La Plume d'Aliocha

03/02/2012

François Lenglet s’explique chez @si

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 22:10
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Vous pensiez que François Lenglet, le directeur de BFM Business qui figurait dans le panel des interviewers du Chef de l’Etat dimanche dernier, était un économiste ? Loupé. Il a reçu une formation littéraire et ce n’est qu’ensuite qu’il s’est plongé dans l’économie. Vous le preniez pour une « star » ? Encore raté. Il cultive une auto-dérision qui signe la marque des esprits éclairés. Arrêt sur Images l’a reçu sur son plateau cette semaine. Allez l’écouter (payant). Je m’adresse en particulier à ceux qui ont critiqué ses graphiques lors de son interview de Jean-Luc Mélenchon. L’équipe d’Arrêt sur Images le cuisine sur le sujet et il s’en explique. C’est l’occasion de découvrir un bon journaliste économique. Libéral ? Sans doute, mais il refuse d’être enfermé dans un carcan et s’astreint à une vraie discipline déontologique. Au passage, il lance un débat inédit : et si la finance n’était finalement jamais qu’à la botte de la société, même en ce moment ? J’avoue qu’il m’a ouvert des perspectives de réflexion inexplorées. Comme je le soulignais dans un précédent billet, n’en faisons surtout pas une star, on risquerait de l’abimer. D’ailleurs moi-même je m’impose en rédigeant cette brève la sobriété et la mesure, ce qui n’est guère dans mes habitudes tant je suis programmée sur un mode j’adore/je déteste. Et celui-là franchement relève à mes yeux de la première catégorie. Un professionnel à suivre.

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85 commentaires »

  1. Dommage que cela soit payant !
    Ses explications m’intéressent.

    Commentaire par fultrix — 03/02/2012 @ 22:28

  2. @Fultrix : abonnez-vous. Si vous êtes ici, c’est que les médias vous intéressent. Or, @si fait un boulot excellent sur le sujet. Un vrai boulot, moi je fais de l’amateur. Franchement. Je vous ferais bien une synthèse, mais cela dure plusieurs minutes, l’équipe d’@si soulève plusieurs sujets, sur la forme des graphs’, les comparaisons retenues, j’ai oublié les subtilités du raisonnement. Ce que j’ai retenu, c’est que les choix étaient éclairés, honnêtes et que Lenglet avait du fond. Il est conscient des excès de la finance, il avait prédit la crise des subprimes, il dénonce la faillite des économistes, il pense par lui-même, bref, c’est un bon journaliste, vraiment bon.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/02/2012 @ 22:44

  3. Aliocha: cet entretien est effectivement passionnant. Il est en même temps paradoxal. N’en faisons pas une star dites vous, nous l’abimerions. Mais c’est justement ce que fait cet émission. Sans excès people, ce n’est pas Voici non plus. Mais comme il le fait lui même remarquer, les rôles sont inversés, il est interrogé, ce qui lui permet de s’exprimer, mais l’éloigne de sa fonction, qui est de poser les questions et non de mettre en avant son avis.
    Il est d’ailleurs à plusieurs reprise en difficulté quand il doit s’exprimer en nom propre, on sent bien qu’il n’aime pas ça.
    Ce document est précieux car il éclaire, mais doit rester rare. S’il venait à faire ce genre d’entretien trop régulièrement, il perdait sa qualité de retrait.

    Commentaire par kaeldric — 03/02/2012 @ 23:10

  4. @Kaeldric : je ne suis pas sûre que l’émission en fasse une star. Elle est spécialisée, ce qui tempère l’effet médiatique. DS ne fabrique pas des stars, il étudie, il débriefe, il explore, il critique. Son point de départ va à l’encontre de la starification, il est plutôt dans la déconstruction. Anne-Sophie a bossé pour le mettre en difficulté. Maintenant, il est vrai que la place du journaliste n’est pas d’être interviewé. On retrouve le même problème qu’avec Ghesquière et Taponier sur le tarmac, quand Ghesquière dit à ses confrères : « d’habitude, on est de l’autre côté ». Le tout est que Lenglet ne se laisse pas prendre dans le piège et continue de bosser. Le risque de la starification, c’est qu’il finisse par se pointer sur les plateaux pour dire tout et n’importe quoi en considérant que même s’il n’a rien à dire, il trouvera toujours une banalité à lancer. A priori, je n’ai pas l’impression que ce soit son genre, mais je peux me tromper. Un point m’intrigue, dans le forum d’@si, il est attaqué violemment sur son calcul prélèvement libératoire + prélèvements sociaux versus imposition des revenus du travail. A vérifier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/02/2012 @ 23:27

  5. Sa comparaison avec/sans CSG est rapide, « fausse », mais bien en appui d’un raisonnement. La question est donc sa simplification est elle acceptable (même si simplifier, c’est toujours déformer) ou est-elle abusive?
    En reprenant les chiffres cité, et sans ajouter les pourcentages(!!!) on obtient pour un revenu de 100:
    Capital: CSG 13%, PL 24% (j’mets volontairement le cas 21%)
    100 – 13 -> 87 24% de 87 -> 20, 88 (21 pour la suite)
    100 – 13 – 21 -> 66. Taux ‘effectif’ de prélèvement: 34%
    Travail: CSG 8%, Tx Marginal Max 41%
    100 – 8 -> 92 41% de 92 -> 37,72 (38 pour la suite)
    100 – 8 – 38 -> 56. Taux ‘effectif’ de prélèvement: 44%

    L’écart est donc réel. Toutefois, on compare deux systèmes différents. Les retraites, mutuelles, assurances chômage sont prélevées sur le travail, mais en partie aussi sur le capital par ailleurs (la part patronale) et ouvrent des droits qui n’existent pas pour les revenus du capital. On ne peut donc pas forcément les inclure ici.

    Ensuite, ce taux marginal de 41% est justement cela, un taux marginal. Ce n’est pas un taux ‘réel’ comme dans le calcul ci-dessus, l’impôt étant progressif. C’est une approximation qui ne devient vraie que pour des revenus ‘très’ élevés. Et encore. Il y a de nombreux abattements sur l’impôt sur le revenu.

    Son discours était que les taux tendent à converger, puisque les tranches ne bougent globalement pas, alors que l’on monte progressivement et régulièrement l’impôt sur le capital. Ce qui est juste. L’écart est-il nul: non, 10%, c’est tout de même significatif. Mais quand un politique cite 24% et 41% (soit 17% d’avantage pour le capital), l’approximation en sens inverse est elle aussi très excessive.

    Pour finir par une remarque polémique et politique: cette comparaison suppose que l’imposition doivent être la même pour capital et travail. Mais c’est oublier une différence de nature. Un revenu du capital, une plus value, est souvent inconnue a priori, et peut parfaitement se révéler être une moins value. C’est aspect aléatoire pourrait justifier un taux de prélèvement moindre.

    Commentaire par kaeldric — 04/02/2012 @ 00:18

  6. Mais, Aliocha, vous seriez finalement de droite ? Ben oui, l’économie, c’est pas neutre, c’est fortement teinté d’idéologie.
    Je ne sais pas si vous avez lu les commentaires des clients d’ASI. Ce sont pas des gauchistes, en général, pourtant la plupart d’entre eux trouvent que votre Lenglet, il a enfariné Schneidermann (qui n’est pas économiste) avec des chiffres bidon sur la taxation du capital. Alors vous repasserez avec votre déontologue à deux balles qu’est pas différent de ceux qu’on voit dans « les Nouveaux chiens de garde », hormis le fait qu’il a pas de cheveux sur le crâne.

    Commentaire par Gilbert — 04/02/2012 @ 05:01

  7. @Kaeldric : merci, j’avoue mon incompétence absolue sur ces sujets classiques de politique économique. Honte sur moi !

    @Gilbert : les lecteurs d’@si pas de gauche ! Vous me faites rire ! Vous êtes déjà allés au pique-nique annuel d’@si ? Moi oui. Et je vous assure qu’une très large majorité des personnes présentes étaient mélenchonistes. Je ne suis ni de droite ni de gauche, je suis du côté des gens qui bossent et qui permettent un débat de qualité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2012 @ 11:08

  8. @Kaeldric: merci pour votre commentaire.
    Dès qu’il est question de coûts il est prudent de définir les hypothèses. Le coût est souvent une opinion. Quiconque a discuté valorisation de stock dans une entreprise industrielle avec l’administration fiscale comprendra.

    Commentaire par araok — 04/02/2012 @ 11:56

  9. @kaeldric

    Effectivement les droits ouverts par les taxations du travail et du capital sont différents : une « machine » n’a pas d’arrêts maladie et un actionnaire n’est pas « occupé » par son capital qui fructifie, il peut donc « travailler » ailleurs et de là cotiser pour s’ouvrir des droits. Je vous le concède c’est un peu le niveau zéro de la réflexion, mais l’idée est là.

    Maintenant on peut regarder cette question de manière plus globale : l’europe (et la france) est en train de vivre une crise économique assez sévère, qui implique lorsqu’elle avance sous la « botte » des institutions dominantes un vrai retour en arrière sanitaire, économique et social (voir le cas de la grèce) par manque de moyen de l’état (on ne fait même pas de politique en expliquant pourquoi l’état n’a plus d’argent). Confronté à cela, il y a 2 moyens de s’en sortir :

    1) On se dit que l’état ne peu plus rien faire et on dé-socialise tout : en clair le bonheur libéral du marché qui régule et demerden sie sich. Pourquoi pas, mais dans ce cas je ne voie pas pourquoi on supprimerais plus de profs que de flics (si le marché régule, il régulera bien la violence) et si c’est le « marché » qui régule, pourquoi toujours plus de lois liberticides qui écrasent la populace sous la botte un peu facho et protègent le carré des copains.

    2) On se dit qu’il y a moyen de prendre de l’argent pour ne pas trop diminuer ces prestations, et il faut le prendre à un endroit : 10 euros à chaque « pauvre » sur ces 1000 euros de revenus obtenues avec plus de 170 heures de travail ou 30 euros à chaque « riche et sur chaque tranche de 1000 euros de revenues obtenus par des placements, rentes ……

    Je n’ai pas d’avis sur la question (enfin si j’en ai un, c’est d’imprimer notre monnaie et de laisser le marché réguler) mais c’est un choix de société,
    – Soit on explique qu’il faut travailler pour enrichir la france, que le travail est une valeur importante et tout le blabla et dans ce cas il faut _hyper_ taxer les revenus qui ne sont pas des revenus du travail.
    – Soit on considère que le travail ne rapporte rien à la france et que ce qui est _bon pour nous_ ™ c’est le capital et on hyper taxe le travail pour laisser le capital s’engraisser.

    Il suffit de le dire clairement et les gens pourront jouer en connaissant les règles. (moi les 2 cotés ca me va, juste que mes choix et comportements seront différents)

    Ca m’a toujours fait bizarre lorsqu’il y a une baisse de revenue d’une famille que cela se traduit par des restriction pour les enfants alors que les parents gardent le même train de vie, rien que les 350 sénateurs, 570 députés et les ministres et conseillers en tout genre qui cumulent les indemnités pourraient montrer l’exemple. Je crois que leurs « émoluments » devraient être indexés sur la moyenne des revenus net (hors premier et dernier décile, et diminué des dépenses coutantes : logements, eau, électricité, chauffage, assurance, mutuelle). Ces « individus » seraient peut être un peu plus impliqués dans le bien être de la population.

    Commentaire par herve_02 — 04/02/2012 @ 12:12

  10. Mon commentaire portait surtout sur M. Lenglet dit-il n’importe quoi avec ces chiffres. Mon opinion personnelle est que non, pour principalement deux raisons. Oui les taux convergent progressivement puisqu’en prenant le revenu sur le travail le plus taxés et ce sans la moindre réduction (dans une hypothèse de taux de 41%, il suffit de se marier pour diviser par deux la somme payée!) on a un taux proche du taux appliqué au capital. Secundo, il n’expose pas un thése personnelle il apporte la contradiction à un interlocuteur. Dont les positions sont différentes; M. Sarkozy et M. Mélenchon n’ont pas exactement la même analyse ni la même démarche.
    Les chiffres sont ici utilisés pour faire parler le candidat, le stimuler, le pousser dans ces retranchements, le faire s’exprimer. Ce qui compte, ce n’est pas la pensée personnelle du journaliste, mais de mettre en lumière celle du candidat.

    Si les impôts sont un ‘bon’ sujet politique, outre qu’ils nous touchent directement, c’est justement parce que les règles fiscales si elles sont censées être froides et neutres une fois votées, sont directement issues d’un choix politique: à qui prendre, à qui redistribuer, comment inciter à certains comportements (carotte/bâton fiscal).
    C’est d’ailleurs un des regrets qu’exprime M. Lenglet: la faible diversité des propositions des différents candidats.

    Commentaire par kaeldric — 04/02/2012 @ 13:06

  11. @ Aliocha : Vous voulez dire que les personnes qui suivent _ pour reprendre vos termes _ le « vrai boulot », le « boulot excellent » d’@si, seraient de gauche ? Et peut-être même majoritairement du Front de Gauche ?! Mais… mais alors… ces personnes seraient engagées et participeraient d’un débat de qualité ?

    Pour parodier M. Mitterrand, on n’est pas « ni de droite, ni de gauche »… on est de droite (cf le parcours et l’appartenance politiques de celles et ceux qui s’en réclament). L’appréciation de l’économie, c’est de la politique. Cet homme dont vous nous REfaites l’éloge est idéologiquement engagé (et pas qu’un peu).

    J’ai pour habitude de vous rendre visite par intermittence et en silence. Ma réaction n’est pas celle d’un butor, mais en tant que mathématicien, cette instrumentalisation des notions d’objectivité, de neutralité, du hors-champ, voire du « centre » (concept vide et creux) me fatigue au plus haut point.

    Quant au statut de « star », sujet très secondaire s’il en est un, M.Lenglet en est déjà une, et ce depuis 2011. Contrairement à ce que vous semblez indiquer, on est une star du PAF le sont dès lors que l’on y est à résidence. Cela n’est pas sans poser quelques problèmes… notamment la question fondamentale « d’où tu parles ? ».

    Mais là où l’affaire prend des proportions telles que l’on ne peut plus faire comme si de rien n’était, c’est lorsque cette parole « chronique » se veut parole d’expert, parole scientifique, telle une vérité révélée des temps modernes… conduisant inéluctablement à une pensée monopoli(s)tique.

    Pour pallier à cette dérive, on retrouve deux de nos piliers républicains _ n’ayant fort curieusement pas le vent en poupe : l’École et les métiers de l’Information :

    i) Concernant cette première, un travail d’éducation intellectuelle et populaire est requis quant à la nature, particulièrement relative, de ces ‘sciences’. Il est incroyable / effroyable que pendant tant d’années le souverain ait été tenu à l’écart de la compréhension économique du modèle en construction. J’aurais presque envie de dire que « faire de l’économie » (c’est vulgaire comme expression, hein ?), c’est un engagement politique. Mieux encore, on pourrait étendre cette assertion à la plupart des pratiques dans le domaine des sciences humaines et sociales. Ce qui ne manque pas de piquant, c’est de voir la mine horrifiée de certain(e)s consœurs / confrères, si vous leur tenez pareils propos.

    ii) Quant à l’information, elle se doit de pratiquer le pluralisme à grande échelle. Soit tout le contraire de la pratique des « bons clients » _ que vous avez défendue _ et de cette tartufferie « déontologique » d’aucuns dont, à côté de ça, nombres (et M.Lenglet en particulier) prétendent au hors-champ. Hypocrisie, quand tu nous tiens…

    J’espère qu’à l’aune de ce court développement, vous comprendrez mon agacement à la lecture de votre second encensement « déontologique » et du sujet futile « Star ou pas Star », à l’image de l’écume.

