La Plume d'Aliocha

27/04/2012

Petite méditation sur la fin du dialogue

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 16:46
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Etrange numéro de Des paroles et des actes, hier soir, sur France 2.

L’émission a reçu successivement les deux candidats. D’abord François Hollande, ainsi en avait décidé le tirage au sort, et puis Nicolas Sarkozy. Les deux hommes se sont croisés, mais sans débattre. Il m’a fallu un certain temps pour analyser le curieux malaise que j’ai ressenti en regardant l’émission. Cette impression de loupé, de mise en scène, de sinistre vaudeville. Il y aurait eu une émission par candidat, cela aurait été logique, mais ce ballet de l’évitement, face à des journalistes décidés à faire comme si tout était normal…Quel scénario bizarre. Evidemment, la solution la plus simple consiste toujours à lancer sa pantoufle – ou sa paire de Louboutin, c’est selon – contre le téléviseur en maugréant. Mais si l’on considère, comme c’est mon cas, que les médias ne sont jamais que le reflet de la société dont ils émanent, alors on peut s’arrêter un instant pour méditer sur cet exercice télévisuel inédit.

Il m’a rappelé l’étonnement sans cesse renouvelé que je ressens dans le métro quand j’observe presque chaque passager plongé sur l’écran de son téléphone, indifférent au monde extérieur,  tout entier absorbé par un ailleurs virtuel plus prometteur. Le même étonnement me saisit lorsqu’une discussion s’interrompt sous prétexte de téléphoner, ou pire encore, de twitter. Urgence de la nouveauté, impérieuse nécessité d’un public, asservissement pavlovien à la communication parée de tous les charmes de l’innovation technologique. En l’espèce, le téléphone n’est que l’extension mobile d’une nouvelle façon de communiquer née du web où le dialogue compte moins que l’expression individuelle face à un public plus ou moins large d’inconnus. C’est le cas des blogs, de Twitter, des forums. Sauf erreur, il me semble qu’avant Internet la majorité d’entre nous dialoguait quand quelques individus, politiques, journalistes, artistes, s’adressaient à un public. Aujourd’hui, tout un chacun semble invité à quitter le registre du dialogue réel pour celui du monologue virtuel.

Faut-il être surpris que les politiques fassent de même ? On m’objectera qu’à défaut de débattre ensemble, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont dû dialoguer avec les journalistes. Hélas, je n’ai pas entendu de discussion hier soir, mais des candidats qui prenaient appui sur les questions pour soliloquer, quand ils ne les éludaient pas tout simplement. C’est tout juste si l’idée même de question ne leur apparaissait pas comme une forme d’outrage. La question, le dialogue, l’altérité, ces obstacles insupportables au rapport direct entre un individu et son public…Et que dire du debriefing journalistique organisé en fin d’émission ? A peine les candidats ont-ils quitté le plateau qu’on décortique leur intervention. Là encore, le rapport direct à l’autre se trouve remplacé par un discours sur l’autre en direction d’un public. Au risque de passer pour le dinosaure quadragénaire que je suis, je dois bien avouer que tout ceci me laisse pour le moins sceptique. Il me vient à l’esprit des mots surannés comme « loyauté », « élégance », « politesse ». Drôle d’époque, en vérité.

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35 commentaires »

  1. Avec toutes les guillemets nécessaires, ne serait-ce pas une amorce, un début de mouvement de balancier, vers une forme plus ‘dépersonnalisée’ de la politique? Les candidats ne ‘joutent’ pas l’un contre l’autre, les questions sont à peine un cadre et en fait, ils exposent leur thèse. C’est de la télé qui fait du commentaire comparé de texte! Pourquoi pas après tout. Les programmes ne sont pas lu par la majorité du public, donc ce type d’émission propose une synthèse.
    Pour la pyrotechnie, les effets de manche, le combat, il y aura le « débat ». C’est une forme comme une autre d’introduction, de mise en perspective.

    Commentaire par Kaeldric — 27/04/2012 @ 17:07

  2. Comme je vous comprends . J’écris mais je ne dialogue pas avec vous . Dommage.

    Commentaire par Sarah Wasilewski — 27/04/2012 @ 17:25

  3. @Kaeldric : je ne critique pas l’émission, elle a sans doute son utilité, j’observe juste qu’on évolue du dialogue vers le monologue. Or, il me semble que cela révèle une tendance générale à la polyphonie, tout le monde s’exprime, personne ne s’écoute 😉 Quant au combat que vous évoquez, je ne songeais pas au spectacle mais à une certaine idée de loyauté attachée au face à face, à égalité des armes. Bref, des concepts très dépassés…

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/04/2012 @ 17:45

  4. Billet plein de sagesse, que je plussoie.
    Le débat politique n’en est plus un. Le débat est censé avoir pour objectif de rechercher les points d’accord, et de désaccord, et de comprendre comment, en effet, il peut y avoir différents points de vue concernant un problème.
    Ayant habité pendant 10 ans près de la Suisse, j’ai beaucoup écouter des émissions politiques sur TSR. Et bien figurez-vous que les Suisses se parlent, et débattent vraiment.
    Là-bas, en général, chaque intervention d’un contradicteur commence par « vous avez raison, et sur tel et tel point nous sommes d’accord (sans ou avec les nuances que voici) ».
    C’est la base du dialogue.
    Vous avez raison : un dialogue n’est pas une succession de monologues.

