La Plume d'Aliocha

22/05/2012

Où l’on reparle d’Audrey Pulvar

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 14:32
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Et hop, c’est reparti ! L’UMP publie un communiqué assassin demandant la démission d’Audrey Pulvar de l’émission de Ruquier au motif que son compagnon Arnaud Montebourg vient d’être nommé Ministre du développement redressement productif (si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est le « développement redressement productif », je suis preneuse ! ), et voici qu’on nous ressort l’argument féministe. Y compris chez les journalistes de droite, ce qui est un comble ! Les tenants de ce combat magnifique nous assurent qu’un femme serait capable de conserver sa liberté d’esprit à l’égard des convictions politiques de son homme…Sans doute, mais j’y pense : qui a dit le contraire ? Il est pour le moins étrange que la misogynie à peine dissimulée de l’argument ne saute aux yeux de personne.  Donc ceux qui s’émeuvent de cette situation, y compris dans les syndicats de journalistes,  ne le feraient que pour une seule raison : ils penseraient que les femmes sont à la botte des hommes. Mazette !  J’espère bien que nos Don Quichotte ont construit ce moulin à vent pour le seul plaisir de le combattre et, au passage, évincer le vrai sujet : le problème d’apparence d’indépendance que cela soulève. Il se trouve que pour l’instant, à notre connaissance, il joue plutôt dans le sens homme politique/femme journaliste, je serais personnellement la première à considérer que la situation inverse soulève exactement la même difficulté.  Il y a quelques temps, Audrey Pulvar avait cautionné la décision d’I Télé de supprimer son émission en raison de cette liaison affichée. Et puis au fil des mois et des attaques, elle a retourné sa veste. Dommage. Laissons donc les pour et les contre s’écharper tranquillement. J’ai fini par comprendre à force de bloguer, et donc de plonger les mains dans le cambouis de la polémique à la française, que celle-ci se moquait bien de la vérité et plus encore de l’opinion justifiée. Dans ce pays, on parle pour parler, jusqu’à l’épuisement.

Si l’on fait un pas de côté, l’affaire révèle  au moins deux choses intéressantes. D’abord que la profession se moque comme d’une guigne de la déontologie. Pire, elle s’emploie à n’y voir qu’un frein à la liberté d’expression et surtout à la promotion de carrière. En ce sens, les journalistes sont, parmi toutes les professions soumises à une éthique particulière en raison du caractère sensible de leur mission, les seuls à n’avoir pas encore compris que la déontologie constituait une force collective et, plus cyniquement, un atout concurrentiel. Cet individualisme forcené, doublé d’un aveuglement consternant, mène le journalisme français à sa perte, mais qui s’en soucie ? Qu’on se console, il nous restera Mediapart, sorte de Savonarole moderne, dont l’équipe semble avoir compris, elle, le parti à tirer de cette situation, même si dans bien des cas les méthodes employées paraissent sujettes à discussion. L’affaire Pulvar montre également de manière plus générale que l’élégance morale n’a plus cours. Mais cela, on le savait. C’est juste dommage d’en apercevoir une nouvelle illustration, qui plus est venant de notre chère gauche moraliste…

Mise à jour 20h05 : je n’avais pas lu le billet de Jean Quatremer quand j’ai rédigé celui-ci. Merci à Gari de me l’avoir signalé, il est en effet plus factuel et donc beaucoup plus explicite que le mien. 

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55 commentaires »

  1. Que dire du Président et de sa compagne journaliste. Y aurait-il deux poids , deux mesures.

    Commentaire par Salewa — 22/05/2012 @ 14:36

  2. Tant que le/la journaliste ne tient pas une rubrique politique…
    Par contre est ce qu’on a déjà vu un homme politique être mis de côté parce que sa femme était journaliste politique ? finalement ça reviendrait au même.

    Commentaire par Arnaud — 22/05/2012 @ 15:04

  3. Je m’étonne de ceux qui ne voient le problème que maintenant : ça fait un paquet d’années que Monsieur fait de la politique à haut niveau. Pourquoi, subitement, maintenant ? Et pas il y a 3 mois ?

    D’un autre côté, c’est chiant de devoir renoncer à une carrière patiemment construite – et tout le monde sait à quel point ça peut être dur – juste parce que Chéri(e) a eu une promotion.

    Parce que dans tous les cas de figure, Madame perd : s’il ne reste qu’un mois Ministre (s’il ne se fait pas élire député), on aura trouvé quelqu’un pour la remplacer, et ils ne sont pas obligés de lui rendre son poste. Pareil s’il reste 5, voire 10 ans au pouvoir : on pourrait arguer qu’en tant d’années, son public l’a oubliée.

    On peut donc se dire que si ces journalistes renoncent difficilement à leur place, c’est parce que celle-ci est dépendante d’aléas n’ayant strictement rien à faire avec les compétences professionnelles : nominations politiques à la tête de télés et de radios, rédactions clairement orientées, chasses aux sorcières en fonction de la mode du moment, etc… La réinsertion d’un(e) journaliste politique ayant temporairement arrêté est très problématique.

    Alors la déontologie, oui, mais au pays des faux-culs, c’est les autres d’abord.

    Commentaire par Zoom Zoom — 22/05/2012 @ 15:20

  4. Désolé, mais je n’ai rien compris à votre charge !
    Je la sens pamphlétaire, mais je n’ai pas compris qui était dans l’axe de cette attaque. La « gauche moraliste » responsable à vos yeux d’avoir aboli toute « élégance morale » ? Médiapart, qui tirerait partie de … quoi déjà ? « Les journalistes », qui seraient déontologo-déficients au point de privilégier leur propre carrière !!??? Audrey Pulvard enfin, à qui vous reprochez … de faire parler d’elle ?????

    Je me sens con !