    Mes meilleures salutations vous accompagnent,
    Un passant

    Commentaire par Un passant — 04/02/2012 @ 13:33

  12. @ Un Passant : nous ne parlons pas des mêmes choses, dès lors il n’est pas étonnant qu’on ne soit pas d’accord. Voilà ce que je dis, en substance :
    – un journaliste spécialisé en économie et finance accède au cercle très prisé et très inaccessible des interviewers du Chef de l’Etat, à la grande surprise dudit cercle,

    – cela signifie qu’on peut au choix partir du journalisme politique et l’étendre à l’économie, ou bien l’inverse, partir de l’économie pour accéder au politique. Quand je dis cela, je ne me situe pas sur le terrain de l’idéologie mais du fonctionnement médiatique, du profil professionnel des intéressés. C’est un signe parmi d’autres de la montée en puissance de l’économie dans le débat politique. Et si je le remarque, c’est que depuis 2008, les sujets que je traite, moi l’obscure soutière de la presse éco archi spécialisée accèdent à la Une de l’actualité et même au menu du G20. Je vous assure que c’est décoiffant de nouveauté. Demandez à un expert comptable s’il imaginait qu’un jour les IFRS s’inscriraient au menu du G20. Interrogez-vous sur le fait qu’à l’heure actuelle plus personne n’ignore ce qu’est une agence de notation et un triple A.

    – je salue l’irruption d’un technicien (je n’ai jamais dit que la technique était exclusive de l’idéologie, je dis même le contraire depuis des mois sur les normes IFRS, les agences de notation et le reste) et d’un interviewer neuf, issu, je le répète, d’un univers en principe placé en-dessous du niveau d’intérêt des médias généralistes. C’est de la cuisine interne que je vous montre là, des détails, mais des détails significatifs.

    – passons donc à Lenglet. Je n’ai jamais dit nulle part qu’il était objectif. Je comprends parfaitement l’irritation contre le courant mainstream qu’il représente. Sauf que. Ce que je salue n’est pas l’irruption d’un journaliste technique objectif et débarrassé de tout penchant idéologique, c’est juste l’apparition dans le paysage d’un journaliste qui, à l’évidence, ne se forge pas ses convictions à coups d’interview ici et là, mais de quelqu’un qui bosse techniquement ses dossiers et qui, baignant dans l’économie, a une connaissance très fine des dossiers. Compte tenu de la complexité de la situation, ce n’est pas idiot de se tourner vers les confrères qui connaissent ces sujets par coeur.

    – Ses positions ne vous conviennent pas ? Dont acte. Vous auriez préféré un journaliste économique capable de challenger le discours dominant ? Personnellement, je souhaite plus simplement que d’autres techniciens émergent, de toutes obédiences, pour que nous ayons droit à un débat politique de qualité. Lenglet est un bon début, j’attends les autres. Le système médiatique comme toutes les grosses machines est difficile à bouger, à faire évoluer, on a là à mon avis le début de l’amorce d’une légère amélioration de la qualité. Je ne dis rien d’autre. Maintenant, à titre très personnel, je m’irrite de voir que pour certains, toute personne pensant différemment est un con malhonnête. Ce n’est pas ce que je pense des gens qui ont d’autres idées que les miennes. Au contraire, à condition qu’ils ne fassent preuve ni de mauvaise foi ni d’agressivité, je considère qu’ils représentent pour moi une opportunité d’évoluer dans mes réflexions.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2012 @ 14:03

  13. @Un Passant : j’ajoute, pour être tout à fait complète, qu’on pourrait m’opposer l’exemple de Jean-Marc Sylvestre pour nuancer la nouveauté que j’évoque. Il se trouve que ce journaliste est loin d’être considéré comme un bon journaliste économique dans la presse éco. Et je m’arrête là pour ne pas devenir franchement désagréable. 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2012 @ 14:13

  14. Bienvenue chez les autophages…

    Commentaire par Édouard — 04/02/2012 @ 14:59

  15. Également un éclaircissement personnel si besoin était :

    Je partage votre réflexion sur une certaine évolution du Politique (ça nous change de la politique du cœur, des tripes, ou que sais-je encore…) dans notre société. Des symptômes, on en retrouve par centaines. Ce n’est pas comme si un phénomène dit ‘de crise’ était passé par là, véritable catalyseur politique. « L’herbe pousse » disent certains. Les certains en question sont autant d’avis divergents voire incompatibles. D’autres accompagnent cette poussée pour que rien ne pousse, puisqu’il est difficile, voire impossible de la passer sous silence (il est remarquable de constater à quel point nous partagerions tous un diagnostic commun, et ô combien dépoussiéré se retrouve un vocabulaire auparavant condamné par la doxa dominante).

    J’ai répondu à votre observation sur la cuisine interne d’un fonctionnement médiatique particulier, en la balayant d’un revers de main : écume que tout cela. Je n’y perçois rien de significatif… des « techniciens » sont implantés depuis belle lurette. Étrangement, la musique n’est (presque) jamais dissonante. Ce n’est pas parce que des éditorialistes occupent le haut du pavé que des « techniciens » n’avaient pas voix au chapitre…

    C’est bien ; nous attendons la même chose. Une pluralité des intervenants, avec un renouvellement permanent, qui puissent exposer (aux citoyens !!) leurs perspectives, leurs grilles de lecture, et éventuellement (dans un second temps !!) interroger voire remettre en question celles d’autrui. Tel un travail universitaire de service public.

    Ce qui n’a rien à voir avec une discussion de comptoir où chacun essaye de convaincre autrui.
    Ce qui n’a rien à voir avec ces « débats » télévisés où l’on est « pour / contre », « oui / non », etc… : le néant informatif et intellectuel somme toute. Sans compter le rôle dévoyé de l’image et du paraître.
    Ce qui n’a rien à voir avec un exercice stupide d’affrontement entre journaliste et politique.

    « Maintenant, à titre très personnel, je m’irrite de voir que pour certains, toute personne pensant différemment est un con malhonnête. Ce n’est pas ce que je pense des gens qui ont d’autres idées que les miennes. Au contraire, à condition qu’ils ne fassent preuve ni de mauvaise foi ni d’agressivité, je considère qu’ils représentent pour moi une opportunité d’évoluer dans mes réflexions. »

    Vous comprendrez que tout un chacun fera sienne votre formule, et qu’elle ne prend donc guère de sens… d’autant plus qu’il ne faut jamais mélanger idée et homme. Avec votre apport très personnel relative à la personnalisation, je revois le mélange des genres se dessiner, et l’on en revient aux trois détournements que j’évoquais préalablement.

    Je n’ai pas donné mon opinion personnelle et je ne l’estime absolument pas nécessaire dans le cadre de cette discussion. Par la force des choses, on aura néanmoins compris que les positions idéologiques de M.Lenglet me déplaisent… ce dont on se fiche complétement, puisque là n’est pas la question. La question est de savoir si M.Lenglet occupe une place nouvelle et honnête dans ce paysage médiatique. Je réponds non, à travers le court développement de mon post précédent.

    Et si votre question est de savoir si M.Lenglet est un OVNI annonciateur de beau temps démocratique, j’y ai répondu puisqu’il existe un conditionnement nécessaire entre les deux interrogations (je vous laisse le soin de trancher laquelle est la plus forte =P). Comme quoi, nous parlons bien des mêmes choses.

    Commentaire par Un passant — 04/02/2012 @ 15:27

  16. Pardonnez du double messages, pour de petites corrections.

    Par le côté sentencieux du « je revois le mélange des genres se dessiner », je ne vous accuse pas d’y participer. D’une, ce serait insultant. De deux, rien ne le justifie. A travers ce paragraphe, je voulais dire : « Attention danger porte ouverte aux dérives de la personnalisation. »

    « je n’ai pas donné mon opinion personnelle » : mon jugement économique s’entend.

    Commentaire par Un passant — 04/02/2012 @ 15:39

  17. Si ce n’est déjà fait, allez jeter un coup d’oeil chez « Causeur »…

    http://www.causeur.fr/voeux-vaches-a-l%E2%80%99elysee,15189

    Peur-être un peu hors-sujet… Quoi que…

    Commentaire par Zarga — 04/02/2012 @ 16:17

  18. Sympa votre lien, Zarga !
    J’apprécie également les réflexions du Passant.

    Je crois comprendre ce qui cloche entre nos réflexions de non-pro du journalisme et notre hôte.
    Nous avons oubliez le journaliste (monsieur Lenglet ) et nous nous sommes attachés au contenu présenté, en oubliant qu’habituellement, le contenu est rare ou de qualité faible.
    Ce « grand écart » me parait symptomatique de la « fracture » entre l’attente du public et la production journalistique d’information.
    Nous, public, auscultons le peu de contenu en espérant une forme de pédagogie (le journaliste dit la règle communément admise) face à un interlocuteur politique donc forcément orienté pour sa chapelle ( je caricature !).
    Vous, Aliocha, vous n’analysez pas le contenu pointu, profond, vous découvrez son existence (du contenu ) et vous tombez sur une perle rare, d’où vos articles « enamourés » sur le pro’ de votre secteur qui bosse fort et trouve un peu de reconnaissance, denrée rare s’il en est, quel que soit le secteur d’activité … Je caricature là encore, surtout pour la pâmoison !

    Bref, chacun voit midi à sa porte !
    Mais pour votre bien, nous, commentateurs de votre blog, sommes « obligés » de vous bousculer un peu pour votre bien, il va sans dire !).
    Parce qu’après tout, vous bloguez, donc, cherchez à communiquer votre passion professionnelle, ainsi que vos récriminations et vos aspirations.

    Voyez dans cette « controverse » une bonne chose qui nous améliorera tous.

    Commentaire par fultrix — 04/02/2012 @ 18:37

  19. Vous vous fourvoyez Aliocha. Vous êtes séduite par le personnage, un peu anachronique, ou par son auto-dérision à l’heure ou certains journalistes rivalisent d’ego en essayant de se payer leur interlocuteur, soit. Je n’ose pas croire que c’est parce qu’ ancien de la Tribune qu’il dispose d’une telle mansuétude de votre part. Vous vantez sa discipline déontologique ? Ses graphiques ne sont pas moins manipulateurs après l’émission d’@si qu’avant. Franchement, je ne vois franchement rien de nouveau sous le soleil. Un journaliste économique libéral de plus. Au mieux, un idiot utile pour les libéraux. Au pire, un manipulateur d’une espèce assez commune.

    Commentaire par kuk — 04/02/2012 @ 18:44

  20. Est-ce que Lenglet est un serviteur aux ordres et sa fonction est-elle de servir le pouvoir?
    La question est : à quoi reconnaît-on un interviewer libre ? Ou bien il a des convictions et il vient sur le plateau pour les défendre au travers de ses questions. Ou bien il n’a pas d’idées sur ce qui est préférable et il se contente d’analyser les propos des autres, de remonter à leurs prémisses, parfois de les rectifier s’ils disent des faussetés ou des mensonges. Lenglet n’est pas un tel analyste, car il vient avec des questions toutes-faites et des schémas sur mesure. En fait, il est un économiste (il a des convictions appuyées sur un certain savoir portant sur l’économie qui fait que quand il utilise le mot « dépense » il entend mille fois plus de choses que moi concernant ce qui se passe dans ce monde où l’argent tend à devenir la mesure de toute chose).
    Lenglet est l’un des économistes libéraux « pur jus » qui défilent sur les plateaux télé (pour moi, qui ne sait pas voir les différences, ils parlent toujours des mêmes choses : dépenses, recettes, dettes, valeur de la monnaie, salaires, charges …). A quoi on voit ça ? Il est là pour « défendre » les soubassements libéraux de notre monde et non pour analyser et chercher la vérité : croyez-vous une seconde que face à Melanchon, Hollande, Sarkozy, il ait la liberté d’esprit du chercheur, discutant librement avec ses pairs, analysant des tableaux chiffrés de la dure science économique? Il vient avec sa grille a priori et ses convictions et uniquement « pour » faire avancer ses idées. Il est là pour la bonne cause : sauver, défendre le monde libéral qui prend l’eau. D’où ses questions-impératifs-catégoriques : il faut rembourser la dette? il faut réduire les dépenses?, il faut de la croissance?, il ne faut pas de politique d’austérité?, il faut réduire les charges?, …Vraies fausses questions appelant des réponses en langue de bois et certainement pas un échange fructueux, incisif, sincère et autres fariboles. Spectacle dont il n’est pas dupe, mise en scène en vue de produire un effet de vérité, rassurant les gens qui doutent tellement de la sincérité de nos politiques et de la nullité des « journalistes-serpillères », et pour certains, comme Aliocha qui sont tellement à la ramasse, troublés à l’idée de voir revenir la gauche chevelue, qu’ils s’imaginent voir la vierge marie en un pauvre journaliste certes chauve et très savant mais surtout caution du pouvoir qui fait en ce moment n’importe quoi pour se rendre intéressant (humm pas bon les sondages, Bébert, et si on prenait Lenglet pour dimanche, pas con, il faut montrer qu’on est humble —- l’humilité du politique devant le savant).

    Commentaire par Bray-Dunes — 04/02/2012 @ 20:47

  21. @Kuk : et alors ? Vous n’avez pas remarqué que j’étais une journaliste libérale ? Cela m’empêche-t-il de critiquer le système ? D’appeler à une régulation digne de ce nom ? Que vous tempériez mes enthousiasmes, c’est assez pertinent, je suis excessive en tout et j’en suis consciente. Mais que vous lui dressiez un procès d’intention, je dit : halte ! D’abord quelqu’un qui fait de l’auto-dérision, ce que Daniel appelle à tort de la fausse modestie, c’est à mes yeux le signe d’une distanciation de soi et des situations qui me parait de bonne augure. Ensuite, c’est fatiguant ces étiquettes, libéral, pas libéral, sachant que dès qu’on dit libéral c’est comme si on disait con, égoïste, menteur et de mauvaise foi. Faut-il vous rappeler les échecs du communisme ? J’ai plus confiance personnellement dans un libéral critique à l’égard du système même si je peux me retrouver en désaccord avec lui, que dans un doux rêveur qui dessine un monde idéal que personne n’a testé. Quant au fait qu’il s’agisse d’un ancien de La Tribune, je ne l’ai jamais rencontré, un pigiste ça bosse à l’extérieur et ça ne connait quasiment personne en interne. C’est un parfait étranger pour moi. Surtout moi qui suis une sauvage absolue, allergique aux mondanités et trop débordée pour aller me promener et serrer des mains 😉 Et j’espère que vous ne me soupçonnez pas d’une forme de corporatisme de titre de presse, parce que franchement c’est à mille lieues de mon caractère.

    @Fultrix : je ne vous le fais pas dire, il a ouvert un débat, au lieu de faire le beni-oui-oui ou le critique sans documents à l’appui. A charge pour chacun de contester les chiffres à coups d’analyses et pas d’accusations idéologiques….Plus généralement, si j’ai ouvert un blog, c’est pour discuter, et donc avoir des contradicteurs, pas pour me faire cirer le nombril. De toutes façons,sij’avais fait ça pour me faire reluire l’ego, ce serait franchement raté 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2012 @ 20:59

  22. @Bray-Dunes : Tsss, faut arrêter la parano, trois secondes, s’il vous plait. Et lire les billets au lieu d’élucubrer dans le vide, quand j’applaudis les indignés, que je conspue la démence de la finance, et que j’avoue une tendresse pour les hackers (je vais encore me faire corriger, je sais, c’est pas le bon mot mais j’ai zappé la terminologie), vous croyez vraiment que ça traduit la peur d’un retour de la gauche chevelue ? En revanche, ce qui me fait peur, ce sont les libéraux de gauche, type Hollande, parce qu’ils ont le cul entre deux chaises et qu’il n’y a rien de plus dangereux. Quitte à choisir, mon fond anarchiste préférerait largement Mélenchon à Hollande, y’a pas photo.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/02/2012 @ 21:07

  23. @Aliocha : je me suis mal exprimé. Pour moi, l’immense majorité des journalistes économiques sont libéraux et ont du mal à sortir de ce cadre de pensée. Je le regrette, Pour autant, je n’associer ce mot à con, égoïste, menteur etc… Je comprends la méfiance des libéraux vis-à-vis de l’état, ce courant de pensée est parfaitement respectable, d’autant plus que je ne prétends détenir la vérité.

