La Plume d'Aliocha

15/05/2012

Le syndrome du tapis rouge

Filed under: questions d'avenir,Réflexions libres — laplumedaliocha @ 21:56
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Autorité des marchés financiers, Place de la Bourse, Jour Un de la Hollandie, 9 heures du matin.

« Vous n’avez pas eu de problème de transport ? » me demande avec gentillesse la jeune femme qui m’accueille pour la première conférence de presse du jour. Interloquée je demande :« Non, pourquoi ? »  avant de me souvenir…le jour du Sacre, couplé à celui du départ pour Sainte Hélène. Bon sang, pour un peu j’allais oublier le H Day !… »Eh non, il n’y a pas d’embouteillage dans le métro ! «  réponds-je avec un sourire.  Et même pas de station fermée sur la ligne 3 qui m’a amenée directement ici et qui a la sagesse de se tenir éloignée de l’Elysée, des Tuileries et de tous les autres hauts lieux monarchiques. A l’exception bien sûr de mon petit royaume à moi, perché dans les nuages, où je vis cachée parce que c’est ainsi qu’on est heureux. La conférence commence, et hop, d’entrée de jeu on nous promet que nous serons sortis à temps pour assister à l’Evénement. Mes confrères du Revenu regardent ceux des Echos qui interrogent ceux de La Tribune du regard… Aucun d’entre nous n’a prévu de se laisser entrainer par son insatiable curiosité de ce côté là, ce matin.

La liste des trains qui arrivent à l’heure

Il est vrai qu’on nous a annoncé un président « normal », or pour nous, les journalistes, la normalité en principe ce n’est pas notre affaire. Tout au contraire, nous sommes des spécialistes de l’exceptionnel. Et pour cause. Quel lecteur s’intéresserait, en ouvrant son journal ou en allumant son écran, à la longue et ennuyeuse liste des trains qui sont arrivés à l’heure ?  Et pourtant…De retour au bureau, je ne parviens pas à échapper aux commentaires en live de l’Evénement, c’est partout sur le web, on ne parle que de ça. Le top de Google news, le hashtag de Twitter, la Une de ma messagerie SFR, la passion d’un nombre incroyable d’indésirables s’obstinant à m’envoyer des mails non sollicités. Un déluge. Internet le rebelle s’est changé soudain en média mainstream…Misère et déréliction. Le web commente la télévision qui commente l’Evénement.

Je zappe. Ma décision est prise : je ne visionnerai aucune vidéo, ne lirai aucun article, ni commentaire. Hélas, j’ai beau faire tous les efforts du monde, je n’échappe pas  au tapis rouge. Il est partout, à croire qu’il vole comme dans les contes orientaux. J’ai même droit au son : des hélicoptères sillonnent le ciel sans relâche au-dessus de mon bureau. De l’inconvénient de travailler entre l’Elysée et les Tuileries. Je crois comprendre que Hollande 1er a souhaité une cérémonie simple. D’ailleurs,  ses enfants seront absents, songez donc !  A chacun sa définition de la normalité. Pour Hollande visiblement, la normalité c’est un creux, un vide, une abstention ; dans les cas aigus, un contraire. Dieu seul sait où ça va l’emmener…

Un peu de vin coupé d’eau

Quant à mes confrères, ils m’épatent. Produire autant de sons, d’images, de commentaires, de films sur un personnage normal. Vous me direz, au bout de cinq ans de sarkozysme, la normalité est en quelque sorte devenue exceptionnelle. Je sais, on peut toujours tout plaider, à commencer par une chose et son contraire. C’est l’enfance de l’art…. Il n’empêche, à voir tant d’énergie et de moyens concentrés sur si peu de chose, je songe que nous sommes définitivement coincés dans l’ère du voyeurisme. Car voyez-vous, voir aujourd’hui, c’est savoir ! Un homme marche sur un tapis, tandis qu’une voix off nous explique qu’un homme marche sur un tapis. Voilà de l’information, de la vraie, coco. Cette information-là m’écoeure à la manière d’un verre de vin coupé d’eau.  Pour moi ce sera une vodka, merci. J’éteins mon écran en songeant que, comme d’habitude, les incroyables moyens mobilisés non stop sur du rien auraient pu être tellement mieux utilisés ailleurs.

Le paradoxe est d’autant plus désespérant que nous les journalistes, nous savons bien que nous ne pouvons plus faire notre métier depuis longtemps. On manque de tout et l’on en souffre tous les jours. Au point qu’il m’arrive de rêver d’avoir trois cerveaux, six bras et six jambes pour traiter le nombre infini de sujets qui m’échappent dans ma toute petite spécialité. Et même, soyons fou, pour creuser, vérifier, aller plus loin et, qui sait peut-être, informer ?  Seulement voilà, tout va trop vite. Sans compter que le temps, c’est de l’argent. Et l’argent, on en manque.  Pour en gagner un peu, juste de quoi survivre et faire semblant d’exercer notre métier, nous devons nous concentrer sur ce qui va plaire. En tout cas c’est ainsi que l’on pense du côté des gens qui nous dirigent. Il faut donc filmer et commenter, jusqu’à l’écoeurement, un homme normal en costume gris qui marche sur un tapis rouge sans début ni fin.

J’ai entendu dire qu’après cinq ans de sarkozysme, les médias ne commettraient plus les mêmes erreurs, qu’ils avaient compris. Sans doute, mais compris quoi, au juste ?

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58 commentaires »

  1. Bonsoir
    la France a l’Hollandaise!
    Premier jour au pouvoir et la bourse tombe de 500 points!
    Pas mal pour un premier jour de travail!
    Surtout inquietez vous, car ce sont vos retraites et vos economies qui plongent.

    Commentaire par Richard Fitoussi — 15/05/2012 @ 22:34

  2. Les médias ne commettraient plus les mêmes erreurs ? Mais pourquoi donc ? Et d’ailleurs, en ont-ils fait, des erreurs ? Ils ont fait du people et du grandiose avec Sarkozy arrivant au pouvoir: d’abord dithyrambique, puis comique, puis romantique, en finissant par le tragique. Ça s’est vendu: il n’y avait donc pas d’erreur dans l’approche. Ils vont faire du people et du grandiose avec Hollande, mais du grandiose normal, hein, pas du grandiose exagéré, faut pas confondre. Et ça se vendra. Faut-il voir une erreur là-dedans ?

    Commentaire par gwynfrid — 16/05/2012 @ 07:04

  3. @ Richard Fitoussi :

    Cela n’a, bien entendu, strictement aucun rapport avec la Grèce -qui m’inquiète sans doute bien plus qu’un Président qui n’a pas encore commencé à présider véritablement-.

    Commentaire par Flash — 16/05/2012 @ 07:17

  4. Richard Fitoussi ferait bien de se renseigner sur la cause réelle de la chute boursière imputable à la situation grecque.
    Elle baisse depuis assez longtemps quand même pour éviter ce genre de contre-propagande destinée à distiller la peur en vue des législatives.
    Un peu de pudeur face au bilan Sarkozien et souhaitons que les journalistes fassent un peu moins de politique et plus de pédagogie

    Commentaire par scaramouche — 16/05/2012 @ 07:48

  5. @Gwynfrid : eh bien disons que si le journalisme, en particulier politique, était une activité commerciale ordinaire, il n’y aurait en effet aucune erreur à déplorer…Quoique, même en se plaçant sur un terrain strictement commercial, je crains que la démarche ne soit pas tout à fait judicieuse 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 10:02

  6. @lapllume

    le journalisme est mort, par la main des éditorialistes et des patrons de presse. Il reste quelques journalistes qui survivent de ci de là dans l’indifférence (et parfois le rejet) des autres. Mais il n’y a même plus moyen de changer de cap, il faut construire un nouveau radeau, pour ceux qui peuvent/veulent.

