La Plume d'Aliocha

22/12/2011

De l’imagination que diable !

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 10:28

Je déjeunais il y a deux jours avec un confrère de La Tribune qui me confiait que, sans doute, le journal n’avait plus que quelques semaines à vivre. Les caisses sont vides et les offres de reprise ne s’intéressent qu’à des morceaux du canard, le dépeçage à ce stade apparait donc inéluctable et la version papier sur le point de disparaître. Pour lui remonter le moral (pas à La Tribune mais à mon ami) je lui décrivais avec flamme tous les projets qui marchent, de XXI aux pure players du web, en passant par Polka et le Canard enchainé. Il n’empêche, c’est un peu dur à vivre, pour nous  les journalistes, de voir tout cela s’effondrer et de ne pouvoir s’empêcher de penser que nous payons les erreurs de nos aînés, leur manque de vision, leur gestion calamiteuse, leur fausse certitude que tout ceci allait durer jusqu’à la nuit des temps, c’est-à-dire au fond jusqu’à ce que tout ce petit monde, je parle des sexagénaires et plus aux commandes actuellement dans les médias, prenne sa retraite. Notez, ils n’avaient pas tort, les journaux papiers mourront avec eux. Et sans doute songeront-ils qu’ils ont créé tout cela, que c’était un peu à eux, et qu’il n’y a pas de raison qu’ils nous lèguent quoique ce soit.

Rue 89 dans l’ombre rassurante de l’Obs

Toujours est-il que Rue 89 vient d’être racheté par l’Obs. Daniel Schneidermann s’en émeut ce matin, et pour cause, l’un des pionniers de la nouvelle presse court s’abriter dans l’ombre rassurante du dinosaure papier. Ce qui repose la question des Anciens et des Modernes, du modèle gratuit ou payant sur Internet, de la pérennité des pure players quand les  géants de papier se meurent, de la monétisation des contenus et plus profondément encore de la valeur de l’information. Peut-on encore la vendre ou pas ?

Casser les codes

En réalité, il parait évident qu’il va nous falloir réinventer deux choses. Le modèle économique et l’offre éditoriale. Quand on observe en effet ce qui fonctionne, sur la toile et dans le papier, on s’aperçoit assez facilement que c’est tout ce qui casse les codes. « Si Patrick de Saint Exupery (fondateur de XXI) était venu me voir avec son projet, je lui aurais dit qu’il fonçait dans le mur » me confiait il y a quelques mois une consultante spécialisée dans la presse « et j’aurais eu tort » a-t-elle conclu. Aussi brillante soit-elle, elle appartient au vieux modèle et raisonne sur les schémas qui ont fait la presse ces 50 dernières années, que ce soit pour l’offre éditoriale, la diffusion, le marketing, la publicité. A l’heure du gratuit, XXI a opté pour le cher, à l’ère du zapping, le journal a fait le pari des longs articles. Pire, tournant le dos à l’instantanéité, il a choisi la périodicité trimestrielle. Et le fin du fin, il est distribué en librairie et non pas en kiosque. De tous les codes de la presse, il n’en a conservé qu’un seul, l’information. C’est sans doute de là qu’il faut donc repartir. Et puis oublier tout ce que l’on sait et qui ne sert plus à rien, pour inventer du neuf, de l’audacieux. Nous voilà bien avancés, me direz-vous en rigolant. Vous avez raison, ce n’est pas trois réflexions en l’air qui font un business plan. Il n’empêche, les rares succès de la presse aujourd’hui (ou tout au moins les organes qui ne perdent pas trop d’argent, voire sont à l’équilibre) nous indiquent à mon sens la voie à suivre. Et ce n’est certainement pas celle du magazine aspirateur à pub que vient de lancer Le Monde et moins encore le projet de Huffington Post à la française également dans les cartons du quotidien du soir (dieu qu’elle commence à paraître surannée cette expression de « quotidien du soir »).

L’information, ça se paie

Nous sommes au bout des contenus low cost couverts de pub et enveloppés de blister. Imagination, audace et forte valeur ajoutée, voilà ce qu’il va nous falloir apprendre à vendre. En ce sens, le Huffington Post n’est pas un pionnier de la nouvelle presse du 21ème siècle, c’est le dernier, et il est vrai le plus habile, des projets du monde ancien. Le fantasme ultime des dinosaures qui rêvaient qu’un jour on puisse produire du contenu éditorial sans avoir à payer des professionnels de l’information. L’ultime escroquerie qui ne pouvait être réalisée qu’en exploitant des non-professionnels ignorant la rouerie des patrons de presse. Quand les blogueurs s’émeuvent, les journalistes se contentent de sourire, désabusés. Depuis le temps que nos employeurs rêvaient de se débarrasser de nous…Allons, amis patrons de presse et prétendants à l’illustre fonction, ce n’est pas parce qu’on ne sait plus vendre l’information qu’il faut décréter qu’elle doit être gratuite à produire et gratuite pour le lecteur. En réalité, cela s’appelle dissimuler son incompétence derrière l’argument fallacieux de la fatalité. Je vous laisse juge…

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73 commentaires »

  1. Rue89 n’a pas été acheté par le NouvelObservateur, mais par un groupe industriel (fabriquant de toilettes) propriétaire du NouvelObservateur. Cette manière biaisée de présenter les choses a d’ailleurs donné lieu à un exercice de novlangue de la Pierre Haski…

    Commentaire par Pierre — 22/12/2011 @ 11:01

  2. Qu’un marchand de toilettes ait acheté du papier toilette c’était assez logique mais un journal virtuel, alors là c’est un autre business plan…

    Non, pas sur la tête!
    Ok! je sors.

    Commentaire par araok — 22/12/2011 @ 11:37

  3. Le journal parfait :
    1- quotidien : internet
    2- hebdo : papier et internet
    3- pas de jargon, pas d’exercice de style, que du français de base
    4- de la pub autant qu’il veut, il coûtera moins cher.
    5- toute l’actualité qui soit susceptible d’être réfléchie (les faits bruts : c’est de la manipulation)
    6- les faits rapportés, traités d’une part dans ses grandes lignes, d’autre part avec une réflexion compréhensible par tout le monde et en précisant le cadre explicite de cette réflexion (travail honnête de mise en perspective)
    7- sur Internet : trouver des liens sur chaque sujet.
    8- sur internet : pouvoir commenter librement (sous le contrôle d’une censure qui justifie ses choix)
    9- pas de rédaction qui impose une ligne : chaque rédacteur est libre et responsable et éjectable
    10- les rédacteurs sont critiqués et plébiscités par les abonnés.
    11- toutes les manip de la part des politiques, des financiers font l’objet d’une publication, à la Une. Il y va de la crédibilité du journal. Au moindre doute je me désabonne.

    Commentaire par Bray-Dunes — 22/12/2011 @ 11:40

  4. @Bray-Dunes: « de la pub autant qu’il veut, il coûtera moins cher »
    Qui paye contrôle… c’est aussi simple que ça, et les exemples abondent d’annonceurs ayant fait pression pour faire retirer des articles.

    Commentaire par QIAH — 22/12/2011 @ 11:58

  5. Du vrai travail d’investigation et de réflexion, sans concession aucune. des fais bruts et des analyses. publications intégrales des OFF.

    une tribune internet pour les trolls velus sur les contenus avec chaque journaliste qui peut intervenir.

    plus besoin de pubs, il y aura des lecteurs.

    Commentaire par herve_02 — 22/12/2011 @ 12:08

  6. Moi. j’aimerais des références indiquées à l’appui des faits. À l’ère du Web, de l’article Internet, il est inadmissible et injustifiable que l’on dise « une étude scientifique », « un rapport de la Cour des Comptes », « un projet de loi » sans lien vers le document. Je comprends que sur papier, on n’a pas la place de mettre des notes de bas de page, mais en ligne?!

    Commentaire par DM — 22/12/2011 @ 12:11

  7. De plus, la pub, on la paie sur tous les produits promus. La pub est une dépense inutile, peu créatrice de richesse – il y a quand même une culture pub – payée par le consommateur et prix de la concurrence entre produits qui ne peuvent s’imposer par leur seule qualité. Donc même si le journal est moins cher, le budget du lecteur ne diminue pas pour autant.

    Commentaire par kuk — 22/12/2011 @ 12:12

  8. La pub : ça me gêne quand il y en a partout, quand on ne sait plus où ça commence et où ça finit. Si elle se limite à des pages, je n’y fais pas attention et sur internet on peut la bloquer. Si les annonceurs menacent de se retirer : comme dirait mélanchon, bon vent. Si le journal marche du tonnerre de dieu, ils reviendront. Le tout est de ne pas leur céder. C’est juste affaire de courage.

    Commentaire par Bray-Dunes — 22/12/2011 @ 12:20

  9. « Qu’elle commence à paraître surannée cette expression de “quotidien du soir » « :
    En effet, la situation économique requiert plutôt un « quotidien du Grand Soir « …

    Commentaire par Physdémon — 22/12/2011 @ 14:13

  10. Je vois que la pub irrite tout le monde. Encore une fois, ce n’est pas choquant en soi que la presse soit financée dans une proportion variable par la pub et les ventes/abonnements. Le problème, c’est quand elle interfère avec le contenu éditorial. C’est par exemple ce qui est très génant dans le supplément week-end du monde, ou encore dans la presse médicale financée par les pubs des labos en plus d’être par définition influencée par son domaine d’expertise.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/12/2011 @ 14:32

  11. Sans même qu’elle interfère, le risque vient aussi de la suspicion d’interférence, à la manière d’un conflit d’intérêt. Si, maire de ma commune, je choisis l’entreprise de mon beau-frère pour un marché, rien ne dit que l’entreprise en question ne fournissait pas effectivement la meilleure offre. Certains sujets écrit dans un canard avec pub seront de facto moins dignes de confiance, même si le rédacteur de l’article n’a subi aucune pression.

