La Plume d'Aliocha

29/02/2012

Dahan ou la liberté de nuire

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:14
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C’est en regardant la dernière émission de Daniel Schneidermann  intitulée « Les enregistrements pirates, cette nouvelle culture populaire » que j’ai découvert l’affaire Dahan.  Pour les autistes dans mon genre qui ne seraient pas encore au courant de l’objet du buzz, il se trouve que l’humoriste Gérald Dahan a piégé au téléphone le candidat Nicolas Dupont-Aignan. En se faisant passer pour Eric Cantona, il a provoqué de sulfureuses confidences notamment sur Nicolas Sarkozy qualifié de « catastrophe ambulante ».  Si vous voulez en savoir plus, voyez ce papier du Parisien (document audio inside). La radio Rire et chanson a accepté de diffuser le canular. Mais le patron d’NRJ, groupe auquel appartient ladite station, a mis son veto. Officiellement, pour la raison suivante : « Après écoute, il nous est apparu que ce canular, outre qu’il n’était pas drôle, ne respectait pas la ligne éditoriale de la station, et ce quels que soit les personnages politiques visés».

Dahan sacrifié sur l’autel des intérêts d’NRJ ? 

En réalité, le vrai motif de ce refus serait la crainte  d’offenser le Chef de l’Etat au moment même où NRJ cherche à obtenir de nouvelles fréquences FM, dixit Gerald Dahan. Car selon lui, à l’origine il s’agissait uniquement de couper les passages concernant Nicolas Sarkozy et non pas d’interdire la diffusion. Refusant d’être censuré, l’humoriste a donné l’enregistrement à des journalistes qui l’ont mis en ligne.  Résultat des courses, il est viré.

J’avoue qu’à la place du PDG d’NRJ, je n’aurais pas diffusé ce canular.  Autant un humoriste doit bénéficier de la plus grande liberté possible lorsqu’il imite, caricature, moque une personnalité, autant nous sommes ici dans un scénario radicalement différent. Celui qui provoque malgré lui le rire ignore que ses confidences seront rendues publiques et se met potentiellement en risque, tandis que l’auteur du canular se contente d’en recueillir les bénéfices. La victime est piégée, provoquée à dire des âneries, enregistrée à son insu, et finalement soumise à la risée de tous, sans considération aucune du danger qu’on lui fait courir, au nom soi-disant de la liberté d’expression et du droit de rire de tout. En général, le ressort comique plus ou moins admissible de ce type de canular réside dans le fait qu’on amène la personne à croire en une situation absurde et à se ridiculiser en conséquence. Admettons que ce soit tolérable dans ce cas. Mais ici, il ne s’agit pas de cela. Dupont-Aignan n’est pas drôle parce qu’il croit parler à Cantona, il intéresse les chacals parce qu’il livre des commentaires outranciers, comme on le fait parfois quand on s’exprime en privé, sur des personnalités politiques.

Usurpation d’identité et provocation

D’accord, ce n’est pas drôle, mais c’est une information, me direz-vous, sur Nicolas Sarkozy-la-catastrophe-ambulante, sur le pansement-Hollande ou encore Bayrou-le-paysan. Ah ? Parce que les humoristes font de l’information maintenant ? Le simple fait de piéger un politique et de l’amener à faire des confidences sur les candidats à la présidentielle transformerait un amuseur public en journaliste et changerait un canular de mauvais goût en enquête  ? Entre nous, c’est le genre d’information qui ne mériterait pas le cul qui daignerait la chier (1). Et à supposer même que c’en soit une au regard du niveau affligeant du discours médiatique, il n’en resterait pas moins qu’elle a été obtenue de manière déloyale par usurpation d’identité et provocation. Puis diffusée de manière toute aussi déloyale.  Regardons les choses en face. Tout ceci n’a d’autre intérêt que le buzz.  Si l’humoriste rejoint ici le journaliste, ce n’est certainement pas sur le terrain de l’information, mais sur un travers commun aux médias, presse incluse, à savoir la recherche d’audience à n’importe quel prix. Sauf qu’en matière de presse, il existe un code éthique qui empêche en principe de faire n’importe quoi.

A ce stade, je vous mets en garde, je vais m’aventurer dans l’utilisation de concepts dépassés. Celui de responsabilité, par exemple. Les médias sont infiniment dangereux. Quand on travaille pour eux, on a la responsabilité permanente de ne pas nuire inutilement aux personnes que l’on projette  dans la sphère publique.  Et puisque je m’égare dans des valeurs passéistes, autant aller au bout. C’est aussi et peut-être surtout une question d’élégance morale (je vous avais prévenus !).

