La Plume d'Aliocha

18/04/2012

Ne tirez pas sur l’exorciste au drapeau rouge !

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 22:08
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Tiens, j’apprends en surfant sur la toile que  Jean-Luc Mélenchon, l’idole des internautes rebelles (pléonasme) et des nostalgiques du drapeau rouge, aurait tâclé François Lenglet, devenu pour l’occasion le porte-flambeau désigné de la BCE et de Bercy, lors de la dernière saison de l’émission Des paroles et des actes (vidéo). Cela faisait quelque temps que la colère grondait contre l’homme aux graphs’, il fallait bien qu’elle éclate. Et pourtant, elle n’est pas si loin l’époque où la toile applaudissait ce nouveau venu dans le cercle très fermé des interviewers politiques de premier rang. Comme tout le monde, je perds  la mémoire du passé éloigné, c’est-à-dire de tout ce qui est arrivé il y a plus de 24 heures, alors j’ai fouillé dans mes archives. C’était fin janvier. Il venait d’interviewer Nicolas Sarkozy et on ne tarissait pas d’éloges sur la nouvelle « star ».

Et puis, patatras ! Voici que le compétent et pugnace journaliste capable d’embarrasser le chef de l’Etat le plus honni de l’histoire de la République Française ose –  l’inconscient ! –  pousser dans leurs retranchements les candidats de gauche. Honte sur lui ! Il se dévoile enfin, le traitre, l’affidé au grand capital. Si nous l’aimions, c’est qu’il avait fait mordre la poussière à Sarkozy, et donc qu’on l’imaginait être des nôtres (le clan des gentils). Or voici que le journaliste économique a l’impudence d’interviewer tous les candidats sur la pertinence de leur programme. Y compris Jean-Luc Mélenchon. Quel outrage ! Comme si Mélenchon n’avait pas, par principe, raison. Faut-il être sot ou malintentionné tout de même ! Les graphiques qu’on appréciait tant en janvier sont devenus, en avril, d’immondes pièges intellectuels pétris de mauvaise foi crasse et de chiffres erronés. On se croirait, à lire certains commentaires, dans un épisode des mystères de l’Ouest et je ne puis m’empêcher d’attendre avec impatience l’apparition du Docteur Loveless qui, c’est certain, tire les ficelles en coulisse de mon confrère yulbrynnerien (un lien, parce que les moins de 40 ans risquent de ne pas connaître…).

Et si nous revenions à la raison ?  Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à ce qu’un journaliste économique pose des questions embarrassantes aux candidats à la présidentielle. A tous les candidats à la présidentielle, y compris aux Don Quichotte qui menacent de leur splendide drapeau rouge les moulins à fric de l’ignoble finance mondiale. Entre nous, je ne doute pas un instant de la sincérité de Jean-Luc Mélenchon, pas plus que de ses compétences. Mieux, comme tout le monde – ou presque – , j’applaudis sa culture, son humour et ses critiques qui ouvrent une brèche intéressante dans le dogme du libéralisme-y-a-pas-mieux-même-si-ça-foire-régulièrement. Mais au nom de quelle règle non écrite serait-il défendu de tester la faisabilité de son programme ?

Hélas, je crains de le deviner…Parce que ses discours nous font plaisir. Et le plaisir, c’est tout ce qu’il nous reste. Celui de botter les fesses de Sarkozy, de mettre l’arrogante finance à genoux, de brandir des drapeaux rouges en rêvant de révolution. Touchez pas à notre rêve Monsieur Lenglet. Et ne touchez pas non plus aux candidats que les médias s’obligent à trouver sympathiques parce qu’ils pensent qu’ils répondent aux attentes des français et surtout parce qu’ils les trouvent distrayants. On ne bouscule pas impunément l’illusion de la pensée idéaliste et généreuse dans ce pays. Je sais, vous savez, nous savons tous, nous les journalistes, que les gens de gauche eux-mêmes avouent off the record qu’ils en rajoutent pour faire plaisir au peuple. Quand ils ne l’expriment pas officiellement, comme ce fut le cas de Hollande devant nos amis anglais. Nous savons aussi que quelques politiques plus bosseurs que les autres, et peut-être moins populistes aussi – je pense au député vert européen Pascal Canfin -, nuancent singulièrement les emportements faciles contre la finance et les solutions trop simples, sans que l’on puisse les taxer d’être des suppôts de l’ultralibéralisme. Mais chut ! Taisons-nous ! Il y a des choses qu’on ne dit pas, des idoles qu’on ne déboulonne pas, des rêves qu’on ne brise pas.

