La Plume d'Aliocha

24/05/2012

Un mythe nommé Kerviel

Classé dans : A propos du blog,Affaire Kerviel — laplumedaliocha @ 10:11
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Condamné à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts au bénéfice de la Société Générale le 5 octobre 2010, Jérôme Kerviel sera jugé en appel à partir du 4 juin prochain.  J’ai rencontré le trader par hasard, en juillet 2010, puis enquêté durant plus d’un an. Voici le récit de cette incroyable affaire. 

Souvenez-vous, il y a presque deux ans nous avions eu ici des échanges passionnés à propos du procès Kerviel. A l’époque, j’étais allée assister aux audiences avec la conviction que la justice ferait la lumière sur l’affaire. Hélas ! J’en étais ressortie avec davantage de questions que de réponses. La thèse de l’ignorance de la Société Générale, incroyable de prime abord, avait soudain pris une étrange épaisseur au fil des débats, sans toutefois me convaincre tout à fait. La personnalité si lisse de Jérôme Kerviel m’intriguait prodigieusement. L’épaisse carapace technique du dossier, hermétique pour quiconque ne travaillait pas dans le département de trading d’une grande banque, m’était apparue au fil des débats comme une sorte de mur de verre, infranchissable. Lorsque le procès s’est achevé, par un joli vendredi de juin ensoleillé, je me souviens avoir quitté le palais de justice avec un terrible vague à l’âme. L’aventure que nous avions partagée durant presque trois semaines avec les acteurs de cette affaire hors normes s’achevait brutalement. Je croyais à l’époque tourner la dernière page d’un livre, en réalité, je m’apprêtais à écrire les premières lignes d’une histoire exceptionnelle !

La rencontre

Tout a vraiment commencé trois jours après la fin du procès, le lundi 28 juin 2010 lorsque, de retour d’un week-end à la campagne, j’ai reconnu Jérôme Kerviel attablé dans un bistrot au pied de mon immeuble. Puisque le destin farceur le plaçait sur ma route, je l’abordai ! D’un hasard l’autre, je m’aperçus très vite que le dossier Kerviel ne cessait de se mettre en travers de mon chemin. Alors j’ai voulu comprendre. L’exercice d’investigation et surtout d’explication m’est apparu d’autant plus nécessaire qu’on n’avait cessé de nous dire tout au long du procès que la perte de trading avait mené la banque au bord du gouffre et que, sans l’intervention brillante de Daniel Bouton, la Société Générale aurait pu couler et entrainer dans sa chute un système financier mondial fortement fragilisé à l’époque. Mais alors, si nous étions passés si près de la catastrophe nous avions le droit, nous citoyens, de comprendre ce qui était vraiment arrivé. Or, comment croire qu’une banque n’a pas vu qu’un de ses traders investissait 50 milliards ? Cette même banque qui réagit au plus petit découvert d’un particulier ? Et Jérôme Kerviel ? Etait-il vraiment le génie de la fraude qu’on nous décrivait ?  Il fallait tenter de dépasser l’image lisse qu’il avait opposée à ses juges, au public et à la presse tout au long du procès pour  s’approcher un peu plus près et, qui sait, cerner qui il était vraiment et ce qui l’avait motivé. Au fil de mon enquête, une autre dimension de l’affaire m’est apparue.  Celle que nous avions tous saisie intuitivement sans vraiment nous expliquer la raison de cette fascination profonde : nous avions en face de nous un mythe moderne. En d’autres termes, cette histoire contenait, au-delà du simple fait divers financier, quelques unes des clefs symboliques de notre époque.

Les faits, rien que les faits

C’est ainsi que j’ai commencé à écrire, rien que pour moi au départ, le récit de l’affaire depuis l’embauche du trader le 1er aout 2000 jusqu’au jour de sa condamnation, le 5 octobre 2010. Bien sûr, au fil du temps, je me suis forgée une conviction, mais j’ai voulu néanmoins rapporter les faits de la manière la plus objective possible pour permettre à chacun de se façonner son propre jugement. Et aussi, plus profondément, parce que je suis convaincue qu’elle dépasse de loin le simple fait divers financier, et pose des questions bien plus intéressantes que le seul point de savoir si Jérôme Kerviel a agi seul ou si on l’a encouragé pour ensuite le lâcher.  Il n’y a aucun terme financier dans le livre, c’était inutile, la technique dans tout cela n’était finalement qu’un leurre. Au fond, il s’agit d’une affaire d’hommes, d’une somme de rêves fous, d’aveuglement et d’incompétence, concentrés au coeur d’un système, certes infiniment complexe et sophistiqué, mais aussi bien moins sécurisé qu’on ne l’imagine.

Hasard et coïncidences

Quand le livre fut achevé le hasard, encore lui, plaça sur ma route quelques éditeurs. Mais le sort, même bienveillant, doit toujours être forcé. J’ai essuyé une bonne dizaine de refus et presqu’autant de silences indifférents. Pour les éditeurs qui ont daigné me répondre, l’affaire Kerviel était un vieux dossier financier incompréhensible que l’actualité avait depuis longtemps déjà remplacé par d’autres sujets bien plus intéressants. Ils n’avaient pas tort en première analyse, mais ce type de réflexe montre que même l’édition rechigne désormais à s’accorder  le temps nécessaire à la réflexion. Faut-il donc se résigner à zapper en permanence et par conséquent à demeurer à la surface des choses ? Pourtant, depuis janvier 2008, date à laquelle a éclaté l’affaire, nous avons eu connaissance de trois autres pertes de trading, à la Caisse d’Epargne en 2008, chez UBS en 2011 et, tout récemment chez JP Morgan. Dépassée l’affaire Kerviel ? Allons donc ! En réalité, ces dossiers de rogue traders comme on dit (traders voyous) révèlent un risque plus profond et plus général : la fragilité de nos systèmes ultra-sophistiqués. Un homme, un seul, peut les faire vaciller. Les quelques spécialistes qui tirent la sonnette d’alarme peinent malheureusement à attirer l’attention. Je savais pour ma part que ma seule chance d’être entendue, c’était la perspective du procès en appel. On appelle cela une accroche d’actualité. Passé cette échéance, je n’intéresserai plus personne. Et c’est au tout dernier moment qu’est survenu le miracle. Un de mes confrères a dit de cette affaire qu’elle rendait fou. Il a raison, elle concentre autour d’elle énormément de passions. Elle est aussi et surtout incroyablement marquée par le destin. Les coïncidences, les hasards, les coups durs, les miracles et les revers dont j’ai été victime pour m’être approchée un peu trop près du coeur du volcan ont fini par me faire sourire tant leur liste était impressionnante.

Anonymat

Un dernier mot. J’ai signé le livre de mon vrai nom, parce que c’est un travail journalistique et non pas une distraction de blogueuse. Au surplus, je ne concevais pas d’aborder un dossier de cette importance en me dissimulant derrière un masque. Mais ce livre est aussi le produit du blog parce que sans les discussions que nous avons eues ici, je n’aurais sans doute jamais ressenti l’impérieuse nécessité de m’arrêter pour prendre le temps de comprendre. Merveilleux internet qui rapproche journalistes et public et permet aux premiers d’entendre les interrogations du second. Prodigieux Internet qui offre l’opportunité, par l’échange et la discussion, d’aller au fond des choses pour peu que l’on surmonte son autre face, plus sombre, la tentation  de l’instantanéité. De fait, mon anonymat tombe mais nous avons assez répété, ici et partout ailleurs, que l’identité au fond, on s’en moquait, non ? Pour ceux que la problématique de l’anonymat ou plus exactement du pseudonymat intéresse, je précise que je continuerai de bloguer sous le pseudonyme d’Aliocha et d’exercer mon métier sous mon vrai nom. Question de délicatesse à l’égard de mes employeurs et de nécessaire distinction, à mon sens, entre l’opinion personnelle et le travail journalistique. Quant au livre, j’espère que vous y trouverez des réponses aux questions que nous nous sommes posées ici-même il y a deux ans. Et j’espère aussi que les spécialistes sauront trouver matière à réflexion dans le simple récit de cette histoire qui, à mon sens, illustre parfaitement les nouveaux risques auxquels nous sommes confrontés. A vous de juger !

Note : Il sort le 31 mai aux Editions Eyrolles. 297 pages, 18 euros.

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117 Commentaires »

  1. Pourquoi Bouton et consorts n’ont-ils pas été placé en garde à vue ou mieux en préventive avec mise sous séquestre de leurs avoirs personnels et collatéraux ?
    question subsidiaire : pourquoi tout est à charge de Kerviel et rien ne concerne la banque et encore moins la hiérarchie (+ Bouton # responsable mais pas coupable ou l’inverse?)

    Commentaire par zelectron — 24/05/2012 @ 10:26

  2. @zelectron : parce que c’est ainsi dans toutes les affaires de rogue traders et dans tous les pays du monde. La justice n’est jamais appelée à juger un système mais un homme. Or Jérôme Kerviel a reconnu ses fautes, ce qui explique sa condamnation. En appel, il va tenter de démontrer qu’une partie de sa hiérarchie savait. Qu’on ai dénommé les années Bouton "les années fric" est certes un sujet dont il faut s’emparer, ce n’est pas une faute pénale. Ce sont les citoyens qui jugent les systèmes, pas la justice. Et c’est ce que je propose : comprendre le système pour le corriger.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 10:29

  3. Si vous aimez la lecture, je vous recommande l’excellent ouvrage de William K. Black " Une fraude presque parfaite", sous titré "Le pillage des caisses d’épargne américaines par leurs dirigeants" … tout un programme.
    Je suis certaine qu’il existe des méthodes identiques de recours à la "créativité" des pratiques dans la gestion des ressources humaines et financières, impliquant l’exécutif de l’entreprise et de l’Etat.
    J’attends, pour lire votre prose …

    Commentaire par fultrix — 24/05/2012 @ 10:39

  4. En fait, la réponse à Zélectron est " too big to jail" …

    Commentaire par fultrix — 24/05/2012 @ 10:40

  5. @Aliocha,

    Attention à votre estimation de la "faute pénale".
    Il existe des cas où tout est légalement possible de faire (un montage juridique, une pratique professionnelle …) MAIS l’intention d’y recourir relève de l’abus de droit, à savoir, retenir une règle pour en contourner une autre (c’est l’exemple des parents qui mettent la carte grise au nom de l’enfant pour échapper aux PV automatiques).
    Pour les détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abus_de_droit

    Par contre, la mise en oeuvre a été particulièrement rendue difficile ces dernières années, depuis 5 à 10 ans, devinez pourquoi …

    Commentaire par fultrix — 24/05/2012 @ 10:59

  6. Tout d’abord, félicitations pour la publication de votre livre. Même si je ne l’ai pas lu, je suis persuader que vous avez réalisé un travail formidable pour mettre à la portée de tous cette affaire compliquée. Du journalisme au sens le plus noble du terme.

    Cet ouvrage est d’autant plus intéressant qu’il permet justement de déconstruire le mythe de complexité technique des opérations de trading. Le jargon utilisé est effrayant à souhait. Il permet en effet à la fois aux traders de justifier leur existence devant leur n+1, n+2, …, démontrant ainsi la complexité de leur tâche. A l’inverse, il est également bien utile aux supérieurs qui ont beau jeu de dire lorsque le vent tourne qu’ils n’étaient pas au courant, car étant dans l’incapacité de maîtriser tous les détails techniques du travail de leur subordonnés. Ce double intérêt pour les différents partis est d’ailleurs assez bien représenté dans le film Margin Call sorti récemment.

    Commentaire par balancap — 24/05/2012 @ 11:01

  7. Tous mes vœux de succès pour votre livre. S’il pouvait démontrer que quelques techniciens suffisent à créer des réactions financières en chaîne pouvant avoir des répercussions nationales voire mondiales, alors peut-être on se posera la question de reprendre le bouzin sous contrôle populaire et de cesser le laisser faire individuel qui nuit à la collectivité pour le profit de quelques-uns. J’appelle ça plutôt changer le système que le corriger ;-)

    Commentaire par kuk — 24/05/2012 @ 11:12

  8. @fultrix : oh, je ne sous estime pas, je pense simplement que la justice ne peut pas panser toutes les plaies de la société et qu’on ne va pas envoyer en taule tous ceux qui ne font que s’inscrire dans la logique d’un système que tout tend à faire prospérer. Voyez le cas Facebook. Les américains vont multiplier les procès, je trouverais plus judicieux personnellement de travailler à réguler le système plutôt que de réparer les pots cassés. D’ailleurs, c’est plus dans l’esprit français. Maintenant, si on importe la démence de la finance américaine tout en offrant la quasi impunité d’un système judiciaire plus raisonnable que le leur, il y a un problème. L’affaire Kerviel soulève toutes ces questions, on ne peut pas demander aux juges seuls d’y répondre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 11:12

  9. Bonjour Aliocha,

    tout d’abord, félicitations pour l’aboutissement de ce que j’imagine avoir été un gros travail.

    Je vais l’acheter votre bouquin. Parce que vos billets sur cette affaite étaient fichtrement intéressants, et parce que vous m’aviez semblée, en effet, à la fois passionnée et pleine de questions diverses (sur la justice, le journalisme, le rôle des experts, etc…. et pas seulement sur la finance) face à cette affaire.

    Et, bien évidemment, je me permettrais de venir vous dire ici 2 mots de compte-rendu de lecture ;-)

    ps : et alors, en vrai, et pas sus les feux de la salle d’audience, ce Kerviel, il est vraiment si mignon ?

    Commentaire par Jalmad — 24/05/2012 @ 11:14

  10. Un mythe nommé Aliocha… enfin démystifié. Reste à s’occuper de Maître Eolas : c’est qui, alors ? ^^
    Je lirai votre livre, je pense. Au minimum, je chercherai dessus ou dedans une photo de l’auteure, car il reste à démystifier votre blonditude. ^^

    Plus sérieusement : "Quand le livre fut achevé le hasard, encore lui, plaçât sur ma route quelques éditeurs" : m’est avis que vous avez remanié votre phrase en oubliant cet imparfait du subjonctif qui n’avait plus rien à y faire.