Encore et toujours la caricature

Qu’on ne s’étonne pas avec des méthodes pareilles que le public conspue les médias. Et qu’on ne vienne pas se plaindre du manque d’intérêt des français à l’égard des élections ou de leur méfiance vis à vis des politiques. L’anti-sarkozysme qui atteint des excès délirants, le goût des petites phrases plus ou moins assassines, le désintérêt à l’égard des sujets de fond, la critique systématique et caricaturale, la confusion de plus en plus grande entre humoristes et journalistes, tout ceci concourt à créer un climat déplorable. Dahan n’a fait qu’aller un peu plus loin que les autres, c’est tout. Et puisqu’il a entrouvert une porte, il est à craindre que des légions s’y engouffrent. Le fait que cela ne choque quasiment personne, pas même l’intéressé, est remarquable. On dit que Nicolas Dupont-Aignan aurait été embarrassé et en même temps plutôt satisfait du buzz ainsi suscité autour de sa campagne. Réaction sincère ou peur en s’indignant d’aggraver la situation ? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est qu’en ne protestant pas, il conforte un système affligeant. On ne peut donc que renvoyer dos à dos les protagonistes de cette triste affaire puisque, au fond, tous deux semblent y trouver un intérêt. Comédie humaine.

La vraie victime de tout ceci, c’est encore et toujours le public. C’est aussi une certaine idée de la démocratie. Car au nom de la transparence et de la liberté d’expression, on dessine une image du monde politique à la fois caricaturale et dévoyée. L’objectivité a depuis longtemps cédé la place aux analyses partisanes, nourries d’allergies épidermiques et d’enthousiasmes aussi fugaces qu’irrationnels. Le factuel s’incline face à l’opinion. La raison s’éclipse au profit de l’émotion. Et comme si cela ne suffisait pas, on simplifie au maximum le discours pour le rendre accessible à des citoyens que l’on imagine complètement décérébrés  et dont on pense qu’ils n’attendent qu’une chose, c’est de se divertir. Hors de l’éducation systématique à la bien pensance, pilotée par une certaine gauche germano-pratine aux tendances dangereusement messianiques, rien d’autre ne semble avoir d’importance. Ni l’intelligence du discours, ni le respect d’un certain nombre de valeurs. Moins encore la vérité ou à tout le moins la description objective des faits. Le résultat est à vomir.

(1) Cette savoureuse formule n’est pas de moi. Je l’ai tirée du film Molière avec Romain Duris et Fabrice Luchini.

27/02/2012

Comme un toro dans l’arène…

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 10:05

Ah, comme nous sommes démunis, nous les journalistes,  face à l’habileté et parfois même la rouerie  des politiques !

Voilà bien longtemps qu’ils sont rompus aux techniques de rhétorique, surentraînés par leurs conseils en communication qui leur font subir des séances de « media training » et parfaitement au fait des contraintes et des travers des médias dont ils jouent avec maestria. De fait, le journalisme se fracasse sur le mur infranchissable de la communication.

Sans doute est-ce sur la base de ce constat qu’a été conçue l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Tout semble en effet y avoir été pensé au millimètre pour tenter de rééquilibrer le rapport de force.

Interview ou corrida ?

C’est ainsi que l’invité  est confronté durant plus de deux heures à plusieurs journalistes ainsi qu’à des adversaires politiques. On se croirait dans une arène. Les jingles font office de Paso doble, les journalistes de toreros, les adversaires de banderilleros. Et comme si cela ne suffisait pas, on y ajoute des exercices d’un nouveau genre. En début d’émission, l’analyse critique de la gestuelle et du vocabulaire de l’intéressé fait songer au premier tercio d’une corrida, lorsque le picador blesse le toro pour l’affaiblir. Quant à la conclusion, qui prend la forme d’un réquisitoire mené par deux journalistes témoins à qui l’on demande s’ils ont été convaincus par la prestation, elle rappelle le moment où l’on applaudit – ou pas – la dépouille du toro à l’issue du combat.  Pour ma part, j’avoue être assez dubitative en ce qui concerne la pertinence et l’efficacité de ces deux rubriques. Le montage du départ destiné à dévoiler les tics de comportement et de langage, par sa nature même de « best off », est sujet à caution. Sur le fond, l’analyse n’apporte pas grand chose et flirte même dangereusement avec la psychanalyse sauvage. Je sais qu’il est devenu à la mode, depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat, de traquer les tares psychologiques des candidats. Mais ne faut-il pas nécessairement être un brin déséquilibré pour se rêver à la présidence de la République ? Quant aux commentaires de fin d’émission, ils n’engagent que ceux qui les tiennent et risquent d’accroître le décalage entre l’élite médiatique et les téléspectateurs. Par ailleurs, il y a quelque chose de dérangeant dans cette manière de parler d’un individu en sa présence, sans lui laisser la faculté de répondre.

