La Plume d'Aliocha

29/12/2011

Un peu de joie…dans le métro

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 21:59

Il faut avoir le talent de Philippe Bilger pour raconter sa première expérience du métro sans susciter immédiatement le ricanement du lecteur condamné à l’emprunter régulièrement face à la surprise du néophyte issu de l’élite.  Le magistrat a bien aperçu les pièges de l’exercice auquel il se livrait et avancé l’alibi de son habitude du bus pour effacer le sourire moqueur au stade de l’esquisse. La ficelle est évidente, mais elle ne manque pas de finesse. Je gage en outre que personne ne viendra le contredire sur la description de cette « morosité crépusculaire » – comme c’est joli ! – qui caractérise le métro parisien. C’est vrai que dans le métro on est anonyme, c’est vrai aussi qu’on s’y cotoie sans vraiment se supporter, vrai que la politesse n’y est pas forcément de mise, en tout cas pas celle des dîners mondains. Vrai encore que le SDF hurlant son histoire par-dessus le fracas de la rame pour tenter de faire frissonner les âmes et déclencher le don a de quoi indisposer, moins par son caractère intempestif que par sa capacité à nous confronter à nous-mêmes, aux limites de notre empathie et de notre générosité. Ah ! Le traitre.  Comme on lui en veut de nous obliger à faire semblant de l’ignorer. Le métro est déjà bien assez désagréable comme ça et nos journées épuisantes, pour ne pas en plus être obligé d’assumer le regard lourd de reproche de  celui, plus malheureux que nous,  à qui l’on ne donne pas. Même si au fond, il quêtait autant le sourire que la pièce ou le ticket restaurant…

En réalité, il faut être raisonnablement heureux pour s’irriter  du métro. Ayant hérité d’une nature que j’aurais aimée plus tiède, je suis capable de joies fulgurantes et de tristesses insondables. Et c’est lors d’une de ces phases de profond désespoir que j’ai découvert la grâce du métro. C’était il y a 23 ans. Toute jeune étudiante à Assas, je venais de vivre mon premier chagrin d’amour. Et j’arrivai sanglotante sur le quai de la station Notre-Dame-des-Champs,  quand un jeune SDF s’approcha de moi : « vous n’allez pas bien mademoiselle ? ». Ô misère ! A cette époque, le métro me terrorisait. Et j’étais là, en larmes, affreusement vulnérable, face à un homme qui, il faut bien l’avouer, me faisait peur.  Je ne répondis pas. Quand la rame surgit, je montai dans le wagon et m’assit sur un strapontin. Le jeune homme m’avait suivie. « Mesdames et Messieurs, j’allais vous demander de l’argent, mais je m’aperçois à cet instant précis qu’il y a dans ce wagon une personne plus malheureuse que moi. Alors je ne vous demanderai qu’une chose, si quelqu’un va dans le même quartier que cette jeune fille, qu’il prenne soin d’elle ». La femme assise à côté de moi me demanda où j’allais et je lui répondis en bredouillant car la confusion d’être au centre de tous les regards s’ajoutait à ma tristesse. L’homme est descendu à la station suivante après s’être assuré que l’on s’occupait de moi (1). Je ne l’ai jamais oublié et il m’arrive encore aujourd’hui de me demander si, à sa place, j’aurais été capable d’un tel geste…

Depuis lors, j’ai vécu comme tout le monde quelques frayeurs, beaucoup de retards, de grèves, de wagons bondés et surchauffés, d’attentes infinies dans les tunnels, de crises de claustrophobie et de voyages fastidieux. Mais il me revient aussi  en mémoire quelques jolis gestes de solidarité, des éclats de rire, des moments de tendresse et même des émotions collectives suscitées par un musicien de talent. Comme ces chanteurs australiens fabuleux qui, l’espace de quelques stations sur la ligne 1, suscitèrent une telle ambiance que certains voyageurs se mirent à danser tandis que les autres échangeaient des sourires radieux. Ou bien cet étudiant aussi ivre que joyeux qui invitait les passagers un  soir à se déshabiller en brandissant une bouteille de champagne à moitié vide. Il devait se plaindre que personne n’obéissait car un de ses camarades lui lança : « comprends-les, ils sortent du bureau, ils sont crevés et d’un seul coup y a un type qui fait l’hélicoptère dans le wagon en leur demandant de se foutre à poil ». J’en ris encore.

