La Plume d'Aliocha

11/05/2012

Les tweets ne volent pas

Ainsi donc le commentateur sportif Pierre Salviac a été viré de RTL pour un tweet jugé bassement sexiste à l’endroit de Valérie Trierweiler et, plus généralement, des femmes journalistes sortant avec des hommes politiques (ici et partout ailleurs). Voire des femmes journalistes tout court. Dans notre pays prompt à la polémique, le coupage de tweet insultant en tranches microscopiques soumises à la méticuleuse analyse des beaux esprits est devenu un sport national ! Il faut bien s’occuper…

On peut, au choix, s’indigner de cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression ou au contraire se féliciter de la sanction. Il est possible également d’y apercevoir l’ombre d’un début d’allégeance spontanée d’un média au nouveau couple présidentiel et de s’offrir ainsi avec un empressement non dénué de masochisme la première grande déception de l’ère du changement-c’est-maintenant.

Penchons-nous plutôt sur les nouvelles moeurs en matière d’expression publique.  « Les paroles s’envolent, les écrits restent » souligne avec justesse un proverbe latin (verba volant, scripta manent). L’humour gras de Pierre Salviac aurait pu rester cantonné entre les vestiaires du club de rugby et le bar des platanes, si Twitter n’offrait une tribune plus large à ce type de débordement. L’outil n’est évidemment pas en cause, son utilisation, si. A l’évidence, Internet a désacralisé l’écrit autant qu’il a libéré la parole. Pour le meilleur et pour le pire. La mauvaise blague de Salviac ne lui aurait valu au pire que mon verre de  rouge-pas -gros-mais-qui-tache-quand-même à la face si par impossible nous nous étions rencontrés. Seulement voilà, avec Twitter on passe d’une poignée de personnes en chair et en os risquant au pire de vous coller un bourre-pif, à un large public aussi virtuel qu’imprévisible dans ses réactions. On passe aussi de la fameuse parole qui s’envole à l’écrit qui reste. Le propos offensant s’inscrit dans la durée, a de fortes chances d’arriver aux oreilles de sa cible, s’étale devant des milliers de personne – renforçant son audience autant que le préjudice infligé à la victime – et s’offre de surcroit avec innocence à celui qui entend le retenir à titre de preuve. Un truc à faire frissonner n’importe quel juriste de base…

Qu’importe ! L’internaute, tout à la joie de son audience, balance sans en mesurer les conséquences la mauvaise vanne qu’il aurait mieux valu réserver aux habitués du bar des platanes. Et s’obstine à croire que sa parole n’est pas tout à fait publique puisqu’elle s’adresse à ses followers et que par ailleurs, hein, bon, Internet, c’est la liberté. De fait, notre internaute ne mesure les risques ni pour sa cible ni, plus étonnant encore, pour lui-même. Jusqu’au moment où tombe la sanction : protestation collective, procès, licenciement. Surgit alors le désagréable sentiment que la liberté d’expression aurait tendance à se réduire dès lors que les exemples de ce type se multiplient. En vérité, il faut sans doute y voir pour partie les effets d’une émancipation de plus en plus grande des règles de base de la politesse et du bien vivre ensemble. Plus il y a de transgressions et plus il y a de sanctions, forcément. Le respect de l’autre n’est pas seulement un commandement moral asséné ex cathedra par la religion, la morale, l’éducation ou le droit, c’est aussi et surtout un impératif de bon sens qui permet de supporter la vie en société dans les meilleures conditions possibles.  Et en évitant en particulier  les coups de poing dans la gueule. Ou leur version plus civilisée mais non moins brutale, l’indignation collective, le licenciement, le procès…

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46 commentaires »

  1. Une mauvaise vanne sur Twitter tue aussi sûrement qu’un excès de vitesse sur verglas. Le vulgum pecus perdra simplement ses followers, quand d’autres perdront bien plus (yc certains socialistes dans la même situation que Dray et son anniversaire avec DSK fêté dans la rue Saint-Denis).

    C’est quand même surprenant qu’on ne puisse avoir une lueur clairvoyante de Surmoi, avant l’instant fatidique du clic sur le bouton « Tweeter », et c’est encore plus étrange lorsqu’il s’agit d’une personnalité qui assume un côté « beauf » – ces personnages possèdent en général un entraînement sérieux et une longue expérience pour savoir apprécier la ligne rouge, avec laquelle il faut flirter sans jamais la franchir.

    Je ne crois pas par contre que le limogeage – excessif également pour ma part – de M. Salviac soit l’effet de l’alternance: RTL fait un choix d’employer pas mal de journalistes-chroniqueurs borderline, en leur procurant une liberté éditoriale qu’ils n’ont pas ailleurs. Dans cette histoire, Salviac a simplement été le beauf de trop, le boulet qu’on lâche pour que la montgolfière conserve son altitude

    Commentaire par Switz — 11/05/2012 @ 12:33

  2. Je trouve un peu gros qu’on aille parler de 1ere déception de la « hollandie » (D. Scheid.). Je ne sache pas que Mme Trierweiler ou FH himself ne soient intervenus.
    Pour ce qui est de s’indigner ou non : je trouve le tweet de Salviac grossier (pas de souci) et ciblé sur la personne de V. Trierweiler, et ça, oui, ça me choque.
    Et ça choque beaucoup de monde, et ça se sait puisque, comme le tweet initial, les réactions sont publiques de par la conception de cet outil.
    Indignation nombreuse donc, mais pas « collective » ! Pour moi il y a une nuance.
    Pour ce qui est de la sanction par RTL, c’est une affaire entre RTL et l’impétrant. Sur laquelle je n’ai aucun (droit d’avoir un) avis !