Monologuer pour éviter les questions qui dérangent

Dans l’émission diffusée jeudi et consacrée à Marine Le Pen, la candidate du Front National a été confrontée successivement à François Lenglet, directeur de la rédaction de BFM Business, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Fabien Namias, rédacteur en chef du service politique de France 2 et enfin Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche. Elle a d’ailleurs pris la main en refusant de débattre avec ce-dernier, contrairement à ce qu’avaient prévu les organisateurs de l’émission. Savoir si cela a servi son image ou le contraire relève de la voyance ou des sondages, ce qui revient au même.  Je ne me hasarderais donc pas sur ce terrain. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’elle est parvenue grâce à ce coup d’éclat à imposer ses règles. Pour le reste, en digne avocate, Marine Le Pen a utilisé l’arme du monologue afin d’éviter le plus possible de répondre aux questions. C’est en particulier la stratégie qu’elle a déployée face à François Lenglet,  l’interlocuteur qu’à l’évidence elle redoutait le plus. En témoignent le nombre d’analyses de l’intéressé qu’elle avait amenées sur le plateau pour les lui opposer, la longueur des tirades qu’elle est parvenue à placer afin d’utiliser à son avantage le crédit-temps dédié à l’interview économique, ses protestations systématiques contre les questions posées et, surtout, cette fraction de seconde de panique pure qu’une caméra est parvenue à capter dans son regard au beau milieu de l’entretien. Et pour cause. Face aux questions précises de François Lenglet et à ses graphiques désormais légendaires, la candidate a été prise en défaut sur la cohérence de son programme économique. Ici, le journalisme a enfin fonctionné.

Ce qui montre au fond qu’on peut inventer toutes les techniques imaginables pour affronter un politique, multiplier les interlocuteurs et les angles d’attaque,  parsemer le tout d’analyses psychologiques plus ou moins hasardeuses et d’opinions personnelles mêlant le miel et la ciguë, l’arme la plus efficace – à mon sens –  demeure l’interview classique s’appuyant sur une connaissance approfondie des dossiers. Le reste n’est que fioritures. Il est vrai que, contrairement au toro, le  politique sait ce qu’il va lui arriver et peut donc s’y préparer, mieux, retourner les pièges contre ceux qui les tendent. En revanche, contre les questions précises, les faits et les chiffres, trouver des parades s’avère beaucoup plus délicat.

NB : A ceux qui tiqueraient sur l’orthographe de « toro » en lieu et place de « taureau », je précise que c’est l’usage lorsqu’on parle de tauromachie. 

22/02/2012

La jeune fille et la maison close

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 17:35
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C’est amusant l’art que l’on cultive aujourd’hui de jouer avec le sens des mots.

Avez-vous regardé les reportages que consacrent mes confrères aux maisons closes sur fond d’affaire du Carlton de Lille ? Vous devriez. Ils sont riches d’enseignements. Par exemple, on y apprend que dans certains pays, le fait d’aller tous les matins travailler dans un claque est aussi ordinaire que de se rendre au bureau. Il parait même que certaines pensionnaires sont mariées et ont des enfants.

Après tout, pourquoi pas. Je ne suis pas totalement convaincue que se prostituer soit un métier comme un autre, mais si les intéressées l’affirment…Toujours est-il que dans l’un de ces reportages, en Espagne je crois, la tenancière du bordel – pardon, la chef d’entreprise – nous expliquait entre autres comment les « jeunes filles » géraient les clients. Oui, j’ai bien écrit « jeunes filles » car c’est ce qui a été dit. D’ailleurs cette dame n’est pas la seule à employer ce vocabulaire, c’est aussi celui de Dodo La Saumure. Du coup, je me demande si l’utilisation de cette expression relève de la pudeur face aux caméras et de la volonté de dédiaboliser ce business discutable, ou si on l’utilise au quotidien pour inciter les clients à croire qu’ils trouveront dans un bordel ce qu’il est convenu en principe d’appeler une « jeune fille ».

Toujours est-il qu’il me paraissait utile de vous alerter sur le nouveau sens de  » jeune fille » : personne de sexe féminin, célibataire ou mariée, parfois mère de famille,  proposant des services sexuels tarifés à titre professsionnel. Prenez garde la prochaine fois que vous vous adresserez à une adolescente, une lycéenne ou une  étudiante. Si vous l’appelez « Jeune fille » vous risquez fort de l’offenser.

Dans le même esprit, vous noterez la délicatesse avec laquelle mes confrères évoquent certains épisodes de l’affaire du Carlton. Ah ! Les soirées libertines. Les parties fines.  Comme c’est joliment dit. Il parait que la presse américaine appelle cela des « orgies ». Quand le légendaire pragmatisme anglo-saxon s’allie au puritanisme, on sombre vite dans la caricature. Car dans cette affaire, comme nous l’avons vu, il n’y a pas de putes mais des « jeunes filles », pas de sexe mais du libertinage.