Mais la crise, me direz-vous ? Les problèmes des français  ? Nous allons les résoudre par la seule force de la pensée et de la parole. Si ! D’ailleurs, je vous livre la formule magique à répéter comme un mantra, de préférence en groupe, en ligue, en procession, comme le chantait Ferrat :   A bas la finance !  Voyez-vous Monsieur Lenglet, il n’y a pas de place pour les graphiques, les faits, les chiffres,  dans ce grand exorcisme collectif. Vous êtes dans la position du scientifique démystifiant une apparition de la Vierge devant un parterre de grenouilles de bénitier. Imaginez leur incrédulité rageuse…

Allons, rangez votre science et remballez vos graphiques,  j’aperçois au loin le drapeau rouge du Grand exorciste. Il est là, il s’avance ! Lui seul est capable de délivrer la France de la possession sarkozyste et d’éloigner les démons grimaçants de la finance. Tant que j’y suis, ne perdez plus votre temps à travailler, ce n’est plus à la mode, en particulier dans les médias. Faites comme tout le monde, apprenez ce qu’il faut penser des choses et répétez-le ensuite jusqu’à l’épuisement.

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37 commentaires »

  1. Toute votre analyse est basée sur « certains commentaires » de Marianne.
    Et puis, vous ne voudriez pas que les téléspectateurs prennent pour argent comptant la démonstration d’un journaliste au prétexte qu’il a été performant dans une émission précédente ?

    Commentaire par kuk — 18/04/2012 @ 22:53

  2. @kuk : je précise : sur les commentaires de mes amis de Marianne, et notamment de Philippe Cohen que j’admire énormément. Et j’en profite pour dire que c’est un journaliste qui bosse comme une brute et qui fait partie des rares sincères que je connaisse à ce niveau. Ce qui ne m’empêche pas d’exprimer mon désaccord. Je ne demande à personne de prendre quoique ce soit pour argent comptant. En disant cela, vous mettez le doigt sur le malentendu. J’apprécie simplement, depuis le départ, qu’un confrère fasse l’effort d’aborder le fond. Personne n’a dit qu’il était infaillible, ce n’est pas le sujet, arrêtez de croire que ses graphiques sont pensés pour enfumer, ils sont faits pour amorcer le débat. Et arrêtez aussi de penser que les politiques sont de pauvres handicapés face à des journalistes surpuissants, c’est le contraire et vous le savez bien. Mélenchon se défend ? Tant mieux, c’est le jeu. Il est plus convaincant ? Parfait. Mais bon sang, n’en déduisons pas que Lenglet est un traitre affidé au grand capital. C’est à cet instant précis que je ne suis plus d’accord. Accessoirement, j’aimerais qu’on arrête d’opposer politique et économie dans la campagne, même Poutou a dit que c’était absurde : l’économie, c’est de la politique. Dans DPDA je bondis à chaque fois que Pujadas prétend passer de « l’interview économique » à « l’interview politique ». Si l’on admet que l’économie a envahi nos vies, alors il convient de considérer que l’économie est partie intégrante de la politique. Et même déterminante.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/04/2012 @ 23:08

  3. Je me suis promis de ne pas parler des graphiques de Lenglet, ne me tentez pas. Je disais simplement que sur le site d’un canard comme Marianne, vous trouverez toujours, particulièrement dans la zone commentaire, des réactions de type « fan », et que ceux-ci ont rarement grand intérêt. A la limite, la réponse de Cohen m’intéresse (un peu) plus. Lenglet affidé au grand capital, c’est Mélenchon qui le dit, et c’est le jeu. Il s’agit d’ôter de la tête des téléspectateurs l’idée que les questions des journalistes sont neutres et que les faits qu’ils choisissent sont objectifs. Et puis c’est aussi du symbolisme, peu importe ce que pense Lenglet au plus profond de lui même, il bosse sur une chaîne où les analyses économiques doivent être classées comme libérales, ce qui fait le jeu du « grand capital ».
    Sinon, tout à fait d’accord sur le politique et l’économique. L’organisation économique est la résultante de choix (ou d’absence de choix) politiques, aux échelles mondiales et nationales.