    Commentaire par kuk — 22/12/2011 @ 15:11

  12. @laplumedaliocha: Pour information, des gens bien intentionnés conseillent depuis des années à Wikimedia de se financer par la publicité, au lieu de « mendier ». Le problème est que la publicité introduirait la suspicion d’ingérence : comment convaincre un entrepreneur que si la page sur son produit comporte des nouvelles désagréables et non ce que voudrait écrire son service de com’, ce n’est pas une « censure » décidée d’en haut au profit de son compétiteur qui se trouve être un annonceur ? Qui plus est, la publicité rend le média dépendant des gros annonceurs…

    Commentaire par DM — 22/12/2011 @ 15:26

  13. Je renchéris sur le commentaire n°6 : A défaut de citer ses sources, le journaliste se doit de justifier ses positions et analyses.
    Cela lui confère l’autorité du travail de recherche, d’analyse et coupe court à tout argument controuvé ou dilatoire.
    Pas de perte de temps, c’est dit, c’est justifié après, le débat s’engage sur des faits pour lesquels il peu y avoir interprétation divergente ou étayée.
    Au moins, tout le monde sait de quoi nous parlons.

    Commentaire par fultrix — 22/12/2011 @ 15:27

  14. @DM : Yep, c’est pourquoi en principe un organe de presse est divisé en deux parties. D’un côté les services diffusion, publicité marketing, de l’autre, la rédaction. Le tout séparé par une frontière en principe étanche, à charge pour le directeur de la rédaction de veiller à l’indépendance de sa ligne éditoriale contre toute ingérence de la publicité. En principe…

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/12/2011 @ 15:33

  15. Intéressante analyse du basculement de la presse papier vers le web, visiblement, la bonne solution consiste à garder un peu de papier : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12757
    La même consultante que celle évoquée dans le billet m’explique depuis des années qu’un nouveau média n’a jamais entraîné la disparition du précédent (presse écrite, radio, télé, web) mais qu’il impose de redéfinir leur articulation. Sur ce sujet, ça me parait bien vu.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/12/2011 @ 16:35

  16. @laplumedaliocha: « En principe. »

    Commentaire par DM — 22/12/2011 @ 18:53

  17.  » il parait évident qu’il va nous falloir réinventer deux choses. Le modèle économique et … »

    Il me parait évident que si l’on veut sortir d’un enchainement de crises économiques, il faut sans doute réinventer le modèle … et pas seulement pour la presse.

    Reste que la presse, combinée avec Internet, permet de lire des analyses intéressantes. Comme celle-ci par exemple, sur le lien entre « capitalisme » et « religion » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/22/et-dieu-dans-la-crise-de-l-euro_1621620_3232.html#ens_id=1268560

    Reste que les USA, tout comme les « rhénans » sont majoritairement « protestants » … or les USA s’endettent à qui mieux mieux depuis des années … donc l’analyse mériterait d’être un peu plus fouillée …mais ce n’est pas le sujet du billet ci-dessus … désolé pour la digression HS !

    Commentaire par Yves D — 22/12/2011 @ 18:56

  18. @Yves D : effectivement, ce papier est très intéressant. Il conforte l’idée que sous couvert de difficultés économiques et donc apparemment techniques et objectives, nous sommes bien dans une guerre culturelle, idéologique. Quand tout va bien, on fête joyeusement la mondialisation et on plonge dans le bain acculturant, mais dès que les difficultés surgissent, chacun réagit avec sa culture propre et défend son modèle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/12/2011 @ 10:10

  19. …La presse…Les journalistes..? Existent-ils vraiment ? Quand j’ai entendu de la bouche d’un journaliste que DSK avait une réunion avec les pontes de la press pour leur dire qu’il se présentait à la présidentielle mais qu’il ne fallait pas que l’info sorte…Alors que l’information soit papier, numérique, ou visuelle ce n’est pas vraiment important, l’important c’est ce que l’information nous apportes, nous éclaire t-elle ? Améliore t-elle notre quotidien…

    Jack, Corbeau désabusé….

    Commentaire par Jack Corbeau sauvage — 23/12/2011 @ 11:30

  20. Par exemple, la question de la loi sur l’interdiction de nier un génocide.

    Comment est-elle traitée actuellement dans les médias ? On la nomme sans l’expliciter, on cite les opinions des uns et des autres.
    On en parle déjà plus. Affaire classée en deux temps trois mouvements.

    Comment j’aimerai la voir instruite :
    — renoncer aux avis autorisés, aux phrases extraites des déclarations solennelles ou données en « exclusivité » (mazette !) à RMC …. Cette manière de faire montre qu’on se sert de la question pour « situer » les uns par rapport aux autres : tout ce jeu de miroir amusant (en boucle sur les médias), où l’on va d’une personne à une autre, mue par la curiosité, pour savoir qui est avec qui (comme dans les cours de récré : tu es le copain de qui ?)
    –la connaître dans ses grandes lignes : c-à-d dans son cadre juridique (retranscrit en gros en français).
    –remonter à sa cause : qui sont ceux qui la veulent et quelles peuvent être leurs intentions.
    –remonter à son fondement : le cadre juridique qui lui donne la possibilité d’être une loi repose sur des conceptions. Par exemple, dans notre cadre juridique, qu’est-ce qu’un génocide ? C’est, mettons, un fait. Comment établit-on un fait dans ce cadre juridique ? Il y a une commission d’experts (je dis ça sans savoir) qui sont habilités pour statuer sur ce qu’est un génocide, pour statuer si tel fait est un génocide etc …
    –critiquer ces conceptions fondamentales : le cadre juridique anglais ou turc ou … sont par exemple différents. Ils récusent, supposons, la possibilité de statuer sur l’opinion concernant les faits : une loi ne peut interdire de parler sur les faits. etc ..

    Bref, faire des mises en perspective qui dissocient les plans : juridiques, conceptuels, politiques, psychologique, économiques, ethnologiques, philosophiques, religieux …, qui, chacune, à sa façon, éclaire un pan de cette chose qui fait irruption dans notre vie et qui va, si j’ai bien compris, nous interdire de parler du génocide arménien (puisque si on ne peut le nier, on ne peut pas l’affirmer, donc la pensée s’arrête et comme disent les psychologues, ce qui cesse de se penser dans le langage, revient dans le réel).

    Commentaire par Bray-Dunes — 23/12/2011 @ 11:36

  21. Saint-Exupéry (avec un trait d’union, comme Antoine, Patrick est de la famille ; pas la peine de corriger en rayant l’espace pour rajouter le signe).
    À part cela, l’exemple ne me semble guère pertinent.
    J’apprécie vraiment _XXI_, que j’imagine que j’aurais acheté très régulièrement du temps où j’en avais encore les moyens (certes, on peut toujours se donner des priorités quand on aime vraiment, mais les faits sont têtus, les habitudes ancrées).
    La formule me semble assez proche de l’ancien _Sélection du Reader’s Digest_, mais axée grand reportage de manière plus exclusive. Voyez l’évolution de _Sélection_, devenu « pipeule » à son tour (enfin, pour celles et ceux du siècle dernier qui se souviennent de ce qu’était _Sélection_). Tous mes sincères encouragements à Patrick, mais je crains que ce haut de gamme ne s’adresse plus qu’à un lectorat haut de gamme.
    Pour revenir au « prix populaire » (le seul ayant réussi à le maintenir est un hebdo, _Le Canard_, pas un quotidien) et vraiment à la qualité, je crains de ne percevoir aucune véritable lueur. J’espère me tromper.

    Commentaire par Jef Tombeur — 23/12/2011 @ 12:09

  22. @Jef Tombeur : le risque, pointé notamment par Marcel Gauchet, c’est que l’on s’achemine en effet vers une information de qualité pour les hauts revenus et une information low cost pour les autres.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/12/2011 @ 12:40

  23. @22
    …Sauf à savoir aller à la source : un texte de loi, une décision judiciaire, hop, « légifrance », la prise de position de « truc », hop, son blog, son site de soutien …
    Si tant est que l’on sache encore qui fait quoi dans la société civile et politique … Rien est moins sûr

    Autre soucis : « hauts revenus » ne signifie pas « capacité à comprendre » ce qui se passe ! Le portefeuille n’a rien à faire avec les cellules grises !

    Commentaire par fultrix — 23/12/2011 @ 18:54

  24. Alors ça c’est de l’information sur les agences de notation, chapeau bas ! Emission @si (abonnés) : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4563

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/12/2011 @ 20:53

  25. « Quand les blogueurs s’émeuvent, les journalistes se contentent de sourire, désabusés ».
    Mais, Aliocha, vous êtes d’extrême gauche ? Où vous arrêterez-vous ?

    Commentaire par Gilbert — 23/12/2011 @ 22:01

  26. @Gilbert : j’explore ce qu’il y a au-delà de l’extrême gauche 😉 J’ai toujours aimé découvrir des terres nouvelles…

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/12/2011 @ 22:25

  27. D’une part : “Quand les blogueurs s’émeuvent, les journalistes se contentent de sourire, désabusés”.
    D’autre part : Mais, Aliocha, vous êtes d’extrême gauche ?
    Je cherche le rapport.