Au fond, je me demande si DSK ne participait pas en réalité à  des veillées de prière. Si ça se trouve, on est en plein malentendu…

21/02/2012

Au bistrot

Filed under: Choses vues — laplumedaliocha @ 10:14
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Un joli soleil d’hiver inonde la terrasse du bistrot.

Je commande un express et j’ouvre Marianne.

Un couple d’adolescents s’installe.  Il s’inquiète de savoir si elle a froid, elle répond que non, elle n’est pas frileuse.

Le serveur s’approche. Brun, court sur pattes, hostile.

« Bonjour, un café s’il vous plait Monsieur », lance le jeune homme.

« Pas plus de dix minutes, répond le serveur revêche, après on dresse les tables pour le déjeuner ».

Je lève les yeux de mon journal. Ces deux gamins nimbés de lumière hivernale semblent tout droit sortis d’un Fra Angelico. Mais que vient donc faire ce mal-embouché dans le tableau ?

« Et pour vous ? » aboie le malotrus en direction de la jeune fille.

« Rien, merci », répond-elle doucement.

« Si ! Vous êtes deux alors vous prenez deux consommations ! «  crache le serveur.

Elle sourit, confuse :  » une menthe à l’eau s’il vous plait ».

Ils se replongent dans leur conversation, étrangers à l’agressivité ambiante. La grâce de la jeunesse…

L’homme revient, pose les consommations sur la table. Il sue la malveillance.

Et les deux anges murmurent en choeur : « merci Monsieur« .

Voici que l’agressif se tourne vers moi pour exiger la rançon de son effort. J’aligne le plus lentement possible ma menue monnaie jusqu’à 2,50 euros. Depuis le temps que je voulais me débarrasser de ces pièces de 10 et 5 centimes !

Le pourboire, qu’il aille le chercher en enfer !

19/02/2012

Une polémique avec de vrais morceaux à l’intérieur

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 14:36
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Tiens, c’est Marine Le Pen qui occupe le hit parade de la polémique du jour. Le cas illustre particulièrement bien la mécanique de la petite phrase. Une personne aux intentions sujettes à caution lance une information délicate sur un sujet sensible et tout de suite on hurle au mensonge et au scandale. Il se trouve qu’elle a déclaré à Lille samedi que toute la viande distribuée en Ile-de-France était halal, à l’insu des consommateurs. Immédiatement, c’est le tollé général. Songez donc, Marine Le Pen insinuant de manière à peine voilée que les musulmans ont pris le pouvoir dans nos assiettes.

Le concert de dénégations m’a d’autant plus surprise que j’ai regardé jeudi soir la fin d’un reportage d’Envoyé Spécial expliquant, si ma mémoire est bonne, que les 5 abattoirs situés en Ile-de-France pratiquaient le rite halal. Non pas pour plaire aux musulmans, moins encore sous leur contrainte, mais pour des raisons financières. Plutôt que de s’embarrasser à appliquer deux types d’abattage différents, le plus simple est encore d’opter pour une seule méthode, en l’espèce, celle du consommateur le plus exigeant, histoire de ne pas se priver de clients. Cela m’avait surprise sans me déranger outre mesure. A la décharge de Marine Le Pen, j’avais compris comme elle que toute la viande distribuée à Paris et alentours, en grande surface et chez les artisans, était halal. La seule différence entre elle et moi, c’est que je m’en fichais un peu, excepté au regard du risque sanitaire évoqué dans le reportage et présenté comme légèrement supérieur à celui d’un abattage classique.  Par ailleurs, la journaliste auteur du reportage avait bien précisé en plateau qu’il s’agissait d’une organisation purement fondée sur le business, histoire de ne pas agiter les fantasmes.

Marine Le Pen reprend l’information et tout le monde hurle au mensonge. Je comprends bien l’inquiétude qui doit nous saisir à la voir s’emparer de ce sujet. Mais il faut reconnaître qu’elle ne le sort pas de nulle part. Le gouvernement de son côté argumente assez finement sur le fait que la viande distribuée en Ile-de-France vient de tout le territoire. Faut-il comprendre en creux que les abattoires parisiens sont bien halal ?

En ce qui me concerne, je trouverais préférable de cerner le véritable sujet de cette polémique. Ce qui suppose d’interroger le gouvernement sur les révélations d’Envoyé spécial pour en vérifier l’exactitude. Les faits, d’abord et avant tout les faits. Ensuite, il sera toujours temps de dénoncer l’instrumentalisation de cette information par la candidate du Front National. Mais ce sont deux problèmes différents, veillons à ne pas les confondre.

17/02/2012

Carla for ever….

