La Plume d'Aliocha

03/05/2012

Nul !

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 13:51
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Tout ça pour ça !

L’ennui quand on vous annonce un grand rendez-vous comme celui du débat de l’entre-deux-tours, c’est qu’il faut ensuite être à la hauteur. Je pense ici au teasing médiatique auquel nous avons eu droit durant des jours. On nous avait même conviés dans les coulisses pour nous expliquer la longueur de la table, le température du plateau, l’interdiction des plans de coupe et le reste. Une vision du contradictoire à faire fantasmer n’importe quel avocat. Ah, si l’on pouvait régler la température dans les salles d’audience au niveau souhaité par les plaideurs ! Notez, l’exercice tenait davantage de la performance moitié sportive, moitié show bizz, que du débat. Il fallait donc soigner les conditions de cette drôlerie télévisuelle.

Je m’attendais à un affrontement entre deux visions politiques de l’avenir, je n’ai vu que deux molosses se disputant la France comme un morceau de viande sous le regard désemparé de journalistes tirant en vain sur la laisse des candidats furieux. La communauté médiatique entière applaudit la qualité du débat. La gauche se pâme d’adoration devant l’anaphore « moi président de la République » de François Hollande qui m’a personnellement vrillé les nerfs tant le ton en était faux et ampoulé. De son côté, la droite se félicite de la pugnacité et de la précision de son candidat. Ah bon ? Je l’ai trouvé en détresse, oscillant entre agressivité et séduction, défendant péniblement son bilan sous le feu nourri de son adversaire. Hollande était raide, observent certains, Sarkozy combattif, rétorquent les autres. Personnellement, j’ai surtout vu de mauvais acteurs jouant respectivement les clones de Mitterrand et de De Gaulle dans une sinistre partie de catch. Comme si nous n’avions plus d’autre solution que de nous référer au passé, d’agiter chez l’électeur le goût de la petite madeleine de Proust, d’appeler les fantômes des grands hommes à la rescousse pour épauler des candidats en panne de souffle. En réalité, ils se sont révélés prisonniers l’un de l’autre, incapables de se dégager du combat haineux patiemment entretenu depuis des semaines par les deux camps et dont le débat constituait l’aboutissement autant que le point d’orgue. Je n’ai pas aperçu de vision de la France, moins encore de l’avenir, mais une querelle partisane et meurtrière, un corps à corps dantesque,  dont aucun n’est sorti grandi. Sauf bien entendu dans le regard de ses supporters ..Le réglage d’horlogerie appliqué à la longueur de la table et à la température du plateau apparait, avec le recul, bien dérisoire. Point n’était besoin d’orchestrer avec tant de précision délicate les conditions de ce grossier pugilat.

A l’évidence, il faut, pour se satisfaire de cette campagne, un engagement idéologique, un désintérêt à l’égard des réalités et une accoutumance à la violence qui me sont étrangers. Tant pis, je ferai donc parti des français laissés pour compte. Mes félicitations aux vainqueurs, c’est-à-dire à tous ceux qui se reconnaissent dans ces jeux du cirque. « Stérile, creux et spectaculaire » résume Daoud Boughezala chez Causeur. On ne saurait mieux dire.

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40 commentaires »

  1. Bravo pour ce billet, qui resume parfaitement ma pensee!!!

    Commentaire par My Little Discoveries — 03/05/2012 @ 14:47

  2. Panem et Circenses. Morituri te salutant. Retour à la Rome antique.

    Commentaire par li — 03/05/2012 @ 14:57

  3. Tout me semble résumé par ce billet de DM :
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/04/26/Noyage-de-poisson#comments

    et le commentaire de Vincent en 5 : Aliocha, vous n’étiez pas la cible.

    Commentaire par kuk — 03/05/2012 @ 15:26

  4. Oui, on ne saurait mieux dire… mais, qu’est-ce qu’on pouvait attendre d’autre qu’un combat de personnalité, réduit à sa plus simple expression simiesque de « lutte des places » ? C’est notre système présidentiel qui veut ça, c’est ainsi…

    C’est dingue que ce soit de Florian Philippot représentant du FN que provienne (encore), à mon sens, la plus juste critique sur ce « débat » : « (…) ils ont réussi l’exploit de parler de chômage, de pouvoir d’achat, d’emploi de réindustrialisation, sans évoquer une seule seconde la question de l’ouverture totale des frontières à une concurrence déloyale qui vient d’Europe de l’Est, qui vient de Chine, qui vient d’Inde. Ils n’ont pas parlé de la crise de l’Euro (…) »…
    Bref un festival, comme d’habitude, de bonnes intentions, où les promesses n’engageront que ceux qui y croient, sans qu’on ne puisse jamais savoir comment concrètement elles pourront être tenues.

    Reste qu’on a déjà pu tester les promesses de Sarkozy ; et sa propension à traiter Hollande de « menteur », est à la mesure de la « schizophrénie » de ce personnage, dont je n’aimerais pas supporter la somme d’incohérences qui le constitue… à moins qu’une bonne fée ne se penche sur son état, celui qui a usurpé, pendant 10 ans, la place de Pinocchio pourra retourner « faire du fric » dans les milieux qu’il affectionne tant… et c’est tant mieux pour le climat délétère politique actuel… Un peu d’air nous fera le plus grand bien…

    Commentaire par Incognitototo — 03/05/2012 @ 15:51

  5. C’est une campagne ratée, comme l’était celle de 2002, et probablement pour des raisons similaires. Jospin n’avait su se libérer de sa haine contre Chirac, et d’une confiance déraisonnable en la supériorité de sa personne en comparaison de de son adversaire. Visiblement, Sarkozy a cru également qu’Hollande s’effondrerait inéluctablement, le mépris a pris le pas sur sa raison. Pour cette raison, le sortat a différé maladroitement son entrée en campagne, en livrant un programme tardif, visiblement rédigé sur un coin de table par ses petites mains en piochant quelques idées ici et là, . L’aberration de sa stratégie s’est révélée hier, face à un Hollande qui peut prendre aisément l’habit du vengeur masqué pour complaire aux nombreux qui voient les 5 dernières années comme une succession d’avanies.

