La Plume d'Aliocha

27/02/2012

Comme un toro dans l’arène…

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 10:05

Ah, comme nous sommes démunis, nous les journalistes,  face à l’habileté et parfois même la rouerie  des politiques !

Voilà bien longtemps qu’ils sont rompus aux techniques de rhétorique, surentraînés par leurs conseils en communication qui leur font subir des séances de « media training » et parfaitement au fait des contraintes et des travers des médias dont ils jouent avec maestria. De fait, le journalisme se fracasse sur le mur infranchissable de la communication.

Sans doute est-ce sur la base de ce constat qu’a été conçue l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Tout semble en effet y avoir été pensé au millimètre pour tenter de rééquilibrer le rapport de force.

Interview ou corrida ?

C’est ainsi que l’invité  est confronté durant plus de deux heures à plusieurs journalistes ainsi qu’à des adversaires politiques. On se croirait dans une arène. Les jingles font office de Paso doble, les journalistes de toreros, les adversaires de banderilleros. Et comme si cela ne suffisait pas, on y ajoute des exercices d’un nouveau genre. En début d’émission, l’analyse critique de la gestuelle et du vocabulaire de l’intéressé fait songer au premier tercio d’une corrida, lorsque le picador blesse le toro pour l’affaiblir. Quant à la conclusion, qui prend la forme d’un réquisitoire mené par deux journalistes témoins à qui l’on demande s’ils ont été convaincus par la prestation, elle rappelle le moment où l’on applaudit – ou pas – la dépouille du toro à l’issue du combat.  Pour ma part, j’avoue être assez dubitative en ce qui concerne la pertinence et l’efficacité de ces deux rubriques. Le montage du départ destiné à dévoiler les tics de comportement et de langage, par sa nature même de « best off », est sujet à caution. Sur le fond, l’analyse n’apporte pas grand chose et flirte même dangereusement avec la psychanalyse sauvage. Je sais qu’il est devenu à la mode, depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat, de traquer les tares psychologiques des candidats. Mais ne faut-il pas nécessairement être un brin déséquilibré pour se rêver à la présidence de la République ? Quant aux commentaires de fin d’émission, ils n’engagent que ceux qui les tiennent et risquent d’accroître le décalage entre l’élite médiatique et les téléspectateurs. Par ailleurs, il y a quelque chose de dérangeant dans cette manière de parler d’un individu en sa présence, sans lui laisser la faculté de répondre.

Monologuer pour éviter les questions qui dérangent

Dans l’émission diffusée jeudi et consacrée à Marine Le Pen, la candidate du Front National a été confrontée successivement à François Lenglet, directeur de la rédaction de BFM Business, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Fabien Namias, rédacteur en chef du service politique de France 2 et enfin Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche. Elle a d’ailleurs pris la main en refusant de débattre avec ce-dernier, contrairement à ce qu’avaient prévu les organisateurs de l’émission. Savoir si cela a servi son image ou le contraire relève de la voyance ou des sondages, ce qui revient au même.  Je ne me hasarderais donc pas sur ce terrain. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’elle est parvenue grâce à ce coup d’éclat à imposer ses règles. Pour le reste, en digne avocate, Marine Le Pen a utilisé l’arme du monologue afin d’éviter le plus possible de répondre aux questions. C’est en particulier la stratégie qu’elle a déployée face à François Lenglet,  l’interlocuteur qu’à l’évidence elle redoutait le plus. En témoignent le nombre d’analyses de l’intéressé qu’elle avait amenées sur le plateau pour les lui opposer, la longueur des tirades qu’elle est parvenue à placer afin d’utiliser à son avantage le crédit-temps dédié à l’interview économique, ses protestations systématiques contre les questions posées et, surtout, cette fraction de seconde de panique pure qu’une caméra est parvenue à capter dans son regard au beau milieu de l’entretien. Et pour cause. Face aux questions précises de François Lenglet et à ses graphiques désormais légendaires, la candidate a été prise en défaut sur la cohérence de son programme économique. Ici, le journalisme a enfin fonctionné.

Ce qui montre au fond qu’on peut inventer toutes les techniques imaginables pour affronter un politique, multiplier les interlocuteurs et les angles d’attaque,  parsemer le tout d’analyses psychologiques plus ou moins hasardeuses et d’opinions personnelles mêlant le miel et la ciguë, l’arme la plus efficace – à mon sens –  demeure l’interview classique s’appuyant sur une connaissance approfondie des dossiers. Le reste n’est que fioritures. Il est vrai que, contrairement au toro, le  politique sait ce qu’il va lui arriver et peut donc s’y préparer, mieux, retourner les pièges contre ceux qui les tendent. En revanche, contre les questions précises, les faits et les chiffres, trouver des parades s’avère beaucoup plus délicat.

NB : A ceux qui tiqueraient sur l’orthographe de « toro » en lieu et place de « taureau », je précise que c’est l’usage lorsqu’on parle de tauromachie. 

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32 commentaires »

  1. Ce qui serait un progrès, serait de permettre aux candidats de préparer et présenter eux-mêmes quelques planches, sur le modèle de celles de F. Lenglet, en faisant part de leur analyse politique des données présentées. Pour garantir l’intérêt et l’intégrité de l’exercice, on pourrait restreindre ces données à des sources reconnues (INSEE, Cour Des Comptes, etc..).

