La Plume d'Aliocha

07/05/2012

48,4% de salauds

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 13:54
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En observant ce matin la joie du clan vainqueur et les débordements de mes potes journalistes de gauche, Edwy Plenel lançant un « Enfin libérés », Daniel Schneidermann saluant la fin d’un « monstrueux carnaval » et d’autres encore, je me suis demandée un peu naïvement, j’en conviens, si un pays qui compte 48,4% de salauds, d’égoïstes, d’imbéciles, d’aveugles, de riches, de réactionnaires, d’individus vulgaires, bref si un pays dont près de la moitié des citoyens a voté pour le « voyou de la République »  était encore une démocratie. J’avoue n’avoir pas de réponse à cette question. Convenez qu’elle donne le vertige. Il me semble qu’il faudra du temps pour que s’efface la tache imprimée dans la vie politique française par les excès médiatiques à l’encontre du président sortant. Le problème, quand on s’insulte, c’est qu’il faut savoir si derrière on pourra encore se supporter, ce qui généralement incite à un brin de retenue. Celle-là même qui a fait défaut ces dernières années. La gauche le sent si bien que depuis ce matin elle trifouille du derrière, consciente que si la critique est aisée…comme disait l’autre, l’art est difficile. Car il ne s’agit plus de conspuer un adversaire au costume idéal de Iago, mais de se retrousser les manches pour montrer ce qu’on sait faire. En étant bien conscient au fond que les idées séduisantes risquent de se fracasser sur les dures réalités. Après tout tant pis, le navire peut bien couler, le tout c’est qu’on trouve le capitaine sympathique et que l’orchestre joue bien. J’avoue pour ma part avoir découvert le résultat de l’élection  hier soir avec soulagement. Non pas que j’aie plus confiance en François Hollande qu’en Nicolas Sarkozy pour nous sortir de la panade, mais simplement parce que je pense que la France n’aurait pas supporté  5 ans supplémentaires de ce climat médiatique puant.

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204 commentaires »

  1. Vous êtes ici chez vous. Libre à vous donc d’adopter cette neutralité : « Non pas que j’aie plus confiance en François Hollande qu’en Nicolas Sarkozy pour nous sortir de la panade… ».
    Il n’empêche : vous ne m’ôterez pas de l’idée que l’impétrant n’était pas pour rien dans ce « climat [médiatique] puant ».

    Commentaire par Ginkgo — 07/05/2012 @ 14:11

  2. 48,4? J’attends les dernières données exactes, mais en comptant grosso-modo
    6% de votes blanc, cela nous laisse 45,4 de salauds et 48,6 de gagnants (à
    la majorité relative et non pas absolue).
    J’attends avec impatience une analyse de votre part sur pourquoi les votes
    blancs sont généralement (systématiquement?) absents de toute
    interprétation globale.

    Commentaire par g2-aceb0c0267d29ed259acc084f48fef9a — 07/05/2012 @ 14:12

  3. Bonjour à vous.

    Je suis dubitatif. Non pas sur la vindicte médiatique qui a ses raisons (journalistiques et politiques, certains l’ont payé assez cher ces dernières années), mais sur ces 48 % de français qui ont voté pour un homme que tout le monde donnait perdant. Or la différence est d’environ 2 millions de personnes seulement.

    Je suis intrigué et pourtant : s’ils avaient raison ?

    Commentaire par marina1958 — 07/05/2012 @ 14:13

  4. « Il me semble qu’il faudra du temps pour que s’efface la tache imprimée dans la vie politique française par les excès médiatiques à l’encontre du président sortant. »

    Quid de la tache imprimée dans la vie politique française par les excès du président sortant ?

    Commentaire par Jor — 07/05/2012 @ 14:18

  5. Pour ma part, je trouve que M. Sarkozy a récolté ce qu’il a semé. Vous avez l’air étonné que quelqu’un qui ait méprisé tout ceux qui n’étaient pas avec lui et insulté moulte fois ne se prenne pas de retour de baton. Même indépendamment de sa politique, M. Sarkozy était un être facilement méprisable ; maintenant qu’il n’a plus le pouvoir les gens se réveillent.

    Commentaire par Ohlmann — 07/05/2012 @ 14:20

  6. Chère Aliocha,
    je crois que s’il n’y avait eu que le climat médiatique qui puait, le reste de la France l’aurait très bien supporté.
    Cette présidence nous a démontré qu’il est faux de prétendre que l’argent n’a pas d’odeur. L’air fétide qui empuanti tout le pays vient de la concentration du fric dans quelques poches. Peut-être pourra-t-il se dissiper quelque peu avec le départ de celui qui n’a cessé de favoriser ses amis et anciens clients. C’est à cela que la France vient de dire non et j’en suis fort aise, même si pour moi ce n’est pas spécialement la panacée. Le problème de la monarchie élective qu’est la 5e république risque de rester entier pour quelques lustres encore…..
    Lorsque la femme du ministre des finances travaille à plein temps à l’évasion fiscale d’une des plus grosses fortunes de France, c’est le signe que toute la gouvernance est pourrie jusqu’à l’os.
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 07/05/2012 @ 14:27

  7. Les « cass’ toi pov con » ou autres « descend le dire si t’es un homme », c’est quand même lui…Alors « enfin libérés » ou autres « monstrueux carnaval », j’approuve!!!

    Commentaire par Alix — 07/05/2012 @ 14:33

  8. Moi je suis doublement heureux car j’étais un salaud pour avoir voté Sarkozy en 2007 et je suis un bienfaiteur de l’humanité (pas le journal quand même!) en ayant voté Hollande en 2012. C’est trop chouette la politique en France.

    Sur l’excitation et l’emphase médiatique de ce jour, j’ai l’impression amusante de revivre mai 1981 où l’on avait l’impression d’être libéré d’une dictature féroce par des hommes tenant une rose dans la main.

    Bref, on a un nouveau président.

    Commentaire par Mussipont — 07/05/2012 @ 14:42

  9. Hum… pas 48,4 %, mais 21,19 % des suffrages exprimés, comme Hollande ne représentera jamais que 22,32 %, si on ôte les abstentions et les blancs ou nul… ça n’est pas juste d’englober les votes « par défaut » ou pour le « moins pire » du deuxième tour dans votre « humeur »…

    Et c’est bien ça un des problèmes de notre système électoral qui nous réduit à ce bipartisme, qu’il me semble vous honnissez tout également…

    Commentaire par Incognitototo — 07/05/2012 @ 14:52

  10. Non le problème ce ne sont pas les électeurs, mais Sarkozy et ce dans quoi il les a entraînés. sa responsabilité est entière, il a dû lui-même le reconnaître, car c’est ce qu’on pense à l’UMP.

    Maintenant que Sarkozy est sorti du jeu politique, par les élections, mais aussi par ses amis de l’UMP qui ont absolument besoin de se débarrasser de lui, -sans parler du fait qu’il aura à rendre des comptes à la Justice-, vous allez voir que cette violence, que vous avez attribuée à la campagne tout entière et non à Sarkozy qui en était pourtant le seul responsable, va disparaître.

    La page est tournée d’un climat de quasi guerre civile instaurée par lui.

    Voir le discours de Sarkozy à la Mutualité. Outre qu’une fois encore il n’a parlé que de lui, dans le registre du pathos, la réaction de haine de ses partisans hurlant contre le nouvel élu, ses partisans déchaînés qu’il ne parvenait pas à faire taire, est significative de la haine qu’il a semée et d’une très mauvaise réaction aux lois de la démocratie électorale.

    Quant à Schneidermann, son papier dans Libé, page Rebonds, dit tout très bien, je trouve, y compris sur les fictions nécessaires au pouvoir . * cf + bas

    Les 48% ne sont pas des salauds, il ne s’agit pas de s’en prendre aux personnes, mais il est vrai de dire que 48%, portés par leur culture et leur habitude de voter à droite, n’ont pas été arrêtés par un discours xénophobe, diviseur, alarmiste, ne jouant que sur les peurs, un discours extrêmement à droite. Et c’est un problème tout de même que leader de droite vont devoir réparer à l’évidence.

    Jamais le pays n’avait été aussi divisé, jamais la coupure qui sépare la droite de la gauche n’avait été aussi profonde, qui nous ramène à des périodes anciennes, où une partie des Français étaient stigmatisés comme de mauvais Français, Sarkozy s’appropriant le vrai patriotisme, la vraie nation, et terminant son discours avec Barrès : « la France éternelle ».

    * Libé Et Sarkozy cassa son beau miroir Par DANIEL SCHNEIDERMANN

    Quel final ! Ruth Elkrief, star de la chaîne d’info continue BFM, bombardée de bouteilles d’eau en plein meeting de Sarkozy, par des militants UMP en furie. Si l’on avait pu prévoir que le quinquennat s’achèverait ainsi ! Sarkozy termine donc son mandat dans l’insulte récurrente contre la presse, toute la presse (l’insolence de BFM est tout de même bien éloignée de celle de Mediapart), comme s’il voulait casser le miroir qui lui répéta naguère qu’il était le plus beau, le plus fort, le plus intéressant, le seul sujet possible de couvertures, d’éditoriaux et de commentaires.

    Parmi toutes les raisons de l’idylle du début de règne entre Sarkozy et les journalistes, il y eut celle-ci : par sa pratique de la transparence ostentatoire, par sa «décomplexion» affichée, il fut un cornet d’abondance à confidences, à rebondissements quotidiens, à bonnes histoires, dont raffolent les journalistes.

    Cela commença plusieurs mois avant l’élection, par la fameuse réplique «la candidature j’y pense, et pas seulement en me rasant». Quel culot ! Quelle transgression ! Ainsi inauguré dans la transparence ostentatoire, le quinquennat s’achève par la transgression apparemment inverse : une succession de mensonges, tout aussi ostentatoires, et totalement stupides (car décelables dans l’instant même où ils étaient proférés). Moi qui suis allé à Fukushima, je peux vous dire que… (il n’y est pas allé) ; je ne suis jamais allé collecter des fonds pour l’UMP à l’hôtel Bristol (une photo atteste du contraire) ; je n’ai jamais reçu les parlementaires UMP à l’Elysée (des dizaines de témoignages du contraire), etc. Enhardis par l’approche de la déroute, les journalistes ont commencé à relever ces mensonges, de plus en plus bruyamment.

    Sacrilège ! Le miroir, le beau miroir, osait lui renvoyer l’image d’un menteur. Et ce fut donc la guerre totale, les invectives du chef autorisant les agressions physiques des militants.

    L’insistance avec laquelle le sortant a traité Hollande de menteur, à plusieurs reprises au cours du débat du second tour, insistance d’ailleurs cruellement relevée par Hollande lui-même, est révélatrice du trouble profond qui s’est emparé de lui.

    Son psychanalyste va avoir du travail. Comment, en cinq ans, a-t-il pu passer d’un extrême à l’autre ? Comment, d’une volonté sans doute sincère de transparence, même si elle fut essentiellement inspirée par le narcissisme de l’iconoclaste (Les ai-je bien bravées, les règles ? Les ai-je bien rompus, les codes ? Les ai-je bien brisés, les tabous ?), comment a-t-il pu tomber dans le mensonge éhonté ? Son cas personnel importe peu. La réponse lui appartient, et à lui seul. Disons que dans la transparence ostentatoire, hypnotisés par la transparence, certains n’ont pas assez vu l’ostentation.

    De cette étonnante trajectoire, on pourrait tirer au moins une leçon : pour tout observateur professionnel, tout discours du pouvoir doit être a priori considéré comme une construction, et déconstruit comme tel. Même quand le sujet de ce discours est surtout une volonté de transparence. Il n’y a pas, il n’y a jamais, il ne peut pas y avoir, de transparence du pouvoir d’Etat. L’exiger, de la part des journalistes, est un exercice aussi voué à l’échec que d’exiger une pluie qui ne mouille pas, même si ce dialogue de sourds du journaliste qui exige la transparence, et du pouvoir opaque par nature, est lui-même fécond et nécessaire, comme le prouve l’exemple de Edwy «survivor» Plenel, devenu avec Mediapart le cauchemar de Sarkozy, comme il avait été, au Monde, celui de Mitterrand et de Chirac.

    La leçon est à retenir pour Hollande, dont on voyait déjà, dans les jours précédant le second tour, se mettre en place le storytelling de président normal. Il apparut dans les magazines, panier à la main, achetant sa compote dans les supermarchés. Il confirma à la radio : oui oui, il fait ses courses lui-même. Et même élu, si le frigo est vide, il reprendra le chemin de la supérette. Bref, la com présidentielle traditionnelle, celle d’avant Sarkozy, a redémarré plein pot. Les hollandistes objecteront peut-être que «c’est vrai», que Hollande est un homme simple et normal. Mais ce n’est pas la question.

    Peu importe avec quelle distance elle s’inspire du réel, cette fiction-là est à traiter comme toute fiction. On peut (solution radicale) estimer qu’il n’y a là qu’opium du peuple, leurre visant à détourner des «vrais problèmes», et y rester indifférent. On peut aussi l’analyser, tenter de comprendre quels messages elle véhicule. Mais surtout, ne jamais oublier que c’est une fiction.

    Commentaire par Schmilblick — 07/05/2012 @ 15:09

  11. « Climat médiatique puant », pourquoi ne pas dire « climat puant » tout court. Néanmoins, il me semble que notre pays emprunte un chemin similaire à d’autres, avec l’hystérisation du débat politique: GW Bush a été lui-même successivement traité d’imbécile, de conspirateur, de boucher sanguinaire, d’incapable et encore d’imbécile, avant de quitter la scène avec le titre heureux de « plus mauvais président de l’histoire des Etats-unis » (après Gérald Ford?).

    Enfin, il me semble que le Mitterrand d’après 88 était également la cible d’attaques féroces de la part de la droite – comme le sera probablement son lointain disciple de Corrèze. Les déceptions politiques prennent souvent la forme du dépit amoureux.

    Commentaire par Switz — 07/05/2012 @ 15:16

  12. Celui qui vote est responsable (adulte, capable en droit et non déchu de ses droits civiques, s’entend).

    Par contre, il faudrait se pencher sur le votant fermant convaincu que la France perd un grand homme en la personne de, ou qui a voté pour lui, malgré tout, parce que voter pour l’autre est insupportable, parce que dans la famille etc …

    Nous abordons là la notion de dissonance cognitive.

    Je suis certaine que cela ferait un très chouette papier …

    Commentaire par fultrix — 07/05/2012 @ 15:20

  13. Vous vous réjouissez à juste titre que l’élection de François Hollande nous sorte du climat médiatique puant de ces derniers temps. Malheureusement le répit risque d’être de courte durée. D’ici peu, tel que c’est parti, M. Hollande sera la cible de toutes les critiques, en proportion de l’engouement qu’il suscite aujourd’hui. On aime bruler ce qu’on adorait la veille encore. La seule chose à faire est de rester en retrait, de ne pas participer à l’hystérie, ni quand elle est enthousiasme ni quand elle devient curée…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 07/05/2012 @ 15:26

  14. Climat médiatique pourri: sans doute. Par contre, l’électeur moyen tel qu’interrogé par les journalistes du Monde (par exemple), se montre beaucoup plus sage et pondéré dès lors qu’il n’est pas militant de l’un ou l’autre parti. Les journalistes seront donc gentils de balayer devant leur porte et de ne pas prendre leur cas pour une généralité.

    Cela dit, comme d’autres commentateurs je trouve que les Plenel et autres Schneidermann ont des excuses à leurs excès. Entre les agressions verbales, les écoutes et les menaces de procès, ils ont eu une vie quelque peu stressée pendant cinq ans. Il y a de quoi devenir parano.

    Commentaire par gwynfrid — 07/05/2012 @ 15:44

  15. @Denis Monod-Broca : j’ai l’impression justement qu’il suscite assez peu d’engouement au fond, en tout cas dans les médias. La haine anti-sarko s’avère nettement plus forte que l’amour de Hollande, lequel amour d’ailleurs se nourrit essentiellement du ressentiment à l’égard du premier. La crise a visiblement tendance à rafraichir les esprits…

    @schmilblick : je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de transparence mais bien plutôt de transgression. En ce sens, il n’y a pas d’abord vérité détestable puis mensonge insupportable, mais en tout état de cause une action qui a tenté de s’émanciper des codes de la politique, c’est-à-dire de ses discours en demi-teinte, ses positions illisibles, ses masques et ses pudeurs. Face à cela, l’attitude de sphinx de Hollande était bien vue. C’est plus difficile de critiquer quand on n’est pas tout à fait sûr de comprendre 😉

    @switz : le dépit amoureux est typique des médias. Il y a une solution pour y échapper : s’empêcher d’adorer pour éviter ensuite de devoir détester. Hélas, je ne suis pas certaine que l’époque soit au triomphe de la raison…

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 15:49

  16. @gwynfrid : je me trompe ou l’idole politique du moment, Mitterrand, pratiquait les écoutes de plein de gens y compris de Plenel avec une totale décontraction ? Seulement voilà, un type de gauche qui fait un truc liberticide, c’est une regrettable erreur, un type de droite qui fait pareil c’est une salaud. Que voulez-vous, c’est comme ça depuis des décennies….Il y avait une interview rigolote de Delfeil de Ton chez @si il y a quelques semaines. A un moment, l’éditorialiste raconte en se bidonnant de rire le viol d’une femme par plusieurs hommes, en Afrique je crois. Et les lecteurs d’@si de réagir comme un seul homme : bah, ça ne peut pas être méchant puisque ça vient de Delfeil de Ton. CQFD (mais c’est fatigant, à la longue).

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 15:54

  17. Pour une fois, je vais être en léger désaccord avec vous Aliocha. Non pas que je nie l’existence des excès de certains médias. Je n’y reviendrai pas. Ils ne servent guère effectivement la cause de la presse.

    Mais j’aimerais modérer la ficelle éculée du « complot » médiatique que les perdants (droite ou gauche d’ailleurs) tirent systématiquement lorsque les choses ne tournent pas dans leur sens.
    Deux choses simplement :
    1/Nicolas Sarkozy ne s’est pas fait matraquer par toute la presse. TF1, Le Figaro, BFM, Valeurs Actuelles et dans une moindre mesure Le Point ont été à cet égard d’un suivisme tout aussi partisan. Avec mention spéciale au Figaro transformé en tribune du candidat. Et question poncifs, ils ont été légion. Je me croyais revenu en 1981 !
    2/Nicolas Sarkozy a été le premier à autant de servir des médias pour construire son image de héros politique des temps modernes. Et en 2007, très nombreux étaient les médias à lui faire les yeux doux. Ingratitude de certains ? Très probablement. Délivrance pour d’autres placardisés pour pseudo-outrage à la Sarkozie ? Très probablement également. J’en connais plusieurs à titre perso qui se font fait dézinguer de manière très peu respectueuse pour avoir osé émettre quelque chose qui déplaisait en haut-lieu

    Je ne suis pas pour autant pour le lynchage médiatique de Nicolas Sarkozy. La page se tourne et il ne mérite en rien qu’on l’assassine à ce point même si sa personnalité peut effectivement susciter des réactions et des allergies.

    Enfin, une précision, je ne suis pas électeur de gauche. Je le précise car je ne voudrais pas que ce petit commentaire soit mal interprêté ! Amicalement

    Commentaire par Olivier C — 07/05/2012 @ 16:05

  18. @ Aliocha: la grosse différence, c’est le temps. Les écoutes de l’Élysée ont été révélées en 1993: une affaire bien plus grave que celle des fadettes. Elles ont à l’époque contribué, avec plusieurs autres scandales, à la déroute historique de la gauche aux législatives : en 1993 fut élue l’Assemblée la plus à droite du XXe siècle. Je me souviens avoir voté avec satisfaction pour mettre dehors la gauche corrompue… On ne peut pas dire qu’on ait fait des cadeaux à Mitterrand là-dessus, et il n’en méritait pas.

    Mais c’est aujourd’hui une vieille histoire. Il y a eu le droit d’inventaire de Jospin. Le Mitterrand béatifié aujourd’hui est celui de mai 1981, tout le reste est discrètement rangé au rayon des souvenirs flous. C’est toujours la même histoire, comment le chantait le poète:

    « Il est toujours joli, le temps passé
    Une fois qu’ils ont cassé leur pipe
    On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés
    Les morts sont tous des braves types… »

    Commentaire par gwynfrid — 07/05/2012 @ 16:25

  19. @Olivier C : bonjour Olivier, ça faisait longtemps 😉 (pas eu le temps de vous lire encore, mais ça ne saurait tarder…)
    Entre nous, l’antisarkozysme me heurte depuis le départ, non pas dans son essence mais dans la façon dont il s’exprime. C’est sans doute ma formation de juriste qui me rend quelque peu timorée, mais il se trouve que je peine à dissocier l’homme de la fonction et donc à admettre que l’on puisse traiter un président de la République de « voyou », de pétainiste, et autres noms d’oiseaux. Par ailleurs, si son attitude m’a plusieurs fois heurtée, ce qui me rend à même de comprendre l’irritation qu’il suscite, je n’ai pas observé dans les faits de véritable monstruiosité politique qui justifierait les insultes et les procès dont il a été l’objet. Au fond, il cristallise ce que je déteste dans la politique actuelle tout en sachant qu’il faudra que je me fasse une raison, un discours qui se situe presque exclusivement sur le terrain de la forme et des idées, au mépris des faits et des réalités. Il y a longtemps, j’avais rédigé un billet sur un papier du Point je crois faisant le panégyrique de Rachida Dati. Il me semblait aussi absurde que je considère aujourd’hui le lynchage de Sarkozy déplacé…Ne pourrait-on imaginer un journalisme plus distancié, plus clinique, en un mot plus objectif ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 16:29

  20. @laplume

    Ah le journaliste plus distancié, quel dommage que nous ne l’ayons pas eu pendant ces 5 ans passés ou la grande majorité de la profession a été à la botte du pouvoir et relayait sans vergogne sa propagande ultra-libérale.

    Même votre chouchou lenglet, choisissait de présenter des graphiques pro libéraux en choisissant bien quoi mettre sur les axes…. et en amalgamant des données pour servir son discours….

    Moi je rève d’un journaliste neutre qui explique que TOUTES les théories économiques ne sont que des théories jamais mise en place de manière pure et jamais prouvées. Et que TOUS les actes politiques ne sont que de simples choix que font celui les décident, et qu’il y a d’autres possibilités.

    Le fin du fin, le nirvana : montrer d’autres choix possible, mais là je rève, il faudrait des gens qui bossent, des éditeurs qui éditent, des imprimeurs qui impriment…. ca n’existe pas, c’est juste une utopie.

    Commentaire par herve_02 — 07/05/2012 @ 16:59

  21. @Herve_02 : mais si ça existe les gens qui bossent, les éditeurs qui éditent et le reste. Tenez, on attend 6 livres sur Hollande d’ici mercredi, imprimés cette nuit pour la plupart. Ils vont tous raconter la même chose ? hélas, je crains que oui. Mais c’est un travers du journalisme auquel moi-même je participe à mon corps défendant : on parle toujours tous de la même chose, alors même qu’il y aurait tant d’autres choses à dire sur tant d’autres sujets…Vous noterez que le phénomène se réplique sur Internet, ce qui tend à démontrer que c’est un travers de la communication et non pas un tropisme journalistique ou une intoxication des vilains médias dominants. On parle pour être entendu, donc avec l’obsession de s’exprimer sur un sujet important susceptible d’interroger le plus de monde possible…

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 17:08

  22. 19@ Juriste ?
    Incitation à la haine raciale, ça ne vous dit rien ?
    Ce sont quasiment tous les membres du « gouvernement » Sarkosy qui auraient dus,ou, qui devraient être mis en examen et condamnés (lourdement au regard de leurs fonctions)

    Commentaire par ded — 07/05/2012 @ 17:13

  23. @ded : la justice républicaine n’a que peu de choses à voir avec les tribunaux de l’inquisition, et c’est heureux. Maintenant, on peut monter des tribunaux d’exception et jeter tous les membres du gouvernement à l’eau avec un bloc de ciment aux pieds. S’ils coulent, on en déduira qu’ils étaient coupables. Ou bien on leur brule les pieds, ceux qui gueuleront seront considérés comme des racistes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 17:21

  24. @laplume : non ce n’est pas travailler, c’est pantoufler… je sais que l’on ne sait plus trop ce que ça veut dire travailler lorsqu’on a passé 5 ans à se faire caresser en restant bien sagement coucouche papatte en rond dans son panier.

    Ce que les journalistes devrait faire, c’est montrer ce qu’il a fait dans sa région et pas dans un livre que les seuls qui achèteront sont déjà ceux qui sont convaincus, mais en une de la presse nationale.

    j’adore votre manière de penser : vous nous expliquez que journaliste c’est un métier et que les bloggeurs sur internet ben c’est des kéké. et maintenant vous êtes en train de nous expliquer qu’en fait journaliste c’est un peu le vendeur de poisson qui doit proposer ce que les gens veulent, la preuve, sur internet c’est la même chose. Ben alors journaliste c’est pas vraiment un métier, c’est un taff comme vendeur de chaussure (qui doit proposer ce que les gens veulent) ou vendeur de fringue (que des trucs à la mode).

    Donc ne vous étonnez pas qu’il ne reste de la place pour les pigistes à qui ont dit quoi écrire et comment, puisque c’est _exactement_ votre position sur le métier.

    Je crois que ceux qui achetaient et lisaient la presse avait une bien plus haute opinion de ce qu’était le métier de journaliste avant que la politique les dresse comme des animaux savants, et donc bien y a plus de lecteurs, sauf pour les gala, voici,closer,fhm, le reste de la presse est identique, en plus chiant.