    Commentaire par Switz — 03/05/2012 @ 15:52

  6. Et pour ceux que ça intéresse, voici les salaires des présentateurs (j’aurais du faire journaliste TV 😉 ): http://www.atlantico.fr/atlantico-light/animateurs-mieux-payes-paf-television-laurence-ferrari-jenifer-julien-lepers-stephane-guillon-jean-pierre-foucault-nikos-aliagas-346223.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 16:37

  7. FH vs NS, un match entre l’État obèse de droite et l’État obèse de gauche :
    ¨

    Commentaire par jyker — 03/05/2012 @ 16:49

  8. Mmouais…
    Moi je pense qu’on a eu hier soir le meilleur qu’on pouvait espérer, vu le contexte – largement décrit dans les commentaires ci-dessus – dans lequel ces 2 protagonistes ont eu à « en découdre ».
    Ce débat a duré 3 heures. Aucun n’a craqué, n’est parti en live. Jusqu’au bout, l’affrontement a permis de clairement comprendre ce qui oppose ces 2 conceptions de la politique : celle de droite et celle de gauche.
    Mais comme vous, je ressens cette déception cruelle de ne pas avoir entendu la Grande Voix d’un Grand Futur Président pour la France.
    Personnellement, je mets cela sur le compte de la bipolarisation forcée par nos institutions en général, par ce scrutin au suffrage direct uninominal à 2 tours en particulier. Et donc, j’accorde les circonstances atténuantes à ces 2 bougres qui, chacun en tant que représentant de son CLAN, ont courageusement assumé ce pugilat spectaculaire, passage obligé de nos institutions.

    Je n’avais voté ni pour l’un ni pour l’autre au premier tour, étant de ceux qui pensent que globalement cet affrontement sans cesse répété entre 2 conceptions partisanes qui ne règlent pas les problèmes de fond est stérile et préjudiciable à l’émergence de vraie solutions DURABLES, respectueuses des 3 piliers incontournables de toute politique sensée : l’économie, le social, et l’environnement.

    Commentaire par Ginkgo — 03/05/2012 @ 16:54

  9. @jyker : décidément,voilà des années que je me demande ce que je fais dans le journalisme économique, je commence à comprendre, si l’on y manque parfois d’indépendance de vues, on y cultive une rationnalité qui me convient plutôt bien 😉

    @Gingko : je suis d’accord de A à Z, on n’en peut plus en effet de cette bipolarisation. La question c’est : peut-on en sortir et si oui comment ? Il m’arrive de penser que c’est une question générationnelle…

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/05/2012 @ 17:00

  10. @ laplumedaliocha

    Je vous trouve sévère.
    Il manquait une vision certes, mais la tenue d’ensemble du débat était correcte, sans plus mais corecte (il est vrai que je ne regarde à peu près plus jamais la télé, et qu’il y avait donc une sorte d’attrait de la nouveauté…)
    Et puis, ce manque de vision, peut-on le reprocher à nos 2 candidats ?
    Il n’était en tout cas pas une surprise.
    Qui aujourd’hui, parmi nos penseurs, nos politiques, nos philosophes… a une vision de l’avenir, du monde, de la France dans le monde… paralysés que nous sommes, tous autant que nous sommes, plus ou moins sévèrement, par l’idéologie de la réussite ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 03/05/2012 @ 17:08

  11. @Ginkgo

    Et si justement il fallait faire notre deuil de l’espoir d’un messie, d’un « Grand Futur Président pour la France ». L’ampleur des enjeux des élections présidentielles (5 ans à devoir se coltiner le même mec, doté de pouvoirs sans pareil) semble tétaniser les consciences, et, en tout cas, déplacer l’accent sur des questions de personne, de style, d’incarnation. Le résultat est le suivant pour 2012: le candidat de l’opposition a craint de faire subir à son camp une autre défaite (après 1995, 2002, 2007…), et a donc joué à l’économie en taisant les questions nécessaires (finances publiques..) et en s’inventant un personnage, l’héritier de Mitterrand (qui en plus est un copain de Chirac); le candidat sortant a redouté de n’être plus qu’un chapitre dans l’histoire de France, un has been qu’on moque à l’instar de ces chanteurs populaires réduits à faire des tournées au Japon, et lui-même a également joué à l’économie, tout en accordant une attention démesurée à ses mages de Cour, car ils lui promettaient les bienfaits de leurs sortilèges.

    En fait, je me demande vraiment si la condition du renouveau politique n’était pas finalement une complète refonte de notre système institutionnel, et l’invention d’un authentique régime parlementaire – il suffirait d’ailleurs d’inverser le calendrier électoral, simple. Une façon comme une autre de faire éclore à nouveau le fait politique.