    Vous estimez que ce serait un phénomène récent. Sur ce point, je ne vous suis pas : du haut de mes 56 ans, j’ai toujours déploré cette tendance qui est une constante du débat politique français.

    Commentaire par Ginkgo — 27/04/2012 @ 17:46

  5. Si je vous réponds sur ce blog, et que vous répondez à mon commentaire, ne pouvons-nous pas établir un dialogue ? Qu’il soit au travers d’un écran ne le rend pas moins réel, du moins si nous l’abordons tous deux avec le sincère désir d’échanger, d’apprendre quelque chose, en respectant un minimum de civilité et d’honnêteté intellectuelle. Non ?

    Commentaire par gwynfrid — 27/04/2012 @ 18:00

  6. Il me semble qu’une des bases du media training est que l’on doit marteler un petit ensemble d’idées fortes, indépendamment de la question posée. Il s’agit donc de ne pas franchement répondre å la question et de dire ce que l’on a envie que les téléspectateurs retiennent.

    Petite remarque : il me semble que Georges Marchais était en son temps célèbre pour des tirades n’ayant pas grand rapport avec la question posée. Le phénomène que vous dénoncez est-il si nouveau ?

    Commentaire par DM — 27/04/2012 @ 18:12

  7. Il y a là deux « non confrontations » de nature différentes: celle entre candidat et celle candidat/journaliste.
    Pour des raisons historiques, culturelles, la France est un pays avec un pouvoir central fort et qui décide seul. L’opposition est là pour faire du bruit en attendant de prendre le pouvoir à son tour. Les candidats s’affrontent donc. Ils n’ont aucune raison de dialoguer, chercher des points d’accord, ils se combattent, et malheur au vaincu. Ce combat aura bien lieu dans quelques jours. On peut discuter à l’infini sur sa réelle influence, mais il aura lieu. Pour des raisons strictement tactiques, l’un des candidats voudrait davantage de confrontations et par symétrie l’autre moins.
    Ce qui est ‘nouveau’, c’est l’évitement politique/journaliste. Honnêtement, je ne suis pas certains que les conversations au coin du feu, empreinte de bonhommie, type Balladur/Duhamel me manque tant que ça. Dans les faits, les politiques vendent leur discours sans se préoccuper des questions posées. L’exemple de Marchais montre que c’est loin d’être nouveau. Seulement comment réagir? Les journalistes français ne pratiquant pas/peu le droit de suite, il fallait qu’il s’adaptent. Ils nous proposent donc une solution de type ‘debriefing’. Je ne suis pas convaincu que ce soit viable à moyen terme. Rien n’empêche le téléspectateur d’éteindre après l’interview. De plus, les commentateurs s’enferment dans ce rôle de professeur (nous avons vus ensemble, mais nous, nous allons vous expliquer) qui les isole et les éloigne de leurs auditeurs.
    Il serait temps que les journalistes reprennent un peu l’initiative. Ne pas changer de sujet tant que l’on a pas la réponse, solidarité avec les collègues et persistance… A supposer qu’une telle évolution se mette en place, ça ne peut pas être au milieu d’une élection.

    Commentaire par kaeldric — 27/04/2012 @ 18:41

  8. @Gingko : merci pour l’information. En réalité, je crois que nous sommes en effet un peuple de polémiqueurs. Je livre ici des impressions, un malaise et l’ébauche d’un début d’analyse, sans assurance aucune d’être dans le vrai. Comme toujours, ce qui me plait, c’est de lancer un débat 😉 cela étant, il me semble que l’influence des nouvelles technologies peut avoir un effet aggravateur, à tout le moins…

    @DM : je suppose que ledit phénomène est aussi ancien que l’expression en public 😉 mais j’ai tendance à croire qu’il se généralise, notamment sous l’effet de mon amie la com’…

    @Gwynfrid et Sarah : oui, en effet, d’autres formes de dialogue surgissent. Etranges au demeurant. Car à l’origine il y a une blogueuse qui lance un message dans le vide et obtient une réponse d’interlocuteurs qu’elle ne connait pas. Ce n’est pas très éloigné du travail journalistique en soi d’écrire en direction d’un public inconnu, ce qui est plus nouveau, c’est d’avoir des réactions d’inconnus et ensuite d’attacher de l’intérêt à ces discussions virtuelles. En réalité, mon billet mélange beaucoup de choses, c’est pourquoi je l’ai titré méditation, les nouvelles technologies et les nouvelles formes de communication, la tentation populiste des candidats (je m’adresse directement au peuple sans passer par des intermédiaires), la réduction du rôle des journalistes. L’idée c’est d’essayer de trouver un fil conducteur à tout cela, et celui que je propose, c’est la substitution partielle du discours virtuel en direction d’un public au dialogue réel avec une personne identifiée. Maintenant, ça vaut ce que ça vaut…

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/04/2012 @ 18:48

  9. Bonjour.
    Ce qui est intéressant, en fait, c’est que chacun aujourd’hui peut partager plus ou moins son opinion, sa « science politique ».
    Avec plus ou moins de clarté, plus ou moins de chance.
    Mais chacun aujourd’hui à la possibilité de s’exprimer s’il sais séduire son public (on n’est plus très loin de la place d’Athènes ou celui qui savait parler le mieux était élu).