    Commentaire par Chicxulub — 24/05/2012 @ 11:16

  11. @Jalmad : il a deux visages, l’un tendu, dur, trader jusqu’au bout des pompes (celui qu’il a présenté au tribunal), l’autre doux, gentil bad boy, un peu égaré dans une affaire trop grande pour lui ;-)

    @kuk et balancap : merci ! ce que j’espère, c’est arriver à faire partager ma passion pour ce dossier….j’aurais pu écrire 1000 pages et multiplier les analyses et digressions mais je pense que l’histoire se suffit à elle seule. Mon seul regret, c’est que nous n’ayons pas eu encore de grand romancier pour s’emparer de l’affaire. J’espère que ça viendra.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 11:18

  12. @Chicxulub : désolée, il n’y a pas de photo. Le moi est haïssable disait Pascal, je n’aurais jamais voulu d’une photo de moi dans le livre. Au surplus, c’est Kerviel le sujet ;-) il est bien plus intéressant. Merci pour la faute, c’est corrigé !

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 11:21

  13. Quand vous m’avez répondu, il y a quelques semaines, je supposais que vous aviez en chantier un livre dont vous ne pouviez encore parler.

    Je suis très heureuse que vous ayez pu mener ce projet à son terme et vous souhaite un succès à la mesure de votre investissement et de la pédagogie dont vous aviez fait preuve ici pour nous aider à comprendre ce dossier.

    Bravo à vous!

    A quand les interviews chez vos confrères? Comment, pas de photo sur la 4ème de couverture ? parce qu’à part, les orteils soigneusement manucurés pendant les vacances en Crête ;-), on reste un peu sur notre faim!

    La présentation du livre ici http://www.cristal-banque.com/kerviel-enquete-sur-un-seisme-financier-ed-eyrolles/27698079

    Commentaire par gabbrielle — 24/05/2012 @ 11:37

  14. @Gabbrielle : entre nous, je suis quelqu’un de discret, je redoutais cet instant. Comme toujours, c’est la passion qui m’a emportée ;-) par ailleurs, je ne suis jamais satisfaite de mon travail, donc là je suis dans mes petits souliers ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 11:48

  15. Les souliers, des Louboutin? ;-)

    Aurez-vous le temps de suivre le second procès et de nous en faire des compte-rendus ici?

    Commentaire par gabbrielle — 24/05/2012 @ 11:55

  16. Bravo pour ce livre ! Je suis votre blog avec beaucoup d’intérêt (même si je n’ose pas commenter) et j’avais relayé à l’époque sur mon propre blog le suivi que vous faisiez de l’affaire Kerviel car je trouvais que vous la rendiez passionnante et presque "claire" pour quelqu’un comme moi qui ne connait pas grand-chose à la finance mais qui reste curieuse de ces sujets-là. Je crois bien que je vais m’offrir votre livre car je suis persuadée que je serai moins "ignorante" à la fin. Encore toutes mes félicitations et j’espère que votre livre saura rencontrer un large public !

    Commentaire par Gaëlle — 24/05/2012 @ 12:38

  17. OK. Beau boulot.

    Concernant JP Morgan, c’est plus ou moins la même chose, comme je le disais sur Twitter, la technique financière, on s’en fiche, il s’agit tout simplement d’un bleu qui prend beaucoup trop de risques (Iksil) qui se fait démonter par un gérant (Boaz Weinstein) de hedge fund spécialisé sur ce marché, qui a donné l’info en février dans une conférence de presse, alors que lui-même, quand il était à la Deutsche Bank en 2008, avait perdu plus d’un milliard d’euros sur ce marché. Ça lui a permis de faire son beurre de l’année…
    http://www.businessinsider.com/we-were-there-when-boaz-weinstein-announced-his-trade-that-would-cream-jpmorgan-2012-5

    Bref, des financiers qui s’amusent à se shooter les uns les autres aux dépens de la stabilité des boites.

    Sachant que le problème de la zone euro, qui est bien plus important, n’est pas tout à fait lié au même type de raisonnement.

    Sinon, concernant les hasards que vous avez accumulés sur votre route, Carl Jung a élaboré une théorie pour cela qu’il appelle la Synchronicité. http://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicit%C3%A9

    PS : En train de lire les Frères Karamazov, c’est un monument, ce bouquin, je comprends votre choix de pseudo.

    Commentaire par Polydamas — 24/05/2012 @ 12:43

  18. Bravo !
    Je vais acheter et lire votre livre. Je me régale d’avance.
    Et je ne manquerai pas de vous faire part, ici même, de mes remarques éventuelles.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 24/05/2012 @ 12:58

  19. Félicitations pour ce beau bébé ! et merci de rendre l’actualité plus lisible et moins langue de bois que tout ce qu’on lit sur le grand internet…

    Commentaire par Delphtweet — 24/05/2012 @ 13:28

  20. Suggestion : solliciter un entretien à Patricia Chapelotte, conseil en com’ de crise, et auteure, chez Eyrolles, d’un De Kerviel à Clearstream, l’art de communiquer lors des grands procès.
    Vous ne devriez pas avoir trop de mal à obtenir de votre éditeur commun des services de presse.

    Commentaire par Jef Tombeur — 24/05/2012 @ 14:28

  21. "… je me suis forgée une conviction…"
    Vu que ce n’est pas vous qui êtes forgée (enfin je vous le souhaite), mais la conviction, et qu’elle est après le participe passé, vous devez écrire : je me suis forgé une conviction. Eh oui :-)

    Pour le reste, quand je serai lassé de K. Giebel, évidemment que je vais me ruer sur l’oeuvre d’OD.
    Merci d’avance pour ce travail fouillé que vous fîtes sur cette affaire Kerviel.

    A vous lire

    Commentaire par Ginkgo — 24/05/2012 @ 15:34

  22. Bravo Aliocha !
    J’avais rêvé que quelqu’un se penche sérieusement sur le "cas Kerviel", vous l’avez fait !
    Je vais me procurer ce livre dès sa parution. Comme vous, je suis passionné par cette affaire hors-normes (comme je le fus pour "Clearstream") et je suis persuadé qu’avec le recul, l’appel révèlera le dessous des cartes, soigneusement occulté en première instance.
    Il me semble en effet parfaitement impossible que les supérieurs de Jérôme Kerviel n’aient pas été informés de ses engagements, voire même qu’ils ne les aient pas encouragés…
    Cette affaire doit s’analyser à la lumière des pertes sur les "subprimes" que la Société Générale a subies.
    En détournant l’attention sur un "lampiste", la Société Générale a évité d’avoir à s’expliquer sur ce fiasco !
    J’espère aussi que la Cour se penchera sur les sommes effectivement perdues, en tenant compte des impôts qui n’ont pas été recouvrés.
    Comme dans l’affaire "Clearstream", on s’apercevra sans doute que le coupable idéal n’était pas celui qui était désigné à la vindicte publique, c’est mon voeu le plus sincère.

    Commentaire par ramses — 24/05/2012 @ 15:40

  23. @Aliocha

    Avez-vous des infos que vous puissiez divulguer sur le changement d’avocat pour l’appel et votre sentiment sur le nouveau (qui me semble un peu léger et encore plus attiré par les caméras que le précédent)?

    Commentaire par gabbrielle — 24/05/2012 @ 16:02

  24. Bravo !

    J’achèterai votre livre.

    Pour JPMorgan : apparemment ce n’est pas une affaire de rogue trader, le management était au courant. Mais quelle est la pire situation : la banque qui dit n’avoir pas vu un trader échapper à ses contrôles dans les grandes largeurs, ou bien la banque qui assume avoir pris une stratégie complètement foireuse ? Dans les deux cas, ce n’est pas glorieux.

    Commentaire par junot — 24/05/2012 @ 18:59

  25. Tout ceci explique donc votre relative disparition du ouèbe. Félicitage pour ce travail, j’ajoute un item dans ma todolist pour fin mai.

    Commentaire par Kouett' — 24/05/2012 @ 19:57

  26. @Gaëlle : merci ! je trouve capital de pouvoir expliquer une affaire aussi importante à tous ceux qu’elle intéresse. On ne peut pas à la fois nous imposer de vivre sous le fouet de la finance et se retrancher derrière la technique quand il y a une catastrophe pour nous dire : bande de gueux, c’est trop compliqué pour vous ! ;-)

    @Polydamas : entre nous, j’aurais rêvé que Dostoievski s’empare du sujet, il en aurait fait un chef d’oeuvre. D’ailleurs, j’ai bon espoir en racontant cette histoire que des esprits plus éclairés que le mien s’en emparent. Au début d’ailleurs, je ne voulais pas l’écrire, je passais mon temps à interpeler les brillants intellectuels que je cotoie dans mon métier. Aucun n’avait suivi le dossier, à croire qu’il était planqué dans un angle mort malgré tout le bruit médiatique qu’il suscitait. Alors je m’y suis collée, sur le conseil d’Antoine Garapon.

    @Delphtweet : merci !

    @DMB : merci, j’espère ne pas vous décevoir…je vais ouvrir une page dédiée pour permettre à chacun de donner son avis après lecture.

    @Jef Tombeur : Patricia est déjà dans le livre ;-) mais je m’en vais lire le sien, elle défriche des terres inconnues en se lançant dans la com’ de crise judiciaire. Un exercice délicat.

    @Gingko : vous me donnerez votre classement, pour Giébel j’entends. Moi je mets en premier Meurtres pour rédemption (très loin devant, mais c’est que le thème me plait, j’aime les gens qui ont la rage), ensuite Jusqu’à ce que la mort nous unisse ex aequo avec Juste une ombre.

    @Ramses : ainsi donc, il faut que j’écrive un livre pour que vous pointiez le bout de votre nez. Dont acte. Je m’attaque au deuxième. Quant à Kerviel, n’espérez pas un livre à scandale, ce qui m’intéresse dans l’histoire, ce n’est pas l’éventuel complot, c’est la manière dont le drame s’est noué, puis à a été géré jusqu’à la condamnation. Si vous saviez à quel point cette histoire nous renseigne sur notre société…Pour le reste, il y aura peut-être des rebondissements au procès.

    @Gabbrielle : il est très motivé, il a à peu près le même âge que Jérôme Kerviel et de tous les avocats qui ont traité le dossier, c’est sans doute celui qui est le plus à même de comprendre le trader et d’adhérer à la manière dont celui-ci estime que l’on doit mener sa bataille. Le défaut, en termes d’image, c’est qu’il ne fait pas très "establishement" comparé à la très grande banque et à ses avocats blanchis sous le harnais. Ce choix renforce en l’état le côté pot de fer contre pot de terre du dossier, pourquoi pas ?

    @Junot : non, en effet, c’est pourquoi j’ai parlé de pertes de trading. Mon opinion, en l’état, c’est que Socgen peut n’avoir rien vu, aussi dingue que ça paraisse. Je ne dis pas qu’elle n’a rien vu, mais que c’est possible. Et si c’est cela, alors c’est catastrophique. Dans la plupart des affaires de rogue trader, il y a toujours des voix pour dire que la banque ne pouvait pas ne pas voir, à ma connaissance, ces théories n’ont jamais été démontrées. Je suis allée voir les quelques spécialistes qui avaient eu le courage de dire qu’ils ne croyaient pas à la thèse de Socgen, aucun n’a été en mesure d’argumenter. Mon opinion, c’est qu’ils refusent d’admettre la fragilité de leurs systèmes. Or, quelques éminents spécialistes dénoncent depuis longtemps deux choses qui me semblent être présentes dans cette affaire. La première c’est la fragilité des systèmes de contrôle interne qui ne laisse plus de place à l’intelligence humaine. Quiconque a rencontré un problème avec un FAI sait que les procédures des services clients sont paralysées par un problème transversal, aussi bête soit-il. La deuxième, c’est que nous entrons dans l’ère des pirates. Voir à ce sujet l’article du troisième lien dans le billet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 20:05

  27. Je note aussi que le nombre d’avocats de K. qui se sont désistés est impressionnant, à croire qu’ils ont été satisfaits de voir leurs "bonnes œuvres" financées tout à coup par des dons venus du ciel et que leur client saurait bien se défendre sans eux .

    Commentaire par zelectron — 24/05/2012 @ 21:52

  28. @zelectron : ses avocats ne se sont pas désistés, c’est JK qui à chaque fois en a changé, soit parce qu’ils avaient fait quelque chose qui lui déplaisait et qu’il s’estimait trahi, soit parce qu’il y avait divergence sur la stratégie à adopter. Comme je l’ai dit, c’est un dossier très passionnel. Les gens s’emballent pour l’homme et le dossier, et puis l’enthousiasme fait place aux conflits, divergences de vues etc. et c’est le clash. Cette affaire est exceptionnelle de A à Z ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 22:06

  29. Bravo Aliocha
    Bien sûr je vais acheter votre livre.
    Pendant mes dernières années de job j’ai passé, assez seul, une partie de mon temps à traquer les éléphants dans les couloirs; pendant que des dizanes de big spécialistes contemplaient des vis de 3 pendant des heures. Maintenant je crois que celà doit être des centaines ??
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 24/05/2012 @ 23:01

  30. Bonjour Aliocha,
    Est-il prévu une version électronique de votre livre ?

    Commentaire par ancilevien74 — 24/05/2012 @ 23:13

  31. Ha, l’affaire Kerviel… J’attendais impatiemment que sorte "L’affaire Kerviel Pour les Nuls", mais le sujet mérite mieux.
    Jérôme Kerviel est à la Banque ce que le Trésor est aux Templiers, que dis-je, cette intrigue, c’est le Da Vinci Code de la Finance.
    En tout cas je souhaite à votre bouquin le même succès que ce dernier (105 chapitres, plus de 80 millions d’exemplaires vendus… tout de même !). Dès demain je cours chez mon libraire de province pour le commander.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 24/05/2012 @ 23:30

  32. @Lambda : soit je suis fatiguée, soit vous êtes particulièrement elliptique ;-)

    @ancilevien74 : je crois bien que oui, mais tout s’est fait en urgence, du coup j’ai zappé. En tout cas c’était prévu.

    @OdS : Plaisantez pas, j’ai opté pour la simplification. Le relecteur m’a appelée un jour pour me dire : il manque un lexique. Il avait repéré 4 ou 5 termes financiers qui avaient échappé à mon attention, je lui ai répondu : on supprime ou on traduit par un mot compréhensible, je ne veux pas de jargon. Les financiers m’ont trop longtemps roulée dans la farine avec leur fameuse phrase : c’est trop compliqué pour qu’on vous explique (pauvre petite blonde décervelée), mais tout est sous contrôle. Tu parles ! Da Vinci Code, oui, ou Harry Potter ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/05/2012 @ 23:43

  33. Le 24 mai 2012 vous nous proposez le récit d’une histoire qui "contient quelques unes des clefs symboliques de notre époque". Un peu plus loin, vous évoquez " les quelques spécialistes qui tirent la sonnette d’alarme et peinent malheureusement à attirer l’attention."
    Je vous demande d’excuser le hors sujet qui suit en acceptant de lire ce message que j’ai reçu ce matin de la part d’un vieux copain.

