La Plume d'Aliocha

31/01/2012

A propos du drôle de concept de « star du journalisme »

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 16:39

C’est un fait. François Lenglet, directeur de la rédaction de BFM Business, a été bon lors de l’interview du chef de l’Etat, dimanche dernier. Carré, technique, incisif, courageux. Même la légère anxiété que laissait transparaître son attitude avait quelque chose de rafraichissant par rapport à ses confrères rompus à l’exercice et finalement un peu trop émoussés. En plus, cela fait toujours du bien de voir un « nouveau » visage. Enfin, pas si nouveau que cela tout de même. Il apparait de plus en plus souvent sur les plateaux ces derniers temps. Son calme, sa voix grave et posée, son sérieux, tout tranche avec la petite musique habituelle des commentateurs attitrés. On a le sentiment en l’écoutant que ce journaliste-là bosse ses dossiers. Inutile pour lui de manier la provocation, l’ironie ou l’argument idéologique (je ne dis pas qu’il n’a pas de conviction, mais qu’il part d’une solide connaissance des sujets), il sait et ça se voit.

Ce qui est étrange et légèrement inquiétant, c’est le nombre d’articles éblouis que lui consacrent ses confrères depuis quelques jours. Comme s’ils découvraient tout juste son existence. Ou pire, comme si le fait d’avoir interrogé le chef de l’Etat le faisait soudain entrer dans la cour des grands. Voilà bien un travers typiquement médiatique que d’attendre qu’un individu soit estampillé par le pouvoir pour soudain en découvrir les mérites. Au passage, quel paradoxe pour une profession qui se définit précisément comme un contre-pouvoir !  En réalité, ce choix d’introduire dans le panel des interviewers un journaliste spécialisé est une illustration supplémentaire de l’importance prise par l’économie et la finance dans la politique. Du coup, les princes du métier découvrent effarés que l’économie peut être abordée sous un angle plus technique que politique. Car Lenglet est un technicien. Il a piloté le magazine Enjeux-Les Echos, avant de diriger La Tribune pour finalement prendre la tête de BFM Business. Il appartient donc à l’univers de la presse spécialisée située légèrement en-dessous, dans l’aristocratie médiatique, des figures des quotidiens et hebdomadaires dits généralistes (Le Figaro, Le Monde, Libé, L’Obs, Le Point, l’Express, Marianne etc.) et des pointures de la radio et de la télévision.

Le JDD l’a interviewé, le 30 janvier. Je vous recommande de lire l’entretien, sa vision du métier est intéressante. Emmanuel Beretta lui a consacré une chronique titrée : « François Lenglet confirme qu’il est une star ! ». Rue89 annonce la naissance d’un nouveau chouchou  et parle d’un journaliste « à la mode » qui n’a déjà plus le temps de répondre aux interviews ! Avant même le fameux show présidentiel, Le Figaro l’avait interrogé sur la préparation de l’épreuve. Sans compter 20 minutes qui lui demande aujourd’hui comment il vit les commentaires élogieux dont il a fait l’objet sur Twitter.

Et l’on frissonne à la vue de cet emballement. Par pitié, laissons-le bosser. Ne le changeons pas en journaliste à paillettes, en idole des plateaux télé. N’en faisons pas une « star ». Il n’y a pas de star, ou plus exactement, il ne devrait pas y avoir de « star » dans ce métier, mais juste des professionnels qui sont bons ou pas.

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38 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha. Malencontreuse coïncidence, on vient d’apprendre le décès de Francis Tyskiewicz (http://www.franceinfo.fr/medias/deces-de-francis-tyskiewicz-directeur-de-la-redaction-de-france-info-513345-2012-01-30). Il n’était pas une star, avait fait le choix de rester hors de l’antenne pour mieux assumer sa fonction, dont le simple titre, Directeur de la Rédaction de France-Info, dit assez les responsabilités qui pesaient sur lui.
    Sans cette triste nouvelle, j’ignorerais même l’existence de cet homme. Pas une star donc, mais un grand professionnel.

    Commentaire par Kaeldric — 31/01/2012 @ 16:53

  2. Je m’étonne que vous encensiez ce monsieur.
    J’ai eu l’occasion de suivre ses prestations en compagnies des candidats (Mélenchon, Hollande,Sarkozy).
    Je lui refuse le titre d’économiste au motif qu’il a par deux fois osé présenter des graphiques à l’intitulé volontairement trompeur et orienté.

