La Plume d'Aliocha

09/12/2011

A la botte des singes savants ?

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 10:06

Décidément, on n’en finit plus de se trainer aux pieds des agences de notation ! Voici qu’elles ont décidé de tout dégrader. Voyez-vous cela ! Et les économistes affichant des mines embarrassées de me confier en off, que bon, hein, on ne pouvait pas vivre au-dessus de nos moyens ad vitam aeternam non plus, qu’on peut bien contester à juste titre le poids des agences de notation sur nos Etats et même nos vies, elles n’ont quand même pas tort de nous obliger à regarder la réalité en face. Hélas, trois fois hélas, si, elles ont tort. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que comme tout le monde dans la finance, elles font semblant de maîtriser des outils techniques et donc objectifs. Fumisterie. Superbe mensonge à double levier. Un, elle ne maitrisent rien, sinon elles n’auraient pas encensé Enron jusqu’à la faillite du courtier américain en énergie il y a dix ans. Deux, je ne connais rien de plus contestable que les chiffres, sauf peut-être les prévisions économiques. Comme le fait dire Audiard à Gabin dans Le Président :

« le langage des chiffres à ceci de commun avec celui des fleurs, on leur fait dire ce qu’on veut. Les chiffres parlent mais ne crient jamais. Permettez-moi de préférer le langage des hommes, je le comprends mieux ». 

Vous ne me croyez pas ? Alors prenons un exemple tiré de l’actualité brûlante. Vous avez vu la vidéo du Sofitel diffusée par BFM TV sur DSK ? Vous avez lu les commentaires des uns et des autres ? Vous vous sentez plus avancé ? Bien sûr que non. Pourtant, l’affaire est simple, accessible à tout le monde. Il n’est pas question ici de dette souveraine, moins encore de spread, mais de fellation. Tout le monde sait ce qu’est une fellation, pas d’angoisse technique particulière sur le sujet. A toutes fins, je traduis tout de même le terme technique, nous parlons d’une pipe. En plus, nous avons désormais une vidéo, donc une information a priori objective. Comme si on y était. Sauf que chacun y va ensuite de son avis sur les éléments factuels, sur le viol, avec arme ou pas, sur la procédure judiciaire américaine, sur l’appréciation d’un comportement sexuel libertin ou pathologique. Là-dessus, les défenses des amis de DSK brouillent tout et les avocats achèvent de nous faire douter, mais il est vrai que c’est leur rôle.

Alors transposez cela maintenant à la finance. Et imaginez qu’au lieu de parler de ce que tout le monde comprend, on se penche sur des produits et des systèmes concoctés par des matheux, imbriqués les uns dans les autres, déments de complexité, vertigineux d’enjeux. Oubliez que le sujet vous dépasse mais que c’est normal puisque ce n’est pas votre métier et envisagez une seconde de déraison l’inimaginable : et si les experts ne comprenaient pas mieux que vous ? Et si leurs avis n’étaient au fond que de simples avis, forgés par leurs études, mais aussi leurs convictions, leur volonté de dire ce qu’ils savent en dissimulant ce qu’ils ignorent, leur intention de se faire remarquer, de s’inscrire sans le dire en contradiction avec un rival, de faire les malins, de livrer une phrase choc aux journalistes pour leur plaire et faire tous les plateaux télé. La vérité, l’effroyable vérité, c’est celle-là : les experts ne comprennent rien à la crise. Selon les cas, il cautionnent une idéologie qui les nourrit ou, à l’inverse, critiquent un système qui les a rejetés. Certains même s’accommodent de leur ignorance en pensant que d’autres savent.

