La Plume d'Aliocha

07/03/2012

Silence embarrassé

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 10:27
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Comme il fallait s’y attendre au lendemain de 3 heures d’interview de Nicolas Sarkozy sur France 2 hier dans l’émission Des paroles et des actes, les commentateurs se déchainent tandis que l’opposition monte au front. Pour cette dernière tout est évidemment à jeter dans ce qui a été dit hier. On ne s’attendait pas non plus à ce que François Hollande abandonne sa candidature et se rallie, sous le coup d’une illumination subite, à celle de son rival. La réalité a parfois le bon goût de ne pas dépasser la fiction. Comme toujours dans une société d’hyper-communication, ce sont les silences bien plus que les déclarations qui sont intéressants. Tenez par exemple, personne n’encense la prestation de Laurent Fabius. Pourtant, il avait pour lui l’argument majeur, incontestable, l’avantage décisif, la position stratégiquement gagnante : faire trébucher l’ennemi public numéro 1. Et puis rien. A part quelques piques dont l’arrogance a gêné tout le monde, à commencer par ses supporters.

Mais il y a un autre silence, plus intéressant encore, à examiner. Le silence, fort embarrassé, de tous ceux qui se sont aperçus hier de la bête de communication qui s’était installée sur leur écran. On peut tout reprocher à Nicolas Sarkozy, le Fouquet’s, Bolloré, le cass’toi pov’con, l’étalement impudique de ses problèmes de famille, les affaires, son utilisation brouillonne et souvent incohérente de l’outil législatif, son attitude clivante, ses emportements, son côté bling-bling, ses promesses non tenues (ah, comme on s’applique à oublier la crise monumentale qui est venue légèrement perturber son mandat et déjouer son programme), son glissement électoraliste vers la droite de la droite et mille autres choses encore, mais ce qui est sûr, c’est qu’on a affaire à un communicant exceptionnel. Les analystes politiques le savent, cet homme-là est un pur produit des médias. Il a tout compris. Leur exigence de réactions rapides et spectaculaires lors d’un événement, le jeu de l’empathie, l’émotion à chaque instant, les mea culpa, les mises en scène, la sincérité surjouée. C’est précisément pour cela qu’ils l’ont aimé et qu’aujourd’hui ils s’en mordent les doigts. Leur créature a pris la main et après les avoir dans un premier temps séduits, il les a plaqués pour s’adresser directement aux français. Forcément, il maitrise l’exercice mieux qu’eux. Il est le premier président de l’ère des nouvelles technologies. Celui du virtuel, de la déconnexion bien avancée avec le réel, du discours détaché des faits, de l’opinion qui ne s’embarrasse plus de la réalité, de l’émotion qui prime sur la raison.

Seulement voilà, les commentateurs ne peuvent pas dire qu’il a été bon, ficelés qu’ils sont dans leur anti-sarkozysme qui a commencé par être viscéral pour devenir de principe ou l’inverse, selon les cas. Ce qui est sûr, c’est que la caste médiatique s’est enfermée dans le deni. Nicolas Sarkozy est mauvais parce que tout le monde le dit dans les médias. Cela me rappelle une consoeur que je mettais en garde un jour en relisant son article sur un point qui me semblait nécessiter d’être vérifié. Le papier était en projet, il était encore temps d’éviter la faute. « Si je l’ai écrit, c’est donc que c’est vrai » m’a-t-elle rétorqué. Hélas, il s’est avéré plus tard qu’elle avait tort. Faites gaffe confrères, il n’y a aucun déshonneur à dire que Sarkozy a été bon hier, bien au contraire, on ne trouve de remède à un mal qu’à partir du moment où l’on a dressé le bon diagnostic. Vous l’aimiez en 2007 et il a été élu, vous avez cessé de l’aimer en 2012, donc il sera battu, songez-vous. Je crains que vous n’oubliiez une chose. Entre temps, il vous a mis hors jeu…

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76 commentaires »

  1. Je suis d’accord avec vous N. Sarkozy a été dans l’ensemble un bon communicant, mais sa prestation n’a vraiment été bonne que face à L. Fabius. Face aux journalistes il a un peu surjoué son empathie pour répondre aux questions « personnelles » ce qui était sans doute la meilleure des stratégies, mais pour les questions plus techniques où F. Lenglet notamment a insisté il lui a fallu un peu ramer pour trouver une pirouette, un peu trop visible du coup.
    Vos confrères font peut être de l’auto-conviction mais ça a au moins le mérite de les pousser à bousculer leur invité et c’est déjà pas si mal !

    Commentaire par Patere legem — 07/03/2012 @ 11:00

  2. Franchement vous l’avez trouvez bon ? son problème est qu’en 5 ans les Français ont appris à « parler » le Sarkozy, on voit tous les artifices, un peu comme un magicien qui nous refait ses tours éculés, on voit les cordes, les escamotages bref personne ne peut être dupe.

    Commentaire par jean — 07/03/2012 @ 11:02

  3. @jean : oui, je l’ai trouvé bon. Et pour tout vous dire, il se trouve que je ne souffre pas d’anti-sarkozysme, ce qui me permet d’avoir sur lui un regard assez dépassionné. Depuis le départ, ce qui me dérange chez lui, c’est précisément ce talent de communicant. Il m’inquiète et me met mal à l’aise.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 11:15

  4. Une bête de com’, certes, mais avec des ratés de plus en plus fréquents, et de plus en plus visibles… Peut-être est-ce le désespoir de voir que plus personne ne croit en ses bobards ?

    Je prendrai juste l’histoire du halal. Déjà quand il a déclaré que le halal était la « première préoccupation des Français », ce seul propos était d’une stupidité et d’un à-côté-de-la-plaquisme démentiels.

    Mais c’est encore pire si on rappelle que le même Sarko s’élevait, à peine deux semaines avant, contre la polémique lancée par MLP. Le 21 février dernier il déclarait: « Sur les 200 000 tonnes de viande consommées en Ile-de-France, il y en a 2,5 % qui sont halal ou casher. Est-ce que, vraiment, ça vaut le coup de faire une polémique pour cela ? ».

    Alors lorsqu’il déclare hier que cette même polémique, « tout le monde s’en moque », pour le coup c’est quand même le deuxième retournement de veste sur le même sujet en l’espace de quelques semaines, il y a pas que les anti-sarkozystes qui voient la ficelle…

    Après difficile de dire si c’est lui qui est devenu moins bon, ou les Français qui ont appris à voir les ficelles de sa com’, mais le fait est que, même si c’est toujours aussi gros, ça passe de moins en moins.

    Commentaire par Jor — 07/03/2012 @ 11:21

  5. A condition de passer sur son agressivité et sur le fait qu’il a passé son temps à couper la parole, empêchant toute question, tout développement d’une idée, et a mis le débat sur le plan de l’impossible échange d’idées, il a été bon comme « bête de communication » dîtes-vous, mais comment ça se traduit en termes politiques , comment appeler cette manière de faire de la politique ? Est-cela le rôle et la fonction d’un Président de la République, dans une démocratie du moins ? Devons-nous admirer « le communicant » qui sait utiliser les media ? Est-ce admirable ou inquiétant ? Ce que vous appelez le talent de communicant éclipse-t-il en conséquence le contenu (mensonges, art de se défausser sur les autres et d’éviter d’assumer quelque part de son bilan, et évidemment toujours attaques des étrangers) ?

    Si oui, cela appartient à quel registre en politique ?
    Walter Benjamin avait analysé en son temps le rôle de l’utilisation des media par le nazisme et la mise en scène opérée par lui, propre à produire des effets de fascination
    L’idée que le medium l’emporte sur le message, est également une analyse classique (Mac Luhan)
    JM Le Pen n’est-il pas lui aussi un remarquable communicant (derrière lequel courre Sarkozy ) c’est à dire qui ose tout et « rentre dedans » toujours prêt à frapper pour frapper les esprits ?
    Qu’y a-t-il d’admirable là-dedans à user de coups et empêcher tout échange d’idées ?
    Certains sont fascinés, preuve que ça marche.

    Alors, faut-il se réjouir ou s’affliger que Fabius ait un autre style et appartienne à un autre registre de références, qui n’étale pas sa vie privée en guise d’excuse de ses choix et comportements, qui ne fonctionne pas aux effets chocs et à la fascination ?

    N’est-ce pas justement le personnage de Sarkozy t sa personnalité, qui sont rejetés, alors que ses idées très droitières sont majoritaires (et c’est pourquoi il les fait siennes, suivant en cela les sondages et le FN) ?

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 11:25

  6. @Jor : vous voyez cela parce que vous avez le nez dessus. Mais tout le monde ne passe pas sa vie sur Internet à traquer les rétropédalages. La com’ qu’il pratique est une com’ émotionnelle, empathique, intuitive, j’allais même dire « tripale ». Je me garderais de faire des comparaisons outrancières, mais il y a du gourou chez cet homme-là, il sent une forme d’inconscient collectif et il s’y accorde me semble-t-il remarquablement. Il capte un truc qui n’est pas de l’ordre de la raison, c’est en cela qu’il faut à mon avis s’en méfier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 11:27

  7. Daniel Schneidermann impute aux journalistes d’être tombés dans le panneau du « communicant ».
    http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/03/07/sarkozy-sur-france-2-la-regle-et-le-garnement-229986

    Le « communicant » a pris la place du politique, c’est bien en cela que le règne de Sarkozy marque un tournant.
    Et pourtant cet « excellent communicant » est détesté des Français.

    Serait-ce donc la faute des journalistes, de n’avoir pas relevé que la politique ne se réduit pas à la communication, alors que les Français s’étaient détournés de lui depuis longtemps, dès après son élection ?

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 11:44

  8. @Aliocha: peut-être, mais si on en croit les sondages présidentiels qui stagnent (et qui sont depuis toujours sa boussole), je suis pas le seul on dirait à voir le truc 😉

    Maintenant une bonne part des « qualités médiatiques » de Nicolas Sarkozy, viennent quand même de sa capacité à éviter toute confrontation avec un réel contradicteur depuis le début de sa présidence, et même avant. D’une interview Pujadesque à une interview Elkabachienne, il use d’une stratégie qui ne fonctionnerait pas si bien si les présentateurs étaient un minimum professionnels, et osaient le contredire lorsqu’il dit une contre-vérité (ce qui arrive fréquemment).

    Par exemple, lorsqu’il ajoute purement et simplement le taux de la CSG et le taux de l’IRPP pour prétendre que Hollande propose d’imposer les riches à 83%, il y a pas besoin d’être économiste pour se rendre compte que c’est du pipeau. Est-ce que les journalistes en face l’ont contredit ? Non. Et c’est qu’un exemple parmi tant d’autres, vu le nombre de bobards qu’il débite, il y aurait moyen de moyenner. http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/imposition-75-mauvais-calculs-sarkozy-217764

    Il ne s’en tirerait pas non plus à si bon compte s’il était de temps en temps mis face à un contradicteur qui maîtrise lui aussi les médias (imaginez-le face à Hollande, voire Mélenchon, puisque vous êtes fan 😉 ). Mais non, il bénéficie de ce privilège de pouvoir s’exprimer systématiquement sans contradicteur depuis des lustres.

