La Plume d'Aliocha

03/01/2012

Ton libraire en slip ?

Classé dans : questions d'avenir — laplumedaliocha @ 23:53

Alors comme ça, il parait que la TVA sur les livres va passer de 5,5% à 7% le 1er avril prochain ?

Allons, me direz-vous, voilà une mesure qui, en période de crise, présente au moins deux mérites. D’abord sanctionner financièrement les boulimiques de lecture au même titre que les consommateurs de boissons sucrées ou de tabac. Entre nous, si vous saviez ce que mon cerveau s’est alourdi depuis que j’avale plusieurs livres par semaine, il est temps que je m’astreigne au régime sec, je l’admets. Ensuite redresser les finances de la France. N’épiloguons pas sur le sujet, nous savons tous à quel point cet enjeu est capital (sans mauvais jeu de mot). Accessoirement, on peut espérer que les agences de notation applaudiront cette saine mesure de gestion qui présente en outre l’intérêt de remettre à leur place tous ceux qui lisent, c’est-à-dire qui pensent et du coup qui contestent. Quand les financiers boivent, les intellos trinquent. A supposer bien sûr que les éditeurs répercutent la hausse de la TVA sur le prix des livres, car sinon, ce sont les libraires qui vont trinquer. Eh oui, puisque le prix du livre est fixe.

En flânant chez mon ami Philarête, j’ai découvert que le libraire de quartier achète le livre 66% de son prix. Sa marge, qui dépend de la remise accordée par l’éditeur,  se situe donc aux alentours de 33%. Pas mal, songerez-vous si vous n’êtes pas dans le commerce. En réalité, en suivant l’un des liens figurant dans le billet de Philarête, je suis tombée sur un article tout à fait passionnant d’un libraire parisien publié sur le site de Libération qui rappelle utilement que la plupart des commerces, fringues, bistrots et autres, appliquent des coefficients multiplicateurs de 3, 4, 5 et plus.  Selon Jean-Marcel Bouguereau, journaliste à l’Obs, le résultat net des libraires indépendants serait de l’ordre de 0,3%. Si les éditeurs ne répercutent pas la TVA sur le prix des livres, l’augmentation de 1,5% de la TVA va donc dévorer leur marge et les faire passer en négatif. Déjà qu’ils souffraient de la concurrence d’Amazon et des grandes enseignes de produits culturels… Mais le jeu en vaut sans doute la chandelle, me direz-vous.  En effet, on s’attend à 60 millions d’euros  de plus dans les caisses de l’Etat. Je ne sais pas vous, mais moi depuis 2008, tout ce qui se situe en-dessous du milliard me parait de l’ordre du pourboire. Il reste que certains libraires disent ne pas être inquiets ou plus exactement pensent que cela aurait pu être pire, avec une TVA à 19,6%.Vu comme cela…Toujours est-il que même le patron de la FNAC n‘est pas tranquille, car il semblerait que la TVA à 7% mette toute la filière Livre en danger. Déjà que CD et DVD ne se vendent plus, si en plus on augmente le prix des livres ! Et il est vrai qu’en flânant récemment dans l’un de ces temples de la culture, j’ai eu le sentiment qu’il y avait désormais plus de gadgets dans les rayons que de "produits culturels". On y trouve même des moules à gâteaux, c’est dire…

La seule bonne nouvelle dans cette histoire, c’est que la TVA sur les livres numériques est passée de 19,6% à 7%. Voilà pourquoi les éditeurs n’auraient protesté que doucement quand on leur a annoncé le +1,5 % sur le papier. Mais pourquoi 7% au fait ? Peut-être parce que l’Allemagne pratique ce taux-là…La mauvaise nouvelle, c’est que le site Amazon a indiqué qu’il appliquerait le taux de 3% sur sa liseuse Kindle. De l’intérêt d’être installé au Luxembourg.

Quand je pense que si Madame de La Fayette n’avait pas écrit La Princesse de Clèves, nos libraires de quartier continueraient de survivre tranquillement en vendant par exemple Zadig & Voltaire aux politiques de l’UMP. Là, ils semblent bons pour les Restos du coeur. Alors bien sûr, on peut toujours commander chez Amazon, ou bien se laisser attirer par les sirènes de la FNAC et autre Virgin. Entre nous, j’avoue avoir passé des heures dans ces enseignes, bercée par l’illusion de pouvoir tout trouver, y compris et surtout ce que je ne cherchais pas. Mais il me faut bien avouer que c’est dans une librairie traditionnelle que j’ai fait les plus belles rencontres. Et vous ?

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34 Commentaires »

  1. € 60 millions seulement ? Au prix où sont les manuscrits de Charlotte Brontë, le père Soupe ne pourra pas beaucoup enrichir les musées avec ça. Le musée est pourtant une institution exemplaire : il claque le pognon des contribuables pour soustraire les objets à ceux qui les aiment.