    Bref (comme dit l’autre) beaucoup de bruit pour une grossièreté, et pour une décision de mettre fin à un contrat (mais y en avait-il un seulement ?).

    Commentaire par Ginkgo — 11/05/2012 @ 14:14

  3. Il a été licencié pour faute grave? Et a-t-il écrit son tweet dans un cadre professionnel ou chez lui, le WE, en buvant sa bière?

    Non parce qu’il peut gagner au CPH si les réponses à ces deux questions sont positives.

    Commentaire par Flash — 11/05/2012 @ 16:05

  4. @Switz : dans l’excitation du jeu, les twittos ont tendance à s’émanciper de leur surmoi. En fait, ce gigantesque bavardage collectif est aussi léger et fugace qu’une conversation de bistrot, d’un point de vue psychologique. Il est en plus boosté par le côté polyphonique et la compétition de celui qui sera le plus pertinent et donc le plus retweeté. Hélas, même si l’exercice apparait aussi ludique qu’anodin, il n’en demeure pas moins écrit et diffusé publiquement…

    @Gingko : l’embarras de Daniel est amusant. Je crois deveiner qu’il s’oblige à être aussi exigeant avec Hollande qu’il semble apprécier qu’avec Sarkozy qu’il détestait…Cela me rappelle un membre du consiel constitutionnel à qui l’on demandait comment il faisait pour préserver son indépendance de jugement. Il avait répondu qu’en réalité, le vrai danger était de décider systématiquement contre sa porpre opinion pour être certain d’être objectif. Je ne serais pas surprise que DS souffre de ce syndrôme en l’espèce. Cela étant si le couple présidentiel n’est pas intervenu, en revanche on peut s’interroger sur les intentions de RTL : virer un malotrus parce qu’il est malotrus ou parce qu’il a offensé la « première dame » ?

    @Flash : je ne sais pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 16:57

  5. @ Flash : même si son tweet avait été rédigé dans un cadre privé, il n’est pas certain que le licenciement soit injustifié pour autant. Il est journaliste, et à cet égard mieux à même que quiconque pour apprécier la portée de son écrit, la diffusion à une large audience de son écrit rejaillit sur son employeur. Du coup, le licenciement pourrait être justifié. Les prud’hommes sont de plus en plus regardant sur les NTIC, cf l’affaire du CPH de Boulogne où des salariés avaient utilisé facebook pour publier des commentaires acerbes sur une collègue, accessibles à leurs amis et aux amis de leurs amis. Le licenciement pour faute a été reconnu valide. Je crois que cette affaire est pendante devant la Cour d’appel. Néanmoins, je crains que le licenciement puisse être considéré comme fondé. ( Cf dans le même genre le licenciement de Galliono par Dior).

    @ Aliocha : merci pour ce blog que je suis très régulièrement !

    Commentaire par Titaude — 11/05/2012 @ 18:30

  6. On ne devrait jamais être grossier. On ne devrait jamais non plus accabler autrui, pour grossiereté ou autre chose.

    Emmanuel Berl, dans son livre d’entretiens avec Modiano, raconte une anectode vécue par sa mère. Dans une réception elle entend fortuitement les propos stupidement antisémites de deux dames de sa connaissance. Loin de faire un esclandre, elle s’est alors efforcée tout au contraire de ne pas se montrer, sachant bien qu’elles auraient été confuses de savoir qu’elles avaient été entendues. Et elle ne voulait pas être la cause, même indirecte, et bien involontaire, de leur confusion. Suprême maîtrise de soi et suprême délicatesse, non ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 11/05/2012 @ 19:07

  7. @laplume

    Ouais…. personne ne trouve que ca sort du style du bonhomme, il était tout le temps comme ça. on le vire juste maintenant et tout le monde trouve ca normal. Ca doit être le vote utile qui continue, ca pourrait être pire, il l’a bien cherché blablabla. pareil que laporte, guillon, dahan et le reste….. autre face de la pièce, même monnaie.

    Commentaire par herve_02 — 11/05/2012 @ 19:15

  8. @Titaude : merci, c’est gentil 😉
    @Denis Monod-Broca : hélas, quel contraste entre ce que vous décrivez et ce que j’évoque…sans aller jusqu’à dire que cette délicatesse est d’un autre temps, j’ai tendance à croire que la perception de celle-ci comme admirable, elle, est en partie dépassée. Dommage.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 19:20

  9. @herve_02 : à ceci près que les humoristes bénéficient d’un statut particulier, à juste titre. On ne fait pas rire en décrivant des qualités. Quant aux subtils mots d’esprits, voilà bien deux siècles qu’ils n’ont plus court (vous avez vu le film Ridicule avec Rochefort ?). Le lourd et le gras ont le vent en poupe. Cependant, que je sache, un commentateur sportif n’est pas un comique, même s’il fait souvent rire…