    Donc la « bête de com' » Sarkozy peut exister surtout grâce à ses relations (qui l’aident à intimider et à se trouver dans des positions médiatiques plus confortables. Je ne parle même pas de la déprogrammation des émissions gênantes, comme Arret sur Images…) et à la timidité des acteurs de ces mêmes médias. Face à des journalistes un poil moins soumis ou face à des contradicteurs connaissant leur sujet, il se serait dégonflé depuis longtemps.

    Commentaire par Jor — 07/03/2012 @ 11:54

  9. @Salomé : détesté des français ? Vous en savez des choses….Parce que les médias le détestent, que la toile le conspue et que les sondages le disent perdant ? Hélas, je ne partage pas votre confiance dans ces indicateurs. J’ai assisté à son intronisation comme candidat de l’UMP en 2007, c’est à cet instant précis que j’ai su que je ne voterai pas pour lui. En raison précisément de ce talent de com’ que je trouve effrayant. Mais il faut bien avouer que dans une société de com’, il est pile à sa place. Or, je trouve que ce risque-là est largement sous-estimé dans le discours médiatique actuel. Il a dit quelque chose de très habile hier en intro : les français détestent qu’on leur dicte leur conduite. En filigrane il faut lire « continuez à me démonter la gueule vous les médias, c’est le plus grand bien que vous puissiez me faire. Plus vous me donnerez perdant et plus j’aurais de chances d’être élu. Les français me détestent ? Peut-être mais ils vous détestent plus encore en général et tout particulièrement quand vous décidez à leur place « .

    @Jor : tssssss, les sondages sont à la politique ce que les agences de notation sont à la finance 😉 Quant au fait qu’il évite les contradicteurs, je vous signale que j’ai souvent pointé ici la capacité de la majorité et de NS en particulier à zapper les journalistes. Et vous savez sur quoi il s’est appuyé pour faire cela ? Sur le désaveu des médias dans le public….Quant à ses contradicteurs, on en revient au pouvoir de la com’ dans une société de communication, il est bon là-dedans, il vaudrait mieux en prendre conscience vite maintenant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 12:48

  10. Merci pour cet article, je suis entièrement d’accord avec vous : sur le fond beaucoup de choses me gênent chez Sarkozy, à tous points de vue, pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher hier soir de le trouver bon…
    Et le systématisme des médias à dire : il est mauvais, il est foutu, etc… me semble aussi ‘faire son jeu’, car il se place en victime, qui ne manquera pas de toucher le bon coeur des ‘gens’.
    En quoi cela est-il mal de dire qu’il a été bon? qu’il a pu convaincre? malgré toutes les incohérences? un bon avocat peut convaincre de son innocence même quand son client est coupable…

    Commentaire par Delphtweet — 07/03/2012 @ 13:37

  11. @Delphtweet : je crois qu’il y a plein de phénomènes qui convergent pour aboutir à ce qui me semble être un déni. Dire que Sarkozy a été bon, c’est se rendre soupçonnable de sarkozysme. Impensable dans le climat médiatique actuel, ce serait la curée pour celui qui oserait cela. Ensuite, les journalistes ont tendance à se convaincre mutuellement en se lisant, en discutant entre eux. Ajoutez à cela les sondages qui les confortent dans l’idée que les français trouvent NS mauvais. Rajoutez le fait que la profession est en butte aux critiques et qu’elle cherche à retrouver les faveurs du public. Saupoudrez le tout d’une vraie détestation épidermique chez certains qui en raison de la violence de leurs propos donnent le ton général. Songez que la majorité de la profession est de gauche et vilipenderait de toute façon n’importe quel candidat de droite. Notez que celui-ci est particulièrement irritant et qu’en plus il a déçu. Replacez le tout dans un contexte de crise exceptionnelle où des souffrances bien réelles et des indignations fort légitimes servent de carburant à tout ce que j’ai précédemment décrit. Vous oseriez-vous, dans un contexte pareil, si vous êtes une grande figure du journalisme, dire que Sarko a été bon ? Impensable 😉 L’univers médiatique ne laisse pas de place à ce genre de nuance. Il taille à coups de serpe, les bons et les méchants, les pour et les contre et il somme de choisir un camp. Et de s’y tenir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 13:48

  12. Absolument d’accord avec vous Alliocha, en tous points. Je le dis et je répète dans mon entourage, il a toutes ses chances…. d’ailleurs, les médias se sont trop souvent trompés pour qu’on leur accorde le moindre crédit sur un résultat d’élection.

    Le problème, c’est que les Français n’ont jamais voté pour un programme (à l’exception notable de 2005), ils votent pour une personne et question testostérone, ce personnage tranche singulièrement sur son adversaire le plus évident.
    Quand je constate l’absence totale de réactivité de Hollande à une agression (l’épisode de la farine), je me dis que Sarko ne fera qu’une bouchée de lui au cours d’un débat télévisé.

    On atteint avec cette personnalité le comble du comble de ce que Debord nous annonçait et dénonçait dans « La société du spectacle ». Ça ferait vraiment peur, si l’évidente manipulation de masse de cet homme atteignait ses objectifs… au point que définitivement, je penserais que la démocratie n’est vraiment pas à mettre entre toutes les mains…

    Daniel Mermet a consacré 2 émissions à l’évolution du discours politique, intitulées « Les mille discours de Sarkozy », c’est plus qu’édifiant et terrifiant : http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-les-mille-discours-de-sarkozy

    Commentaire par Incognitototo — 07/03/2012 @ 13:49

  13. Bonjour Aliocha

    AMHA, ce n’est pas tant que NS qui a été bon que la construction de l’émission qui est défectueux et les 2/3 des journalistes qui ont été mauvais. Ras-le-bol des journalistes dits politiques qui ne connaissent rien à rien, sauf la mauvaise psychologie, les sondages et la com. Ras-le-bol de Mme Saint-Criq fille de son père et femme de son mari, et de M. Namias fils de son père. Dommage qu’on n’ait pas donné leur temps de parole à M. Lenglet.

    Commentaire par ranide — 07/03/2012 @ 14:01

  14. Enfin, on lit partout comme conclusion générale que le candidat d’hier était en forme, combatif, et dépassait aux points son contradicteur socialiste, à défaut d’une victoire par Ko. Je ne partage pas l’opinion d’Aliocha, il n’y a pas de filtre anti-sarkozyste qui occulterait ce constat nécessaire. La vérité, plus prosaïque, reste que le seul enjeu certain du match hier concerne moins Sarkozy que Fabius: on sait désormais qu’il ne sera pas premier ministre.

    Par ailleurs le dispositif de l’émission a conduit à un pugilat bas de gamme. Déjà la confrontation Mélenchon-Le Pen avait abouti à une sacrée perf, les « traditions ancestrales » de certaines religion ont contribué à maintenir du rythme dans la poursuite des cimes, avant que la parole, éloquente, intelligente, pondérée du Grand Rabbin de France ne finisse par siffler la fin de la récréation au moins sur ce sujet là.

    Commentaire par Switz — 07/03/2012 @ 14:07

  15. @ranide : hélas….le pire, c’était les petites questions du début sur à qui dédier la victoire, quelle qualité, quel défaut. Le genre de truc simplissime à préparer en media training, en plus taillé sur mesure pour NS qui joue très facilement la carte de la sincérité et de l’émotion. A ce stade, ce n’est plus servir la soupe mais faire une chose que la décence m’interdit de décrire plus avant sur un blog qui n’est pas interdit aux mineurs 😉 Accessoirement, c’est porter le débat sur le terrain où il ne doit surtout pas aller, celui de l’invérifiable, du feeling, bref du piège de l’émotion, de la psychanlayse, du grand n’importe quoi. On a beau jeu ensuite de lui reprocher de parler de lui…Mais c’est tellement plus simple que de bosser les dossiers techniques. Et moins dangereux que d’aborder le terrain des affaires. Seulement voilà, on ne peut tout à la fois vouloir faire de l’audimat et du journalisme de qualité, il y a un moment où les deux objectifs deviennent antagonistes, surtout quand on développe une vision méprisante du public et qu’on cherche à lui vendre de la lessive.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 14:08

  16. @Switz : oui, on dit qu’il est en forme pour un mort, vous trouvez que c’est pareil que de dire qu’il a été bon ? Le cadavre bouge encore, c’est ça qui surprend. Personnellement, je me garderais bien de l’enterrer. Il me semble très vivant 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 14:10

  17. @laplumedaliocha

    Ne dit-on pas que la plus belle campagne de Napoléon fut celle de 1812, en France contre les 3 coalisés. Et pourtant il y eut Fontainebleu, avec les cosaques défilant sur les Champs-Elysées, chaudement applaudis paraît-il par une certaine frange de la population parisienne – celle qui réside plutôt à l’Ouest.

    Pour en rester aux analogies militaires, une armée peut impeccablement engranger des succès tactiques, et finalement échouer si elle n’est pas dotée d’une doctrine stratégique cohérente – Napoléon, évidemment, armée allemande de 1914 à 1945 et aujourd’hui l’armée US, jamais défaite sur le terrain depuis 2002 et qui pourtant a reçu aujourd’hui l’ordre de repli.

    Semer la panique, hurler au loup en toute occasion, cliver, opposer les gens, les hiérarchiser en productifs et oisifs, en bon et mauvais citoyens, lancer un débat sociétal à la con chaque jour ne forment pas une politique. Depuis 2007, probablement sous l’effet des multiples gourous de l’entourage du Président, il y a eu une inversion de l’ordre des choses, avec une prééminence de la forme sur le fond.

    Là où les choses deviennent compliquées: le candidat socialiste, pour l’instant, ne propose pas de vision claire et cohérente, et se contredit souvent. Il est donc impossible de déterminer l’issue de la collision de deux vides. Peut-être est-ce ici la dernière chance du Président: espérer l’autodestruction de son adversaire, l’erreur de sa part. Cela n’est pour l’instant pas arrivé. Empiriquement, on constate qu’il n’est jamais très sage d’espérer la victoire en comptant uniquement sur les maladresses de l’adversaire.

    Mais oui, il ne faut pas enterrer la bête, comme se sont hâtivement proposé de le faire pas mal de commentateurs, dont l’inusable FOG, lui-même très efficace girouette capable d’indiquer avec précision et promptitude le sens du vent dominant. je parierais bien une couille sur la défaite de Sarkozy, mais je ne me hasarderais pas à parier toute la paire. Nous sommes d’accord.