    Commentaire par Switz — 03/05/2012 @ 17:15

  12. @laplumedaliocha (com 6)

    Vous risquez néanmoins de devoir côtoyer des collègues pas sympas du tout: http://blog.france2.fr/patrick-montel-la-prolongation/2012/05/03/mon-collegue-est-delinquant-ordinaire/

    Commentaire par Switz — 03/05/2012 @ 17:24

  13. @Incognitototo : « C’est dingue que ce soit de Florian Philippot représentant du FN que provienne (encore), à mon sens, la plus juste critique sur ce “débat”  »

    Pas vraiment,
    1) Philippot est loin d’être un imbécile, et le reste du staff de M. Le Pen a fait un boulot très efficace.
    2) La critique ne pouvait provenir des partisans de l’un des deux camps qui s’affrontaient hier. Ce qui élimine aussi Mélenchon (ou les verts), lequel aurait des difficultés à faire une critique englobant celui pour lequel il appelle à voter avant lundi prochain.
    3) Restait comme possible une voix du FN, qui a fait une campagne « anti-système », ou bien des voix d’extrême gauche, ou bien des journalistes ? Les journalistes avaient un peu le nez dans le guidon et l’extrême gauche ne doit plus trouver beaucoup de micros…

    Commentaire par kuk — 03/05/2012 @ 17:27

  14. @ Aliocha,

    Comment en sortir ?… Militer pour une sixième République… On a épuisé tout ce qu’on pouvait attendre de la Vième en 1969… Depuis, on prolonge l’agonie d’un système, où tout repose sur « l’honnêteté » des hommes… C’est ce système électoral qui nous ramène invariablement à cette bipolarisation insupportable… qui déchaine tous ces comportements de fans de foot qui prennent parti pour leur champion, comme ils rentrent en religion…
    Si vous cherchez, il y a ça : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-3979135.html

    @ Kuk,

    Oui, assez d’accord avec cette analyse… et c’est bien dommage, qu’en toute circonstance les prétendants « antisystème  » soient les seuls à poser les bonnes questions en apportant des solutions à côté de la plaque…

    Commentaire par Incognitototo — 03/05/2012 @ 17:46

  15. En une personnalité qui ne transcende pas les foules et un escroc, ne vous trompez pas.
    Si l’escroc tombe, il va y avoir du travail pour la magistrature pour 10 ans.
    Tel est l’enjeu.

    Commentaire par fultrix — 03/05/2012 @ 18:10

  16. On peut faire de brillantes analyses en partant d’un débat pauvre… Je vous suggère l’émission du jour sur Arrêt sur Images…

    Commentaire par kaeldric — 03/05/2012 @ 20:36

  17. @ Aliocha :

    Décidément, je me plais de plus en plus chez vous ! J’ai tenu bon, et je n’ai pas regardé le « Débat des Titans » (Heu, le « Débat des Tantines » ???) hier soir… et à vous lire, grand bien m’a pris.

    J’ai envie de vous dire merci, merci, merci et encore mille fois merci.

    De prendre le temps d’écrire, de partager, de répondre.

    Et de garder de la distance, d’argumenter, de refuser le facile.

    Je n’imagine même pas à quel point ça doit être chronophage d’écrire comme ça. Quand on a un boulot sur le râble.

    Je me sens bien chez vous, j’espère que vous ne me trouverez pas trop débraillé à vous le dire tout à trac, tout en vrac… ça me fait du bien de vous lire, ainsi que tous les autres contributeurs.

    Vous avez compris pourquoi vous êtes restée à faire de l’éco, au lieu de courir la ganetouse parmi vos « confrères » de l’audiovisuel ? Moi j’ai compris pourquoi votre espace est mon préféré.

    Bon, on est à côté de la plaque, là… mais en même temps, j’en ai tellement marre de cette pesanteur, que ça fait du bien de regarder en face ce qui fait du bien, voilà.

    Pour finir, un extrait de chanson (tiens, encore un : je suis très chanson en ce moment !) :

    C’est Helena Noguerra qui chantait ça :

    Je veux l’attraction
    Sans la pesanteur
    Sans la gravité
    Sans le poids des mots…

    Joliment résumé, je trouve.

    Commentaire par Zarga — 03/05/2012 @ 22:16

  18. « visions politiques de l’avenir »
    Des visions de l’avenir chez nos hommes politiques ….on peut toujours rêver….et c’est bien ce qui manque….

    Commentaire par gilberto — 03/05/2012 @ 22:20

  19. La qualité du débat a été appréciée, et pas seulement par les media. Non seulement ce fut le 1° débat regardable de la campagne, mais un grand débat, passionnant du début à la fin qui a montré deux personnalités et deux conceptions de la politique et des institutions et a donné un condensé des enjeux et des choix, que contrairement à vous, je trouve extrêmement importants avec ces élections.

    Et les perspectives pour l’Europe énoncées par Hollande sont la seule voie à suivre et la seule possibilité dont on dispose sur la voie étroite de ce qui reste à la décision politique face aux contraintes de plus en plus fortes du carcan du système capitaliste, le seul système existant (et non un supposé système politique comme le désigne l’extrême droite)

    Non Philippot n’a pas raison.

    En contre point je suggère Emmanuel Todd. en guise de réponse à l’argument sur la Chine. http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120304.OBS2872/reactions/

    Sans parler de ce que Hollande a dit de la fonction présidentielle, de la Justice, des media etc. qui ne doivent pas être sous contrôle du Pdt de la République, sur la Cour de Justice, sur la responsabilité du chef de l’Etat et son immunité, sur les ministres et les conflits d’intérêt, sur la restauration de la république qui en a pris un coup ces derniers temps, sur une démocratisation de la République et la fin de situations d’exception etc.
    Cela m’a semblé important, un discours de raison et, pour moi, a montré la différence entre la droite et la gauche, loin d’avoir disparue.

