La Plume d'Aliocha

29/02/2012

Dahan ou la liberté de nuire

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:14
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C’est en regardant la dernière émission de Daniel Schneidermann  intitulée « Les enregistrements pirates, cette nouvelle culture populaire » que j’ai découvert l’affaire Dahan.  Pour les autistes dans mon genre qui ne seraient pas encore au courant de l’objet du buzz, il se trouve que l’humoriste Gérald Dahan a piégé au téléphone le candidat Nicolas Dupont-Aignan. En se faisant passer pour Eric Cantona, il a provoqué de sulfureuses confidences notamment sur Nicolas Sarkozy qualifié de « catastrophe ambulante ».  Si vous voulez en savoir plus, voyez ce papier du Parisien (document audio inside). La radio Rire et chanson a accepté de diffuser le canular. Mais le patron d’NRJ, groupe auquel appartient ladite station, a mis son veto. Officiellement, pour la raison suivante : « Après écoute, il nous est apparu que ce canular, outre qu’il n’était pas drôle, ne respectait pas la ligne éditoriale de la station, et ce quels que soit les personnages politiques visés».

Dahan sacrifié sur l’autel des intérêts d’NRJ ? 

En réalité, le vrai motif de ce refus serait la crainte  d’offenser le Chef de l’Etat au moment même où NRJ cherche à obtenir de nouvelles fréquences FM, dixit Gerald Dahan. Car selon lui, à l’origine il s’agissait uniquement de couper les passages concernant Nicolas Sarkozy et non pas d’interdire la diffusion. Refusant d’être censuré, l’humoriste a donné l’enregistrement à des journalistes qui l’ont mis en ligne.  Résultat des courses, il est viré.

J’avoue qu’à la place du PDG d’NRJ, je n’aurais pas diffusé ce canular.  Autant un humoriste doit bénéficier de la plus grande liberté possible lorsqu’il imite, caricature, moque une personnalité, autant nous sommes ici dans un scénario radicalement différent. Celui qui provoque malgré lui le rire ignore que ses confidences seront rendues publiques et se met potentiellement en risque, tandis que l’auteur du canular se contente d’en recueillir les bénéfices. La victime est piégée, provoquée à dire des âneries, enregistrée à son insu, et finalement soumise à la risée de tous, sans considération aucune du danger qu’on lui fait courir, au nom soi-disant de la liberté d’expression et du droit de rire de tout. En général, le ressort comique plus ou moins admissible de ce type de canular réside dans le fait qu’on amène la personne à croire en une situation absurde et à se ridiculiser en conséquence. Admettons que ce soit tolérable dans ce cas. Mais ici, il ne s’agit pas de cela. Dupont-Aignan n’est pas drôle parce qu’il croit parler à Cantona, il intéresse les chacals parce qu’il livre des commentaires outranciers, comme on le fait parfois quand on s’exprime en privé, sur des personnalités politiques.

Usurpation d’identité et provocation

D’accord, ce n’est pas drôle, mais c’est une information, me direz-vous, sur Nicolas Sarkozy-la-catastrophe-ambulante, sur le pansement-Hollande ou encore Bayrou-le-paysan. Ah ? Parce que les humoristes font de l’information maintenant ? Le simple fait de piéger un politique et de l’amener à faire des confidences sur les candidats à la présidentielle transformerait un amuseur public en journaliste et changerait un canular de mauvais goût en enquête  ? Entre nous, c’est le genre d’information qui ne mériterait pas le cul qui daignerait la chier (1). Et à supposer même que c’en soit une au regard du niveau affligeant du discours médiatique, il n’en resterait pas moins qu’elle a été obtenue de manière déloyale par usurpation d’identité et provocation. Puis diffusée de manière toute aussi déloyale.  Regardons les choses en face. Tout ceci n’a d’autre intérêt que le buzz.  Si l’humoriste rejoint ici le journaliste, ce n’est certainement pas sur le terrain de l’information, mais sur un travers commun aux médias, presse incluse, à savoir la recherche d’audience à n’importe quel prix. Sauf qu’en matière de presse, il existe un code éthique qui empêche en principe de faire n’importe quoi.

A ce stade, je vous mets en garde, je vais m’aventurer dans l’utilisation de concepts dépassés. Celui de responsabilité, par exemple. Les médias sont infiniment dangereux. Quand on travaille pour eux, on a la responsabilité permanente de ne pas nuire inutilement aux personnes que l’on projette  dans la sphère publique.  Et puisque je m’égare dans des valeurs passéistes, autant aller au bout. C’est aussi et peut-être surtout une question d’élégance morale (je vous avais prévenus !).

Encore et toujours la caricature

Qu’on ne s’étonne pas avec des méthodes pareilles que le public conspue les médias. Et qu’on ne vienne pas se plaindre du manque d’intérêt des français à l’égard des élections ou de leur méfiance vis à vis des politiques. L’anti-sarkozysme qui atteint des excès délirants, le goût des petites phrases plus ou moins assassines, le désintérêt à l’égard des sujets de fond, la critique systématique et caricaturale, la confusion de plus en plus grande entre humoristes et journalistes, tout ceci concourt à créer un climat déplorable. Dahan n’a fait qu’aller un peu plus loin que les autres, c’est tout. Et puisqu’il a entrouvert une porte, il est à craindre que des légions s’y engouffrent. Le fait que cela ne choque quasiment personne, pas même l’intéressé, est remarquable. On dit que Nicolas Dupont-Aignan aurait été embarrassé et en même temps plutôt satisfait du buzz ainsi suscité autour de sa campagne. Réaction sincère ou peur en s’indignant d’aggraver la situation ? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est qu’en ne protestant pas, il conforte un système affligeant. On ne peut donc que renvoyer dos à dos les protagonistes de cette triste affaire puisque, au fond, tous deux semblent y trouver un intérêt. Comédie humaine.

La vraie victime de tout ceci, c’est encore et toujours le public. C’est aussi une certaine idée de la démocratie. Car au nom de la transparence et de la liberté d’expression, on dessine une image du monde politique à la fois caricaturale et dévoyée. L’objectivité a depuis longtemps cédé la place aux analyses partisanes, nourries d’allergies épidermiques et d’enthousiasmes aussi fugaces qu’irrationnels. Le factuel s’incline face à l’opinion. La raison s’éclipse au profit de l’émotion. Et comme si cela ne suffisait pas, on simplifie au maximum le discours pour le rendre accessible à des citoyens que l’on imagine complètement décérébrés  et dont on pense qu’ils n’attendent qu’une chose, c’est de se divertir. Hors de l’éducation systématique à la bien pensance, pilotée par une certaine gauche germano-pratine aux tendances dangereusement messianiques, rien d’autre ne semble avoir d’importance. Ni l’intelligence du discours, ni le respect d’un certain nombre de valeurs. Moins encore la vérité ou à tout le moins la description objective des faits. Le résultat est à vomir.

(1) Cette savoureuse formule n’est pas de moi. Je l’ai tirée du film Molière avec Romain Duris et Fabrice Luchini.

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61 commentaires »

  1. 1) Vous croyez réellement que la plaisanterie de Dahan est responsable, ne serait-ce qu’en partie, de la méfiance des français vis-à-vis des politiques ? Ne croyez-vous pas plutôt que les promesses non tenues, les mesquineries de luttes de pouvoir et le faste dans lequel ils vivent OBJECTIVEMENT n’ont pas davantage entamé leur crédibilité ?