    Commentaire par Switz — 07/03/2012 @ 14:49

  18. On verra s’il fait aussi le malin face à Bourdin demain matin. En général, lui prépare un peu ses interviews et n’hésite pas à utiliser le droit de suite. Même s’il a d’autres travers à côté, il a quelques répliques parfois délicieusement assassines, comme ce matin pour conclure l’interview de Wauquiez.

    Comme le pointent d’autres commentateurs, Fabius, c’était du pain béni pour Sarkozy. Mettez lui quelqu’un de sérieux en face. De toute façon, les actes parlent plus que les paroles, et vous pouvez les embellir d’une communication certes efficace, les gens savent compter ce qu’il leur reste à la fin du mois.

    Commentaire par kuk — 07/03/2012 @ 15:10

  19. Les media peuvent servir à la manipulation de masse, s’ils sont utilisés par un chef, démagogue et populiste. Tel ‘est le ressort du fascisme (allusion plus haut aux analyses de W. Benjamin), en plus récent on citera Debord, quand ça marche, quand ça prend sur les masses.

    Tels sont les ressorts de Sarkozy. Exactement les mêmes (même si dire cela ne veut évidemment pas dire mettre en équation Sarkozy avec Hitler ou Mussolini). Mais reconnaissez qu’il use des mêmes thèmes exploités avant lui par le FN , parce qu’ils sont populaires selon les sondages d’opinion ; d’où sa sortie : le hallal est la préoccupation n° 1 des Français, après avoir dit le contraire la veille du reste et encore autre chose le lendemain. Simplement il se trouve que ça ne « prend » pas, il n’est pas populaire.

    Bayonne le montre ainsi que le fait qu’il ne peut aller nulle part, sauf dans les quartiers/villes quadrillés et les militants UMP rameutés et protégés par la police.

    Alors, ça veut dire quoi il a été bon ? Il a bien usé des recours de la rhétorique populiste, démagogique et xénophobe, de son art de ne jamais répondre aux questions, de mentir avec aplomb ? Si c’est cela être « bon », certes il l’a été, il a usé à fond de ses trucs habituels, qui relèvent d’une rhétorique populiste pour soutenir des thèmes qui le distinguent de moins en moins de l’extrême-droite. Cette rhétorique et ses trucs ont été fort bien analysés et démontés par un linguiste qui a fait le travail (comme cité en 12) http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-les-mille-discours-de-sarkozy

    Il n’est pas populaire, car il y a une logique dans les choses, à savoir que son discours divise et qu’à force de s’en prendre à tout le monde, tour à tour chacun se sent agressé par ce président sur piles qui tire aux 4 coins. Les étrangers bien sûr, jusqu’à plus soif et maintenant les religions après les civilisations, les jeunes et la gauche (voyous), les fonctionnaires et nommément chacun de ses corps, les corps intermédiaires et les institutions, les associations et les syndicats, les élus du camp d’en face, les pauvres et les chômeurs (tous des assistés) et même les paysans pauvres (j’ai pas 40ha moi). A force il ne reste que les travailleurs indépendants et les patrons dont les affaires tournent correctement. Il réduit lui-même son électorat traditionnel.

    Donc sur la forme il a été  » bon », càd. combatif et plein d’énergie, jamais désarçonné et toujours au filet, ne laissant rien passer, ayant réponse à tout sans même laisser le temps de la question, sûr de lui pour affirmer des inexactitudes, parfaitement normal quand on use de mensonge et de démagogie, soit excellent communicant, pur produit des media, fort en manipulation.

    Mais il se trouve que, malgré tout, le contenu passe, car il a énormément perdu en crédibilité.

    Si j’en juge d’après Le Figaro, en retrait et prudent, il ne devait pas être si convaincant, ni si excellent communicant, du reste.

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 15:24

  20. pain bénit

    Commentaire par kuk — 07/03/2012 @ 15:38

  21. @Salomé : Fichtre, ça c’est du vocabulaire lourd : manipulation de masse, démagogue, populiste, fasciste, démagogique, xénophobe…Encore un fois, cette rage le sert, il est judoka, mais bon, j’dis ça, j’dis rien. Moi j’ai vu un type qui laminait les journalistes, à l’exception notable de Lenglet, qui faisait des réponses calibrées au poil de grenouille, qui a réussi à trouver une explications inattendue aux dérapages du départ, qui a placé un nombre incroyable de références au gaullisme, d’attaques contre la gauche, de mots-clefs, d’idées, de concepts, c’était de la très haute voltige. Que cela ne vous déroute pas de votre haine viscérale, j’entends bien et je respecte, mais songez que tout le monde ne partage pas cette rage et donc n’oppose pas le même hermétisme à ses discours. Il est là à mon avis l’angle mort des médias et plus généralement de tous ceux qui le donnent perdant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 15:40

  22. Quand certains disent « bon communicant », j’entends « populiste ».
    Quand d’autres disent « qu’il est bon », j’entends « mensonges » plus faciles à assener que « point de vue » à confronter aux faits.

    Une autre chose m’a littéralement étonnée : quel est son programme, quelles sont ses mesures ? Je n’ai rien entendu. Il n’y a eu que du pathos et du vilipendage ( http://www.cnrtl.fr/definition/vilipendage ).

    C’est un peu court pour un candidat à la présidentielle !

    Commentaire par fultrix — 07/03/2012 @ 15:56

  23. Comment convaincre Aliocha que le dégoût que Sarkozy peut inspirer n’est pas forcément viscéral mais raisonné ? Qu’il n’a rien d’innée, qu’elle s’est construite en réaction aux actions et aux discours du personnage ? Est-ce que vous suggérez, Aliocha, que témoin d’une scène de pickpocket, on devrait plutôt que de dénoncer le délit, s’extasier devant la virtuosité du détrousseur ?

    Commentaire par kuk — 07/03/2012 @ 16:02

  24. @Kuk : je n’ai jamais dit ni pensé que l’anti-sarkozisme n’était qu’épidermique et irrationnel. Et je ne dis pas non plus qu’il faut admirer les talents de com’ de Sarkozy, j’ai même écrit exactement le contraire dans un commentaire, je dis simplement qu’il ne faut pas les sous-estimer. C’est quand même fou que sorti de « Sarko est nul il doit foutre le camp », tous les autres discours soient jugés incompréhensibles, pour ne pas dire sujets à caution. Notez, je le savais en écrivant ce billet et en n’écrivant pas tout ceux qui me chatouillent la plume depuis trois ans. D’ailleurs, ça m’étonne que personne ne m’ait encore accusée de sarkozysme, ou encore de me la jouer réac à la Causeur. Mais je suppose que ça va venir 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 16:30

  25. Pour ma part, ça ne m’intéresse pas qu’il puisse être un excellent communiquant (quand il est bien préparé), parce que ce n’est pas le Président de Publicis que l’on va élire cette année, mais celui de la République.

    Je n’attends pas du Président de la République qu’il passe à la télé pour tirer des larmes à son auditoire après chaque fait divers. J’attends de lui qu’il bosse avec les bonnes personnes sur des dossiers qui touchent aux fondations même de l’état, qu’ils y passent le temps nécessaire, et qu’ils apportent de vrais améliorations. Et bien sûr en en totale indépendance de l’actualité.
    Par conséquent j’attends dans ces discours des grandes lignes sur des idées de fonds, pas des détails sur des mesurettes passées de mode sitôt dites ou d’habiles joutes verbales.

    Commentaire par VyGER91 — 07/03/2012 @ 16:53

  26. Bon, j’ai relu votre billet, et avec vos commentaires, je pense que je comprends mieux. Votre remarque sur les silences est très pertinente, notamment sur Fabius. Votre thèse que les media ne peuvent reconnaître que Sarkozy a été bon est basé sur un postulat très contestable : l’affirmation qu’objectivement Sarkozy …. a été bon. Car il n’y a pas d’objectivité qui tienne pour ce genre de jugement, il n’y a que présupposition de ce que vous pensez que les français vont ressentir. Je ne dis pas que vous avez tort, des camarades d’extrême gauche partagent votre point de vue sur sa prestation d’hier soir, mais il faut être aussi présomptueux qu’un institut de sondage pour prétendre savoir comment cette communication va être reçue dans nos chaumières.

    Commentaire par kuk — 07/03/2012 @ 16:59

  27. @Kuk : bon, alors je vais encore affiner ma pensée, et on va se comprendre complètement 😉 Volet un, les petites questions sottes. Il les retourne à son avantage. Volet 2 : l’analyse comportementale (ô misère, où va errer le journalisme politique…) il s’en sort et d’ailleurs St Cricq a été beaucoup moins insolente avec lui qu’avec Le Pen ou Mélenchon. Volet 3 : Lenglet. Toujours aussi pertinent, mais taclé par le président sur le caractère dégressif de la prime non prise en compte dans le graph. Volet 4 : Namias, je n’ai pas écouté attentivement, mais ça n’a pas été la curée. Volet 5 : Fabius, score 0 à 0 alors que Fabius partait avec un avantage immense, il était le gentil contre le méchant, le calme contre le dingue, le socialiste contre le facho. Je me garde justement de présupposer de ce que pensent les français, à l’inverse de mes confrères pour qui il est déjà battu, je dis juste que moi je l’ai trouvé bon au regard du handicap prodigieux avec lequel il partait. C’est tout simple, il suffit d’écouter les questions, d’avoir en tête la longue liste de ses erreurs, l’incroyable irritation qu’il suscite et ensuite de regarder froidement comme il se débrouille. ça m’a rappelé la manière dont DSK au 20 heures nous avait transformé sa sordide mésaventure en un léger dérapage parfaitement aseptisé. Vous savez que je déteste la com’, accordez-moi dont le crédit de ne pas y adhérer mais de reconnaitre quant elle fait des prouesses et de mettre en garde contre ses pièges 😉 Maintenant, savoir si ça marche ou pas, ce n’est pas mon rayon mais celui de la voyance. Je ne m’y aventure pas, je dis juste : gaffe, il est doué. Plus qu’on le pense quand on le déclare déjà mort.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 17:14

  28. @ Aliocha, n°27,

    + 1, c’est rare que j’ai une aussi totale communauté de vue avec vous, alors j’en profite pour vous le faire savoir ;o)))

    Commentaire par Incognitototo — 07/03/2012 @ 17:21

  29. @Aliocha
    Comment faire pour que les interviews politiques quittent le terrain de la com’ pour revenir sur celui de la gestion de la cité ?

    Est-il possible de couper suffisamment les relations entre la télévision publique et le gouvernement pour avoir au moins un media qui ne soit complaisant avec personne ?

