La Plume d'Aliocha

08/01/2012

Dukan-les-mauvais-tuyaux

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 12:43

Maigrir pour se donner plus de chances au bac, voici donc la dernière idée géniale du gourou diététique du moment. J’ai nommé le docteur Dukan. C’est inquiétant à quel point le business a l’art de tout dévoyer en Occident. Notez cela arrivera aussi aux pays émergents, c’est juste qu’ils vont mettre plus de temps. Derrière la proposition du célèbre docteur, ce n’est pas la lutte contre l’obésité qu’on aperçoit, mais la tyrannie de la société de consommation, le culte des apparences, la logorrhée des magazines féminins, et toute une clique de génies des affaires qui fabriquent une culture de masse. La mode nous met dans la tête qu’il faut ressembler à un porte-manteau, les marchands de cosmétique qu’il faut avoir l’air jeune jusqu’à 80 ans, les laboratoires qu’on doit se gaver de pilules du bonheur, des amincissants aux bronzants en passant par les vitamines et les anti-dépresseurs, tandis que l’agro-alimentaire et les chaines de restauration rapides américaines continuent de nous vanter les mérites de leurs saletées. Un truc à rendre fou, quand on y pense. Résultat de ce mic-mac savamment orchestré par la publicité, la population nous dit-on ne cesse de grossir et vit plus longtemps mais dans quelles conditions…

Le premier médicament est dans l’assiette

Et si on apprenait à l’école aux enfants à bien se nourrir ? Les chinois savent depuis des millénaires que le premier remède est dans l’assiette. Même votre restaurateur du coin est capable de vous expliquer les vertus du thé, des champignons noirs, du riz etc. Notez, nous devrions le savoir aussi car en faisant quelques recherches, j’ai trouvé une phrase d’Hippocrate qui allait exactement dans le même sens. Combien de temps allons-nous laisser le soin de guider nos comportements alimentaires à des multinationales qui ont intérêt à faire lourd, gras, voire franchement dangereux pour la santé, contrés par des docteurs miracle qui proposent l’inverse sans toujours maîtriser leur matière ? Eh oui, pour qu’un régime marche et vous remplisse les poches de billets, il faut qu’il soit efficace et sans douleur. C’est dire s’il peut être sujet à caution en terme d’équilibre. Dukan par exemple repose sur le fait que la consommation de proteines rassasie, limite l’ingestion de graisses et brûle par ailleurs les graisses existantes car elle nécessite un effort de l’organisme supérieur à la digestion des glucides ou des lipides. Mais à quel prix ? Quand on observe les travaux de l’OMS, on découvre que le plat le plus équilibré, c’est le couscous. Oui, le couscous. Des céréales en quantité (la semoule), des légumes également en proportion significative, et un peu de viande, pas trop et pas trop souvent. Le contraire du régime Dukan…

Le poisson c’est pas carré et pané comme à la cantine

Je suis toujours surprise quand je vais au restaurant de voir que le menu enfant comprend un steak, un morceau de poulet ou une saucisse accompagné de frites, tandis que les parents se jettent sur le dos de poisson accompagné de ses légumes. Et il me revient en mémoire les repas que me servaient les parents de mes copines à l’école quand ils m’invitaient : purée mousseline, saucisse accompagné dans le meilleur des cas de carottes râpées du traiteur (quiconque a préparé des carottes râpées une fois dans sa vie sait à quel point la carotte « boit » l’huile. Imaginez ce qu’il faut en mettre pour arriver à ce qu’elles dégoulinent de sauce plusieurs heures après leur préparation…). Un peu plus tard, j’ai souvenir que nous avions invité une amie de ma jeune soeur qui se trouva fort intriguée quand ma mère lui servit en entrée une salade de fenouil. La gamine, qui devait avoir 8 ans, n’avait jamais vu un fenouil de sa vie. Pas plus d’ailleurs qu’elle n’avait visiblement mangé un poulet autrement que sous forme de chaire reconstituée et panée. Comme disaient les Inconnus dans l’un de leur sketch, dans la mer, le poisson n’est pas pané et carré comme à la cantine, il a des yeux et des nageoires. Et croyez-moi, je vous parle d’une école privée dans un beau quartier où nous étions sans conteste les moins fortunés. Il était simplement de tradition familiale de bien manger, c’est-à-dire d’acheter des produits de qualité, de regarder les étiquettes, d’éviter colorants et conservateurs, de cuisiner, et de faire en sorte que ce soit le plus sainement possible. Entre nous c’est un savoir que l’on perfectionne toute sa vie. Surtout à une époque où les industriels rivalisent de génie pour produire à moindre coût des choses aussi éloignées de la nourriture qu’un roman de Marc Levy peut l’être de la Littérature, avec un L majuscule.

Se nourrir, ça s’apprend

Plutôt que d’angoisser les adolescents en leur collant une option minceur au bac, il me semblerait plus pertinent d’apprendre très tôt aux enfants à se nourrir et même à cuisiner. D’abord parce que c’est moins cher que d’acheter des plats industriels, ensuite parce que c’est plus intelligent et plus sain. Seulement pour cela, il faudrait parvenir à se désintoxiquer de toutes les fausses idées qu’on nous  martèle depuis des décennies dans les spots publicitaires et reprendre tout à zéro. Je crains que nous n’en soyons pas capables, le mal est trop profond. Et pourtant, les enjeux sont capitaux. C’est une question de santé, de qualité de vie, mais aussi de système économique. Car contrairement à ce que nous assènent les docteurs miracle, il ne s’agit pas de ressembler à des créatures de magazine (objectif devenu de toute façon inaccessible depuis l’apparition de Photoshop) au prix d’efforts aussi stupides et inefficaces que dangereux, mais de participer à un projet de société, c’est-à-dire au redressement des comptes de la sécurité sociale, à la lutte contre les pesticides et le gaspillage, au sauvetage de l’agriculture, au soutien des fabricants de bons produits contre les merdes industrielles (je recommande à ce sujet la lecture hebdomadaire des chroniques de Périco Légasse chez Marianne) et même à l’amélioration du moral des français. Eh oui, car bien manger est un plaisir, surtout dans un pays comme le nôtre et parce que plus profondément nous sommes la transformation de ce que nous mangeons. De quoi méditer sur nos menus, non ?

