La Plume d'Aliocha

17/01/2012

Mots croisés sur du vent

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 13:33
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Yves Calvi a consacré le numéro de Mots croisés hier soir sur France 2 à la dégradation de la note de la France par Standard & Poor’s. J’ai branché l’émission en fond sonore pour m’assurer de ce que je pressentais : qu’on n’y dirait rien de substantiel. Hélas, j’avais raison. A l’exception notable de Cécile Duflot qui a souligné le caractère idéologique d’une partie des critères utilisés par les agences pour nous noter, le reste ne fut qu’un tissu d’invectives entre droite et gauche sur la gravité de la chose, les responsabilités des uns et des autres, et l’incidence de ce foutu Triple A (ou pas) sur le programme des candidats aux présidentielles. Ce n’est pas difficile au fond de déterminer si une émission de télévision est bonne. Il suffit de se demander si on en sort plus intelligent ou non. Or, Yves Calvi avait beau faire, le débat volait au ras des junk bonds. Et je gage que bien des téléspectateurs ont éteint le poste en concluant que cela pouvait être grave ou l’inverse, qu’il fallait sans doute se serrer la ceinture à moins que ce ne soit le contraire, que la droite était certainement responsable de cet état de fait, ou peut-être pas, et que la gauche seule pouvait nous sauver à moins qu’elle ne nous perde définitivement.

Pendant ce temps, à Bruxelles, dans l’indifférence générale – eh oui, on veut bien paniquer les foules sur la perte du Triple A, mais on ne va quand même pas se cogner des dossiers techniques incompréhensibles – la Commission européenne poursuit son oeuvre législative, sous la houlette du français Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur. En 2009, elle a adopté un règlement encadrant les agences de notation (critères de notation, indépendance, transparence). En mai 2011, elle a confié la surveillance de celles-ci au nouveau gendarme boursier européen (ESMA). Depuis lors, elle travaille à l’élaboration d’un troisième texte destiné à nous désintoxiquer des agences de notation. En clair, il s’agit de retirer tout ce qui dans la réglementation oblige à se référer aux notes des agences avant d’opérer un investissement (c’est nous qui leur avons confié le pouvoir qu’on leur conteste aujourd’hui), d’ouvrir le marché à la concurrence pour diminuer le poids relatif des trois mastodontes (Fitch, Moody’s, Standard & Poor’s) et de les responsabiliser. Au passage, on peut se demander si elles ne nous en veulent pas un peu de venir les titiller ainsi…Ceci pourrait bien expliquer en partie cela. Jérôme Cahuzac, député PS et président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale,  a lancé sur le plateau de Calvi hier soir que Nicolas Sarkozy dans son discours de Toulon en septembre 2008 avait promis de s’attaquer aux agences, qu’il n’avait rien fait et qu’il était donc responsable de la situation actuelle. Le propos aurait mérité d’être précisé parce que réduit à cela, c’est une contre-vérité, comme on dit aujourd’hui. Il n’y avait rien à faire en France sur le sujet puisque tout se décidait avec nos partenaires européens. Dieu que nous avons du mal à poser nos lunettes hexagonales, même quand on parle de l’avenir de l’Europe !  Et pourtant, c’est bien à Bruxelles que tout se passe en ce moment. Les décisions qui sont en train d’y être prises, notamment sur les agences de notation,  nous préserveront de la prochaine crise, à moins qu’elles ne nous y précipitent. Voilà qui mérite sans doute que l’on quitte un instant la contemplation obsessionnelle de notre nombril.