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 21:58
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Et voilà ! C’est toujours pareil. Un dérapage sur les homosexuels, et tout le monde hurle au scandale. Idem pour les atteintes réelles ou imaginaires à la dignité des femmes, au respect de ceux que l’on nomme « étrangers » (concept flou qui mériterait d’être précisé), des handicapés (quand même moins bruyants que les autres), des religions, des victimes de ceci ou de cela etc….Dans tous les cas cités, les consciences sont maintenues en éveil par des associations. En revanche, il n’existe pas à ma connaissance d’association de défense de l’intelligence collective. Et donc personne pour s’indigner des interviews de Carla Bruni-Sarkozy suite à l’annonce de la candidature présidentielle…aux prochaines présidentielles.

Non, je ne suis pas en campagne pour Hollande, ni en crise d’anti-sarkozysme aigu. C’est en citoyen consommateur d’information et potentiel électeur que je réagis. Depuis des jours, ça hurle à tout va contre Guéant sur les civilisations, Vanneste sur les homosexuels, Hollande sur la finance. D’accord. Mais pourquoi personne ne hurle-t-il contre les interviews de Carla Bruni-Sarkozy ? Vous me direz, ce sont les minorités qui protestent, la majorité est silencieuse. Admettons donc qu’il y a dans ce pays une majorité très large d’individus intelligents. Mais alors le crime est encore plus grave, car le nombre de victimes est immense. Comment peut-on supporter de lire des âneries pareilles ? Franchement ?

A côté de ces déclarations insipides, le « qu’ils mangent de la brioche » faussement attribué à Marie-Antoinette semble tout droit inspiré de Machiavel. Ce que j’ai lu est une honte. Une honte orchestrée par la communication et  relayée docilement par les médias. « J’ai décroché une interview de la Première Dame, chef ! …..Elle ne dit rien dans cette interview, coco. Ben ouais, et alors ? Elle m’a parlé, tu ne voulais pas non plus qu’elle m’improvise une analyse de  la critique de la raison pure, tout de même ?! Non bien sûr, mais enfin, bon, là…..Remarque, t’as raison, on publie, ça va attirer le chaland et puis de toute façon on n’a pas le choix, on risquerait de vexer en mettant la chose au panier ».

Je vous propose, puisque c’est la mode, de décerner un prix à cette interview. Celui de la « bulle d’or ». Bulle comme vide et éphémère, gracieux et sans intérêt. Bulle comme zéro. Zéro intérêt, zéro valeur, zéro décence,  zéro contenu, zéro déclaration, zéro conscience, zéro information. Pourtant, le confrère s’est donné du mal, il a posé des questions dérangeantes. Mais rien. On imagine les réponses vides susurrées d’une voix mielleuse à vous en faire grimper le taux de sucre dans le sang, sous la haute surveillance d’une armée de communicants, sur place ou dans la pièce d’à côté.

Notre président peut bien faire ce qu’il veut de sa vie privée, mais par pitié, qu’il nous épargne les déclarations de son épouse. Il y a des mots qui ne valent que sur l’oreiller, des suavités qui n’ont pas leur place dans les médias, et moins encore dans une campagne présidentielle en pleine crise économique. Des niaiseries qui, sorties de leur contexte intime, font frémir. Des images volées de baisers que l’on préférerait ignorer…

Puisqu’il est devenu à la mode (aussi) d’être une victime, alors je me proclame officiellement victime de cette interview. J’estime que c’est une insulte à mon intelligence. Et je proteste avec la plus extrême virulence contre l’inanité du propos qu’on m’inflige. Attirée par le titre, j’ai lu l’article et m’y suis blessé l’esprit. J’invoque une incapacité temporaire de travail de 8 jours en raison du choc psychologique, assortie d’un incapacité partielle permanente à la consommation des médias. Je n’aurais qu’un mot : réparation !

C’est quand même fou que tous les crimes de parole dans ce pays fassent réagir, excepté un seul : le crime contre l’intelligence. Celui-la prospère à tous les niveaux dans la plus parfaite impunité. Mais il est vrai que la majorité est silencieuse…Sauf dans les urnes, bien sûr.

Fichus anglais !

Filed under: Débats — laplumedaliocha @ 11:07
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Pauvre François Hollande !

Il se confie à quelques journalistes britanniques et voici que tous ses supporters hurlent à la trahison. Il faut dire qu’il y est allé fort. D’abord, il déclare qu’il n’y a plus de communistes en France. Un véritable provocation à mélenchonnade. Et ça n’a pas loupé, le candidat de gauche s’est immédiatement insurgé.  Ensuite, il en rajoute en rappelant que c’est la gauche elle-même qui a appuyé sur le champignon du libéralisme à l’époque où elle était aux affaires. Et là c’est l’appeau à chroniqueurs politiques en mal d’inspiration.