    "Je naissais à peu près à cette heure là, il y a 80 ans, quelques heures après que Albert EINSTEIN et Lord Ponsomby venus de Londres à Genève y "aient fait d’importantes déclarations sur le désarmement ……les 2 orateurs se sont prononcés en faveur d’un désarmement intégral…..Il ont préconisé le refus du service militaire et la fermeture de toutes les fabriques d’armes et de munitions" ( article du journal "L’Aube" du 24 mai 1932, avec en plus un article dans la même page du prophète et père des romans d’anticipations H.G.Wells – il avait même prévu la désintégration de l’atome et la bombe atomique et l’encyclopédie universelle permanente / Wikipedia ! – " Le Monde s’effondre visiblement etc………", sur demande )
    Je suis né "dans les douleurs" quelques heures après , et un an après Adolf Hitler prenait le pouvoir pour faire tuer plus de 60 millions d’êtres humains !
    Jacques

    Cet ami, physicien et combattant écologique de la première heure se réjouissait par ailleurs de l’envol, ce matin du Solar Impulse, le premier avion solaire.
    Je ne pensais pas associer Jérome Kerviel à son anniversaire, c’est vos "clefs symboliques" qui m’ont ouvert cette réflexion. Je vous prie de la recevoir avec mes meilleures intentions.

    Commentaire par Denis Ducroz — 24/05/2012 @ 23:50

  34. Et bien voila, je l’ai mis dans ma liste à commander chez mon gentil libraire. Cela va prendre un peu de temps (mi-juillet) je suis à Montréal
    Ce n’est pas tout ça mais je dois sortir dans la rue pour faire du bruit avec des instruments de cuisine.
    Yann

    Commentaire par yann Rohel — 25/05/2012 @ 02:04

  35. Ah blogueuse de mon coeur, ça me fait tout bizarre de connaître votre nom mais vous resterez pour moi éternellement Aliocha…

    Je vais bien sûr lire votre bouquin (et même l’acheter en vrai si ça se trouve), félicitations pour être allée au bout de votre projet!

    Commentaire par mussipontMussipont — 25/05/2012 @ 10:29

  36. @Mussipont : chut, j’aperçois au loin Madame Mussipont ;-)

    @tous : pour info http://television.telerama.fr/television/le-documentaire-laureat-du-prix-albert-londres-audiovisuel-a-voir-sur-telerama-fr,82049.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/05/2012 @ 13:47

  37. Franchement, où vous vendez mal ce livre, où il a aucun intérêt. Si c’est pour faire un simple résumé de l’affaire Kerviel, autant garder son argent et s’informer gratuitement sur internet. Évidement, qu’en Appel il va y avoir des rebondissements étant donné les deux plaintes qui ont été déposé par Jérôme Kerviel pour tromperie au jugement. Le seul journaliste qui a eu le courage de faire une vraie enquête et relever les incohérences, les aberrations de l’enquête judiciaire et du jugement est Nicolas Corri du journal Libération dont Voici un article:
    http://www.soutien-officiel-kerviel.com/blog/actu-news/affaire-kerviel-les-coupes-sur-mesure-de-la-societe-generale-4944
    Le reste c’est excusez moi l’expression du "pipi de chat" destiné à se faire un peu d’argent ou sur cette affaire ou une petite place.
    Cette affaire ne fascine pas la majorité des gens. Elle réveille de l’inquiétude sur les pratiques du monde de la finance, sur le fonctionnement de notre justice, elle crée l’indignation, l’énervement, voir même de la compassion pour le bouc émissaire qu’est Jérôme Kerviel mais certainement pas la fascination.

    Commentaire par ibou — 25/05/2012 @ 14:32

  38. ouf enfin un vrai sujet , enfin on sort de la comm UMP (sur l’investiture, sur la demande de démission de la profession de Pulvar, deux papiers copies des polémiques lancées par le-dit parti, sur les les accusations des media trop durs et trop injustes envers Sarkozy le roi de la comm et le prince des media qui aurait été maltraité par ceux-ci etc.)

    très intéressant, et je ne doute pas que le livre soit très intéressant à lire.

    Puisque vous êtes intéressée par l’économie, si vous nous parliez des hedge funds et de leurs produits dérivés et de la spéculation et des attaques contre l’euro (et l’Europe donc) de la part des hedge funds américains de George Soros, de Goldmann Sachs et de leurs effets sur la ruine de la Grèce.

    Commentaire par Schmilblick — 25/05/2012 @ 15:39

  39. @ibou : hélas, je souffre de deux défauts chroniques. 1. Je ne suis pas une commerciale, or vous avez raison, le web est un repaire d’ego surdimmensionnés qui pratiquent en permanence l’auto-marketing. 2. Je ne fais pas de la dénonciation du système une religion. Là encore c’est une grave erreur sur le web. Et puis tant que j’y suis, j’en ai un troisième : je m’obstine à cultiver les deux premiers.
    Quant à Nicolas Cori, il fait du très bon boulot, mais sur l’affaire Kerviel, nos analyses divergent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/05/2012 @ 17:39

  40. @ Aliocha :

    "un travail journalistique et non pas une distraction de blogueuse".

    Désolé, mais je ne vous suis pas sur ce coup là. Une activité de blog, à ce niveau, n’est plus une simple distraction : elle offre un angle complémentaire au travail des journalistes divers et variés qui officient ici et là.

    Rappelez-vous : de la distance, à partir de laquelle on fait un ou plusieurs pas de côté, qui eux-mêmes permettent de changer d’angle, etc… : moi c’est ça que je suis venu trouver ici. Alors siouplait, on ne dénigre pas ! ;-)

    Et puis, pour faire hors sujet, c’est quoi ces histoires de Louboutin ???

    On se jette des marques à la figure, maintenant ??

    Est-ce que je vous lance mon "Hue! Beau Gosse!" à la figure, moi, hein??? ;-)

    Commentaire par Zarga — 25/05/2012 @ 18:20

  41. En même temps vous avez un patronyme passe-partout, il doit y avoir des dizaines d’homonymes rien qu’en île de France, vous pouvez toujours dire que c’est pas vous à qui vous voulez.
    Moi j’ai à priori un seul homonyme dans toute la France, un artisan en Bretagne – donc vraisemblablement alcoolique en plus ;o) – je crois que je serais toujours réticent à afficher mon opinion sous mon état-civil dans un contexte aussi public. Surtout que la plupart des blogs et autres supports assimilés ne filtres quasiment jamais l’indexation par les moteurs de recherche des pages de commentaires.
    On peut avoir le sommaire et le nombre de pages quand même pour se faire une idée (il y a des chapitres ?)

    Commentaire par OuvreBoîte — 25/05/2012 @ 18:30

  42. @OuvreBoîte 41

    J’ai mis en 13 la présentation du livre http://www.cristal-banque.com/kerviel-enquete-sur-un-seisme-financier-ed-eyrolles/27698079 , tout y est, le sommaire, le nombre de pages etc
    Pour le poids, j’sais pas …

    @Zarga 40

    Les Louboutin, (comme les orteils manucurés ;-) ), c’est une blague pour les anciens qui lisent depuis des lustres ce blog, ainsi que celui de P.R-D qui a suivi le procès Kerviel pour Le Monde.

    Commentaire par gabbrielle — 25/05/2012 @ 18:46

  43. Et puis le côté mythe de l’histoire, je le retrouve dans les similitudes entre la situation actuelle et celle de la Grèce antique.

    Faudra que je vous envoie le passage en question… édifiant! Si l’histoire ne repasse jamais les plats, nous avons, en tant qu’humains, de ces persistances dans les travers… c’est à désespérer, parfois.

    Commentaire par Zarga — 25/05/2012 @ 18:50

  44. @ gabbrielle :

    Aaaaaah!!! Merci pour la réponse en forme de clin d’oeil.

    Je vous avoue que sorti des Brooks deux tons, moi, les chaussures…

    C’est certainement mon côté Leon Redbone!

    Commentaire par Zarga — 25/05/2012 @ 18:52

  45. Pour revenir à votre livre, Aliocha, je m’interroge sur le sens du mot "séisme" du titre :
    Est-ce pour dire que cette affaire à fait trembler le monde de la finance, le Monde tout court, ou que certains édifices et monuments (financiers) sont tombés en ruines ?…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 25/05/2012 @ 21:27

  46. Bon, ça va être la queue, à la librairie. Je ne peux pas rater ça.

    Vos articles Kerviel de 2010 sont ce que vous avez fait de plus remarquable sur ce blog à mon goût (même si je continue bien sûr à vous lire avec plaisir), et aussi ce que j’ai lu de plus remarquable sur l’"affaire". Et elle mérite qu’on s’y attarde, même quelques années après.

    Je salue votre choix du refus du technique : votre vraie valeur ajoutée, déjà à l’époque, résidait dans ce même choix. De même pour les considérations oiseuses sur la recherche de culpabilité, la faute aux patrons, la faute au trader, la faute à la société, que vous aviez su éviter pour vous concentrer sur le récit dans ce qu’il avait de dramatique au sens propre. Je suis immensément intéressé par la façon dont votre regard a pu évoluer depuis ce temps.

    Merci d’avoir dépassé anonymat et modestie pour nous signaler ce livre, car je ne l’aurais pas acheté spontanément — la présentation est un peu racoleuse… Seul regret : par définition, il ne contiendra rien sur le procès en appel, où il pourrait se passer des choses intéressantes. Mais je conçois bien que peu d’éditeurs auraient été intéressés par un livre qui aurait attendu pour se donner plus de recul, tant il est vrai que la profondeur se vend peu. L’entre-deux-procès est après tout un bon compromis, tant il est vrai qu’un rebondissement est peu vraisemblable.

    Au plaisir d’en rediscuter après lecture sur la page dédiée que vous nous promettez.

    Commentaire par Qoheleth — 25/05/2012 @ 21:40

  47. Je ne rebondirai que sur "la levée de l’anonymat" d’Aliocha …

    Pour me demander pourquoi un tel "coming out" ?
    D’autant plus qu’avec Internet, cela ne restera pas confiné au simple domaine de ce Blog. par exemple ici, où il est question d’Olivia DUFOUR, l’auteur ET d’Aliocha la blogueuse : http://www.cristal-banque.com/kerviel-enquete-sur-un-seisme-financier-ed-eyrolles/27698079

    Certes, vous nous en donner les raisons : signer ce livre de votre vrai nom semblait nécessaire. Difficile en effet de se "rajouter" un "nom de plume" quand on en a déjà un pour un blog !
    Difficile aussi de ne pas faire mention de votre livre sur votre blog …

    Mais quand même, n’y a-t-il pas un risque de faire "bas les masques" ?
    Oh, je suppose qu’autour de vous (et ça se lisait dans certains commentaires), on connaissait bien qui était Aliocha, mais cela ne risque t-il pas d’être un handicap maintenant que (presque) tout personne qui se fera interviewer par Olivia saura qu’il s’adresse aussi à Aliocha ?

    Commentaire par Yves D — 25/05/2012 @ 23:48

  48. @yves D : au fond, tous les médias fonctionnent de la même façon, y compris internet. Ils sont à la fois foudroyants et dérisoires. Vu de microcosme du web, une révélation d’identité est un petit séisme, vu de l’extérieur, c’est rien, mais alors rien du tout. Et même moins que rien. Au fond, le seul intérêt, c’est que chacun peut vérifier ce que j’ai dit depuis le début ici. Je trouve cela plutôt positif en termes de transparence. Pour le reste, j’ai eu le sentiment de prendre un risque vis à vis de ma vie professionnelle, parce que un pigiste c’est très fragile, on peut s’en débarrasser quand on veut. Mais bon, je crois que c’est Irving qui disait : je pers ma vie à ne pas la risquer. Quant aux gens que j’interroge, je doute qu’ils connaissent Aliocha et plus généralement qu’ils naviguent sur les blogs. Et même…maintenant, je blogue sous pseudo presque comme si je le faisais sous ma vraie identité. Ce qui ne change rien puisque j’écrivais déjà en sachant qu’un jour ou l’autre l’anonymat tomberait. Le masque n’a jamais été qu’un jeu sans conséquence.

    @Qoheleth : la présentation est monstrueusement racoleuse…je sais et je le regrette, mais on n’avait pas le choix. Quand on est dans la recherche du message à faire passer, on sombre mécaniquement dans la surenchère. Je le saurai pour la prochaine fois et je crois que j’imposerai autre chose. Quant à la dramaturgie de l’affaire, elle est fascinante. J’espère que des artistes vont s’en emparer, pour ma part, j’ai voulu attirer leur attention en rédigeant ce récit. A mes yeux, il est juste impossible de passer à côté de cette histoire et de la laisser sombrer dans l’oubli. Elle est bien trop importante…

    @zarga : l’histoire qui ne repasse jamais les plats, c’est du Céline, si je ne m’abuse… ;-)

    @OdS : la carte XVI du tarot, la maison dieu. Dans tous les domaines elle est mauvaise, excepté sur le plan spirituel où elle annonce une prise de conscience salutaire…

    @OuvreBoite : tssss, des Olivia aussi anciennes que moi, il y en a peu ;-) mais il est vrai que j’ai beaucoup d’homonymes. Et pour les petits curieux qui me chercheraient sur le web, je m’emploie à n’y point apparaître…

    @Gabbrielle : un jour viendra où je vous laisserai les clefs !