    Un nouveau pouvoir ? Celui de la communication individualisée ?

    Je suis accroché à mon portable , à mon ordinateur, mais je peux aussi mener une conversation. L’immédiateté à son charme, al réflexion en est un autre; c’est celui que bous nous propsez avec bonheur.

    Commentaire par Delferrière — 27/04/2012 @ 19:26

  10. Je suis assez d’accord avec l’article, bien que n’ayant pas vu l’émission… Mais j’en ai vu tellement d’autres où ça se passe comme ça !…

    La foire d’empoigne, je n’en ai jamais raffolé, les engueulades sur le plateau de Polak en son temps me mettaient mal à l’aise… Cela dit, cela avait aussi le mérite de voir en direct les réactions des uns et des autres… On a aussi beaucoup critiqué Marchais, alors qu’il osait dire ce qu’il pensait sans ambages, dans un langage fleuri et imagé (un peu comme le fait Mélanchon à présent), et dans un BON français, contrairement à ce que quelques comiques ont bien voulu nous faire croire…

    A présent, on est dans un simulacre de débat, pas de débat, faux-débat. Chacun dans sa bulle… chacun devant son écran, devant son clavier, le téléphone à la main. Et surtout, pas de vagues… Le tout bien aseptisé…

    Malgré tout ça, je reste convaincue que de tels débats ne peuvent faire avancer que les indécis (si si, il y en a encore, il paraît !…). Les autres camperont sur leur opinion.

    Commentaire par HAYDN Nelly — 27/04/2012 @ 20:30

  11. @aliocha: Connaissez-vous Jared Diamond? Il a écrit notamment _Guns, germs and steel_ et _Collapse_, deux ouvrages particulièrement intéressants sur l’évolution des civilisations humaines. Je l’ai vu dans une série d’émissions télévisées où il explique ses théories, et j’ai trouvé sa prestation très décevante par rapport à ses ouvrages : il martelait toujours les mêmes idées.

    Je me demande si cela ne fait pas partie du media training (oui, la com’) : le téléspectateur (contrairement au lecteur d’essais intellectuels) a du mal à comprendre, il faut lui répéter toujours les quelques mêmes idées.

    Notez que dans l’enseignement aussi, on recommande : pas plus d’une nouvelle idée par cours.

    Commentaire par DM — 27/04/2012 @ 21:23

  12. Je suis un poil plus jeune que vous, mais pas assez pour être né dans les réseaux sociaux. Mon avis donc sur cette préférence au dialogue virtuel:
    le refus ou la difficulté de discuter face à face avec les gens que l’on rencontre physiquement ne date pas du numérique, mais d’avant. j’ai vécu, venant de province, la fermeture progressive des immeubles par les interphones puis digicodes (qui participent pour moi du même phénomène de fermeture). Ainsi au collège, je pouvais encore déposer des mots dans les boites aux lettres de mes potes sans sonner ni taper un code. C’est devenu totalement impossible 5 ans plus tard.
    Dans la même période, ce qui était (au départ) sujet de blague sur les parisiens, à savoir l’aspect zombifié de l’usager de métro, était devenu de plus en plus habituel dans ma ville moyenne de province. Là où aborder quelqu’un était faisable, 5 ou 6 ans plus tard, c’était devenu plus difficile, car mal considéré.

    L’arrivée d’internet ou du portable par contre a rendu un peu de cette liberté: on aborde des inconnus de façon moins risquée, via internet, protégé par l’écran, avant éventuellement de le faire « IRL ». Internet rend, à mon avis, une liberté de rencontre qui a disparue dans le quotidien. Si je vous aborde en ville, au musée ou à la sortie d’un ciné, vous avez toutes les chances de m’envoyer bouler. Tandis que la conversation virtuelle permet de montrer patte blanche, et éventuellement de déboucher sur une discussion dans un café si l’occasion se présente.

    Je suis donc moins pessimiste que vous sur le cas général.

    Concernant Hollande et Sarkozy, j’avoue que le comportement de l’encore président au cours de la campagne aurait plutôt tendance à me dissuader de toute tentative de discussion. La même chose vaut pour ses soutiens, y compris la cellule « riposte internet » qui pollue régulièrement les blogs et forums de sa logorrhée.

    Commentaire par javi — 27/04/2012 @ 23:21

  13. Bonjour maîtresse,

    deux choses me font bondir :
    – dédouaner la presse pour sa médiocrité parce que « c’est la faute au public » : depuis 30 ans la presse est devenu une machine de propagande au mains des « nantis » libéraux qui défendent leur soupe. On a le public (ou pas) que l’on mérite. point. Voyez plutôt le contenu de la presse (tout médias : écrit; radio, télé) comme ce qu’accepte d’imprimer les proprios des canards et non comme ce que demande le public.