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43 commentaires »

  1. « il ne s’agit pas seulement de ressembler à des créatures de magazine (objectif devenu de toute façon inaccessible depuis l’apparition de Photoshop) »

    A ce propos, je ne me lasse pas de ce classique : http://www.dailymotion.com/video/x17ooz_pub-dove-evolution_creation
    Sinon, bien d’accord, mais bien manger demande un peu d’argent, de l’intelligence et du temps. Choses que beaucoup de gens n’ont pas en quantité suffisante. Certes, la pub n’arrange rien, mais il y a moult cassos indécrottables qui ne veulent pas entendre parler d’autre chose que de frites-soda; je me permets ce constat un rien méprisant après avoir passé de trop nombreux moments dans des supermarchés peu reluisants où la clientèle est à un niveau tel que le problème relève clairement de la socialisation et de la culture, et pas de la pub (même si oui, la pub est un élément de socialisation).
    Mais bon, ça ne change rien au fait que le bon c’est mieux que la merde, et qu’il faut encourager le bon !

    Commentaire par VilCoyote — 08/01/2012 @ 13:32

  2. @Vil Coyote : bien manger, c’est culturel, ça s’apprend, dans la famille ou à l’école. L’ennui c’est que si on vous a déformé le goût, c’est difficile ensuite de revenir en arrière. Quant au temps, il me faut entre 10 et 15minutes pour préparer un repas (entrée plat), cela ne me parait pas dément comme timing… 😉 Tant que j’y suis, wikipedia nous rappelle qu’Hippocrate fut le père de la diététique. Il est amusant d’observer que ses théories rappellent étrangement le yin yang des chinois : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippocrate

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 14:12

  3. Bonjour.

    Enchanté par ce beau billet pas laid.

    Trois idées qui m’enchantent :

    – stop aux régimes et médicaments dangereux.
    – proposons à nos amis citoyens de manger mieux
    – mettons en route un projet de société qu’il est urgent d’avoir

    Je ne suis pas trop en accord avec vilcoyotte, en revanche. Dans le film Prettywoman (qui n’est pas forcément le meilleur de la culture soit, mais reste un beau moment du cinéma), l’acteur dira (à peu près) « on peut aimer l’opéra, ou on peut ne pas aimer l’opéra. Mais il est possible qu’un jour on l’aimera ».

    Tout ça pour dire que rien n’est figé, et que tout est possible.

    Encore maintenant, et malgré la crise.

    Ce qui est vraiment alarmant, c’est la perte de l’éducation dans notre pays, de la culture, et de l’éducation parentale. Les parents baissent les bras, mais est ce vraiment à la société de reprendre le flambeau ?

    Je pense que oui, c’est un mal nécessaire, ne serait ce que pour apprendre à manger. Et arrêter de manger du « quelque chose »…

    Commentaire par bruno — 08/01/2012 @ 14:14

  4. Les grands esprits se rencontrent, j’ai justement écrit dernièrement au sujet du dévoiement des buts de l’École dans lequel s’inscrit la proposition de Dukan :
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/01/07/Les-gros-p%C3%A9nalis%C3%A9s-au-bac%C2%A0-La-m%C3%A9thode-Dukan.

    Au sujet des menus enfants, mon explication est simple : ces menus représentent une sorte de dénominateur commun bon marché, dont on est à peu près sûr que tout enfant les appréciera. Cela n’est pas si ridicule, en termes commerciaux.

    J’ai fait l’observation suivante : quand on cherche à dîner avec un groupe d’adultes assez nombreux, on finit vite par tomber sur un dénominateur commun « pizza ou crêperie »… (l’un ne supporte pas la nourriture épicée donc pas de thaï ni d’indien, l’autre ne veut pas de lait de coco donc pas de thaï, l’autre ne veut pas de chinois depuis qu’il a été malade il y a 5 ans après avoir déjeuné dans un traiteur chinois, l’autre ne veut pas aller dans un restaurant français de qualité parce que c’est trop cher, etc.) Si c’est vrai chez les adultes, cela doit a fortiori être vrai chez les enfants.

    Une personne travaillant dans une intendance de collège m’a dit avoir constaté que si l’on sert des artichauts aux enfants, une proportion non négligeable ne sait pas les consommer et notamment qu’il faut tirer les feuilles et surtout ôter le « foin » au centre. Autrement dit, ce légume n’était pas servi chez eux. Un restaurateur qui servirait une salade de fenouil dans le menu enfant s’exposerait à des « bah ». (Pour information, ma maman me cuisinait beaucoup de légumes, mais jamais de fenouil en bulbe, si je me rappelle bien. Cela doit dépendre des régions et traditions familiales.)

    Certains parents intègrent tellement l’idée que leur enfant refusera toute nourriture inconnue qu’ils en viennent à devancer les refus. Je me rappelle d’une soirée en famille où j’avais cuisiné un poulet « à la thaïlandaise » (lait de coco etc.), une maman avait décrété d’avance que son fils n’aimerait pas et aurait un autre menu (je ne me rappelle plus le contenu, mais probablement du type jambon + pâtes).

    Commentaire par DM — 08/01/2012 @ 14:16

  5. @DM : il y a sans doute beaucoup de légumes dont moi-même j’ignore l’existence 😉 tenez, j’ai découvert en Crète les galettes au fenouil sauvage (les crétois ont environ 120 légumes sauvages qui seraient propres à leur île), ils font revenir les fanes puis glissent la préparation dans une pâte fine, tout simple, c’est juste à tomber !!! Votre analyse me semble très juste sur les menus au restaurant et les réactions des parents, mais entre nous, si on laisse faire les gosses, ils ne se lavent pas les dents et ne font pas leurs devoirs…pourquoi imposer cela et laisser faire sur la nourriture ? Quand les parents ignorent la diététique, ça s’explique, mais quand ils optent pour le poisson légume au restau’ pour eux-mêmes et commandent la saucisse frites pour les gamins, je suis soufflée !