J’exagère, songerez-vous. Hélas… ce billet est né d’un déjeuner tout à fait anodin auquel j’ai participé avant-hier. J’y rencontrais des comptables libéraux, rien que des comptables. Mais des chics quand même, la crème de la crème, ceux qui auditent les sociétés cotées et donc qui pataugent malgré eux dans les dédales incompréhensibles de la finance. Quand l’un d’entre eux m’a balancé comme ça, tout à trac : les normes comptables internationales, je n’y comprends rien ! Son confrère a blêmi. Et durant tout le déjeuner il a répété comme un mantra : je n’y comprends rien. Pour information, les normes comptables internationales, ce sont celles qui sont utilisées depuis 2005 par toutes les sociétés cotées européennes et donc notamment par notre ami le CAC 40. Et, accessoirement,  ce sont elles qu’on a accusé d’avoir eu un effet procyclique lors de la crise de 2008, c’est-à-dire aggravateur de la crise. « En fait, a tenté de corriger son confrère qui se souvenait que j’étais journaliste et tentait de sauver l’honneur, les produits financiers sont devenus incompréhensibles, il est normal que les normes comptables elles-mêmes se complexifient ». Nous y sommes. Donc, la finance devenue dingue, contamine tout le reste. Et plutôt que de hurler, les comptables encaissent sans broncher l’idée que sur 26 000 professionnels, à peine 20 savent de quoi on parle quand on évoque leur nouvel outil de travail. Ils acceptent de ne pas comprendre. Ils trouvent cela désagréable mais inéluctable. Et ils comptent sur les copains. Tous. Sauf que les copains ne comprennent rien non plus, mais ils se taisent. En clair, cela signifie que les comptes des sociétés du CAC 40 ne sont peut-être pas forcément fiables. Il y a un moment où il faut appeler un chat un chat.

Voilà où nous en sommes arrivés. Plus personne ne comprend rien, mais tout le monde ou presque fait semblant que si, juste pour donner le change. Parce qu’on n’a pas le choix, il faut bien manger. Je demandais il y a quelques jours à un haut fonctionnaire de Bercy  pourquoi il était à peu près le seul à tirer la sonnette d’alarme, à essayer d’endiguer cette folie. « Parce que les gens cautionnent le système qui les nourrit », m’a-t-il simplement répondu. Hier matin, j’étais à une séance de sanction du gendarme boursier (AMF), avec une poignée de confrères spécialisés de La Tribune et des Echos. L’AMF devait juger une obscure violation des règles de marché par quelques grandes banques de la place en 2008, lors de l’augmentation de capital de Natixis. Une affaire qui avait quand même failli faire capoter l’opération et mettre le système financier déjà fragilisé par la faillite de Lehman Brothers dans une belle panade. Dans cette pièce où se tenait une cinquantaine de gens importants en costards sombres, j’ai vite compris qu’il n’y en avait tout au plus qu’une dizaine qui comprenaient. Et encore, ils comprenaient la technique, mais aucun n’avait la capacité intellectuelle, ni surtout l’envie, de mettre tout cela en perspective et moins encore d’en tirer une quelconque conclusion. A midi, j’ai appelé un ami, une figure de la place financière de Paris et je lui ai demandé ce qu’il pensait de tout cela. « Personne ne comprend rien, m’a-t-il avoué, mais on n’ose pas le dire ». Vertige…

Alors voyez-vous, j’ai une proposition toute simple pour se sortir de là : avouer qu’on ne comprend plus rien, reconnaître qu’on ne maîtrise plus rien. Ni les experts, ni les politiques, ni les juges, et encore moins les agences de notation. Quant aux journalistes spécialisés comme moi, ils en savent tout juste assez pour prendre la mesure de leur ignorance, qui est abyssale. Sauf que nous n’avons aucun système à cautionner. Il n’y a donc plus que nous qui puissions dire : stop ! A partir de là, et à partir de là seulement, on pourra commencer à essayer de s’en sortir. Non pas en faisant appel aux experts, ils sont largués. Tous ces docteurs Frankenstein refusent d’admettre que leur créature monstrueuse leur a échappé depuis longtemps. Mais en se tournant vers des gens comme Emmanuel Todd qui a été l’un des premiers à poser une bonne question : et si on ne remboursait pas, que se passerait-il ? Les agences de notations nous fouettent tous les matins, les spécialistes courbent l’échine et obéissent, emmenant avec eux les politiques qui ne sont pas dupes mais cèdent par nécessité. En réalité, nous n’avons pas besoin d’expertise financière ici, mais de simple raison. Car c’est précisément ce qui nous fait le plus défaut.

Sur ce sujet là, je nous classe D, autrement dit : situation de faillite.