Bref, puisque les agences s’invitent dans la campagne présidentielle, je recommande l’émission que leur a consacré Arrêt sur Images avec le député vert européen Pascal Canfin (il a une connaissance technique des dossiers remarquable), fondateur notamment de Finance Watch, une ONG qui s’invite dans la préparation des textes financiers européens au nom des citoyens, et Norbert Gaillard, auteur d’un excellent ouvrage sur les agences de notation. Le seul moyen de se libérer de la panique, c’est d’aller à la source plutôt que de se laisser balloter par les avis des uns et des autres. Ce d’autant plus que le sujet se prête particulièrement bien à l’enfumage…

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21 commentaires »

  1. Le plus drôle dans cette histoire, c’est que les marchés financiers, jusqu’à récemment seuls intéressés par les notes des agences, se moquent de la dégradation de la France et de celle du FESF : http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE80G0A820120117

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2012 @ 14:13

  2. Bonjour Aliocha, il semble que le rating ne soit pas ‘neutre en tout point’ (http://valatini.blogspot.com/2012/01/le-downgrade-du-fesf-petit-message.html)

    Commentaire par Kaeldric — 17/01/2012 @ 14:55

  3. @Kaeldric : je n’ai pas dit cela non plus 😉 il y a un milieu entre se rejouer Armageddon et feindre l’indifférence façon pub pour Aubade, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/01/2012 @ 14:58

  4. C’est bien là toute le difficulté: ce n’est pas ‘rien’, ce n’est pas non plus la fin du monde. Mais entre les deux il y a de la place! Alors, on est où au juste?

    Commentaire par Kaeldric — 17/01/2012 @ 15:02

  5. Bonjour Aliocha,

    Au sujet de votre commentaire sur l’apparente indifférence des marchés financiers, avec tout le respect que je vous dois, vous n’avez rien compris, ils n’ont fait qu’anticiper les choix de notre cher président: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/231651-perte-du-triple-a-en-fait-ce-n-est-pas-grave-dit-sarkozy-ouf.html. Dont acte, c’est tout. -;)

    « Au passage, on peut se demander si elles ne nous en veulent pas un peu de venir les titiller ainsi…Ceci pourrait bien expliquer en partie cela. » Je ne vous savais pas adepte de la théorie du complot! Pourtant, il y a peu, vous avez fustigé ces derniers, non? re -;)

    Plus sérieusement, peut-être que le thermomètre utilisé est mal conçu mais il nous en faut un et même s’il mesure mal la hausse ou la baisse de T°, celle-ci existe. Notre économie est engagée dans une guerre mondiale. Je constate simplement que ceux qui nous dirigent depuis que nous sommes passés, parait-il, de l’ombre à la lumière, tiennent plus de l’état-major d’un Gamelin en mai-juin 40 que de celui d’un Eisenhower en juin 44. Bien que je pense fortement qu’en dehors d’une union européenne, il n y a pas de salut, trop d’erreur ont été commises (comme celle de l’euro, mal conçu, mal lancé et pas du tout maitrisé) pour que nous nous en sortions facilement en imaginant que le reste du monde nous suivra. Les adversaires de l’Europe, telle qu’elle existe, ne feront aucun cadeau (d’ailleurs, pourquoi nous en ferait-il?). L’accumulation de bureaucratie crasse, de règlements aussi tatillons qu’inutiles (qu’ils viennent de Bruxelles ou de nos chères administrations. Et puis, vous avez envie de créer une entreprise en France?), de choix politiques imbéciles contradictoires donc déstabilisants sont les plus sûrs alliés de nos adversaires (qui ne comprennent pas que les pays émergents). Ces derniers en jouent habilement puisque par nos erreurs répétées, on leur fournit les bâtons pour qu’ils nous battent. Quand on y ajoute un dogmatisme envers une social-démocratie (j’allais dire médiocratie) qui renvoie au caprice d’enfant la foi que certains ont pu avoir envers le communisme stalinien, la coupe est pleine. Il est bon qu’on nous mette le nez dans notre crotte, de temps en temps. Je veux bien croire plein de choses mais nos chers banquiers, eux, qui ne perdent pas le nord, confient surtout leur argent à la BCE: http://chevallier.biz/2012/01/bce-de-500-milliards-en-depot/. Combien de temps cela va-t-il encore durer?