    Commentaire par VyGER91 — 07/03/2012 @ 17:28

  30. @VyGER91 : s’il n’y avait qu’un problème d’intérêts économiques…ne sous-estimez pas les ego des journalistes et leur plan de carrière, la longue tradition de journalisme courtois, les relations incestueuses de l’élite, les positions installées qui nuisent à l’intelligence et rendent craintifs. Lenglet montre la voie : le travail. Il est doux, poli, mais ça ne l’empêche pas de faire son job. A mon avis, la profession a beaucoup souffert de la critique des médias, nous portons tous une sorte de culpabilité originelle, de honte de soi. C’est une révolution culturelle qu’il faut accomplir. On peut très bien bosser pour des médias liés à des intérêts (même si ce serait mieux sans) et arriver à faire son job. Faut travailler les dossiers, croire en ce qu’on fait, être fier de son métier et décidé à le faire respecter.
    Sinon, je n’ai pas répondu à votre commentaire précédent, mais on est d’accord, je ne dis pas qu’on vote pour un bon communicant, je dis qu’un bon communicant peut convaincre de voter pour lui, nuance…

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 17:36

  31. Notre point de discussion va maintenant devenir : qu’est-ce qu’une bonne com’. Vous énumérez une liste de critères techniques, objectifs, sans doute très pertinents. Pour moi, une bonne com’ est une com’ efficace, qui marche, qui convainc des gens qui sont hésitants ou réticents. Comme je ne m’aventure pas plus que vous sur le terrain de la voyance, je ne peux vous rejoindre dans votre conclusion. Il se pourrait effectivement que selon les critères que vous énoncez, sa com’ ait été presque parfaite, mais que l’homme soit arrivé à un point où à force d’avoir utilisé ces artifices, il n’y ait plus de bonne com’ possible.

    Commentaire par kuk — 07/03/2012 @ 17:39

  32. Vocabulaire lourd, pour dire la position politique.
    Xénophobie, c’est difficile de dire le contraire. Populisme, les méthodes caractéristiques du genre.
    C’est pas visceral, c’est plutôt une analyse pour repérer où il se situe.
    Vous supposez qu’on ne l’aime pas raison pour laquelle il est accusé d’empiéter sur l’extrême-droite. Mais ce ne serait pas le contraire ? Il a choisi une ligne pour sa campagne sous inspiration de ses conseillers d’extrême-droite.
    D’où les remous dans l’UMP des gaullistes et des chrétiens-démocrates.

    On va voir comment il va réussir à empiéter sur l’extrême-droite et donner à Bayrou des chances inespérées de gonfler ses scores avec les voix de droite pour qui l’obsession maniaque contre l’étranger ne peut tenir lieu de programme.
    Réponse dans les urnes.
    J’ai l’impression que je m’attache plus au contenu que vous, qui êtes plus sensible à la forme et à ses talents de comédien.

    Mais que Sarkozy soit rusé ne veut pas dire que le contenu de son discours ne passe pas, aussi, comme je le disais précédemment. Cela ne veut pas dire que le fond de ses propos ne soit pas perçu.

    Cela dit, ils ont été tous les deux mauvais pour moi à se balancer des chiffres invérifiables sur le moment, échanges totalement ch… et sans intérêt, et Sarkozy gagne deux points(noirs) par son agressivité et ses attaques personnelles. Le niveau de ses attaques ! qui ne permettait pas à Fabius de répondre et lui rentrer dedans de la même manière -faisable, les citations de Chirac sur Sarkozy par exemple- sans se vautrer dans le caniveau et faire tourner le non-débat en pugilat.
    La voilà la force du communiquant, c’est la force d’un style décomplexé comme y disent.
    Les attaques contre Hollande, préparées, dans ses notes.

    Sarkozy plus agressif, plus roué, jamais déstabilisé, meilleur comédien, capable d’occuper tous les registres, de mettre sa vie privée sur la table pour « expliquer » les erreurs qui lui furent fatales, dessinant son image durablement, commentées par lui non comme des fautes à l’égard de principes, mais plutôt des bourdes , erreurs de communication, parce que ça a fait du bruit et a marqué les esprits, avec la chute remarquable « ah non j’avais pas impacté le sens symbolique ».

    Le jour où il parlera français correctement n’est pas venu.
    La défense de la culture française passe par la langue, comme la défense de la France passe par une certaines culture politique et certains principes des droits de l’homme et de la république.

    On ne peut dire que la communication de Sarkozy y contribue.

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 18:23

  33. Hum, et revoilà Carla : http://presimat.programme-tv.net/presimat-2012/news/21966-carla-bruni-sarkozy-journalistes-tous-pinocchio/

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 18:29

  34. oui, et puis : nous sommes des gens modestes
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/reactions/2012/03/07/carla-bruni-sarkozy-nous-sommes-des-gens-modestes_1652923_1471069.htm

    pendant que Sarkozy dit qu’il ne sort pas de l’ENA

    populisme ?

    elle va finir par énerver autant que Sarkozy, si par hasard elle donnait l’impression de se moquer du monde

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 19:09

  35. @Salomé : alors là voyez-vous pour moi c’est de la mauvaise com’, ça me dresse les cheveux sur la tête tellement c’est con ! Comme aurait répondu mon grand-père avec son petit côté Gabin dans Audiard : « et mon c…, c’est du poulet? »

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 19:49

  36. Aliocha : « Ce qui est sûr, c’est que la caste médiatique s’est enfermée dans le deni ».
    Ça ne me dérange pas de dire que Sarkozy a été bon et que Fabius est apparu, comme dit l’autre, vieilli, fatigué, usé… Mais est-il besoin d’inventer, à l’appui de votre thèse, qu' »on » (pronom indéfini) aurait trouvé Sarkozy mauvais ? J’ai bien regardé la presse, je n’ai pas trouvé beaucoup de commentaires disant que Sarkozy est un mauvais communiquant. Personne n’a jamais nié que Sarkozy est un excellent communiquant. Ce qu’on lui reproche, me semble-t-il, c’est de s’être mis excessivement au service d’une classe déjà privilégiée et de taper sur les pauvres. On lui reproche aussi d’inventer des boucs émissaires, pour faire oublier sa politique. Tout bon communiquant qu’il soit, il n’arrivera pas à le faire oublier. D’où peut-être les chiffres des intentions de vote du moment qui ne me semblent pas très bons.
    Et comme vous dites en passant, en bonne libérale (sur le plan économique) que vous êtes, pour justifier qu’il n’a pas tenu ses promesses, qu’on « s’applique à oublier la crise monumentale qui est venue légèrement perturber son mandat et déjouer son programme », je vous fais remarquer que moi et mes semblables, humbles salariés ou chômeurs ou précaires, ne sommes pas responsables de la crise du capitalisme et que nous n’avons donc pas à la payer davantage que ceux qui en sont responsables.

    Commentaire par Gilbert — 07/03/2012 @ 19:59

  37. @Gilbert : je n’invente pas de « on », ma première lecture du matin c’est Daniel Schneidermann, je suis d’accord à 90% avec lui en moyenne, mais là, on avait une divergence. Il me semble que FOG hier ne l’a pas encensé, sur BFM ce matin, c’était distant et embarrassé sans compter d’autres commentaires lus, entendus, regardés ici et là en zapping. Et j’ai bien compris ce qu’on lui reproche – et que je partage dans la majorité des cas sur les sujets que j’observe de près -, je dis juste que le triomphalisme médiatique, pas cantonné aux dernières 24 heures, ferait bien de se méfier de lui-même…
    Quant à mon libéralisme, figurez-vous que j’appartiens aussi aux précaires et que deux de mes journaux ont coulé ces trois derniers mois. Ce n’est donc pas le « libéralisme » qui me fait parler, mais l’honnêteté intellectuelle. Vous savez, le penser contre soi-même ? Un vieux réflexe de juriste, quand vous recevez une assignation, vous commencez par vous dire « bon sang, on est foutu » et puis vous interrogez votre client, vous faites des recherches et vous découvrez que vous avez au moins autant d’arguments que l’adversaire. Ce genre de formation vous apprend à raisonner en permanence sur un mode pour/contre. Il a commis toutes les fautes qu’on lui reproche et peut-être plus encore, mais personne ne m’empêchera de dire qu’il s’est aussi pris une crise exceptionnelle dans la tête.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 20:23

  38. Tiens, si Sarko affrontait Garfield au second tour, il aurait toutes ses chances 😉 http://presimat.programme-tv.net/presimat-2012/news/21955-audiences-sarkozy-offre-record-paroles-actes/

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 20:41

  39. « personne ne m’empêchera de dire qu’il s’est aussi pris une crise exceptionnelle dans la tête ».

    Ah, la crise ! Elle a bon dos, la crise. La crise, c’est la crise du capitalisme, un système dont Sarkozy est partie prenante. Sarkozy, le chantre du capitalisme, fait donc partie du problème. Il ne s’est donc « pas pris la crise » dans les dents. Ce que vous appelez « la crise », ce n’est pas quelque chose d’immanent, une malédiction des dieux. Quelque chose qui viendrait de l’extérieur de manière inattendue, comme une catastrophe naturelle. Et j’ai beau faire tous les efforts pour « penser contre moi-même », comme dirait le moustachu de Médiapart,, je n’arrive pas à exonérer les responsables de « la crise » de leurs responsabilités ni à me les attribuer. C’est pas moi qui ait inventé la spéculation ou la soif de profits illimités.

    (on n’a pas dû voir la même émission, parce que comme larve on ne fait pas mieux que FOG).

    Commentaire par Gilbert — 07/03/2012 @ 20:54

  40. http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/07/malgre-la-crise-le-nombre-de-milliardaires-a-battu-un-nouveau-record_1653697_3234.html

    À propos, je sais bien qu’il ne suffit pas de les dépouiller pour régler tous les problèmes, mais en période de « crise », leur piquer un peu de leur superflu (qui ne circule même pas dans ce qu’on appelle l’économie réelle), ça pourrait aider, non ?

    Commentaire par Gilbert — 07/03/2012 @ 21:22

  41. @Gilbert : ce n’est pas moi qui vous dirais le contraire 😉 voyez-vous, ce qui m’étonne le plus, c’est qu’il ne leur vienne pas spontanément à l’esprit d’aider…mais ça, c’est mon côté bisounours

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 21:26

  42. excellent communiquant, à condition de se permettre quelques écarts avec la vérité, c’est ainsi plus facile
    http://desintox.blogs.liberation.fr/blog/2012/03/sarkozy-des-paroles-et-des-paroles.html

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 22:10

  43. et n’avoir pas peur de se contredire, voire de raconter n’importe quoi (du genre halal 1° préoccupation des Français)
    http://lavraietimeline.fr/

    sûr qu’à ces conditions on est beaucoup plus libre, plus à l’aise, plus sûr de soi ne connaissant aucun interdit, ne reconnaissant aucune obligation d’être tenu à la vérité, dès lors qu’on ne respecte pas non plus les conventions, (sociales, de civilité, de sa fonction) rien ne vous retient de balancer n’importe quoi à vos interlocuteurs, traiter les autres de voyous quand on est soi-même le voyou de l’histoire

    toutes les ficelles du populisme et de la rhétorique d’extrême-droite, en somme.

    c’est vrai que je n’y suis guère sensible et que cela ne me paraît pas convaincant, dès lors que je perçois les mensonges et vois ces ficelles d’une rhétorique détestable.