    Commentaire par incarnare (@incarnare) — 27/02/2012 @ 10:19

  2. […] background-color:#222222; background-repeat : repeat; } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 3:45 […]

    Ping par Comme un toro dans l’arène… | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 27/02/2012 @ 10:45

  3. Bonjour Aliocha,
    commentaire succinct pour vous signaler que le lien que vous avez fait sur le site de France Télévisions ne fonctionne plus. La vidéo a été retirée. A bientôt.

    Commentaire par 123correspondances — 27/02/2012 @ 10:51

  4. @123correspondances : ah ? Je viens de le tester, pour moi il fonctionne. Il y a une pub et puis ensuite l’émission commence.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/02/2012 @ 11:00

  5. Ce billet d’@si parle un peu du même sujet, quand les étudiants journalistes fact-checkent en direct les réponses de l’interviewé :
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4709
    La remarque de Mélanchon, qui déplorait l’inégalité du dispositif avec un interviewé placé en position de candidat au grand oral de l’ENA face à un jury tout puissant, placé en hauteur, se défend. Et certains commentaires sur le forum qui suggérait que l’interviewé puisse arriver avec une aide sur les sujet techniques avec ses propres chiffres ou graphiques sourcés pour rétablir l’équité.
    Un peu hors sujet, Brard avait de manière amusante utilisé les graphiques à l’assemblée nationale en réponse à Mme Roig :

    Pour la démonstration scientifique, on repassera, mais au moins ça fait marrer (notamment l’intervention du président de l’assemblée, à 6’50).

    Commentaire par kuk — 27/02/2012 @ 11:44

  6. « On se croirait dans une arène. Les jingles font office de Paso doble »…

    J’entendais il y a quelques mois de cela un spécialiste sur Radio France (spécialiste qui officiait dans un musée de la tauromachie, si mes souvenirs sont exacts) nous expliquer que certains interprètes, dans les arènes, étaient parfois si talentueux qu’ils détournaient l’attention d’une partie du public.

    Tout à fait d’accord avec vous : le plus percutant reste l’entretien mené par un journaliste qui a bossé ses dossiers, qui fait de la relance, qui recentre lorsque l’Homo Politicus digresse…

    On est mal barrés si les politiciens privatisent leur parole. C’est ce qui semble de dessiner, si on retient le mode d’organisation de certains meetings électoraux dernièrement : un « pool » du candidat qui gère la mise en image de l’événement du début à la fin , et qui distribue aux médias un montage de longueur variable, en fonction de la durée que la chaîne souhaite consacrer à ce sujet.

    Il faut clairement poser les limites, et appeler au boycott si la tendance se confirme, et si les équipes de communicants cherchent à la généraliser.

    Commentaire par Zarga — 27/02/2012 @ 12:57

  7. @Kuk : je pensais ne effet à ce papier d’@si mais leur site a planté ce matin au moment où j’ai mis le billet en ligne donc j’ai renoncé aux 3 ou 4 phrases que je voulais ajouter sur le fact checking qui serait en effet plus utile sans doute que la séance de psychologie en direct 😉

    @Zarga : nous sommes déjà foutus. La com’ joue sur notre course à la rapidité et notre manque de moyens. On a besoin d’images, de contenus ? Qu’à cela ne tienne, on nous les balance. La paresse, la fatigue, le renoncement ou l’impossibilité de faire autrement font le reste…Pour prendre un exemple que j’ai vécu, Rachida Dati à l’époque où elle était garde des sceaux n’avait quasiment organisé aucune conférence de presse. C’est son dir’com’ qui répondait aux journalistes. Et si on la voyait partout dans les médias, c’est qu’elle se déplaçait beaucoup, alors elle était filmée, photographiée, mais elle n’a quasiment jamais subi le feu des questions d’une conférence de presse. Et personne ne protestait car au fond, les rares fois où elle nous répondait, elle le faisait si mal, qu’on préférait encore interroger son dir’com’. Joli tour de prestidigitation.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/02/2012 @ 13:31

  8. Ah ! J’en ai subi des questions et des regards suspicieux parce que je n’étais pas sur Facebook, pas plus que sur les autres réseaux sociaux d’ailleurs, on dirait que certains commencent à comprendre : http://www.rue89.com/2012/02/25/pourquoi-et-surtout-comment-ils-ont-quitte-facebook-229643

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/02/2012 @ 14:54

  9. Hum… Non, non, tout n’a pas été inventé pour confronter les politiques à leurs contradictions, loin de là… Je suis même étonné qu’il y ait aussi peu de mémoire de la part des journalistes de l’histoire politique et je me demande comment ils « préparent » leur sujet…
    Personne n’a, par exemple, jamais relevé que Mme Marine Le Pen est tellement nulle en économie, qu’elle ne sait pas que les accords de Bretton Woods sont caducs depuis 1971 : http://www.youtube.com/watch?v=Skg80ghcZGg&feature=related ; et que nous sommes depuis 1976, dans ceux de la Jamaïque…
    Alors bon, s’il y avait des vrais arguments en face, la « communication » de nos politiques passerait rapidement pour la supercherie qu’elle est… et ça, on ne le voit jamais dans aucune émission.