    Commentaire par Ginkgo — 22/05/2012 @ 15:30

  5. Tiens je viens de lire chez Koz des commentaires d’un(e) certain(e) Aliocha… qui m’ont d’abord interloqué… mais en fait ce n’est pas vous. J’espère que personne ne croira que c’est vous, parce que ça vaut des points.

    Commentaire par hohoho — 22/05/2012 @ 15:39

  6. Pas d’opinion sur le fond. Juste vous préciser que le ministère d’Arnaud Montebourg est celui du « redressement productif ».
    Pas forcément beaucoup plus clair, j’en conviens.

    Commentaire par Martin K — 22/05/2012 @ 15:57

  7. « développement productif », « redressement productif » ou « redressement progressif » comme sur le J.O ; -), en tout cas, la gazouillisphère se marre http://www.leparisien.fr/politique/ministere-du-redressement-progressif-la-coquille-qui-fait-rire-twitter-22-05-2012-2011364.php

    Commentaire par gabbrielle — 22/05/2012 @ 16:04

  8. Bonjour Aliocha

    En même temps, chercher de la morale dans une émission de Ruquier, et de la déontologie journalistique chez Mme Pulvar après son interview de M. Copé, c’est comme le suggère votre tag donquichottesque. Vous vous faites du mal pour rien là. Allez, chassez cette humeur sombre, nous avons la perspective d’un week-end chaud et ensoleillé

    Commentaire par ranide — 22/05/2012 @ 16:14

  9. @Salewa : non, c’est le même problème, sauf que Dame Hollande ne bosse pas en ce moment, me semble-t-il…
    @Arnaud : quand ce sera le cas, on pourra se féliciter d’approcher du vieux rêve de l’égalité des sexes
    @zoom zoom : qui perd gagne ! D’abord, à ce niveau là de carnet d’adresse, la question de retrouver un emploi se pose de façon moins cruciale que pour les 37 000 autres journalistes. Ensuite, je vais faire mon commentateur de rugby de base, il y a sans doute quelques gouttes d’ambition dans ces splendides histoires d’amour. Mais chut, ne le répétez surtout pas !
    @Gingko : mais non puisque vous lisez de bons polars 😉 je n’ai pas dit que la gauche était responsable de la disparition de l’élégance morale, c’est général le côté tout pour ma gueule et vogue la galère. Pour Mediapart, c’est ma faute, je suis dans l’ellipse, j’avais parlé ici il y a quelques mois du débat auquel j’avais participé avec Mediapart, Schneidermann et Yves Agnès sur la déontologie des médias en ligne. Réponse de Mediaprt (en substance) : la déontologie, c’est nous, personne n’a de conseils à nous donner. Je les soupçonne d’avoir parfaitement compris, dans le climat actuel de défiance vis à vis des médias, l’argument concurrentiel qu’ils pouvaient tirer à jouer les moralistes vis à vis du reste de la profession (on sort des scoops et les confrères mainstream refusent de les reprendre), c’est très intelligent de leur part, malheureusement, ils semblent être les seuls à avoir compris l’intérêt stratégique de jouer la carte de l’éthique. Accessoirement, je les trouve souvent border line, malgr éleurs grands airs, mais c’est une autre histoire. Pour Pulvar, je regrette qu’elle s’accroche alors qu’elle semblait adhérer à la décision d’I Télé. Comme si à force d’avoir reçu des encouragements à faire triompher une cause féministe qui n’a rien à voir avec le schmilblick, elle en oubliait la légitimité des réserves quant au double statut de journaliste politique et de compagne de politique.
    @hohoho : je confirme, ce n’est pas moi qui discute homosexualité chez Koz 😉
    @Martin K et gabbrielle : merci, c’est rectifié. Pas ma faute, j’arrive pas à enregistrer la langue de bois…
    @ranide : la faute au temps pluvieux, vous avez raison !

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 16:26

  10. Il me semble tout de même qu’on patauge dans l’hypocrisie, pis qu’on l’encourage. A partir de quand une* journaliste qui tombe amoureuse d’un homme politique doit-elle remiser son stylo ou son micro ? Au premier baiser ou quand sa liaison devient officielle ? Entre les deux événements, il peut se passer beaucoup de choses et surtout beaucoup de temps. Si elle veut conserver à la fois son métier et son indépendance financière, son intérêt est évidemment de ne rien dire. Qui lui jetterait la première pierre ?
    Concernant plus spécifiquement Audrey Pulvar, dont la liaison avec Montebourg est officielle, on peut comprendre à la rigueur qu’elle abandonne France Inter, mais pourquoi France 2 ? Le travail qu’elle fait avec Natacha Polony est-il ce qu’on appelle du journalisme ? « On n’est pas couché » n’est pas une émission d’information mais de distraction. Ruquier prendrait Bedos et Guillon, l’exercice ne serait pas différent. Je me trompe ?

    * j’écris « une » parce que je ne connais pas de femme politique liée à un journaliste homme mais pourquoi se limiter à des liaisons femme-homme, on peut très bien imaginer des liaisons entre personnes du même sexe. L’homosexualité n’est interdite ni aux politiques ni aux journalistes.