    2) Sur quels faits basez-vous le jugement que l’anti-sarkozysme atteint des excès délirants ?

    3) Croyez-vous vraiment que Dahan a ouvert une porte ? Que fait le Canard chaque semaine quand il rapporte des propos de couloir que les uns tiennent sur les autres sinon dénoncer cette gentille hypocrisie des membres d’une même équipe et ce jeu de rôles de perpetuelle opposition que nous mettent en scène les politiques eux-mêmes ?

    4) Le public victime de quoi ? Vous suggérez que ce genre de buzz occulte le reste, mais rien ne prouve que sans le buzzi, le reste aurait plus d’écho. Etait-ce mieux avant ? Les passions éphémères étaient-elles moins violentes ? Il me semble que l’époque actuelle a simplement décuplé les choix d’attention du public, alors que les sources étaient beaucoup plus restreintes auparavant. Regretter que la plupart des choix proposés soient d’une futilité totale, si vous voulez, comment comptez-vous combattre cela ?

    5) Vous parlez de l’objectivité de l’image du monde politique et semblez mesurer l’écart entre cette objectivité et l’image donnée par les media. Avec quel instrument de mesure évaluez-vous cet écart ?

    6) « Hors de l’éducation systématique à la bienpensance, pilotée par une certaine gauche germano-pratine aux tendances dangereusement messianiques, rien d’autre ne semble avoir d’importance. »
    J’avoue que je ne comprends pas cette phrase, ni à quels faits elle se référe.

    Commentaire par kuk — 29/02/2012 @ 10:13

  2. Bonjour Aliocha,

    « …je vais m’aventurer dans l’utilisation de concepts dépassés. Celui de responsabilité, par exemple. Les médias sont infiniment dangereux. Quand on travaille pour eux, on a la responsabilité permanente de ne pas nuire inutilement aux personnes que l’on projette dans la sphère publique. » Très belle profession de foi qui vous honore. J’ai cependant l’impression que vous véhiculez des valeurs décidément surannées auxquelles nombre de vos confrères n’adhèrent plus. Un exemple parmi beaucoup d’autres: http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1183018 et la réalité: http://www.charentelibre.fr/2012/02/16/nicolas-jacquet-le-procureur-n-est-pas-nicolas-jacquet-le-haut-fonctionnaire,1080076.php
    Ce simple, et triste exemple, illustre on ne peut mieux « le sérieux » de certains. Un nom est jeté en pâture au seul motif qu’il serait celui d’un ami de JP Raffarin (Ah, encore le complot semble-t-il). En plus, c’est paru dans un journal dit de référence!!! Les écuries d’Augias sont de plus en plus sales. Normal que le public s’en détourne comme vous le déplorez.
    Pour en revenir aux humoristes « officiels », ils sont de moins en moins drôles.Leurs prétendues « saillies » ont de plus en plus de mal à faire rire et votre savoureuse formule leur va comme un gant. Peut être Canteloup émerge-t-il encore du lot mais pour combien de temps encore?
    Vous fustigez, à juste titre, les amuseurs-journalistes, l’inverse est également vrai mais le rire suscité est de plus en plus jaune et de mis en moins drôle.

    Si vous souhaitez comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là (en dehors des traditionnels arguments avancés en la matière), je vous recommande la lecture du livre de José Ortéga y Gasset « La révolte des masses » publié aux Belles lettres (http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/11/14/la-revolte-des-masses-de-jose-ortega-y-gasset.html). Bien qu’il soit paru en 1929, ce livre est d’une actualité brûlante.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 29/02/2012 @ 10:14

  3. Le plus fou est que Dahan a piégé deux fois Nicolas Dupont-Aignan. Cela dit, c’est vrai que ça peut rendre le candidat sympa s’il en rigole et donc, peut-être, renforcer son opinion positive dans l’esprit du public. Il me paraît clair que c’est quand même du tout petit niveau, tant du point de vue humour que du côté stratégie politique. M’enfin…

    Globalement d’accord avec vous, aujourd’hui. Citoyens et politiques ne sont pas en reste, mais j’en arrive parfois à désespérer du niveau des médias dans cette campagne.

    Commentaire par Martin K — 29/02/2012 @ 11:13

  4. Bonjour Aliocha,

    Merci pour ces analyses qui prouvent qu’il y a encore des journalistes qui ont du jugement et de la droiture.

    Peut-être gagnerait-on beaucoup à considérer que la liberté d’expression n’est pas seulement la liberté de s’exprimer mais aussi la liberté de garder confidentielles ses opinions. En ce sens, la liberté d’expression inclurait la liberté de ne pas s’exprimer comme la liberté de circuler inclut la liberté de rester chez soi.

    Cela dit, je questionne la juriste que vous fûtes : usurper une identité pour soutirer et diffuser des informations confidentiels ne constitue-t-il pas un délit ? Le droit civil, du moins, n’a-t-il aucune jurisprudence sur ce sujet ?

    Commentaire par Physdémon — 29/02/2012 @ 11:30

  5. Cela dit, d’un mal peut surgir un bien. Je n’hésiterai plus à voter Dupont-Aignan !

    Commentaire par Physdémon — 29/02/2012 @ 11:37

  6. Pourquoi je pense, pour ma part que le sketch aurait du être diffusé (et ce même si je suis parfaitement d’accord pour dire que ce procédé est minable, et le truc pas forcément drôle… j’ai même pas envie de l’écouter):

    Il se trouve que c’est le concept même des sketch de Dahan. Trouver que le procédé est suffisamment minable pour justifier une non diffusion est une opinion tout à fait louable (et que je partage), mais la direction de la station de radio ne semble pas vraiment partager cette opinion puisque ce genre de canular téléphonique est diffusé depuis des années (pour mémoire, Ségolène Royal en avait été victime lors de la précédente élection présidentielle, et comme par hasard, personne à droite n’avait semblé gêné… et absolument personne n’avait envisagé un licenciement de l’imitateur).

    Commentaire par JaK — 29/02/2012 @ 11:50

  7. Je suis entièrement d’accord avec vous: c’est déloyal, pas drôle et moralement douteux.
    Je ne peux cependant m’empêcher de pointer une de vos contradictions. Vous dites: « Et à supposer même que c’en soit une au regard du niveau affligeant du discours médiatique, il n’en resterait pas moins qu’elle a été obtenue de manière déloyale par usurpation d’identité et provocation »
    N’était-ce pas vous qui regardiez avec bienveillance la méthode d’infiltration de journalistes?

