avocats Tixier Vignancourt pour l’OAS ou Verges pour le FLN considéraient la condamnation comme acquise, leurs clients leur demandaient de privilégier la défense politique de la CAUSE même si cela passe par une lourde peine et même leur exécution.
    Là on ne voit pas l’intérêt du jeu, surtout pour Kerviel, sa condamnation, on l’a vu, serait indépendante des faits que l’on pourrait reprocher à la Société Générale, la lutte contre les mauvaises pratiques des banques? On ne voit pas les éléments lui permettant de négocier quelque chose?

    Commentaire par l'arbre du voyageur (@arbreduvoyageur) — 30/06/2012 @ 17:07

  32. @l’arbre du voyageur (c’est joli comme pseudo) : en effet. Je crois que pour comprendre, il faut tenir compte du fait que JK est en guerre contre Socgen, il y a une grosse part d’émotionnel dans tout cela. Comme l’a rappelé Koubbi, un autre trader de socgen s’est suicidé quelques mois avant que l’affaire Kerviel éclate. Il avait fait les mêmes bêtises, en moins grave. JK, lui, fort heureusement, n’est pas dans cette logique, c’est la banque qu’il agresse, pas lui-même. Je crois qu’au départ, il n’a pas vraiment saisi l’étendue de sa faute, les risques pour la banque, et les risques judiciaires pour lui-même (mais un peu quand même puisqu’il parle de prison dans ses chats internes peu avant d’être découvert). D’où ses aveux spontanés. Et puis, quand la machine s’est emballée, il a sans doute cru sincèrement, ou il s’est persuadé qu’après tout, il n’avait rien fait de mal. Mais, me direz-vous, en quoi cela change-t-il quelque chose à la manière dont ses avocats le défendent au vu de la situation juridique que vous décrivez ? Il les embarque dans sa logique. Les 9 premiers ont résisté tant bien que mal, je pense d’ailleurs que Metzner a jeté l’éponge parce qu’il ne le tenait plus, le dixième (Koubbi) a cédé. D’où cette défense discutable sur le terrain de l’efficacité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/06/2012 @ 17:19

  33. @laplume

    d’accord.

    Pour mémoire vous défendiez bien moins le travail de denis robert dans son livre sur clearstream, mais je ne vous embêtes pas plus. vous savez les poids et les mesures.

    désolé je ne vous ennuierais plus, mais je ne brutalise personne lorsque je dis qu’un travail n’est pas l’évangile. je lirais les attendus du jugement avec rigueur.

    Je ne lis pas le livre parce qu’il est payant mais parce que le prix du ebook est excessif. Mais bon vous ne désirez plus me lire, il suffit de le demander, gentiment ou non je je me vexe pas. dont acte.

    Commentaire par herve_02 — 30/06/2012 @ 17:55

  34. Mais peut-être que Kerviel ment. J’ai envie de dire qu’à la limite, je m’en fous…

    De là à accepter que ses supérieurs ne mentent pas, qu’une des plus grandes banques françaises soit dirigée par une bande de bras cassés incapables de prendre leurs responsabilités, et jouant les imbéciles au tribunal… Vous parlez d’accident, Aliocha. Je n’ai pas vu d' »accident » ni de conjonction de planètes dans la défense de la Société Générale, mais une somme incroyable de fautes professionnelles.

    Banque sotte ou banque délinquante ? Accident de contrôle ou « complot » ? Mais je préférerais de loin la seconde solution. Je préférerais de loin apprendre que les gens à qui je pourrais confier la gestion de mon argent sont des escrocs plutôt que des imbéciles surpayés. C’est ça qui me fait si peur – oui, peur – dans cette affaire. Que la finance du pays puisse dépendre de personnes à ce point irresponsables, et qui brandissent leur irresponsabilité comme un étendard.

    Commentaire par lambertine — 30/06/2012 @ 17:58

  35. @ Aliocha

    Je n’ai pas encore fini de lire votre livre, mais il me permet d’y voir un peu plus clair, un particulier sur l’aspect psychologique, qui ressort de votre dernier commentaire ci-dessus.

    Comme par exemple quand vous expliquez que Kerviel ne pensait pas être incarcéré, et qu’il ne pensait qu’au match qu’il devait jouer l’après-midi de sa première comparution …
    (Nota: c’est lui ou son avocat qui vous a rapporté ça ?)

    Sur cette base, il apparait que JK a un peu d’inconscience … notamment dans la gravité de ses actes. Et donc a du mal avec la notion de responsabilité …

    Il serait resté un peu « enfant », et réagit donc comme un enfant dont on vient de découvrir qu’il a fait une grosse bêtise : il nie !

    C’est sans doute un peu salutaire pour lui (tout vient de s’écrouler, et d’aucuns auraient eu des réflexes suicidaire face à ça), mais, si après plus de 2 ans, il en est encore à entrainer son avocat dans ce « trip », c’est d’un bon psy dont il va avoir besoin très vite …

    Commentaire par Yves D — 30/06/2012 @ 18:08

  36. @Luk

    On ne peut nier l’empathie d’une partie de l’opinion publique, à défaut d’un autre mot, pour Kerviel. C’est en effet d’autant plus paradoxal que, comme cela a déjà été dit, ce dernier a joué, et joue toujours d’ailleurs, le jeu du système qu’elle veut fustiger. Il est même l’exemple même du trader dans ce qu’il a de plus extrême, le rogue trader. Mais je pense que la haine des banques, responsables de tous les maux actuels (à tort selon moi, et plus encore pour ce qui est de la crise de la dette, mais c’est un autre sujet) aveugle beaucoup de personnes.

    @laplume

    Si vous saviez combien ça fait du bien de trouver quelqu’un dans les « médias » qui garde la tête froide et apporte une analyse que, pour ma part en tout cas, j’estime juste de ce qui s’est passé ! Même si, je l’ai dit précédemment, je vois en ce moment une certaine évolution dans le regard journalistique sur l’affaire Kerviel. Peut-être votre réflexion a-t-elle à mes yeux d’autant plus de valeur que, j’en ai l’impression, nous n’avons pas les mêmes opinions politiques pour le dire comme ça. (pour répondre à une remarque que vous m’aviez faite, moi dans un jeu de rôle cour de justice je choisirais plutôt d’être le juge ;=))
    Au fait je viens de demander à ma Môman d’acheter votre livre pour moi !

    A la SG, ne pensez pas que le suicide de ce trader qui s’est ,je crois, jeté d’une passerelle n’ait pas suscité beaucoup d’émotion. D’ailleurs c’est bien pour ça qu’au déclenchement de l’affaire, quand Jérôme Kerviel était interrogé par sa hiérarchie, celle-ci a craint sincèrement à un moment qu’il ne se suicide. Mon analyse perso : je pense que ce risque était réel, mais que la personnalité de Kerviel est telle qu’il a construit une sorte de carapace de mensonges d’abord envers lui même pour se protéger, puis est entré en guerre contre la Banque. Tant mieux d’une certaine manière. Mais maintenant que va-t-il se passer quand la carapace commencera se fissurer ? Et cela arrivera, un jour ou l’autre, fatalement … C’est pour ça que moi aussi au fond je le plains.

    Commentaire par Maelle — 30/06/2012 @ 18:22

  37. @ l’arbre du voyageur 31
    À la différence de Vergès, Tixier Vignancour (sans « t » final), s’efforçait avant tout de sauver ses clients : il a ainsi sauvé contre toute attente en mai 1962 la tête du général Salan, dont le peloton d’éxécution était déjà désigné. Qui dit mieux ?

    Commentaire par olivier Sers — 30/06/2012 @ 19:37

  38. C’est bien, je ne sais si le procès était « show biz » mais votre billet ressemble à un « 20 min inside » Mais je suppose que vous aussi vous avez votre « fan club » à qui vous devez faire plaisir.

    Commentaire par Ouf — 30/06/2012 @ 20:55

  39. Après Maëlle, cette question : pourquoi cette sympathie étrange d’une partie du public envers Kerviel, le plus grand rogue trader de tous les temps (référence à un titre d’un livre pour enfant plein d’humour) ?
    où il sera démontré l’inutilité d’invoquer des complots
    et question subsidiaire, défendre Kerviel : mission impossible ?

    On rappellera juste en préambule que les torts de Kerviel sont parfaitement établis, par ses aveux à la SG, par l’enquête, par le tribunal en 1° instance devant lequel il les a reconnus factuellement et de manière précise, et encore en appel (il n’a jamais nié les 50 milliards, ni les intrusions dans le système Eliot pour le modifier, ni les faux pour masquer ce qu’il faisait). Il est inutile de discuter les faits établis, et c’est une contre-vérité d’en conclure qu’il était jugé coupable a priori.

    Oui, alors pourquoi ?

    Défendre Kerviel : mission impossible ?
    Le mondain Koubbi et son fan club de snobs, (merci pour le tableau Aliocha, il est parlant) l’avocat des people qui s’est battu la veille pour défendre sa Porsche et arrive tout abimé au tribunal avec pour seul bagage sa ligne uniquement constituée du soupçon, étendu à toutes les institutions jusqu’aux plus hautes et à tous les acteurs des deux procès, y compris magistrats et avocats, l’obscénité de l’exhibition de Tristane Banon au prétexte que ce sont « les mêmes réseaux » (sic) auxquels on a affaire dans les deux affaires et ayant pour toute logique le conspirationnisme supposant des liens secrets -qui donc ne peuvent se prouver… c.q.f.d.

    Cela fait vraiment pitié pour Kerviel.

    Les arguments de Koubbi qui ont apparence d’obsessions, balancées au tribunal sans y mettre les formes -a-t-il vraiment travaillé la défense de son client et sa plaidoirie ? domine-t-il son dossier ? a-t-il conscience qu’en énervant le tribunal comme il l’a fait par sa morgue et ses provocations, il ne sert pas son client ?
    Obsessions que reprennent avec le plus grand sérieux les défenseurs d’un rogue trader, complètement dépassé par la situation et qui fait figure d’un pauvre gosse largué, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, trop naïf ou trop sûr de lui (?) par naïveté du reste, c’est fort compatible, mais lâché au milieu des loups dont il se croyait le protégé (la banque) et l’ami (Koubbi *), c’est lui va morfler quoi qu’il en soit. Koubbi continuera sa vie trépidante, dont l’idéal semble proche de ramasser des blindes pour les faire monter dans ma Porsche.
    * il a dit de Koubbi qu’il était comme un frère, « qu’ils étaient comme des frères, même si c’est dangereux, je sais ».
    = pour le fantasme d’identification
    = pour vous Maëlle

    Pourquoi cette sympathie étrange d’une partie du public envers Kerviel, pourtant le plus grand rogue trader de tous les temps ?

    Je ne partage pas les avis de Bouton et du procureur du type « génial manipulateur ». Je le crois tout sauf génial, bien au contraire, très limité. Le portrait du petit technicien ayant fait des études somme toute pas extraordinaires, fait par Maëlle, me semble plus coller.
    Un trader n’a pas besoin de génie pour exécuter les programmes conçus par d’autres, polytechniciens ou mathématiciens géniaux mais néanmoins limités.
    Kerviel je le vois plutôt comme un type tout à fait ordinaire, adonné corps et âme à un système dont il ne connaît que l’aspect technique et auquel il ne comprend rien et dont il ignore autant l’origine que la destination, pour lequel il travaille sans repos, tout le temps, sans temps libre, comme une bête, ce qui ressemble à de l’esclavage à vrai dire, -on n’est plus dans le salariat qui ménage un temps libre-, qui travaille comme un forcené (qu’il est sans doute sous un certain rapport) avec possibilité de grosse prime à la clef, qui fait accepter tout ça et miroiter des possibilités mirifiques… juste en bidouillant un peu tout de même et même beaucoup, et de plus plus en plus, énormément, à la folie. Car il était, semble-t-il dans un petit desk modeste en principe. Ce pour quoi ses supérieurs qui étaient sur des gros coups, tout occupés à l’expansion exponentielle des activités de la banque à organiser, avait d’autres soucis que Jérôme Kerviel.

    S’il est une victime, et pour moi il l’est, c’est en cela. Car il n’a rien compris, dans le fond, ni à où il se trouvait, ni ce qu’il faisait, ni ses responsabilités. Qu’il ne comprend pas plus maintenant. Certainement pas victime de gros méchants qui ont monté un complot contre le petit employé besogneux qu’il était. Mais victime de n’avoir rien compris, de ne s’être jamais interrogé sur rien au-delà de son écran, ni sur ce qu’est une banque d’investissement, en vrai, à quel système elle participe, ce qu’est la logique du capital financier, ce qu’est une société démocratique aussi, en rapport avec tout ça et autres questions de ce genre. On peut ajouter qu’il ne comprend pas trop non plus grand chose au droit, ce qu’est un procès, ni un bon avocat. Il n’aurait pas changé Metzner contre Koubbi au dernier moment sinon. Ce qui est inquiétant pour lui. Il n’a pas l’air de se douter que le droit c’est logique et qu’un argument doit être étayé par des preuves et que mieux vaut un vrai avocat qu’un faiseur mondain.

    Kerviel n’est certainement pas un monstre, un génie du mal. Ce serait plutôt l’homme sans qualité. Un de ces exemplaires si répandu de ces hommes sans pensée et sans convictions, à qui manquent des valeurs morales ou politiques, suffisamment pour s’autoriser à penser un peu par soi-même, dont on parlait avec Milgram, Arendt, valeurs et idées susceptibles les retenir de faire des grosses conneries … un de ces rouages anonymes qui font marcher un système quelconque. Sous un certain rapport, un individu hyper-adapté, mais à son système, comme s’il n’existait rien à l’extérieur, ni société, ni références quelconques à quoi s’accrocher pour ne pas tomber.

    Et là il a vraiment fait de grosses conneries qui peuvent l’envoyer en prison. Mais il semble n’avoir toujours rien compris.
    Se défendrait-il si mal s’il en avait conscience ?

    Son irresponsabilité dérange, inquiète. Inquiétante hyper-normalité et absence de sensibilité , de sens du réel peut-être même ? Seul un psy pourrait le sauver … ?

    D’où l’inutilité d’invoquer des complots c.q.f.d.
    Ce qui ne fait que d’ajouter du mal au malheur du monde.

    Commentaire par Schmilblick — 30/06/2012 @ 21:06

  40. des blondes
    pour les faire monter dans sa Porsche, bien sûr, et non dans ma Porsche.

    faute de frappe, of course

    Commentaire par Schmilblick — 30/06/2012 @ 21:12

  41. Schmilblick, c’est tellement juste votre reflexion sur Jerome Kerviel, « l’homme sans qualite ». Cette absence de repere, de reference, de responsabilite. Je n’etais pas allee au bout de ma pensee.

    Je ne reviendrai pas en revanche sur certains lapsus …

    Commentaire par Maelle — 30/06/2012 @ 21:54

  42. Pour changer un peu, plongez vous dans : « AVOCAT A VIF » (Editions du Lau). Quoi que l’on fasse ou quoi que l’on dise, LA BANQUE a toujours raison , elle peut vous faire rembourser trois ou quatre fois le même prêt, le juge mettra quand même tout son coeur à lui donner raison, elle peut dépecer le client avec brutalité, NORMAL ! Justice est toujours rendue dans le même sens, en sa faveur. Dans ces conditions, KOUBBI a fait ce qu’il devait faire : du cinéma, puisque la justice est elle même une imposture.

    Commentaire par RAVAZ CHRISTINE — 30/06/2012 @ 23:46

  43. C’est amusant ce cercle vicieux :

    le coupable c’est JK parce qu’on sait qu’il a menti et manipuler, non c’est la SG car elle a mis en place un système fragile et absurde, et agit avec légèreté, …

    Bref, c’est 2 procès qui devraient avoir lieu : l’un pour les agissements frauduleux de JK, l’autre pour le manque de professionnalisme et la légèreté de la SG qui a permis cette débâcle.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 30/06/2012 @ 23:58

  44. La pièce est irrésistible . Une farce menée à un train qui serait difficile de tenir sur une scéne. Je pense à Labiche plus qu’a Feydeau et personne ne va s’amuser au prononcé du verdict. Je ne comprends pas pourquoi la Défense a renoncé, à mon avis c’est le succés assuré pour la banque coupable d’incuries, et qui enterre Jérôme Kerviel sous du facile sur lequel la défense ne sait pas revenir ! Kerviel gagne de l’assurance mais bien tard ? on le dresse déjà sur une nouvelle charette où les médias comptent le promener. Tout ça est sinistre, austére, malfaisant… J’étais dans ce voyage depuis le début et je garde le même parti pris.

    Commentaire par sivergues — 01/07/2012 @ 04:03

  45. Commentaire par ramses — 01/07/2012 @ 05:00

  46. Ah! aliocha, que de qualités dans tous ces commentaires…

    « D’où l’inutilité d’invoquer des complots c.q.f.d.
    Ce qui ne fait que d’ajouter du mal au malheur du monde. » écrit, élégamment Schmilblick.
    hervé, ne partez pas.
    sivergues, je pense plutôt à Pauvre Bitos, ou le dîner de têtes, de Jean Anouilh

    Commentaire par araok — 01/07/2012 @ 11:36

  47. Bonjour Olivia,

    Je me permets cette petite familiarité d’un jour puisque je viens d’acheté votre livre !

    La vérité n’est pas toute la justice car il existe une vérité qui n’appartient qu’aux parties et quelles ne sont pas tenues de lui livrer (Rapport annuel 2004 de la Cour de cassation – Etudes sur le thème de la vérité « Avant propos » – Yves Chartier Président de la commission du rapport p. 42).

    Dans Vérité ou Libertés, « La justice expliquée aux adultes, éd. Fayard, p. 61 et s. » le philosophe Alain Etchegoyen avait ainsi opposé, en droit pénal, la « vérité à découvrir », qui serait celle des magistrats, et la « vérité judiciaire à construire », qui serait celle des avocats.

    Dans la vérité judiciaire à construire par les avocats de Jérôme Kerviel, c’eut été, probablement, d’instiller davantage dans la conscience du juge l’incertitude dont Pascale Robert Diard remarque que : « Là où il faudrait jour après jour creuser, même modestement, la faille du doute, ce précieux doute qui doit bénéficier à l’accusé, l’avocat de Jérôme Kerviel tourbillonne, tonitrue, promet chaque jour un nouvel élément ».

    Il est certain que cette défense qui se voulait coup de poing s’est particulièrement faite amochée par le réquisitoire implacable de l’avocat général qui a rendu coup pour coup !

    Pour autant, on ne peut pas dire que l’incertitude n’a pas été présente dans ce procès et ce seul passage révèle que la présidente de la Cour d’appel, Mireille Filippini, l’a ramené sur le sujet même du procès, c’est-à-dire la détermination des culpabilités donc du fameux doute dont parle Pascale Robert Diard, insuffisamment creuser, selon elle, mais la question a été ouverte :

    – «Comment expliquez-vous que ça ait pu se passer comme ça ?»

    – «Le mystère de la non-découverte ?», répond aussitôt Daniel Bouton d’un ton semi-affirmatif, comme pour s’assurer que cette version reste le socle incontestable de tout l’édifice pénal ayant permis d’inculper un seul homme.

    – « Oui, poursuit la présidente. Pour replacer sa question dans un contexte plus équilibré que la charge de la banque contre son ancien salarié, elle lit un extrait de la sanction de la Commission bancaire du 3 juillet 2008 à l’encontre de la Société générale : « les carences des contrôles hiérarchiques, se sont poursuivies pendant l’année 2007, (…) cette persistance révèle des carences graves du système de contrôle interne dépassant la répétition de simples défaillances individuelles. (…) eu égard à la gravité des infractions, il est prononcé un blâme à l’encontre de la Société générale assorti de sanctions pécuniaires de 4 millions d’euros »

    – «Tout cela est exact, acquiesce Daniel Bouton, cela explique aussi pourquoi la Société Générale n’a pas fait appel de cette décision. »

    Plus tard, lors de la même audience du 21 juin dernier, le procureur général, Dominique Gaillardot, interroge aussi timidement l’ancien président de la Société Générale :

    – « En juin 2007, quand les pertes latentes de Kerviel dépassent 2 milliards d’euros, ça passe inaperçu ?»

    – «Indépendamment des faiblesses du contrôle opérationnel à la Société Générale, le principe est plus compliqué, entame Daniel Bouton. Toute opération a deux jambes qui dans beaucoup de cas ne sont pas dans le même centre opérationnel et de contrôle… »

    L’esquive ne convainc sans doute pas le procureur qui renonce néanmoins à une vraie réponse.

    Pour Daniel Bouton, les défaillances de la Société Générale deviennent la preuve de son innocence, en justifiant qu’elle ait pu ne rien voir jusqu’au 18 janvier 2008, malgré les anomalies identifiées qui se multipliaient comme autant de signaux d’alerte depuis des mois.

    Quand David Koubbi, l’avocat de Jérôme Kerviel, pointe à son tour l’invraisemblable scénario du fraudeur isolé auquel s’accroche l’ancien patron de la « Générale », ce dernier lui répond d’un revers ironique : «Je voudrais qu’il soit noté qu’un grand avocat reconnaît aujourd’hui que ce qu’a fait son client est incroyable.».

    Fougueux, l’avocat ne lâche pas prise :

    – « Quand le système ne réagit pas aux 190 000 contrats futures, quand 11 milliards d’euros de transactions passent entre les mains de sept interlocuteurs dans quatre services, personne ne le voit ? Pourquoi personne ne réagit ?»

    – «Il y avait une défaillance du système de contrôle, répète Daniel Bouton à plusieurs reprises. Il y avait une carence manifeste du système de contrôle, dit-il en reprenant les termes de la Commission bancaire. Pour que les 2 500 personnes du contrôle soient enfumées, il y a une défaillance.»

    – «Vous parlez du mystère de la non-découverte, résume David Koubbi. Nous l’appelons la « non-découverte mystérieuse ».»

    Je ne sais pas s’il y a du Musil chez Kerviel reste donc à espérer que dans cette « stratégie de rupture » (chère à Vergès), certes, qui ne se prête guère à un procès en correctionnel, que toutes les illusions de la défense (romanesque ?) ne sont pas définitivement perdues !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/07/2012 @ 12:32

  48. L’enjeu de cette affaire, c’est d’abord le mépris affiché par un établissement financier qui a une influence politique, économique et sociale immense (Bouton et sa société de confiance), et le rôle scandaleux joué par cet acteur majeur au cours d’un tsunami mondial sans précédent ! (2 mds seulement de pertes de subprimes et 4.7 mds pour J Kerviel en 2008). Ensuite, il est hors de question d’accepter le mensonge d’incompétence de la direction générale ainsi que du management de la Société Générale qui, tonitruants, affirment n’avoir rien vu et rien su des lignes d’écritures colossales, plusieurs milliards d’euros en négatif puis en positif inondant les systèmes informatiques en quelques semaines au cours de l’année 2007 ! C’est cela que Maitre Koubbi a pourtant souligné dans sa plaidoirie.
    Maitre Koubbi a démontré les délais anormaux pendant lesquels les opérations de J. Kerviel sont restées en base tampon, sans demande de contreparties associées. Maitre Koubbi s’est battu sur les chefs d’accusation : l’abus de confiance, les faux et usage de faux. Humaniste et courageux, il a su ouvrir la boite de Pandore en divulguant publiquement une information que les média taisent : l’existence de dossiers de réseaux.
    Mais en pleine tourmente financière, comme dans l’antiquité grecque, cet établissement de premier plan jette son esclave dans la fosse aux lions, l’arène se gausse et en demande encore, et les média en tirent profit (votre livre).

    Il faudrait penser à l’avenir et enfin permettre à n’importe quel salarié de refuser l’injonction paradoxale : on autorise la fraude quand il y a du profit ; on accuse de fraude quand il y a des pertes ! Alors, on autorise ou pas ? De même pour l’exemple de la clé USB, alors on autorise son utilisation ou non ? De même, un DRH a un contrôle Urssaf et signe la charte du cotisant contrôlé, il divulgue les factures ou pas ? Je ne serais pas exhaustive dans tous les détails de cette injonction, mais je rappelle que Jérôme Kerviel avait une position fortement créditrice fin 2007. Tous les autres traders ne respectaient pas la charte signée à l’entrée à la Société Générale avec la limite des 125 millions par jour qui était largement bafouée. Cela peut se vérifier. De nombreux traders utilisaient le système des opérations fictives, cela aussi peut se vérifier. Ce n’était pas nouveau puisqu’un seul trader avait été licencié pour cette raison quelques 20 années auparavant ! Mais contre la puissante banque forte de ses trois avocats, l’instruction laissant d’énormes points d’ombre, maitre Koubbi se défend seul. La partie salariée et anciens collègues de J. Kerviel est quasiment inexistante et la défense manque de témoins et de preuves.
    La logique et le bon sens devenant la règle dans cette affaire, maitre Koubbi est obligé de s’en servir.