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 19:23

  10. Il est curieux qu’on ne tolère pas sur tweeter des plaisantreries non moins grossières grossières, somme toute, que celles que les Guignols de l’info nous infligent quotidiennement. Est-ce le « médium » qui est ici en cause : tweet ou Canal ? Ou est-ce la personne qui lance la vanne ? Je ne dis pas cela seulement pour polémiquer. C’est à mes yeux une vraie question de savoir si et pourquoi la nature du medium modifie notre appréciation du tolérable et de l’intolérable…

    Cela dit, licencier quelqu’un pour une mauvaise vanne, je croyais que c’était une pratique révolue depuis que la PAF n’est plus inféodé à Sarkozy…. (Là, certes, je polémique)

    Quoi qu’il en soit, des excuses publiques, proportionnées à l’offense, n’auraient-elles pas suffi ? Et permis d’éviter que cette grasse plaisanterie ne s’ébruite très au delà du cercle des tweeters salviacophiles ? ..

    Commentaire par Physdémon — 11/05/2012 @ 19:50

  11. Pardon Aliocha, mais ne vouliez-vous pas écrire « … ils n’ont plus cours » ?

    Commentaire par XC — 11/05/2012 @ 19:52

  12. @laplume

    ouais, je botte en touche …

    c’est la liberté d’expression à géométrie variable, je regarde qui a dit le propos et non le propos en lui même, à la tête du clientc et suivant ce qu’on veut analyser, ou qui on veut enfoncer.

    si dugland dit « les filles baissez utile, tapez vous un politique et le bon », c’est drôle et faut surtout pas le punir parce que liberté d’expression, blablabla, toussa.
    si c’est ducond, ça devient grossier machiste et ca mérite qu’on le renvoie. ouais, je comprends le problème que les journalistes ont avec l’information : elle est fluctuante suivant ce que l’on a envie de faire passer comme message.

    mais c’est chez vous ici, vous être dieu la maîtresse… ce que j’en dis.

    Commentaire par herve_02 — 11/05/2012 @ 20:03

  13. « L’outil n’est évidemment pas en cause, son utilisation, si »

    Eh oui, ce sont bel et bien les hommes qui manient les outils. A eux d’en avoir la responsabilité. Vous mieux que quiconque ici devriez le savoir pourtant.
    L’application de la loi est large. Et il y a toujours les Prud’hommes si l’impétrant se sent lésé par son éviction, ce qu’il réfute.

    Pour la question des Guignols : Ils sont quand même relativement mesurés, ou utilisent le pastiche assez allègrement pour ne pas être mis en cause (quand bien même c’était souvent limite). Là c’est différent, on parle d’un homme et d’un seul, et d’une phrase et d’une seule.
    Quiconque s’expose à ce genre d’exercice en public est susceptible d’en subir les conséquences. Internet n’est pas un défouloir, les lois s’appliquent bel et bien, même si l’ancien gouvernement ainsi qu’une partie du prochain le qualifiaient de « zone de non-droit » assez souvent pour que ça en soit risible.

    Commentaire par Vince — 11/05/2012 @ 20:24

  14. @Physdemon : ce cas est un grand classique du danger d’internet pour la sérénité des relations salariales. Il y a le cadre qui publie sur Facebook des photos de lui, nu, à une fête. Celui qui dézingue sa boite dans un blog à l’anonymat incertain. Et puis le commentateur sportif qui ose une vanne grasse sur la nouvelle première dame. Juste/pas juste, en réalité cela dépend de l’appréciation de l’employeur au regard de l’image qu’il veut donner de son entreprise. A charge pour les prud’hommes de trancher entre la liberté d’expression d’un côté et l’atteinte que prétend avoir ressenti RTL du fait du propos de l’un de ses pigistes. Ici, cela me choque moins que dans l’affaire du couturier viré de Dior pour de vrais propos de comptoir cette fois, sous l’emprise de l’alcool. Quant aux humoristes, il bénéficie d’une tolérance particulière parce que leur métier est de faire rire et qu’on fait rarement rire en présentant des compliments. Maintenant, Guillon aurait tweeté la même vanne, il aurait sans doute eu aussi des ennuis, car il ne s’agit pas d’un sketche. Notez, ce n’est pas moi qui fait la jurisprudence, je raisonne tout haut, sans garantie aucune d’être dans le vrai.

    @herve_02 : nous sommes d’accord sur le fait que l’indignation est à géométrie variable et surtout dictée à peu près tout sauf le propos concerné. Ce qui ne change rien au fait que si on s’abstient de dire des conneries en public, c’est-à-dire si on prend conscience que la blague grasse peut venir aux oreilles de l’intéressé, toucher un large public et donc être gravement offensante, on évite de blesse et, par conséquent, de se retrouver dans la panade. Sauf si on est humoriste parce que l’humour sans la capacité d’écorcher, ça ne nous laisse rien d’autre que Michel Drucker.

    @Vince : l’histoire de la zone de non droit est vraie et fausse à la fois. Fausse parce que le vide juridique n’existe pas et que nos textes sont ainsi faits qu’il n’ont pas besoin d’être modifié à chaque innovation technologique pour leur être théoriquement applicables. La diffamation se fout de savoir si elle est sur papier ou sur Internet. Maintenant, pour appliquer la loi concrètement, c’est une autre histoire et c’est là que surgit le « non-droit ».