    Commentaire par QIAH — 29/02/2012 @ 11:56

  8. @Kuk : C’est une interro écrite ?
    1) La plaisanterie n’est pas la cause mais le symptôme d’un système médiatique à la dérive, au moins sur le terrain politique.
    2) Sur le fait que des gens que par ailleurs j’estime et que je trouve brillants deviennent idiots dès qu’ils parlent de Sarkozy. Ils se reconnaîtront. Sur le fait que parler avec ses tripes n’est jamais bon. Sur le fait encore que je préférerais des enquêtes dénonçant ses fautes que des insultes, des exercices de psychanalyse sauvage et des pétitions de principe.
    3) Le Canard révèle des informations sur un mode satirique, il s’agit de journalistes. Pas de rigolos piégeant un politique pour se poser en martyre buzzique de la liberté d’expression.
    4) je ne m’embourberais pas dans le « c’était mieux avant » qui relève le plus souvent d’une perception subjective et n’a au fond que peu d’intérêt. C’est maintenant qu’il faut relever le débat, on se fout de ce qu’on faisait avant.
    5) Je mesure cet écart avec mon expérience de journaliste. Les exemples sont légion. On a encensé fut un temps Dati, c’est la plus piètre garde des sceaux que j’ai vu en 17 ans de métier, seulement voilà, elle est issue de l’immigration, c’est une femme et elle est jolie, ce qui a suffi à déclencher un aveuglement sur ses compétences proprement hallucinant. D’une manière générale, le discours tous pourris est erroné, au même titre que l’idée selon laquelle les politiques seraient des cons. C’est une conséquence de la simplification et de la caricature médiatique, à laquelle d’ailleurs les politiques participent largement eux-mêmes en cherchant à se mettre à la portée de tous pour des raisons purement électoralistes avec l’appui de leurs communicants, plutôt que de prendre le risque d’élever le niveau.
    6) Relisez le billet sur la polémique halal, la première réaction n’a pas été de se pencher sur les faits, mais de dire que le débat était nul et non avenu parce qu’il était déclenché par la mauvaise personne. Dans cet exemple, c’était particulièrement caricatural, mais c’est une mécanique permanente.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 12:04

  9. Ce n’est pas une interro, non. Ce système de numérotation, un peu abrupte, a juste pour but de définir précisément les questions et de faciliter l’indexation des éventuelles réponses. Merci pour votre réponse.

    Commentaire par kuk — 29/02/2012 @ 12:10

  10. @Physdemon : il faudrait que je me penche sur la question, je fais plutôt du droit boursier ces derniers temps. A vue de nez et sous toutes réserves, les enregistrements de conversation téléphonique à l’insu des intéressés, c’est pas autorisé. D’ailleurs dans les SAV téléphonique, on vous prévient quand on enregistre et on vous permet de refuser. L’usurpation d’identité, c’est pas bon non plus et c’est interdit aux journalistes par la charte d’éthique. Maintenant, les humoristes bénéficient – et c’est une très bonne chose – d’une certaine forme d’immunité.Je pense néanmoins que si Dupot-Aignan voulait l’attaquer, il pourrait trouver un fondement. Le problème dans les affaires dites de presse, c’est qu’il vaut mieux le plus souvent s’abstenir de faire un procès pour ne pas aggraver les choses en donnant une deuxième vie médiatique au sujet.

    @jak : les intérêts économiques comme ultime rampart de l’élégance, convenez que c’est piquant. Plus sérieusement, ce n’est pas parce que la censure part d’une volonté tout sauf morale qu’il faut en déduire que le document doit être rendu public. On ne serait pas arrivé à cette censure économique si l’auteur avait procédé lui-même à un tri entre ce qui était diffusable et ce qui ne l’était pas. Maintenant, vous pointez le vrai problème, celui de la censure économique, c’est à mon sens la plus importante aujourd’hui. Mais contre celle-là, c’est le silence radio.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 12:44

  11. Mais il me semble que la manière de le licencier jette un doute sur les raisons. L’eût on convoquer pour lui dire qu’il n’était pas drôle, tout se serait bien passé (ou pas), ce que prétend GD c’est qu’autre chose se joue que la liberté d’informer, de rire, et de faire rire …

    Commentaire par Totol — 29/02/2012 @ 12:47

  12. @QIAH : en effet, et c’est d’ailleurs le thème de l’émission de Daniel. Les questions éthiques par définition n’ont jamais de réponse pré-déterminée. Comme me le disait un jour un déontologue, mon métier commence là où s’arrêtent les textes. Sur ce sujet, je propose de transmposer le raisonnement de la cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci admet des atteintes aux droits type vie privée au nom du droit à l’information si l’information en question est si nécessaire au public qu’elle justifie que d’autres droits d’égale valeur cèdent le pas. Piéger un individu en le mettant en danger, dans le seul but de faire rire, vous trouvez que c’est justifié ? En revanche, que les journalistes fassent évoluer leurs méthodes à mesure que les communicants nous opposent un mur de verre infranchissable, à mon avis ça fait du sens. Mais je reconnais que l’exercice est très délicat et doit être jugé au cas par cas, entouré de précautions et utilisé de manière proportionnée. Tiens, c’est le mot que je cherchais, proportionné. Tout est question de proportion dans ces affaires là.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 12:51

  13. @Totol : ce n’est pas parce qu’il a été censuré pour de mauvaises raisons qu’il ne méritait pas d’être censuré pour d’autres raisons bien plus pertinentes. Mais évidemment, c’est plus porteur pour lui de se positionner en victime de la liberté d’expression. Et ce n’est sans doute pas faux. C’est simplement hors sujet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 12:52

  14. Beaucoup plus important que les pitreries de Dahan, (via @si) : http://www.lefigaro.fr/international/2012/02/28/01003-20120228ARTFIG00604-syrie-a-baba-amr-il-temoigne-de-l-enfer.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 13:00

  15. D’après JM Aphatie, Daniel Schneidermann se lance également dans le comique: http://www.rtl.fr/blog/aphatie/sarkozy-hollande-schneidermann-mazette-29-02-7744452870

    Le mélange des genres est forcément mauvais (comme le choc des égos d’ailleurs). Quant aux commentaires outranciers, ils font décidément florès.

    Bon après-midi

    Commentaire par H. — 29/02/2012 @ 13:13

  16. @Aliocha : j’ai fait l’erreur au point 4 de poser plusieurs questions. Du coup, j’obtiens une réponse sur la plus simple, mais pas sur celle qui m’intéresse le plus : comment combattre cela, comment élever le débat ? Je suggère à ceux comme nous qui déplorons l’ensevelissement des débats intéressants (car ils existent et se tiennent) dans des décombres de futilités médiatico-nombrilistiques, de cesser même de déplorer cet état de fait qui ne participe qu’à l’amplifier en lui donnant un écho supplémentaire, et de s’astreindre à ne plus parler que de ces débats et problèmes qui nous intéressent. Si vous avez d’autres solutions je suis preneur.

    Commentaire par kuk — 29/02/2012 @ 13:33

  17. @kuk : pour les journalistes, bosser. Pour la com’, s’auto-détruire. Pour les politiques, chasser leurs communicants à coup de pied dans le cul. Pour le public, voter avec ses pieds et ne lire écouter ou regarder que ce qui présente de l’intérêt.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 14:19

  18. @laplume

    Ce qui me gène dans votre « réponse » à cette non question, c’est que vous faite une passe à vide, digne d’El Cordobes …

    Vous expliquez que c’est pas bien parce qu’il met en danger Dupond-Aignan en usurpant une identité, en enregistrant la conversation blablabla que c’est pas légal blablabl… et que c’est pour cela qu’il faut le censurer…

    Maintenant ils auraient tous deux parlé de hollande et de son pistolet à bouchon ou de tout mou du centre ou eva la petite maison dans la prairie, il n’aurait pas été censuré. C’est cela que vous occultez avec brio, tout le monde s’écharpe sur dahan et le procédé. C’est le contenu qui a été censuré, pas la méthode. C’est d’autant plus problématique qu’une bonne partie des gens le pense vraiment ce qui a été dit. Maintenant je l’ai même pas entendu alors…..