    Commentaire par Marie — 01/07/2012 @ 13:41

  49. @Le Chevalier Bayard : la présidente, Mireille Filippini, a été remarquable dans ce procès. D’abord par sa capacité d’écoute, en particulier à l’égard de Jérôme Kerviel. Ensuite par son travail en profondeur. Elle connaissait le dossier par coeur, s’est familiarisée intimement avec les produits, le fonctionnement de socgen, la base tampon, le pending, et le reste. Elle a écouté deux fois l’enregistrement de 8 heures correspondant à l’interrogatoire de JK chez Socgen durant le we du 20 janvier. C’était amusant d’ailleurs de la voir refuser l’usage de l’anglais en alléguant son ignorance de la langue, chahuter les parties lorsqu’elle jargonnaient alors qu’en réalité, elle comprenait tout parfaitement. Elle a été remarquable aussi dans son attention vigilante au respect du contradictoire. Sur ce point elle a tarté Koubbi, mais aussi socgen, moins souvent car la banque se tenait comme une petite fille modèle, contrairement à l’avocat du trader. C’est visiblement une bosseuse et je crois que c’est là qu’elle s’est affrontée avec Koubbi, les bosseurs détestent particulièrement les dilettantes. Or l’avocat a donné, à tort ou à raison, cette image. Sa soi-disant défense de rupture me semble être surtout la défense d’urgence d’un avocat qui n’a pas eu le temps de travailler, ce qu’il a regretté lui-même…
    PRD met la plume dans la plaie avec l’observation que vous citez. Si je tire le fil, je vous dirai que la défense de Koubbi a abouti au résultat inverse : la banque, dont je continuais de douter même si sa version me semble à 80% la bonne, est apparue bien plus crédible en appel qu’en première instance. D’abord parce qu’elle a eu l’air plus sérieux, par contraste avec Koubbi, ses approximations juridiques et techniques, son comportement turbulent, ses maladresses etc. Ensuite parce que la thèse de la manipulation, telle qu’elle a été exposée, n’a pas convaincu. De fait, le doute a été sérieusement amoché pour ne pas dire pire…
    Fort heureusement pour Jérôme Kerviel, Mireille Filippini ne parait de la race de ces grands magistrats qui savent corriger d’eux-même les ravages d’une défense calamiteuse. Je ne doute pas un instant qu’elle mettra de côté les pitreries de l’avocat. Cela pourrait même jouer en faveur de JK. Je me souviens d’un ancien membre du conseil constitutionnel, le Doyen Vedel, qui lors d’une conférence à Assas avait été interrogé sur la manière dont les juges préservent leur indépendance. Il avait répondu que pour lui, le souci était si grand qu’il lui fallait se garder de juger contre ce qu’il était enclin naturellement à penser. En clair, le risque d’indépendance n’était pas de juger avec ses préjugés, mais de juger contre, ce qui était certes plus louable mais pas plus indépendant…

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2012 @ 13:51

  50. @Marie : non madame, ma démarche n’a pas consisté à en tirer profit. Si cela avait été le cas, croyez-moi que ce livre ne ressemblerait pas à ce qu’il est. Les éditeurs qui l’ont refusé m’ont reproché de n’avoir pas donné dans le sensationnel. Et pour cause, il y a beaucoup de choses que je sais sur JK qui ne figurent pas dans le livre, je n’y ai mis que l’essentiel, pas ce qui fait vendre, mais ce qui fait comprendre. Ce livre je l’ai écrit pour lancer une alerte, pour que cette histoire serve à quelque chose. Alors allez vous en prendre à ceux qui gagnent vraiment beaucoup d’argent en écrivant des conneries, souvent fausses, en tout cas scandaleuses pour justement faire du pognon sur le dos des gens qu’ils détruisent et sur le dos des lecteurs qu’ils trompent, mais pas à moi. C’est déjà assez difficile de survivre dans cette société médiatique vaniteuse et superficielle en s’employant envers et contre tout à respecter ses valeurs pour ne pas se faire insulter en plus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2012 @ 14:25

  51. Et insulter en plus par quelqu’un qui défend par ailleurs un trader qui a avoué 6 faux et usages de faux et 900 opérations également fausses, sans compter son avocat jet set qui ne sait pas à son âge que ni la partie civile ni l’avocat général ne peuvent être poursuivis pour faux témoignage ou encore qui a le sentiment d’avoir inventé la poudre quand il évoque le fait que les commissaires aux comptes sont payés par les boites qu’ils contrôlent. Bon sang, mais on marche sur la tête ! Alors je veux bien qu’on réfléchisse à la responsabilité de socgen, qu’on n’écarte pas l’hypothèse d’une complicité, qu’on mette en cause le système, qu’on s’interroge sur la réalité de la perte, mais pas qu’on inverse les valeurs au point de faire passer JK pour Dreyfus, ça commence à suffire maintenant. JK a vendu 40 000 exemplaires de son livre, Koubbi a fait la Une des médias durant un mois. D’après vous, c’est eux, ou les journalistes qui ont couvert l’affaire qui en ont tiré profit ? Réfléchissez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2012 @ 14:38

  52. J’oubliais : à supposer même qu’il n’ait fait qu’appliquer les règles de voyou d’une banque délinquante, qu’est-ce qui justifie de faire une croix sur son éducation pour se livrer à des infractions pénales, fussent-elles soi-disant encouragées par l’employeur ? Je suis d’accord sur le fait que la responsabilité de l’homme doit être analysée à l’aune du système auquel il appartient, pas sur l’idée que le système puisse devenir une cause exonératoire de responsabilité personnelle. Là encore, réfléchir, analyser, peser le pour et le contre, s’interdire les jugements à l’emporte pièce, prendre garde à ne pas désigner un bouc-émissaire, cela n’empêche pas au bout du compte de conserver bien en évidence une ligne de partage entre le bien et le mal, le légal et l’illégal. Cette ligne de partage que, précisément, on tente de faire bouger au point de transformer JK en héros. Mais héros de quoi au juste ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2012 @ 14:48

  53. ah la la Aliocha , c’est dur de rencontrer ces avis arrêtés qui veulent à tout prix disculper Kerviel comme s’il n’y avait pas eu délits de sa part, sans avoir pris suffisamment connaissance d’une affaire complexe et pourtant révélatrice du fonctionnement des grandes entreprises sous systèmes informatiques défaillants dans leur conception même, qui permettent de gros bugs, car ils ont pris la place de l’intervention humaine et de la réflexion !
    C’est de toute l’organisation du travail dans les conditions de l’hyper-technologie qui est en question.
    Votre travail aura eu le mérite de mettre en avant ce point, qui ne concerne pas que les banques, mais en vérité met en cause la société informatisée et les illusions qui l’accompagnent au sujet de la technique, fantasmée comme toute-puissante et utilisée pour faire des travailleurs de simples exécutants dénués d’initiative et de réflexion.
    Question de fond donc, qui dépasse largement Kerviel et sur quoi votre travail est éclairant -ce pour quoi je vous remercie- .. et qui devrait donc faire réfléchir, au lieu de jouer le joker du complot faute de jeu solide, c’est à dire d’argument fondé.

    Néanmoins si l’on essaye de rentrer un peu dans la réalité de cette histoire, pas mal de choses sont apparues au fil du temps.
    Au début de l’affaire personne ne pensait que la parole de la banque est d’or ni qu’elle est exempte de toute faute professionnelle voire éventuelle complicité, comme le clamait la défense. A vérifier certainement.
    C’est le point de départ qui laissait à Kerviel un espace pour se défendre malgré ses fautes avérées constitutives de délits.

    A priori la banque n’est pas sympathique, voire suspecte, vu ce qu’on a vu depuis du côté des banques, mais après-coup toutefois avec la crise des subprimes.
    Malgré ses énormes fautes Kerviel bénéficie d’un capital de sympathie auprès d’une partie du public très méfiant envers les banques, mais ce capital s’effrite au fur et à mesure que l’on creuse le dossier car sa défense ne peut effacer certains faits.

    La banque n’est pas blanche comme neige, ce qui ne veut pas dire pourtant qu’elle est coupable de délits. On peut fort bien penser qu’une fois que l’affaire a éclaté elle se décharge sur Kerviel de ses responsabilités d’encadrement des opérations faites en son nom par ses employés. Mais il y a encore un pas pour atteindre la complicité de ce qui en droit est qualifié de délits. Des actions interdites mais néanmoins possibles sans qu’aucun contrôle ne vérifie que l’interdit est respecté, ça ressemble à une faille du système. Faille qui ne prouve pas la complicité avec les délits pourtant.

    Cependant pour comprendre ce qui a pu se passer il faut bien prendre en compte la situation dans ses composantes concrètes.

    Et d’abord le contexte bancaire et boursier de l’époque. Le contexte c’est l’effervescence de la bulle spéculative qui a été le terreau des rogues traders, d’une part, comme dit par Maëlle, et, d’autre part, qui a accaparé complètement les responsables de Kerviel, tout affairés à l’extension de leurs activités, délaissant pendant ce temps la surveillance confiée à des systèmes de contrôle inadéquats et des services complètement débordés, en nombre insuffisant et dont la mission n’est que de traquer les erreurs et non les fraudes. Plus un chef qui ne connaissait rien au trading etc. tandis que Kerviel lui, connaissait les fonctionnements des contrôles et les moyens de les contourner, de sorte qu’il a apporté aux dits services les réponses qu’ils attendaient de façon à faire taire leurs questions et les rassurer en leur permettant d’effacer les erreurs pour lesquelles ils avaient été alertés. Cette carence professionnelle de la banque est incroyable mais pourtant réelle, aussi lamentable soit-elle et surtout inquiétante pour ce qu’elle révèle. Ce qu’expose Aliocha dans ses interviews et qui laisse rêveur. Le tout informatique organisant le travail en des tâches fractionnées, de sorte que personne n’a une vue d’ensemble et personne ne voir rien, parce qu’aucune place n’est laissée à l’initiative, ni à la réflexion ni à l’intervention humaine, voilà qui produit des situations qui apparaissent absurdes et incroyables, après-coup. Mais après-coup seulement : c’est la panne et le dysfonctionnement qui révèlent la faille d’un dispositif technique, non conçu pour prévenir les fraudes en l’occurrence.
    http://www.franceinfo.fr/economie/les-choix-de-france-info-matin/une-nouvelle-affaire-kerviel-peut-elle-se-reproduire-658349-2012-06-27

    http://www.bfmbusiness.com/interview/j%C3%A9r%C3%B4me-kerviel-pense-payer-pour-un-syst%C3%A8me-160078

    Aliocha cite les contrôleurs qui déclarent « ça n’est pas mon métier de comprendre, mais de rentrer une explication ». Kerviel fournissait des explications et l’alerte s’éteignait. Cette information me semble plus qu’éclairante. A partir de là on comprend mieux ce qui a pu se passer.

    Il faut se rendre à l’idée que c’est là l’explication la plus plausible, car reposant sur la réalité même de l’organisation du travail grâce aux systèmes informatisés, incomparablement plus plausible que celle d’un complot dont rien n’atteste l’éventuelle possibilité.

    Car ça c’est la réalité : comment fonctionnement les dispositifs informatiques. Il apparaît de plus en plus plausible que les opérations de Kerviel aient pu échapper à la surveillance de sa hiérarchie vu les mailles du filet, béantes.

    L’abus de confiance, la perturbation du système et la production de faux par Kerviel ont été établis, mais non la complicité de la banque.

    En plus de tout cela, il apparaît hautement invraisemblable que la banque
    ait pu risquer 50 milliards, et prendre ainsi le risque de sa propre explosion ; la hauteur des risques pris, rend à soi seul la thèse de la complicité de la banque tout à fait improbable. D’autres contradictions logiques s’y ajoutent encore. Comment croire que, à court d’argent vu la crise bancaire qui commençait, alors que Kerviel fait gagner 1milliard4 fin 2007 à la banque , si celle-ci en avait eu connaissance, elle ne les fasse pas rentrer en caisse. C’est tout à fait incompréhensible. Puis encore le fait que Kerviel multiplie les falsifications et les mensonges. Pourquoi prendre le risque de faire des faux, de mentir à ses supérieurs, s’ils savaient ? Effacer les erreurs pour les gens du contrôle et ménager les apparences pour que les rapports soient nets, soit. Mais alors si toutes les lignes de compta sont nettes, comment affirmer que les supérieurs savaient et que les faux de Kerviel ne pouvaient les tromper, comme il le soutient, puisque les petites mains des services de contrôle qui ne sont pas supposés analyser les données qu’ils traitent et encore moins avoir des soupçons de fraude dont ils devraient faire rapport à leurs supérieurs le cas échéant, dans un système où personne n’est responsable, comment affirmer que les supérieurs savaient si les contrôleurs avaient effacé les erreurs ? Si les supérieurs ne sont pas alertés par des contrôleurs bernés, on est en plein cercle vicieux.

    La thèse de Kerviel concernant la complicité de la banque apparaît de plus en plus comme impossible. Le témoignage de Cordelle, parmi d’autres, mais celui-là particulièrement, ajouté à l’état des équipes et des techniques de contrôle, sous-dimensionnées à l’extrême et non missionnées pour détecter les fraudes, et les dissimulations et les faux de Kerviel couvrant ses opérations, montrent qu’une autre possibilité est plus simplement probable.

    Quand en plus s’aperçoivent les mensonges de Kerviel, -son livre- sa stratégie extrêmement risquée de communiquer dans les media avant le procès en instance pour se poser en victime, mais avec de mauvais arguments lorsqu’il prétend à son irresponsabilité, font échouer sa défense. Mais avec le choix d’attaquer la victime dans un procès correctionnel en appel, en l’accusant de délits et la désastreuse défense de Koubbi invoquant un complot dont il ne peut prouver le moindre élément, outre qu’il est contraire à la logique, cela finit par retirer tout crédit à la défense qui ne s’appuye sur rien et ne sait que proférer des soupçons de complicités et complots de grande ampleur qui n’ont guère de crédibilité.

    Entre deux probabilités la plus vraisemblable émerge. Entre deux thèses c’est la plus crédible qui sera retenue. Les media cette fois-ci n’ont pas suivi. Pas seulement les chroniqueurs judiciaires qui comprennent les règles de droit, connaissent le dossier et suivent le procès, tous les media ont compris que la défense n’avait rien prouvé et n’était pas crédible dans son hypothèse de complot. Le grand public n’a peut-être pas encore suivi le mouvement, mais que les media aient changé de regard sur l’affaire est un signe qui ne trompe pas et indique que la stratégie de Kerviel avec Koubbi n’a pas convaincu.

    Si l’on ajoute encore que son attitude a joué contre Kerviel : ses fautes établies il semble n’avoir aucune conscience de leur gravité, ni ne manifeste aucune culpabilité, je ne vois pas ce qui demeure en sa faveur, hormis un sentiment de pitié et un souci d’humanité chez les juges pour lui accorder les circonstances atténuantes au bénéfice du doute, coupable de délits mais victime du fait qu’il est dépassé par ce à quoi il ne comprend rien plutôt que manipulateur génial et pervers, et aussi bien sûr pour compenser la tragique nullité de son avocat.

    (décrédibilisé à mes yeux après ce qu’il a fait autour du trip de T Banon, mais là… vu l’enjeu, c’est autre chose)

    Commentaire par Schmilblick — 01/07/2012 @ 16:09

  54. A force d’en lire, je crois avoir une idée sur ce qui motive tant les défenseurs « acharnés » de JK (comme MARIE ci-dessus), quitte à en « faire un héros » comme vous écrivez Aliocha (mais je ne suis pas sûr que JK soit un « héros » pour Marie).

    Je n’aime pas ce genre de comparaison, ça fait un peut « point Godwin » (pour ceux qui ne connaitraient pas encore http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin ), mais il faut avouer que ce genre d’image, par son aspect caricatural et définitif, est compréhensible par tous :
    Lors du procès de Nuremberg, en 1945-46, ce ne sont pas les Kapo et autres militaires ayant participé activement au génocide commis par les Nazi qui ont été jugés, mais bien 24 des principaux responsables du Troisième Reich !

    Certains ont sans doute ici l’impression que JK n’était qu’un exécutant, et que c’est pourtant lui qu’on « fait payer », qu’on risque d’envoyer en prison pour 5 ans, alors que les « principaux responsables » (de la Banque) sont laissés tranquilles …

    Pourtant la Banque a elle aussi fait des erreurs, et elle a même été pénalisée pour ça par la Commission Bancaire … mais ça reste une « justice » de pairs, par la Justice de la République, et en plus c’est « anonyme » alors que JK est bien en chair et en os.

    Oui mais … La SG c’est quand même pas le 3e Reich! On peut ne « pas aimer » les banques, avoir une « dent » contre le système capitaliste actuel, et admettre que la SG n’essaye que d’être une banque la meilleure possible dans ce système bancaire mondial, et qu’elle n’a pas pour principe de base de détruire la vie des Hommes (même si, en conséquence ultime, je dirai involontaire, de certains de ses fonctionnement, elle peut entrainer misère et mort).

    Et puis surtout, JK avait pleinement assumé le principe d’un desk de Front Office: faire gagner de l’argent (et au passage, empocher des bonus) !
    Et le plus possible, pour être le meilleur (mais pas forcément le plus riche), quitte à tricher un peu …

    Et d’ailleurs, qui ne triche pas, je veux dire absolument pas?
    Nous avons tous, un jour, un peu menti … nous nous sommes tous, un jour, garé en zone de stationnement payant sans payer …

    Mais aucun d’entre nous n’a fait un pari de 50 milliards d’Euros avec l’argent garanti par notre employeur !

    Car c’est quand même bien ce que JK a fait, et il l’admet !
    Et comme c’était théoriquement interdit (d’engager un tel montant), il a « triché », et ça aussi il l’admet !

    Faux et usage de faux … donc condamnation (en correctionnelle) !

    Mais encore une fois, est-ce que ça mérite 5 ans de prison, et est-ce que ça doit exonérer la SG de toute responsabilité (en dehors de l’amende de la Commission Bancaire), ça c’est un autre débat !

    Commentaire par Yves D — 01/07/2012 @ 16:24

  55. Aliocha je me suis permis de remettre ici les liens figurant dans la page dédicace, vu que celle-ci un peu à part étant donné son sujet et a sans doute été zappée par les plus fanatiques convaincus que seul des délits de la part de la banque pourraient expliquer les délits de Kerviel.

    Outre les carences humaines qui ne sont pas impossibles, elles sont courantes, je crois beaucoup plus à un encadrement défaillant d’un système technique d’organisation du travail pris dans la contradiction de la parcellisation des tâches pour que personne ne comprenne ni ne contrôle l’ensemble et qu’ainsi tous soient soumis. La parcellisation permet la soumission maximale au dispositif technique d’organisation du travail . Pour soumettre les employés il faut entretenir l’ignorance qui empêche l’initiative, la réflexion et quelque réaction intelligente que ce soit, pour ne pas même envisager la contestation bien sûr. Mais ce faisant ces travailleurs soumis parce qu’aveugles à ce à quoi ils participent, à qui une vue d’ensemble est interdite car ils serait intelligents sinon, ceux là mêmes sont également aveugles aux dysfonctionnements. Privés d’initiatives personne ne voit rien, personne ne dominant quoi que ce soit, personne ne voit les fraudes.

    Voilà, et tout cela écrit sans avoir besoin de recourir à un seul mot du jargon financier.

    Commentaire par Schmilblick — 01/07/2012 @ 16:34

  56. @Schmilblick : quelle analyse ! je n’ai rien à ajouter. Vous évoquez « la réalité même de l’organisation du travail grâce aux systèmes informatisés », en racontant une énième fois l’affaire vendredi soir, j’ai commencé à explorer plus avant cette nouvelle organisation du travail, et plus profondément de l’intelligence, liée aux technologies informatiques. En fait, cela réduit souvent l’intelligence de l’utilisateur à ce qu’exige la machine. Jeudi, je commande un taxi, impossible pour l’opérateur d’enregistrer l’emplacement de l’arrière du palais de justice, et moi, je n’avais pas l’adresse. Nous étions paralysés, alors qu’il y a 20 ans, n’importe quel taxi parisien se serait rendu sans difficultés derrière le palais. Cela m’était déjà arrivé en demandant d’aller au palais royal, le chauffeur, débutant, ne connaissait pas et l’ordinateur de bord refusait le nom d’un monument….Et tout est à l’avenant, c’est la fameuse répartie de Josette dans Le Père noel est une ordure : les numéros ne rentrent pas dans les cases. Du coup, je comprends fort bien les contrôleurs de socgen, ils obéissaient au formalisme des règles internes et aux exigences de l’ordinateur.

    @Yves D : quand on réfléchit sur la responsabilité de l’homme au regard de celle du système, on songe forcément aux leçons que nous ont enseignées les grands totalitarismes, je ne crois pas que ça vaille un point godwin. C’est au contraire l’un des aspects du sujet. JK après la déposition de Bouton a évoqué son éducation, fondée sur le respect du travail et de tout un tas de valeurs. Puis il a expliqué que Socgen lui avait enseigné d’autres codes. Il était émouvant, mais avec le recul, je me suis demandée s’il était naturel de changer de valeurs selon l’endroit où l’on se trouve. Vu comment il décrit Socgen, on comprend que ces codes étaient à l’opposé de ses valeurs. Je vous laisse poursuivre la comparaison pour ne pas sombrer dans les excès, mais Milgram pointe le bout de son nez dans cette histoire. Maintenant, n’oubliez pas qu’en l’espèce, c’est JK qui prétend avoir fait ce qu’on lui demandait, il n’est pas démontré que socgen est une espèce de pandemonium où tout est permis, surtout le pire. Les nazis, comme les autres totalitarismes fonctionnaient sur une obéissance absolue à une idée. Ici, nous sommes au contraire dans un cas de désobéissance, ou à la rigueur, d’obéissance à des signaux faibles qui, à supposer qu’ils existent, sont en contradiction avec les règles officielles.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2012 @ 20:59

  57. @Aliocha

    J’ai deux questions à vous poser :

    1) Comment expliquez vous votre virage à 180° en deux ans ? (soulignées dans le blog d’Olivier Fluke) :

    « 2010 ? Voilà ce qu’écrivait Olivia Dufour (Aliocha) le 7 octobre 2010 :

    « « C’est injuste, la banque savait, Kerviel est un bouc-émissaire, il paie pour la finance mondiale ! » s’écrie le public. C’est aussi mon avis, je pense que la banque savait, je pense qu’elle a choisi la stratégie du bouc-émissaire et je pense aussi, plus généralement, que Kerviel paie pour le système et surtout pour tous ceux qui ont joué comme lui à la game boy ou aux apprentis-sorciers mais qui n’ont pas été pris »

    https://laplumedaliocha.wordpress.com/2010/10/07/non-la-decision-kerviel-nest-pas-scandaleuse/

    2012 ? Voilà ce qu’écrit Olivia Dufour (Aliocha) dans son livre publié fin mai 2012 :

    Page 127 « c’est ce qui rend plausible la thèse selon laquelle la hiérarchie n’a rien vu. »

    Un virage à 180 degrés ! »

    2) Quelles sont vos relations avec Jérôme Kerviel, depuis la publication de votre livre ?

    Je suppose que s’il a accepté que vous écriviez à son sujet, il avait dans l’esprit que c’était pour le défendre et pas pour l’enfoncer ?

    J’imagine également que vous lui avez fait lire ce livre avant publication ? Quelle a été sa réaction ? A t-il fait des commentaires ?

    Je vous remercie par avance de vos réponses.

    Commentaire par ramses — 01/07/2012 @ 21:58

  58. @Schmilblick

    Après le « responsable, mais pas coupable », devenu célèbre dans l’affaire dite « du sang contaminé », vous inventez un nouveau concept pour la Banque : « coupable, mais pas responsable »…

    Coupable, elle l’est sans discussion pour la CB, qui l’a condamnée pour absence de contrôles, que la Banque a elle-même reconnue.

    En toute logique, si la Banque est coupable, elle doit être déclarée co-responsable et non pas victime. C’est cette conclusion que j’attends de l’arrêt d’appel.

    Commentaire par ramses — 01/07/2012 @ 22:08

  59. ramsès la banque est reconnue coupable de faute(s) professionnelle(s) : manque de surveillance des actions d’un trader susceptible d’outrepasser les règles -il a les outils, mis à sa disposition par son employeur- mais non de délits : ce n’est pas elle qui a outrepassé les règles et commis des faux.
    Kerviel est inculpé de délits; qu’il a reconnus du reste.
    Je crois que cela a déjà été dit et les règles de droit ont été données par le Chevalier, avec les articles correspondants, commentés et expliqués..

    Commentaire par Schmilblick — 01/07/2012 @ 23:05

  60. @Ramses : lisez le livre, tout y est expliqué. Et revenez ensuite, si vous avez des questions.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2012 @ 00:06

  61. @Aliocha

    J’ai lu votre livre et je l’ai sous les yeux.

    Dans votre conclusion, page 280, vous citez 2 rencontres avec Jérôme Kerviel en juillet 2010, quelques échanges de mails ensuite et plus rien depuis octobre 2010, c’est à dire depuis le 1er Jugement…

    Je reste donc devant mes 2 interrogations, particulièrement la seconde… Jérôme Kerviel vous a t-il expressément autorisé à écrire un livre sur lui ? Le lui avez-vous fait lire avant publication ? A t-il fait des commentaires ?