    Commentaire par Incognitototo — 27/02/2012 @ 16:34

  10. Parfois je m’étonne :
    – comment des invités peuvent-ils refuser de répondre à une personne qu’ils savent invitée ? Ne me dites pas qu’ils viennent sans savoir qui, quoi comment ce la se dérouler, quand on sait tout le foin qu’ils sont parfois capables de négocier pour une chaise, une estrade et j’en passe
    – que les journalistes qui posent les questions ne rebondissent pas sur les réponses apportées pour souligner une contradiction ou autre chose
    – pourquoi les invités viennent souvent sans notes ou ardoise alors qu’ils pourraient mieux expliquer les choses, même si cela fait « scolaire »

    N’étant pas naïve, j’y vois :
    – une envie de faire le scandale nécessaire à leur image de marque
    – une manque de maîtrise du dossier ou de la complaisance
    – une méconnaissance de leur sujet, eux aussi !

    Commentaire par fultrix — 27/02/2012 @ 19:00

  11. Olé ! Les deux oreilles et la queue du bœuf Mélenchon.

    Commentaire par Pirée — 27/02/2012 @ 19:54

  12. Un autre éclairage sur les outils (chiffres…) utilisés par journalistes et politiques, et comment ces derniers s’adaptent… http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2012/02/28/1908-la-revanche-des-bonimenteurs

    Commentaire par Kaeldric — 28/02/2012 @ 08:24

  13. Aliocha, votre comparaison me semble juste. On a l’impression de malheureuses souris blanches et couvertes de colle, que l’on fait entrer, toutes affolées, pour une expérience de laboratoire, dans une cage transparente et que Pujadas est là avec son regard un peu fourbe, armé d’un brin d’herbe, en train d’agacer la pauvre bête engluée. En comparaison, Ferrari sur TF1 parait charmante et sympathique et son émission infiniment plus proche de la réalité, donc plus chiante, bien sûr. Et cela montrerait, que la politique new look, c’est l’arène, en effet, avec le peuple qui baisse le pouce, avec les lions qui viennent manger la chair humaine. Mais peut-être que comparer Lenglet à un lion qui vient rompre le cou de la méchante Lepen collée à son poteau, telle Blandine, est de trop ? Pourtant, c’est tellement facile d’arriver avec des questions sur les taux libératoires multiplier par la racine carré du PBI comparés à ceux des allemands qui font mieux dans des conditions similaires. N’importe quel examinateur sait que quand on veut coller un zéro à un mauvais élève, il suffit de lui poser une colle puis de lui en coller une par dessus le marché.

    Commentaire par Bray-Dunes — 28/02/2012 @ 09:25

  14. @Bray-Dunes : je ne compare pas Lenglet à un lion. Le format de l’émission me fait penser à une corrida. En réalité, c’est mon sang de juriste sensible au contradictoire qui bouillonne face au déséquilibre du rapport de force volontairement institué. Un déséquilibre que l’on trouve précisément dans la corrida où le fauve est « mis en condition » pour pouvoir être combattu par le torero lors du dernier tierco. En même temps, en tant que journaliste, j’avoue qu’il faut au moins ça pour tirer quelque chose des politiques…ça, ou plus simplement du travail. C’est dans cette dernière catégorie que je range Lenglet, comme les lecteurs de ce blog commencent à le savoir ;-)Quant à Marine Le Pen en Sainte Blandine, non. En toro de combat, pourquoi pas ? Je vous rappelle que la logique développée dans le billet c’est : les politiques aidés par la com’ ont depuis longtemps appris à manipuler les journalistes, donc ces derniers font ce qu’ils peuvent pour tenter de reprendre la main.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/02/2012 @ 12:15

  15. Ce matin, sur France Inter, Moscovici et Baroin se chamaillent -tout en se respectant, insistent-ils- sur une affaire de TiPP. Concernant un même chiffrage, le premier avance cent millions et le second corrige: trois milliards. Rapporte de un à trente!
    Même dans les estimations à la Coluche sur le nombre de manifestants (mille selon les syndicats, vingt-deux selon la police!) on ne s’est jamais autant payé notre fiole parce que ces deux ténors ne doutaient pas un instant qu’on hésite à les prendre au sérieux.
    A quoi servent les questions précises et la rigueur d’analyse si, par racolage sans vergogne, des porte-paroles aussi légitimes se permettent de nous asséner des absurdités qu’aucun citoyen, fut-il renseigné, n’est en mesure de relier à la réalité?
    Les camelots, au moins, assignent un prix à un produit; eux nous proposent de la fumée au prix qu’on veut bien la payer.
    Je m’efforce tous les jours un peu plus de ne pas désespérer de la politique. Je ne pense pas être le seul.
    Denis Ducroz.

    Commentaire par Denis Ducroz — 28/02/2012 @ 13:10

  16.  » l’arme la plus efficace – à mon sens – demeure l’interview classique s’appuyant sur une connaissance approfondie des dossiers. »

    Non mais ho !… Et pourquoi pas aussi vérifier ses sources pendant qu’on n’y est !!!

    Commentaire par Arnaud — 28/02/2012 @ 14:22

  17. Hors-sujet, mais tout de même :

    http://www.rue89.com/2012/02/28/dissolution-dans-la-joie-du-comite-de-soutien-denis-robert-229770

