La Plume d'Aliocha

13/06/2012

Kerviel : La thèse de la manipulation bat de l’aile

Filed under: Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 23:49
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Palais de justice – Mercredi 13 juin – Cinquième jour d’audience – 9h :  On aimerait pouvoir dire que ce cinquième jour d’audience dans le procès en appel de Jérôme Kerviel a amorcé un rééquilibrage au bénéfice de l’ex-trader, fort malmené depuis le début des débats. Hélas, la défense peine toujours à égratigner ce qu’elle nomme le « storytelling » de la Société Générale, c’est-à-dire le scénario du trader génial parvenant à tromper des systèmes de contrôle hypersophistiqués pour prendre des positions stratosphériques. Si, devant le tribunal correctionnel, la Société Générale avait joué à merveille la victime défigurée de souffrance, en appel, elle s’est assagie. Il est vrai qu’elle n’a qu’à conserver son avantage, quand la défense pour sa part doit au contraire s’employer à faire voler le jugement en éclats. Toujours est-il que Claire Dumas, la représentante de la banque, et ses trois avocats, dominent pour l’instant les débats grâce à une attitude calme, des explications claires et pédagogiques sur fond de contrition plutôt bienvenue concernant la faiblesse avérée des systèmes de contrôle – que la Société Générale a bien entendu renforcés depuis l’affaire Kerviel. En face le trader, très sollicité par la présidente Mireille Filippini qui l’interroge durant des heures, oppose son propre storytelling, et l’on se demande, en l’écoutant, s’il a tiré les leçons de ses insuffisances  en première instance et enfin décidé de s’expliquer ou s’il a tout simplement choisi de jouer une nouvelle partition.

« Je n’étais pas trader pour l’argent »

La matinée a été consacrée au fameux week-end du 19 janvier au cours duquel la banque dit avoir découvert la fraude. Ce qui ramène sans cesse à la même question : qui savait et où sont les preuves ?

– Puisque personne ne me fait de remontrances, je pense qu’on me couvre, explique Jérôme Kerviel à la barre. Il pense…

– Qui, interroge un juge assesseur, vous parlez toujours de la hiérarchie, mais de qui s’agit-il exactement ?

– Eric Cordelle (son N+1) et Martial Rouyère (N+2).

Voilà qui est nouveau. Jusqu’ici, on n’avait pas une vision très claire du niveau de hiérarchie impliquée aux yeux de Kerviel dans cette spirale infernale. Mais dès qu’un aspect du dossier s’éclaire, c’est pour déboucher sur une nouvelle zone d’ombre. Si ses supérieurs savaient, alors pourquoi le trader confie-t-il à ses amis le fameux vendredi 18 janvier où tout bascule qu’il va être viré,   qu’il est mort ? Parce qu’il saisit que ses supérieurs sont en train de le lâcher, explique-t-il.  Et s’il rechigne à avouer l’étendue de ses positions durant le week-end du 19 janvier, alors encore une fois qu’il prétend que tout le monde savait,  c’est que la présence des grands patrons lui fait peur. Au moins concède-t-il que eux, sans doute, ne savaient rien. Rien de ses positions, rien de ses pertes latentes, rien de ses gains bien réels au 31 décembre 2007.

– L’un de vos collègues dit que vous n’étiez pas content de votre bonus pour l’année 2007, interroge Mireille Filippini.

– C’est faux.

– C’était pourtant le moment de dire à vos supérieurs (Eric Cordelle et Martial Rouyère) qu’au regard du 1,4 milliard que vous aviez gagné, les 300 000 euros qu’ils vous proposaient (NDLR : Kerviel avait demandé 600 000 euros de bonus), c’était minable, insiste la présidente qui se heurte inlassablement à la même énigme : pourquoi dissimuler ce que tout le monde sait ? C’était le moment où jamais de faire part de votre mécontentement !