    La première fois, il s’est agit, face à Mélenchon de présenter le rapport entre d’une part, les salaires face aux investissements et les profits.
    Regrouper investissements et profits permettait de conserver des masses équilibrées face aux salaires alors qu’une dissociation aurait peu être révélée que les investissements, destinés à l’entreprise se stabilisaient, au mieux tandis que les profits, qui tombent dans la poche des actionnaires progressaient allègrement, sur la période référencée.

    La seconde fois, face à Hollande, il a présenté une courbe intitulée « coût de la main d’oeuvre », matérialisant une hausse des coûts en France tandis qu’en Allemagne la courbe baissait … en oubliant juste de dire à combien de coût horaire chaque pays débutait. De plus le titre méritait la mention « évolution des coûts » et non pas « coûts » tout seul.

    Je sais, je passe pour une pinailleuse mais bon sang, les mots ne sont pas neutres !

    Autre sujet d’énervement : les candidats Mélenchon et Hollande n’ont pas percutés !

    Face au président, il semble qu’il ai été plus efficace.

    Commentaire par fultrix — 31/01/2012 @ 19:19

  3. Je ne suis pas entierement d’accords avec vous. Les stars ont un role important donnant un example a leurs confreres et aux aspirants. C’est envoyer un message au monde qui dit: cette personne incarne nos valeurs. Quand un etudiant en journalisme reve de son future, je prefere qu’il s’imagine maitrisant son sujet et posant des questions techniques qui informent autant que possible plutot que s’imaginer a copiner avec untel ou untel.

    Commentaire par PrometheeFeu — 31/01/2012 @ 20:06

  4. Très très saine réflexion. Ce journaliste ne gagnera en revanche en crédibilité que si on ne le transforme pas en icône médiatique. C’est souvent le piège avec un journaliste qui fait bien son boulot (surtout face à un client comme le président de la République). Peut-être que tout n’a pas été parfait dans sa prestation mais il a bûché pour cette interview et posé des questions précises. Ca rehausse le niveau comparéé à son acolyte du jour qui est complètement accoquiné.

    Commentaire par Olivier C — 31/01/2012 @ 20:16

  5. @Kaeldric : Tsssssssss, j’ai pleuré hier, vais pas non plus pleurer tous les jours, laissez-moi sourire de temps en temps 😉 Bref, c’est toujours la même histoire, il y a ceux qui bossent et ceux qui se montrent. Ce sont rarement les mêmes !

    @Fultrix : « encenser » est peut-être un mot un peu fort, non ? Quand j’encenserai ici vous le sentirez, je vous assure 😉 Bon, je ne connais pas votre histoire de graph’, moi ce que je vois, c’est un type qui ne pose pas des questions parce qu’il ne sait pas et attend qu’on l’informe, mais quelqu’un qui a bossé et interroge sur un sujet qu’il maîtrise au moins autant que son interlocuteur. Je vous assure que ça fait une vraie différence. Alors, je propose qu’on dise juste bravo, voilà, c’est pas du boulot exceptionnel, c’est pas un star, c’est juste le minimum auquel on a le droit de prétendre. Pour moi qui évolue dans le même univers que lui, j’ai reconnu les mécaniques de raisonnement techniques à mille lieues des procès d’intention intentés par les journalistes politiques classiques qui soit ne savent pas, soit répètent ce qu’on leur a dit. On voit que cet homme-là baigne dans l’économie, lit les documents et surtout qu’il raisonne par lui-même et non pas en interrogeant les uns et les autres et en répétant bêtement. Alors ensuite, il peut se tromper, il peut avoir ses propres convictions, mais bon sang ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui a du fond.

    @PrometheeFeu : je suis d’accord éventuellement sur le côté exemplaire de la star (quoique, quand je pense aux stars du show bizz, je vois mal où est l’exemple), mais bon, je vois par contre ce que vous voulez dire. Sauf que ça marche pas dans mon métier, dès qu’on devient star on devient con, c’est mécanique. Notre job c’est d’observer le monde, pas de se faire rutiler le nombril. Regardez les journalistes stars, j’ai pas dit les bons, j’ai dit les stars et montrez m’en un ou une d’exemplaire. Anne Sinclair ? Aphatie ? Zemmour ? Ockrent ? PPDA ? Pulvar ?