    Ce que je pointais, c’était l’absence d’originalité de Lenglet dans le paysage des journalistes économiques tant du point de vue de ses convictions (influençant son travail journalistique), que de la « sélectivité des chiffres » dont il parle dans l’entretien. Sur ce dernier point, je trouve sa « discipline déontologique » plus que douteuse, cf les commentaires sur le forum @si ou bien les critiques sur ses diapos. L’échantillon n’est peut-être pas représentatif de l’ensemble de son travail, et j’espère qu’il vaut mieux que ce que j’ai pu en voir.

    « Il refuse d’être enfermé dans un carcan », pourtant, sa comparaison éculée du budget français en déséquilibre endémique à celle d’un ménage endetté montre que justement, il a du mal à sortir des barrières que nous imposent les financiers. On voudrait lui rappeler qu’un ménage n’imprime pas sa monnaie, qu’on peut saisir les actifs d’un ménage mais pas ceux de la France, on sait que ce serait vain.

    Deux derniers points : parlant de son auto-dérision, je trouve également cette qualité appréciable, qui nous change en effet d’une certaine arrogance de ceux qui ont l’impression de savoir par rapport à leurs interlocuteurs incultes, mais je n’en déduis pas un esprit éclairé pour autant. Je ne la pense pas feinte, même si elle lui permet de gagner une sympathie de l’auditeur qu’il aurait eu plus de mal à obtenir par son seul travail journalistique.

    Enfin, l’allusion à la Tribune, c’était plutôt pour avoir des précisions si votre histoire commune, si vous le connaissiez d’avant, même si votre billet laissait entendre que non, que vous le découvriez.

    Commentaire par kuk — 04/02/2012 @ 21:51

  24. « ce qui me fait peur, ce sont les libéraux de gauche, type Hollande, parce qu’ils ont le cul entre deux chaises »

    Pardon, mais c’est complètement con. Faire confiance au marché et à la concurrence (être « libéral ») n’est pas incompatible ou incohérent avec un souci de justice sociale redistributive (être « de gauche ») (caractéristiques caricaturées, mais au point où on en est du sens des mots…). Ce n’est pas être le cul entre deux chaises, c’est juste ne pas être lié par une idéologie qui conduirait à une soumission inconditionnelle à un ensemble d’idées et principes qui ne sont nullement par nature indissociables.
    Moi, le « libéralisme de gauche », ça me va très bien, et ça me rassure de voir, comme l’a un jour dit DSK, du « socialisme en tranches », et pas du poujado-merdisme à la Mélenchon (et au passage, si, les lecteurs d’@SI qui font les commentaires sur « pfwa sale libéral » sont, non pas des gauchos, mais des cons).
    Au passage, une enquête (menée de la façon la plus rationnelle qui soit) parmi les économistes (universitaires) français avait fait ressortir une telle tendance : des gens plutôt favorables au marché, et soucieux de redistribuer les richesses. Dommage que la nuance vous fasse peur et que vous l’assimiliez à de l’incohérence (chose que j’ai vue chez les libertariens, qui traitent d’incohérent des vendus comme Smith qui accordaient un rôle, parfois important, à l’Etat, ce qui est pour eux incompatible avec des convictions libérales).

    Commentaire par VilCoyote — 04/02/2012 @ 23:21

  25. @VilCoyote : il me semblait avoir souligné ici qu’une opinion différente n’était pas forcément une opinion con. Il me semblait aussi avoir répondu calmement aux nombreux commentateurs en désaccord avec moi et avoir pris en considération leurs arguments sans les traiter d’abrutis….Ce n’est pas complètement « con » au sens où vous semblez l’entendre, c’est-à-dire sorti de nulle part. Si je n’apprécie guère la politique de Sarkozy, je ne me retrouve pas davantage dans cette gauche qui ajoute à une pensée libérale un grand pansement social au financement sujet à caution et à l’efficacité plus qu’incertaine.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 00:02

  26. Que vous ne vous y retrouviez pas est une chose (évidemment légitime et indiscutable), mais que vous considériez que « ça fait peur » sous prétexte que ce n’est pas une pensée jusqu’au boutiste, et que seul le totalitarisme (au sens « pensée systématique totale ») serait cohérent, si, c’est con. Je ne sais pas d’où ça sort, mais ça peut certainement y retourner sans perte aucune pour l’intelligence du débat.
    Le désaccord ne porte pas ici sur les idées politiques, mais sur une quasi-épistémologie de la pensée politique, dont vous semblez avoir une conception indéfendable (j’insiste) qui me fait employer ce langage fort peu correct tant ce propos ne rime à rien. Sinon, à ce compte là, pourquoi n’avez-vous pas peur d’un Sarko qui a le cul entre deux chaises en faisant une politique « de droite » (cadeaux fiscaux, péter les 35h) mâtinée de « socialisme » (hausse des impôts, renflouement des banques) ? Personnellement, une telle diversité d’inspirations ne me choque nullement (ça veut pas dire qu’au final ça fait pas de la merde, comme ça pourrait être le cas pour Hollande; mais l’échec ne vient pas du mélange des genres), et exiger d’un homme politique qu’il suive exclusivement une doctrine serait, pour le coup, dangereux.

    Commentaire par VilCoyote — 05/02/2012 @ 00:22

  27. Bonjour Aliocha,

    Il est très bien ce journaliste ! En effet, dans la plus pure tradition française de ce type d’interview, il se démarque de ses confrères spécialistes politiques; ça change !

    Sans être trop technique, et c’est mieux ainsi, parce que le champ économique est barbant, mais avec rigueur, il force son interlocuteur à la précision de sa pensée. Ce qui est essentiel, comme le rappelle Kaeldic en @ 10 : « Les chiffres sont ici utilisés pour faire parler le candidat, le stimuler, le pousser dans ces retranchements, le faire s’exprimer. Ce qui compte, ce n’est pas la pensée personnelle du journaliste, mais de mettre en lumière celle du candidat » et je partage cet avis.

    Posé, la fluidité du « verbe » facilite agréablement l’écoute et le littéraire qu’il est à alors certainement retenu Gide : « Le rôle de l’interviewer, c’est de forcer l’intimité ».

    Parmi les critiques, et il y en a , je retiendrai celle qui revient souvent, mais ça vaut pour beaucoup de journalistes, l’absence de relance des questions tant qu’on n’a pas la réponse.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/02/2012 @ 00:58

  28. @ l’hôtesse de ces lieux :

    « Ensuite, c’est fatiguant ces étiquettes, libéral, pas libéral, sachant que dès qu’on dit libéral c’est comme si on disait con, égoïste, menteur et de mauvaise foi. »

    Point entre gens de bonne compagnie. A titre personnel, je préférerais que l’on emploie le terme néolibéral, sinon que l’on précise libéral au sens économique du terme, voire mieux encore que l’on baptise enfin d’un vrai nom cette idéologie.

    Ce que j’essaye justement de rendre saillant : « l’étiquette » n’est pas là pour enfermer (vous pouvez en portez plusieurs, avec tous les degrés de précision qu’il vous semblera utile). Elle est-là pour savoir qui parle, d’où il parle, (la question des intérêts doit également être accessible) etc… afin de tordre le cou une bonne foi pour toute à cette arnaque qui voudrait que le commentateur soit hors-champ – là où dans la configuration actuelle, il est en réalité juge et partie. Mais aussi pour en finir avec cette prétention supérieure de l’expert détenteur de la vérité, fort d’une vérité objective, factuelle, etc… chiffres / graphiques / etc… à l’appui, comme autant d’arguments d’autorité assénés. En effet, la temporalité rapide et la nature pauvre du média télévisuel sont ainsi faites. Or, je critique – et pour cause – ce dévoiement / cette instrumentalisation de la notion de vérité scientifique, à laquelle même la Mathématique ne peut pleinement prétendre, alors des faiseurs d’opinion, vous pensez bien…

    Je sais peu ou prou l’opinion que vous port(i)ez sur les travaux relatifs à la sociologie des médias de P.Bourdieu, sans même parler d’Acrimed. Il n’empêche que certaines questions dont celle de la critique des médias est posée. Encore une fois que vous perceviez un changement significatif dans cette accession d’un tenant de l’orthodoxie libérale (O tempora, o mores… ah tiens non, ça ne marche pas) n’est pas sans me poser question.

    Vous écrivez que c’est un esprit éclairé, dont la qualité d’auto-dérision supplante la vanité de certains journalistes politiques. Abstraction faite de cette personnalisation inappropriée, ce n’est pas très difficile en soi. C’est plutôt l’inverse qui relèverait de l’exploit ;-).

    Vous écrivez qu’il est professionnel. En relatif sans aucun doute. Là encore, rappelons que ce n’est pas très difficile en soi, et que ce serai plutôt l’inverse qui relèverait de l’exploit. Mais lorsque d’autres exposent en quoi il est engagé et a recours à une vulgarisation tendancieuse si ce n’est malhonnête, vous bottez en touche en répondant que c’est le lot de toute vulgarisation.
    A titre personnel, je peux et je dois être en mesure de vulgariser intelligemment (!!) mes connaissances techniques. Tout est question de format. Or, dans le format télévisuel dominant, ceci est rendu à dessein mission impossible (j’ai le triste souvenir d’avoir vu Cédric Villani, qui en plus de son talent scientifique est pourtant pourvu d’un incroyable don de vulgarisation, se heurter à ce mur de l’abêtissement). Cependant, le modèle des entretiens politiques durant la période des élections présidentielles échappe à ce moule oppresseur. Pourtant M.Lenglet récite les mêmes poncifs que ses voisins, avec bien souvent à l’appui l’exposé d’une simple donnée… à tel point que l’on frôle la caricature (on peut deviner ses questions avant même qu’il ne les ait posées).

    Ne dites pas vous-même être soumise à un carcan qui empêche l’exercice d’un journalisme de qualité ? Conseil : écoutez Radio France, et vous serez surprise de ce que l’on peut y faire / trouver comme émission de qualité. Et pourtant, c’est du service public…

    Oui, il faut faire le pari de l’intelligence. Oui, il faut faire le pari de savoir. Oui, il faut faire le pari de l’excellence. Oui, il faut relever le défi des Lumières.

    Conclusion perso : Je ressors plus de votre lecture avec l’impression que les recettes éculées des journalistes politiques étant usées jusqu’à la corde _ par un problème de confiance, de discrédit _ on est en train de nous vendre du vide (soi-disant « du sang neuf » pour vous citer), comme seule notre société du spectacle a le secret de nous concocter. D’où l’écume « star ou pas star », tel l’arbre qui cache la forêt, et le grossissement au microscope électronique d’une nouveauté qui ne porte en germe aucune modification de fond.

    « Faut-il vous rappeler les échecs du communisme ? »

    N’est-il pas curieux que vous leur fassiez subir le sort que vous reprochez que d’aucuns feraient (ou peut-être feront) subir aux néolibéraux ? Avec pour différence notable qu’aucune doctrine communiste n’a été appliquée dans notre République, contrairement à la pensée néolibérale. C’est là tout l’inconvénient d’être responsable du fait d’avoir foncé dans le mur… Et lorsque des communistes français ont pris part à l’exercice du pouvoir, nous n’avons pas, à ce que je sache, connu d’échec plus retentissant que d’autres. Pas plus que nous n’avons vu arriver les chars de l’armée rouge.

    « J’ai plus confiance personnellement dans un libéral critique à l’égard du système même si je peux me retrouver en désaccord avec lui, que dans un doux rêveur qui dessine un monde idéal que personne n’a testé. »

    On passera de nouveau cela sur le compte d’un troisième degré de votre part. Petit plagiat : j’ai plus confiance personnellement dans des économistes dénonçant depuis belle lurette la gabegie financière et économique du néolibéralisme, que dans leurs compères néolibéraux qui hier m’ont vendu les crises à répétition (et leur conséquences sur l’économie réelle) pour le paradis sur Terre et qui aujourd’hui m’expliquent qu’il faut retenter l’expérience en faisant un peu plus attention (id est en régulant ce qu’ils interdisaient fondamentalement que l’on régule la veille). Vous comprendrez aisément que sur ces bases, on est dans le procès d’intention ;-).

    Plus sérieusement, ceux qui ont activement vendu et conduit ce rêve néolibéral unifié, se révélant aboutir sur des cauchemars avérés et potentiels, souffrent du discrédit qu’ils se sont eux-mêmes occasionnés (bien que je ne doute pas des ressources protéiformes de certains de ses thuriféraires). Mais plus que cela, ils portent préjudice à d’autres pensées de l’école du libéralisme. Exactement de la même manière que des communistes français ont eu à subir l’avanie du déshonneur et de l’insulte, conséquences des crimes de masse de régimes totalitaires se réclamant du communisme. Après tout, cela vous permettra de vous rapprocher à travers le partage de votre expérience commune =D.

    @ Le Chevalier Bayard, et en dédicace à VilCoyote, du poujado-merdisme :

    En réponse à A.Gide :

    Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas comme si la petite lucarne consistait pour grande partie en un réceptacle d’immondices… Peut-être serait-il temps de changer de paradigme, et d’essayer autrement ! Au hasard, passer d’une cléricature à un modèle d’échange discursif plus universitaire…

    Commentaire par Un passant — 05/02/2012 @ 02:10

  29. @ Un passant

    …Mouais bon ! Vous souhaiteriez que l’on passe à un modèle d’échange discursif plus universitaire… pourquoi pas !

    Sauf que, le cadre de l’interview de dimanche dernier ne s’y prêtait pas, en période d’élection présidentielle, personnellement, j’attends autre chose qu’un « échange magistral universitaire en droit fiscal » équivalent à un ministre du budget !

    Ce qui ne me gêne pas au demeurant, j’ai cette formation universitaire.

    Le journaliste, pour le modeste citoyen que je suis, à l’approche d’un choix électoral, doit aussi faire ressortir, me semble-t-il, les qualités déterminantes de l’homme politique et d’une certaine manière son « intimité politique » ce qu’écrit, précisément, Max Weber dans « Le Savant et le politique » sur la question de l’exercice du pouvoir : d’abord, la passion, ensuite le sentiment de responsabilité, enfin une vision cohérente de l’action politique qu’il mènera et ce savoir faire de maintenir à distance les hommes et les choses.

    Cette distance, selon Joseph Schumpeter, suppose une forte capacité de maîtrise de soi, qui est nécessaire pour observer ses semblables, repérer immédiatement le point politique d’une question, s’en saisir, et, s’agissant des individus, l’art de les instrumentaliser, c’est-à-dire une aptitude au « maniement des hommes »…

    Enfin, sur l’allusion poujado-merdisme et le lien avec Gide (?) – ne fonctionne pas – : Mélenchon me donne pas à penser ! J’ai d’autres sources d’inspiration ! Pour autant, je lui reconnais des qualités de tribun, mais pas hors du commun, il lui manque la dimension charismatique !.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/02/2012 @ 04:51

  30. Comprenons-nous ; je ne promeus pas des discussions de technocrates. Je souhaite emprunter le modèle avec lequel nous échangeons nos connaissances et confrontons nos diverses constructions. Et pourquoi cela ? Car c’est une méthode d’essaimage et de transmission du savoir qui a fait ses preuves. Or, si c’est un bon outil collégial pour nous, il y a des chances que ce soit un bon prisme démocratique. Ce qui est bien, c’est que par la même occasion, on se débarrasserait d’une bonne part des mises en scène de politique-spectacle (entre message politique et mission journalistique), et cette dernière pourrait notamment retrouver sa fonction maïeutique.