    Commentaire par Salomé — 07/03/2012 @ 22:19

  44. @Salomé : je ne sais pas si vous êtes une habituée de lieux, mais je tiens à vous signaler que la com’ a très mauvaise presse ici. C’est l’ennemi absolu du journalisme. En conséquence de quoi, ce billet est tout sauf un éloge de Nicolas Sarkozy. Inutile de me sortir tout le programme de désintoxication 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/03/2012 @ 22:22

  45. @Aliocha La com’ c’est même l’ennemi de toute forme d’expression intelligente.

    Commentaire par VyGER91 — 07/03/2012 @ 22:43

  46. Aliocha,

    Quand vous dites (com.3) : « Depuis le départ, ce qui me dérange chez lui, c’est précisément ce talent de communicant. Il m’inquiète et me met mal à l’aise. », vous dites aussi qu’il n’est pas si bon que ça.

    En fait, vous dites ce que tous le monde pense : « Il est tellement bon que ça ne peut être sincère ! »

    Commentaire par Oeil-du-sage — 07/03/2012 @ 23:13

  47. Bonsoir, ce que je trouve un peu préoccupant, c’est : NS est un excellent communicant, FH est devenu un pro de la com, Melenchon est un orateur de première, la tchatche de Marine n’est pas si loin de celle de son père, Bayrou trouve souvent des mots qui font le trou. Les animateurs de la tv sont plus tocards que jamais. C’est le monde selon Seguela.
    Ce que je trouve rassurant, c’est qu’il me semble que le bon populo n’est pas si dupe que ça. Toutes les ficelles se voient et beaucoup sont vues. Ces émissions « politiques » sont indignes. On est descendu en dessous d’Arlette C. Cette campagne commence assez clairement à gonfler tout le monde. Reality show de NS ou pas. Mauvais Fabius ou pas.
    Ce qui m’inquiète, y en aura-t-il un candidat qui arrivé au deuxième tour aura enfin réussi à dire quelque chose qui nous parle et nous mobilise, et qui réussira alors à être élu autrement que par le simple rejet de l’autre ? Sinon, on se prépare cinq ans désastreux.

    Commentaire par Massilian — 07/03/2012 @ 23:45

  48. ah excusez-moi, je n’avais pas compris que bon communicant était ici synonyme d’habile rhéteur, capable de persuasion au détriment de la vérité, ce qu’on appelle un sophiste classiquement, qui en politique donne un démagogue. A l’ère moderne on les appelle populistes, sachant que le populisme est l’ultime stade avant le fascisme.

    vu que vous trouviez mon vocabulaire politique « lourd », genre : n’exagérons pas sur la manipulation (ou tentative), ce n’est tout de même pas l’extrême-droite ! Quand moi je pense que si, on a affaire à l’extrême-droite ; pour les thèmes, les idées, (racisme et supériorité des civilisations, qui sont le noyau central de sa propagande) et pour les pratiques, en particulier la place du chef qu’il s’est réservée, qui gouverne seul et terrorise son entourage et qui actuellement prépare seul sa campagne avec la petite équipe de ses hommes qui ne sont pas des responsables politiques mais néanmoins recrutés à l’extrême-droite, laissant de côté tous ses collaborateurs institutionnels, ministres, conseillers, élus et responsables de son parti, pratique assez peu fréquente en démocratie

    En tout cas, est-il convaincant ? Je n’en suis pas si sûre. Les ficelles se voient, vu son passé qui est un sacré passif, ce qui heureusement, obère sa crédibilité et sa capacité à entraîner les foules, dans un pays qui a de solides traditions républicaines et où il n’est pas encore dit qu’on gagne l’élection sur la base de telles positions et idéologies.

    Et la détestation dont il est l’objet s’explique aussi en partie par là.

    D’accord avec Massilian, sauf que si l’enthousiasme n’est pas au R-V (la crise du capitalisme ressemble à une impasse et inquiète de + en + , c’est pourquoi justement on n’a pas besoin de bonimenteurs) le désir de restaurer la République et quelque solidarité au nom du principe d’égalité, sont des mouvements positifs qui permettent de pense que l’élection ne se fera pas sur le seul rejet.

    Commentaire par Salomé — 08/03/2012 @ 01:37

  49. La quantité : on ne voit des choses que leur extériorité, 1 + 1 …., on les compte, on les arpente.
    La qualité : on éprouve des choses, on a une intériorité, une conscience, une sensibilité, une culture.
    La quantité c’est le visible, ce que l’on exhibe, c’est l’exil dans le regard supposé de l’autre sur nous. On se fait son extérieur. On se fait sa quantité. On se donne. On meurt. On se fait objet.
    La science, c’est la quantité, c’est la ruine de l’âme.
    Sarkozy, c’est une tête.
    C’est une tête bien pleine.
    Il est plein de phrases toutes faites, millimétrées, calibrées, les éléments de langage, qu’il a apprises par cœur et qu’il régurgite à la demande.
    C’est une mécanique.
    C’est le Monde Moderne.
    C’est le Dictateur.
    Il doit sa place aux médias qui l’ont porté sur les fonds baptismaux du SEUL fait que c’est un bon client, qu’il est formaté pour la télé, qu’il n’y a pas besoin de convertir le format, Sarkozy, c’est du sur-mesure. C’est un enfant de la télé, il y entre et il en sort, sans sortir de lui-même.
    Les journalistes n’y sont pour rien, ils n’ont rien vu venir, tout se passe dans l’ombre, gris sur gris, c’est comme carte-à-puce dans Astérisme, Astérixzme…
    Sarkozy n’a aucune intériorité : c’est un caméléon qui devient ce que les autres désirent qu’il soit. Il n’a d’autre but que de se faire ré-é-é »élire » : il est en spectacle en permanence, en représentation, c’est un comédien né, assoiffé de récompense, d’amour, d’applaudissement, de hola, de viva zapatta, viva che guevarra viva obama. Sa politique est déterminée à 50% par le désir de se faire bien « voir » et à 50% pour récompenser ceux qui ont la plus grande bite. Sa seule idée en politique, c’est celle du chiffre.
    Ainsi, il a donc une idée. Il n’est pas vide. Oui, mais c’est la seule et c’est la plus abstraite de toutes. Avec lui, vous avez l’opportunisme dans sa pureté. Reste à se demander, si ce n’est pas la bonne manière de réussir dans notre monde : le pragmatisme, le libéralisme, l’opportunisme, la science, l’extériorité, la représentation, la dictature, la rhétorique ne sont-ils pas des mots qui ont un fond commun, un air de famille, pour le même « phénomène ».
    Ce sarkozy, c’est un phénomène (dixit ma grand-mère).

    Commentaire par Bray-Dunes — 08/03/2012 @ 08:37

  50. « Ce sarkozy, c’est un phénomène  »
    Amen!

    Bray-Dune, à défaut d’y adhérer, ce que vous écrivez me fait marrer. C’est toujours ça de pris.

    Commentaire par araok — 08/03/2012 @ 09:08

  51. D’abord, personnellement, je ne trouve pas que Sarkosy soit un bon communiquant : il surjoue, il rajoute du pathos là où il n’y en a pas besoin ; de plus ses thèmes sentent un peu le moisi. Ensuite, il m’a semblé, au contraire que pas mal de journalistes aient trouvé l’exercice plutôt en faveur de de Sarkozy (à commencé par la chronique de Thomas Legrand, dès le matin, sur Inter). Là où je vous rejoins, c’est qu’il n’y en ait pas eu beaucoup pour commenter la prestation un peu désolante de Fabius. Mais au delà de son intervention, je ne comprends pas pourquoi le PS a choisi Fabius : du point de vue du symbole, c’est plutôt moyen dans le genre « on prend les mêmes »…

    Commentaire par Branier — 08/03/2012 @ 10:00

  52. Pascale Clark balance à Louis Aliot « c’est déguelasse ! ». Et le tout Paris journaliste de crier sur Twitter « bravo ! ». « Avortement de confort » : l’expression d’aliot existe depuis longtemps et pas seulement depuis 2009, n’en déplaise à Louis Aliot ou à arrêt sur images. La question que Clark aurait PU et DU poser était : « vous considirez que tous les avortements sont de confort ? sinon il y en a combien de ces avortements ? ». Pascale Clark a donc privatisé une radio de service public et ça ne gêne pas grand monde !
    le journaliste Frédéric Martel écrit un bouquin violent contre Sarkozy et son épouse. c’est son droit. Mais Martel est employé par… le service public. Il aurait dû quitter le service public avant de se lancer dans la bataille politique contre Sarkozy ! son patron aussi, olivier poivre qui est directeur d’une radio PUBLIQUE tout en s’affichant avec Hollande dans les meetings. Poivre répond qu’il n’y a pas de problème puisqu’il ne touche pas à l’indépendance des producteurs de la radio. Il est hors sujet, comme les syndicats de radio france l’ont dit. pourquoi ce tabou sur France inter et france culture comme radios ne respectant pas la neutralité du service public? Hollande veut un Etat impartial mais ses partisans n’ont apparemment pas ce sens de l’impartialité. Désillusions en vue.

    Commentaire par Effen — 08/03/2012 @ 10:34

  53. Effen,
    d’accord avec vous sur l’incroyable stupidité (ou alors je n’y comprends rien) du PS. Le problème n°1, avec celui de la cassure qui se creuse entre les deux « classes » luttant à mort l’une contre l’autre, n’est-ce pas celui de la corruption. Comment peut-on, sans même attendre que les élections soient passées, se mélanger à qui mieux mieux, partouzer sans se cacher et — comble de la stupidité — offrir à ses rivaux le bâton pour se faire battre?

    Commentaire par Bray-Dunes — 08/03/2012 @ 11:02

  54. @Aliocha:

    Bon, on est d’accord sur le fait que Sarko soit une bête médiatique. Vous me dites (en 9, ce qui ne nous rajeunit pas 😉 ) que pour éviter les vrais journalistes, il s’est appuyé sur le désaveu des médias dans le grand public, et que la com’ lui permet de se jouer des contradicteurs. D’accord encore, mais dans ce cas, quelle est la solution ?

    Ce n’est certainement pas en s’écrasant devant les puissants comme les quelques interviewers vedettes le font qu’ils redoreront le blason des médias auprès du public, alors comment faire pour que, durablement, les vrais journalistes prennent la place des bidons, et comment faire pour démonter cette com’ ?