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 21:01

  15. @XC : en effet, si seulement c’était ma seule faute…. 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 21:32

  16. « Ici, cela me choque moins que dans l’affaire du couturier viré de Dior pour de vrais propos de comptoir cette fois, sous l’emprise de l’alcool. »

    Chère Aliocha, votre partialité m’étonne. Les propos de Galliano étaient de pures et simples provocations antisémites, qui ne véhiculaient aucune leçon de morale. La blague de Salviac est sans doute de mauvais goût mais elle a au moins le mérite d’exprimer une remontrance et de poser une vraie question : les connivences entre femmes journalistes et politiciens ne sont-elles pas dommageables au bon ordre politico-médiatique ? N’a-t-on pas trop vu de femmes journalistes lier leur destinées à celles de ministres : cf Anne Sinclair, Christine Ockrent, Audrey Pulvar, Marie Drucker, Béatrice Schönberg… Et si, comme on peut le supposer, ces personnalités célèbres ne sont que la surface émergée de l’iceberg, cela peut signifier que les milieux politiques et journalistiques ont coutume de frayer ensemble plus que ne peut l’admettre la déontologie. Salviac , avec un sens de l’humour épais mais bonhomme, s’est donc fait le relais d’une irritation populaire perceptible dans les conversations de comptoir et pas tout à fait infondée. Car si nombre de journalistes supposées interroger sans concessions les grands de ce monde s’envoient en l’air avec eux dans le secret des alcôves, comment croire à leur objectivité ?

    Bref, comme Schneidermann, je soupçonne que Salviac n’ait pas été sanctionné pour le mauvais goût de sa plaisanterie mais pour la pertinence de son impertinence.

    Commentaire par Physdémon — 11/05/2012 @ 21:33

  17. @Physdémon

    quel mauvais esprit voyons…… sauf pour les humoristes qui ont un statut spécial car on ne fait pas rire en parlant des qualités.

    Commentaire par herve_02 — 11/05/2012 @ 21:38

  18. @Physdemon : Il y a plusieurs problèmes dans cette histoire.
    Son licenciement concerne son rapport entre lui et son employeur. C’est une relation qu’on qualifie de droit privé parce qu’elle intéresse deux parties privées, contrairement au pénal qui concerne un individu face à la société ou au droit public qui regarde les questions dans lesquelles une partie au moins est publique (au sens de l’administration). Donc on peut discuter de savoir si ça mérite ou pas un licenciement, mais la réponse finale appartient à l’employeur et, éventuellement, à la justice en cas de conflit.

    Ensuite, on peut se demander comme Daniel si RTL ne se couche pas par anticipation devant le prince et ça, c’est une question qui nous regarde tous mais à laquelle je crains que nous n’ayons jamais de réponse.

    Il y a aussi la question que je soulève, très banale, sur les limites de la liberté d’expression. Et si je la soulève, c’est parce que, en tant que journaliste, juriste de surcroit, je suis habituée à écrire prudemment. La journaliste sait que les médias hystérisent l’information, que le propos de machine à café parfaitement anodin devient une bombe dès lors qu’il est publié, fut-ce dans une feuille de chou confidentielle. Au point qu’il m’arrive de mettre en garde mes sources sur les dangers qu’elles courent à me parler, même de sujets techniques sans grands enjeux, tant il y aura toujours un public pour s’en offusquer. Quant à la juriste (voilà que je parle comme Delon 😉 ) elle sait que les écrits restent et qu’il convient donc d’écrire avec prudence.

    Vous en soulevez une autre ( de question, pas de juriste !) qui serait en quelque sorte l’exception de vérité que l’on peut opposer quand on est l’objet d’une attaque en diffamation : oui, ce que j’écris porte atteinte à l’honneur et à la considération, mais il se trouve que c’est vrai et en voici la preuve. Sauf qu’en l’espèce, rien ne dit que VT ait développé une relation avec FH par pure ambition. Je vous avoue, mais ça reste entre nous, que je n’ai pas trouvé l’allégation de Salviac particulièrement choquante et qu’elle est même assez juste, j’en ai des exemples autour de moi. Je trouve qu’en effet il y a un problème de proximité entre journalistes et pouvoir dans notre pays. Personne ne peut le nier. L’ennui en l’espèce, c’est qu’il désigne une personne en particulier et lui dresse un procès d’intention. Il est d’ailleurs plus dans l’injure que dans la diffamation (con est injurieux, ce n’est pas l’imputation d’un fait précis, voleur est diffamant – pour faire simple -). Bref, même si ce qu’il dit vous semble juste ou à tout le moins probable, il n’en demeure pas moins que c’est injurieux. Et puis entre nous, les femmes ont bon dos dans cette histoire, vous ne croyez pas qu’il existe des camaraderies masculines au moins aussi fortes que les relations de couple ?