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 14:24

  6. @laplumedaliocha: Ont-ils eu le choix, ou la saucisse+frite est le seul menu enfant disponible? J’avoue d’ailleurs que le concept de « menu enfant » me semble curieux, pourquoi les restaurateurs ne proposent-ils pas tout simplement un menu identique à celui des adultes, mais en demi-portions?

    Il est possible que ces parents aient choisi d’avoir la paix plutôt que d’avoir un enfant qui fait un caprice dans un lieu public. Observez comment les bonbons, chewing-gums et autres gadgets pour enfants sont disposés près des caisses des supermarchés : les gérants de magasins savent bien que les enfants désœuvrés en réclameront aux parents et qu’une partie des parents cédera, ne serait ce que pour ne pas avoir un enfant qui braille et fait se retourner les autres clients.

    Commentaire par DM — 08/01/2012 @ 14:36

  7. @DM : vous avez raison, mais vous imaginez ce que cela implique ? Qu’on fait bouffer de la merde aux gosses pour avoir la paix. Des choses qu’on s’abstient soi-même de consommer parce qu’on sait très bien que c’est de la merde. Serions-nous devenus fous ?Et ensuite, on alimente la machine à business. Le médecin pour faire maigrir le gosse (merci la sécu), les produits soi-disant allégés (vive l’agro-alimentaire), les compléments nutritionnels de l’industrie pharmaceutique, les salles de sport, les docteurs Diafoirus, les chirurgiens qui vous ôtent la graisse et vous posent des anneaux gastriques, les chaines Thalasso, les fabricants de crèmes à la caféine. Et comme tout cela échoue parce que la publicité triomphe, hop, c’est reparti pour un tour. Le médecin, le pharmacien, la salle de sport, les produits allégés, la thalasso et les crèmes miracle. Donc une catégorie de business men nous fait bouffer, une autre nous fait maigrir. Le pire, ce sont les pubs pour les produits alimentaires où l’on vous vante une boisson sucrée tandis qu’une bande défilante du ministère de la santé vous met en garde contre la consommation du même produit. Bonjour les injonctions contradictoires ! Une partie du cerveau est mobilisée sur le désir, une autre sur l’interdit. Fais toi plaisir/fais gaffe tu vas être malade. C’est tout simplement dément !

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 15:56

  8. Pourquoi dément ?
    C’est du marketing viral.

    Ce qui me rappelle les superbes pubs pour la cigarette et comment Onasis fit fumer les femmes !

    Bon d’accord à l’époque peu de monde savait que c’était néfaste pour la santé (sauf ceux de l’industrie du tabac !)

    Commentaire par bruno — 08/01/2012 @ 16:23

  9. Juste un point de détail : ce n’est pas le saucisse purée qui fait grossir nos enfants, c’est la mise en place d’un comportement alimentaire inadéquat (le saucisse purée peut participer à cette mise en place, il est vrai). Je me souviens avoir lu une étude ou un récit relatant que, le taux de sucres ou de matières grasses qu’on ingère était neutre dans la prise de poids, mais que c’était la quantité de calories ingérée qui etait déterminante pour la prise de poids. L’idée était de regarder l’évolution du poids de personnes soumises à un régime fast food, mais en respectant les apports énergétiques journaliers conseillés. Il n’y avait pas de prise de poids de ces personnes. Le problème de la junk food est qu’on a tendance à sous-estimer leur apport énergétique et qu’on en consomme trop à chaque fois, mais ces produits ne sont pas en soi mauvais.

    Commentaire par kuk — 08/01/2012 @ 16:55

  10. @Bruno : ce qui est dément, c’est l’effet produit sur le spectateur…quant au tabac, j’ai vu un fabricant et un lobbyiste rigoler un jour sur la présence des cigarettes dans les bandes dessinées destinées aux enfants. C’était glaçant de cynisme.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 16:57

  11. @Kuk : hélas, je sais que le sujet est complexe. On n’a jamais fini d’apprendre. Un jour il faut manger des poissons gras, le lendemain on découvre qu’ils sont riches en métaux lourds dangereux pour la santé (sans compter le problème écologique). Consommer du saumon très bien, mais que mange le saumon d’élevage ? Cinq fruits et légumes par jour, parfait, mais quid des pesticides qui les accompagnent ? Le vin, bon à petites doses ou totalement déconseillé ? Si oui quelle couleur et quel cépage de préférence ? (au stade de recherche où j’en suis rouge et merlot 😉 )Et je passe sur les allergies individuelles, les questions de budget, l’équilibre selon le profil, l’âge et le sexe, la difficulté de bien manger quand on bosse et qu’on doit faire confiance aux fabricants de sandwich, l’huile de palme cachée dans les biscuits bio, la confusion habituelle entre sain, bio et amincissant, les prescriptions contradictoires des uns et des autres…

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 17:05

  12. @laplumedaliocha: Il vous suffit de vous rendre aux États-Unis pour comprendre cette évolution (et je vous avous que j’en frémis, parce que sur bon nombre de sujets, nous nous gaussons des États-Unis à l’année A et nous souffrons des même maux à l’année A+10).

    Mon expérience de la vie américaine est qu’il est difficile de se procurer des produits frais. J’ai habité à Santa Cruz, Californie, ville bobo s’il en est, et le choix disponible dans le magasin le plus « gourmet » de la ville serait ridicule au regard de celui du moindre Intermarché de quartier ou de village. Il est en revanche possible d’acheter toutes sortes de produits industriels.

    La conséquence ? Une bonne partie des travailleurs pauvres (hors travaux « physiques »), p.ex. chauffeurs de bus, sont obèses.