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/05/2012 @ 01:04

  49. @Aliocha, 48 : je n’ai rien compris à votre réponse (à mon com 45 sur "séisme" dans le titre) où vous parlez de la carte XVI du tarot !?!?!?… J’ai bien cherché sur le web : carte 16 -> "une tour dont le sommet reçoit un coup de foudre divin. Deux personnages tombent de part et d’autre au milieu d’une cascade de débris. Le choc est violent, la démolition est totale"…

    Je ne vais quand même pas me mettre au tarot pour comprendre vos remarques et les mystères de la finances !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 26/05/2012 @ 09:59

  50. @OdS : désolée, passé minuit, je me transforme en citrouille et je vogue au pays de l’imaginaire ;-) ça me délasse des sujets juridiques et financiers que je m’enquille avec une joyeuse curiosité toute la sainte journée. Vous me demandiez donc de quel séisme il s’agissait. Il faut se replacer en janvier 2008. La crise des subprime a éclaté dans le courant de l’été 2007, les marchés sont fragilisés, les banques très secouées. D’ailleurs la presse et les analystes attendent que les établissements financiers révèlent leur exposition aux subprimes. Là-dessus, Socgen annonce une perte de trading de 4,9 milliards en plus de la perte sur les subprime de 2,2 milliards. Il se trouve que les banques sont interdépendantes, si l’une d’entre elles s’effondre, toutes les autres risquent de suivre, on appelle ça le risque systémique. Et c’est bien cela qu’on a envisagé avec épouvante chez Socgen le week-end du 20 janvier lorsqu’on s’est penché sur le trader Jérôme Kerviel : une faillite de socgen, des queues de clients au guichet réclamant leurs avoirs, le système bancaire français qui chavire et les autres grandes banques mondiales emportées dans la tourmente. Accessoirement, Socgen était réputée pour avoir le meilleur contrôle interne du monde. Et puis souvenez-vous de la déflagration médiatique quand on a appris la nouvelle. Donc tout a chancelé, la banque, les autres banques, les marchés, le système, à l’image de notre carte appelée la Maison Dieu. Si je fais cette comparaison, ludique rassurez-vous, je ne verse pas sérieusement dans la voyance mais je m’intéresse à tout y compris à la symbolique des arts divinatoires, c’est que la carte est un des plus mauvaises du jeu, que ce soit sur le terrain sentimental, financier, santé etc. c’est l’effondrement, la catastrophe, la destruction totale, excepté sur un terrain, le spirituel ou la carte évoque une prise de conscience salutaire, la fin d’une illusion, comme un voile qui se déchire. Or, c’est ce qui se passe lors de chaque crise, effondrement matériel, prise de conscience, désir de changement. Voili, voilou. La prochaine fois, promis, je ne réponds plus après minuit ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/05/2012 @ 12:14

  51. @ Aliocha :

    Avec Céline, on gratte de l’ongle un peu de mon vernis. Quand j’ai terminé le dernier des livres disponibles de Céline, ça a été comme la fin d’une pièce musicale.
    Je me revois encore sur la dernière page, regardant du coin de l’œil la marge blanche qui suit la fin du dernier paragraphe… les notes de musique se sont faites entendre jusqu’au dernier mot.

    Et puis après, plus rien.

    Je ne m’en suis pas encore remis, même après toutes ces années.

    Après pour l’anonymat… c’est un peu pour vous que ça me tarabuste (mais juste un peu ;-)) : j’ai été précaire de nombreuses années, et quand vous parlez de la position du pigiste, ça trouve en moi, au fond de ma mémoire, des échos très concrets, très précis ! Va falloir que vous preniez bien soin de vous, maintenant.

    Entre blog et radio, il y a les similitudes de la voix sans visage, c’est aussi pour ça que j’aime la radio, encore qu’avec Daylimotion maintenant on peut mettre un visage sur les voix… dommage. C’est un peu comme de voir Wolfman Jack à l’écran dans « American Grafitti ».

    Tiens, j’ai retrouvé le passage en question… la Grèce de -370 que je vous propose de comparer avec notre temps : édifiant ! Je recopie le texte (assez long, peut-être il faudra le tronçonner…)

    Commentaire par Zarga — 26/05/2012 @ 12:41

  52. Ouf ! point d’ésotérisme dans tout cela. Votre réponse me rassure.

    Ceci dit, pour revenir au mot "séisme", à part JK qui a vu sa vie s’effondrer, il me semble que la SG s’est plutôt bien remise de cette aventure. N’a-t-elle pas annoncé des bénéfices de plusieurs milliards dans les mois qui ont suivis ?

    Ce point d’ailleurs (l’énormité des bénéfices même en pleine crise) est assez symptomatique de l’incohérence du système ("incohérence" n’est pas le bon terme, mais je n’ai pas trouvé mieux) : à un moment on craint un effondrement général, un cataclysme mondial, et pschioutt, quelques mois plus tard on retombe dans la folie des chiffres qui ressemble plus à un long collier de perles qu’à un résultat comptable.
    C’est d’autant plus anachronique que dans la logique de l’économie (du moins celle du citoyen lambda que je suis), un bénéfice est un résultat qui se construit après une vraie période d’activité et de travail.

    Bref, le "séisme" n’a peut-être pas fait tant de dégâts que ça à son épicentre !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 26/05/2012 @ 13:00

  53. Bon, premier tiers du texte en question sur la Grèce, à comparer avec notre décor actuel… c’est toujours sorti de mes vieux bouquins de Will Durant :

    « L’industrie et le commerce constituaient dès lors la substance même de la vie économique d’Athènes. Le sol de l’Attique ne s’était jamais prêté à une exploitation agricole ordinaire ; de patients labeurs l’avaient cependant rendu fertile en y soignant les oliviers et les vignes, mais ces plantations étaient maintenant détruites par les armées spartiates, et peu de paysans se montraient disposés à attendre au moins vingt ans pour que de nouvelles oliveraies commencent à fructifier. La plupart des exploitants d’avant les guerres étaient morts ; beaucoup, parmi les survivants, n’avaient pas le courage de rentrer dans leurs fermes ruinées et de louer leurs services à bas prix aux propriétaires absents, capables de supporter des investissements à long terme.
    De la sorte, et en évinçant des paysans débiteurs, la propriété foncière en Attique se trouva concentrée entre les mains de quelques familles peu nombreuses, qui, dans beaucoup de leurs vastes domaines, faisaient travailler une main-d’œuvre composée d’esclaves. On remit en exploitation les mines du Laurium : de nouvelles victimes y descendirent et de nouveaux riches durent leur fortune au minerai argentifère et au sang humain.
    Xénophon proposa un plan habile, au moyen duquel Athènes remplirait son trésor en achetant dix mille esclaves et en les affermant aux concessionnaires du Laurium. L’argent fut extrait dès lors avec tant d’abondance que la production métallique dépassait celle des denrées, tandis que les prix s’élevaient plus que les salaires, et que le poids du change tombait sur la classe pauvre.

    L’industrie allait florissant, les carrières du Pentélique et les poteries du Céramique recevaient des commandes de tous les points du monde égéen. Des fortunes s’édifiaient en achetant bon marché les produits de l’artisanat domestique ou de petites manufactures, et en les revendant cher dans les marchés ou en dehors de la cité. Le développement du commerce et l’accumulation des capitaux en numéraire au lieu de biens fonciers firent rapidement augmenter le nombre des banquiers athéniens. Ils recevaient de l’argent ou des objets précieux en dépôt, mais apparemment sans intérêt.
    Ayant bientôt reconnu qu’en temps normal tous les dépôts ne sont pas retirés à la fois, les banquiers se mirent à prêter des fonds moyennant un intérêt substantiel, fournissant d’abord de cette manière de l’argent au lieu de crédit. Ils se portaient caution pour leurs clients et faisaient pour eux des encaissements ; ils prêtaient de l’argent gagé sur des immeubles ou sur des objets précieux ; ils aidaient à financer les chargements du commerce maritime. Avec cet appui, et plus encore au moyen d’emprunts consentis par des spéculateurs particuliers, un marchant pouvait fréter un bateau, transporter ses marchandises sur un marché de l’étranger et acheter là une autre cargaison ; le bâtiment qui l’apportait au Pirée restait propriété des prêteurs jusqu’à remboursement de leur avance. A mesure que le IVème siècle s’avance, on voit se développer un véritable système de crédit ; au lieu de prêter des fonds, les banquiers émettent des lettres de change, des ordres monétaires ou des chèques ; la richesse peut ainsi passer d’un client à un autre simplement par inscriptions sur les livres du banquier. Les hommes d’affaires ou les banquiers émettent des bons pour emprunts sur marchandises, et tout héritage important comprend un certain nombre de ces titres.
    Certains banquiers, comme l’esclave Pasion, donnèrent à leur affaire de telles ramifications et acquirent par leur judicieuse probité une réputation si étendue, que leurs effets étaient honorés à travers tout le monde grec. La banque de Pasion comprenait de nombreux services et employait un personnel considérable ; elle tenait tout un système ramifié de livres et d’écritures, où chaque transaction figurait avec tant de précision qu’en général les tribunaux admettaient ces documents comme des témoignages incontestables.

    Au reste, la déconfiture d’une banque n’était pas chose très rare ; nous entendons même parler de périodes de « panique », où pour le coup une série d’établissements bancaires ferment leurs portes. De graves accusations s’élevaient parfois, même contre les banques les plus en vue, et le peuple regardait les banquiers avec ce mélange d’admiration, d’envie et de répulsion qui, à travers les âges, reste l’attitude caractéristique des moins favorisés du sort envers ceux qui prospèrent.

    Commentaire par Zarga — 26/05/2012 @ 13:20

  54. Second service…

    La substitution croissante de la fortune mobilière aux biens-fonds produisait une lutte fiévreuse pour l’argent. La langue grecque dut inventer un mot, « pléonexia », pour désigner cet appétit illimité – toujours de plus en plus – et un autre, « chrématistiké », pour la poursuite affairée de l’enrichissement. Les biens, les services, les individus étaient de plus en plus appréciés en termes numériques, en monnaie et en propriété. Des fortunes s’élevaient et s’écroulaient avec une rapidité sans précédent ; on les dépensait avec un étalage de fastueuses prodigalités qui eût scandalisé l’Athènes de Périclès. Le nouveaux riches (néoplutoi) construisaient des maisons somptueuses, leurs femmes portaient des costumes et des bijoux sans prix ; ils se laissaient gruger par une douzaine de domestiques, et se faisaient une règle de ne servir à leurs invités que des mets et des boissons on ne peut plus onéreux.

    Au sein même de cette richesse, la pauvreté ne pouvait que redoubler, car la liberté et la variété du négoce qui permettaient aux gens avisés de prospérer exposaient du même coup les plus modestes à perdre leurs petites ressources plus rapidement que par le passé. Sous le nouveau régime économique, tout mercantile, le pauvre était relativement plus pauvre qu’aux jours de son servage la campagne. Les paysans, force de labeur, en versant leurs sueurs, parvenaient à obtenir un peu d’huile ou de vin ; mais dans les villes les salaires du travailleur libre étaient avilis par suite de la concurrence des esclaves. Des centaines de citoyens ne devaient leur subsistance qu’aux allocations reçues pour assister à l’assemblée ou aux audiences des tribunaux ; c’est par milliers que l’on comptait les gens nourris par les temples ou par l’Etat. Le nombre des électeurs (pour ne pas parler de l’ensemble de la population) dépourvus de toute propriété formait en -431 environ 45% du corps électoral ; en -355, ce chiffre arriva à 57%. Les classes moyennes, qui par leur nombre important et leur pouvoir avaient maintenu l’équilibre entre l’aristocratie et le menu peuple, se trouvaient maintenant dépouillées d’une grande partie de leur aisance et ne pouvaient plus faire transition entre riches et pauvres, entre un conservatisme inflexible et un radicalisme versant dans l’utopie. La société athénienne se divisait entre les « deux cités » de Platon, « l’une, la cité du pauvre, l’autre, celle du riche, l’une en guerre avec l’autre ». le pauvre complotait pour dépouiller le riche, que ce soit par voie de législation ou en déchaînant une révolution ; les riches s’organisaient afin de se protéger contre les pauvres. Les membres de certains clubs oligarchiques, dit Aristote, prêtaient ce serment solennel : « je veux être un adversaire du peuple (c’est-à-dire de la populace) et dans le conseil je lui ferai tout le mal possible ». « Le riche, écrivait Isocrate vers -366, est devenu tellement insociable que ceux qui possèdent des biens aimeraient mieux jeter leurs possessions à la mer que venir en aide aux nécessiteux, et ceux dont la condition est plus précaire seraient moins heureux de découvrir un trésor que de s’emparer des biens du riche »

    Commentaire par Zarga — 26/05/2012 @ 13:22

  55. Dans ce conflit, les intellectuels se placèrent de plus en plus du côté du pauvre. Ils méprisaient commerçants et banquiers, dont la fortune semblait être inversement proportionnelle à leur culture et à leur goût ; même parmi ceux des intellectuels qui personnellement étaient fortuné, il s’en trouvait, comme Platon, pour flirter avec les idées communistes. Périclès avait trouvé dans les entreprises coloniales un moyen bien approprié à atténuer l’intensité de la lutte des classes, mais maintenant Denys était maître de l’Occident, la Macédoine se répandait vers le nord ; Athènes éprouvait de croissantes difficultés à conquérir et occuper de nouvelles positions. Finalement les citoyens les plus pauvres se saisirent de l’assemblée et se mirent à faire affluer la fortune des riches dans les coffres de l’Etat, pour être redistribuée aux nécessiteux et aux électeurs, au moyen d’entreprises publiques et d’amendes. Les politiciens s’ingéniaient à découvrir de nouvelles sources de revenus publics. Ils doublèrent les impôts directs, les redevances perçues sur les importations et les exportations, ainsi que le centième frappant les transferts de biens fonciers. Ils maintinrent en temps de paix les taxes extraordinaires qui étaient en vigueur pendant les guerres ; ils lancèrent des appels aux contributions « volontaires » et imposèrent aux riches des « liturgies » toujours accrues, pour financer les entreprises publiques sur leurs deniers privés ; ils recoururent de temps en temps aux confiscations et aux expropriations ; ils élargirent le domaine de l’impôt sur le revenu des propriétés, pour y astreindre les fortunes moins élevées. Quiconque se trouvait assujetti à une liturgie pouvait, de par la loi, contraindre autrui à s’y plier à sa place s’il établissait que cet autre était plus fortuné que lui et n’avait pas lui-même subi cette obligation depuis deux années. Pour faciliter la rentrée des impôts, on répartit les contribuables entre cent « symmories » (copartageants) ; dans chacun de ces groupes, leurs membres les plus riches étaient tenus de payer, au début de chaque année fiscale, le total de la taxe due par le groupe pour l’année entière ; il leur restait à collecter le mieux possible, au cours de l’année, les parts dues par les autres membres de leur symmorie. Le résultat de ces mesures fut la complète dissimulation des richesses et des revenus. L’évasion fiscale devint universelle, elle se montra tout aussi ingénieuse que la taxation. En -355, Androtion se vit chargé de prendre le commandement d’un détachement de policiers qui se mettraient à la recherche des revenus cachés, percevraient l’arriéré et incarcéreraient les délinquants. On pénétra dans les maisons, les biens y furent saisis, des gens jetés en prison. Mais la richesse persistait à se dissimuler, ou bien elle fondait. Isocrate, riche et âgé, furieux de se voir frapper d’une liturgie, se plaignait en ces termes (en -353) : « quand j’étais enfant, on tenait la richesse pour une chose assurée, en même temps que si admirable, que chacun ou à peu près affectait de posséder plus de bien qu’il n’en avait en réalité… Maintenant, il faut se tenir prêt à se défendre d’être riche, comme si c’était le plus grand de tous les crimes. »

    Dans d’autres cités, le procédé suivi pour décentraliser la fortune était moins légal. Ainsi, à Mytilène, les débiteurs n’hésitèrent pas à massacrer leurs créanciers en masse, simplement, disaient-ils, parce qu’on les affamait. A Argos, en -370, les démocrates assaillirent soudainement les riches, en tuèrent douze cents et confisquèrent leurs possessions. Dans des Etats pourtant en proie à des hostilités entre eux, les familles fortunées s’entendaient secrètement pour se donner un mutuel appui contre les révoltes populaires. Les classes moyennes, aussi bien que les riches, commençaient à se défier de la démocratie, où elles voyaient l’envie mise en possession du pouvoir, tandis que, de leur côté, les pauvres s’en détournaient, la feinte égalité des votes s’anéantissant à leurs yeux du fait de la criante inégalité des richesses. Ainsi, la croissante amertume de la guerre entre classe laissait la Grèce tout aussi divisée intérieurement qu’au dehors, lorsque Philippe de Macédoine vint fondre sur elle. Beaucoup de riches saluèrent son arrivée comme faisant opportunément diversion aux dangers d’une révolution.