    Commentaire par Zarga — 28/02/2012 @ 18:59

  18. L´émission de Pujadas m´agace. La formule de TF1, avec Ferrari charmante et des gens qui posent des questions qui touchent à la réalité, m´ennuie parfois mais je préfère mille fois : plus humaine.
    Quelle est l´équation? Un homme politique essaie de démontrer qu´il faut faire telle chose. Moi qui le regarde, tout en l´écoutant, j´aime ou pas son «genre» : c´est à ce niveau que ça se joue, et non au niveau du contenu de ce qu´il dit. Par exemple, voir Sarkozy, c´est pour moi, comme voir le renard de la fable, un flatteur qui vit aux dépens …Bayrou m´épuise…Joly m´ennuie et pourtant je «sais» qu´elle a raison … je ne supporte pas l´agressivité de Mélanchon que je relie dans mon esprit à la terreur révolutionnaire qui est pour moi «le pire» … je me méfie de Lepen, non de sa personne, mais du système dans lequel elle est prise…etc. Tous ces jugements sont comme le roc, inamovible que je retrouve rien qu´à penser à eux. C´est pour ça que le compte rendu dit «journalistique» au quotidien des faits et gestes des canditats en campagne n´est là que «symboliquement», pour représenter, pour les mettre en vue, qu´on sache bien qu´ils sont là, pour mettre en valeur les «clans» qui se disputent le pouvoir qui va tomber dans l´escarcelle de l´un d´eux. Par contre, les émissions de télé comme celle de Pujadas ou celle de Ferrari, montrent les personnes et leurs manières d´etre, leur «genre». Celle de Pujadas ne marche pas. Pas assez sympa, trop dans l´affrontement, le sans concession : pure forme glacée, mécanique, un peu à l´image de Pujadas. Une coquille vide que les journalistes, dans une sorte de division du travail qui ajoute encore à ce coté mécanique, à cette déshumanisation, viennent remplir avec leurs questions toutes pretes ….hors temps … il n´y a pas de parole vraie, tout est asceptisé, comme avec des souris de laboratoire, au point meme de faire paraitre Lepen comme la seule humaine du plateau. Quant à lenglet, permettez-moi de l´avoir trouvé, encore une fois, là pour défendre le libéralisme et donc pour attaquer tout ce qui chez Lepen lui déplait, alors que personne ne lui demande son avis et que les gens qui regardent sont là pour comprendre comment le système lepen va fonctionner avec quelles pertes et quels gains. C´est quand meme pénible d´avoir des journalistes qui ont des idées personnelles sur la bonne politique à suivre et qui sont là pour les défendre, alors qu´on ne leur demande rien, sinon de bosser, de faire leur travail, d´analyser et de tenter de comprendre, de l´intérieur, le système des politiques dont «on» tente de comprendre la problématique. Maintenir les oreilles ouvertes à ce niveau simple d´écoute, c´est ce que Ferrari fait pas mal, sans pathos, sans gloriole, modestement, il me semble et avec une attitude généreuse et bienvaillante qui est fondamentale chez un journaliste de télé meme si elle ne va pas plus loin dans l´analyse.

    Commentaire par Bray-dunes — 28/02/2012 @ 20:30

  19. @Bray-dunes

    >>je ne supporte pas l´agressivité de Mélanchon que je relie dans mon esprit à la terreur révolutionnaire qui est pour moi «le pire»

    Vous savez, moi ce qui me glace, c’est de voir des bidonvilles s’étendre aux abords de paris, dans les « trous » de l’urbanisation, des zones sordides ou la boue se bat avec les gaz d’échappement pour créer un univers très médiéval, dans l’indifférence la plus totale.

    Ce qui me tord le bide c’est de voir fleurir des pubs pour le rachat de bijoux « au meilleur prix » (même or dentaire), taxé à 8% par nos chers gouvernants et voir les petits vieux racler les fins de tiroirs pour gagner une semaine ou quinze jours.

    Ce qui me rend malade c’est de voir s’enfoncer la population, lentement, sous le seuil de pauvreté, des gamins qui peuvent pas manger à leur faim,

    Ce qui me révolte, c’est que « 42% des franciliens ont dû refuser des soins à cause d’un manque de moyens financiers (en 2011). »

    le pib de la france, c’est 2 800 milliards de $ (pour info le brésil c’est 2 090 milliards et 3 fois plus de population) : on laisse se créer des favélas dans le « grand paris » et on laisse glisser une partie de la population dans le tiers-monde, porte de pantin.

    Alors, moi, sans vouloir paraître un poil excité, je trouve le mélanchon très très tiède. Et les questions à la con de lenglet, pujadas et ferrari, elles me passent très largement au dessus de la tête tant que personne n’aura à répondre déjà à ses problèmes très simples.

    Tout ce petit monde est à danser dans le grand salon du titanic, avec le grand orchestre qui joue alors que la cale est déjà noyée.

    Un jour un « déséquilibré » qui aura perdu son gamin de 3 ans par manque de soin et/ou de malnutrition car il ne peut pas payer et qu’il n’y aura pas de place, tirera sur un président ou un ministre ou un pdg d’un labo médical ou d’une grande enseigne et tout le monde sera effaré de CE geste odieux en le traitant de malade mental, mais en fait ce sera le seul vraiment équilibré de l’histoire.