    En revanche, les personnes à bon niveau social et culturel consomment des produits allégés (ah, la crème glacée sans sucre ni matières grasses, dont la consistance évoque quelque peu le chewing-gum), vont à la gym, font du jogging, et sont cibles des produits et des annonces que vous citez (régimes « low-carb » faibles en glucides, consommer des omega-3, etc.).

    Au sujet d’ailleurs de ces annonces, je pense qu’il y a une responsabilité partagée des médias d’une part, et des institutions de recherche d’autre part. Permettez-moi le point de vue désabusé d’un scientifique d’un domaine peu médiatisé : j’en ai plus qu’assez d’entendre un jour qu’il faut consommer X parce que ça diminue le cancer / ça rend intelligent / ça permet de vivre plus longtemps, et le lendemain qu’il ne faut pas consommer X pour telle ou telle raison.

    Là encore, les États-Unis nous montrent les voies dangereuses. On a totalement habitué la population américaine, du moins celle qui a les moyens, à l’idée que la santé s’acquiert à l’aide de traitements et d’engins high-tech et coûteux. Ceci induit une surenchère permanente, et un dérapage des dépenses de santé, qu’elles soient remboursées ou non.

    Commentaire par DM — 08/01/2012 @ 17:37

  13. @laplumedaliocha: Au sujet des différentes études disant que le vin est bon ou pas bon… suis-je déraisonnable de demander aux médias, au lieu de dire « une étude australienne montre que … », de donner un lien sur l’étude en question ? Sans être biologiste ou médecin, on peut éventuellement se faire une idée du sérieux de l’étude en regardant où elle a été publiée, la taille des cohortes étudiées, le contrôle des paramètres…

    Je me rappelle par exemple d’annonces tonitruantes sur une découverte relative au SIDA… alors que l’étude avait été menée sur 6 guenons pour un virus voisin du SIDA — donc statistiques sur 6 éléments (héhé) et généralisation difficile à un autre virus chez l’espèce humaine.
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2009/03/05/399-on-a-encore-trouve-un-truc-qui-stoppe-le-sida

    Ceci évidemment exigerait que les médias cessent de ne couvrir la science que sur les aspects santé les plus tête de gondole (quand ils n’invitent pas les frères Bogdanov pour parler de Dieu et de l’univers). Richard Feynman se demandait jusqu’à quel point le public pouvait admettre voir son intelligence insultée…

    Commentaire par DM — 08/01/2012 @ 17:43

  14. Il est visible que le Docteur Dukan se préoccupe moins de notre système éducatif que de se faire un coup de pub en s’appropriant symboliquement l’institution du baccalauréat.

    Car, soit dit en passant, l’obésité et le surpoids sont déjà sanctionnés au baccalauréat. Voici comment :

    L’éducation physique et sportive est, avec la philosophie, une des rares disciplines a être représentées dans toutes les sections des baccalauréats généraux et techniques, où elle est affectée d’un coefficient 2. Pour mémoire, l’écrit de philo reçoit le même coefficient dans les sections techniques, et le coefficient 3 dans les sections scientifiques.

    Ainsi, en section scientifique, il vaut mieux avoir 15/20 en sport et 7/20 en philosophie que d’avoir 7/20 en sport et 13/20 en philosophie.
    Je précise qu’avec 13/20 en philo au bac vous êtes (de mémoire) dans les 15% des meilleurs élèves.
    D’autre part, comme la moyenne des élèves en sport tourne autour de 13/20, un 15/20 n’a rien d’exceptionnel. Et seuls les élèves en surpoids manifeste, que leurs parents n’ont pas eu la bonne idée de faire dispenser de sport sous un prétexte quelconque, y ont des notes de l’ordre de 7/20…
    Donc un élève bon en philo mais en surpoids (cf. F. Hollande, plus jeune) est clairement désavantagé par rapport à un élève qui rame en philosophie mais fait régulièrement du jogging (devinez qui ?).

    De ces calculs (faits de mémoire), on peut retenir quelques leçons :
    (1) Beaucoup de candidats au baccalauréats préparent mieux leur examen en se préoccupant plus de leur ligne et de leurs activités sportives que de leur culture générale.
    (2) On peut supposer que Thomas d’Aquin ou David Hume, qui étaient obèses, auraient quand même eu leur bac. Mais peut-être auraient-ils manqué la mention qu’ils auraient visé faute de courir le 1500 m dans le délai exigé.
    En revanche, Platon, comme la plupart des Grecs, était balaise en sport. Peut-être est-ce l’effet du « régime crétois » associé à la fréquentation des gymnases et des palestres? (Il y aurait beaucoup à dire, d’ailleurs, sur les philosophes et le sport). En tout cas, s’il passait son bac aujourd’hui, il ne pourrait plus se plaindre que son corps constituât un obstacle à sa réussite académique !!!

    Commentaire par Physdémon — 08/01/2012 @ 22:12

  15. 9 article depuis le début de la semaine!!!!
    c’est quoi votre truc Alliocha?

    Commentaire par fredo — 08/01/2012 @ 23:18

  16. @Physdémon : merci pour cet éclairage ô combien instructif, il n’y a rien que j’aime plus que la culture venant éclairer le quotidien !
    @fredo : j’sais pas, suis en forme 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/01/2012 @ 23:24

  17. Bonjour Aliocha,

    Hors sujet mais l’article ne devrait pas vous laisser indifférente: http://www.enquete-debat.fr/archives/les-medias-francais-entre-crise-des-contenus-et-crise-de-societe

    Pour le sport au Bac, je ne sais pas où nous en sommes maintenant mais pendant longtemps, seules les notes supérieures à 10 étaient prises en compte du moment où l’élève bénéficiait d’un certificat d’assiduité signé de son professeur d’EPS, la pénalisation était donc minime.
    Pour les cantines, le problème ne serait-il pas plutôt au sein des familles. Dans ma prime jeunesse, la cantine où je mangeais servait régulièrement des artichauts en plat principal et il était hors de question de bouder le plat. Essayez de servir des artichauts dans une cantine en plat unique maintenant. Entre les récriminations des élèves, des parents d’élève et le nombre de légumes qui finiront à la poubelle, vous aurez le choix. Moins qu’un complot ourdis par la très méchante industrie agro-alimentaire, les responsables ne seraient-ils pas à rechercher au sein des parents qui projettent sur leur progéniture leurs tabous et/ou dégoûts culinaires?