– Je conteste formellement avoir exprimé mon mécontentement. De toute façon, il est interdit de parler de son bonus dans la salle de marché. Et puis ce métier-là, je ne le faisais pas pour l’argent, c’était une passion. Jamais je n’ai eu l’objectif de gagner de l’argent, martèle le trader. Voilà qui sans doute fera sourire ses collègues, en particulier à Wall Street ! De même, il nie farouchement avoir investi 50 milliards en janvier 2008 dans le but de perdre ce milliard qui l’embarrassait tant que c’est en le dissimulant à sa hiérarchie – qui pourtant savait !- qu’il a été pincé. Sauf qu’il peine pour l’instant à prouver cette complicité.  Lors de son interrogatoire dans les locaux de la banque, il aurait dit à Martial Rouyère en présence de Luc François (N+5) : « tu as vu les mails de mars et avril, tu savais très bien ce que je faisais » . Hélas, cette déclaration a disparu de l’enregistrement, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle  David Koubbi a déposé plainte pour faux et usage de faux contre la Société Générale. L’argument aurait une chance de susciter l’intérêt de la cour si la présidente, qui a écouté deux fois les 8 heures d’enregistrement, ne s’était émue lundi que David Koubbi n’ait même pas entendu une heure de la bande qu’il accuse d’être trafiquée. Au demeurant, la présidente lui a reproché aujourd’hui de n’avoir pas non plus consulté les scellés du dossier qui étaient à disposition dans son bureau depuis février. Par ailleurs, même si Mireille Filippini ne l’exprime pas clairement, elle laisse entendre que l’enregistrement confirme les dires de la banque sur l’absence de coopération de Jérôme Kerviel lors du fameux week-end où il a été découvert.

Au centime près…

Alors que chacun attend avec impatience l’audition prévue jeudi du fameux témoin de la défense censé accréditer la thèse de la manipulation, l’audience de l’après-midi est venue quelque peu gâcher le suspens.  Interrogé par la présidente, le premier témoin de la banque, Luc François,  porte un sérieux coup à la thèse selon laquelle Socgen aurait profité du débouclage pour charger Kerviel en lui imputant d’autres pertes que les siennes  :

– Est-ce que vous m’assurez que le débouclage a porté exclusivement sur les opérations de Jérôme Kerviel, questionne avec solennité Mireille Filippini.

– Je vous l’assure, au centime près, répond avec force Luc François.

Quant à l’hypothèse d’un débouclage maladroit qui aurait cette fois involontairement alourdi la facture imputée au trader, elle est également battue en brèche. Luc François admet qu’en cédant ses positions, la Société Générale a forcément fait baisser le marché, mais pour lui, l’impact est de l’ordre de 2 à 3%. A priori, les autorités ont d’ailleurs confirmé après analyse que la banque avait agi au mieux et en parfaite transparence. C’est alors que David Koubbi tente de reprendre l’avantage en soulignant que la Société Générale a procédé au débouclage par le biais d’opérations fictives, celles-là même qui lui font pousser des cris de vierge effarouchée lorsqu’il s’agit de Jérôme Kerviel. Mais Claire Dumas pare l’attaque en expliquant avec calme que pour des raisons techniques et par souci de ne pas diffuser l’information sur le débouclage qui devait rester secrète, y compris vis à vis du contrôle des risques,  il a été décidé de maintenir le système occulte instauré par le trader.

L’audition de Luc François permet d’éclairer un autre mystère du dossier. Quand la hiérarchie s’émeut le 18 janvier de l’existence dans ses livres d’une opération incompréhensible de 1,4 milliard et identifie son auteur, Jérôme Kerviel, son supérieur Eric Cordelle est immédiatement mis à l’écart. Le témoin explique qu’il existe à l’époque un soupçon de complicité. Celui-ci a dû être levé assez vite car lorsque David Koubbi l’interroge un peu plus tard sur ce l’aveuglement de la hiérarchie, Luc François répond :

– qu’Eric Cordelle n’ait pas eu les bons réflexes, je vous l’accorde. Dire qu’il était au courant, clairement non !

Quant à la fameuse phrase qui aurait disparu des enregistrements, le témoin avoue ne pas s’en souvenir :

– De toute façon, à ce moment-là, j’ignore tout des opérations de Jérôme Kerviel, de sorte que sa déclaration selon laquelle Martial Rouyère était au courant n’aurait pas eu de sens pour moi. 

La journée aurait sans doute tourné à la totale déconfiture pour la défense, si l’audition de Luc François, puis celle de Nicolas Bonin l’un des supérieurs de Kerviel en 2005 au moment où il commet sa première transgression,  n’avaient laissé apparaître un certain embarras sur le caractère précis et formalisé des limites d’investissement imposées aux traders. Or, qui dit absence de limite, dit absence de franchissement desdites limites. Dans ce cas, la principale infraction – abus de confiance – tombe. Les témoins ne sont guère plus à l’aise lorsqu’ils doivent justifier leur inertie face aux alarmes. Coincés entre le difficile aveu d’incompétence et l’impérieuse nécessité de réfuter l’hypothèse de leur complicité, ils tergiversent. Reste l’argument selon lequel on raisonnerait en lots et non pas en montant dans les salles de marché, ce qui expliquerait que personne n’ait tiqué sur les milliards engagés par Kerviel. A la question parlez-vous en lots ou en nominal (montant), les deux témoins ont répondu un peu à contrecoeur : en nominal.