    Commentaire par herve_02 — 07/05/2012 @ 17:27

  25. Point de salaud. Point de héros. Tous les mêmes, de droite comme de gauche. Ca fait un peu poncif, certes.
    La politique nationale, puisque c’est ce dont il s’agit, n’est que très imparfaitement entre les mains démocratiques du peuple. Alors l’un ou l’autre quand :
    – l’économie continuera à dicter ses lois, tout simplement parce que nous sommes dans un système globalisé et je ne vois pas, hormis une « bonne guerre » comme on disait alors, ce qui pourrait profondément modifier la donne ;
    – le dumping social sera toujours présent dans le monde ne serait-ce que pour la simple raison que l’existence des riches (les pays du nord), et même ceux qui gagnent le SMIC en font partie, implique nécessairement l’existence de pauvres. Il suffit de voyager un peu pour s’en rendre compte. Qui veut acheter son Jean 170€ fabriqué en Auvergne plutôt que 25€ fabriqué en Inde ?
    – les grands ensembles politiques sont plus puissants que les nations seules à qui elles ont même, et c’est un comble, déléguer leur souveraineté. Il ne reste alors qu’à transcrire des lois dans le code national, appliquer des réglementations suprantionales, et… emprunter Notre monnaie sur des marchés privés…. Vivement une armée supranationale que la coupe soit pleine.
    – la démocratie s’exerce pendant une (enfin deux) journées électorales puisqu’ensuite le peuple s’en remet à son souverain élu.
    – il existe des centaines d’exemples de cet ordre qui définissent en creux que les marges de manoeuvres individuelles ou nationales, sont limitées.

    A mes yeux, aucun des deux ultimes candidats n’était porteur d’un projet fédérateur, plus ambitieux pour la France que leur volonté égocentrique d’un maintien dans les arênes du pouvoir. D’ailleurs, si l’ambition politique, au sens noble et etymologique du terme, était vissée au corps de toutes ces personnes, le cumul des mandats ne pourrait être exercé car leur engagement politique, pour la vie de la cité, serait total et non sectionnable en petits morceaux… Un peu de députation assaisoné d’un peu de maire. La politique est un « métier » extraordinaire dans lequel la seule responsabilité qui peut être sanctionnée, l’est au moment de la nommination à un poste (ou de son absence) ou des résultats issus des urnes ! Jamais coupable, mais élu pour 5 an par une démocratie de l’instant. Quand on s’arrête à ce constat, on peut considérer que c’est un peu étonnant et déprimant, non ?

    C’est donc sans motivation que j’ai glissé mon bulletin dans l’urne, sans choisir entre un sortant médiocre fleurtant avec des thèses extêmes et un impétrant si peu stimulant, surfant sur une démagogie de bon alloi empruntée à l’anti-sakozisme. C’est donc sans excès d’aucune sorte que j’ai accueilli mon nouveau président. J’ai voté « comme » 2 millions de mes concitoyens, non pas que le candidat dont je soutenais les idées ait échoué au premier tour car aucun n’a eu l’heur de me plaire, mais pour signifier qu’il faut changer, qu’il faut modifier, au-delà des discours et des congrès partisans, les fondements mêmes de notre fonctionnement républicain et démocratique. C’est sur ce terrain que j’attends du journalisme de fond qui se détache enfin d’un suivi médiatique des faits divers et avariés ! Du fond, de la mise en perspective historique, des suppositions, de la réflexion que diable, qui ne se trouve plus guère dans nos grands journaux nationaux, mais majoritairement sur des blogs.

    Observateur modeste de la société, je perçois que l’atmosphère puante est partout et pas seulement dans les media. La qualité de vie en France, se détériore, vite, et pour de nombreuses classes sociales. Alors, et je conclurai ainsi, il reste à attendre et prendre rendez-vous après les fameux « 100 jours » qui, selon les commentateurs avertis de la vie politique, auront du mettre la France sur une nouvelle orbite.

    Très cordialement,

    Phil

    Commentaire par Phil — 07/05/2012 @ 17:30

  26. @Herve_02 : on ne s’est pas compris, je vous explique qu’en permettant à tout un chacun de s’exprimer en public, Internet n’a pas changé grand chose au discours dominant (pure observation fondée sur mon légendaire pifomètre, mais je ne crois pas beaucoup me tromper) et que donc le travers que vous dénoncez est attaché non pas au métier de journaliste mais à l’activité qui consiste à communiquer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 17:31

  27. @laplume

    je veux bien comprendre que c’est un travers propre à la communication, mais le _métier_ de journaliste c’est de ne pas tomber dans ce travers, sinon on n’est plus journaliste, mais juste comme son voisin.

    Commentaire par herve_02 — 07/05/2012 @ 17:42

  28. @Herve_02 : c’est exactement mon avis 😉 j’essaie juste d’affiner le diagnostic pour aider à touver le remède…conclusion, il faut aller à rebours de la pression exercée par le système. Ya plus qu’à !

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 17:50

  29. mais c’est pas le climat mediatique qui était puant, c’était le climat politique instauré par le discours de l’équipe Sarkozy-Guéant-Buisson-Pelletier-Longuet-Hortefeux etc.

    Discours agressif à l’égard de toute une série de catégories, des fonctionnaires aux chômeurs, des pauvres et des perdants de la mondialisation aux intellectuels et artistes confondus dans le même nom d’élite avec les privilégiés de l’argent, des ouvriers et syndicalistes aux étrangers et aux musulmans … et toutes ces horreurs que l’on a subies. Tous en ont pris pour leur grade, sauf les supposés « vrais » patriotes et « vrais » travailleurs. Il a dressé une France contre une autre et a usé de mépris et d’injures. Il s’est fait détester.

    Pour les électeurs du FN il est clair que seul un noyau historique est fasciste, auquel se sont adjoints les laissés pour compte et autres victimes de la crise : le Gard, département le plus pauvre de France donne MLP en 1° position au 1° tour. La misère et le déclassement de populations délaissées dans des lieux éloignées des villes, désertés des services publics, tels qu’en Picardie et dans le Nord, donnent un très fort score FN au 1° tour. Au 2° tour, majorité Hollande.

    Pourquoi ?
    Une proportion non négligeable des électeurs FN est venue de la gauche et y retourne, si nécessaire, selon les circonstances. Phénomène particulièrement visible dans les quartiers populaires des grandes villes et leurs banlieues aux populations mélangées par leurs origines culturelles. Des électeurs de la gauche, tendance PC autrefois, se sont beaucoup déportés vers le FN par le passé. Mais cette fois non, ils sont retournés vers la gauche, massivement et le vote FN est devenu très faible et le vote à gauche écrasant.
    Comme il l’est dans l’autre sens à Neuilly et dans l’Ouest parisien ou à St Barth : deux sociétés qui ne cotoîent pas et n’ont plus rien de commun. Fossé creusé par Sarkozy. Malaise que disent ces 75 à 85 % pour l’un ou l’autre des candidats selon les endroits.

    Le vote FN populaire, des pauvres et des paupérisés, est ce qu’on appelle un vote protestataire d’électeurs déboussolés, les moins éduqués et qui votent FN, non parce qu’ils sont fascistes mais parce qu’ils sont mécontents et ne savent plus trop à qui se vouer. C’est la logique du « on essaye tout ». C’est le vote le plus volatile qui soit.

    A ceux venus de la gauche, ils retourneront à gauche quand ils se détournent du FN . Et même chose pour ceux qui avaient coutume de voter à droite, ils retournent à leur famille politique.

    Mais la crise sociale produit des votes radicaux, c’est classique. Ils ne sont pas tant fachos que victimes, ceux qui votent FN. Mais il est irresponsable de jouer avec les thèmes d’extrême-droite et avec la xénophobie dans une société de plus en plus multi-culturelle, comme l’a fait Sarkozy, quand tant de problèmes sociaux et tant de populations déboussolées peuvent s’y révéler réceptrices. Il a banalisé des thèmes de l’extrême-droite classique, et il a parfois été plus loin que le FN même, il a réactivé le vieux fond pétainiste qui sommeille au coeur d’une frange de la droite revancharde et a voulu effacer la culture ouvrière et de gauche, pour abolir les droits acquis par les luttes ouvrières avec cette culture. C’est cela que la gauche ne lui pardonne pas.

    Un article dit assez bien quelques vérités sur les raisons de l’échec de Sarkozy et sur le vote FN également, à mes yeux du moins
    http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/07/les-images-comptent-et-compteront-de-plus-en-plus_817035

    Commentaire par Schmilblick — 07/05/2012 @ 19:54

  30. Ce sont les « tout sauf Sarkozy » qui ont permis de gagner les 4 ou 5 points nécessaires à l’élection de Hollande, ils manqueront aux législatives pour « soutenir » le nouveau président et donc les chances d’avoir une assemblée « récalcitrante » sont très grandes.

    Commentaire par zelectron — 07/05/2012 @ 22:39

  31. 23 @aliocha : un tribunal d’exception style « bon vieux temps » serait plutôt de la sorte : s’ils ne se noient pas, c’est qu’ils sont coupables et on les zigoullent. S’ils coulent, c’est ils sont (ou plutôt étaient) innocents. Idem pour le feu.

    Commentaire par Ayoub — 07/05/2012 @ 23:03

  32. « je pense que la France n’aurait pas supporté 5 ans supplémentaires de ce climat médiatique puant »

    C’est avoir une bien grande croyance en le pouvoir médiatique sur la condition de vie de « la France ». Ce que la France a du mal à supporter, c’est le chômage, la pauvreté, l’injustice de la répartition des revenus. Le climat médiatique vient loin derrière.

    Commentaire par kuk — 07/05/2012 @ 23:41

  33. @laplume

    j’ai un peu de mal à comprendre votre histoire de tribunal. Un mec se promène dans la rue avec une pancarte « casse toi pauvre con » et est condamné.

    Mme morano dit : «J’ai ressenti un drôle de sentiment, voir la place de la Bastille avec très peu de drapeaux bleu-blanc-rouge et beaucoup de drapeaux rouges, et des drapeaux étrangers. [..] Voila la France qu’on va nous construire avec le droit de vote des étrangers.» et lui demander des comptes serait un tribunal style bon vieux temps.

    Vous pourriez peut être m’expliquer cette différence de traitement ?

    Commentaire par herve_02 — 07/05/2012 @ 23:45

  34. Première fois que je viens sur ce blog.
    Ce sera la dernière au regard de l’arrogance de la blogueuse.
    Au delà de cette arrogance, les réponses sont bien stupides.
    Il y a bien assez de blogueurs intéressants pour ne pas perdre son temps ici !

    Commentaire par ded — 08/05/2012 @ 08:47

  35. @ded : une petite méchanceté pour commencer la journée et tout va mieux ?

    Commentaire par kuk — 08/05/2012 @ 09:23

  36. @ ded :

    Comme le dit Aliocha, on peut très bien faire valoir son point de vue sans pour autant avoir recours à l’injure.

    Je vous recommande le film « un nuage entre les dents », où Noiret a une réplique d’anthologie en rapport à l’insulte.

    Commentaire par Zarga — 08/05/2012 @ 09:37

  37. quelle réplique Zarga ?

    Commentaire par zelectron — 08/05/2012 @ 10:15

  38. Tribunal d’exception ? La cour de justice de la république, c’est une juridiction de droit commun ?

    Commentaire par Cimon — 08/05/2012 @ 10:24

  39. Je fais partie de ces 48%, j’assume, mais je respecte la démocratie et je refuse l’insulte. Sarkozy n’est pas un Président à la sauce énarque et si je reconnais ses excès, je ne peux pas laisser dire qu’il a salit la République. Beaucoup de choses ont été faites, et l’histoire lui rendra justice. Mais l’esprit partisan n’est pas toujours du côté que l’on croit. J’en veux pour preuve la rémunération du chef de l’état. En 2007 Sarkozy augmente sa rémunération de 172%. Scandale!!! En 2012 Hollande annonce qu’il réduira sa rémunération de 30%!!! Si mes calculs sont bons, il conserve une augmentation de 88%. La république irréprochable ne devrait elle pas refuser toute compromission avec le pouvoir de l’argent de N.S.? Et dans ce cas par souci de justice ne devrait il pas appliquer à partir de 2007 l’augmentation du smic? C’est une question, et j’aimerais beaucoup que les 52% me répondent…

    Commentaire par JLNEBEL — 08/05/2012 @ 10:39

  40. Il n’y a plus qu’à attendre de voir comment va se comporter la nouvelle opposition.

    Commentaire par Ceriat — 08/05/2012 @ 11:05

  41. Chère Aliocha, je pense que le président sortant a une bonne part de responsabilité dans la crispation des attitudes.

    Prenons le fameux « casse-toi, pauvre con » : réflexion indigne d’un président de la République, qui devrait incarner la dignité dans toutes ses sorties publiques, quelle que soit l’agitation de ses interlocuteurs ; réflexion lâche, également, car, quand on est protégé par un cordon de CRS et/ou de gardes du corps et qu’on a la possibilité de traîner tout contradicteur insultant devant les tribunaux pour offense au chef de l’État, il n’y a pas grand mérite à se montrer mordant.

    Ce n’est qu’un exemple. Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de monter une partie des français contre une autre, désignée comme responsable des problèmes. La justice n’a pas de moyens et peine à juger dans les temps et à faire appliquer les peines ? C’est parce que les magistrats sont des « petits pois », corporatistes et laxistes. La recherche française est coincée par la bureaucratie et par la surcharge universitaire ? C’est la faute des chercheurs, des médiocres qui sont là pour le chauffage et la lumière. Plus récemment, on a entendu parler de « vrai travail »… avec le sous-entendu qu’il y a de faux travailleurs. Toujours la même tactique : expliquer aux groupes cibles de son électorat que s’il y a des problèmes, ce n’est pas la faute de la politique de Nicolas Sarkozy, c’est la faute à d’autres groupes de français (ou de résidents étrangers).

    Or, le Président de la République est censé être au dessus de cela. Nicolas Sarkozy se réclame parfois de la continuité de Charles de Gaulle — mais ce dernier s’adressait à tous les français…

    Commentaire par DM — 08/05/2012 @ 11:11

  42. @DM : je ne nie pas un instant sa responsabilité dans la crispation des esprits. Il est crispant. Le Fouquet’s, ses problèmes de coeur (franchement, avec ses nanas il me fait penser à un ado), le casse toi pauv’con, le principe du « un fait divers une loi », son interventionnisme bordélique etc. Il avait raison de vouloir libérer le pays de ses pesanteurs, l’ennui, c’est qu’il a libéré ce qui ne devait pas être, à commencer par la dignité de la fonction et la politesse. Mais de là à le faire passer pour Pétain et à hurler au fascisme, il y a un pas qui n’a pu être franchi que parce que le camp adverse comptait dans ses rangs les mêmes hystériques immatures et surtout beaucoup de cyniques qui voyaient le parti à tirer de la dramatisation de la situation… Notez, je n’ai jamais accordé beaucoup de crédit à la politique…si seulement elle pouvait rester digne, cela me la rendrait supportable.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 11:20

  43. @ JLNEBEL

    Vous assumer, fort bien et c’est après tout normal, non (personne ne vous a obligé à voter pour l’un ou pour l’autre).
    Mais l’argument que vous nous servez ensuite est du même tonneau que ceux qui ont rendu cette campagne « puante » pour reprendre un terme d’Aliocha.

    En effet, vous rebondissez sur un détail, comme il y a eu l’histoire de la viande halal, et plein d’autres, pour essayer de discréditer un principe politique.

    Dans votre exemple, pourquoi ne pas reprocher aussi que FH n’ait pas décidé de réduire sa rémunération de 25 %, ou plutôt de 33 % …
    En fait, est-ce que NS aurait été plus critiquable s’il s’était auto-augmenté de 200 %, et est-ce qu’on aurait trouvé tout à fait « normal » une augmentation de +50 % ??

    Cette mesure est avant tout (voire uniquement) symbolique.
    Et le détail du chiffre n’apporte pas grand chose à partir du moment où il est d’une importance symbolique.

    C’est aussi du domaine du symbole la « crise » provoquée par le « casse toi pov’con » exprimé par NS en tant que Président, et que de nombreux français ne lui ont pas pardonné.
    Est-ce que s’il avait dit « vous m’emmerdez » ça serait mieux passé ?

    Commentaire par Yves D — 08/05/2012 @ 11:23

  44. Il est étonnant de voir à quel point tous les comportements de droite sont relevés alors que ceux de gauche sont passés ous silence, j’en veux pour preuve ce que Martine Aubry a dit après l’annonce de F.Bayrou qu’l voterait FH: » je considère aujourd’hui que la ligne a été passée, celle qui nous distingue entre républicains et les autres ». Les autres…n’est pas créer un clivage, tous ceux qui ne sont d’accord avec eux sont les autres, plus clivant je ne vois pas!!!

    Commentaire par JLNEBEL — 08/05/2012 @ 11:28

  45. Qui a dit : si on fait la guerre à la gauche, on perdra ; si on fait la guerre aux pauvres, aux chômeurs, aux étrangers, on perdra.
    Henri Guaino, septembre 2011

    Voilà le climat, un climat de guerre.
    Les medias n’ont fait que commenter, répercuter, amplifier, réagir, critiquer.
    Comme aujourd’hui du reste, la droite républicaine, ce qu’il en reste, critique ce climat de guerre, mais très sotto voce, très feutré, en se retenant tant que les législatives ne sont pas passées.
    Après, ce sera la guerre à l’UMP.

    Faut pas attribuer aux medias d’être la vie politique. Ils n’en sont que le miroir.
    Vous les surestimez incroyablement Aliocha, au point d’en oublier la vie politique elle-même.

    Pour les injures, il semble me souvenir que c’est Hollande qui a été traité de tous les noms d’oiseaux et épithètes dénigrants, ce que je n’ai jamais vu dans sa bouche à l’égard de son adversaire. Hollande, dès l’entrée en campagne fut copieusement qualifié de menteur et manipulateur par le sortant, expert en l’art d’attribuer à l’autre ses défauts, à un point que c’en est comique. Commentant le débat il eut ce mot : j’ai laissé à mon adversaire l’arrogance, j’ai choisi l’humour.
    Hollande étant connu pour son esprit et son humour, remarqués, et appréciés, il se les attribua.
    Après des semaines de mensonges allant crescendo, il traita l’autre de menteur.

    Bon il faut savoir raison garder, demeurer dans la juste mesure, rester à distance quand on est journaliste, et conserver un certain niveau de langage, bon, mais alors pourquoi parler de la gauche qui « trifouille du derrière » ?

    Hollande a été suffisamment sous-estimé, ce fut la grande erreur de la plupart. Ne vous précipitez pas dedans et attendez au moins un peu de voir avant de dire qu’il est nul et supposé dire n’importe quoi en toute irresponsabilité et angélisme bêtat.

    Enfin, je dis ça comme ça…

    Attendons aussi de voir ce que fera la droite, si elle va se radicaliser face à Hollande comme les Républicians américains face à Obama, qui lui aussi fut élu en partie sur le motif de se débarrasser de Bush, devenu une nuisance pour son pays, comme Hollande, pour se débarrasser de Sarkozy.

    Et alors ?

    Wait and see, please.

    Commentaire par Schmilblick — 08/05/2012 @ 11:33

  46. En effet, nous verrons, et pour ce qui est des symboles, vous me pardonnerez d’être davantage attaché à la réalité des chiffres plutôt qu’aux symboles…Voyez vous, je considère que ce cas précis le symbole est de la poudre aux yeux, de la manipulation, et ce terme qui est tellement apprécié, du populisme…oui je sais j’exagère, pardonnez moi…mais c’est ce que je pense, moi qui fait de ceux qui ne sont plus consédérés comme des républicains!!!
    Maintenant pour ce qui concerne la droite dans les semaines à venir, sachez que je ne suis pas « encarté » et je préserve mon libre arbitre.

    Commentaire par JLNEBEL — 08/05/2012 @ 11:48

  47. @ Zelectron :

    De mémoire, ça doit être : « ça cherche l’insulte, et ça trouve le glaviot ! ».

    Il y a une éternité que je n’ai pas revu ce film… j’avais adoré à l’époque! Noiret qui harcèle l’Elysée au téléphone depuis son bureau : grandiose !

    Commentaire par Zarga — 08/05/2012 @ 12:18

  48. @JLNEBEL

    Puisque vous êtes très férus de chiffres et attaché à la réalité, vous pensez quoi du financement de sa campagne et des comptes balladur (dont il était responsable ?)

    Commentaire par herve_02 — 08/05/2012 @ 12:21

  49. @ DM # 41 :

    Pour l’anecdote, j’ai entendu je ne sais plus où une l’histoire suivante :

    Jacques Chirac, lors d’un bain de foule, avait entendu un retentissant « connard! » lors de son passage. A cela, il avait alors répondu : « enchanté, moi c’est Chirac ».

    Je préfère sa réaction à celle de Nicolas Sarkozy… question de génération, peut-être.

    Commentaire par Zarga — 08/05/2012 @ 12:24

  50. Je dis simplement que la justice doit faire toute la lumière sur ces affaires. Je n’ai aucun commentaire à faire sur des sujets qui, pour le moment, ressemblent davantage à des rumeurs, des ragots, enfin bref rien de bien consistant!!! A suivre, voilà ce que je dis!

    Commentaire par JLNEBEL — 08/05/2012 @ 12:27

  51. ah ah ah ah ah

    excusez cette hillarité….

    Commentaire par herve_02 — 08/05/2012 @ 12:41

  52. mais je vous en prie, riez…

    Commentaire par JLNEBEL — 08/05/2012 @ 12:52

  53. @aliocha: En effet, le pétainisme supposerait un système de pensée, or il me semble que Nicolas Sarkozy est plutôt un homme d’expédients et de mesures spectaculaires sans trop de cohérence idéologique (au contraire, ceci dit, de certains membres de son entourage : par exemple, il me semble que Patrick Buisson défend depuis longtemps certaines thèses, certaines politiques…).

    Je dirais par ailleurs que son tournant très droitier de la fin était dicté, non seulement par les scores élevés de Mme Le Pen, mais aussi par les crispations qu’il a suscitées. Par son agitation permanente de mesures-chocs et sa stigmatisation de pans entiers de population, il s’est aliéné les modérés plus ou moins centristes de son propre camp, et il aurait eu les plus grandes difficultés à conquérir des voix centristes supplémentaires. Il est compréhensible qu’il ait tenté de chercher des voix plus à droite, auprès justement de gens qui apprécieraient des mesures-chocs et la désignation de populations néfastes…

    Commentaire par DM — 08/05/2012 @ 13:41

  54. C’est malheureusement le résultat de la campagne. Il ne suffit pas d’un discours de départ excellent, républicain et rassembleur (comme j’aurais voulu en entendre pendant cinq ans) pour faire disparaître les fossés qui ont été creusés durant une campagne où on faisait feu de tout bois. Que les journalistes se laissent aller est à déplorer, mais rappelons nous un instant les pressions, les offs saisis et diffusés à France 3, les facturettes, etc… on peut être heureux de la fin d’un système sans considérer que ceux qui ont voté pour ce système sont tous des salauds. (et très honnêtement, quand j’écoute les propos de Nadine Morano, entre autres, j’ai plutôt l’impression que la retenue n’est toujours pas de mise chez certains)

    Commentaire par lumieredelune — 08/05/2012 @ 13:50

  55. Bonjour,

    j’avais renoncé à trouver ne serait-ce qu’un journaliste intègre qui transmettre l’information en vrai professopnnel, sans parti pris ni état d’âme ! qui ne salisse pas pour faire un papier ni ne hurle avec les loups…
    et qui informe de façon documentée quelles que soientt la ou les personnes dont il traite
    je vais suivre ce blog, des fois que…

    kirsten

    Commentaire par Kay2 — 08/05/2012 @ 14:38

  56. Je suis d’accord avec beaucoup de vos correspondants: la « puanteur » venait d’abord et avant tout du Président sortant. D’autre part je n’aime pas du tout votre expression « la gauche trifouille du derrière », que je trouve particulièrement laide et ne correspondant à rien.

    Commentaire par Trinlé — 08/05/2012 @ 17:07

  57. Bah le problème c’est d’écouter leurs conneries. Franchement … on s’en fout. Moi je suis content que Sarkozy s’en aille , pour lui. j’ai toujours pensé que son projet présidentiel était de casser le statut du président. et que ce projet était du 1-shot. Merci Nicolas du dévouement.
    L’élection de Hollande « normal »… fait suite. En route vers la 6eme république ? on espère.

    En tout cas le Smic à 1700€ c’est super bien. Au niveau du chomage et du black ça va être l’envolée. Si en plus tu ajoutes l’interdiction de liecenciement …mets toi à la place d’un patron…t’embaucherais, toi ? tu mettrais ton doigt dans cet engrenage, …mais non évidemment. Bande de cons.
    Si vous avez des économies investissez dans les boites d’interim.

    Commentaire par ou alors — 08/05/2012 @ 18:03

  58. JLNEBEL 44

    Marquer les limites entre ce qui est républicain et ce qui lui est contraire, marquer les limites entre la droite et l’extrême droite, pour dire que cette limite a été franchie et qu’on refuse de la franchir, comme l’a fait Bayrou -et bien d’autres- c’est établir des distinctions d’idées et de motifs pour les rattacher à la tradition politique à laquelle ils appartiennent.

    Discriminer des catégories de personnes, de groupes, pour les dénigrer, et les monter les uns contre les autres, c’est tout autre chose.

    Dans un cas il s’agit de repérer des contenus de discours et des orientations politiques, dans l’autre de diviser systématiquement le pays et de dénigrer et même de rejeter de la communauté nationale des catégories entières, en niant certains droits (de la presse, du travail, des étrangers…).

    DM 53

    L’idéologie d’extrême-droite, pétiniste, fasciste, nazie, relève du bricolage, sans dimension théorique et systématique. C’est une idéologie politique de propagande plus qu’une pensée.

    Pour le pétainisme il s’agit d’une idéologie conservatrice faite de nationalisme réactionnaire, qui entend neutraliser le Parlement en confondant les pouvoirs législatif et exécutif. Elle y ajoute le corporatisme fondé sur une Charte du travail qui supprime les syndicats et les droits des travailleurs, et l’apologie des valeurs traditionnelles résumées dans le slogan « Travail, Famille, Patrie », elle s’en prend à la culture et aux élites intellectuelles et urbaines. Xénophobe et antisémite, pratiquant la stigmatisation d’une partie de la population (la gauche, les étrangers, les Juifs, les traîtres à la patrie), voilà ce qui la caractérise.

    Hormis l’antisémitisme, et bien sûr le fait qu’il n’en a pas fait une idéologie d’Etat mais en est resté au discours, Sarkozy, dans ses propos retrouve plusieurs des thèmes constitutifs de cette idéologie.

    Nationalisme, xénophobie, attaque contre les syndicats et les droits des travailleurs qui mériteraient d’être supprimés, apologie du « vrai travail », apologie de la famille traditionnelle chrétienne, et affirmation de la chrétienté de l’Europe, patriotisme qu’il a confisqué au profit de sa famille politique et dénié aux autres, attaques contre la culture et les intellectuels et urbains (des bavards élitistes, à ses yeux, juste bons à faire des conférences devant un « café-crème boulevard Saint-Germain ». « C’est bien beau, les leçons de droits de l’homme et les postures entre le Café de Flore et le Zénith », à propos des protestations d’intellectuels contre la venue Kadhafi à Paris, par exemple).