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 09/01/2012 @ 09:01

  18. @Aliocha: « vous avez raison, mais vous imaginez ce que cela implique ? Qu’on fait bouffer de la merde aux gosses pour avoir la paix.  »

    Sur le sujet bouffe, un excellent blog BD culinaire sur Le Monde: http://long.blog.lemonde.fr/

    Sur le sujet gamins et étrons, je viens de finir « TV Lobotomie », dans lequel l’auteur montre que certains parents apprennent à leur enfant (non demandeur) à regarder la télé pour « avoir la paix »… avec des conséquences catastrophiques sur leur développement intellectuel. (j’avoue que livre m’a convaincu -il ne fallait pas grand chose, mais les références à une étude comparative entre deux villes avec et sans télé sont particulièrement efficaces).

    Commentaire par javi — 09/01/2012 @ 09:17

  19. Les nouvelles fantaisies de mon amie la pub, cette fois en matière technologique : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12839

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/01/2012 @ 09:24

  20. Bonjour

    Les fenouils, je les ai découverts à l’âge adulte. Je n’ai jamais vu d’artichauts dans mes cantines (6e-terminale puis vie professionnelle) ou resto-U, mais j’en ai mangé régulièrement à la maison.

    Enfin, laissons là le passé, et passons aux mouches : ce n’est pas parce que vous militez pour une alimentation équilibrée qu’il faut faire prêcher les poulets, allez vite nous retirer cet « e » incongru.

    Merci pour tous vos textes, et recevez mes meilleurs voeux pour 2012

    Commentaire par Le Bavard — 09/01/2012 @ 09:26

  21. « Il est visible que le Docteur Dukan se préoccupe moins de notre système éducatif que de se faire un coup de pub en s’appropriant symboliquement l’institution du baccalauréat. »
    Ce « il est visible » repose sur quoi ? Certes pas sur le contenu du livre mais sur une interprétation de la « véritable » intention du « docteur » (nous mettons des guillements à ‘docteur’ pour indiquer notre doute quant au fait qu’il soit « vraiment » un docteur).
    Cette question de la vérité rejoint celle du sujet précédent qui en est resté, à cette minute, à la remarque finale de Jor :
    « Sinon pour ce qui est de la sincérité de M. Sarkozy et de son équipe pour tenir leurs promesses et engagements ou défendre l’intérêt général, je sais pas pourquoi, j’ai un peu de mal à y croire… »
    Pourquoi doutons-nous de ces deux personnes? Est-ce particulier à ces deux personnes ou bien est-ce un doute plus fondamental ?
    Ce qu’on nomme procès d’intention est comme tout procès, détestable ; on semble vouloir ou bien condamner ou bien absoudre un être humain : or qui sommes-nous pour condamner ou absoudre notre voisin ? En fait, pour jouer de la métaphore, ce qui est le moment de la vérité dans le cours de la justice, c’est le moment initial, celui de l’instruction. Il faudrait avoir la sagesse d’en rester à ce stade et ne pas tomber dans la mauvaise foi du procureur ni celle de l’avocat.
    Exemple : une journaliste Sophie Coignard dit qu’un député UMP François Goulard lui a dit qu’au cours d’une discussion, Jean-François Copé aurait dit qu’il fallait payer davantage les députés sous peine de n’avoir à l’assemblée que des minus.
    Qu’en penser ? A quel moment de la justice se situe le livre de Sophie Coignard et Romain Gubert ? Sont-ils en train d’instruire ou sont-ils dans la mauvaise foi et dans la mascarade ?
    Et que dire de l’intention véritable de Dukan ? pourquoi doutons-nous spontanément de sa parole alors que nous faisons confiance spontanément à notre médecin de famille ?
    Pourquoi je crois plus en la parole de Coignard qu’en celle de Copé ? Sur quoi repose ces certitudes ?
    Sur l’expérience ? Pourquoi je crois en la parole de mon médecin et pourquoi je mets en doute celle de Dukan ?
    Pourquoi tout ce que propose sarkozy est immédiatement mis en doute dans mon esprit et pas dans celui d’Aliocha ? Pourquoi je ne comprends pas comment on peut croire une seconde en ce qu’il dit ? Tout montre dans la presse que l’initiative de Sarkozy est prise eu sérieux ? Alors quoi ? Je suis obligé de me dire que la presse est naïve et pour dire le fond de ma pensée, qu’elle est nunuche de continuer à se précipiter sur chaque os que lui jette le lanceur d’os, ou bien de me dire que les journalistes ne sont pas dupes (ils savent critiquer les « Incapables ») mais qu’ils obéissent à leur rédaction qui recherchent les marronniers comme les chiens courent après les bâtons pour les rapporter en frétillant de contentement, au maître du jeu.

    Commentaire par Bray-Dunes — 09/01/2012 @ 09:30

  22. @Le Bavard : ah, il y a enfin quelqu’un qui l’a vu 😉 Moi j’aime bien l’idée d’un poulet à la tribune…. Tous mes voeux également !

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/01/2012 @ 09:34

  23. Ah, Physdémon, comme tu as raison! J’ai toujours été étonné que la culture physique, depuis les années 50 environ, prenne de plus en plus de place dans la notation, voire les résultats aux examens! Toujours été étonné aussi qu’à l’heure où la moindre des discriminations (quand elle est politiquement correcte) est montée en épingle, on oublie les discriminations physiques entre les forts et les faibles, discriminations qui ne sont pas toujours causées quand même par un manque d’efforts de l’élève moins tonique qu’un autre! Au final, le physique finit par compter autant que la philo!