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75 commentaires »

  1. merci de dire tout ça. On peu assombrir le tableau en rappelant que de plus en plus nous somme dans un monde co opté ou les postes en plus ne sont pas forcément occupés par des personnes compétentes mais plutôt par des personnes fidèles et accommodantes (ce qui est parfaitement logique dans le tableau que vous décrivez) . Quand ces personnes sentent qu’elles ont besoin de prouver leur fidélité, elles ont en main des manettes qu’elles ne comprennent pas, et n’importe quoi peut arriver…

    Commentaire par euromix75 — 09/12/2011 @ 10:21

  2. Tiens oui, je m’étais posé plus ou moins la même question : et si on ne payait plus les intérêts de la dette ? D’accord, on ne pourrait sans doute plus emprunter davantage — donc continuer à augmenter notre dette — mais n’est-ce pas justement ça le but à atteindre ? Et tous ces milliards d’intérêts annuels qu’on ne paierait plus, si on s’en servait pour rembourser le capital — la dette elle-même ? Ne serait-ce pas mieux ?

    Commentaire par Yves Pouplard — 09/12/2011 @ 10:37

  3. Antoine Bernheim, pdg de Generali, le disait en 2008 à propos des crédits suprimes titrisés, il me semble : « je n’y comprenais rien, donc je n’en ai pas acheté ». C’était la sagesse même mais il faut avoir le courage de dire qu’on ne comprend pas, et savoir accepter de se faire devancer par la concurrence.

    Quand on réduit la vie à une compétition, la compétition s’exerce aussi en matière d’intelligence. Dans notre merveilleux monde financier mondialisé la loi du plus intelligent a remplacé la loi du plus fort. Cela pourrait être un progrès si les plus intelligents étaient assez intelligents pour ne pas abuser à leur propre profit de leur supériorité…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 09/12/2011 @ 10:47

  4. Bonjour Aliocha,

    Je ne vous suis pas sur deux points, même si je vous approuve sur un, capital.
    Les agences de notation émettent des avis. Soit, en français, des opinions. Donc elles disent ce qu’elles veulent, et je ne voit pas au nom de quoi le leur interdire. Le problème n’est pas ce qu’elles disent, mais le crédit que l’on y accorde. Les règles rendant obligatoire de posséder des créances bien notées sont une aberration en soi, puisque de fait cela revient justement à dire que l’on est incapable d’évaluer, et que l’on s’en remet aveuglement à d’autres. Donc, oui, en pointillé, il est très clair que l’on a renoncé à comprendre. Mais qui peut l’avouer? Un politique? Impossible. Le fonds même de la politique, c’est la prise de décision par un ‘incapable’ (au sens du droit – non compétent) suite à consultations diverses. Mais jamais un politique n’avoue son incompétence, son ignorance, voire son impossibilité à agir. Parce que la seule marge de manœuvre du politique repose sur la croyance dans son pouvoir. Rien de plus. Il ne peut donc pas se saborder.
    Il y a un piège à cela, qui déborde de la politique: un spécialiste n’est pas omniscient, y compris dans son domaine. Je ne connais pas le ‘mix’ Finance/Comptabilité/Economie, je suis informaticien. Mais dans mon domaine, récent à l’échelle historique, c’est impressionnant à quel point le savoir est devenu vaste, et surtout incroyablement émietté. Seulement personne n’avoue jamais ses limites, il faut répondre, quitte à dire des âneries, à jargonner. Je ne parle qu’à mon niveau de ‘petit informaticien’. Des individus dont on dit qu’ils sont brillants, très intelligents, l’élite (et pas forcement à tort, en l’occurrence) sont les moins bien armés pour résister à cette tentation. Toute notre société repose sur la capacité que l’on a à se vendre, à se montrer meilleur que les autres. Qui peut être le premier à dire, non je ne sais pas? Peu, c’est un suicide professionnel et social.
    A contrario, je ne suis pas certain que le fait que personne ne comprenne un système soit ‘forcément’ un problème. Nous vivons dans une société dans laquelle les objets les plus courants ne sont réellement compris par personne! Mais les sommes de spécialistes et la coopération entre eux font que cela fonctionne tous les jours. Par exemple, personne ne comprend le fonctionnement d’une voiture. Strictement personne. Mais chaque spécialiste de chaque sous système maîtrise à peu près son micro-truc (il y a le super pro de l’injection; le spécialiste en amortissement de roulis… des centaines comme ça). Et des voitures sont fabriquées tous les jours, utilisées tous les jours. Vous par exemple: savez-vous pourquoi il y a une boite de vitesse? A quoi elle sert? Pourquoi on ne se contente pas juste d’un accélérateur et d’un frein, de ce que ça implique mécaniquement? Peut-être pas. Mais ça ne vous empêche en aucun cas de conduire.
    Pour en finir avec cette analogie, oui l’économie peut fonctionner sans que personne n’y comprenne rien. Je ne dit pas que c’est souhaitable, confortable ou sans risque. Non. Mais en coopérant, se répartissant les rôles, en reconnaissant nos limites et en les acceptant, oui c’est possible. Mais l’idée que les système soit réductible à la compréhension d’un seul individu, je crains qu’il ne faille y renoncer.