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2012 @ 10:19

  7. Ne dit-on pas qu’il faut sortir d’une addiction grave par un sevrage progressif, le manque brutal et prolongé pouvant achever le malade?
    Ce n’est pas de l’eau dans votre vin qu’il faut boire, c’est quelques verres d’eau intercalés dans une marée de mauvais pinard… jusqu’à ce que vous retrouviez le goût d’un vin digne de ce nom.
    A notre santé

    Commentaire par Denis Ducroz — 16/05/2012 @ 10:25

  8. Autre point de vue que je risque, bien que n’étant pas du sérail journalistique :
    Cette « journée républicaine » comme on nous l’a vendue jusqu’à la nausée sur tout le PAF, n’est-elle pas justement une pause dans l’agenda politique. Changement de joueurs, changement d’équipe, changement de côté : le match va pouvoir reprendre après ça.
    Du coup, si on est intéressé par cette phase de changement de joueurs, on regarde ça pour s’occuper. Et si on n’est pas intéressé, on va faire un footing avec NS au bois de Boulogne.

    Mais vous avez quand même certainement raison sur votre appréciation sur la débauche de moyens pour relater ce passage, qui seraient certainement plus utiles à la couverture de sujets moins futiles.

    Commentaire par Ginkgo — 16/05/2012 @ 11:18

  9. les équipes de cameramen et reporters faisant du « direct » pour les media audiovisuels, font de la réception passive, ils ne font que capter des images avec du remplissage audio de sorte qu’ils commentent les événements, quels qu’ils soient, comme des événements sportifs (attention plus que 2 minutes… je vois la voiture s’approcher… machin truc devant et chose machin derrière…etc.)

    les journalistes de la presse écrite qui analysent, plus ou moins, cherchent un sens et cherchent à donner du sens à l’événement, ne font pas le même métier

    ce que vous critiquez, c’est l’audiovisuel ? la place de l’image dans les media ? le direct ?

    Pour ce qui est d’apprendre, avec le remplacement de Sarkozy par Hollande , les media audiovisuels ne peuvent qu’apprendre qu’il n’ont désormais plus à faire à si bon client mediatique et mediatisable, et qu’il y a un changement de style qui ne les nourrira plus comme avant. Rien de plus. Mais ils seront toujours à l’affût, à l’identique. Par définition.

    La politique n’est pas obligée de se régler sur leurs aspirations

    Commentaire par Schmilblick — 16/05/2012 @ 11:43

  10. @herve_02 : eh bien vous êtes joyeux ce matin ! En fait, je pense le contraire, le journalisme est loin d’être mort, il est simplement enseveli sous des tombereaux de conneries…

    @Denis Ducroz : il n’est pas venu le jour où je mettrai de l’eau dans mon vin 😉

    @gingko : et depuis quand les lecteurs ici n’ont pas le droit d’émettre un avis sous prétexte qu’ils ne sont pas journalistes ? Manquerait plus que cela ! Je ne fais que proposer des sujets de débat, rien de plus. Oui, c’est une pause, mais bon sang, elle est vachement bruyante…

    @schmilblick : je critique l’overdose d’images et de commentaires oiseux sur une cérémonie qui mériterait au mieux quelques séquences phares avant de passer au reste de l’actualité. Panem et circenses…

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 12:24

  11. Aliocha, je ne crois pas que les gens qui décident où se braquent leurs projecteurs soient stupides. S’ils nous vendent une soupe aux people, c’est parce qu’ils savent que nous allons l’acheter. Dans le cas de la politique, elle se vend, aussi, à cause du vieux réflexe monarchique français. Il nous faut un substitut de roi, et l’élection du président au suffrage direct nous en fournit un. Sur ce point crucial, les Français tiennent absolument à continuer ainsi. Le reste en découle naturellement.

    Je crois, aussi, que cette personnalisation est l’une des raisons pour lesquelles les Français s’intéressent à la politique plus que la plupart des autres nations.

    Commentaire par gwynfrid — 16/05/2012 @ 12:47

  12. @laplume

    le journalisme c’est un émetteur (le journaliste), un média (no comment), un récepteur (le lecteur). Qu’il reste des personnes qui puissent revenir au journalisme avec des efforts et une cure de désintox, je peux vous l’accorder. Mais le récepteur n’a plus confiance dans le média.

    La confiance, c’est facile à perdre et très difficile à gagner. Alors bien sûr de nombreuses personnes peuvent penser que le journaliste pourra se refaire une santé avec les affaires sarko qui vont pouvoir sortir, mais ca ne changera pas le font du problème : ce que nous voulons savoir c’est pourquoi le président actuel à laisser passé le MES qu’il « semble » critiquer, pourquoi il a voté la modif constitutionnelle qui a permis de signer lisbonne dont personne voulait et il suffit de regarder aujourd’hui ce que lisbonne et nice avant lui ont fait de l’europe : des peuples en train de crever que dépècent les financiers. C’est d’expliquer que les 2 parties au pouvoir en grèce (ps+ump) donnent leurs résultats ensemble parce qu’ils sont débordés, plutôt que d’expliquer que le fn arrivent au pouvoir (6%)

    C’est ça le journaliste et il est mort : il n’est pas enseveli sous des conneries (tapis rouge ou baisez utile) : il n’y a aucun média de masse qui peut sortir ses infos parce que le journalisme est devenu au fil du temps un supplétif du pouvoir qui « lâche » de temps en temps un fusible pour donner un peu de relief au feuilleton insipide. Le média est devenu un outils de propagande contre le président ou pour le président, mais jamais, au grand jamais il ne critique le système qui broie de l’individu aussi facilement que la meule fait de la farine avec un grain de blé.

    le journalisme est mort. Maintenant oui la presse retrouvera probablement des moyens de vivre en trouvant un nouveau business model (les magazines pornos se vendent bien), mais le journalisme, lui ,est mort. Il ne pourra renaître de ses cendres que dans un véritable combat et dans un nouveau modèle de société.

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2012 @ 12:52

  13. Un mariage aujourd’hui, je ne sais pas si vous avez remarqué, c’est d’abord et avant tout la fête, toute païenne, qui le suit. Le mariage lui-même est quasiment escamoté, réservé à quelques intimes.

    Hier, pour l’intronisation du nouveau président, c’était un peu la même chose : le rituel proprement dit, à l’Elysée, avec la proclamation du résultat par le président du conseil constitutionnel et la remise à l’élu, en guise de sceptre, du grand cordon de la légion d’honneur, n’a que très peu retenu l’attention. C’était l’essentiel pourtant. Mais une importance démesurée a été donné à tout le reste, de la marque de la voiture transportant F. Hollande au nombre de ses changements de costume…

    Dans les deux cas se manifeste un recul de la raison. Nous ne croyons plus en ce que nous faisons, alors il nous faut du bruit et de l’excitation.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 16/05/2012 @ 12:55

  14. @gwynfrid

    « Sur ce point crucial, les Français tiennent absolument à continuer ainsi.  » euh vous avez le résultat d »un sondage que l’on ne connaît pas ? ou c’est le sens du vent au doigt mouillé…

    on peut reformuler  » sur ce point crucial le système à décidé que ca devait continuer ainsi » ….

    Commentaire par herve_02 — 16/05/2012 @ 12:55

  15. Bonjour,

    Mais que faire, alors ?

    Qui décide ?

    pourquoi toujours les mêmes informations rabâchées ?

    J’ai bien une idée : en fait, ce sont celles qui ne coûtent rien ou pas grand-chose qui sont privilégiées (il fait trop chaud, il fait trop froid, c’est le bac, y’a pas de neige dans les stations de sport d’hiver, la neige est arrivée, a l’Elysée, à Matignon, au palais-Bourbon, à ….; rien ne se passe mais si y’a quelque chose, je vous en avertis, les soldes ont commencé, les soldes sont finis mais les commerçants sont déçus, ad libitum.

    vive la presse écrite !