Une moisson bien maigre pour la défense. A ce stade, on songe qu’elle a fortement intérêt à ce que son fameux témoin  entendu jeudi soit solide…

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13 commentaires »

  1. Philippe Houbé est censé démontrer demain que des pertes d’au moins 1 Md€ ont été imputées à Kerviel lors du débouclage, qui n’étaient pas de son fait.

    D’autre part, les avis d’opérer transmis à Fimat sembleraient confirmer que SocGen était au courant.

    Je vous rappelle la position de l’AMF sur la co-responsabilité (page 30 du document de 2001) :

    http://www.amf-france.org/documents/general/5009_1.pdf

    « Seuls des agissements conscients et volontaires peuvent faire l’objet de poursuites.
    Pourtant, tout n’est pas forcément si simple. En droit français, la preuve pénale est
    constituée de tout élément de nature à fonder la conviction du juge.
    Pour apprécier si, oui ou non, l’intermédiaire a agi en connaissance de cause, le juge n’a
    d’autre ressource que d’examiner des éléments extérieurs à l’opération et pouvant traduire
    une adhésion au processus frauduleux : témoignages, rémunérations anormalement
    élevées… et bien sûr, tout manquement aux obligations légales et réglementaires, toutes
    défaillances dans le respect des procédures de vigilance et de contrôle, ou toute lacune
    grave dans le dispositif de prévention.
    De plus, un professionnel agréé est supposé s’en acquitter avec rigueur.
    Si tel n’est pas le cas, ses défaillances sont susceptibles d’être analysées comme une prise
    de risque délibérée. »

    Quand à cette déclaration de Claire Dumas, elle est surréaliste !

    « C’est alors que David Koubbi tente de reprendre l’avantage en soulignant que la Société Générale a procédé au débouclage par le biais d’opérations fictives, celles-là même qui lui font pousser des cris de vierge effarouchée lorsqu’il s’agit de Jérôme Kerviel. Mais Claire Dumas pare l’attaque en expliquant avec calme que pour des raisons techniques et par souci de ne pas diffuser l’information sur le débouclage qui devait rester secrète, y compris vis à vis du contrôle des risques, il a été décidé de maintenir le système occulte instauré par le trader. »

    La Loi est la même pour tous, quelles que soient les circonstances…

    Vous observerez que la Présidente n’a pas commenté cette réponse de Claire Dumas, n’en tirez pas la conclusion qu’elle la cautionne.

    De même quand Claire Dumas déclarait il y a quelques jours « ces opérations étaient visibles, mais elles ne pouvaient être vues », c’est énorme !

    Attendons les « attendus » et nous verrons si votre intuition de la culpabilité pleine et entière de Kerviel s’avère exacte.

    Commentaire par ramses — 14/06/2012 @ 01:40

  2. @Ramses : je n’ai pas l’intuition d’un quelconque culpabilité, je vous raconte ce que je vois.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/06/2012 @ 07:48

  3. Curieux de voir comment tout cela va finir. Pour avoir travaillé un temps dans une petite société de placement boursier j’ai pu voir des erreurs ou malversations, commises en salle des marchés ou en back office, à petite échelle, et l’effet retentissant sur la société. Les sommes en jeu dans cette affaire donnent le vertige.
    Merci pour ces comptes rendus.

    PS : du coup, je viens de commander votre livre.

    Commentaire par Efelle — 14/06/2012 @ 09:28

  4. je reviens sur la déclaration de Kerviel qui dit ne pas faire ce métier pour l’argent: aussi incroyable que cela paraisse, je pense que c’est vrai! A mon avis, Kerviel cherchait surtout à être le Meilleur Trader Du Monde, le prix Nobel des traders. De la gloriole plus que du fric quoi.

    Commentaire par QIAH — 14/06/2012 @ 10:14

  5. Un informaticien devrait savoir que dans un tel cas de figure son salut n’est possible que s’il garde des traces de ce qui pourrait permettre de défendre son cas.
    Si Kerviel n’a pas été à ce jour capable de fournir ces traces, je me demande quel est ce but.
    Son avocat le pousse à la sortie de piste. Ce qui prouve que Kerviel ne sait pas s’entourer, qui plus est face à des avocats expérimentés en face et qu’on imagine grassement payés.