    Sinon, est-il d’usage dans le journalisme d’écrire un livre sur une personne sans son accord préalable ? N’est-ce pas une « atteinte au droit à l’image » ?

    Bien que je reconnaisse à votre livre le mérite de ne rien laisser au hasard, l’impression générale que j’en retire est que vous le considérez seul coupable. Vous l’affirmez d’ailleurs page 127 “c’est ce qui rend plausible la thèse selon laquelle la hiérarchie n’a rien vu.”

    Comment pouviez-vous être aussi affirmative, alors que le second procès en appel n’avait pas commencé ?

    Je vous remercie par avance de vos réponses.

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 00:41

  62. Une autre différence entre les exécutants du régime nazi, ou ceux de l’expérience de Milgram et notre trader : on leur donnait des ordres. Dans un régime totalitaire, une désobéissance peut de surcroît vous mettre en danger. Dans l’affaire en cours, M. Kerviel a semble-t-il décidé tout seul de la stratégie à mettre en œuvre. Que la Société Générale s’en soit aperçue et ait laissé passé, c’est une autre histoire.

    Commentaire par kuk — 02/07/2012 @ 00:46

  63. @kuk

    la vie est plus complexe que l’ordre direct.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_la_poup%C3%A9e_Bobo

    Commentaire par toto — 02/07/2012 @ 01:19

  64. @toto : un enfant et un adulte, ce n’est pas non plus la même chose en terme de responsabilité.

    Commentaire par kuk — 02/07/2012 @ 06:33

  65. @Ramses : ce n’est pas un livre sur lui mais sur l’affaire, je n’avais pas besoin de son autorisation et il n’a pas relu. Comment je peux savoir que c’est plausible, mais en travaillant mon cher, en travaillant, en lisant tout le dossier de A à Z, en allant interroger des dizaines de gens, en recoupant les récits entre eux et avec ce que je sais de la finance. Atteinte à l’image ? C’est à son avocat de juger. Nous avons parlé, lui et moi, et je lui ai expliqué que j’avais protégé son client. D’abord en évoquant dans le livre que ce qui était strictement utile au dossier, en n’écartant ses proches, voire en changeant les prénoms. Ensuite en m’abstenant de commentaires et en laissant le lecteur juger le déroulement des faits. Voilà. C’est ma vision, je n’ai jamais dit que c’était la vérité, j’ai simplement essayé de faire comprendre aux lecteurs en quoi c’était plausible. Je vous ferais observer, puisque vous êtes si tatillon, que plausible est loin d’être un mot affirmatif. Pourquoi j’ai changé d’avis ? Parce que ça arrive très souvent quand on étudie un sujet de près de découvrir qu’on s’est trompé en première analyse. Il y a ceux qui le reconnaissent et les autres. J’appartiens à la première catégorie. Croyez bien que je suis la première déçue, j’aurais préféré aboutir à la conclusion inverse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2012 @ 09:19

  66. @kuk

    et le monde du travail n’est pas celui de l’expérience de milgram ni la dictature nazi en terme de droits et devoir. il y a des tonnes de non dits et de règles non écrites à respecter.

    sur le livre, oui la thèse de la générale est plausible si personne ne fait son travail et qu’une bonne majorité est un peu teubé. Mais la thèse de kerviel est plausible si à la générale certains sont malhonnêtes ou menteurs.

    un partout la balle au centre, sauf que la « majorité » charge le kerviel pour défendre l’establishement , comme on a défendu dsk jusqu’à ce que ce ne soit plus possible de le faire.

    Commentaire par toto — 02/07/2012 @ 09:53

  67. « … car il n’y a, hélas, pas de carré VIP dans une salle d’audience ». Une nouvelle preuve du scandaleux archaïsme de l’institution judiciaire! ^
    (bravo pour ce compte-rendu (je pourrais le mettre au pluriel mais sur le fond comme sur la forme celui-ci frise la perfection))

    Commentaire par secondflore — 02/07/2012 @ 10:21

  68. @secondflore : merci ! Je ne vous ai pas envoyé le livre car je n’avais pas votre adresse, mais si on trouve le temps de boire un verre en juillet, je vous en donnerai un exemplaire dédicacé 😉

    @Ramses : j’ajoute que la conclusion du livre est : tous coupables. En d’autres termes, ma position c’est que le jugement sous estime la responsabilité de la banque. Quant aux observations de Monsieur Fluke, c’est toujours le même problème, soit on observe les choses au millimètre quitte à se perdre dans les détails, soit on essaie, après avoir fait ce travail de reprendre de la hauteur, c’est la voie que j’ai choisie. Il regrette l’absence de scoops ? En effet, les éléments nouveaux que j’ai découvert m’ont aidé à comprendre, mais pour des raisons de protection des sources et d’autres qui me sont propres, je n’ai pas vu l’intérêt de jouer sur le terrain des révélations sensationnelles. Ce qui m’importait était de comprendre et de donner à comprendre, pas d’alimenter la grande machine webesque à coupage de poils de cul en millions de tranches. Cela aurait ennuyé tout le monde, à commencer par moi. Surtout, c’est le piège dans lequel Socgen et JK ensemble ont voulu emmener tout le monde : l’analyse de micro pièce, sortie de son contexte et qui, au final, ne démontre que la thèse de celui qui la présente. Cet enfumage du public à coups de « c’est trop compliqué pour vous » est précisément ce que j’ai combattu. Non, ce n’est pas compliqué, c’est même désespérant de médiocrité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2012 @ 12:07

  69. Bonjour Aliocha,

    En effet, plus Mireille Filippini s’est éfforcée de décomplexifier le dossier plus « la construction imaginaire (le complot ?) de la vérité judiciaire » de la défense a été mise à nue. En ce sens, ses divers interpellations lors des débats sont révélatrices de la maîtrise de son sujet et atteste qu’elle n’entendait pas se laisser impressionner par la « pseudo complexité technique du trading ».

    Sur les quelques remarques de la présidente :

    – Vous avez en face de vous des magistrats qui ont quelques heures de vol !

    – La cour est suffisamment grande pour savoir ce qu’il en est !

    – Je ne voudrais pas être méchante, mais les débats nous ont montré que j’en connaissais au moins autant que vous !

    – La cour fait du juridique, du droit, pas de romantisme, nous ne sommes ni poètes, ni écrivains et, ici, on ne s’adresse pas à la presse !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/07/2012 @ 13:14

  70. @Aliocha

    Quitte à me trouver « tatillon », dans une affaire aussi lourde de conséquences pour Jérôme Kerviel, vous admettrez que chaque mot doit être pesé à sa juste valeur.

    Voici la définition que le CNRTL donne du mot « plausible » et de ses antonymes :

    1. Que l’on peut admettre ou croire parce que vraisemblable. Synon. admissible, crédible; anton. inacceptable, inadmissible, insoutenable, invraisemblable.

    Si vous concluez « tous coupables », vous reconnaissez une co-responsabilité de la Banque et que son rôle de « victime » est insoutenable.

    Nous serions donc finalement d’accord ?

    Par contre, je ne partage pas votre point de vue sur les analyses d’Olivier Fluke, qui a souvent pointé des incohérences dans les réponses de Claire Dumas ou des témoins cités par SocGen. Particulièrement ici :

    http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2012/06/29/24605661.html

    « 29 juin 2012
    Le compte-rendu de La Tribune est-il suffisant pour se faire une opinion sur le déroulement technique du procès en appel ?

    … de Jérôme Kerviel ?

    Exemple : les 17 milliards d’euros en risque issus de l’enregistrement sonore diffusé le Jour 8, mercredi 20 juin 2012.

    La réponse est non.

    Et le coup du login et du password pour obtenir les données d’un serveur à Chicago, vous l’avez lu dans le compte-rendu de La Tribune ?

    Alors comment se fait-il que les journalistes soi-disant spécialisés qui étaient au perchoir ne rendent pas compte de déroulement précis du procès dans sa technicité alors que la Présidente de la Cour n’a cessé de creuser dans cette technicité ?

    Pour ensuite émettre des analyses (voire jugements de valeur) gratuites sans argumentation, voire en se défaussant sur de soi-disant compte-rendus, ceux de La Tribune en l’occurrence. »

    En tous les cas, je suis d’accord avec vous sur le titre du présent billet… Cette affaire est un cauchemar sans fin… Enfin, jusqu’au 24 octobre !

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 13:28

  71. A la « décharge » de JK, il n’est (vraiment et décidément) pas le seul à mentir :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/02/tentative-de-manipulation-du-libor-que-s-est-il-passe_1727744_3234.html

    « Tous coupables » ? (Cf. commentaire d’Aliocha en #68)

    Commentaire par Yves D — 02/07/2012 @ 14:32

  72. Bonjour Aliocha,

    Quels sont les colloques confidentiels et scientifiques, que vous évoquez dans votre interview à France Info, où l’on traite des effets liés à la transversalité des problèmes ? Est-ce que ce sont des spécialistes du risque ?
    Merci de votre réponse !

    Commentaire par Polydamas — 02/07/2012 @ 17:55

  73. Bonjour Aliocha,
    Un petite remarque rapide pour vous dire, si vous ne l’avez deja vu, que M. Hoube vous interpelle dans les commentaires de la page Marianne ou apparait votre papier. Tout comme il l’avait fait avec P. Robert Diard. Imho je trouve ca vraiment interessant.
    Je n’aime pas alimenter la machine a calomnies internet, mais vous avez enquete sur les antecedents de ce monsieur ? Un peu delicat, je trouve. Car je crois avoir compris l’injustice qu’il a evoquee au debut de son temoignage. C’est important car il est considere comme un temoin clef par la defense et en tout cas les commentateurs s’accordent a considerer qu’il a pu instiller un certain doute. Or cen’est pas un temoin direct alors connaitre son point de vue, s’il a un agenda, importe. Je trouve qu’il y a plus qu’une petite main de la finance.

    Commentaire par Maelle — 02/07/2012 @ 19:22

  74. @Maelle

    C’est vous qui parliez de la France nauséabonde ? Vous n’avez pas honte de proposer une petite enquête « à la Papon » sur Philippe Houbé ?

    Ce témoin ne serait donc pas un témoin direct ? Je suis mdr !!

    C’est qui, pour vous, un témoin direct ? Un aveugle comme Eric Cordelle, ou alors un sourd comme Martial Rouyère ?

    Tant de mauvaise foi m’écoeure

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 19:46

  75. @Maelle : ça fait un bout de temps que je me dis que vous en savez décidément beaucoup sur ce dossier 😉 non, je n’ai pas enquêté, je me repose pour l’instant du dossier. Et je ne réponds pas aux commentaires qui commencent par mettre en cause ma soi-disant émotivité, ce qui est le cas du sien.

    @Ramses : calmez-vous, je ne vois pas ce qu’il y a de Papon à s’interroger sur la crédibilité d’un témoin. En revanche, je vois bien ce que votre commentaire a de point Godwin.

    @Polydamas : les spécialistes de la régulation en parlent, voir les travaux de Marie-Anne Frison-Roche qui a un site Internet, c’est un débat dans l’aviation civile, d’après ce que j’ai compris. Il y a des réflexions de spécialistes du management aussi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2012 @ 20:03

  76. […] Palais de Justice, jeudi 28 juin, 13h30 : On connaissait David Koubbi avec une canne, voici qu’il est arrivé le jour fatidique des plaidoiries le visage orné d’un coquard ! Cette apparence de gueule cassée de la défense sied plutôt bien au jeune premier. Sa souffrance quasi-christique est tellement cinématographique qu’il apparait décidément urgent de transformer cette histoire en film. Pourquoi d’ailleurs ne pas confier un rôle féminin à Tristane Banon, arrivée au palais au bras de l’avocat ?  […]

    Ping par L’affaire Kerviel, ce cauchemar sans fin | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 02/07/2012 @ 20:24

  77. @Aliocha

    C’est au Tribunal qu’il appartient de s’interroger sur la crédibilité des témoins, à personne d’autre. Je vous rappelle que Philippe Houbé a témoigné sous serment.

    Pour vos points Godwin, je vous conseille de viser plus juste…

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 20:31

  78. @ramses

    en relisant avec attention, l’unique but des commentaires de maelle semble avoir pour unique objectif de mettre cote à cote les termes rogue trader et kerviel. Tout le reste est d’un niveau un peu affligeant pour une personne qui se dit « naviguer dans les sphères universitaire et de la recherche », qui croque kerviel en petit provincial avec un diplôme de seconde zone et houbé en menteur aigri. On ne sent pas toute l’ampleur intellectuelle d’une maître de conf comme on pourrait les aimer.

    Commentaire par toto — 02/07/2012 @ 21:04

  79. @toto

    Pour nous détendre, je vous invite, si vous ne l’avez encore fait, à écouter ce bon vieux Georges en comm. 45…

    Si vous saviez comme il me manque !

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 21:11

  80. Houlà !
    Les commentaires commencent à s’envenimer ici, non ?
    Vivement les vacances ??

    Commentaire par Yves D — 02/07/2012 @ 21:32

  81. @Yves D

    Je pars samedi pour un mois… loin…

    Cela détendra l’atmosphère !

    Commentaire par ramses — 02/07/2012 @ 21:42

  82. @yves

    Vous trouvez que ca s’envenime parce que je trouve pas cela de haute volée pour qq’un qui semble en savoir tout plein de chose, mais quand on balance du populiste et poujadiste, du point godwin à tout va et, qu’on raille la bêtise de tout le monde c’est juste normal ?

    Ceux qui pense que la banque a raison n’ont pas le même traitement que ceux qui pensent qu’elle n’a pas forcément raison ?

    je lis avec intérêt les avis de chacun mais cela ne me semble pas très équilibré. Chacun peut avoir sa sensibilité et son avis sur la question, d’un point de vue humain, juridique, psychologique, troll de compétition ou pas, mais cela donne l’impression qu’il y a deux camps : les « justes » et intelligents qui pensent que JK est coupable seul et les « crétins » ou les « complotistes » qui pensent que JK est d’une certaine manière la victime de son « travail ».

    Lorsqu’on lit le livre de Mme dufour, on en ressort avec l’impression qu’il est _plausible_ que la SocGen ne sache pas. Mais la socgen c’est des milliers de personne. Il y a peut être des gens qui savaient, peut être pas le volume des engagements mais le fait que ça jouait gros et peut être qu’on a « laissé filer » d’une certaine manière. Et que ca a envoyé un message à JK qui a compris ou pensé qu’on le laissait faire.

    Des engagements de cette importance ne posent soucis que si l’on est pas capable de régler les appels de marge ou que si d’autres connaissent le volume de cet engagement et décident de jouer contre nous ou que l’on se fasse toper parce qu’avec le volume important on décale le marché.

    Ce qui expliquerait le besoin de camouflage pour éviter les fuites (sur des milliers de personnes 1 seule suffit pour que la manœuvre soit divulguée à la concurrence ou aux autorités de contrôle).

    Maintenant je ne dis pas que c’est ce qui s’est passé, je n’en sais rien. Je dis que c’est tout autant plausible.

    La seule manière de savoir enfin est de connaître le contenu des boites mails des gens autour de JK (si rien n’a été durablement effacé), d’analyser les transactions sur 6 mois avant et 6 mois après sur les contrats qu’avait pris JK avec les contre parties, vérifier les opérations de débouclage des comptes JK et toutes les opérations pendant ce temps de toutes les filiales SocGen.

    Comme avait dit Mme Dufour dans un lointain billet, pour faire ce travail les institutions de contrôle (et les institutions judiciaires) n’ont pas les moyens de le faire, car là aussi il faut traquer une fraude très complexe, très technique dans des milliards de milliards d’échange, si on part du principe que la SocGen peut mentir un peu pour cacher le diable dans les détails.

    Mais ca ne peut pas être fait à notre niveau et nous sommes obligés de partir de certaines hypothèses qui ne restent que ….. des hypothèses, plausibles. Et il faut croire les acteurs sur paroles… alors que l’unité de compte des sommes en jeux est le milliard.

    pas facile.

    Commentaire par toto — 02/07/2012 @ 22:54

  83. @Toto : bien d’accord avec vous. La difficulté pour la défense : prouver que la Société Générale savait, alors que l’instruction n’est pas allée au bout. La difficulté pour la générale : prouver qu’elle ne savait pas, car comment peut-on prouver qu’on ne sait pas quelque chose ? C’est seulement le contraire qu’on peut prouver, et on conclura dans le sens de l’ignorance seulement si après avoir bien cherché, on ne trouve rien. De toute façon, il restera toujours un doute… qui devrait normalement profiter à l’accusé, mais on sait qu’il n’en sera rien, puisque les seuls faits prouvés vont contre lui.

    Commentaire par kuk — 03/07/2012 @ 01:31

  84. http://www.challenges.fr/entreprise/20120702.CHA8361/apres-le-proces-l-enquete-kerviel-continue.html

    Challenges s’interroge: la Brigade Financière va-t-elle s’intéresser au fameux serveur inviolable qui contient les mails de la Fimat?

    Cela peut-il retarder/modifier la décision de la Cour d’appel prévue au 24 Octobre?

    Commentaire par gabbrielle — 03/07/2012 @ 03:17

  85. Le procès JK contre SG, c’est celui de la peste contre le choléra (juste après une terrible épidémie de peste !).

    Certes, comme le soulignent les commentaires qui s’appuient sur le droit, JK a commis des délits répréhensibles et les a reconnus, mais cela n’exonère pas la SG de ses agissements discutables, et encore plus du système de spéculation dangereux qu’elle a mis en place et qui aurait de toutes façons provoqué tôt ou tard par une catastrophe similaire.
    Barder un système mondial de spéculation avec des contrôles qui ne servent à rien, c’est comme mettre des petites loupiotes au bord d’une autoroute en haut d’une falaise.

    Au final, l’accusation exclusive et unilatérale de JK donne en quelque sorte un blanc seing à la SG.
    Cela revient à dire que tant qu’il n’y a pas d’épidémie, le choléra est une maladie bénigne !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 03/07/2012 @ 08:40

  86. @ toto & kuk

    Je trouve que ça s’envenime parce qu’il y a des invectives, et qu’habituellement, il y a ici un respect des opinions, aussi diverses soient-elles, même mal rédigées (d’un point de vue syntaxe, je passe sur l’orthographe), mais pas d’attaque « ad nominem ».

    Et d’ailleurs je ne suis pas d’accord sur la dichotomie que vous faites, car je ne me retrouve ni dans l’un (en gros « ceux qui pensent que la banque a raison »), ni dans l’autre (en gros « ceux qui pensent que JK est victime de son travail »).

    Pour faire simple, je pense que JK est d’une certaine façon « victime de son travail », mais est tout autant coupable des chefs d’accusation qui lui sont reprochés.

    Je développe : si JK avait été informaticien chez, par exemple, Infogrames ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Infogrames ), ou même s’il avait exercé le métier de concepteur moteur chez Renault, il n’aurait jamais pu être inculpé ni dénoncé comme « responsable » de la perte de milliards d’euros.
    Mais le travail de JK était « trader », et à ce titre, il montait des opérations financières d’autant plus complexes qu’elle s’appuyaient sur des produits « dérivés » (donc, d’une certaine façon, sur « du virtuel »).
    Dans le métier de Trader, l’art est de prendre des risques, mais pas trop (d’où les opérations de couverture), tout en respectant les « règles du jeu » (légales, mais aussi édictées par les Commissions Bancaires et autres Comité de déontologie de votre employeur).

    On est très proche du jeu de Poker (on ne joue pas seul, on ne sait pas exactement la main des autres nin ce qui reste dans le jeu, même si des calculs statistiques peuvent vous aider à batir une stratégie, et il y a des règles du jeu à respecter).
    Sauf que là, JK ne joue pas avec son argent, mais engage celui de son employeur, ce dernier ayant édicté des règles (dont on peut éventuellement discuter la précision, mais il y en a quand même).

    Alors ?
    Comme au Poker, on peut se griser, se prendre au jeu, et aller au delà des limites … quitte à tricher !
    Il a été clairement établi que JK a triché (à monté de fausses opérations, d’où l’accusation de faux et usage de faux).

    Là où les avis divergent, c’est de savoir si l’exercice de son métier ne l’a pas « poussé » à faire ça, sinon en lui demandant directement, au moins en « fermant les yeux » car de toute façon c’était chose commune …

    Peut-être, ou peut-être pas …
    En tout cas, c’est chose commune de voir des gens « griller des feux rouges » … Est-ce pour autant qu’un routier qui provoquerait un accident serait considéré comme irresponsable ?
    Parce que son employeur lui aurait demandé de livrer à une heure précise, sans lui rappeler qu’il faut respecter le code de la route ? Et alors ? Le chauffeur n’a pas passé son permis de conduire ou quoi ?

    Donc oui, JK est manifestement coupable de faux (jugement de 1e instance, et sans doute en appel, la défense n’ayant pas amené d’arguments contre).

    Mais pour autant est-ce le seul coupable dans cette affaire ?

    Vous dites que certaines de ces positions auraient pu mené à un gain au lieu d’une perte …
    Mais bien sûr ! Et pour reprendre mon exemple du routier, griller les feux peut permettre parfois de gagner du temps … mais est-ce que l’on doit approuver une telle conduite pour autant, je ne le crois pas !
    Les risques pris étaient trop gros, et auraient aussi pu faire couler la SG. Rappelez-vous de la Barings !!

    JK est sensé être un adulte responsable de ses actes. Je ne peux pas croire que la SG lui ait explicitement demander de « dépasser les limites », et c’est lui seul qui s’est crû capable de la faire.
    Est-ce que JK est « victime de son travail » ?
    Oui car il est Trader, mais il est avant tout victime de lui-même, et d’avoir cru pouvoir voler plus haut en s’affranchissant des règles … La chute en est d’autant plus rude !

    Pour autant, et c’est sur ce point que je ne me classe pas dans « ceux qui pensent que la banque a raison », il reste des zones d’ombre dans cette affaire, et surtout, le système financier ne me semble pas « très équilibré » pour reprendre les mots de @toto.

    Lorsque la Barclays ment et triche, son PDG démisionne … Voir mon lien en #71
    Lorsque qu’un trader ment et triche, il risque 5 ans de prison et une amende de plusieurs milliards …

    C’est face à ce qui ressemble fort à une « injustice » que les esprits s’échauffent …
    Mais de grâce, sans envenimer le débat !

    Commentaire par Yves D — 03/07/2012 @ 14:44

  87. @Yves D : Je n’envenime personne (ou alors citez moi le passage incriminé) ni n’invective quoi que ce soit.
    A part ça, ad nominem n’existe pas, et je me demande si vous ne voulez pas plutôt dire ad personam.

    Commentaire par kuk — 03/07/2012 @ 16:05

  88. @ kuk
    Vous avez raison, je voulais écrire « ad hominem » … mais il y a d’autres coquilles dans mon message !
    Et je vous citais car votre précédent message commençait par « @Toto: bien d’accord avec vous », mais je ne vous accusais d’aucune manière, et de plus j’ai même plutôt l’impression que nous avons la même analyse de l’affaire JK.

    Commentaire par Yves D — 03/07/2012 @ 16:51

  89. @Yves D

    Je ne vois aucune analogie entre Jérôme Kerviel et Nick Leason… Ce dernier avait les coudées beaucoup plus franches et a pris la fuite… JK, lui, avait de nombreux supérieurs hiérarchiques sensés le contrôler, il n’a pas fui, il a reconnu spontanément les faits et s’est toujours tenu à la disposition des enquêteurs et de la Justice.

    Votre comparaison avec le routier qui grille les feux rouges parce qu’il doit livrer rapidement ne me convainc pas non plus… Le Code de la route est clair et précis, ce qui ne semble pas être le cas des missions confiées aux Traders, qui tiennent beaucoup de la tradition orale à géométrie variable.

    Par contre, je suis d’accord avec vous sur le fait que la spéculation sur les produits dérivés s’apparente au jeu de poker. Comme au poker, on gagne ou on perd, c’est admis d’emblée. SocGen accepte les gains, mais refuse les pertes !

    Encore une fois, si JK avait gagné à tous les coups, se serait-il retrouvé en prison ? Sûrement pas !

    Commentaire par ramses — 03/07/2012 @ 17:17

  90. @Yves

    Oui vous n’avez pas tord.

    Mais rien n’est aussi simple, car vous raisonnez « dans l’absolu » et il y a une réalité avec ses us et coutumes qui bien que n’étant pas du droit, peut, dans une certaine mesure, créer du droit. Par exemple vous ne pouvez pas licencier une personne qui arrive en retard si vous l’avez laissé arriver en retard tout l’année. Pourtant arriver en retard peut très bien être interdit pas votre règlement intérieur, il ne devient plus opposable si vous ne l’avez pas fait appliquer avec diligence, à tous.

    Oui il y a des règles qu’il faut respecter. et à aucun moment je n’exonère JK de ses agissements. Je pose juste une limite sur certains propos qui semblent « téléphonés » et le cas de certains est flagrant : je dis sans rien dire, j’associe toujours JK et rogue trader, je viens dire du mal sans le dire des témoins de la défense, je fais ma vierge effarouchée devant la « bêtise crasse de certains » mais à aucun moment je ne livre du factuel autre que « vous connaissez les traders ? non ? alors la ferme ».