    Commentaire par utile baron — 16/05/2012 @ 13:48

  16. Bonjour Aliocha,

    je suis assez d’accord avec vous sur le cirage de pompes auquel on assiste depuis quelques jours de la part des medias. En revanche j’ai un peu de mal comprendre ceci :

    > A chacun sa définition de la normalité. Pour Hollande visiblement, la normalité c’est un creux, un vide, une abstention ; dans les cas aigus, un contraire. Dieu seul sait où ça va l’emmener…

    Y a-t-il moyen d’argumenter sur ce point ? Histoire d’alimenter le debat, voici ce qu’ecrit P.Bilger a ce sujet (qui, il me semble, n’est pas vraiment un courtisan) :

    > La normalité, c’est d’être un homme parmi les hommes et de ne se sentir distingué que par l’élection qui est un honneur et non pas une licence. La normalité, c’est fondamentalement une présidence qui sera un service. Un président normal, c’est simple. On commence déjà à voir ce que François Hollande entendait par là.

    Je pense que vous faites (volontairement ?) un contre-sens enorme sur l’idee de presidence normale lorsque vous ecrivez :

    > pour nous, les journalistes, la normalité en principe ce n’est pas notre affaire. Tout au contraire, nous sommes des spécialistes de l’exceptionnel. Et pour cause. Quel lecteur s’intéresserait, en ouvrant son journal ou en allumant son écran, à la longue et ennuyeuse liste des trains qui sont arrivés à l’heure ?

    Voici ce que vous repond (une fois encore) P.Bilger :

    > Rien n’a été plus ridicule que cette polémique inepte qui, feignant de ne pas comprendre ce qui était signifié par « normal », prétendait opposer les missions exceptionnelles de la charge suprême aux dispositions « normales » d’un caractère et imposer à ce dernier une singularité.

    Bien a vous

    Tryphon

    Commentaire par professeurtournesol — 16/05/2012 @ 14:04

  17. « répondè-je » ou « répondé-je »

    Commentaire par gf — 16/05/2012 @ 15:00

  18. @ herve_02: Quelques faits: l’élection du président au suffrage direct a été adoptée par référendum, à une large majorité. Cette élection est, depuis toujours, celle qui obtient le plus de participation, et de loin. Personne ne propose de remettre son principe en cause, même pas M.Montebourg dans ses propositions pour une VIe République. Et c’est tellement consensuel qu’on ne prend même pas la peine de poser la question dans des sondages.

    Ces faits me semblent une base assez solide pour affirmer que les Français tiennent à conserver ce qu’on a appelé « la clé de voûte des institutions ». Si vous souhaitez avancer le contraire, quels sont les éléments factuels à l’appui de votre opinion ?

    Commentaire par gwynfrid — 16/05/2012 @ 15:24

  19. @gf : honnêtement, je n’ai pas cherché à être grammaticalement correcte sur ce coup-là mais à chahuter un peu la langue. Pour l’orthodoxie, j’ai tendance après une recherche rapide à faire confiance à ce commentateur qui cite Grévisse : http://www.neoprofs.org/t9313-reponds-je-verbes-de-parole-dans-dialogue-au-present

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 15:37

  20. @gf et Laplume (la plumè-je ?)

    « que ponds-je, que ponds-je? »
    Le dernier mot qui m’a servi était ponds-je

    Commentaire par Ginkgo — 16/05/2012 @ 16:37

  21. @Professeur Tournesol : à mes yeux, le concept de normalité est totalement absurde. Il ne prend sens que dans le rapport à Nicolas Sarkozy considéré comme un être « anormal », et dans ce seul contexte, au demeurant très discutable. Extrayez le concept de normalité appliqué à Hollande de son rapport avec un Sarkozy « fou » et il devient absurde. Au regard des valeurs de la gauche par exemple, qui réfute le terme de normalité comme une forme de tyrannie et de machine à exclusion (avec raison). Citons au choix les homosexuels, les étrangers, les chomeurs, les étrangers parmi ceux qui peuvent être victimes de l’idée de « normalité ». Au regard de la politique ensuite, où la notion de normalité n’a pas de sens dès lors que la fonction présidentielle est par définition exceptionnelle. Au regard de la psychologie et de la psychiatrie qui ne me paraissent pas être en mesure de définir une normalité. Au regard de notre histoire qui n’a jamais connu de dirigeant « normal ». A titre personnel enfin, la notion de normalité me fait frémir. Si être normal, c’est appartenir au public que ciblent les publicitaires pour vendre au choix un yaourt, une bagnole ou une lessive, alors dieu fasse que je ne sois jamais normale. En tout cas je m’emploierai de toutes mes forces à ne jamais le devenir 😉
    Bref, nous sommes ici dans le plus pur storytelling de campagne électorale.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 16:39

  22. Aliocha, il n’a jamais été question, dans la bouche de François Hollande, de considérer Sarkozy comme un être anormal ou fou (laissons cela à Jean-François Kahn, voulez-vous ?). « Je serai un président normal » se comprend bien entendu par contraste avec son prédécesseur: un président qui a exercé son mandat de façon anormale, en rupture avec la pratique traditionnelle, et avec l’idée que la grande majorité des gens se fait du rôle du président. En tout cas, c’est ainsi que les Français en ont jugé, dès 2008. Hollande n’y est pour rien.

    Sur la fonction: le président a une fonction exceptionnelle par rapport aux autres fonctions; mais pas exceptionnelle par rapport à ses prédécesseurs. Le seul président exceptionnel que nous avons eu sous la Ve était de Gaulle:d’abord parce qu’il a créé la fonction, et ensuite parce que les circonstances de son arrivée au pouvoir étaient celle d’une crise à côté de laquelle nos petites difficultés du moment ne sont que du pipi de chat.

    Sur le storytelling: que son adversaire se soit servi des erreurs de Sarkozy pour mettre en valeur sa différence, bien sûr que c’est une technique de campagne. Une campagne normale.

    Commentaire par gwynfrid — 16/05/2012 @ 16:58

  23. @gwynfrid : tsssssss, « classique » conviendrait éventuellement à ce que vous évoquez, je maintiens que « normal » est absurde. Pur marketing politique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 17:02

  24. La prise de fonction par Hollande, ce sont aussi certains discours, qui ont un contenu, et des choix en acte qui ont un sens. Le rôle du journaliste n’est peut-être pas de les zapper pour s’étonner que la TV retransmette des images, qui en l’occurrence, pour les cérémonies elles-mêmes, sont des symboles… sachant que la destruction des symboles et du symbolique institutionnel par Sarkozy pendant 5 ans, on en a eu notre dose.

    Un peu facile de dire je ne veux pas voir, je veux rien regarder ni entendre, pour ressortir le couplet de la comm. et du marketing, comme si le Président ne devait pas envoyer des messages et donc communiquer et comme si ces messages étaient vides de contenu.

    En tout cas, il y a une bonne partie des Français, une majorité sans doute, pour qui c’est « message reçu ».

    Commentaire par Schmilblick — 16/05/2012 @ 18:09

  25. Pourquoi ne pas se focaliser sur les discours du jour : l’intronisation et jules Ferry ?
    Mais qui pratique encore le commentaire de texte ?