    Bon après-midi

    PS: promis, je vais lire l’ouvrage de Norbert Gaillard

    Commentaire par H. — 17/01/2012 @ 15:06

  6. J’attend avec impatience et apprehension ce qu’ils vont nous pondre en remplacement.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 17/01/2012 @ 15:37

  7. si j’ai bien compris pour retrouver notre triple A il suffirait
    de revenir à 6 jours de travail par semaine, une semaine
    de congés payés par an, et 10 heures de travail par jour.
    et cela bien sur avec un salaire de 1000 euros par mois :
    c’est bien assez.
    et bien entendu l’assurance-maladie serait privée, ainsi que l’éducation, la police et l’armée.
    quel monde idéal !

    Commentaire par le brusq rene — 17/01/2012 @ 17:39

  8. « Le propos aurait mérité d’être précisé parce que réduit à cela, c’est une contre-vérité, comme on dit aujourd’hui. Il n’y avait rien à faire en France sur le sujet puisque tout se décidait avec nos partenaires européens »

    ok très bien et après?

    Que voulez vous que fasse un responsable politique?
    Qu’il avoue qu’il n’a plus d’autre rôle que transposer localement des décisions prises ailleurs?
    Qu’il avoue que la prochaine élection présidentielle ne sert pas à grand chose tellement on a vidé de sa substance notre souveraineté nationale?
    Qu’il avoue que l’on pourrait tout aussi bien abroger le gouvernement et le remplacer par une technocratie locale chargée de traduire en langue française des décisions sur lesquelles nous n’avons plus prise?
    Qu’il avoue qu’à force d’indécision politique et d’inutilité des députés européens , l’UE n’est plus dirigée que par une technocratie sans représentativité ni transparence?

    alors quoi Aliocha?

    Commentaire par fredo — 17/01/2012 @ 18:41

  9. @aliocha :

    Le lien vers le livre de Norbert Gaillard ne marche pas… ou alors c’est Firefox qui patine! Concernant cette actualité, j’aime bien ce que publie le CADTM. Une excellente réponse à tout ce que soutient M. Fitoussi!

    Commentaire par Zarga — 17/01/2012 @ 19:44

  10. Sur le même sujet, un avis similaire http://dirtydenys.net/index.php?post/2012/01/16/AA

    Commentaire par kaeldric — 17/01/2012 @ 20:22

  11. Le Front commun

    Pour ne plus être à la merci du système
    Osons… faisons… FRONT COMMUN
    Contre les indignes et les indignés
    Soyons plus dignes que jamais !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/le-front-commun/

    Commentaire par le journal de personne — 17/01/2012 @ 20:43

  12. La « dégradation » de la note de la France arrive à point nommé pour faire passer un énième train de mesures dites anti-crise, mais qui ne sont en fait qu’un saccage du droit social. L’Allemagne reste en triple A car là-bas, on peut y faire travailler des salariés pour 3 euros de l’heure, (et dans ces conditions, les exportations sont plus faciles…..)
    Autrement, quel importance de n’avoir plus que 19/20 selon S&P alors que les intérêts de la dette sont déjà indexés sur une note 14/20…
    Mais ainsi, Monsieur Sarkozy aura des arguments pour faire taire les syndicats dans le sommet social de demain, devenu (par la grâce de cette farce au triple A) un sommet de crise. Le ton est donné.
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 17/01/2012 @ 22:23

  13. @Blutch :
    oui c’est ce qui risque de se passer, MAIS

    2012 sera une année de révolte, peu importe celui qui va passer, il n’arrivera JAMAIS à faire passer d’autres réformes de saccage. Le pays est près et il n’y a plus grand monde qui a quelque chose à perdre, sauf ceux qui ont.