    Oui il est interdit de prendre des positions qui décalent le marché, mais il est surtout interdit de se faire prendre. Oui on peut penser que JK a décidé tout seul de casser la baraque avec des positions « baleines », mais il a peut être été (ou s’est senti) encouragé à le faire. Si les traders passent des opérations fictives « par habitude » ce n’est plus un délit pénal de faux et tromperie car ça devient l’usage. ET il n’y a pas eu d’enquête pour savoir s’il y avait juste celles de JK ou tout plein d’autres de fictives ?

    Mais dès le début on n’a surtout pas voulu enquêter trop loin. juste vérifier, à minima, que ce qu’on lui reprochait était juste ou disons pas faux.

    Je suis très preneur d’avis d’expert qui me dit : c’est normal que la console soit déverrouillée, c’est toujours le cas ou alors il n’y a jamais eu de verrou à une console ou alors il n’y a pas de procédures pour vérifier qu’un trader n’a pas pris 150 000 contrats au lieu de 1 500 ou alors on ne vérifie jamais ce que font nos traders.

    Le truc : « JK est juste un rogue trader et picétout » intellectuellement ca ne me satisfait pas du tout.

    Commentaire par toto — 03/07/2012 @ 17:17

  91. Oh la la je m’absente de mon clavier qq temps, et vlan je me fais traitee de collabo-ratrice de la SG! En plus j’ai de nouveaux detracteurs, c’est la fete.

    Oui, pour moi Kerviel est un rogue trader, et non ce n’est pas tout, car cela en dit long aussi sur le milieu professionnel qui peut laisser se developper de telles enormites. Et je pense aussi qu’il y a une part de populisme dans les reactions de l’opinion publique, en particulier comme elle s’exprime sur internet. En passant, vous vivez dans quel monde d’illusions ou sur un CV l’IEP de Nantes a la meme valeur que Sciences Po Paris et ou un master en finance de Lyon II la meme que celui de Dauphine ?

    Aliocha, je ne suis pas sure d’etre particulierement bien informee, simplement comme je l’ai dit ( je ne m’en cache pas car perso j’aime savoir d’ou les gens parlent), quelqu’un qui m’est tres proche et en qui j’ai totale confiance travaille a la SG. Alors oui je connais bien ce milieu des banques de financement, je pense en saisir le fonctionnement, l’ambiance, les travers. Et pour ce qui est du swap subprimes/pertes Kerviel, je s a i s que c’est faux, mais je ne demande a personne de me croire sur parole. En revanche, pour repliquer a certains, je ne vois pas pourquoi cela m’oterait le droit de m’exprimer.

    Pour ce qui est de M. Hoube, j’ai simplement eu la curiosite des que son nom est sorti dans la presse de googliser son nom pour savoir ce qu’il faisait, linkedin quoi. Et la enorme surprise pour dire le moins : il etait associe a des sites sur lesquels j’osais a peine cliquer. J’ai l’impression qu’il a ete la victime d’une campagne de calomnies sur internet, peut etre avec des implications judiciaires. Pourquoi ces attaques ultra violentes, a qui s’en serait-il pris ? Est-ce son habitude ? je ne sais pas. Cette impression a ete confirmee quand il a declare lui meme au debut de son temoignage qu’il comprenait l’injustice que vivait Jerome Kerviel pour l’avoir vecue.
    Alors oui pour moi cela donne une autre dimension a son temoignage car il a me semble-t-il des comptes personnels a regler. D’ailleurs c’est lui qui a contacte la defense. M. Hoube n’est d’ailleurs a mes yeux pas un temoin apportant des preuves mais une sorte d’expert faisant part de sa conviction. Dans cette mesure savoir d’ou il parle, s’il a un agenda personnel, ca revet de l’importance pour juger de son autorite.
    Au fait se presenter comme « senior back office » sur sa signature internet, cela fait bizarre pour ne pas dire autre chose. Il y a beaucoup d’emotionnel, comme l’a dit Aliocha, trop sans doute, dans ce que dit ce monsieur.

    Commentaire par Maelle — 03/07/2012 @ 18:18

  92. @Yves D : au temps pour moi, oui, on est effectivement assez proche sur l’analyse. Une chose qui mes chagrine est que les banques peuvent jouer au poker et faire défiscaliser leur pertes. Ce qui est à mon sens assez différent d’un entrepreneur qui investit et dont l’affaire ne décolle pas. Mais c’est un peu hors sujet ici.

    Commentaire par kuk — 03/07/2012 @ 18:37

  93. @maelle

    J’adore votre post, il représente _exactement_ ce que je décris : 24 lignes pour dire : rien.

    J’ai beau chercher, lire et relire rien. juste je sais de sources sûres que ben on m’a dit que, parce que je connais bien. blablabla ah si rogue trader et hoube associé site ou j’ose à peine cliquer. brrr pas beau.

    D’ailleurs vous remarquerez que le « gros » des questions c’est plus « est-ce que c’est supérieurs savaient ? » plutôt que « c’est pour cacher les subprimes ». A mon sens la question du pourquoi est très secondaire on s’en moque. Que dans le communication la générale a enfoncé JK pour glisser en douce sa perte des subprimes est possible mais peu intéressant à noter. SAUF si une partie des positions JK ont été débouclées (par exemple les perdantes) et que des positives ont été conservéés pour « contre-balancer » une partie des subprimes, mais ca aussi on ne le saura jamais : ce qui se passe dans la chambre personne ne le sait : les contre-parties n’ont pas été étudiées et la justice n’a pas pu/voulu/considéré comme utile d’enquêter plus profond.

    Ok le milieu laisse se développer parce qu’on ne regarde pas ou laisse faire et, si on a le « bon diplôme », on sait ou ne pas aller trop loin ? Mais JK n’a pas menti sur son diplôme il a été embauché et posé là DONC SocGen considérait que c’était adéquat.

    Bien sur que vous avez le droit de vous exprimer, mais ca ne transforme pas votre discours en alpha et oméga de la pensé intelligente. (ce que n’est pas le mien non plus).

    ps : j’adore votre méthodologie d’enquête : j’ai regardé linkedin et …. il a quoi sur ca page facebook ? une nouvelle révélation ? Vous devriez faire une enquête, mais elle devrait être prête pour la cassation.

    Commentaire par toto — 03/07/2012 @ 18:47

  94. @toto : on se calme, Maelle ne s’exprime pas du tout sur un ton qui pourrait justifier votre réaction.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/07/2012 @ 23:06

  95. Vous avez tout de même me semble-t-il pas mal évolué par rapport à votre position initiale. Je vous cite en 2011 : « Et entre nous, c’est vrai que je suis du côté de Kerviel, mais qu’est-ce qui me dit que j’ai raison ? » (https://laplumedaliocha.wordpress.com/2010/10/07/non-la-decision-kerviel-nest-pas-scandaleuse/, sous le post 195) Pourtant le premier procès montrait déjà clairement que si la banque avait été négligente, elle n’avait pas eu connaissance de la situation.

    On a le droit de changer d’avis.

    En revanche, j’ai bien du mal à vous suivre dans votre dénonciation des grands groupes aveugles, où les systèmes deviennent fous, ce qu’on dit dans des séminaires confidentiels, etc. Les grands groupes, aujourd’hui comme hier, sont compliqués à diriger, mais ils sont dirigés et je ne vois pas bien ce qu’on peut extrapoler d’une fraude dans un service localisé, qui tient plus de la PME que du grand groupe (combien de traders au desk delta one ? bien moins que de conseillers clientèle dans une ville de province). Je suis pour ma part bien plus perturbé par les mécanismes de trading financiers, la valeur financière qu’ils génèrent sans contribution réelle à l’économie, les bonus délirants associés, que par les répercussions d’une fraude sophistiquée, mais qui est avant tout une action « hors système ».

    Commentaire par Augustissime — 03/07/2012 @ 23:34

  96. désolé Mme.

    J’exprime ce que je ressens très fortement : une injustice. Ce n’est pas tellement le ton avec lequel s’exprime maelle qui est dérangeant, mais le contenu explicite et implicite qui est véhiculé par le discours.

    – « cela fait bizarre pour ne pas dire autre chose. »
    – « il était associe a des sites sur lesquels j’osais a peine cliquer.  »
    – « j e s a i s que c’est faux, »
    – « l’empathie d’une partie de l’opinion publique, à défaut d’un autre mot, »
    – « les interventions d’un certain « Philippe Hoube (senior back office) » sic »
    – « C’est quand meme bizarre de s’exposer ainsi sous son nom propre ; drole d’impression vraiment. »
    – « la subtilite ce n’est pas votre fort, semble-t’il »
    – « il devenait porte drapeau pour certaines tendances populistes. »

    Ainsi je conçois qu’elle ait un certain capital sympathie puisqu’elle sait saluer votre talent et votre esprit d’analyse, mais je crois qu’elle essaye tout de même de passer un peu au dessus du requin et véhiculer des idées au mieux plausibles mais loin d’être vérifiés ou vérifiables.

    je n’ai pas d’opinion _arrêtée_ sur l’affaire (on s’en moque toutefois) mais force est de constater que la vérité judiciaire ne tient que sur la conviction du tribunal qui n’avait pas forcement tous les éléments pour juger : il semble manquer des mails, il semble manquer des bouts enregistrements (pas forcément coupés après enregistrements, peut être juste pas enregistrés 40% du temps seulement est sur bande – est-ce vrai ?), il semble que l’instruction a pris ce que la SocGen à donnée sans trop vérifier s’il n’y avait pas d’autres choses, il semble que dans le jugement les DI avaient la même erreurs que ceux demandées par la SocGen (mais ce n’est peut être pas important)

    Comme vous l’avez dit vous même lors du premier procès : (en dehors de l’impression de culpabilité ou de co-culpabilité) : le rythme et la direction de l’enquête a été imposée par SocGen. Votre opinion a changé sur le cas : vous êtes passé de « ce n’est pas possible » à « c’est plausible » et votre travail acharné et pointilleux vous honore. Il n’en reste pas moins vrai que le rythme du procès de première instance n’a pas changé et que _peut être_ que tous les actes n’ont pas été fait pour y voir vraiment clair.

    Il est « facile » pour SocGen, avec un budget conséquent, de se la jouer « zen et calme » avec le simple besoin de « tenir les positions » dans une ambiance interne déplorable (personne va venir parler) lorsque les pièces n’existent pas car n’ont pas été cherchés au début et que dans ce contexte de crise, seul celui qui est lourdé sans espoir d’être repris ailleurs peut parler, mais il a pas une bonne image et une horde de personnes prêtes à venir les déchiqueter pour les décrédibiliser.

    Monsieur Bouton a juste à dire : « machin ne voit qu’une seule jambe et donc ne comprend rien » pour que le témoignage semble « rejeté en l’état » alors qu’ils semblerait tout de même que, dans l’histoire, c’est la SocGen qui n’a rien vu du tout, soit disant.

    Ensuite, il est facile de venir instiller le doute et le fud sur telle ou telle personne, sa moralité, ses instincts de vengeance, son « agenda », sans preuve juste un « vous inquiétez pas, je sais ce que je dis ».

    C’est cela qui me fait mal, j’ai juste l’impression de voir venir arriver les « colleurs d’affiche » de la SocGen qui viennent marteler le « coupable », le « rogue trader », discrètement, comme de la pub qu’on matraque régulièrement : de la pure communication, sans faits juste des affirmations, bien emballées.

    Mais peut être suis-je juste un paranoïaque (mais cela ne veut pas dire que j’ai tord de penser que tout le monde me veut du mal).

    Commentaire par toto — 03/07/2012 @ 23:44

  97. @Toto

    Ca c’est sur, la SG a embauche Jerome Kerviel grace a ses diplomes mirobolants pour un poste de reve dans une banque de financement, au middle office. Et puis trader vanilla c’est tellement plus valorise que trader exotique. Continuez a rever …

    Bien sur que non ce n’est pas sur linkedin que j’ai trouve des trucs bizarres sur Philippe Hoube, vous avez bien lu ce que j’ai ecrit ? Maintenant avant d’affirmer que je dis n’importe quoi, rien ne vous empeche de verifier en remontant les pages google.

    En tout cas, toutes les reactions que je suscite, toutes ces attaques ad personam, alors que j’essaye de garder un propos mesure, me confortent completement dans mes opinions. Il est quand meme hallucinant que se ranger plutot du cote de la SG qui est tout de meme la victime du point de vue judiciaire puisse declencher un tel deferlement, comme si c’etait devenu ideologiquement inacceptable.

    @ Augustissime

    Ce que vous decrivez c’est precisement le probleme : le front office d’une BFI est constitue d’un ensemble pas bien coordonne de petits desks presque independants. Dans ce milieu, en dire le moins possible, rendre ce qu’on fait incomprehensible aux neophytes exterieurs,c’est la regle pour garder le pouvoir, autrement dit l’argent. C’est comme ca qu’un Jerome Kerviel a pu prosperer ( enfin si l’on peut dire) gaiement. Cela aurait pu se passer dans une autre equipe, dans une autre banque.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 00:18

  98. Euh… mais… Maëlle… on s’en FOUT des diplômes « mirobolants » ou pas de Jérôme Kerviel ! Il ne s’agit pas de ses diplômes, mais de ce qu’il a fait. De la même façon, on s’en fout des diplômes de ses supérieurs (qui brandissent leur irresponsabilité de polytechniciens en même temps que leur diplôme de polytechnique). Ce qui est important dans cette affaire, c’est ce qu’ils ont fait pour la banque, pas qu’ils soient X80 major de promo.
    Bon sang, si Kerviel est seul coupable, ça signifie qu’une des plus grandes banques française est dirigée par des branquignoles qui ne font pas correctement leur travail et refusent de reconnaître leurs responsabilités… !

    Commentaire par lambertine — 04/07/2012 @ 01:19

  99. Je suis desolee, ce n’est pas aussi simple Lambertine, mais je ne vais pas revenir sur tout ce qui a ete deja dit ici.
    Pour ce qui est des diplomes ce n’est certes pas le fond de l’affaire, meme si ca revet une certaine importance ( Le Monde a intitule un article « Polytechnique : victime collaterale de l’affaire Kerviel », les commentaires enflammes auxquels ce papier a donne lieu sont a cet egard interessants). Je ne fais que repondre a d’autres posts.

    @Toto
    Maintenant vous me faites des proces d’intention, c’est un peu gonfle ! Je suis en grande partie d’accord avec l’analyse d’Aliocha. Je la suivais deja d’ailleurs lors du 1er proces avant que son point de vue n’evolue dans la meme direction que le mien, car je trouvais ses propos plus objectifs que beaucoup d’autres.
    Si j’ai dit que je connaissais des gens a la SG c’est par honnetete pour qu’on sache d’ou je parle. Je ne crois pas que ca m’enleve de la credibilite, en particulier par rapport a d’autres personnes qui portent leur opinion de l’exterieur, sans savoir ce qu’est au fond une BFI.
    Et moi je ne pense pas que le juge d’instruction a bacle son travail, pour quelle raison l’aurait-il fait, dites moi ?

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 03:05

  100. http://0z.fr/YgcGA

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 04/07/2012 @ 09:09

  101. @Jean-Philippe Denis : c’est curieux cette incapacité du clan Kerviel à respecter les règles. Celles de la banque pour le trader, de la procédure pour son avocat, de la politesse vous concernant. Quand on commente sur un blog, surtout pour se faire de la pub, on commence par dire bonjour. On ne dépose pas un lien qui tombe comme une fiente de pigeon sur un chignon.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/07/2012 @ 09:26

  102. @ Aliocha : vous n’avez pas dit avoir écrit votre livre « à la manière » d’un roman policier ?
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/03/barclays-recit-d-une-manipulation_1728397_3234.html
    Extrait de cet article : « Les pratiques frauduleuses de Barclays sont détaillées par le menu par les régulateurs dans deux rapports de 45 pages chacun. Ceux-ci se lisent comme des romans policiers, décrivant une large manipulation financière internationale. »

    Bon, ce genre d’histoire va amener de l’eau au moulin du « clan Kerviel » comme vous les nommez 😉
    Encore une fois … tous coupables (Cf. votre com en #68 et mes précédents com) ??

    Commentaire par Yves D — 04/07/2012 @ 13:33

  103. La lecture du billet de Stéphane Lauer est aussi intéressante ; Extrait :  » Ironie de l’histoire, c’est Diamond [le patron de Barclays] qui avait introduit la règle du «No jerk» (pas de sale type) au sein de la banque, laissant croire que chez Barclays, la culture d’entreprise était aussi importante que les profits.  »

    http://lauer.blog.lemonde.fr/2012/07/04/barclays-les-demissions-ne-regleront-pas-tout/

    Commentaire par Yves D — 04/07/2012 @ 13:49

  104. @maelle

    « Et moi je ne pense pas que le juge d’instruction a bacle son travail, pour quelle raison l’aurait-il fait, dites moi ? »

    je vais répondre comme vous le faites, vous n’avez qu’à lire, c’est écrit dans mes propos.

    Commentaire par toto — 04/07/2012 @ 14:45

  105. Maelle,

    Ce sont les supérieurs de Kerviel qui se sont présentés comme des irresponsables. C’est sans doute « moins simple », mais ils se sont présentés comme des irresponsables quand même.

    Au sujet des diplômes… le diplôme vaut quand on sort de l’école. Ensuite, c’est ce qu’on accomplit en tant que professionnel qui compte. Je peux comprendre que l’on méprise Kerviel parce qu’il a triché, ou merdé, parce qu’il a nui à son entreprise. Pas parce qu’il sort d’une fac de province. De même, Polytechnique ne mérite « ni cet excès d’honneur, ni cette indignité ». Les supérieurs de Kerviel étaient des cadres bancaires de haut niveau avant (même si chronologiquement « après ») d’être des « polytechniciens ». Ce n’est pas leur école qui est responsable de ce qu’ils ont fait à la SocGen 20 ans après leur sortie (ce qui peut avoir contribué à leur « irresponsabilité collective », en revanche, c’est leur esprit de corps), ni en bien, ni en mal.

    Quant aux commentaires de l’article du Monde (est-ce celui de Pascale Robert-Diard sur Eric Cordelle ?), je suis désolée de ne pas les avoir lus jusqu’au bout. J’ai eu l’impression d’assister à une dispute de cour de maternelles, du genre « Mon papa il est plus fort que le tien ». Ben oui, les Mines c’est plus dur que Normale Sup et Polytechnique c’est mieux que centrale alors que les Math appliquées à la fac… Stop, quoi ! C’est pire que Synergie défendant des flics ripoux ! Vu de Belgique (oui, je sais, par rapport à vous, on ne vaut rien…), c’est surréaliste.

    Commentaire par lambertine — 04/07/2012 @ 14:49

  106. @Maelle : Il me semble que techniquement, la Société Générale n’est pas victime, mais plaignante.

    Commentaire par kuk — 04/07/2012 @ 16:54

  107. suite : Si l’instruction a bâclé son travail, c’est comme l’a dit Aliocha, parce que le juge a eu l’impression que Kerviel le menait en bâteau en ayant tenté de l’enfumer. Aliocha l’a résumé plus prosaïquement : « Kerviel ment ». Maintenant, ce n’est pas parce qu’un accusé ment qu’on doit se dispenser de continuer à chercher des faits à sa décharge, même si c’est énervant…

    Commentaire par kuk — 04/07/2012 @ 16:57

  108. Petit aparte pour Lambertine. Pourquoi dites-vous ca sur votre pays ? Ce n’est pas vrai,vous savez. Nous vivons a l’etranger et nous sommes amis avec une famille flamand/wallon. C’est qqch qui revient souvent dans leurs propos a eux aussi, et a chaque fois cela nous etonne et nous attriste.

    Pour ce qui est de la question des diplomes.
    Je crois que ce que j’ai pu dire a ete rapporte hors contexte. C’est precisement parce qu’il ne sort pas d’une grande ecole qu’une partie de l’opinion publique a pu se projeter facilement en Jerome Kerviel, le Francais moyen aux diplomes moyens pour ainsi dire.
    Du reste je pense que cela a de l’importance pour comprendre l’affaire. Il y a a SGCIB peut etre plus que dans d’autres entreprises une sorte de hierarchie implicite basee sur les diplomes, en particulier celui de Polytechnique. Des lignes completes du plus junior au boss Mustier etaient ( et sont encore) constituees d’X. Et ce n’est pas ce que l’on accomplit en tant que professionnel, pour reprendre votre propos, qui compte toujours le plus en definitive. On peut le deplorer mais c’est comme ca. C’est tres francais en effet, quoique Oxbridge en UK et l’Ivy League aux US… Il ne faut pas non plus croire le mythe anglosaxon du  » tout est possible a ceux qui le veulent » meme si c’est un peu vrai : les plafonds de verre existent aussi, meme si vous pouvez trouver qq contre exemples. Que Kerviel ait pu en ressentir une certaine aigreur (peut etre legitime) et que cela l’ait pousse au tout debut a prendre des risques (avant de tomber dans la demesure) pour prouver ce qu’il valait me semble une explication tres plausible.
    Et puis il ne faut pas pousser : les diplomes, en particulier des grandes ecoles, veulent dire qqch, n’en deplaise a ceux qui n’ont pu pour qq raison ou voulu les tenter !

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 17:15

  109. Tres juste Kuk, autant pour moi. Je m’y connais encore moins en droit qu’en trading. Sans doute un certain sentiment d’injustice a-t-il transpire dans ce presque lapsus !

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 17:32

  110. @maelle

    Effectivement, on voit bien dans les fait ce que la ligné de Xs du plus complet junior au X à réussi à faire à la SocGen. Vous êtes en train de dire qu’un petit gars de la campagne avec un diplôme d’une école de seconde zone a pu tromper une armée de X avec un système informatique à plusieurs milliards ? Vous y croyez pour de vrai ? « Je m’y connais encore moins en droit qu’en trading », vous pouvez y ajouter l’informatique.

    Et non je crois que vous faites erreur dans la projection. Les gens se sont projetés facilement dans JK parce que c’était le dernier clampin en bout de chaîne qui est responsable de tout et que TOUTE la ligne de X si intelligents et si savants expliquent qu’ils ne pouvaient pas voir et que ceux qui sont partie (parce que ‘responsable’ ?) ont empoché l’équivalent de 62 ans de smic. Les gens ne se sont pas projeté dans cette médiocrité (comment pouvez-vous pensez ça ? c’est juste puant) mais dans l’individu écrasé par le système et les réseaux.

    Depuis le début vous rabaissez JK parce que cela sert votre discours qui explique qu’il était seul responsable : petite école, petit milieu, pas très intelligent, flambeur, puis joueur, puis jaloux, puis inconscient, puis menteur, puis malhonnête, puis aigri, puis …. . Vous y croyez vraiment ou vous construisez juste un discours ?

    Commentaire par toto — 04/07/2012 @ 18:00

  111. Non j’y crois vraiment, car on peut ne pas etre un as en math mais tres bien reussir a tromper tout son monde (ce n’est pas pareil comme « talent ») surtout dans la realite complexe de la BFI de la SG a cette periode. Mais j’ai l’impression qu’on repete toujours les memes choses.
    Pour ce qui est de l’informatique, vous plaisantez ; tout le monde sait que l’informatique est bete au possible au fond et, c’est bien le probleme ici, qu’en deshumanisant les rapports sociaux dans les entreprises peut etre a l’origine de grosses bevues. En plus, a SGCIB le systeme informatique etait a la traine de l’explosion du front office.
    Je suis peut etre puante (tjrs sympa toto, d’ailleurs c’est vous qui dites mediocre) mais surtout realiste et sans doute un brin cynique. Vous voyez la bouteille a moitie pleine (pot de terre contre pot de fer), moi je la vois a moitie vide (complaisance populiste). En tout cas mon point de vue vous derange, inacceptable a l’heure actuelle sans doute.
    Oh d’ailleurs, avec son salaire Kerviel n’etait pas vraiment le dernier clampin, comme vous dites, mais bien au milieu du systeme, encore un paradoxe.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 18:54

  112. @laplumedaliocha

    Bonjour,

    Sans attendre je vous présente mes excuses pour ne pas avoir salué à mon arrivée, à l’occasion du dépôt de ce lien. Au terme de mon commentaire, j’espère que vous jugerez cette impolitesse « réparée ».

    Je suis certain que vous m’autoriserez par ailleurs à ne pas m’attarder sur cette affaire de « pigeon », même si le « dossier » tel qu’il a été traité rendrait sans doute particulièrement approprié l’emploi d’un tel terme, au moins sur certains de ses aspects… 😉

    Quant à la publicité, étant donné qu’il n’y en a pas sur mon blog, je ne vois à quoi vous faites allusion : il s’agissait ici, humblement, de proposer un complément de regard sur le dossier, face à la belle unanimité qui semble régner parmi ceux dont le métier consiste à rendre compte des faits mais aussi à apporter, par leurs compétences, une prise de recul critique sur les évènements. Un blog est dès lors de mon point de vue un lieu d’échanges, pas de « publicités ».