    Pour ma part, votre appréciation gaullienne de la souveraineté et de l’exercice personnalisé du pouvoir me sont totalement étrangères : j’aime à voter pour des idées auxquelles j’adhère, le reste n’étant qu’histoires à dormir debout, bonnes à raconter au cours de longues veillées. D’ailleurs, à part élire sempiternellement De Gaulle, j’ai du mal à concevoir ce bon fonctionnement appliqué de l’exercice du pouvoir =P. Une telle incarnation du pouvoir ne me paraît assurément pas être une conception républicaine.

    Enfin, je ne suis pas venu ici pour faire de la vénération. Simplement l’idée d’un journaliste qui finalement serait là « pour pousser dans ses retranchements », « mettre en lumière » et « forcer l’intimité » de la personne avec laquelle elle s’entretient, idée à laquelle s’est ajoutée la condescendance de VilCoyote, m’a fait penser à cette vidéo qui expose une autre compréhension de la chose, telle une réponse du coq (roi sur son fumier) à l’âne.

    Commentaire par Un passant — 05/02/2012 @ 06:27

  31. A l’heure actuelle l’économie, telle qu’elle est véhiculée, relève plus de la croyance que d’une science.Lenglet ,que je trouve pragmatique (ce qui est une qualité en économie) me fait penser à un agnostique prudent qui craint l’Inquisition.

    Commentaire par HV — 05/02/2012 @ 07:25

  32. Bonjour Aliocha
    Jusqu’où ne pas aller trop loin dans la suspicion, dans l’élucubration, semblez-vous vous interroger. Je vais essayer de rester dans un doute raisonnable. Ces émissions de télé où Lenglet est partie prenante, m’ont semblé faites sur mesure pour rendre crédible les politiques (je ne crois pas en la volonté des producteurs de faire ce que le Chevalier Bayard désire et croit voir :l’accouchement au forceps et en direct d’une « authenticité »). Car le problème d’un politique, c’est seulement de faire croire et les médias servent (chez nous) à cela. Il lui faut et il lui suffit que les gens croient en lui. Ensuite, une fois élu, il passera aux choses réelles tout en alimentant par de la propagande/publicité/communication la confiance qu’il a su inspirer (il y a, sans parano excessive, un « système » médiatico-economico-politico-bien-de-chez-nous)
    Ce qui me chagrine, c’est votre enthousiasme soudain et inattendu pour « ce » Lenglet. Je reconnais que je suis incapable de juger si vous avez raison (quel est son savoir?), par contre, de ce que j’en ai aperçu, je crois qu’il sait beaucoup de choses en économie, qu’il a des convictions qui lui donnent un « ton » assuré et mesuré, et ….., qu’il est « utilisé » pour ces raisons et c’est cela qui compte pour moi eu égard à la question « est-ce cela du journalisme politique ». Cette utilisation du savoir, du savant, est problématique. Imaginons que Sarkozy ait à gérer politiquement une question liée à la physique atomique et qu’il se fasse interroger par Einstein. C’est la même chose avec Lenglet (toutes proportions gardées). A mon avis, c’est ce point qui est intéressant : oui ou non, Lenglet est-il en train de faire la courte échelle aux politiques, oui ou non est-il avec eux en train de ‘cogérer » la pédagogie du hic (et nunc) ou bien est-il vraiment en train de travailler une question qui a un sens économique (et- politique). Est-ce du spectacle, de la mise en scène (pour convaincre/abuser) ou bien un dialogue authentique comme on le désire tous ? Ma réponse c’est que c’est de la « mise en scène » qui cherche à nous satisfaire dans notre désir, d’avoir face aux politiques, des savants, je reprends vos termes : carrés, techniques, incisifs, courageux.
    Ce que n’a pas du tout, du tout, du tout été Lenglet, à mon avis et ce qui me fait penser, avec malice, que pour voir en lui, ce que vous avez vu, là où je ne vois rien que de très habituel, il faut que vous ayez très peur (je plaisante) du retour « aux affaires » de la gauche pour que la moindre brindille libérale sûre d’elle-même, comme l’incarne Lenglet, suffise à vous redonner des couleurs, et à vous rasséréner : inutile, dites-vous, aux anges, pour lui de manier la provocation, l’ironie ou l’argument idéologique, il sait et ça se voit . Tout le monde étant d’accord avec vous. Il reste l’essentiel : déterminer l’usage qu’il fait de son savoir.

    Commentaire par Bray-Dunes — 05/02/2012 @ 08:47

  33. @Bray-Dunes : ce n’est pas la première fois que j’observe la tendance des internautes à considérer que tout est toujours par définition pourri. C’est une approche qui personnellement me choque et me dérange. Elle me choque parce que je trouve les préjugés dangereux, tous les préjugés et pas seulement ceux du moment à savoir notamment les discriminations. Elle me dérange parce que, pour inverser la fameuse citation de Beaumarchais, il me semble que sans la capacité de féliciter, il n’est pas de critique pertinente. Or, tous les commentaires anti-Lenglet que je lis ici partent du postulat qu’à partir du moment où il n’est pas mélenchoniste proclamé alors il est forcément un agent du grand capital à la solde des puissances obscures de l’UMP. Si on arrêtait un peu de se jouer un mauvais thriller politico-financier ?

    D’abord je vais vous livrer un scoop : l’essentiel de mes potes dans la presse économique sont de gauche. Eh oui ! Parce que l’essentiel des journalistes en France sont de gauche. Même les grandes figures, les stars, qu’il est de bon ton de conspuer. Il est peut-être temps d’affiner l’irritation épidermique que suscitent les journalistes. Je crois qu’il y a confusion entre l’agacement ressentie à l’égard d’une petite élite qui tient à conserver le système en place et qui, dans les médias, est largement de gauche, et celui suscité par le soupçon qu’une poignée de libéraux féroces intoxiquerait le public à grand coup de doctrine néolibérale. Posez-vous la question, vous allez voir que j’ai raison. A commencer par Anne Sinclair par exemple, dont l’appartenance à la gauche me fait hurler de rire, quand elle ne me fout pas en rage. Et vous seriez surpris si vous connaissiez le mode de vie de tous les dispensateurs de bonne parole de gauche qui dirigent une presse soi-disant bien pensante. A les observer, on a envie de voter à droite le restant de sa vie tant la gauche caviar est à vomir.

    Ensuite, je ne connais pas Lenglet, donc j’ignore de quel bord il est. Ce que je vois, c’est qu’un interviewer issu de la presse économique – et non pas un économiste comme j’ai pu le lire, Lenglet est simple journaliste économique, c’est différent – cet interviewer donc ne part pas d’une vague idée des choses saupoudrée de convictions plus ou moins hasardeuses, mais des dossiers. Je vous assure que lorsque j’entends mes confrères journalistes politiques s’exprimer, je frisonne parfois face à leur ignorance de l’actualité économique, et en particulier des rapports de force en Europe et au niveau international entre notre modèle et l’axe Londres New-York qui incontestablement mène la danse. C’est ainsi que lors d’une émission récente, personne n’a remis Jérôme Cahuzac à sa place quand il a reproché à Sarkozy de n’avoir pas réglementé les agences de notation en 2008. Ben non, il ne l’a pas fait en France parce que lui et ses potes des Etats membres le faisaient au niveau européen. C’est même la première réforme européenne qui est intervenue dans le cadre traditionnel des serrage de vis réglementaires dans les périodes de crise. Il est temps de se plonger un peu dans les dossiers au lieu de s’en tenir à des arguments idéologiques superficiels. J’ai été la première surprise par exemple quand j’ai interviewé il y a quelques semaines un député vert européen de l’entendre me dire, je ne suis pas sûr qu’il faille séparer banque d’investissement et banque de détail. Ah ? C’est pourtant la grande idée du moment plutôt de gauche, protéger l’épargne des jeux de casino. Seulement si on creuse, m’a-t-il répondu, on s’aperçoit que ce n’est pas si évident à observer les récentes faillites bancaires, ensuite le risque c’est que les banques d’investissement disent : foutez-nous la paix, on n’a pas de dépôts d’épargnants donc vous n’avez pas à nous réglementer. Et là on se retrouve avec un risque systémique lourd, celui d’une explosion du système non-régulé des banques d’investissement qui entraineront avec elles les banques de dépôt, celles-là même qu’on croyait protéger. Tout ça pour vous dire quoi ? Qu’on a tout à gagner à avoir des journalistes qui bossent vraiment les dossiers et poussent les candidats dans leurs retranchements, plutôt que des gens qui agitent de belles idées qui font plaisir et révéleront plus tard des effets pervers aussi graves qu’inattendus. Toutes les opinions sont intéressantes à partir du moment où elles s’appuient sur des faits, écrivait Hannah Arendt, or j’ai l’impression qu’actuellement les faits on s’en fout un peu, ce qu’on veut ce sont de belles idées. Attention, danger.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 10:56

  34. @Le Chevalier Bayard : j’adore quand vous volez à mon secours. Pour un peu, je me mettrais ne risque rien que pour que vous veniez me sauver 😉
    @Kaeldric : idem qu’au Chevalier Bayard 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 11:01

  35. @ Un Passant

    Attention ! Quand je dis il est très bien ce Lenglet je ne dis pas qu’il est bon ou très bon : je dis simplement qu’il nous change de ce qu’on peut voir habituellement.

    D’ailleurs, dimanche dernier j’ai relevé que Lenglet, sur la question de la cohérence du président dans son action politique pendant son mandat, comme d’autres, s’est fait renvoyer dans ses cordes !

    Cela étant, je viens de visionner la vidéo de Mélenchon; en gros, il ne ne dit rien de plus que ce qu’ on nous a enseigné durant toute notre scolarité : savoir aiguiser en permanence notre sens de l’analyse critique et sur ce point je ne peux qu’ acquiescer !

    S’agissant de la vision gaullienne dont vous faites état, je m’en tape, d’abord parce que je suis plutôt progressiste, ensuite parce que mon bulletin de vote, je tiens à le confier à un homme dont je souhaite connaître les qualités ! Point.

    Pour le reste, et sur l’accouchement socratique des idées, je ne peux que vous rejoindre : c’est indispensable pour ne pas tomber dans la dialectique éristique !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 05/02/2012 @ 11:10

  36. Aliocha, il neige et vous parlez de Mélanchon et ça me rappelle la vidéo où il débat avec Attali et où il dit à un moment « on sait, vous et moi, pourquoi on est là » ce qui signifiait que ce débat en était un, mais ….jusqu’à certaines limites. Ce débat est l’un des meilleurs que j’ai eu l’occasion de suivre, pourquoi? parce que les deux contradicteurs « se livrent » comme on dit et ne manipulent pas seulement la créance des spectateur dans le « faire croire ». Une vraie discussion commence quand on en vient au doute, quand ça cloche et qu’on perd pied et qu’on tâte le terrain, prudemment. Or, Mélanchon pris dans une difficulté et se tournant vers Attali, d’un air interrogateur, en quête de l’Autre de la vérité, montre dans son attitude son ignorance et son doute. C’est à cela qu’il met fin en disant : je ne suis pas là pour débattre vraiment avec toi, je suis là pour m’adresser à des gens qui doivent me faire confiance si je veux peser dans le champ politique.
    Voilà, en résumé, ce que je voulais dire à l’occasion de Lenglet. Je pense que les médias, en général, Arrêt sur image compris, pensent que leur « mission », leur « vocation » est de faire de la pédagogie, d’expliquer et de permettre aux politiques d »expliquer ce qu’il convient de faire. Je pense que Lenglet fait partie du dispositif qui consiste à rendre crédible (par un savoir reconnu digne d’un économiste) les politiques qu’il aide. Il ne les contredit pas, il ne les pousse pas dans les cordes, dans les contradictions, dans ce que vous croyez, à tort, à mon avis, être des « retranchements ». Il y a une naïveté (si je peux me permettre de « critiquer » votre sentiment et votre conviction), à présenter les médias (même avec Lenglet) comme un lieu de débat réel, alors qu’il ne s’agit que de promotion, de réclame, de boniments, de com, de service rendu, c’est la campagne électorale qui commence, c’est de la simple pédagogie, de la simple vulgarisation, de la simple manipulation. On peut voir le côté positif de la pédagogie, moi, je préfère voir le côté négatif, scolaire, reconstitué, trompeur, manipulateur et nous fourvoyant dans une idée idéalisée de la politique..

    Commentaire par Bray-Dunes — 05/02/2012 @ 11:53

  37. @Bray Dunes : on peut aussi, et c’est mon habitude, considérer que rien n’est parfait, ni totalement pourri non plus, que la réalité se situe toujours plus ou moins au milieu des extrêmes. Depuis que je fréquente Internet, je suis surprise par la radicalité des positions qui s’y expriment. Notez, c’est normal, c’est un lieu de contestation et de polémique donc tout sauf un lieu neutre et modéré. L’ennui c’est que cela conduit à une vision biaisée des choses et pour tout dire assez toxique. Permettez-moi de préférer les nuances. Je ne veux pas choisir entre côtés positifs et négatifs de la pédagogie, pour une raison bien simple c’est que je préfère en envisager les deux aspects et considérer la manière d’en tirer le meilleur et écartant le pire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 13:17

  38. @Aliocha !

     » Or, tous les commentaires anti-Lenglet que je lis ici partent du postulat qu’à partir du moment où il n’est pas mélenchoniste proclamé alors il est forcément un agent du grand capital à la solde des puissances obscures de l’UMP  »

    Vous fantasmez, ou vous faites des procès d’intention. Ensuite, vous confondez libéral avec de droite. Lenglet ne semble pas plus séduit (en tout cas ne le montre pas) par l’offre Sarkozy que par l’offre Hollande, il semble toutefois regretter, pour la diversité de l’offre électorale, qu’il n’y ait pas de candidature libérale (type lib dém).

    Les commentaires Anti-Lenglet pointent surtout sa non originalité, réfutant l’angle d’attaque de votre billet. Ils mettent aussi en doute sa déontologie, par les malfaçons qui émaillent ses graphiques. Vous dites qu’il travaille, qu’il est humble, au contraire des autres sévissant dans les médias télévisuels. C’est bien. Mais pour paraphraser Vincent Brown : le journaliste irlandais qui s’est fait remarquer par sa pugnacité dans ses droits de suite : « that isn’t good enough »
    (http://www.dailymotion.com/video/xnz79t_journaliste-contre-bce-vostfr_news)

    Commentaire par kuk — 05/02/2012 @ 13:18

  39. @Aliocha. Votre remarque sur les commentateurs Internet me semble juste. Cela provient sans doute du côté spontané de ces commentateurs : ils ne sont pas payés à la ligne et ne parlent que si ça leur chante. Donc, quand ils « parlent », c’est qu’une idée les a traversés et qu’ils ont envie que tout le monde en profite (ils ne sont pas raisonnables, ils devraient tourner leur langue 7 fois, mais ils ne le font pas, c’est du brut et à prendre comme tel). Si vous dites du bien de Lenglet, j’écoute sur Youtube les extraits en ligne et puis voilà une idée qui me vient, je n’en suis pas le maître, je la laisse au fil des phrases faire son chemin, en fait elle était déjà là, je la retrouve et je la continue ou bien c’est elle qui me continue. par exemple, vous parlez du juste milieu et si je ne me retenais pas, je sens bien que cette idée là est cruciale, je repartirai pour un tour. Tout ça pour vous dire, comme vous l’avez sans doute remarquez, qu’il suffit que quelqu’un dise noir, pour que le blanc nous saute au yeux : d’où l’utilité de celui qui commence (et sa générosité s’il accepte, comme vous le faites, d’écouter et de répondre à la contradiction)

    Commentaire par Bray-Dunes — 05/02/2012 @ 14:50

  40. @ Le Chevalier Bayard :

    Je vous trouve sévère à l’égard des propos tenus. Il y a là une dénonciation argumentée et élégamment présentée du modèle journalistique dominant qu’aussi bien vous que Aliocha, Bray-Dunes et d’autres défendent, à savoir la quête d’une vérité retranchée par le truchement d’une dénaturation profonde du dit, de la parole, de l’échange, de la sphère publique et a fortiori du jeu démocratique – dénonciation à laquelle je souscris. Et il y a même une contre-proposition sous-jacente.