    Commentaire par kuk — 18/04/2012 @ 23:57

  4. Mince, un dernier truc. Peut-être un facteur de présentation joue-t-il aussi. Les introductions des questions de Lenglet sont propres et longues, mais ressemblent souvent à de minis éditos. Et son air de grand sage à la Yoda (c’est plus ma génération que Bryner, même si je connais quand même l’ami Yul) qui divinise sa parole, peut venir leurrer les spectateurs qui n’auraient pas compris qu’il s’agissait seulement de faire réagir l’invité. Alors qu’une question commençant par : « Que répondez-vous à ceux qui font remarquer que…(argumentation libérale) » est déjà moins aggressive dans sa présentation (puisque le point de vue opposé au candidat n’est pas présenté comme quelque chose pouvant être pris pour ‘la vérité’)

    Commentaire par kuk — 19/04/2012 @ 00:04

  5. « Allons, rangez votre science et remballez vos graphiques, j’aperçois au loin le drapeau rouge du Grand exorciste. »

    L’Economie est la seule discipline où deux personnes peuvent partager le même prix Nobel en racontant des choses complètement opposées.
    [ Par exemple, Gunnar Myrdal et Friedrich Hayek en 1974].
    (cité des Econoclastes)

    Et l’emploi des mathématiques en économie fait encore débat. C’est parfois comme faire des graphiques sur l’inutilité des graphiques. Lenglet peut bien (ab)user de statistiques et de graphiques, au vu de la formation en statistiques de la majeure partie de la population (qui n’y comprendra rien), ça fait professoral. Ca ne veut pas dire pour autant qu’une posture donne automatiquement autorité et vérité.

    Commentaire par Vince — 19/04/2012 @ 00:32

  6. Mais de quelle crise parlez-vous ? Si crise il y a, c’est bien la crise du capitalisme, non ? Alors pourquoi faudrait-il exonérer les suppôts du capitalisme de toute responsabilité ? Pourquoi les salariés devraient payer pour une crise dont ils ne sont en rien responsables ?
    Au passage, ce n’est pas la crise pour tout le monde. D’après l’Observatoire de la pauvreté, les plus riches se sont enrichis pendant ces dernières années tandis que les plus pauvres se sont appauvris. Bien sûr, ce serait primaire de penser qu’il suffirait de dépouiller les plus riches pour habiller les pauvres, mais il faut bien admettre que ce système marche sur la tête. Dans la mesure où il n’a pas pour but de réduire les inégalités de façon à ce que nous vivions en meilleure harmonie, il est condamné à sa perte. On ne cesse de dénoncer la lutte de classes, mais qui la mène cette lutte de classes sinon le MEDEF ? Non, il n’existe aucun ordre naturel qui impose que l’on doit se soumettre. Faudra-t-il une autre Terreur pour que certains comprennent ?

    Commentaire par Gilbert — 19/04/2012 @ 01:26

  7. Merci pour cette petite entracte Francaise. Sinon, le lien vers Marianne ne me semble pas particulierement outrancier envers Lenglet. Il me semble plutot outrancier envers tout le monde sauf Melenchon.

    PS: Je ne peu pas m’empecher, mais ceux qui lisent l’article sur Marianne devraient prendre avec un grain de sel les declarations sur les USAs. La Federal Reserve est bien independente. (Jusqu’a un certain point) Mais sa mission veux dire qu’elle ne laisserait probablement pas l’etat faire faillite.