Deux petites phrases, d’un coup. Quelle jouissance ! Un truc à vous faire oublier celle de Guéant sur les civilisations et même à occulter les frasques de Vanneste à propos des homosexuels, pourtant juteuses si j’en crois l’aiguille de mon gueulomètre. A propos, vous avez vu ? Il pourrait être viré de l’UMP,  le Vanneste.  Il y a des gens qui ont un don certain pour se glisser dans le costume du bouc-émissaire. Sortir une connerie médiatique pareille au moment où, après avoir brièvement roulé des hanches devant les électeurs du FN, l’UMP se sent obligé de rassurer tous ses autres électeurs potentiels….L’innocent ! Il s’y est mis tout seul sur l’autel du sacrifice.

Mais revenons à notre Hollande national. Autrefois, on lisait l’avenir dans le marc de café, aujourd’hui on analyse la politique dans les résidus de discours et les déchets de conversation.

Faisons quand même une tentative de remise en contexte. Londres, c’est La grande place financière européenne. Et pour cause, nos amis anglais ont réorienté leur économie sur la finance, il y a déjà plusieurs décennies. Alors vous imaginez bien qu’il ne faut pas trop les taquiner là-dessus. Même le nez dans la m…. pardon, dans le rosbif à la confiture de menthe – et dieu sait qu’ils l’ont en ce moment  –  ils continuent de crier que c’est de la rose. Comprendre que les marchés financiers sont l’avenir de l’humanité, en tout cas de tous les peuples qui auront l’intelligence de suivre l’exemple de Wall Street, splendidement dupliqué par Londres. Autant dire que les gaulois dans l’histoire sont sujets à caution. Eux qui n’aiment ni l’économie, ni la finance. Eux qui surtout, depuis la crise de 2008, s’obstinent à brandir des projets de réglementation des marchés financiers à Bruxelles.  Les français veulent réguler, les anglais disent non. A tout. C’est si répétitif que ça en devient comique.  Non à la taxe sur les transactions financières (même s’il en ont une), non à un renforcement de la réglementation des marchés financiers en Europe, non à la création d’un gendarme boursier européen. Prenez n’importe quel projet actuel et demandez à un spécialiste où se situe le rapport de force. Réponse : entre Londres et Paris. Les anglais veulent conserver une marge de manoeuvre totale sur leur industrie de la finance.  Sur le fronton des banques, j’écris ton nom, Liberté ! Au point qu’on finit par en avoir marre des anglais, en particulier à Bercy. Je me demande même si Nicolas ne fricotte pas avec Angela, et réciproquement, pour le seul plaisir d’embêter les grands-bretons.

Comment s’étonner dès lors que François Hollande se soit cru obligé de rassurer mes confrères d’Outre-Manche, et à travers eux la finance nationale et internationale, en rappelant que le socialisme ne signifie pas forcément l’instauration immédiate et sans retour des kolkhozes ? Cela me parait plutôt bien vu de sa part. J’ose croire que personne en France ne pensait jusqu’ici qu’il avait à l’esprit d’interdire la finance dès son accession au pouvoir. Quant à la sortie sur la disparition des communistes, il s’agirait d’une imprécision de traduction. Fichus anglais !

Seulement voilà,  l’étude des petites phrases ne s’embarrasse pas de contexte ni de nuance. C’est une déclinaison de la voyance. Dès que la chose est proférée, il est impératif d’en rechercher le sens, non pas dans le propos plus vaste qui la contenait, ni dans le contexte où elle a été prononcée, mais à l’aune des intentions supposées cachées et donc nécessairement mauvaises de son auteur. Nos tarologues amateurs ont retourné la carte du diable et glosent à l’infini sur la longueur de sa queue. L’occasion est trop belle d’agiter la grande machine à polémique !

Notez, l’affaire est déjà éclipsée par la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. A droite, on hurle de soulagement, tant le suspens était insuportable. A gauche, on rivalise de déclarations fielleuses. Sur BFM TV hier matin, les journalistes ponctuaient leur récit de « sans surprise » qui en disaient long. En effet, la machine  est lancée. On connait déjà le scénario et les dialogues par coeur. Du coup, on en viendrait presque à espérer le prochain dérapage, histoire de s’aérer un peu. Car c’est sans doute là que se niche la joie mauvaise de la petite phrase, dans ce couac réel ou imaginaire qui rompt l’infernale mélopée orchestrée par les spécialistes de la communication. Une pause fugace et réjouissante dans le ronronnement aseptisé du discours politique. Ainsi la communication, à force de nous proposer des mises en scène lisses comme des spots publicitaires finit-elle pas déclencher un effet pervers. Quand le vernis craque, on cherche avec frénésie la preuve du mensonge et de la rouerie. Comme si le masque angélique ne pouvait dissimuler qu’une charogne remplie de vers. La réalité est, hélas, bien plus médiocre.