    Rien de cela n’est extérieur au discours pétainiste.

    Et pour moi, la puanteur, elle est là.

    Commentaire par Schmilblick — 08/05/2012 @ 19:12

  59. Je ne suis pas d’accord, mais je trouve le débat intéressant : http://www.bfmbusiness.com/toute-linfo-eco/eco-vibes-le-blog-de-stéphane-soumier/le-factchecking-est-en-train-de-nous-détruire-#.T6jxfglTBMY.twitter (via @si)

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 19:23

  60. @Gilbert : si vous passez par ici, j’aimerais bien votre analyse sur la protestation syndicale au sein de l’AFP relative à la publication des résultats de la présidentielle en avance sur l’horaire légal. Je pense que vous êtes plus calé que moi en matière de compréhension de ces questions. En l’espèce, vous connaissez ma position sur le respect de la loi, mais au sujet de l’AFP, je ne comprends pas très bien le dessous des cartes…http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13773

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 19:44

  61. @Trinle : vous n’avez pas tort, je tombe dans l’excès que je dénonce. A ceci près que trifouiller du derrière est certes familier mais pas péjoratif dans mon esprit, je voulais décrire une sorte d’embarras, de joie trouble, d’enthousiasme inquiet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 19:46

  62. @Kay 2 : bien que je sois journaliste, ceci est un blog, donc un lieu tout sauf objectif 😉 à défaut, j’essaie d’y développer le désaccord pacifique et une certaine mesure dans les propos. Maintenant, des bons journalistes il y en a beaucoup tous médias confondus. L’ennui, c’est que, comme dans une grande surface, il faut sélectionner, lire les étiquettes, chercher dans le fond des rayons, oublier les têtes de gondole…La consommation durable, ça s’applique aussi aux médias !

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 19:50

  63. 48,4% de salauds : Et alors, il en faut !…

    Commentaire par minijupe69 — 08/05/2012 @ 21:36

  64. Excellent billet. Le jour venu de faire les comptes, il ne faudra pas oublier la lourde responsabiltés des médias dans le déchainement antisarkozystes de ces 5 années.
    Finalement et vu tel que décrit ds ton billet, je suis assez fier d’être un salaud !
    cordialement,

    nb: a propos des 48% ou des 51% de gentils, il faut tt de même relativiser: http://corto74.blogspot.fr/2012/05/hollande-est-une-anomalie-democratique.html

    Commentaire par corto74 (@corto74) — 08/05/2012 @ 21:50

  65. je suis de gauche, j’ai fait la campagne de Montebourg, et j’ai honte quand je lis ton billet… Ce qui est excessif est insignifiant disait Talleyrand pourtant je trouve que tes excès sont loin d’être insignifiants. Un démocrate respecte ses adversaires et tu t’abaisses au niveau de ceux que tu critiques. C’est vraiment triste.

    Commentaire par rimbus — 08/05/2012 @ 21:54

  66. @ JLNEBEL

    Je ne sais pas d’où Aliocha sort son titre, mais je ne me souviens pas avoir entendu parler d’un quotidien utilisant pareille formule.

    Peut-être s’agit-il d’une création d’Aliocha ? En tous cas, si l’expression a bel et bien été utilisée, je suis bien content d’être passé à côté : on ramasse bien assez de fiente sous les semelles comme ça en se promenant, sans qu’en plus on nous en remette une couche !

    « Beaucoup de choses ont été faites, et l’histoire lui rendra justice ».

    Sans malice aucune, à quoi faites-vous référence ?

    En termes de réussite, la seule d’envergure que je lui reconnaisse réside dans la lutte qu’il a menée (avec succès) contre la violence routière. Son volontarisme a fait la différence, et en matière de résultats, rester en vie constitue une sacré différence d’avec mourir !

    Pour le reste, je suis sincèrement désolé, mais je considère que non seulement le compte n’y est pas, mais qu’il y a eu tromperie, double agenda en quelque sorte.
    On ne va pas « refaire le match », mais enfin, que fallait-il attendre d’autre comme résultat après cinq années de grand écart ?

    Même si je n’ai pas participé à sa victoire de 2007, j’avais envie, au fond, de croire en sa capacité à faire bouger les choses (cf. le volontarisme auquel je fais allusion en matière de sécurité routière).

    Las, les lendemains ont très vite déchantés. Pour synthétiser, je dirais qu’à mon sens, il y a eu confusion entre « Ensemble, tout devient possible » et « Maintenant, tout m’est permis ». Ce n’est pas parce que tout devient possible que tout est permis.

    Le pompon pour les notions de « mérite » et de « travail », qui devaient toutes deux être revalorisées comme jamais : elles ont fini dans le caniveau de l’EPAD. Ou comment passer de la promotion de la réussite que l’on mérite à celle dont on hérite.

    Pour ce qui est de la rémunération du chef de l’état, j’espère sincèrement que le nouveau président de la république aura à cœur de rectifier le tir… et qu’il n’oubliera pas les smicards!

    Pour le reste, j’espère qu’il s’attèlera au chantier fiscal sans trop tarder, car il est grand temps de rompre avec le baratin libéral du « on dépense trop, faut réduire la voilure ».

    Merci encore pour votre sincérité sans fards.

    Commentaire par Zarga — 08/05/2012 @ 22:10

  67. @ Aliocha (#59)
    En effet, débat intéressant !

    Si le climat de cette campagne a été « puant », on a pu le voir lors du débat d’avant 2nd tour, où les candidats se traitaient de « menteur », voir de « petit calomniateur » (selon NS) …
    Pour éviter cette ambiance de « cours de récréation », fallait-il donc donner du sérieux, et faire du « fact checking » ?

    Je pense que le « factchecking » était indispensable, mais je trouve aussi que le billet de Stéphane Soumier que vous mettez en lien a aussi raison sur certains points !

    Oui, le factchecking est nécessaire !
    Si on se place sur le domaine des chiffres, de ce qui doit donc être vérifiable (tout du moins pour les « chiffres de bilan », car il faudra attendre pour vérifier les « chiffres de programme »), il me semble pas idiot (au contraire) de vérifier !

    JLNEBEL le montrait d’ailleurs dans sa réponse en #46, en se disant être « attaché à la réalité des chiffres plutôt qu’aux symboles ».

    Pour autant, la politique ne doit pas se résumer à une liste de chiffres !
    Et encore moins un programme de Présidentielle (le gouvernement devant avoir une approche plus technique et chiffrée, un Président de la Ve république devant donner les orientations politiques).

    Et je suis donc d’accord avec le sieur, pourtant libéral ;-), Soumier quant il écrit que « A force de parler de chiffres, on a oublié de parler de politique ».
    Ou quant il écrit que l’économie « dépend de la volonté des hommes. ».

    Si le « factchecking » c’est un peu déchainé après ce débat d’avant 2nd tour, c’est aussi parce que la stratégie politique de FH a été de mettre le candidat « sortant » face à son bilan … Il était donc inévitable de citer les chiffres du chômage ou de l’augmentation de la dette publique …

    Mais on aurait pu souhaiter que ce débat aille un peu au delà !

    Lorsque NS se défend en indiquant que le monde (et donc son quinquennat) venait de bubir une crise économique d’une ampleur rare, et que pourtant les français s’en sortaient pas si mal (par rapport aux Grecs ou aux Espagnols …), j’aurais aimé une réponse plus politique, du genre : « Cette crise tire son origine dans les choix d’une politique ultra-libérale qui a vu l’économie aller vers une trop grande financiarisation déconnectée de la réalité, politique que vous, NS, aviez voulu mettre en place en France (on a déjà oublié que NS voulait mettre en place le crédit hypothécaire « à l’américaine » en France). Alors que ce qui a permis aux Français d’être relativement épargnés, c’est tout l’héritage de protection sociale mis en place par le Conseil National de Résistance ».

    Mais on en est resté à la cours de récré …

    Commentaire par Yves D — 08/05/2012 @ 22:24

  68. […] on laplumedaliocha.wordpress.com Évaluez ceci : Share this:ShareFacebookTwitterEmailJ'aimeJ'aime  […]

    Ping par 48,4% de salauds | stitb — 08/05/2012 @ 22:27

  69. @Rimbus : c’est toujours amusant de voir comment ceux qui tirent au bazooka sur les autres peuvent hurler de douleur lorsqu’ils reçoivent une piqure de moustique. Désolée, je crains d’avoir égaré ma crème apaisante au calendula. C’est ballot.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/05/2012 @ 22:32

  70. Merci la plume, je suis un salaud. dans un monde de brutes, donc bon. J’apprécie la teneur du billet, enfin surtout les phrases finales. Pour le reste, les convictions d’un chacun, je tente de respecter.

    Et puis bon ça m’a permis de mettre enfin la conclusion, a un article écrit plutôt, sur cet opportunisme journalistique en période de crise. http://www.scoop.it/t/contemporary-fiction/p/1736000370/le-journaliste-opportuniste

    Commentaire par Henri Moufettal — 08/05/2012 @ 22:35

  71. @aliocha : tu as traité ma maman et une de mes sœurs de salopes (féminin de salaud), je ne peux pas l’accepter. Tu peux bien me faire la morale, avec cette histoire de bazooka, mais je n’ai jamais insulté gratuitement des citoyens innocents. Et si j’ai pu commettre des excès contre des gens de pouvoir dans mes débuts comme blogueur, il y a 5 ans, j’ai vite appris que l’outrage et l’insulte n’étaient pas des méthodes a utiliser.

    Commentaire par rimbus — 08/05/2012 @ 22:48

  72. « Les excès médiatiques à l’encontre du président sortant » : vous voulez rire ?

    Commentaire par pensezbibi — 08/05/2012 @ 22:52

  73. @Aliocha : merde, c’est moi qui déconne… en relisant pour la 4e fois ton billet, je me rend compte que tu dis le contraire de ce que j’avais compris. Je te présente mes excuses, c’est moi qui ne sais pas lire.

    Commentaire par rimbus — 08/05/2012 @ 23:07

  74. (off topic)
    Vous utilisez le thème RUBRIC de WordPress pour votre (excellent) blog. Vous avez sans doute remarqué en éditant vos articles que l’avertissement suivant apparaît en tête de la page d’édition depuis un certain temps :

    Howdy! Your current theme, Rubric, has seen an update in a brand new theme called Reddle. If you want to try out the cool new features in Reddle just head over to Appearance→Themes and activate Reddle—or check out any one of the other fantastic themes we’ve been adding lately.

    Surtout, ne basculez PAS vers le thème Reddle, même juste « pour voir », vous ne pourriez PAS revenir en arrière ! En effet, le thème RUBRIC à purement et simplement été supprimé des thèmes disponibles (on se demande bien pourquoi). Les blogs avec le thème RUBRIC fonctionnent mais il est désormais impossible de créer de nouveaux blogs avec le thème RUBRIC ou d’y revenir si on change de thème.

    Commentaire par cartomaton — 08/05/2012 @ 23:12

  75. @Aliocha : encore une chose, et une vilaine critique (désolé), mais il me semble que ton style est un peu déroutant… j’ai abordé la lecture de ce billet en suivant un lien sur Twitter d’un UMP qui se sentait outragé : « regarde comment on nous traite », et qui visiblement avait compris aussi le contraire de ce qu’il voulait dire (et il me semble que nous ne sommes pas les seuls), et c’est donc dans cet état d’esprit que j’ai commencé à lire ta prose, à contre-sens.

    Pour t’être définitivement désagréable, je vais avoir l’outrecuidance de te citer George Clemenceau donnant des conseils d’écriture à ses journalistes de l’Aurore : « Les journalistes ne doivent pas oublier qu’une phrase se compose d’un sujet, d’un verbe et d’un complément. Ceux qui voudront user d’un adjectif passeront me voir dans mon bureau. Ceux qui emploieront un adverbe seront foutus à la porte. »
    Bref, pour bien se faire comprendre, mieux vaut écrire simplement.

    Bien à toi.

    Commentaire par rimbus — 08/05/2012 @ 23:47

  76. Mais qui a traité de salauds les 48% ?

    Quant aux qualités de certains élus des Hauts-de-Seine tel Balkany et autres proches de Sarkozy tels ceux de la dite droite populaire, Longuet et les anciens d’Occident, on ne peut dire qu’ils sont l’honneur de la République. Leurs électeurs, c’est une affaire.

    Commentaire par Schmilblick — 08/05/2012 @ 23:56

  77. Leurs électeurs, c’est une autre affaire.

    Commentaire par Schmilblick — 08/05/2012 @ 23:57

  78. Personnellement, je suis surpris de voir qu’autant de gens ont voté pour Sarkozy. Je ne savais pas qu’il y avait autant de millionaires dans ce pays (vu que seulement les millionnaires ont bénéficié de sa présidence…).

    Sur votre commentaire sur les journalistes de gauche: sérieusement, avez vous lu la presse ces dernières cinq années? Les grands journaux se sont littéralement écrasés pou faire ‘hommage de Sarkozy, de sa pseudo « énergie », en vantant les sacrifices (pour les autres), prix de la « modernité » et « compétitivité » de la France. Vous regrettez la division? Réjouissez vous, je pense qu’il est impossible de faire pire que Sarkozy en matière de division entre français. Vous trouvez que vos idées sont malmenées (je crois que vous aviez dit que vous êtes traditionnellement « de droite », même si certains de vos billets ici sont presque mélenchonnistes 😉 ) ou que les « vainqueurs » vous mépriseraient… vous savez maintenant ce que ceux qui ne sont pas de votre bord ont éprouvé depuis cinq ans (voire dix). Et encore maintenant, les remarques des ténors de l’ump visant à dé-crédibiliser le PS et la gauche comme étant incapable de gouverner sont une marque de mépris (et de mauvaise foi), surtout venant de gens qui ont ruiné le pays.

    Je ne peux rien faire pour vous convaincre que Hollande n’a pas de couteau entre les dents, mais j’aimerais bien pouvoir, d’autant que je suis persuadé que vous vous porterez mieux sous un gouvernement PS que sous un sarkozyste… même Bayrou a été convaincu: l’opposition qu’il propose me semble plus constructive que celle que l’UMP en voie de FNisation pourra apporter. Bref, dit maladroitement dans ce commentaire, je voudrais vous convaincre que le retour du PS représente un retour à une certaine normalité du débat politique, après dix ans d’insultes et de mépris de la part des Sarko, COpé et consorts, au profit d’un équilibre gouvernement/opposition modem plus à même de favoriser une bonne gestion du pays. Reste à Bayrou à ne pas rater les législatives, mais après avoir été écrasé par SArkozy en 2007, ça devrait être possible.

    Commentaire par javi — 09/05/2012 @ 09:42

  79. @Rimbus : je crois plutôt que c’est assez symptomatique des lunettes avec lesquelles on lit un texte. On vous a dit qu’il était insultant, vous le trouvez insultant….Il me semble que les lecteurs à qui on n’a rien dit ont parfaitement compris. Quant à la citation, j’en cherchais justement l’auteur donc merci pour l’info. Enfin, sachez que je me détends ici des contraintes sujet verbe complément auxquelles je suis assujettie dans mon travail. ça plait, tant mieux, ça plait pas, tant pis.

    @javi : vous cultivez le fantasme. Où ai-je écrit que Hollande avait un couteau entre les dents ? J’essaie de faire un pas en arrière, n’étant ni tout à fait de droite, ni tout à fait de gauche, j’observe que certains journalistes ont dépassé les bornes durant le quinquennat avec Sarkozy. Et croyez-moi, ce n’est pas un scoop mais une observation d’une incroyable banalité. Donc je repose la question à laquelle personne n’a répondu : si Sarkozy est le tyran dément qui a été décrit dans les colonnes de Marianne, le voyou dépeint par Mediapart, coupable de tout et même du rogue trader de la caisse d’épargne, ou l’excentrique chef du sarkozistan décrit avec un humour qui sauve presque tout par Schneidermann, comment fait-on pour supporter l’idée que 48,4% des électeurs aient voté pour lui ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/05/2012 @ 10:48

  80. @laplumedaliocha : le couteau entre les dents, c’est la tonalité générale des commentaires de l’UMP depuis un mois. Et également celui de Bayrou (hélas). Etant donné que je n’ai vu pour ma part que deux idées à droite (depuis au moins cinq ans):
    1) la gauche a le coutreau entre les dents (pour égorger les riches)
    2) les noirs et les arabes n’ont rien à faire en France (avec le corollaire guéannesque: s’ils sont français ET noirs, alors ce ne sont pas de vrai français)

    D’où ma conclusion: le vote Sarkozy est soit un vote de riches, qui a peur de la taxation, soit un vote de racistes, qui a peur de l’arabe. Si jamais sarkozy a eu d’autres politiques, il serait bon d’en informer ses ministres, députés, et soutiens, histoire qu’ils viennent les mettre en avant, plutôt que le discours auquel on a eu droit.

    Pour être clair, je pouvais avoir des désaccords avec Raffarin et même avec Chirac (à part sur les affaires et casseroles qui le suivaient partout), mais avec Sarkozy, je n’ai tout simplement pas eu d’autre choix que de fermer ma gueule et mettre le couvercle sur mes idées pendant cinq ans. Je crains d’ailleurs qu’il ne faille le même temps pour revenir à une certaine courtoisie dans l’échange.

    On parle quand même d’un parti politique qui a qualifié de « victoire par effraction » une alternance qui devrait être un fonctionnement dédramatisé en république! Ce n’est pas le PS qui a eu ce discours là, bon sang. Quand aux intellectuels sauce Yves Michaud, ils n’ont eu qu’à collecter les perles de Sarkozy pendant cinq ans pour le rendre ridicule. Personne n’a tenu un révolver sur la tempe de Sarko le jour où il a parlé du vrai travail, ou celui du discours de Grenoble, ou celui où il a repris (au FN!) l’expression « droitdel’hommistes » etc… Personne ne l’a forcé à faire ça! Et ça a commencé dès le 8 mai 2007. Comment voulez vous qu’il n’y ait qu’indifférence face à ce genre de comportement?

    Et oui, je vous confirme à titre personnel ne pas comprendre les gens qui ont voté pour lui. La rigueur éco n’est pas chez lui, et le reste c’est la politique de racisme institutionnel.

    Commentaire par Javi — 09/05/2012 @ 12:33

  81. @Javi, je ne suis pas d’accord quand vous dites « le vote Sarkozy est soit un vote de riches, qui a peur de la taxation, soit un vote de racistes, qui a peur de l’arabe ». Je connais des gens qui ont voté Sarkozy pour des raisons que je ne partage pas, mais qui ne sont pas dans cette logique égoïste et qui tend vers le 48% de salauds que vous désignez. En vrac, « voter Sarkozy sinon ce sera LePen » (amha grave erreur d’analyse), des indépendants, des auto entrepreneurs qui tirent la langue mais qui ont peur que ce soit encore pire pour eux en tant qu’entrepreneurs (et il faut bien reconnaitre qu’un statut comme l’AE a aidé énormément de gens à développer une activité secondaire sans trop de contraintes et dans la légalité), des gens qui n’ont pas la culture économique nécessaire pour passer au delà du monstrueux bourrage de crâne qui a été fait sur « la droite c’est bien pour la France, la gauche c’est mauvais pour la Bourse ». Etrangement, on peut être pas riche, et vouloir un pays où il est possible de le devenir, et croire sincèrement que Sarkozy est mieux pour cela que la gauche.

    Discutez donc avec les gens qui votent Sarko, sans leur expliquer ce que vous penser de lui et d’eux…

    Si j’étais un journaliste célèbre, j’aurais écrit sans doute les articles qui choquent Aliocha. Notre chroniqueuse, manifestement, n’a pas pris conscience du profond malaise que certains pouvaient avoir en écoutant Sarkozy, elle a souvent qualifié cela d’anti sarkozysme « primaire », ce qui est déjà une prise de position. Quand à moi, j’ai souvent, en l’entendant, eu le ventre retourné, le souffle un peu court, et le désespoir impuissant à voir où il nous menait… exactement l’état actuel de la France, avec cette grosse fracture qu’il va falloir combler, et qui n’était pas là, pas de cette façon, en 81. Mais ce n’est pas pour ça que j’assimile tous ses électeurs à des racistes ou à des riches effrayés par la taxation (et surtout à des racistes, il n’y a pas tant de riches que cela en France, malheureusement).

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 13:07

  82. ah bon, la question est simplement comment peut-on voter Sarkozy, sachant ce qui a été dévoilé par la presse de gauche ?

    Sarkozy n’est pas un tyran dément mais un Pdt qui a accaparé tout le pouvoir, pas la peine de caricaturer. A part cela oui ce qu’ont dit Mediapart, Libé, Schneidermann que vous citez, est exact. Plus le fait qu’il a porté la corruption à un niveau jamais atteint et qu’il a diffusé l’idéologie d’extrême-droite.

    La question est donc comment ont-ils pu voter … ?

    Une réponse véritable nécessiterait tout un article fondé sur des études approfondies, pour répondre de manière éclairante.
    Mais cela est ni plus ni moins énigmatique que la réélection indéfinie de Berlusconi en Italie, qui était incontestablement un populiste aux moeurs dégradées doublé d’un affairiste sans scrupules qui a néanmoins fait régresser l’Italie sur le plan économique autant que politique et moral etc. etc. a ridiculisé son pays sur le plan international, a pratiqué des alliances plus que douteuses lui aussi avec Kadhafi, sur fond d’affairisme, a assuré son instrument de propagande en s’appropriant les medias , a été soutenu par une Ligue xénophobe aux tendances ultra etc. etc.

    Comment peut-on reconduire un homme pareil ?
    [sachant que l’Italie n’est pas la France, mais quelles que soient ses spécificités, l’énigme du vote pro Berlusconi demeure ; même question pour Bush 2° mandant du reste, catastrophique, il a fait ait détester les E-U dans le monde, et d’autres encore]
    Pour l’Italie on ne dira pas que l’électorat était composé de salauds pour autant.
    Pour les Républicains américains, c’est moins sûr cela dit.

    Il faut voir au cas par cas.

    Mais la notion d’erreur que constitue un vote peut être envisagée, ainsi que celle d’aveuglement, certainement. Certainement une bonne part des gens qui ne comprennent rien, manquent de culture politique et historique, au delà de ceux qui votent ainsi conformément à leur intérêt, un grand nombre peut voter contre ses intérêts, à contre-sens, y compris à contre-sens de l’histoire. Ce qui est le cas d’un vote fondé sur le racisme.
    Dans le cas Sarkozy, d’abord c’est 27% qui a voté pour lui, et non 48, car il avait fait le plein de la droite au 1° tour.
    Les 18% de MLP sont réunis sur un discours très anti-sarkoziste et sous la bannière d’un FN qui veut abattre la droite républicaine et prendre le leadership d’une droite réactionnaire, nationaliste et xénophobe. Nuance.
    C’est un peu plus compliqué que gentils/salauds.

    Très très schématiquement si vous voulez absolument un élément de réponse, il y a d’abord l’inertie du corps électoral et des traditions, séculaires, de familles politiques et des habitudes de vote qui se transmettent, ce qui se voit à l’observation des votes régionaux. Bien entendu aussi l’aveuglement dont témoigne le fait qu’une grande partie de cet électorat n’a pas vu passer le basculement à l’extrême-droite, par ignorance de ce qui constitue la dite idéologie, d’autant plus qu’elle a été banalisée par Sarkozy.
    Indéniable pourtant qu’on est entré dans cette zone de l’extrême-droite, l’inspirateur en est Buisson. Ne pas oublier que la droite est divisée en courants distincts, plus ou moins incompatibles selon les époques de l’histoire.
    Sarkozy l’a entraînée sur des bases nouvelles, celles d’un courant qui n’avait pas été au pouvoir depuis De Gaulle, contre la droite sociale et républicaine. Un retour en arrière, mais remis au goût du jour. Et une nouveauté, l’abolition des frontières avec l’extrême-droite, dans ses discours. La réalisation n’a pas été accomplie.

    Qu’on appelle cet aveuglement de l’électorat, pour sa part populaire, manque de culture politique ou sensibilité au populisme en temps de crise, le résultat est le même. C’est sans doute un mélange des deux. Et un peu de cynisme du côté de ceux qui ne voient que leur intérêt.

    Il faut prendre en compte les intérêts catégoriels, au-delà des vrais privilégies, petits commerçants, professions libérales et autres avantagés par un système de plus en plus inégalitaire, les intérêts de ceux que sert la droite, les appartenances religieuses, les représentations, et bien d’autres facteurs… dont la haine de la gauche, quoi qu’il arrive. C’est une culture politique, une tradition.

    Donc d’abord l’inertie du corps électoral qui fait que les gens de droite par tradition, jamais ne voteront à gauche, même si le leader de droite est le pire, chargé de très lourds défauts et carences. Une fois encore l’exemple de Bush. Pas triste pour la plus grande démocratie du monde. En Italie ça passe plutôt par des recommandations de vote de l’Eglise et par le rôle de la mafia et ses distributions d’argent, dans le Sud, qui ont fait élire Berlusconi, outre la grande bourgeoisie.
    A chaque pays sa spécificité.

    Jamais l’électorat de droite ne vote pour la gauche. Voir l’échec du report des voix de Bayrou sur Hollande. La réciproque n’est pas vraie : la gauche vote pour Chirac , pour empêcher Le Pen, comme elle a pu voter pour De Gaulle. Aucune réciproque.

    Comment la classe dirigeante fait-elle pour entraîner dans son sillage une partie du peuple qui la soutient, y compris contre son intérêt ?
    Vieille question qui a produit une littérature considérable qui ne trouvera pas réponse ici.

    Mais les traditions, d’abord, expliquent un vote aveugle, inculte et réactionnaire, on peut le dire pour une bonne partie, pour la part de l’électorat populaire qui n’y a pas intérêt.
    Ce qui ne fait pas des salauds, hormis du côté des dirigeants et responsables, pour certains, ceux du genre Guéant, Hortefeux, Longuet, tous ceux qui vont être sortis par les autres dirigeants de droite.