    Commentaire par Kaeldric — 09/12/2011 @ 10:48

  5. Je pense que la difficulté n’est pas la nature mathématique des problèmes rencontrés, mais la complexité, dans le sens « accumulation sans grande cohérence » et l’absence de vision d’ensemble.

    Prenons un autre exemple : la protection sociale. À chaque fois que je crois avoir un peu compris qui paye quoi à qui, je m’aperçois que j’en ai oublié un bout. Pourtant, peu de mathématiques, mais surtout de la complexité confuse, due à l’accumulation de couches et dérivations diverses.

    Les vrais matheux apprécient la simplicité. Si vous voyez un système compliqué, ce n’est probablement pas un système conçu par des mathématiciens. 😉

    Commentaire par DM — 09/12/2011 @ 10:56

  6. ouais….

    enfin, le truc de la crise, ce qui se passe actuellement, est très très simple dans le mécanismes : les zétazunis sont en faillite, ils ont une dette colossale qui ne tient QUE parce que le dollars est LA monnaie de référence, celle des transactions et que personne ne veut voir disparaitre la monnaie de transaction. C’est tellement simple et premier que personne n’y pense.

    L’euro allait devenir LA monnaie de transaction et il fallait éviter cela à tout prix : c’était l’effondrement pur et simple des maître du monde. Donc la crise de l’euro et hop, fini les velléités de l’euro comme monnaie d’échange.

    J’ai entendu à la radio hier (oui je sais je devrais couper aussi ce canal de propagande) que les zétazunis voulait un firewall pour éviter que la crise se propage chez eux. La charité qui se fout de l’hôpital. La crise est avant tout une crise qui est venu de chez eux, de leur secteur bancaire, qui a « contaminé » le notre qui a contaminé les états. C’était le scénario original prévu, maintenant le scénario continu sur la lancé et le FMI (arfffffffffff) veut s’inviter au bal de la curie pour être sur qu’on ne remarque pas la faillite des 52 états fédérés, en étant sur que l’on plombe définitivement le continent européen ?

    Se foutent un peu de la gueule du monde tout de même.

    Si ca ca mérite pas une bonne guerre …. de libération du peuple hispanique et noir écrasé par un état fédéral tout puissant outre-atlantique, enfin ce que j’en dis moi.
    A moins qu’il faille une bonne guerre civile en europe pour calmer toutes les velléités fascisantes du pouvoir économique incapable (pas dans le sens du droit) qui décide à la place des pays (grece, italie, mes …) à qui le tour ?