    Besancenot est de gauche ainsi que le Huffington Post. Or le Huffington Post est devenu une marque qui attire les investisseurs. Serait-ce le cas de Besancenot ?
    C’est vrai que quand on le voit, on se dit, qu’avec son nom il pourrait se faire du blé, au lieu de rester avec ses mille euros mensuels. Pourquoi ne le fait-il pas ?
    Deux hypothèses se contredisent : ou bien il déteste vraiment l’argent ou bien il est obligé de paraître le détester.
    Je penche pour la deuxième. Je l’imagine, dans un pays où il serait inconnu et où il trouverait un magot : je pense qu’il le prendrait pour lui, à moins qu’il n’ait d’une sorte de maladie mentale, une phobie de l’argent. Par contre, s’il gagne le gros lot au loto, à Paris, il ne peut que le rendre illico aux pauvres qui en ont plus besoin que lui. D’ailleurs, il ne peut pas jouer au loto, car cela supposerait qu’il veuille gagner de l’argent, ce qui est contraire à ses principes. Mais alors, ce sont ses principes qui le dominent ? Sa sincérité repose donc sur des principes qui règlent son existence dans son rapport aux autres.
    Ou bien on est libre et on peut faire n’importe quoi avec le magot (mais on n’a aucune raison de faire quoi que ce soit) ou bien on est déterminé à faire telle chose et on cesse d’être libre de faire « tout » ce qu’on veut.
    Le Huffington Post a un magot à sa disposition (les annonceurs qui klaxonnent car le journal est très lu car déterminé par des principes autres que gagner du fric) S’il le prend, il renonce à être ce qu’il est et il cesse d’être lu, et il cesse d’attirer les annonceurs.
    C’est le supplice de Tantale.
    Les journalistes de gauche sont condamnés à l’indigence, ce qui les rend désabusés mais contents.

    Commentaire par Bray-Dunes — 24/12/2011 @ 09:19

  28. les monopolistiques NMPP devenus Presstalis ont été et sont les véritables fossoyeurs de la presse (syndicat du livre et collatéraux, d’obédience nomenklaturistes marxistes)

    Commentaire par zelectron — 24/12/2011 @ 10:05

  29. @zelectron : en effet, ils n’y sont pas pour rien. Mais que dire de la lâcheté des patrons de presse qui n’ont jamais su s’unir pour contrer ce trop puissant syndicat ? De leur manque d’anticipation face à la révolution technologique qui s’annonçait ? De leur incapacité à prévoir et à investir ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/12/2011 @ 10:23

  30. Il y a bien longtemps que l’information n’a plus rien de pluraliste en France. Voir l’état des chaînes de TV et de la PQR. C’est un fait et les instances « éthiques » de la profession peuvent toujours faire la morale. RJP

    Commentaire par Prataine — 24/12/2011 @ 10:28

  31. Chère Alliocha,

    Hum… un peu léger comme article, non ? Il ne faut pas confondre l’information factuelle et la façon dont elle est relatée… Sauf quand on est dans des créneaux de niche comme le Canard, où on sait qu’il n’y a que chez lui qu’on pourra trouver certaines informations, la seule vraie plus-value du journaliste est sa capacité à analyser, à commenter, … bref à donner du sens à une information… Et là, je suis désolé de vous faire de la peine Alliocha, mais franchement, il n’y a pas grand monde en France, qui mérite qu’on dépense de l’argent pour le lire…

    La plupart des journalistes sont devenus des relayeurs de communiqué de presse des politiques ou de dépêche AFP, quand ils ne sont pas aux ordres pour faire de la lèche…
    Ils sont incapables de lire un rapport et d’en faire une analyse critique, aussi, ils répètent bêtement ce que les digests leur disent de dire ou ce qu’ils auront lu ailleurs…
    Bref, c’est le grand vide de la pensée que d’autres appellent la « pensée unique » et vous voudriez qu’on paye pour ça ?

    J’ai arrêté de lire la presse quotidienne (principalement Libé et Le Monde), il y a 20 ans et ce n’était pas à cause d’Internet, juste j’en avais marre de lire tout le temps les mêmes conneries… De même, je me suis désabonné d’Alternatives économiques, de Politis et de Marianne, tant cela devenait impossible qu’ils arrêtent d’analyser tout, toujours avec les mêmes prismes…

    La Tribune… ha la Tribune… Quand j’exerçais des fonctions professionnelles, on m’y a abonné… Je n’ai jamais lu autant de bêtises que dans ce journal… Par exemple, quelques jours avant que Vivendi s’effondre, ce torchon nous faisait encore des articles élogieux du groupe et de Messier… alors même, que suite à une simple analyse bilancielle, cela faisait déjà deux ans que j’avais fait savoir à tous ceux qui voulaient l’entendre que ce groupe était surcoté et qu’il allait à sa perte… pareil pour la bulle Internet, il n’y a jamais eu un seul article critique sur ce « modèle économique », dont la chute était inscrite dans le modèle…
    Alors que ce journal meurt, franchement, ça ne me fait ni chaud, ni froid, c’est même tant mieux…

    Même le Canard que je continue à acheter et à lire, n’échappe pas à la diffusion d’énormes bêtises, notamment quand il parle d’économie, de fiscalité ou de droit… Régulièrement, je leur envoie des rectificatifs, qui ne sont évidemment jamais publiés… Bon pas grave, parce que par ailleurs, ils exercent une fonction d’utilité publique que personne ne tient à part eux…

    Ce n’est pas pour rien que le classement de RSF sur la liberté de la presse ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9_de_la_presse ) classe la France en 44ième position ; une honte pour le « pays des droits de l’homme et des lumières »…
    D’ailleurs, les citoyens ne sont pas si dupes, parce que malgré l’incroyable volonté de pensée unique des médias sur le TCE en 2005, où on a été matraqué par une propagande « sans limite », ils ont quand même voté à 55 % contre…

    Donc, ne vous trompez pas de débat, ce n’est pas le modèle économique qui est en cause, mais bien le contenu de ce que vous avez à vendre, que plus personne n’a envie d’acheter.

    Bon courage.

    Commentaire par Incognitototo — 24/12/2011 @ 13:39

  32. @Bray-Dunes :
    – Le Huffington Post publie peut-être des articles « de gauche », mais dont ce commerce est exploité par des gens qui n’en sont pas. Il n’y a donc pas contradiction pour ceux-là à prendre le « magot ». Le paradoxe est plutôt chez ceux qui produisent gratuitement pour le Huff Po des articles de gauche : ils contribuent à entretenir un système qu’ils combattent, ou alors ils ne sont pas vraiment de gauche.
    – Besancenot ne déteste pas l’argent, sinon il ne défendrait pas l’augmentation des salaires.
    – On peut refuser de l’argent « facile » car les moyens de l’obtenir seraient contraires à ses principes, sans pour autant avoir de phobie de l’argent.
    – Jouer au loto ne se fait pas par appât du gain : le loto est soit un impôt sur les gens qui ne comprennent pas les probabilités, soit l’achat rationnel d’un frisson lors du tirage.
    – Rien ne condamne un journaliste de gauche à l’indigence.

    Commentaire par kuk — 24/12/2011 @ 13:53

  33. @Incongnitototo : le modèle économique et le contenu sont indissociables. Tout l’art consiste d’ailleurs à trouver la recette magique entre contenu, périodicité, prix, cible de lectorat etc. C’est pourquoi il est si difficile de pondre un projet qui marche. La fausse solution simple c’est : une cible très large, un contenu simple et attractif, voire racoleur, un prix modique voire un gratuit et beaucoup de pub. A mon sens, il s’agit d’une déviance du modèle initial conçu au 19ème siècle. Ce que j’essaie d’exprimer, c’est qu’à mon avis nous sommes au bout de cette recette miracle. Quant à la qualité des organes de presse, on la trouve justement chez ceux qui suivent un autre modèle. Le Canard, au sujet duquel j’ai lu quelque part que les américains étaient en train d’explorer les raisons de son succès, pour eux c’est une hérésie pure, pas de pub, pas de site internet, une maquette qui n’a quasiment pas bougé depuis 50 ans…C’est E.T. aux yeux de nos potes d’Outre-Atlantique (tu m’étonnes !). Les pures players payants, des magazine comme Polka ou encore des ovnis comme XXI constituent tous des vrais projets de journalistes et non pas des aspirateurs à pognon. C’est en cela qu’ils sont intéressants. Le risque auquel ils s’exposent n’est pas celui de la qualité, au contraire ils misent précisément sur la qualité, c’est celui de la rentabilité, car les journalistes ne sont pas forcément des business men.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/12/2011 @ 14:05

  34. Sur la disparition de La Tribune, c’est quand même un peu ennuyeux de se retrouver avec un seul quotidien économique, à savoir Les Echos. Il y a 15 ans, les Echos étaient focalisés sur l’industrie tandis que La Tribune se concentrait davantage sur la finance. Plus profondément, Les Echos sont d’une remarquable qualité technique, je n’ai jamais vu d’erreur dans ce journal. Mais il souffre aussi d’un côté très institutionnel, on n’y trouvera jamais de scoop non plus. La Tribune a toujours été plus impertinente (dans les limites étroites de ce qu’on peut faire en France, évidemment). Il y a quelques années, Les Echos ont pris le virage de devenir un quotidien quasi-généraliste. Voyant que les ventes papier déclinaient, les responsables ont estimé qu’il fallait trouver dans les Echos à la fois de l’information économique et générale de sorte qu’on puisse s’en tenir à un seul quotidien et être correctement informé. C’était pas bête. Avec un peu de retard, La Tribune sous le pilotage de Weill (BFM TV) s’est positionné en canard économique populaire. Ce n’était pas idiot non plus, vu l’importance qu’a pris l’économie ces derniers temps dans l’actualité (qui aurait imaginé qu’un jour chaque français saurait ce qu’est un AAA et connaîtrait le nom des grandes agences de notation). Sauf qu’on n’a pas mis assez de moyens dans le projet. Alors il a été cédé à sa directrice générale qui a fait ce qu’elle a pu pour trouver des investisseurs, sans succès. Comme d’habitude, on a réduit la pagination, réduit la taille des articles (baisse des coûts de production), débloqué sur les conditions de distribution (combien de fois ai-je constaté qu’il n’était pas en kiosque…) et même suspendu la publication cet été (c’était bien vu, il ne s’est quasiment rien passé en économie cet été). Et voilà comment un journal meurt. On saura en janvier s’il y a un repreneur. A ce stade, il reste un mois de trésorerie. Il se pourrait que le titre survive et devienne un site d’information économique. C’est ce qu’a fait il y a quelques années déjà l’AGEFI, troisième quotidien économique français vendu sur abonnement et spécialisé en finance. Le journal a conservé deux hebdomadaires papier, et fournit de l’info très haut de gamme sur son site Internet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/12/2011 @ 14:24