    Commentaire par fultrix — 16/05/2012 @ 18:13

  26. Et pendant que nous étions abreuvés de Cecilia, Carla, Rachida, villas, palais, jet privé, frais somptuaires et tout le reste, plus les fils, ce qui, pour la 1° fois est sorti de la presse people et a envahi les media avec la complicité de la présidence narcissique de l’impétrant, a-t-on prêté suffisamment attention au fait que depuis 2007, la France est passée de la 31ème à la 44ème place du classement de Reporters sans Frontières pour la liberté de la presse et qu’elle serait le premier pays européen pour les perquisitions dans les rédactions et les mises en examen de journalistes, ou placés en garde-à-vue, sans parler des plaintes en Justice du Président himself ?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9_de_la_presse

    Commentaire par Schmilblick — 16/05/2012 @ 18:46

  27. Réponse a flash
    Je suis renseigne Mai 2011 CAC 40 a 4000 aujourd’hui 3072 25% des valeurs disparut cela devrait vous donner un creux dans vos épargnes ou votre retraite.
    Ce n’est plus la Grèce qui inquiète car son sort est déjà règle par les investisseurs. Ils n’ont aucun choix que d’accepter les pertes avec amertume. Cela dit les intérêts vont grimpes, et Hollande sera blâmé comme Sarcozy. De retour au NORMAL.
    Une chute boursière est un symptôme des changements politiques et économiques de la France et autres pays, donc très inquiétant, dans l’incertitude on vend et on déplace les fonds dans un climat financier favorable. Sans investisseurs, pas de croissance, donc augmentation du chômage, et pour bonnes mesures les taux d’intérêts montent, engendrant l’inflation.
    Savez vous que les allemand sont tres allergique a l’inflation, les idées économiques divergentes entraineront l’effondrement de l’Euro, et le retour aux devises du temps passe vont couter tres cher aux contribuables car ce sont toujours les contribuables qui payent car le gouvernement c’est vous (le citoyen) donc cesser de faire de l’abstrait académique et revenez a la réalité.

    Commentaire par Richard Fitoussi — 16/05/2012 @ 19:04

  28. « Syndrome du tapis rouge ». N’est-ce pas aussi une sorte de syndrome « start-up » qui touche le journalisme ?
    A l’image des entreprises qui ont préféré se lancer sur des marchés « superficiels » et mais en plein essor, avec à priori plus de potentiel de rentabilité à court terme et surtout moins de risque.
    Bref, le journalisme préfère le scoop facile, rapide, pas cher et qui peut rapporter gros plutôt que l’inverse !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 16/05/2012 @ 19:23

  29. Bonjour Aliocha,

    Vous dites que vous trouvez dommage qu’on commente tant un sujet somme toute si banal, qu’on en parle trop. Mais n’est-ce-pas précisément ce que vous venez de faire? Pour le critiquer certes, pour le déplorer à juste titre mais en quoi, de fait, n’avez-vous pas, par ce billet, participer à l’engouement médiatique, à la dernière mode du jour?
    Et les billets qu’ils suscitent… n’est-ce pas là parler d’un sujet qui n’aurait pas tant dû attirer notre attention?

    Commentaire par Ayoub — 16/05/2012 @ 19:41

  30. @Schmilblick : mon propos n’est pas anti-Hollande, il est anti-traitement-médiatique-de-la-prise-de-fonction-de-hollande, c’est très différent et je suis d’accord avec Fultrix, les discours me paraissent plus importants que les tapis…C’est pas l’ouverture du festival de Cannes, c’est une prise de fonction.

    @Richard Fitoussi : sans sous-estimer l’importance des marchés, permettez-nous de ne pas vivre à leur botte. Il y a un juste milieu entre l’obéissance aveugle et le mépris imbécile.

    @OdS : mon pifomètre m’indique que c’est une tendance générale de la société, le fric facile. On la retrouve dans tous les métiers et dans toutes les branches d’activité. La finance et les médias ont ceci de commun qu’ils sont toujours à la pointe des conneries, question de positionnement 😉 les deux souffrent de la même tentation de l’instantanéité, de la même réactivité un brin hystérique, de la même tentation diabolique de prévoir l’avenir. Les deux sont des leviers à faire basculer le monde…

    @Ayoub : c’est l’éternel problème de la communication médiatique. En critiquant les médias, vous participez à l’amplification du phénomène médiatique. Entre nous, j’ai écrit ici depuis le début de la campagne à peine 5% de ce que je voulais écrire, pour ne pas céder totalement au tourbillon infernal. Il faut croire que même quand on a conscience du danger, on ne peut pas s’empêcher de s’y brûler 😉 en cadeau, une vidéo qui remet tout à sa place : http://www.rtl.fr/actualites/sport/article/surf-garrett-mcnamara-sur-la-plus-haute-vague-du-monde-7748063964

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/05/2012 @ 20:49

  31. La plume
    Ce n’est pas une question de suprématie financière, les citoyens riches ou pauvres dans le monde entier investissent leurs épargnes personnelles avec des instrument créer par les banques et compagnies d’assurances, ceci crée les marchés financiers, il faut s’enlever de la tête que il n’y a que des riches dans le system , les agences financières font leur travail en protégeant leur clients riches ou des beaucoup moins riches, le mieux qu’ils puissent faire donc si il le faut, déplacement de fonds dans des climats plus propices.
    Pourquoi ignorez-vous les conséquences ? Du mal à digérer ?
    Rappelons à tous que l’argent est un outil qui fait fonctionner toutes sociétés civilisées, a moins que vous désiriez revenir au system d’échange de l’âge de pierre !

    Commentaire par Richard Fitoussi — 16/05/2012 @ 21:31

  32. « Citons au choix les homosexuels, les étrangers, les chomeurs, les étrangers parmi ceux qui peuvent être victimes de l’idée de “normalité”. »

    Heu, moi je veux pas cafter, mais ça sent son copiage, ça :

    « J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s’inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle.
    Tous ensemble pour leur foutre au cul avec Coluche.
    Le seul candidat qui n’a aucune raison de vous mentir ! »

    Enfin, moi j’dis ça, j’dis rien… 😉

    Commentaire par Zarga — 16/05/2012 @ 21:32

  33. Ah oui… question de croquant qui sent des pieds du fin fond de sa province :

    Les Tuileries, ça n’avait pas brûlé lors de la Commune ???

    Commentaire par Zarga — 16/05/2012 @ 21:33

  34. @ Aliocha # 23 :

    « Classique » me va bien, c’est cohérent avec votre démonstration. Pas sûr pour autant que « normal » ne soit que du simple marketing politique.

    Les gens dont je fais partie se considèrent comme normaux : on pense avoir une vie normale, c’est-à-dire qu’elle ne se déroule ni à Davos, ni à Cannes, qu’on ne se prend pas régulièrement les pieds dans un tapis rouge, qu’on ne se pose pas la question de savoir par lequel des soixante quatorze couverts il faut commencer le repas… bref, pas de tralala : on gère la maison, le boulot, les gosses et c’est déjà beaucoup ! Mais c’est normal. On regarde le voisin, et on se reconnait en lui, car comme nous, il a tendance à se laisser pousser le ventre, ou le front, ou les deux s’il exagère.

    Vous me suivez ?

    En se décrivant comme « normal » tout en étant président, Hollande ne voulait-il pas rompre avec une certaine pompe qui sonne trop comme du « c’est-tous-les-mêmes-de-toutes-façons » ?

    Ne pourrait-on pas mettre un peu de bénéfice du doute dans votre marketing, à défaut d’eau dans votre vin ? (horresco referens, j’en frémis rien qu’à l’évoquer ! 😉 )

    Commentaire par Zarga — 16/05/2012 @ 21:47

  35. @ Richard Fitoussi

    Bonsoir
    la France a l’Hollandaise!
    Premier jour au pouvoir et Athènes recule de 2,9% !
    Pas mal pour un premier jour de travail!

    Je comprends que les grecs soient effrayés à l’idée de l’arrivée d’un F. Hollande au pouvoir !

    (Là, c’est bon, je suis plus dans l’abstrait académique mais dans la réalité vraie, la seule qui vaille?)