    Commentaire par Pirée — 04/01/2012 @ 06:48

  2. Etudiante, j’ai plébiscité bibliothèque municipale et bouquinerie pour ne pas faire exploser mon budget. Ça m’a effectivement permis de belles rencontres mais aussi de belles découvertes littéraires. Hélas, si même les livres augmentent que va-t-il nous rester? Encore une mesure absurde, mal pensée. À quand une vrai réforme fiscale, juste, progressive et bien pensée dans sa globalité et qui tend vers un but lisible… Et non taxer la santé, la réflexion, et les boissons sucrées. Désormais, aller chez son libraire sera un acte de résistance? Et se soigner un luxe? Belles perspectives…

    Commentaire par Pierrafette — 04/01/2012 @ 08:18

  3. Moi, c’était à la bibliothèque municipale du 18ème arrondissement à Paris.

    Commentaire par araok — 04/01/2012 @ 08:24

  4. Bonjour Aliocha, et bonne année!
    Je suis en complet désaccord avec vous sur ce billet.
    Sur la TVA à 7%, c’est un long débat, mais disons que tout migrer de 5,5 à 7 est assez logique, ou alors rien. Mas recréer un nouveau régime (puisque de fait tout ce qui est en 5,5% ne passe pas en 7%) va encore alourdir le système et créer des distorsions.
    Le prix de du livre à la vente au public est fixe? La belle affaire, il suffit de l’augmenter en proportion pour les nouveaux titres. Sur un bouquin à 20€ à 5,5%, cette hausse porterait son prix à: 20,22€!!! Je suis moi même lecteur, et c’est le genre de drame dont je pense pouvoir me remettre.
    Si les éditeurs ne jouent pas le jeu en augmentant leur prix, que jusqu’à maintenant ils fixent librement, c’est leur choix. Aux libraires d’en tirer les conclusions.
    Le fond du problème, c’est justement la loi sur le prix du livre. C’est une loi d’opportunité faite pour ‘subventionner’ les libraires, les aider à survivre alors qu’on les pensait en voie de disparition. Comme toutes les lois de ce type, cela peut marcher quelques temps, mais au final, on n’arrête pas l’histoire. Si les libraires disparaissent, c’est d’abord parce que leur système économique n’est plus adapté. Si les clients préfèrent aller ailleurs, pourquoi les libraires sous leur forme actuelle devraient-ils survivre?
    En quoi leur disparition serait elle un drame pour la société? Si leur modèle économique est consistant et leur valeur ajoutée réelle, il survivront. Si l’un de ces paramètres manquent, ils ne peuvent que disparaître.
    Alors oui, on peut regretter ces temps anciens, mais la nostalgie (la votre ou la mienne) n’est pas un critère économique.

    Commentaire par Kaeldric — 04/01/2012 @ 09:34

  5. @Kaeldric : hélas ! S’il ne s’agissait que de nostalgie…Disons que le livre étant à mes yeux une sorte de gourmandise, je suis tentée de prendre le problème de la même façon que Perico Legasse chez Marianne aborde la gastronomie. Vive les commerçants de quartier qui vendent de bons produits et savent vous conseiller ! Et sur fond de crise financière, vive les passionnés par leur métier qui bossent pour vivre et non pas pour devenir millionnaires et arrêter de bosser. Vous croyez que ça aussi c’est foutu ? ;-)

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/01/2012 @ 10:04

  6. La hausse ne devrait-elle pas être partagée entre les éditeurs ET les distributeurs ?
    Je trouve également dommage que les librairies physiques soient menacées. Enfin, celles tenues par des libraires qui sont vraiment passionnés par leur métier et sont de bon conseil.

    Commentaire par Ev-Ilde — 04/01/2012 @ 10:15

  7. De même que les supermarchés ont redessinés les paysage des petits commerces, ceux du livres touchent les librairies. Toutes celles qui ne sont ‘que’ des points de ventes, de distribution vont souffrir. Mais celles qui misent sur la valeur ajoutée (quelle qu’elle soit: conseil, gammes de livres – beaux livres, vieux livres, experts pointus dans un genre… -) survivront si un public existent pour elles.
    Vous touchez du doigt le problème: la culture est fondamentalement une gourmandise, un désir. Il devrait donc être possible de construire sur ce désir! Mais un artisan chocolatier ne gagne pas sa vie en vendant des ‘mon chéri’. Il construit une offre, souvent plus chère, mais surtout spécifique, originale, il donne envie d’entrer dans sa boutique :-) et non, je ne crois pas qu’il ambitionne de devenir milliardaire :-)