    Ce recul, me semble avoir été – je l’avoue volontiers – assez peu caractéristique du rendu qui a été fait de ce procès en appel où les commentaires, souvent d’une rare violence, ont été assez systématiquement à charge de l’accusé. Reste à savoir si cela aura influencé, d’une manière ou d’une autre, les perceptions de ceux qui, comme vous et moi, n’ont pas eu la chance de pouvoir assister en direct aux audiences et de se forger une conviction.

    J’en viens enfin à ce « clan Kerviel » , pour reprendre votre formule, auquel vous semblez vouloir m’associer.

    Je suis professeur des universités. J’espère être indépendant comme m’y invite – ou m’y contraint, c’est au choix – notre constitution. De ceci, je me suis déjà expliqué ici : http://0z.fr/7q8yU

    Cela peut conduire parfois à s’engager, lorsque l’on considère que des éléments susceptibles d’éclairer une affaire – qu’elle soit juridique ou d’une autre nature – n’ont pas été versés à un dossier. Dans le cas du procès en appel de Jérôme Kerviel, c’est ce que me suis contenté de faire depuis deux ans, assez choqué par le fait que le procès de première instance n’ait pas été l’occasion d’aborder des points de gouvernance d’entreprise qui me semblent d’importance.

    Je m’en suis expliqué en d’innombrables occasions sur mon blog. Singulièrement dans ce billet : http://0z.fr/uJUDQ et celui-ici : http://0z.fr/_yAIE Pour votre information, ce dernier billet a été publié dans les pages idées du monde.fr sous l’entrée : « abus de confiance : un appel pour une jurisprudence ? ». De même, un chapitre d’ouvrage scientifique, destiné à un public plus averti, est consultable ici : http://0z.fr/HTNHy

    Si vous lisez l’anglais, il me semble qu’un texte commis par un professeur d’Harvard, unanimement considéré comme fondateur du corpus de la gouvernance d’entreprise, et qui à ma connaissance n’appartient à aucun « clan », est susceptible d’apporter un regard fort différent de celui généralement porté dans les ouvrages destinés à un public pas toujours très averti, moins des techniques financières que des pratiques de gouvernance. Vous le trouverez en lien sous le second graphique repris dans le billet suivant, que j’ai modifié : http://0z.fr/YgcGA

    Sachez enfin que je n’ai perçu aucune rémunération de quelle que sorte que ce soit pour apporter le concours de mon expertise. Aussi, vous comprendrez que je ne saurais laisser dire que j’appartiendrais à un quelconque « clan », pour reprendre votre formule. Je note simplement que recourir à ce genre de propositions sémantiques « chocs » a le mérite de confisquer tout débat. N’en déplaise, par-delà le cas d’espèce qui nous occupe ici, les scandales financiers se succèdent. Je serais ravi que l’occasion nous soit donnée, un jour, d’en débattre des motifs profonds.

    Dans toute démocratie, les abus – qu’ils soient de confiance, de pouvoir, faiblesse… – s’ensemencent toujours d’abord dans la méconnaissance. Jamais je n’ai poursuivi d’autres objectifs que de tenter de partager celles que j’espère avoir pour élever les débats, sans jamais penser que je pourrais être celui qui détiendrait la (bonne) réponse, surtout juridique.

    C’est à la cour qu’il revient de trancher les responsabilités et culpabilités. J’ai jugé, et continue de le croire, qu’il revient à des universitaires comme à des journalistes de veiller simplement à ce qu’elle le fasse en connaissance des causes mais aussi, parfois, des raisons. Je suis certain que sur ce point-là, au moins, notre accord est total. Sachez qu’il l’est probablement plus que vous ne semblez le penser.

    Bien cordialement,

    Jean-Philippe Denis

    Professeur à l’Université Paris Ouest

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 04/07/2012 @ 19:13

  113. @Jean-Philippe Denis : voilà qui est mieux. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu, si votre commentaire a tardé à apparaître, c’est qu’il contient plus de deux liens, ce qui déclenche automatiquement le barrage de mon chasseur de spam. Je viens de le voir et donc de le débloquer.
    Sur le fond, vous est-il venu à l’esprit que la presse pouvait émettre un avis qui, à défaut d’être le vôtre, n’en n’était pas moins digne d’intérêt ? De là à dire que le rôle des journalistes serait d’éclairer la cour, je crains que non. C’est tout le contraire, les juges se gardent bien de lire la presse relative aux affaires qu’ils jugent et ils ont raison. « L’opinion publique, chassez la cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche ! ». Au mieux la presse peut faire remonter des débats utiles à la culture générale du juge sur le domaine dans lequel il intervient, mais pour ce que j’ai pu observer Mireille Filippini connait parfaitement son sujet. Restent éventuellement les révélations de la presse d’investigation qui peuvent nourrir une enquête judiciaire, hélas, trois fois hélas, pour l’instant elles ne vont pas dans le sens de la défense.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/07/2012 @ 19:50

  114. Merci, Professeur Denis, votre objectivité vous honore et apporte un contrepoint particulièrement éclairant sur cette affaire.

    Puisse la Justice considérer cette responsabilité de la gouvernance de SocGen et, non pas exonérer Jérôme Kerviel de ses fautes, mais les faire partager à l’ensemble de sa hiérarchie.

    C’est ce que j’essaie de justifier ici depuis le début, malheureusement sans grand succès !

    Commentaire par ramses — 04/07/2012 @ 19:58

  115. @maelle

    je serais un petit informaticien de province avec un diplôme d’une école de seconde zone et je devrais faire une logiciel informatique de surveillance pour une banque qui a plus de 10 000 euros (pas en millions) à mettre, dont la « coeur de métier » est de ne pas prendre de risque et d’avoir TOUJOURS des positions couvertes, la première, je dis bien PREMIÈRE chose que je ferais serait de coupler DIRECTEMENT le logiciel de « trading », celui qui passe les ordres avec celui de contrôle afin d’associer DIRECTEMENT les 2 (ou plus) opérations de couvertures, et si j’avais 5 000 euros de plus (de budgets) ce logiciel enverrait EN TEMPS RÉEL le solde au cours du moment de CHAQUE opération ou groupe d’opérations, assurant de fait, le suivi par TOUTES LES INSTANCES de la position de chaque trader (qui ne pourrait travailler qu’avec son compte). Ah et bien entendu impossible de poser une « fausse opération » puisque chaque opération DOIT être un ordre de transaction VALIDÉ ET NON ANNULÉ.

    Si j’avais 5 000 euros supplémentaires je mettrais un « petit » blocage qui empêcherais TOUTE opération supplémentaire dès lors qu’un certain seuil est atteint en « perte(ou gain) latente » autre que de « couvrir cette perte » : par exemple une opération de couverture, validé par le logiciel de contrôle AVANT de passer au logiciel qui donne les ordres sur le marché.

    Bien sûr si nous sommes dans le cadre d’une banque comme celle décrite par monsieur bouton : de la bonne gestion en bon père de famille d’une petit desk de trading qui s’amuse sur quelques centimes et quelques contrats pour « gagner » quelques centaines de millions par an et au grand dieu JAMAIS jouer gros sur de gros volume et de gros montant et on n’a pas vu parce qu’il a mis dans son tableur excel une fausse opération. WTF !

    Et puisque je suis super sympa je poserais GRATUITEMENT une limite en valeur sur une opération que l’on peut passer sur le marché.

    C’est aussi simple qu’un logiciel de compta à 50 euros : on ne peut pas valider si les écritures ne sont pas équilibrées. En plus ca simplifierait de beaucoup la vie des employés : ils connaîtraient, en temps réel, leur position sans avoir besoin de le retenir. Ce serait parfait comme système pour cette petite banque bien tranquille.

    Oui, vous y voyez la complaisance populiste et en même temps vous ne pouvez pas imaginer une seule seconde que ce beau petit monde bien diplômé de la kapital de cette bonne vieille institution vénérable puisse être des pourris et/ou des menteurs. Angélisme ? élitisme ? ou juste le coté « pas de ça chez nous » …. pour ne pas dire plus ?

    Commentaire par toto — 04/07/2012 @ 20:21

  116. @toto

    Bravo ! Je pense comme vous qu’un petit logiciel à 20.000€ permettrait de résoudre l’ensemble des problèmes, actuellement noyés dans une usine à gaz tellement complexe que même des X n’y comprennent que dalle…

    Alors, pourquoi un système aussi simple n’est-il pas mis en place ?

    Elémentaire, mon Cher :

    1) La Banque n’est pas celle décrite par ce bon M. Bouton…

    2) « On fait confiance » et les « fusibles » c’est bien utile !

    Commentaire par ramses — 04/07/2012 @ 20:32

  117. @ramses

    Merci.

    @laplumedaliocha

    « Voilà qui est mieux »… Comme on dit au football (c’est de saison !) : 1 partout au niveau de l’impolitesse. Et la balle, donc, au centre…

    Reste cette idée qui « ne me serait pas venue à l’idée » concernant la communauté des journalistes – si tant est qu’elle soit uniforme. Ma réponse ici est très franche et directe : n’ayant jamais vu évoqués des points pratiques de gouvernance – relations entre choix stratégiques et valorisation boursière, nominations et responsabilités des membres du CA préalablement à janvier 2008, quid de la composition du comité d’audit… – je maintiens qu’il ne s’agit pas d’une divergence d’avis a priori mais bien de donner droit de cité à ce qui constitue aujourd’hui encore un véritable « trou noir » de cette affaire.

    Enfin, pour votre information, sachez que la littérature théorique qui légitime les pratiques de gouvernance anglo-saxonnes fait l’objet de débats très sérieux, et pas seulement en France. A aucun moment, je n’ai vu la presse prendre le soin de s’y pencher ou d’y faire référence. Au risque de s’en tenir à une sempiternelle redécouverte des mêmes symptômes plutôt que de se risquer à comprendre les ressorts de certaines « maladies » ? C’est une thèse qui se défend.

    Dans tous les cas de figure, la littérature sur l’architecture organisationnelle issue de la théorie positive de l’agence est très claire : si les dirigeants sont fortement rémunérés pour assumer les responsabilités, ils le sont aussi pour concevoir les systèmes de contrôle et d’incitations / sanctions. Excellent texte ici : http://leg.u-bourgogne.fr/wp/1010201.pdf

    Cela n’exonère pas d’éventuels mensonges sur lesquels je me garderais bien de m’exprimer. Cela pose en revanche clairement la question de l’hyper-responsabilité des mandataires sociaux de l’entreprise. D’ailleurs, l’avocat général lui-même n’a-t-il pas jugé, au terme de sa plaidoirie, qu’un jour la jurisprudence dite « Alcatel » qui fonde le dédommagement de la Société Générale (personne morale) devrait sans doute un jour évoluer ? Il ne me semble pas qu’il puisse être taxé de faire partie d’un quelconque « clan Kerviel »…

    Ma critique essentielle envers le traitement journalistique (livres comme articles de presse ou billets de blog) de l’affaire est là, par-delà les aspects théoriques : on confond les accusations portées par le Ministère public (action publique) à l’encontre d’un salarié qui aurait fauté dans l’exercice de son contrat de travail (et non de son « mandat »…) et une « amende » qui pourrait lui être imputée de 4,82 Mds d’€ (à la demande d’une des parties civiles).

    Ce point a été soulevé – légitimement, il me semble – lors de la première plaidoirie de la défense le 28 juin. C’est d’ailleurs une conclusion du même type qui a conduit le conseil des petits porteurs à se ranger du côté de la défense. De ceci, je n’ai trouvé nulle part l’écho, à l’exception peut-être du site de « La Tribune ». Reconnaissons que c’est bien maigre.

    Enfin, je pense évidemment comme vous que les juges sont indépendants. Comme je pense qu’il est humain de lire des livres ou des journaux… Parfois, cela peut orienter voire déclencher des biais cognitifs de perception. D’ailleurs, si tel n’était le cas, on se demande bien pourquoi les conseils, qu’ils soient en attaque ou en défense, prendraient un tel soin à s’exprimer devant les caméras… ou à se « promener » nonchalamment parmi les journalistes pendant les audiences.

    Bien cordialement,

    J.-Ph.Denis

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 04/07/2012 @ 21:09

  118. Votre vision est assez simpliste Toto.
    Je n’ai pas du tout l’impression de faire preuve d’angelisme tout au contraire. Pour pouvoir critiquer et peut-etre remedier a certaines choses, encore faut-il essayer de les les connaitre et les comprendre. Dans votre cas ca ne me semble pas etre le cas. Vous vous etes forge une conviction, libre a vous. Pour ma part j’ai des informations sures ( je ne suis pas idiote au point de penser que vous croirez sur parole, mais c’est pour expliquer mon point de vue), et je sais que la theorie des complicites hierarchiques et du complot c’est bullshit. Mon analyse decoule de ces connaissances.

    Le desk delta one, au demeurant, tous ces X haut places s’en moquaient, le nez dans leur guidon de leurs affaires bien plus juteuses. C’etait un truc qui roulait tout seul. Vous savez d’ou vient ce nom au demeurant ridicule, du fait que ce trading vanilla traitait des derives de premier niveau, non complexes.

    Je ne pense pas que la SG c’est le monde des gentils face au mechant Kerviel. L’affaire a revele les tres graves problemes d’une machine qui s’emballait. Mais celui qui a deconne, l’etincelle, c’est bien Kerviel. L’intention de nuire : pas au debut en tout cas, de l’inconscience sans esprit de responsabilite plutot ; en revanche, je m’interroge sur les derniers coups que Kerviel a faits aux derniers moments quand il a realise que c’etait fini, comme pour couler la banque avec lui.

    Pour la faiblesse de l’informatique. Deja comme cela a deja ete dit, une banque ce n’est pas l’armee ou une centrale nucleaire, on ne parle pas du meme risque. Un systeme informatique trop strict empecherait de faire des affaires (vous voyez a quoi ressemble la corbeille de Wall St). En plus, c’est vrai, la retention d’informations est une specialite des traders, tres soucieux de preserver leur pres carres bonus. Mais de la a faire ce qu’a fait Kerviel, du rogue trading (je sais que ca vous enerve), il y a un monde.

    Un petit mot pour Ramses en passant : la plupart des salaries de la SG, a quelque niveau que ce soit, ne pouvaient pas s’encadrer Daniel Bouton.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 21:47

  119. @maelle…

    merci j’adore le « Pour ma part j’ai des informations sures »…. et ?

    ce n’est pas la faiblesse de l’informatique mme j’ai_des _nformations_sûres (de SocGen, vous dire si elle sont fiables puisque c’est une partie du procès): c’est un _choix_ stratégique de pouvoir faire n’importe comment et n’importe quoi parce que ceux qui poussent le bouton en ont le droit.

    vous dites : il a continué jusqu’au dernier moment pour « faire couler la banque » : la dite banque avait ENCORE du bénéfice cette année là et a AUSSI distribué des dividendes, donc il était à des millions d’année lumière de faire couler la banque. peut être l’a-t-il fait parce qu’il pensait être couvert ?

    vous ne faites que poser des éléments de langages qui ne servent qu’a « créer des biais cognitif », comme une publicité : après le « quand c’est trop c’est tropico », « JK le rogue trader pon pon »

    Enfin, je peux vous assurez que mon système de trading à 20 000 euros marcherait bien mieux que ce qui semble exister, sauf si le but c’est de prendre tout plein de risques : mais là monsieur bouton à menti : c’est quoi déjà ce qu’on risque quand on ment à la barre ? (ah c’est vrai vous êtes spécialiste ni en droit, ni en finance, ni en informatique) juste en affirmations. 🙂

    Commentaire par toto — 04/07/2012 @ 22:02

  120. Mme

    Me Veil qui défend ? quel agenda…

    Commentaire par toto — 04/07/2012 @ 22:40

  121. Bonsoir Jean-Philippe Denis,

    Vous avez raison on ne peut pas taxer de « clan Kerviel » M. Gaillardot qui a aussi, implacablement, rappelé que : « La justice ne saurait tolérer que certains abusent des faiblesses des systèmes pour mieux les tromper ».

    Sur la jurisprudence « Alcatel » et la théorie de l’acte anormal de gestion en droit fiscal, M. Fouquet, président de la section des finances du Conseil d’Etat, y voit un obstacle au développement économique : « Dans la vie, il y a des coups où on perd, d’autres où on gagne. Ne laissons pas l’administration fiscale et le juge jouer au poker avec les entreprises : il n’y aurait que des perdants »… c’est une autre vision !

    Quant au concept de « corporate governance » et sa théorie de l’agence apparue dans les années 70 aux Etats-Unis, comble de l’ironie, en France c’est avec la Société Générale que la réflexion s’est imposée avec le rapport Viénot de 1995 (mon ancien employeur !) à l’origine de la recommandation de la COB (devenue AMF) qui a retenu les principales orientations (Bull. COB, nov. 1995, p.57 – Gouvernement d’entreprise, évolutions récentes en France et à l’étranger » – Adde, OCDE, principes relatifs au gouvernement d’entreprise, avril 1999).

    La réflexion a été complétée par une avalanche de rapports proposant de réformer – encore – le droit des sociétés afin que soient mieux pris en compte les impératifs du gouvernement d’entreprise et là encore qui on trouve je vous le donne en mille ? : le rapport Bouton ! (septembre 2002), puis le rapport de l’institut Montaigne (mars 2003), rapport cosigné par l’AFEP, l’ANSA et le MEDEF (octobre 2003) enfin le rapport juridique de la CCIP (octobre 2003), sans oublier le plan d’action de la Commission européenne en droit des sociétés.

    Cela étant, lorsque vous faites grief aux jounalistes de confondre :  » un salarié qui aurait fauté dans l’exercice de son contrat de travail (et non de son “mandat”…) ça change quoi selon vous ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/07/2012 @ 23:24

  122. Vous reprenez mes propos en les deformant ce qui est sans doute plus facile pour m’opposer vos arguments.
    Je n’ai jamais dit que le fait que j’avais acces a certaines info etait un argument en soi, je le dis par honnetete. Et vous que faites-vous a part affirmer vos convictions ? Si vous aviez des preuves, il fallait contacter Me Koubi, il aurait ete ravi de vous recevoir.
    Les agissements de Kerviel les derniers temps ont deja fait s’interroger beaucoup de monde a part moi.
    Vous etes expert en outils informatiques pour les banques d’investissement ? Decidement vous vivez dans un monde bien peu complique. Je ne vois pas en quoi Bouton a menti, mais bon.

    Commentaire par Maelle — 04/07/2012 @ 23:34

  123. @Le Chevalier Bayard : bon sang, vous avez bossé pour Socgen, mais jusqu’à quand ? Bon, sinon, je me souviens avoir titré à l’agefi en 2002 : Bouton 1 recommande d’appliquer Viénot 2. En clair, le gouvernement d’entreprise fondé sur le volontariat et confié pour la théorie aux soins exclusifs de l’afep et du medef, ça ne mène quasiment nulle part…J’ai bien aimé d’ailleurs quand Jouyet a dit à son arrivée à l’amf : l’amf ne sera pas le notaire de l’afep et du medef en matière de gouvernance….

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/07/2012 @ 23:38

  124. On aura beau énumérer ad infinitum tous les défauts des banques (pourquoi pas de logiciel bloquant les prises de positions des traders à partir d’un certain seuil ? par exemple), leurs failles dans la surveillance des rogue traders, leurs malhonnêtetés diverses (l’actualité en est pleine) à commencer par les subprimes et les produits pourris refilés en douce à toutes les banques, cela n’efface pas les faits de délits dont peuvent se rendre coupables tel ou tel agent bancaire, que ce soit Madoff ou Kerviel.

    Kerviel a éclaté le plafond des délits jusqu’ici commis par les rogue traders, et ce qu’il a fait relève de la justice.
    Quand un patron, commet des fautes qui sont susceptibles d’être considérées comme des délits par la justice, il arrive que la justice soit saisie.
    Quand c’est le président de la République, lorsque son immunité s’achève, de même.

    Je ne comprends pas la faute de raisonnement qui consiste à dire en substance : tant que le procès des banques n’est pas fait, et que tous les directeurs de banque ne sont pas passés au tribunal, Kerviel ne devrait pas l’être.
    On mélange un peu tout là.
    Un procès en idées n’est pas un procès devant un tribunal.
    Mettre en cause la logique financière des banques d’investissement, relève des analyses critiques que peuvent faire les études du sujet.
    Mette en cause en justice quelqu’un, susceptible d’être responsable d’un délit, suppose une plainte pour le délit correspondant à partir d’éléments factuels.
    C’est le cas de Kerviel.
    Pour le patron de la Barclays, attendons la suite.
    Ce fut le cas de Madoff.
    à France-Telecom on a actuellement un exemple de patron mis en examen et une partie de l’équipe dirigeante entendue par la police.
    http://www.liberation.fr/societe/2012/07/04/suicides-a-france-telecom-vers-une-mise-en-examen-de-l-ancien-pdg_831060

    Est-il vraiment anormal que les rogue traders aient des comptes à rendre en justice quand ils ont trompé leur employeur et n’ont pas respecté les règles qui leur ont été données, voire lorsqu’ils ont coulé une banque ? (Leeson et la Barings) ?

    Et par ailleurs penser que ce sont les juges qui viendront à bout du système financier mondial, de sa logique spéculative, de ses placements qui enfreignent les règles émises par les Etats, et même de ses placements verreux, et de ses diverses malhonnêtetés, est bien s’illusionner.

    La question est politique : vu la puissance de la finance aujourd’hui, les Etats ont-ils les moyens de lui imposer des règles et de les faire respecter ?
    Elle est aussi technique : où il apparaît que si on se demande qui contrôle la technique ? Personne. Les systèmes informatisés permettent des conditions de travail et des modèles d’organisation du travail aberrants aux effets inquiétants -il en a déjà été question vers 54-55

    Faire le procès des banques, oui, bien sûr, et de l’organisation informatisée du travail des traders, oui aussi, et de ce qu’est devenue l’organisation du travail grâce à l’informatique -assez stupide comme il a été souligné- certes, mais en quoi cela disculpe Kerviel s’il a commis des abus de confiance et des faux ?
    Je ne comprends pas ce télescopage de questions distinctes qui tendent à produire des sophismes.

    Et les discussions de plus en plus polémiques posées en termes d’affrontement de partisans de Kerviel contre partisans de la banque, n’ont pas de sens.
    Il y a peut-être des partisans de Kerviel, ce à quoi tend sa campagne médiatique qui s’imagine saisir l’opinion pour que celle-ci pèse sur la justice, mais il n’y a pas de partisans de la banque ! Ni des banques en général, qui ont tendance à envoyer l’économie mondiale dans le mur quand elles dépassent les limites, et qui se paient régulièrement des scandales quand leurs malhonnêtetés éclatent, ni de la SG en particulier, dont l’image et la réputation ont été sacrément amochées avec cette affaire de son trader qui risquait des milliards qu’elle n’avait pas .

    La question c’est de savoir si Kerviel mérite une peine pour ses délits, quand d’autres délinquants sont impunis.
    Si on pouvait transposer au circuits de la drogue -pas tout à fait comparable puisque ceux-ci sont illégaux- doit-on accepter que les trafiquants soient punis lorsqu’ils sont arrêtés, ou doit-on s’indigner que la justice passe et condamne, alors que les plus grands responsables sont impunis ?

    Pour les circuits financiers, c’est bien pire puisqu’ils sont légaux. On ne peut donc imputer a priori et in abstracto aux plus grands responsables d’être des délinquants aussi longtemps que des faits précis ne sont pas établis (Madoff, Barclays etc.)

    Commentaire par Schmilblick — 04/07/2012 @ 23:42

  125. Bonsoir Aliocha,

    De 1979 à 1994 ! Je vous l’avais déjà dit j’y suis resté 15 ans !

    Sur la critique du traitement de cette affaire et notamment de certains points pratiques de gouvernance : « relations entre choix stratégiques et valorisation boursière, nominations et responsabilités des membres du CA préalablement à janvier 2008, quid de la composition du comité d’audit…  » trouvez-vous cette remarque pertinente ? Fallait-il les aborder pour l’information du « grand public » ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 04/07/2012 @ 23:58

  126. @Schmilblick

    Comparer Kerviel à Madoff, voire à un trafiquant de drogue ou même à Nick Leeson… On croit rêver !!

    Commentaire par ramses — 05/07/2012 @ 00:26

  127. @Schmilblick

    « La question c’est de savoir si Kerviel mérite une peine pour ses délits, quand d’autres délinquants sont impunis. »

    Oui, c’est une vraie question, à laquelle le 1er Jugement n’a pas répondu.

    Commentaire par ramses — 05/07/2012 @ 00:29

  128. Commentaire par ramses — 05/07/2012 @ 00:47

  129. Pratiques trompeuses, pour les banquiers, tel est le point commun,. Après c’est une question d’échelle, de moyens, de responsabilités, de types de délits.
    Quant au circuits de drogue c’est une analogie pour essayer de faire comprendre, ce à quoi vous paraissez rebelle ramsès mais peu importe, cela fait un bout de temps que je n’essaye plus.