  35. Hé non, vous vous trompez Alliocha, chacun son boulot, c’est un ancien « business men » qui vous le dit…
    J’ai toujours adapté les structures économiques au « produit » et pas l’inverse… et évidemment, c’est beaucoup plus facile de vendre un produit qui a une vraie « valeur ajoutée » et qui se démarque de ses concurrents, que de vendre ce que tout le monde fait… C’est du b a ba de business men, justement…
    Vous ne répondez pas ou vous ne voulez pas entendre que, assez peu de journalistes, ont réellement quelque chose de différent à vendre aujourd’hui en France ; et ce n’est donc en aucune manière le « modèle économique » qui est en cause, mais simplement que les gens n’ont pas envie d’acheter un produit qui ne leur apporte rien… Ou autrement dit, « l’offre » est tellement médiocre que je défis n’importe quel business men d’arriver à monter un modèle économique viable avec celle-ci…
    C’est la dure réalité de l’offre et de la demande, et je ne vois pas pourquoi les journalistes prétendraient s’en extraire… Il faudrait peut-être qu’on les subventionne pour leurs idées ?
    Alors qu’ils sont déjà très largement aidés avec les niches fiscales, les abattements sur les cotisations sociales, les tarifs postaux préférentiels, et la quasi-impunité même quand ils racontent n’importe quoi…
    Un problème pour se remettre en cause peut-être ?

    Commentaire par Incognitototo — 24/12/2011 @ 14:46

  36. @business men
    Vous n’avez pas le sentiment de vous pousser un peu du coude ? Je sais bien que le businessman est le héros des temps moderne, que dis-je le Messie, Dieu lui même sans qui l’humanité serait condamné à retourner brouter dans la pampa mais franchement, moi ça commence à me pomper l’air sérieusement quand on prétend tout convertir en valeur marchande, coller des prix à tout ce qui bouge (ou non) calculer des rentabilités, faire son marché jusque chez les chromosomes…
    Le Canard refuse de publier vos démentis et la tribune n’a pas écouté pas vos prédictions ! Quel scandale !
    Je sais bien que les journaux publient souvent des salades mais de là à appliquer les règles économiques du carré choux à la presse il y a peut-être des nuances ! Où plutôt non vous avez raison ! C’est ce qui se passe aujourd’hui et en fait, la solution serait plutôt d’arracher la presse des mains de ces businessman qui ne voient pas la différence entre vendre des choux et des salades…

    C’est bientôt Noël et j’ai envie de rêver. que les businessman retournent à leur place et que l’on confie la presse à des gens qui ont le souci de l’information, la santé itou, la politique itou et tralala, itou.

    Ceci dit joyeux Noël aux businessman, men et aux autres !

    Commentaire par Memepasmort — 24/12/2011 @ 15:49

  37. @Memepasmort,

    Désolé, je ne comprends pas le rapport avec que je dis… Je ne vois pas où je fais l’apologie de quoi que ce soit… Sauf de l’honnèteté intellectuelle, de l’éthique et de l’adaptation à quelques principes de réalité de base… ça, ça serait vraiment vendeur… Cherchez bien aujourd’hui dans le paysage journalistique, vous aurez du mal à trouver.

    Tiens, vous me donnez une idée pour Alliocha : « le journal des fausses nouvelles et des idées que vous pourrez trouver partout ailleurs »… Un vrai créneau à prendre… Au moins, on saurait ce qu’on achète…

    Commentaire par Incognitototo — 24/12/2011 @ 16:03

  38. @Incognitototo 36 : mais justement, c’est l’inverse qui se produit actuellement. Les groupes de presse se disent « tiens, on va lancer un projet pour gagner des sous ». Là-dessus, on consulte experts et consultants, ou bien on fait bosser ses services internes. Et on vous monte de toute pièce un canard destiné à occuper un créneau vacant ou pas encore saturé, en commençant par choisir la cible (de préférence large, et intéressée par les produits des annonceurs que l’on a décidé de draguer) puis on décide de la périodicité, on conçoit la ligne éditoriale, le rubriquage, la maquette, le tarif et on balance le truc sur le marché, enfin le « produit ». Vous aurez noté que l’esprit n’est pas de faire de l’information mais du pognon. Remarquez, je sors de la FNAC et je n’en reviens pas de la bêtise hallucinante de l’offre éditoriale. Les rayons philo et éco sont vides à l’exception de quelques digest pour le premier et des mémoires de Jean-Marc Sylvestre pour le second. (Et je vous épargne André Rieu au rayon musique classique). En revanche, ça y va à fond sur les dérivés, les joujoux et les bouquins idiots déclinant à l’infini et en moins bien l’esprit de la collection « pour les nuls… ». On trouve même des moules à gâteaux sur les étals. C’est à pleurer. Outre le problème du commerce physique face au net, qui explique je suppose la diversification des produits, il faut bien admettre que l’offre éditoriale est proche du niveau zéro. Mais ce qui se vend, c’est Drucker, m’explique-t-on dans l’édition. Même réponse qu’à la presse, ce qui se vend, c’est ce qu’on sait vendre. Seulement c’est si facile de céder à la facilité et d’éditer comme on joue au loto, en espérant le jackpot et en utilisant toutes les ficelles des maquignons…ou des proxénètes, c’est selon. Voilà où nous mène la culture du fric facile et rapide. Bienvenue dans l’ère du « prends l’oseille et tire-toi ! ». Ensuite on a beau jeu de mettre en cause les traders, eux au moins ils gagnent du fric parce que c’est leur job. A tout prendre, je les trouve plus honnêtes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/12/2011 @ 16:22

  39. Kuk,
    les vrais journalistes pensent, car pour écrire il faut penser, et ils critiquent donc fort logiquement ceux qui « font » de l’argent. A moins de se contredire, ou de gagner au loto ou à moins de faire un héritage, ils ne risquent pas, en conséquence, de se retrouver avec un magot. Un journaliste est, mais il s’en fout, condamné à la pauvreté.
    Un journaliste ou un blogueur peuvent-ils travailler dans un journal qui les paie au SMIC : oui, car ce qui compte à leur yeux c’est la philosophie-même, ou la politique en tant que telle ou …Donc, avec leurs articles de qualité, les annonceurs arrivent, enrichissent le proprio du canard, et comme ça tout le monde est content. Ce qui explique que les journalistes aient ce sourire désabusé.
    Inversement, dès que les journalistes se laissent guider par l’argent, la pensée disparait, les idées disparaissent et les journaux aussi. Ce qui explique que les journalistes aient encore ce sourire désabusé.
    Comme quoi, Aliocha est comme la pythie : elle a toujours raison.

    Commentaire par Bray-Dunes — 24/12/2011 @ 16:36

  40. @Incognitototo : « C’est la dure réalité de l’offre et de la demande, et je ne vois pas pourquoi les journalistes prétendraient s’en extraire… »
    Bon je reconnais que mes verres ne sont pas au top mais c’est bien de vous !? Relisez vous en 35.
    L’offre et la demande !!! Et après vous venez la bouche en coeur réclamer de l’éthique et de l’honnêteté intellectuelle ? Personnellement je me marre je veux bien croire qu’il existe encore de l’offre de ces vieux machins mais il y a belle lurette que la demande est reléguée au rayon des farces et attrapes.

    Commentaire par Memepasmort — 24/12/2011 @ 16:37

  41. @ Memepasmort, n° 40,

    Hou lala, pointilleux… C’était pour illustrer que quand on a quelque chose à vendre qui se démarque, ça se vend et que le problème, des journalistes français c’est qu’à part ceux qui sont sur des niches, tout le monde fait et dit pareil…
    Vous savez, je me suis beaucoup occupé d’entreprises totalement en dehors des conceptions classiques des modèles économiques : SCOOP, coopératives, entreprises autogérées, et cetera… En dépit de leur modèle économique pas du tout classique, elles ont bien prospéré, parce qu’elles avaient quelque chose à vendre… C’est tout ce que je dis, pas plus…

    Et c’est tout pour moi, parce que vous faites visiblement partie de ceux qui ont une fâcheuse tendance à surinterpréter les dires des autres, et ce genre de débat ne m’intéresse pas.

    Commentaire par Incognitototo — 24/12/2011 @ 16:51

  42. @ Alliocha, N° 38,

    Bé oui, mais les groupes de presse se plantent, non ? Et oui, moi aussi j’hallucine quand je vois ce qui se vend…

    En fait, je ne dis pas autre chose que vous, quand vous dites que « l’offre éditoriale est proche du niveau zéro » ; sauf que personnellement je renvois la responsabilité aux journalistes eux-mêmes pas aux « business men », dont la « génétique » est programmée pour faire du fric… et qui ira donc toujours au chemin le plus court pour atteindre cet objectif…

    Faites-nous un jour un article sur votre « journal idéal », je vous dirai si on peut le vendre… et comment gagner sa vie avec…

    Commentaire par Incognitototo — 24/12/2011 @ 17:03

  43. @Incongnitototo : corrigez-moi si je me trompe mais C.Gonzales, (je cite de mémoire) dit que la sur-interprétation du moi aboutit invariablement à la sous-estimation de l’axe de la pensée intime. De votre côté http://solutions-politiques.over-blog.com/article-e-divagations-sur-le-consentement-la-sexualite-et-autres-considerations-sociales-76037846-comments.html vous ne semblez guère dépourvu d’un humour que l’on n’entrevoit que rarement (faut-il dire hélas) chez le businessman!