    Commentaire par Kaeldric — 04/01/2012 @ 10:15

  8. "la plupart des commerces, fringues, bistrots et autres, appliquent des coefficients multiplicateurs de 3, 4, 5 et plus"
    Cette comparaison me paraît spécieuse. Les librairies sont un commerce à part en ce sens que contrairement aux vendeurs de fringues, bistrots et autres, elles peuvent renvoyer [b]une partie[/b] de leurs invendus, qui ne leur coûtent alors pas grand-chose (frais de port du retour). Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Office_%28livre%29 et http://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_(distribution)

    Commentaire par Yepok — 04/01/2012 @ 11:14

  9. Tout d’abord, une très bonne année 2012 ! :D
    Je ne sais pas encore ce que va provoquer ce taux à 7 %, mais je crains fort que ce ne soit encore qu’une pirouette du gouvernement qui ne rime à rien. Je ne sais pas dans quelle mesure cela pourrait réellement servir. Et si cela pourrait vraiment compenser les taxes retirées aux entreprises. Je pense qu’il faudrait revoir entièrement l’économie, mais en période électorale, on fait juste un petit pas qui ne sert pas à grand chose pour ne pas effrayer la galerie et on laisse le marasme aux successeurs qui ne feront certainement guère mieux. ;-)

    Commentaire par Ceriat — 04/01/2012 @ 11:14

  10. @Aliocha – sans vouloir paraître désagréable ni obtus, je pense que la TVA à 7% est un peu un faux problèmes. Oui cela va impacter le prix du livre de quelques pouillèmes d’euros, mais je suis intimement persuadé que les éditeurs savent exactement combien gagnent les libraires et qu’ils ne leur donneront pas à vendre des livres à perte, car les éditeurs disparaitront tout de suite après les libraires : ils passeront de position de force face à X milles libraires à une position de faiblesse face à 3 grandes chaines et créveront , comme les agriculteurs, et les pme qui traitent avec elles. Si l’on ajoute la possibilité que la distribution numérique donnera à certains "jeunes" auteurs de vendre directement du e-book depuis leurs sites.

    Le problème de fond c’est que les gens ont de moins en moins de pognon à dépenser au fil des mois qui passent, et je dois avouer que j’étais un grand lecteur, mais actuellement je ne veux/peux pas consacrer une part de budget à hauteur de mes appétits livresques. Nous devons avoir à la maison disons 500-600 volumes (de tout et de rien) et lorsque mon envie de lire me prend, je relis un des livres que j’ai déjà lu. Je suis persuadé en avoir lu parfois 3 ou 4 fois le même, des série complète de 12-15-20 volumes.

    Alors oui on peut se nostalgiser sur les temps qu’était trop cool avant ma brave lucette, oui c’est difficile de voir disparaitre un métier (sauf pour certains qui arrivent à survivre), mais ce sont des choix de sociétés tout entier qu’il faut regarder et pas juste la mesurette qui fait déborder le vase. La société actuelle favorise le productivisme et la consommation/destruction. Cela ne dérange personne de stigmatiser les "chômeurs/profiteurs/faignants", mais cela conforte cette société de productivisme et dans le productivisme, la culture n’a pas sa place, c’est même un frein. Dès lors ce que l’on doit proposer c’est du roman de gare, vite lu, qui fait pas mal à la tête, et qui donne pas envie de réfléchir : pile poil pour la consommation de masse vendu par fnac/amazon/france loisir. Des "auteurs" comme hamilton,briggs,frost.

    Ce n’est pas la tva qui tue le libraire, c’est la société de productivisme mise en place, lorsque l’on a transformé cotisation sociale en charges sociales et que tout le monde l’a accepté, le choix était posé : l’homme est devenu un coût, et un coût, ca n’achète pas.

    Commentaire par herve_02 — 04/01/2012 @ 12:20

  11. une question, disons amusante.

    Lorsque la TVA est passée à 5.5% dans la restauration, seuls deux ou trois produits sans intérêt se sont vus appliqués le nouveau taux.
    A votre avis, il va se passer quoi pour le passage à 7%

    désolé de plomber l’ambiance

    Commentaire par fredo — 04/01/2012 @ 12:27

  12. @herve_02 : vous n’êtes ni désagréable, ni obtus. Nous sommes même d’accord. Pourquoi croyez-vous que je plaisante dans le premier paragraphe et dans le dernier ? Justement, parce que cette TVA à 7% me parait symptomatique d’un truc plus profond. C’est un vrai choix de société d’augmenter même de façon minime le prix du livre alors qu’on n’arrive toujours pas à mettre en place une taxe Tobin. Un banquier que j’interrogeais récemment sur cette taxe m’a répondu : c’est un scandale et une hérésie pure, pour l’instant nous facturons environ 0,1% de frais de transaction, la taxe sur les transactions financières va doubler les frais pour le client. Euh, comment te dire…. gentil banquier ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/01/2012 @ 12:30

  13. Quelque soit mon goût pour la lecture ou mon rejet des augmentations d’impôts, je ne peux pas vous suivre sur l’idée que cette mesure tape sur les "intello". La TVA sur les livres reste à 7 %. Contre 19.6 % pour le taux normal. La niche fiscale se réduit (un peu), mais le livre reste encore très favorisé par rapport à d’autres secteurs.