    Commentaire par herve_02 — 28/02/2012 @ 22:59

  20. Je pense qu´on a chacun des choses qui nous mettent en colère dès qu´elles pointent le museau. Pour moi, c´est l´abus de «pouvoir» qui m´insupporte, pour d´autres c´est l´inégal accès aux «biens».
    Quid de ces biens, dont certains se gavent jusqu’à l’indigestion pendant que les autres crient famine? Si on les prend pour point de départ, on est conduit à l’idée de « faire » une société juste qui « (re)donne » à chacun accès aux biens : que ceux-ci (re)deviennent « publics », une sorte de bain public. Tout le discours politique tourne autour de la définition de la notion de bien public, soit pour la visser, soit pour la dévisser (Sarkozy, c’est l’extrême qui veut privatiser au maximum l’accès aux biens, que par exemple, La Joconde puisse devenir la propriété d’un « individu » et Mélanchon, c’est l’extrême opposé qui veut le « rendre » à la nation). La société moderne, depuis la renaissance, a son point de départ dans la question de l’appropriation. L’homme « moderne » ayant perdu son rapport à Dieu, au passé, se considère, à défaut de mieux, dans son rapport aux biens : il est celui qui les fait et celui qui se les approprie. Plus il s’entoure de biens, plus il est. Cela entraîne des effets du type : j’habite dans un village, avec des us et coutumes et une économie qui vivote bon an mal an, je quitte « tout » et je vais en ville pour travailler et consommer (au « tout » du village, succède le « vide » de l’individu réduit à sa force mécanique et à sa soif inextinguible de « choses »). Le discours politique porte sur l’organisation de cette société dite « moderne », notre belle civilisation dont nous sommes si fiers : la notion de contrat devient centrale et l’Etat est garant du respect de certaines valeurs qui encadrent le contenu de ces contrats.
    Mélanchon est un révolutionnaire, autrement dit il « sait » que les choses ne vont pas se faire dans le cadre de nos institutions (le cadre formalisé, rationalisé du « système » imaginaire d’appropriation et de ses effets dans le réel quotidien) et que plus on laisse le milieu privé infiltrer le milieu médiatique, politique, plus les pauvres gens vont être vampirisés jusqu’à la dernière goutte et jetés, sans que cela ne fasse d’histoire, comme les milliards d’autres qui déjà ont suivi le même chemin. Mélanchon, c’est le médecin qui préconise un remède de cheval et il fonce comme le toro d’Aliocha sur la cape rouge. Il est en colère de voir tous ces gens pressés comme des citrons et jetés sans ménagement après usage, pour que fonctionne un système et ceux qui en profitent. Il renonce à croire que ceux qui profitent des bienfaits du système puissent changer de point de vue et devenir fraternels. Il traverse l’écran sur lequel notre République nous projette l’avenir : liberté, égalité, fraternité, car il a décidé, coûte que coûte, de reprendre, par la force, ce que les voleurs qui nous gouvernent nous ont pris par la force. Mélanchon répond par la force à la force des Machiavels qui nous terrorisent, nous intimident, nous trompent …Si Mélanchon prend le pouvoir, de même que Lepen, alors ça va tanguer : guerre civile garantie, comme en Espagne, il y a quelques lustres et tout ce qui a suivi. Il me semble.

    Commentaire par Bray-Dunes — 29/02/2012 @ 10:02

  21. @Bray-Dunes ..

    Vous y croyez vraiment à ce que vous dites ?

    petit florilège :

    – « L’homme “moderne” ayant perdu son rapport à Dieu » : de mémoire et de tout temps la religion -le rapport à dieu de la société- a été un moyen de faire perdurer les sociétés inégalitaires, des mayas et incas qui allaient à faire des sacrifices humains aux catho ou évêque était une charge des bonnes familles car ça rapportait.

    – « se considère, à défaut de mieux, dans son rapport aux biens ». Nous n’en sommes même plus là, si vous aviez lu mon propos, vous verriez que nous en sommes à parler du stade de la survie, le niveau le plus bas de la pyramide de maslow.

    Je remarque que vous avez une dialectique très marxiste, la possession et l’opium du peuple. Alors que nous parlons juste de survie et de justice sociale. Entre nous que la joconde soit à ducond ou au louvre, ca change quoi pour l’ouvrier qui n’a pas de quoi payer l’entrée et de toute façon peut pas la prendre en photo car droit à l’image et PI) ? Effectivement pour la classe moyenne plus, cette « culture » est emblématique, mais nous en sommes arrivé à la _survie_ pour une frange non négligeable de la population et c’est le coeur de mon propos, ce que vous évitez comme le toreador en agitant la cape rouge de ceux qui possèdent et ceux qui veulent posséder.

    Alors effectivement on peut se dire, faisons les changer d’avis et petit à petit amenons les à plus de justice : c’est faire peu cas des victimes en train de crever actuellement ? A un moment il faut payer, ce n’est pas de la vengeance, c’est de la justice : lorsqu’un homme tue ou viole, une fois pris, il va en prison même si ça fait ni revivre le mort ni oublier le viol, là c’est pareil : il faut une punition.

    Lorsque c’était mitrand qui se présentait, il y avait ceux qui prédisaient les chars russes au troca, et maintenant il y a ceux qui parlent de guerre civile.

    Pourquoi ce serait la guerre civile ? Parce ceux qui ont ne voudrait pas appliquer les nouvelles lois ? vous voulez dire que la loi c’est juste pour opprimer les pauvres, mais ca peut pas être pour rééquilibrer une justice sociale, et que les possédants se révolteraient alors qu’ils dénient à ceux qui n’ont pas de se révolter ?