14/02/2012

A propos des journalistes français et de l’économie

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 00:14
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L’Express a publié aujourd’hui la lettre d’un lecteur reprochant aux journalistes économiques de n’être pas au niveau du besoin d’information né de la crise actuelle. Elle soulève des questions intéressantes auxquelles j’ai eu envie d’apporter quelques éléments de réponse.

Cher Cityzen Banker,

Permettez-moi de réagir en tant que journaliste spécialisée en droit financier à votre lettre.

Vous dites que les journalistes français ne sont pas à la hauteur « du challenge que les temps leur imposent » et vous les invitez à évoluer.

Si le niveau général, tous médias confondus, apparait en effet largement perfectible, la presse économique française en revanche me semble de bonne tenue d’un point de vue technique. L’ennui, c’est qu’elle n’a pas beaucoup de lecteurs, comme en témoigne la disparition récente de La Tribune dans sa version papier. Paris n’est pas une grande place financière, il n’est donc pas étonnant qu’elle ait une presse non pas moins savante techniquement, mais à l’évidence beaucoup moins lue que la presse anglo-saxonne et donc moins puissante. J’ignore si les financiers à Tokyo ou Singapour lisent les Echos, en revanche je suis sûre qu’ils ne ratent pas un exemplaire du Financial Times. En réalité, notre presse économique ne fait que refléter la modestie de notre rang dans le classement des grandes bourses mondiales et, plus profondément, le faible intérêt des français pour l’économie et la finance. Toutes les études le confirment (PDF). C’est sans doute une question d’éducation dès l’école, d’idéologie à l’université, et plus profondément de culture en général. Les médias  ne sont souvent rien d’autre que le miroir de la société dont ils sont issus. Cela évoluera sans doute, compte tenu du poids que prennent l’économie et la finance dans nos vies. Soyons patients.  A condition bien sûr que nous acceptions un jour de mesurer notre bonheur au taux de notre TVA et  la pertinence de la politique menée en notre nom à l’aune du jugement infaillible des agences de notation et des réactions toujours parfaitement rationnelles de Wall Street.

Nous ignorons l’existence du  Dodd Frank Act, dites-vous. Je suis bien placée pour vous dire que ce n’est pas le cas dans la presse spécialisée. Et pas seulement celle-là d’ailleurs. Tf1 et RTL n’en parlent pas ? Sans doute, mais alors nous nous trouvons là face à un problème de curseur des médias grand public.  Il serait donc plus exact de dire que les organes d’information généralistes souffrent d’un manque d’intérêt pour la chose économique. A ma connaissance, télévisions et radios se sont aperçues lors de la crise de 2008 de ce déficit, laissons-leur le temps de s’adapter, même si je vous accorde que c’est un peu long. Vous aurez noté que lors de la dernière interview présidentielle, un journaliste spécialisé pure souche a fait son entrée dans le panel des interviewers, ce n’est pas anodin. C’est même le symbole de la prise de conscience que vous appelez de vos voeux.

On ne s’intéresse pas suffisamment à l’actualité internationale, regrettez-vous de manière générale. C’est hélas vrai. Encore faut-il se demander pourquoi. Montre moi ta presse et je te dirai qui tu es. Je ne pense pas révéler un scoop de dimension mondiale en observant que globalement les français s’intéressent assez peu à ce qu’il se passe hors de leurs frontières. Ce n’est pas une excuse, c’est une explication. Accessoirement, cela soulève une question vieille comme le journalisme : faut-il informer le lecteur sur des sujets qu’il connait déjà ou lui faire découvrir des choses nouvelles ? Inutile de vous préciser que la première solution apparait plus rentable à de nombreux médias que la deuxième. Sans doute à tort…

Nous devrions en particulier suivre avec plus d’attention ce que fait le monde anglo-saxon, que vous qualifiez d’étalon en matière de finance. En ce qui me concerne, j’ai longtemps tenu un discours proche du vôtre, jusqu’au moment où la crise de 2008, en révélant les dérives affolantes des marchés financiers, m’a incitée à regarder d’un oeil neuf les soi-disant travers de notre irréductible village gaulois. Vu de Londres et de Wall Street, nous sommes des imbéciles autistes et réactionnaires, c’est vrai. Y compris sous le règne de Nicolas Sarkozy. Je ne sais plus quel économiste libéral lançait un jour en rigolant que notre allergie au libéralisme expliquait sans doute notre consommation record  d’anti-dépresseurs. Et si c’était le contraire ? Et si l’on se sentait de plus en plus mal à l’aise  face aux « valeurs » véhiculées par le monde anglo-saxon. Allez savoir…Toujours est-il qu’à observer les discussions européennes et internationales de sortie de crise, c’est avec joie que je voie souvent la France tenir un langage à contrecourant du modèle que vous citez en exemple aux journalistes. Je n’encourage pas l’ignorance sur l’international, je nuance juste votre enthousiasme à l’égard du « modèle ». Leur idée de la réussite n’est pas forcément la nôtre. C’est un peu le même problème que la Rolex de Séguéla. Et s’il fallait regretter le faible intérêt des médias français en la matière, ce serait à mes yeux en raison de l’ignorance où ils nous maintiennent de l’originalité de notre modèle et de ses vertus.  Vu de France nous n’en apercevons que les pesanteurs et les grands principes menacés. Vu d’ailleurs, nous en mesurerions sans doute mieux les grandeurs. Cela vaut pour de nombreux sujets et en particulier pour la régulation financière. Certes, nous nous éloignons  du génie financier de Londres ou de Wall Street, ou tout du moins nous ne nous en approchons pas avec autant d’empressement que les financiers français le souhaiteraient. A voir la crise de 2008, on peut se demander si c’est réellement une erreur de gaulois drogués aux anti-dépresseurs…