    Commentaire par didier specq — 09/01/2012 @ 09:51

  24. @ Didier Specq,

    Discriminations physiques entre les forts et les faibles ? Au bac, cette discrimination est quasi éliminée par la possibilité de choisir les épreuves et par leur notation : celui qui court ou nage lentement mais respecte le temps qu’il a lui même annoncé obtient une bonne note, qui sanctionne son assiduité et sa maîtrise plus que sa performance pure.

    Commentaire par Tocquevil — 09/01/2012 @ 11:09

  25. @Didier Specq: On peut mettre cela en rapport avec les mesures suggérées il y a quelques années encore pour occuper les « jeunes de banlieue » : on proposait de mettre des équipements sportifs dans les « quartiers », comme si cela allait résoudre le problème de fond, à savoir l’absence d’avenir (chômage, etc.).

    La valorisation du sport participe justement de l’égalitarisme. Depuis des décennies, certains dénoncent le fait que la méritocratie des examens et concours dissimule en fait la reproduction des élites (p.ex. qu’un enfant d’enseignant ou de cadre a bien plus de chances d’accéder à une grande école qu’un fils d’ouvrier), et que donc l’enseignement scolaire est discriminatoire. Pour consoler ceux qui ne se coulent pas bien dans le moule scolaire, on met en valeur qu’au moins ils sont bons en sport, et l’on explique savamment qu’il y a des qualités intellectuelles non mesurées par la scolarité (« plusieurs types d’intelligence ») — un peu comme si les petits français étaient des personnages d’un jeu de rôle où l’on doit, à leur création, diviser un capital de points entre intelligence, charisme, habileté et force physique. Dans le même ordre d’idées, on va prétendre que le rap relève de la Culture.

    Reste que tout cela creuse les inégalités. Les gamins qu’on a fait rêver en leur montrant Zidane, combien seront effectivement sportifs professionnels bien rémunérés ? Allons bon. Une raison pour laquelle les enfants d’enseignants ont de si bon résultats, c’est parce que leurs parents savent bien quelles filières sont valables, et quelles filières sont de la poudre aux yeux.

    Commentaire par DM — 09/01/2012 @ 11:19

  26. @DM : Le rap ne relève pas de la Culture ? Vous voulez dire que le rap est inné ? Ou qu’il ne soude pas des communautés ?
    Sinon, excellente, votre comparaison avec les points de compétence des jeux de rôles. Mais à mon avis, il y a bien d’autres enjeux que l’égalitarisme pour justifier l’importance (toute relative, il faut arrêter de délirer) de l’EPS dans le cursus scolaires.

    Commentaire par kuk — 09/01/2012 @ 11:31

  27. @Aliocha
    « bien manger, c’est culturel, ça s’apprend, dans la famille ou à l’école. L’ennui c’est que si on vous a déformé le goût, c’est difficile ensuite de revenir en arrière »
    Tout-à-fait d’accord.
    Papa de deux petites filles, dont une a déjà deux ans de cantine scolaire derrière elle, je suis effaré du changement de son goût. Avant la cantine, elle mangeait à peu près de tout, on lui servait toutes sortes de légumes. Après quelques mois, les carottes de la maison n’était plus bonnes, de même que les courgettes et tant d’autres légumes… Quelques essais culinaires nous ont appris que pour avoir « les mêmes carottes qu’à la cantine », qui, elles, sont toujours aussi bonnes, il fallait rajouter quantité de sel et de matières grasses… forcément…
    Bref, une petite anecdote pour montrer que face à la toute-puissance de la mal-bouffe institutionnalisée, la culture familiale est bien peu de choses…

    Commentaire par Xavier — 09/01/2012 @ 12:00

  28. @kuk: La Culture, avec un grand C. Évidemment, les comportements humains sont culturels… y compris les modalités de la défécation. La question n’est pas de savoir si le rap est un fait culturel ou non (c’est évident que c’en est un), mais de savoir s’il mérite subvention publique directe ou indirecte. Pour reprendre la comparaison avec le jeu de rôles, celui-ci est également un fait culturel, mais je ne vois pas le Ministre de la Culture s’extasier devant…

    Commentaire par DM — 09/01/2012 @ 13:48

  29. @DM : J’ai toujours du mal avec le concept de « Culture-avec-un-grand C ». Si vous avez une définition précise, je prends.

    Commentaire par kuk — 09/01/2012 @ 14:05

  30. A Bray-Dunes,
    S’il est vrai que je fais un procès d’intention au Docteur Dukan, je vous rassure : les frais judiciaires qu’il aura à engager suite à ma procédure ne devraient pas le ruiner.
    En revanche, en tant que correcteur régulier du baccalauréat, je trouve ridicule de sa part de voir dans le bac un instrument destiné à résoudre des problèmes de santé publique. Que les nutritionnistes s’occupent de nos régimes alimentaires mais qu’il laisse le bac en paix !

    A Tocquevil,
    Il est vrai que le bac de sport (dont les notes comptent aussi quand elles sont en dessous de la moyenne, soit dit au passage) n’associe pas la note à la performance pure. De manière générale, d’ailleurs, très peu d’élèves n’ont pas la moyenne à moins, précisément, d’être obèses ou très paresseux. Mais il ne faut pas croire non plus que les élèves puissent choisir systématiquement le sport qui leur convient le mieux, ne serait-ce que parce que les équipements sportifs ne le permettent pas toujours. D’autre part, le fait de moduler les notes en fonction d’un pogramme fixé avec l’élève permet de moduler les notes. Mais si vous vous faites 1500 m en 15 minutes, quel que soit votre programme, vous aurez une note très faible, et c’est assez normal d’ailleurs.

    Par ailleurs, mon problème n’est pas que le sport compte au bac. Je m’en réjouis. Des épreuves plus sélectives en EPS ne me déplairaient pas, bien au contraire. Ce qui pose problème aux enseignants de disciplines à petits coefficients est que de grosses brutes qui terrorisent leurs profs (pas moi, d’autres) se moquent comme d’une guigne d’avoir des notes infectes en philosophie ou en français et comptent se rattraper sur leur aptitude à jouer au badminton ou au water-polo, sports pour lesquels j’ai par ailleurs la plus grande considération.