    Commentaire par herve_02 — 29/02/2012 @ 14:03

  22. @herve_02,
    Des gens se retrouvent sans rien et sont prêts à tout pour s’en sortir. Que faire ?
    Il me semble qu’il faut chercher les causes qui les ont amener là et éviter que cela se reproduise.
    Et avec eux, pour l’instant ? Les protéger de ceux qui se servent de leur vulnérabilité (mafias en tous genres) et leur permettre de s’en sortir.
    La révolution, ça veut dire que l’on passe en force, mais dans quel but ? pour nettoyer les écuries d’Augias, c-à-d pour détruire toutes les mafias qui se servent de la détresse (et qui la causent) pour faire du business et se dorer les miches sur les yachts. Je ne suis pas psychologue, sociologue ni historien et je parle, comme vous le remarquez justement, sans trop y croire, sans trop savoir (qu’Aliocha me pardonne cette désinvolture), mais je suis prêt à parier que si Melanchon président s’avise de toucher de « trop » au porte-monnaie de nos fraternels compatriotes, vous allez voir dans la rue ce qui va se passer. Et ce n’est pas la loi qui y changera quoi que ce soit. D’où le concept de dictature du prolétariat, d’où celui d’Armée révolutionnaire, d’où celui de terreur qui vont inévitablement fleurir dans l’ esprit du nouveau pouvoir etc …. et en face, vous imaginez qu’avec sa puissance de feu, l’Etoile Noire va rester les bras croisés ? regardez ce qu’elle est capable de faire pour empêcher nos gentils et inoffensifs boutonneux de télécharger ses mp3, rapportez cette puissance de feu au danger mortel pour le système de voir la France faire défaut, voyez comme elle a été capable de zigouiller Allende, faire et défaire les dictateurs et à cette fin d’ouvrir des dizaines de fronts bidons de rebellions comme au Nicaragua et tirez-en, comme moi, la conclusion que ce n’est pas en l’affrontant sur son terrain (la violence) que vous la vaincrez, mais au contraire par la culture et la compréhension (la seule chose qui lui échappe par essence, son talon d’Achille).

    Commentaire par Bray-Dunes — 29/02/2012 @ 18:17

  23. @Bray-Dunes

    ah ah ah trop lol…

    Affronter la mafia par la culture…. je suis méga lol… vous ne pouvez pas répondre contre la force par le rire. Le seul moyen de changer les choses lorsque les « forts » sont au pouvoir et l’utilise pour transformer la réalité, c’est la guerre, la violence, la mort. A tel point que L’UE fait crouler les pays mafieux sous l’argent pour donner une alternative : l’europe envoie soit l’argent soit les armes et vous vous voudriez envoyer des poètes.

    Lorsque Hitler était en train de génocider à qui mieux mieux, on lui a envoyé des poètes ? des professeurs ? des éducateurs ? Non on lui a envoyé des bombes sur la gueule.
    En afghanistan il me semble que ce sont des soldats qu’on envoie et pas les profs qui seraient « surnuméraires » par chez nous, une faute de goûts.

    Votre utopie à vous c’est de dire en éduquant les gens ils voteront pour une situation qui ira de mieux en mieux. C’est peut être vrai, mais pas à l’échelle humaine. c’est vrai à l’échelle de la civilisation, le soucis c’est que, à mon humble avis, il faut trouver une solution RAPIDEMENT.

    Les gens crèvent la gueule ouverte aujourd’hui et 37 milliards de bénéf du cac40 vont être distribués (177 milliards sur les 5 dernières années). Attention je ne suis pas un « rouge » et dans le lots, il y a aussi des petits porteurs à 30 actions qui vont toucher les 2€45 de dividendes. MAIS peut être qu’en ces temps de crises, il eut fallut choisir de « prendre » une bonne partie de ces bénéfices et les distribuer pour ceux qui crèvent la gueule ouverte.

    D’abord, parce que cela ne sera pas très douloureux, pas plus pour un smicard de se faire « voler » 45 euros pour rouler à 72 au lieu de 70.
    Ensuite parce que cela envoie un message : la société est solidaire.
    Enfin, parce que dans l’hypothèse improbable ou il y aurait un après crise et un monde qui ressemble à celui là : la haine contre les « grosses fortunes » ne soit pas telle qu’il n’y aura JAMAIS de réconciliation nationale entre ceux qui ont (pour tout plein de raisons, naissance, chance, travail, bonne fortune ….) et ceux qui n’ont pas, pour tout plein d’autres raisons (sauf naissance qui coïncide bien).

    Vous savez j’ai fait école de commerce (ambition familiale) et au fur et à mesure de mon existence, j’ai migré vers des professions ou faire le bien est bien plus central. J’ai fait des choix que je paie d’une manière ou d’une autre, mais ces choix je ne cherche pas à les faire payer aux autres. Je cotise sécu + mutuelle alors que je suis certain de n’avoir été remboursé de rien depuis au moins 5 ans.

    J’équilibre un budget en faisant attention (très). Demain, il va y avoir 2pts de tva en plus, une augmentation de l’électricité, (je me chauffe au bois) alors le gaz …, les carburants… lorsque je ne pourrais plus équilibrer mon budget que vais-je faire ? je vais trouver une solution tout seul, en diminuant encore ma surface financière, en trouvant quelques piges par ci par la. Parce que je le peux.

    Que fait-on pour les gens qui peuvent pas ?

    Le mes va demander à la france 16 milliards cash… quand on sait que les connards qui nous « gouvernent » (le terme me fait rire) en chie des rond de chapeaux pour essayer de trouver 3-4 milliards d’économies, ils vont allez les chercher ou les milliards ? sur les retraites (essayer de faire baisser ceux qui sont au minimum ?) sur les remboursements sécu ? encore une palanqué supplémentaire de médocs pas remboursés ? emprunter ? mais à quel taux ?

    Et lorsqu’il faudra verser les 142 autres milliards ?