    Moi ce que je dis c’est que le monde des banques d’investissement embarquées dans la logique du « toujours plus », est amené, dans ses spéculations folles, à rencontrer la malhonnêteté, -les pratiques malhonnêtes, frauduleuses, les paradis fiscaux et l’argent de la mafia, plus important dans sa masse que les réserves des Etats- mais, pour les banques, il faut voir que ces malhonnêtetés et pratiques frauduleuses se produisent sur un fond de « guerre de chacun contre chacun » -vieille formule (de Hobbes) qui désigne l’état pré-politique où la violence règne partout et menace tous ses membres, faute d’Etat qui imposerait ses lois grâce à une autorité forçant à l’obéissance.
    Les banques sont dans ce rapport de « guerre de chacun contre chacun » ou de « guerre de tous contre tous ». La violence des rapports financiers est phénoménale : voir les rapports de Lehmann Brothers et JP Morgan, la 1° accusant la 2° de l’avoir trompée grâce à un produit financier destiné à tromper et d’avoir ainsi précipité sa chute.

    Ce que je dis, c’est que ce n’est certainement pas la justice qui par des procès et condamnations y changera quoi que ce soit car c’est une violence systémique. La justice ne traite que de cas particuliers, jugeant tel ou tel pour des délits. Peut-être d’autres y passeront-ils, peut-être des banquiers, Kerviel n’est pas seul à commettre des délits, c’est certain. Mais ça ne changera pas le système.

    En revanche, cette affaire Kerviel, ET les autres affaires -comparables pour ce qu’elles révèlent du capitalisme financier- seront peut être l’occasion d’édicter certaines lois imposant des règles aux banques d’investissement quant à leurs produits boursiers, à la gestion de leurs traders, à leur gouvernance. Comme tout accident impose de nouvelles règles techniques.
    Peut-être, cela n’est même pas certain , car c’est problème politique : les Etats / le pouvoir politique a-t-il ce pouvoir face aux logiques financières , autre que de modifications aux marges ? Et c’est également un problème technique. Je ne détaille pas. Mais qui contrôle quoi quand des millions d’opérations boursières sont effectuées en une fraction de seconde, qui font bouger les cours ? … etc. et tout le reste dont on parle à l’occasion de cette affaire, sur les missions des traders, leur fonction, et les outils qu’on leur donne dans ce cadre.

    Commentaire par Schmilblick — 05/07/2012 @ 01:01

  130. @Schmilblick

    Vous touchez du doigts exactement le problème : « Mais qui contrôle quoi quand des millions d’opérations boursières sont effectuées en une fraction de seconde, qui font bouger les cours ? »

    La question qui n’a pas été vraiment traitée dans le dossier : « est-ce qu’il y avait une opération en cours à la SocGen pour « faire bouger les cours ». La seule manière de répondre à cela était de saisir les boites mails et analyser les opérations sur 6 mois avant et après débouclage de toutes les filiales SocGen (y compris dans les paradis fiscaux).

    Parce que si effectivement personne ne savait et que toute l’enquête à charge ET décharge de JK et l’analyse de toutes les transactions ne montre rien : plus personne ne se poserais la question. MAIS comme toutes les procédures ne _semblent_ pas avoir été faite, il reste un doute, dans pas mal d’esprit.

    Et cette absence d’enquête _profonde_ pour infliger une amende de 5 milliards, c’est juste pas « raccord ».

    SI c’est vrai que les DI sont juste un copié collé des demandes de la banque, sans une seule expertise, je trouve cela un peu limite comme « justice ».

    je ne dis rien de plus.

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 01:10

  131. @Schmilblick

    Je suis assez d’accord avec votre comm. 130 et je veux bien admettre que votre analogie de Kerviel avec un trafiquant de drogue était une métaphore… Dont acte !

    Par contre, après la mise en examen de Didier Lombard, je trouverais équitable que Daniel Bouton lui emboîte le pas… N’a t-il pas mis, lui aussi, la vie de ses salariés en danger, en n’appliquant pas les règles de saine gouvernance qui régissent les grandes Entreprises ?

    Vous noterez que dans le cas de FT, c’est son ex-PDG qui est mis en examen… Chez SocGen, c’est un lampiste. Et chez Barclay’s, je serais étonné que ce ne soit pas son PDG qui trinque.

    L’Express du 3/7 :

    « Bob Diamond, doit témoigner mercredi devant la commission parlementaire chargée de l’enquête, et Marcus Agius le lendemain. En plus du volet réglementaire, les autorités britanniques envisagent désormais de les poursuivre pénalement. « Je suis très déçu parce que les événements de la semaine dernière donnent une image de Barclays et de ses employés qui ne pourrait pas être plus éloignée de la réalité », a seulement commenté ce mardi l’intéressé. Sans espoir visible de se réconcilier un jour avec les Britanniques. »

    Commentaire par ramses — 05/07/2012 @ 02:54

  132. Challenges rapporte que, dans le cadre de la plainte de DK contre Socgen, la Brigade Financière s’intéresserait aux fameuses boîtes mail et au serveur de la Fimat
    http://www.challenges.fr/entreprise/20120702.CHA8361/apres-le-proces-l-enquete-kerviel-continue.html

    Si les investigations vont à leur terme, quelle incidence sur le procès en appel et la décision de 24 Octobre? Merci de m’éclairer.

    Commentaire par gabbrielle — 05/07/2012 @ 05:54

  133. @Jean-Philippe Denis : que je sache, mon livre (que vous n’avez pas critiqué mais rayé d’un mot, je pensais les universitaires plus prolixes) se termine par : « tous coupables ». Or, étrangement, vous venez me parler ici comme si j’avais écrit un livre à charge contre Kerviel. Faut-il vous faire observer que le jugement disait quant à lui : Kerviel seul coupable ? C’est donc bien que vous souffrez d’un biais dans votre approche, d’où l’utilisation de « clan ». Ce biais est dû à mon avis au fait que vous ne comprenez pas qu’on est devant la justice pénale et que celle-ci est brutale : on est coupable ou pas, le reste n’est que polémique. Or, JK a avoué, fin de l’histoire. Le fait que sa hiérarchie ait pu savoir et le couvrir, l’hypothèse d’une manipulation, peuvent éventuellement faire bouger les lignes sur la condamnation pénale et l’indemnisation, mais les faits sont têtus : il a fait des faux, investi des sommes phénoménales sans que pour l’instant il soit démontré qu’il avait l’autorisation de le faire (tout porte à croire le contraire) et rentré de fausses informations dans les systèmes. Maintenant qu’en dehors de la question judiciaire, on s’empare de cette affaire pour réfléchir sur la gouvernance, la régulation financière, la place de la finance dans la société, le management, la fragilité de nos systèmes au-delà de leur sécurité apparente, le développement d’un phénomène de piraterie, la complexité grandissante de notre société qui fait que des pans entiers d’activité échappent potentiellement à l’appréhension des juges, des journalistes et donc des citoyens etc, c’est précisément la raison pour laquelle j’ai écrit le livre. Seulement, si j’avais théorisé sur chacun de ses aspects – et j’en oublie ! – j’aurais écrit 5000 pages et publié en 2050. C’est pourquoi j’ai fait le choix de livrer l’histoire pour que d’autres s’en emparent. Vouloir infléchir le cours du procès au nom de la gouvernance est une erreur de raisonnement. Il y a d’un côté l’oeuvre de justice, de l’autre la part de réflexion. C’est en mélangeant les deux que beaucoup se fourvoient.

    @Le Chevalier Bayard : j’sais pas. Si vous devenez aussi elliptique que Jean-Philippe Denis, je ne vous suis plus 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 10:27

  134. Bonjour Aliocha,

    Je ne reprenais pas à mon compte la réponse que cet universitaire vous a donnée en @ 117 je vous demandais si celle-ci était pertinente, indispensable, nécessaire pour le « grand public » et d’entrer dans des considérations de « gouvernance d’entreprise » donc de donner droit de cité et de ce qu’il appelle le « trou noir » de cette affaire.

    En ce qui me concerne j’en vois pas l’utilité ! Mais bon !

    Enfin, l’essentiel c’est que moi je vous suive surtout lorsque Jérôme Kerviel, lui-même, reconnaît qu’ : « il est vrai que Renaud Van Ruymbeke avait pour mission d’instruire le dossier d’un homme, et non de juger une institution bancaire ». (L’engrenage 2010)

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/07/2012 @ 11:23

  135. @ Aliocha

    A propos d’impolitesse il y a un beau spam en 42 qu’on retrouve sur plusieurs blogs. Réveillez-vous et surtout lisez mon bouquin, les banques et ce monde sont dégueulasses, et vas-y que je m’impose là comme un bandeau publicitaire mais c’est pas grave, la morale c’est fait pour les autres.

    Commentaire par hohoho — 05/07/2012 @ 11:49

  136. @laplumedaliocha :

    Deux rappels, si vous me le permettez :

    1. ENRON http://en.wikipedia.org/wiki/Enron

    2. Sarbanes-Oxley : http://en.wikipedia.org/wiki/Sarbanes–Oxley_Act

    3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_sécurité_financière

    Je vous réponds maintenant sur le fond.

    D’abord, sur les éléments susceptibles d’éclairer les responsabilités ou culpabilités. S’il suffisait d’une « enquête » pour trancher de manière définitive l’ensemble des responsabilités et culpabilités, alors on se demande bien quelle serait la raison d’être d’un procès… Ainsi, si l’action publique est pour l’instant engagée contre le seul Jérôme Kerviel, rien n’indique qu’à l’avenir elle ne pourrait l’être vis-à-vis d’autres responsables. Sur ce point, le cas « Enron » est particulièrement éclairant et édifiant. De même, par-delà l’action publique, vous évoquez rarement les plaintes portées par les parties civiles. Or, c’est là l’un des enjeux du procès en appel puisque c’est bien d’abord sur le montant des dommages et intérêts imputés au seul Jérôme Kerviel que se joue une bonne part de la problématique juridique de cette affaire (sans même évoquer le crédit d’impôt avec conséquence pour l’ensemble des contribuables que nous sommes…).

    Ensuite, sur le fait de s’emparer des sujets de management et de gouvernance pour interroger les questions de société. Par-delà le plaisir de la réflexion et de la dissertation, l’enjeu me paraît aussi d’ordre législatif. L’affaire ENRON avait été l’occasion d’une prise de conscience collective de la société américaine, conduisant au Sarbanes-Oxley Act, lequel a valu depuis nombre de mises en examen et présente la caractéristique – rare, je crois – d’être une loi extra-territoriale. Le SOX act fait l’objet de discussions nombreuses, tant certaines de ses dispositions sont sujettes à interrogations, y compris éthiques (ainsi du whistleblowing par exemple, qu’il aurait été intéressant de voir interrogé dans un cas comme celui de l’affaire « Renault »). Il a fait l’objet d’une « traduction » française avec la loi de sécurité financière. Dans tous les cas, la question du contrôle interne revient toujours avec remarquable régularité. Vous reconnaîtrez qu’il est tout de même sidérant que l’affaire dite « JK » soit intervenue dans la société qui a été tête de pont de toutes les réformes dans ce domaine, ce qui ne laisse pas d’interroger (Rapports Viénot 1, 2… Bouton). Dès lors qu’un jugement est assorti d’ « attendus » et que ceci peuvent argumenter une sanction plus ou moins sévère, il me semble que nous ne sommes pas ici « à côté », mais bien au coeur de ce qui se joue dans le cadre de ce procès en appel (le jugement de première instance n’avait-il pas explicitement fait référence à des éléments relatifs à la personnalité, aux propos voire aux silences de Jérôme Kerviel pour justifier une exemplaire sévérité ?).

    Enfin, sur votre ouvrage. Personnellement, je n’aurais jamais osé écrire un livre qui aurait tranché la question de la culpabilité et de la responsabilité pénale de Jérôme Kerviel, au surplus en le publiant préalablement à la tenue de son procès en appel. Qu’on le veuille ou non, il s’agit de l’avenir d’un homme. Conclure un livre par « tous coupables », alors même qu’un seul fait l’objet de poursuites pénales, c’est – à nouveau, qu’on le veuille ou non – prendre le risque d’influencer les débats à son détriment. Mais en ce domaine, chacun juge d’abord en conscience. Par déformation professionnelle, je suis davantage sensible au fait que les ouvrages à « thèse » se soumettent avant publication à un réel processus… de thèse. Dans ces conditions, on prend le risque de s’exposer délibérément à la critique d’experts et donc à une confrontation de points de vue qui ne soit ni du café du commerce, ni de seuls blogs. A défaut, il me semble qu’une enquête, même de plusieurs années, et aussi minutieuse soit-elle, ne pourra jamais prétendre à d’autre vérité que celle d’une conviction isolée… même si elle recueille à sa publication l’approbation de confrères conquis par avance.

    Je conclus en disant que ce qui rend votre démarche passionnante – et justifie le temps passé à vous lire et à vous répondre… – c’est aussi l’évolution de votre position sur la durée. L’intégrité de votre démarche et votre souci d’objectivité sont indubitablement à votre honneur. Je persiste cependant à penser qu’entre le « souci » et sa « réalisation », il y a un pas… qui procède de ce que l’on appelle dans la communauté académique l’intention scientifique. Et comme on sait depuis un siècle (Max Weber : http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Weber ) que le droit ne saurait être légitimement prononcé sans s’appuyer sur un certain état de la connaissance scientifique (système dit « rationnel-légal ») mais aussi des débats qui l’agitent, alors ce que nous fait du doigt le procès qui nous occupe c’est sans doute ceci : une démocratie reste-t-elle tenable si prime d’abord l’incompréhension et, surtout, le sentiment d’impunité et d’une justice très partiellement rendue ?

    Cela ferait un joli sujet de bac philo. Il me semble d’ailleurs que le premier ministre britannique vient d’en proposer une variation dans le cadre de l’affaire Barclays, en indiquant que le « financier » devait être autant puni que le « voyou » du quartier.

    Exemplarité oblige.

    Bien à vous.

    J.-Ph.D.

    @Le Chevalier Bayard

    Il aura fallu bien des contorsions – d’ailleurs inspirées par la théorie de l’agence… – pour que la représentation d’un travail salarié mené dans un cadre d’autorité hiérarchique devienne celle d’une sorte de relation « mandant – mandataire » généralisée, permettant d’assimiler un « subordonné » à une sorte de « prestataire » dont on pourrait se dédouaner des éventuelles fautes de comportements… effectuées par ailleurs dans le cas qui nous occupe sur une aussi longue période.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 11:55

  137. @Jean-Philippe Denis : ne le prenez pas mal, mais vous me faits penser à ces gens dans les colloques qui, au moment de poser une questions, s’embarquent dans un long monologue qui traduit généralement leur frustration de n’avoir pas été conviés sur la tribune à s’expliquer à la place des intervenants. Ne me reprochez pas de n’avoir pas écrit le livre que vous auriez écrit : écrivez-le ! Je suis journaliste, pas universitaire, mon job à moi c’est de rapporter les faits pour que d’autres s’en emparent. Tous coupables, oui, au sens où l’un avait été condamné quand l’autre a été blanchie, c’est cela que ça veut dire, tous coupables. Je bouge le curseur par rapport au jugement en montrant en quoi la responsabilité de socgen a pu être sous estimée. Publié avant l’appel ? Oui, pour que le public comprenne les enjeux de l’appel et surtout pour avoir l’espoir d’attirer l’attention. Je suppose que vous connaissez le monde de l’édition aussi bien que moi, un bouquin d’actualité qui sort 10 ans après les faits, ce n’est plus un bouquin d’actualité. J’ai tu un grand nombre de choses que je savais sur JK, précisé à la fin du livre qu’il n’était en rien à son origine pour qu’on ne vienne pas lui reprocher d’avoir une fois de plus utilisé les médias (vu que par ailleurs je disais l’avoir rencontré), rien évoqué de nos entretiens qui aurait pu lui nuire, alors même que dans certains cas, cela aurait été utile à la compréhension du public. Croyez-moi, un autre journaliste que moi n’aurait sans doute pas eu ces réserves. Quant à Sox, LSF et Enron, j’écris dessus à peu près tous les jours, alors ne venez pas me les sortir de votre chapeau comme si vous aviez découvert le robinet à tirer l’huile des murs. Qu’est-ce que vous croyez ? Tout cela est en filigrane dans le livre, les éléments que je rapporte ont été choisis pour nourrir cette réflexion là (par préférence aux petits scoops misérables qui m’auraient valu une jolie presse mais aurait cantonné le dossier au simple fait divers).

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 12:19

  138. La confusion constante entre la critique des banques en idées et la mise en cause d’un inculpé pour des délits précis reconnus par lui, ne fait guère avancer .

    Pour l’instant on parle d’un procès qui examine et juge les délits de Kerviel.

    Argument sans valeur en justice que l’inculpé qui dit comme Kerviel en réponse à la plainte de la partie qui se dit victime : je ne suis pas responsable de ce que j’ai fait, parce que c’est la victime qui a occasionné / permis mes délits puisqu’elle n’est elle-même pas dans les règles ; de même pour « le clan Kerviel » qui nie la responsabilité de celui-ci en invoquant qu’il n’est pas seul à commettre des délits pour la raison que le système bancaire tout entier est loin d’être net. Sous-entendu : je travaille pour des délinquants, donc je peux être délinquant. C’est le raisonnement qui est faux.
    (outre qu’il faut prouver la délinquance invoquée des patrons qui, une fois encore sont des banquiers et non des trafiquants de drogue, dont l’illégalité des pratiques n’est pas acquise par conséquent, mais à établir, au cas par cas)

    Si d’autres délits peuvent être établis, ce sont des délits qui s’ajoutent aux délits, et qui doivent donner lieu à d’autres procès il me semble.
    On a l’exemple actuel de la Barclay’s qui confirme que le système bancaire sans régulation produit des malhonnêtetés massives, comme la dite crise des subprimes l’a fait apparaître. En quoi cela disculpe-t-il Kerviel ?

    Travailler au sein d’un système qui engendre des malhonnêtetés en nombre ne leur enlève pas leur caractère de malhonnêteté, non plus que la fréquence des malhonnêtetés les excuserait prises une par une.

    Commentaire par Schmilblick — 05/07/2012 @ 12:23

  139. @Le Chevalier Bayard : ah, c’est bien ce qu’il me semblait ! Je trouve un peu fort de café que le jugement félicite la banque pour sa réactivité, alors qu’on peut raisonnablement penser qu’elle méritait la réflexion inverse. Pour le reste, je pense qu’en racontant simplement l’histoire on permet au public de comprendre qu’il y a eu un problème de management et de contrôle interne et aux spécialistes de méditer dessus à charge ensuite pour le législateur d’en tirer les conclusions. D’ailleurs, il est intéressant d’observer que lors des auditions devant le Parlement des acteurs du dossiers, plusieurs parlementaires ont montré qu’ils étaient parfaitement au fait de ces difficultés. Là encore, je laisse le lecteur en tirer les conclusions. La mienne, c’est que le lobbying joue à plein et que si le public ne mesure pas l’importance d’aborder ces sujets, on restera encore longtemps avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. En ce sens, l’affaire Kerviel, par l’intérêt qu’elle suscite, est l’occasion rêvée d’arracher ces sujets aux lobbyistes et aux colloques de spécialistes, pour montrer que tout ceci a des implications pratiques majeures qui concernent absolument tout le monde. Voilà pourquoi, au grand désespoir de JPD, je me suis abstenue de jargonner sur SOX, LSF et le reste.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 12:29

  140. @aliocha @le Chevalier Bayard

    Je n’avais pas vu votre échange @135 et @136, permettez-moi donc d’apporter un complément.

    Vous l’aurez compris, je suis personnellement convaincu – et je ne crois pas être le seul… – que tenir à distance la problématique de la gouvernance d’entreprise constitue un enjeu très fort de la stratégie de défense de la partie civile dans cette affaire, et peut-être même au-delà, sans pour autant verser dans une « théorie du complot » généralisée (voir par exemple dans Le Monde Economie la chronique « La crise bancaire est d’abord une crise de gouvernance » signée d’A. Hatchuel).

    Je me contente donc de constater que le thème de la gouvernance d’entreprise a été totalement absent des débats, ce qui est pour le moins étonnant si l’on considère le rôle moteur joués par les dirigeants successifs de la SG en ce domaine depuis le milieu des années 1990. C’est pourquoi il est selon moi non seulement surprenant, mais surtout tout à fait incompréhensible, qu’il ne fasse l’objet de discussions plus approfondies dans le cadre du procès de J. Kerviel en raison de l’attention accordée dans tous les codes de bonnes pratiques, mais aussi en théorie, à la question du bon fonctionnement des systèmes de contrôle interne…

    Mais au fond, l’absence de prise en compte de ce thème, tant au moment de l’instruction que dans le cadre du procès de première instance, se comprend sans doute d’abord en la mettant en regard de son omniprésence dès lors qu’il est question de traiter des critères de rémunération des hauts dirigeants de sociétés cotées.

    Vous aurez probablement noté que dans un cas, les « fraudes » et autres « scandales » sont soutenues comme toujours liés à des actions « individuelles » et « isolées », la gouvernance d’entreprise étant évidemment réputée « hors-sujet » et jamais évoquée. Dans l’autre, il ne saurait être question de s’émouvoir des rémunérations très élevées des hauts dirigeants puisque ceci doit se comprendre à la lumière… d’une « bonne gouvernance » d’entreprise. Ce dernier argument est en tout cas celui qui avait été évoqué par Maurice Lévy, en septembre, sur France Inter, en guise de réponse au journaliste qui l’interrogeait sur le débat qui avait émergé en août aux USA relatif à la règle dite « Buffet ».

    J’arrête là mes commentaires : je ne voudrais pas prendre le risque d’être taxé, outre de n’être qu’un élément au service d’un « clan », de monopoliser l’espace de débats contradictoires que constitue cet excellent blog au service de ma seule publicité ( cf. @101). 😉

    Bien à vous.

    J.-Ph.D.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 12:31

  141. @ Jean-Philippe Denis

    Si je vous comprends bien vous remettez donc en cause la qualification juridique retenue par les magistrats du pôle financier et des juges de première instance ?

    Que faites-vous alors de ce contrat de travail qui, précisément, aurait dû être exécuté loyalement par ce salarié ?

    Vous ne répondez pas à ma question ça change quoi juridiquement ?

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/07/2012 @ 12:32

  142. @ JPD si je puis me permettre d’intervenir dans le débat (je n’avais pas vu non plus vos derniers échanges quand j’ai écrit 139 qui ne s’adresse pas à vous particulièrement)

    quand vous écrivez
    « les “fraudes” et autres “scandales” sont soutenues comme toujours liés à des actions “individuelles” et “isolées”, la gouvernance d’entreprise étant évidemment réputée “hors-sujet” et jamais évoquée »

    N’est-ce pas là exactement la limite du pouvoir de la justice ? (pouvoir judiciaire)
    Tandis que la régulation des banques par des codes de bonne conduites et règles qui leur seraient imposées par des lois, relève des pouvoirs exécutif et législatif ?

    Telle est la faiblesse de la démocratie peut-être mais en tout cas ce sont les limites du pouvoir judiciaire qui tiennent à sa nature et sa fonction.

    Et il est vrai que ce qu’il y a de déplaisant du côté des défenseurs acharnés de Kerviel, qui fait parler de populisme, est que, pour défendre leur point de vue, ils sont amenés à mettre en cause la justice, le professionnalisme et l’impartialité des magistrats, comme l’a fait Koubbi du reste occasionnant la réponse de la présidente « je n’ai reçu d’ordres de personne ».
    On tombe facilement du côté du complot ce faisant, et alors on franchit peut-être une limite ?

    Commentaire par Schmilblick — 05/07/2012 @ 12:48

  143. Vous avez raison : la qualification juridique du chef d’ « abus de confiance » me paraît tout à fait discutable, alors même que c’est bien autour de celui-ci que se concentre l’essentiel des débats. Mais n’étant ni avocat, ni juge, cet avis n’engage évidemment que ma personne… Vous noterez cependant que c’est lui qui est passible de 5 années d’emprisonnement.

    Quant au contrat de travail, on sait depuis les travaux de H.A. Simon qu’il est par essence incomplet. Toute la question porte dès lors sur la matérialité de « l’abus de confiance » et de son intentionnalité au regard d’un contrat dont la dimension implicite ne peut que primer, faute de pouvoir imaginer au moment de sa signature l’ensemble des états du monde futur possibles (ce concept de « rationalité limitée » développé par Simon est d’ailleurs notamment celui qui lui a valu l’obtention du nobel d’économie…). Où commence dès lors le comportement « loyal » plutôt que « déloyal » ? Attendons le jugement en appel, et nous le saurons, au moins pour ce qui concerne la cour qui a été saisie…

    Si cela vous intéresse, un papier très intéressant sur ce thème de la loyauté, voire de l’apathie ( http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1988_num_29_2_2503 ) produit sur la base des travaux d’A.O. Hirschman ( http://en.wikipedia.org/wiki/Exit,_Voice,_and_Loyalty ) Comme on aurait aimé que l’enquête prenne le temps, aussi, de ce genre de considérations. Au risque de fâcher @plumedaliocha , une petite auto-promotion d’un billet que j’avais commis suite à un rappel à la loyauté d’Henri Guaino que j’avais personnellement trouvé assez osé : http://0z.fr/rfAfq

    Comme quoi, on peut aussi s’intéresser à autre chose qu’à ce seul procès en appel…

    Au plaisir de vous lire,

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 12:52

  144. Désolé, une précision : le commentaire @144 était destiné @Le Chevalier Bayard

    @ Schmilblik

    Je me garde de juger la pertinence de la stratégie rhétorique et juridique retenue par la défense. Je note simplement que la justice reste toujours, in fine, rendue par des hommes et des femmes au nom de la République et que ceux-ci, par-delà toutes les règles de droit, ne seront jamais des « machines ». Ceci, c’est, je crois, c’est tant mieux.