    Quant à la distinction entre l’affaire Galliano et celle-ci, croyez bien que je suis loin d’être partiale. Non seulement je n’ai pas envie de défendre VT, mais elle incarne au contraire quelque chose de très nuisible pour notre métier (moins toutefois qu’Audrey Pulvar interviewant des UMP chez Ruquier, ce que je trouve proprement scandaleux). Je pense simplement, et là je raisonne en juriste, qu’entre un type aviné qui dit des conneries devant un public restreint et un journaliste qui rédige un tweet (donc un message largement diffusé et susceptible de venir aux oreilles de sa cible et d’être par ailleurs lu par des milliers de personnes), il y a une vraie différence. En clair, je milite pour la liberté dans les bistrots et la tenue dans les médias. Ce qui n’est jamais que la fameuse distinction entre vie publique et vie privée. Quand vous parlez en privé, vous vous adressez à des gens qui vous connaissent, qui peuvent faire la part des choses, ou vous mettre leur poing dans la tête. Quand vous vous exprimez en public, vous prenez une vraie responsabilité, vous pouvez blesser, être mal interprété, bref, c’est totalement différent. Le problème de Galliano, c’est qu’il est un personnage public et que son employeur a trouvé nuisible à son image d’être associé à des propos racistes. Je le comprends, mais je continue de penser que même les personnages publics ont le droit de dire des conneries au bistrot sous l’effet de l’alcool.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 22:03

  19. @Herve_02 : je me trompe ou vous me soupçonnez de corporatisme féministe ? Je vais vous faire une confidence, je préfère ne pas vous dire ce que je pense de mes consoeurs en couple avec des politiques et qui continuent d’exercer. Mais là n’est pas le problème, accordez-moi la capacité de penser autrement qu’en termes de solidarité féminine et professionnelle, je considère très sincèrement qu’on a une mauvaise perception de la liberté d’expression sur Internet et que Salviac a déconné. Si j’ai pris un pseudo ici, ce n’est pas pour me cacher, c’était au départ par méfiance à l’égard de la mémoire du web et ensuite je l’ai conservé pour créer une distinction entre ce que j’écris pour le compte de mes employeurs et ce que j’écris à titre personnel. Un jour viendra, assez proche, où je lèverai l’anonymat pour des raisons pratiques, mais la distinction des signatures demeurera par délicatesse à l’égard des journaux qui m’emploient. Ce que je veux dire c’est que lorsqu’on a une signature publique, on doit faire un minimum attention parce qu’il y a forcément une confusion possible entre soi et le média qui vous emploie.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/05/2012 @ 22:18

  20. Deux choses :
    – une personne parlant publiquement à un public se doit d’être irréprochable parce qu’elle est un exemple … A force de décomplexer, plus personne ne se tient.
    – à quoi est-il possible de s’attendre de la part d’un journaliste sportif, si ce n’est qu’à des blague de vestiaires … Sauf que c’est l’audience Twiter qui change tout …

    Commentaire par fultrix — 11/05/2012 @ 22:50

  21. Merci pour ces précisions très éclairantes.

    Commentaire par Physdémon — 11/05/2012 @ 23:03

  22. Je ne suis pas tout à fait certain que RTL n’ait pas utilisé ce dérapage pour se débarrasser de Salviac.
    – il compte se présenter aux législatives (ça peut quand même poser un problème)
    – il est familier du dérapage (mais d’habitude ça reste sur des rugbymans: l’audience est limitée)
    – il ne représente rien pour les nouvelles générations de supporters de rugby attirés par l’arrivée de nombreuses stars dans ce sport (et qui n’en connaissent pas forcément bien toutes les subtilités), tout en étant jugé parfaitement incompétent par les « acharnés »…. son seul attrait pour la station est le côté nostalgique que peuvent connaitre certains qui acceptent de passer sur toutes les âneries qu’il peut accumuler.

    En résumé, Salviac c’est le Thierry Rolland du rugby, sauf qu’au foot, tous les supporters de plus de 30 ans connaissent Rolland alors qu’au rugby une grande partie des supporters ont commencé à se passionner pour ce sport après que Salviac ait quitté les antennes…. pour un supporter récent du rugby, les spécialistes sont ceux de canal+ ou de récent retraités, pas Salviac.

    http://boucherie-ovalie.org/2012/05/10/5603/
    (le départ de Salviac vu par un blog rugby-centré très second degré)

    Commentaire par JaK — 12/05/2012 @ 00:11

  23. @Aliocha (19) : C’est marrant, c’est plutôt quand Mme Pulvar interroge quelqu’un de gauche que ça me choque. Pulvar, on sait d’où elle parle, ça clarifie un peu les choses (comme à l’américaine). Contre une personnalité de droite, on ne pourra pas l’accuser de complaisance. Après reste le travail journalistique : les questions sont-elles pertinentes, les faits mentionnés sont-ils avérés … ce qui a plus avoir avec la qualité professionnelle de la journaliste qu’avec son positionnement politique.

    Commentaire par kuk — 12/05/2012 @ 01:11

  24. Il me semble que l’on oublie un détail qui a pesé: M.Salviac n’a pas juste insulté Mme Trierweiler. Il a insulté toutes les femmes journalistes. Si sa petite connerie avait été simplement de dire que Mme Trierweiler avait couché pour se rapprocher du pouvoir, elle aurait été tout autant ignoble et stupide, mais elle ne lui aurait pas forcément coûté son poste. Mais il a conseillé à toutes les femmes journalistes de coucher. Pas pareil… Je comprends très bien que dans la rédaction de RTL il y a pu avoir pas mal de voix pour demander sa tête.

    En tout cas cette affaire servira peut-être de leçon. On a le droit d’être un gros con, même en public. Mais si on le crie dans un mégaphone il est normal qu’il y a ait des retombées.