    Tout ça pour dire que j’ignorais à qui j’avais affaire et me retire sur la pointe des pieds (en m’excusant de cette digression sans rapport avec le sujet)…

    Commentaire par Memepasmort — 25/12/2011 @ 06:56

  44. @ Memepasmort,

    Je ne sais pas ce que raconte Gonzalès sur la surinterprétation, mais j’ai constaté que c’est assez fréquent sur le Net que certains s’autorisent à prêter aux autres des idées ou pire, des « fautes » qui n’ont aucune réalité… bref que les systèmes projectifs fonctionnent à fond… ce qui aboutit très vite à des « discussions » qui sont plus des psychodrames que des échanges d’arguments…

    Mais vous faites amende honorable, alors je vous absous mon fils ;o))) ; c’est Noël, non ?

    Vous savez ce n’est pas l’humour qui manque le plus aux business men commun, mais plus une perception de l’humain qui lui ferait intégrer qu’il n’est rien sans les autres… et qu’en conséquence toutes ses décisions doivent suivre une ligne de conduite, où « il ne fera pas aux autres, ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fasse » ; amen… ça suffirait amplement (sans que ça ne soit suffisant non plus) à rendre un peu plus humain tous les rapports socio-économiques…

    Commentaire par Incognitototo — 25/12/2011 @ 12:50

  45. @ Memepasmort
    Bien d’accord, mais des rapports socio-économiques humains, est-ce qu’on peut encore appeler ça du business ?

    Commentaire par Gilbert — 26/12/2011 @ 00:19

  46. @Incognitototo : tiens un ex-comimissaire aux comptes, c’est rigolo. Notez, ici en parlant des IFRS… Parlons donc un langage que vous comprenez. Si dans un cabinet d’audit vous n’embauchez que des jeunes en contrat de stage, que vous leur demandez de passer chez le client la moitié voire moins des heures nécessaires à un contrôle des comptes digne de ce nom, que vous leur demandez de réduire leur rapport à une page, même pour une boite cotée et que vous les priez instamment de certifier sans réserves, même s’ils tombent sur une comptabilité totalement fantaisiste, me direz-vous que c’est la faute des gamins que vous avez recrutés si le boulot est mal fait et que le cabinet périclite ? Impossible me direz-vous, on ne peut pas fonctionner comme ça chez les auditeurs. En effet, mais dans la presse si. Exemple. J’ai commencé à travailler en 97 pour l’un des deux quotidiens économiques français. Une page comptait 10 000 signes à l’époque. Aujourd’hui, elle n’en compte plus que 6000 pour des raisons d’économie. Quant à la pagination, à vue de nez elle a été divisée par deux, au moins. Alors, c’est la faute des journalistes s’il n’y a rien dans les journaux ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/12/2011 @ 10:13

  47. […] => Le web m’a tuer… Le gros mensonge de la presse papier. 19/12/2011. «On ne cesse de le dire dans les rédaction, le web c’est le mal, c’est lui qui est responsable de la mort des quotidiens papiers… Bizarrement, les chiffres semblent plutôt prouver le contraire (…).» Source : http://www.erwanngaucher.com/RSS,0.media?a=769 Billets en relation : 22/12/2011. De l’imagination que diable ! : laplumedaliocha.wordpress.com/2011/12/22/de-limagination-que-diable/ […]

    Ping par Actus Généralistes 2011 S51 | La Mare du Gof — 26/12/2011 @ 10:58

  48. @Alliocha,

    Vous savez la médiocrité n’est pas l’apanage des journalistes… même les CAC ont des graves problèmes, dont bizarrement personne ne parle… Je me suis fâché avec la Compagnie des CAC, à l’époque de la bulle Internet, où celle-ci nous faisait faire des stages pour nous apprendre à certifier des comptes pourris, envers et contre tout… notamment en tenant compte de « bénéfices » futurs et putatifs sur des entreprises qui avaient déjà bouffé deux fois leurs fonds propres… « Bizarrement », on m’a retiré mes dossiers (j’étais en sous-traitance), mais je me console, l’histoire m’a donné raison… De même, on n’a jamais évoqué leur responsabilité, ainsi que celle de l’AMF et autres organismes de contrôle, dans la crise… Pourtant, les actifs pourris, ils ne sont pas arrivés du jour au lendemain dans les comptes… Avez-vous entendu parler d’une seule « procédure d’alerte » ou de « signalement » ou de refus de certification, qu’ils auraient effectuée conformément à leur mission ?… Bé non, « on ne mord pas la main qui vous nourrit »… Et je pense que le problème n’est pas loin d’être le même pour les journalistes…

    Cela dit…
    Expliquez-moi pourquoi, la presse anglo-saxonne se porte si bien ? D’ailleurs, pour de nombreux sujets, je suis obligé de la lire, parce que je ne trouve pas les infos en France, et alors que je n’ai jamais appris à parler anglais (merci Google et sa traduction automatique)…

    Expliquez-moi pourquoi, RSF classe la liberté de la presse française en 44ième position (!!!) ?

    Expliquez-moi pourquoi, vous ne voulez pas m’entendre, quand je vous dis que moi, qui étais un dévoreur de journaux papier, je me suis lassé des contenus répétitifs, des points de vue formatés, des continuelles bêtises répétées à l’unisson ?… et ça date d’avant l’époque, où des stagiaires faisaient le boulot…

    Bien évidemment, tout n’est pas blanc ou noir, et les dirigeants ont certainement une grande part de responsabilité, avec leur idée fixe de rentabilité qui leur fait faire n’importe quoi (comme faire travailler des stagiaires à la place des pros)… Cependant, c’est une explication partiale et partielle, parce que vous ne pourrez pas dénouer la part du fait que ces managers aient agi ainsi, parce qu’ils se sont rendu compte que des « esclaves » faisaient, en gros, « aussi bien » (ou plutôt, aussi mal, devrais-je dire) que des pros… ce qui n’a pas empêché qu’ils se cassent quand même la figure…

    Je vous promets que si vos explications sont convaincantes et prouvent leur culpabilité, je crierai avec vous « salauds de managers et de capitalistes » !…

    En attendant, je vous réitère mon offre de me donner les caractéristiques de votre journal idéal et avec qui vous le feriez… Le plus dur va sûrement être de constituer une équipe de journalistes (excusez-moi, si c’est vexant, ce n’est pas le but), qui pensent autre chose que ce qu’ils ont appris, ou qui disent autre chose que ce « qu’on » leur dit de dire (je peux vous donner des exemples à l’infini)…

    Commentaire par Incognitototo — 26/12/2011 @ 13:46

  49. @Incognitototo : je vous signale qu’à la suite de la bulle internet, la profession d’auditeur a été réformée partout dans le monde (SOX en 2002 aux US, LSF en France en 2003, huitième directive en Europe, globalement serrage de vis sur la déontologie et passage de l’auto-régulation à la régulation partagée, y compris à l’IFAC via René Ricol à l’époque qui avait senti le vent tourner). Quant à la crise actuelle, Michel Barnier en a profité pour sortir le 30 novembre dernier un réforme drastique des règles européennes de contrôle légal des comptes avec menace de démantèlement des Big. Quant à la responsabilité de l’AMF, je dirais que c’est plutôt la SEC qui est en première ligne, vous ne pensez pas ? Maintenant pour avoir discuté avec l’ancien secrétaire général en septembre 2007, il continuait à considérer que la complexité des produits financiers n’était pas en cause. Donc oui, il y a une responsabilité, aveuglement idéologique aux US et aveuglement des acteurs français sur les défauts de leurs potes américains. Et pour en revenir aux contrôleurs, il me semble que leur responsabilité n’est que seconde au regard de celle des acteurs.
    Sur la presse, j’ai été trois ans en poste dans un quotidien économique. C’est un système à broyer l’intelligence. Au moment de l’affaire Enron, on me demandait d’écrire des papiers sur l’affaire en une heure, sur la seule base des dépèches AFP, j’ai refusé, au risque de me faire virer. Et quand j’ai eu entre les mains le dossier qui devait faire tomber Messier, on m’a interdit de le publier. Il est sorti un mois plus tard dans Le Monde. Alors quand je vous dis que les journalistes ne peuvent rien contre le système, oui j’ai des biscuits pour le démontrer.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/12/2011 @ 14:05

  50. @ Alliocha, merci de me rappeler la poudre aux yeux que constituent les réformes des organismes de contrôle… à l’instant même, où on se parle, des CAC certifient, par exemple, des bilans de banque avec des créances de gré à gré, à leur valeur d’acquisition, alors qu’ils sont incapables d’en certifier la « recouvrabilité » et qu’elles sont incessibles…

    Une vraie réforme, ça serait, entre autres, que les entreprises arrêtent de payer leurs contrôleurs… Vous verriez que ça changerait drôlement la donnée… Parce que les outils de techniques comptables et d’investigation, on n’a pas attendu « les crises », pour les maîtriser, même si tout est perfectible….