    Commentaire par Gari — 22/05/2012 @ 16:38

  11. @Gari : quoi, quoi, quoi ???? Bedos et Guillon sont ensemble ? je déconne ! Plus sérieusement, vous soulevez une bonne question, c’est pourquoi je pense qu’il faut raisonner, comme les juristes, sur le terrain de l’apparence d’indépendance. Je ne l’ai pas rééxpliqué parce que j’avais mis mes anciens billets en lien. Globalement, on ne vas pas écumer les chambres à coucher pour vérifier qui couche avec qui. La question ne se pose et d’ailleurs n’est posée que dans le cadre des liaisons officielles. La théorie de l’apparence d’indépendance ne se demande pas si la personne est intrinsèquement indépendante, elle se contente d’observer qu’elle est dans une situation qui peut faire douter de son indépendance. Par exemple, imaginez que vous soyez jugé un jour et que l’un des membres du tribunal soit votre meilleur ami. On pourrait observer qu’il n’est pas dans une situation d’indépendance vis à vis de vous. Quant à la question des relations homosexuelles, elles relèvent de la même problématique évidemment, sauf que visiblement la question en s’est pas encore posée officiellement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 16:50

  12. Rien à voir avec Pulvar mais très intéressant, on en reparlera : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120521trib000699472/pour-eviter-de-nouvelles-affaires-jp-morgan.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 17:25

  13. Moi je ne suis pas vraiment d’accord avec vous la dessus.

    Car donc Pulvar ne devrait plus faire de journalisme politique (et pour le coup l’émission de Ruquier est tout sauf du journalisme, et encore moins du politique, c’est du divertissement). Mais alors, tout les journalisme et autre éditorialiste que l’on sait être de gauche (ou de droite) rien qu’en lisant leur édito ba faudrait pas qu’ils arrêtent de suite de travailler?
    Je veut dire à ce jeux là il faut d’urgence que ceux qui s’occupent de la politique a Tf1, au Figaro, à l’Humanité ou à Libération s’arrêtent de suite, parce qu’on voit bien leur tropisme (même si pour le coup il s’agit plus du tropisme des dirigeants que de celui des journalistes). Que Apathie démissionne au plus vite, et ainsi de suite. Et pour prendre quelqu’un ayant travaillé dans l’émission de Ruquier, personne n’avait protester que Zemmour montre de quel côté il penchait à chaque émission …

    Donc si je pige bien, un journaliste (ou une journaliste) peut avoir des opinions et les exprimer, dans des édito, et il me semble bien que Pulvar n’a jamais fait mystère de ses penchants politiques, mais dès que l’on est en couple soudainement on ne peut plus?

    J’avoue ne pas tout comprendre ….

    Commentaire par Aeterna — 22/05/2012 @ 19:20

  14. @ Aliocha. Ravi de vous avoir donné un scoop ;-). Plus sérieusement, je viens de découvrir le billet de Jean Quatremer (http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2012/05/samedi-soir-cest-tweetclash-avec-audrey-pulvar.html). Très intéressant. J’en révise mon opinion sur la participation d’Audrey Pulvar à ONPC.

    Commentaire par Gari — 22/05/2012 @ 19:22

  15. « Gari m’a doubler » mais j’aurais au moins appris que Sapin et Peillon.avaient, eux aussi, des épouses journalistes.

    J’ai lu sur plusieurs blogs qu’une partie des journalistes avait commencé à dénigrer Sarko à partir de 2008 quand il leur a refusé le régime fiscal avantageux, régime que Hollande aurait promis d’appliquer à la demande pressante de VT et AP, ce qui lui a assuré la complaisance de la quasi totalité de la presse tous ces derniers mois.
    Qu’en est-il exactement?

    Commentaire par gabbrielle — 22/05/2012 @ 19:38

  16. Quelle différence y a t-il entre être interviewé par un journaliste partisan marié à un politique et un journaliste partisan non marié à un politique ? Dans le premier cas, on sait d’où le coup part. Ce qui compte, c’est le travail effectué : a-t-on appris quelque chose à l’issue de l’interview ? En apprend t-on plus avec une interview de Chabot, Pujadas, Ferrari ou Pulvar ? Ca ne me dérange pas qu’un journaliste soit orienté (est-ce possible de ne pas l’être ?). Un chercheur doit avoir une idée de ce qu’il veut découvrir avant de mettre au point une expérience, quand bien même cette idée serait fausse. L’objectivité à laquelle serait tenue le journaliste n’est qu’une chimère dans le domaine politique.

    Commentaire par kuk — 22/05/2012 @ 21:08

  17. @Kuk : si vous prenez le problème par ce bout-là, alors en effet, on peut se passer de règles, de toutes les règles. Ou se perdre dans des considérations hasardeuses sur les convictions et les motivations de chacun. Sauf que là, on tente de raisonner macro, ou à l’échelon d’une profession si vous préférez et de se demander pourquoi cette situation dérange. Je vais avancer une explication. Parce que le journaliste est, par définition, un acteur censé assurer le bon fonctionnement d’une démocratie en jouant un rôle de contrepouvoir. Davantage s’il est journaliste politique que commentateur sportif. Par conséquent, s’il est publiquement à la fois porteur de cette charge tout à la fois symbolique et effective et marié à ce pouvoir qu’il est censé contrôler, il y a un problème. Et ce n’est pas un problème lié à l’indépendance réelle de Pulvar, il est très possible en effet qu’elle soit indépendante et nul ne le conteste, surtout pas moi, j’ai horreur des procès d’intention, il n’en demeure pas moins que les deux images s’entrechoquent et je dirais même s’affrontent. Ce n’est pas un problème superficiel, bien qu’il s’agisse d’apparences, mais d’incompatibilité entre une fonction de contrepouvoir et une vie affichée dans la plus extrême proximité avec ce même pouvoir. Entre nous, c’est un sujet qu’on connait par coeur chez les juristes et qu’on résout très simplement par l’abstention. Il n’y a que chez les journalistes qu’on tourne du cul en bidouillant sur le thème du féminisme, de l’indépendance intellectuelle etc. J’ajoute, mais là je peux souffrir d’un biais dans mon analyse, qu’il y du côté de la gauche une forme de certitude d’être dans le vrai, le bon, le généreux, l’incontestable qui fait qu’au fond, il ne saurait y avoir de vrai problème à ce qu’une généreuse journaliste de gauche interviewe un gentil politique de gauche tout en vivant avec un type appartenant également au camp des gens gentils qui ont raison.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 21:28