    Commentaire par Physdémon — 09/01/2012 @ 17:58

  31. @ Physdémon

    Merci pour ces précisions quant à la notation actuellement en vigueur en sport. Je faisais référence à l’époque (début des années 80) où les barèmes étaient identiques que ce soit le Bac ou un concours et assez salés d’après mes souvenirs, seuls les coefficients variaient, très élevés pour les concours militaires (Saint Cyr, Ecole de l’air ou Navale), faibles pour les concours que je qualifierai d’administratifs (sans que cela soit péjoratif) style ENM, ENA, etc…
    J’avoue cependant ma perplexité quant au système de notation actuelle et à l’enseignement sportif en vigueur au sein de l’EN, l’amélioration de la condition physique et le dépassement de soi ne semblant pas être l’objectif premier.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 09/01/2012 @ 18:49

  32. Chère Aliocha, visiblement, vous n’avez pas d’enfant dans votre entourage proche pour vous étonner du comportement parental de certains adultes.
    je me permets donc d’éclairer votre lanterne :
    – certains enfants mangent ce qu’ils veulent parce que les parents rentrent tard du travail et ne souhaitent pas entendre rouspéter et ne veulent pas devoir se « prendre la tête » avec « çà » après une journée de travail …
    – certains enfants ne sont pas assidus à l’école ou dans leurs trop rares devoirs scolaires du soir parce que leurs parents ne souhaitent pas gérer les conflits, être incapables de savoir répondre et l’admettre, parce qu’ils pensent que le « petit chéri » en a déjà assez fait comme çà dans la journée …
    – certains enfants ont pour « baby-siter » un poste TV ou n’importe quel jeu informatique ou TV à la mode comme cela les parents sont « tranquilles » …

    Effectivement, ce n’est « responsables » d’avoir des enfants pour en arriver là.
    Mais pour l’anecdote, quel enfant de grande section (juste avant d’entrer en CP) sait faire ses lacets de chaussures, enfiler un manteau à boutons ? Un de mes jeunes voisins, en 6è est « en cours de formation » pour ses chaussures parce qu’il n’y a plus de version à « velcro » pour sa taille …
    Pour les enfants de la famille, je suis le « dragon » avec qui il est préférable de filer doux parce que je ne lâche pas le morceau… Pourtant, ils ont beau le savoir, ils tentent malgré tout diverses manœuvres d’évitement … Tenir, c’est aussi cela éduquer, même si je suis très « vieux jeu » …

    Commentaire par fultrix — 09/01/2012 @ 19:02

  33. « D’autre part, le fait de moduler les notes en fonction d’un pogramme fixé avec l’élève permet de moduler les notes ».

    Oups ! La belle tautologie! Bon, disons que le fait de noter les élèves d’après un programme adapté à leur potentiel physique permet de donner de bonnes notes à des élèves assidus mais au potentiel physique limité.

    à H.
    Ce n’est pas idiot. Vous admettrez sans doute qu’on ne fixe pas le même barème en saut en hauteur pour les filles et pour les garçons. Pourquoi ne pas proposer un barème tenant compte de la taille de chacun ? Pourquoi ne pas noter, en plus de la performance brute, la capacité à s’investir dans un programme d’entraînement étalé sur plusieurs semaines et la maîtrise du geste, la technique de saut ? etc.
    Le sport n’est pas seulement la « compétition », c’est aussi « la culture physique », la capacité à tirer le meilleur parti de ses capacités physiques personnelles, et non pas seulement les mesurer à celles des autres.

    Commentaire par Physdémon — 09/01/2012 @ 19:06

  34. Euh… Je ne vois guère ce que cette proposition de Dukan a d’hyper-consumériste. Aux dernières nouvelles, la seule façon de maigrir est tout simplement de moins manger, donc de consommer moins (et sans doute mieux). Or, comme pour la clope avec le pognon (les taxes excessives en dissuade quelques-uns et font contribuer à hauteur de la nocivité pour la santé donc les comptes de la sécu les autres), le surpoids infantile (enfant qui apprendra à surveiller son alimentation pour le reste de sa vie) par une récompense scolaire, pourquoi pas ? Cela serait bon pour eux et pour les comptes de la sécu, donc pour tous. Un exemple : le diabète, en plus d’être une plaie pour les pauvres personnes qui en souffrent est une catastrophe pour les comptes de la sécu alors c’est quand qu’on va où ? Personne ne me rembourse mon certificat médical pour le sport, mes abonnements sportifs, mon vélo pour le boulot qui me permette de garder la forme mais qui m’impose pas mal de contrainte. Par contre, ceux qui ne font pas ce genre d’effort ne paie donc pas pour cela mais sont en plus remboursés par la sécu pour les conséquences médicales de ce non effort. Cela ne mériterait pas un papier ?

    Commentaire par realworld — 10/01/2012 @ 16:55

  35. @realworld : vous contestez ce que je dis pour, au final, dire la même chose. Si, si, regardez bien. Sauf sur la proposition Dukan, où je propose mieux. Comme vous d’ailleurs : manger moins. Pas acheter des bouquins à faire maigrir qui au final font regrossir et alimentent la machine à fric de l’auteur, de tous ses petits camarades et de la grande confrérie des business men de la maigritude.

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/01/2012 @ 17:35

  36. @realworld : Le problème c’est que maigrir n’est pas toujours une bonne idée. Je connais une jeune femme qui est naturellement replète. Enfin, serait, parce que quand elle était ado, sa mère l’a forcée à faire des régimes pour maigrir, ce qui lui a totalement perturbé le métabolisme, et l’afflige d’une tendance à l’obésité si elle ne se surveille pas tout le temps. Et c’est une excellente cuisinière, soit dit en passant.