    J’espère que l’auteur de ce blog a prévu un chapitre sur cet avocat. Pour moi il y a plus à dire sur lui que sur Kerviel.

    Commentaire par sdz — 14/06/2012 @ 11:40

  6. Vous savez, j’ai un peu joué avec les futurs (cac et dax) pendant quelques temps, et j’ai eu la chance de ne pas perdre. Lorsque vous êtes dans ce casino vous passez par un « courtier ? » enfin une société qui transmet vos ordres sur le marché : je suis certains qu’ils profitent de vos ordres pour gagner un peu, le 1000 ème de seconde avant en vendant un peu avant ou un peu après pour prendre 0.25 ou 0.5 points sur la ligne en plus de leur commission.

    On les a « pécho » une fois ou deux ou leur magouille a empêché la ligne de se faire : leur achat a fait (re)monter suffisamment le cours pour que votre ordre ne passe plus (en clair vous êtes vendeurs à 3500 pts et le seul vendeur à ce prix, vous voyez votre ordre monter dans la liste, le cours passe à 3500 une vente se fait (pas la votre), puis revient à 3499 et votre ligne n’est pas faite.) vous appelez, vous argumentez, ca prends des heures et ils « prennent » votre ordre à 3500). Alors vous savez j’ai un peu de mal à voir la générale (en direct sur le marché) ne pas être au courant de ce qui se passe.

    Et si ils pouvaient décidément rien voir, il n’aurait pas eu cette amende, on peut dire ce que l’on veut.

    Commentaire par herve_02 — 14/06/2012 @ 19:40

  7. Complètement hors-sujet

    Vous vous demandiez, Aliocha, ce que peut bien être un homme « normal », à propos de François Hollande ?
    Je vous recommande dans le Point l’analyse de Jacques-Alain Miller : son symptôme, c’est ses femmes, aux antipodes de la normalité. Très bien vu.

    Quant à la maladie Tweeter… on a eu un exemple foudroyant.

    Commentaire par Schmilblick — 14/06/2012 @ 20:25

  8. @schmilblick : hélas, ce n’est que le début. Twitter en soi n’est rien qu’un moyen parmi d’autres d’exprimer un travers qui se généralise : l’ego, cette passionnante maladie. On a reproché à Sarko de ne respecter aucune règle, avec raison. Là où on s’est trompé à mon avis, c’est en pensant qu’il était un cas particulier, je pense au contraire qu’il ne faisait qu’annoncer une nouvelle ère, dont l’un des défauts sera une tendance forcenée au « tout pour ma gueule ». Fort heureusement, je crois aussi, comme Rifkin, que le mouvement s’accompagnera de sa tendance opposée : le développement de l’empathie. Dans quelles proportions, ça reste à déterminer 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/06/2012 @ 22:24

  9. Bonjour Aliocha,

    S’agissant de l’abus de confiance, il faut distinguer les positions directionnelles ouvertes comme les 50 Mds € de janvier 2008 avec l’absence de limite pour certaines opérations tolérées mais couvertes même si cette limite était fixée à 125 M € pour l’ensemble des huit traders du desk « Delta One ».

    L’abus de confiance, malheureusement, est manifeste ! Il a abusé du mandat qui lui a été confié en dépassant ses autorisations.

    D’ailleurs, Jérôme Kerviel a déjà reconnu ne pas avoir parlé à ses supérieurs hiérarchiques de ses positions ouvertes en avouant en première instance qu’il avait : « caché à Cordelle les dépassements réalisés de ses positions” c’est à la page 35 du jugement.

    L’abus de confiance, malheureusement, est manifeste !

    Cela étant, encore une fois, indéniablement la SocGen est bien à l’origine de ses propres défaillances puisqu’elle a été jugée par la commission bancaire responsable des carences de son système de contrôle interne.

    Dès lors, le scénario qui défend l’idée qu’il n’y aurait aucune raison que ce système pervers se serve d’un bouc-émissaire de ses propres excès ou faibesses peut toujours prospérer comme incarnation de la spéculation outrancière dévastatrice de la finance mondiale.

    Mais, ce n’est pas nouveau : tous les traders nous enseignent qu’il n’est possible de faire des profits exceptionnels qu’en prenant des risques tout aussi exceptionnels, malheureusement, parfois inconsidérés… :

    Yasuo Hamanaka, Kweku Adoboli, Nick Leeson, Brian Hunter, John Rusnak, John Meriwether, Toshihide Iguchi, Boris Picano-Nacci, etc…tous en ont fait les frais avant Jérôme Kerviel en commettant ce même péché d’orgueil : convaincus de se refaire sur le marché.