    Commentaire par Schmilblick — 09/05/2012 @ 13:13

  83. @aliocha: Le fait qu’une bonne partie des électeurs ont voté pour lui n’implique pas grand chose. Aux États-Unis, on trouve pas mal de monde pour voter pour des républicains dont les positions font passer Marine Le Pen pour une gauchiste fanatique de la liberté des mœurs…

    Commentaire par DM — 09/05/2012 @ 13:14

  84. depuis l’époque d’avant De Gaulle

    Commentaire par Schmilblick — 09/05/2012 @ 13:17

  85. Et ce sera mon dernier commentaire sur le sujet, mais croyez vous vraiment que ce qu’écrivent des journalistes, qui n’ont pas de responsabilité élective, soit plus grave qu’un maire UMP qui conteste la légitimité d’un président sorti des urnes et qui l’attaque sur son physique ? http://fr.news.yahoo.com/maire-ump-daix-provence-conteste-l%C3%A9gitimit%C3%A9-hollande-213045688.html
    Oui, je suis heureuse, soulagée, de voir que cette droite là commence à être écartée de la direction de mon pays.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 13:44

  86. Je suis sidéré et attristé de constater que quasiment personne ici ne semble comprendre le sens de votre douloureux questionnement, que je partage. Vous, amis de gauche, mes compatriotes, vous ne pouvez donc pas vous mettre un seul instant dans la peau d’un électeur qui a choisi Sarkozy sans le ranger comme le fait Schmilblick dans les trois seules cases possibles : le riche profiteur, le raciste ou le mouton aveuglé ? Et sans comprendre que présenter leur champion comme un fou, un voyou ou un facho pétainiste c’est les insulter eux aussi, donc insulter la moitié des français ?

    La réponse à votre question, Aliocha, la voici : on peut très bien vivre au milieu de 50% de salauds lorsqu’on fait partie du camp du Bien. Rendez-vous compte : si les salauds n’en étaient pas, le camp du Bien ne le serait peut être pas non plus.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 13:58

  87. @ tocquevil: absolument d’accord avec votre commentaire. Pourquoi venir ici refaire le match, sur un ton aussi énervé que la campagne elle-même ? Certes, le ton a été donné, pour la plus grande part, du camp sarkozien. À la fois pendant cinq ans (les pancartes du Front de Gauche « casse-toi pov’con » comportaient des guillemets, justifiés), pendant la campagne elle-même, et même après : la réaction de Mme la maire d’Aix est un excès pathologique de ce phénomène. Mais pourquoi les opposants à Sarkozy se sentent obligés d’en faire autant, de continuer la bagarre avec la même intensité après la victoire, ça me dépasse. Quelle perte d’énergie !

    Commentaire par gwynfrid — 09/05/2012 @ 14:25

  88. assez d’accord avec lumieredelune 81 et 85.

    @Tocquevil 86

    « les trois seules cases possibles » dites vous

    Je ne crois pas avoir écrit cela mais ai plutôt parlé de traditions de cultures politiques, régionales, elles-mêmes composées aussi de traditions religieuses. J’aurais pu ajouter les données telles que l’âge, la profession, le type de familles et de mariages, et bien d’autres encore qui doivent eux-mêmes être pris en compte en rapport avec les effets de la crise sociale, profession par profession, villes et campagnes, nouveaux lieux semi-urbains ou plutôt semi-ruraux…

    Je crois avoir dit au contraire la complexité à prendre en compte qui ne peut absolument pas se dire en termes moraux, les bons contre les méchants, mais en termes politiques, sur des bases économiques, sociologiques, anthropologiques, géographiques. Car l’opposition des familles politiques ne se pose certainement pas en termes de gentils/salauds, ni camp du bien/camp du mal, oppositions que je n’admets en rien et qui est pour cette dernière plutôt la vision du monde de Bush.
    Historiquement la gauche représente les travailleurs, les salariés, et la protection sociale, la droite, l’entreprise, dans tous les sens du mot, comprenant le talent d’entreprendre;

    En revanche, un des motifs du vote à droite que je n’ai pas cité, est la croyance que la droite représente davantage que la gauche -ou plutôt tout au contraire de celle-ci- la dynamique des affaires et la réussite économique. On vote par identification à cette réussite et par espoir d’y participer, même quand on est tout en bas de l’échelle. C’est la logique des travailleurs indépendants par exemple, mais de bien d’autres également (à étudier de plus près), qui sont pourtant bien éloignés du monde des affaires. C’est l’idée d’être associé à une réussite et d’en profiter.
    Tandis que la vision de gauche insiste davantage sur l’égalité et la redistribution par la fiscalité, la défense des grands services publics d’utilité générale, qui coûtent et ne rapportent pas, santé, justice, école… C’est davantage une culture de l’Etat, la droite une culture de l’entreprise et du risque. Il n’est qu’à regarder les deux programmes fiscaux, opposés.

    Deux cultures, deux traditions, deux options, deux paris aussi, qui sont des paris sur l’avenir.
    Dire qu’il y a plus d’espoir d’entreprendre d’un côté, (qui fut flatté par le « travailler plus pour gagner plus »), plus de souci de l’égalité de l’autre, ne divise pas le monde en bien et mal.

    Et de plus quant à l’égoïsme, de droite ? un défaut ? Rien n’est moins sûr. L’égoïsme bien compris peut tout au contraire se concevoir comme au fondement du désir d’égalité, pour vivre dans un environnement pacifié où je peux vivre en paix mes désirs aussi égoïstes soient-ils et ne pas vivre dans la peur et m’enfermer derrière mon mur haut de 3 mètres pour me protéger des agressions potentielles des pauvres révoltés .

    voyez, c’est sur Causeur , je suis égoïste, donc je vote à gauche
    http://www.causeur.fr/je-suis-egoiste-donc-jai-vote-a-gauche,17393

    Mais je maintiens l’aveuglement aux thèmes de l’extrême-droite par manque de culture, et que Sarkozy a été le représentant d’une certain courant de la droite, parmi d’autres, la droite n’étant pas unie et d’un bloc, quelle que soit l’étiquette unique UMP.

    Et j’arrête là, je me tais, toujours d’accord avec lumieredelune.

    @ gwynfrid 87
    permettez que j’exprime mon désaccord
    Il ne s’agit justement pas de refaire la campagne ou la bagarre, mais de rectifier des idées exprimées ici assez accusatrices et à côté de la plaque, en dehors de la réalité donc, quand la gauche -et tous les medias qui seraient à sa solde !- est accusée de considérer les 48% comme des salauds.

    Nul parmi les medias ici épinglés comme calomniateurs et indignes, responsables de la bassesse d’une campagne à la place du sortant qui en aurait été la victime, n’a jamais soutenu pareille chose concernant l’électorat de Sarkozy, quand bien même ont-ils été sévères avec ses idées et son conseiller.

    C’est terrible de ne pouvoir distinguer les idées d’un homme politique, critiquées, sévèrement, et son électorat, ou les paroles et les discours, et les gens qui suivent. On peut s’en prendre durement à une idée, ou vouloir la défaire, la condamner, sans condamner les personnes, l’électorat qui s’y rallie.

    Cette presse accusée de bassesse n’a pas qualifié l’électorat de Sarkozy de salauds, pas plus que celui de Le Pen.

    A quoi sert de déformer ?

    Commentaire par Schmilblick — 09/05/2012 @ 15:12

  89. @Schmilblick : c’est Javi que je visais en fait, je vous ai cité par erreur.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 15:21

  90. ok tocquevil

    quelques éléments instructifs sur qui vote quoi

    http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/08/sarkozy-n-est-majoritaire-que-chez-ceux-gagnant-plus-de-3-500-euros-par-mois_817342

    Commentaire par Schmilblick — 09/05/2012 @ 15:28

  91. @Tocqueville: Si on est de droite (du point de vue économique), on vote Sarkozy par intérêt. Si on n’est pas d’accord avec ses idées en matière de respect des droits humains, division du pays etc. on peut voter Bayrou.

    Or je constate qu’à droite, les électeurs ont préféré voter sarkozy plutôt que Bayrou. Conclusion, ce n’est pas par goût pour les idées du libéralisme que ces personnes sont à droite, mais par attrait pour l’autre thème de Sarkozy. Je trouve ce deuxième thème indigne. (au passage, bravo à Bayrou pour sa décision de soutien à Hollande sur les valeurs, j’espère que le PS aura l’élégance de lui laisser quelques sièges à l’assemblée en juin)

    Concernant la culture éco des votants sarkozy ou FN: je suis intimement persuadé que l’on est responsable de ses actions au sein de la cité, une idée de gauche là encore 😉 ,aussi venir m’expliquer que untel ou untel a voté pour un nul incompétent parce que ses tripes le lui conseillait, ce n’est vraiment pas une façon de me convaincre… je préfère encore l’erreur de diagnostic au refus de réfléchir. D’autant que là encore, toutes les infos étaient disponibles dans la presse (grâce aux collègues d’Aliocha), moyennant un minimum de lecture et d’effort de mémoire.

    J’ai bossé toutes ces années dans une grosse boite, extrêmement pro-sarko. Tous ceux qui avait le souci des non-cadres/non CDI (et de façon générale, de la possibilité d’accéder à autre chose qu’à son milieu social de départ -valeur éminemment de gauche) étaient des gens qui venaient d’un milieu de fonctionnaires ou de provinciaux et qui avaient réussi un concours de grande école. Tous ceux qui avaient une tradition familiale de cadre sup votaient à droite. Parmi les premiers, il y avait une demande de payer plus d’impôt et de réduire l’importance des demi-part pour cause d’enfant, car, dixit, c’était totalement injuste vu le niveau de salaire de cadre qu’ils percevaient. Aucun des membres du deuxième groupe n’arrivait à comprendre cette attitude.

    Le processus de formation de mes convictions en la matière s’est donc beaucoup fait sur le terrain… 😉

    Commentaire par Javi — 09/05/2012 @ 15:44

  92. Cela dit Schmilblick, je ne me retrouve pas du tout dans votre description de ce qui distinguerait le vote de gauche et le vote de droite, qui me semble reposer sur de tenaces clichés.

    Vous reprenez par exemple celui de l' »égoïsme de droite » dans le but apparent de le relativiser. Ce faisant, vous perpétuez ce cliché, en estimant que cet égoïsme est d’une certaine façon légitime puisqu’en cherchant bien, on peut en trouver à gauche. et de nous expliquer qu’on peut tenir à l’égalité par peur de la révolte des pauvres… C’est donc que vous souscrivez à un autre cliché : c’est la droite qui pousse le peuple à la misère et à la révolte. Vous évoquez par ailleurs cette « haine de la gauche » qui affigerait l’électeur de droite.

    Voyez-vous, je vote depuis toujours au centre-droit pour des raisons qui sont à l’opposé des trois clichés ci-dessus :
    La haine, d’abord : elle m’a poussé ado dans les bras de la droite, car celle que je ressentais chez les gauchistes vers les mal-pensants m’a d’emblée parue intolérable.
    L’égoïsme ensuite : comme beaucoup d’électeurs de droite, je suis guidé, figurez-vous, par le sens du bien commun. Pouvez-vous envisager une seconde qu’on puisse sincèrement considérer que les solutions de droite sont préférables pour améliorer le sort commun, favoriser l’intégration et le vivre-ensemble, et au final limiter la pauvreté et donc la révolte des pauvres ? Pouvez-vous comprendre un ouvrier ou un employé qui ferait ce calcul, sans forcément faire appel à la mythologie de l’enrichissement personnel ? Par ailleurs, que penser de cette gauche qui s’adresse avant tout à une clientèle – fonctionnaires, immigrés… – qui vote pour son intérêt immédiat, bien loin des valeurs de générosité complaisamment affichées ?

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 15:48

  93. Pendant que je répondais à Schmilblick, Javi a encore sévi et essaye d’expliquer le vote de droite en sortant sa boite à clichés.
    On peut peut-être prendre de la hauteur et regretter que chaque camp soit tombé dans la diabolisation et le procès d’intention, puisque en toute hypothèse, il n’y a pas 50% de salauds en France, sauf si cela vous arrange de le penser.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 16:01

  94. @Aliocha : Personne ne dit que 48,4% des électeurs de Sarko sont des salauds, même si une bonne partie en sont (de même qu’à gauche d’ailleurs, mais probablement beaucoup moins ;-)). Mais je crois qu’il y a une déception naturelle à constater, pour un électeur de gauche, qu’un grand nombre de concitoyens n’ont pas trouvé suffisamment graves les propos lepenisants de Sarkozy pour renoncer à leur vote naturel à droite. La corrélation du vote avec le revenu ou l’âge ne fait que peu de doute (une statistique amusante sur Paris : 18e : 72% pour Hollande, 16e : 78% pour Sarko), sans parler d’autres déterminants culturels, ce qui donne une grosse inertie aux votes gauche / droite. De fait, ce sont les nouveaux inscrits et la trop fine frange de ceux qui changent régulièrement de vote qui décident du résultat final. Il n’y a que de la déception à constater que cette inertie du vote résiste aux propos de responsables politiques foulant au pas nos valeurs républicaines. Et l’on en vient à craindre que n’importe quoi puisse être dit, voire puisse être fait, sans que cela n’émeuve une bonne moitié d’entre nous, d’où les références à notre passé douloureux lancé de l’autre moitié en guise de signal d’alarme. Stratégie qui s’est révélée inefficace, car trop souvent brouillée par le marquage idéologique de ceux qui crié au loup.

    Commentaire par kuk — 09/05/2012 @ 16:41

  95. il est toujours pour moi un peu réconfortant de discuter avec des collègues qui ont une sensibilité « opposée » à la mienne politiquement parlant, et pourtant, sur des sujets fondamentaux, valeurs de la république, solidarité, etc, nous nous rejoignons sur presque chaque point.

    J’ai fini par conclure que l’éducation joue tout de même un rôle décisif, ainsi que le milieu d’origine.
    J’ai également pu constater qu’il existe différents sensibilités de droite et de gauche. Et l’art des hommes politiques consiste à s’adresser à ces sensibilités éparses.
    Je ressens très souvent dans les argumentaires des quiproquos par rapport au positionnement, et encore d’avantage dans les critiques du parti opposé.

    En tout cas il semble bien que les politiques s’attachent éperdument à renforcer les clichés perçus, et Notre Président sortant les a même exacerbés.

    Je suis encore ébahi par le fait qu’il soit mal vu de ne pas être complètement d’accord avec les propositions d’un politique qui est de notre sensibilité. Qu’il soit mal vu qu’on puisse être partiellement d’accord avec un politique d’une autre sensibilité.

    Nicolas Sarkozy a de mon point de vue des torts que je trouve insupportable, cependant il a tout de même quelques bonnes actions (de mon point de vue) à son actif.
    François Hollande propose des choses qui me semblent correctes, mais ça manque de précision. J’attends de voir.

    Quant aux médias, c’est très triste que les journalistes ne sachent pas faire preuve d’impartialité.

    Enfin une lecture distrayante et intéressante à la fois :
    http://odieuxconnard.wordpress.com/2012/05/09/la-democratie-est-une-question-de-point-de-vue

    Commentaire par DePassage — 09/05/2012 @ 16:43

  96. Par ailleurs, Schmilblic : « On peut s’en prendre durement à une idée, ou vouloir la défaire, la condamner, sans condamner les personnes, l’électorat qui s’y rallie. »

    Est-ce que Aliocha a dit le contraire ? Le problème, précisément, c’est lorsqu’on sort du débat d’idées, même mené « durement », pour l’attaque ad hominem et l’insulte. Un seul exemple, car très récent ; le tweet du grand moraliste Axel Kahn, qui compare le meeting du « tout petit » au Trocadero à Hitler à Nuremberg. Et qu’on ne vienne pas me dire que la stupide sortie de l’élue UMP du sud-est sur l’illégitimité de Hollande qui n’aurait « pas un physique de président  » est comparable dans l’outrance.

    Allez dire à l »électeur sarkozyste présent (ou pas) au Trocadéro qu’il ne doit pas se sentir visé…

    En outre Schmilblic, je ne suis pas d’accord lorsque vous dites qu’il n’y a pas réciprocité, et qu’un électeur de droite ne pourrait pas voter pour la gauche. Le cas de figure symétrique au Chirac-Le Pen ne s’est jamais présenté me semble-t-il. Je peux vous assurer qu’en cas de deuxième tour Hollande-Mélenchon, l’électeur de droite aurait choisit Hollande contre le candidat de l’extrême-gauche. Et dans le cas d’un Hollande-Le Pen, qui n’est pas l’exact symétrique, le report vers Hollande d’une grande partie de la droite ne fait aucun doute dans mon esprit.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 16:58

  97. Kik, ou l’illustration par l’exemple de l’auto-satisfaction du camp du Bien : « les sarkozystes ne sont peut-être pas tous des salauds, mais comprenez-nous, cela fait mal à nos belles âmes de voir qu’ils « résistent aux propos de responsables politiques foulant au pas nos valeurs républicaines. »

    Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont on tente de priver de légitimité l’idée qu’on puisse être favorable à une réduction de l’immigration. Cette diabolisation, nourrie depuis Mitterrand à la mamelle d’un anti-racisme myope, contribue au maintien du Front National; au point qu’on peut se demander si ce n’est pas son principal objectif, juste après l’estime de soi des belles âmes.

    Or, la plupart de ceux qui, comme moi, sont favorables à une réduction de l’immigration n’ont pas de viles pensées, mais considèrent simplement que l’intégration harmonieuse des populations immigrées présentes sur notre sol ne pourra se faire correctement qu’à cette condition.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 17:22

  98. Il fallait lire « qu’ils NE résistent PAS aux propos… »

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 17:25

  99. @tocquevil, le premier à avoir parlé de Nuremberg à propos du meeting du Trocadéro, c’est Le Pen père. Le twitt d’Axel Kahn, quel qu’il soit (pouvez vous avoir l’obligeance de citer la source précisément) ne peut que se comprendre en relation avec le propos Lepeniste. Quant à la sortie stupide l’UMP, que j’ai cité, elle ne se limite pas au physique, mais elle dénie toute légitimité à François Hollande en parlant de combat anti-démocratique « je ne me sens pas liée par ce président de la République que j’estime illégitime ». Vous conviendrez que de la part d’une élue de la République, chargée de faire appliquer les lois de cette même république, dirigée par un président élu démocratiquement, c’est au moins aussi grave que les propos d’un ex chef de parti connu pour son goût de la provocation.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 17:27

  100. @tocquevil 92 :

    j’ai dit exactement le contraire l’égoïsme bien compris, soit ma tranquillité, ma liberté, seront assurées par une recherche de l’égalité, donc je vote à gauche

    95 en laissant croire que les gens de gauche considèrent l’électorat en question comme des salauds, bien sûr que si, c’est ce que dit le post ci-dessus, dans la suite de la thématique accusant la gauche d’être dans l’insulte, et non de dénoncer des idées d’extrême-droite ; et considérer les gens comme des salauds ou combattre des idées , est ce qui distingue s’en prendre aux personnes ou idées

    Pas réciprocité ? Je prétends en effet que la droite ne vote pas ni n’appelle à voter pour la gauche, face au risque d’élire des membres d’un parti d’extrême-droite. Vous prétendez le contraire.
    Eh bien on verra lors des triangulaires des législatives si la droite appelle à voter pour la gauche pour ne pas faire élire des candidats du FN
    C’est tout vu, ils ont déjà déclaré que c’était hors de question.

    93 ce que vous appelez les « clichés » de Javi semble être corroboré par les études sociologiques des votants
    (voir lien en 90)

    et comme dit par kuk 94

    N’est -il pas possible, au lieu d’insulter la gauche et la presse qui s’en fait l’écho, (en parlant de puanteur etc.) de comprendre la déception, j’ajouterais l’inquiétude aussi, qui s’emparent des gens de gauche, à constater que cette inertie du vote résiste aux propos de responsables politiques foulant au pas nos valeurs républicaines.

    A droite, on s’est efforcé de nier que ces valeurs aient été foulées par les thèmes d’extrême-droite qui ont constitué le seul contenu de la campagne de Sarkozy. Ce qui évidemment ne contribue pas à la clarification des idées ni à éclairer les esprits.

    Encore un vécu qui distingue les gens de gauche, inquiets, et ceux de droite, qui n’y voient aucun problème.

    Ces échanges et la différence des arguments et des points de vue, font bien ressortir ce qui distingue réellement une culture de gauche d’une culture de droite

    Commentaire par Schmilblick — 09/05/2012 @ 17:30

  101. @Tocquevil: « biote à clichés »? vraiment? Alors justifiez nous votre vote de droite, par un autre de ces deux thèmes sarkozystes que sont le libéralisme économique (commun en grande partie avec Bayrou) et le racisme.

    Je vous écoute.

    Commentaire par Javi — 09/05/2012 @ 17:41

  102. @ Schmilblick heureusement, beaucoup de gens de droite ont vu un problème à la droitisation extrême de la campagne Sarkozyste. De Bayrou à Jouanno pour les plus connus, et de nombreux électeurs qui ont réussi à passer par dessus leur « appartenance traditionnelle » pour défendre ce qui leur semblait le plus important dans leurs valeurs. D’autres n’ont pas la même priorité. ça n’en fait pas des salauds, en tout cas dans les électeurs (parce que pour les politiciens prêts à aller manger la soupe lepeniste, vous m’autoriserez à garder ce mot)

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 17:43

  103. J’ai sauté à la fin du post (donc sauté les commentaires), à cause de ma batterie qui approche de la fin elle aussi, mais je trouve le jugement excessif : quand je regarde mes parents (90 et 86 ans) qui regardent essentiellement France 2, parce que la télé c’est compliqué et que leur arthrite rend difficile la manipulation de la télécommande, c’était facile de se laisser abuser par les commentaires dythirambiques diffusés aux journaux télé à propos de Sarkozy. Plutôt que de dire « tous des cons ! » et de jeter l’opprobre sur les citoyens qui ont été abusés pendant 5 ans, ne faudrait-il pas se demander si les journalistes ont toujours bien joué leur rôle ? Je développerais bien un peu plus le sujet, mais ma batterie rend l’âme… PS : Aliocha, j’aime bien vous lire — mais je ne suis pas toujours d’accord avec vous !

    Commentaire par Yves Pouplard — 09/05/2012 @ 18:04

  104. @ Schmilblick

    – sur l’égoïsme à gauche : je vous avais compris, mais vous ne m’avez pas bien lu… vous vous contentez d’avouer que voter à gauche, c’est parfois de la générosité par intérêt (mais quand même de la générosité) en occultant qu’il s’agit souvent d’intérêt tout court (la protection de son statut de fonctionnaire par exemple). En revanche, comme Javi, vous semblez considérer que le vote de droite est forcément un vote d’intérêt personnel, ce que je conteste, et qui est à mon sens un cliché et un contresens majeur pour comprendre le vote de droite.

    – sur la réciprocité : voyons, ce n’est pas un peu de la mauvaise foi ? Si le FN est un parti d’extrême droite, c’est bien avec l’extrême-gauche qu’il faut comparer pour avoir des situations symétriques.

    Tout l’art de la gauche depuis Mitterrand, c’est d’avoir diabolisé l’extrême-droite pour refuser à la droite ce que la gauche s’est permis avec l’union de la gauche, et qui lui a permis de réduire le communisme.

    – sur les clichés de Javi : oui, cela reste des clichés. L’étude sur la sociologie des votants ne nous apprend rien que nous ne devinions déjà,et ne permet pas de conclure sur les intentions des votants, ce que Javi prétend faire. Rien n’indique par exemple qu’ils ne sont pas guidés par l’intérêt collectif.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 18:14

  105. @ Javi 101, vous n’avez pas dû lire mon commentaire où j’abordais les raisons de mon vote à droite guidé par l’intérêt collectif, et qu’il n’y a pas lieu de développer ici.

    Votre vision de la droite UMP « libéralisme et/ou racisme » est d’un simplisme qui frise l’insulte et le sectarisme,

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 18:27

  106. Bonjour,
    A tocquevil,
    Vous avez raison, les méchants, pas beaux pas gentils, égoïstes, intéressés, manipulateurs, feignants de fonctionnaire, votent à gauche.
    Les gentils, intelligents, altruistes, courageux, attentifs, rationnels et volontaires votent à droite.
    La preuve, c’est que l’étude surla sociologie des votants ne vous apprend rien que vous ne « deviniez » déjà. Quel talent ! Ca donne vraiment envie d’être de droite.
    Encore raté ! peut-être, à la prochaine élection…
    Bon courage.

    Commentaire par utile baron — 09/05/2012 @ 18:35

  107. @ utile Baron,
    Merci de votre soutien et de votre sens de la nuance. Bon courage à vous aussi.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 18:39

  108. @ tocquevil, vous excuserez mes ascendances « bougnoules, youpines et métèques » de m’interdire de mettre dans le même sac extrême gauche et extrême droite. Ce n’est pas Mitterand qui a diabolisé l’extrême droite, c’est un certain nombre d’événements qui ont eu lieu de 1934 à 1945, ou une portion de la droite française a fait un choix ignoble.Quand on trouvera chez les adhérents de Marine Le Pen le même nombre de soutien à ces thèses là qu’on trouve de partisans de Pol Pot dans les rangs de l’extrême gauche, j’assimilerai les deux extrêmes.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 18:48

  109. @Tocquevil : Je passe sur l’auto-satisfaction, je ne vois pas bien de quoi vous voulez parler.
    Le contrôle du flux migratoire peut se discuter dans le calme de manière argumenté et sereine. Personnellement, ça ne m’intéresse pas beaucoup, je ne pense pas que ce soit un sujet important. On peut probablement trouver de bonnes raisons de vouloir diminuer le flux ou de l’augmenter, on peut discuter du Halal ou du 14 juillet, tout ça n’est qu’à mon avis perte de temps. Je trouve, comme beaucoup de mes concitoyens, que la valeur fraternité a particulièrement été mise à mal par nos dirigeants pendant ce quinquennat, avec une stigmatisation continuelle de certaines catégories (assistés, immigrés responsables de la délinquance, bobos, intellectuels, juges laxistes, syndicalistes, protégés du statut), même des gens de droite s’en sont émus. Ça ne me place pas dans le camp du Bien de faire cette remarque, ni ne place dans le camp du Mal ceux qui ont voté pour Sarkozy qui n’ont pas vu la même réalité que moi, ou qui ont d’autres valeurs prioritaires qu’ils auraient trouvées mieux défendues par Sarkozy que par Hollande. Si vous trouvez que la valeur fraternité a progressé depuis 5 ans grâce à l’action de notre plus pour longtemps président, n’hésitez pas à argumenter.