    Mais il est certain que le système économique qui organise la disparition du travail, ne permet pas aux gouvernements de restaurer ce dernier et donc de faire des promesses inconsidérées. Ils sont coincés. Sur ce terrain, c’est l’impuissance.
    C’est sans doute cela qui paraît « nul », car désespérant, non les hommes en charge de gouverner à qui il est injuste de l’imputer.

    Maintenant je vous sent désabusée et pas loin de la dépression.

    Vous auriez tort de prendre sur vous les impasses du capitalisme, qui réduisent la marge de manoeuvre politique et incitent certains à la fuite dans les discours et les thèmes classiques de l’extrême-droite. Reprenons nos livres d’histoire, lisons les idéologues d’extrême-droite et leur littérature. Pour mieux la critiquer, il vaut mieux la connaître

    Vous avez vu la colère de Bayrou contre Sarkozy accusé de valider des thèses du FN, de renier un demi siècle de politique sociale, du gaullisme, des valeurs humanistes etc. ? C’est pas l’extrême-gauche pourtant .

    Commentaire par Schmilblick — 03/05/2012 @ 23:03

  20. rectification
    accusé de renier le gaullisme, les valeurs humanistes, chrétiennes etc. pour avoir validé les thèses du FN

    Commentaire par Schmilblick — 03/05/2012 @ 23:13

  21. Je n’ai pas eu le même ressenti que vous: si l’exercice reste un passage obligé, avec ce que ça peut avoir de guindé et de raide, j’ai été heureusement surpris de voir, pour la première fois depuis longtemps, une réelle opposition au déversement d’ordures sur les thèmes Hallal/immigrés/musulmans. Hollande connaissait suffisamment bien son affaire pour pouvoir répondre aux procédés rhétoriques de l’autre -homme de paille, détournement etc.- ce qui change en mieux des interviews journalistiques qu’on a pu subir depuis 5 ans. Il prêchait certainement pour sa paroisse, mais cela restait dans les limites du décent, contrairement à la drague FN en vogue à droite depuis une semaine.
    J’aurais évidemment préféré que la personne pour qui j’avais voté au premier tour soit à ce débat, mais je m’attendais à bien pire.

    Sur un sujet très différent, je suis tombé sur le blog de cette collègue à vous, et sur cette vidéo, qui devrait vous plaire. Vous connaissez?:

    http://blog.lesoir.be/parisbysoir/2012/05/02/ces-journalistes-prets-a-quitter-lelysee/

    Commentaire par javi — 04/05/2012 @ 00:26

  22. @Incognitoto(14),
    On peut craindre que la VIème République ne ressemble fortement à la IVème.

    Commentaire par XC — 04/05/2012 @ 07:47

  23. @XC : est-ce qu’un régime parlementaire ressemble forcément à la 4eme république ? Quid régimes des autres pays ?

    Commentaire par kuk — 04/05/2012 @ 11:30

  24. @ XC,

    C’est l’éternel argument pour ne rien changer… Mais non, on peut introduire une proportionnelle qui donnerait une AN représentative des forces politiques en présence, tout en préservant une majorité pour gouverner… Allez voir le lien proposé.
    De plus, la moralisation de la vie politique passe par quelques mesures que tout le monde trouve de bon sens… sauf les politiques professionnels, bien sûr, qui auraient tout à y perdre (c’est d’ailleurs pourquoi, ils se satisfont bien du statu quo)… Montesquieu et Condorcet nous ont expliqué ce qu’il faut faire quand on veut vraiment qu’une démocratie et une République soient irréprochables.

    Commentaire par Incognitototo — 04/05/2012 @ 11:57

  25. « Moi, Président de la République » aura au moins eu le mérite d’élever le niveau de langage des commentateurs qui ont ainsi (re)découvert une figure de style, l’anaphore (qui ne doit par ailleurs rien à De Gaulle ou Mitterrand… Hollande a su introduire un premier changement, même si, je vous l’accorde ses postures empruntent à Mitterrand… J’avoue que cela n’est pas pour me déplaire tant j’appréciais la manière du défunt président de mener ses allocutions et autres débats…), et qui du coup apparaît dans sa version « Hollandaise » sur wiki (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anaphore_%28rh%C3%A9torique%29).
    Pour ce qui est du reste, bah, le teasing vous a-t-il réellement laissé croire à un débat d’un genre nouveau ?… Les dés de la République sont malheureusement pipés depuis bien longtemps… sans doute depuis que les juristes et sociologues en ont figé les ressorts partisans dans une histoire juridique et politique et sociologique des partis justement… dans des ouvrages souvent laborieux… L’affaire est affaire de professionnels qui auront, sinon fait l’ENA etc., hérité un capital symbolique, social, économique, culturel, suffisant pour intégrer la classe des dirigeants… (j’oublie le capital « cultuel », mais on risque ici de me taxer d’antisémitisme…)… Voilà, des professionnels formés, entre autres, au débat télévisé…
    Il est amusant de nous avoir fait croire si longtemps qu’Hollande n’en était pas et dès lors, quel étonnement, pour bon nombre, de découvrir à l’occasion de ce débat la capacité de l’intéressé à prendre la posture présidentielle qu’un autre, plus petit, plus mesquin, plus en retrait, aura abandonnée à l’entrée même… Mais c’est oublié les primaires socialistes. Hollande avait déjà donné une idée forte de sa posture… l’impétrant n’est peut-être pas alors encore reconnu comme un « professionnel » de la politique, il en a fait l’apprentissage… sur le tas dirons-nous… et quel tas ! Mitterrand, Rocard, Maurois, Delors… en plus d’avoir été à l’Ecole (la vraie, l’ENA)… Non, vraiment, on peut faire pire… Regardez l’autre ! Il commença finalement sa carrière en briseur de grève pendant ses études, pour planter un couteau dans l’dos de son leader, avant de revenir, la queue entre les jambes, pipolisé au botox, nous la mettre à l’envers…
    Ce débat aura au moins remis cela en place… Désormais, l’échéance électorale de juin nous invite à ne pas laisser toutes les cartes à Hollande… car s’il a su jouer au poker menteur jusqu’ici, pas sûr qu’il ait tous les atouts dans son jeu pour faire Belote, rebelote et dix de der…
    A suivre