    Quand Sarko avait choisi en début de mandat, sous prétexte de « lutter contre l’hypocrisie », de nommer seul le président de France Télévisions, je m’étais dit innocemment que ce serait « encore mieux » si le titulaire de ce genre de poste clé, plutôt que d’être désigné par un seul homme (que ce soit directement ou indirectement), pouvait être à la place élu, par exemple par les salariés de FT, puisque ce sont eux qui doivent le mieux connaître le sujet.
    Bon j’imagine qu’il resterait pas mal de moyens de pression détournés, genre le montant des crédits alloués à l’audiovisuel public, mais est-ce que ce genre d’idées ne pourrait pas, à terme, contribuer à améliorer un peu le bidule ? Ou peut-être que je suis juste naïf…

    Commentaire par Jor — 08/03/2012 @ 11:06

  55. Depuis que Sarkozy a envahi les journaux télévisés, radios et papiers… en y ayant été invité, puisqu’il fait vendre (n’est-ce pas, monsieur Mougeotte ?), j’ai été scotché par sa maîtrise de la com’.

    Une collègue me faisait remarquer en 2004 que toutes ses apparitions télé faisaient la part belle aux chiffres. Chaque intervention policière dont il rendait compte contenait une liste de prévenus, d’arrestations, de quantités saisies, etc… l’art de faire passer du concret dans les mots, le verbe qui devient un fait, sous nos yeux ébahis. On ne prenait pas que des postures de matamore, on nous donnait les détails des opérations, et surtout les résultats.
    Pour peu, on se serait attendu à voir les prévenus défiler, les quantités saisies exhibées ! Il avait trouvé l’espace sur lequel transporter le jeu, et l’a fait avec maestria. Pour autant, je ne me souviens pas s’il y a eu (au cours de ces débuts) beaucoup de journalistes attachés à la vérification de ce qui était énoncé.

    Selon moi, le problème de la com’ Sarkozyste aujourd’hui c’est qu’elle se mord la queue. On en est arrivé au moment où il faut bien faire les comptes de ce qui a été martelé pendant tout ce temps (putain, dix ans !) et de voir si ce verbe miraculeux s’est bien incarné dans les proportions que l’on nous a vendues.

    Hélas, force est de reconnaitre que le compte n’y est pas. Les communicants auront beau suer sang et eau, ils ne pourront pas éternellement faire surfer Sarkozy sur ses vagues favorites, il va fatalement se ramasser sur le sable de la plage, c’est pour moi une question de temps. Depuis dix ans (au moins) que cet excellent client nous repasse les mêmes plats… ils finissent par être avariés.

    Les chômeurs, par exemple (quelle bande de cossards, hein ? :-)) on ne peut plus leur taper dessus comme avant la crise, en les accusant d’être à l’origine de leur propre échec. Je vois mal Sarkozy aller planter ses yeux dans ceux d’un salarié licencié pour cause de crise, et lui dire qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui.
    Je ne crois pas qu’il puisse réinvestir ses zones de jeu comme si de rien n’était, comme s’il partait sur une page blanche, comme s’il n’avait pas saturé les espaces qui lui ont généreusement été offerts depuis ces dix dernières années.

    Mais je suis d’accord avec Aliocha, il bouge encore, et garde une certaine capacité à surprendre.

    De là à réussir le même hold-up qu’il y a cinq ans… il y a loin de la coupe aux lèves.

    Commentaire par Zarga — 08/03/2012 @ 13:19

  56. Stimulant article.

    Cet art consommé d’une communication déconnectée de la réalité me rappelle une mise en garde d’Edwy Plenel au début ou avant le mandat de notre président, qui tenait à peu près en ces termes : à force de tricher avec la réalité, les mots finiront par ne plus avoir de sens.

    Sans être proche comme vous devez l’être du milieu médiatique, je me demande si leur silence ne relève pas aussi d’un certain embarras : que dire sur un discours politique qui prend le contre-pied de tout ce qui est évident ? Ça doit être très déstabilisant, je n’aimerais pas devoir écrire un article sur une prestation de Nicolas Sarkozy.

    Commentaire par Gram — 08/03/2012 @ 13:23

  57. @ Effen :

    D’accord sur le fond : même si Franck Louvrier mange son caviar à la louche chez Laurence Ferrari, le service public n’a pas à reprendre les mêmes travers que les marchands de temps de cerveau disponible. On attend mieux de Radio France.

    Concernant Pascale Clark… cette fille m’attriste chaque fois un peu plus. Elle a pourtant fait partie de l’équipe d’@SI à une certaine époque.

    Mais je vous rejoins à 100% sur l’attitude adoptée : la moue et le pincement de nez quand on reçoit un représentant du FN, on sait maintenant que ça ne produit rien de bon. Il est plus efficace de rester professionnel… trop dur, peut-être.

    Commentaire par Zarga — 08/03/2012 @ 13:41

  58. http://www.rtl.fr/blog/aphatie/le-faux-journaliste-belge-a-appele-ce-n-est-pas-forcement-amusant-08-03-7745125219
    Je vous assure cher cousin, vous avez dit bizarre…

    Commentaire par araok — 08/03/2012 @ 17:07

  59. Je ne suis pas le seul à avoir remarqué la connivence entre FOG et le gnome. Guy Birenbaum et son compère jacktheforger itou :
    http://guybirenbaum.com/20120307/des-paroles-et-des-pactes/#comment-89179

    Commentaire par Gilbert — 08/03/2012 @ 17:52

  60. @ araok
    Ce pauvre Aphatie qui, apparemment, s’est fait piéger par Pierre Carles (on parie ?) et qui essaie de retourner la situation à son avantage… Quel clown, celui là.

    Commentaire par Gilbert — 08/03/2012 @ 17:57

  61. Fabrice Lhomme de Mediapart va être mis en examen car selon ce que dit la presse, si « le 31 janvier, la Cour de cassation a validé la possibilité d’utiliser comme preuve ces enregistrements, cela n’empêche pas que le fait de les avoir réalisés, ou encore d’en publier le contenu, puisse tomber sous le coup de la loi ». Je me suis fait expliquer la chose le mois dernier par un jeune magistrat mais apparemment la presse semble le comprendre seulement maintenant. Normal : Franck Johannès et Gérard Davet sont trop occupés à écrire des articles à charge contre philippe Courroye pour violation des sources alors que c’est ici je crois qu’on a expliqué que Le Monde a changé son fusil d’épaule devant les juges et plaide maintenant la violation du secret des correspondances.

    Commentaire par Effen — 08/03/2012 @ 18:17

  62. Chère Aliocha,

    Votre jugement pourrait être pertinent s’il s’agissait d’un « reality-show » non sanctionné par une élection. Mais en l’occurrence, ça n’est pas le cas, et la qualité de l’intervention de Sarkozy dans cette émission-fleuve de France 2 doit se mesurer à un seul critère : plus de gens voteront-ils pour lui après cette émission ou pas? Le reste n’est que littérature et doit rester au menu des conversations des dîners parisiens.

    Or, votre soi-disante « bête communicante » a visiblement oublié un petit détail l’autre soir : les Français l’ont vu à l’oeuvre pendant 5 ans, à la différence de sa candidature de 2007.
    Et comme le prouvent toutes les études, ces mêmes Français ont de la mémoire et conclu qu’ils rejetaient massivement la personnalité de la « bête communicante ». Pour être « bon » et donc grappiller des voix, Sarkozy se devait donc l’autre soir de présenter de lui une image radicalement différente de celle que rejette les Français. Sinon, l’exercice était condamné d’avance. Un show sans impact électoral.

    Pourtant, pendant 3,5 heures, on a vu Sarkozy tel qu’en lui-même, tel qu’il est rejeté dans sa personnalité par 70% des gens : agressif, méprisant, s’auto-posant des questions et y répondant pour éviter de répondre à celles des journalistes, incapable en 3 heures et demi d’esquisser la moindre vision de long terme pour la France, s’auto-justifiant sur ces états d’âmes et ses problèmes personnels de début de mandat, affirmant des « vérités » économiques et sociales sans preuves ni démonstrations, … .
    Le débat avec Fabius (mal préparé et vieillot) n’a pas eu beaucoup d’intérêt ..; sauf que votre « bête communicante » n’a même pas réussi à le dominer clairement. Et surtout ce débat était électoralement sans importance car ça n’est pas Fabius, mais Hollande, qui concourt face à Sarkozy.

    Pour paraphraser une de vos formules, Sarkozy n’est pas mauvais parce que les médias le disent (ce qui d’ailleurs est une bien étrange lecture de notre presse qui depuis 5 ans lui sert sa communication sur un plateau … y compris l’autre soir sur France 2), il est mauvais parce qu’il aura été le pire président de la V° république et que les Français s’en sont rendus compte (malgré les médias d’ailleurs). On ne peut pas être un « bon communiquant » sur un bilan catastrophique et sans projet d’avenir. Le reste sont des considérations de techniciens des médias, sans importance sur des résultats électoraux.

    La fin de l’ère Sarkozy c’est aussi apprendre à refaire la différence entre la forme et le fond, entre l’apparence et la réalité.

    Bonne journée.
    HB
    .

    Commentaire par hbazaineHB — 08/03/2012 @ 18:51

  63. @ Hbazaine,

    Belle démonstration, mais qui n’exprime que votre « désir » qui souhaiterait devenir la réalité.
    L’histoire électorale française de ces 40 dernières années vous donne tort sur beaucoup de points…
    Si les électeurs votaient exclusivement (ou ne serait-ce que majoritairement), sur des bilans, des programmes et l’honnêteté, je pense que nous nous en serions aperçus… en 1969, en 2002, en 2005 et même en 2007… Sans oublier tous les élus locaux (Balkany et autres Juppé) qui sont repassés haut la main dès leur peine terminée…
    La réalité électorale de notre démocratie, c’est qu’il y a tellement d’éléments « irrationnels  » qui rentrent en ligne de compte dans l’expression d’un vote qu’en aucune manière vous ne pouvez vous faire le porte-parole d’une France qui n’aurait pas la « mémoire courte »…

    Enfin, vous êtes bien imprudent (ou crédule) de penser que les « études » confirmeraient vos dires… Là aussi, notre histoire politique est pleine des erreurs des instituts de sondage, dont la Canard abreuve d’ailleurs ses colonnes…

    Aliocha est donc totalement fondée (et moi avec elle) de penser que la « communication » pourrait encore une fois faire illusion… malheureusement…