  18. @Kuk : et pour revenir à des choses plus simples, il me semble avoir lu partout depuis des années que la perte de confiance du public dans les médias était liée notamment à l’excessive proximité entre journalistes et puissants. Un travers dont on dit qu’il est particulièrement marqué en France. Alors on peut continuer à jouer ce jeu-là tout en soutenant que, hein, bon, on est indépendant malgré tout. En ce qui me concerne, je traite toute la journée des questions d’indépendance chez les régulateurs, les avocats, les commissaires aux comptes, les juges et je vous assure que les règles qui les encadrent et garantissent notamment leur indépendance feraient bien de nous inspirer, nous les journalistes. Elles ont précisément pour but d’éviter les dérapages et de garantir la confiance nécessaire à l’exercice de leur métier. Croyez-moi, les médias gagneraient à s’en inspirer pour résoudre précisément le problème de confiance qu’ils ont avec le public. L’indépendance, nous la connaissons sur un sujet qui est celui de la muraille de Chine censée séparer dans un journal la fonction éditoriale de tout le reste et notamment de la pub. Mais je crains que nous n’ayons pas fait le tour du sujet en traitant uniquement celui-ci. Notez, il n’est pas impossible que le problème se déplace avec Internet qui est en train de remplacer progressivement la proximité puissants/journalistes par un lien public/journalistes qui ne manquera pas d’ailleurs de soulever de nouveaux problèmes d’indépendance…

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 21:34

  19. @gabbrielle : je ne sais pas. Quand j’ai commencé dans le métier, nous avions un abattement supplémentaire de 30%. Il a été supprimé je ne sais plus quand pour être remplacé par une déduction de 7600 euros. C’est un très net avantage dont l’objectif est d’apporter une aide à la presse en permettant aux éditeurs de payer leurs journalistes moins cher. Pour le reste, je n’ai pas connaissance d’une proposition de Hollande destinée à renforcer un régime déjà très favorable.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 21:45

  20. « si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est le “redressement productif”, je suis preneuse  »
    Fastoche.
    C’est comme le dressement reproductif mais dans le désordre.
    Non, non, ne me remerciez pas chère hôtesse.
    Hi, hi!
    Pas sur la tête! je sors…

    Commentaire par araok — 22/05/2012 @ 22:00

  21. Et si Mme Pulvar ne faisait plus journaliste mais polémiste. Elle continue mais sans carte de presse. Aliocha est contente parce qu’il n’y a plus de problème de déontologie, Mme Pulvar est contente parce qu’elle reste à ONPC. Et ce qu’un Eric Brunet peut faire, Mme Pulvar peut le faire et en cent fois mieux.

    Pour les commissaires aux comptes, je ne sais pas. Pour les avocats et le code de déontologie qui garantit l’indépendance, je connais d’expérience et d’expérience je suis moins affirmatif qu’Aliocha. C’est un peu pareil pour les juges. Ca dépend quand même beaucoup du bonhomme ou de la bonne femme

    Commentaire par ranide — 22/05/2012 @ 22:02

  22. L’efficacité du contre-pouvoir journalistique vient avant de sa pluralité, avant son indépendance : un journaliste est trop complaisant avec le pouvoir ? un autre le sera moins et suscitera davantage l’intérêt du lecteur. Un journaliste est trop partisan, son message ne sera écouté que par ceux qui sont déjà convaincus. Au contraire des juges avec leurs dossiers, les journalistes sont rarement seuls à traiter une information. De plus, le pouvoir des juges est davantage liberticide que celui de la presse. D’où un besoin de règles plus fort pour encadrer le métier de juge. Quant à l’indépendance des avocats, indépendance vis à vis de quel pouvoir ?

    Commentaire par kuk — 22/05/2012 @ 22:39

  23. L’efficacité du contre-pouvoir vient avant TOUT de sa pluralité

    Commentaire par kuk — 22/05/2012 @ 22:39

  24. @araok : mourdiou !
    @ranide : je ne suis pas dupe de l’efficacité relative de ces règles. Il n’empêche. Cela me semble important d’avoir un cadre, qu’il soit respecté ou non est un autre sujet. Au moins est-on capable de constater qu’un dérapage est un dérapage, or dans la polémique Pulvar, ce qui saute aux yeux avant tout c’est l’incertitude dans laquelle on se trouve sur ce qui est acceptable ou pas. De fait, ce qui me dérange dans la profession, c’est la faiblesse de la réflexion sur ce sujet et l’absence d’instance collective susceptible de définir une ligne de conduite, fut-ce à titre purement indicatif. Il est vrai que les journalistes ont une perception un peu faussée de ces questions. Ils redoutent une atteinte à leur liberté dans l’édiction de règles communes ainsi qu’un risque d’intrusion dans leur travail. Cela me rappelle un peu les premières certifications ISO des cabinets d’avocats. Au départ, les avocats ont rejeté ce processus parce qu’ils craignaient que la certification s’insinue dans l’aspect qualitatif de leur travail, alors qu’il ne s’agissait que d’améliorer leur organisation, ce qui, au final, rejoignait la défense de leurs valeurs et l’intérêt de leurs clients. Par exemple de mettre en place les procédures internes nécessaires pour ne pas rater un délai de procédure.
    @kuk : comparaison n’est pas raison, je vous l’accorde. Un juge plus dangereux qu’un journaliste et donc plus encadré ? Sans doute. Je signale au passage que le code de déontologie des magistrats de l’ordre judiciaire est tout récent (deux ans, je crois). L’indépendance des avocats ? Intellectuelle, matérielle (les avocats ont longtemps rejeté le salariat et s’élèvent aujourd’hui contre le projet d’avocat salarié d’une entreprise), vis à vis du pouvoir toujours soupçonné par la profession de tentation liberticide etc…En ce sens, il existe beaucoup de points communs, en termes symboliques, entre avocats et journalistes. Les deux professions se vivent elles-mêmes comme des remparts contre l’arbitraire étatique. Elles partagent le même goût de la liberté et la même envie de la défendre. Bien entendu, je m’inscris là sur le terrain des symboles, mais allez visiter le site de RSF, vous y trouverez des raisonnements étrangement proches de ceux des avocats autour de la défense de la liberté. Et au fond, il n’y a pas beaucoup d’autres professions à la connaissance qui tiennent ce type de discours. La pluralité ? Bien sûr, mais où donc ? 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/05/2012 @ 23:26

  25. Mais tous les journalistes ont des opinions, la question c’est leur professionnalisme, pas une question de coucherie.