    Commentaire par PrometheeFeu — 19/04/2012 @ 06:30

  8. Le premier ennemi de la France ce n’est pas la finance, c’est la France elle-même, notre propre aveuglement, nos abandons, nos envies… Nous nous sommes mis entre les griffes de la finance et nous ne nous décidons pas à faire les choix qui nous en sortiraient. Ne le reprochons pas à la finance qui est ce qu’elle est, nous ne pouvons ne nous en prendre qu’à nous-mêmes. Sur la servitude volontaire, lire La Boeëtie.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 19/04/2012 @ 08:50

  9. Vous l’aimez bien dites donc, l’ami Lenglet! J’espère qu’il aura la courtoisie de vous payer un coup l prochaine fois que vous vous croiserez 😉

    Sur le fond, je n’ai rien de plus à dire que sous le billet précédent: je trouve que Lenglet devrait faire attention à ses graphiques, d’autant plus que la plus grande partie de la population n’a pas la formation scientifique qui va bien pour voir les biais. Je n’ai pas l’impression de demander la lune, et j’espère qu’il travaillera un peu plus pour y arriver. Tant qu’il ne le fera pas, je regarderai ses questions avec le scepticisme qui sied à l’honnête matheux. 😉

    Commentaire par javi — 19/04/2012 @ 08:53

  10. Sur le blog de Paul Jorion, lire, écouter plutôt, le « plan de bataille des marches » : http://www.pauljorion.com/blog/?p=36095

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 19/04/2012 @ 09:07

  11. Si vous avez l’occasion, faites donc lire cette tribune de Krugman à Lenglet:
    http://www.nytimes.com/2012/04/16/opinion/krugman-europes-economic-suicide.html

    🙂

    Commentaire par javi — 19/04/2012 @ 09:15

  12. Je viens de lire l’article consacré à ce sujet sur le blog de Mélenchon (http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/des-paroles-et-des-actes-les-4-mensonges-de-monsieur-lenglet/). Hormis le titre maladroit (j’aurais préféré les « Quatre erreurs de … », ça aurait plus neutre), je vois une réponse argumentée (qu’elle soit juste ou pas est un autre débat). Pourquoi trouvez-vous anormal qu’un candidat défende ses idées quand il y va de sa crédibilité, surtout face à un journaliste qui s’est fait une petite réputation récente sur ce domaine ?

    Commentaire par mahikeulbody — 19/04/2012 @ 10:14

  13. @mahikeulbody : je ne trouve pas ça anormal, voir ma réponse à Kuk en 2. Ce qui m’irrite depuis plusieurs semaines, ce sont les attaques contre les graphiques de Lenglet soit-disant orientés. Quand il interroge Sarkozy, tout le monde applaudit, quand il s’adresse à Mélenchon, il devient un suppôt du grand capital. C’est irritant. Et de mon point de vue de journaliste exerçant en partie dans la finance, c’est aussi et surtout absurde et contreproductif. Des gens comme Pascal Canfin, non soupçonnables d’être des défenseurs du système, font un bien meilleur travail en observant les problèmes de très près (il a été rapporteur au parlement européen du texte sur les ventes à découvert). Quand vous l’écoutez, vous mesurez la différence entre le procès en sorcellerie qui soulage mais ne sert à rien, et la vraie politique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/04/2012 @ 10:25

  14. Certes, mais si j’ai bien compris Lenglet est arrivé avec des graphiques qu’il n’avait pas présentés à l’interviewé auparavant. Vous conviendrez avec moi que, même si on connait un peu la matière, il doit être difficile de voir en direct là où le bât blesse (si tel est le cas) et de contester sur le fond. Si Lenglet n’était le suppôt de personne (de BFM TV en l’occurrence ?), il aurait montré ces graphiques avant à l’interviewé (quelqu’il soit).

    Par ailleurs, votre position est un peu ambigüe : tantôt vous critiquez l’attitude de Mélenchon, tantôt vous critiquez l’attitude de « tout le monde ». Je ne suis pourtant pas sûr que ceux qui ont applaudi quand il s’est adressé à Sarkosy soient forcément exactement les mêmes que ceux qui se sont insurgés quand il s’est adressé à Mélenchon.

    Vous parlez de procès en sorcellerie, une fois encore ce n’est pas le ton de la réponse qu’on peut trouver sur le blog de Mélenchon.

    Ceci dit, je suis d’accord avec vous pour penser qu’on a tendance à supporter son « équipe » un peu aveuglément et sans esprit critique.