Et puis un jour, il n’y a pas si longtemps, je me suis retrouvée de nouveau dans un état de détresse. J’avais froid au coeur et j’ai ressenti un étrange réconfort en descendant dans le métro. Les lumières, la foule, l’agitation m’ont réchauffée. Voyez-vous Monsieur Bilger, pour comprendre ce que le métro peut avoir au fond de réjouissant, il faut avoir connu des chagrins insondables. Alors vous saisissez pourquoi les exclus vont s’y réfugier et  vous apprenez à leur sourire. Non pas du haut de votre bonheur, mais dans la complicité. C’est à ce moment-là seulement que vous effleurez le sens du joli mot « fraternité ».  Mais comme je ne vous souhaite pas d’être triste, et moins encore d’être affligé d’une âme russe, je me contenterai de vous dire : ne vous crispez pas, regardez autour de vous,  si vous êtes attentif, vous découvrirez des raisons de sourire, de vous émouvoir ou de rêver dans le métro. Et vous finirez par l’aimer…

(1) Cet inconnu m’a infiniment touchée et beaucoup appris sur la solidarité entre êtres humains. Ce billet lui est dédié. 

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26 commentaires »

  1. Bonjour.

    Superbe texte. Je l’ai lu avec grand plaisir. Je n’ai jamais réussi à donner, et il m’en reste un énorme sentiment de culpabilité. Seuls les musiciens pouvaient recevoir mon obole. Il m’était trop difficile de tendre la main pour donner.

    Le métro m’a toujours fasciné, du fait de son ambiance si particulière, et de son cosmopolitisme souterrain.

    Amicalement, Bruno

    Commentaire par bruno — 29/12/2011 @ 22:08

  2. Je n’ai fait que survoler ce matin le billet de M. Bilger mais j’aime beaucoup le vôtre, un vrai conte de Noël.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 29/12/2011 @ 22:26

  3. […] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } laplumedaliocha.wordpress.com – Today, 3:35 […]

    Ping par Un peu de joie…dans le métro | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 29/12/2011 @ 22:36

  4. Va voir le film « Le Havre » toutes affaires cessantes. Tu vas y retrouver le SDF de ton métro. Et plein d’autres gens simples qui deviennent des personnes extraordinaires en faisant preuve de solidarité. C’est aussi bien et aussi déjanté qu’un roman de Paasilinaa qui est un autre Finlandais !

    Commentaire par Un partageux — 30/12/2011 @ 00:25

  5. A propos de musiciens talentueux, le petit orchestre de Châtelet, en bas de l’escalier, à l’entrée du couloir de la ligne 4, est une vraie merveille, il y a toujours une dizaine de spectateurs, et ils ont l’air de ramasser un pécule bien mérité. Ca vaut bien mieux que pas mal de merdes qu’on entend dans les salles de concert !!

    Commentaire par VilCoyote — 30/12/2011 @ 02:06

  6. Essayant moi aussi d’ecire sur mon blog, j’ai été trés touché par vos lignes.
    Bonne continuation 🙂

    Commentaire par MrCuddles — 30/12/2011 @ 10:32

  7. Touchant.

    Commentaire par T0rv4ld — 30/12/2011 @ 10:45

  8. C’est l’histoire de Francis : http://blogs.rue89.com/francis-paris/2011/12/29/francis-refait-surface-je-suis-pas-encore-mort-226101

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/12/2011 @ 12:06

  9. @ Bruno : Vous n’êtes pas seuls … Moi aussi, face à la (quasi) quotidienne sollicitation (et au message stéréotypé et imprimé sur les petits bouts de bristol qu’ils vous posent sur les sièges en dehors des heures de pointe), j’ai décidé de ne plus donner individuellement sauf si, en retour, il me « donnent » quelque chose (musique, essentiellement). C’est sans doute injuste, mais finalement je ne suis pas responsable de leur sort, et je « rachète » ce qu’il me reste de culpabilité en donnant au Resto du Coeur et autres …

    Sinon, comme l’écrit Denis Monod-Broca, ce texte à tout du conte de Noël !

    Alors, même si pour certains cette période de « réjouissances obligatoires » rend encore plus insupportable leur tristesse, ne boudons quand même pas notre chance de ne pas être dans leur état, et tout en constatant notre impuissance à rendre ce monde meilleur pour tous, profitons de ce que la vie peut avoir de joyeux pour le partager avec ceux que l’on aime !
    Bonne fêtes à tous, même dans le métro !