    Excellent exemple, Messier… Vous aviez peut-être l’affaire sous le coude depuis un mois avant qu’elle sorte… Sauf que cela faisait déjà deux ans que par une simple analyse bilancielle (qui m’a pris seulement deux heures), je disais à ceux qui voulaient l’entendre, que cette entreprise était surcotée (notamment avec sa valorisation monstrueuse d’actifs incorporels) et allait à sa perte… tandis que la Tribune et autres journaux « spécialisés » ne tarissaient pas d’éloge sur cette entreprise, bref répétaient comme des ânes les communiqués de presse de ce groupe, sans jamais avoir fait une analyse bilancielle de leurs comptes, pour vérifier leurs dires triomphants…

    Alors, je veux bien qu’on vous ait empêché de faire votre boulot, que des intérêts supérieurs, et des pressions vous aient ordonné de vous taire… Mais êtes-vous allé chercher l’information, avez-vous essayé de vérifier les communiqués de presse ? Non, parce que sinon, vous auriez été au courant bien avant, que cela n’allait pas… et vous auriez pu, par exemple, revendre l’info à des gens (comme le Canard ou le Monde, parfois) qui l’auraient publiée…
    Je vais juste vous donner un exemple de ce que moi j’aimerais trouver dans la presse et qu’on n’y voit jamais : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-f-velib-problemes-d-arithmetique-elementaires-niveau-cm1-54464953-comments.html

    Et vous en trouverez plein d’autres comme ça sur mon blog… dans la série, « on ne vous dit pas tout »… Oui, journaliste, c’est un métier, effectivement… Et vous ne répondez pas à mes autres questions…

    Commentaire par Incognitototo — 26/12/2011 @ 15:21

  51. @Incognitototo : pourquoi répondrais-je à vos autres questions ? Vous avez déjà les réponses et moi j’ai autre chose à faire que de remplir le tonneau des danaïdes de votre ego. En outre, le problème de la presse est résolu puisqu’il y a votre blog. Dans la série des contes de Noël, celui-ci me plait assez. Pour la publicité, vous déposez le chèque sur la cheminée. Merci.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/12/2011 @ 16:57

  52. @ Alliocha, nous y voilà… et c’est quand qu’on va atteindre le « point godwin » ; à moins que vous n’y soyez déjà…

    D’accord, je vous énerve et j’avoue, j’ai un égo énorme… Reste qu’il reste étonnant qu’il soit impossible que vous répondiez à des arguments et des réalités qui vous dérangent… décevant… me serais-je trompé en vous citant, comme un exemple à suivre dans mon blog ?… Bah, pas grave… Mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas en ménageant les susceptibilités, que ça va arranger le sort de la presse et des journalistes en France…

    Si, c’est un chèque de ce que je gagne en écrivant ce blog, pas de souci, je veux bien partager entièrement avec vous… 0 / 2 = 0

    Commentaire par Incognitototo — 26/12/2011 @ 17:30

  53. @ Aliocha
    « Et quand j’ai eu entre les mains le dossier qui devait faire tomber Messier, on m’a interdit de le publier. Il est sorti un mois plus tard dans Le Monde. Alors quand je vous dis que les journalistes ne peuvent rien contre le système, oui j’ai des biscuits pour le démontrer ».

    Auriez-vous changé de point de vue ? Avant, vous ne juriez que par les codes de déontologie. Que peuvent faire tous les codes de déontologie du monde (pour ma part, je trouve que la charte de Munich contient tout ce dont on a besoin) contre « le système » ? N’est-il pas préférable de mener des actions collectives ? De pointer du doit comment fonctionne « le système », comme le fait brillamment (et de façon fort réjouissante) ce film, qui va sortir très bientôt sur les écrans (le 11 janvier) :
    http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/spip.php?page=sommaire

    Au passage, j’espère que les critiques des journaux commettront l’erreur de démolir ce film, comme a été démoli le bouquin de Serge Halimi dont il est le prolongement. Ce sera sa meilleure publicité.

    Commentaire par Gilbert — 26/12/2011 @ 17:33

  54. @ Gibert

    En tous cas, il a été salué par Fabrice d’ Almeida dans – « La Manipulation » Que sais-je ? 2003 – certes, il s’agit d’un universitaire, dont l’analyse du pamphlet de 1997 de Serge Halimi, dans son expression la plus brillante, est de montrer comment petit à petite s’est construite une interprétation contestataire du traitement de l’information par les médias.

    Sauf qu’il a le tort (paraît-il ?) d’avaliser sans discussion approfondie l’idée de journalistes forcément incapables de résister aux hommes d’argent et renonçant à leur idéal.

    Selon d’Almeida, le pamphlet de Serge Halimi part de l’idée que le champ journalistique est perçu comme un lieu où la notion d’information n’est pas une valeur constituante de l’identité professionnelle.

    Elle est loin d’être au centre des préoccupations de la quarantaine de journalistes qu’il attaque. Ces grands carriéristes raisonnent en fonction de leur connivence avec les hommes politiques en raison de la relation d’échange de bons procédés qu’ils ont avec eux : le journaliste ménage le politique qui, en retour, lui falicite le travail.

    Ainsi, selon Serge Halimi, dans le domaine économique, les grands groupes exercent un contrôle sans faille sur l’information. Tantôt, ils jouent sur les budgets publicitaires; tantôt, ils s’approprient les médias. L’élite des journalistes est donc soumise à ceux qui l’emploient comme le chien à son maître…d’où le titre !

    Enfin, les journalistes, entre eux se renvoient l’ascenseur et forment un milieu où règne un accord sur les sujets primordiaux. Ce conformisme répond aux intérêts de la classe dirigeante. Conclusion : le journalisme de connivence s’est substitué à l’information pour manipuler les lecteurs. Halimi appelle donc ses confrères à un sursaut de conscience professionnelle.

    Cette violente critique de l’univers médiatique journalistique ne va pas, poutant de soi. Car elle fait fi du développement d’un journalisme d’investigation français qui joue sur les concurrences entre dirigeants et entre journaux pour dévoiler les scandales.

    Et de citer un Mark Hunter auteur d’un des rares ouvrages sur le sujet, le journalisme d’investigation français a pu se développer grâce à la conjonction d’une presse contestataire et d’un esprit de remise en cause de l’ordre établi que l’on peut rapporter à l’esprit soixante-huitard (Plenel, Montaldo, Péan, Derogy, Courrière, Robert etc…)

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 26/12/2011 @ 19:39

  55. Aliocha a raison de pointer la faillite des organismes de contrôle. Je viens de tomber sur cet article de Libération qui montre que les supérieurs hiérarchiques des traders ne comprennent rien des modèles mathématiques utilisés par leurs employés. Apparemment, tant que les traders sont de bonnes gagneuses, ils ne bougent pas. Pas étonnant qu’on se retrouve avec des affaires Kerviel dans les périodes agitées. À mon avis, ce n’est que le début. Kerviel a toutes les chances d’avoir de la compagnie si ça continue comme ça.
    http://www.liberation.fr/economie/01012379536-a-la-socgen-le-trader-qui-en-disait-trop

    Commentaire par Gilbert — 26/12/2011 @ 20:46

  56. @Gilbert : très intéressant, merci ! Sinon, je pointe plus exactement le fait qu’on ne peut plus faire fonctionner des systèmes aussi dangereux en admettant l’idée qu’il n’y a que 10 spécialistes dans le monde qui comprennent à peu près comment ça fonctionne. Sans compter le fait que les concepteurs des produits financiers savent sans doute comment ils marchent, mais n’ont aucune vision de leurs effets combinés avec d’autres instruments, de l’utilisation plus ou moins rationnelle qui en sera faite quand ils seront injectés dans le système. Bref, que les seuls qui savent ne maîtrisent pas les aspects systémiques du bordel. Et ça c’est flippant.

    @Le Chevalier Bayard : vous, vous passez votre temps à me bluffer. Franchement. Sinon, génial votre extrait de Art. Je n’ai pas vu la pièce, Ardititi est en effet magique !

    @Incognitox3 : je n’ai pas vraiment le temps de vous cirer les pompes. Croyez bien que j’en suis désolée. En même temps, vous le faites tellement bien tout seul….j’aurais peur de ne pas être à la hauteur. Pour le chèque, c’est toujours sur la cheminée. Votre dette s’alourdit.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/12/2011 @ 22:52

  57. @ Aliocha,

    ??? Ça c’est de l’argumentaire… vous savez qu’on embauche à Marie-Claire des troisièmes cycles, comme vous… Bon, ça sera tout pour moi…

    Bonne continuation.

    Commentaire par Incognitototo — 26/12/2011 @ 23:04

  58. @Incognitox3 : c’est de l’argumentaire à la Audiard, pas ma faute, quand on me saoule, je réagis au bourre-pif. Et encore, vous avez de la chance, je me suis retenue.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/12/2011 @ 10:34

  59. Je suis abonné à la Tribune et aux Echos à mon boulot
    1 Il faut une loupe voir un microscope pour lire ce journal
    2 Le contenu est vraiment indigent par rapport aux Echos
    3 Depuis sa nouvelle formule , j’avais déjà prédis le corbillard et les funérailles

    Commentaire par padraig — 27/12/2011 @ 12:41

  60. @ Aliocha,

    Une féministe intelligente adepte d’Audiard, ce sexiste macho, pourquoi pas… Alors spéciale dédicace pour vous : « Une fille qui fait 95 de tour de poitrine et 32 de tour de tête ne peut pas vraiment être mauvaise. Elle peut seulement être légèrement sotte. » ; « La vérité n’est jamais amusante sinon tout le monde la dirait. »… Et ne me répondez pas avec celles sur les cons, je les assume toutes…

    Moi aussi, je sais me retenir… mais, je ne dédaigne pas une bonne baston, de temps en temps… faut juste savoir ce qu’on fait : on discute et on se bastonne après, ou on commence par équarrir, histoire de se détendre, avant de passer aux choses sérieuses… et vos sujets sont trop importants pour que je m’arrête à vos humeurs… Maintenant si définitivement, vous avez développé une antipathie viscérale, pour poursuivre avec moi un débat qui aiderait votre corporation, dommage, mais pas grave, je pense que je m’en remettrai.

    Commentaire par Incognitototo — 28/12/2011 @ 00:06

  61. @Incognitototo : aucune antipathie viscérale, simplement un esprit pratique. Si discuter mène quelque part, ça m’intéresse, si c’est de l’onanisme à plusieurs, je préfère m’abstenir. Et pour info, je ne suis pas féministe, je ne trouve pas qu’Audiard soit un affreux sexiste macho et je n’aime pas la baston, j’en ai même horreur, simplement s’il faut y aller, je sais faire. J’y déploie même la légendaire violence des gens calmes en apparence mais qu’il vaut mieux ne pas trop chauffer. Vous voyez l’idée ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/12/2011 @ 14:00

  62. @ Aliocha,

    Onanisme ? Si vous faites référence au « moi je », c’est, juste un peu de dépit de n’avoir jamais été entendu, par ceux qui détiennent les leviers du pouvoir et de l’opinion…
    Mes questions étaient ouvertes et je n’en ai pas les réponses… j’attendais justement de vous que vous m’éclairassiez, pour faire le tri… Mais bon, visiblement je ne comprends pas où vous êtes partie, alors tant pis.