    @Olivier C : vous êtes vraiment un communicant hors normes… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/01/2012 @ 22:48

  6. […] background-color:#222222; background-repeat : repeat; } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 5:35 […]

    Ping par A propos du drôle de concept de “star du journalisme” | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 01/02/2012 @ 00:35

  7. Excusez-moi, j’ai rédigé un peu vite !
    L’encensement s’adressait à la profession qui « découvre » l’homme …

    Quant à vos remarques sur les « journalistes-perroquets », j’abonde dans votre sens !
    Pour ce qui est des graphiques, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec un « plus économiste que moi » qui reconnaissait le fait de « dénaturation ».

    Commentaire par fultrix — 01/02/2012 @ 12:19

  8. Hors normes ? Pas tant que çà ! Je milite juste pour une com’ débarrassée de sa cosmétique inutile et/ou manipulatoire. On peut faire de la com honnêtement et efficacement tout en n’étant pas dans le frontal belliqueux avec les médias. Je suis sûr certain que cela va évoluer. On ne peut plus se contenter de la com’ buzz et ses dérives. C’est même Bastien Millot qui le dit dans son dernier livre !!!

    Commentaire par Olivier C — 01/02/2012 @ 12:20

  9. @Fultrix : pas de mal 😉 pour les graphs, je n’imagine pas ce journaliste stupide au point de donner de faux graphs. En revanche, j’envisage parfaitement que la mesure soit difficile à trouver sur les sujets techniques entre précision et vulgarisation, c’est tout le problème de la presse spécialisée. Les juristes me répètent tous les jours que simplifier c’est tromper, hélas, en matière de journalisme, il faut simplifier.

    @Olivier C : hier soir dans C dans l’air, on débriefait l’intervention de NS. Et Arditi s’irritait après la com’ un peu à juste titre en avançant deux arguments. D’abord qu’on n’avait jamais autant communiqué et que pour autant on ne s’était jamais aussi peu compris. Cela renvoie aux observations de Wolton que je trouve assez justes sur le fait que ce n’est pas parce qu’on communique plus qu’on communique mieux. Et ensuite que le problème des politiques c’était justement de communiquer et de ne plus rien dire…Comment en est-on arrivé à dissocier forme et fond à ce point ? Le problème n’est pas sans rappeler la dissociation entre économie et finance, avec le même phénomène d’inflation sur la communication au détriment du contenu, du message et de sa capacité à atteindre l’interlocuteur…plus précisément, on a un vrai problème de sincérité, non ? J’ai le sentiment qu’on communique désormais pour produire un effet et non plus pour faire passer un message, c’est difficile à expliquer mais la nuance me semble de taille.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 12:36

  10. Re-bonjour. Je suis à 100%en phase avec vous ! Et en plus, Wolton est véritablement ma référence !!! Pour mieux, l’enjeu n’est pas de communiquer plus mais mieux, avec des vraies choses à dire et des interlocuteurs bien identifiés pour créer les conditions d’une co-existence et d’une acceptation réciproque. Ce qui ne veut pas dire qu’on soit automatiquement d’accord sur tous les points mais qu’on se comprenne, qu’on se tolère et qu’on dialogue si problème émergent !

    Vraiment il faudrait qu’on prenne le temps d’en parler IRL un jour !!! Je crois qu’on a bcp de points communs en dépit de nos professions respectives !

    Commentaire par Olivier C — 01/02/2012 @ 12:45

  11. @Olivier C : mince j’avais zappé que vous étiez un ancien de chez nous. Tout s’explique ! Le côté obscur de la force m’a fait rire…j’avoue ne pas considérer ceux qui changent de camp comme des traîtres mais plutôt des talents sottement perdus par la presse et récupérés de manière fort intelligente par « l’ennemi » ;-)On discute quand vous voulez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 12:58

  12. Le problème de la comm, c’est que c’est un mot valise auquel on prête des sens différents, pour ne pas dire opposés. Si communiquer, c’est vouloir faire passer un message, alors oui, le message compte. Mieux communiquer, c’est trouver, comprendre comment le faire passer. Si communiquer, c’est simplement ‘promouvoir’, c’est simplement un stratégie d’affichage. L’objectif n’est plus le message, il n’y en a pas, mais simplement le bruit. Il faut qu’ « on » en parle. La communication n’est pas forcément le marketing, auquel on la ramène souvent.
    Maintenant, ‘notre plan média se focalise sur les bienfaits du lactose et notre communication cible en priorité les non professionnels de l’éducation’, ça assure un peu plus que ‘on vends des yaourts aux parents’ 🙂