    Vous savez les canulars pas drôles de Lafesse qui font passer les gendarmes pour des idiots ou des ivrognes, ça fait bouger personne, pourquoi bouger dans ce cas ? Ca c’est la bonne question, pourquoi maintenant…

    A la cinquo de la tarde Olè.

    Commentaire par herve_02 — 29/02/2012 @ 14:24

  19. @H : ce qui m’horrifie dans cette polémique, ce sont les attaques injustes et pour tout dire scandaleuses dont est victime le cassoulet. J’attends avce impatience qu’une association de défense du cassoulet assigne en justice Daniel pour lui faire rendre gorge. Hélas, je pense qu’il n’y a pas d’association de défense du cassoulet. Ni d’association de libération des haricots enfermés dans la boite et moins encore de canards privés de sépulture. Dommage.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 14:25

  20. @Herve_02 : je suis trop jeune pour avoir vu El Cordobes toréer, mais je vous crois sur parole. Tiens d’ailleurs, j’attendais des félicitations sur la photo que c’est moi-même qui l’ai faite lors de la féria des vendanges à Nimes, mais bon… 😉 Sinon, je n’élude pas, je discute à mon sens du vrai problème qui n’est précisément pas la censure avantageusement invoquée par Dahan, mais celle qu’il aurait du réaliser lui-même. Et en fait, je pars de l’avis d’un confrère qui, à ma très grande surprise, n’était pas choqué par la méthode. Ce que je mets sur le compte de son anti-sarozisme virulent. Sur Lafesse, que je connais contrairement à Dahan, j’adore le type qui fait griller son poulet sur l’antenne télé d’une pauvre dame. Si j’avais entendu les autres pièdes de politiques de Dahan, cela m’aurait sans doute énervée, c’est celui-ci qui est tombé dans mon viseur.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 14:43

  21. Dahan s’est rendu « célèbre » en piégeant Zidane qui relaya la demande de celui qu’il pensait être Chirac dans ce sketch mémorable des bleus « chantant » la Marseillaise la main sur le coeur… Hin ! Hin! Hin! du plus haut effet comique ! Encore… S’il les avait convaincu de faire cocorico avec une plume où je pense… J’aurais compris !
    Ce coup-ci Dahan qui ne manque pas de ressort… jouant le footballeur piège le politique et lui fait dire que Sarko est un gros naze ! Bigre…
    Dahan quitte « Rire et chansons » mais « Je rote je pète rien ne m’arrête » lui tend les bras… Ouf !

    Aliocha, merci pour la formule que je reprends à mon compte : ce débat ne mérite pas le cul qui daignerait le chier et je pense que celui qui en est l’objet non plus !

    Vous m’avez convaincu, je m’en vais lire l’interview de Carla…

    Commentaire par Memepasmort — 29/02/2012 @ 14:43

  22. @ laplumedaliocha

    Je suis d’accord avec vous sur le principe, entièrement d’accord, la liberté d’expression ne doit pas devenir liberté de nuire. Et tous ces « humoristes » sans humour, qui ne font rire que par la méchanceté, sont vraiment pénibles.

    Cela dit, tout cela, ce n’est que l’écume…

    Nous sommes très probablement à la veille d’un collapsus financier mondial de première grandeur, pire que tous ceux que nous avons connus jusqu’ici, les centaines de milliards mis sur la table jour après jour, plan de sauvetage après plan de sauvetage, sommet de la dernière chance après sommet de la dernière chance, ne font qu’en retarder un peu l’échéance, la campagne électorale française pourrait être l’occasion d’en parler, de cette catastrophe à venir, de chercher sinon des parades au moins des moyens d’en amortir les conséquences, elle n’est que l’occasion de promesses irresponsables, de petites phrases ridicules et de blagues de potache… c’est consternant, désespérant.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/02/2012 @ 15:04

  23. Vous parlez bien du cassoulet de Castelnaudary, j’espère, pas des pâles ersatzs qui en tiennent parfois lieu. -;).

    Commentaire par H. — 29/02/2012 @ 15:04

  24. @ Denis Monod-Broca

    Je partage hélas votre point de vue (http://chevallier.biz/2012/02/bce-encore-des-centaines-de-milliards-d%E2%80%99euros-et-des-milliards-de-dollars/). Comme le dit si bien JP Chevallier, ça ne peut pas durer éternellement (cf également http://www.alaindebenoist.com/pdf/dette_publique.pdf).

    Lisez « La Grève » d’Ayn Rand aux Belles lettres: description quasi-conforme et prémonitoire (première parution en 1957) de la situation de notre pays.

    Commentaire par H. — 29/02/2012 @ 15:12

  25. Bravo Aliocha !
    Poursuivez sur cette voie, vous avez tout mon soutien.
    Le genre de démarche que vous critiquez (au vrai sens du terme) ici, s’apparente pour moi, au-delà du manque de respect, à de la violence psychologique et de la violence verbale qui ne cessent malheureusement d’envahir progressivement le mode relationnel humain dans l’indifférence générale.
    La liberté est un bien précieux, durement acquis, que nous n’apprécions plus suffisament et dont nous n’acceptons plus le prix. Nous risquons fort de ne le comprendre que lorsque nous la perdrons.
    Votre sens des valeurs vous honore. Votre besoin de vous en excuser, avec une forme d’humour sympatique, s’avère un triste symptôme supplémentaire de ces dérives relationnelles.

    Commentaire par Limila — 29/02/2012 @ 15:36

  26. D’accord avec le billet sur le fond, la méthode est plutôt mauvaise en l’occurrence, et le supposé effet comique assez inexistant (en même temps, suis-je le seul à trouver que les comiques actuels sont peu drôles, à quelques exceptions près, et à regretter l’humour des inconnus, malgré leur manque d’engagement politique ?).

    Par contre, il y a une phrase que j’ai vraiment pas compris, c’est « Hors de l’éducation systématique à la bien pensance, pilotée par une certaine gauche germano-pratine aux tendances dangereusement messianiques, rien d’autre ne semble avoir d’importance. »
    Malgré toute ma bonne volonté, j’avoue que je ne pige pas ce que vous dénoncez précisément. Et le rapport avec la gauche m’échappe aussi — tout comme ce qu’est exactement une « gauche germano-pratine ». Est-ce qu’il y a un lien avec le SPD allemand ? 😉

    Commentaire par Jor — 29/02/2012 @ 16:20

  27. @Jor : normal, cette phrase n’est intelligible que si l’on habite à Paris, sur la rive droite ;-), qu’on mange plutôt des spaghettis que du caviar, qu’on a moins de 60 ans et qu’on n’appartient ni à l’élite médiatique, ni au monde de l’édition. Les conditions sont cumulatives.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 16:43

  28. D’accooooord, ça fait partie du contenu crypté de votre blog, pour lequel il faut un abonnement je présume… Où est-ce qu’on s’inscrit ? :-p

    Commentaire par Jor — 29/02/2012 @ 16:50

  29. @Jor, je vérifie tous les critères, mais j’ai eu du mal aussi. Wikipédia m’a un peu aidé.