    – ce que vous voyez comme une fuite en avant des gens sur leurs merdes électroniques, comme une « désocialisation », est en fait une hyper-socialisation mais en groupe d’intérêts. Si je lis votre blog, plutôt que de discuter avec mon voisin d’en face dans le bus, c’est que je considère (à tord ou a raison) que je partage plus de choses avec vous qu’avec lui. On est bien dans le __partage__ pas dans le refus de contact.
    Avant, vous n’aviez pas ces moyens de multiplier les contacts, vous faisiez avec ce que la providence vous proposait : votre voisin, votre collègue de bureau, votre vis à vis dans le métro etc…. Maintenant avec les nouvelles technologies vous pouvez vous transporter ou vous voulez dans des salons au 4 coins du globe, des salons qui parlent de vos centre d’intérêts : la collection des boites à pizza ou les livres post-romantiques dans la hongrie décadente, pourquoi parler avec votre voisin de bus ?

    Vous hiérarchisez vos contacts et vous faites vos choix. C’est un autre mode de communication, qui n’est ni inférieur, ni supérieur, juste différent. Et dans l’absolu pas idiot. Le net à fournit la connaissance à la « masse », ce que la « presse » n’a jamais cherché à faire. Quel journal sérieux à parlé d’autre forme de sufrage que le uninominal à 2 tours ? quel magazine à parlé du système de condorcet ? (il y a plus d’un an). Petit à petit d’autres habitudes ont été prises.

    Or n’est ce pas son rôle à la presse d’amener savoir et réflexion ? paf pastèque. Les gens ont changé de mode de communication : du pair à pair, sans organe censeur entre eux. Maintenant le pianotisme extrême est peut être une maladie, mais le légumisme télévisuel aussi et de deux maux je préfère le moindre.

    🙂

    Commentaire par herve_02 — 28/04/2012 @ 01:16

  14. Pour que un tel débat se déroule d’une manière aussi étrange, il faut poser la question aux organisateurs: 1) le responsable la chaine de télévision, 2) Sarkozy 3) Hollande.
    Ce sont eux qui ont décidé sur le format du débat, démontrant que les affrontassions débordent les civilités politiques correctes (political correctness) très utilisées dans les hauts lieux du pouvoir. Face à face c’est le sourire et les mots très choisis, et des que le dos se présente on poignarde ! Talleyrand fut très alaise dans cette matière
    Une vue d’outre Atlantique

    Commentaire par Richard Fitoussi — 28/04/2012 @ 02:31

  15. Bonsoir, ça me plait bien ce que dit herve_02, c’est un peu optimiste. L’émission Des paroles et des actes est une sombre indignité télévisuelle. Honte sur France Télévision. D’ailleurs c’est tellement mauvais qu’effectivement et depuis le début, les candidats se lâchent, brocardent et étrillent allègrement les journalistes qui ne pipent mot. Mais en sont-ce encore, à accepter de participer à une bouse pareille où les candidats viennent faire leur numéro ? Constant sourire idiot de Namias. Ricanements et franchouillardise vulgaire, mais érudite, de F.O.G. Navrant ! Alors oui, cela me coûte d’assister à ça, de constater que c’est ça l’information politique du grand public. Les rapports sont tellement serviles entre journalistes tv et politiques que je ne regarderais pas LE débat dont je pressens qu’il s’agira d’un spectacle de foire qui sera diffusé dans tous les bistrots comme un match O.M.- PSG. Le débat serait en public au Stade de France, ce serait encore mieux.

    Commentaire par Massilian — 28/04/2012 @ 03:54

  16. @herve_02: Il y a 10 ans, _Pour la Science_ sortait tout un dossier sur les modes de scrutin. Voir aussi ici: http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/04/23/Le-jugement-majoritaire

    Je suis cependant d’accord qu’Internet notamment permet d’accéder à des informations qui, sinon, auraient exigé une recherche en bibliothèque universitaire (voire des demandes en prêt entre bibliothèques), car jugées pas assez « grand public » par la presse et les bibliothécaires municipaux.

    Commentaire par DM — 28/04/2012 @ 08:30

  17. DM

    oui pour la science, il y a 10 ans, c’est vrai que les modes de scrutins sont surtout une science mathématique et pas politique. lorsque je parle de presse, je parle des figaro, le monde, express, le point, la tribune, etc…..

    Parce que oui au fin fond du web des gens en parlent, mais nous parlons ici de la presse généraliste, celle qui nous bassine avec les sordides histoires de la france plus forte, la crise, les politiques économique de winner des fmi & co, des marronniers classiques sur les vieux, les médocs (mais pas pour expliquer que les labos nous entubent, faut pas réver), la grippe qui revient …. et pas le temps d’analyser l’implication du mode de scrutin sur les élections. Pas un seul journaliste politique pour réfléchir à cela ? ou alors ce sont de sombres crétins ou alors de sacré enfoirés, ou probablement les deux.

    Et je ne parle même pas de ceux qui considère que sorti de la peste ou du choléra, il n’y a que des non candidats : on devrait leur retirer leur carte de presse.