    Commentaire par mahikeulbody — 19/04/2012 @ 11:08

  15. Quand c’est pas Lenglet, c’est Canfin. Vous vous abritez derrière Canfin en disant qu’il est « non soupçonnable d’être un défenseur du système ». Mais pour de nombreux Verts que je connais, et notamment des élus régionaux, Canfin, c’est le Manuel Vals des Verts, un jeune aux dents longues dont on pourrait dire : « il ira loin, ce petit ».

    Commentaire par Gilbert — 19/04/2012 @ 11:28

  16. @Gilbert : j’ai un gros défaut, j’aime les gens qui bossent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/04/2012 @ 11:36

  17. « Je sais, vous savez, nous savons tous, nous les journalistes, que les gens de gauche eux-mêmes avouent off the record qu’ils en rajoutent pour faire plaisir au peuple. Quand ils ne l’expriment pas officiellement, comme ce fut le cas de Hollande devant nos amis anglais »
    Ah bon?… et depuis quand il est « de gauche » Hollande?

    Commentaire par Alix — 19/04/2012 @ 13:13

  18. @Gilbert : j’ai un gros défaut, j’aime les gens qui bossent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/04/2012 @ 11:36

    Oui, oui, Sarkozy est un gros bosseur.

    Commentaire par Gilbert — 19/04/2012 @ 13:40

  19. Bonjour Aliocha,

    C’est vrai que nos prétendants au trône préfèrent avoir en face d’eux le Monde que Lenglet: http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2012/04/19/le-monde-et-le-gentil-monde-de-l-otan.html. C’est nettement plus confortable.
    Sinon, vous m’avez fait bien rire avec le « libéralisme-y-a-pas-mieux-même-si-ça-foire-régulièrement ». Il est vrai que si ça foire, c’est que ce pays se complait dans cette idéologie nauséabonde. c’est d’ailleurs pour cette raison que la dépense publique atteint 56,2% du PIB en 2010 (http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9penses_publiques), que les caisses sont vides, que nos services publics partent en saucisse et que nous sommes condamnés à travailler pour payer des impôts (d’ailleurs, sur ce sujet, à quand la disparition de la niche fiscale concernant les journalistes? ».
    Sur le marronnier qu’est le Liberalisme, ou ce qui s’y rattache dans les médias nationaux, je me permets de signaler un livre que je crois assez pertinent et qui vient de sortir: « NÉO-LIBÉRALISME(S). UNE ARCHÉOLOGIE INTELLECTUELLE » de Serge Audier. Grasset, « Mondes vécus », 636 p., 27 €. (http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/04/03/neo-liberalisme-s-une-archeologie-intellectuelle-de-serge-audier_1677169_3260.html et http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-les-habits-neufs-du-neo-liberalisme-2012-04-13). Extrait du billet du Monde: « De ce double point de vue, Néo-libéralisme(s), le nouveau livre de Serge Audier, apparaît comme un travail incontournable pour tous ceux qui se soucient de comprendre en quoi consiste précisément ce que l’on nomme aujourd’hui, à tort et à raison, la pensée néolibérale. »

    Bonne fin de journée

    Commentaire par H. — 19/04/2012 @ 15:19

  20. @Gilbert : j’ai dit « bosser » pas faire des grands moulinets dans le vide. Quand j’ai commencé à monter à cheval, il y a fort longtemps, j’admirais les grands cavaliers qui faisaient bouger leur monture au souffle de la botte, quand il me fallait personnellement déployer des efforts démentiels pour déclencher un départ au pas 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/04/2012 @ 15:50

  21. Bosser oui, mais bosser pour qui ?

    Commentaire par kuk — 19/04/2012 @ 15:57

  22. Que c’est bête! comme si Lenglet n’avait pas été critiqué dès le départ, bien avant la prétendu mode Mélenchon. Scientifique d’afficher des graphiques hors de toute contextualisation? Y a des leçons d’épistémologie qui se perdent…

    Commentaire par fred — 19/04/2012 @ 17:51

  23. @Fred et presque tous les autres : ce qui me bluffe au fond dans cette histoire, ce sont les réactions passionnelles que suscite mon confrère. La starification du départ me paraissait absurde, les procès d’intention le sont à mon avis tout autant. Mais j’ai l’impression d’être à peu près la seule à penser ainsi…