    Commentaire par kuk — 29/02/2012 @ 17:34

  30. @Jor & Kuk : tsssss, pas la peine d’aller sur wikipedia, si vous êtes souvent d’accord avec Joffrin, Szafran, Julliard, Plenel, vous êtes gauche germano-pratine, selon des nuances à préciser en fonction de votre proximité avec l’un ou l’autre. Si vous préférez Aphatie, alors vous êtes anti bien pensance de gauche germano-pratine. Et si vous êtes d’accord avec moi, alors j’ai le regret de vous informer que vous êtes au milieu de nulle part. Notez, « il y a des nulle part qui sont au coeur des choses » (dialogue de Pascal Jardin, Angélique et le Roy)

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 17:49

  31. En soi, ce que dit Dupont D’aignan, ne me semble pas faux. Ce n’est pas le délire d’un fou furieux qui nécessiterait qu’on lui passe la camisole et qu’on annule le sens de ce qu’il avance. C’est manifestement ce qu’il pense, puisqu’il le dit en croyant être dans les circonstances normales de la vie normale : cela ajoute donc du poids à sa parole et nous fait sortir de la langue de bois et ses éléments de langage assommants et ridicules.
    Sur la forme : tout le problème est de savoir si ces propos étaient diffusés avec ou sans l’accord de Dupont-Aignan. Comme il me parait impossible que l’on puisse diffuser un surprise surprise sans le consentement du piégé, j’en conclus que Dupont-Aignan était d’accord et que la raison pour laquelle ces propos ont été censurés était qu’elle portait atteinte à l’image du président.

    Commentaire par Bray-Dunes — 29/02/2012 @ 18:51

  32. @31 Bray-Dunes

    +1

    Commentaire par herve_02 — 29/02/2012 @ 19:39

  33. @31 Bray-Dunes

    … qu’elle portait atteinte à l’image du –président– candidat, pas président.

    Commentaire par herve_02 — 29/02/2012 @ 19:40

  34. Bonsoir,
    Sur Europe1 avec Poincarré vers 18h40, ce soir, J Quatremer donnant des exemples de la presse française de connivence: Joffrin alors patron de Libé interdisant que soit sorti par Libé le scoop sur DSK et sa collaboratrice hongroise au FMI (c’est le wallstreet journal qui le sortira), la presse dans son entier n’enquêtant pas sur la réalité de la dégradation des facultés de J Chirac aprés son AVC de septembre 2005; l’interview de DSK par Claire Chazal sous-titrée sur CNN par un bandeau « DSK interviewé par une amie de sa femme »…

    Chère hôtesse vous avez du boulot…

    Commentaire par araok — 29/02/2012 @ 20:07

  35. @Bray-Dunes : vous me collez un doute. J’ai compris personnellement que l’intéressé se découvrait à l’antenne, et non pas qu’on lui demandait l’autorisation de diffuser. On m’a dit qu’il avait déjà fait le coup notamment à Dame Le Pen, je la vois mal autoriser ce genre de truc, grande gueule anti-système et super victimisation comme elle est. Pour le reste, quand vous dites du mal d’un membre de votre famille, d’un pote ou d’un collègue de boulot dans un mouvement d’humeur, vous êtes sans doute sincère, avez-vous envie pour autant qu’on diffuse le truc à l’antenne après vous avoir enregistré par surprise ? Moi qui suis très colérique, si on me faisait un truc pareil, le monde entier voudrait ma peau 😉 Mais vous pointez le vrai problème, la généralisation de la langue de bois explique le goût de la petite phrase et de la confidence volée. Quand je vous dis que la com’ tue.

    @araok : et voilà, le vrai problème est là. Du coup, on va chercher la liberté ailleurs. Le drame du journalisme français, c’est qu’il est courtois, vicieux et revanchard. Devant le pouvoir, au lieu de parler clair et franc, on s’incline façon « touchez ma bosse mon seigneur » (Jean Marais dans Le Bossu) et ensuite on se venge, généralement quand la personne est à terre ou sur le point de l’être….Si nous exercions sainement, tranquillement mais fermement notre job, nous n’aurions pas besoin d’espérer qu’un humoriste passe derrière pour faire le boulot qu’on s’interdit de faire. C’est pourquoi je n’aime guère le mélange d’humour et de journalisme, c’est à mes yeux le signe d’une faillite de la presse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 20:55

  36. @ Aliocha :

    Pour en revenir à Molière, on pourrait citer, concernant Nicolas Dupont Aignan : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère? ».

    Connaissant les sorties dont est capable notre « Canto » national, comment est-il même concevable de se laisser aller à ce genre de confidences? Le mystère reste entier.

    Je n’ai pas écouté le canular en question, mais ça me semble se rapprocher de ce que faisait Marcel Béliveau avec sa caméra cachée, et Jacques Legras avant lui : on piège les gens, pour ensuite leur montrer la caméra et dégonfler le canular.

    Cela a-t-il été fait pour Dupont Aignan? Je ne sais pas.

    Il me semble surtout que c’est la personne du président de la république qui amorce la réaction en chaine..; trop d’anti-Sarkozysme depuis trop longtemps, un contexte particulier, et voilà.

    Après, pour l’usurpation d’identité… j’ai un peu de mal à vous suivre, je veux dire que j’ai un peu de mal à savoir, à sentir où vous voulez en venir.

    Florence Aubenas n’a-t-elle pas usurpé l’identité d’une madame-tout-le monde pour pouvoir intégrer le milieu sur lequel elle a pondu son enquête « sur le quai de Ouistreham »? Quid de la confiance des personnes avec lesquelles elle a travaillé? Connaissons-nous les réactions de celles qui ont appris la véritable identité et le véritable métier de la journaliste après coup? Elles auraient tout aussi bien pu (à juste titre) se sentir piégées… sans que pour autant Florence Aubenas n’ait agi avec une quelconque malice, ni même n’y ait songé.

    Après, la pléthore d’humoriste qu’on nous inflige, et leur diarrhée de textes, sketches, vannes mêmes pas drôles… ça m’épuise! Moi qui suis un fidèle de la matinale de France Inter (C’est pas trop Germano-Pratin, j’espère? 😉 ), je fuis systématiquement les interventions de Sophia Aram, tant elle me donne des boutons!

    Elle revendique le droit d’être mauvaise… je revendique celui d’être d’accord avec elle.

    Pour la photo, bravo! C’est la classe, et c’est un piètre photographe qui vous le dit!

    Et puis le pompon :

    Notez, “il y a des nulle part qui sont au coeur des choses”…

    Là, ça me scotche! C’est beau… c’est touchant.

    Merci pour cette dernière citation. J’espère que vous continuerez encore longtemps à nous proposer ce genre de pépites, parce que c’est émouvant.

    Commentaire par Zarga — 29/02/2012 @ 21:38

  37. Maintenant, je serai curieux de savoir combien de points Nicolas Dupont-Aignan a gagner dans les sondages.

    D’ailleurs, si les prochains sondages montraient que la côte de NDA a effectivement pris quelques points après cette affaire, je ne serai pas étonné que tous les conseillers politiques suggèrent à leur candidat de tenter l’expérience de cette subtile stratégie du « pseudo off par usurpation ».