    Commentaire par BN — 04/01/2012 @ 13:10

  14. Ah faut le faire pour mettre en parallèle une augmentation de la TVA "livres" de 1,5 point et la mise en place d’une taxe Tobin (ça fait un peu monomaniaque, dites, quand même; je sais bien que c’est votre métier, m’enfin…).
    Bref, on s’en fout de cette micro-augmentation, ça ne changera pas grand chose pour pas grand monde (pour ne pas dire rien pour personne). Par contre je continue à être indigné par le lobbyisme des gentils libraires cultivés conseils précieux contre les vilains gros marchands (genre attaquer Amazon pour faire interdire l’expédition gratuite en l’assimilant à une baisse déguisée du prix du livre… merci les gars, je retiens que vous voulez mon bien). Je commande à peu près tout chez Amazon, et le marché d’occasion de Gibert est également très intéressant. Le seul intérêt des librairies, pour moi, est de pouvoir feuilleter les ouvrages avant d’acheter, les previews Amazon restant encore trop rares et incomplètes. Mais dans toutes celles que je connais, le conseil est nul (en plus d’un choix limité et de délais de commande ubuesques). Pas de valeur ajoutée de ce point de vue, donc.
    Enervons-nous donc plutôt sur le prix unique du livre (et du livre numérique – dont, au passage, le texte de loi recèle un cavalier législatif fa-bu-leux (art.10) : Aliocha, en tant que juriste, je pense que vous apprécierez : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024079563&dateTexte&categorieLien=id)

    Commentaire par VilCoyote — 04/01/2012 @ 14:04

  15. Bofff… je ne suis peut-être pas concernée parce que je ne suis pas française mais… bofff… quoi.
    Les "gentils petits libraires de quartier" qui conseillent et tout et tout (des libraires qui conseillent, j’en connais mais ils ne sont pas "de quartier", plutôt spécialisés, à moins qu’ils ne soient employés de grandes maisons genre Gibert à Paris ou Tropismes à Bruxelles, ceux "de quartier" étant plutôt dealers Levy/Musso/dernier Goncourt/Harlequin) sont quand même bien ceux pour qui a été imposé le prix unique du livre, non ? Et la TVA, c’est le client qui est censé la payer, non (je suis sans doute naïve…) ? Clients que quelques centimes n’empêcheront pas d’acheter un bouquin (mais que le prix des livres peut rebuter).
    Puis, bon, le livre n’a rien d’ "intello". Ni Harlequin, ni le livre de cuisine Top Chef, ni "Anderlecht, 100 matches de coupe d’Europe" ne sont des livres intello… et ce sont pourtant des livres. Quant à la "Princesse de Clèves" elle est obligatoire, la TVA à 5 ou 7 % n’y changera rien, et on continuera à la trouver de stock chez n’importe quel libraire, FNAC compris.

    Alors, d’accord, j’aurais préféré une taxe Tobin qui aurait au moins rapporté quelque chose, mais je ne crois pas que cette taxe-ci changera d’un iota le rapport des gens à la littérature, ni le bénéfice des libraires.

    Commentaire par lambertine — 04/01/2012 @ 14:50

  16. J’entends bien vos arguments sur la modicité de la chose en pratique, quoique la marge des libraires est vraiment faible. Mais transportons-nous si vous le voulez bien sur le terrain des symboles. Car l’air de rien, la crise que nous traversons n’est ni financière, ni économique, c’est une crise de civilisation et des valeurs qui la fondent. Abordée ainsi, la hausse de la TVA sur les livres devient tout de suite plus intéressante. Je ne souffre pas d’anti-sarkozisme primaire, mais je trouve quand même que le symbole ici est lourd.

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/01/2012 @ 15:18

  17. @Aliocha : "l’air de rien, la crise que nous traversons n’est ni financière, ni économique, c’est une crise de civilisation et des valeurs qui la fondent" : oulah. Comme ça, avec deux ans de recul sur le début de la crise, et alors qu’on est encore en plein dedans, vous osez une affirmation pareille (et aussi lapidaire) ? Je vais avoir du mal à vous suivre. D’ailleurs je vous regarde partir. Ouhou !