    Commentaire par gwynfrid — 12/05/2012 @ 12:34

  25. Je pensais qu’un acte lié à la vie personnelle du salarié ne pouvait jamais fonder un licenciement disciplinaire (je peux me tromper, hein), sauf si cela traduisait un manquement à une des obligations essentielles du contrat de travail (par exemple, l’obligation de loyauté).

    Là, il aurait pu être licencié pour trouble objectif…et encore, je suis très curieux de voir l’ampleur réel dudit trouble. Pouvoir potentiellement déplaire au Prince, c’est quand même difficile à plaider.

    Et on pourrait essayer de dire qu’étant journaliste, tout commentaire sur la vie politique est liée à sa vie professionnelle. Ce qui limiterait singulièrement la liberté d’expression des journalistes (un comble) : un livre, rédigé hors du travail, pourrait devenir un motif de licenciement s’il déplaît ; ou un commentaire sur un blog, écrit le WE.

    Commentaire par Flash — 12/05/2012 @ 12:47

  26. @ gwynfrid :

    Je pense à un autre paramètre : la récidive.

    Pierre Salviac s’est livré à ce genre d’exercice de manière répétée. Et il arrive toujours un moment où l’on présente l’addition au mauvais plaisant.

    Ça me fait penser à ce qui est arrivé à Christian Vanneste. Je me souviens avoir été sensible au propos d’Elisabeth Lévy le concernant. Mais pour moi trop, c’était trop. Monsieur Vanneste a été sanctionné pour une mauvaise raison en l’espèce, mais la sanction était méritée sur le principe.

    Et puis tiens, ça me ramène aussi à Didier Porte, et son syndrome de Tourette qui affectait Dominique de Villepin dans un de ses papiers de la matinale de France Inter…

    Commentaire par Zarga — 12/05/2012 @ 13:44

  27. @Kuk : à la réflexion, vous avez raison. C’est juste que j’avais en mémoire son accrochage avec Copé, et le ton que je trouvais plus militant que journalistique. Mais le vrai problème d’indépendance concerne davantage ses relations avec ses « amis » qu’avec l’opposition…

    @Flash : il est chroniqueur notamment de RTL, donc on peut considérer que lorsqu’il s’exprime, il engage la radio malgré elle. Mettons le droit de côté, je ne suis pas une spécialiste du droit du travail, il y a quand même un manque de délicatesse, d’intelligence, de retenue.

    @Jak : merci pour ces précisions intéressantes, n’étant pas une fanatique de sport, j’ignorais sa réputation.

    @zarga : m’est avis qu’il faut toujours garder présente à l’esprit la distinction entre humoriste et politique/journaliste/internaute, même s’il est vrai que les humoristes aussi peuvent aller trop loin, simplement les bornes pour eux sont un peu plus loin que pour les autres. De la même façon que, si ma mémoire est bonne, dans le litige qui a opposé Metzner et Kiejman, le premier s’estimant victime d’une diffamation par le second à propos de la responsabilité des enregistrement pirates, le tribunal a noté qu’un avocat avait plus de liberté de parole qu’un journaliste. En clair, les choses s’apprécient au regard du métier, des circonstances, de la nature des propos, du contexte, du mode de diffusion etc.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/05/2012 @ 14:00

  28. @laplumedaliocha : je m’interroge juste sur le licenciement. Outre la qualité des propos et le fait de les tenir en public (je partage votre analyse, je ne vais donc pas répéter ce que vous avez si bien dit), je me demande simplement si le licenciement était la réponse adéquate.

    Pour être franc, je ne le pense pas.

    De mémoire, on a un arrêt du 9 mai 2011 (chambre sociale, logiquement), visant un journaliste. Il avait écrit un livre (le mur de Sharon, ou quelque chose de ce genre) concernant Israël. Comme tant de choses concernant Israël, cela a dérapé et viré à l’hystérie. Les syndicats et les journalistes ont demandé son licenciement ; il a été licencié pour faute grave.

    Et là, patatra : le licenciement est requalifié de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Pourquoi? Parce que l’employeur ne peut licencier pour faute un fait relevant de la vie privée du salarié. Il est maître en son entreprise, il n’est pas maître dans tous les domaines de la vie du salarié. A fortiori, il n’a pas à licencier pour complaire aux syndicats, pour flatter la susceptibilité d’autres salariés ou pour faire acte de soumission à l’Etat.

    Dès lors, si on licencie ce monsieur pour faute grave pour ses propos tenus sur tweeter, ce serait d’abord une erreur juridique. Ensuite une erreur politique : allez expliquer, en cas de contestation, que la peur de déplaire au pouvoir constitue un trouble objectif (si c’est le motif retenu). Ca risque de le faire moyen, pour un média qui se voudrait indépendant. Enfin, je me demande quand même ce qu’on lui reproche exactement. De dire, sur un ton très provocateur, que les journalistes sont souvent dans le lit des politiques?

    Bah on ne peut pas nier qu’il y ait des « interconnexions ». Et que ça peut booster une carrière, d’avoir de bonnes relations.

    Bref, beaucoup de bruits pour rien, et une réaction qui me semble tout à fait disproportionnée.