    Tu as vu le prix du carburant ? des transports ? de l’électricité, du gaz , on n’entend qu’entreprises qui licencient ou ferment des sites. Est ce qu’ils vont pouvoir prendre 200 euros à un pauvre ? Ils pensent sérieusement que les gens vont se laisser crever la gueule ouverte ? Les gens ne soignent plus, les pharmacies font la gueule : qu’elles crèvent, les syndicats de pharmacien sont pour les déremboursements, ca fait augmenter le prix du médoc et leurs marges, mais ils ont pas compris que les gens ont pas de frics pour acheter des médocs non remboursés, retour de bâton bien fort dans leurs gueule, j’ai une copine secrétaire médicale dans une clinique : il y a moins d’intervention, les plannings ne sont plus pleins. Tous ses espèces de cons « friqués » qui accusent le pauvre d’être un assisté alors que ce ne sont que des « fonctionnaires » payés par la sécu, ils ont sciées la branche qui les portaient et personne viendra les plaindre, on aurait plutôt envie de leur marcher sur la gueule. Cela fait 5 ans que je ne prends plus aucun médicament non remboursé : c’est pas moi qui fait la gueule, c’est le pharmacien. D’ailleurs ca fait un bail que je n’ai pas vu mon médecin. (30% on repoussé ou refusé un soin en 2011 : une personne sur 3 ! ! !)
    25% de la population de l’europe est pauvre ou précaire (estimation de 120 millions sur une pop total de 498 millions) et 8.5 % des travailleurs sont pauvres : la concurrence libre et non faussée.

    Ils sont trop cons pour comprendre que l’économie c’est quand les gens dépensent : quand il y a plus de fric, ben les gens dépensent plus et l’économie s’arrête toute seule.
    Y a que les abrutis qui oublient de réfléchir pour imaginer que tu peux laisser crever ta population, tu trouvera des clients chez les voisins et que le marché il régulera tout seul comme un grand pour le bien de tous.
    Y a que les bas du front qui imaginent qu’en faisant travailler ton peuple à 150 euros par mois, tu arriveras à vendre à tes voisins car tu sera moins chère qu’eux. PERSONNE n’ira travailler à 200 euros par mois : les gens se replieront sur eux même, échangeront des trucs avec les voisins, feront pousser des trucs, mangeront des œufs au lieu du steack.
    Nous avons 3 poules, on achète de la viande seulement lorsqu’il y a mes enfants qui viennent, et pas beaucoup, et des bas morceaux que l’on fait comme pot au feu ou du même genre. On tue 5 oies et 2 dindes dans l’année, ca fait un trèèès grosse partie des protéines animales.

    Nous on a pas besoin d’eux : c’est eux qui ont besoin de notre force de travail pour gagner de l’argent : en 30 ans, ils ont massacré la force vitale et leurs comportements ont fait des générations de gens qui en ont rien à foutre de l’entreprise, la motivation à disparu, on travaille pour vivre et en général plus personne ne donne de son temps pour son employeur. Les milliards d’heures sup non payés pendant 50 ans et qui ont fait leur fortune, je suis pas loin d’être persuadé que c’est le 10% de richesse produit par le travail et confisqué par le capital. Et bien maintenant, personne en fait, à part les derniers « cadres » qui n’ont pas compris que c’est eux qu’on est en train de tondre en leur vendant le rêve qu’il pourront devenir ceux qui gouvernent. Et ils sont trop cons pour s’en apercevoir, et c’est ça qui massacre les « acquis » en entreprise, ce serait presque risible si ce n’était pas une comédie tragique.

    Moi je pense qu’il y aura du sang en 2012 et que ce sera la première année d’une nouvelle ère. Nous sommes passé de l’autre coté du miroir, le moindre mec qui ouvre les yeux, il voit ce que sont les promesses du marché libéral qui apporte bonheur : des promesses d’ivrogne faites par des pieds nickelés : la bce impose un plan à la grèce qui va avoir une croissance de -6% en 2012, même un prof d’éco en première il arrivera pas à faire passer cela à des élèves qui ne comprennent rien. Fermetures du commerce, enfants qui tombent dans les vap à l’école parce qu’ils mangent pas à leur faim, retour des maladie que l’on croyait disparues : c’est ça la libéralisme que l’on applique de force à la grèce en confisquant la démocratie, car si le marché est censé tout réguler seul, les libébraux se mettent quand même de force aux manettes pour forcer les gens à laisser faire le marché, ils ont même pas confiance dans leur modèle. Et le truc le plus « marrant » : ils massacrent la force de travail au lieu de la chérir : ils ne sont pas près de revoir des ouvrier et employés qualifiés, motivés et en bonne santé pour retrouver cette productivité d’avant le libéralisme. L’explosion de la productivité, c’était en grande partie la santé, la motivation et l’éducation.