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/04/2012 @ 18:00

  24. Non Aliocha, vous n’êtes pas le seule. Mais dans la mesure où le journaliste est mis en lumière (pas seulement à la télé, même sur France-Info on nous donne le nom de celui qui fait le journal!) il devient un personnage, un point d’attention, qui focalise les critiques/compliments. La solution (souhaitable?) serait de mettre en avant la rédaction et non les journalistes. Ne pas signer les articles dans un journal, car, publiés, ils engagent la rédaction, ne pas citer les voix à la radio pour les mêmes raisons. Ne pas en permanence faire apparaitre les noms des journalistes à la télé (ce n’est pas le journal de Claire Chazal, mais celui de TF1…) et faire tourner les têtes. Ce n’est pas celui qui pose la question qui compte mais la question. Ce n’est pas la question du journaliste, mais de la rédaction. Bref, le travail est collectif et non individuel.
    Franchement, vous y croyez dans un avenir raisonnable? Et puis un journaliste, c’est quand même souvent assez individualiste non?

    Commentaire par kaeldric — 19/04/2012 @ 19:08

  25. De quels procès d’intention parlez-vous ? Quand Fred remarque que c’est le contraire de la science que d’afficher des graphiques hors de toute contextualisation, il est dans le constat, pas dans le procès d’intention.

    Commentaire par Gilbert — 20/04/2012 @ 02:16

  26. J’ai regardé personnellement les faces à faces de Lenglet avec Bayrou, Hollande et Melenchon. J’ai plutôt apprécié les questions souvent pertinentes de Lenglet. En revanche Hollande et Melenchon sont l’un autant que l’autre clairement sur des stratégies d’évitement. A des questions précises, Hollande ne répond pas (notamment la justification dans son programme d’un taux de croissance exagéremment optimiste) tandis que Melenchon se place sur le registre de la colère (feinte la plupart du temps à mon sens).
    Ce journalisme va en tout cas je pense dans le bon sens même s’il y a sans doute des choses ici ou là à améliorer.
    Personne ne s’offusque des délires mégalos de certain candidats par contre on va chercher des poux sur la tête d’un journaliste qui à mon avis est un des rares à faire sérieusement son travail.

    En réalité en France, savoir c’est approuver …

    Commentaire par Patrickc — 20/04/2012 @ 08:16

  27. Euh … « Ne marchez pas sur mes chaussures en daim bleu » ?

    Commentaire par Kirawea — 20/04/2012 @ 11:28

  28. j ‘ ai surtout lu là 1 très bon petit article , on n ‘ va pas s ‘ émouvoir s ‘ attendrir sur le pourquoi-comment de la manière dont sont traités les journalistes , les honnètes bosseurs peuvent avoir tort , ce n ‘ est pas grave et le débat se forme , l ‘ extrème finesse des politiques est avérée on le sait qui consiste aussi à travailler la masse au travers de qui qu ‘ ce soit , tjs transpirera l ‘ unicité du journaliste s ‘ il le veut . Et puis on peut créer de la vérité utile sur des bases discutables au demeurant simplement lorsqu ‘ on choisit la bonne direction en y ajoutant le travail et la chance plus le ralliement , alors suit la bonne courbe , celle qui conviendra à ceux qui en ont réellement besoin et engagera sur le long terme . On peut tjs changer , ce qui doit l ‘ ètre , mais avec qui sérieusement ? Les journalistes doivent loyalement journaler et alors ns abandonner ces fructueux moments de distractions bien pensés .

    Commentaire par blondeau — 20/04/2012 @ 11:35

  29. Cette campagne, phagocytée par de nombreux journalistes, nous aura montré comment les médias sont une réelle menace pour la démocratie.Certains ont même fait leur coming-out, comme ces journalistes refusant l’égalité de temps parole ou FOG et son comportement ordurier, sans doute inspiré d’Apathie, à l’encontre de certains candidats. Sur l’inénarrable site de propagande Atlantico, un universitaire a même proposé sérieusement d’instaurer une médiacratie ploutocratique… le fait est qu’on y va. Et le rédacteur en chef du site-poubelle Rue89 ne voit aucune problème, comme bien d’autres, à violer la loi sur la diffusion des résultats (une loi est mal, donc on a droit de la violer, l’arbitraire de ce raisonnement n’a pas arrêté de nombreux éditorialistes). Bref, de plus en plus de journalistes veulent faire leur loi, veulent décider quelle loi doit être respectée, qui est intéressant et digne d’être élu et comment les élections doivent se dérouler.