    Quand je pense à tous ces journalistes, qui font de l’abstrait académique, je frémis mon bon monsieur : http://www.lesechos.fr/investisseurs/analyse_seance/investir-00444044-paris-reprend-0-31-a-l-issue-d-une-seance-volatile-324189.php

    Voyez, ils imputent cela à la Grèce ! Aveugles qu’ils sont, alors que les investisseurs, naturellement, sont passés à autre chose et n’ont que faire (naturellement) des conséquences à moyen terme de la montée des extrêmes en Grèce !

    Commentaire par Flash — 16/05/2012 @ 23:44

  36. Normal ça veut dire quelque chose dans le contexte. Rupture avec toutes les anomalies précédentes

    « normal » c’est justement la rupture avec un style, ostentatoire, fait d’ étalage de l’argent et d’un rapport malsain à l’argent, fait d’exploitation de la vie privée, d’utilisation des media, de recherche permanente de coups mediatiques et d’omni-présence dans les media, d’un président omni-présent qui gouverne à la place du gouvernement etc.

    Normal ça parle à tout le monde, par contraste.
    C’est la fin de tout ce qui a tant déplu et provoqué l’échec, logique, de Sarkozy. Il y aune logique dans les choses, même dans la vie politique.
    Le retour à une certaine idée de la République et de la fonction du Président.
    Retour à une autre idée de la Justice, ravagée par Rachida Dati, à une autre idée de l’école, abandonnée quant à sa mission et supposée se régler sur une logique d’entreprise, idem pour la santé, la recherche, et retour à une idée normale des fonctions même des responsables politiques (restriction des salaires, pas de cumul des mandats, pas de conflits d’intérêt), une certaine dignité de la fonction présidentielle, une certaine probité des responsables, qui sont là pour servir le pays, d’abord, non pour faire fortune (voir du côté de Takkiedine) ou se laisser acheter d’une manière ou d’une autre (les affaires libyennes du clan Sarkozy) ni recevoir de somptueux cadeaux, la touche finale du passage de Sarkozy à la présidence

    http://www.slateafrique.com/87299/retraite-doree-pour-sarkozy-marrakech-dsk

    Clôture d’une époque résumée par Sarkozy à son fils Jean (Epad) à qui il a refusé qu’il candidate aux législatives dans le fief des Hauts-de-Seine : « aujourd’hui les Sarkozy ont besoin de se faire oublier » lui a-t-il dit.

    Comment sais-je tout ça ?
    Mais par les media bien sûr, la presse, la radio, les sites internets qui informent. Il y en a.
    Facile de ricaner sur TF1, qui n’est pas à elle seule le tout des media.

    P.S. le live de Libé pour l’investiture retransmettait les images sans les commentaires.
    Un plus.

    Commentaire par Schmilblick — 17/05/2012 @ 09:33

  37. Normal me semble rimer avec ordinaire. J’ai un ami à qui une fois j’avais dit « tu es extraordinaire! »

    Ce à quoi il avait répondu « extra, mais ordinaire ».

    C’est une autre piste intéressante, non?

    Commentaire par Zarga — 17/05/2012 @ 10:52

  38. @Zarga 34 : et donc en tant que type aussi normal que Hollande (ou l’inverse, c’est équivalent) vous habitez un hôtel particulier en bas des Champs-Elysée, quand vous avez un rendez-vous professionnel important vous sautez dans un Falcon, vous avez diné avec Merkel récemment et vous vous apprêtez à faire de même avec Obama….Allons, soyons sérieux cinq minutes ! La réussite de com’ du terme « normal » est indéniable, pour le reste, j’entends Philippe Muray hurler de rire dans sa tombe 😉 Il faut faire gaffe avec la com’, elle entraine une distorsion du rapport au réel. Je pense que vous serez d’accord avec moi pour considérer que la « normalité » supposée de Hollande n’est pas comparable à la vôtre. Elle ne fonctionne que sur la base d’une comparaison discutable avec Sarkozy, mais à ce moment-là, il faut se demander si un homme politique, n’importe lequel, est un individu « normal ». Vous connaissez ma position – terriblement de gauche, soi dit en passant ! – la normalité appliquée à l’être humain est un concept absurde et qui plus est dangereux. Appliqué à la politique, il me fait rigoler. Notez, on n’a pas fini de rire, si j’avais eu le temps, j’aurais fait un billet sur le ministère du redressement productif. Je ne sais pas ce qu’il faut consommer comme substance illicite pour pondre un truc pareil, je n’ai toujours pas compris quel domaine de l’activité il concerne. Manque de bol, je dois filer au bassin public de liesse populaire. Il faut d’ailleurs que j’explore mon porte monnaie pour vérifier que je pourrais verser à l’agent d’ambiance joyeuse et d’orientation géographique le modeste tribu qu’il convient d’offrir à la caisse de partage égalitaire pour goûter les joies de la fraternité aquatique. En clair et en vieux français poussiéreux d’exploitation de l’homme par l’homme, j’ai piscine !

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/05/2012 @ 12:12

  39. @fitoussi

    Vos commentaires sont intéressants à lire, mais, à mon sens, un peu en dehors de la réalité du terrain. Vous êtes dans la plus pure de la théorie qui n’est valable QUE si la concurrence est vraiment _non faussée_ ce qui veut dire une myriade de petits acteurs avec aucun n’ayant un poids plus importants que les autres. C’est comme jouer au poker lorsque vous arrivez à la table avec 500 000 euros à jouer, il y a de fortes chances que vous ratissiez ceux qui n’ont que 3 000 euros à jouer/perdre.
    D’ailleurs il y a des lois anti-trust, mais elle sont appliqués avec le filtre « on veut des géants nationaux pour se battre à l’international » et là le marché plutôt que d’être une sorte de main invisible qui régule est une sorte de génie maléfique qui va chercher à l’étranger de l’argent pour permettre aux entreprises en question de massacrer le tissus industriel et économique local pour gagner 2% de marge (vous rendez-vous compte des malheurs infligés aux homme pour 2% de marge ?).
    Si on ajoute quelques politiques copains faisant passer des lois « scélérates » (terme à la mode) pour faire plaisir (souvenez vous de fourtou), des chambres de compensations permettant de faire circuler l’argent de manière un peu opaque, des paradis fiscaux qu’on laisse prospérer au sein de même de l’europe, de plus en plus d’entreprises qui essaient de gagner à la roulette du marché plutôt que de faire leur métier … et toute vos marchés ne devient qu’une entreprise mafieuse aux mains de quelques uns.
    D’ailleurs votre petit couplet sur les banques qui veulent aider leurs clients : oui mais seulement les trèèèès gros clients : ils réservent la place de pigeons ou de passeur aux petits clients qu’ils essaient de lancer sur le marché boursier : pas pour augmenter le pouvoir de financement des entreprises mais pour augmenter le « pot » commun avec lequel on joue.
    Vous pourriez m’expliquer à quoi sert exactement d’attirer le particulier sur les marchés comme les futures ?

    @gwynfrid
    « même pas M.Montebourg dans ses propositions pour une VIe République. Et c’est tellement consensuel qu’on ne prend même pas la peine de poser la question dans des sondages. » (sur le président au suffrage universel comme monarque absolu pendant son mandat.

    c’est vrai même montebourg. Vous savez il y avait un candidat dont vous avez peut être entendu le nom Melenchon, qui lui professait que c’était la chose la plus stupide de toute la vie politique et qui proposait d’y mettre fin. Il avait séduit 11 % des électeurs (et il se dit que 30% des électeurs de hollande premier tour aurait bien voulu voter pour lui, mais le vote utile…..) ce qui ferait que 20% des votes exprimés pourraient être attentif à cette proposition, je ne sais pas si cela en fait un consensus. Mais en tout cas ce la prouve que pas mal de personne réfléchisse à cette remise en cause.
    Mais les gens ont trop l’habitude qu’on leur dise de faire ou il faut. On leur explique bien que c’est comme ca sinon c’est encore pire. Même vous, vous balancez comme ca que TOUT LE MONDE veut ca, sans savoir.
    Ben voila les gens sont « gouvernés » et donc ne sont pas responsables de ce qui se passe. C’est le président, et lui seul, qui est responsable de l’état de décrépitude de notre démocratie et de notre économie. Le grand conducator à merdé. ben non j’suis idot il est responsable mais pas coupable. C’est la faute à personne et on continue dans le même merdier, de la même manière avec juste une autre marionnette.