    Commentaire par Zarga — 26/05/2012 @ 13:23

  56. @ Aliocha et gabbrielle :

    Bon, si vous avez le courage et le temps de lire tout ce que j’ai laissé, certaines similitudes ne manqueront pas de vous frapper. Moi ça me laisse songeur, tout ce qu’on traîne depuis au moins 2000 ans comme scories comportementales.

    D’un autre côté, c’est peut-être le tribut à payer pour bénéficier de tout ce qu’on a pour nous ?

    Je veux dire qu’en tant qu’espèce, le revers est à la hauteur de l’avers… me semble-t-il.

    Tiens, ça me fait rebondir sur vos Louboutin (non, je n’irai pas voir sur le premier moteur de recherche venu à quoi ça ressemble… il faut conserver au mythe une certaine épaisseur !! ;-)).

    J’ai entendu une fois un échange entre anthropologues, qui expliquaient que nous sommes devenus hommes (au sens humain, genre humain) à partir du moment où, au fin fond d’une grotte froide, humide et mal éclairée, nous nous sommes mis à faire de l’art… des colifichets et autres artefacts sans aucune utilité pratique… du gratuit, juste pour le beau.

    Penser que notre humanité profonde, originelle, se niche dans une paire de Louboutin… vous j’sais pas, mais moi, ça me fous le tournis !!

    Commentaire par Zarga — 26/05/2012 @ 13:30

  57. re. comment 28 Aliocha,
    Il y a une façon de se voir récuser pour faire accroire au "mauvais caractère" de K. ? Mais non ce n’est pas de la manipulation, voyons! Comme une des 1ère avocates qui s’est vu convoquée par la police, puis fouillée au corps en costume d’Ève, puis en garde à vue? A part ça il n’y a pas d’intimidation ? Avec un peu comme l’écrit l’a écrit simplement fultrix ” too big to jail” …

    Commentaire par zelectron — 26/05/2012 @ 13:36

  58. @zelectron : désolée de vous décevoir, mais il écrit lui-même dans son livre qu’il a du mal à faire travailler ses avocats correctement parce qu’il ne les paie pas. Ce qu’on m’a confirmé dans son entourage proche. Kerviel exige beaucoup et quelque part ça se comprend, il joue sa peau et il est par ailleurs très conscient que les avocats qui proposent spontanément leur aide y trouvent un intérêt en terme médiatique. Quand on ne fait pas ce qu’il juge nécessaire pour le tirer de cet enfer, il clashe. C’est moins un problème de mauvais caractère que d’affect. Il déclenche chez les gens une sorte d’affection passionnée et de volonté de le sauver. Ce type de sentiments extrêmes peut vite tourner mal…Dans mon ancienne vie, j’ai eu un client comme ça, un trader lui aussi. Nous sommes restés amis et je l’observe depuis près de 20 ans épuiser des légions d’avocats. A chaque fois c’est le même scénario, admiration folle pour le nouveau conseil, relation fusionnelle entre l’avocat et le client, puis, à la moindre anicroche, doute, dispute, séparation violente ! (et honoraires impayés….)

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/05/2012 @ 14:02

  59. Aliocha : "Et pour les petits curieux qui me chercheraient sur le web, je m’emploie à n’y point apparaître…"

    Vous auriez pu alors escamoter cette vidéo, qui montre que vous avez d’autres cordes à votre arc :
    http://www.dailymotion.com/video/xfae8u_olivia-dufour-solo-last-dance_creation
    Gare à la chute (mais je ne doute pas qu’avec un tel talent vous ne craignez pas les peaux de banane).

    Commentaire par Gilbert — 26/05/2012 @ 15:59

  60. Bonsoir Aliocha,

    Dans cette « banale affaire de fraude » ce qui n’est pas un mythe c’est que tout système, par définition, est imparfait donc perfectible.

    Exceptionnelle, par son montant, cette histoire, plus prosaïquement, est celle d’un jeune homme qui a failli, en droit du travail à ses obligations contractuelles de trading, expliquant que son métier était de faire gagner de l’argent à sa banque, en réalité, en masquant des prises de positions à ses employeurs mais arguant d’un contexte général de dépassement des limites.

    C’est cette thèse qui a été présentée à ses juges.

    Jérôme Kerviel peut évidemment espérer démontrer ce que son avocat, Maître Metzner, n’a pas réussi à faire en première instance et qui assume, pleinement, l’échec de cette stratégie.

    Donc, purement factuel, le débat de fond repose, à nouveau, essentiellement, sur la connaissance par la SocGen des agissements de son collaborateur.

    Que savait la SocGen des agissements de Jérôme Kerviel ?

    C’est ce que Maître Koubbi, désormais, prétend démontrer puisqu’il ne s’agit plus, selon lui, d’alléguer que la banque « ne pouvait pas ne pas savoir » mais qu’elle savait ! (?)

    La Cour devra donc apprécier, souverainement, les éléments de preuve qui lui seront soumis en appel puisque les premiers juges ont relevé que : la « preuve » d’un contexte général de dépassement des limites n’équivaut pas à la connaissance des positions prises par Jérôme Kerviel.

    C’est la seule façon pour lui d’échapper à la condamnation pour abus de confiance et à la condamnation à réparer le dommage que cet abus de confiance a causé.

    S’il échoue à faire cette démonstration, il sera condamné civilement pour le montant du dommage causé.

    Certes, la cour d’appel peut réduire ce montant si elle estime qu’il est inférieur à 4,9 Mds €, notamment, à propos de la récupération fiscale d’ 1,7 Mds € dont son avocat entend bien démontrer qu’il y a eu « escroquerie au jugement ».

    Où l’on voit que l’offensive médiatique n’a pas trainée mais Maître Jean Veil a déjà répliqué (il veille au grain !) : une plainte pour "dénonciation calomnieuse" a été déposée !

    En tout état de cause, la réduction ne peut résulter de la prise en compte des capacités de paiement de Jérôme Kerviel.

    En réalité, l’énormité du montant ne peut que « profiter » à Jérôme Kerviel d’autant que la SocGen a indiqué qu’elle ne recouvrirait pas la somme si elle était confirmée en appel.

    Je ne manquerai pas de lire le récit que vous avez pu tiré des turpitudes de Jérôme Kerviel.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/05/2012 @ 22:49

  61. Hello Chevalier !
    Vous verrez que j’ai bougé, en deux ans…je reste convaincue toutefois que cette affaire, par son caractère dément, (je ne dis pas exceptionnel, vous allez m’opposer le caractère classique de la fraude), a la dimension d’un mythe moderne. Justement parce qu’elle synthétise un grand nombre de travers "classiques" et qu’elle le fait de façon spectaculaire, que ce soit sur les enjeux, la personnalité des protagonistes, le moment où elle est survenue ou encore les coups du sort qui ont frappé son principal acteur ainsi que ses réactions ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/05/2012 @ 23:14

  62. @ Le Chevalier Bayard

    Bonsoir,

    Sans connaître tous les rouages de son Département "trading", mon intime conviction est que la SocGen connaissait les positions de Kerviel.

    Chaque opération comporte une contrepartie extérieure (en débit ou en crédit) et je ne puis concevoir qu’une tierce partie créditée ne se la fasse pas confirmer par une instance supérieure de la SocGen, avant d’accepter des opérations portant sur plusieurs Mds €, d’autant plus que ces opérations ont fait l’objet de "reports" ayant sûrement déclenché des "margin call", qui n’arrivaient sûrement pas dans la boîte mail de Kerviel, mais au plus haut niveau de la Banque.

    A moins d’admettre l’explication des dirigeants de SocGen, comme l’ont fait les Juges de 1ère instance, que Kerviel aurait pris le contrôle de tous les "filtres" mis en place pour éviter ce genre de situation, ce que je ne crois pas non plus, ou alors il faudrait en déduire que la SocGen est co-responsable par incompétence…

    En matière de vol, on recherche souvent la responsabilité du propriétaire… Pour une automobile, par exemple, le fait qu’elle soit ouverte, avec la clef de contact sur le tableau de bord, entraîne une condamnation pour "vol d’usage" et non "avec effraction", ce qui rend la peine beaucoup plus légère.

    Au surplus, des pertes importantes de trading ont été constatées dans d’autres Etablissements, notamment au Crédit Agricole, sans entraîner de peines de prison pour leurs traders.

    Ce que vous appelez les "turpitudes" de Kerviel sont en fait des aléas liés au trading… On gagne presque toujours, mais parfois on perd… Il n’y a aucun enrichissement personnel de Kerviel.

    Dernier point, c’est la SocGen qui a dénoué les opérations dans la panique la plus totale. La Banque a donc à ce moment assumé seule des pertes réelles, qui n’étaient que virtuelles avant son intervention.

    Et ne parlons pas des 1,7 Mds € récupérés du fisc et imputés à Kerviel, qui laissent penser qu’on avait besoin d’un lampiste pour détourner l’attention des pertes sur les "subprimes"… Me Veil aura du mal à argumenter sa plainte pour dénonciation calomnieuse, puisque c’est la stricte vérité !

    Commentaire par ramses — 26/05/2012 @ 23:50

  63. Bonjour ramses,

    Votre conviction est respectable mais vous refaites le match ?

    Tout a été dit et bien dit par la maîtresse des lieux : j’ai même contribué au débat !

    C’est certainement pas moi qu’il faut convaincre.

    Les arguments que vous reprenez maintes fois répétés par d’autres ont été balayés par le Tribunal.

    D’abord, s’agissant de la théorie de la complicité tacite (la banque savait et a laissé faire tant qu’elle gagnait de l’argent), aucune preuve sur ce point n’est rapportée disent les magistrats.

    Ce moyen s’est même retourné contre le prévenu qui niait sa responsabilité puisqu’il imputait avec impudence ses erreurs à la victime.

    Ensuite, la faute de la banque lors du débouclage : si elle avait liquidé ces positions plus lentement, peu à peu, voire avait attendu leur terme, elle n’aurait pas tant perdu et même aurait pu gagner de l’argent.

    Ce piètre argument n’avait aucune chance de prospérer : supposons que le laisser faire de la banque soit fautif, ce qui n’est pas démontré, sa décision du débouclage immédiat repose sur des arguments sérieux.

    En effet, la jurisprudence considère que la faute de la victime n’est susceptible de diminuer son droit à réparation que dans le cas de délits non intentionnels, comme les homicides ou blessures involontaires, car l’auteur n’a pas recherché le dommage donc en l’absence de délits intentionnels.

    En l’espèce, les trois délits imputés à Jérôme Kerviel sont intentionnels, l’auteur a recherché le résultat obtenu, la faute de la victime ne peut être invoquée par le condamné.

    Sinon cela reviendrait à accepter que le voleur de voiture se dédouane en disant que le propriétaire avait oublié de fermer la porte à clef, ou que le mari violent justifie ses coups par l’adultère de son épouse.

    La SocGen a perdu 6,4 Mds € lors du débouclage des positions de son employé, ce n’est pas parce qu’elle a débouclé mais parce que Jérôme Kerviel a pris ces positions. Ite missa est (La messe est dite).

    Jérôme Kerviel, lui-même, le reconnait avec audace dans son livre " L’ engrenage mémoires d’un trader – (sa part de vérité) – p. 33" : "La situation aurait-elle abouti à la même catastrophe si on m’avait maintenu aux manettes ? Il est toujours facile de refaire le match qui a été perdu par d’autres ; je me garderai donc de jongler avec différentes hypothèses"

    Sur l’aspect fiscal, une analyse pointue s’impose probablement aujourd’hui, la SocGen s’était alors fait conseiller par différents cabinets spécialisés seulement Bercy a donné son accord à l’époque !

    Enfin, vous semblez mettre en cause la compétence des magistrats ?

    C’est injuste ! Avec le pôle financier du Tribunal de Grande Instance, aujourd’hui, on peut dire qu’ils ont acquis une grande connaissance des rouages économiques mais aussi en droit bancaire, financier et boursier.

    D’ailleurs, le pôle, est composé d’éminents juges d’instruction parmi lesquels le juge Renaud Van Ruymbeke qui, précisément, a été chargé d’instruire le dossier.

    Et, Maître Metzner, lui-même, dans un ouvrage d’entretiens (« Les avocats dans le secret des affaires » – Ed. Le Cherche Midi 2002 – Marie-Amélie Lombard, Eric Decouty) reconnaissait déjà le travail des magistrats en droit pénal financier à l’époque.