    Commentaire par Incognitototo — 08/03/2012 @ 19:29

  64. Sarkozy est une énigme. Il n’a pas d’idées (hormis celle de la grandeur de …). Qu’est-ce qui le pousse dans le monde politique, le lieu même des idées? C’est la possibilité de se montrer.? D’où vient ce désir de se montrer? N’est-ce pas le propre des arrivistes ?
    Prenons l’argent. Un riche se fout d’être riche, ce qu’il désire c’est d’être avec Lola qui est très chouette, et d’aller faire le con avec un tel …bref il a une vie normale et de l’argent il n’a cure. De même un pauvre se fout d’être pauvre, il pense à sa Dulcinée ou à ses potes et du moment qu’il a assez de fric pour mener sa barque librement ..le reste il n’y pense jamais. L’argent ne compte que pour les nouveaux riches et pour les nouveaux pauvres. Il a pour effet de vider l’intérieur : plus rien ne compte que ce que l’autre ne va pas manquer de remarquer (ce qu’il est devenu, il y a un avant et un après et cet après qui le coupe en deux, qui le vide, il n’est pas sûr d’être là ou bien il ne veut pas être là, il doit prouver qu’il est là ou bien il veut prouver qu’il n’est pas là).
    Les nouveaux riches, les nouveaux pauvres au lieu de vivre simplement, existent douloureusement, regardent l’heure pour qu’on remarque leur rollex (même seul) ou bien ne regardent pas l’heure pour qu’on ne remarque pas leur grosse vilaine montre de plongée ridicule offert par Damart (même seul, ils n’y arrivent pas). La honte est là en permanence.
    Voir Sarkozy ainsi, c’est peut-être vrai, peut-être faux. En tous les cas, lui, c’est pas l’argent qui a changé sa vie (comme pour Tapie). Donc, s’il a cette honte qui lui colle à la peau et qu’il essaie de combattre en exhibant sa rollex, sa femme mannequin …bref tout son bling-bling ..c’est que c’est au monde politique qu’il n’appartient pas et dans lequel il se sent comme le vilain petit canard ? Mais alors comment expliquer qu’il ait pu monter sur la plus haute marche ? Je ne sais, mais en tout cas, le fait qu’il y soit, le transforme, non en cygne, mais en un horrible personnage, il me semble, chaque jour plus faux, et je ne suis pas d’accord avec vous, Aliocha, il n’a pas été « bon » l’autre soir, mais horriblement à la peine, que ça en fait pitié. Pour lui, je pense, qu’il faut qu’il arrête cette aventure. Et pour nous aussi. Mais enfin, il peut croire aux contes de fée et nous aussi.

    Commentaire par Bray-Dunes — 08/03/2012 @ 19:47

  65. @ Incognitototo

    Désolé mais il s’agit bien d’une démonstration comme vous le dites et non pas d’un désir. Les électeurs peuvent en effet se laisser abuser par la communication à deux conditions néanmoins:
    . que le bilan ne soit pas trop désastreux (et là, l’état d’esprit des Français est franchement à la dépression, crise et sarkozysme obligent)
    . qu’il y ait un projet d’avenir enthousiasmant (on rase gratis … or là c’est le vide complet côté Sarkozy ..; sauf si la question de l’abattage de la viande vous paraît combler le besoin de perspectives d’avenir du pays).

    Pour ce qui est des sondages, à 6 semaines d’une élection, de tels écarts comme ceux entre Hollande et Sarkozy, n’ont jamais été comblés. Je me fonde donc sur des faits et non pas des opinions très subjectives sur la durée mémorielle des électeurs. Je ne vois en plus pas de rapport avec Balkany, ou avec Juppé qui n’ont jamais été candidats à la présidentielle si je ne m’abuse.

    En revanche là où il y a bien une incertitude avec les sondages c’est sur la capacité de Sarkozy à être devant Marine LePen. La faiblesse des écarts 6%/8% maximum, est dangereusement proche des marges d’erreur notamment parce que les 3% pouvant être perdus d’un côté passent en fait de l’autre. Ces deux candidats se battent en effet pour le même électorat désormais. Et les sondeurs corrigent Sarkozy à la hausse pour éviter qu’il soit donné perdant au 1° tour ce qui entraînerait une implosion brutale de sa campagne; tandis qu’ils sont incapables de mesurer l' »effet Marine » sur le vote FN (hausse, baisse, stabilité par rapport au père?). C’est là qu’une surprise surviendra.

    Dernière remarque : quand les gens n’ont plus envie de vous entendre, vous pouvez communiquer autant que vous voulez, ils ne s’intéressent plus à ce que vous dites. C’est bien là le problème de Sarkozy et c’est ce qui explique que la formidable machine médiatique à son service (comme en 2007) ne parvient pas à modifier la tendance.

    Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui regarde encore Sarkozy à la télé : ses supporters pour se motiver grâce au dynamisme du chef ou bien ses adversaires pour se réjouir de sa débandade? Dommage que ce type d’analyse ne soit pas au programme des lendemains d’émissions politiques.

    onne soirée.

    HB

    Commentaire par hbazaineHB — 08/03/2012 @ 21:13

  66. pas regardé….j’aurais du ? je ne crois pas !

    Commentaire par gilberto — 08/03/2012 @ 21:36

  67. @ Hbazaine,

    J’aimerais bien partager vos certitudes et votre optimisme, mais les faits sont têtus… Chirac contre Balladur, Chirac contre Jospin, le Non contre le Oui, au moins 3 contre-exemples récents qui infirment les « certitudes » des « études »… Sans oublier que mes exemples d’élus réélus après avoir été judiciairement condamnés, démontrent, si besoin en était, que la « rationalité », la mémoire et l’honnêteté ont assez peu à voir avec des résultats d’élections.

    Au moment, où on se parle, il y a encore 40 % d’indécis, tandis que 10 % parmi les « décidés » disent qu’ils peuvent encore changer d’opinion ( selon le CSA : http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2012/opi20120305-la-course-2012-vague-17-mars-2012.pdf ), et contrairement à vos études ce sont ces 50 % là, qui vont décider du sort de ces élections.

    Vous pouvez bien m’opposer tous les arguments « rationnels  » que vous voulez, méconnaître les pulsions émotionnelles qui peuvent pousser un électeur à voter NS, où n’importe quel autre bonimenteur qui aurait sa stature de « supercommuniquant « , c’est être assuré, comme Jospin en 2002, de ne rien voir venir (alors même que j’ai pris la peine de personnellement lui écrire 1 mois avant le premier tour, pour lui expliquer ce qui allait arriver)…

    Vous méconnaissez l’aspect émotionnel et « tripal » des élections présidentielles, c’est un très mauvais calcul… et j’espère que vous ne faites pas partie de la cellule de campagne de Hollande… ce qui pourrait expliquer qu’il soit si mauvais à ce niveau-là (et malheureusement sur bien d’autres points également)…
    D’ailleurs, je veux bien tenir les paris sur le fait que si Tapie se présentait, encore aujourd’hui, aux présidentielles, il ferait plus de 20 % au premier tour, rien qu’avec son bagout.

    Maintenant, il ne s’agit pas, comme le précisait précédemment Aliocha, de faire de la divination, juste de constater que NS est un communiquant hors classe. Aussi peu sensible que vous soyez à titre personnel à ses « arguments » (ce qui est le cas d’à peu près tous les commentateurs, ici), en aucune manière vous ne pouvez préjuger de l’impact et de comment ses « bonnimenteries » seront reçues par 50 % de la population… leur incertitude est en soit un signe qu’ils peuvent être « persuadés », au delà de tous vos arguments.

    Bonne soirée itou.

    Commentaire par Incognitototo — 08/03/2012 @ 22:44

  68. @HbazaineHB : je ne me suis mal fait comprendre. Sachez avant toute chose que ce blog est allergique à la com’. Donc quand je parle d’un grand communicant, il n’y a pas d’admiration de ma part, mais au contraire une méfiance pour ne pas dire pire. La méfiance instinctive du journaliste contre celui qui par définition cherche à l’enfumer. En outre, je m’astreins à ne préjuger de rien. Et surtout pas de l’opinion du public. En revanche, j’observe la part grandissante que prend la com’ dans nos vies, de la pub savamment orchestrée pour le lancement d’un produit Apple à la « promotion » d’un candidat aux présidentielles en passant par le matraquage médiatique. Donc, je ne sous estime pas la force d’un communicant comme Sarkozy. Et je sais aussi que les médias se retrouvent toujours à un moment ou à un autre en situation de décalage plus ou moins important avec l’opinion. Comment je le sais, me direz-vous puisque par ailleurs j’avoue tout ignorer de l’opinion ? Très simple, à chaque fois qu’il y a consensus médiatique, il y a risque d’aveuglement. Parce qu’il n’est pas pensable que l’opinion du public – dont encore une fois j’ignore tout – puisse être aussi majoritaire et aussi tranchée que ce que pensent les médias. Je souligne que je raisonne en termes d’analyse de risque. Parce que les médias sont excessifs, ils sont le reflet poussé à l’extrême de l’opinion. Donc, quand ils parlent d’une irritation contre Sarkozy, ils ont sans doute raison. Mais quand ils en déduisent qu’il est cuit, ils quittent le terrain de l’observation pour celui de l’extrapolation. Mon billet n’est rien d’autre qu’une mise en garde contre les dangers de l’emballement. Je ne connais absolument aucune activité où le résultat d’une opération puisse être connu avec certitude à l’avance. Il n’y a que les médias pour avoir l’arrogance de préjuger du résultat d’une chose aussi imprévisible qu’une élection ou un referendum, et il n’y a que les médias pour surestimer à ce point leur capacité d’influence. Avec les résultats que l’on connait…Accessoirement, je rejoins Incognitototo sur le caractère en partie irrationnel d’une décision de vote et sa méfiance vis à vis des « études » et autres sondages.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/03/2012 @ 23:41

  69. Je suis tout à fait d’accord avec Aliocha : Sarkozy a été excellent en matière de communication car c’est un homme de marketting exceptionnel. Le seul problème est que si le vendeur est un grand pro, le produit vendu est mauvais, voire dangereux pour notre pays. À nous de ne pas nous laisser prendre et de décoder ce qu’il y a derrière le message qui, je le répète, est du grand à art. S’il est battu, je conseille à Sarkozy d’ouvrir une start up dans la com et s’il sait bien choisir les produits,qu’il devra défendre, il devrait faire fortune car c’est un vendeur de course !

    Commentaire par Chandernagor — 09/03/2012 @ 00:19

  70. Rassurez-vous Aliocha, avec Hollande, les risques d’emballement sont minimes.

    Commentaire par kuk — 09/03/2012 @ 01:46

  71. Je relisais l’autre jour, l’histoire des trois chevreaux. Quand le loup a fait toc toc pour entrer dans la maison et qu’il a déguisé sa voix pour imiter celle de la maman, j’ai pensé à Sarkozy. Et quand il a passé sa patte recouverte de farine, aussi. Mais foin du loup et tentons d’être objectif.