    Commentaire par herve_02 — 09/12/2011 @ 11:04

  7. @Kaeldric : j’entends bien qu’on peut conduire ou utiliser un ordinateur sans être forcément capable de construire l’un ou l’autre objet. Seulement quand vous avez une panne de voiture, le garagiste moyen est capable de la diagnostiquer et de la résoudre ou au pire de vous conseiller d’en acheter une autre. Idem pour un ordi. Ce que je dis ici, c’est que personne n’est capable ni de diagnostiquer, ni de réparer et encore moins de dire c’est foutu. Mais il y a pire. Considérant la complexité financière comme une fatalité, au lieu de l’endiguer, on l’aggrave. En 2008, dans son rapport sur la crise, René Ricol, comptable de formation, mais surtout esprit éclairé doté d’une intelligence exceptionnelle et d’un bon sens rare, écrivait dans son rapport sur la crise, qu’il fallait limiter la complexité des produits financiers à leur capacité à être compris par les administrateurs des banques qui les commercialisent ou les utilisent. En lisant cela, je suis tombée de ma chaise. Donc les administrateurs grassement payés en jetons de présence qui gouvernent nos banques ne savent pas ce qu’ils font ? Wahou….Quant à l’éparpillement du savoir, il vaut dans tous les domaines. Moi-même je suis juriste, mais je ne traite jamais de fiscalité, estimant que c’est hors de mon champ de compétence. C’est précisément pour cela que je pense que nous avons besoin en ce moment d’esprits capables de prendre de la hauteur, et donc par exemple, de penseurs, de philosophes, de gens extérieurs à la finance, doués de raison et capables de développer une vision d’ensemble des problèmes, quitte ensuite à faire appel aux spécialistes. Mais évidemment, tout ceci relève du fantasme pur. Au lieu de cela on place des anciens de Goldman Sachs à tous les postes clefs en Europe…

    Commentaire par laplumedaliocha — 09/12/2011 @ 11:05

  8. @Kaeldric: L’exemple de l’informatique est éclairant. On peut comprendre le fonctionnement général d’un système informatique (par exemple, d’E-commerce) sans connaître le détail du protocole SSL, HTTP etc. C’est en ayant le nez collé sur le guidon qu’on ne comprend rien.

    Commentaire par DM — 09/12/2011 @ 11:07

  9. Mais justement, comment a t’on fait pour en arriver là.
    L’idéologie néolibérale teint en tout et pour tout en une seule phrase: on ne peux pas faire autrement

    Mais bon sang pourquoi il aura fallu 30 ans pour que quelqu’un se demande: mais pourquoi celà?

    Je serai vraiment curieux de lire un livre d’histoire dans un siècle pour savoir comment nos descendants nous jugerons.

    Je respecte beaucoup M. Todt, il est énervant certes, mais brillant et pose des tas de bonnes questions sur pas mal de sujets.

    Reste plus qu’à avoir les bonnes réponses….

    Commentaire par fredo — 09/12/2011 @ 11:17

  10. Par rapport au commentaire 4.
    Le soucis des agences de notation est que leurs notes sont exigées dans certaines situations afin qu’entreprises ou pays accèdent à des produits financiers, à des clubs, à des critères permettant d’avoir une autre notation … » Bâle III » est riche de ces références aux notes des agences …
    Cela pose un « gros » problème : nous avons acheter la corde pour nous pendre !

    Pour savoir comment fonctionne une agence de notation, ses critères d’évaluation, je vous propose ce lien :
    http://calamiite.wordpress.com/2011/08/22/des-agences-de-notation/

    Pour étendre le sujet à ceux qui profitent du système, autre lecture :
    http://mamouchka.lesdemocrates.fr/2010/05/15/positions-des-societes-de-gestion-pour-la-crise-grecque/
    http://calamiite.wordpress.com/2011/06/08/%C2%AB-les-mensonges-innocents-de-l%E2%80%99economie-%C2%BB-de-j-k-galbraith/

    Quant à la solution pour s’en sortir, elle n’est pas simple mais il est possible de commencer à comprendre ne visitant le site de finance watch (http://www.finance-watch.org/?lang=fr ) ou celui des économistes atterrés (http://atterres.org/publications ).

    J’espère que tous ces liens ne perturberons pas la gestion des commentaires ….

    Commentaire par fultrix — 09/12/2011 @ 11:19

  11. Ce qui distingue l’économie des domaines scientifiques ‘durs’, c’est la faculté que l’on a à changer le cadre. Quand un physicien est embêté par un résultat, il ne décide pas de changer la loi physique sous jacente! Hélas ou tant mieux, il est possible de modifier à l’envie les règles comptables. Donc on le fait. Sans ne plus rien comprendre aux conséquences. En comme souvent, moins on comprend, plus on agit brutalement.
    Il faudrait revenir à deux principe simples: Celui que vous citez: ne pas vendre (ni acheter) de produit que l’on ne comprend pas. Et un principe de base de médecine, à chaque fois que l’envie nous prend de changer une loi, un système: d’abord ne pas nuire.
    Ca ne peut pas être en nomment des experts ‘étroits’, ultra spécialisés, aux commandes que le problème pourra se résoudre, nous sommes d’accord sur ce point, et son corollaire: c’est partit pour durer un bon moment.