    Commentaire par h — 17/05/2012 @ 12:22

  40. Vous confondez. Vous semblez penser que la normalité est nécessairement conçue comme étant un absolu.

    De fait, la normalité dépend du référentiel.

    La normalité d’un Président n’est pas la normalité d’un ouvrier. La Présidence de la République est une institution ; et comme toute institution, elle a un esprit. La normalité, en tel domaine, c’est que celui étant Président corresponde à l’esprit de la dite Présidence. Ni plus, ni moins.

    Oui, il existe des normalités. Cela n’a rien d’absurde, c’est un phénomène social fort connu. Et la normalité est utilisée couramment en droit. Le bon père de famille, vous en récusez la réalité ou l’utilité? En matière probatoire, la normalité a aussi un rôle important. On utilise une norme comportementale, jugée comme étant désirable pour le bon père de famille. Est-ce là sacrilège?

    La normalité s’applique à un comportement, c’est une norme sociale relative à des qualités morales. Être noir, cela n’a rien à voir avec le comportement. Et j’ai bien peur qu’être musulman ou homosexuel ne soit pas non plus une qualité morale -ou un défaut moral- et que ce soit donc des éléments parfaitement indifférents quant à l’appréciation de la normalité.
    En matière biologique, l’anormal est sans doute synonyme de pathologique. Or, à mon sens, être noir ou basané n’est pas pathologique.
    En matière de choix moraux, un choix n’est anormal que s’il exprime l’excès, l’indécence. Être homosexuel n’est pas indécent en soi. Être une folle peut l’être. Être catholique n’est pas indécent ou excessif. Se clouer à une croix en public peut l’être.

    Vous pouvez à mon sens rapprocher la normalité de la mesure, de la décence, de la discrétion Un monstre, c’est ce qui est montré. Ce n’est pas discret ; c’est excessif ; c’est indécent. C’est anormal. Vous sentez, je pense, le lien entre ces concepts.

    Dire : « je serais un président normal », c’est dire « je serais discret, décent, mesuré ».

    Commentaire par Flash — 17/05/2012 @ 12:38

  41. @Flash : je ne confonds pas, je conteste. La normalité, c’est ce qu’on considère à une époque donnée en un lieu donné comme étant le comportement ou les caractéristiques d’une majorité. Tant que l’on conserve cette approche relative, c’est-à-dire capable de se penser elle-même comme sujette à discussion et à évolution, ce qui empêche notamment de stigmatiser tous ceux qui n’entrent pas dans la « norme », je suis d’accord pour l’utiliser comme base de raisonnement. Mais là n’est pas le sujet, nous sommes en pleine fiction de communication, et je propose de donner un petit coup de scalpel dans la terminologie pour voir ce qu’elle a dans le ventre. Ma réponse, c’est : rien. Je vais vous faire une confidence, j’ai du sang gitan dans les veines, spirituellement, je fais partie des étrangers à la « normalité », ce qui me confère sans doute cette sensibilité particulière à la vanité de certains discours. Et cette méfiance aussi…

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/05/2012 @ 12:48

  42. @Flash : j’ajoute qu’on a toujours tendance à considérer comme normal ce qui vous ressemble. Normal résonne donc ici aux oreilles de la gauche, mais le coup de génie a consisté à ce qu’il résonne aussi aux oreilles de tous ceux que Sarkozy a agacés et à qui on a fourni un concept fourre-tout qui leur a permis de mettre un mot sur leur malaise. Tirons donc un peu le fil. Nous avons donc voté pour un président normal. Est-ce vraiment ce dont nous avions besoin en période de crise ? C’est amusant, moi j’aurais opté pour un type exceptionnel, celui-là même qui sommeille dans l’inconscient collectif français depuis De Gaulle. Fallait-il que Sarkozy ait fait du dégât pour qu’à circonstances tragiques on réponde par : un président normal. Vous voyez, plus on creuse, plus le sujet devient passionnant 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/05/2012 @ 13:10

  43. Qu’est ce qu’un président « normal », discuté ici sur Médiapart.
    http://blogs.mediapart.fr/edition/sociologie-politique-des-elections/article/140512/qu-est-ce-qu-un-president-normal

    Le problème me semble être que sans autre précision, « normal » est trop englobant. On ne sait pas de quoi on parle. Mais en précisant le caractère étudié, alors on peut donner un sens précis à ce terme, en cela les mathématiques nous sont bien utiles.

    Commentaire par kuk — 17/05/2012 @ 13:44

  44. @ h: Désolé, mais j’ai bien suivi la campagne, et lu toutes les professions de foi, y compris celles avec lesquelles j’étais en désaccord total. Le programme de Mélenchon proposait une Vie République avec réduction des pouvoirs du président. Il ne proposait PAS de revenir sur son élection au suffrage universel, passant prudemment le sujet sous silence. Cela dit je reconnais volontiers que de toutes les candidatures c’est celle qui comportait le changement le plus radical vis-à-vis du caractère monarchique des institutions. Ce programme a fait 11% ce qui est déjà un très beau score. Il ne pèse probablement pas plus des 20% que vous lui accordez. 80%, ce n’est pas tout le monde: je vous accorde que mon raccourci était trop rapide. Je reformule: une écrasante majorité de Français ne souhaite pas revenir sur l’élection présidentielle au suffrage direct.

    @ Aliocha:Oui, le sujet est passionnant ! Vous auriez opté pour un type exceptionnel ? Tiens, justement, une majorité de Français a choisi le mec normal, malgré les circonstances de pré-fin du monde. Pour ma part, j’en tire l’espoir que l’inconscient collectif est en train d’évoluer tout doucement. On saura dans quelques années si, dans le bilan de Sarkozy, on peut mettre la fin de notre vieille illusion du sauveur de la patrie sur le modèle gaullien. Si c’est le cas, alors son quinquennat aura, même involontairement, fait avancer quelque chose. Ce serait une consolation.

    Commentaire par gwynfrid — 17/05/2012 @ 15:02

  45. @laplumedaliocha

    Normal est un terme choisi avec soin, j’en conviens. Il permet de ratisser large, car c’est un concept relativement nébuleux pour la plupart, et chacun y verra ce qu’il désire.

    Mais je pense, très sincèrement, que F. Hollande sait quelle est la « normalité » à laquelle il pense. Il l’a rappelé au début de sa fameuse tirade « Moi, Président de la République » et l’a maintes fois répété. Un Président honnête, un Président poli, un Président qui ne se substituerait pas au Premier ministre. On ne peut nier son insistance sur ces points. Je ne crois donc pas que sa « présidence normale » soit une pure opération de communication, vide de tout sens. Il en a précisé le sens, en a esquissé l’idée qu’il s’en faisait.

    A-t-on besoin d’être malhonnête, d’être malpoli ou de ne pas respecter les institutions pour faire face à des circonstances exceptionnelles? Je n’en suis pas intimement persuadé.

    Je me méfie, à vrai dire, de ceux qui ont tendance à se poser comme seul et unique recours contre la tempête, comme le « premier », comme le gourou qui seul saura guider le peuple vers telle ou telle voie. Ces êtres d’exception sont…exceptionnels, mais la foule des charlatans se parant de la gloire de meilleurs qu’eux est immense.