    Que pensez-vous de Fr3 qui vire un journaliste qui s’est trop ouvertement réjoui de l’élection de Hollande ?
    Est-il obligatoire d’être de droite pour travailler à la télé ?

    Et que dirons-nous de Ferrari placée par Sarko, de FOG et de ses sorties historiques, des directeurs de chaînes placés par Sarko ainsi que certains autres de ses fidèles etc. ? Ce n’est pas plutôt là le problème ?

    Qu’un journaliste ait des opinions, c’est inévitable, (vous même du reste il me semble…) la question c’est d’assurer la pluralité et non d’entre prendre une chasse aux sorcières… contre Pulvar, comme par hasard. Elle est seule à avoir des opinions politiques ?

    Evidemment, on ne voit que les opinions des autres.

    Commentaire par Schmilblick — 22/05/2012 @ 23:35

  26. J’ai reflechi a la question et je ne suis pas vraiment d’accords avec vous. La relation entre ces deux personnes cree bien je pense la presomption de perception de conflit d’interet. Mais je pense que demander a la journaliste en question d’abandonner son post et peut etres sa carriere me semble excessif. Il me semble preferrable de laisser a la journaliste en question l’opportunitee de defendre son independence par son travail. Si apres quelque mois, les soupsons persistent, il sera temps pour elle de demissioner. (ou si elle se montre tres partisanne on peu avancer la date) Mais je pense qu’il est plus juste de lui laisser l’opportunite de demontrer son independence. (tout du moins, j’attendrais la fin des legislatives pour voir si le conflit persiste)

    Je voulais aussi mentionner que la comparaison a un juge a une importance differente: Il s’agit en general d’une seule affaire pour le juge. Ici, on parle de demander a cette personne de faire un changement important dans sa carriere.

    Commentaire par PrometheeFeu — 23/05/2012 @ 02:23

  27. Un peu hors-sujet, quoiqu’on y parle de déontologie aussi et de justice : l’arrière chambre de la presse au Palais de Justice
    http://owni.fr/2012/05/22/larriere-chambre-de-la-presse/

    Commentaire par kuk — 23/05/2012 @ 08:46

  28. Personnellement, qu’il y ait accointances entre journalisme et pouvoir ne me dérange pas outre mesure. Sur le principe du moins ; ce n’est pas parce qu’on sort avec quelqu’un qui a des responsabilités politiques qu’on ne peut plus faire un travail décent. D’ailleurs, je n’ai rien contre le fait que les journalistes aient des opinions, ni qu’ils ne soient pas impartiaux. Mais qu’ils fassent un travail digne de ce nom! Je préfère (et de très loin) des journalistes qui prennent parti mais qui sont compétents à des journalistes qui respecteraient une déontologie mais d’une incompétence notoire.

    Commentaire par Ayoub — 23/05/2012 @ 10:02

  29. De l’inconvénient, pour une femme, de travailler, d’avoir une profession, d’avoir une tête et de s’en servir, elle devrait se soumettre à son mari et s’effacer devant lui, abandonner sa profession, rentrer au foyer, faire la bobonne et s’extasier devant ce que fait son mari.

    Sûr qu’il est plus facile d’être une pure image, une créature mediatique, un mannequin, dans le paraître et qui répète ce que dit son mari en disant que tout ce qu’il fait est merveilleux.

    Belle image de la femme moderne.

    Une fois encore, ce n’est vrai que pour Pulvar, on ne s’interroge pas sur les amitiés, relations, protections, complicités et je ne sais quoi encore, voire échange d’intérêts et de services ou conflits d’intérêts de Laurence Ferrari, David Pujadas et autres grandes figures du PAF. N’auraient-ils pas d’amis, de relations voire de protecteurs ?
    Quant à Ockrent, Kouchner, tout ça, en a-t-on fait pareille histoire ?
    Non c’est juste pour Pulvar. Trop intelligente sans doute. ça déplaît une femme intelligente à ceux qui détestent les femmes.

    De toute façon tous ont des opinions et avoir des opinions politiques ne nuit pas à un journaliste politique, bien au contraire, s’il est professionnel et intelligent.

    La question c’est la pluralité des journalistes d’opinions différentes dans les grands media audiovisuels. Pas certain qu’elle soit respectée.

    Commentaire par Schmilblick — 23/05/2012 @ 13:18

  30. La question c’est l’indépendance des media, leur liberté d’expression et le droit d’exprimer des opinions. En politique l’absence d’opinions est une illusion. qu’il existe une presse de gauche , de droite, comme ci, comme ça, et que l’audiovisuel aussi ait le droit de proposer analyses et critiques, y compris des opinions, que les journalistes puissent faire des enquêtes et investigations, c’est là l’important.

    C’est la cas de certains d’entre eux, marqués à droite ou à gauche ou chrétien ou sur des positions politiques telles ou telles et assumé, et c’est bien. C’est le cas de mediapart et pourtant vous en dîtes le plus grand mal. Pourtant ses enquêtes semblent assez fondées car elles aboutissent.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/23/bettencourt-la-piste-du-financement-illegal-de-l-ump_1705801_3224.html

    N’est-ce pas là pourtant la preuve qu’il existe une liberté des medias , qui est un bien précieux , garant de la démocratie et exerçant une surveillance sur l’exercice du pouvoir ? Cette vigilance est du côté de la liberté pourtant et illustre la notion de 4° pouvoir, que d’autres exercent aussi, cet élu écologiste de Grenoble qui a demandé par voie de Justice de pouvoir contrôler les comptes de l’Elysée… et qui a trouvé beaucoup d’anomalies.