    Commentaire par Flash — 12/05/2012 @ 14:39

  29. Aliocha : « Cela étant si le couple présidentiel n’est pas intervenu, en revanche on peut s’interroger sur les intentions de RTL : virer un malotrus parce qu’il est malotrus ou parce qu’il a offensé la “première dame” ? »

    Pour moi, il est évident que RTL a fait preuve d’une servilité qu’on ne lui demandait pas. La meilleure preuve étant qu’on entend le même genre de propos de beaufs que celui de Salviac à l’antenne de toutes les radios périphériques (Europe 1, RMV, RTL) sans que ça prête à conséquence. C’est donc bien parce qu’il était question de la meuf du président que Salviac a été lourdé.

    Commentaire par Gilbert — 12/05/2012 @ 14:40

  30. @ Denis Monod-Broca (commentaire n° 6)
    Décidément, c’est de famille. Contrairement à vous, je ne me réjouis pas d’une telle attitude que vous qualifiez de « délicate » et qui n’est pour moi que pleutrerie (ou intérêt d’appartenance de classe). Berl lui-même ne s’indignait tellement pas des propos antisémites qu’il écrivit les discours du Maréchal (« la terre qui ne ment pas… », c’est de lui).

    Commentaire par Gilbert — 12/05/2012 @ 14:45

  31. Autre réflexion : le « monsieur » est jaloux !
    Pensez donc, seules les femmes peuvent recourir à ce procédé … Pour y remédier, il faut qu’il milite en faveur de la parité de candidature pour qu’il parvienne à trouver « chaussure à son pied » … si vous me permettez l’expression.

    Commentaire par fultrix — 12/05/2012 @ 19:24

  32. Pour un éclairage sur ce que peuvent en penser des gens qui connaissent bien à la fois le milieu du rugby et celui du journalisme:
    http://contre-pied.blog.lemonde.fr/2012/05/12/adieu-salviac/#xtor=RSS-3208
    Par Olivier Villepreux, journaliste sportif (l’Equipe, Libé et maintenant Le Monde) et fils de Pierre Villepreux ancien joueur toulousain, capitaine de l’équipe de France, ancien entraineur de Toulouse et de l’équipe de France, et réputé être un des grand théoricien du rugby moderne (il est actuellement directeur technique national).

    Commentaire par JaK — 12/05/2012 @ 19:52

  33. Ne parlez donc pas bêtement d’atteinte à la liberté d’expression…

    La liberté, ce n’est pas faire – ou dire- n’importe quoi !

    Et ne tendez donc pas le bâton à ceux qui sont contres les libertés justement, ils en profiteraient pour vous prendre au mot, et assimiler comme vous, Aliocha, « liberté d’expression » et « connerie »…
    Et comme on ne peut être que contre la connerie, la « liberté d’expression » doit disparaître ! (à ce compte là)

    Commentaire par Abd Salam — 13/05/2012 @ 01:16

  34. P.S. : Et en passant, les religions n’ont pas le monopole du principe de « respect d’autrui »…

    Ce serait même le contraire… les « grandes » religions n’enseignent pas le respect de tous, mais le respect de ceux qui appartiennent à la même religion. Et encore…
    Les trois « grands » monothéisme enseignent le respect de la création de « dieu ». C’est déjà plus la même chose.
    (désolé, on sort du sujet là… mais faut arrêter les contre-vérités quand même)

    Commentaire par Abd Salam — 13/05/2012 @ 01:22

  35. @Abd Salam : vous devriez lire avant de commenter, je vous assure que ça aide….

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/05/2012 @ 09:42

  36. Il a insulté toutes les femmes journalistes, en effet (gwynfrid 24)

    Sur les grands media de masse, le conformisme est de rigueur, dîtes-le avec humour.

    http://www.liberation.fr/medias/2012/05/11/tele-francois-hollande-tenu-en-leche_818153

    Au moins, ils ne contestent pas la légitimité de l’alternance.

    La presse exerce son humour, salutaire.
    http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/11/moi-president-asseyez-vous_818175

    Commentaire par Schmilblick — 13/05/2012 @ 15:08

  37. […] => Les meilleures querelles sur Twitter . 10/05/2012. «Quand les règlements de comptes se font en direct et en public, la twittosphère prend des allures de ring (…).» Source : http://www.lepoint.fr/art-de-vivre/les-meilleures-querelles-sur-twitter-10-05-2012-1459906_4.php Billets en relation : 11/05/2012. Twitter n’est-il qu’un repaire de grandes gueules ? : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/05/11/twitter-n-est-il-qu-un-repaire-de-grandes-gueules_1699073_651865.html 11/05/2012. Les tweets ne volent pas : laplumedaliocha.wordpress.com/2012/05/11/les-tweets-ne-volent-pas/ […]

    Ping par Réseaux sociaux et communautaires 2012 S19 | La Mare du Gof — 14/05/2012 @ 13:26

  38. @ Gilbert

    Qu’est-ce qui « est de famille » ? La pleutrerie chez les Berl ? Ai-je bien compris ?
    1/ il est toujours curieux de se laisser aller à ce genre d’amalgame : « si ce n’est toi, c’est donc ton frère ».
    2/ le fait qu’Emmanuel Berl ait rédigé des discours pour Pétain jusqu’en juin 40 ne suffit pas à le ranger parmi les pleutres, ni parmi les antisémites.
    3/ la sagesse, je le maintiens, et le courage sont du côté de ceux qui ne cédent pas à la tentation de la violence (même si cela leur vaut de se faire injurier, y compris post mortem)

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 14/05/2012 @ 19:58

  39. @ Denis Monod-Broca,
    Que vous appeliez « de la délicatesse » le fait d’entendre des propos antisémites et prendre sur soi pour ne pas faire un esclandre, j’appelle ça, pour ma part, de la complicité passive. Nous n’avons pas les mêmes valeurs et nous ne sommes pas du même monde. Je m’en félicite.