    Commentaire par BaRT — 04/05/2012 @ 14:07

  26. Oh la, Aliocha, je ne vous reconnais pas dans vos deux derniers billets. Vous qui êtes habituellement si mesurée et pondérée, voilà que vous exprimez une très mauvaise humeur, pour ne pas dire de la colère.

    Vous regrettez ainsi le débat qui vous est apparu comme un « grossier pugilat ». Pouvait-il en être autrement compte tenu de tout ce qui s’était passé auparavant ? Le débat « à la loyale » que vous appeliez de vos vœux a bien eu lieu, mais la veille dans « Ce soir ou jamais » sur France 3, entre Régis Debray et Henri Guaino. On a bien alors vu deux contradicteurs qui se respectaient, s’écoutaient et se répondaient, ne craignant pas non plus de se dire d’accord sur certains points. Mais Debray et Guaino sont des intellectuels. Ils réfléchissent et expriment des idées, ils n’ont pas de programme à présenter, ni de bilan à défendre (même si, en sa qualité de « conseiller spécial du président de la République », Guaino pouvait être considéré comme un peu plus impliqué que Debray).

    Pour ma part, le « vrai » débat ne m’a pas déçu, dans la mesure où je n’en attendais pas plus que ce qu’il a donné. L’étonnant aurait été, en réalité, qu’il nous apprenne quelque chose sur les programmes ou sur les hommes que nous ne connaissions pas. Hollande est candidat depuis un an et Sarkozy président depuis cinq. Ils ont eu, l’un et l’autre, l’occasion et le temps d’exposer leur programme et leurs idées. Les supputations d’avant débat ne pouvaient donc porter que sur la tournure que celui-ci prendrait, sachant que Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’il « exploserait » François Hollande.

    De fait, comme on le fait avec un match de foot ou de rugby de haut niveau, l’intéressant était d’étudier les tactiques des deux débatteurs et la façon dont chacun ajustait la sienne en fonction des faits et des incidents. Après coup, si Hollande peut être considéré comme le vainqueur, c’est sans doute parce qu’il a été un meilleur tacticien et a mieux su s’adapter aux événements. Le fait, par exemple, d’être toujours le premier (à l’exception d’une fois) à commencer sur un sujet a été pour lui un sacré avantage, puisqu’il contraignait à Sarkozy à contrer ses arguments. Cet avantage est apparu, me semble-t-il, très vite. J’ai pensé alors qu’à l’instar des joueurs de tennis qui lâchent un jeu pour débuter le set suivant avec le service, Sarkozy ferait en sorte de conduire le débat et non de le suivre. Cela n’a pas été le cas. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il laissé Hollande dérouler son « Moi, président de la République… » sans intervenir ? Je n’ai pas la réponse.

    Vous savez, Aliocha, les seules campagnes présidentielles où les candidats avaient réellement deux visions et deux projets totalement différents à présenter ont été celles de 1974 et de 1981 entre Giscard et Mitterrand. Je me souviens que les débats avaient très durs, pas moins que celui de mercredi dernier. A ceci près que les débatteurs étaient cultivés et polis. Autres temps, autres mœurs…

    Commentaire par Gari — 05/05/2012 @ 13:27

  27. @Gari : j’ai le sentiment que les deux candidats ont été formatés politiquement à une époque où le clivage droite/gauche avait un sens. Or, il n’en a plus. L’Europe, la mondialisation, les questions écologiques, tout ceci a bougé les cartes. Sarkozy l’a mieux compris que Hollande mais il s’est fourvoyé en pratique. Quant à Hollande, il n’a donc rien d’autre à proposer que le clonage mitterrandien ? On va patauger longtemps comme ça dans la nostalgie du générique de l’Ile aux enfants, des téléphones à cadrans et des billets de banque à l’effigie de Blaise Pascal ? J’ai vu le débat Guaino/Debray, et j’ai trouvé justement que la séparation entre les deux était floue et à certains moments purement artificielle. D’ailleurs Debray était bien en peine d’en donner une définition qui dépasse l’analyse de café du commerce. L’opposition autorité/liberté par exemple est absurde, en particulier si on la plaque sur le débat du lendemain où Hollande tenait précisément le rôle de l’autorité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/05/2012 @ 15:14

  28. Aliocha, je ne suis pas d’accord avec vous !

    Votre analyse sous-entend que vous attendiez un affrontement violent, que dis-je, à un crêpage post-présidentiel en règle. Certes, bien des sujets importants n’ont pas été abordés mais un face à face devant des millions de français n’est pas le lieu le plus adapté pour développer les sujets pointus et les développer de façon technique et détaillée sur fond d’engueulades colorées.