    Commentaire par VilCoyote — 04/01/2012 @ 15:27

  18. @VilCoyote : Tssssss, on ne se moque pas de la maîtresse des lieux dès le début de l’année ! M’enfin ! Pour la peine, vous êtes privé de la magnifique démonstration qui vous aurait convaincu du truc. Et toc !

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/01/2012 @ 15:32

  19. Enfin Aliocha, une crise de civilisation! Nous avons ‘simplement’ un problème budgétaire, et un gouvernement qui tire sur tous les leviers pour maintenir le machin à flot. Que ce choix soit inutile/inefficace/injuste (et autres, la liste n’est pas extensive) est possible, mais delà à remettre en cause la civilisation.
    La question est plutôt: pourquoi la culture (qu’il faudrait un jour définir, la polysémie permet de tout y mettre) devrait-elle être privilégiée? Si le taux normal de TVA est de 19,6%, au nom de quoi la culture devrait-elle y échapper? Est-elle vitale? Je me souviens de quelqu’un qui y voyait une gourmandise… donc un luxe non ?
    PS: je ne suggère pas de passer de 5,5 à 19,6 demain… Plus que tout, je me méfie des changements brutaux sans réflexion préalable.

    Commentaire par Kaeldric — 04/01/2012 @ 15:44

  20. Peut-être. Peut-être aurait-il été plus judicieux d’instaurer une taxe générale à 7% sur tous les supports papiers, de la presse écrite aux livres. Au moins, le fait de penser ramener de l’argent dans les caisses seraient plus justifiées.

    Enfin, les livres, oui, on peut le considérer comme un luxe, et donc le taxer, mais la j’attire l’attention sur un autre point. J’y vois aussi des déséquilibres entre auteurs, maisons d’éditions et distribution. Les marges et les leviers de pouvoir allant croissants de gauche vers la droite. Beaucoup de grands distributeurs achète des livres a minimum avec une remise de 35% du prix.

    Bref, oui ca m’attriste pour les libraires du coin de la rue et comme vous, leurs points de vue qui ouvrent les miens. bref le bouche a oreille des belles découvertes ne s’arrêtent pas que la, et tant mieux en un sens.

    http://www.scoop.it/t/contemporary-fiction?tag=Edition

    Commentaire par Henri Moufettal — 04/01/2012 @ 15:49

  21. @Kaeldric

    Oui, nous avons un problème budgétaire, mais les choix qui sont effectués, transforment cette crise en crise de société.

    Lorsque la population n’a plus confiance,
    - ni en ses institutions (mais elle ne font rien pour cela, suffit de voir la modification de la constitution, tout le monde (droite, gauche) doigt sur la couture pour pouvoir ratifier lisbonne parce que le peuple avait dit non)
    - ni en son président (ni en son/ses outsiders)
    - ni en sa justice
    - ni en sa police
    - ni dans ses médias

    Lorsque ceux qui gouvernent décident de jouer contre la population pour sauvegarder les bénéfices de quelques-un

    je ne sais pas comment on peut appeler cela à part "crise de civilisation."

    Mais on peut se voiler la face et dire que c’est juste un soucis d’ajustement budgétaire, c’est plus facile à gérer dans son esprit, y a juste à passer quelques écritures pour changer le tout surtout sans rien changer, "parce que pour moi ça va merci." et les autres ce sont que des râleurs faignants assistés.

    Commentaire par herve_02 — 04/01/2012 @ 20:30

  22. @herve_02 : on appartient à la même bande de rebelles vous et moi, non ? ;-)
    @Kaeldric et VilCoyote : OK, je vous accorde que l’expression est grandiloquente et impose l’explication. Globalement, je rejoins Hervé_02 sur ce coup-là, ou l’inverse d’ailleurs ;-) Vous noterez, comme me l’avait d’ailleurs prédis l’un des conseillers actuels de Sarko en 2002 ou 2003 je ne sais plus, que les crises financières sont de plus en plus rapprochées et de plus en plus graves. Que celle de 2008 a amorcé une réflexion qui se poursuit avec celle-ci sur la question de la place de la finance dans la société et, plus profondément sur la société de consommation. Que le politique me parait structurellement débordé, par la finance autant que par la mondialisation (réduction de la marge de décision des politiques nationaux, quasi-inexistence d’accords internationaux dotés de substance). Que l’Europe menace de voler en éclats. Que la planète va nous éclater à la figure si on n’y fait pas un peu attention. Qu’on voit le bout des énergies fossiles. Qu’on bascule du papier à la toile. Que les pays dits émergents commencent à émerger pour de bon. Qu’on destructure et recompose la famille, etc, etc. Qu’on abandonne l’industrie sans trop savoir ce qu’on va mettre à la place. Que les frontières n’ont plus guère de sens, mais que la mondialisation représente une nouvelle dimension dans laquelle on n’est pas encore complètement à l’aise. Quand je dis "crise", je ne dis pas qu’on va disparaître, ni même que tout va mal, j’ai simplement le sentiment que les paradigmes sont en train de bouger très profondément et que ce qu’on vit dépasse de très loin le seul problème de la dette souveraine des pays européens. Pour moi, il y a changement de système, mais ce n’est que mon avis et je ne prétends pas du tout avoir raison…