    Commentaire par Kaeldric — 01/02/2012 @ 14:08

  13. C’est vrai que la presse parisienne n’a pas voulu de moi autrement qu’avec des piges intenables ! Et c’était en 1991 !!!
    (NDLR : commentaire en partie censuré pour protéger son auteur d’une attaque en règle de spams)

    Commentaire par Olivier C — 01/02/2012 @ 14:08

  14. Quand un journaliste tacle Duflot : http://www.lunion.presse.fr/article/marne/cecile-duflot-a-cote-de-la-plaque-dans-la-marne
    (via Arrêt sur Images)http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13034

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 14:54

  15. @ aliocha

    A priori pas de craintes pour le spamm puisque ce n’était pas un bot, cependant vous avez bien compris le message moqueur et fait le nécessaire 😉

    Commentaire par bot-comm — 01/02/2012 @ 15:15

  16. @bot-comm : Tssss, farceur ! Question de blonde, c’est quoi un « bot » ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 15:24

  17. @Aliocha : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bot_informatique

    Commentaire par kuk — 01/02/2012 @ 15:40

  18. @Kuk : merci ! Pour couper court à tout soupçon selon lequel en digne journaliste de la presse papier, je serais incapable de consulter wikipedia, je tiens à préciser que je posais la question pour le plaisir d’une explication en live de la part de l’ange gardien qui est intervenu pour protéger la boite mail d’Olivier C 😉 Cela étant, merci Kuk, vous m’épargnez une gougueulisation de truc !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 16:13

  19. Le lien de Kuk est parfait. Je m’étonne que ce terme ne vous soit pas familier car il s’est largement propagé, bien au-delà des réseaux, pour désigné le caractère automatisé d’une chose, voire d’une personne, au sens propre ou au sens figuré.
    Ainsi pour certaines prothèses sophistiquées on parle de pied-bot.
    En littérature, le mot devient un préfixe qui permet de reconnaître les auteurs virtuels nés de l’agencement automatisé et aléatoire de pensées appartenant à de vrais auteurs (ex : botul).
    On ajoute également le suffixe pour moquer les journalistes qui semblent parfois dérouler de manière automatisée (ex : arlette chabot) ou encore des musiciens dont le son studio est très travaillé (ex : placebot).
    Et ne me dites pas que je suis cabot.

    Commentaire par bot-comm — 01/02/2012 @ 16:55

  20. @bot-comm : j’ai compris ! Donc un poulbot, c’est un poulet automatisé ? Mais alors je dois me tromper sur la définition de nabot, j’ai longtemps cru que ça voulait dire nain à talonnettes (OK, je sors)

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/02/2012 @ 17:03

  21. …star…étoile, en français…et qu’est-ce qui était plus inaccessible et indifférente aux « honneurs » qu’une étoile ???
    Sans doute Alliocha voulait-elle parler de starlette ?!?

    Commentaire par YOU YOU — 01/02/2012 @ 17:22

  22. Il faut aimer les gens pour leurs défauts…et les articles de presse pour leurs qualités.

    Commentaire par YOU YOU — 01/02/2012 @ 17:23

  23. @ aliocha

    Bien vu pour poulbot.

    Par contre nabot est un faux-ami 😛

    Commentaire par bot-comm — 01/02/2012 @ 17:47

  24. Pour les graphiques, j’ai trouvé LE MOT les qualifiant : « tendancieux ».

    Attention, quart d’heure culturel face aux néologismes sur le radical de « bot » :
    Poulbot est un auteur d’illustrations, spécialisé dans le « titi parisien ».
    Pour en savoir plus :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisque_Poulbot
    http://fr.wiktionary.org/wiki/poulbot

    Bonne lecture.

    Commentaire par fultrix — 01/02/2012 @ 19:15

  25. Pour les graphiques, j’ai trouvé le mot : de droite. Ben oui, il est de droite, ce journaleux, pourquoi ne pas le dire ? C’est parce qu’il est de droite qu’il a biaisé les chiffres face à Mélenchon. Bon, entendons nous bien, il a le droit d’être de droite, mais face à Sarkozy trois journalistes de droite choisis par lui et le quatrième qui risquait pas de le gêner, ça fait tout de même beaucoup, non ? Dans aucune démocratie ça n’existe une chose pareille. Dans n’importe quel pays anglo-saxon, ça ferait scandale que le chef de l’État choisisse les suce-boules qui vont le caresser.