    Commentaire par herve_02 — 28/04/2012 @ 10:28

  18. @herve_02 : nous sommes d’accord, le fait que ça me chagrine relève de l’opinion et peut dépendre du temps qu’il fait, me concernant 😉 il n’en demeure pas moins que nous constatons les mêmes changements, non ?
    sur la presse, l’accélération se fait nécessairement au détriment de la qualité et au bénéfice du message choc, simple, racoleur, publicitaire. Avec en contrepoint l’extension de la connaissance via le web qui permet à chacun de compenser la vacuité du discours médiatique sur certains sujets…
    @kaeldric 7 : entièrement d’accord !
    @Javi : en effet, encore un effet compensateur du web
    @Richard Fitoussi : on dit que c’est Hollande qui a refusé plus d’un débat lors de l’entre-deux tour….parce que NS l’avait demandé. Querelle stratégique de terrain 😉 dont les journalistes se retrouvent les otages.
    @Massilian : n’exagérons pas, c’est irritant, discutable, mais pas entièrement mauvais. Simplement, on voit bien que malgré tous les efforts des journalistes pour reprendre du terrain sur les politiques, ceux-ci continuent de leur passer au-dessus de la tête avec succès.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/04/2012 @ 11:08

  19. @laplume « malgré tous les efforts des journalistes pour reprendre du terrain sur les politiques, ceux-ci continuent de leur passer au-dessus de la tête avec succès »

    ouais…. les journalistes avaient un revolver sur la tempe pour être obligé de faire ses simulacres d’émission, mais on le voyait pas c’était hors champ du direct. Peut être qu’une fuite du off d’une chaine télé va montrer les vrais images avec l’armée sur les plateaux et les journalistes en joue, obligés de faire ce qu’ils détestent : ces émissions de merde.

    Commentaire par herve_02 — 28/04/2012 @ 14:28

  20. @Hervé_02 : voilà quelques années que j’évoque régulièrement ici dans mon petit domaine un glissement des moeurs médiatiques des politiques. Quand Rachida Dati est arrivée à la Chancellerie, cela a marqué la fin des conférences de presse. Avant, (depuis 1995 pour ce que j’ai pu observer directement), chaque annonce de réforme, chaque budget, donnait lieu à une conférence de presse du ministre. Avec Dati, celles-ci ont disparu. C’est le directeur de communication, Guillaume Didier que les lecteurs d’Eolas connaissent bien, qui organisait une rencontre hebdomadaire informelle avec les journalistes tous les jeudis, de mémoire (je n’y ai assisté qu’une seule fois, l’enfumage, c’est pas mon truc). Pour autant, on n’a jamais vu aussi souvent un garde des sceaux dans les médias. Et pour cause, un déplacement dans un centre pénitentiaire fait 3 minutes au 20 heures, une interview à des journalistes choisis 3 pages dans un hebdo papier glacé. Mais de face à face avec les journalistes, point. De la même manière, on a multiplié ces dernières années les format « face aux français » où les journalistes disparaissent au profit de l’éleveur de chèvre ou du patron de bar tabac, les vraies gens posant de vraies questions. Sans compter les parodies d’interview du chef de l’Etat. De fait, le média devient un alibi, il n’est plus acteur mais objet. On récupère l’apparence du journalisme pour déguiser une opération de communication. Ce n’est pas uniquement le fait de la droite. Hollande n’a pas répondu aux questions jeudi. Alors on peut s’amuser à y voir le côté sphinx de Mitterrand, mais ça ne change rien au fait qu’il ne répond jamais aux questions. Et je passe sur la pantalonnade de DSK au 20heures suite à l’affaire du Sofitel. En clair, on se fait baiser. Pourquoi ? Parce qu’on n’a pas vu le coup venir, parce qu’on ne sait pas comment s’en sortir, parce que sans doute ça arrange la carrière de certaines figures de faire semblant de ne rien voir, parce qu’à force d’être désavoué par le public on a honte de nous-mêmes, parce que le système nous écrase, parce qu’il n’y a aucune solidarité entre les journalistes, parce que ça permet de céder à la facilité, parce qu’on imagine même pas pouvoir faire autrement…et je pourrais continuer comme ça durant des pages. De temps en temps, un type plus courageux et bosseur que les autres émerge, je pense à François Lenglet, et alors là c’est la curée parce qu’il déplait en raison de l’idéologie réelle ou supposée qui guide ses graphs’. Tant pis pour nous. Il ouvre une voie, et au lieu qu’on s’y engouffre et, à supposer qu’il soit libéral, que les beaux esprits de gauche arrivent avec leurs propres graphs’, ben non, on s’enferre dans des querelles idéologiques de bas étage. C’est tellement plus simple que de bosser…

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/04/2012 @ 14:48

  21. @herve_02: Ce que je disais plus haut, c’est que c’est extrêmement choquant pour bon nombre de personnes que l’on envisage un problème politique (le mode de scrutin) selon une approche mathématique (surtout qu’en plus les gens qui se pencheront sur ce type de sujets pourront être classés en économétrie ou en informatique). On vous dira que c’est un problème bien trop humain, psychologique et subtil, ou encore que les solutions proposées seront incompréhensibles pour l’électeur moyen…

    Et effectivement, ces sujets ne sont jamais couverts par les grands médias, ceux qui nous servent les marronniers sur les francs-maçons.