    Commentaire par Kaeldric — 09/12/2011 @ 11:27

  12. @Fultrix: Je suis tout à fait d’accord avec vous: nous avons acheté la corde pour nous pendre. Tant que les agences ne faisaient qu’émettre des recommandations/notes à la demande de leur client, c’était un processus classique de spécialisation/sous traitance. Les banques estimaient plus efficace de renoncer à évaluer leurs risques en direct, préférant passer par un spécialiste plus efficace qu’elles. Pourquoi pas.
    Mais en s’obligeant à suivre ces recommandations (Bâle III), de sous traitants spécialisés elles sont techniquement devenu un service public (au sens ou ce service est nécessaire au bien commun, puisque la publication des notes est requise par la réglementation), qui plus est, un service publique donneur d’ordre, puisque nous nous sommes attelés légalement à ces notes. Dans une époque où l’on parle de souveraineté, c’est un abandon majeur, sans fleur ni couronne.
    Si on ajoute à cela que ce sont les entités évaluées qui paient pour l’être, tous les ingrédients sont réunis pour un résultat instable. Le reste n’est qu’une question de temps.
    Simplement, comment en sortir? Détricoter Bâle III ne me semble pas spécialement simple, et pour mettre quoi à la place? Un autre système encore plus complexe, moins bien compris, et donc bien pire?

    Commentaire par Kaeldric — 09/12/2011 @ 12:03

  13. J’aime bien les commentaires de Kaeldric et de herve_02 …

    Pour essayer d’en faire une synthèse : l’économie est avant tout une affaire de convention et de règles humaines (en cela elle est très proche de la Loi, Cf. le com d’Aliocha sur le « je suis juriste » en #7).

    L’économie est donc très liée à la culture, même si on a ensuite utilisé des outils mathématiques pour modéliser un des fonctionnements possibles.

    La diversité culturelle, voire religieuse (nombre de penseurs lient le Capitalisme au Protestantisme) est telle que définir un modèle économique mondial est vite très complexe.
    Or l’économie d’aujourd’hui est mondiale, donc le modèle est très complexe … et diificile à comprendre pour un individu.

    Reste que … à qui profite le crime (de la crise actuelle en Europe) ?

    Herve-02 regarde vers les USA … et j’ai tendance à être d’accord avec lui …

    Commentaire par Yves D — 09/12/2011 @ 12:06

  14. @ Yves Pouplard (#2)

    Et si on ne payais pas (les remboursements de dette) ? Effectivement, on aurait alors un mal fou à emprunter à nouveau …
    Or notre budget étant en négatif depuis des années (mais celui des USA aussi), on a besoin d’emprunter pour »boucler les fins de mois » !

    Ou alors il faudrait décider de ne plus payer les salaires de …. allez, disons les élus, l’armée et la police … je vous laisse imaginer la suite …

    Commentaire par Yves D — 09/12/2011 @ 12:11

  15. @yves (14)

    Ah oui plus de salaires pour les élus, l’armée et la police : on pourrait enfin construire un vraie société humaine. Si l’élu de mon village se barre parce qu’il n’est plus payé, je cours travailler gratuitement pour que la vie continue, et je suis certains que des milliers de personnes feraient exactement la même chose.

    Bon, c’est vrai, sans armée et police certains élus indélicats et magouilleurs devraient fuir vite et en catimini en espérant ne pas devoir passer par Valmy, mais tout se paie un jour.

    Ce serait le premier jour d’un nouveau monde. c’est pas beau de nous faire rêver pour rien.

    Commentaire par herve_02 — 09/12/2011 @ 12:46

  16. Comprendre l’économie ? En est on encore là ? : http://www.youtube.com/watch?v=FQ9S4DC2QJw&feature=related

    Moi je voudrais juste qu’on me dise s’il vaut mieux que je commence à acheter des poules ou de l’or ?