    Commentaire par Marcel — 20/04/2012 @ 15:03

  30. « une loi est mal, donc », lire : « une loi est mal faite, donc »

    Commentaire par Marcel — 20/04/2012 @ 15:04

  31. je trouve qu’on parle beaucoup de travail, ici! Et « bosser  » par ici, et « bosser » par là…

    Apprenez, mal instruits, que « l’avenir appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt ».

    Et toc! 😉

    Commentaire par Zarga — 20/04/2012 @ 20:22

  32. « c ‘ est l ‘ matin qu ‘ on fait sa journée » , s ‘ agissant de celle de l ‘ employeur, il ns convie à la lui refaire tète baissée dès la pause déjeuner achevée , le collectif enthousiaste !

    Commentaire par blondeau — 23/04/2012 @ 10:36

  33. Bonjour Aliocha,

    la science de l’économie est un « simple » outil. Elle se met au service des principes de société que l’on porte. Il est clair que MM. Lenglet et Mélenchon ne pourront pas être d’accord sur les hypothèses et les conclusions.
    Pour savoir si le système économique du Front de Gauche est réaliste à vos yeux, écoutez celui qui l’a écrit :

    En 46 mn, tout est dit sans trucage. Ensuite, on se forge un point de vue personnel.

    Commentaire par Zorglub — 24/04/2012 @ 00:30

  34. Pour sortir du cas particulier Lenglet/Mélenchon, un débat aujourd’hui sur France Culture ici http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-les-journalistes-economiques-sont-ils-sous-influence-2012-04-26

    Commentaire par kaeldric — 26/04/2012 @ 21:08

  35. @ Aliocha, je ne comprends pas bien où est le problème… et comme Moktaram, je ne ne vous suis pas sur le fond du propos…

    C’est quoi qui vous gêne ? Que des journalistes puissent porter des jugements ? À ce que je sache, il n’est écrit nulle part que parce qu’il émettrait des opinions personnelles un journaliste devrait rendre sa carte de presse. Réduire le journaliste à n’être qu’un rapporteur factuel d’informations et un « distributeur objectif » des idées des autres, c’est oublier que la neutralité est un voeu pieux… même, ne pas prendre parti, c’est déjà prendre parti… et a priori les lecteurs savent bien ce qu’ils font quand ils lisent tel ou tel journal d’opinion… même d’accepter que cela renforce leurs croyances par l’ingurgitation d’informations insuffisamment recoupées et étayées…

    Vous avez fait, il n’y a pas longtemps, un article qui tendait à démontrer la complaisance de certains journalistes vis-à-vis de Mélenchon, qui dénonçait lui-même Lenglet (en oubliant au passage que les journalistes ont été maltraités par « Chochon » tout au long de sa campagne ; que c’était même sa stratégie de « communication », pour qu’on parle de lui)… Cela vous a insupporté, et comparativement, c’est bizarre que vous trouviez presque normal que l’UMP puisse faire de même, avec violence, avec d’autres journalistes…

    Un problème de neutralité et d’objectivité peut-être ?

    Cela dit, je reste personnellement éloigner de ce genre de journalistes et je comprends qu’ils vous énervent… cependant, il ne faut pas « justifier » la violence par le fait « que ces journalistes l’auraient cherchée ; ça, c’est du grand n’importe quoi… je vous le dis bien cordialement.

    Commentaire par Incognitototo — 03/05/2012 @ 00:55

  36. Désolé, erreur de manip et fatigue, le commentaire précédent était destiné à votre dernier article « Les risques du métier »… Supprimez-le…

    Commentaire par Incognitototo — 03/05/2012 @ 01:01

  37. http://www.nutricionsinfronteras.org

    Ne tirez pas sur l’exorciste au drapeau rouge ! | La Plume d'Aliocha

    Rétrolien par http://www.nutricionsinfronteras.org — 08/03/2016 @ 01:05


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