    Je trouve au contraire réconfortant qu’on puisse voir que disposer des seules vertus républicaines et citoyennes suffit à faire face aux difficultés. Qu’être honnête n’est pas une tare empêchant l’exercice de tout pouvoir. Qu’être poli, mesuré ne rend pas faible. Que le dialogue avec les corps intermédiaires -qui sont un complément de la démocratie politique- n’est pas un renoncement.
    Est-ce que l’honnêteté, la politesse, la mesure, l’écoute et la modestie sont des qualités exceptionnelles, dispensées qu’à quelques heureux élus? J’ose croire que non. Ce sont pourtant les qualités qu’on demande aux politiques.

    N’oublions pas que, ce qui pousse à l’admiration chez De Gaulle, ce sont ses qualités d’une banalité affligeante. Ce qui est exceptionnel chez lui, c’était sa destinée, sa vision de la France et son refus d’abdiquer ses qualités d’homme normal.

    Son testament est éloquent à ce sujet :

    « Je veux être enterré à Colombey ».
    « À mes obsèques, ni présidents, ni ministres, ni n’importe quels autres représentants de quelconque assemblée »
    « Seules les armées françaises, mais par une participation très modeste… et les Compagnons de la Libération sont autorisées à assister. »
    « Sur ma tombe : Charles de Gaulle, 1890-… Rien d’autre »
    « Je déclare refuser d’avance toute distinction, promotion, dignité, citation, décoration, qu’elle soit française ou étrangère. Si l’une quelconque m’était décernée, ce serait en violation de mes dernières volontés. »

    (source Wikipédia…oui, je sais.)

    Commentaire par Flash — 17/05/2012 @ 16:21

  46. « source Wikipédia…oui, je sais »
    Vous savez quoi ?

    Commentaire par kuk — 17/05/2012 @ 17:18

  47. @ Kuk : que quelqu’un dira que c’est une source moisie. Et quelqu’un citera une étude selon laquelle c’est aussi fiable que Britannica, puis peut-être qu’un autre encore précisera que c’est vrai que pour les articles scientifiques, et ainsi de suite.

    Commentaire par Flash — 17/05/2012 @ 18:57

  48. Chers Plume
    En toute franchise vous me surprenez, la discipline fiscale n’est pas un luxe mais une forte nécessité.
    Les contribuables français sont très mal informés et pour la plus par inconscient, car ils se sont déresponsabilisés en pensant que leurs votes les excusent des idioties des élus : on blâme le leader et le reste on s’en fou, pas mon problème.
    Je suis ni a droite ni a gauche ni au centre car je ne demeure pas en France, mais d’ici j’observe cette comédie que Molière se serait léché les babines avec les circonstances actuelles.
    Vous mentionnez la réalité, voici donc mes réalités sur le terrain avec nos banques ici.
    J’habite au Canada depuis 1970, je suis arrive avec 150 dollar dans ma poche et une valise.
    J’ai travaille depuis l’âge de 14 ans en France, Allemagne et Grande Bretagne. Je me suis instruit moi même sans aide des parents ou quel qu’il soit, les cours d’écoles linguistiques et par correspondance universitaire, furent payées avec mes économies.
    Donc pour moi la réalité de la discipline fiscale fut forcée et non volontaire, aucune aide du fédéral ou des provinces, quarante deux ans plus tard j’ai pris ma retraite, et j’ajoute que ma retraite fut organisée par moi même avec l’aide et les conseils de ma banque, qui m’a toujours traite avec estime pendant 40 ans. L’idée que les gros client poussent de cotée les petit clients est ridicule, car ce sont les petits clients dont les banques prospèrent, investir dans une banque canadienne qui suit de rigueur ( avec des lois qui les forcent) une discipline fiscale, ils payent des dividendes de 5 a 6% par an et un plus valu sur le capital d’une moyenne de 15% par an, un total de 21% de revenue.
    Voila comment ma retraite fonctionne sans aide de l’état ou d’une corporation. Nous sommes oblige dans le prive de prendre des mesures financière pour nous assurer une retraite confortable.
    Les élus et les dirigeants de l’état doivent montrer l’exemple de la restreinte fiscal, car la dette est tres lourde en France.
    Nous consacrons seulement 11.2% de notre budget pour le service de la dette national canadienne comprenant les intérêts et le principal
    A vous de juger
    Quelles est la situation réelle des banques françaises ?
    Nous avons déjà parlé de la situation très difficile que connaît Dexia, mais la situation empire et, selon Le Monde, «avec encore 400 milliards d’euros de bilan, le groupe franco-belge représente un risque de déstabilisation de l’ensemble du système bancaire européen». Les Etats actionnaires (Belgique, France, Luxembourg) vont devoir remettre au pot. Groupama ne va pas bien non plus. Et on apprend aujourd’hui que le Crédit immobilier de France (la banque des HLM) est au bord de la faillite. Le bilan serait sain, il s’agirait uniquement d’un problème de liquidité, on est rassuré. Et les autres ? «Il semblerait que les banques françaises, qui ont encore des problèmes de liquidité, soient allées lourdement au guichet de la BCE, juste derrière les espagnoles et les italiennes» selon un analyste du cabinet indépendant AlphaValue (L’Expansion). «Il semblerait» car les banques et les autorités refusent de communiquer sur ce sujet… Le Crédit Agricole, qui est engagé d’environ 30 milliards d’euros en Grèce à travers sa filiale Emporiki, doit avoir des sueurs froides en ce moment. Il serait utile de jouer la carte de la transparence, pour éviter de mauvaises surprises.
    Contraste avec la situation au Canada
    Bien que les banques au Canada ne soient pas totalement épargnées, elles bénéficient de la solidité et de la stabilité des bases d’un système bancaire national. Nos banques continuent d’offrir du crédit – en fait, les prêts consentis aux entreprises par les banques ont augmenté de près de 11% en janvier 2009 comparativement à janvier 2008. Le secteur bancaire canadien est rentable et continuera d’être une importante source de recettes fiscales pour le gouvernement du Canada, contribuant ainsi au financement des programmes sociaux appréciés des Canadiens.
    Par ailleurs, aucune banque au Canada n’a eu besoin de l’aide financière du gouvernement et aucune pression n’a été exercée sur celui-ci afin qu’il libère les banques de leurs créances irrécouvrables. Au contraire, le gouvernement fédéral a mis en oeuvre le Programme d’achat de prêts hypothécaires assurés en vertu duquel il achète auprès des banques des prêts hypothécaires de qualité, sûrs et assurés afin d’injecter des liquidités dans le marché du crédit, et ce, au profit des contribuables.
    Un tel système bancaire sain, solide et stable est essentiel à la prospérité à long terme du Canada, peu importe votre lieu de résidence. En 2007, au Québec, les banques ont contribué au PIB provincial dans une proportion de 2,76 % et employaient près de 42 000 personnes. La forte présence des banques sert ainsi de point d’ancrage précieux pour la reprise économique.
    Un nombre croissant de Canadiens en sont conscients et continuent d’accorder une grande confiance à notre secteur bancaire. Un sondage mené en fin d’année 2008 par The Strategic Counsel pour le compte de l’Association des banquiers canadiens (ABC) a révélé que 77 % des Canadiens décrivent les banques canadiennes comme étant plus sûres et plus stables que les banques à l’étranger
    Perspectives sur l’Industrie Bancaire au Canada
    Alors que l’Europe se retrouve dans la tourmente en raison de l’accroissement continu des dettes souveraines, les banques du Canada ont continué à afficher un bon rendement l’année dernière. En effet, celles-ci ont présenté un bénéfice en hausse pour la troisième année consécutive depuis la crise financière mondiale de 2008, et plusieurs d’entre elles ont même affiché des profits records.
    Par ailleurs, la réforme réglementaire demeure une source d’inquiétude au moment auquel les règles individuelles sont finalisées. Avec l’entrée en vigueur de l’accord de Bâle III, de la loi Dodd-Frank, y compris de la règle Volcker et de la loi FATCA, le secteur bancaire devra se remodeler pour s’adapter au nouvel environnement. En effet, en plus d’être obligées de détenir des capitaux plus importants et de meilleure qualité, les banques devront s’adapter aux changements qui affecteront directement leurs modèles de gestion et leurs ressources, ce qui risque de bouleverser le paysage bancaire. De ce fait, la plupart des banques canadiennes ont déjà entrepris les mesures nécessaires afin de satisfaire à ces nouvelles exigences réglementaires.
    La présente édition de la publication analyse le bilan financier de 2011 des six plus grandes banques du Canada. Nous proposons également une étude approfondie du rendement des banques en 2011 et des répercussions que les changements réglementaires à venir auront sur le secteur.
    http://www.pwc.com/ca/en/banking-capital-markets/publications/canadian-banks-2011-en.pdf