    En quoi « il » a été bon? Il a bien défendu son bilan économique et il n’a pas eu de mal, car il n’est pas mauvais. Il est constitué par ce qu’il a fait pour maintenir le navire à flot (principe de réalité), d’une part, et à part égale, il est ce qu’il a fait pour pouvoir se re-présenter de façon crédible. Comme on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre (principe de la démocratie représentative) le sortant fait en sorte de ne pas faire trop de conneries pour pouvoir se re-présenter. Bon, ceux d’en face qui veulent la place, noircissent le tableau et ils ont raison dans la mesure où le sortant le blanchit sans vergogne [en quoi les uns et les autres nous portent sur le système]. Nous nageons en pleine mer de mauvaise foi et sans bouée sur des « laissez-moi finir ma phrase qui va vous tuer net, vous vous défendrez après ». C’est vrai y a rien de plus agaçant, au moment où vous lui enfoncez la tête sous l’eau, que de voir la victime tenter de se dégager, sentant la mort venir [c’est l’essentiel de ce qui constitue un « débat » politique, que France2 a eu l’heureuse idée d’appeler « Duel » ]

    Mais à part le bilan moyen de cet homme politique moyen, comment trouver « bon » quelqu’un dont on n’a jamais pu supporter la vue? On voit là les limites de l’objectivité. Déjà, prononcer cette suite de sons s-a-r-k-o-z-i me fout des boutons. J’aimerais que ce nom, que cette voix, que ce visage, que cette silhouette n’aient jamais existé. Comme si le monde était divisé en deux : ce qu’il aurait été [ce qu’il aurait dû être] et ce qu’il est malheureusement. Ce type là, c’est un malheur, un traumatisme, une catastrophe naturelle, il marque la vie à jamais en y instaurant un avant et un après. Je suis comme celui qui a eu un accident et qui regarde un album photo et qui se voit en pensant irrémédiablement « avant sarkozy », « après sarkozy ». Avant, tel que ça devrait être encore si.., ressemble au paradis, au temps de l’innocence, de l’insouciance, de la vraie vie pleine et généreuse. Après, j’éprouve douloureusement la désolation, la présence des cavaliers noirs, de leur méchanceté et de leurs rapines, de leur fourberie et la nécessité de me réveiller, de m’armer d’une fourche et d’aller me joindre à la foule qui monte vers le château, ou bien de partir avec trois compagnons fidèles dans la forêt des elfes pour combattre la force obscure qui gagne chaque jour du terrain, telle la mort en personne.
    Pourtant, ce type là, si je fais un violent effort d’imagination, je m’aperçois que ça pourrait faire un bon copain. Sarkozy, c’est le genre de mec dont on se fait les amis, avec qui on déconne, on s’entraide, on est à la vie à la mort, on se retrouve toujours avec plaisir, on ne se prend jamais au sérieux, avec qui c’est toujours superficiel et c’est la perfection même. Ce gars là il a un bon fond. Mais alors, comment expliquer qu’il m’horripile?
    Pour le comprendre, il faut que je le compare à Eva Joly. Avec elle, je ne m’imagine pas une seconde faisant copain copain, elle m’ennuie rien que d’y penser, mais je l’aime, je l’imagine retroussant ses manches et nettoyant avec coeur et toute son âme, toute la vaisselle, toute la poussière, toute la merde, toute la corruption, toute la saleté qui se dépose « naturellement » du fait qu’il est plus facile de tricher et de mentir que de bosser et de dire la vérité. Il y a des gens qui se dévouent à la cause commune, qui ont la figure ridée et ringarde de nos parents et qui forment une espèce d’arc en ciel sous lequel les enfants jouent avec insouciance. Sarkozy n’est pas à sa place en tant que parent, il lui manque tout ce qui fait son charme en tant que déconneur. Et plus il fait d’efforts pour paraître un « grand », plus c’est insupportable : on sent qu’il s’enfonce dans le semblant et c’est ça la catastrophe, ça ne passe pas, ça horripile et ça doit s’arrêter de toute urgence. Il ajoute à la corruption alors qu’il est à la place de celui qui devrait l’enlever.
    Car, Sarkozy, pour moi, c’est le « genre » à ne pas s’en faire, à foutre le bordel dans la classe et à rigoler, à faire des effets de manche comme l’avocat qu’il n’a pas cessé d’être, c’est ainsi que je le vois, un « je m’enfoutiste » et il n’a rien à faire à la place du prof, du juge, de celui qui veille au grain et sur lequel je compte aveuglément. Au fond, je lui en veux de m’obliger à veiller au grain à sa place, à devoir le surveiller comme le lait sur le feu, à devoir assumer la place qu’il devrait occuper, à perdre ma confiance dans le genre humain, à devoir réfléchir sur le genre humain, au lieu de vivre avec innocence en croyant en la bonté naturelle de chaque homme et à son dévouement aux autres [l’idée de ce qu’est un « vrai » homme, comme l’ont incarné nos parents et qu’on leur laissait volontiers incarner, de telle sorte que nous, enfants, non encore des « grands » pouvions faire les cons et rigoler de tout et de rien, ah la belle vie! sans souci, sans problème]

    Commentaire par Bray-Dunes — 09/03/2012 @ 10:39

  72. @Aliocha

    Vous avez raison de recommander la prudence. Cela étant dit, il y a de nombreuses évolutions qui sont prévisibles en matière de vote et d’opinion publique, avec des incertitudes très faibles voire inexistantes. Et nous sommes dans une telle configuration. Le rejet de la personne de Sarkozy s’est construit sur 5 années et ne peut pas être défait en quelques semaines pour la simple raison que l’opinion publique aussi obéit à la loi des grands nombres et au principe d’inertie. La communication n’est pas de la magie. Elle doit compter avec le temps, l’inertie, la mémoire, … . En 2007, les médias ont vendu un candidat fictif que les Français connaissaient finalement peu au-delà de la mise en scène de ses activités de ministre de l’Intérieur. Et même en bénéficiant de cette formidable armada médiatique, et face à une adversaire PS taillée sur mesure par ces mêmes médias afin qu’elle soit aisément défaite, il n’a réussi à faire que 53%. On est donc loin d’une « bête communicante ». Sauf à estimer que Royal était une redoutable adversaire.
    Contrairement à ce que les agences de comm voudraient faire croire, la communication ne peut faire ou défaire que dans les cas de duels relativement serrés.

    Donc aujourd’hui, l’inertie acquise en matière de rejet populaire de Sarkozy, la campagne tranquille de Hollande et l’incapacité de Sarkozy à faire autre chose que du « 2007 » assurent l’inefficacité de toute « communication » à son service. Qui plus est, à partir de la semaine prochaine, même au sein des médias, les défections de son camp vont s’accélérer, affaiblissant toujours plus sa candidature.
    Même si Hollande était éliminé physiquement de la compétition, son successeur serait élu dans un fauteuil. Le seul cas où il pourrait perdre : si on le trouvait en train de faire du prosélytisme strauss-kahnien dans un hôtel!
    Et cela ne signifierait probablement que le report sur Bayrou des intentions de vote issues du rejet de Sarkozy.
    Pour paraphraser l’Eglise, lorsque c’est fini ou acquis et qu’il n’ y a plus rien à faire pour changer le cours des évènements. On peut dire que pour cette élection, « Ite Missa Est ». -)

    Cordialement

    HB

    Commentaire par hbazaineHB — 09/03/2012 @ 15:55

  73. Qu’est ce qu’être bon ? Il y a cinq ans, il aurait sans doute effectivement été bon. Malheureusement, appliquant les mêmes recettes et la même façon de faire cinq ans après, j’ai objectivement du mal à le trouver « bon ». Ou plutôt si, il a été le bon interprête d’un mauvais texte qui sonne faux.

    Comment croire à ses regrets sur le « casse toi pauv’con » quand on voit la vidéo avec l’agricultrice et les 40 hectares ? Ce rapprochement met cruellement en évidence, je pense, qu’il n’a changé et appris que sur la forme, et pas sur le fond. A partir de ce moment là, il est difficile d’être « bon ». La problématique n’était pas tellement son débat avec Fabius, mais sa possibilité à convaincre les français de son discours. Trois jours après, il ne semble pas avoir fait le saut dans les sondages qu’on pouvait attendre légitimement, et surtout, Hollande ne baissant pas, la très légère montée de Sarkozy ne se fait pas au détriment de son véritable adversaire.

    Je l’ai vu nerveux et mauvais face à François Lenglet, j’ai vu quelqu’un qui ressortait des vieilles rancoeurs d’il y a cinq ans face à Helene Juan, et qui, face à Nathalie Saint Cricq tentait de rejouer la complicité, le « vous et moi on se connait, je vous appelle d’habitude par votre prénom », quelqu’un qui s’est fait « servir la soupe » par FO Giesbert d’une façon étonnante…mais à aucun moment la question de fonds « pourquoi feriez vous mieux dans les cinq années à venir que précedemment » n’a trouvé de réponse.

    Commentaire par Marie-Aude — 10/03/2012 @ 02:46

  74. […] mon blog. C’est en ayant lu les commentaires des billets «Dahan ou la liberté de nuire»  et «Silence embarrassé»  de La Plume d’Aliocha que j’ai été inspirée pour publier ce billet. J’y ai découvert, […]

    Ping par Lundi magique d’inspiration : Citoyens, Citoyennes, Ayons La Volonté de Participer à Notre Avenir !!! Ne Nous Laissons Pas Berner Par Les Politiques « Blogueuse sur le Net pour un Monde Meilleur — 12/03/2012 @ 00:04

  75. Un dernier petit mot sur l' »excellent communicant » au discours fascisant (selon moi) et grand manipulateur via les media dont il use et abuse. La presse américaine, Time et Wall Street Journal, souligne sa xénophobie et son glissement à l’extrême droite , ce dernier l’appelle Nicolas Le Pen . Glorieux pour une fin de règne !

    http://globalspin.blogs.time.com/2012/03/08/sarkozys-xenophobia-french-president-panders-to-the-extreme-right/

    http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304450004577277241473592360.html?mod=WSJEUROPE_hpp_sections_opinion

    Quant à l’excellence de ses prestations sur des thèmes d’extrême-droite, son occupation permanente des media, ses meetings grandioses et spectaculairement mis en scène, même pas sûr que ça lui rapporte (selon le sondage le plus récent en tout cas) Communication, peut-être, soigne la forme peut-être et il y met le paquet, c’est vrai, tente de se fabriquer une image, joue de mises en scènes, mais le fond ne passe pas. Le contenu du message compte aussi. Et le contenu semble ne pas être reçu.
    Thank’s God !

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/13/un-sondage-tns-sofres-donne-hollande-quatre-points-devant-sarkozy_1667622_1471069.html#ens_id=1590109

    Commentaire par Salomé — 13/03/2012 @ 18:46

  76. la source,
    vu sur Libération http://www.liberation.fr/politiques/01012395445-le-logiciel-de-guaino-a-des-rates ;

    jolie aussi la séquence de ses supporters

    Commentaire par Salomé — 13/03/2012 @ 18:50


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