    Commentaire par DM — 28/04/2012 @ 16:35

  22. @Hervé_02
    On dit que…..qui es ce ON? La machine à ragot fournit par les « spinners »!
    Ici outre Atlantique nous avons un dicton: suivez le fric (follow the money)
    Le pouvoir médiatique réel est entre les mains des propriétaires de ces medias, donc tous journalistes doivent suivre l’idéologie du patron ou bien la porte sera grande ouverte, pour des raisons pécuniaires personnelles les journalistes n’ont aucun choix, et avec leurs éditeurs sont forces de nous mentir.
    Les questions sont revues par les patrons avant d’etre posées ainsi que les sujets choisis par la rédaction.
    La liberté de la presse s’érode très vite, et le marketing endorme les masses, donc l’apathie devient la norme
    Qu’en pensez-vous?

    Commentaire par Richard Fitoussi — 28/04/2012 @ 16:47

  23. @ Aliocha : pensez-vous réellement que les deux candidats nous en apprendront plus lors du débat de mercredi prochain que pendant tous leurs discours et interviews précédents ? Je ne le crois pas un instant et suis moins sévère que vous concernant les journalistes. Durant cette campagne, ils ont plutôt bien fait leur travail de questionnement, avec une pugnacité à laquelle on n’était pas forcément habitués. On ne peut pas reprocher à David Pujadas, par exemple, de ne pas avoir insisté avec sa question à François Hollande sur le « trop ou pas trop d’étrangers en France » (même si la question est parfaitement infâme, en relation directe avec la dérive droitière de cette campagne). Quant à Nicolas Sarkozy, on peut estimer qu’il a été plus « malmené » ces deux derniers mois que les 58 précédents. Il y a un an, Laurence Ferrari, de TF1, aurait-elle osé le questionner sur les déclarations du fils Kadafi ? Rien n’est moins sûr. Après, si les hommes politiques ne répondent pas ou à côté, c’est à nous téléspectateurs et électeurs de nous faire notre opinion.
    Vous revenez aussi sur Lenglet dont, décidément, vous êtes une vraie « fan ». Il est vrai que, comparé au tout venant des professionnels de la profession, ce journaliste détonne (et étonne) par sa connaissance des dossiers et des chiffres. C’est un bosseur, vous avez raison de le souligner et il est certainement très honnête. Néanmoins, que vous le vouliez ou non, les journalistes économiques ne sont pas des journalistes comme les autres. Ils ont tous le sentiment (ou, en tout cas, le donnent) qu’ils en savent plus que celles et ceux qu’ils interviewent et, surtout, qu’ils détiennent la vérité. Il y a une dizaine de jours, Calvi a fait un « C dans l’air » avec des journalistes étrangers, parmi lesquels la chef du bureau parisien de « The Economist » et elle disait tout net, sans prendre de gants, que les solutions proposées par Hollande lui paraissaient ineptes. Elle est donc ce qu’on peut appeler une journaliste d’opinion comme la quasi-totalité des journalistes dit « économiques ». De ceux-là, on ne lit pas beaucoup de résultats d’investigation dans les entreprises, encore moins dans les organismes chargés de diffuser des chiffres et des statistiques. Combien de journalistes économiques vérifient-ils les informations qu’on leur donne ? Quasiment aucun.

    Commentaire par Gari — 28/04/2012 @ 19:05

  24. @Gari : vous soulevez plein de questions passionnantes.
    Mon avis n’est pas forcément sévère sur les journalistes, il est aimant et quand on aime quelque chose ou quelqu’un, on veut le meilleur pour lui, me semble-t-il. Donc je m’inquiète de l’emprise de la com’, je trouve que nous gagnerions à renouer avec la mythologie du métier (les grands noms, type Albert Londres, Kessel), à défendre ses valeurs, bref, à la jouer fiers non pas de nous mais de ce qu’on incarne. Alors forcément, quand on se fait marcher dessus, ça m’attriste. Et plus généralement, ça m’inquiète parce que j’observe au jour le jour comment notre pouvoir décline. J’en parlais avec un de mes pairs il y a quelques mois qui m’a beaucoup choquée en me répondant que si, on avait encore le pouvoir de nuire. Sans doute, mais ce n’est pas ce pouvoir là qui est intéressant, au contraire, il me fait frémir, c’est celui d’informer, de rapporter des faits et d’obliger notamment les politiques à parler des faits et non pas à balancer leur soupe de propagande, en jouant sur leur ligne, leur coupe de cheveux, leur compagne et leur capacité de séduction. Tant pis pour le point Godwin, j’y vais quand même, on devrait faire gaffe à cette dérive, l’histoire nous a montré où elle pouvait nous mener. J’ai vu il y a quelques années une exposition remarquable à la maison européenne de la photographie sur l’agence VU qui, de mémoire, était une des premières agences photo au début du siècle. On y expliquait que les photographes de l’agence avaient été parmi les premiers à identifier le danger Hitler en photographiant ses défilés. Leur théâtralisation les avait interpelés. Il se peut que j’exagère, mais j’observe avec beaucoup de crainte la dérive actuelle vers une politique de mise en scène et de la séduction au détriment du fond. Dans tous les partis.