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/01/2012 @ 20:50

  23. @herve_02
    La civilisation occidentale moderne, même si l’on peut discuter longtemps de son point de départ, ne commence pas avec la V République Française. Les crises éventuelles de cette dernière ne sont donc rien pour une civilisation qui en a vu d’autres (Guerres de religions, Révolutions en tout sens, Guerres Mondiales… sans oublier par des changements significatifs du type 90% des paysans devenus 2%…).
    Quand à la crise actuelle, je la relativise non par optimisme, mais par habitude. Je ne suis plus tout jeune, mais j’ai encore toute ma mémoire :-) Pourtant, je ne me souviens pas d’avoir jamais vécu hors de "la Crise". La vie même, ce n’est pas un bonheur total (type ataraxie grecque), mais une suite sans fin et répétée de problèmes que l’on s’acharne à dépasser, se succédant les uns aux autres. Il n’y a pas de lendemains qui chantent.
    Ce que je moque en l’appellant ‘problème budgétaire’ est un vrai problème, qu’une modification de TVA ne règlera pas. Il faudrait profondément revoir notre modèle de société. Sans cela, on fera durer le déséquilibre sans le régler. Mais non, ce n’est pas la fin du monde, ni même d’une civilisation…

    Commentaire par kaeldric — 04/01/2012 @ 20:57

  24. @Aliocha
    Pour reprendre vos exemples, ce types de crises est déjà arrivés:
    - financiaro-monétaire (histoire des monnaies, spoliations des banquiers, lombards, juifs… les exemples abondent), le conflit entre Etats et Finances est vieux… comme les Etats;
    - L’Europe menacée de voler en éclat… L’histoire de l’Europe n’est que guerres! Nous sommes sans doute dans la période la plus calme de l’Europe depuis des siècles;
    - le bout des énergies fossiles? Désolé, mais on ne le voit pas encore contrairement à une idée reçue, mais fausse;
    - Bascule papier-numérique? Bof, les Grecs étaient essentiellement oraux (écrits rares; exemple on apprenait par coeur), puis le moyen age a sacralisé l’écrit ‘référence’ (rare mais précieux et supérieur à la mémoire). L’imprimerie a encore une fois changé le rapport à l’écrit en le généralisant "a coût quasi nul" (rapporté à la transcription par moine copiste)… Maintenant Internet, demain autre chose;
    - Les pays émergents émergent! Mais tant mieux. Je n’éprouve aucune joie à les maintenir dans la misère;
    - L’industrie disparait: oui, comme l’agriculture avant elle. La productivité ne fait pas que baisser les coûts, elle réduit le nombre d’individus nécessaires à la production. Mais les services explosent;
    - La mondialisation a toujours existé (route de la soie…). La spécialisation et la chute des coûts du transport l’accélèrent. Mais c’est ‘simplement’ une conséquence de la spécialisation d’un coté (sous traitance-concentration) et des différences des couts des ressources (riches-pauvres). Si les émergents émergent, justement un équilibre ne peut qu’apparaître…

    Le monde change. mais quand a-t-il jamais cessé de changé? Ou est-ce notre regard? Quand on est convaincu que l’on ne peut que perdre, que changement ne veut dire que risque, que l’on rêve d’un monde stable (immobile?), alors oui, il est normal d’avoir peur. Mais il est aussi possible de voir des opportunités en plus des risques, des gains au milieu des pertes.
    S’il est une chose que l’histoire et la géographie nous apprennent, c’est que l’homme est incroyablement ‘plastique’, et s’adapte à quasi n’importe quoi.

    Mais je vous rassure, je ne prétends pas non plus avoir raison. J’ai en la matière plus de doutes que de certitudes.

    Commentaire par kaeldric — 04/01/2012 @ 21:32

  25. @ kaeldric
    "Il faudrait profondément revoir notre modèle de société" -> ca veut dire crise de société ?

    je crois que vous avez décidé que la civilisation est une et entière depuis la découverte du feu. Hors il y a eu de nombreuses civilisation, les unes s’empilant sur les autres. les 2 guerres ont vu un changement de société, les 30 glorieuses ont été un changement de société et aujourd’hui est une crise de société qui verra peut être un changement de société.

    dans mon esprit, il y a eu plusieurs "révolutions" importantes :
    la révolution biologiques "animal" -> homme (préhistoire ?)
    la révolution grégaire homme -> communauté (préhistoire ?)
    la révolution du pouvoir communauté -> pourvoir d’un seigneur (moyen-age)
    la révolution du pouvoir le retour centralisation du pouvoir vers un état
    la révolution industrielle agriculture -> industrie productiviste (19ème et 20ème)

    il y a en cours une révolution politique (la révolution du pouvoir part3) citoyen -> acteur de la vie politique (c’est le cas actuellement, ce qui explique le rejet pur et simple de tous les margoulins qui vivent sur notre dos comme des parasites)

    et il arrive la révolution du mieux vivre productivisme -> recyclage perso qui refusera cette société productiviste.