    Commentaire par Gilbert — 02/02/2012 @ 03:15

  26. On ne peut guère juger le niveau de connaissance d’un journaliste à partir de ce qu’il énonce face au pouvoir à qui il fait la courte échelle. De toute évidence, il n’y a aucune connaissance, c’est du cousu main et du sur mesure. Que reste-t-il à voir ? La performance d’acteur des uns et des autres. Car les uns et les autres interprètent le texte qu’ils ont répété devant leur miroir toute la journée. Sarkozy est-il un bon acteur ? Voilà la seule question qui compte. Quand aux journalistes qui font semblant d’être étonnés et qui réagissent spontanément à une chose à laquelle ils ne s’attendaient « absolument » pas, ils jouent (et c’est pitié de voir ça) leur place (on ne sait laquelle ou de laquais) et sont dans leurs petits papiers (comment les juger autrement que sévèrement en les voyant dégouliner de peur et ramper comme des vers, s’éloignant à chaque seconde de leur vocation et de leur jeunesse)
    A propos de De Funes, la séance des vœux à la presse, m’a fait pensé à la scène finale du Petit Baigneur, celle où le méchant patron tente de faire revenir à lui son « ex » (fatiguée de se faire manipuler) et où à force de pleurnicher il réussit à retourner la situation. Espérons que ce soit là « la dernière séance » du Président et que l’on passe enfin au Grand Barnum avec tambours et trompettes et majorettes et …tous ces sous qui vont partir en fumée et en artifice (heureusement qu’on a vendu « nos » rafales, il me tarde d’être dans 10 ans pour voir à la télé, Manipulations, une histoire française, sur France 5)

    Commentaire par Bray-Dunes — 02/02/2012 @ 09:04

  27. Merci Gilbert.

    Commentaire par kuk — 02/02/2012 @ 09:18

  28. je ne connaissais pas du tout ce monsieur, que j’ai découvert sur internet en regardant la rediff des émissions sur Hollande et Mélenchon. (Sarko, c’est au dessus de mes forces).

    Même remarque que Fultrix: j’étais à un jury d’étudiant l’autre jour, et le prof en charge les a engueulés parce que leurs graphes n’avaient pas la bonne échelle (pas d’origine). On est dans le même cas de figure: échelle tendancieuse pour mettre en évidence un phénomène secondaire par rapport à la donnée de base. De plus, le manque de clarté sur les intitulés permet de tromper le spectateur, surtout à la télé où il n’y a pas de bouton « pause »!!

    Bref, je ne me joins pas à vos collègues sur les compliments, et je suis abasourdi sur ce que cette avalanche de louange révèle du niveau moyen. Suis-je choqué parce que j’ai une culture plus scientifique que littéraire, contrairement à la majorité des journalistes?

    Commentaire par javi — 02/02/2012 @ 09:29

  29. « Suis-je choqué parce que j’ai une culture plus scientifique que littéraire …/… ? »

    A titre personnel, je retourne l’argument : suis-je choquée parce que je suis de formation littéraire « dure » et non pas scientifique ?!
    Finalement, c’est la tournure d’esprit, la capacité à la critique (examen pour ou contre) mais aussi la connaissance du sujet, sans oublier l’expérience de la vie qui font la différence.
    Certaines personnes me rappellent les animaux d’élevage : l’espèce avant domestication dispose d’un volume cérébral (exprimé en cm3) qui se réduit comme une peau de chagrin corrélativement à la maîtrise de la domestication … La réduction est génétiquement transmise et comme beaucoup de vos confrères placent leurs rejetons dans le circuit professionnel, je commence à avoir des inquiétudes … 🙂

    Commentaire par fultrix — 02/02/2012 @ 10:14

  30. C’est curieux, pour les gens de gauche, tous les journalistes sont inféodés au grand capital. Pour les gens de droite, ce sont d’affreux trostkistes. Il faudrait se décider une bonne fois pour toutes, non ? 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/02/2012 @ 10:58

  31. Ce qui est désagréable dans les diapos de Lenglet : c’est justement la simplification extrême des graphiques avec tous les trucs mentionnés dans les commentaires précédent… Même sans débusquer les pièges, ces diapos ne sentaient pas bon la rigueur intellectuelle.