    @ Bray-Dunes :

    Plutôt qu’une sociologie des commentateurs (comment expliquez-vous que je prenne exceptionnellement (!!) part à une discussion en ces lieux ?) à la manière d’une Psychologie des Foules de G.Lebon, je constaterais plutôt en toile de fond un incroyable fossé entre des défenseurs des lettres de noblesse de la Politique

    Ce que je vois surtout

    @ Aliocha :

    Je passe sur les outrances de votre post et ses procès d’intention.

    « Ensuite, je ne connais pas Lenglet, donc j’ignore de quel bord il est. »

    Euh ?! Ce n’est pas une question de famille, mais une question de parti-pris idéologique. Or, vous avez vous-même écrit à quelle obédience économique il appartenait. Elle relève pleinement de la sphère publique, et d’un engagement politique (!!) du journaliste. Encore une fois rien n’empêche d’apporter toutes les précisions nécessaires à cet « étiquetage ». Ceci n’a donc rien à voir avec le vote citoyen, qui peut légitimement rester du ressort de sa vie privée.

    Pour résumer :
    – vous félicitez le sérieux d’un journaliste économique. Certain(e)s vous font remarquer de sérieuses limites à son exercice. Cela a été étayé, non ?
    – vous entrevoyez un jour médiatique nouveau. Certain(e)s vont font remarquer la vacuité de cet épiphénomène, le ridicule de sa portée, et d’autres de l’exercice. Cela a été argumenté, non ?

    S’il faut le dire de façon plus compréhensible, le vernis dont vous revêtez M.Lenglet participe toujours autant d’un jeu démocratique faussé.

    « Toutes les opinions sont intéressantes à partir du moment où elles s’appuient sur des faits, écrivait Hannah Arendt, or j’ai l’impression qu’actuellement les faits on s’en fout un peu, ce qu’on veut ce sont de belles idées. Attention, danger. »

    Bon, à la lecture de ce passage, deux interprétations se présentent à moi, soit la poursuite de vos procès d’intention sur fond musical de poncifs lénifiants avec lesquels tout le monde s’accorde (généralisations abusives, aveuglement partisan, théories du complot en circuit fermé, blablabla… ) soit un parti-pris idéologique. Au sens de vos messages, notamment lorsque vous balancez votre idéologie du consensus, une idéologie pauvre rappelons-le, et parfaitement anti-démocratique (voyez, je sais faire moi aussi), je tente la seconde : voici la vieille rengaine libérale du danger des idéologies, qui se garde bien elle-même de se montrer sous le jour d’une conception idéologique… mais a la prétention de paraître sous les atours de la force des choses, du factuel, tel un ordre naturel… ce qui a justement conduit à ce que le souverain soit tenu éloigné de pans entiers de la politique, dont le champ économique. Si c’est là la teneur de votre propos, alors la mauvaise foi n’est pas là où vous le prétendez.

    La politique, c’est avant toute chose un socle commun qui fixe la règle de vie / règle du jeu républicaine et surtout des idées. Que veut-on faire ? Pourquoi ? Ensuite, vient le « comment ». Il n’y a pas des faits qui parlent d’eux-mêmes, il y a des grilles de lecture, des interprétations… et l’Histoire !

    N.B. : je peux vous trouver sans difficulté aucune des personnes qui vous expliqueront que la logique au pouvoir durant ces trois dernières décennies était tout sauf libérale. Qui je serais pour dire que ma pensée (« vous avez faux, les faits sont contre vous ») est naturelle ? Alors, qui juge, qui tranche ? Le souverain.

    Au final, on a droit à un renvoi magistral dans les cordes, où vous faites successivement jouer le violon de la passion aveugle, la malhonnêteté intrigante d’une caste, l’absurdité d’un complot néolibéral, la question du savoir technique dont l’accès ne peut être que réservé à des élites éclairées, pour aboutir au pléonasme que serait la démagogie politicienne. C’est-à-dire tout un laïus que je dénonçais en vous croyant de bonne foi. En toute honnêteté, je ne peux ressentir le fil de votre discours autrement que comme une dérive. Ce qui, on en conviendra, n’est pas bon pour une discussion en bonne intelligence. Je préfère donc vous laisser… tant je pense que l’aveuglement et la mauvaise foi seront partagés entre vous et ceux qui vous conspueraient. Malheur au vaincu, et continuons la manipulation des règles du jeu démocratique.

    Pour vous plagier, on a tout à gagner à avoir une exigence élevée du jeu démocratique à travers le prisme médiatique, où chaque « chapelle » puisse développer son argumentaire politique et intellectuel, où chaque citoyen puisse se saisir de sujets complexes, à partir du point de départ : l’objectif poursuivi & l’idée en jeu, où le journaliste politique n’est ni un inquisiteur des temps modernes, ni un gardien du temple, mais un passeur, qui dans un second temps _ dans le cadre d’un entretien individuel _ doit amener une répartie ajustée, en guise de tremplin, dans une perspective constructiviste pour l’interlocuteur.

    Belle continuation.
    Un passant passé

    Commentaire par Un passant — 05/02/2012 @ 15:41

  41. Pardon, j’en ai maché un p’tit bout :

    @ Bray-Dunes :

    Plutôt qu’une sociologie des commentateurs (comment expliquez-vous que je prenne exceptionnellement (!!) part à une discussion en ces lieux ?) à la manière d’une Psychologie des Foules de G.Lebon, je constaterais plutôt en toile de fond un incroyable fossé entre ceux qui pensent que la Politique a des lettres de noblesse, qu’elle est un champ principal des possibles, et ceux qui s’en méfient, pratiquent la suspicion à son égard, etc…

    Ce que je vois surtout, c’est que si la démarche de certains de la première catégorie est aveuglée, celle de certains de la seconde est délétère, ce qui n’a rien à voir avec une approche circonspecte et critique.

    Commentaire par Un passant — 05/02/2012 @ 15:54

  42. « Toutes les opinions sont intéressantes à partir du moment où elles s’appuient sur des faits, écrivait Hannah Arendt, « .
    Sûre à 99,99 % que Hannah Arendt n’a JAMAIS écrit ça ! Mais passons. Les commentaires de Vilcoyote et de Le Passant montrent que le problème dans le « journalisme économique » c’est… le journalisme. Montrer des graphiques ou sauter sur sa chaise en criant « la finance » n’ont aucune valeur ajoutée. Questionner les présupposés des graphiques (pour dire d’où on parle) ou rapporter des données macro-économiques à un bagage anthropologique, c’est autre chose. Lenglet ne l’a jamais fait. Ni aucun autre journaliste économique. Je crois pour ma part que pour forger un jugement éclairé, les articles des journalistes économiques ou des journalistes politiques ne peuvent pas remplacer la lecture de livres. C’est sûr qu’il faut un peu d’argent (pour acheter comme moi hier une dizaine de livres d’économistes de tous bords) et du temps pour les lire.

    Commentaire par Aline Pons — 05/02/2012 @ 15:57

  43. @Aliocha

    je comprends votre idée que rien n’est noir ni blanc et que tout est gris. Cependant c’est ce relativisme qui fait qu’on n’avance pas et que tout et rien est justifié. Parce que ce soit sarko, flamby, la chèvre, le tout mou ou le rouge : aucun n’est blanc ou noir ou gentil ou maichant : ils sont tous gris. Ok donc ils se valent tous ? pourquoi se faire chier à voter choisissons au hasard puisque aucun n’est bon ou mauvais et que tous se valent.

    En ce cas on comprends que montrer des graphiques choisis pour justifier une idée soit de la vulgarisation et donc que ce soit des approximations mais on peut choisir dans quel sens approximer : ce choix ce n’est pas de la vulgarisation c’est un choix _politique_.

    Maintenant je n’ai aucune animosité envers ce monsieur mais il faudra du temps avant que la confiance dans les médias d’information ne revienne, pour moi. Ce que je sais c’est qu’il y a eu ces 30 dernières années 10% de transfert des revenus du travail vers le capital et que ces 10%, aujourd’hui ils manquent cruellement. C’est une crise de la demande, pas une crise de l’offre.

    Alors montrer un graphique qui explique que rien n’a changé à mélenchon : c’est de la manipulation pur et simple.

    « J’ai attendu et j’attends encore quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires » car « la part des salaires dans la valeur ajoutée est historiquement basse, à l’inverse d’une productivité qui ne cesse de s’améliorer ». Or « ce découplage entre faibles progressions salariales et profits historiques des entreprises fait craindre (…) une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché ». Il s’agit de M. Alan Greenspan, ancien directeur de la Réserve fédérale américaine (la Fed), qui livre ses inquiétudes au Financial Times.
    Financial Times, Londres, 17 septembre 2007. Lire aussi La Tribune du même jour.

    « A la lecture d’un rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO) d’octobre 2010 portant sur les niches fiscales et sociales dont bénéficient les entreprises, ont peut légitimement déduire que l’invention des exonérations de charges diverses coïncident avec la montée en puissance de la financiarisation de l’économie. On peut y lire que « selon le programme de qualité et d’efficience Financement, l’accroissement du nombre de dispositifs est à peu près continu depuis l’apparition de ceux-ci à la fin des années 1970.»
    Ces informations sont importantes puisqu’elles expliquent le cheminement du transfert d’une partie de la richesse nationale du travail vers le capital. Rappelons que ce transfert conduit à une sous évaluation des salaires de l’ordre de 30%. Un des véhicules serait les exonérations de charges.
    Pour la revue « alternatives économiques », « La lecture des 850 pages d’annexes au rapport est elle-même instructive. On y trouve en particulier la confirmation que, grâce à cette multitude de niches, le montant effectif de l’impôt sur les bénéfices payé par les sociétés du CAC 40 était inférieur à 25% pour quinze d’entre elles en 2009, alors que ce taux atteint théoriquement 33% […] On y comprend aussi pourquoi celles-ci préfèrent distribuer en dividendes la quasi-totalité de leurs bénéfices après impôts … »

    http://blogs.mediapart.fr/blog/denis-garnier/251110/du-travail-au-capital

    moi je suis pas journaliste, je n’ai pas besoin de travailler mes dossiers mais je trouve en 5 secondes sur internet une des problématique de l’économie aujourd’hui et ce grand monsieur, il l’a pas posé à sarko lors de ce sarko show.

    Pourtant c’est la question de base qui sous-tend tout le reste : les déficits et les caisses vides : pourquoi ? Partce que c’était une question ou l’invité n’avait pas d’éléments de langage à fournir ?

    Commentaire par herve_02 — 05/02/2012 @ 16:05

  44. j’en profite également pour livrer un lien à ceux qui veulent nous expliquer que le libéralisme américain est LE modèle qu’il faut suivre, forcement sinon on est des communistes_qu’on_fait_bien_pire et que la dérégulation va amener bonheur et prospérité pour tous

    http://yetiblog.org/index.php?post/dure-realit%C3%A9-US-contre-reve-americain

    Commentaire par herve_02 — 05/02/2012 @ 16:30

  45. @Aline Pons : la citation exacte que j’ai plusieurs fois évoquée sur ce blog est celle-ci : “Les faits sont la matière des opinions, et les opinions, inspirées par différents intérêts et différentes passions, peuvent différer largement et demeurer légitimes aussi longtemps qu’elles respectent la vérité de fait. La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat”.
    in La Crise de la culture, Folio Essais. Il s’agit de l’article Vérité et politique (en plein coeur de notre sujet me semble-t-il) page 303. Héoui, voyez-vous, il y encore des gens qui citent des phrases de livres qu’ils ont lus et pas du dictionnaire de citations trouvé sur le web.
    Sur ce, vous êtes priée de ne plus revenir ici. Vous m’avez fait perdre 20 minutes alors que je suis débordée de travail pour retrouver le passage concerné et me justifier. C’est beaucoup trop. Notez, grâce à vous, j’ai relu un bout de Arendt, c’est toujours plus sain que le décryptage de vos accusations douteuses. Et surtout d’un beaucoup plus haut niveau.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 16:56

  46. @Un passant,
    Me revoilà sur le blog d’Aliocha, dont je sais que c’est elle qui décide du contenu.
    C’est la liberté qui règne encore un peu sur Internet. Vous regrettez que le contenu n’y soit pas étayé. J’en déduis que si je veux commenter sur votre blog et que l’envie me prenne de dire que la Terre est une orange, il me sera demandé d’étayer cette « opinion ». Personnellement, je prends les blogs comme des cafés plus ou moins sympas où l’on bavarde, où l’on peut dire ce qui nous passe par la tête et je remercie Aliocha de me laisser dire mes âneries et non comme des salons ou des salles de classe ou des ….conférences de presse (autant de lieux où une exigence, des règles, s’imposent à ceux qui veulent s’y risquer : et à ce propos la question du jour était pour moi le rapport de la presse à la contradiction (authentique ou simulacre : entre les deux semble dire Aliocha, je dirais plutôt simulacre, bon …la question est posée, on peut la laisser en l’air, nous sommes pas aux pièces…)

    Commentaire par Bray-Dunes — 05/02/2012 @ 17:16

  47. Mais ce qu’Hannah Arendt DIT n’a RIEN A VOIR ni avec “Toutes les opinions sont intéressantes à partir du moment où elles s’appuient sur des faits ». Désolée, on ne peut même pas dire que c’est un résumé de ce qu’elle a voulu dire. Du tout. Le problème n’est donc pas de citer, même exactement, mais de rapporter honnêtement la pensée de celui qu’on cite et de contextualiser cette pensée. La phrase d’Hannah Arendt est devenue la tarte à la crème des journalistes, Edwy Plenel n’étant pas le dernier à la « citer » tout le temps en oubliant qu’Arendt parle d’information et pas de journalisme, ce qui pour un(e) amerloque, n’a rien à voir. Maintenant que vous avez cité la phrase exacte, il va encore fallor nous dire quelle critique Hannah Arendt a faite plus tard ELLE-MEME de cette phrase.
    Vous confirmez mon accord avec ce que R. Descoings expliquait dans Libé : il fallait supprimer l’épreuve de culture générale pour l’entrée à sciences po et la remplacer par une autre épreuve (philo par exemple), pour en finir avec l’habitude française d’apprendre des citations et de les utiliser arbitrairement et à tort et à travers.