    Maître Koubbi dit que la SocGen savait et non plus "qu’elle ne pouvait pas ne pas savoir" ! Il lui appartient désormais en appel d’en faire la démonstration dans l’intérêt de son client.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/05/2012 @ 11:09

  64. @Zarga : merci ! la comparaison est tout simplement fascinante….

    @Ramses : Nous verrons bien ce que David Koubbi parviendra à démontrer en appel. Pour ma part, j’explique dans le livre en quoi la thèse de l’ignorance de la Société Générale est crédible, je n’ai pas dit vraie, j’ai dit crédible. Et je tire le fil de cette hypothèse, ce qu’à mon avis, on n’a pas assez fait parce qu’on a été absorbé par la logique de Socgen selon laquelle on ne peut rien contre un "trader fou".

    Pour vous, croire à son aveuglement, c’est se faire enfumer parce qu’à vos yeux elle est complice. Peut-être, ou peut-être pas. Sa complicité supposée se heurte à deux obstacles, l’absence d’élément matériel la démontrant (en tout cas jusqu’ici) et la rhétorique de Jérôme Kerviel lui-même. Il dissimule et déclare ensuite qu’on ne pouvait pas ne pas savoir. Alors il est vrai qu’il a pu dissimuler, avec l’assentiment de ses supérieurs, ses activités aux seuls services de contrôle. Mais là, nouvel obstacle : il avoue lui-même avoir dépassé les bornes, par ailleurs, adhérer à cette hypothèse, c’est valider le fait que la direction de la banque a accepté et cautionné d’engager une fois et demi les fonds propres sur une opération risquée, en pleine crise et en violation de toutes les réglementations. Et que lorsqu’elle perdait 2,2 milliards en juillet 2007, elle trouvait ça cool et n’a pas arrêté son trader à ce moment là alors qu’il avait 30 milliards dans la nature (les fonds propres). Moi, ça me parait délirant, mais pourquoi pas ?

    Revenons maintenant à la thèse de l’aveuglement, si elle est vraie, alors cela signifie de la part de la banque une incompétence crasse. Or, la commission bancaire lui avait déjà remonté les bretelles, par ailleurs, deux de ses filiales ont été sanctionnées récemment par l’amf pour défaut de contrôle interne en…2007-2008. Mais même si son contrôle interne avait été impeccable, les articles que je mets en lien dans le billet évoquent deux phénomènes inquiétants qui, dans cette affaire, se cumulent. Les systèmes de contrôle et de management qui ne laissent plus de place à l’intelligence humaine de sorte que les systèmes deviennent absurdes et donc à la fois dangereux et facilement contournables. Ensuite, le développement de la figure du pirate sur fond de mondialisation évoqué par Antoine Garapon (3eme article en lien) et le sociologue Godechot (2ème article à la fin) : aujourd’hui, un seul homme peut faire vaciller un système. J’ai raconté dans le livre tout ce que je savais du dossier, chacun peut donc y trouver de quoi alimenter l’idée d’une complicité ou au contraire d’une immense incompétence. A mon avis, là n’est pas l’essentiel pour le public (c’est pour Kerviel que c’est majeur), le plus intéressant, c’est de comprendre ce qui s’est passé et de prendre conscience que ça peut se reproduire n’importe où, n’importe quand, dans la banque ou ailleurs. Et quand on connait l’histoire dans le détail, on découvre comment ce type de catastrophe est susceptible d’arriver, le plus simplement du monde.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 12:00

  65. @Ramses : l’enfumage socgen, si enfumage il y a, n’est pas forcément dans l’affirmation de l’incompétence pour écarter le soupçon de complicité. Il peut être aussi dans la description de Jérôme Kerviel comme un "fraudeur de génie", description qui lui permet d’apparaître un peu moins incompétente et dissimule non pas une complicité, mais quelque chose de beaucoup plus grave, une absence de maitrise du système par ceux qui en tiennent les commandes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 12:04

  66. @Aliocha : Laissez un peu de suspense, dites-en le moins possible.

    Commentaire par kuk — 27/05/2012 @ 13:17

  67. @kuk : c’est trop bavard une blonde, je sais ;-) mais je ne vais pas non plus raconter les 300 pages ici et encore, en 300 pages, j’ai synthétisé. Et puis les confrères commencent à me solliciter et là aussi je bavarde. Vendredi matin sur Sud Radio, aujourd’hui dans Sud Ouest, dans quelques jours sur BFM Business… ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 19:56

  68. @ Le Chevalier Bayard

    Bonjour,

    Vous me dites "vous refaites le match ?"… Ben oui, l’appel remet tout à plat et je vous rappelle que tant que Kerviel n’est pas condamné définitivement, il est présumé innocent… Les InRocks en ont fait les frais, en étant condamnés à lui verser 51.000 € pour diffamation.

    Lors des débats qui auront lieu en appel dans quelques jours, je suis persuadé qu’un certain nombre de nouveaux points soulevés par Me Koubbi seront entendus :

    1) le préjudice de SocGen a été défini selon ses propres dires, sans expertise comptable préalable du Pôle financier.

    2) ce préjudice est sur-évalué de 1,7 Mds € ristournés par le fisc AVANT la condamnation de Kerviel. Cela impliquait que Kerviel soit déclaré entièrement responsable, donc après le procès et les voies de recours entièrement purgées. Saviez-vous que Daniel Bouton et Mme Woerth jouent ensemble au golf ? Ceci pourrait expliquer cela…

    3) les "aveux" de Kerviel, enregistrés à son insu, ont été tronqués (il manque 6h sur 12h d’enregistrements). 12h de séquestration sans dépôt de plainte, sans intervention judiciaire, sans Avocat et sans les garanties d’une garde à vue…

    4) la SocGen a procédé comme Kerviel lors du débouclage précipité, en émettant des ordres fictifs. Ce qui est reproché pénalement à Kerviel est légal pour SocGen.

    5) la condamnation (3 ans fermes et 4,7 Mds €) n’a aucun précédent planétaire, malgré des conséquences par ailleurs beaucoup plus considérables (AZF, BHOPAL, ERIKA…)

    6) l’activité de trading comporte intrinsèquement un risque de perte… Celle-ci n’a d’ailleurs en rien affecté la SocGen, qui à continué à engranger des bénéfices et son DG, Daniel Bouton, bénéficie d’une retraite d’un million € annuels, alors qu’il porte en tant que DG, au moins une part de responsabilité dans les agissements de son trader.

    Commentaire par ramses — 27/05/2012 @ 20:00

  69. @Ramses : les contestations sur l’évaluation du préjudice par Socgen et sur l’aspect fiscal ont déjà été soulevées par Metzner, il faut rendre à César…le premier point lors du procès, le second après, me semble-t-il puisque la condamnation était hallucinante. Quant à l’affaire Kerviel, elle a durablement affecté Socgen dont les analystes disaient l’été dernier qu’elle la pénalisait encore dans l’esprit des investisseurs. C’est sans doute pourquoi Oudéa a très rapidement après sa prise de fonctions réorienté en termes de com l’activité sur la banque de détail.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 21:11

  70. @ Aliocha

    L’enfumage SocGen a surtout consisté à se faire ristourner 1,7 Mds € du fisc… Pour cela, il fallait que Kerviel soit déclaré seul coupable, quitte à se ridiculiser sur sa propre incompétence… Qui peut croire un instant que l’on puisse engager 50 Mds € à l’insu de toute la hiérarchie ?

    Ce fut l’art de Me Veil de présenter Kerviel comme un fraudeur de génie, en noyant le Tribunal de termes financiers auquel il ne comprenait rien.

    Mais il y a d’autres victimes qui pourraient maintenant se manifester…

    Tout d’abord les contribuables, qui ont financé les 1,7 Mds € reversés à tort par le fisc…

    Puis les actionnaires, victimes de l’incompétence de SocGen à prévenir cette catastrophe…

    L’incompétence a aussi un prix, elle ne peut pas se solder par une simple mise à l’écart de quelques N+ de Kerviel, ce serait trop facile !

    J’ai bon espoir qu’à travers le second procès de Kerviel, on fasse enfin celui de SocGen !

    On ne peut qu’être choqué de voir Daniel Bouton en "retraité doré à 1 Md € annuels", alors que son lampiste de trader mettrait 20.000 ans à rembourser ! Magnanime, SocGen a fait savoir qu’elle ne recouvrerait pas cette somme astronomique ! Pourquoi une telle mansuétude à votre avis ?

    Commentaire par ramses — 27/05/2012 @ 21:18

  71. @ Aliocha

    Ne serait-ce pas plutôt la crise grecque qui pénalise aujourd’hui SocGen ?

    Bien heureusement, son patron Frédéric Oudéa se montre fier et droit dans la tempête, faisant montre d’un aplomb digne de son surnom,« la poire belle hellène », récolté du temps de son enthousiasme pour l’économie qui gît désormais sous l’acropole.

    Commentaire par ramses — 27/05/2012 @ 21:30

  72. @ramses 70 : en réalité, personne n’est blanc-bleu dans cette affaire et c’est cela qui est intéressant.
    @Ramses 71 : oui, c’était en pleine crise grecque, mais Socgen a souffert plus que les autres, or, selon certains analystes, c’est justement parce qu’elle continuait de susciter une méfiance supplémentaire en raison de l’affaire Kerviel. Je ne dis pas cela pour la défendre, mais pour coller le plus possible aux faits. La réalité n’est jamais ni noire ni blanche à mes yeux. C’est tout l’intérêt de se plonger tranquillement dans ce genre d’affaires et d’essayer d’en saisir toutes les nuances. Je suis une fanatique de la nuance. Formation balzacienne, je suppose ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 21:34

  73. Rectification @ 70, la retraite de Daniel Bouton n’est pas d’un milliard € par an, mais "seulement" d’un million € ! Le pauvre !

    @ Aliocha 72

    Au fond, Kerviel était le bouc-émissaire providentiel de SocGen pour faire "oublier" ses engagements dans les subprimes et la Grèce !

    Mais le jour (très proche) où la Grèce sera en défaut et sortira de la zone €, "Poire belle Héllène" devra trouver autre chose que Kerviel pour "justifier" son bb- !

    Commentaire par ramses — 27/05/2012 @ 21:57

  74. @Ramses : les banques françaises étaient toutes très exposées à la dette grecque, bien plus que leurs copines anglaises par exemple, mais Socgen a été plus chahutée que les autres. Qu’elle ait été complice ou victime de Kerviel ne change au fond pas grand chose au fait qu’elle a eu indéniablement un problème de trading en 2008 qui lui a fait perdre un peu de la confiance que lui vouait les investisseurs. Il ne faut pas mettre les bouc-émissaires à toutes les sauces quand même ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/05/2012 @ 22:39

  75. @ ramses

    Bon ! Chacun sait que Kerviel n’a pas été poursuivi pour enrichissment personnel.

    Que les Inrocks aient été condamnés pour l’avoir publiquement diffamé en le qualifiant d’arnaqueur ou de voleur avant d’avoir été jugé par un tribunal c’est la moindre des choses !

    Mais ça…ça s’appelle un délit de presse !

    Et alors ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? C’est con pour eux…

    Cela étant, réciproquement, je vous rappelle que Kerviel a été jugé pour :

    1. – Abus de confiance
    2. – Introduction frauduleuse de données dans un système informatique
    3. – Faux et usage de faux

    Ça c’est la stricte vérité (comme vous dites) judiciaire qui répond à la définition qu’en donne Aristote, à savoir "la propriété d’un jugement affirmant que ce qui est est ou ce qui n’est pas n’est pas".

    Mais je pourrais aussi bien me référer à Leibniz, pour lequel il n’est de vérités que par necessité et celles-ci sont donc, de ce fait, nécessairement contingentes mais là c’est une autre histoire…

    De sorte que, la décision en première instance étant un élément objectif qui constitue le point central de la procédure en appel, rien n’empêche de faire référence à la condamnation existante sans porter atteinte à la présomption d’innocence.

    Pour le reste, et dans une stratégie minimaliste du risque judiciaire, j’ose espérer que son avocat sera en mesure d’apporter des éléments de preuves sur les points (bien connus) que vous avez évoqués.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 27/05/2012 @ 22:58

  76. @ Le Chevalier Bayard

    1. – Abus de confiance
    2. – Introduction frauduleuse de données dans un système informatique
    3. – Faux et usage de faux

    C’est amusant, ce sont les 3 délits que Me Koubbi entend dénoncer à l’égard de SocGen…

    1) SocGen a trompé la confiance du fisc en lui laissant croire que Kerviel était le seul coupable (il n’était d’ailleurs pas encore condamné) pour se faire créditer 1,7 Mds €.

    2) Lors du débouclage précipité, SocGen a introduit, comme Kerviel, dans son système informatique de "faux ordres de contrepartie" pour ne pas attirer l’attention.

    3) SocGen a effacé 6h d’enregistrements sur 12, en occultant tout ce qui aurait pu être favorable à Kerviel. On peut aussi se demander accessoirement si une Entreprise a le droit de séquestrer pendant 12 heures un collaborateur pour le questionner et l’enregistrer à son insu…

    C’est donc maintenant SocGen qui se retrouve en position d’accusé et sa plainte en dénonciation calomnieuse va maintenant l’obliger à s’expliquer sur ces 3 points, qui n’avaient pas été abordés en 1ère instance. L’arroseur arrosé ?

    Ceci dit, je vous suis entièrement sur le fait qu’il n’est pas interdit de commenter une décision de Justice, comme nous le faisons ici, ni de se référer aux lignes de défense du prévenu, que son Avocat a rendues publiques dans une récente conférence de presse.

    Commentaire par ramses — 28/05/2012 @ 00:21

  77. Amusant je ne suis pas sûr, mais pas étonnant car Maître David Koubbi, spécialiste du droit de la presse, est connu pour ses « sorties médiatiques ».

    Le risque d’une stratégie de communication c’est, à nouveau, d’irriter ses juges (V. l’édifiante page 63 du jugement qui en dit long sur la psychologie de la défense metznérienne de l’époque…).

    Lors de cette conférence, Jérôme Kerviel, grave, s’est très peu exprimé et rapidement éclipsé.

    Ce qui peut se comprendre : gagner l’opinion publique est une chose mais gagner le procès en est une autre !

    Maître Jean Veil n’a pas manqué d’ironiser « Il s’agit d’une affaire judiciaire, il est décent et d’usage de garder ses explications pour les juges », pinces sans rire, il s’est même fendu de cette déclaration : « Le énième avocat de Monsieur Kerviel a toutes les qualités requises pour s’entendre avec son nouveau client ».