    Commentaire par kuk — 09/05/2012 @ 18:49

  110. @ lumièredelune,

    j’apprécie vos commentaires équilibrés et nuancés. Je fais partie de ceux qui auraient souhaité que Sarkozy renoncent à se représenter et qui espèrent un recentrage de l’UMP vers son pôle « humaniste » ou « gaulliste social ». J’ai voté Bayrou au premier tour. Pour autant, il y a pas mal d’hypocrisie (ou de naîveté dans le cas de Jouanno) dans cette façon de brandir les « valeurs » en vue de la reconfiguration qui s’annonce à droite et je ne suis pas dupe de l’attitude opportuniste de Bayrou entre les deux tours. On voit bien en effet l’intérêt politique de Bayrou à persister dans son positionnement anti-sarkozyste dès lors que le deuxième tour est quasiment joué en faveur de Hollande.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 18:57

  111. @Tocquevil je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’opportunisme ou d’hypocrisie. Peut être que la fidélité à certaines valeurs est de la naïveté. Personnellement je l’admire. Je pense que Bayrou a accéléré sa chute politique, et je pense même qu’il en était conscient. Sans doute suis je aussi naïve. En tout cas, il me plait que certaines choses aient été dites, surtout quand j’ai vu sur d’autres blogs les difficultés de certains catholiques a prioriser leurs valeurs.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 19:02

  112. @ Aliocha # 79 :

    Ma théorie est la suivante : Nicolas Sarkozy a joué pendant cinq ans sur le registre de la séduction, il a sollicité l’affectif chez ses concitoyens, et c’est sur cette même corde qu’il a surjoué pendant sa piètre campagne.

    Il suffit de se reporter à son discours sur la « frontière ». Où étaient les projets porteurs d’espoir dans ce discours ? Nulle part, tout comme ils étaient inexistants dans ses autres discours.

    Mais c’était encore plus flagrant dans celui-ci. Il s’est contenté d’enchainer les perles, d’enfoncer des portes ouvertes, bref, d’accumuler les poncifs avec lesquels on ne peut qu’être d’accord.

    Considérons que le corps électoral est un violoncelle, il a joué le rôle d’archet. Une fois que les cordes se sont mises à vibrer, le corps électoral a suivi la partition qu’on lui proposait de jouer.

    L’affectif est le plus efficace des ressorts à solliciter, la campagne écoulée en a été un exemple criant.
    Voilà pourquoi, selon moi, il s’est trouvé 48,4% de personnes pour voter Nicolas Sarkozy.

    Au passage, ce sont les mêmes ressorts que sollicitent les marchands de lessive pour nous fourguer toujours plus de camelote.
    Rien de bien nouveau sous le soleil… si ce n’est un packaging qui s’est révélé être suffisamment chatoyant pour séduire 48,4 % d’électeurs.

    De la séduction : qu’attendiez-vous d’autre de la part de Nicolas Sarkozy ?

    Commentaire par Zarga — 09/05/2012 @ 19:05

  113. @Tocquevil : merci d’être arrivé en renfort, je commençais à me sentir un tantinet incomprise 😉

    @Zarga : certes, mais la séduction est-elle dissociable de la politique ? Je trouve que depuis le début de cette conversation – passionnante et presque civilisée malgré l’extrême sensibilité du sujet, merci à tous pour cela – on joue au jeu de la paille et de la poutre, vous ne pensez pas ? Il me semble aussi qu’il y a beaucoup de fantasmes de part et d’autre. Même si je ne suis pas d’accord avec tout le monde ici, je trouve très intéressant de comprendre les ressentis de chacun.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/05/2012 @ 19:10

  114. @ lumièredelune,
    Concernant le pétainisme, je crains que vous n’ayez une vision biaisée de l’histoire de notre pays. Les hommes politiques de gauche ne sont pas exempts de compromission avec le régime de Pétain, et nos brillants intellectuels de gauche non plus. On commence seulement à saisir l’incroyable culot d’un Sartre par exemple, qui a réussi à se positionner – et toute la gauche avec lui – comme le premier des antifascistes, et qui aura eu la même cécité à l’égard de l’URSS.

    Cela dit, je ne mets pas Mélenchon dans le même sac que Marine Le Pen, même si cette dernière a abandonné la nostalgie pétainiste, et si Mélenchon ne vaut guère mieux qu’elle en termes de populisme et de soutien à des régimes douteux. Je faisais seulement remarquer qu’il y a quelque hypocrisie à prétendre qu’il y a parfaite symétrie dans le cas de triangulaires Le Pen-UMP et Le Pen-PS.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 19:14

  115. @ tocqueville, je ne fais pas allusion QUE au pétainisme, j’ai commencé en 34 avec les ligues… je vois aujourd’hui se redessiner, au moins en Grèce, les conditions qui ont permis à l’extrême droite d’accéder au pouvoir, et je n’aime pas cela. Je ne refais pas non plus l’histoire. Il y a eu aveuglement à gauche, mais je vous ai bien parlé des supporters d’aujourd’hui. Dans l’histoire personnelle qui m’a faite, on a autant souffert des deux extrémismes. Force m’est simplement de constater que l’un est aujourd’hui quasiment mort (à part la Corée du Nord et Cuba), l’autre est nettement plus présent

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 19:20

  116. @ lumièredelune,
    je comprends votre inquiétude, et je la partage. Schmilblick disait plus haut que ce qui différencie la droite et la gauche, c’est le degré d’inquiétude à l’égard de l’extrême droite, mais je ne suis pas d’accord. Ce qui nous distingue, c’est la façon de gérer la thématique de l’extrême-droite : en gros, la gauche nie qu’il y ait un problème d’immigration et diabolise toute tentative d’aborder ce thème, tandis que la droite dit « il y a un vrai problème et il vaut mieux le traiter sinon l’extrême droite va proliférer. » Je préfère cette dernière approche, même si Sarkozy n’a pas su concrétiser mes espoirs dans ce domaine, et de loin, préférant la communication clivante à l’action républicaine. L’épisode des roms en est un exemple frappant.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 19:35

  117. @ tocquevil je pense qu’on dévie largement du sujet initial de ce post, mais historiquement parlant, il n’y a pas tant un problème d’immigration qu’un problème de croissance économique. Par ailleurs, en ce qui concerne la situation actuelle, parler de problème d’immigration est d’autant plus inutile que les populations « à problème » sont en majorité française, et par des mécanismes contre lesquels les lois sur l’immigration ne peuvent rien (à moins bien sûr qu’on veuille établir un visa pour venir des DOM TOM ? … entre autres). L’immigration est un faux problème. L’intégration de populations pauvres et marginalisées, la refonte d’une école laïque et républicaine armée pour donner des chances égales à tous (et non pas celle où un instituteur est moins important qu’un prêtre), une vraie politique d’accompagnement comme celle qui a été menée avec succès par Descoings à Sciences Po, tout cela oui, vaut la peine d’être mis sur la table et discuté. Mais « l’immigration » ? Alors dans ce cas, discutons aussi de la balance économique positive de l’immigration, discutons aussi des français de l’étranger, qui vivent dans des pays d’émigration et qui en tirent profit, discutons de la France Afrique qui maintient des gouvernements corrompus qui détournent les aides… etc, etc, etc. Oui dans ces conditions là, je veux bien discuter de l’immigration.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 19:41

  118. @Kuk, par auto-satisfaction, je faisais allusion à cette plénitude qui nous envahit lorsque nous avons le sentiment d’être du bon côté des valeurs républicaines 🙂

    Sur le sujet de l’immigration et de l’intégration je suis malheureusement moins optimiste que vous. Il y a là pour moi un échec de notre modèle républicain qui constitue un enjeu majeur pour les décennies à venir, et pour la survivance de notre tissu social, au sein d’une entité, la nation, qui continuera à être le cadre de référence des individus qui forment notre collectivité.

    Par ailleurs, je suis d’accord avec vous : Sarkozy porte la responsabilité d’avoir monté certaines populations contre les autres, par ses prises de positions agressives et parfois blessantes, même si la responsabilité est à mon sens en partie partagée par l’opposition qui a sauté sur l’occasion de le diaboliser. L’épisode du Karcher est à cet égard emblématique. Sarkozy aura eu de nombreuses occasions d’être un président rassembleur, et il ne l’aura été qu’à deux reprises ; son discours de président élu, et son discours de président battu.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 20:02

  119. @lumièredelune, ce n’est effectivement pas le lieu, mais je constate que vous n’êtes prête à parler d’immigration que si vous posez d’emblée le postulat qu’il n’y a pas de problème ! Le sujet est bien évidemment plus large que le seul contrôle des frontières, et nécessite de refonder notre moteur républicain, en s’appuyant notamment sur l’école. Je crois qu’il y a là un vrai consensus droite-gauche, malgré votre allusion à la stupide phrase de sarkozy sur les prêtres.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 20:20

  120. Je pense effectivement que le vrai problème n’est pas l’immigration, et je suis prête à en débattre largement avec vous. « L’immigration » telle qu’elle est montée en épingle, est tout au plus la montée de fièvre. Il faut traiter les vrais symptomes de la maladie, et pas simplement donner un peu d’aspirine. Il est aussi important d’expliquer pourquoi la très faible immigration actuelle n’est pas le vrai problème.

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 20:42

  121. @ Aliocha en 113 :

    La séduction est-elle dissociable de la politique, demandez-vous ?

    Je choisis d’être un tantinet malpoli pour le coup, en répondant à votre question par une autre question : la politique peut-elle se réduire à la séduction ?
    C’est le fond de mon reproche sur cet aspect que Nicolas Sarkozy a trop joué, trop souvent à mon sens.

    Je ne suis pas dupe pour autant, et comme je vous le disais, je suis convaincu que seul le packaging était nouveau. Pour le reste… nous n’avons pas inventé grand-chose : il suffit de se reporter à l’Antiquité.

    Je ne résiste pas à la tentation de reproduire ici le propos de Will Durant (ne vous méprenez pas pour autant, je ne dresse pas un parallèle en forme de condamnation, je souhaite juste illustrer). Il est ici question de Thémistocle :

    « Nul plus que ce dernier n’aura mérité de sa ville, et nul n’était plus résolu que lui à s’en voir récompenser. Lorsque les dirigeants grecs se réunirent pour décerner un premier et un second prix aux hommes qui avaient le plus habilement défendu leur cause à la guerre, chacun d’eux vota pour soi-même en première ligne et donna le second rang à Thémistocle. C’est lui qui orienta le cours de l’histoire grecque, en persuadant les Athéniens que la suprématie ne se trouverait pas sur terre mais sur mer, et qu’on l’obtiendrait moins par la guerre que par le commerce. Il se livra à des négociations avec la Perse, et s’appliqua à mettre fin à l’opposition entre l’ancien empire et le nouveau, pour que le commerce désormais exercé sans obstacles avec l’Asie pût procurer à Athènes une large prospérité. Sous son impulsion, les Athéniens, y compris même les femmes et les enfants, élevèrent une muraille autour de leur cité, et une autre autour des ports du Pirée et de Munychie. Sous sa direction, reprise et développée ensuite par Périclès, de grands quais, des magasins, une Bourse furent établis au Pirée, pourvoyant à toutes les nécessités du trafic maritime. Thémistocle n’ignorait pas que ses entreprises susciteraient la jalousie de Sparte, et pourraient amener une guerre entre les cités rivales, mais poussé de l’avant par sa vision de l’épanouissement d’Athènes, il se fiait à la puissance de la flotte dont il disposait.

    Autant ses buts étaient grandioses, autant les moyens qu’il employait s’entachaient de vénalité. A l’aide de ses vaisseaux, il imposa tribut aux Cyclades pour avoir trop vite baissé pavillon devant les Perses et prêté à Xerxès l’appui de leurs troupes ; il semble s’être laissé corrompre pour exempter de cette charge certaines des cités qu’elle atteignait. Ce fut par des procédés identiques qu’il s’occupa de faire rappeler des exilés, et Timocréon affirme qu’il gardait parfois l’argent perçu, alors qu’il n’avait pas obtenu ce rappel. Lorsqu’ Aristide fut chargé d’administrer les fonds publics, il constata que ses prédécesseurs les avaient dilapidés, et que le moins prodigue n’avait pas été Thémistocle. Vers 471, les Athéniens, redoutant l’acuité tout immorale de son intelligence, le frappèrent d’ostracisme. Il alla s’établir à Argos. Peu après, les Spartiates découvrirent des documents qui paraissaient impliquer Thémistocle dans la correspondance secrète de leur régent Pausanias, qu’ils avaient fait mourir de faim pour avoir traîtreusement négocié avec la Perse. Heureux de porter un coup décisif à son ennemi le plus habile, Sparte révéla ces trouvailles à Athènes, qui aussitôt lança l’ordre d’arrêter le coupable. Thémistocle s’enfuit à Corcyre, mais on lui en refusa l’asile ; après un court arrêt en Epire, il s’embarqua en secret pour l’Asie. Là, il réclama au successeur de Xerxès quelque récompense pour avoir modéré la poursuite de la flotte perse par les Grecs après Salamine. Artaxerxès Ier se laissa prendre par la belle promesse que le banni osait lui faire de l’aider à subjuguer la Grèce ; il l’admit dans ses conseils, et lui alloua pour son entretien les revenus de plusieurs villes. Avant d’avoir pu réaliser les plans qui ne lui laissaient jamais ni trêve ni repos, Thémistocle mourut à Magnésie en 449, âgé de soixante-cinq ans, objet d’admiration autant que d’antipathie à travers le monde méditerranéen ».

    Commentaire par Zarga — 09/05/2012 @ 21:01

  122. @tocqueville 105: j’ai lu, et j’ai l’impression de vivre dans une dimension parallèle: en cinq ans, je n’ai JAMAIS vu L’UMP au pouvoir agir pour le bien commun. Je les ai vu agir pour le bien de Liliane Bettencourt, pour celui des retraités déjà à la retraite (contre les actifs), pour celui des actionnaires, pour celui des cafetiers-bistrotiers, pour celui de Jean Sarkozy, pour l’intercommunalité de Nanterre, pour la voirie du cap nègre, pour celui des héritiers (de plus de 159k€), pour celui des taverniers, des amateurs de flash radar, pour celui des artisans-entrepreneurs qui ont du courage, pour celui des investisseurs en Scellier (une hérésie économique, pour un libéral), pour celui des assujettis à l’ISF (pauvres purotins à 700k€ de patrimoine), etc.

    On peut en faire des pages. Et le pire, c’est que, même du point de vue d’un libéral, c’est un quinquennat raté.
    Le bien commun, c’est la gauche (c’est intrinsèque: ça vient du fait que, pour la gauche, tous les individus ont la même valeur).

    Commentaire par javi — 09/05/2012 @ 21:01

  123. @tocquevil voici par exemple des pistes de réflexions intéressantes pour alimenter le « débat sur l’immigration » http://www.atd-quartmonde.fr/Les-idees-fausses-ca-suffit.html

    Commentaire par lumieredelune — 09/05/2012 @ 21:20

  124. @Zarga : vous n’êtes pas malpoli du tout, juste un peu joueur, tant mieux 😉 he non, la politique ne peut se réduire à la séduction, mais je vous retourne la question : pensez-vous que Sarkozy se résume à la seule séduction ? Il est évident que l’affect, sincère ou surjoué, est décisif chez lui. On l’a vu autant dans sa vie publique que privée. N’importe quel autre président aurait lavé son linge sale en famille. C’est ça l’ennui avec lui, il croit que la sincérité dispense de la politesse, de l’intelligence, du respect des autres et de tout le reste. Un fait divers ? Il fait une loi et je le crois sincère, parce qu’il s’associe au drame et qu’il a l’orgueil de croire qu’il peut réparer la peine et éradiquer le crime avec ses petits poings musclés et ses bonnes intentions. Je vous accorde qu’au passage, il pense qu’on l’aimera davantage. Il a gouverné pour plaire, pour qu’on l’aime mais surtout à mon avis pour faire tout ce que les autres n’ont pas fait avant lui, par intelligence sans doute de leur part, mais à ses yeux par faiblesse ou lâcheté. En cela, c’est un homme politique épouvantablement mauvais. Depuis le premier jour de son mandat, à chaque fois que je le regarde, j’ai la même impression qui s’impose à moi : celle qu’il a enfin réussi à occuper la place où il pourra faire tout ce que les autres n’ont pas fait depuis 30 ans qu’il les observe. Comme s’il avait libéré d’un coup une immense frustration. Avec le résultat que l’on sait…
    Sinon, vous le flattez en le comparant à Thémistocle, non ? 😉

    @Javi : tssssss, vous exagérez et vous le savez ? Si, si, dites-moi que vous le savez…

    @lumieredelune : très intéressant votre lien.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/05/2012 @ 21:50

  125. @Javi, les clichés : c’est comme les Mercedes : c’est confortable, solide et ça supporte le kilométrage.

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 21:51

  126. @Tocqueville 125: vous parlez des clichés de droite sur la gauche, bien sûr?

    @Aliocha: je ne sais même pas s’il est encore possible d’exagérer après Sarkozy. Mais je suis heureux de retrouver un débat normal depuis le 6 mai. 😉

    Commentaire par javi — 09/05/2012 @ 22:57

  127. Se trahir pour se rester fidèle…

    Je n’ai pas vraiment participé à la campagne présidentielle, à la différence de 2007. Notamment par lassitude, par désillusion, parce que j’ai souvent eu l’impression que ce que j’écrivais ne servait que de support à l’aut…

    Rétrolien par Trassagere — 09/05/2012 @ 23:14

  128. @lumieredelune : j’ai parcouru votre lien. Intéressant en effet, Cependant, il ne reflète que très partiellement la problématique de l’intégration puisque l’effet cumulatif de l’immigration (immigrés devenus français ou/et ayant des enfants français) ne ressort pas dans les indicateurs utilisés (sauf pour la performance du système scolaire) ce qui est tout de même gênant si on veut analyser la réussite de l’intégration des descendants d’immigrés, qui est au coeur du sujet. On nous parle de Francais pauvres et d’immigrés étrangers sans expliciter la dynamique qui les relie : l’immigration est-elle une machine à fabriquer des enfants pauvres – et appelés à le rester via l’échec scolaire – et dans quelle proportion ? Voici une question importante qui n’a pas de réponse.

    Par ailleurs, certains aspects difficilement quantifiables ne sont pas abordés, comme l’impact de la communautarisation sur le « vivre-ensemble ».

    Commentaire par tocquevil — 09/05/2012 @ 23:32

  129. Après quelques jours d’abstinence internet, je découvre avec plaisir le dernier billet d’Aliocha avec un compteur de visites qui s’affole : 128 commentaires en 2 jours à peine.
    Fichtre, le sujet doit être passionnant… Et je lis : « 48,4% de salauds… ». Houla, aujourd’hui c’est bataille ! 😉

    Et pourtant, j’ai lu, que dis-je, dévoré le billets et les commentaires comme si j’allais enfin trouvé la réponse à la Grande Question du moment : « Mais qui donc a raison, les 48,4 % (de « méchants réalistes ») qui acclament l’Impulsif-Playmobile ou les 51,6 % (de « gentils rêveurs ») qui ovationnent le Sage-Flamby ?…

    Finalement, autant le « match » a été « Nul » (comme souligné dans votre précédent billet), autant l’après match s’annonce riche et passionnant. De surcroît le débat est de fort bonne tenue : des désaccords cinglants mais pas d’insultes graveleuses, des oppositions fermes mais du respect gardé.

    Comme quoi, le « Débat Populaire » agit comme un vase communicant et s’équilibre avec le « Débat-Politique » !
    Pourvu que ça dur. Merci qui ?…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 10/05/2012 @ 11:14

  130. Sarkozy a transformé la politique en spectacle, s’orientant en flairant l’opinion et guidé par le seul souci de plaire et les seuls moyens de la communication.
    Voir les mille et mille sondages commandés pour mieux suivre l’opinion et la caresser dans le sens du poil.
    Je m’étonne que ce blog qui critique la communication n’ait pas décrypté ce travers de comédie, d’un règne ayant misé tout sur la comm.

    De sorte que nous avons été assignés à la place du spectateur muet et passif, d’un mauvais spectacle, devenant de pire en pire. Nous, peuple de gauche pris en otage par un comédien qui s’est essayé à tous les rôles, si bien qu’en fin de mandat certains y ont vu un clown , ou un pitre.

    Convoqués comme spectateurs d’un mauvais spectacle télévisuel infligé en permanence d’un comédien hyper-narcissique cherchant à se faire aimer, jouant en solo par-dessus le gouvernement et ses ministres, les élus, les députés, son propre parti, toutes les institutions démocratiques, les corps intermédiaires et représentants du monde du travail…

    Nous n’avions pas un Président de la République, mais un individu qui jouait assez mal le rôle, qui essayait de « faire » président, comme avant il avait « fait » avocat (ce sont ses mots). Le grand malaise qu’il provoqua se mua vite en désaveu -le Fouquet’s-Bolloré-Dysney-Carla-Kadahfi-, quelques mois à peine après son élection, sa popularité avait fondu au plus bas des cotes présidentielles jamais vues et n’est jamais remontée.

    Cette comédie qui s’est terminée en bouffonnerie a été insupportable pour nous, peuple de gauche.

    En face, ceux de son clan, les collaborateurs, et ceux de son camp, citoyens de droite ses supporters avaient le choix de la soumission et du culte du chef, pour les premiers, et de l’adoration du chef, pour les autres. Point. Lors de la sa campagne, il a hystérisé les foules de ses partisans qui ne savaient que hurler son prénom. Etonnant.

    Bref, ces ingrédients là, plus le contenu de ce qu’il a fait, de ce qu’il a dit, sur quoi je ne reviendrais pas mais qui a permis, ne vous déplaise, les rapprochements avec le pétainisme lors de l’escalade finale pour les éléments de langage et l’idéologie (voir 53) a constitué un climat d’extrême-droite parfaitement puant. Cela été une grande souffrance pour les consciences de gauche et tous ceux qu’il a attaqués, le monde du travail, les chômeurs, la fonction publique, la gauche et ses organisations.

    Ayant installé un climat de violence, il y eut quelques retours de bâtons en effet. Ne renversons pas l’enchaînement des causes et des effets.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 11:30

  131. et ça continue, pour les législatives, le slogan de l’UMP : «Choisissons la France».
    C’est du Le Pen, synonyme de son slogan, «oui la France ».

    La France, c’est eux, pas la gauche, pas les autres.
    Et on poursuit avec les attaques de l’anti-France ? qui est le sous-entendu de ces slogans.

    La maire d’Aix attaque l’élection de François Hollande, illégitime dit-elle, et en prime s’en prend à son physique. Elle va même jusqu’à essayer de la faire invalider pour propagande et liens avec les syndicats…

    (bien sûr l’UMP n’a aucun lien avec le Medef)

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/09/97001-20120509FILWWW00306-un-elu-conteste-la-legitimite-d-hollande.php

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/09/la-maire-ump-d-aix-demande-au-conseil-constitutionnel-d-annuler-l-election_1698714_1471069.html

    Où sommes-nous ?

    Et, ce qui fera plaisir à nos blogueurs de droite, elle dénonce « un lynchage médiatique de Nicolas Sarkozy »

    Voilà posés les éléments de la campagne pour les législatives qui promet d’être encore joyeuse.
    Comme quoi, le sillon creusé par Sarkozy n’est pas prêt de se refermer.
    Préparons nous à souffrir encore.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 11:53

  132. Décidément, Schmilblick, alors même que se tourne une page, vous persistez dans la diabolisation de l’autre camp, malgré les appels à la raison d’Aliocha et quelques autres, comme Gwynfrid ou moi. N’avez-vous pas conscience que vous devenez caricatural ?

    Pauvre peuple de gauche, martyrisé sous Sarkozy, et qui continuera à l’être alors même que la République, les (bientôt) deux assemblées et tous les conseils régionaux sont aux mains de la gauche, et que 80% des journalistes votent à gauche. Et honte au peuple de droite, cette foule hystérique qui n’a que vocation à adorer son chef.

    En réalité, et comme je l’avais indiqué plus haut, ce martyrologe et cette diabolisation vous sont nécessaires, vous en redemandez, vous en avez besoin pour continuer à incarner le camp du Bien.

    Sarko vous manque déjà, mais on peut compter sur quelques pittoresques seconds couteaux de l’UMP pour continuer à vous fournir de quoi flatter votre belle âme.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 13:16

  133. Vouloir dénoncer la « mise dans le même sac » de tous les électeurs de Nicolas Sarkozy par quelques bien-pensants médiatiques en mettant les autres, ceux qui ont voté François Hollande -moi !- dans un autre sac, est d’une folle élégance.
    Qui donc a dit : « la violence est le dernier argument des imbéciles. » ?
    Nier de la sorte le sentiment politique, la réflexion, l’engagement républicain ; balayer d’un revers de main un vote conscient, mesuré, en le traitant d’imbécile parce que quelques ténors de la médiacratie (si prompte à émettre des jugements sur tout et n’importe quoi pourvu que ça fasse du papier, coco !) ont dit des âneries ; s’attaquer à mon vote, à ma dignité personnelle d’électeur conscient, de la sorte est non seulement une indignité mais une… imbécilité.
    Je supprime ce site de mes favoris.

    Commentaire par Le Maître des Bouviers — 10/05/2012 @ 13:57

  134. Un commentaire précédent indiquait que ce n’est pas parce que quelqu’un formulait des reproches, vitupérait contre Nicolas Sarkozy, qu’il s’adressait à tous ses électeurs. Ça répond assez bien à la question initiale, non ?

    Personnellement, je trouve que dans le corps politique de droite il y a des hommes beaucoup moins nocifs.
    A-t-il réussi à faire en sorte qu’on confonde et Parti présidentiel et Parti de Nicolas Sarkozy et UMP ?

    Pour résumer mon interrogation, je comprends très bien qu’on puisse voter pour le parti de droite en donnant sa voix à Nicolas Sarkozy, je ne comprends pas qu’on puisse voter pour Nicolas Sarkozy avant de voter pour le parti de droite.
    Hors les argumentaires se reportent dans la plupart des cas sur le personnage NS avant de se reporter au programme qu’il porte.

    Il semble bien qu’il soit parvenu à réduire pour beaucoup de personnes la politique à la seule séduction….