    Quant au journalisme économique, ce qui irrite à mon avis, c’est qu’il ne peut raisonner que de l’intérieur du système. Or, nous sommes à un moment où nous éprouvons à juste titre le besoin de challenger le système. Si j’apprécie Lenglet, c’est que je retrouve en lui ma culture, celle des faits et des chiffres par opposition aux idées absconses et aux déclarations d’intention. On peut très bien décider de faire péter le libéralisme, ça ne me dérange pas, mais si on veut faire cela, on n’a pas d’autre choix que de partir des faits. Sur la vérification, vous avez malheureusement raison, dans bien des cas, on ne vérifie pas. Mais la crise a eu ceci de bon que je ne suis pas la seule, loin de là, à avoir compris que la parole des acteurs économiques devait être challengée. Maintenant, en avons-nous la possibilité ? Sans doute, mais ce ne sera pas facile, parce qu’on va vite se retrouver dans des querelles d’experts, rien n’est jamais totalement vrai ou faux, tout est question de regard et d’analyse. Si on essaie comme moi de se garder également de l’idéologie qui apporte une réponse formelle à tout, on se retrouve bien démuni…

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/04/2012 @ 20:25

  25. @Gari : quant au débat, c’est chez moi un regret de principe, fondé sur des valeurs dépassées : l’affrontement à la loyale. Je ne vous en voudrais pas de me dire que je suis à côté de la plaque 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/04/2012 @ 20:28

  26. Au sujet de la vérification : je me demande bien pourquoi on polémique sur une supposée fête d’anniversaire de Julien Dray entre les deux tours (et son invitation de DSK et Ségolène Royal) alors que celui-ci est né le 5 mars 1955 (DSK étant né le 25 avril 1949)… Est-ce si dur à vérifier ?

    Commentaire par DM — 30/04/2012 @ 10:52

  27. @DM : Quel rapport entre les faits que vous rapportez et le pourquoi de la polémique ?

    Commentaire par kuk — 30/04/2012 @ 12:37

  28. C’est amusant cette mode de vouloir systématiquement mettre face à face et en opposition brutale des personnes qui défendent des avis différents. Je suis surpris Aliocha que vous ne preniez pas plus de recul avec cette tendance qu’on appelle l’ « Ultimate Fighting ».

    Il y a des milliers de vidéos qui circulent sur le net. Pour aller encore plus loin, on imagine des variantes originales toujours plus décalées et violentes comme un karatéka contre un lutteur grecque, un sumotori contre un danseur de capoeira, un joueur de poker contre un pécheur à la ligne…
    Pourquoi pas une ménagère de Neuilly avec son presse-légume contre un sauvageon du 93 avec sa bombe à tags ?…

    Même Elise Lucet, habituellement si douce et si bienveillante tombe maintenant dans le panneau de « L’Ulti-Audimat-Fighting »: lors d’un des débats qu’elle orchestre en fin de son journal sur France2, voilà t’y pas que les protagonistes ayant revêtus leurs gants de boxe pour l’occasion, se sont tout à coup trouvés d’accord sur un point de détail du débat. Tant mieux, aurait-on dit avec soulagement… Et bien non ! Elise est intervenue avec son jolie sourire de pompom-girl pour déclarer : « Hé, attendez, c’est pas du jeu, vous devez vous opposez vous contre-dire, c’est ce qu’attendent nos téléspectateurs ! ». Bientôt elle leur sortira des kalachnikov ou le « guide de l’insulte pour les nuls » afin de mieux coller à l’actualité et rendre le débat plus incisif.

    Finalement, à quoi bon cette recherche systématique de l’affrontement direct et brutal, voire même vulgaire ?

    Certes, nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours comme vous aimez à le souligner, mais la castagne en temps réel est-elle si constructive que cela ?

    N’est-ce pas faire le jeu des agresseurs chevronnés qui n’ont rien à dire mais le disent avec hargne, au détriment des protagonistes pacifiques dont les arguments sont réels et subtiles mais pas assez bruyants ?
    N’est-ce pas faire le jeu de la Forme excitée et superficielle plutôt que le Fond réfléchi et riche ?

    Honnêtement, après avoir assisté à la cacophonie ennuyeuse et criarde des interventions contradictoires et agressives des politiques lors des résultats du premier tour, je me suis dis que tout cela n’était pas de très bonne tenue et ne méritait même pas que je m’y intéresse.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 30/04/2012 @ 13:43

  29. @DM & Kuk : d’après ce que j’ai lu dans le Parisien au bistrot à midi, Julien Dray devait fêter son anniversaire plus tôt, mais un accident cardiaque l’en a empêché. Comme quoi, les vérifications….Entre nous, je m’étonne du cirque autour de cette affaire. Que DSK soit grillé politiquement, passe encore, mais que ses amis soient sommés de lui tourner le dos pour cause de campagne électorale, je trouve cela disutable. Et pourtant, dieu sait que la gauche m’irrite en ce moment avec son triomphalisme, ses boules puantes et le reste.

    @OdS : je pensais à un combat chevaleresque vous décrivez du catch, forcément, on ne peut aboutir à la même conclusion 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/04/2012 @ 14:52

  30. Bonjour Aliocha,

    Chaque époque à ses valeurs du moment.

    Le « c’était mieux avant » c’est le « fantasme de la mélancolie française » comme dirait votre confrère Guillaume Durand probablement en référence à l’essai de Zemmour.

    Il m’arrive d’y succomber, moi aussi, le quinquat, mais dans une fraction du quart de la moitié du huitième d’une madeleine de Proust !