    Faudrait-il y renoncer ?

    Et la direction de France Télévisions, qui a été critiquée pour son allégeance avec l’Elysée, qui met actuellement tous ses journalistes en ébullition aujourd’hui -menace de grève de ceux-ci- car elle prétend renvoyer Joseph Tual, pour ses opinions exprimées le soir du 6 mai, car il avait précédemment pris parti contre la nomination par Sarkozy du PDG de France Télévisions et donc de celle du directeur de l’info : pas besoin de coucher pour être partisan. Mais là il s’agit de la Télévision publique, pas d’un individu sur lequel on tape à partir de critères qui restent à démontrer comme étant valides (la conjointe d’un homme politique devrait renoncer à sa profession : cela mérite peut-être discussion ?).

    N’est-ce pas un peu plus sérieux que la Télévision publique soit sous contrôle du chef de l’Etat, du moins quand il s’appelle Sarkozy ? (Hollande a promis de mettre fin à ces nominations régaliennes).

    C’est un conseiller de Brice Hortefeux, un certain Geoffroy Didier, qui a lancé la cabale demandant la démission d’Audrey Pulvar. Il n’est peut-être pas inutile de le rappeler.

    Et dans la série boucs émissaires sur lesquels s’acharne la droite, pendant ce temps là, pour draguer les voix FN, l’UMP agresse Christiane Taubira présentée comme l’incarnation de ce que l’UMP appelle « l’anti-France » (!).
    Pour ceux qui ont quelque culture historique, encore une expression judicieusement choisie, après le « vrai travail », la « France éternelle », bientôt ils parleront des métèques pour illustrer cette « anti-France »…
    Mais bien sûr, toute ressemblance… ne serait que pur hasard et il faudrait vraiment avoir l’oeil ouvert et l’oreille fine, et surtout l’esprit mal tourné, pour y voir quelque rapprochement possible.

    Malheureusement pour cette comm. saumâtre,Taubira avait fait savoir en son temps que Sarkozy lui proposé d’entrer dans son gouvernement , au titre de l’ouverture à la diversité. Ce que se font un plaisir de rappeler aujourd’hui ceux qui ont conscience de la manip’

    On est loin des affaires de conjoints, mais ça semble être un peu plus lourd ces histoires là.

    A quand Pulvar et Taubira de retour à la maison pour qu’on ne voie plus leurs tronches ?

    Commentaire par Schmilblick — 23/05/2012 @ 14:22

  31. @Schmiliblick : deux commentaires, deux hors sujet, vous frisez le grand chelem, nous mettrons cela sur le compte de Roland Garros.

    @prometheeFeu :ça fait des mois qu’on teste, je trouve que le résultat est suffisamment édifiant. Au surplus, la question de l’indépendance réelle ne se pose pas, en tout cas pas sur le terrain d’une recherche de la bonne solution en termes d’éthique et de confiance du public dans les médias. L’apparence de connivence suffit en principe à la disqualifier. Avec élégance en plus puisqu’on ne lui reproche rien d’autre que de se situer objectivement dans une situation intenable, ce qui ne remet absolument pas en question ses qualités personnelles. Je ne vous propose pas ici une polémique, mais une méthode de raisonnement transposée de professions plus avancées que les journalistes sur le terrain de l’éthique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 16:27

  32. J’exerce une profession réglementée avec des exigeances très précises en matière d’indépendance. Le manquement envers ses obligations peut me conduire devant les tribunaux. Ces exigeances sont à la fois une contrainte mais aussi une force car elle renforce la crédibilité d’une profession, celle que l’on perd quand on est juge et partie.
    Ca me parait tellement naturel et tellement évident que je ne comprend pas qu’il y ait débat et surtout pourquoi il y aurait une exception à cette (bonne ) règle pour les journalistes.
    L’apparence d’indépendance est un concept juridique mais il est fondamental. En effet il est certain qu’être apparemment indépendant n’est pas une garantie que vous l’êtes réellement. A contrario, si vous ne prenez même pas la peine de paraître indépendant, alors cela signifie à coup sûr que vous ne l’êtes pas et c’est la porte ouverte à tous les déordements et tous les excès.

    Ce ne me gêne pas qu’Audrey Pulvar garde son poste chez Ruquier, mais alors qu’elle rende sa carte de presse.

    Commentaire par Patrickc — 23/05/2012 @ 16:29

  33. @Patrickc : merci, je commençais à me sentir un peu seule 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 16:39

  34. Deux hors sujet ? merci maîtresse. Vous parlez bien d’indépendance et de connivence il m’avait semblé …

    Le féminisme de ces remarques, me surprend, qui veulent qu’une femme soit soumise à son mari/conjoint au point de ne pouvoir avoir une profession à elle ni sa propre responsabilité professionnelle. Impossible qu’elle ait éventuellement une tête à elle et ses idées, et donc ne puisse être forcément qu’une cruche à la tête vide au point de ne pouvoir que défendre la cause du dit mari et de l’encenser dans les media ! Laissez ça à Carla, riche désoeuvrée.

    Mais vous pourriez reconnaître que Pulvar étant connue pour 1) être de gauche 2) en couple avec A.M. , les choses ont le mérite d’être claires. Que telle ou telle autre journaliste soit de droite, on ne lui demande pas avec qui elle vit, ni quelles sont ses relations. Devrait-on le faire ?
    Pour moi l’important est la pluralité, d’autant qu’elle est peu respectée à la télévision. Preuve : l’affaire que j’ai citée.

    Pourquoi Pulvar est-elle ainsi visée, personnellement, au fait ?
    [je répète : on n’a pas attaqué ainsi Ockrent quand Kouchner était ministre de Sarkozy]

    Parce qu’elle est la seule journaliste qui a osé faire allusion à Copé, en face, sur ses liens et connivences avec Takkiedine.