    Commentaire par Incognitototo — 28/12/2011 @ 14:37

  63. @Incognitototo : non, je ne fais pas allusion au « moi je », mais au fait que je fais un pas vers vous en vous donnant des explications concrètes, tirées de mon expérience, et que vous les balayez d’un revers de main. Par conséquent, si ce que j’avance n’a à vos yeux aucune crédibilité, je ne vois pas l’intérêt de discuter. Ni pour vous, ni pour moi. On a tout dit sur les journalistes, depuis plus d’un siècle d’ailleurs, qu’il étaient menteurs, paresseux, superficiels, vendus, j’en passe et des meilleurs. Je tiens cela pour acquis. Ce qui m’intéresse ici, c’est de comprendre pourquoi ils souffrent de cette méchante réputation. Il y a sans doute des dérives individuelles, mais il me semble, pour fréquenter cet univers depuis 15 ans, qu’il y a autre chose. La nature de l’exercice, par définition imparfaite, précipitée, simplificatrice. Et puis aussi le système entier qui dérive actuellement. Encore une fois, si je vous dis qu’on ne nous donne pas les moyens de travailler correctement, cela signifie que même ceux qui veulent faire bien ne le peuvent pas. Alors vous avez le droit de considérer que cela n’explique pas tout mais certainement pas celui de balayer l’argument comme s’il ne valait rien. Quand une page de La Tribune passe en 10 ans de 10 000 signes à 6 000, cela signifie en pratique qu’on demande aux journalistes d’écrire plus court et donc plus superficiel, quand la pagination diminue, cela implique qu’il y a moins d’information pour le lecteur. Les journalistes n’y sont pour rien, tout au contraire, ils sont les premières victimes du travail de merde qu’on leur impose. Idem pour les reportages au JT limités à 1 minute 30. Vous croyez qu’on peut expliquer la situation en Syrie en 1 minute 30 ? Eh bien c’est le format imposé. « Tu coupes coco, t’es trop long ! ». Défense corporatiste me direz-vous ! Du tout. En expliquant cela, j’appelle le public à l’aide. Tant qu’on dira « c’est la faute à ces cons de journalistes », les éditeurs de presse pourront continuer de se défausser sur nous ou sur la faute à Internet ou la faute à pas de chance et d’aggraver la situation. En revanche, si le public dit « on en a marre de ces articles trop courts, superficiels, qui ne nous apprennent rien, on est prêt à payer de l’information de qualité », alors là, on a une chance d’inverser la tendance.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/12/2011 @ 19:13

  64. @ Aliocha, merci de vous être livrée… Désole, mais il y a eu un énorme malentendu entre nous, parce que je partage votre désespoir et votre révolte de la situation que vous décrivez ; je trouve même que c’est un vrai cancer qui participe et qui amplifie les problèmes sociétaux globaux. D’autant que si on a raté quelque chose à l’école, ce n’est pas avec l’information actuelle, que le citoyen pourra rattraper ses lacunes… L’ultime outil de transmission et d’éducation démocratique est en train de totalement sombrer, et ça fout vraiment les jetons, quand on en mesure les conséquences.
    Je dis même exactement ce que vous dites quand je vous explique pourquoi j’ai arrêté de lire la presse quotidienne et autres journaux français depuis 20 ans… les raisons que vous donnez sont les miennes.
    Désolé, si j’ai pu paraître « balayer vos arguments » ou si vous avez pensé que je voulais faire porter la responsabilité aux seuls journalistes, ce n’était pas mon intention, je souhaitais juste que nous creusions ensemble plus loin. Parce que cette crise est antérieure à vous, antérieure à l’apparition du Net et même probablement antérieure à l’apparition de ces rédacteurs en chef et patrons de presse qui se tirent une balle dans le pied en massacrant leur métier et leurs journalistes… Mais pour ce dernier point, je n’en sais rien, puisque je n’étais pas dans les rédactions il y a 20 ans pour voir ce qui s’y passait.
    Je sais juste qu’à un moment ça a « disjoncté », l’information est devenue « plate », non informative, à peine factuelle, seulement émotionnelle, avec des contenus analytiques qui tournaient en boucle pour chaque type de ligne éditoriale, une espèce de copier/coller de ce qu’on avait déjà pu lire dans le magasine ou le journal précédant… bref sans surprise et sans « nourriture » pour la pensée… Le comble du vide étant effectivement la télé… par exemple, pour la grève des personnels de sécurité des aéroports, on a eu les sempiternelles interviews des usagers insatisfaits, sans jamais que personne ne nous dise :
    – Y a-t-il eu des négociations préalables à la grève ?
    – Quel est le salaire d’un agent de sécurité ?
    – Combien d’heures travaille-t-il par mois ?
    – Combien sont-ils pour accomplir quelles tâches ?
    – Quelles sont les conditions de travail ?
    – Quels bénéfices dégagent les sociétés qui emploient, afin que l’on puisse se rendre compte de la possibilité ou non d’une augmentation ?
    – Quels sont les salaires perçus par les dirigeants ?…
    Bref, du b a ba pour se faire une opinion objective… mais qu’on ne saura jamais, si on ne cherche pas, ailleurs… affligeant…

    Vous savez dans tous les problèmes multifactoriels avec des problèmes « d’oeuf et de poule », il y a toujours un moment, où ça a basculé ; c’est ce moment-là sur lequel je ne trouve pas de raisons explicatives convaincantes, d’autant qu’il y a des contre-exemples insolents de réussite dans d’autres pays.
    Je comprends bien que les managers sont devenus des imbéciles, criminels, mais je ne comprends pas pourquoi… Ils ne peuvent quand même pas s’imaginer que c’est avec la soupe qu’ils nous servent qu’ils vont retrouver des lecteurs ? Si ?… Alors là, ça m’échapperait vraiment… et ça serait encore plus grave que je ne le pensais…

    Commentaire par Incognitototo — 29/12/2011 @ 04:01

  65. Incognitoto, vous avez raison, mais en ce qui concerne les bénéfices des sociétés en question, vous ne les obtiendrez jamais. Il faut voir aussi que un mode de travail approfondi demande du temps, et comme les journaux font aussi des économies de journalistes… Le problème n’est pas seulement commbien de lecteurs pensent qu’une information de qualité se paye mais combien de lecteurs ont effectivement les moyens financiers de se la payer ?

    Commentaire par Barbara — 29/12/2011 @ 10:23

  66. @Incognitototo : eh si, c’est en servant cela qu’ils pensent avoir des lecteurs. Il faut avoir assisté une fois dans sa vie à la conception d’une nouvelle formule de quotidien pour le comprendre, ce que j’ai fait. Des consultants arrivent et vous expliquent que « les gens » n’ont plus le temps de lire, donc il faut réduire la pagination et surtout la taille des articles. Parce que « les gens » sont assaillis d’offres d’information et qu’ils ont besoin d’être renseignés rapidement. De son côté, l’éditeur reçoit le conseil sans se poser de question et pour cause. Qui dit réduire la pagination et la taille des articles dit réduire…les coûts. Apparemment, c’est tout benef’. Je me souviens avoir fait observer à cet instant précis de la réunion que si les lecteurs n’avaient plus le temps de lire, il fallait carrément arrêter de faire des journaux, ou bien aller directement à la BD. Evidemment, mon insolence a été saluée par des regards de travers, je gâchais la fête. Quant à dater l’origine du dérapage, c’est assez compliqué. Dans le film les grandes familles avec Gabin qui date de mémoire des années 60, le fils de Gabin explique déjà qu’il a décidé de réduire la taille des articles parce-que-les-gens-n’ont-plus-le-temps-de-lire. En réalité des auteurs comme Emmanuel Schwartzenberg vous expliquent que tout ceci remonte aux mauvaises décisions prises à la Libération et à la puissance du syndicat du livre qui a littéralement racketté les groupes de presse durant 50 ans, menaçant de péter les rotatives si leurs prétentions salariales hallucinantes n’étaient pas satisfaites. En même temps, les éditeurs de presse auraient pu, ensemble, lutter contre le syndicat du Livre, ils ont toujours préféré laisser les concurrents se démerder en jouant la carte du « chacun pour soi ». Le patron du Parisien a engagé un bras de fer avec le syndicat dans les années 70 et a failli couler son journal. Résultat des courses, des coûts de production trop élevés, une distribution qui n’a pas su évoluer, l’aveuglement face au choc technologique d’Internet, ont mis les groupes de presse dans la panade. Il ne restait qu’une seule solution pour s’en sortir, utiliser les journalistes comme variable d’ajustement….Maintenant, quand on observe la situation dans le monde entier, on s’aperçoit que c’est à peu près la même panade depuis 10 ans, sauf me semble-t-il en Afrique où l’on continue de lire la presse. A ceci près que les autres pays ont quand même des journaux plus nourris que les nôtres. J’ai donc tendance à penser que choc technologique ou pas, l’explication liée à l’incapacité des éditeurs français à maîtriser les coûts de production (on dit qu’ils ne savent pas non plus négocier le prix du papier) et à réorganiser le système de distribution est pertinente. Plus profondément, en presse comme ailleurs, les professionnels ont cédé la place aux financiers, consultants et autres magiciens du fric, développant une culture de l’argent facile et rapide. Au fond, la presse cumule crise structurelle, crise conjoncturelle, choc technologique et maladie la finance. Plus profondément encore, elle exprime, parce qu’elle fonctionne en osmose avec la société et en même temps qu’elle est à la pointe des évolutions de civilisation notre dérapage collectif vers le consumérisme, la superficialité, la tendance au zapping, etc. Au passage, ce qui m’irrite dans les critiques médiatique à la Bourdieu, c’est qu’elles s’inscrivent dans la dénonciation au lieu de tenter de comprendre vraiment, de l’intérieur, les phénomènes observés et de déterminer ce qu’ils nous enseignent sur notre société. C’est aussi pourquoi je réfléchis tout haut ici pour tenter de dépasser la critique éculée des journalistes vendus-pareseux-lâches-superficiels-suppôts-de-la-pensée-dominante… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/12/2011 @ 11:36