    Commentaire par Aline Pons — 05/02/2012 @ 17:23

  48. @Aline Pons : aïe, vous ne lisez pas ce qu’on vous dit, c’est dommage. Je n’apprends pas de citations, je n’ai pas fait Sciences Po mais des études de droit (et notamment un DEA de philosophie du droit) et j’ai relevé cette phrase non pas en écoutant Plenel mais en lisant La crise de la culture. C’est mal ? Il faut interdire aux journalistes de lire des livres ? Ou peut-être leur interdire de les citer ? A moins qu’il n’existe des interprétations officielles quelque part et qu’on ne m’en ait point avertie. Dans ce cas dites-moi où. Toute à l’heure vous affirmiez que cette phrase n’existait pas et soudain, face à la preuve inverse, vous affirmez (encore ! c’est dingue ce que vous affirmez) que c’est une tarte à la crème du journalisme (Ah bon ?) et qu’Arendt d’ailleurs serait revenue dessus. Ben dites-moi, pour une phrase qui n’existe pas…elle fait couler beaucoup d’encre. Ah oui, j’oubliais, je l’ai tellement synthétisée qu’un grand esprit comme le vôtre ne l’a même pas reconnue. J’ai du le faire exprès, sûrement, pour tromper les lecteurs. Ou bien je suis tellement débile que je lui fait dire le contraire de ce qu’elle disait sans même m’en rendre compte. Allons, vous incarnez tout ce qui me fait horreur, l’arrogance intellectuelle, le procès d’intention, l’accusation immédiate et sans vérification préalable que votre interlocuteur se trompe (ou ment, je n’ai pas très bien compris où vous vouliez en venir), la polémique stérile, la mauvaise foi. Au final, non seulement vous ne respectez pas les règles de discussion sur ce blog, mais en plus et surtout l’agressivité qui chez vous le dispute à une vanité fort mal placée m’importune au plus haut niveau. En conséquence de quoi, puisque vous n’avez pas eu la sagesse de comprendre ma mise en garde, vous êtes techniquement persona non grata. Désolée, c’est du latin, je suppose que ça non plus je n’ai pas le droit, il faut laisser le latin aux latinistes, je vous avoue que je ne suis pas bilingue français latin, tant pis, je m’offre ce petit luxe de va-nu-pieds de la culture. Quel malheur d’avoir appris à lire aux gueux de mon espèce, entre nous !

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 17:48

  49. Quart d’heure culturel et latiniste :
    Gratus – Grata – Gratum : Agréable, bienvenu, qui reçoit bon accueil
    Persona : masque de l’acteur, le rôle, le personnage

    Bref, celui dont le visage, ce qu’il représente, n’est pas accueilli avec plaisir …
    Il est donc plus facile de comprendre que cette locution est préférablement réservée aux diplomates (honnêtes hommes, menteurs, en contrée étrangère, pour le compte de leur pays …).
    Pour « approfondir » :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Persona_non_grata

    Commentaire par fultrix — 05/02/2012 @ 18:56

  50. Ce que j’apprécie dans ce blog, c’est le fait qu’il soit tenu par une littéraire qui donne dans le journalisme éco. Le mélange des deux donne un je ne sais quoi de très… je ne sais quoi, qui fait de ce lieu mon préféré parmi les blogs.

    Mais qu’est ce que c’est que cette foire d’empoigne ? On peut très bien donner un avis ou un point de vue sans pour autant se laisser aller. La controverse me plait, mais sans fiel ni venin, de grâce !

    Moi qui ai beaucoup de mal à gérer les situations de confrontation, tout ceci me fait un peu peur.
    Connaissez-vous Louis Guillaume ?

    Non ?

    Je vous recommande son poème sur l’enfance… dès que j’ai remis la main sur le texte, je vous le transmets.

    Commentaire par Zarga — 05/02/2012 @ 20:27

  51. @Zarga : ne vous inquiétez pas, ça va se calmer, je tiens à ce qu’on cultive ici le désaccord pacifique (une jolie expression d’Antoine Garapon). Cela étant, François Lenglet est un sujet épidermique, c’est amusant d’ailleurs. Vous verriez le forum d’@si, c’est la curée. Twitter l’a encensé, le reste de la toile le dézingue. Voilà où il ne fallait pas arriver et où bien sûr on se retrouve, dans un débat sur François Lenglet au lieu d’un débat sur les arguments. Tout ça parce que ces p…..de projecteurs se sont braqués sur lui.

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 20:54

  52. @Aliocha : Ah, c’est donc cette alliance d’une formation littéraire puis économique qui vous rapproche tant de Lenglet ^^
    Plaisanterie mise à part, Twitter n’est pas le seul media à l’avoir encensé comme le prouve votre précédent billet sur lui, une bonne partie de la presse web aussi. Voilà que vous y participez aussi tout en mettant en garde de ne pas l’encenser. Soyez donc rassurée par ce retour de barre des internautes commentateurs. Au passage, vous dites, laissons le travailler. Soyez doublement rassurée, M. Lenglet se fiche pas mal de l’emballement positif ou négatif qui sévit sur les blogs en ce moment. Enfin, sur @si, le dézingage me paraît encore plus normal qu’ailleurs vu qu’@si est censé décrypter le message caché des images, la manipulation ou l’instumentalisation. Force est de constater qu’ils ont été assez mou du genou dans l’exercice lors de l’émission et que leurs lecteurs rattrapent le coup sur le forum.

    Sinon, quel était le sujet de votre billet ? Finance a la botte de la société ou l’inverse ? Si c’est vraiment de ça dont vous vouliez débattre tout en évitant le débat sur la personne de Lenglet, vous ne pouvez vous en prendre qu’au billet que vous avez écrit.

    Commentaire par kuk — 05/02/2012 @ 21:51

  53. @Kuk : Non, le sujet du premier billet est en réalité plus ancien et n’a que peu de chose à voir avec Lenglet. Il y a plusieurs mois, je ne sais plus quelle émission d’information intitulait son dernier numéro : les stars du journalisme. On y a vu Ockrent, Aphatie, July et je ne sais plus qui. C’était affreusement pitoyable. A cette époque là, j’avais commencé un billet que je n’ai jamais terminé contre justement cette expression de « stars du journalisme » qui me parait une hérésie totale. Comme je n’aime pas ne pas aller au bout d’un projet, François Lenglet m’a offert sur un plateau l’occasion de livrer une opinion toute personnelle sur ce point puisque je ne sais plus quel confrère cité dans ce billet parlait de la naissance d’une star du journalisme. Brrrrrr, quelle horreur ! Sans cela, je n’aurais rien écrit, à mes yeux, il a juste fait son boulot, c’est sur les autres qu’il y aurait beaucoup à dire….Au passage, vous observerez que j’avais déjà un peu abordé le truc avec Ghesquière et Taponier mais plus sous l’angle héros, vu la nature de leur métier et ce qui leur était arrivé. Vendredi soir, j’ai fait une pause dans le gros chantier que je suis en train de finir et qui me dévore nuit et jour en regardant l’émission d’@si (on se détend comme on peut quand il fait froid 😉 ) Lenglet m’a plu, j’ai recommandé l’émission, comme j’avais recommandé avant chez @si l’interview de Ghesquière ou le face à face à mon avis de légende Touati/Mélenchon. En fait, ce sont les émissions d’@si qui me plaisent surtout. Et pour être transparente, je connais un peu Daniel, on se tutoie, mais je ne dirais pas que nous sommes potes. On a du se voir trois fois en tout et pour tout l’année dernière. Voilà, je ne suis pas idéologisée, ni corporatiste, ni rien de tout ça. Je musarde, j’aperçois des gens qui me plaisent, des idées qui m’interpèlent, et je le signale, vous en faites ensuite ce que vous voulez. Personnellement, il me plait de ressentir autant d’intérêt et d’estime pour des gens qui défendent des convictions différentes, voire opposées. Quand je n’en serai plus capable, je m’inquiéterai de l’état de ma curiosité intellectuelle. Et pour finir sur notre sujet, même si j’ai l’impression de radoter à l’infini, pour moi la caractéristique fondamentale du métier de journaliste, c’est la passion d’observer le monde. Quand on commence à se regarder le nombril, à entrer dans une processus de starification, on est cuit. Et je vais même vous citer BHL bien qu’il m’irrite comme tout le monde et qu’il soit en outre de bon ton de le dézinguer, il a dit un jour « le monde m’intéresse plus que moi-même », évidemment venant de lui ça donne envie de hurler de rire. Qu’importe, ça pourrait être une belle définition du journalisme. Même les gens irritants peuvent dire parfois des trucs pertinents. Sur ce, je me replonge dans mon boulot 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 05/02/2012 @ 23:25

  54. Bonjour Un Passant,

    Sévère…euh…oui et non !

    I – Oui

    S’il s’agit de dire que Weber (dont il s’inspire) a commis l’erreur d’avoir considérer le charisme comme une réaction au désordre et c’est parce qu’il est ordre, ordre pacifique que le charisme moderne provoque des crises.

    Qu’en : « centrant l’attention des foules sur les hommes politiques, le charisme sécularisé empêche celles-ci d’affronter certaines réalités désagréables et, cette invasion de la sphère publique par l’idéologie de l’intimité est responsable du malaise contemporain que la personnalisation sans retenue psychologise la nature du combat politique »

    A écouter Mélenchon il y aurait donc une forme d’alliance objective des journalistes qui s’apparenterait à un « complot journalistico-sémiologique », ce que je ne crois pas, dont le parallèle avec l’ouvrage de Richard Sennett sur «Les tyrannies de l’intimité » qui prône, en substance, le retour du masque du rôle alors que nos sociétés réclament de plus en plus de transparence politique.

    Dans son désir de rétablir une distinction entre vie publique et vie privée, Sennett ignore, dans sa démonstration, la manière dont elles s’interpénètrent. Certes, reconnaît Lasch – « La culture du narcissisme – Ed. Climats 2006 – » à propos de Sennett que ce dernier insiste sur le fait que le « narcissisme est tout l’opposé d’un amour de soi vigoureux ». Mais il n’en constate pas moins que les conventions anciennement établies et qui réglaient les relations impersonnelles entre les citoyens en public ont disparu.

    Sennet oublie donc que l’intimité réalisée désormais, au lieu d’être choquante, témoigne paradoxalement d’un effondrement de la personnalité : la désintégration du moi, loin d’encourager la vie privée aux dépens de la vie publique fait qu’il est de plus en plus difficile pour un individu de connaître une amitié profonde et durable.

    En exaltant le libéralisme bourgeois de l’espace public comme la forme civilisée de vie politique Sennett oublie de porter aussi son commentaire sur les systèmes de domination (Cf. Le Savant et le politique – Max Weber)

    Ce qui peut paraître contradictoire pour un penseur académique, moraliste, ex. militant de la nouvelle gauche américaine dans les années 60, devenu doctrinaire.

    Pour certains auteurs ses idées diverses sont énoncées plus que démontrées et de poser la question : le rôle du masque est-il aussi largement abandonné que ne l’affirme Sennett ? Sennett ne fait qu’une partie de la généalogie du sentiment de l’authenticité dans le jeu des anticipations réciproques dont il fait allusion dans son livre.

    II – Non

    Car Mélenchon est matérialiste et le marxisme en tant qu’objet intellectuel d’analyse des contradictions à l’intérieur du capitalisme est toujours d’actualité et moi-même progressiste mais aussi, selon la formule humoristique de Raymond Aron, marxien, je ne peux être en désaccord systématique avec certaines de ses idées.

    Remarque : attention hein ! Je précise que je ne défends aucunement un modèle dominant. Je trouve et, quitte à me répéter, ce n’est que mon avis, ce M. Lenglet, « ni bon, ni mauvais », mais change de ce que j’avais l’habitude de voir dans ce type d’émission et, je rassure M. Mélenchon, je suis vigilant en permanence pour décoder les « signes linguistiques trompeurs» de la presse en générale.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 06/02/2012 @ 12:20

  55. Rhoooooo, ainsi donc, Mélenchon aussi pourrait être de mauvaise foi ? Pourtant, ce n’est pas un affreux libéral menteur et méchant défendant le courant mainstream à la solde du grand capital….http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13068
    Il doit y avoir erreur. La gauche ne ment jamais, c’est un privilège exclusif des gens de droite et plus particulièrement des « néolibéraux » vendus au grand capital etc, etc….;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/02/2012 @ 12:20

  56. @Le Chevalier Bayard : tiens, c’est amusant, nous postons en même temps sur l’ami Mélenchon 😉 Et s’agissant de François Lenglet, nous sommes sur la même longueur d’onde, ce que j’ai essayé de pointer c’est la nouveauté. A ceci près, il est vrai que la nouveauté me plait et l’individu aussi, ce qui me démarque de la majorité des commentateurs, comme je l’ai bien compris.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/02/2012 @ 12:23

  57. François Lenglet déplaît parce que justement il n’y a quasiment pas de nouveauté. Tout le monde aime la nouveauté.

    Commentaire par kuk — 06/02/2012 @ 18:49

  58. @Kuk : Tsssssssss, farceur !

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/02/2012 @ 18:55

  59. Pour ce qui est de monsieur Lenglet, je l’ai trouvé plutôt pas mal, dans le sens de « rafraichissant ».

    Tiens, ça fait mauvaise pub ce que je viens de dire, du style « ouvre un Lenglet, ouvre du bonheur ! ».

    Mais bon, le fond de ma remarque porte surtout sur sa façon de conduire l’échange. J’ai bien aimé son ton posé et sa courtoisie : là où il est de bon ton de faire du rentre-dedans avec le président (ou de faire semblant de lui rentrer dedans… quand le lancer de chaussure devient un lancer de pantoufle !) monsieur Lenglet est resté courtois, poli.
    Croyez-moi, ça fait un bien fou ! C’est pour moi un des attributs du bon professionnel : une certaine maitrise de soi.

    Il est d’ailleurs intéressant de voir combien le point de vue qu’on fait valoir est d’autant plus percutant qu’il est délivré avec calme. J’en veux pour preuve l’émission d’Arte « Le dessous des cartes » au cours de laquelle Jean Christophe Victor nous assène parfois de véritables directs au creux de l’estomac, tout en gardant ce ton égal, très doux… je vous assure que le fond du message n’en est que plus percutant !

    Commentaire par Zarga — 06/02/2012 @ 19:44

  60. Dans le genre « percutant », voici le passage qui m’avait glacé lors de la sortie de « Matrix Reloaded » :

    The Architect – The function of the One is now to return to the source, allowing a temporary dissemination of the code you carry, reinserting the prime program. After which you will be required to select from the matrix 23 individuals, 16 female, 7 male, to rebuild Zion. Failure to comply with this process will result in a cataclysmic system crash killing everyone connected to the matrix, which coupled with the extermination of Zion will ultimately result in the extinction of the entire human race.

    Neo – You won’t let it happen, you can’t. You need human beings to survive.

    The Architect – There are levels of survival we are prepared to accept. However, the relevant issue is whether or not you are ready to accept the responsibility for the death of every human being in this world.

    Là encore, délivré avec un détachement qui multipliait le percutant du message!

    Brrrrrrrrr !!!

    Commentaire par Zarga — 06/02/2012 @ 20:03

  61. François Lenglet s’explique une deuxième fois chez @si, en réponse à la polémique sur le prélèvement libératoire : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4672

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/02/2012 @ 18:28

  62. Bonsoir Aliocha,

    En matière de cuisine fiscale quand on passe les plats, en effet, il vaut mieux être précis avec les assiettes car sur les…plats…taux…elles peuvent voler en éclats et le passeur en proie à une liquidation !

    Et, Mélenchon s’en est pas privé ! Hollande plus subtile mais tous les deux de bonne foi sur ce point précis.

    Bâtir des stratégies patrimoniales d’optimisation fiscale ça implique que les assiettes soient « pleines ou moins pleines » !

    Cela étant, François Lenglet n’a pas commis d’erreurs comme le rappelle Piketty sauf que le risque, effectivement, c’est de faire apparaître un doute non pas sur sa compétence car s’agissant du taux de l’option du prélèvement forfaitaire libératoire facilement vérifiable (article 117 quater du CGI 19% et désormais à hauteur de 21% avec la loi de finance pour 2012), mais sur le terrain de l’objectivité du journaliste lors d’un débat politico-économique.