    Les économistes de Mélenchon qui ont bien vu que celui-ci n’avait pas su dépister tous les trucs de l’ami Lenglet et se sont fendu, après coup, d’un contre-argumentaire : http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/des-paroles-et-des-actes-les-4-mensonges-de-monsieur-lenglet/

    Je ne sais pas qui a raison, peut-être que les stats de Lenglet sont tordues mais que son point de vue est défendable, même rigoureusement. Il reste cet arrière goût qu’à une heure de grande écoute, quitte à abandonner toute rigueur, il faut simplifier à l’extrême sinon « les gens ne vont pas comprendre ». D’habitude on faisait ce reproche aux politiques… Je préfère quand les journalistes parient sur l’intelligence de leur auditorat.

    Commentaire par kuk — 02/02/2012 @ 11:56

  32. Je ne veux pas trop rentrer dans ce débat sur les graphiques. J’invite cependant les lecteurs à visiter le lien aimablement donné par kuk. L’argumentaire donné par les économistes de Mélanchon est loin d’être scientifique (surtout pour le point 1 et 2 où il me semble déceler un vrai problème de logique …), c’est tout cas très partisan, très agressif (mais l’émotion est le registre de Mélanchon …) et au moins aussi contestable que celui de Lenglet.

    Eloignons nous de Lenglet un instant. Je trouve intéressant, dans la période de crise que nous vivons que le débat se recentre sur l’économie, n’en déplaise à ceux qui n’aiment pas les chiffres. Et dans ce cadre, il me semble important que les journalistes aient une vrai compétence économique. On voit trop de journalistes qui se complaisent à agresser leurs invités de droite comme de gauche (on pourrait dire aussi victimes …) sans pour autant éclairer la pensée de ces mêmes invités, ce qui devrait normalement être leur rôle. Impolitesse n’est pas impertinence, surtout lorsque qu’on a pas de fond.

    Alors moi je préfère voir des Lenglet interroger des hommes politiques, plutôt que de les voir chez Ruquier. Méfions nous, c’est ce qui nous guête …

    Commentaire par Pat — 02/02/2012 @ 13:13

  33. Je signale à tout le monde que François Lenglet est l’invité de semaine chez Arrêt sur Images, justement pour expliquer comment il bosse et aborder la question des graphiques. Je ne l’ai pas encore visionnée, elle vient d’être mise en ligne, mais je ne doute pas que Daniel Schneidermann va porter la plume dans la plaie : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4664

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/02/2012 @ 18:50

  34. C’est hallucinant cette complaisance, cette auto-célébration du système…

    Pour info, une « star », c’est ça :

    Commentaire par Marcel — 03/02/2012 @ 20:14

  35. […] m’a ouvert des perspectives de réflexion inexplorées. Comme je le soulignais dans un précédent billet, n’en faisons surtout pas une star, on risquerait de l’abimer. D’ailleurs […]

    Ping par François Lenglet s’explique chez @si « La Plume d'Aliocha — 03/02/2012 @ 22:11

  36. […] que c’est un peu long. Vous aurez noté que lors de la dernière interview présidentielle, un journaliste spécialisé pure souche a fait son entrée dans le plan des interviewers, ce n’est pas anodin. C’est même le […]

    Ping par A propos des journalistes français et de l’économie « La Plume d'Aliocha — 14/02/2012 @ 00:14

  37. J’ai envie de rendre hommage à Patrick Cohen, sur France Inter, qui a pris le temps de remercier, à l’antenne, Xavier Bertrand et Arnaud Montebourg, pour l’excellente tenue de leur débat, il y a quelques jours. Il avait eu un peu à diriger, mais dans l’ensemble les arguments volaient haut, plus haut que les décibels.

    Ça devrait être la norme des débats politiques, et donc c’est un peu dommage qu’il ait eu à les remercier pour ça, dans l’absolu. Mais les choses étant ce qu’elles sont, je trouve plutôt positif qu’un journaliste s’octroie le droit de donner des bons points.

    Commentaire par Schmorgluck — 16/02/2012 @ 09:17

  38. […] de tout ce qui est arrivé il y a plus de 24 heures, alors j’ai fouillé dans mes archives. C’était fin janvier. Il venait d’interviewer Nicolas Sarkozy et on ne tarissait pas d’éloges sur la […]

    Ping par Ne tirez pas sur l’exorciste au drapeau rouge ! « La Plume d'Aliocha — 18/04/2012 @ 22:08


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