    Pourtant on ne supposera pas que tous les journalistes qui n’ont pas osé, couchent avec Copé.
    Quoique…

    Je blague 🙂

    Ce qui est en plein dans le sujet c’est la mauvaise foi et l’esprit partisan qui relient ce à quoi j’ai fait allusion : aussi bien pour le fait qu’on n’a pas attaqué ainsi Ockrent quand Kouchner était ministre de Sarkozy, aussi bien pour Taubira, et tandis que l’UMP se déchaîne sur Pulvar et Taubira, on a trouvé la cause du problème que nous poseraient, non pas les dénigrements de la sorte des hommes politiques qui pourrissent la vie politique, mais les media, à savoir qu’il est urgent de savoir qui couche avec qui.

    J’espère que les rapports sont plus visibles.

    Sinon je vous dirais que les conflits d’interêts, connivences et relations susceptibles de gravement biaiser et même censurer l’information, sont ailleurs. Les causes il faut les chercher dans la manière dont fonctionne le système des grands media audio, nominations des patrons, pressions sur les journalistes etc.

    Commentaire par Schmilblick — 23/05/2012 @ 17:04

  35. @Aliocha
    La limite à la comparaison avec d’autres professions qui ont des procédures d’encadrement de cette indépendance (Déclaration publiques d’intérêt, déclaration de non-conflit d’intérêt) repose dans la nature même de votre profession de journaliste. Pour aller au bout du parallèle, il faudrait, à chaque fois qu’un journaliste aborde un sujet, qu’il y ait analyse de son indépendance vis-à-vis de ce sujet !!
    Ca ne tient pas debout. Le journaliste a forcément des opinions politiques. Aucun journaliste ne peut garantir une quelconque objectivité sur quelque sujet politique que ce soit. Sauf à ne parler que de la rubrique des chiens écrasés (par un politique) de la commune de Wasquehal quand on habite Port-Vendres. Et encore.
    Je sais qu’Audrey Pulvar est de gauche. Et je suis libre d’écouter ce qui se dit quand elle interviewe JF Coppé. Et c’est en connaissance de cause que celui-ci accepte ou non de parler à Audrey Pulvar.

    Je suis beaucoup plus gêné par les partis-pris qui avancent masqués, que vous dénoncez d’ailleurs vous-même par ailleurs dans votre billet. Partis-pris majoritairement dans l’entreprise de décrédibilisation en Sarkozie, vous l’avez suffisamment dénoncé dans d’autres billets…

    Alors que pas besoin : le bilan est OBJECTIVEMENT très mauvais 🙂
    Croyez-en le centriste que je suis !

    PS : d’autres conseils de lecture SVP !

    Commentaire par Ginkgo — 23/05/2012 @ 18:00

  36. @Schmilblick : je vous signale que j’explique dans le billet que ce n’est pas un problème de féminisme. Evidemment, ce n’est que mon avis. Plus précisément, avec la grille de lecture que je propose – l’apparence d’indépendance – le fait que Pulvar soit une femme est sans intérêt.
    Sur Ockrent, elle est attaquée depuis qu’elle exerce ce métier. Ou presque. A tous les niveaux. La question Kouchner en devient presque accessoire. Mais vous pourriez vous souvenir de la réaction d’Anne Sinclair qui, sauf erreur de ma part, a su partir, elle.
    Pour le reste, vous avez un prisme politique tellemeent puissant – en plus sur le mode de la paille et de la poutre – que je ne vois pas comment nous pourrions, à défaut de nous comprendre, au moins nous entendre au sens premier du terme. D’ailleurs, il m’arrive de me demander si vous avez un prisme ou si vous ne choisissez pas plus simplement de venir militer. Allez savoir…

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 18:01

  37. @Aliocha : Convenons que la situation de Pulvar n’est pas confortable sur le plan symbolique. Je vous ai d’ailleurs déjà dit que l’interview par Pulvar d’une personnalité de gauche me posait plus de problème que celle d’une personnalité de droite. Sur le plan pratique aussi, un politique aura beau jeu de se défausser d’une question gênante en pointant cette situation ambivalente. Vous n’êtes donc pas toute seule !

    Mais ce pouvoir est d’entre les quatre celui qui doit jouir de la plus grande liberté pour pouvoir s’exercer, puisque c’est l’essence même de son pouvoir, il est donc plus difficile à encadrer. On peut vouloir proscrire déontologiquement les relations intimes entre personnalités politiques et journalistes, comme les psychiatres avec leur patient, ou les professeurs avec leur élèves, tout en sachant très bien que statistiquement ces relations existeront toujours à la marge. Ce ne serait pas inutile effectivement de tracer une ligne, mais qui devrait faire consensus, pour que tout le monde sache ce à quoi s’exposent ceux qui la franchissent. Sans consensus, les objections de Mediapart me semblent fondées, qu’on les aime ou non, ils participent de cette pluralité qui fait la force du journalisme et on ne saurait ignorer leur position.

    Tout ce qui peut renforcer le pouvoir du journalisme me paraît intéressant à étudier, même si cela revient à sacrifier temporairement quelques talents. Néanmoins, dans la hiérarchie des problèmes, celui de la qualité du travail fourni l’emporte, de mon point de vue, largement sur celui de l’indépendance.

    Commentaire par kuk — 23/05/2012 @ 18:08

  38. …pour les journalistes (je n’aurais pas le même jugement pour les juges).