    Les gens ont ouvert les yeux : l’abstention ce n’est pas un désintérêt pour la chose publique, JAMAIS la population n’a été autant intéressée à la chose publique, jamais une population n’a été autant au courant des problème de budget, de dettes, de choix politique, de relations internationales. L’abstention c’est une bombe à retardement, un ras le bol qui marine depuis des années, une colère sourde qui se nourrit elle même des incohérences et malhonnêtetés des cons qui nous gouvernent, mais pas un abandon. Elle ne veut pas dire : faites ce que vous voulez on s’en fout, mais : pour l’instant on ne fait rien, mais on te fait comprendre qu’on ne te respecte même pas assez pour se déplacer un jour férié mettre un papier dans une boite, mais on te surveille et un jour viendra ou tu devras payer ce que tu fais.

    ne l’oublie pas, tout se paye … un jour

    Commentaire par herve_02 — 17/01/2012 @ 23:58

  14. @ Hervé
    J’avais écrit à l’époque que Papandréou ne devait pas se déculotter devant Merkozy et la finance. Qu’en refusant les plans d’austérité, il serait arrivé bien plus tôt à un abandon de créance, et avec un pays en bien meilleur état. Il aurait pu alors se trouver avec le bénard sur les chaussettes, mais derrière Merkel, et c’est là toute la différence.
    Ce sera le choix du Président français de 2012, quel qu’il soit, et je ne suis pas très optimiste de le voir alors derrière Merkel et la finance…. Mais qui sait ne s’attendant à rien on ne peut qu’être agréablement surpris…
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 18/01/2012 @ 00:32

  15. Le problème économique, c’est l’existence d’un « système » à l’œuvre que nous ne connaissons pas et qui est en train de se modifier du fait de l’entrée des pays « émergents ».
    Du fait que nous ne le connaissons pas, nous agissons sur lui au coup par coup. C’est la responsabilité du politique. Quel est son pouvoir réel ? Il est tout entier dans sa capacité d’anticiper et de convaincre les gens des options qui lui paraissent les meilleures : cela suppose plusieurs choses qui s’entre-suivent : 1- qu’il veuille le bien public (qu’il soit de « bonne » volonté, qu’il ne soit pas là pour sauver sa peau et celle de ses amis) 2- qu’il soit convaincu qu’on ne gouverne pas sans le peuple (qu’il ne croit pas que l’on peut faire le bien d’autrui contre sa volonté = difficile pour toute cette caste qui méprise la vile « populace ») 3- qu’il ne triche pas et que sa parole soit crédible = quasi impossible pour tous les politiques qui ne sont là où ils sont que parce qu’ils ne raisonnent qu’en termes machiavéliens et qui ne comprennent que la force et le passage en force et le rapport de force (ruse, mensonge, faire croire, intimidation, terreur).
    L’émission de Calvi est instructive à cet égard.
    L’UMP accuse les autres d’instrumentaliser la dégradation, alors qu’il n’a fait que ça pendant des mois : stupidité ou mensonge ou les deux, qui montrent qu’il est un crétin ou bien qu’il prend les gens pour des crétins et comme ceux-ci ne le sont pas, ils doutent de son intelligence ou bien de sa parole et il ne faudra pas qu’il vienne nous dire de nous serrer la ceinture et que c’est pour notre bien, parce qu’on ne le croira pas.
    Le PS instrumentalise la dégradation en la mettant sur le compte de l’UMP. Au lieu de réfléchir et de parler du possible (c’est pour cela qu’il est là), il tape sur son ennemi à terre (ce qui est son souhait et ce qui montre qu’il n’est pas là pour le bien public mais pour son bien propre, ce qui le disqualifie, ipso facto, aux yeux de la populace désespérée par tant d’auto-référence).
    Le modem là uniquement pour dire qu’il avait anticipé, lui, oui m’sieur, en 2007, le problème de la dette publique et que donc les autres auraient pu en faire autant et qu’ils sont mal venus de dire maintenant que « personne » n’a rien vu venir et que les mesures fiscales pour enrichir les riches étaient le comble du comble du non-politique et que la gauche est mal venue de donner des leçons, elle qui a passé son temps à distribuer l’argent qu’elle n’avait pas.
    L’écolo pour dire qu’il y a une autre manière de s’engager dans la « chose » économique et publique : on ne doute pas de sa bonne volonté, on doute de son « savoir » (il nous semble beaucoup trop dans les idées et avant de faire le saut dans l’eau glacée, on préfère attendre un peu)
    Deux journalistes, l’un pour nous dire la vérité de ce qui nous attend et nous préparer à nous serrer la ceinture : comme il est au Figaro et que le Figaro est compromis jusqu’aux yeux avec le pouvoir UMP, on somnole. L’autre pour nous dire que tout est possible, qu’il faut être optimiste, ce qui a pour effet, au cas où nous aurions eu encore quelques miettes d’optimisme, à nous les faire abandonner, vitesse grand V (on ferme la télé et on va vite, au chaud, au lit).