    Commentaire par Oeil-du-sage — 29/02/2012 @ 21:39

  38. Aliocha, je suis désolé de vous avoir coupé dans votre colère qui sur le fond est justifiée. Mais je pense qu’en l’occurrence, le véritable problème n’est pas que Dahan ait publié les propos de Dupont-Aignan sans le consentement de celui-ci. Dupont-Aignan a tellement peu accès aux médias que pour une fois qu’on l’entend parler et pour nous dire, sans savoir que cela serait publié, donc le plus innocemment du monde, ce qu’il pense de Sarkozy, qu’on ne peut qu’être content pour lui : enfin on peut entendre le son de sa voix ! Non, le problème, qui n’a pas suscité l’indignation de la presse, c’est que Dahan se soit fait virer du jour au lendemain par NRJ qui a donné comme raison : cela n’est pas dans la ligne éditoriale. En regardant le télé et notamment, les chaînes d’info en continu, qui nous passe du Sarko en boucle, et quand on constate la violence de la riposte pour dégommer la tête qui dépasse et la langue trop bien pendue, on ne peut que se demander si Sarkozy n’est pas, finalement, tel que le dit Dupont-Aignan (j’espère ne pas vous attirer d’ennuis en disant cela, par les temps qui courent, on prendrait peur, surtout surtout, surtout en voyant que tout le monde roupille dans la presse dès qu’il s’agit de défendre la liberté d’expression).

    Commentaire par Bray-Dunes — 29/02/2012 @ 22:57

  39. Bonsoir Aliocha,

    J’ignore si cela a été pointé dans les commentaires précédents (maudite flemme quand tu nous tiens), et d’ailleurs au départ je ne voulais pas vous poser la question sachant que vous ne vous placiez pas ici sur le terrain du journalisme mais de l’humour mais en lisant ce passage – « Et à supposer même que c’en soit une au regard du niveau affligeant du discours médiatique, il n’en resterait pas moins qu’elle a été obtenue de manière déloyale par usurpation d’identité et provocation. Puis diffusée de manière toute aussi déloyale. » – je vous la pose finalement :

    Comment réconciliez-vous cette idée d’une info (« à supposer sue c’en soit une) obtenue de manière « déloyale » – et donc choquante – avec votre défense de la technique journalistique d’investigation infiltrée comme pratiquée dans l’émission « Les infiltrés » qui fit débat ?

    Commentaire par graphiclinesGwynplaine — 29/02/2012 @ 23:19

  40. @Gwynplaine : contente de vous revoir, Twitter est en panne ? Je vous taquine 😉 Vous ne deviez pas m’envoyer des billets ? Je vous taquine (one more time). Votre question est fort judicieuse, mais il se trouve que QIAH me l’a posée avant vous. Réponse en 12. (Moi aussi je suis flemmarde 😉 )

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/02/2012 @ 23:49

  41. […] background-color:#222222; background-repeat : repeat; } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 4:52 […]

    Ping par Dahan ou la liberté de nuire | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 29/02/2012 @ 23:52

  42. @Aliocha

    « C’est pourquoi je n’aime guère le mélange d’humour et de journalisme, c’est à mes yeux le signe d’une faillite de la presse. »

    J’espère que vous ne visez pas le Canard quand vous dites ça ! Le volatile est certainement un exemple d’indépendance que la plupart des autres médias de notre pays gagneraient à suivre.

    Sinon pour répondre à votre commentaire 30, pour savoir avec qui on est d’accord ou pas, je ne me détermine généralement pas selon l’auteur d’un article (même si ça peut éventuellement jouer pour des sujets très pointus que je maîtrise mal), mais plutôt au cas par cas. Et encore, généralement j’aime avoir plusieurs points de vue argumentés et contradictoires avant de me faire une idée… Les choses sont tellement compliquées qu’il est parfois difficile de se faire une opinion objective, même avec la meilleure volonté du monde.

    Commentaire par Jor — 01/03/2012 @ 00:47

  43. @Aliocha
    « de manière déloyale par usurpation d’identité et provocation », dites-vous.
    Dahan a en effet provoqué son interlocuteur, s’agissant du candidat Sarkozy. Il en convient lors du débat chez Schneiderman. Débat passionnant, d’ailleurs.
    Mais l’usurpation d’identité, personne n’en parle.
    Le talent de Dayan est certain. Mais qu’en pense Cantona ?

    Commentaire par PL & Annie Osty — 01/03/2012 @ 03:02

  44. Ce que je retiendrais de cette affaire.
    Le son de la voix de Dupont-D’Aignan et la question pourquoi est-il quasi interdit d’antenne, quelle est la puissance qui fait que lui, Poutou etc …ne soient pas « intéressants » alors que dès que Hollande tousse ou que Sarko pâlit (sous son fond de teint), tous les médias sont à leur chevet, aux petits soins, avec la boîte de cachous et celle de cirage ….Que les humoristes aient du pain sur la planche avec une presse aussi insignifiante et cireuse de pompes, on ne peut que le regretter, Aliocha.
    Deuxième problème : les propos de Dupont-D’Aignan ne sont vraiment pas gentils pour Sarko. Et ne faut-il pas éviter, à tout prix, de tomber dans les insultes bêtes et méchantes de cour de récréation ? Certes, sauf si elles sont argumentées. Imaginons un élève qui vienne dire Simon est un con. Allons-nous le punir pour insulte à ses camarades ou bien allons-nous lui demander ce qu’il entend pas là ? Que Hollande dise que Sarko est un sale type, pourquoi pas, on est libre de dire ce genre de choses, à ma connaissance, sauf que s’il ne nous dit pas en quoi il est le sale type en question, il nuit au débat public en le limitant au plan plan de l’injure qui comme chacun sait est une impasse. Donc condamner les propos peu amènes sur une personne du fait qu’ils nuisent à son image, me parait liberticide : il doit être possible d’appeler un chat un chat et un salaud un salaud, à la condition de l’assumer et de le montrer.
    Trosième problème : le piège dans le piège. Hortefeux laisse échapper une phrase où il semble montrer un certain ras le bol devant la présence d’un certain type de personne et le piège se referme sur lui du fait qu’il ne peut interdire sa diffusion, sans reconnaître du même coup qu’il ne veut pas qu’on sache ce qu’il a vraiment dit. Idem, Royal qui parle des enseignants. Depuis que voit-on ? Les hommes politiques se parlant avec la main sur la bouche, entourés d’une nuée de barbouzes prêts à avaler tout cru le moindre portable suspect. Qu’ont-ils donc à cacher se demande étonné le quidam de base qui a de plus en plus l’impression d’être dans un thriller américain avec Robert de Niro en guise de président et une clique au pouvoir en cheville avec la mafia pour faire le sale boulot. Dupont-D’Aignan est-il ou pas d’accord avec la diffusion de ce qu’il a vraiment dit ? That is the question. S’il l’est, alors qu’il s’explique. S’il ne l’est pas, alors il y a bel est bien un piège dans le piège, celui de la vérité qui nous oblige, dans les interstices où elle parvient à passer pour se dire (oui sarko est un .., oui les enseignants devraient …), à nous expliquer avec nous-mêmes. Je parie que Dupont-D’Aignan, piègé par Dahan, se demande pourquoi il n’a pas le courage d’expliquer en quoi Sarko est un …