  67. Le web a-t-il tué le papier ? http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12775

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/12/2011 @ 13:21

  68. @ Aliocha,

    Aïe, si les consultants-conseils s’en sont mêlés, alors, on est vraiment foutu…
    Je peux effectivement assez bien imaginer, avec votre récit, qu’un certain nombre aient pu enfoncer le clou du cercueil, vu que je les connais bien, et que beaucoup sont assez cons pour avoir cherché à justifier les options patronales de réduction des coûts au détriment de la qualité…
    Les systèmes de double contrainte sont des pièges desquels très peu (pour ne pas dire personne) d’institutions, entreprises, individus, conseils savent s’extraire…
    Le problème des coûts, je connais un peu (je vais essayer de la jouer profil bas ce coup-ci ;o))) ; n’importe quel manager honnête (oui, ça existe) qui s’enferre dans cette logique sait que c’est une impasse qui le conduira tôt ou tard à vendre de la m…, à mourir ou à délocaliser… et que la seule façon de s’en sortir, c’est par le haut, en vendant quelque chose que les autres ne font pas ou font moins bien… d’où probablement d’ailleurs, les niches éditoriales qui sont les seules à survivre dans la presse…
    Cependant, je ne sais pas, si on pourrait refaire aujourd’hui, le journal « le Monde » ; celui de l’époque, où il était une vraie référence dès qu’on cherchait une information « objective »… parce que le niveau culturel, et/ou l’aptitude à l’analyse, à la concentration, l’intérêt pour la pensée (et que sais-je encore), du lecteur moyen ont peut-être réellement baissé… Comment le savoir ? Parce que si c’est le cas, ce ne serait pas les journalistes et/ou le modèle économique qui seraient les problèmes, mais bien le « marché » qui ne serait réellement plus adapté à cette qualité d’information…

    Pour m’intéresser également aux problèmes de l’enseignement, je crains qu’on ne découvre un jour que depuis 1972 (date des premières casses de l’instruction publique, avec Fontanet, et ça n’a pas cessé depuis, même sous des gouvernements de gauche), la capacité de soutenir un raisonnement est en « décadence » en France et que, pour faire grossier et outrancier, on a échangé 86 % de bacheliers, contre 98 % de moutons (cela dit sans aucun mépris pour personne)…
    Je n’ose même pas dire ce que ça m’inspire à la manière d’Audiard, tant je risque de passer pour un affreux populiste, prétentieux et méprisant… Mais globalement les conséquences sont là : des « élites » et des dirigeants nuls, pour un peuple de nuls… et ça ne sert à rien de savoir qui est plus responsable que l’autre dans l’affaire, vu qu’ils ont été à la même école ou presque. Tout juste peut-on dire que ceux qui ont exercé le chantage à l’emploi (comme dans tous les secteurs de l’économie) étaient un peu plus responsables que les autres, tout en subissant eux-mêmes des logiques qui les dépassaient…
    En fait, vous savez Aliocha, je pense que ce qui est incompréhensible pour ceux qui ne sont pas dans votre milieu, c’est qu’autant c’est facile d’admettre que bien des catégories de la population se soient fait piéger par le « grand chantage », … autant pour les journalistes qui ont en principe la culture et un passé de luttes, qui auraient dû leur permettre de résister, c’est difficile d’admettre qu’ils se soient « couchés » aussi vite… un vrai dépit amoureux, en fait… mais bon, ce sont des êtres humains comme les autres, et il n’y a pas vraiment de raisons à ce qu’ils aient échappé aux monstrueuses « logiques » de déstructuration sociale qui prévalent partout, depuis 1971…
    « Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles. » (Max Frisch)

    Il nous reste quoi, alors ? Bé des gens comme vous, qui s’interrogent, et qui peut-être un jour prendront en main leur destin, sans plus jamais attendre qu’on décide pour eux.
    Moi, je rêve de faire un journal : « apprendre à penser par vous-même » ; qui s’enorgueillirait de perdre des lecteurs au fur et à mesure qu’il en gagnerait…

    Commentaire par Incognitototo — 30/12/2011 @ 01:23

  69. @ Barbara, si, si c’est très facile à obtenir en allant, par exemple, sur « société.com » et si vous voulez plus de renseignements (notamment les salaires des dirigeants) il suffit d’acheter les comptes complets avec les délibérations des AG (c’est très peu cher) auprès des Greffes des TC, ou autres organismes qui les vendent…

    Pour votre information sur cette affaire de grève, les principales sociétés en cause (ICTS France, SECURITAS TRANSPORT AVIATION, SECURITAS FRANCE SARL, BRINK’S SECURITY SERVICES – B2S – BSS – BRINK’S AIRPORT SERV, Alyzia Sûreté, … d’après le Figaro) réalise un résultat net consolidé de 12 564 100 € et un E.B.E. (excédent brut d’exploitation) de 30 978 700 €, avec 22 215 salariés (soit un EBE de 1 394 € par salarié)… Seuls 10 000 salariés sont dévolus à la sécurité des aéroports et leurs revendications coûteraient 38 400 000 € (200 € brut * 12 mois * 10 000 (effectif en cause) * 1,6 (charges sociales)), soit 3 840 € par salarié et par an… Il est donc impossible que les sociétés en question satisfassent à ces revendications, telles qu’elles sont posées… sauf à imaginer que les dirigeants se goinfrent comme des sagouins bien au-delà du raisonnable et qu’ils pourraient baisser leurs propres salaires…
    Cependant, l’information qui est floutée et passée sous silence, dans cette histoire, c’est que ces sociétés sont sous-traitantes d’ADP (parfois pour la totalité de leurs effectifs)… et ADP, c’est 238 000 000 € de résultat net et un E.B.E. de 917 000 000 € pour 6 959 salariés, soit un EBE par salarié de 131 772 € (!!!)… Vous voyez, où sont le vrai conflit, la vraie arnaque et le jeu de dupes ?

    Je doute que vous ayez lu ces informations quelque part (sous toute réserve parce que je n’ai pas poussé plus loin les recherches pour les recouper). Cela m’a pris une demi-heure de mon temps… et j’aurais préféré les trouver lisibles quelque part… et/ou plus « drôle », dites à la télé…

    Comme quoi, vous voyez que ce n’est quand même pas très compliqué (ni très cher) de faire de l’info qui a un sens, sans même développer…

    Bien cordialement.

    Commentaire par Incognitototo — 30/12/2011 @ 01:38

  70. Ah il a bon dos, le syndicat du Livre ! Ça a toujours emmerdé les journaliste que des « ouvriers » puissent avoir des bons salaires, parfois plus élevés que le leur. Ils n’avaient qu’à s’organiser, ces connards, au lieu d’être aussi individualistes.
    En plus, c’est même pas la cause de la chute des journaux. Sinon jamais ça n’aurait pu durer pendant 50 ans. Pendant longtemps, les journalistes de la PQR étaient très bien payés. Certains touchaient même le 15ème ou le 16ème mois (la Nouvelle République du Centre Ouest, si j’ai bonne mémoire). Tant que la vente et la pub étaient là, ça ne posait aucun problème. Il faut donc chercher ailleurs (la baisse de la qualité ?, le prix de vente des journaux trop élevé par rapport à la presse anglo-saxonne ?) les raisons du marasme actuel.

    Commentaire par Gilbert — 30/12/2011 @ 13:17

  71. « Au passage, ce qui m’irrite dans les critiques médiatique à la Bourdieu, c’est qu’elles s’inscrivent dans la dénonciation au lieu de tenter de comprendre vraiment, de l’intérieur, les phénomènes observés et de déterminer ce qu’ils nous enseignent sur notre société. C’est aussi pourquoi je réfléchis tout haut ici pour tenter de dépasser la critique éculée des journalistes vendus-pareseux-lâches-superficiels-suppôts-de-la-pensée-dominante… »

    Vous faites un amalgame qui me semble malhonnête, parce que justement, ceux qui appuient leur critique sur les travaux bourdieusiens (je pense à l’association Acrimed) s’efforcent au contraire de montrer les problèmes structurels et, loin de stigmatiser les journalistes, leur apportent tout leur soutien (je peux vous dire que de nombreux journalistes participent à l’animation d’Acrimed). Il ne faut pas confondre les éditocrates omniscients ( http://www.acrimed.org/article3729.html ), les femmes de ménage comme Christine Ockrent ( http://www.acrimed.org/spip.php?page=recherche&recherche=Ockrent ), qui sont fort justement montrés du doigt non pas en tant que personnes, mais pour les fonctions qu’elles occupent. avec les soutiers des rédactions.
    Le meilleur exemple en est donné par Serge Halimi, lui-aussi critique bourdieusien du système médiatique et qui, cependant, fait vivre un journal (et une rédaction) en comptant davantage sur la qualité des enquêtes et la relation avec le lectorat que sur la pub (qui ne dépasse jamais 5 % du chiffre d’affaires) :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/HALIMI/47040

    Commentaire par Gilbert — 30/12/2011 @ 13:37

  72. @Gilbert : je vous attendais 😉

    Sinon, Bouygues demande 9 millions de dommages intérêts à l’encontre du Canard enchainé. Et pourquoi pas 9 milliards, tant qu’on y est ? P’tits joueurs, tiens ! http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12783

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/12/2011 @ 15:49

  73. Et hop, je mets le lien sous ce billet là aussi puisque nous sommes au coeur du sujet. L’enquête de Dan Israel d’@si sur « faut-il payer les blogueurs ? » : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4576

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/12/2011 @ 10:32


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