    Enfin, je profite de ce commentaire pour indiquer qu’un point m’échappe dans le traitement de l’affaire : l’absence de discussion quant à l’hypothèse d’une saisine de la cour européenne des droits de l’Homme si le jugement en appel confirmait les 4,82 milliards de dommages et intérêts. J’avoue à nouveau mon incompétence mais je ne vois pas bien comment un tel jugement pourrait résister à un examen par cette juridiction.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 13:02

  145. @JPD 144 : je ne vois pas en quoi l’abus de confiance serait spécialement discutable, c’est un grand classique. Par ailleurs, ce n’est pas ce délit qui est passible de 5 ans d’emprisonnement mais celui d’introduction frauduleuse de données aggravé.
    145 : je ne vois pas en quoi on devrait parler d’un recours devant la CEDH avant même que la cour ait rendu son arrêt. Pour saisir la CEDH le vague sentiment d’injustice guidé par des réflexions théoriques sur la gouvernance est un peu faible, surtout avant même de connaître le contenu de la décision qu’on imagine attaquer. Il vous reste la solution de brandir une pancarte sur les marches du Palais. Ou d’écrire au garde des sceaux. Comme je vous l’ai déjà indiqué, il faut se méfier de cette affaire, elle est extrêmement dangereuse parce qu’elle est passionnelle. Je vois hélas que vous ne m’écoutez pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 13:45

  146. J’oubliais, avant la CEDH, il y a la Cour de cassation, autant dire qu’on n’y ait pas encore….

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 13:53

  147. @JPD (145) La CEDH, ce n’est pas pour tout de suite, à supposer que ce soit une option souhaitée par la défense. Il faut d’abord épuiser les recours nationaux. Donc aller en cassation dans un premier temps. Bien sur, cette condition, si elle est nécessaire, est loin d’être suffisante. Il faut ensuite expliquer en quoi la convention à été violée. Le simple quantum de la peine, 5 milliards, ne me semble pas un argument très recevable en lui même.

    Commentaire par Kaeldric — 05/07/2012 @ 14:08

  148. @Kaeldric : mince, heureusement que vous venez, j’avais oublié de vous remercier de votre visite vendredi et merci aussi pour ce commentaire passionnant que j’encourage tout le monde à lire : https://laplumedaliocha.wordpress.com/kerviel-enquete-sur-un-seisme-financier/#comment-24781

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 14:19

  149. @Aliocha 149: c’était un plaisir de vous rencontrer. Désolé pour le doublon, le temps de commenter, vous aviez déjà répondu.

    Commentaire par Kaeldric — 05/07/2012 @ 14:34

  150. @kaeldric : un doublon, quel doublon ? 😉 Juste une belle unanimité !

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 14:41

  151. @JPD : ah oui, encore une chose, David Koubbi m’a reproché sur Twitter hier de n’avoir pas prévenu JK de la sortie du livre. C’est partiellement faux, j’ai testé régulièrement son envie de renouer le contact interrompu en octobre 2010, via son entourage et son comité de soutien. Sans succès. Il savait parfaitement que je travaillais sur son dossier. Face à ce silence total de sa part, je ne voyais pas l’utilité de le prévenir de la sortie du livre. Quant à la Société Générale, je ne l’ai jamais contactée, ni elle, ni ses avocats, à aucun moment. Elle a donc été plus surprise encore de la sortie du livre que JK. Elle non plus, je ne l’ai pas prévenue. Ces choix sont peut-être critiquables, mais en vieille routière de la presse économique, j’avais des raisons de craindre non pas des pressions de la banque (n’en déplaise aux complotistes) mais une intervention intempestive de ses services de communication, avec son cortège d’exigences de relecture et de corrections. Or, j’ai voulu conserver mon indépendance intellectuelle et ma liberté de plume.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/07/2012 @ 14:58

  152. @laplumedaliocha @kaedlric

    Je ne fais que soulever des questions (par exemple pour ce qui concerne un abus de confiance à 4,82 Mds !) , et suis heureux que toutes les réponses semblent pré-exister… Notez que je me demande cependant à quoi sert alors le concept de jurisprudence, ou comment s’est constitué le droit aérien, avant que ne soit conçu l’avion.

    Sur le fond, je vous taquine, bien sûr.

    D’abord, vous avez raison, l’abus c’est trois ans et non pas 5 (désolé de cette approximation). En revanche, sauf erreur de ma part – j’avoue ne pas avoir le courage de vérifier – c’est 375000 euros… qui n’ont même pas été réclamés à ma connaissance ! Bref, on devrait opter pour un système à l’américaine et additionner tout ça, ce serait encore le plus simple…

    Ensuite, sur la CEDH, il y a bien sûr d’abord le pourvoi en cassation, et évidemment un jugement en appel qui n’a pas encore été rendu ! Ou comment on en revient au titre de ce billet de blog : un cauchemar (vraiment) sans fin…

    Mais si j’évoque ce point, c’est aussi pour revenir au « dada » qui nous fait nous disputer depuis le début sur le traitement médiatique du procès, très prisonnier tant de « l’instant » que du « sentiment » : ici, la question de la CEDH n’est pas tout à fait idiote, et pas seulement par pur plaisir intellectuel : cette juridiction est supra-nationale et d’aucuns considèrent, à justre titre à mon avis, que la gouvernance des banques se pose d’abord au niveau de l’Europe. Imaginer l’instruction d’un cas « SG vs Kerviel » par cette instance est donc assez stimulant pour nous contraindre, aussi, à sortir de notre seul contexte franco-français. Après tout, l’affaire du « Sofitel » n’a-t-elle pas précisément démontré que la transposition de certaines pratiques ou coutumes locales dans d’autres contextes institutionnels était source de surprises ? Ou comment la présence de Mlle Banon pourrait finalement retrouver un sens autre que le seul plaisir du bruit médiatique et de la publicité… 😉

    Si je soulève ce point, c’est aussi parce que les jalons juridiques d’une gouvernance européenne, d’une sorte de « European SOX Act », occupe beaucoup les esprits actuellement. A défaut, en effet, s’applique via les mécanismes de « soft law » (type rapport « Bouton ») des principes issus du contexte institutionnel anglo-saxon. Ceci, sans parler des phénomènes de « lobbying » comme ceux qui ont conduit à l’adoption des IFRS (encore un point peu abordés durant les audiences…) pour les groupes cotés de l’UE depuis le 01/01/2005.

    A ce propos, si cela vous intéresse, texte éclairant ici : http://basepub.dauphine.fr/bitstream/handle/123456789/7514/calb3678Tome16_Volume3_DECEMBRE_7.pdf?sequence=1

    Enfin, @kaedric, sur l’incomplétude du théorème de Gödel (n’oubliez pas aussi Tarski !), vous touchez je crois au coeur du problème, et que j’ai essayé de développer avec le concept de « trou noir » qui n’a pas convaincu @plumedaliocha. Lakatos et Latsis distinguent pour qualifier un programme de recherche le monde des axiomes, celui des modèles et celui des pratiques. Les pratiques, parfois, ne se comprennent qu’à l’aune des modèles, lesquels développent leur cohérence interne à partir de postulats indémontrables. Tel est aussi le cas de la théorie de la gouvernance d’entreprise. Avec un peu d’effort, un jour, qui sait, l’affaire « SG » sera instruite à l’aune de la grille de lecture du postulat de « maximisation de l’intérêt individuel de l’acteur économique », justifiant le marché comme forme optimale de coordination, et la « fair value » comme une pratique comptable raisonnable… au risque de découvrir ex post le passage de bonnes vieilles écritures comptables fictives… dont la théorie avait juste oublié de prévoir la possibilité !

    J’arrête sinon @plumedaliocha va encore m’accuser de disserter sans rapport avec le sujet ! Et je termine avec ce petit court-métrage que je trouve, au fond, tellement révélateur. Avec un bémol : qui a conçu le trou noir dans lequel finit par tomber le salarié ? Ou, pour nous rapprocher de notre affaire : qui a conçu la roue dans laquelle tournent nos hamsters ?

    Pour finir, @plumedaliocha nous dit : tous coupables. Personnellement, je serais plutôt tenté d’assigner les culpabilités en fonction des mobiles avérés, et qui se traduisent en général, avant que tout explose ensuite par la faute d’un, par des gains très concrets et significatifs pour beaucoup d’autres d’abord. Ceux qui sont juste toujours un peu plus malins – ou au fait des théories qui justifient les pratiques et de leurs lacunes… – que les autres…

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 15:01

  153. @laplumedaliocha Réponse @152 (décidément, nos commentaires se croisent !).

    Je vous avoue n’avoir eu aucun échange avec les parties concernant votre livre et ne vois donc rien à dire sur ce point. Je vous ai livré mon seul sentiment plus haut. Je comprends par ailleurs parfaitement les précautions d’indépendance que vous avez souhaitées prendre et qui me paraissent tout à fait louables.

    Quant aux « silences » que vous évoquez du principal intéressé, à nouveau ceci n’engage que moi mais j’imagine que, par-delà toutes autres considérations, un tel tourbillon juridique, médiatique, etc., depuis maintenant plusieurs années doit être psychologiquement insupportable pour un être humain, quel qu’il soit et quelles qu’aient pu être ses fautes, affirmées ou avérées.

    Ceci, peut-être, explique cela.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 15:11

  154. @JPD Sur « SG vs Kerviel », je crains que la CEDH ne puisse rien dire. Si son périmètre est supra national, il reste limité aux Etats, seul signataires de la Convention des Droits de l’Homme. Ce serait donc « Kerviel vs France », dans lequel le plaignant devrait expliquer en quoi l’Etat Français a violé ses droits (de l’Homme, et seulement eux). Je ne dis pas que ça ne peut pas avoir lieu, encore faut-il un motif recevable, mais dans l’état actuel des choses, la SG ne serait pas impliquée ‘directement’.

    Commentaire par Kaeldric — 05/07/2012 @ 15:20

  155. @Kaeldric

    Merci de cette précision, j’avoue que je connais mal ce domaine. Mais vous touchez un point qui spontanément me paraît important : au niveau de la présomption d’innocence, l’Etat Français pourrait ne pas être pas exempt de tous reproches, vu le traitement politico-médiatique à très haut niveau du dossier, et ceci dès l’origine… Mais une fois encore, en ce domaine, je n’y connais personnellement rien.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 15:41

  156. @laplumedaliocha @Le Chevalier Bayard @Kaeldric

    Deux extraits et une interrogation, pour nourrir nos débats sur la problématique de la gouvernance d’entreprise et ses liens éventuels avec le procès en appel de Jérôme Kerviel :

    1. Le Monde daté 6 juillet, p. 11 :

    Titre : « L’ancien directeur général de Barclays entend conserver son indemnité de départ »

    (…)

    Comme souvent dans ces moments-là, ce sont les non-dits qui étaient les plus révélateurs. M. Diamond a évité de répondre sur son indemnité de départ. Quand le député travailliste Andrew Love lui a posé la question, l’ancien patron de Barclays s’est contenté de répondre que c’était « un sujet qui [relevait] du conseil d’administration », avant de rappeler qu’il avait construit, en seize ans, une banque d’investissement de haut rang.

    Quand un autre député, John Mann, lui a conseillé de « prendre de la hauteur morale » en renonçant à toute indemnité, M. Diamond a répliqué que le problème du Libor concernait l’ensemble de l’industrie bancaire.

    Barclays assure qu’elle n’a pas encore décidé, ni même discuté, d’une éventuelle indemnité. Légalement, l’ex-patron de Barclays pourrait quitter la banque avec environ 27 millions d’euros, selon le Guardian. Cette somme comprend notamment les 18 millions d’euros d’actions qui lui ont été promis lors des bonus précédents, mais ne lui ont pas encore été versés.

    « PHYSIQUEMENT MALADE »

    Le contrat de M. Diamond prévoit que ces actions puissent être retenues par la banque en cas de « dommage à la réputation de Barclays » ou « d’échec flagrant de gestion des risques « , ce qui pourrait permettre au conseil d’administration de les bloquer.

    Pour le reste, M. Diamond a évité la confrontation, et s’est déclaré « physiquement malade » en découvrant les courriels que s’envoyaient les traders tricheurs, révélés dans l’enquête des régulateurs. Il a choisi de ne pas accuser Paul Tucker, le numéro deux de la banque d’Angleterre, de complicité dans la manipulation du Libor.

    La veille, Barclays avait diffusé un mémo rédigé par M. Diamond, résumant une conversation téléphonique avec M. Tucker en octobre 2008, dans laquelle ce dernier semblait laisser entendre qu’il fermerait les yeux si Barclays abaissait son taux interbancaire.

    Face aux députés, M. Diamond a rectifié : ce n’était pas sa décision de publier ce courriel, mais celle de Barclays après sa démission ; M. Tucker ne lui avait pas donné d’autorisation spéciale, c’est seulement son bras droit, Jerry del Missier, qui a mal interprété le mémo. M. Tucker doit venir s’expliquer face au comité parlementaire la semaine prochaine. »

    2. Le Monde, daté 6 juillet, p. 11.

    Titre : « La justice espagnole se penche sur l’affaire Bankia »

    Les anciens responsables de Bankia, dont l’ex-président, Rodrigo Rato, devront s’expliquer devant la justice. L’Audience nationale, la plus haute instance juridique en Espagne, a accepté, mercredi 4 juillet, la plainte déposée par le parti de centre-gauche Union, progrès et démocratie (UPyD) contre 33 anciens membres des conseils d’administration de la banque et de sa maison mère.

    Le juge Fernando Andreu a justifié l’ouverture de l’enquête en insistant sur l’importance de la chute de Bankia, une banque qui « pourrait déstabiliser tout le système financier du pays ».

    Quatrième entité financière d’Espagne avec plus de dix millions de clients et 320 milliards d’euros d’actifs, Bankia a sollicité, en mai, une aide de 19 milliards d’euros de l’Etat pour faire face à la détérioration de son portefeuille immobilier, provoquant des doutes sur tout le secteur bancaire.

    (…)

    Avec près de 100 millions de mètres carrés de terrains sans usage, 45 000 logements sur le marché, 15 000 garages et autres commerces également en vente dans son portefeuille, selon les calculs du quotidien El Pais, Bankia était très exposée à l’éclatement de la bulle immobilière.

    La survalorisation de ces actifs cachait en fait des pertes en milliards qui, une fois révélées, ont fait chuter l’action de plus de 75 %, moins d’un an après son entrée en Bourse.

    Depuis plusieurs semaines, les 380 000 actionnaires de Bankia demandent des explications. Tout comme une large frange de la société espagnole, qui ne veut pas payer pour les banques alors même qu’elle est soumise à une dure politique de rigueur. Ainsi que l’opposition, qui s’interroge sur la gestion du Parti populaire (PP), dont les élus étaient à la tête des deux principales caisses d’épargne régionales, celles de Madrid et de Valence, qui composent Bankia.

    Lors du dépôt de la plainte, le 11 juin, Rosa Diez, la secrétaire générale d’UPyD, avait ainsi critiqué la « tromperie massive » de milliers de petits investisseurs, lors de l’entrée en Bourse de Bankia qui se serait effectuée « sur la base de la falsification des données ».

    L’ancien ministre de l’économie de José Maria Aznar et ex-directeur général du Fond monétaire international, Rodrigo Rato, devra répondre aux soupçons de falsification des comptes, administration déloyale, escroquerie ou manipulation de prix.

    Tout comme José Luis Olivas, l’ancien président de la caisse d’épargne Bancaja et ex-président par intérim de la région autonome de Valence, ou Angel Acebes, ancien ministre de l’intérieur de M. Aznar et autre poids lourd du Parti populaire.

    La liste est longue de ceux qui devront répondre à la justice. D’autres personnalités, comme l’ancien gouverneur de la Banque d’Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordoñez, le président de la Commission nationale du marché de valeurs ou l’auteur de l’audit réalisé par le cabinet Deloitte sur Bankia sont d’ailleurs appelés à répondre en qualité de témoins.

    PARACHUTES DORÉS

    L’Audience nationale a aussi demandé à la banque et aux sept caisses d’épargne qui la composent de lui fournir tous les documents relatifs aux rétributions, parachutes dorés et plans de retraite des directeurs depuis 2007, ainsi que le détail des crédits et garanties concédés aux membres du conseil d’administration, à leurs proches et aux partis politiques.

    Le PP, qui dispose de la majorité au Congrès des députés, s’est opposé jusqu’à présent à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, sollicitée par les autres partis politiques. Bankia, dont la chute a provoqué une catastrophe financière en Espagne, pourrait bien, cette fois, entraîner un séisme sur le terrain politique ».

    3- Mais bien sûr, nous sommes en France, et c’est bien connu depuis « Tchernobyl », ce genre de « catastrophes » ne traverse jamais nos frontières… D’ailleurs, le pouvoir politique ne s’est jamais immiscé dans cette affaire « SG vs Kerviel », si je ne m’abuse… 😉

    Bien à vous,

    J.-Ph.D.

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 18:49

  157. tss tss J Ph D

    on vous dit, depuis le début, que c’est le procès de JK et pas celui de la SocGen, car on a pris comme axiome, dès le départ que personne au sein de SocGen ne voulait/encourageait les traders à prendre de grosses positions et d’ailleurs le témoin Fimat qui affirme qu’on lui a demandé de lever les limites et que certains n’avaient pas de limite est un gros menteur qui ne voit qu’une jambe et qui ne comprend pas la réalité, tandis que ceux à SocGen qui disent ne pas lire les mails et qui pensaient que les alertes étaient des hoax ou des spams sont juste des braves gens trompés par cet affreux rogue trader qui avait réponse à tout et qui était si gentils, on lui faisait confiance : il déclarait dans un tableau excel ses résultats et on calculait sa prime juste avec son tableur rempli à la main, sans aller vérifier.

    vous savez pas lire ?

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 19:02

  158. @toto Vous avez parfaitement raison : il est temps de retourner sur les bancs de l’école ! http://www.ucema.edu.ar/cegopp-base/download/AgencyCostsOvervaluedEquity.pdf 😉

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 19:05

  159. le comm. 157 « répond » en quelque sorte dabs la réalité à ceux qui s’indignent que seul Kerviel ait à répondre en justice de ses actes, constitutifs de délits, et pas la SG nullement inquiétée
    En réponse à ceux là qui se posent des questions sur les responsabilités des banques et comment celles-ci peuvent être impliquées en justice alors que seuls les traders jusqu’à présent…

    eh bien voilà : il faut une plainte, provenant des actionnaires, des salariés, des syndicats, des membres du CA, peu importe mais une plainte.
    Dans la dite « affaire Kerviel » à la SG, aucune plainte n’a été déposée contre les responsables de la banque pour l’instant du moins, de sorte que pour l’instant du moins il n’apparaît pas assuré, loin de là, que la direction soit responsable de délits relevant du droit pénal.
    Ce serait en tout cas un autre procès, en cas de plainte.

    Et voilà pourquoi on a un procès Kerviel et pas un procès SG.
    Aussi simple que cela quelles que soient les complexités des opérations de trading dans la quelle « on » (la SG aussi bien que Kerviel-Koubbi) a voulu noyer l’affaire, pour occulter ses propres failles, fautes ou délits.

    Commentaire par Schmilblick — 05/07/2012 @ 19:17

  160. @Schmilblick

    vous avez raison si on prend comme point de départ que JK a trompé tout le monde et que _personne_ dans sa hiérachie ne l’a conforté ni incité à le faire.

    Comme il était salarié et avait une hiérarchie, si une seule personne de sa hiérarchie lui a donné l’autorisation implicite ou explicite de le faire, si entrer des opérations fictives (ou techniques s’est suivant qui décide de le faire) est une pratique « courante » Plus rien ne tiens dans le procès JK. Si plusieurs traders rentraient des opérations fictives/techniques et plusieurs traders dépassaient les limites et étaient même récompensés sur les résultats, ces actes ne sont plus opposables à JK. et le procès JK fait pschiit

    Encore aurait-il fallut enquêter pour savoir et pas juste demander à ceux qui accusent JK.

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 19:29

  161. marrant j’ai écrit en même temps que les deux précédents comm que de ce fait je n’ai pas lus avant de poster

    eh bien non, la réponse en 157 ne suffit pas à clarifier ce débat empoisonné, dangereux car passionné comme dit par Aliocha. Un cauchemar sans fin en effet;

    Comment mettre en question les banques ? En justice c’est en principe clair.
    Comment mettre en question un système financier qui 1- semble aller dans le mur en ruinant le monde 2- accessoirement, permet tant de malversations, malhonnêtetés, enrichissements indus, tricheries, délits jusqu’à la folie .. ? Vaste question, mais qui n’est pas du ressort d’un tribunal.

    Le « clan Kerviel » ou comité de soutien et sa stratégie mediatique qui se poursuit via internet, joue habilement sur les deux registres, cultivant la confusion pour émotionner l’opinion publique, creusant encore un peu plus le sillon du tous pourris (cher aux démagogues et populistes dont les discours ont le vent en poupe, du fait de ce qu’on appelle la « crise »). Ainsi en serait-il de la Justice aux responsables politiques en passant par le monde des banques, bien entendu, au centre, mais sans oublier les journalistes et les professions intellectuelles qui suivent assez vite généralement dans ces cas là, tous les responsables de toutes les institutions ayant quelque rapport… tous sont déclarés corrompus et aux ordres, face au chevalier blanc Kerviel.

    Le décor est planté.

    ça craint.

    Commentaire par Schmilblick — 05/07/2012 @ 19:33

  162. @Schmilblick

    Naturellement, d’accord avec vous. N’oubliez pas cependant aussi les commissions d’enquête parlementaire… Cela étant, on se demande encore à quoi elles servent, au fond…

    Deux « liens » pris au hasard :

    Audition de D. Bouton : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cfiab/07-08/c0708071.asp#P6_292

    Audition de N. El Karoui : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cespeculation/10-11/c1011011.asp#P3_115

    Par ailleurs, il me semble évident que la nature du jugement d’appel, s’il devait s’éloigner de celui de première instance, serait susceptible d’engendrer des conséquences, et pas probablement pas seulement en France… De même, tout ceci est à rapprocher du débat actuel relatif à l’introduction des « class action » sur notre territoire.

    Enfin, par-delà « le printemps des actionnaires » dont on entend parler mais assez peu au regard des faits et des récentes tensions dans les AG, une vraie question est à mon avis la suivante : alors que nos hausses d’impôt font partout les gros titres, un « automne des contribuables » est-il à craindre… ou à espérer ?

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 19:37

  163. @Schmilblick

    Parce que JK n’a entré aucune fausse opération dans le système financier mondial, juste dans les logiciels SocGen. Donc le « faux » pénal est juste un faux entre SG et SocGen, c’est pas comme si il était entré chez bnp ou eurex ou fimat. Or si ce n’est pas si interdit que cela chez SocGen ce n’est plus un délit et plus des faux mais juste des opérations techniques.

    Lorsqu’on pose les questions comme cela, à savoir est-ce que ce ne sont pas des pratiques « courantes » à SocGen, le clan « anti-JK » dérive toujours sur c’est le procès de JK et pas celui de la finance ou de la SocGen.

    ça craint.

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 19:40

  164. @Scmilblick

    Juste une remarque sur cette « affaire » de « populisme » qui a visiblement le vent très en poupe actuellement…

    Il serait peut-être temps de tordre enfin définitivement le cou à ce mot-valise et à ce concept publicitaire creux, sur lequel se sont toujours ensemencées les pires heures de notre Histoire…

    Si vous me le permettez, un extrait à l’appui de cette idée, dont je livre la source à la fin pour ménager le suspense :

    « (…)

    En raccrochant, je me rappelle une conversation que j’ai eue, quelques années auparavant, avec le prédécesseur de Daniel, Marc Viénot. J’étais tombé sur lui par hasard, au sortir d’une réunion. Il était énervé. Je m’en suis étonné. Nous étions bien avant les crises. Les résultats étaient excellents. Marc sortait d’un conseil d’administration consacré, entre autres, aux parts variables des rémunérations des mandataires sociaux et des plus hauts salaires de la banque.

    – Vous en faites une tête, c’est rare de vous voir dans cet état.

    – C’est vrai, nous venons de passer un moment difficile.

    – Je ne comprends pas, les résultats sont excellents.