    Commentaire par Bray-Dunes — 18/01/2012 @ 09:05

  16. Il y avait une autre émission sur ARTE: l’effet domino, l’euro sur le fil.
    Suivi d’un débat…
    J’en suis sorti avec l’impression que personne ne comprenait exactement ce qui se passait.
    Comme toute proposition de solution qui ne s’appuie pas sur une compréhension du problème à résoudre, n’est que manipulation…
    C’est alors que je suis passé chez Calvi.
    Et très rapidement dans mon lit.
    Accablé.
    ET en plus les pieds froids de mon épouse sur mon ventre (paraît que ça vaut toutes les bouillotes).
    C’est dire la soirée…

    Commentaire par araok — 18/01/2012 @ 11:02

  17. […] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 2:03 […]

    Ping par Mots croisés sur du vent | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 18/01/2012 @ 21:03

  18. Au contraire de tout le monde, la liberté de penser et de s’exprimer me paraissait infiniment préférable à la liberté d’interdire et de faire suer en douce : ce qui est bon pour moi était forcément-aussi bon pour les autres, y compris les filous de STANDARD & POORS
    Je dis  » filous » parce que j’étais intimement persuadé qu’ils étaient vendus…mais peut-être avais-je tort : leurs potentiels ne les empêchaient peut-être pas de croire au marché et à sa main invisible, par exemple, au hasard.
    Pour moi et peut-être moi-seul, les menaces brandies contre les notateurs financiers illustraient surtout la médiocrité d’élites administratives surtout composées d’anciens porteurs de valise, incapables de démonter une critique technique comme de gérer un pays.
    Pour prendre un exemple récent particulièrement caricatural, c’est Liliane BETTENCOURT qui avait dû écrire à Nicolas SARKOZI qu’il fallait qu’elle et ses amis milliardaires paient plus d’impôt !!!
    Petite dernière pour la route, tant qu’on cause du triple A comme des milliardaires, personne ne parle d’autre chose !?!

    Commentaire par Tub — 18/01/2012 @ 21:47

  19. Le constat des divers intervenants est très sombre.
    Je vais ajouter un peu de noirceur, là où, à mon sens cela manque : la prise de conscience des gens !
    Être internaute, c’est être à l’écoute du monde qui bruisse de twitts et autres commentaires ou articles. Sauf que comme récemment dans des pays qui ont connu des renversements de régimes politiques, il faut se rappeler que parmi ceux qui votent il y a aussi ceux qui sont les moins informés, les moins curieux, les plus terrifiés par la peur du lendemain …
    Je n’ose même pas vous parler d’une certaine forme de matraquage par le JT du soir où du choix d’invités sur les plateaux TV (un graphique de « l’économiste » de BFM lors de l’émission avec Mélanchon m’a fait hurlé au scandale économique mais le candidat ne l’a pas relevé alors que c’était un truc en OR !).
    Comprendre que cela ne va pas pour soi, juste au bout de son nez, c’est déjà trop loin !
    Alors comprendre les ficelles qui tiennent le système, c’est trop.