    Et lorsqu’on s’apercevra que les 800 milliards ont été cramés et bouffés en interêt par les banques que l’ON a sauvé en les finançant, et qu’il en manque toujours on fait quoi ? on remet 200 milliards au pot ? que l’on va faire payer aux « pauvres », c’est à dire sur la solidarité nationale ?

    Moi je suis plutôt pour, mais en le faisant de manière solidaire, cela veut dire en supprimant autant de flic à neuilly que de profs dans le 9.3. Et que l’on vienne à la vraie société libérale : chacun pour soi… je peux vous assurer que le recruteur qui essaye de me ridiculiser, me fait venir juste pour maquiller un autre pistonner, il va pas le faire 2 fois : libéralisme loi du plus fort, j’suis pour.

    Ah oui les grands groupes, travail, valeur, bénéfices : renault benef 2011 : 2 Milliards, primes à la casse : 2009-2010 : 1 milliard sur deux ans et c’est le rsa à 400 euros l’assisté.

    La culture comme réponse… remarquez, maintenant qu’il n’y a plus la religion pour vendre le passage sur terre comme un expiation d’un péché originel en attendant un meilleur monde après la mort (ceci étant professé par ceux qui sont bien logé, bien nourri et qui n’ont pas besoin de travailler)… il reste que la culture et tf one.

    Mais la culture et tf one ca marche quand le ventre ne grouille pas et que l’on peut se payer des lunettes.

    Il ne reste _objectivement_ que la violence pour les sortir. Malheureusement. Nous sommes dans une sorte de dictature un peu molle.

    Et je vous rappelle que l’étoile noire a exposée 2 fois, et pas avec de la culture. A force d’expliquer aux gens qu’il ne faut pas se battre on forme des générations de chiffes molles qui se laissent piétiner : la culture, oui mais c’est de la guerre, de la bataille, de la force, pas celle de la soumission lettrée.

    Commentaire par herve_02 — 29/02/2012 @ 23:28

  24. Hervé,
    La puissance de l’etoile noire n’est pas que dans ses armes elle est dans notre servitude volontaire. Regardez Gandhi, comme avec un peu (ou beaucoup) de compréhension (de culture) il a mis son cul par terre, avec des millions de gens aussi ironiques et farceurs que lui assis sur leur derrière et l’étoile noire de l’époque a jeté l’éponge en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Contre le peuple aucun pouvoir ne tient.

    Commentaire par Bray-Dunes — 01/03/2012 @ 09:47

  25. @Bray-Dunes, « Contre le peuple aucun pouvoir ne tient » ?
    A l’exception de la bonne dictature, celle dont la main ne tremble pas, celle qui ne rechigne pas à verser un peu de sang de ce peuple pour lui faire entendre la voix de la raison (du plus fort).
    C’est alors qu’intervient la maxime démocratique, contre le tomahawk aucun dictateur ne tient… très longtemps ! Voir Libye, Irak…
    Ce qui ne présume pas pour autant des lendemains qui chantent.

    Commentaire par Memepasmort — 01/03/2012 @ 11:27

  26. @ Bray-Dunes

    C’est vrai, mais cela implique d’abord de passer par une société dont la pauvreté extrême permettrait à une quantité importante de la population de se « retirer » du système, de faire un pas de coté, de descendre de la loco. Un moyen sans violence de faire tomber le système est d’arrêter de consommer, de s’entre-aider entre amis, de recycler /réutiliser au lieu de jeter et de ne pas travailler à produire pour une entreprise qui nous dépossède des fruits de notre travail. une sorte d’utopie quoi.

    Or le système actuel combat toutes les utopies avec plus de force qu’il ne le fait pour les trafics de drogues ou d’armes. Les utopies ne pourront prospérer seulement à partir du moment ou le niveau de pauvreté sera telle que les gouvernements laisseront faire pour éviter le révolte pure et dure. Ensuite après un bout de temps, de récession en récession, l’exercice du pouvoir sera tellement peu rémunérateur (quand il n’y a plus de pauvres à tondre, il n’y a plus d’argent à se faire : on va pas partager entre riches) que l’on pourra voir se lever de vrais _gouvernants_ mais le pays sera dans un tel état qu’il n’y est pas envisageable un redressement autre qu’à l’échelle du siècle.

    Parce que vous citez l’inde mais le contexte était bien différent : la « mondialisation » n’existait pas, les flux de capitaux ne se déplaçaient pas à la vitesse des électrons.

    Oui l’étoile noire tire sa force dans notre servitude (ils sont peu, nous sommes légion) mais elle dure tant que personne ne l’a mise à terre, peut importe le moyen. Vous préférez la méthode douce, à long terme, car c’est celle qui demande le moins d’effort personnel, celle ou on a juste besoin de suivre le troupeau dans une nouvelle direction guidé par un berger providentiel : pas d’implication forte. Vous espérez que dans 5 ou 10 générations le monde sera meilleur, moi je ne veux pas laisser ce monde à mes enfants.

    Lorsque je demande à mes parents pourquoi avez-vous construit ce monde là, ils n’arrivent rien à répondre d’autre que des banalités affligeantes (en plus de me prendre pour un demeuré) : je ne veux pas que ce soit le cas avec mes enfants.