    Les jours du "on a toujours fait comme ça" sont comptés.

    Commentaire par herve_02 — 04/01/2012 @ 21:34

  26. Bon, ben ce que vous nous décrivez là, c’est un peu le changement social, économique et politique tel qu’on le connaît de fort longue date. Certains de ses aspects accélèrent et sont plus marqués en ce moment, sans doute. Mais y voir une "crise de civilisation"… ou alors on en a déjà connu trois ou quatre ou cinq depuis la fin du XVIIIe siècle. Ca fait des civilisations de Playmobil, ça.
    Je pense que le fait qu’on ait le nez dedans, qu’on flippe de savoir comment ça va se finir, et que les media en rajoutent dans la dramatisation (dont vous êtes sans doute aussi victime en tant que lectrice) influe sur votre perception des choses et que, quand on aura calmé un peu le jeu et qu’on aura quelques années de recul, on verra que finalement ça ressemble à tous les changements qui rythment l’évolution du monde depuis deux siècles et demi (je prends cette époque là parce qu’elle correspond en gros à l’accélération du temps). J’avais eu en philo le sujet "Les contemporains d’un événement historique sont-ils les mieux placés pour le comprendre ?". J’avais répondu "non", en substance. Je réitère ma thèse. Et j’avais eu une bonne note ;-)

    Commentaire par VilCoyote — 04/01/2012 @ 21:36

  27. @VilCoyote

    oh, non, on ne flippe pas de savoir comment ca va finir, et les médias ne m’influence pas car je ne les lis pas.

    Ensuite, souvent les "grands changements" partent d’un tout petit point de détail. On peut toujours l’ignorer et faire comme si de rien n’était. Mais vous aurez du mal à me faire croire qu’il y a peu de différences entre mettons 1850 et 1950. Alors effectivement il y a un état dans les 2 cas, une population aussi, et des gens qui vivent. C’est sur qu’au niveau philosophique ca fait pas de grand changement. MAis dans les faits…

    Alors bien sur on peut les comparer à l’échelle de l’Histoire (et c’est rien du tout), mais cette échelle est inutile pour l’individu qui juge à l’aune de 3 générations (lui, parents, enfants) et à cette échelle les changements Historiques microscopiques deviennent macroscopiques.

    A ce sujet j’ai moi aussi un sujet de philosophie (sur l’histoire justement) : l’histoire est-ce la différence entre la préhistoire et la période contemporaine (histoire de l’homme) ou la différence entre ce qu’a connu ses parents et ce que connaitrons ses enfants (histoire pour l’homme) ?

    Commentaire par herve_02 — 04/01/2012 @ 22:33

  28. @ Kaelderic (#4)
    Un bouquin à 20 € TTC avec TVA à 5,5%, ça fera 20,28 € TTC avec une TVA à 7 % … Pas 20,22 € … Détail me direz-vous …

    "petit point de détail" comme l’écrit herve_02 …
    (vous avez vu la transition ;-) )

    Le débat des derniers commentaires pourrait être (philosophiquement) intéressant … s’il ne me semblait pas biaisé par une question de vocabulaire !

    "Crise de civilisation", Aliocha l’admet elle-même, c’est un peu emphatique !

    Mais avant de débattre sur "crise de civilisation" versus évolution normale de toute société vivante … ne faudrait-il pas vérifier ce qu’on entend par "civilisation" ?

    Est-on tous d’accord pour parler de "civilisation" romaine, qui s’est étendue sur une importante partie de l’Europe jusqu’au 4e siècle après JC ?
    Est-ce que l’époque et la société des carolingiens peut-être alors qualifié d’une (autre) civilisation ? Ou juste d’une autre société appartenant à la même civilisation ?

    Et les indiens (d’Inde) … et les Chinois ? Et les japonais, de l’époque des samouraï et de l’époque après 2e Guerre Mondiale ?

    Ce qui me semble rejoindre les avis de VilCoyote et d’Herve_02, c’est qu’ils sont d’accord pour admettre que depuis au moins un siècle (voir 2), il y a une "accélération" du rythme des changements …

    Est-ce que ce "nouveau rythme" c’est la caractéristique d’un "changement de civilisation" ?
    Voilà un beau sujet, non ?