    Commentaire par Yves D — 30/12/2011 @ 12:21

  10. C’est un très joli conte de Noël, Aliocha. Ca fait du bien dans la morosité ambiante.

    Commentaire par lambertine — 30/12/2011 @ 12:32

  11. La station rue du Bac de la ligne 12, aux heures de pointe, est celle où le métro est le plus bondé car il se videra à la suivante (Sèvres-Babylone).
    Hé, bien, c’est justement à cette station qu’il nous a fallu tous descendre sur le quai car une porte du métro refusait de se fermer. Donc les voyageurs d’un train bondé attendaient le métro suivant (bondé évidemment) pour le prendre d’assaut.
    La mélée qui s’en suivit aurait mérité un dessin de Dubout dans les guerres pichrocolines.
    Mon frère étudiant portait un planche à dessin et son T.
    Les forces s’exerçant sur chaque extrémité de la planche formaient un couple aléatoire faisant tournoyer mon pauvre frère au milieu de rafales d’insultes.
    Un bien beau souvenir.
    50 ans aprés j’en rigole encore…

    Commentaire par araok — 30/12/2011 @ 13:55

  12. Je verrai certainement le métro d’un autre oeil maintenant.
    J’ai vraiment aimé cet article!

    Commentaire par L'auteur — 30/12/2011 @ 15:27

  13. Voilà bien quinze ans que je ne prends plus le métro pour aller bosser, mais je ne pense pas que les gens ni l’ambiance aient tellement changé… Les métros bondés de l’heure de pointe avaient « le » avantage de nous épargner le sempiternel refrain du quêteur à gobelet plastique « Un franc ou deux ou un ticket restaurant pour manger et rester propre », lequel cédait invariablement la place à l’autre, « J’ai le sida Messieurs-Dames, je peux vous montrer les preuves que j’ai le sida »… Ceux-là, de même que les violoneux, accordéoneux et autres marionnettistes entamaient leur ronde à l’heure où la foule laborieuse a gagné son lieu de travail, quand la circulation redevient possible dans les wagons, quand le touriste se mêle aux victimes de pannes d’oreillers et de caténaires.
    « le SDF hurlant son histoire par-dessus le fracas de la rame pour tenter de faire frissonner les âmes et déclencher le don », Aliocha je ne m’en souviens pas. Les miens rabâchaient ce discours appris par cœur comme un écolier récitant sa leçon, sans âme, sans même paraître comprendre le sens des mots prononcés… Mais comment donner des accents à une formule ressassée encore et encore sur des kilomètres et des kilomètres ? Une formule dont la magie n’opère guère…
    .
    Je les revois traversant le wagon, guettant alentour la main qui plonge dans un sac ou un manteau pour en sortir peut-être un porte-monnaie, se dépêchant cependant d’atteindre l’autre porte afin de changer de wagon à la prochaine station. Je me souviens avoir donné… parfois… Alors pour ne pas risquer de subir la gêne imbécile d’être pris en flagrant délit (lorsque le quêteur s’arrête devant vous attendant l’obole), à l’avance, je préparais ma pièce pour donner subrepticement, comme un voleur.
    Bien sûr je participais comme tout le monde à cette indifférence mi-agacé, mi-résigné à la ronde des importuns.

    Un jour, l’un d’eux a craqué. Il s’en est brusquement prit à son auditoire, je serais bien en peine de rapporter ce qu’il disait, je ne me souviens que de ce type déchiré au fond du wagon qui nous jetait à la face son désespoir. Je crois qu’il y avait dans ses paroles plus de rancœur que de haine. Je n’ai pas le souvenir d’insultes à notre encontre mais plutôt d’amers reproches envers le quotidien de notre indifférence. Il piétinait le rituel, au lieu d’un automate débitant sa ritournelle, nous avions devant nous la réalité… la réalité toute crue d’un homme… Un homme brisé, dont la fierté avait été engloutie par la colère et la peine.

    J’ai conservé en mémoire cet instant terriblement poignant…

    Pour le coup, tout le monde l’écoutait et je crois que je n’ai jamais vu autant de gens donner dans un wagon de métro.

    Commentaire par Memepasmort — 31/12/2011 @ 05:46

  14. Bonjour Aliocha
    C’est comme la metro goldwyn mayer.
    Bonnes fêtes et toujours merci de blog
    Lambda

    Commentaire par Lambda — 31/12/2011 @ 09:59

  15. @Memepasmort
    j’ai le souvenir d’un sdf qui n’en revenait pas que je lui donne 10 euros pour un journal vendu 2, j’allais pas lui demander la monnaie!
    et j’ai aussi le souvenir d’un regard que jamais je n’oublirai, celui d’un sdf à qui je n’avais donné que mon indifférence jusqu’à ce que je croise son regard lorsqu’il attendait devant la porte de la rame.