    Commentaire par herve_02 — 01/03/2012 @ 11:31

  27. Aucun pouvoir aussi pervers soit-il ne peut se maintenir contre le peuple lorsque celui-ci a décidé de dire non. Si « assez » de personnes refusent d’obéir, comment voulez-vous que le dictateur aussi pervers qu’il vous plaira, même aussi musculeux que Rambo puisse tenir plus de deux jours. Le problème est uniquement dans la volonté des gens d’en finir avec le pouvoir qui leur pourrit l’existence. Une fois la décision prise, rien ne peut arrêter un peuple.
    Et ce n’est pas parce que l’Allemagne a bombardé l’Armée républicaine que Franco a gagné : c’est parce que le peuple espagnol était divisé contre lui-même. Et ce n’est pas parce que l’OTAN bombarde l’armée de Kadhafi et celle de Hussein que les peuples résolvent leur problème avec le pouvoir en place. Il reste divisé et l’intervention étrangère n’aide pas à la réflexion, bien au contraire, elle clive un peu plus entre les collabos et les résistants et bloque ce qui aurait pu être une compréhension à la gandhi, une désobéissance civile de tout un peuple, la naissance d’un peuple, c’est-à-dire un ensemble de personnes qui se serrent les coudes et qui ne lâchent rien. Si au moindre coup de pétoire, c’est la débandade, alors, c’est que les gens ne sont pas convaincus et ce n’est pas la peine de parler de démocratie. Il n’y a de démocratie que si les gens sont décidés à défendre leur liberté (les tomahawks ne sont que du bruit et de la fureur, l’élément dans lequel prospèrent les régimes corrompus qui reposent sur la servitude volontaire de ceux qui reculent devant leur liberté et son prix)

    Commentaire par Bray-Dunes — 01/03/2012 @ 11:53

  28. @Bray-Dunes

    ok, vous m’avez convaincu, on ne fait rien et on laisse comme ca.

    même le vote est inutile dans votre « idéologie ».

    Commentaire par herve_02 — 01/03/2012 @ 14:43

  29. @ Bray-Dunes
    « Si au moindre coup de pétoire, c’est la débandade, alors, c’est que les gens ne sont pas convaincus et ce n’est pas la peine de parler de démocratie. »
    En résumé, quand un peuple ne réussi pas à renverser une dictature c’est qu’il n’a pas la fibre et mérite son sort.

    Donc nulle raison de changer votre maxime… il faut juste changer de peuple ! C’est dur mais ça se tient.

    PS : je n’ai pas dit que le tomahawk était un vecteur de démocratie. Simplement, je ne vois rien de mieux pour péter la gueule aux dictateurs… hélas.

    Commentaire par Memepasmort — 01/03/2012 @ 15:06

  30. Hervé, je vous rappelle que nous parlions de Mélanchon et de révolution et je vous disais qu’à moins d’avoir un peuple uni et convaincu et comprenant qu’il faut payer le prix de sa libération, il n’y a que guerre civile en vue, lois d’exception, terreur … et que les bombardements de l’OTAN ne feront que rendre les gens plus passifs, en attente du grand libérateur (pour répondre à Même-pas-mort).
    Maintenant, s’il se présente, un candidat qui soit capable de nettoyer la corruption dans ce pays et qui soit capable de faire valoir le bien du plus grand nombre comme étant le but à poursuivre, je vote pour lui. Mais, je sais qu’il va se heurter à tous ceux qui sont corrompus et à tous ceux qui pensent que leur bien propre passe avant la réalisation du bien du plus grand nombre. Aussi, pour aider, dans la mesure de mes faibles moyens, j’essaierai non pas d’accroître la compréhension des systèmes de corruption (ce n’est pas mon travail, mais celui des journalistes) ou des systèmes économiques valant pour le bien du plus grand nombre (travail des économistes), mais simplement de témoigner de mon souhait, comme ici, dans l’espace que nous offrent Aliocha et Internet, et pour autant que je ne change pas d’avis.

    Commentaire par Bray-Dunes — 01/03/2012 @ 16:01

  31. @Bray-Dunes

    « Maintenant, s’il se présente, un candidat qui soit capable de nettoyer la corruption dans ce pays et qui soit capable de faire valoir le bien du plus grand nombre comme étant le but à poursuivre, je vote pour lui »

    Ah Ah Ah…. Arthaud ou Poutou, ils ont parlé combien de temps (allez soyons cool en minutes) à la TV ? d’un autre coté ump et ps combien d’heures ? sur les 6 derniers mois ?

    Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que le système est verrouillé de l’intérieur, imprenable. Lorsque ca commence à craindre un peu (parce qu’on le voit venir de loin) on change les règles (le mode de scrutin, ou le découpage de la carte électorale ..) et lorsqu’on l’a pas vu venir (le vote hadopi) on refait voter, ou fait fait comme si (traité de lisbonne), ou on fait des alliances contre-natures (modif constitution du 4 février).

    Votre opinion sur la culture et l’éducation changeant le monde c’est bien sympa, mais il suffit d’écouter les cours que nos enfants subissent : l’école est une formatage de bas niveau qui imprime irrémédiablement à la majorité des personnes (celles qui ne sont pas rejettées pas le système) le non dépassement du dit système.

    Et sur le mélanchon, je le trouve pas du tout agressif, j’ai vu une vidéo sur internet (j’ai pas la télé) et je l’ai trouvé même plutôt sympa face aux « journalistes » : à sa place je leur aurais ratiboisé les oreilles….

    http://yetiblog.org/index.php?post/du-tres-bon-melenchon

    Commentaire par herve_02 — 01/03/2012 @ 19:48

  32. oups pas le bon lien, je l’ai pas vu la video d’avant

    http://yetiblog.org/index.php?post/melenchon-chez-ruquier

    Commentaire par herve_02 — 01/03/2012 @ 19:55


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