    Comme le souligne Valérie de Senneville dans les Echos : « Une manière de pointer la trop grande médiatisation qui lui avait déjà été reprochée en première instance ».

    Cela étant, sur la transparence fiscale de la banque et je l’avais déjà évoqué, il sera difficile de prétendre à la mauvaise foi de la SocGen.

    En effet, le principe en droit fiscal est connu : les pertes exceptionnelles et pertes diverses sont fiscalement déductibles, en application des règles des bénéfices industriels et commerciaux dont il est fait application pour la détermination des bénéfices passibles de l’impôt sur les sociétés (art. 209 du CGI).

    Et, à la question de savoir si la SocGen devait soulever l’impact fiscal la réponse est non.

    En effet, la jurisprudence de manière constante considère que les « dispositions fiscales frappant les revenus (donc les charges par analogie) sont sans incidence sur les obligations des personnes responsables du dommage et le calcul de l’indemnisation des victimes »

    Cela sera d’autant plus difficile, que les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés peuvent opter entre deux régimes de report des déficits.

    Exemple : un déficit de 150.000 € donne naissance en cas de report en arrière sur les bénéfices de l’exercice précédent, à une créance de 33 1/3% soit 50.000 € (tiré du Mémento Fiscal 2010 Francis Lefebvre n° 35950) .

    En l’espèce, la banque a enregistré en 2007 un gain sur lequel elle a payé l’IS et, en 2008, la perte de 6,4 Mds € (provisionnée) génère un produit différé d’impôt de 2,2 Mds € sur lequel il faut également déduire l’IS payé au titre de l’exercice 2007, "la récupération" donne une d’économie d’impôt qui avoisine le fameux 1,7 Mds €.

    Autrement dit, la banque n’a fait qu’user comme toute autre entreprise soumise à l’IS d’une disposition parfaitement légale : elle ne devrait donc raisonnablement encourir aucun reproche de ce chef.

    Il appartenait d’abord aux avocats de Jérôme Kerviel, de souligner l’existence et l’impact de cet avantage fiscal quant à la réalité du préjudice subi par la banque.

    En raison de l’énormité des montants en jeu, le Tribunal aurait pu suivre Jérôme Kerviel sur cet aspect de sa défense ce malgré une jurisprudence plutôt défavorable à cet argument.

    Mais les parties n’en ont pas discuté le bien fondé et le Tribunal n’était pas tenu de relever d’office ce point.

    Il n’est donc pas sérieux d’arguer en droit de la mauvaise foi de la banque.

    Comme le rappel un auteur : « la difficulté relève de la communication de la banque qui a indiqué que les éventuelles sommes reçues au titre des réparations versées par Jérôme Kerviel, feront l’objet d’une imposition, ce qui permettrait de reverser à l’Etat, une partie de l’impôt perdu tout en déclarant abandonner tout ou partie de sa créance »

    Alors oui, dans l’hypothèse d’un abandon de créance, le problème peut fiscalement se poser.

    En effet, tout comme un particulier, une entreprise s’enrichit lorsqu’elle bénéficie d’une remise de dette ou, ce qui revient au même d’un abandon de créance.

    Le régime fiscal est le suivant : du côté du bénéficiaire, le montant de l’abandon de créance constitue dans tous les cas un supplément de bénéfice imposable au taux normal sans distinguer selon que l’opération est légitime ou non.

    Pour le créancier, la perte ne vient en déduction des résultats imposables qu’autant que l’opération correspond aux critères d’une gestion normale et si l’on est en présence d’un acte anormal de gestion, l’abandon de créances est imposable d’un côté mais n’est pas déductible de l’autre.

    En l’état actuel de la jurisprudence fiscale, il est peu probable qu’un tel abandon de créance soit qualifié d’acte normal de gestion et la créance abandonnée doit être réintégrée aux résultats de la société et imposée en conséquence.

    Dès lors, la SocGen se trouverait fiscalisée sur une créance en grande partie irrécouvrable, vu son montant et, de fait, le règlement de l’impôt correspondant viendrait se compenser avec le crédit d’impôt sur les sociétés résultant du report en arrière des déficits dont elle bénéficie aujourd’hui.

    Par ailleurs, en raison de l’impossibilité matérielle de recouvrer la majeure partie de la somme et du choix de la SocGen de renoncer au moins partiellement au paiement de cette somme, la banque se trouvera bien pénalisée en supportant l’impôt sur une créance quasi irrécouvrable.

    Or, en acquittant l’IS sur le montant de cette condamnation, sans l’avoir perçue, en tout ou en partie, la SocGen ne fera que perdre la créance fiscale dont elle peut légalement bénéficier aujourd’hui.

    C’est donc plus sur le terrain de son image (comme le rappelle Aliocha) à destination de l’opinion publique que la SocGen devra, encore une fois, faire face.

    Ah ! Vous avez oublié Madoff et ses 150 ans de prison avec et 65 Mds de $ !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/05/2012 @ 07:50

  78. Pour ceux que ça intéresse l’avis de Gauthier Blanluet.

    http://www.leclubdesjuristes.com/nos-actualites/le-club-dans-les-echos/affaire-kerviel

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/05/2012 @ 08:26

  79. @Le Chevalier Bayard : et en plus vous flirtez avec le fiscal…mazette ! Merci pour les références ;-)
    sinon, le dossier qui rend fou continue de rebondir : http://www.rtl.fr/actualites/article/jerome-kerviel-vise-par-une-enquete-preliminaire-7748712666

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/05/2012 @ 09:23

  80. @ Aliocha : la référence a été mon prof de droit fiscal des affaires et chargé de TD à Assas.

    http://www.leclubdesjuristes.com/nos-membres-et-experts/les-experts/blanluet-gauthier

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 29/05/2012 @ 10:42

  81. [...] de billets particulièrement intéressants. Je ne peux que vous conseiller d’aller lire le billet où elle présente sa démarche et son livre « Kerviel – enquête sur un désastre [...]

    Ping par En Aparté a repéré pour vous - En Aparté — 29/05/2012 @ 15:58

  82. "Les actions détenues par Mark Zuckerberg ne valent plus "que" 14,6 milliards de dollars (à 29 dollars l’action), contre 19,14 au moment de l’entrée en Bourse de Facebook. Soit 4,5 milliards de moins…" (Le HuffPost)

    Encore un coup de Kerviel ?!

    Commentaire par ramses — 30/05/2012 @ 04:15

  83. A propos des enregistrements piratés (rtl.fr, lien cité par Aliocha) :

    "Ils affirmaient qu’un enregistrement sonore réalisé par la banque juste après la découverte de la fraude, les 19 et 20 janvier 2008, avait été piraté. C’est faux, répond la banque, qui affirme qu’il s’agit d’un système sécurisé et inviolable utilisé d’habitude pour enregistrer toutes les conversations dans les salles de marché. Déclenché par la voix et s’arrêtant dès que le volume est insuffisant, l’enregistrement a été copié sur CD-ROM et remis à la police le dimanche 20 février 2008, à l’issue des entretiens du trader avec sa hiérarchie."

    Trop forts les systèmes sécurisés de SocGen !! Ils sont programmés pour ne pas enregistrer les réponses de Kerviel !!

    Commentaire par ramses — 30/05/2012 @ 04:24

  84. @Ramses : j’ai eu fut un temps un magnéto à déclenchement vocal, je n’utilisais jamais la fonction car en effet elle dévore les propos en démarrant avec un temps de retard et en stoppant quand le son est trop bas. Jérôme Kerviel a une voix assez aigue et parle très doucement, comme ont pu le constater tous les journalistes présents aux audiences. Encore une fois, je ne défends pas Socgen, j’essaie juste de montrer qu’il existe presque toujours pour un même fait une explication complotiste et une autre beaucoup plus simple.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/05/2012 @ 10:24

  85. Bonjour,

    Ou puis-je me procurer votre livre dès demain ?

    Cordialement

    Commentaire par JerômeK — 30/05/2012 @ 21:58

  86. @JerômeK : selon la formule consacrée, "dans toutes les bonnes librairies". Hélas, à ce stade, j’ignore encore lesquelles auront eu l’idée géniale de le commander ;-) en revanche, j’ai cru comprendre que certains grandes enseignes de produits culturels le proposaient depuis quelques jours déjà en réservation…

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/05/2012 @ 22:16

  87. @JK : plus sérieusement, j’ose espérer que la librairie de mon éditeur, située en bas du boulevard St Germain (Maubert Mutualité) le proposera à ses visiteurs ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/05/2012 @ 22:24

  88. @ JerômeK et Aliocha

    Je l’ai commandé chez Amazon, il sera expédié le 1/7.

    Cordialement

    Commentaire par ramses — 31/05/2012 @ 02:31

  89. Sur le site Europe1.fr :

    "Une version que conteste la banque. Elle rétorque que les enregistrements dans une salle des marchés sont gérés par un système de sécurité internationale qui rend toutes falsifications impossibles."

    …..

    "La banque de son côté reconnaît avoir fait des opérations fictives mais pour liquider le plus vite possible les fausses opérations de Jérôme Kerviel afin d’éviter la spéculation."

    Si on comprend bien, le système de sécurité ne permet pas de trafiquer les enregistrements vocaux, par contre, il permet de passer des ordres fictifs…

    C’est du pain béni pour la défense, ces deux réponses !

    Commentaire par ramses — 31/05/2012 @ 02:44

  90. Le lien, avec une petite vidéo de Kerviel :

    http://www.europe1.fr/France/Tirs-croises-entre-Kerviel-et-la-SocGen-1105765/

    Commentaire par ramses — 31/05/2012 @ 02:49

  91. Zut, pas de version electronique? :(

    Commentaire par Luk (@le_luk) — 31/05/2012 @ 08:27

  92. @Luk : en principe si, je vais me renseigner.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/05/2012 @ 09:45

  93. [...] promis, je viens de créer une page dédiée au livre sur l’affaire Kerviel qui sort aujourd’hui en librairie pour que nous puissions y mener une discussion au long [...]

    Ping par Une page pour discuter du livre « La Plume d'Aliocha — 31/05/2012 @ 11:49

  94. 2 Pardonnez mon insistance
    "Or Jérôme Kerviel a reconnu ses fautes" la banque lui ayant promis monts et merveilles et après ses aveux l’a laissé choir ?
    et comment se fait-il que la perquisition ait eu lieu près d’un mois après le déclenchement de l’affaire?

    Commentaire par zelectron — 31/05/2012 @ 20:15

  95. @zelectron : la "perquisition", plutôt la visite puisque nous sommes chez la "victime" n’a pas eu lieu un mois après mais très exactement une semaine après la découverte supposée des faits et le lendemain de leur annonce officielle. Vendredi 18 janvier 2008, les systèmes de contrôle se mettent à carillonner tellement fort que toute la hiérarchie s’en mêle jusqu’à Jean-Pierre Mustier, patron de la banque d’investissement et donc patron de Kerviel. Durant le we, on le cuisine non-stop, le dimanche matin la banque a enfin une idée précise de la situation. Entre le lundi et le mercredi soir, avec l’assentiment de l’amf et de la commission bancaire, la banque déboucle 90% des positions de JK (les autorités ne lui ont laissé que 3 jours pour remettre de l’ordre, j’explique dans le livre pourquoi) et prépare son augmentation de capital. Le mercredi matin à 9heures, elle avertit d’abord Lagarde, ministre de l’économie, puis Sarkozy. Le jeudi matin, elle annonce la nouvelle au public à l’ouverture des marchés. Le jeudi en fin de journée, elle porte plainte (devancée par Frédérik-Karel Canoy avocats spécialisé dans la défense des actionnaires qui a déjà déposé une plainte au nom des petites actionnaires de Socgen sur la base de la nouvelle entendue à la radio, plus tôt dans la journée). Le vendredi à 17 heures, deux ou trois policiers débarquent chez JK à Neuilly et une dizaine (de mémoire) de personnes de la brigade financière, accompagnées d’un commissaire et du procureur, entrent à la Société Générale pour saisir les ordinateurs de JK, les enregistrements de ses conversations téléphoniques, et tous les documents nécessaires à l’enquête. L’opération se termine tard dans la nuit.
    Sur le reste, voyez le livre, je donne tous les éléments pour et contre la thèse de la complicité de la banque, ce serait trop long à raconter ici, car la vraie vie est infiniment nuancée.

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/05/2012 @ 21:59

  96. Bonjour Aliocha,

    Koubbi cogne ! A qui le tour ?

    http://www.lepoint.fr/societe/l-avocat-de-jerome-kerviel-saisit-le-conseil-superieur-de-la-magistrature-01-06-2012-1468105_23.php

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/06/2012 @ 13:18

  97. @Le Chevalier Bayard : tsss, je n’ai pas compris s’il attaquait Dominique Pauthe pour le jugement – collégial, ce serait donc bizarre – pour un propos hors audience ou pour un propos tenu lors du procès….toujours est-il que l’affaire continue d’être de l’autre côté de la ligne jaune. JK a visiblement trouvé l’avocat transgresseur qu’il cherchait ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/06/2012 @ 21:46

  98. En effet, la relation de confiance qui s’est instaurée avec cet avocat révèle la nature du combat qu’il convient, à nouveau, de mener en appel.

    Et, le fait d’être de la même génération renforce probablement les liens qu’ils ont tissés.

    Contrairement a ce qu’affirme Patricia Chapelotte en France la stratégie de communication sur le terrain judiciaire des grands procès n’est pas nouvelle.

    Comme les Inrocks : mais là Koubbi tape très fort !

    Personnellement, j’approuve, dans la mesure où il y va des intérêts de son client !

    L’information est sortie dans le Parisien sans autre précision et reprise par l’ensemble de la presse.

    Je n’en sais pas plus !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 01/06/2012 @ 22:39

  99. Je ne comprends pas l’intéret de faire un livre qui reprend uniquement la vie et l’oeuvre de kerviel, a part dire ce que l’on sait deja qui est : oui, n’importe quel trader perd la tete a un moment ou a un autre, que ce soit lors de barings ou de jp morgan récemment. Ca arrive dans toutes les crises, et c’est souvent des gens qui ont gravi les échelons, sans pour autant avoir fait des hautes études. Voila, en 3 lignes, tout est dit.