    J’ai vu un monde de désespoir et d’humiliation, j’ai eu honte et lui ai glissé une pièce discrètement

    Par contre ne donnez JAMAIS rien à ces roumains qui chassent dans les rues ou les train. C’est juste une maffia qui vire même même les vrais sdf de ces lieux.
    N’encouragez pas l’exclavage et l’exploitation.

    ————————
    @alliocha
    je ne suis pas sur de comprendre ce que vous voulez dire au sujet du blog de Philippe Bilger.
    Je l’avais déjà lu et il m’avait fait cruellement penser à cette image de campagne de Balladur dans une rame de métro où il était aussi à l’aise qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine

    Bonne année à tout le monde!

    Commentaire par Fredo — 31/12/2011 @ 16:12

  16. excellent billet

    ça me fais penser à la blague de la jeune aristocrate qui décide de découvrir ce que peut bien être ce « métro » dont on parle tant. Armée d’esprit d’aventure elle s’enfonce courageusement, contre l’avis de sa famille, dans l’antre inconnu et mystérieux. Elle croise alors un drôle d’hère qui lui tend la main et lui déclare ne pas avoir mangé depuis 3 jours… « mais il faut vous forcer, mon pauvre ».

    Bonne année

    Commentaire par gnarf — 31/12/2011 @ 17:05

  17. Quand même, je ne peux pas m’empêcher de penser aux Inconnus:

    Auteuil, Neuilly, Passy, tel est notre ghetto…

    Bonne année à notre hôtesse et à ceux qui fréquentent ces lieux.

    Commentaire par araok — 01/01/2012 @ 09:38

  18. Dans la même veine que celle de Gnarf:
    Marie-Chantal, est un personnage de blagues, une jeune femme très riche et très snob, imaginé par Jacques Chazot.
    Un jour, elle dit à une amie « J’ai pris le métro. Tu connais ? »

    Commentaire par XC — 01/01/2012 @ 11:13

  19. Son univers est sale, puant, souvent moche et sombre… Mais allez savoir pourquoi, j’adore le métro !
    C’est plus facile à présent que je ne le prends presque plus, mais c’était déjà le cas lorsque j’allais travailler en suivant ses lignes souterraines.

    Commentaire par Oph — 01/01/2012 @ 13:07

  20. Belle histoire effectivement.

    Concernant Philippe Blger; il s’étonne, à l’occasion d’une de ses rares sorties en métro, de ce que le visage de ses voisins ne respire pas le « bonheur d’être ensemble », et extrapole : « un pays qui montre ce visage souffre de quelque chose. »

    Utilisateur du métro depuis près de 30 ans, l’ayant comparé à son équivalent New-yorkais et Tokyoïte, je crois qu’il fait fausse route.

    L’attitude de l’usager du métro, que sa subjectivité interprète comme l’expression que « qui que vous soyez, vous n’êtes RIEN » est au contraire une marque de respect de l’intimité. Chacun cherche à garder ses pensées et ses émotions pour soi, ce qui aboutit à la protection de l’intimité de tous, au détriment de l’empathie que Bilger semble regretter, mais que nous ressentons confusément comme un risque. Esquisser un sourire envers son voisin, lui adresser la parole, c’est prendre le risque de le déranger, et donc risquer d’être frustré en retour. Pour briser ce consensus du « je fais comme si tu n’étais pas là », il faut des petits événements exceptionnels. Mais ce consensus joue un rôle utile : il nous protège, et rien ne nous empêche, sous notre masque de tristesse apparente, d’être heureux.

    La comparaison avec le métro de Tokyo est éclairante : il est encore plus dur d’y croiser le regard de son voisin, même lorsque notre look d’étranger détonne manifestement. La sensation d’être invisible nous frappe de manière aiguë la première fois. Faut-il y voir la marque d’un peuple qui a perdu le « bonheur de vivre ensemble » ? C’est plutôt, comme dans le métro parisien, la marque du respect de l’intimité, poussée encore plus loin. Et comme dans le métro parisien (peut-être le seul où on vous tient la porte qui suit le tourniquet !), la politesse s’y exprime par d’autre moyens : par exemple, par le respect des files d’attente dessinées sur les quais.

    Ah, la file d’attente… Certaines stations parisiennes s’y essaient trop timidement, comme si on ne pouvait pas attendre du Français une telle discipline. Pauvres Français, à qui on reproche de n’être ni assez latins (ils font la gueule dans la métro) ni assez nordiques. Et que je trouve, moi, finalement assez admirables, n’en déplaise à Philippe.Bilger.