    Ancré dans le réel je vis sans complexe avec tous ces « gadgets de communication » en bon crétin consommateur !

    « En politique ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai » disait Talleyrand.

    Et, les stratèges en communication depuis que le marketing politique moderne existe ne s’en prive pas !

    Un débat, deux débats, trois débats et pourquoi pas quatre ? Stratégiquement quel intérêt pour celui qui les réclame ? Ou pour celui qui les refuse ?

    Surtout lorsqu’on sait que rarement ça fait bouger les lignes !

    La stratégie de communication poussée à l’extrême, jusqu’à l’évitement physique des contradicteurs dans les locaux de France2, c’est aussi de la politique spectacle et ce soir-là, je vous l’accorde, elle a montré toute son absurdité.

    Génial, comme le téléfilm « Les hommes de l’ombre » diffusé sur cette même chaîne avec Nathalie Baye !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 30/04/2012 @ 17:46

  31. @Le Chevalier Bayard : je me trompe ou vous avez rejoint le barreau 😉 voici que déjà votre argumentation s’en ressent….Le côté réac est chez moi une facétie, un effet de style, un battement de cil, je ne regrette rien, pour cette simple raison que je crois au caractère permanent de la pertinence de certaines valeurs et à la répétition perpétuelle de graves erreurs. L’histoire ne repasse jamais les plats disait Céline, sans doute, mais l’humain recommence éternellement les mêmes erreurs, avec quelques variations cependant qui nous donnent à croire que nous en faisons de nouvelles…Passer au-dessus des corps intermédiaires, ça s’appelle du populisme. Jouer la forme pour dissimuler le fond, c’est manipuler.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/04/2012 @ 21:37

  32. Vous faites le constat d’une époque dédiée à la technologie où les robots sont les vrais vainqueurs et les êtres humains leurs serviteurs.simplement parce que nous ne savons plus nous passer d’eux, qu’ils se sont rendus indispensables et sont devenus nos ceveaux et nos mains.;
    Nous ne savons plus « communiquer » nous ne trouvons personne pour nous écouter et nous n’entendons même pas ce que l’autre dit,.. tout occupés que nous sommes à nous étaler nous expliquer et suivre notre propre raisonnement.. Il n’ya pas de « rencontres. » parce qu’en fait, ce que pense, ce que dit et ce qu' »est » l’autre ne nous intéresse pas.
    Regardez et écoutez une interview .et vous verrez que celui qui pose les questions n’écoute pas les réponses, En fait elles n’ont aucune imporance et ne l’intressent pas, ce qui compte pour lui c’est sa prochaîne question .
    L’avenir est au blog, au monologue, au journal intime, on ne supporte pas la contradiction on ne l’écoute même pas, nous avons oublié l’art de la conversation et celui de la discussion sans insultes. Il n’y a plus d’échanges mais une solitude robotisée.
    Dans un avenir proche il n’y aura plus d’école, l’enseignement se fera chez-soi via ordinateur.
    Drôle d’époque où il y a de plus en plus d’humains sur terre qui ne savent plus vivre ensemble.. .

    Commentaire par scaramouche — 01/05/2012 @ 05:49

  33. A propos du traitement de la campagne par les média et de l’influence de « l’époque » sur celui-ci, j’ai bien aimé l’analyse de Jean-Louis Missika, « sociologue des média » :
    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/05/01/jean-louis-missika-les-medias-sont-plus-faibles-et-moins-prescripteurs_1692206_3236.html

    Commentaire par Yves D — 02/05/2012 @ 13:10

  34. @Yves D : intéressant en effet. J’aime bien « la vulgarité des élites c’est un peu comme le porno chic, une mode »

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/05/2012 @ 15:46

  35. Aliocha,

    Je ne savais pas qu’il y avait chez vous un côté « réac » ? Mais bon !

    En tous cas, dans le battement cil il y a du Rémi Brague (philosophe qui déteste être qualifié de catho) dans une interview dans le Figaro en 2003 il disait ceci : « Vous avez dit « réactionnaire » ? J’accepterais volontiers l’adjectif, et pas – seulement pour le plaisir exquis – de choquer les imbéciles. Quand on s’est engagé dans, une impasse, le mieux est de revenir en arrière jusqu’au carrefour. C’est seulement alors que l’on pourra recommencer à avancer vraiment. Dans ce cas, le prétendu « réactionnaire » est le seul vrai «progressiste ». Or, j’attends encore qu’on me montre comment, si nous continuons dans la même direction, notre mode de vie pourra subsister à long terme. »

    C’est audacieux je vous adresse ce clin d’oeil !

    Et, s’agissant des valeurs et de « l’autorité des anciens » je connaissais les « réactionnaires » les « nouveaux réactionnaires » mais les seuls qui pourraient trouver grâce à mes yeux se sont les « humanistes réactionnaires » comme les qualifie Thierry Ménissier dans une conférence et dont les figures de prou sont Léo Strauss et Hannah Arendt.

    http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_humanites_reactionnaires_thierry_menissier.4110

    Quant au barreau : on ne peut rien vous cacher ! Mais vous savez déjà beaucoup trop de moi !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 03/05/2012 @ 00:31


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