    Et, à chaque fois, un comportement déviant à l’origine du passage à l’acte transgressif : l’engagement pris par Jérôme Kerviel « mortifiait » le ratio de solvabilité de sa propre banque.

    La motivation est, et, restera toujours la même : l’appât du gain.

    La recherche de la rentabilité maximise les profits et lorsque l’euphorie boursière vous emporte, la pression est telle que le sentiment de toute puissance est démultiplié et plus les trades deviennent perdants, plus l’aversion au risque est neutralisée par une tolérance irrationnelle avec laquelle les traders cherchent désespérément à se refaire en augmentant leurs prises de risques, ce qui les conduit invariablement à creuser leurs pertes.

    Certes, Jérôme Kerviel n’a rien volé, mais je crains, malheureusement, que l’engrenage (son livre) dont il assume, aujourd’hui, à la barre les contradictions ne fragilise un peu plus sa défense.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/06/2012 @ 13:06

  10. @Le Chevalier Bayard : hélas, quand on a ce livre en mémoire, on frémit en effet à l’entendre…Sur l’abus de confiance, Koubbi, comme Metzner avant lui, tente de dynamiter l’infraction en démontrant que les limites étaient floues, non formalisées, élastiques et leur dépassement toléré. Je ne me permettrais pas de vous rappeler que le droit pénal est d’interprétation stricte 😉 pas de mandat, pas de dépassement ! D’où son argument sur le délit de très grande vitesse, s’il n’y a pas de limite, on ne peut reprocher à son client de les avoir enfreintes simplement au vu de l’ampleur des dépassements.
    Quant aux profits exceptionnels imposant des investissements exceptionnels, Socgen tente de démontrer que c’est le contraire de l’activité bancaire : on peut gagner gros en effet, mais en cumulant les petits profits à grande échelle et non pas en jouant à quitte ou double sur un coup démentiel.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/06/2012 @ 13:13

  11. @ Aliocha,

    C’est bien là le problème que Me Metzner n’ai pas su convaincre c’est en page 68 du délibéré :

    Attendu que ces dommages trouvent leur origine dans la prise de positions directionnelles hors mandat pour un montant nominal global de l’ordre de 50 milliards d’euros, soit l’équivalent du double des fonds propres de la banque, et masquées par des opérations fictives ; qu’ils s’étendent à la totalité des pertes enregistrées des suites des opérations de débouclage des dites positions, menées dans une conjoncture défavorable au cours dela semaine qui a suivi la révélation des faits, sur instruction des dirigeants de la banque après avoir reçu l’aval des autorités de régulation de marché ; que c’est vainement que Jérôme
    KERVIEL a pu tirer argument de l’intention qu’il aurait eu de ne déboucler qu’à l’échéance des futures, dès lors que la réglementation interdisait à l’établissement de conserver de telles positions et que le risque de divulgation sur le marché commandait une communication au marché immédiate ; qu’au surplus l’analyse théorique sur les mois suivants et jusqu’au mois d’octobre 2008 a conclu que les pertes auraient pu atteindre en moyenne 8 milliards d’euros entre le 21 janvier et le 8 octobre 2008, voire 15 milliards en septembre et plus de 18 milliards en octobre ; que dès lors le préjudice consécutif aux prises de positions frauduleuses et que le débouclage a mis en évidence et consolidé au-delà du 18 janvier 2008 est certain dans son
    quantum à hauteur de 4.915.610.154 euros, correspondant aux pertes constatées à hauteur de 6.445.693.815 euros, déduction faite du gain réalisé au 31 décembre 2007, soit 1.471.275.773 euros et du reliquat de positions résiduelle subsistant le 23 janvier 2008 à hauteur de 58.810.888 euros ; qu’il convient en conséquence de condamner Jérôme KERVIEL à payer l’intégralité des
    sommes réclamées par la Société Générale.
    *****

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/06/2012 @ 15:23

  12. […] Kerviel : La thèse de la manipulation bat de l’aile Infernale affaire kerviel | la plume ‘aliocha, Ah seulement éô kerviel avait conservé sa premiè avocate ! jk éé entendu 12 heures à la banque il ’ 7 heures ’enregistrement. […]

    Ping par Kerviel Enregistrement | top review 2016 — 19/01/2016 @ 19:46


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