    Maintenant, c’est vrai que l’exercice de confronter 2 finalistes à la plus haute fonction de l’état n’est pas simple : le dosage entre un débat de bonne profondeur et un combat de bonne tenue est une alchimie complexe et délicate.
    C’est comme si vous demandiez à 2 catcheurs de faire un vrai combat physique tout en débattant des plus grands courants de pensée philosophique.

    Mince… en écrivant cela je me dis qu’un tel combat serait finalement passionnant. 😉

    Commentaire par Oeil-du-sage — 05/05/2012 @ 15:28

  29. Bonjour Aliocha,

    Véritablement surpris que vous ayez trouvé cette campagne nulle. Non, vrai, je m’étonne. Vous devriez donc apprécier ceci: « …Ce que nous voulons pointer, c’est le fait que l’efficacité du discours névrotique au niveau social, au niveau des interrelations ne garantit pas l’adaptation au monde réel, au contraire. Plus une société est prise dans sa névrose, ou ses névroses, et plus elle est inadaptée. La névrose de la solidarité, celle de l’égalité, ne garantit pas l’adaptation du groupe aux conditions extérieures, son progrès ; elle garantit en revanche des relations confortables, harmonieuses, au sein de ce groupe… La névrose se moque des catégories que sont la fausseté, le mensonge, le travestissement ; elle ne s’alimente que du refus des limites, refus de la privation ; elle s’alimente de la volonté de continuer à jouir, à éviter l’angoisse. Le problème de la névrose, c’est la réconciliation avec la réalité. La névrose ne garantit pas la meilleure adaptation, ni même la survie… » (http://leblogalupus.com/2012/05/03/les-cles-pour-comprendre-de-lire-le-debat-ou-le-debat-des-delires-par-bruno-bertez/).

    Sinon, pour sourire un peu: « Nicolas Sarkozy, Queen Elizabeth, et Barak Obama meurent en même temps et se retrouvent en enfer.A leur arrivée, ils repèrent un téléphone rouge et immédiatement demandent quelle en est l’utilité.Le diable leur dit qu’il peut être utilisé pour appeler la terre dans des circonstances exceptionnelles.Considérant tous les trois que les circonstances sont exceptionnelles car ils n’ont pas eu le temps de régler tous leurs problèmes, ils décident de demander s’ils peuvent s’en servir.Obama demande donc d’appeler les Etats-Unis, il parle pendant 5 minutes et le diable lui dit qu’il lui doit 1 million de dollars. Obama fait un chèque. La Reine Elisabeth demande donc à son tour d’appeler l’Angleterre. Elle parle pendant 20 minutes et le diable lui demande 6 millions de livres. Elle paye.Nicolas Sarkozy à son tour prend le téléphone, appelle la France et parle pendant 4 heures. A la fin de l’appel le diable lui dit qu’il doit 5 euros.Quand Obama entend cela il rentre dans une rage épouvantable et demande au diable pour quelle raison Sarkozy est il traité de manière préférentielle.Le diable sourit et lui dit que depuis que François Hollande est devenu président, la France est devenue un enfer et que c’est donc un appel local. »

    Bon week-end.

    Commentaire par H. — 05/05/2012 @ 15:31

  30. Sarkozy a placé cette campagne dans le registre de l’agression et de l’insulte (de la gauche, de sa culture, de son histoire, de ses traditions, de la culture ouvrière), de la mise en cause des institutions républicaines, (mise en cause des corps intermédiaires et de toute représentation), culte du chef, démagogie, pilonnage des étrangers, attaques des medias et des journalistes, de toutes les catégories de la population divisées, dressées les unes contre les autres , suivant son conseiller d’extrême-droite le bien connu Buisson, de sorte qu’il s’est attiré réponses critiques et désapprobations.

    Vous ne vous représentez pas la violence que constituent ses attaques pour les gens de gauche. C’est la négation de leur histoire, de leurs luttes, de leurs droits. Cela a été si loin qu’il s’est attiré la désapprobation, discrète, de la droite républicaine qui lui est liée, et cinglante, du centre indépendant de l’UMP.

    Cette violence de la campagne, et cette bassesse où il a multiplié les coups bas envers Hollande toujours très digne, c’est lui qui les a imposée. Il est impossible d’imputer à la campagne ce niveau auquel l’a mis Sarkozy.

    Quant au virement à l’ extrême-droite, c’est grave pour qui n’est pas parmi ses admirateurs. Sa condamnation va bien au-delà de la gauche.

    Elle est avérée, et analysée pour ses références et ses parentés. C’est profond.
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/04/l-etat-d-exception-et-la-guerre-menee-par-nicolas-sarkozy_1696005_3232.html
    Et pour pas mal de gens, c’est loin d’être anodin et ça risque de laisser des traces.

    Commentaire par Schmilblick — 05/05/2012 @ 16:49

  31. @H le rappel de la névrose et de sa place en politique est bien vu.

    @Gari, d’accord pour l’observation de deux tactiques, c’était très intéressant à observer

    @BaRT Hollande sous-estimé, par Sarkozy compris. S’est-il laissé piéger par le mépris qu’il vouait à son adversaire?

    @ l’hypothèse de l’article : clones de Mitterrand et de De Gaulle ? ? ?