    Commentaire par Bray-Dunes — 01/03/2012 @ 08:52

  45. « Germano-pratine » référence au quartier de Saint-Germain des prés,surtout d’après guerre avec ses caves et ses artistes « rouges ou roses » pratiquant la vie de bohème sans les soucis financiers qui lui sont ordinairement rattachés, si j’en crois la chanson éponyme de Charles Asnavour…

    Commentaire par fultrix — 01/03/2012 @ 10:01

  46. @Jor : je ne vise pas le Canard, au contraire, la France peut être fière d’avoir enfanté ce volatile qui intrigue notamment de manière prodigieuse les américains. Mais entre nous, je ne le lis jamais, précisément parce que l’information satirique n’est pas ma tasse de thé.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/03/2012 @ 10:14

  47. On se moque volontiers de quelqu’un dont l’opinion est considérée comme risible par le plus grand nombre.
    Dahan, l’air de rien, en prenant l’anti-euro Dupont-Aignan comme cible, défend l’idéologie dominante pro-euro.
    Il n’est décidément pas drôle du tout.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/03/2012 @ 10:17

  48. Bray-Dunes : Hollande n’a jamais dit que Sarkozy était un « sale type ». Enfin, c’est plus compliqué que ça.

    Sur le sujet du billet, je suis 100% d’accord. Il ne faut pas confondre le Bouffon et le Barde. Le Bouffon peut dire son fait au Prince en prenant le Peuple à témoin. Le Barde doit dire la vérité au Peuple, quoiqu’en pense le Prince. Les humoristes peuvent parfois relever des choses qui échappent aux journalistes (en jouant sur une coincidence amusante, par exemple), et ces derniers peuvent présenter leurs informations avec humour, ça reste deux professions distinctes. Un des signes les plus alarmants de l’état pitoyable du journalisme aux États-Unis post 11 septembre, alors qu’auparavant les journalistes américains étaient loués pour leur incisivité, c’est la popularité qu’a gagné le Daily Show (une parodie de journal télévisé moquant les vrais, diffusé sur une chaîne d’humour) comme SOURCE D’INFORMATION auprès du public américain. Au point que Jon Stewart, l’animateur du show, s’est senti obligé de rappeler à plusieurs reprises qu’il n’est PAS journaliste, mais humoriste. D’ailleurs, c’est grâce à une tirade sur ce sujet qu’il a contribué à faire virer de CNN un duo de polémistes qui se la jouaient Statler et Waldorf (un peu comme Zemmour et Naulleau chez nous).

    Commentaire par Schmorgluck — 01/03/2012 @ 10:33

  49. @ Aliocha :

    Twitter marche très bien 🙂 Mais il ne m’empêche pas de venir vous lire encore, même si je ne commente plus tellement (et que je ne prends plus le temps de lire les commentaires non plus 😦 ). Quant aux billets ils sont dans les tuyaux mais ça prend du temps d’écrire quand c’est pas son métier (puis en plus des deux que j’avais en tête un troisième est venu se greffer).

    (Et votre mail, il est en panne 😉 Non parce que je vous en ai envoyé un et n’ai pas eu de réponse… Je vous taquine.)

    A bientôt.

    Commentaire par Gwynplaine — 01/03/2012 @ 11:13

  50. Merci pour cette stimulante réflexion sur le « buzz » Dahan / Dupont-Aignan.

    Je me permettrais tout de même d’ajouter que s’il existe une victime, le public, j’ai bien peur qu’elle fut consentante.

    Je doute que la partie du public férue d’analyses plus fines de la vie politique ne réserve plus qu’un regard vaguement consterné par l’outrance des propos tenus par le piégé ou du procédé employé pour les obtenir. Mais force est de constater que cet incident fera jaser une autre partie du publique, d’ailleurs pas forcément exclusive de la précédente, qui se régale de la violence des coups échangés entre les gladiateurs de l’arène politique surexcités par l’approche des élections.

    Même s’il est de bon ton de s’en insurger, ce goût pour l’obscénité n’est-il pas aussi ce qui distingue un public ouvert d’une élite étriquée ? N’est-il pas souhaitable que les médias canalisent les aspirations malsaines du public et laissent ce plaisir aux politiques, par exemple ?

    Commentaire par Gram — 01/03/2012 @ 11:50

  51. @Aliocha (46):

    Là où vous voyez de « l’information satirique », j’y vois principalement de l’information classique, mais traitée sur un mode satyrique 😉

    Sinon je sais pas si je suis totalement HS avec ça, mais cet article d’éconoclaste m’a fait penser à la com’ politique, qui est un de vos sujets de prédilection (voir en particulier les commentaires de l’article, où ça parle de la responsabilité de la presse de dénoncer les mensonges politiques) http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2012/02/28/1908-la-revanche-des-bonimenteurs

    Pour le coup ce qu’il faudrait c’est une émission assez sérieuse pour bien démonter les mensonges des politiques, mais assez drôle pour toucher un large public…
    Un peu comme le Magazine de la santé permet de vulgariser un peu l’information médicale, et touche un plus large public grâce à l’humour des présentateurs et présentatrices.

    Commentaire par Jor — 01/03/2012 @ 12:27

  52. J’aime bien l’empêchement tiré de l’usurpation d’identité, surtout qu’un tel empêchement pouvait être levé, pour cause de mort naturelle de la victime, en tout dernier lieu : ce n’enlevait pas le droit de faire des canulards : ce limitait seulement le droit d’usurper identité.
    J’aime moins l’argument tiré de ce que devrait être une enquête : la vie serait quand même plus douce sur terre si les interrogatoire de police, les cours de faculté comme les décrets présidentiels se faisaient en langue plus choisie !? Si, si, le rire peut être un moyen de gouvernement.

    Commentaire par Hub — 01/03/2012 @ 13:21

  53. Je me rappelle de la réaction à la phrase prononcée par Royal à propos des enseignants : — encore une petite phrase — tirée de son contexte — par un procédé déloyal — exploitation honteuse par le droite — etc. Le fait est que cette phrase a peut-être fait perdre l’élection à Royal. Pour autant, c’était ce qu’elle pensait vraiment. J’en conclus que ceux qui criaient à la félonie avaient moins d’égards pour la vérité que pour la victoire (suivant le principe que seule la victoire est belle et que la fin justifie les moyens).
    Je vais m’amuser à prendre une petite phrase au hasard sur cette page et je vais tenter de montrer que ce n’est pas parce qu’elle est petite qu’elle est insignifiante (après tout, l’article 1 de la constitution n’a qu’une ligne et personne ne doute qu’il ne soit hautement signifiant).
    Gram écrit : « n’est-il pas souhaitable que les médias canalisent les aspirations malsaines du public »….
    à propos de Dupont-D’Aignan qui dit de Sarkozy qu’il est une catastrophe ambulante.
    Je ne vous connais pas, Gram, mais je déduis de votre petite phrase que vous êtes ou bien de droite ou bien élitiste ou bien les deux. Qu’est-ce qui me met sur cette double piste ? C’est le mot ‘malsain’ à propos des gens qui aspireraient naturellement à la méchanceté et que la presse aurait pour noble mission d’éduquer, de civiliser. Mais peut-être n’êtes-vous cet élitiste qui du haut de son savoir se prend pour la mesure des autres, et peut-être que ce qui expliquerait votre recours à cet argument du désespoir (celui de supposer au public un goût pour l’obscénité (je vous cite)), proviendrait de votre désir bien compréhensible de ne pas laisser la gauche nous foutre dans la … (une nouvelle fois). Au plus profond du désespoir, écoutant Dupont-D’Aignan dire ce qu’il pense de Sarkozy , vous tentez alors, suivant le beau panache d’Aliocha, de nier ce fait, en le minimisant, en dénonçant le procédé qui a permis de l’obtenir (etc..comme pour Royal, mutatis mutandis). Or, il est évident à n’importe qui, sauf à quelqu’un de droite qui a la trouille de perdre, que ce que dit Dupont-D’Aignan est une vérité de bon sens et qui ne fait aucun doute, qu’il ne s’agit en aucune façon d’une petite phrase non fondée, mais bien au contraire et hélas, d’une phrase qui s’enfonce dans notre chair comme le souvenir de tout ce que cette catastrophe ambulante (le mot est adéquat, il décrit un simple fait et n’est pas injurieux, simplement au-dessous de la vérité) nous a fait subir pendant cinq ans (je vous épargne la liste dont vous contesteriez de toute façon chacun des items).