    D’où l’interrogation, précisément, qui fait naître la (suspicion ?) et que n’a pas manqué de relever Schneidermann en demandant s’il en aurait été ainsi à l’égard du président.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 07/02/2012 @ 21:47

  63. @Le Chevalier Bayard : DS en fait lui a demandé s’il aurait pu interpeler aussi familièrement Sarko qu’il l’avait fait avec Mélenchon sur le côté paillette de son programme. On est plus sur le ton que le contenu. Et il a répondu assez finement que le climat n’est pas le même entre un Mélenchon qui attaque sur une blague relative à la couleur de sa cravate et Sarko à l’Elysée lors d’une grand’messe solennisée. Il précise d’ailleurs que dans les deux cas, il ne faut pas se laisser balader par le ton qu’imprime l’interviewé. Et du coup, il surligne un sujet important, une interview, ça se fait à deux au minimum, et c’est de l’humain. Pour sortir quelque chose de votre interlocuteur, il faut nécessairement faire un pas vers lui, c’est de la stratégie, une sorte de danse où les pas doivent s’accorder. Si vous vous placez totalement dans le rythme de votre interlocuteur, vous risquez de vous faire balader. Si vous vous maintenez dans une sorte de discordance, le dialogue est impossible. C’est toujours la même question de distance. D’ailleurs, ce qui a irrité les lecteurs d’@si, c’est qu’ils ont eu le sentiment que Lenglet avait réussi à attirer Anne-Sophie et Daniel dans sa musique à lui. Et là-dessus, ils n’avaient pas tort. Sauf que je n’ai pas trouvé qu’il les baladait. Une prof de droit me disait récemment une chose à laquelle je n’avais jamais pensé : les gens qui bossent sont des gens de pouvoir. Si Lenglet a dominé l’interview, c’est parce qu’il était plus compétent sur les sujets abordés. Aurait-on peur des gens qui savent ? 😉

    Sur les taux, j’avais justement un fiscaliste au téléphone hier qui me confirmait tout ce que disait Lenglet. Les fiscalistes n’en peuvent plus des réformes dans tous les sens sur le mode : un problème une loi. La situation est exactement la même qu’en matière pénale. Précisons que le cirque a commencé avec la crise. Avant celle-ci, ils constataient plutôt un réel effort de transparence et de rationnalisation du côté de Bercy. Publication des rescrits, allègement de ceci et de cela, consultations publiques. Sarko a fait un virage à 180 degrés entre 2007 et 2008. Mais à grands coups d’absurdités. Comme la taxe sur les hôtels de luxe, annulée de mémoire 5 jours après son entrée en application. Ce fiscaliste me disait aussi que les taux n’avaient pas grand sens, tellement il existe de moyens d’en modérer l’application. Donc on peut poursuivre à l’infini la polémique sur le prélèvement libératoire versus l’imposition des revenus du travail.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 08:46

  64. « Si Lenglet a dominé l’interview, c’est parce qu’il était plus compétent sur les sujets abordés. Aurait-on peur des gens qui savent ?  »

    Plus compétent…. que Scheidermann et Jacques. Ça ne veut pas dire qu’il sait 🙂
    Sur ce sujet, Je lie cet amusant billet de D.M :
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/02/06/Sur-le-danger-des-connaissances-superficielles

    Commentaire par kuk — 08/02/2012 @ 10:08

  65. Sur le premier point, certes le cadre institutionnel d’une interview du président ne se situe pas à un même niveau de familiarité mais je ne suis pas convaincu que François Lenglet aurait pu dire que l’action politique de Nicolas Sarkozy depuis cinq ans c’était « fête et feu d’artifice » ce que relève Daniel Schneidermann.

    Il est vrai qu’il ne s’est pas gêné de l’interroger sur la cohérence de cette action et qu’à cette question la réponse fût celle d’un illusionniste digne d’un Georges Marchais puisque le président lui a répondu : c’est ma réponse !

    S’agissant de l’instabilité fiscale et par voie de conséquence de l’insécurité juridique nous sommes d’accord. C’est ce que je constate lorsque je valide des dossiers de stratégie patrimoniale sur le terrain juridique et donc fiscal.

    Toutefois, simplement additionné des taux, ce qui est juste encore une fois, pour leur faire dire ce qu’ils ne diraient pas, participe à la confusion, d’où le risque d’un manque d’objectivité du journaliste que certains commentaires ont pu susciter.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/02/2012 @ 10:11

  66. @Kuk : Je vous rappelle qu’@si n’a pas interrogé un économiste sur la crise, mais un journaliste faisant irruption dans le cercle très fermé des intervieweurs politiques sur ses méthodes de travail. C’est très différent, me semble-t-il. Je vous rappelle que les animaux politiques ne sont pas forcément faciles à interviewer, ce sont de redoutables rhéteurs. Lenglet arrive avec ses graphiques, ses chiffres, il les challenge. Au lieu de l’accuser d’enfumer le public sous prétexte qu’il est libéral, il me paraitrait plus sage encore une fois de saluer un effort pour donner du contenu au débat politique. Croyez-moi, les interviewés ont parfaitement les moyens de lui faire mordre la poussière s’il les balade. Mais bon, j’dis ça en sachant fort bien que Lenglet souffre d’un défaut impardonnable, il n’est pas mélenchoniste. Honte sur lui !

    @Le Chevalier Bayard : n’oubliez pas qu’il s’adresse à un public qui n’est pas exclusivement composé d’éminents fiscalistes. Vous voulez quoi ? Qu’il entre dans un exposé magistral sur la fiscalité depuis la Rome antique ? Et sans aller jusque là, qu’il décline le Francis Lefebvre sur la fiscalité des particuliers, celui sur la fiscalité des entreprises et le volume dédié à l’ingénierie fiscale ? Allons, c’est de la télé, pour un public mêlant experts et béotiens. Convenez que l’exercice n’est pas facile.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 11:01

  67. @ Aliocha : l’interprétation est le lieu des principales déviations disait un auteur. Si vous vous sur-interprétez mes propos c’est que moi-même je n’ai pas été assez clair ?

    Or, si nous sommes d’accord sur la nouveauté, c’est bien que je conviens que l’exercice n’est pas facile !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/02/2012 @ 11:30

  68. @ Le Chevalier Bayard : je voulais juste m’assurer que mon chevalier était toujours mon chevalier 😉

    @tous : Lenglet doit buzzer chez @si car le site offre des extraits gratuits. Je dis cela à l’attention des non-abonnés qui étaient frustrés jusqu’ici : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13096

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 12:22

  69. @ Aliocha : dans « La jalousie » – Ed. Odile Jacob 2006 – Willy Pasini dit que les événements de 68 ont dévalué la fidélité vue comme un concept bourgeois : je vous rassure donc, sur le terrain politique en 2012, je ne suis pas mélenchoniste !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/02/2012 @ 12:43

  70. @Le Chevalier Bayard : Oh ? Mélenchon est infidèle ! Des détails, des détails, des détails !

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 14:04

  71. @ Aliocha : ma chère pour lui l’intimité est tyrannique et ne se s’interpénètre pas avec la sphère publique. Si la gauche l’emporte les détails viendront sur la fidélidé à ses idéaux !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 08/02/2012 @ 14:52

  72. C’est confirmé, j’adore Hugues Serraf : http://www.com-vat.com/commvat/2012/01/sarkozy-hollande-franchement-%C3%A9gaux.html
    Et pour répondre aux lecteurs naturellement soupçonneux qui se demandent à chaque fois que je dis du bien d’un confrère si ce ne serait pas un pote à moi, la réponse est non, je ne connais pas Hugues Serraf. D’ailleurs je le regrette !

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 18:04

  73. @Aliocha : vous n’avez pas mieux qu’un argument ad hominem pour répondre aux objections faites sur Lenglet ? Rien de mieux que : « vous critiquez parce qu’il est libéral et pas vous  » ?

    Rien sur ses graphiques à l’échelle trompeuse et aux légendes ambigües ou sur la « sélectivité des chiffres et des pays », le regroupement effectué investissement et profit (diapo Mélenchon) ? Alors que tous ceux qui ont fait un peu de stat savent que la simplification outrancière obscurcissent bien plus les réalités qu’elles ne les éclairent.

    Rien sur le fait qu’objectivement il se trompe quand il affirme à Mélenchon que la France est la championne du monde de la dépense publique et qu’il se retrompe face à Sarkozy ? Hors face-à-face, sur le thème de la cohérence fiscale, il est bien plus violent qu’à l’Elysée : http://www.youtube.com/watch?v=Vy7xbvvQ9a0 mais à part ça, c’est un modèle de courage.

    Rien sur le fait que même Anne Sophie Jacques d@si admet s’être laissée enfumée ? (Sous-entendu, Lenglet sait très bien tout ce que dit Piketty, mais il l’a volontairement omis, ou encore Lenglet ne sait pas ce que dit Piketty, et alors cela prouve qu’il ne bosse pas aussi bien que ce que vous dites)

    Rien sur le fait que Lenglet additionne des pourcentages alors qu’il faut utiliser des coefficients multiplicateurs, piège que tout lycéen ayant fait un peu d’économie devrait savoir éviter ? (ou alors, encore, il sait mais pense que les Français ne vont pas comprendre…)

    Vous dites : il est original
    Réponse : il est libéral, comme les autres. Ses éditos sont donc libéraux, comme ceux des autres. Ce n’est pas une critique de son libéralisme, mais de son originalité.

    Vous dites : il est humble et sait se moquer de lui-même.
    Réponse : Ses qualités humaines m’importe peu : on évalue son travail. Ce que Schneidermann appelle de la fausse modestie lui donne en plus un capital sympathie utile pour gagner en crédibilité quand il passe astucieusement de sa position d’interveweur à éditorialiste dans les entretiens,

    Vous dites : il apporte du fond.
    Réponse : On n’a pas dit que ses questions étaient stupides. Cependant, dans ses questions, il mêle souvent une part de démonstration orientée idéologiquement, tout en bénéficiant de sa qualité de journaliste normalement seulement intéressé par les faits et la vérité.

    Je ne dis pas que le bonhomme est complétement dénué de qualités, mais qu’il ne mérite certainement pas toutes ces éloges.

    Commentaire par kuk — 08/02/2012 @ 20:46

  74. @Kuk : Tsssssssssss, arrêtez de me faire radoter, j’ai l’impression d’être gâteuse 😉
    Ce n’est pas un argument ad hominem, j’essaie de vous faire toucher du doigt le fait que vous avez un préjugé. Je n’en discute pas le bien fondé, simplement il irrigue (vous noterez que je n’écris pas « il fausse »), il irrigue donc tout le reste de votre argumentation.

    Figurez-vous que je prépare actuellement un petit papier sur les réformes fiscales qu’on m’a commandé il y a un mois. Du coup, j’ai fait le tour des fiscalistes parisiens, leurs discours est exactement le même que celui de Lenglet sur l’accumulation délirante des réformes fiscales depuis 2008, l’augmentation de tous les taux dans tous les sens. Pas plus tard que cet après-midi, une copine au bureau qui s’occupait de la compta d’une boite me montrait la taxe sur les bureaux, elle augmente cette année de 33% (sous réserve d’une erreur de calcul de ma part, je vous donnerai les chiffre exacts demain si vous voulez, vous calculerez le pourcentage). Bref, si vous observez cela au quotidien, vous ne pouvez pas dire autre chose que les prélèvements augmentent de tous les côtés et de manière très significative. C’est une évidence. Lenglet a le nez là-dedans, donc il part de ce constat. Vous partez vous d’un point de départ très différent : gouvernement libéral incapable de taxer le capital. Donc là où Lenglet dit ça augmente, vous pensez au fond, fumisterie, trompe l’oeil, mensonge. Ben non, c’est vrai. Le vrai désaccord, utile, fructueux, doit porter non pas sur les graphs de Lenglet et les histoires de tableaux forcément simplifiés parce que la lecture à l’écran de télé ne peut pas s’embarrasser de détails, mais sur l’appréciation de cette augmentation, suffisante, ou pas. C’est ça le sujet. Et c’est aussi là-dessus qu’il faut challenger à la loyale Lenglet, parce que comme tout journaliste spécialisé, il peut souffrir d’un tropisme. Prenez le sur ce terrain et non seulement votre critique sera utile mais elle amorcera un vrai débat. Pas un affrontement de principe sur le terrain idéologique mais une appréciation de ce qu’il faut faire concrètement.

    J ene me souviens pas d’avoir dit qu’il était original au sens où vous l’entendez, j’ai voulu dire qu’il avait une méthode de travail plus exigeante que ses confrères. On n’est plus dans l’agitation fumeuse mais on commence à travailler sur des chiffres, des docs, des hypothèses.

    Quand je parle d’auto-dérision, je me situe une fois de plus sur le terrain de la comparaison avec les autres. On ne peut pas tout à la fois dire qu’on en a marre de l’élite médiatique et ne pas saluer quand quelqu’un visiblement fait l’effort de ne pas se laisser piéger par les projecteurs, soyons un peu cohérent. Accessoirement voyez-vous les qualités que vous qualifiez d’humaines et que je préfère désigner comme professionnelles ne sont pas superflues à mes yeux. Dans ce métier, il faut savoir douter.

    Anne Sophie s’est faite enfumer ? Nous n’avons pas lu le même article, ou alors pas avec les mêmes lunettes 😉 Moi j’ai compris qu’elle s’était retrouvée au milieu d’une querelle technique avec de solides arguments de chaque côté.

    Quant aux éloges, deux choses. D’abord vous me permettrez ici de dire quand quelqu’un me plait. Je sais qu’il est d’usage sur la toile de dézinguer, en témoigne mon billet sur Ruquier qui m’a valu 50 000 lecteurs chez Marianne. A l’inverse, désigner quelque chose de bien suscite au choix méfiance ou indifférence de la part des lecteurs. Je m’en fous. Je ne suis pas ici pour faire de l’audimat, et comme je suis une tête de mule, j’aurais tendance à faire par définition exactement le contraire de ce qui rapporte de la visibilité. En clair, on n’a pas fini de discuter vous et moi et de ne pas être d’accord 😉 Ensuite, je ne l’ai pas couvert d’éloges. C’est même tout le contraire, j’ai dit gare à la starification, et j’ai précisé en commentaire sous le précédent billet je crois qu’il avait juste fait son boulot. C’est twitter qui le couvre d’éloges, pas moi. Maintenant, puisque je suis obligée de me justifier depuis quelques jours face à des lecteurs qui le critiquent, forcément mes réponses finissent par donner une image élogieuse. Ce n’était pas le but. Simple effet mécanique du poids de mes réponses au poids des critiques 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2012 @ 23:07

  75. @Aliocha : Je vais essayer de faire court (et je sais que je vais échouer). Je pense que vous avez le préjugé que j’ai un préjugé :-). Je fais dans l’ordre de votre billet.

    Sur l’accumulation délirante des réformes fiscales, nous partageons le même constat que Lenglet. Je n’ai pas dit qu’il ne disait que des choses fausses. Je note que chez @si il a sorti un très bon chiffre d’une réforme fiscale toutes les 5 jours, qu’il n’a pas sorti à Sarkozy, en se focalisant sur les changements de taux généraux de TVA, il a du coup été beaucoup moins percutant. Dans le lien que j’ai donné en 73, il est encore plus tranchant.