    Il faut avoir une imagination débordante pour trouver la moindre ressemblance entre Sarkozy et De Gaulle.
    Sarkozy avait l’insulte facile, il n’a fait que critiquer et polémiquer contre son adversaire et n’a rien présenté en guise d’idées et encore moins comme vision d’avenir. Il n’a cessé d’agiter le spectre des rouges, des musulmans, des étrangers et cherché à susciter la peur de tout et de tous en annonçant des catastrophes tout en creusant toujours des divisions entre les différentes catégories. Il a terminé par un appel aux électeurs du FN et non à tous les Français.
    Très peu président.
    Et tout le contraire de De Gaulle qui a réussi à faire surmonter au pays deux divisions considérables, de l’ordre de la guerre civile, soit la réconciliation après le régime de Vichy et la guerre, et les divisions conséquences de la guerre d’Algérie qui faillirent mener le pays à la guerre civile et donnèrent lieu à une tentative de coup d’Etat.
    De Gaulle le rassembleur, le grand artisan de l’unification et de la réconciliation de la nation sous un projet tourné vers l’avenir, est tout le contraire d’un Sarkozy qui emploie une rhétorique de guerre civile et recourt à des prophéties apocalyptiques..

    Hollande digne et convaincu de devoir redresser la République avec un projet pour l’Europe, ressemblait autant à un président qu’à un autre parmi ses prédécesseurs. Simplement il était plus présidentiel.

    Il me semble que l’opposition droite / gauche n’a jamais été aussi réelle et forte que lors de ces élections, alors qu’elle semblait avoir déserté depuis des décennies, depuis les divers régimes de cohabitation. Depuis le mandat de Sarkozy, on peut dire qu’elle a repris sens. Mais ce n’est plus la même gauche, ni la même droite.

    Les choses ont énormément changé, dans le monde, en Europe et en France. Seuls ceux qui votent FN et les retraités massivement UMP ne veulent ni ne peuvent l’admettre.

    Commentaire par Schmilblick — 05/05/2012 @ 18:28

  32. @ Schmilblick

    A titre personnel, je considère que la névrose touche autant la Droite que la Gauche dans ce pays. Les deux nient la réalité du monde et de la situation économique réelle de l’Europe et de notre pays: http://chevallier.biz/2012/05/e-crise-socialiste/#comments.
    En espérant que le mois de juin ne se réduise pas à ça: http://fboizard.blogspot.fr/2012/05/economie-francaise-vers-un-brutal.html .

    Bon week-end

    Commentaire par H. — 05/05/2012 @ 18:36

  33. @Schmilblick : je n’ai pas dit que Nicolas Sarkozy ressemblait à De Gaulle, mais qu’il revendiquait une filiation à grands coups de citations. De la même façon que Hollande revendique une filiation avec Mitterrand en jouant les sphinx et en adoptant son comportement. Rien que cela, ça fait flipper. Ils n’ont rien d’autre à proposer ? Quant à la distinction droite/gauche, elle est idéologique, épidermique, émotionnelle, caractérielle, mais dans les faits ? Vous savez, les faits, la réalité, ce drôle de truc qui généralement peine à se plier aux idées ? Dans les faits, elle n’a plus de sens, et tout le monde le sait. Il n’en reste que des traces culturelles, largement irrationnelles. Tant mieux si ça fait plaisir, mais il me semble qu’on a autre chose à faire en ce moment que de se faire plaisir, non ? Ou bien il faut se résoudre à l’idée que, selon les analyses de Philippe Muray, nous avons définitivement sombré dans la société du divertissement…Et vive l’homo festivus !

    @H : je trouve votre auteur abscons, mais je suis d’accord sur l’existence de névrose. A ceci près qu’il me semble y avoir confusion entre le névrosé, dont j’avais cru comprendre qu’il était pas définition résigné et le pervers, figure de la transgression au nom de son propre plaisir…mais nous sommes loin ici de mes spécialités. Je crois que c’est ce qu’explique à peu près Dany-Robert Dufour dans Le divin marché. Pour lui, nous entrons dans une société de la perversion, au nom d’un libéralisme qui rapproche Mandeville de Sade. Mais encore une fois sous toutes réserves, j’aborde là des terres qui ne me sont pas familières.

    @OdS : les exigences de la communication (faire simple, adopter la bonne posture, draguer l’électeur de base) ont tué depuis longtemps l’intelligence. Je ne cherchais pas un débat violent, pas mon genre, j’espérais un débat musclé, pas cette dispute de cour de récréation entre deux hommes qui franchement n’en ont plus l’âge….

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/05/2012 @ 20:27

  34. C’est hors sujet… mais je profite de cette tribune pour tirer mon chapeau à Elyse Lucet pour son émission d’hier soir, vendredi 4 mai, Cash-Investigation sur le Green-Washing.

    Autant j’ai du mal quand je la vois au journal télévisé du 13h passer en une demie seconde du regard sombre de l’information dramatique au grand sourire de blonde benête qui va avec l’information légère qui suit, autant lorsqu’elle commence à cuisiner les financiers, pdg, industriels et autres dirigeants, elle est incroyablement efficace et déterminée.
    Pour le coup, quand elle interviewe avec son jolie sourire de blonde faussement naïve, on imagine pas qu’elle va se transformer en pitbull du journalisme !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 05/05/2012 @ 20:43

  35. @OdS : c’est un tournant capital cette émission. D’après ce que j’ai cru comprendre, elle rompt avec la confiance accordée jusqu’ici à la parole des entreprises. Il y a sans doute une part de teasing dans cette pétition de principe, j’entends par là de volonté de « vendre » l’émission et d’en faire comprendre les enjeux, mais c’est dans la droite ligne de ce que j’essaie ici de décrire sur la prise de conscience par les journalistes des ravages de la com’ et de la nécessité de s’en émanciper, mieux, de considérer par principe qu’on nous enfume. A mon avis Elie Lucet ne découvre pas le truc maintenant, mais il semble qu’elle formalise le combat qu’il convient de mener. Le précédent sujet – que je n’ai pas vu – sur la manière dont les labos fabriquent des maladies pour vendre des médicaments n’était pas neuf, il me semble avoir lu un papier du Monde il y a quelques mois là-dessus, mais tant mieux si cette guerre s’engage sur plusieurs fronts. Il me semble qu’on passe de la dénonciation épisodique de mensonges ponctuels à la prise de conscience que la com’ est un habillage généralisé de la réalité. Victoire !