    Commentaire par Richard Fitoussi — 17/05/2012 @ 19:54

  49. @ Aliocha # 38 :

    Je me suis mal exprimé, et vais donc essayer de désambigüiser mon propos.

    Je ne voulais pas dire par là que si nous ne partageons pas le même quotidien, mais juste qu’il me semble que l’emploi du terme « normal » traduise un souci de proximité.

    Est-il sincère, n’est-il que com’… j’ai la faiblesse de croire qu’il y a de la place pour un peu de sincérité. Et si tel n’est pas le cas, hé bien tant pis pour moi.

    De vous à moi, le concept même d’hôtel particulier me dépasse : quel besoin peut-on avoir de tels bâtiments ? Je sais : les collaborateurs, l’intendance, et tout le tralala… mais à l’ère de la dématérialisation à tout va et du télétravail, à moins de passer ses journées en réunion avec secrétaires, émissaires, plénipotentiaires, collaborateurs et que sais-je d’autre, de tels immeubles tiennent surtout du caprice, du strass, du clinquant.

    Si « classique » vous va bien, moi je maintiens que c’est « ordinaire » que j’aurais choisi.

    Et puis moi qui suis « normal », je ne frime pas entre Elysées et Tuileries !

    Et toc ! 😉

    Commentaire par Zarga — 17/05/2012 @ 21:28

  50. Vous ne croyez pas que le trait est un peu lourd quand vous écrivez à propos du Président est-ce un type normal qui prend l’avion pour aller voir Merkel, Obama… et qui aspire à ces responsabilités politiques…?

    Non, certes pas un type normal, un type qui vit comme vous et moi, évidemment… mais un Président normal.
    Non pas un citoyen lambda, mais un d’entre eux qui a montré des compétences qui surpassent, non seulement la moyenne, mais celles de ses pairs.
    Néanmoins s’il n’est pas un type lambda , parce que Président de la république, un Président normal.
    Traduction : qui respecte les règles de la fonction et qui rompt avec les pratiques précédentes. Il l’a expliqué.

    Un Président qui occupe une fonction et une place symbolique, qui se veut simple, qui habite chez lui -il l’a dit aussi- soit, mais qui a aussi une fonction de représentation. Et dont il fait partie de la fonction de recevoir les chefs d’Etat étrangers et autres cérémonies, à l’Elysée. Cela fait partie de la représentation symbolique ( cf les deux corps du roi, définis par Kantorowicz) depuis qu’il a été élu Hollande est double : le Président, distinct de l’individu.

    Ce n’est pas l’individu qui se dit normal, c’est le Président, qui proclame vouloir être en correspondance avec ce qu’on attend d’un Président. Il a dit en quoi ça consiste.

    On peut l’analyser, l’expression est plurivoque
    http://blogs.mediapart.fr/edition/sociologie-politique-des-elections/article/140512/qu-est-ce-qu-un-president-normal
    même si l’on comprend changement de style, symbole de changement de la manière de présider.

    Et les anomalies précédentes on peut aussi les analyser, un Président incapable de s’en tenir à la place symbolique qui est la sienne, qui adore vider de leur substance symbolique les fonctions symboliques auxquelles il aspire. Ce qui relève de la perversion… comme dit cet article de Mediapart, par Ali Magoudi

    http://www.mediapart.fr/journal/france/140512/ali-magoudi-sarkozy-laisse-un-desastre-intellectuel-pour-la-droite

    Commentaire par Schmilblick — 17/05/2012 @ 22:40

  51. Zarga le palais de l’Elysée, depuis à peu près 2 siècles par décision de l’Assemblée, est le site de la présidence de la République et la demeure officielle du Pdt -il peut en avoir une privée- qui est une représentation de la France, où il reçoit les chefs d’Etat et chefs de gouvernement étrangers, où il préside le conseil des ministres et petits trucs comme ça ; c’est pas pour loger son secrétariat et ça ne répond pas à un « besoin » quelconque.

    Commentaire par Schmilblick — 17/05/2012 @ 22:46

  52. Le Président de la République vient de baisser son salaire et celui de ses ministres… Par les temps qui courent, c’est plutôt inhabituel. Vous allez voir qu’il va même finir par se rendre à l’Elysée en vélo ou en auto-stop.
    Finalement, je me demande si il est bien normal ce président ! 😉

    Commentaire par Oeil-du-sage — 18/05/2012 @ 12:47

  53. Hé, les parisiens, dès que vous verrez le président prendre son petit café du matin et son déjeuner au bistrot du coin, vous nous prévenez, nous les provinciaux. On est si loin de la capitale qu’on a du mal à imaginer un tel changement.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 18/05/2012 @ 12:51

  54. @ Schmilblick # 41 :

    Je sais, je voulais juste charrier un peu Aliocha qui nous raconte ses petits tracas, rapport à son bureau entre Elysée et Tuileries… tracas de parisiens que tout cela ;-).

    Pour ce qui est du palais de l’Elysée, ça me va bien. On a besoin de lieux de pouvoir, c’est utile pour identifier les choses.

    C’est plus la notion d’hôtel particulier que j’ai toujours trouvée un peu… particulière. Sous l’Ancien Régime, j’arrive à comprendre l’utilité de la chose. En république, c’est plus difficile à appréhender. On ne devrait plus normalement avoir de clientèle à régaler, même si je sais bien que ça fait partie des permanents qui traversent les siècles.

    Commentaire par Zarga — 18/05/2012 @ 19:06

  55. oh Zarga, réceptions officielles de chefs d’Etats, chefs de gouvernements et ambassadeurs, ne sont pas « clientèle à régaler » !

    Si la diplomatie vous intéresse, regardez sur Mediapart la rencontre Hollande Obama.
    http://www.mediapart.fr/journal/international/190512/hollande-sa-stature-et-les-francais-de-washington
    (video)

    Commentaire par Schmilblick — 19/05/2012 @ 14:00

  56. Oui Schmilblick, mais je ne parle que de l’utilité à mes yeux douteuse d’un hôtel particulier, quand on a justement les palais de la république à sa disposition. C’est tout.

    Commentaire par Zarga — 20/05/2012 @ 12:29

  57. L’Elysée est un palais de la République, Zarga, pour les fonctions, cérémonies et réceptions officielles.
    Hollande ne bénéficie pas d’un hôtel particulier privé.

    Commentaire par Schmilblick — 20/05/2012 @ 18:32

  58. Ah bon ? Autant pour moi, alors. Je pensais, suite à la réponse d’Aliocha, que François Hollande avait aussi un hôtel particulier…

    Commentaire par Zarga — 20/05/2012 @ 20:03


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