    Commentaire par DePassage — 10/05/2012 @ 14:13

  135. @Tocquevil ! Tous les conseils régionaux sauf un ! Pour les deux assemblées, ce n’est pas fait. Le pouvoir financier est toujours à droite, celui des éditorialistes et des grands groupes médiatiques également.

    Sinon, je vous garantis qu’on se passerait bien des sorties de la Maire d’Aix (et je pense qu’à droite aussi, enfin, je l’espère ;-)), on n’en redemande pas car au final, ce genre de discours caricatural qui au mieux prête à rire crée un bruit de premier plan qui couvre les discussions de fond. La perversité du truc est que c’est tellement gros qu’on a du mal à laisser passer sans rien dire, mais que quand on relève l’énormité, on se fait accuser de diabolisation ou d’autosatisfaction du camp du Bien…

    Quand au Slogan UMP pour les législatives, il est très ambigü, ne veut pas dire grand chose, et donc laisse la place à toute sorte de fantasmes surtout vu la campagne des dernières semaines. Des socialistes réagissent d’ailleurs sur un autre plan que Schmilblick en disant que par ce slogan, l’UMP essaie de s’accaparer l’idée de la France, mais que les socialistes la revendiquent aussi. Ce qui me paraît meilleur comme angle d’attaque, si on doit vraiment débattre de cette question. Ce n’est qu’un slogan, il n’est pas ouvertement raciste, chacun peut y mettre ce qu’il veut dedans, donc je serais pour ne pas en parler.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 14:20

  136. @ Schmilblick: vous m’avez répondu, fort justement (88):

    « Nul parmi les medias ici épinglés comme calomniateurs et indignes, responsables de la bassesse d’une campagne à la place du sortant qui en aurait été la victime, n’a jamais soutenu pareille chose concernant l’électorat de Sarkozy, quand bien même ont-ils été sévères avec ses idées et son conseiller. »

    Or, que vois-je sous votre plume en 130 ? « ceux de son camp, citoyens de droite ses supporters avaient le choix de la soumission et du culte du chef, pour les premiers, et de l’adoration du chef, pour les autres.  »

    N’y aurait-il pas, au fil de la rhétorique, comme une légère contradiction ? (Et c’est un électeur anti-sarkozyste convaincu qui vous le suggère).

    Commentaire par gwynfrid — 10/05/2012 @ 14:40

  137. A propos citez moi une seule expérience « socialiste » qui, à part des promesses du genre demain on rase gratis, ait fonctionné pour le bonheur du peuple, par le peuple, pour le peuple.
    En fait ça se termine toujours soit par une dictature soit par un socio-capitalisme plus ou moins dictatorial: c’est beau les illusions de gauche! A tout prendre il vaut mieux un libéralisme « encadré » qu’un socialisme débridé.

    Commentaire par zelectron — 10/05/2012 @ 14:52

  138. @ kuk, votre formulation laisse penser que vous ne serez satisfait que lorsque la gauche aura la totalité des pouvoirs et contre-pouvoirs.. drôle de conception du pluralisme 🙂

    Concernant la maire d’Aix, elle choque aussi à droite, et ne mérite pas qu’on lui accorde autant d’importance.

    Pour le slogan de l’UMP, vous avez raison de ne pas céder aux fantasmes. Il faudra qu’on arrive, dans ce pays, à parler de la France, en être fier, sans que cela soit ridiculisé comme une déviance pétainiste. Si la gauche pouvait se réapproprier ce thçme, jen serais le premier ravi.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 14:54

  139. @ Aliocha # 124 :

    Merci pour votre réponse.

    Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy puisse se résumer à la seule séduction. Le fond de mon reproche, c’est qu’il en a tellement abusé, qu’il m’a vite donné l’impression (sinon convaincu) qu’il s’est très tôt empêtré dans une fuite en avant, où les passions ont pris le dessus, au détriment de la réflexion, de la distance nécessaire à l’évaluation de solutions à long terme.

    Quand à sa sincérité, je suis désolé, mais j’ai la conviction qu’elle est passée par pertes et profits.

    J’en reviens à son discours sur la frontière qui résume bien, à mon sens, le personnage et sa pratique de la chose publique. Il a abordé à moment donné ces entreprises internationales qu’il a vu défiler au pire moment de la crise, pour chercher refuge sous l’aile de la puissance publique… mais je n’ai trouvé personne qui lui ai posé cette simple question : « qu’avez-vous faits ensuite ? ». Personne! On a là l’exemple type du propos séduisant, accrocheur parce qu’il touche l’affect des gens simples : « voilà les profiteurs, voilà les comportements détestables ! ». Mais qu’a-t-il donc fait de concret à la suite de ce constat ?

    Ce type de propos sonne comme un aveu d’échec, puisqu’on ne met pas en avant les éventuelles décisions énergiques qui auraient été prises à la suite de ces événements, et sur lesquelles on pourrait asseoir une certaine légitimité pour une action de long terme… action pour laquelle on sollicite les suffrages de ses concitoyens.

    Là, point du tout. Du vibrionnant, pas de substance. Du mouvement pour le mouvement, en somme.

    Je ne cherchais pas à le comparer à Thémistocle, juste à faire ressortir la permanence des traits de la politique chez nous. Quitte à comparer, je rapprocherai plutôt Thémistocle du Grand Condé, tant les parcours semblent présenter de nombreux traits communs : une haute idée de soi, la conviction qu’on est fondé à réclamer une « juste » rétribution pour les exploits militaires accomplis, et le passage à l’ennemi une fois les attentes déçues.

    L’échange entre Tocquevil et lumièredelune me titille, je suis de près !

    Commentaire par Zarga — 10/05/2012 @ 14:54

  140. Merci Gwynfrid, j’avais oublié de mentionner cette contradiction flagrante, mais c’est encore mieux si c’est vous qui le dites !

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 14:56

  141. @zelectron : Morales en Bolivie, ce n’a pas l’air si mal ?

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 14:57

  142. @ zarga,
    « Là, point du tout. Du vibrionnant, pas de substance. Du mouvement pour le mouvement, en somme. »
    Le paradoxe, c’est que cette agitation sans substance masque un bilan qui est loin d’être négligeable, si on le compare à l’immobilisme de ses prédécesseurs.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 15:05

  143. @Tocquevil (138) : 🙂 (pluralisme). A peine le résultat proclamé à 20h, on a commencé à entendre cet argument dont on va bouffer pendant 15 jours : pas tous les pouvoirs à gauche. Occultant la réalité essentielle que l’élection la plus importante, c’est la législative, et qu’avoir élu Hollande ne sert à rien, si ce n’est à ne plus voir Sarko, s’il n’y a pas de majorité parlementaire derrière. Et masquant la permanence des contre-pouvoirs que j’ai cités. Sachant que le pouvoir financier restera toujours à droite, le seul risque pour la pluralité est que la droite ait un jour tous les pouvoirs, pas la gauche.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 15:12

  144. @tocquevil

    « diabolisation », « camp du Bien et du Mal » … vous persistez à ne recourir qu’à des catégories morales, a-politiques, pour condamner les idées politiques que vous ne partagez pas.
    la question est : comment qualifier, politiquement et situer, politiquement, les discours et positions de Sarkozy durant son mandat, durant sa campagne.
    Fut-elle d’extrême-droite ?
    Le reste n’est qu’écran de fumée et noyage de poisson, du fait de la confusion des genres.

    Et sur l’intérêt qu’ont tous les membres d’une même société , tous, à préférer l’égalité à son contraire, car c’est là la base de la paix sociale et condition de possibilité de la liberté, je crois que vous n’avez pas du tout saisi l’argument.

    Tous y ont intérêt. C’est en ce sens que j’ai parlé d’intérêt bien compris. Mais encore faut-il qu’il soit bien compris.

    @gwynfrid je vais essayer de vous répondre

    1) les medias, disons de gauche, pas plus que les responsables politiques de gauche n’ont traité l’électorat UMP ou/et FN de salauds.

    2) la place du chef et le culte du chef qui gouverna seul , à la place du gouvernement, et fit sa campagne seul : telle fut la manière de procéder de Sarkozy qui a eu recours aux méthodes que l’on peut sans difficulté classer à l’extrême-droite, à commencer par la fusion des pouvoirs présidentiel, exécutif, législatif… avec contrôle et pressions fortes sur le pouvoir judiciaire et sur les medias, + usage des services secrets à des fins personnelles.

    Où est la contradiction ?

    Ne pas céder à l’attaque des personnes ni s’en prendre aux gens, mais être ferme sur les idées et garder la virulence critique nécessaire à la situation, ne sont pas contradictoires.
    Ne pas stigmatiser les personnes est une chose, qui ne doit pas empêcher de se reconnaître, en tant que citoyen et commentateur, la liberté de dire de quoi relèvent des idées, des éléments de langage, des manières de pratiquer la politique. Ce sont deux choses tout à fait distinctes.

    De plus même, j’aggrave mon cas, on peut reprocher justement à Sarkozy de s’en être pris aux personnes, stigmatisées (syndicalistes, profs, magistrats, fonctionnaires en général, chômeurs, étrangers etc. tous des privilégiés, des assistés ou des profiteurs dont il convient de faire disparaître les droits) au lieu de s’en tenir aux idées, par exemple une certaine idée de l’Etat et de sa gouvernance, un programme, une conception du rôle du Pdt de la République.

    Ce que j’ai lu, c’est que les medias de gauche auraient été responsables d’un « climat médiatique puant ».

    Moi ce que j’ai vu et vécu de « puant » fut une campagne politique telle que menée par Sarkozy. Pour le contenu, j’ai déjà dit. Sauf que je n’ai pas usé du mot « puant », mais des termes violent, discriminant, diviseur, xénophobe, d’extrême-droite.

    J’espère que vous voyez la différence.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 15:17

  145. @tocquevil 140

    aurais-je dû préciser que je répondais sur ce point @ Gwynfrid 136 ? Pour que ce soit bien clair. Aucune contradiction;

    En revanche j’ai relevé dans nombre de vos messages ce mélange des genres qui vous fait appréhender la politique par la morale, de sorte que vous (ne) prononcez (que) des jugements moraux.
    Le contenu est une condamnation, ce qui est le propre de la morale, c’est à quoi elle sert, mais aucun argument appuyé sur des faits et visant une démonstration.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 15:25

  146. Parler de « salauds » est très exagéré : si on enlève les égarés, les naïfs, les désespérés, les terrorisés, et ceux qui se sont trompés de bulletin, le % doit être bien différent ! 😉

    Commentaire par Oeil-du-sage — 10/05/2012 @ 15:31

  147. Allons allons Kuk, parmi les contre-pouvoirs, il y a aussi les syndicats, la Justice (dont les syndicats sont majoritairement à gauche), la Presse (Libé, le Monde et le Nouvel Obs appartiennent à des financiers, et conservent leur ancrage à gauche), et… le web, dont on doit reconnaître qu’il est plutôt dominé par les blogueurs de gauche.

    Quant à la finance, votre assertion se discute. C’est comme si vous disiez « les entreprises sont de droite ». Il y a des entrepreneurs et des financiers de gauche. Permettez-moi de vous dire que lorsque Hollande désigne « la Finance » comme « mon adversaire », il s’agit d’une opération d’enfumage du bon peuple de gauche qui est du même niveau que la com’ Sarkozienne que Schmilblick dénonce plus haut.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 15:34

  148. tocquevil 147

    je vous cite  » parmi les contre-pouvoirs, il y a aussi les syndicats, la Justice (dont les syndicats sont majoritairement à gauche), la Presse (Libé, le Monde et le Nouvel Obs appartiennent à des financiers, et conservent leur ancrage à gauche), et… le web »

    Mais êtes-vous au courant de ce qu’il voulait en faire et de ce qu’il en a fait, là où il pouvait, votre brillant président tellement amoureux des libertés et des contre-pouvoirs, ou revenez-vous à peine d’un long séjour sur Mars ?

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 15:41

  149. tocquevil encore

    non, je vous rassure, les entreprises ne sont pas de droite, mais la droite a pour fonction de défendre le système capitaliste plus que les agents qui le font fonctionner, les travailleurs aux salaires ordinaires du moins.

    C’est cela qui caractérise la droite.
    La gauche, quitte à faire peur aux entreprises et aux bourses, défend davantage le principe d’égalité et les travailleurs.

    Je vous rappelle l’étude sociologique des votants citée + haut, qui vote pour qui .

    Même s’il existe des banquiers de gauche ; sans doute du fait de l’intérêt bien compris de la collectivité toute entière, où la défense de l’égalité vaut la peine, car là est le garant des libertés pour tous, aussi égoïstes soient-elles. Car dans une société qui n’est pas menacée par la révolte des pauvres, qui n’est pas obligée puor lui faire face d’installer un pouvoir militaire fort, là où règne suffisamment d’égalité, règne la liberté, pour tous.

    C’est là le principe politique auquel peuvent consentir tous ceux qui n’ont aucun problème d’argent, les gens aisés, les classes supérieures, même, si elles ont suffisamment d’intelligence fondée sur un attachement citoyen : les libertés de tous et pour tous sont les conditions de la liberté de chacun. On vit plus libre dans une société où tous sont plus libres. Cela ne se peut sans un certaine égalité.

    Idée très peu sarkoziste, mais qui est celle de la gauche, hélas, alors qu’elle devrait être simplement républicaine.

    m

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 15:51

  150. @ Schmilblick, « vous persistez à ne recourir qu’à des catégories morales, a-politiques, pour condamner les idées politiques que vous ne partagez pas. »

    Ah ah ! C’est vraiment très gros comme retournement rhétorique. Aliocha a raison de dire qu’on est dans la Paille et la Poutre. Mais vous n’avez rien compris : je ne cherche à condamner aucune idée politique, justement. Tout le sens de mon intervention est de dire qu’il faut cesser de raisonner en termes de gentils et de méchants, Si vous n’avez pas compris cela, je rends mon tablier.

    Quant à la contradiction soulevée par Gwynfrid, votre réponse est bien peu convaincante. Je crois que votre problème, c’est que vous n’avez même pas conscience du mépris que vous exprimez à l’égard des électeurs de l’autre camp, mépris qui est le sujet même du billet d’Aliocha.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 15:56

  151. @ Schmilblick (144):

    D’accord sur votre 1); je récuse autant que vous le titre d’Aliocha, que je trouve très excessif. Partiellement d’accord sur votre 2), qui est exagéré. Sarkozy a donné l’apparence du pouvoir solitaire, ce n’est pas la même chose. D’autre part la confusion des pouvoirs n’est pas spécifique à l’extrême-droite; Castro et Chavez font ça très bien aussi.

    Le contradiction est la suivante: vous niez que les médias aient insulté les électeurs de Sarkozy (et vous avez largement raison); mais VOUS, vous ne vous gênez pas pour les insulter vous-même (« … avaient le choix de la soumission et du culte du chef… »). Les considérer comme soumis au culte du chef est de toute évidence une insulte, et de toute évidence une contre-vérité. J’ai moi-même passé du temps à débattre avec des gens qui ont voté Sarkozy, pour tout un tas de raisons très diverses, et très peu d’entre elles relevaient de l’adoration à l’égard d’un chef.

    Commentaire par gwynfrid — 10/05/2012 @ 16:01

  152. @Tocquevil 149 : ah oui, vous avez raison, les syndicats… Mais il ne suffit pas d’énumérer les pouvoirs, il faut encore mesurer leur force. Et entre celui de la finance et celui des syndicats, il n’y a pas vraiment photo. La Justice peut être à gauche, elle ne fait qu’appliquer les lois qui depuis 10 ans sont de droite. Quant au pouvoir médiatique, Le Monde Libé France-inter d’un côté, Bouygues-TF1, M6-RTL -Vivendi Canal+, Le Figaro-Lagardère, Europe1, RMC de l’autre. Je dirais qu’il penche à droite 😉

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 16:16

  153. @ Schmilblick, pour le principe d’égalité, je crois qu’il faut être prudent lorsqu’on évoque cette notion, dont nous savons qu’elle est la plus délicate des trois valeurs de notre république, celle qui est la condition des deux autres mais qui peut aussi, lorsque nous sommes mus par la passion égalitaire, les menacer. Mais vous avez raison : c’est là que se dessine la distinction droite-gauche, mais pas tout à fait comme vous le suggérez.

    De quelle égalité parle-t-on ? Celle devant la loi ne fait débat ni à droite ni a gauche. L’égalité des chances est une valeur républicaine également partagée à droite. L’égalité réelle – chère à l’extrême-gauche – est en revanche une notion qui fait débat, tant elle peut menacer la liberté et la fraternité.

    Etre de droite, ce n’est pas être moins généreux. C’est, à mon sens, considérer que le bien commun et le bonheur des peuples ne passe pas par l’égalité réelle mais par l’égalité des droits et des chances, le respect des libertés, et le respect de l’individu, au détriment de l’égalité réelle, dont on connait les effets pernicieux.

    Ayant dit-cela, ai-je raisonné en termes moraux ? Ai-je disqualifié le camp d’en face ? Je ne le crois pas.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 16:20

  154. Figaro-Dassault bien sûr.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 16:55

  155. @gwynfrid 151

    je vais encore essayer de vous répondre

    d’abord en reprenant ce que j’avais écrit (130) et qui vous a fait réagir, car si vous y regardez de + près, je n’ai pas exactement écrit ce que vous me prêtez

     » En face, ceux de son clan, les collaborateurs, et ceux de son camp, citoyens de droite ses supporters avaient le choix de la soumission et du culte du chef, pour les premiers, et de l’adoration du chef, pour les autres. Point. Lors de la sa campagne, il a hystérisé les foules de ses partisans qui ne savaient que hurler son prénom. Etonnant.

    remarquez bien, svp, que je distingue « ceux de son clan, les collaborateurs, » : soit ses conseillers, ministres…
    dont je dis, et de ceux là seulement qu’ils « avaient le choix de la soumission et du culte du chef, pour les premiers,  »
    = voyez Fillon pour exemple de la soumission au chef

    et une autre catégorie « ceux de son camp, citoyens de droite ses supporters  » , autrement dit ses partisans, là il s’agit des publics des meetings (supporters), pas son électorat dans son ensemble
    dont je dis que pour ceux-là, qu’ils avaient le choix « de l’adoration du chef, pour les autres. »

    Soumission, adoration, c’est pas pareil.
    Soumission pour ses collaborateurs.
    Adoration pour ses partisans.
    Rien sur l’électorat dans son ensemble, que je distingue des militants.

    Et pour cette adoration j’ai ajouté « Lors de la sa campagne, il a hystérisé les foules de ses partisans qui ne savaient que hurler son prénom. »

    Vous voyez bien qu’il s’agit des partisans et non de l’ensemble de l’électorat.

    Je ne sais si vous avez vu des video des meetings, c’est intéressant.

    Excusez- moi pour ces citations, mais je n’ai pas insulté les électeurs de Sarkozy , et n’en ai nullement l’intention, pas plus que ceux de Le Pen, car précisément je tiens à la distinction entre les responsables, les partisans et militants (que j’ai trouvés déchaînés dans les meetings, hurlant d’excitation sur tous les thèmes d’extrême-droite) et l’électorat dont je pense qu’il est varié et à la différence des ci-devant, ni dans la soumission ni dans l’adoration.

    Ce que je reproche à son électorat, je crois l’avoir écrit quelque part, c’est qu’il ait pu voter en suivant sa pente naturelle, par la force d’inertie de traditions bien ancrées, sans être choqué ni réticent au tournant accompli vers l’extrême-droite dont Sarkozy a repris et labouré tous les thèmes.
    En somme son aveuglement, son ignorance de ce qui constitue la limite à partir de laquelle on se retrouve sur des bases d’extrême-droite et de n’avoir pas refusé de franchir cette limite, en votant pour Sarkozy comme si de rien n’était.
    Reproche n’est pas injure.

    Limite à ne pas franchir. Seul Bayrou l’a dit et pour cela je le trouve courageux car il a flingué son avenir politique. Son électorat ne l’a du reste pas suivi. Il y a donc bien une responsabilité de l’électorat qui a voté Sarkozy.
    D’autres réserves extrêmement discrètes sont venues d’autres responsables, tels Juppé, Raffarin, que je distingue tout à fait des Guéant, Hortefeux, Longuet etc. mais sotto voce , élections obligent.

    Les dites réserves extrêmement discrètes des dits responsables, ont été tellement discrètes qu’elles n’ont pas empêché le vote pour une droite qui s’était compromise. Ce qui était en effet le but recherché. Tout faire pour empêcher que la gauche passe, à n’importe quel prix.

    Ce que je reproche à cet électorat sont ces deux choses : être obsédé par l’idée d’empêcher la gauche, et à n’importe quel prix. Reproche n’est pas injure, j’espère que vous me l’accorderez.

    Et maintenant , Hollande n’ayant pas eu une victoire écrasante, et dans le contexte actuel extrêmement difficile, -économique, mondial, et national, le pays divisé, les pires idées banalisées- je pressens qu’on n’a pas fini d’entendre de sales trucs dirigés contre la gauche, Hollande, son gouvernement etc. car les prédictions sur son incapacité, sa nullité et pire encore, laissent augurer de sales moments, de la part d’une droite qui a trop cédé sur les principes républicains et dont les militants (les militants, j’espère pas l’électorat) considèrent l’élection de Hollande comme un scandale qui n’aurait jamais dû se produire.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 18:17

  156. @ Schmilblick: OK. Vous reconnaîtrez cependant, je pense, qu’à la lecture initiale il n’était pas évident de faire la distinction que vous expliquez maintenant. Les « citoyens de droite » pouvaient tout naturellement être compris comme recouvrant l’ensemble des électeurs.

    Maintenant, si vous nous dites simplement que les militants ont tendance à être inconditionnels de leur chef, déchaînés dans les meetings, bornés sur les idées… je dirai alors que vous enfoncez une porte largement ouverte depuis que la démocratie existe, et ce, dans tous les partis. De même pour ce qui est d’être obsédé par l’idée d’empêcher le camp d’en face de passer: tout ce que vous écrivez sur un électorat est largement applicable à l’autre. J’ai un peu de bouteille: je me souviens que Mitterrand était considéré comme totalement illégitime par une grosse fraction de la population pendant au moins les deux premières années de son mandat. Et il en a été de même de Sarkozy en 2007. À l’époque, d’aucuns avaient même prédit des actes de violence s’il était élu. Tout ceci n’est que de l’énervement militant. Banal.

    Commentaire par gwynfrid — 10/05/2012 @ 18:44

  157. ok gwynfrid mais je dis plus que cela,
    je dis qu’il a fonctionné comme un chef d’un certain type, qu’il a confisqué le pouvoir et en a abusé, qu’il a été le chef d’un parti et d’un camp, qu’il a été un chef dans un certain registre et avec des méthodes, des discours… qui a instauré certains rapports avec les grands patrons, avec les medias, et tout autrement, avec ses partisans, a distillé certains thèmes… un chef particulièrement omni-potent, autoritaire, se vantant de son désir de passer par dessus les institutions, les corps intermédiaires, et populiste

    non tous les militants ne sont pas pareils, ni toutes les ambiances de meetings, ni plein de choses encore

    Et en un mot j’oppose à chef, ou « un chef », le chef d’Etat

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 19:01

  158. @Kuk,
    Moralès avec une demi-douzaine d’années ça ne donne pas assez de recul.

    Commentaire par zelectron — 10/05/2012 @ 19:11

  159. @ Schmilblick, en gros vous reprochez à l’électorat Sarkozyste de n’avoir pas vu en lui le monstre anti-républicain que vous voyez en lui. Cela en dit peut-être plus sur vos propres fantasmes que sur l’électorat de Sarkozy.

    Sarkozy vient de remettre de bonne grâce les clés de la République à son successeur, et l’état dans lequel il la laisse n’est pas si horrible que vous le prétendez. La Justice n’a pas explosé, les journalistes ont pu s’exprimer (ils vont même regretter leur tête de turc/ de gondole), les corps intermédiaires sont toujours là, et le débat public, notamment sur le web, n’a pas perdu de sa vitalité.

    Permettez donc à l’électeur Sarkozyste que je suis (au deuxième tour) de vous dire respectueusement qu’il ne pense pas avoir de leçon de républicanisme à recevoir de vous.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 19:14

  160. Et je souhaite sincèrement – comme j’en suis sûr une majorité d’électeurs de droite, ne vous en déplaise – à François Hollande de réussir et de tenir ses objectifs, même si je n’y crois guère.

    Commentaire par tocquevil — 10/05/2012 @ 19:27

  161. @ Tocquevil # 142 :

    « … un bilan qui est loin d’être négligeable, si on le compare à l’immobilisme de ses prédécesseurs. »

    Sans malice aucune, pouvez-vous me donner une liste non exhaustive des éléments qui, dans le bilan de Nicolas Sarkozy, constituent une somme non négligeable ?

    En ce qui me concerne, je retiendrai les bons résultats de la lutte contre la violence routière, qu’on lui doit sans chipoter. Il y a clairement un avant et un après Sarkozy en la matière. C’est un élément qui m’avait frappé lors de mon retour en France à l’époque : on sentait un changement vraiment palpable sur la route ! Et pour tous ceux qui sont sortis des statistiques horribles des décès de la route, la différence entre la vie et la mort, ça c’est du concret !

    Ensuite, je ne vois pas quoi retenir. La QPC ? Je ne suis pas juriste, je ne peux donc pas me prononcer.

    Quand à l’immobilisme de ses prédécesseurs… j’ai en mémoire la loi sur le voile islamique à l’école, votée sous Jacques Chirac (que son successeur s’est complu à dépeindre comme un roi fainéant des temps modernes, et ce à de nombreuses reprises : concours d’élégances !), hé bien elle a été votée sans tout le tralala dramatique qui nous a été imposé par l’équipe de Nicolas Sarkozy en la matière.

    Chirac était moqué pour ses airs de VRP de luxe de la France, quand il se déplaçait à l’étranger accompagné d’une armada de grands patrons.

    Si on compare les deux pratiques, je retiens surtout du bricolage de Nicolas Sarkozy le retentissant fiasco du contrat des centrales nucléaires d’Abu Dhabi.