    Commentaire par Bray-Dunes — 01/03/2012 @ 15:15

  54. D’accord avec Jor, si la popularité du Canard Enchaîné était strictement basée sur son humour, il aurait coulé depuis longtemps, parce qu’honnêtement, la qualité des blagues y est très variable. C’est la qualité de son journalisme qui fait son succès.

    Commentaire par Schmorgluck — 01/03/2012 @ 16:43

  55. Encore une fois, je n’ai rien contre le Canard, bien au contraire. On peut reconnaître la qualité de quelque chose sans toutefois se considérer comme entrant dans la cible, que je sache 😉 C’est mon cas, les rares fois où je le lis, je trouve ça très bien, mais je n’ai pas le réflexe de l’acheter.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/03/2012 @ 17:02

  56. Las, las, je crois personnellement beaucoup plus dans le pouvoir dévastateur de cette école qui nous apprend à marcher et penser en rangs bien serrés jusqu’à 16, 17…37…57 ans, que dans le pouvoir des humoristes : me semble qu’on critiquera d’autant plus les humoristes d’opinion que les professionnels de l’éducation n’auront pas fait leur travail…et par travail, je ne veux pas dire faire apprendre par coeur la liste des départements ou la liste des princes-président, ni aucune sorte de liste : je veux dire faire exercer son accuité sémantique donc visuelle donc cérébrale, aux enfants.
    C’est à tort, ici, que beaucoup d’entre nous fondaient d’avance devant les années d’études, pour ne pas dire la fiche de paie : si,la bêtise pouvait rapporter gros : suffisait qu’elle soit volontaire !…
    Tout ceci ne fait évidemment pas de Gérald DAHAN un grand saint.

    Commentaire par YOU YOU — 01/03/2012 @ 17:35

  57. « …sulfureuses confidences… par usurpation d’identité et provocation… ».

    Certes, et d’ailleurs cette pratique cynique met mal à l’aise la plupart d’entre nous. Néanmoins, peut-être sommes nous gênés parce que nous avons là des propos sincères et directs, une vérité crue qui n’est pas passer par le prisme déformant du discours politique convenu, formaté, insipide ou exagéré.

    Dans un contexte normalisé, ces mots ne seront jamais dits. Les mots qui sont dits sont et sonnent faux, mais on s’y est habitué et on les écoute comme une petite musique entendue.

    En fin de compte, après réflexion, je ne sais plus si il faut condamner cette pratique. Elle permet de gratter le faux langage. L’idéal serait qu’un politique piégé ait les mêmes propos en « off piégé » qu’en discours officiel. Je ne sais pas si un seul politique français est capable de cela.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 02/03/2012 @ 22:18

  58. Maman d’une jeune femme autiste , je suis toujours mal à l’aise lorsque le mot autiste est utilisé comme vous le faites.
    Pourquoi ne pas avoir écrit: « pour les handicapés mentaux  » dans mon genre ? Difficile je suppose…. Et pourtant c’est la signification de ce mot …
    Bien sûr, c’est un nom commun comme les autres mais, s’il vous plait, essayez de penser la portée qu’il peut prendre…
    Merci

    Commentaire par waquier marie france — 03/03/2012 @ 09:15

  59. @Waquier Marie France : Voilà 17 ans que j’écris en moyenne un article par jour. Et même plus, depuis que j’ai ouvert ce blog. A chaque fois, cela suppose de réfléchir à ce qu’on veut transmettre comme message, trouver un plan, choisir ces mots, trier ce qu’on va dire ou pas selon la place qui vous est impartie, ce qui peut être dit et ce qui ne le peut pas, vérifier plusieurs fois que ce quo’n écrit est exact, les faits, les dates, les noms, veiller à ne blesser personne inutilement, à ne pas épargner celui qui mérite d’être évoqué, à être compréhensible par tous sans être vilipendé par l’expert pour avoir trop simplifié etc. C’est un exercice absolument éreintant mais c’est celui que j’ai choisi, alors je me me plains pas. Quelque soit le mal qu’on se donne, il y aura toujours au final des gens pour protester. Parce qu’ils sont dans l’article ou au contraire parce qu’ils n’y figurent pas. Parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’angle, le récit, le choix des faits, la présentation, le ton l’illustration, le titre, la légende d’une photo, les experts mentionnés, la conclusion, le raisonnement. Et même avec un mot, un seul, qui pour une raison qui leur est personnelle, va les blesser. Croyez bien que j’en suis désolée, mais avec l’expérience, j’ai compris que mon obsession de la perfection ne menait nulle part. Que la seule façon de ne pas commettre d’erreur, de ne blesser inutilement personne, c’était encore de se taire. J’ai utilisé autisme parce que le buzz me cause de façon imagée un trouble de la circulation de l’information dans le cerveau et des réactions désordonnées. J’ignore si vous me reprochez d’avoir évoqué ce que vous ne considérez pas comme un handicap mental ou à l’inverse d’en avoir stigmatisé un parmi d’autres, je regrette de vous avoir heurtée en tout état de cause, mais relisez le papier et demandez-vous le nombre de gens que j’ai pu heurter aussi dans d’autres domaines et ce qu’il me resterait à écrire si j’entrais dans la logique où vous voulez m’emmener.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/03/2012 @ 11:17

  60. Merci Aliocha ! Je vous trouve très courageuse de commenter ces propos. Un des aspects du problèmes est que l’Education Nationale n’apprends que très très peu aux petits français à « lire » les informations textuelles ou visuelles. L’autre aspect c’est que la presse parle peu du métier de journalistes sauf pour évoquer les salaires des présentateurs de JT, ou les morts… Résultat beaucoup d’inccompréhension.

    Commentaire par Michel Puech — 08/03/2012 @ 18:24

  61. […] cela vaut la peine d’en parler sur mon blog. C’est en ayant lu les commentaires des billets «Dahan ou la liberté de nuire»  et «Silence embarrassé»  de La Plume d’Aliocha que j’ai été inspirée pour publier ce […]

    Ping par Lundi magique d’inspiration : Citoyens, Citoyennes, Ayons La Volonté de Participer à Notre Avenir !!! Ne Nous Laissons Pas Berner Par Les Politiques « Blogueuse sur le Net pour un Monde Meilleur — 12/03/2012 @ 00:04


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