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/05/2012 @ 20:56

  36. Aliocha pas contente.

    Commentaire par Fred — 06/05/2012 @ 12:19

  37. j’ai vu votre billet grâce à my little discoveries et j’avoue que je ne partage pas votre point de vue…
    toutes les campagnes présidentielles ont été marquées par une vraie violence verbale et un combat de coq, et si celle ne déroge pas à cette règle, elle n’est pas moins digne que les autres, sauf peut etre dans le fond de discours d’un des deux partis majoritaires…
    quant au débat, à chaque fois, il est dénigré mais très sincèrement cette année, il faut de bien meilleure tenue que les précédentes fois : à la fois un peu technique et s’intèressant à pas mal de questions de fond, il ne fut pas avare en phrase choc et de petites tensions de part et d’autres pour que le (télé)spectateur tienne le coup lorsque les argumentaires devenaient trop abstraites pour le commun des mortels…ne nous voilons pas la face: qu’on le veuille ou non, c’est la loi du genre : ce type de débat n’est jugé qu’à l’aune des phrases choc et des tirades à la « moi président de la république », certainement un peu théâtrale sur la forme mais qui m’a personnellement totalement scotché par l’audace du truc… et je dois reconnaitre aussi, même si ca me fait mal à la gueule que Sarkozy était également dans son élèment, cherchant avec déléctation la faille comme un boxeur.qui n’a plus grand chose à perdre..
    sans doute que ce genre de débat plait plus aux mecs qu’aux filles, justement à cause de cet esprit de « mise à mort » sous jacent mais personnellement, j’entends tellement de discours qui dénigrent l’esprit de cette campagne, comme à chaque fois d’ailleurs que j’ai eu envie d’y mettre un bémol…
    bon après midi à vous…et attendons donc avec impatience les débats d’après 20H…

    Commentaire par filou49 — 06/05/2012 @ 14:08

  38. @filou 49 : on peut aussi aimer les combats de catch dans la boue….je ne critique pas, simplement, ce n’est pas mon truc.

    @tous : Arte diffuse ce soir Le Président…quel choix judicieux ! « Je ferais un président pas plus mal qu’un autre », confie Blier à Gabin à la fin du film et Gabin de rétorquer « vous avez plus d’ambition pour vous que pour votre pays. Quand on a cette ambition là, on ouvre un bazar, on ne dirige pas une nation ! ». Et c’était exactement observé…

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/05/2012 @ 14:23

  39. @Aliocha 33

    ce que vous appelez réalité est votre vision de la réalité.
    Si l’on prend en compte les discours et les intentions, sur les impôts et la redistribution, sur l’Europe, sur l’intervention dans l’économie, sur la justice et son indépendance, sur les medias, sur l’école, sur les lignes directrices de la politique sociale et bien sûr, sur la manière de concevoir la présence des étrangers et la diversité en France, sur la police et sur la sécurité, on a deux visions non seulement distinctes mais opposées.

    Pour l’instant, il n’y a que l’extrême-droite et l’extrême-gauche qui osent la thèse radicale , tous pareils, gauche ou droite.

    Si encore on avait une droite républicaine et sociale sortante, de type gaulliste, on pourrait dire que la marge d’action étant étroite, les deux pôles se rapprochent. Et encore … Mais avec le tournant à l’extrême-droite qu’a imposé Sarkozy à la droite, c’est impossible.
    Du reste, vu ce qu’a fait et dit Sarkozy, nombre des responsables de la droite aujourd’hui, y compris parmi les ministres et les « têtes » de l’UMP, ne souhaitent ardemment qu’une seule chose, sa sortie, et s’en débarrasser définitivement. Et surtout l’empêcher de revenir si jamais. Ce qui sera sans doute réalisé dans quelques heures, car il y a une logique dans les choses.

    Le rejet de Sarkozy et le souhait de le voir disparaître de la scène politique, n’est pas un fantasme, c’est une réalité.
    Sentiment populaire, gauche, extrême-gauche, Verts, Centre, responsables UMP, extrême-droite, tous veulent le voir disparaître.
    En Europe, ça y ressemble aussi.
    Et pour cause.

    Non plus que son orientation à l’extrême-droite n’est un fantasme, il a appliqué la ligne de Buisson. Et ça c’est le réel de Sarkozy, sa vérité.

    Commentaire par Schmilblick — 06/05/2012 @ 18:11

  40. @Scmilblick : « discours », « intentions », « visions », c’est votre vocabulaire et vous voyez bien qu’il renvoie à du virtuel. Si je vous annonce que je vais vous donner 1000 euros, c’est réel ou virtuel ? Vous les avez dans les mains, ou vous ne détenez qu’une promesse, autrement dit une poignée de sable ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/05/2012 @ 11:51


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