    L’usine à gaz montée par le président, à savoir le tandem Proglio-Lauvergeon, nous a donné un bel exemple de cacophonie, de ceux qui sont à éviter impérativement à l’international. Aussi efficace que le mariage de la carpe et du lapin, aussi beau que la rencontre d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection ! 😉

    Commentaire par Zarga — 10/05/2012 @ 19:39

  162. @tocquevil

    il est clair qu’on n’a pas vu la même chose, mais si toute la droite, comme vous, souhaitait la réussite, et y contribuait, pensant à la France en surmontant un point de vue partisan, ce serait parfait… mais pas sûr.

    pour votre (153)

    Egalité de tous devant la loi, ok. Sur ce plan, la période Sarkozy a été une régression.
    Sur la plan économique quel critère ? dans un pays riche comme la France le principe d’égalité voudrait qu’on ne traite pas d’assistés les sans travail et qu’il n’y ait pas de pauvres ni sans abris.

    Sarkozy n’a cessé de s’en prendre aux plus pauvres et aux plus faibles, et de dénigrer l’égalité comme principe et les droits qui y contribuent.

    Commentaire par Schmilblick — 10/05/2012 @ 19:39

  163. @Tocquevil : La Justice n’a pas explosé, les journalistes ont pu s’exprimer (ils vont même regretter leur tête de turc/ de gondole), les corps intermédiaires sont toujours là, et le débat public, notamment sur le web, n’a pas perdu de sa vitalité. »

    Oui mais il nous a fait peur, le salaud ! Quoi, qu’est-ce que j’ai dit ?

    @Zarga 161 : oui, j’aurais dit la QPC comme vous, on pourrait citer aussi la meilleure transparence du budget de l’Elysée, la présidence de la cours des comptes et de la commission des finances par une personnalité de l’opposition, il y a eu moins de morts de SDF aussi, il me semble (mais c’est peut-être seulement du à la météo), certains vanteront le statut d’auto-entrepreneur (mais qui ne va pas sans créer d’autres problèmes avec abus), d’autres diront avancées sur le service minimum (les opposants fustigeront le recul des droits des travailleurs), les entrepreneurs et certains salariés vous vanteront les heures supplémentaires défiscalisées (les chômeurs et ceux qui s’inquiètent de la dette mettront cette mesure à son débit) Il n’y a pas de vérité, il n’y a que des intérêts de groupes divers et des rapports de force.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 19:53

  164. @ kuk :

    L’inventaire que vous dressez me conforte dans l’image que j’ai du bilan des cinq années écoulées.

    Je ne dis pas pour autant qu’il faille tout laisser en plan, tout laisser pourrir sur pied, en attendant de voir ce qui sortira du jus ainsi obtenu.

    Mais je demeure foncièrement méfiant quand aux motivations qui ont présidé aux « réformes » que vous énumérez.

    La présidence de la cours des comptes et de la commission des finances par une personnalité de l’opposition ? S’il n’y avait eu le transfert d’Eric Besson et la nomination de Frédéric Mitterrand, j’aurais accordé tout crédit à ces décisions. Elles avaient pour moi un parfum de calcul, de piège trop prononcé pour susciter une adhésion sans réserves. Il faudra toutefois regarder ce que fera en la matière la future majorité de Gauche… si jamais elle sort des urnes à l’occasion des législatives, ce qui est loin d’être gagné.

    La meilleure transparence du budget de l’Elysée nous a permis de voir que jamais président n’avait commandé autant de sondages. Cette transparence n’a en rien modéré cette consommation, ni même constitué la moindre gêne pour son commanditaire.

    Il n’y a plus de leadership par l’exemple. Nombreux étaient ceux qui attendaient beaucoup en la matière en 2007. Ce reniement, et ses conséquences en termes de défaite électorale, ne doivent rien à une quelconque hystérie de la presse, ou à une manipulation de l’opinion.

    Pour le reste… j’avoue volontiers ne rien entendre à ces histoires de finance, que les spécialistes se complaisent à compliquer, espérant ainsi garder la haute main sur des thèmes qui de toute façons les dépassent.

    Mais enfin : à quoi bon se poser en champion de la lutte contre la crise, quand on apprend ensuite certains détails des plus fâcheux. Le renflouement des banques, par exemple : il nous a été répété partout et en boucle que l’Etat avait gagné de l’argent dans l’affaire… avant qu’il ne soit plus possible de cacher que le maigre bénéfice réalisé avait été englouti par Dexia ! Et la Cour des Comptes qui estimait à l’époque le manque à gagner dans l’opération de renflouement général à 12 milliards d’euros.

    Voilà certains détails qui m’ont donné à réfléchir, et à me dire que vraiment, le compte n’y était pas.

    Commentaire par Zarga — 10/05/2012 @ 21:34

  165. @Zarga : J’avoue que je ne suis pas un très bon défenseur de la cause Sarkozyste, avis aux amateurs.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 22:29

  166. zarga et kuk: j’avais fait une liste des hauts faits d’armes du héros de tocquevil en 122… (Au passage: prendre le pseudo d’un admirateur du « check and balances » américain pour ensuite faire dans la défense inconditionnelle de quelqu’un qui n’a eu de cesse de tordre ceux qui existaient en France à son profit, c’est un peu étonnant, non?)

    Sinon, histoire de sortir la discussion des ornières où elle est en train de tomber, je vous recommande la lecture de « linvention de la France » (Le braz et Todd): il s’y trouve un chapitre très amusant qui propose un lien entre structure familiale traditionnelle et politique (organisation du pouvoir ou couleur du vote). Germaine Tillion relevait aussi des liens étroits entre ces deux paramètres dans les Aurès avant la guerre. Peut-être une piste qui nous permettrait d’expliquer pourquoi Tocquevil met l’égalité des chances comme une qualité de droite, alors que la droite est typiquement pour renforcer l’héritage (baisse de l’impôt successoral…) ce qui est l’antithèse de l’égalité des chances.

    Commentaire par javi — 10/05/2012 @ 23:07

  167. @Javi : pour les faits d’armes de notre ex-président, vous prêchez un convaincu. Mais il ne me semble pas que Tocquevil prend la défense inconditionnelle du dit ex (voir post 118). J’ai surtout lu de sa part une critique des gens de gauche qui critiquent les électeurs de droite. Mais très peu de défense du bilan proprement dit, on s’en tient à « un bilan loin d’être négligeable », ce qui peut être pris à double sens.

    Commentaire par kuk — 10/05/2012 @ 23:59

  168. Dites, tous autant que vous êtes, rassurez-moi: vous êtes au courant que toute discussion du bilan de Sarkozy est, à toutes fins pratiques, obsolète depuis dimanche dernier 20h, hein ?

    Commentaire par gwynfrid — 11/05/2012 @ 00:27

  169. @ Javi et Kuk : vous m’avez bien lu, Kuk, je suis loin d’être un inconditionnel de Sarkozy, puisque j’ai indiqué avoir voté Bayrou.

    Cependant, un minimum d’objectivité oblige à reconnaître les faits : le bilan n’est pas si mauvais. Dans sa gestion de la crise économique, il a fait preuve de réactivité et de pragmatisme, se posant au passage en défenseur du modèle français après l’avoir critiqué pendant sa campagne, et la France s’en est mieux tirée que ses voisins, hormis l’Allemagne qui avait fait d’énormes efforts de rigueur.

    Par ailleurs, Hollande est évidemment ravi que son prédécesseur lui ait déblayé le terrain sur la réforme des retraites, qu’il ne retoquera qu’à la marge, et qui était courageuse et nécessaire. Même chose sur les réformes de la décentralisation de l’université et du découpage territorial de la justice.

    Concernant le check & balance, là encore il faut distinguer l’apparence (le mégalo qui veut tous les pouvoirs) et la réalité : Sarkozy a donné plus de pouvoir à l’assemblée, a donné des postes à l’opposition, a permis à la Cour des comptes de contrôler l’Elysée, a introduit la QPC,.. et a renoncé à supprimer le juge d’instruction. La réforme de la nomination du patron de France Television était en revanche une mauvaise idée.

    Concernant l’égalité des chances : il y a bien évidemment des différences d’approche entre la droite et la gauche, notamment sur la question de l’héritage, vous avez raison de le souligner. Je suis pour ma part opposé à toute diminution de la taxation de l’héritage.

    Commentaire par tocquevil — 11/05/2012 @ 08:26

  170. @Tocquevil : « un minimum d’objectivité oblige à reconnaître les faits » : « ce qui est objectif doit être commun à plusieurs esprits » (H. Poincaré)
    L’influence des astres sur les destinées est objective pour les astrologues. Je crains qu’en matière politique, il n’y ait pas d’objectivité universelle qui tienne, surtout en ce qui concerne la gestion de la crise économique, la réforme des retraites ou celle de l’université. Quand à la non suppression du juge d’instruction, je n’aurais pas pensé à féliciter le pompier pyromane, mais maintenant que vous le dites 😉 …

    @Gwinfrid : nous œuvrons à la réconciliation nationale.

    Commentaire par kuk — 11/05/2012 @ 09:52

  171. @ gwynfrid :

    Oui, bien sur ! Je sais bien ce qu’il peut y avoir de vain à discuter bilan. Mais, comment dire… il est bon d’exprimer, de tenter de mettre en forme ce qu’on ressent au sortir d’une période un peu particulière. Remettre à plat peut aussi aider parfois à tordre le cou à certaines idées reçues, l’exercice me parait sain, d’autant qu’il est empreint d’une courtoisie bien agréable !
    @Tocquevil :

    « Sarkozy a donné plus de pouvoir à l’assemblée » : bonne idée dans l’absolu, mais mise en pratique de façon plus que contestable. On s’est retrouvé dans les faits avec un président qui soufflait en permanence les idées de proposition ou de projet de loi à ses parlementaires… lesquels étaient « invités » soit à s’enthousiasmer, soit à faire office de simple courroie de transmission. Facile à ce compte là de faire passer pour audacieuse une « réforme » totalement vidée de sa substance dans les faits. Au final c’est encore une fois le grand écart entre ce qui était proclamé et ce qui était pratiqué qui a choqué plus d’un.
    Nicolas Sarkozy aurait du savoir à quel point il est dur de gagner en crédibilité, et à quel point on est très vite décrédibilisé.

    Quand aux contrôles de la Cour des Comptes, on sait qu’ils n’engagent à rien. Là aussi, on peut se faire brosser un portrait d’ « audacieux réformateur » à peu de frais. Ça ne mange pas de pain, et ça permet de rehausser les couleurs dudit portrait.

    Commentaire par Zarga — 11/05/2012 @ 11:42

  172. @ Zarga, le président leur braquait un revolver sur la tempe pour obtempérer ? Il y a-t-il eu des sanctions pour les parlementaires récalcitrants ?

    Pour moi, votre vision est typique de ce fantasme du tyran qui est projetée sur la personnalité de Sarkozy, dont les aspects détestables en particulier sur la forme (agressivité, vulgarité…) occultent ou altèrent ses réelles qualités (force de conviction par exemple, qui peut exliquer le suivisme de ses députés).

    Commentaire par tocquevil — 11/05/2012 @ 12:21

  173. check & balance, vous voulez dire équilibre des pouvoirs ?

    Là encore on n’a pas vu la même chose car il semble avoir été au contraire extrêmement réduit :
    – rapports avec les grands patrons et le monde de l’entreprise : il est de tous les candidats celui qui présente le plus de risques de conflits d’intérêt et le seul qui refuse de publier sa déclaration d’intérêt (1- lien ci-dessous) ; les nominations réalisées par lui et les réseaux (2) & (3);
    – les nominations réalisées par lui à la Justice, dans la police, dans les medias, semblent avoir été particulièrement partisanes et il a pesé de tout son poids dans ces domaines, y compris par la menace, l’espionnage illégal et les plaintes en Justice;
    – le gouvernement : Sarkozy paraissait occuper tous les ministères,
    – pour le Parlement, cela a été dit par Zarga.
    – Quant à l’abandon de la suppression du juge d’instruction, ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais il n’a pas réussi. (4)

    Au total une concentration des pouvoirs sans précédent, qui a provoqué de nombreuses oppositions et critiques.

    1- conflits d’intérêts http://www.slate.fr/france/52325/nicolas-sarkozy-conflits-dinterets-transparence
    2- nominations et réseaux http://politique.slate.fr/personnalites/St%C3%A9phane_Richard ; http://www.liberation.fr/economie/0101604916-des-amis-politiques-a-la-pelle ; http://www.liberation.fr/economie/0101604916-des-amis-politiques-a-la-pelle ; http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/bpce-comment-est-nee-la-deuxieme-banque-francaise_183783.html ;
    3- http://www.pearltrees.com/#/N-play=1&N-fa=2459&N-u=1_166&N-p=1344823&N-s=1_614608&N-f=1_614608
    4- juge d’instruction : http://www.syndicat-magistrature.org/La-suppression-du-juge-d,822.html; http://www.rue89.com/2009/01/06/supprimer-le-juge-dinstruction-une-regression-democratique ; http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/01/reforme-de-la-justice-sarkozy-satisfait-des-conclusions-du-comite-leger_1234598_3224.html ;

    Commentaire par Schmilblick — 11/05/2012 @ 12:32

  174. Fantasmes ? svp tocquevil, si vous pouviez éviter les caricatures (revolver sur la tempe), et si vous voulez bien vous reporter aux liens que j’ai donnés, nous pourrions peut-être parler de manière un peu plus précise

    je reprends le début du précédent envoi, pour supprimer une imprécision

    équilibre des pouvoirs ?

    Là encore on n’a pas vu la même chose car cet équilibre semble avoir été au contraire extrêmement réduit :
    – rapports avec les grands patrons et le monde de l’entreprise : Sarkozy est de tous les candidats celui qui présente le plus de risques de conflits d’intérêt et le seul qui refuse de publier sa déclaration d’intérêt

    Commentaire par Schmilblick — 11/05/2012 @ 12:38

  175. @ Schmilblick :

    le principe du check and balance, c’est qu’il ne faut pas attendre de celui qui a du pouvoir qu’il s’auto-limite : si un président a la capacité de nomination, il ne faut pas lui reprocher de nommer qui il veut. Il faut organiser des contre-pouvoirs. Ou restreindre sa capacité de nomination en changeant la loi et modifier la gouvernance des groupes nationaux avec participation de l’Etat. pour éviter les effets de réseaux et les abus de pouvoir.

    Il ne me semble pas que ses prédécesseurs de droite et de gauche se soient particulièrement restreints non plus dans ce domaine, et il y aurait lieu d’en tirer les conséquences pour améliorer la transparence et la gouvernance du fonctionnement de notre république, afin que le joli principe de « république irréprochable » ne soit pas un slogan de campagne laissé au seul bon-vouloir de l’homme politique.

    Je ne dis pas que la présidence à la Sarkozy n’a pas posé de problèmes. Outre que sa parole et son action ont contribué à divisé les Français (ce qui est une faute majeure), il aura eu tout au long de son mandat un énorme problème de crédibilité qu’il a lui même créé par son comportement, je rejoins Zarga sur ce point.

    J’observe qu’un certain nombre de critiques formulées dans vos liens ressortissent du soupçon : soupçon de conflit d’intérêt, soupçon de favoriser des amis… Cette vigilance était nécessaire, mais elle n’empêche pas de prendre désormais du recul et de convenir que Sarkozy n’était tout de même pas Berlusconi. Et que, pour en revenir au sujet du billet, les accusations de « salaud », « voyou », « fou », « pétainiste » n’ont pas contribué à l’apaisement du débat politique et au respect de l’électeur.

    Commentaire par tocquevil — 11/05/2012 @ 14:03

  176. @ tocquevil

    Quand on rappelle les faits précis, la réponse en forme de noyage de poisson n’invalide pas les faits, tout au contraire.

    L’équilibre des pouvoirs a été malmené par Sarkozy, constituant ce qu’on a appelé l’hyper-présidence, non sans raisons, ce qui l’a précisément distingué de ses prédécesseurs, permettez moi de vous contredire .
    Pour commencer il a réduit le rôle du 1° ministre à celui de collaborateur ; il en a fait un principe, explicitement proclamé. C’est lui qui a innové en instaurant l’exécutif à une seule tête où le président devient le seul est responsable de l’exécutif. Et contrairement à ses promesses, il a accentué, de fait, le poids du Président sur le Parlement, même si la réforme qu’il a initiée laisse dans ses principes plus de poids au Parlement. C’est resté un principe. Dans les faits, il a fait le contraire.

    Pour le reste vous ne pouvez contester, sauf à parler de « soupçons » alors qu’il s’agit de faits avérés. Nominations d’amis et d’hommes de confiance, dans tous les domaines, à la tête des entreprises, des medias, à la Justice les nombreux chefs de parquet courroie de transmission… + les missions demandées à Squarcini, -aujourd’hui mis en examen- et dénoncé pour ses pratiques par l’ancien chef des RG Yves Bertrand. A la police et au renseignement Sarkozy a mis en place un système entièrement à son service, y compris personnel et il en a usé.
    Les nominations partisanes susceptibles de lui servir de relais ont été systématiques et jugées excessives, c’est à dire abusives, au-delà du minimum acceptable et compréhensible, justifié pour la bonne marche des institutions et des services. Il est allé bien au-delà, pour les avoir à son service.

    Quant aux injures, à ma connaissance les medias n’ont pas traité Sarkozy de salaud. Seule Mme Chirac l’avait fait par le passé (« petit salaud »), après sa trahison, quand il n’était pas encore président. De plus le recours à l’injure ne peut être mis sur le même plan que le rappel de similitudes avec l’idéologie pétiniste, car cela relève d’analyses historiques et analyses de langage, et n’est pas une injure, hormis si c’est complètement fabriqué.
    En revanche la presse étrangère ne s’est pas gênée pour épingler « Nicolas Le Pen » et « SarkoPen » et parler de sa campagne honteuse (ugly).

    Pour ce qui est de fou, injure encore, c’est Sarkozy qui a traité Juppé de fou si je me souviens bien, (et traité Hollande de nul, de menteur, de calomniateur -je ne parle pas de Villepin- mais certains chefs d’Etat étrangers ont eu aussi droit à quelques épithètes assez pimentés).

    Aux dernières nouvelles l’UMP vient de déclarer qu’elle part en guerre contre « le programme fou » du PS.
    La pacification est en marche.

    Vous aurez du mal à faire passer la droite radicalisée par Sarkozy pour une victime, et les moeurs agressives de l’ancien Pdt pour autre chose que ce qu’elles sont… et qui semblent avoir imprégné l’UMP

    Commentaire par Schmilblick — 11/05/2012 @ 15:52

  177. ah j’ai oublié : Sarkozy a traité de voyous les manifestants de Bayonne.

    Commentaire par Schmilblick — 11/05/2012 @ 16:44

  178. @ Schmilblick

    A mon sens, l »hyper-présidence » n’est pas une rupture des équilibres de pouvoir : elle reflète l’activisme du président, mais son gouvernement n’a pas vocation à être un contre-pouvoir. Qu’il perçoive le premier ministre comme son collaborateur ne me choque pas. De Gaulle devait considérer Debré de cette façon. De ce point de vue, il n’a pas déçu son électorat qui souhaitait rompre avec un Chirac qui ne se mouillait pas assez.

    Vous dites qu’il a nommé ses partisans de manière abusive mais il s’agit d’un jugement plus qu’un fait. En matière de spoil-system, il n’a pas été le coupeur de têtes que vous prétendez, il a conservé par exemple Anne Lauvergeon, et bien d’autres. J’attends de voir ce que Hollande va faire.

    L’ouverture de son gouvernement allait dans le bon sens, même si vous y voyez un piège (on est encore dans le procès d’intention !). Il fallait du culot pour refuser des postes à son propre camp. Chirac ne l’avait pas fait, qui n’avait pourtant gagné que parce qu’il était opposé à Le Pen, et avait manqué une occasion de rassembler très largement les Français. L’électorat de droite a fait part d’une grande maturité pour accepter cette ouverture, qui montre que le sectarisme et la haine ne sont peut être pas là où vous pensez. Voyez les cries d’orfraie de Mélenchon à la seule évocation d’une ébauche de rapprochement avec le centre…

    Le qualificatif de « fou » a été employé en une de Marianne, relisez le billet d’Aliocha.
    Concernant l’accusation de pétainisme, elle est révélatrice d’un processus de diabolisation que je méprise. Tout comme je mépriserais la droite si elle accusait l’autre camp de stalinisme. Le fait de se cacher derrière une rationalisation historique ne la rend que plus hypocrite.

    Ce qui m’intéresse sur le billet d’Aliocha, c’est que des personnes de bords opposés puissent préférer le dialogue constructif à la stigmatisation du camp d’en face. En particulier, je suis intimement convaincu que la haine et l’aveuglement ne sont jamais l’apanage d’un seul camp, de même que la bonne volonté et la recherche de l’intérêt collectif. A ce titre j’ai été ravi de croiser des personnes comme Gwynfrid, Kuk et Zarga.

    Commentaire par tocquevil — 11/05/2012 @ 18:34

  179. @tocquevil

    si je pouvais je vous ferais passer un kleenex pour pouvoir pleurer sur cette injustice qui fait passer le grand démocrate sarko pour un bandit alors que ce n’est qu’un gentil petit garçon plein de bonne volonté et d’amour que l’on passe son temps à calomnier et piéger, sérieux.

    Vous auriez du voter pour lui, plutôt que bayrou, sur que la france s’en porterait mieux, il a tant fait pour elle, contre l’immobilisme ambiant, il a lutté et sauvé le pays d’une catastrophe plus grande encore.

    que dieu veille sur lui…

    Commentaire par herve_02 — 11/05/2012 @ 20:26

  180. J’ai voté Hollande en bonne partie parce que j’étais convaincu que Sarkozy avait inutilement divisé, stressé et vexé les Français. Mais, naïf que je suis, j’ai cru un instant que son départ aurait sufffi à nous calmer, nous les pires discutailleurs de la planète. Raté, visiblement.

    Schmilblick, vous pourriez peut-être considérer que notre hôte Aliocha est un peu mauvaise perdante. Mais ce n’est pas le cas de votre contradicteur Tocquevil. Par contre, je crois que vous (et aussi d’autres comme Javi) pourraient être de meilleurs gagnants. Il ne vous suffit pas de vaincre dans les urnes, il vous faut contraindre l’adversaire à confesser que vous aviez raison depuis dle début ! Est-ce bien indispensable ?

    Kuk, Zarga: merci à vous pour vos contributions à la réconciliation, dans le calme et la courtoisie 🙂

    Commentaire par gwynfrid — 11/05/2012 @ 20:41

  181. « excès médiatiques » ? effectivement : pratiquement tous les medias ont soutenu Sarkozy jusqu’au dernier jour……

    Commentaire par gilberto — 11/05/2012 @ 21:42

  182. @ Tocquevil #172 :

    Non, bien sur ! Tout le monde à l’UMP ne cherche pas à imiter Patrick Balkany ! 😉

    A mon avis (puisque bien sur je n’ai jamais assisté à aucune des réunions entre les parlementaires UMP et le président) les pressions se font d’une autre manière. Pour schématiser, je pense surtout à la carotte et au bâton. Le choix des investitures peut très bien être agité pour amener à plus de « coopération », la promesse d’une promotion peut aussi être agitée pour titiller l’allant des autres.

    Et puis on ne mord pas la main qui vous nourrit, c’est une constante dans les relations humaines, et les rapports entre députés et président y obéissent pour partie. Ça me rappelle les ralliements en série avant le premier tour : la bombe atomique de Christine Boutin qui a fait pschitt, Hervé Morin qui est rentré dans le rang… jusqu’à Jean Louis Borloo qui est sagement rentré au paddock contre la promesse d’une avantageuse promotion… promesse qui n’a pu être tenue, c’est vrai, la faute à Antoine Frérot qui ne s’est pas laissé faire.

    Je ne nie pas pour autant la force de conviction de Nicolas Sarkozy : il a de l’allant, et sait insuffler son énergie, j’en veux pour preuve son parcours de ministre.
    C’est d’ailleurs ce que je répète à mon entourage : ce garçon avait la carrure, l’étoffe d’un bon ministre, ce qu’il a prouvé.

    Mais pas celle d’un président, selon moi.

    Merci pour votre équilibre Tocquevil : vos contributions sur ce billet sont un modèle du genre. On gagne toujours quelque chose à titre personnel dans ce type d’échange.

    Commentaire par Zarga — 11/05/2012 @ 21:45

  183. @ gwynfrid :

    J’aurais pas dit mieux!

    Commentaire par Zarga — 11/05/2012 @ 21:47

  184. tocquevil

    « le gouvernement n’a pas vocation à être un contre-pouvoir » . Certes, mais jusqu’alors l’exécutif avait deux têtes et le Président ne décidait pas de tout.
    C’est un fait.

    Oui il a nommé ses partisans de manière abusive .
    Tous les chefs du Parquet, vous entendez, tous, sont de droite aujourd’hui, nommés par Sarkozy. Un seul de gauche faisait exception, et il a été déplacé.
    Voilà les faits, ce ne sont pas des jugements.

    Pour les autres sujets, j’ai donné les liens, il suffit de lire. Quant au pétinisme, vous devriez lire la charte du travail de Pétain.
    C’est instructif.

    Pour le reste attendons qu’il s’explique dans les enquêtes dans lesquelles il est concerné;

    @ gwynfrid

    Il ne s’agit pas d’avoir raison, il s’agit de savoir ce que l’on doit et veut changer.
    Sarkozy est parti, l’heure du bilan a sonné et il vaut la peine de connaître ce qu’il convient de changer. On ne parle pas de changement in abstracto.
    De plus l’UMP semble vouloir poursuivre sur sa lancée pour les législatives et annonce une autre campagne à un niveau qui promet. .

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 00:03

  185. après la Justice cadrée par le camp de l’ancien président ainsi que la plupart des medias, la police. Une question demandait si des menaces pèsent sur la démocratie. Pour ce qui est du rôle de la police, une ultime décision de Sarkozy
    http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20120509.OBS5190/sarkozy-a-cree-in-extremis-un-nouveau-fichier-de-police.html

    Des faits encore?
    Concernant la justice , de nombreux sont rappelés dans cette lettre , qui concerne également le droit syndical à s’exercer
    http://www.syndicat-magistrature.org/Lettre-ouverte-a-Nicolas-Sarkozy.html

    Mais le rappel des faits est jugé « stigmatisation » par tocquevil. C’est une drôle de réponse dans une discussion.