    – Le problème, c’est Daniel, il vient de nous faire une scène parce que nous avons maintenu sa rémunération au même niveau que l’an passé…

    Silence de ma part. Je suis mal à l’aise. Marc reprend :

    – Vraiment, je suis furieux, Daniel exagère… Vous comprenez, il gagne en euros ce que je gagnais en francs dix ans auparavant…

    Marc poursuit son chemin en bougonnant, je l’entends répéter :

    – Vraiment, il exagère ! »

    Cet extrait se tient p. 323 et 324 du livre de H. Le Bret, « Le jour où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial », éditions les arènes, 2010.

    A ma connaissance, l’auteur n’est ni membre d’un hypothétique « clan Kerviel », bien au contraire, ni susceptible d’être taxé de « populiste ». Il verse un témoignage de l’intérieur et, sans parfois visiblement s’en rendre compte, il en dit finalement souvent très – trop ? – long.

    Ma conclusion, c’est que lorsque la morale la plus élémentaire conduit à des accusations de « populisme », alors c’est qu’effectivement, comme vous le dites vous-même, c’est que là que ça commence sérieusement « à craindre ».

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 20:02

  165. @ Jean-Philippe Denis

    je suis pas un éminent chercheur, juste un « populiste complotiste », mais sérieusement juste le titre de ce bouffon, avec un live à la décharge de SocGen : « Le jour où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial » : il ne peut pas sérieusement y croire, la seule manière que JK avait de « faire sauter » le système financier mondial était de mettre à jour ses pratiques, mais l’instruction n’a pas trouvé que c’était un élément important de savoir si ce que faisait JK était courant et qu’une bonne partie des gens savaient.

    populiste et complotistes… ils me font pitié en fait.

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 20:20

  166. @ toto

    A moins qu’elle ne saisisse l’occasion d’en faire un billet de blog, ce qui serait une idée « éthique » intéressante pour donner droit de cité à la diversité des idées – ce sont ces 167 commentaires qui vont finir par prendre l’allure d’un cauchemar sans fin pour @plumedaliocha… 😉

    Commentaire par Jean-Philippe Denis — 05/07/2012 @ 20:31

  167. @Jean-Philippe Denis

    j’ai lu le « truc » bouton à l’assemblé, j’ai envie de lui mettre des claques. mais avec le fric qu’il a devant lui il s’en cogne de tout ce fatras… C’est un requin : je m’engraisse et lorsque le navire coule je peux couler des jours heureux ailleurs…

    ah oui populiste… et comme dirais maelle, c’est pas avec un diplôme d’école de province de seconde zone que je suis à même de comprendre le travail de ces génies.

    putain, je sais pas ce qu’on leur apprends à ces écoles parisienne de première zone, mais ca doit mériter un bon coup de dépoussiérage.

    Commentaire par toto — 05/07/2012 @ 23:22

  168. @Tous

    Quitte à faire perdurer le cauchemar, je me fends d’un 169ème commentaire…

    Je viens seulement de prendre connaissance des très longs échanges depuis la nuit dernière…

    On peut être d’accord ou pas avec J.P. Denis, il est parvenu à élever le débat et je l’en remercie chaleureusement.

    J’ai particulièrement apprécié « Le trou noir » en comm. 153, à rapprocher de l’extrait du film « Nager avec les requins » en comm. 128.

    Ce dernier est révélateur et très conforme à ce que j’ai personnellement connu dans le monde des Multinationales, où j’ai exercé différents postes de cadre dirigeant.

    Des scènes comme celles-là, j’en ai vécu, y compris à titre personnel lorsque j’étais en début de carrière. L’impression de puissance de certains cadres est sans limite et leur comportement, dénué de toute humanité, se rapproche plus d’un « harcèlement moral » que de celui d’un manager.

    Dans la majorité des cas, le « harcelé » courbe l’échine, car il sait que son poste peut voler en éclat à la seconde, si il se permet de répliquer.

    Selon que l’on observe « l’affaire Kerviel » par le petit bout de la lorgnette, ou que l’on fasse un plan plus large, les avis divergent et cela me paraît tout à fait légitime.

    Je ne fais partie d’aucun clan, je ne nie pas les actes délictueux de Jérôme Kerviel. Simplement, j’essaie de prendre de la hauteur et de comprendre comment tout cela a pu se produire et j’arrive à la conclusion – pas éloignée en fait de la conclusion du livre d’Aliocha – « tous coupables ».

    Quelle sera la conclusion de la Cour ? Je l’ignore, je ne suis pas devin…

    J. Kerviel sera t-il condamné, se prendra t-il vraiment 5 ans de prison fermes ? J’espère que non, car sa responsabilité est, à mon sens, largement diluée.

    Quant aux DI de 4,9 Md€, même si c’est conforme au Droit actuel, pour moi c’est une farce. Tout le monde sait – à commencer par SocGen – qu’il ne pourra jamais payer une somme aussi astronomique, qui plus est réclamée par la partie civile, sans la moindre contradiction judiciaire.

    Quoi qu’il en soit, le débat se poursuivra après l’Arrêt, quelle qu’en soit la teneur. Rien de « populiste » ou de « poujadiste » dans ce débat, qui dépasse largement l’affaire et met en avant les règles de saine gouvernance des grandes Entreprises et concerne chaque individu, du haut en bas de la pyramide managériale de son Entreprise et de la Société en général.

    C’est bien ce qui inquiète la SocGen, qui pensait régler son compte à son « petit » trader sans faire de vagues… Sur ce plan, c’est raté, contre-productif et peut avoir des conséquences incalculables sur son image de marque. Et cela n’a pas de prix !

    Commentaire par ramses — 05/07/2012 @ 23:55

  169. @ramses

    En le prenant de manière encore plus large. Comment à la SocGen, on a pu s’exposer à autant de publicité pour des Di qu’ils n’obtiendront jamais ? Il y a peut être les 1.7 milliards de kdo de Lagarde qui n’est pas avare puisqu’elle avait « arrosé » Tapie.

    Ok, 1.7 milliards c’est une somme (ce qu’avait gagné kerviel en 2007 ou 2006) ou comme le ment bouton c’est juste 50 milliards en assurance vie pendant un an, donc, je crois que ce n’est pas tant que cela.

    Qu’est ce que cache la général derrière cette mauvaise pub internationale ? Tous ces X à la mort moi le … ils ont bien réfléchis, ils savaient que ca allait pas passer en douce, pas à cette époque de crise des subprimes, de récession mondiale à cause des banques, à cause de milliards de milliards que les états ont injecté dans les banques en « présurant » le « pauvre ».

    Ils ont gagné quoi à faire ce procès JK ? RIEN ils ont juste perdu, sur toute la ligne au plan strictement judiciaire. Qu’elle est le ‘truc’ que le tour de passe passe à caché ?

    oui je sais, complotiste, poujadiste, province, seconde zone, clan blablabla.

    Intellectuellement la question reste intéressante. comment une banque qui gagnait, en gros, 3-5 milliards par an avec un « pdg » qui émarge à 3 millions d’euro par an arrive à s’enfourner dans cette galère ? le comment on sait, c’est le pourquoi…

    Commentaire par toto — 06/07/2012 @ 00:20

  170. @toto

    Votre question est intéressante : « Comment SocGen en est arrivée à s’enfourner dans cette galère ? »

    A mon avis, pour 3 raisons :

    1) Cette « affaire » a servi, dans un premier temps, de « leurre » en pleine crise des subprimes.

    2) SocGen a effectivement récupéré 1,7 Md€ du fisc, en chargeant exclusivement son trader.

    3) Daniel Bouton a pensé sauver son poste en se dédouanant sur un lampiste.

    Mais les « dommages collatéraux » sont énormes… Faire passer l’ensemble de la hiérarchie pour une bande de nazes n’a pas suffi à museler l’opinion publique, que les stratèges de SocGen ont largement sous-évaluée.

    Aujourd’hui, on compte les morts et les blessés et, comme pour l’intervention en Libye, on rejoue « l’arroseur arrosé »…

    Dans un pays démocratique, les édiles ont souvent le tort de croire que le « bon peuple » peut tout avaler… L’ex-Président Sarkozy vient d’en faire les frais… Et ce n’est qu’un début !

    Commentaire par ramses — 06/07/2012 @ 00:41

  171. @toto : « Comment à la SocGen, on a pu s’exposer à autant de publicité pour des Di qu’ils n’obtiendront jamais ? »

    Comme pour le fait que Kerviel soit passé à travers les filtres, c’est une histoire de compétence.

    Commentaire par kuk — 06/07/2012 @ 02:20

  172. @J.P. Denis

    Je savoure votre analyse comm. 137 :

    « Il aura fallu bien des contorsions – d’ailleurs inspirées par la théorie de l’agence… – pour que la représentation d’un travail salarié mené dans un cadre d’autorité hiérarchique devienne celle d’une sorte de relation “mandant – mandataire” généralisée, permettant d’assimiler un “subordonné” à une sorte de “prestataire” dont on pourrait se dédouaner des éventuelles fautes de comportements… effectuées par ailleurs dans le cas qui nous occupe sur une aussi longue période. »

    Elle s’adressait au Chevalier Bayard, qui m’avait insulté, alors que je défendais la même thèse !

    Je remarque que Le Chevalier, courageux mais pas téméraire, vous répond beaucoup plus posément, il est en progrès et cela mérite d’être souligné.

    Sur le fond, ne vous faites pas d’illusions… Quand vous montrez la lune, vos interlocuteurs, pour la plupart, ne verront que le doigt…

    Commentaire par ramses — 06/07/2012 @ 02:43

  173. Le « grand oral » de Daniel Bouton à l’Assemblée Nationale, que J.P. Denis a cité en lien, vaut vraiment le détour :

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cfiab/07-08/c0708071.asp#P6_292

    Morceaux choisis :

    – « Quant au débouclage, ce sont les autorités de supervision des marchés qui l’ont traité. Elles ont rendu compte du fait que nous avions donné instruction de déboucler dans le respect de l’intégrité des marchés. Ce qui a été fait puisque personne n’a rien vu le lundi et le mardi. Nous sommes supervisés par Euronext, Eurex et le Liffe, sur lequel le fraudeur avait aussi pris position, mais dans une faible mesure. Ils observent les transactions en permanence, avec des mécanismes électroniques extrêmement sophistiqués destinés à détecter les anomalies. M. Prada, comme Mme Lagarde, ont indiqué qu’ils n’avaient rien décelé. Le débouclage a donc été fait dans des conditions qui ont respecté l’intégrité des marchés. Je ne pense pas qu’il y ait débat sur ce point. Heureusement, nous n’avons pas tout vendu en une seule fois à 9 heures 12. C’eut été totalement impossible d’ailleurs. »

    Ainsi, Eurex « observe les transactions en permanence, avec des mécanismes électroniques extrêmement sophistiqués destinés à détecter les anomalies » (sans doute les mêmes que ceux qui existaient chez SocGen) et personne n’a vu les positions « réelles » de JK ? Je veux bien qu’on nous enfume en nous expliquant qu’elles étaient masquées par des contreparties fictives, mais la position « réelle » existait toujours, les alertes,étaient lancées et s’éteignaient sur un simple « Tout va très bien, Madame la Marquise » chantonné par JK ?? Daniel Bouton prend vraiment les Députés de la Commission pour des perdreaux de l’année !

    – « M. Louis Giscard d’Estaing : La titrisation permet la dissémination du risque. Pour avoir une meilleure traçabilité, par exemple pour détecter un arrière-goût de subprime dans un produit structuré, ne faudrait-il pas plutôt faire appel à un œnologue qu’à un polytechnicien ?

    M. Daniel Bouton : La traçabilité n’est pas parfaite dans la réglementation française, l’INAO 1937 modifié. Non, il n’est pas obligatoire en France, contrairement à la réglementation européenne, de donner la composition par cépage de tout produit au-delà des VDQS. Je suis pour une réglementation qui permette de savoir ce qu’il y a dans un vin. En Bourgogne, c’est du pinot noir à 100 % ; dans le pomerol, vous savez qu’il y a du merlot, du cabernet sauvignon. Quelle était la question au fond ?

    M. Michel Bouvard : Qui fait office de CNAOC pour les produits financiers ?

    M. Daniel Bouton : Chez un grand producteur, on ne peut pas boire toutes les bouteilles de l’échantillon, mais il y a la marque, le producteur, le négociant. En fait, le contenu du produit figure déjà dans la documentation. Je l’ai regardée de près, puisque nous avons commis l’erreur d’avoir de tels produits. Il est mentionné le pourcentage de tel ou tel subprime, de telle ou telle origine, de telle ou telle qualité. »

    Daniel Bouton devrait se reconvertir à l’œnologie et devenir le pendant français de Robert Parker aux US ! Un verre de bon vin, un bon cigare, elle est pas belle la vie ?

    Quel dommage qu’aucune question relative à SGAM et SGAM AI n’ait été posée à l’honorable PDG… Il est vrai que SocGen avait tout fait, à l’époque, pour étouffer l’affaire, contrairement à celle « dite Kerviel »… Mais l’AMF veille toujours et vient d’infliger une amende de 2,5 M€ à SocGen :

    http://ladettedelafrance.blogspot.fr/2011/11/les-magouilles-de-la-societe-generale.html

    Commentaire par ramses — 06/07/2012 @ 03:30

  174. @ Jean-Philippe Denis en @ 157,

    En effet, la « corporate governance » est un beau sujet !

    30 ans de pratique bancaire comme juriste de banque ça laisse des traces.

    Sur le terrain législatif le thème de la gouvernance a été entonné par deux lois successives. La loi NRE (nouvelles régulations économiques) du 15 mai 2001 a introduit bon nombre de dispositions directement inspirées des principes de la corporate governance en améliorant l’information et la transparence dans le fonctionnement de la SA et en rééquilibrant les pouvoirs en son sein.

    Par ailleurs, en réponse à la crise de confiance que connaissent depuis quelques années les marchés financiers suite aux déviances constatées dans la gestion de certaines sociétés, a été adoptée la loi sécurité financière du 1 août 2003 par laquelle le législateur a cherché à améliorer le contrôle des comptes et à renforcer la transparence dans le fonctionnement des sociétés.

    Cela étant, si c’est pour nous dire que les institutions bancaires sont jalonnées de scandales financiers, je vous répondrai tout simplement que c’est une constante de l’histoire. En France, depuis la faillite de Law (1720) qui fut certainement l’une des premières crises spéculatives, en passant par la Garantie Foncière (1971), jusqu’au Crédit Lyonnais (1993) avec 19 Mds € de pertes on peut dire, de façon presque banale, que cette problématique de la gouvernance de l’entreprise n’est pas nouvelle.

    Depuis longtemps en débat puisque F. Bloch-Lainé, dès 1963, dans son livre « Pour une réforme de l’entreprise » – dans un chapitre intitulé d’ailleurs – Pour un gouvernement de l’entreprise – stigmatisait l’absence de contrôle véritable du conseil d’administration sur les dirigeants.

    L’histoire de la banque en tant que « firme » révèle de façon récurrente combien les dirigeants des banques ont peiné à diversifier leur savoir-faire de celui de simple « banquier » gérant crédits et titres à celui de manager.

    Il faut en tout cas bien distinguer le comportement de « spéculation » qui caractérise des prises de risque parfois téméraires, qui marque l’histoire de toute communauté capitaliste sur chacune des places bancaires et financières, avec le risque de krach, de ruine des porteurs de titres, et qui implique les banques en tant qu’intermédiaires, du comportement de « fraude » lui-même, qui exprime le franchissement d’une ligne parfois, j’en conviens, délicate à dessiner.

    Les banques ont été moins des fraudeuses que des victimes de la fraude, puisque leurs « déviances » par rapport aux codes de best practice qui au fur et à mesure entraient dans les mœurs courantes des places financières.

    Il est certain qu’avec la multiplication de techniques de plus en plus sophistiquées l’industrie financière ne peut véritablement échapper aux risques de fraude d’autant que tout système par définition est faillible.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 06/07/2012 @ 09:41

  175. @Ramses : tiens donc, vous êtes d’accord avec moi sur « tous coupables » (com 169) ? Mais alors expliquez-moi ce commentaire chez Monsieur Fluke – dont j’apprécie au demeurant assez peu les insinuations destinées, comme il le dit lui-même, à améliorer son référencement sur Google – http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2012/07/03/24629850.html#comments
    Un conseil : retournez chez Monsieur Fluke, je sens entre vous deux une communion intellectuelle totale, je ne saurais dire de même nous concernant.
    Très cordialement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/07/2012 @ 09:42

  176. Mme

    Si le « résultat » est tous coupable, cela veut dire « personne n’est coupable » car, comme vous le répétez à l’envie, ce n’est pas le procès du système, mais le procès de JK contre SocGen qui est la plaignante.

    Or si, dans ce cas, SocGen est autant coupable de JK cela devrait être une relaxe pour ce dernier. Avez-vous eu une idée du pourquoi, le « tous coupable » de votre enquête s’est terminé en « un seul et unique coupable » au jour du procés ? Quelle est la mécanique qui a transformé la réalité et la « vérité » que vos 2 ans d’enquêtes ont mis à jour ?

    Est-ce à dire que la justice est moins « bonne » qu’une seule journaliste qui fait son travail ?

    Pour kuk

    Euh, je vais vous paraître angélique peut être mais je ne croirais pas un seul instant qu’une entreprise puisse atteindre une telle envergure avec des incompétents à tous les étages et à tous les bureaux :

    sur le desk qui voit pas ce que fait kerviel, sur le middle office qui regarde, sur le back office qui controle, en compa qui passe des écritures, en gestion qui analyse, en risques qui décide, en management qui gère les personnes et maintenant en juridique ? C’est une défense assez particulière que d’accuser la bétise de la totalité des milliers de collaborateurs pour cacher ses turpitudes.

    Et cela irait à l’encontre de ce que pense maelle qui voit les « grandes écoles » comme l’alpha et l »oméga, la révélation divine qui les autorise à nous gouverner. Donc dans l’histoire, le seul compétent des milliers de salariés (ou mandataires) serait kerviel, le petit « trader » de province d’une école de seconde zone et d’une famille tellement banale, avec un salaire plutôt insignifiant si l’on regarde papa bouton. Et ces cons l’ont viré, ce serait vraiment comique en fait.

    C’est pas un film policier qu’il faut en faire, mais une comédie avec Popeck dans le rôle de bouton et titof dans le rôle de JK.

    Commentaire par toto — 06/07/2012 @ 10:34

  177. @ Jean-Philippe Denis en @ 144,

    Petite précision :

    Votre réponse en @ 144 vous l’aurez compris n’apportait pas plus de commentaires de ma part puisque la force du droit juridictionnel permet, précisément, aux parties d’exposer leurs prétentions et, en toute logique, de discuter ce qui est discutable jusqu’à épuisement de l’exercice de toutes les voies de recours possible donc jusqu’à ce qu’un jugement acquiert l’autorité de la chose jugée.

    Vous avez raison : la matérialité et l’intentionnalité sont les éléments(classiques) constitutifs de l’infraction d’ abus de confiance qui en première instance a été juiridiquement qualifée conformément aux termes des dispositions de l’article 314-1 du Code pénal.

    Vous reconnaissez donc, par là–même, clairement, que ça relève du tribunal pénal et non du conseil des prud’hommes… cqfd !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 06/07/2012 @ 11:24

  178. @Aliocha 176

    Vous voulez dire que tous ceux qui ne sont pas en communication intellectuelle totale avec vous n’ont plus leur place ici ?

    Drôle de conception pour une blogueuse ! Je vous ai connue moins manichéenne, lors de nos joutes chez Me Eolas !

    Je maintiens que vous avez opéré un glissement progressif depuis 2 ans, concernant Jérôme Kerviel…

    De « bouc émissaire » il y a deux ans, vous êtes passée à « tous coupables » dans votre livre et depuis le second procès à « seul coupable »…

    Il y a de quoi s’interroger sérieusement sur vos motivations…

    Vous parlez d’insinuations d’Olivier Flucke… Que dire de la-vôtre en page 35 de votre livre ?

    « Il sait qu’il va toucher un bonus de 300.000 euros. Voilà qui devrait lui permettre d’aider son frère… »

    Alors que l’enquête menée par le Juge Van Ruymbecke ne permettait de révéler aucune anomalie dans le train de vie de Jérôme Kerviel…

    Commentaire par ramses — 06/07/2012 @ 11:46

  179. @Ramses : Cette fois vous avez dépassé les bornes. Au revoir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/07/2012 @ 12:14

  180. Aliocha est un personnage de fiction du romancier Henri Troyat dont le style n’a aucun lien avec le mauvais scénario du brillant film bourré de « stars » et de « paillettes » que vous écrivez dans votre chronique ‘Ce cauchemar sans fin’. Le procès de la Société Générale n’est pas de la fiction, un rêve ou un fantasme. Ce procès reflète le monde bien réel d’une institution financière qui revêt l’étendard rouge et noir du risque et de la fraude !

    Votre description si grotesque du public, venu assister au dernier jour du procès de la « Fraude à la Société Générale », l’insulte en le travestissant de « carrés VIP » imaginaires, flanqués de « pouliches à Longchamp » ! Une telle confusion des rôles des parties prenantes à ce procès peut-elle fonder un journaliste à émettre des jugements raisonnables sur l’escroquerie de la Société Générale ?
    Cette puissante banque qui se permet de tirer parti de journées particulières, un fameux mois de janvier 2008, en siphonnant les pertes de comptes débiteurs pour gonfler celui de Jérôme Kerviel. Ce mastodonte financier qui se permet de mettre au banc des accusés, un jeune opérateur de marchés confiant dans un système qu’on lui a mis entre les mains, parce qu’il croyait en ses supérieurs et cette institution ; et d’en faire un bouc émissaire sur la perte des subprimes !
    La fraude à la Société Générale est pourtant bien matérialisée en 2008, par la disparité grossière entre les pertes de 2 milliards seulement sur les subprimes et plus du double, 4 milliards 7 de pertes, sur le dos, du seul J. Kerviel !

    Mais forte de vos pauvres références cinématographiques (« Wall Street »), sans objectivité et reconnaissance pour l’aveu d’incompétence de la Société Générale durant tout ce procès, à faire frémir de peur n’importe quel déposant, votre regard ébloui fait zoomer la caméra dans une mise en scène rococo, ornée de « tables de pipoles botoxés dans une boite branchée ». Hermétique à tout semblant de réalité, la calomnie que vous faites de l’assistance vous aveugle. Pourtant, ce public nombreux devrait vous donner le sens des réalités que vous ne comprenez pas. Ne vous posez vous pas la simple question « que cette foule de visiteurs occasionnels » se pose, que tout le monde se pose dans « ce procès si compliqué » : un salarié isolé peut-il vraiment dissimuler des sommes énormes dans une banque sans que personne ne s’en aperçoive ? Invraisemblable mais si on pousse le cas à l’extreme, une deuxième question simple se pose : Que penser alors des systèmes de sécurité d’une banque ? Votre médiocre scénario digne d’un vulgaire téléfilm américain tente de rendre, en vain, votre pauvre lecteur, idolâtre de vieux «avocats blanchis sous le harnais de la Société Générale ».
    Le sarcasme vous oblige à passer sous silence la plaidoirie de maitre Koubbi pendant cette dernière journée capitale du procès ce 28 juin 2012. Avez-vous seulement écouté ses arguments ? Les dossiers de réseaux ? En connaissez-vous la teneur ?

    Pendant vos circonvolutions sémantiques, une terrible réalité est bien présente, elle : un simple salarié risque une condamnation de 5 années de prison….

    Pour compléter votre instruction artistique, je vous propose la lecture réelle de la presse financière :
    Première leçon, ci-dessous :
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120627trib000706089/barclays-sanctionnee-pour-manipulation-de-taux.html#bottom
    « La banque britannique Barclays est devenue mercredi la première institution financière à être sanctionnée suite à des enquêtes ouvertes sur plusieurs continents pour des tentatives de manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor. Barclays a accepté de payer au total l’équivalent de 290 millions de livres (362 millions d’euros) pour mettre fin à des enquêtes la visant au Royaume Uni et aux Etats Unis. Parmi les établissements cités comme impliqués dans l’une ou l’autre des enquêtes figurent la banque française Société Générale …. »

    Deuxième leçon, lisez les mails de Mr Christian Husson, qui a un « équipage » très instructif !

    Commentaire par diouspikangliche (@diouspikanglich) — 07/07/2012 @ 12:55

  181. @l’auteur du galimatias ci-dessus : C’est vous qui plafonnez en termes de littérature si Aliocha vous évoque Troyat (sans doute est-ce la première réponse qui sort dans les moteurs de recherche…) quand il devrait immédiatement faire surgir dans votre esprit Dostoievski. Le reste de votre commentaire est à l’avenant : à côté de la plaque. Prenez donc un peu d’huile essentielle de menthe, c’est excellent pour ce que vous avez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/07/2012 @ 13:20

  182. Bon, à l’évidence tout a été dit, nous allons donc nous épargner les redites et surtout les agités du bocal qui arrivent traditionnellement en fin de discussion pour libérer leur bile. Je ferme les commentaires sous ce billet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/07/2012 @ 13:24


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