    En revanche, si vous abordiez le coté financier sans entrer dans le détail, si vous abordiez le coté judiciaire et les enjeux que cela entraine, ca aurait pu etre intéressant.

    Et puis sortir un bouquin alors meme que l’interessé change d’avocat et qu’il attaque a tout va la société générale… ca tombe mal.

    Quoiqu’il en soit, je vais l’acheter votre livre, pour voir si vous apportez du grain a moudre à la finance en général, car finalement ces "rogue traders", comme vous les appelez existent et continueront a exister

    Commentaire par Lisa — 02/06/2012 @ 09:56

  100. Et sur le nouvel avocat de kerviel, koubbi, il n’a pas une réputation sympatique aupres de ses confreres, l’homme agissant dans son intérêt et non dans celui de ses clients. J’ai du mal a croire d’ailleurs, que sur un tel dossier, un avocat qui arrive sur une affaire aussi compliquée peut aider son client.

    On verra lors de l’appel, sauf si l’affaire est renvoyée d’ici la, ce qui risque d’arriver d’ailleurs

    Commentaire par Lisa — 02/06/2012 @ 10:04

  101. @Lisa : ce ne sont pas les traders qui m’ont intéressé dans cette affaire et presque pas la finance, c’est comment un seul homme peut faire basculer un système. Je suis convaincue, comme de nombreux spécialistes qui ne s’expriment malheureusement que dans des cercles très restreints, qu’il s’agit du’n nouveau risque de société. Seulement pour en prendre la mesure, il fallait une affaire exceptionnelle, nous l’avons, et raconter comment un tel drame a pu se nouer. Quant aux enjeux judiciaires, les 3/4 du livre concernent l’enquête, la défense, les réactions des régulateurs et des politiques et le procès.

    @Le Chevalier Bayard : Très franchement, je pense que cette stratégie est vouée à l’échec, mais je peux me tromper. Le dossier était jusque là très violent, passionnel, agressif. On monte d’une dizaine de crans…N’oublions pas que JK a reconnu ses fautes. Simplement il dit qu’on l’y a encouragé. D’où la tentative de ses différents avocats en première instance de lui faire adopter profil bas sur le mode : je suis un modeste universitaire passionné par son métier qui s’est laissé embarquer dans une grande machine à fric et a perdu la raison. Hélas, ceci s’est toujours heurté à la colère du trader et à son envie d’en découdre avec une banque qu’il s’est pris à haïr au fur et à mesure qu’elle l’enfonçait – entre nous ça se comprend. Donc, il a transformé sa défense – j’ai fauté mais parce que j’avais perdu la raison – en une lutte à mort : on m’a poussé à cela, le système est pourri et m’écrase après m’avoir exploité et manipulé. L’ennui, c’est que les juges l’ont très mal vécu. Van Ruymbeke d’abord, puis le TC. Tous auraient préféré qu’ils adopte profil bas, qu’il s’excuse, qu’il explique humblement ce qui s’était passé dans sa tête. En résumé, ils ont avec lui un problème de sincérité, d’humanité. C’est d’autant plus tragique que JK est un garçon doux et sympathique quand il ne se sent pas en danger. Alors en rajouter une couche dans la violence me parait très risqué. Sauf à avoir vraiment des preuves irréfutables à apporter en appel. Et même…les juges auront beau jeu de rappeler qu’il a avoué et qu’ils disposent des preuves matérielles de ces aveux : faux mails, données erronées dans les systèmes, montant investis faramineux. Bref, je ne crois pas à la "défense testostérone", mais nous verrons ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/06/2012 @ 10:17

  102. @Lisa 100 : "la confraternité, cette haine vigilante et souriante" c’est une citation d’un vieux juriste, j’ai oublié qui…à mon époque on disait d’un avocat médiatique qu’il était avocat à la cour et à la télévision. Je ne le connais pas, je ne l’ai qu’une fois au téléphone très récemment, mais le portrait de Rue89 me parait juste : un avocat en quête de sensations. En fait, il ne débarque pas totalement, il suivait l’affaire du coin de l’oeil tout en défendant JK contre les médias. Au début, cela m’a paru irréalisable de prendre le dossier deux mois avant le procès, mais au fond s’il est volumineux et complexe techniquement, il est assez simple dans sa mécanique. David Koubbi doit dégommer la principale accusation d’abus de confiance en montrant qu’on a laissé faire voire encouragé JK. http://www.rue89.com/2011/08/04/koubbi-defenseur-de-banon-avocat-en-quete-de-sensations-216691

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/06/2012 @ 10:31

  103. Aliocha,

    Que Jérôme Kerviel est reconnu ses fautes n’empêche nullement en appel de mettre en évidence la coresponsabilité de la banque si, comme il l’allègue, il est en mesure d’en apporter la preuve.

    Quand je dis j’approuve c’est seulement pour dire que si la présomption d’innocence n’a pas été respectée alors, Dominique Pauthe doit être sanctionné comme l’ont été les Inrocks !

    Vous connaissez suffisamment, je crois maintenant, l’idée que je me fais de cette affaire : forcer des systèmes informatiques pour échapper aux contrôles ça c’est toujours fait et ça se fera toujours dans n’importe qu’elle entreprise banque ou pas.

    Pas besoin d’être un "faussaire de génie" quelque soit la méthode, aussi sophistiquée soit-elle, le risque opérationnel repose toujours sur :

    4 déficits culturels

    - culture de l’infaillibilité (élitisme)
    - culture nombrilisme (peu d’attention à la Leeson – Barings -)
    - culture de simplisme (surveiller la VaR – profil de risque ou value at risk)
    - absence de culture de communication (un cas de suicide, rémunération taboue)

    2 déficits organisationnels

    - domination productiviste sur les aspects sûreté et sécurité (gagneuse, middle déconsidéré)
    - dilution des responsabilités (chacun doit se débrouiller)

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/06/2012 @ 11:20

  104. @Le Chevalier Bayard : j’entends bien, mais je me souviens de la réaction de mon vieux maître en lisant mes premières conclusions : vous donnez des leçons de droit aux juges, ils ont horreur de ça et vont nous arracher la tête ! J’ai du recommencer. Ce que je veux dire, c’est que la justice, c’est de l’humain comme le reste. On ne traite pas n’importe comment les juges et surtout pas à la hussarde, sauf éventuellement en cours d’instruction pour forcer les investigations à décharge. Notez, je ne suis pas pénaliste, mais un de mes copains pénaliste justement dit toujours : il faut aimer son juge. Je l’écoute avec d’autant plus d’intérêt qu’il a un très haut niveau d’aikido, ce qui en fait un très fin stratège du combat ;-) Demandez-vous pourquoi l’adrénaline qui irrigue ce dossier et a fait dire à Airy Routier "c’est l’affaire qui rend fou" a fini par atteindre les juges eux-mêmes…à mon avis parce que le caractère de JK, qui le dépasse lui-même d’ailleurs, fabrique ce phénomène. J’aurais donc été d’avis de lui tenir la bride très court et d’adopter une défense plus féminine pour équilibrer son tempérament de feu. Mais bon…
    Pour le reste, les systèmes de contrôle sont par nature déresponsabilisants. On les installe puis on se repose aveuglément dessus. Et si par malheur quelqu’un pose une question, interrompt le mécanisme bref, provoque une irruption de l’intelligence humaine dans le ronron administratif, il n’est pas un facteur d’alerte bienvenue mais de désordre à réprimer rapidement…L’affaire Kerviel l’illustre magnifiquement quand les contrôleurs répondent lors de l’enquête : je n’ai pas compris la réponse de JK mais mon rôle n’est pas de comprendre, il est d’enregistrer les réponses. Vertige…Et un autre contrôleur d’expliquer : mon rôle est de faire taire les alertes, pas d’enquêter pour comprendre le problème. Tout est dit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/06/2012 @ 11:46

  105. L’entrée de Maître Koubbi, en tout état de cause illustre bien, pour le moment, que la meilleure défense de Kerviel c’est l’attaque selon la formule consacrée.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/06/2012 @ 12:18

  106. Et, puisque que vous citez Airy Routier, j’ajouterai qu’il disait aussi : "Buté dans sa défense, il a nourri lui-même ce mouvement irrationnel d’opinion en sa faveur, en publiant un livre à la veille de son procès, où il s’enferme dans la posture David-Kerviel contre Goliath-Société générale. A la manière de Bernard Tapie qui, au cours des années 1990, jouait l’opinion publique (déjà à l’époque… Patricia Chapelotte !) contre la justice, comme si celle-ci se rendait devant les caméras, sur le parvis des tribunaux, Kerviel a excédé les juges qui, à leur tour, sont tombés dans l’excès, avec cette absurde montagne de dommages et intérêts"

    Tapie a fini par l’emporter…sauf qu’ici le contexte de cette affaire n’a rien avoir !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/06/2012 @ 12:44

  107. Jérôme Kerviel durcit son attaque contre la Société générale
    Par Thierry Lévêque | Reuters – il y a 9 heures
    http://fr.news.yahoo.com/j%C3%A9r%C3%B4me-kerviel-durcit-son-attaque-contre-la-soci%C3%A9t%C3%A9-073625722–finance.html

    Commentaire par zelectron — 03/06/2012 @ 19:22

  108. Il y a aussi ce nouveau témoignage, dont la Cour devrait sans doute lever l’anonymat…

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/affaire-kerviel-la-societe-generale-que-j-ai-connue_1121937.html

    Les débats qui reprennent demain devraient être animés !

    Commentaire par ramses — 03/06/2012 @ 22:22

  109. Merci pour votre livre, j’avais lu vos comptes-rendus du procès avec plaisir et je serai donc curieuse d’en savoir plus…
    Par ailleurs une petite question si je puis me permettre, n’ayant pas trouvé de réponse sur internet : comment assister au procès en appel ? Les audiences sont censées commencer demain mais impossible de trouver l’heure ni le lieu…

    Commentaire par Lélia — 04/06/2012 @ 00:17

  110. @Lélia

    J’ai trouvé ceci "Le deuxième procès se tiendra du 4 au 28 juin. Les audiences de l’ex-trader se dérouleront les lundis et mercredis toute la journée, ainsi que les jeudis après-midi, dans les locaux de la première chambre de la cour d’appel de Paris" 20 minutes

    Plan du Palais avec l’entrée du public http://www.ca-paris.justice.fr/index.php?rubrique=11017&ssrubrique=11774

    Tél Cour d’Appel 01 44 32 52 52

    Yapluka tél pour vérifier

    Commentaire par gabbrielle — 04/06/2012 @ 08:02

  111. "L’audience débute à 09H00 devant la chambre 5-12 de la cour d’appel, siégeant dans les locaux plus vastes et prestigieux de la première chambre. Le procès est prévu jusqu’au 28 juin, à raison de deux jours et demi d’audience par semaine."
    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120604.CHA7086/le-proces-en-appel-de-l-ancien-trader-jerome-kerviel-s-ouvre-a-paris.html

    Commentaire par gabbrielle — 04/06/2012 @ 08:51

  112. En attendant Aliocha

    Le suivi minute par minute est sur La Tribune, bonne lecture
    http://www.latribune.fr/dossiers-la-tribune/actualite/les-dossiers-de-la-tribune/jerome-kerviel-contre-la-societe-generale-acte-ii.html

    Commentaire par gabbrielle — 04/06/2012 @ 09:05

  113. Merci beaucoup !!

    Commentaire par Lélia — 04/06/2012 @ 09:13

  114. Je suis le live sur AFP, La Tribune, L’Express et le NO ;-) . Il y a quand même quelque chose qui me tracasse. Avec les divers CR, j’ai le sentiment d’une nette animosité de la Présidente envers JK. Il me tarde d’avoir les impressions d’Aliocha.

    Comme pour le 1er procès, P.R-D suit pour Le Monde et a posté un premier billet http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/06/04/proces-kerviel-cest-reparti/

    Commentaire par gabbrielle — 04/06/2012 @ 12:04

  115. Bonjour.
    Livre lu (dévoré devrais-je dire). C’est effectivement un excellent travail journalistique, clair, et le plus proche possible des faits. Bravo.
    Deux éléments ont éveillé ma curiosité. Tout d’abord l’allusion à un cambriolage dans un bureau de la SocGen le fameux 18 janvier 2008. Elle arrive dans le livre comme si la question avait déjà été abordée plus tôt. Or ce n’est pas le cas. Y aurait-il des précisions sur cet épisode qui, je l’avoue, m’avait échappé jusque là?
    Second élément: les pressions sur Me Kemlin, avocat des parties civiles. "L’épisode est intéressant, mais on n’en saura pas plus", écrivez-vous. Avez-vous pu enquêter sur la question ou pensez vous qu’elle est finalement très secondaire par rapport à l’affaire?

    Commentaire par jeando — 06/07/2012 @ 14:57

  116. @Jeando : merci, je suis contente que cela vous ait intéressé ;-) le cambriolage en effet arrive au moment où Metzner l’évoque à l’audience. En fait, je crois qu’il a soulevé ce point pour cultiver le doute au bénéfice de JK en soulevant tout ce qui pouvait donner à penser que Socgen avait joué un rôle trouble dans cette affaire. Hélas, il n’existe à ma connaissance aucun autre élément sur ce sujet : tout ce qu’on sait, c’est que le bureau était ouvert alors qu’il n’aurait pas dû. On peut ensuite imaginer que le dossier du trader a été trafiqué ou simplement consulté et faire des suppositions sur les raisons de cette intrusion. J’ai moi-même été frustrée lors de l’audience et un peu intriguée qu’on n’aille pas plus loin.
    Quant à Kemlin, petit actionnaire partie civile et non pas avocat, j’avoue n’avoir pas creusé. Ce dossier est tentaculaire, il y a beaucoup de pistes à explorer, on fonctionne beaucoup à l’intuition, celle-ci ne m’a pas portée vers cette question là. J’imagine que s’il y avait eu un lièvre à lever, des avocats comme Canoy, avocat des minoritaires, Richard, et Valeanu, avocats des salariés actionnaires, se seraient empressés de le faire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/07/2012 @ 12:09

  117. Curieux et frustrant que dans des dossiers comme celui la, qui mobilisent des moyens d’investigation considérables, il demeure des petites aspérités non éclaircies. Dans un bon polar, Harry Bosch aurait démonté toute l’affaire en enquêtant la-dessus. Heureusement nous sommes dans la vraie vie :-)

    Commentaire par jeando — 07/07/2012 @ 16:09


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