    J’oubliais : si le peuple japonais est réputé pour sons sens civique, il faut dire qu’on l’y aide un peu : essayez de prendre le métro sans billet pour voir… Avoir supprimé le « poinçonneur des lilas » n’a pas été sans conséquence sur le sentiment d’incivilité et d’insécurité qui prévaut dans le métro parisien.

    Commentaire par Tocquevil — 02/01/2012 @ 15:53

  21. @Tocquevil : j’aime bien votre approche, mais à la réflexion, je pense qu’il y a quand même un problème de courtoisie dans le métro, même si vous avez raison de pointer la nécessité du périmètre vital. Et je pense qu’au respect, tout à fait louable, s’ajoute l’irritation de l’Autre, l’égoïsme, la fatigue, le métro perçu comme un mal nécessaire à endurer dents serrées en attendant que ça passe, etc….

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/01/2012 @ 22:09

  22. Essayez le métro pétersbourgeois, et vous aurez alors la nostalgie du réseau parisien, qui vous paraîtra aussi merveilleux que le Paris d’antan fantasmé dans Amélie Poulain.

    En Russie, on s’engouffre dans des profondeurs dantesques par des escalators interminables, placés sous la surveillance de dames en uniforme aux sourcils austères et au front sévère. Aucune sorte de courtoisie ne semble caractériser les relations entre les usagers, tous opaques l’un à l’autre. Une fois, lorsque j’ai quitté mon siège pour l’offrir à une babouchka racornie par les années, cette personne semblait tellement illuminée de joie que j’en déduisis que mon geste, somme toute encore banal en France, était inhabituel et inespéré là-bas.

    Par contre, c’est propre, et on s’épargne ce fumet particulier du métro parisien, ce remugle de pisse et de gerbe qui surprend toujours lorsqu’on n’a pas l’habitude.

    Commentaire par Switz — 04/01/2012 @ 11:20

  23. J’ai habité Paris pendant 10 ans, et je n’y retourne maintenant qu’à l’occasion de cours, de réunions ou, parfois, de visites à titre personnel. J’étais habitué au métro, mais j’avoue que j’ai maintenant plus de mal à le supporter — y compris les « musiciens ». C’est donc un problème d’habitude.

    Commentaire par DM — 08/01/2012 @ 14:50

  24. À Rennes on a un métro aussi, eh bien j’ai remarqué que les gens y sont presque aussi inciviques qu’à Paris (pour le peu de fois où je l’ai pris dans la capitale).

    Notre métro est un peu plus moder… euh, récent, et peut-être un peu moins sinistre (il n’y a pas les portails qui se referment automatiquement sur vous à l’entrée de la station par exemple), mais on ressent toujours cette « oppression mécanique » des machines qui vont à leur rythme, sans se préoccuper le moins du monde des êtres humains qui sont censés les utiliser…

    C’est aux heures de pointe que ressort tout l’égoïsme et à la bêtise de nos compatriotes, incapables par exemple de faire un simple pas de côté pour se tasser un peu pour gagner un peu de place pour les nouveaux entrants, qui ont l’air d’empiéter sur leur espace vital…

    Pourtant la plupart de ces gens ne sont pas plus méchants que ça. Comme on s’énerve plus facilement au volant de sa voiture qu’à pied, c’est la situation et l’habitude qui modèle notre comportement, ainsi que l’émulation. Le sous-dimensionnement des métros qui crée cette impression d’exigüité, et les portes de la rame qui se referment automatiquement après quelques secondes, menaçant de laisser sur le carreau celui ou celle qui n’aura pas assez bousculé.

    Finalement, c’est peut-être cette tyrannie de la machine qui déshumanise les foules, et notre société de consommation toute entière qui déshumanise et divise les gens. C’est peut-être pour ça que les bus conservent un certain charme, malgré leur confort plus réduit et leurs horaires plus sporadiques: ce conducteur qui parfois s’arrête pour attendre les retardataires, ou qui peut vous indiquer à quelle station descendre. Mais on y remédiera, c’est juste une question de temps…

    Commentaire par Jor — 09/01/2012 @ 14:55

  25. […] jeune éditeur, Rue Fromentin. Un auteur que je ne connaissais pas, Bertrand Guillot, touché par  l’un de mes billets, m’envoyait son livre. Je l’ai reçu hier matin et lu dans la journée. Bertrand […]

    Ping par Chroniques minuscules du Paris souterrain « La Plume d'Aliocha — 10/01/2012 @ 09:33

  26. Merci pour votre article, Philippe Bilger est encore bien trop souvent méconnu du grand public.

    Commentaire par logiciel turf — 18/02/2012 @ 02:34


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