Vous nous reprochez enfin d’interroger toujours les mêmes experts, Touati, Attali, Todd et quelques autres. Vous avez raison. Mais ce n’est là que la déclinaison particulière d’un problème général. Bien sûr, nous cédons à la facilité. Il est toujours plus simple et plus confortable d’interroger un expert estampillé par les confrères que d’aller chercher des voix inconnues. Toutefois,  nous ne sommes pas entièrement fautifs. Vous n’imaginez pas le nombre de spécialistes qui refusent de se plier à l’exercice de l’interview, par timidité, modestie, peur du résultat ou sagesse.  Rien n’est plus décrédibilisant dans certains domaines que le statut d’expert médiatique. Certains s’en moquent, d’autres préfèrent s’abstenir.

Permettez-moi pour conclure de  mettre en garde contre ce que j’appelle le syndrome du spécialiste. Celui-là même qui fait dire un jour à tout lecteur : quand j’aperçois une imprécision dans un article sur un sujet que je connais, j’éprouve un doute sur la fiabilité de tout le reste. Même dans la presse financière ultra spécialisée, l’article sur un sujet comptable  doit être traduit pour être compréhensible par le lecteur directeur financier ou avocat d’affaires qui ouvre le même journal que le comptable. De fait, ce dernier fronce le sourcil en lisant nos raccourcis. Mais l’avocat ne comprendrait pas, si précisément l’information n’était pas traduite en langage courant. Pour se rendre accessible, il faut parfois se résoudre à sacrifier la précision.

Affectueusement,

Aliocha

Note : Les lecteurs de ce blog étant particulièrement attentifs à la transparence – avec raison – je connais l’auteur de cette lettre. J’en ai découvert le contenu lors de sa publication. Si j’ai opté pour le « vous » c’est que je trouvais cette forme plus élégante et surtout moins exclusive pour le lecteur qu’un tutoiement. 

06/02/2012

Grattons le Guéant

Filed under: détente — laplumedaliocha @ 12:57

Voici à quoi me fait penser le grand débat de haute politique sur la « petite phrase » de la semaine. Tout le monde a intérêt à gratter le Guéant pour gagner, au choix, des électeurs, des lecteurs, des visiteurs uniques ou la simple joie d’une polémique qui nous fait oublier le froid et la crise. On se distrait comme on peut…

03/02/2012

François Lenglet s’explique chez @si

Filed under: Brèves — laplumedaliocha @ 22:10
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Vous pensiez que François Lenglet, le directeur de BFM Business qui figurait dans le panel des interviewers du Chef de l’Etat dimanche dernier, était un économiste ? Loupé. Il a reçu une formation littéraire et ce n’est qu’ensuite qu’il s’est plongé dans l’économie. Vous le preniez pour une « star » ? Encore raté. Il cultive une auto-dérision qui signe la marque des esprits éclairés. Arrêt sur Images l’a reçu sur son plateau cette semaine. Allez l’écouter (payant). Je m’adresse en particulier à ceux qui ont critiqué ses graphiques lors de son interview de Jean-Luc Mélenchon. L’équipe d’Arrêt sur Images le cuisine sur le sujet et il s’en explique. C’est l’occasion de découvrir un bon journaliste économique. Libéral ? Sans doute, mais il refuse d’être enfermé dans un carcan et s’astreint à une vraie discipline déontologique. Au passage, il lance un débat inédit : et si la finance n’était finalement jamais qu’à la botte de la société, même en ce moment ? J’avoue qu’il m’a ouvert des perspectives de réflexion inexplorées. Comme je le soulignais dans un précédent billet, n’en faisons surtout pas une star, on risquerait de l’abimer. D’ailleurs moi-même je m’impose en rédigeant cette brève la sobriété et la mesure, ce qui n’est guère dans mes habitudes tant je suis programmée sur un mode j’adore/je déteste. Et celui-là franchement relève à mes yeux de la première catégorie. Un professionnel à suivre.

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