    Commentaire par kuk — 23/05/2012 @ 18:11

  39. Bonsoir Alochaa
    Billet trés intéressant. comme d’habitude.
    Pour le redressement productif c’est comme le Viagra si je pius me permettre.
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 23/05/2012 @ 18:28

  40. Un conseil : faites comme moi, ne regardez pas la télé.
    La télé croit donner de la réalité une image juste, dans la « télé-réalité » elle va même jusqu’à confondre image et réalité, mais cette image est fausse, mensongère. Il y eut les iconoclastes, qui voyaient les images comme autant de mensonges, et voulaient donc les détruire. Le temps n’est-il pas venu des téliconoclastes ?…
    Cette proximité troublante entre personnel médiatique et personnel politique n’est-elle pas une manifestation de cette éternelle tentation de confondre la réalité avec l’image qu’on s’en fait ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 23/05/2012 @ 21:56

  41. @Gabbrielle : c’est une vieille amie, je n’en attendais pas moins d’elle 😉 nous avons débuté dans le même petit canard juridique il y a près de 20 ans…

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 23:22

  42. @laplumedaliocha:

    Je n’ai pas suivi la campagne d’assez pret pour avoir une opinion sur l’independence de cette personne. Mais il me semble que si le probleme est de resoudre l’apparence de connivence il y a deux facons de le faire:
    1) La personne ayant un conflit d’interet se retire de la sitation.
    2) On demontre que malgres le conflit d’interet, la personne reste independente.
    Dans les deux cas les apparences sont sauves. Bien sur l’option 1 est beaucoup plus rapide et efficace. C’est pourquoi il est logique de l’appliquer dans les courts et cabinets de psychiatrie. Il s’agit de se dessaisire d’un dossier ou de refuser 1 patient. Mais ici, on parle de demander a cette personne d’abandonner sa carriere. Cela me semble beaucoup demander pour preserver les apparences alors qu’on pourrait demontrer que les apparences sont ici trompeuses.

    Commentaire par PrometheeFeu — 23/05/2012 @ 23:23

  43. @Gingko : j’ai fini hier soir « jusqu’à ce que la mort nous unisse », excellent, je commence le dernier « Terminus Elicius » ce soir…du coup, vous en m’en voudrez pas de vous laisser 😉 en parallèle, je lis « Contre la pensée unique » de Claude Hagège, passionnant, dans un autre genre (l’hégémonie de la langue anglaise et le formatage des esprits consécutif par la culture anglo-saxonne). Demain matin, je parlerai d’un autre livre… (teasing)

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 23:26

  44. @laplumedaliocha

    Aussi, vu le manque d’independence des journaux en general, (ce dont vous nous parliez il y a peu de temps) il me semble malvenu de demander a cette personne de se sacrifier pour ce qui serait une operation de com’ trompeuse: « Regardez nous, meme l’apparence de manque d’independence nous est inacceptable. Vas y Hollande! Sarko facho! »

    Commentaire par PrometheeFeu — 23/05/2012 @ 23:28

  45. @Gabbrielle : elle aussi est juriste et elle aussi est formatée par la presse spécialisée. Comme quoi…on peut reprocher à ce type de presse une excessive proximité avec l’objet de son étude, il n’empêche que sur certains sujets, elle témoigne d’une rigueur dont certains pourraient s’inspirer…

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 23:30

  46. Bon sur ce, mon polar m’appelle… 😉 pardon à ceux à qui je n’ai pas répondu, on en reparle demain

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/05/2012 @ 23:31

  47. bon, ben les 4 femmes de ministres, y compris Valérie Trierweiller, femme de président ne s’occuperont plus de politique. Est-ce suffisant ou doivent-elles démissionner de leur profession ?

    Et Zemmour quand il fait ses éditos, on se demande d’où viennent ses idées et s’il est objectif ? http://leplus.nouvelobs.com/contribution/557079-quand-eric-zemmour-accuse-christiane-taubira-de-s-en-prendre-aux-hommes-blancs.html

    Commentaire par Schmilblick — 24/05/2012 @ 17:38

  48. oui elle doit démissionner! Pourquoi? Parce que c’est Arnaud qui affirme que la compagne d’un politique ne peut pas présenter d’émissions. Ah oui j’oubliais ce n’était valable que Mmes Okcrent et

    Commentaire par Limonet — 24/05/2012 @ 17:59

  49. Pour ma part, je regrette Audrey Pulvar sur France inter en particulier quand elle faisait part de ses coups de cœur littéraires. C’était très intéressant et j’ai découvert de nombreux livres et auteurs grâce à elle. En revanche, je ne l’apprécie pas sur France 2 quand elle doit rendre compte des bouquins imposés par l’émission qui n’ont aucun intérêt littéraire. De là à ce qu’elle démissionne, je ne suis pas d’accord: pourquoi les femmes doivent -elles toujours sacrifier leur carrière pour leurs hommes? Ou bien alors, qu’elle anime une émission littéraire, elle en la les possibilités.

    Commentaire par lulu14 — 24/05/2012 @ 20:18

  50. @Limonet:

    Celui qui ouvre sa bouche n’engage que lui.

    Commentaire par PrometheeFeu — 24/05/2012 @ 20:36

  51. J’ai une question a la journaliste que vous êtes.

    Est ce que c’est Pulvar qui a raison d’arreter son émission ou la « premiere dame » qui veut continuer d’etre journaliste ?

    N’y a t il pas de risque de conflit ou autre ?

    Je pose la question car je n’ai pas l’impression que ca choque les gens qu’elle continue son métier… qu’en pensez vous, vous qui etes dans le milieu ?

    Commentaire par Lisa — 02/06/2012 @ 13:10

  52. Prices drop

    Où l’on reparle d’Audrey Pulvar | La Plume d’Aliocha

    Rétrolien par Prices drop — 13/02/2015 @ 16:16

  53. AUTODEKOR s.r.o. 3M Armatur Design Cockpit Dekor

    Où l’on reparle d’Audrey Pulvar | La Plume d’Aliocha

    Rétrolien par AUTODEKOR s.r.o. 3M Armatur Design Cockpit Dekor — 13/02/2015 @ 18:12


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