    Je ne pars pas de : « gouvernement libéral incapable de taxer le capital ». Nulle part dans le ce post je n’ai exprimé mon opinion sur le gouvernement. C’est là où apparaît votre préjugé. Je me suis principalement exprimé sur l’aptitude de Lenglet à nous éclairer de faits irréfutables. Les diapos de Lenglet au contraire nous enbrument, et c’est pour ça que j’en parle. Réécoutez des paroles et des actes avec Méluche, Lenglet dit que l’Allemagne a 6% de chômage et c’est Méluche qui le reprend notant que le gouvernement allemand avait admis avoir retiré 1,5 millions de chômeurs séniors à ces stats. Et pourtant Lenglet repose sa question avec son chiffre de 6% de chômage. Lenglet ne s’embarrasse pas toujours de la réalité, c’est un reproche qui, fait à un journaliste n’est pas anecdotique. Ses lectures sont peut-être allées jusqu’à Einstein : « if the facts don’t fit the theory, change the facts » 😉

    De même, Piketty nous apprend que les problèmes d’assiette sont fondamentaux si l’on veut juger du fait que le capital est de plus en plus taxé, et que les très riches peuvent esquiver très facilement toutes ces hausses. J’aimerais bien discuter pour savoir si le rapprochement général entre prélèvements sur le capital et sur le travail est juste, mais d’abord établissons des faits précis. C’est ce que j’attends d’un journaliste économique.

    Sur l’originalité : d’accord. Ce qui m’inquiète maintenant, c’est ce que faisaient les autres avant (et peut-être encore maintenant) 😉
    Sur l’auto-dérision, si vous voulez, mais si je n’ai pas vraiment en tête de passage où il se moque de lui-même.
    Pour Anne Sophie : lisez ceci : http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?5,1203258,1203491#msg-1203491

    Volet Eloges : je ne vous reproche surtout pas d’aimer Lenglet ni de le dire. Nous discutons sur ce blog de savoir ce qu’est le bon journalisme. Je n’ai peut-être pas vu certaines qualités que vous lui prêtez et que cette discussion peut mettre en lumière. Peut-être appréciez-vous de lire des critiques d’un lecteur extérieur, ce qu’il attend d’un bon journaliste économique et pourquoi celui-ci ne lui convient pas idéo.. euh journalistiquement parlant.

    Commentaire par kuk — 09/02/2012 @ 00:36

  76. @Kuk : bon, on avance dans la compréhension mutuelle, c’est cool. Je veux bien qu’on reste en désaccord, mais pas qu’on souffre d’un malentendu. Alors, brièvement parce que je dors debout, mais que vous me faites réagir (ô misère !)
    Ses chiffres et tableaux embrouillent ? C’est normal, et il ne faut pas y voir la volonté de tromper. A partir du moment où on entre dans la technique, forcément on déclenche des querelles de….techniciens. Je vis ça tous les jours, je vous assure qu’à force c’est flippant à quel point on acquiert la conviction qu’il n’existe pas de vérité, sur aucun sujet, jamais. Mais vous noterez à quel point il a bien fait de venir avec ses tableaux car du coup il suscite un vrai questionnement.Et vous voyez bien comment la machine médiatique, servie par des journalistes qui bossent et ont un brin de déontologie, soudain devient vertueuse. Lenglet est discuté sur ces chiffres et intriguent avec ses graphs ? Tandis que les confrères parlent de stars (stupidement) @si l’invite pour qu’il s’explique. Il le fait et se révèle tellement intéressant que Daniel finit l’émission avec des étoiles dans les yeux. Pourquoi ? Pas parce qu’il le croit forcément de A à Z mais parce qu’il y a eu un débat, des idées, des sujets de réflexion, des choses qui l’ont bousculé. Le forum gueule, @si fait marcher le droit de suite. Entre nous, ce n’est pas Pujadas qui aurait déclenché un truc pareil. De l’utilité des graphs, même discutables dans leur présentation.
    Le passage où il se moque de lui-même ? Il y en a plusieurs au point que Daniel se lasse de ce qu’il analyse comme de la fausse modestie. Ce qui est plus intéressant encore c’est le nombre de fois où il nuance, tempère et dit même à un moment qu’il faut prendre garde dans notre métier aux certitudes ou quelque chose d’approchant. Je veux bien qu’on se moque des qualités humaines, mais on peut quand même avoir un avis sur la manière dont les gens se comportent sur un plateau et répondent aux questions. Non ?
    Enfin, je ne vois pas où vous lisez que AS avoue avoir été enfarinée. Franchement.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/02/2012 @ 00:57

  77. @ l’hôtesse de ces lieux :

    Ayant exposé mes griefs à votre encontre, et n’ayant plus, de fait, aucune envie de raisonner avec vous pour se voir accusé de prosélytisme, de n’avoir pas d’arguments (lorsque l’on se défend de ce mauvais procès, on se voit reprocher par Bray-Dunes, complétement à côté de ses pompes, de prôner la dictature de la raison), d’être pourvu de mauvaise foi, de préjugés, d’une méfiance primaire, et j’en passe et des meilleures, cela ne m’empêche pas de continuer à vous rendre visite.

    En l’absence de réciprocité, je me permets de déposer les éléments suivants. Faites-en l’usage que bon vous semblera.


    Le 04/02 à 17h42, Anne Sophie a écrit dans un post sous les auspices de la Chandeleur :
    « En résumé : si certains revenus issus du capital sont taxés à 38% ce n’est en aucun cas une moyenne (laquelle se situe, selon le premier tableau de Piketty à 28%). Donc on s’est fait enfumer, pour reprendre un mot en vogue sur ce forum. Moi je dirais : retourner comme une crêpe. »

    Les propos tenus à différentes reprises par M.Lenglet : Capital et Travail sont désormais grosso-modo taxés au même niveau (i). Ajoutons qu’à ce sujet il va même jusqu’à accuser deux responsables politiques (M.Hollande & M.Mélenchon) d’être de mauvaise foi dans leur positionnement politique (pas une mauvaise foi de façade pour le coup ; c’est une accusation de fond portant sur une forme de probité intellectuelle). S’ils ne sont pas des techniciens dans ce domaine, ils ont tout de même autour d’eux des équipes affairées à étudier ces questions essentielles.

    Ceci (i) constituant un mensonge éhonté, on appréciera tout le sel de la diffamation, et de ce qui va suivre.

    Je vous cite :
    « Bref, si vous observez cela au quotidien, vous ne pouvez pas dire autre chose que les prélèvements augmentent de tous les côtés et de manière très significative. C’est une évidence. Lenglet a le nez là-dedans, donc il part de ce constat. Vous partez vous d’un point de départ très différent : gouvernement libéral incapable de taxer le capital. Donc là où Lenglet dit ça augmente, vous pensez au fond, fumisterie, trompe l’oeil, mensonge. Ben non, c’est vrai. Le vrai désaccord, utile, fructueux, doit porter non pas sur les graphs de Lenglet et les histoires de tableaux forcément simplifiés parce que la lecture à l’écran de télé ne peut pas s’embarrasser de détails, mais sur l’appréciation de cette augmentation, suffisante, ou pas. C’est ça le sujet. Et c’est aussi là-dessus qu’il faut challenger à la loyale Lenglet, parce que comme tout journaliste spécialisé, il peut souffrir d’un tropisme. Prenez le sur ce terrain et non seulement votre critique sera utile mais elle amorcera un vrai débat. Pas un affrontement de principe sur le terrain idéologique mais une appréciation de ce qu’il faut faire concrètement. »

    Ce n’est pas le point de départ, c’est seulement le rattrapage aux branches. On comprendra la sérieuse différence entre soutenir :
    – « x et y sont taxés à égalité »
    – « les taxations de x ont tendance à augmenter … (… = il est nécessaire de préciser l’évolution de la taxation) »
    – « l’écart de taxations de x et de y ont tendance à se réduire … (… = il est nécessaire de préciser l’évolution de l’écart) »

    Le partage de la valeur ajoutée entre Capital et Travail connait d’incroyables phases de stabilité. Nous sommes dans une période où la part du Travail est installée dans la fourchette 3/5 – 2/3. Si vraiment, comme le soutient M.Lenglet, les niveaux de taxation du Capital sont proches de rattraper ceux du Travail, cette évolution doit avoir des conséquences notables sur la répartition préalablement évoquée, id est une véritable révolution comparable à celle connue dans les années 80 – mais dans l’autre sens ^^. Je n’étais pas au courant. Et puisque la gestion patrimoniale a été abordée dans ce sujet, je vous informe que les conseillers dans ce domaine n’ont pas non plus dû être informés de ce nouvel état de fait.

    Je vous cite de nouveau :
    « Ses chiffres et tableaux embrouillent ? C’est normal, et il ne faut pas y voir la volonté de tromper. A partir du moment où on entre dans la technique, forcément on déclenche des querelles de…techniciens. Je vis ça tous les jours, je vous assure qu’à force c’est flippant à quel point on acquiert la conviction qu’il n’existe pas de vérité, sur aucun sujet, jamais. »

    Généralement, cette sensation vertigineuse de relativisme absolu, de perte de sens ou de repères, est liée au fait que l’on a le nez dans le guidon… ou encore que l’on n’a pas acquis suffisamment de connaissances pour se représenter un paysage mental plus familier. Mais non, ses chiffres et tableaux n’embrouillent quasiment rien du tout. Dans l’ensemble, les données rapportées sont très vulgaires – au mauvais sens du terme – les positionnements stéréotypés, et ont peu à voir avec des querelles de techniciens.

    A ce sujet, je rapporte l’essence de la malhonnêteté intellectuelle de M.Lenglet que sont pour moi les deux éléments clés suivants (un véritable travail de gougnafier) :
    – Le graphique « croissance 2006/2011 ». Pour le coup, et considérant le sujet, le propos tenu dans le contexte, l’effet inhérent de l’illustration, je reconnais qu’il relève parallèlement d’un exercice de haute voltige… et embrouille un peu à première vue.
    – La comparaison entre la notion de l’endettement d’un particulier et la notion d’emprunts d’État

    Notons le contraste saisissant entre les deux prétendues « vulgarisations ». La première est tordue à souhait. Quasiment incompréhensible sans légende digne de ce nom, et même avec, pas sûr que ça puisse faire sens pour la plupart des auditeurs. Ce taux de croissance cumulée relatif, avec un point de départ arbitraire (ou pas ? – à vérifier) n’est qu’une composition sur mesure jusqu’à pouvoir faire apparaître une image magique. Le graphique est carrément mensonger, puisqu’il ne dit pas son nom, et je tiens le pari que la lecture sera fausse dans 99,9% des cas. Là où la seconde est diamétralement caricaturale, et curieusement porteuse cette fois d’un sens très « pédagogique ».

    Enfin, certains posts du forums d’@si apportent des éléments autrement plus utiles à la compréhension que les questions de forme auxquelles vous vous êtes singulièrement attachée, en éclairant d’autres arguments tendancieux de M.Lenglet. Kuk en a égrainé quelques uns dans le fil de ses commentaires.

    Peut-être M.Lenglet a-t-il des manières moins moralisatrices et plus posées que d’autres, cela n’enlève rien aux critiques exposées. En ce sens, il ne serait toujours qu’une émanation technocratique de substitution (il raconte les mêmes salades, mais avec une posture différente) suite à la crise morale engagée en 2011.

    Des exposés libéraux je veux bien, mais dignes de ce beau nom de vulgarisation.

    Commentaire par Un passant qui se dédit partiellement en repassant — 09/02/2012 @ 09:13

  78. Un passant,
    désolé de vous avoir froissé et je m’aperçois en lisant votre dernier commentaire que j’aurais mieux fait de tourner ma langue 7 fois, car il me fait grande impression (faut dire aussi que je n’y connais pas grand chose) et je vous remercie pour toutes ces précisions.

    Commentaire par Bray-Dunes — 09/02/2012 @ 15:08

  79. @Un passant : Je me suis attachée à des questions de forme parce que je parle dans ce billet de journalisme, au cas où vous ne l’auriez pas aperçu. Vous n’aimez pas Lenglet ? C’est votre droit. Vous me soupçonnez de libéralisme sous-marin/corporatisme/manipulation (rayer la mention inutile) alors ne me lisez plus. Cette discussion n’est pas un débat, c’est un procès en sorcellerie. Continuez-le sans moi, j’ai autre chose à faire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/02/2012 @ 15:50

  80. @aliocha : Pour l’enfarinage d’Anne Sophie, voir la dernière phrase du lien que j’ai donné.

    Pour moi, un journaliste doit avoir comme premiers commandements : l’honnêteté intellectuelle, le respect des faits, la recherche de la vérité. Ces commandements interdisent les graphiques que Lenglet produit et ses approximations. Je ferais moins de reproches si son étiquette était celle d’un économiste engagé politiquement. Je ne demande pas au journaliste économique de donner des leçons d’économie ( « la dépense publique, ça ne crée pas de croissance Monsieur Mélenchon »), mais d’interroger des économistes de toutes sensibilités et de vérifier les chiffres qu’ils avancent. Vu les erreurs que commet M. Lenglet sur les pourcentages, sa difficulté à lire le graphique dépense / croissance du FMI qu’@si lui présente, je crains qu’il en soit incapable. Du coup il peut se faire « trimballer », cf ce lien, où l’on apprend que la grande majorité des journalistes économiques n’ont pas eu de formation économique (Lenglet l’avoue en boutade : « je suis un imposteur complet »).
    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/journees-de-leco/221131819/specialiste-et-pedagogue-le-defi-du-journaliste-economiq

    Dire que peu importe la réalité décrite par les graphiques, il s’agit uniquement de lancer le débat ne me convient pas quand cela provient d’un journaliste. D’abord, le débat ne devient intéressant que grâce à l’intervention après coup de blogueurs puis de bons journalistes (Anne Sophie Jacques) qui vont interroger des sources discordantes et faire les aller retours entre ces sources (voir si on peut concilier s’accorder sur une vérité). Quid de tous ceux qui n’auront suivi que l’émission initiale ?

    Le pire, c’est que Lenglet connaît les écueils mais n’arrive pas à les éviter : il sait que les chiffres sont manipulables, qu’ils peuvent être une illusion, qu’il faut une bonne conscience déontologique… Il affirme chez @si qu’il tient à sa neutralité d’intervieweur, mais pendant ses interviews, il est tout sauf neutre. Je crois qu’il ne s’en rend même pas compte.

    Commentaire par kuk — 09/02/2012 @ 20:33

  81. “la dépense publique, ça ne crée pas de croissance Monsieur Mélenchon”

    En plus d’être faux, c’est juste de la désinformation c’est EXACTEMENT la relance de l’économie par le new deal de roosevelt après la crise de 29 : est-ce vraiment un journaliste qui connaît ses dossiers ?

    On apprend (apprenait) ça en première en économie et en histoire à mon époque.

    Commentaire par herve_02 — 09/02/2012 @ 20:39

  82. @Kuk : je vous décerne le point Shadoks. Vous argumentez comme ils pompent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/02/2012 @ 20:54

  83. J’en suis très honoré. Permettez que je remette la palme Neo à la reine de l’esquive

    Commentaire par kuk — 09/02/2012 @ 21:07

  84. Je n’esquive pas, j’évite de me répéter à l’infini, ça finit par m’ennuyer. On a tout dit. J’ai répondu à tout, plusieurs fois, de toutes les manières possibles. Il y a un moment où je fatigue. Et surtout où on ne peut plus avancer. Nous sommes face à un conflit irréductible, c’est pas grave, mais ça pourrait tourner mal si on continuait à user les mêmes arguments.

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/02/2012 @ 21:11

  85. Effectivement. J’avais déjà noté une conception différente quand vous aviez courageusement défendu une journaliste du figaro raillée par Eolas. Le point de désaccord était déjà la différence d’attachement aux faits. Si le point revient dans un prochain article, je promets que je ne commenterai pas.

    Commentaire par kuk — 09/02/2012 @ 21:31


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