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 00:41

  186. @ Schmilblick – Les discussions sur les options stratégiques de la droite sont intéressantes pour essayer de comprendre ce qu’il leur est arrivé; pas pour déterminer notre vote dans le futur immédiat. L’UMP est bien obligée d’en rester aux débats d’hier, pour d’évidentes raisons tactiques (garder un semblant d’unité) et logistiques (tout simplement, ils n’ont pas le temps d’imaginer une autre plate-forme de propositions). Mais nous ne sommes pas, nous obligés d’en faire autant. Quid de l’avenir de la droite ? Et de celui de la gauche ?

    Commentaire par gwynfrid — 12/05/2012 @ 00:52

  187. @ Gwynfrid et Zarga : merci.

    J’invite Schmilblick et Hervé_02 à faire preuve de la même impartialité que Daniel Schneidermann, qui montre depuis quelques jours qu’il continuera à être aussi intraitable avec Hollande qu’il l’a été avec Sarkozy. Voici le mail que je reçois de lui ce matin ;

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    Gazette d’@rrêt sur images, n° 229

    Incorrigibles ! A peine remis de leur sarkolâtrie, les grands medias foncent tête baissée dans une délicieuse « hollando-mania ». Et de célébrer ce président normal, si proche des gens, si accessible, si drôle, etc. Et d’édifier sa statue. Pourquoi pas ? Sauf que dans les hagiographies télé, il ne faudrait pas oublier certains épisodes (un peu) plus sombres. Vous a-t-on rappelé que sous Mitterrand, Hollande s’occupait d’affaires « réservées », touchant aux fonds secrets ? Avez-vous entendu rappeler comment dans les années 80 il prêta la main à une manipulation de l’opinion, « l’affaire Caton », ourdie par Mitterrand lui-même, pour discréditer la droite ? Jusqu’à…mystifier des journalistes au téléphone. Parce que la liberté de critique ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, comme disent nos grands ainés, nous nous permettons de rappeler ces épisodes, et quelques autres, sur le plateau de notre émission de cette semaine. Elle est ici. (1)

    Il est probable que vous allez beaucoup entendre parler de la « boule puante » de la condamnation de Jean-Marc Ayrault à Nantes, pour favoritisme, en 1997. De quoi s’agit-il exactement ? Pour vous permettre de vous faire une opinion, nous vous rappelons simplement les faits. Notre article est ici. (2)

    Enfin, vous avez sans doute été ému par les prestations, lors de la soirée électorale de France 2, de Thomas Hollande, fils du président. Sauf que…ces apparitions ont été un peu « arrangées » par France 2, comme le démontre magistralement Didier Porte. Sa chronique est ici. (3)
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    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 10:15

  188. @ gwynfrid « Quid de l’avenir de la droite ? Et de celui de la gauche ? »

    Qu’est-ce que j’en sais ? Je ne suis pas Madame SoleiL.

    Ce que je peux vous dire seulement c’est que je sais qui a voté pour Hollande majoritairement : les jeunes, les employés, les ouvriers, les travailleurs du secteur public, les urbains, les grandes villes et les banlieues des grandes villes, la France qui travaille, la France multiculturelle, une partie de la France qui souffre du chômage, des inégalités, de la pauvreté, les syndiqués, les catégories les plus éduquée et diplômées, la petite bourgeoisie intellectuelle, les artistes.
    Ce qui fait un profil sociologique.

    Et pour Sarkozy, les vieux, les petits patrons, les commerçants, les professions libérales, les travailleurs indépendants, les gens dotés de revenus assez élevés et élevés, les cathos pratiquants, les tradis, la bourgeoisie d’affaires petite, moyenne, grande, les paysans pour partie seulement, soit les gros paysans aisés surtout et ceux qui surnagent.
    Un autre profil sociologique

    Et parmi ces derniers, paysans et ruraux, qui se partagent avec Marine, ceux qui votent pour elle sont les paysans pauvres, ainsi que les habitants des zones éloignées des villes, au-delà des banlieues dans les zones rurale ou semi-rurales, là où il n’y a pas de mélange culturel, les petits blancs, ceux qu’on appelle les neo-ruraux et qui composent aussi une partie de la France qui souffre du chômage, des inégalités, de la pauvreté, les déclassés, toutes catégories populaires sans perspectives, les moins éduqués , les moins diplômés.

    Pour Hollande je vois la France moderne, jeune, mélangée, européenne, ouverte au monde, la France réelle, -car rien de cela ne reviendra en arrière- la plus attachée aux valeurs de la République, dotée de la plus grande culture politique qui cherche à donner un avenir au pays en conservant ses traditions politiques et son Etat social, qui valorise l’école. Le profil typique de la gauche.

    Pour Sarkozy, je vois, outre les privilégiés et les ultra-privilégiés, la France tradi, une population mue par la peur, du lendemain et de la gauche, des autres, des étrangers et des autres cultures, tous ceux qui ne jurent que par l’entreprise privée et mettent avant tout la liberté d’entreprendre et qui, malgré la crise, croient au marché régulateur et sont passablement anti-étatiques.

    Pour Le Pen même chose, pour la peur, mais moins la peur de la gauche peut-être que celle de l’étranger, et peur largement mâtinée de colère, d’indignation, de protestation, plus nationaliste, carrément anti-européenne -ultra-réactionnaire donc- mais largement composée des moins éduqués et des laissés pour compte et victime du chômage et de la crise.

    Sous ce rapport, archi-classique donc.
    Aussi bien pour les idées que pour la composante sociologique de l’électorat. On a une nette opposition droite-gauche n’en déplaise aux slogans sarkozystes qui affirment le contraire, car Sarkozy aurait bien voulu abolir les distinctions de classes, la lutte des classes, et la culture de lutte pour la conquête des droits des travailleurs , la disparition des syndicats et de toute une culture de gauche (c’est son côté proche du pétainisme).

    Donc, nihil nove sub sole, sous ce rapport.

    Les nouveautés sont seulement

    La croissance d’une extrême-droite populiste, en croissance car populaire, dont les thèmes idéologiques ont largement gagné du terrain dans les esprits, et cela du fait de la crise, ce qui est un phénomène classique dans l’histoire. Une extrême-droite qui abandonne une partie de ses signes extérieurs clairement fascistes -les signes du fascisme historique dont les catégories populaires n’ont rien à faire- pour endosser en apparence les habits républicains et ceux de la laïcité -qui ne sont que le cache-sexe de sa xénophobie et le vernis de respectabilité qui lui est nécessaire pour obtenir des succès électoraux.
    Une droite dont les thèmes idéologiques ont largement imprégné la société ce qui est, à mon avis, LE problème, puisqu’elle est promise à pouvoir se développer encore (je le crois et je le crains) et qu’elle tente de « bouffer » la droite… ce qui n’est pas encore fait, mais est un très réel problème.

    La conversion de la droite classique aux principaux thèmes de cette droite extrême, xénophobie comprise, puisque cette droite extrême est populaire et en accroissement. Ceci pour se faire entendre tout simplement, vu que le Pdt Sarkozy, étant donné ses contradictions incessantes, son flou idéologique, ses retournements, ses promesses non tenues, ses mensonges, son style et sa conduite erratique, n’est plus audible, n’est plus cru. Pour récupérer son électorat populaire à la droite extrême, il met ses pas dans les siens, l’imite et lui reprend ses thèmes, son populisme, son nationalisme, sa xénophobie, et plus qu’elle encore, bien plus qu’elle, s’en prend à toute la culture ouvrière et ses organisations. C’est là qu’il rejoint, à la droite de Le Pen, le pétinisme. qui veut briser toute possibilité de luttes ouvrières. Il s’en est assez vanté.

    Ce sera ce qui restera la faute de Sarkozy, il a miné le paysage politique du pays, creusé ses contradictions, accru les divisions. Bayrou en est le témoignage.

    3° nouveauté : la conversion du courant socialiste à la social-démocratie.

    Mais les trois, droite, gauche et droite-extrême sont prises dans la tourmente de la crise du capitalisme, qui supprime le travail, et les trois sont à peu près impuissantes devant le phénomène.

    La gauche au pouvoir aura à faire à ce problème énorme dont elle ne détient pas les solutions, et à l’expansion rampante des idées d’extrême-droite et ses forces organisées, ce à quoi aura contribué Sarkozy et qui est sa faute majeure, pour des raisons purement électoralistes, ce qui aura achevé de le discréditer auprès des milieux de gauche et qui laisse à son successeur une situation assez pourrie, à la droite un beau sac de noeuds dans lequel elle est empêtrée et au pays un héritage qui n’est pas un cadeau.

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 12:05

  189. @ Schmilblick, vous n’avez pas aimé que je vous reproche de vous positionner comme faisant partie du camp du Bien, mais ne voyez-vous pas que tout votre commentaire est imprégné de cette volonté de séparer les gentils et les méchants ?

    Vous me répondrez que votre analyse s’appuie sur des faits, sans voir la part d’interprétation et de wishful thinking qui vous anime.
    On peut faire l’interprétation inverse de la vôtre, par exemple que le vote à gauche reflète d’abord une approche clientéliste, en direction du secteur public (des privilégiés qui souhaitent le rester) et des musulmans (95% ont voté Hollande), en droite ligne avec les cyniques recommandations de Terra Nova.

    Caractériser cette population de « européenne, ouverte au monde, la plus attachée aux valeurs de la République » est un peu fort de café : l’électeur de Mélenchon n’a-t-il pas été sensible à un discours de repli anti-européen et anti-mondialiste ? Qu’est-ce qui rapproche l’électeur musulman attaché aux traditions du bobo désireux d’ouvrir le mariage aux homosexuels ?

    Vous seriez donc mieux inspiré de raisonner en évitant d’utiliser une telle grille de lecture, qui n’est plus un profil sociologique mais qui a tout du profil psychologique fantasmé, auquel l’électeur de droite peut tout aussi bien opposer la grille de lecture inversée. Or le mépris pour le camp adverse est contre-productif, il contribue à la radicalisation des esprits.

    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 13:09

  190. C’est reparti avec le même vocabulaire camp du Bien/camp du Mal, vous ne pouvez vous en défaire : catégories morales, vous ai-je fait remarquer, et de plus discours de Bush, ça ne fait rien vous continuez, c’est plus fort que vous.
    C’est votre manière de voir les choses, la politique avec les lunettes de la morale

    Vous réclamez des faits, mais quand on vous en donne, vous n’en tenez aucun compte, vous répondez à côté, vous interprétez -comme vous l’écrivez-, pour les récuser. Que faire ? *

    Mais si néanmoins vous consentez à vous informer, si vous vous intéressez à la Justice, aux faits, vous seriez peut-être intéressé à connaître la rhétorique de droite, les pratiques de la droite.
    Je suggère http://libertes.blog.lemonde.fr/2012/05/12/adroite-creation-dun-nouveau-syndicat-de-magistrats/#xtor=RSS-3208

    * Pour le « clientélisme » qui consiste à « acheter » sa clientèle électorale en lui distribuant de l’argent -n’est-ce pas ? c’est sa définition, en politique http://www.toupie.org/Dictionnaire/Clientelisme.htm- eh bien faut être sacrément audacieux et idéaliste et immensément riche, pour penser acheter une bonne partie de la masse des plus pauvres, la population des banlieues, et être carrément dans la concussion pour penser acheter les fonctionnaires.

    Je suppose qu’il n’y a aucune polémique à suggérer des idées aussi fantastiques, bien sûr.
    Pas plus qu’à persister à ne pas vouloir comprendre la distinction, pour ne pas la faire, entre critique des idées, légitime en politique, et dénigrement, ou injures adressés aux personnes. En l’occurrence mettre en lumière les idées d’extrême-droite pour les critiquer et les récuser et injurier l’électorat, les gens, sont deux choses différentes.

    Personne n’a traité l’électorat le peniste ou Ump de salauds, personne n’a traité Sarkozy de salaud, sauf Mme Chirac et les chiraquiens. Pas plus de fou. Personne, mais l’argument revient en boucle.
    Marianne l’a traité de voyou, titre inutilement scandaleux et accrocheur, mais il faut lire les enquêtes à l’intérieur, solides, argumentées, et le ton, mesuré. ok, on une couverture. La seule affaire à citer.
    Mais tant pis, contre les faits, on répète que l’électorat a été insulté et que Sarkozy a été insulté et traîné dans la boue par les medias, lui à qui les medias ont fait une place extraordinaire durant son mandat et que les journalistes des grands medias ont servi et pour cause (nominations encore).
    Une place qui ne sera certainement pas celle qui sera réservée à Hollande. On parie ?
    Quelques dérapages ou excès ont sans doute eu lieu, soit, assez rares pour ne pas même être cités avec exactitude, soit, mais dans l’ensemble et pour l’essentiel ? Sarkozy a été un Pdt hyper-mediatisé et hyper-mediatique et hyper mis en scène.

    mais bon …

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 15:05

  191. @ tocquevil suite

    « l’électeur de Mélenchon n’a-t-il pas été sensible à un discours de repli anti-européen et anti-mondialiste ? »

    Si vous voulez bien vous donner la peine de vérifier j’ai parlé de l’électorat de Hollande (et de celui de Sarkozy et Le Pen), mais foin des détails.

    Mais cela dit pour Mélenchon, oui, je vous l’accorde.

    Et pourquoi n’ai-je parlé que de Hollande ? Parce que l’Europe est au coeur de son projet, de sa politique et de ce qu’il peut faire, aux antipodes de Sarkozy.

    merci de conserver les nuances

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 15:11

  192. @ Schmilblick,

    Vous parliez de son électorat du premier tour ? Cela ne m’avait pas semblé si évident, mais cela n’invalide pas du tout mes remarques s’agissant du deuxième tour, donc de l’électorat qui a fait gagner la gauche.

    Quant à l’Europe, vous êtes sérieux quand vous dites que leurs projets sont aux antipodes l’un de l’autre ? Hormis les effets de menton, leurs programmes sont très proches, et dans la pratique je vous parie qu’il n’y aura pas grand chose pour distinguer le quinquennat qui commence et celui qui se termine. Un président socialiste n’aurait pas eu à rougir de l’action que Sarkozy a menée et notamment de son rôle pour venir en aide à la Grèce, Mais je suppose que le reconnaître serait trop vous demander.

    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 15:29

  193. tocquevil

    en suivant vos catégories

    Une chose que je ne comprends pas, si vous considérez que les gentils sont les jeunes, les employés, les ouvriers, les travailleurs du secteur public, les urbains, les grandes villes et les banlieues des grandes villes, la France qui travaille, la France multiculturelle, etc… et que cette sociologique électorale indique le camp du Bien

    et que les méchants sont les vieux, les petits patrons, les commerçants, les professions libérales, les travailleurs indépendants, les gens dotés de revenus assez élevés et élevés, les cathos pratiquants, les tradis, la bourgeoisie d’affaires petite, moyenne, grande, les paysans pour partie seulement… et ceux qui ne jurent que par l’entreprise privée et mettent avant tout la liberté d’entreprendre et qui, malgré la crise, croient au marché régulateur et sont passablement anti-étatiques… et que la sociologique électorale désigne le camp du Mal

    pourquoi ne votez-vous pas à gauche ?

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 15:33

  194. @Schmilblick et Tocquevil : manifestement, vous n’avez pas lu le programme de Mélenchon qui est pro-européen et n’est pas anti-mondialisation, (Mélenchon n’est pas interdire les échanges internationaux !)
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/brochures/humain_dabord.pdf
    (page 26)
    J’ai l’impression que vous avez confondu avec le programme de Le Pen.

    Commentaire par kuk — 12/05/2012 @ 18:45

  195. @ Schmilblick, je vais finir par croire que vous faites exprès de ne pas comprendre….

    Ce que je vous reproche, ce n’est évidemment pas de recourir à ces catégories : « les jeunes, les employés, les ouvriers, les travailleurs du secteur public, les urbains… » qui sont des profils sociologiques neutres du point de vue jugement de valeur.

    Ce que je vous reproche, c’est d’extrapoler en associant à ces catégories des qualificatifs qui sont basés sur votre seul jugement, positif dans le cas de la gauche :

    « Pour Hollande, je vois la France moderne, jeune, mélangée, européenne, ouverte au monde, la plus attachée aux valeurs de la République, dotée de la plus grande culture politique qui cherche à donner un avenir au pays. »

    Et négatif dans le cas de la droite :

    « Pour Sarkozy, je vois, outre les privilégiés et les ultra-privilégiés, la France tradi, une population mue par la peur, du lendemain et de la gauche, des autres, des étrangers et des autres cultures… »

    Ces jugements ne reposent sur rien de précis, juste vos préjugés, votre désir de valoriser le peuple de gauche par rapport au peuple de droite, J’ai en tête le contre-exemple de mes beaux-parents, tradi catho qui n’aiment pas les arabes mais votent Hollande car ils ont peur pour leur statut de fonctionnaire.

    Bizarrement, votre réponse a été de vous mettre dans la peau de George Bush qui répondrait : « Comment ? Vous me reprochez de distinguez le camp du Bien du camp du Mal ? Mais arrêtez avec ce vocabulaire qui repose sur des catégories morales, vous me rappelez le discours de… Bush ! »

    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 18:46

  196. @ Kuk, je n’ai pas lu son programme, effectivement, mais je l’ai écouté, et il donnait l’impression de surfer sur la tentation au repli anti-européen – « une Europe vendue au capitalisme » – d’une partie de la population, celle qui a voté non au référendum.

    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 18:57

  197. @tocquevil : la population qui a voté non au référendum n’est pas forcément anti-européenne (cf les militants socialistes qui étaient majoritairement pour le non, qu’on ne peut pourtant pas accuser d’être anti-européens). Alors anti-européen oui, si on le prend dans le sens anti-Europe d’aujourd’hui. Mais c’est très différent de anti-européen en général, qui se réfère plutôt à anti Europe d’aujourd’hui et de demain, c’est à dire aux souverainistes.

    Commentaire par kuk — 12/05/2012 @ 19:15

  198. @Tocquevil : pour se détendre, j’ai un truc pour vous à base de riches / pauvres, et bien / mal. hihi.
    http://fr.cars.yahoo.com/nouveautes/riches-au-volant–danger-au-tournant–.html

    Commentaire par kuk — 12/05/2012 @ 20:11

  199. @ Kuk, vous avez raison, je n’ai pas été assez précis. Je faisais allusion à cette partie de la gauche (plutôt la gauche de la gauche) qui a voté non au référendum. Ce n’est pas sur des thèmes souverainistes que Mélenchon la cible (encore que ce courant existe aussi à gauche) mais sur des thèmes qui jouent sur la peur de l’Europe et du monde soumis à la Finance. Car la droite n’a pas le monopole de l’utilisation de la peur et du bouc-emissaire.

    Que les grosses voitures aient moins le sens civique, je l’avais déjà remarqué ! Mais est-ce parce qu’ils sont riches ou parce qu’ils sont beaufs ? 🙂

    Commentaire par tocquevil — 12/05/2012 @ 21:20

  200. @Tocquevil

    « rien de précis »
    quand je parle de la peur, du lendemain et de la gauche, des autres, des étrangers et des autres cultures qui caractérise la droite

    rien de précis ?
    Mais j’ai entendu Sarkozy cultiver toutes les peurs de l’autre et Guéant agiter la supériorité de notre civilisation. J’ai entendu Sarkozy dire que le 1° souci des Français était la viande hallal, que les étrangers profitaient indûment des allocations diverses [quand en vérité ils rapportent beaucoup plus qu’ils ne coûtent] je l’ai entendu dire que les chômeurs et bénéficiaires des minima sociaux étaient des assistés et des fainéants…
    Vous l’avez entendu aussi, je suppose.

    Cultivant la peur Sarkozy s’est posé en protecteur face à un électorat conservateur, âgé, pessimiste, qui considère que « c’était mieux avant » et que « la France est de moins en moins la France », ainsi Sarkozy n’a cessé de dire qu’il y avait trop d’étrangers, surfant sur la vague de cette opinion, et vantant « la France éternelle » de Barrès, avec ses clochers, ses villages et ses champs et la famille traditionnelle.
    Vous l’avez entendu aussi, je suppose.

    La droite annonce la faillite et la fin du monde avec Hollande. Si ce n’est pas cultiver la peur !

    Inversement la gauche représente la tolérance, l’ouverture aux différences, une attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, la solidarité avec les plus démunis. Ce qui est plus moderne et plus ouvert au monde, il me semble.

    Son électorat est beaucoup plus ouvert et tourné vers l’avenir, plus optimiste, plus diplômé, plus jeune et comprend les minorités des quartiers populaires, plus féminin aussi.

    Cela ce sont des faits, donnés par toutes les études sociologiques. Le problème est que vous contestez les faits, même quand on vous les met sous les yeux. (1)

    Moi ce que je ne comprends pas c’est que si vous considérez comme des valeurs positives la tolérance, l’ouverture aux différences, la solidarité avec les plus démunis, et comme négatives les attitudes pessimistes, la peur, du lendemain, de la gauche, des autres, des étrangers, le leitmotiv de l’assistanat, pourquoi ne votez-vous pas en accord avec ces valeurs positives ?

    Si vous m’expliquiez les motifs qui vous font voter à droite, même quand le candidat s’est placé dans le registre des thèmes de la droite la plus dure, réactionnaire et xénophobe, contredisant les valeurs fondatrices de la République, vous auriez certainement beaucoup à m’apprendre.

    Je le dis très sincèrement car je n’ai jamais rencontré quelqu’un tenant un pareil discours.

    Par ailleurs Bush a bien parlé de « l’axe du Bien » ou c’est moi qui l’ai inventé ?

    note 1-

    Pour cette élection Ipsos relève que l’électorat de Sarkozy  » se réduit au noyau traditionnel de l’électorat de droite » : il n’est majoritaire qu’auprès des plus de 60 ans (59%), des retraités (57%), des indépendants et commerçants, et des revenus supérieurs à 3000 euros (56%).

    Inversement on note la préférence des jeunes pour la gauche, qui est majoritaire dans toutes les catégories de moins de 60 ans, et pour les 25-35 ans (62%) et les 18-24 ans (57%).

    Majoritaire chez les actifs, 65% chez les salariés du secteur public et 53% chez ceux du privé ;
    chez les ouvriers (58%) les employés (57%) et dans les catégories défavorisées, chômeurs (62%) bas revenus (59%)

    @ kuk je regarderai de plus près le programme de Mélenchon

    Commentaire par Schmilblick — 12/05/2012 @ 22:10

  201. @Tocquevil (199) : vous avez raison : la droite n’a que le monopole de la peur de l’étranger (quoique le PS n’ait pas toujours donné des gages très rassurants). Concernant l’agitation du spectre de la finance, je ne suis vraiment certain que le registre soit celui de la peur. Car la peur se traduit par un trouble émotif pouvant aller jusqu’à la paralysie. Or la finance évoque un monde abstrait (des fantômes planqués à la City ou à Bruxelles) de personnes certes puissantes, froides, cyniques mais peu nombreuses, ce qui provoque un rejet intellectuel, mais pas une émotion très paralysante. Alors que les peurs de l’étranger sont plus axées sur la peur de l’envahissement (comme des fourmis qui vous grimperaient sur le corps) ce qui provoque un rejet viscéral, émotionnel. Je dirais donc, mais je peux me tromper, que le rejet du monde des banquiers et de la finance est davantage réfléchi, tandis que celui de l’étranger est davantage ressenti et irrationnel (ce qui n’empêche pas que certains d’avoir des raisons très rationnelles de vouloir garder l’étranger à l’extérieur sans en éprouver aucune peur, ni d’autres d’avoir le sang qui se glace en voyant un requin aux dents qui rayent le parquet).

    Concernant l’étude sur les comportements automobiles, c’est plus pour rire, en l’état on ne peut pas en tirer grand chose (l’interprétation qui est donnée ne me satisfait pas). On peut penser qu’une grosse voiture nous éloigne de la personne à qui on devrait céder le passage et que le danger apparaît moins imminent qu’avec une petite, ce qui provoque une réaction plus tardive de l’automobiliste par rapport au piéton, celui-ci cédant donc le passage avant. Ou qu’une grosse voiture nous met en situation de pouvoir symbolique et que le comportement d’un pauvre dans une grosse voiture serait aussi incivique que celui d’un riche…

    Commentaire par kuk — 13/05/2012 @ 12:59

  202. Saurais-je jamais comment on peut trouver les valeurs de gauche positives et considérer les gens qui les portent appartenir à un soi-disant camp du bien , celles de droite le contraire, mais pourtant voter pour la droite ?

    Juste pour information.
    J’apprends que parmi les électeurs de Sarkozy au 1° tour 65% d’entre eux souhaitent des alliances avec le FN pour les législatives.
    Ce qui, ajouté aux voix qui se sont portées sur MLP, fait 35% du corps électoral qui soutient ces idées au point de se dire prêt à voter pour elles, ou au minimum n’y trouve rien de problématique.

    Conséquence de la campagne de Sarkozy, banalisation. Ce me semble plus important que de fantasmer sur Sarkozy victime des medias et victime tout court.
    Non pas 48% de salauds, mais 35% qui disent pouvoir voter pour et avec le FN.
    Ce qui est sans doute le point décisif de cette campagne.

    Commentaire par Schmilblick — 13/05/2012 @ 20:57

  203. http://souslesportes.blogspot.fr/2012/10/merci-du-cadeau-tonton.html

    Donc, pour revenir sur des billets du blog où j’en veux un peu quand même à la génération des adultes des années 70, donc mes parents aussi, je vois que la retraite était à l’époque à 65 ans, et je reviens donc sur mes dires.

    La retraite à 60 ans . Une réforme emblématique des années Mitterrand – Libération

    Pour dire merci aux socialos de leurs cadeaux empoisonnés, un bon parti de contre-pouvoir, vraiment pas celui pour être leader… A partir motiver les gens pour devenir fonctionnaire (solution non valable pour une économie saine), leurs « idées » ne servent à rien. Ah si, les gens ne peuvent pas se plaindre des taxes puisque 52% des votants ont choisi leur égocentrisme plutôt que la santé de leur pays.

    Personnellement, au contraire d’autres de mon âge, je ne pense pas à la retraite, je pense principalement aux quarante prochaines années qui vont venir, celles que j’ai reçu en cadeau. Sinon, c’est un peu pessimiste et c’est un peu lire le livre par la fin.

    Et quand je revois ce billet le 7 Mai 2012, je me demande qui sont les salauds… et contrairement à l’auteur du billet ci-dessous, je ne fais pas de dénonciations, en fait si:
    https://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/05/07/484-de-salauds/

    Commentaire par Henri Moufettal — 02/10/2012 @ 21:06


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