    Commentaire par Gilbert — 15/05/2012 @ 18:50

  40. @ Gilbert

    Otez-moi d’un doute : vous savez ou vous ne savez pas qu’Emmanuel Berl et sa mère étaient juifs ? Si vous ne le saviez pas, il convient que reconsideriez votre position en fonction de ce fait nouveau, nouveau pour vous au moins. Si vous le saviez, comment pouvez-vous accuser de complicité d’antisémitisme une personne juive en butte à l’antisémitisme ? Cela n’a pas de sens. C’est tomber dans la plus grave des confusions. Le bourreau est coupable des coups qu’il porte, pas la victime des coups qu’elle reçoit.

    Dernier mot : désolé mais nous sommes « du même monde », car il n’y a qu’un monde, et que nous y sommes frères, ne vous en déplaise…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/05/2012 @ 21:51

  41. Denis Monod-Broca
    Vous me prenez pour un con ? Bien sûr que je le sais que Berl était juif. Et alor ? En Europe de l’Est, les Judenrat ont été impliqués dans les déportations. Dans certains ghettos de Pologne, les dirigeants des communautés juives ont fourni des listes de personnes à déporter. En France, l’UGIF, encore heureux, n’a pas participé aux arrestations, confié à la police, mais les braves gens de l’UGIF, qui s’occupaient des rafflés du Vel’ d’Hiv’ et d’ailleurs, ont joué leur rôle auprès des Allemands en dissuadant toute velléité de révolte ou d’évasion (une scène de la série « Un village français » le montre bien). L’UGIF a clairement fait un distinguo entre « les bons juifs », les Juifs français, et les Juifs étrangers. Si un jour vous avez l’occasion de croiser l’historien Maurice Rajsfus, ancien rescapé de la rafle du Vel’ d’Hiv’, demandez lui ce qu’il pense de l’UGIF. Être juif n’exonère de rien. Et les bons sentiments peuvent conduire à faire les pire conneries.
    Je ne suis pas votre frère.
    À bon entendeur…

    Commentaire par Gilbert — 16/05/2012 @ 23:35

  42. @ Gilbert
    Il vous plait de désigner des coupables et de les accuser, manifestement. Ne vous rendez-vous donc pas compte que voir des antisémites partout et les accuser de tous les maux n’efface pas la faute d’hier consistant à voir des juifs partout et à les accuser de tous les maux ? Cela la répète, c’est la même faute. On a toujours tort, se faisant justicier, voulant rendre la justice à la place de la justice, oubliant la poutre qu’on a soi-même dans l’oeil, d’accuser autrui, pour la paille qu’on voit dans son oeil à lui. Toujours.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 17/05/2012 @ 09:55

  43. @Gilbert : on se calme. J’adhère aux arguments de DMB, mais j’ajouterai que le spectre de Savonarole m’a toujours fait frissonner. Je lui préfère largement Fra Angelico qui vécut dans le même monastère dominicain de San Marco, à Florence 😉 L’un voyait le mal partout, l’autre n’apercevait que le bien, le premier a semé la terreur, le second a enfanté la lumière…j’entends par là que la capacité de révolte est indispensable mais qu’elle peut se transformer en rage aveugle et destructrice.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/05/2012 @ 10:34

  44. @ Aliocha
    Et d’une, je n’ai traité personne d’antisémite, contrairement à ce que dit ce triste individu. Deuxièmement, je prétends que la révolte et la désobéissance peuvent être bien plus salvatrices que la soumission et l’obéissance aveugle ou même que le boy-scoutisme ou le babacoolisme des illuminés qui ne voient que le bien en toutes circonstances. Personnellement, ce n’est surtout pas du côté de la religion que j’irais chercher mes références. Mais plutôt du côté de l’histoire contemporaine. Si vous aviez assisté comme moi au procès Papon, vous sauriez que c’est ceux qui ne voyaient que le bien qui étaient dans l’erreur. Que dis-je, dans la faute. Et si vous avez vu le documentaire que vous m’avez signalé sur Douch et M° François Roux, ce genre d’évidence devrait vous sauter aux yeux.

    Commentaire par Gilbert — 18/05/2012 @ 03:03

  45. Le « triste individu » renonce à poursuivre la polémique

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 18/05/2012 @ 09:01

  46. @Gilbert : mesurez vos propos, voulez-vous ? Vous ne voyez pas que vous êtes en train d’agresser quelqu’un qui ne vous a rien fait simplement parce que vous n’êtes pas d’accord sur l’interprétation d’une réaction ? Et vous venez ensuite donner des leçons de lutte contre la violence aveugle ? Je demande à ce que ce blog reste un lieu de désaccord pacifique. Ce n’est pas en cassant la gueule des commentateurs qui ne sont pas de votre avis que vous sauverez le monde. En revanche, vous blessez inutilement, et ça je ne l’autorise pas.

    @DMB : désolée, j’étais en week-end, sinon, j’aurais rappelé à l’ordre plus tôt.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/05/2012 @ 12:34


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