    Commentaire par Schmorgluck — 10/01/2012 @ 19:28

  37. @Schmorgluck: Et ? Serait elle mieux grosse ? Pourquoi fait elle des régimes alors ? Pourquoi tant de gens font des régimes ? Par plaisir ? Il est bien connu que les jeunes filles grosses au lycée ou a la fac sont les plus populaires. Et puis combien de vieux obèses croisez vous dans la rue ou en maison de retraite ? Quasiment aucun. Alors la méchante maman a bien fait son boulot. Remerciez la pour moi.

    Commentaire par realworld — 10/01/2012 @ 20:14

  38. Ou bien alors, comme aux US, mettre une note éliminatoire en sport, avec un coefficient suffisant. Ce serait déjà très dissuasif, mais je suis pas certain que ce serait honnête de faire ça abruptement.

    On créerait un effet de manche soudain pour « résoudre » un problème qui a mis une génération à se mettre en place : ce n’est pas très fair-play.

    Je suis bien tranquille que ça n’arrivera pas : changer les coefficients au bac, c’est comme changer le barème des impôts, c’est quasi intouchable. Si on monte le coefficient du sport, on baissera celui d’une autre matière, dont les enseignants défendront la prééminence, donc on ne le fera pas.

    Commentaire par gacepacho — 11/01/2012 @ 04:12

  39. @realworld, vous n’avez rien compris : elle EST grosse maintenant, à cause des régimes qu’elle a subis ado et dont elle n’avait pas besoin. Et elle est obligée de se surveiller pour ne pas l’être encore plus. Alors qu’à la base, elle était just naturellement enveloppée. Contrarier sa physiologie est malsain. Ces régimes ont foutu en l’air la sienne.

    Commentaire par Schmorgluck — 11/01/2012 @ 08:04

  40. @gacepacho: Cela revient à changer le but du baccalauréat, censé mesurer l’aptitude à suivre une formation supérieure (ou à travailler dans certaines professions, dans le cas des filières professionnelles). Le sport n’a rien à voir là dedans, on suit fort bien des études supérieures en étant nul en sport, et ce n’est pas gênant pour travailler dans l’immense majorité des professions.

    Commentaire par DM — 11/01/2012 @ 08:51

  41. Je souscris à votre article mais vous avez souvent raison pour les mauvaises raisons. Le régime Dukan est un régime amaigrissant donc par nature pas équilibré, même dans sa phase de croisière, mais ce que je trouve scandaleux ce sont ses recettes inmangeables, mais surtout son business d’épicerie à prix exhorbitant et sa « secte de dukanautes », mais c pour ces femmes une démarche volontaire, sa proposition option minceur au Bac est une escroquerie pure et simple ! Vous confondez allègrement donc régime pour ceux/celles qui veulent maigrir pas tjrs pour ressembler aux mag mais le diktat existe, et hygiène alimentaire, le couscous étant un plat équilibré soit mais il ne fait pas partie de la culture française, même si les français le plébiscitent.. Quant à dire que seuls les plus fortunés peuvent s’adapter à une hygiène alimentaire, ce n’est que fadaise : un poulet – 1kg d’épinards – 1 kg de fromage frais – 1 kg de pommes peuvent constituer un repas pour 4 personnes parfaitement équilibré et qui coûte moins cher que n’importe quel plat préparé, pris à la maison ou à l’extérieur, style mcdo. Continuer d’affirmer que seuls les plus fortunés peuvent se permettre des repas équilibrés c’est maintenir les plus démunis dans leurs fausses croyances, tout comme continuer d’affirmer que cuisiner un repas prend tellement de temps. Pour s’en convaincre jettons un rapide coup d’oeil aux caddies des clients des hyper et super et ceux qui achètent les junk food ce sont les plus démunis, j’ai la chance
    d’avoir des revenus confortables, jamais je n’achète jamais de produits préparés, même chose pour le temps consacré à la préparation des repas, un peu d’organisation et bcp de bon sens, éplucher deux poireaux/carottes/PdT à peine dix minutes, cocote minute etc… qq surgelés nature qqfois… mais bien évidemment je regarde peu la télévision… C’est une question pure et simple de choix…. mais Aliocha peut être que nous sommes d’accord tout compte fait LOL

    Commentaire par Abercombie — 16/01/2012 @ 08:32

  42. @Abercombie : non, nous ne sommes pas d’accord. Je n’ai écrit nulle part que bien manger coûtait cher. Je ne confonds pas régime amaigrissant et bien se nourrir et je ne recommande pas le couscous à tout le monde. Relisez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/01/2012 @ 09:34

  43. Bonjour,

    pour mon premier commentaire ici, j’aimerais apporter un bémol sur les menus enfants.
    Mes filles sont très heureuses des menus enfants frites, jambons/saucisses, entre autre parce que c’est un plat rare à la maison (les frites c’est 3 fois par an à peu près, les saucisses type « francfort » des restaus c’est jamais, bon le jambon est plus fréquent).
    Elles ont un repas « fête » au restaurant.

    Et un truc pour ne manger que du fait maison, y compris à la cantine, ayez des enfants allergiques. 😉

    Je trouve plus choquant les portions que l’on voit dans les assiettes dans les restaurants avec buffet à volonté. Quand un gamin de 6 ans a une assiette plus chargée que la mienne, et qu’il va se resservir, là j’ai une angoisse.

    Plus angoissant, quand une maman demande à partir de quel âge elle peut mettre du coca dans le biberon de son fils.
    Plus paniquant, quand sur la table du repas chez des amis, il n’y a qu’une toute petite carafe d’eau et des grandes bouteilles de jus de fruit et de soda.
    Plus incompréhensible quand on supprime les collations dans les écoles pour lutter contre l’obésité infantile, mais qu’on installe des distributeurs de soda et barres sucrées.

    Dukan est un « génie » du marketing et de la communication, il a réussi son coup de pub (l’affaire Festina en 1998 est une bénédiction pour l’entreprise en question), il a encore gagné des victimes.

    ***

    @gacepacho

    on peut faire des choses au Bac, y compris des « conneries », voyez l’histoire-géo dans les séries scientifiques.

    Commentaire par BB — 18/01/2012 @ 10:51


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