    Cela va être « chaud », dans les urnes ou dans la rue mais pas forcément très longtemps, c’est çà le plus affligeant !

    Commentaire par fultrix — 18/01/2012 @ 21:55

  20. Cécile Duflot a raison de se demander pourquoi l’Agence sort de la simple mathématique pour rentrer dans le domaine du politique. En effet, il me semble que :

    Primo : un État qui emprunte sur le marché privé devient un acteur de ce marché et doit (moralement) se plier à son fonctionnement (ou bien il se pose en tant que prédateur qui profite de sa force pour piller et détruire cette communauté, détruisant du même coup l’idée que nous avions de l’État, celle du « progrès », se détruisant lui-même, donc, en tant que « bien » et devenant le mal en personne).
    Secondo : une Agence sert dans le domaine privé à noter la solvabilité des emprunteurs de telle sorte que ceux-ci puissent emprunter à un taux « juste ». Donc un État qui entre dans ce système renonce à sa souveraineté et entre en contradiction avec lui-même, il se fait hara-kiri.
    Tertio : ou bien les politiques sont stupides (ils n’ont pas compris ce qui précède) ou bien ils sont libéraux (ils savent ce qu’ils font et détruisent méthodiquement et progressivement l’État au profit d’un champ privé généralisé) ou bien ils sont dialecticiens (ils pensent que de ce conflit entre le marché où se combattent à mort les egos et l’Etat, va se révéler la vraie nature de l’Etat, au service de ces egos et non au service du Bien comme nous faisons semblant de le croire et que donc, déniaisés, nous allons nous mettre à réfléchir et à discuter, enfin, libérés que nous serons de nos illusions dont nous nous berçons).

    Conclusion : une agence qui fait honnêtement son travail a raison d’entrer dans les choix politiques qui vont déterminer la solvabilité d’un État qui emprunte. Si tel État est dirigé par un abruti, tel autre par un mafiosi notoire, un autre par un communiste et fier de l’être …alors comment s’étonner que l’Agence prenne en compte ce que même un enfant en petite section est capable d’anticiper : qu’ils ne sont pas crédibles en tant qu’emprunteurs et qu’aux prêteurs, on conseille d’aller voir ailleurs.

    Commentaire par Bray-Dunes — 19/01/2012 @ 10:37

  21. Bonsoir Aliocha,

    « …surtout quand on occupe la place du Monde et qu’on a une réputation de sérieux à défendre. » (https://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/01/17/courroye-et-le-secret-des-sources-des-journalistes/#comments. Votre commentaire en 21). Vous savez que vous êtes drôle parfois. Vous m’avez fait sourire. -;)

    Pour revenir à des choses plus sérieuses, je crois que ça devrait vous intéresser: http://leblogalupus.com/2012/01/15/ledito-du-samedi-14-janvier-rating-le-concours-des-beautes-est-biaise-par-bruno-bertez/#more-35057
    Morceaux choisis:
    « L’Agence a fait un travail remarquable, non seulement d’analyse, d’appréciation, mais aussi de justifications et explications de ses décisions. C’est un travail de fond, sorte de modèle du genre. Il va très loin dans la clarification de la situation européenne, dans la mise à jour des vrais problèmes, dans les insuffisances, les erreurs, les faiblesses des solutions mises en place par les dirigeants de l’Eurozone…
    …Maintenant que nous avons, sans équivoque aucune, exprimé notre satisfaction et étalé nos louanges, passons à l’essentiel, à savoir que ce travail est totalement biaisé, idéologique et, pour tout dire, il repose sur un soubassement contestable, des prémices idiotes…
    …les gens de S&P ne sont pas conscients, ils n’ont pas d’esprit critique et c’est ailleurs, dans le plus profond du système que l’on pense pour eux….
    Le travail des Agences, contrairement à ce que prétendent les politiciens européens est utile, indispensable. Mais il doit être totalement réformé, revu de fond en comble… »

    Certes, c’est un peu technique mais c’est une analyse très intéressante (en plus, il y a plein de beaux graphiques).

    Bonne nuit

    Commentaire par H. — 19/01/2012 @ 22:45


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