    Commentaire par Yves D — 04/01/2012 @ 23:22

  29. @aliocha :

    Oh, et puis, hein ? Alors :

    "Quand je pense que si Madame de La Fayette n’avait pas écrit La Princesse de Clèves, nos libraires de quartier continueraient de survivre tranquillement en vendant par exemple Zadig & Voltaire aux politiques de l’UMP. Là, ils semblent bons pour les Restos du coeur. Alors bien sûr, on peut toujours commander chez Amazon, ou bien se laisser attirer par les sirènes de la FNAC et autre Virgin. Entre nous, j’avoue avoir passé des heures dans ces enseignes, bercée par l’illusion de pouvoir tout trouver, y compris et surtout ce que je ne cherchais pas. Mais il me faut bien avouer que c’est dans une librairie traditionnelle que j’ai fait les plus belles rencontres. Et vous ?"

    Et moi, et moi, et moi ?

    Alors voilà : Marcel Proust, autour de Mme Swann…

    "remarquons que la nature que nous faisons paraître dans la seconde partie de notre vie n’est pas toujours, si elle l’est souvent, notre nature première développée ou flétrie, grossie ou atténuée; elle est quelquefois une nature inverse, un véritable vêtement retourné"

    Ou encore, au sujet de M. de Norpois…

    "Comme tous les capitalistes, il estimait la fortune une chose enviable, mais trouvait plus délicat de ne complimenter que par un signe d’intelligence à peine avoué, au sujet de celle qu’on possédait; d’autre part, comme il était lui-même colossalement riche, il trouvait de bon goût d’avoir l’air de juger considérables les revenus moindres d’autrui, avec pourtant un retour joyeux et confortable sur la supériorité des siens."

    Et puis… Vladimir Roubaïev (ou les provinces de l’irréel) de Serge Lentz :

    « Le Vent !

    Rien, sur cette terre, ne vient de si loin et ne respire avec autant d’immensité et de passion que le vent de l’Ukraine.
    Il débouche en hurlant du Golfe de Finlande, amenant avec lui le froid craquant de la Baltique. A Saint Pétersbourg, il écarte les relents putrides des marécages, marque une pause et tournoie dans les taffetas des élégantes dont il emporte les parfums sucrés en repartant vers le Sud. Il descend et draine avec lui l’odeur des boues de la Volga, les derniers soupirs des morts de Novgorod, les épais nuages d’encens échappés des églises de Moscou, les paillettes d’or arrachées aux bulbes de Kiev, il survole les steppes infinies, arrive enfin sur la Mer Noire et apporte la vie aux bateaux en gonflant leurs voiles par l’arrière. »

    Volodia, Vovitchka, Vova… Vladimir Ivanovitch Roubaïev.

    Ma bulle, ma serre… ça tient du rapt, du ravissement (je viens de me laisser enlever par le duc d’Enghien !) et je confesse m’abandonner avec délices au syndrome de Stockholm, à chaque fois.

    Commentaire par Zarga — 04/01/2012 @ 23:53

  30. Vous allez dire que je suis un esprit chagrin, mais je voudrais rappeler quelques faits.

    Contrairement à ce que certains racontent, le livre n’est pas un produit de première nécessité, au rebours de la nourriture. Une partie importante de la population française se passe fort bien de livres, à l’exception d’usuels et de pratiques, achetés pour servir longtemps. Il est d’ailleurs bien possible que ceux qui lisent Proust et les autres auteurs cités plus haut, si l’on excepte les scolaires à qui ces lectures sont imposées, constituent une faible minorité de la population.

    À côté de cela, une grande partie de la population française doit utiliser l’automobile pour se rendre à son lieu de travail. Les carburants automobiles sont très taxés (TVA taux normal + TIPP), l’automobile l’est également (TVA taux normal… et il y a quelques décennies, taux de luxe de 33% !).

    Je rejoins cependant Aliocha sur l’aspect mesquin des sommes concernées par rapport aux enjeux budgétaires… et aux cadeaux fiscaux type baisse de TVA sur la restauration.

    Commentaire par DM — 05/01/2012 @ 11:37

  31. @DM #31 :

    Pour certains, en d’autres temps et d’autres lieux (voir György Lukács), le livre a bien été un produit de première nécessité…

    Commentaire par Zarga — 05/01/2012 @ 17:39

  32. Et même dans une galaxie éloignée…

    Commentaire par kuk — 05/01/2012 @ 22:59

  33. "…le livre n’est pas un produit de première nécessité…"
    Si vous m’enlever mes livres de cuisine, je meurt de faim !

    Commentaire par Maïté — 07/01/2012 @ 23:46


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