    Commentaire par Memepasmort — 09/12/2011 @ 14:32

  17. @ Fredo en 9 :
    Comment on en est arrivé là ?
    Il manque un axe à l’analyse d’Aliocha par ailleurs brillante(s) : la capacité récente de l’homme à pondre des systèmes complexes, liée à la formidable révolution d’après-guerre qu’est l’arrivée de l’informatique, avatar principal de la maîtrise des semi-conducteurs.
    – qu’une transaction complexe puisse être actée dans un temps de l’ordre de la nano-seconde;
    – qu’on puisse faire changer de main le contenu d’un tanker de brut quelques milliers de fois entre le moment où il quitte le golf et le moment où il accoste à Fos;
    – que la moindre information de tendance (pénurie ou sur-production) soit instantanément diffusable à la planète entière par la magie du Web;
    – qu’on puisse avec ces technologies vendre sans problème quelque chose qu’on n’a pas encore acheté;
    … ….
    … sont les ingrédients d’un système réputé désormais hors contrôle.

    Commentaire par Ginkgo — 09/12/2011 @ 14:56

  18. @herve_02

    Où avez-vous vu que les États-Unis sont en faillite ? Ils empruntent à 2% sur dix ans, et si ça ne suffisait pas, ils ont encore leur propre banque centrale, donc ce ne sont pas des dettes en dollars qui vont les mettre en faillite…

    Commentaire par Tirxu — 09/12/2011 @ 15:22

  19. Je dirai que si nos « élites » financières étaient des vrais matheux, ils ne ferraient aucune confiance aux chiffres.

    Les véritables mathématiciens et scientifiques savent qu’en réalité, notre connaissance est très réduite devant la réalité. Nous sommes surtout capable de modéliser des phénomènes linéaires, c’est à dire grosso modo suivant une loi de proportionnalité, le reste est encore un domaine complexe réservé aux spécialistes.
    Je trouve que plus on avance dans la connaissance de la Science, plus on se rend compte de l’immensité de notre ignorance et plus on est contraint à l’humilité face à la complexité de la réalité. A un certain stade, les mathématiques deviennent carrément de la Philosophie.
    A partir de là, il est malheureusement normal de des carriéristes dont l’avidité et l’orgueil sont encensés par notre nouveau clergé (la classe managériale) refusent d’y comprendre quoi que ce soit et préfèrent se cacher derrière un langage complexe.
    Signe de leur ignorance à eux, une personne intelligente qui connait son domaine est tout à fait capable de l’expliquer à un « profane » sans se cacher derrière des concepts incompréhensibles. Bon je ne parle pas non plus d’expliquer topologie algébrique à un enfant de 2 ans, mais expliquer au moins les problèmes posés par l’économie à des personnes normalement instruites devrait être largement faisable, encore faudrait il que ça soit leur intention.

    Un autre problème est la totale absence d’imagination des dirigeants (politiques et de grosses entreprises). Je dirai même ablation complète, en effet, la condition sine qua non de l’obtention d’un poste important dans une grosse entreprise devient de plus en plus l’acceptation totale des dogmes établis jusqu’à ne pas être capable d’imaginer qu’il existe autre chose et ce plus votre niveau d’étude est élevé. Un manutentionnaire peut bien être trotskiste (mangeur d’enfants donc bien sûr), tant qu’il ramène le sacro-saint chiffre, tout va bien. Par contre gare à l’ingénieur ou au doctorant dont le cerveau ne suit pas au millimètre les intérêts de l’entreprise.
    L' »ablation de l’imagination » devient un préalable indispensable à une confiance aveugle au chiffre, en plus d’être d’une débilité profonde pour tout économiste un peu sérieux.

    C’est ce cruel (je dirai même vertigineux) manque d’imagination qui ferra que nos dirigeant nous mèneront au gouffre, sans même imaginer une seule seconde qu’il en soit possible autrement. C’est là le drame, ces personnes sont incapable d’imaginer qu’il soit possible de faire autrement que d’aller dans le mur.

    Nous avons un nouveau clergé qui n’est pas mieux que celui de l’ancien régime, en plus d’utiliser tous les moyens pour introduire la vertu divine de la performance jusque dans notre vie intime, ils suivent religieusement leurs dogmes aussi débiles soient ils, pourvu qu’ils nous mènent dans les jardins paradisiaques de l’Eden du libre marché et de la rédemption de tous nos écarts financiers par la vertu de la Rigueur (au nom du chiffre, du crédit et de la consommation, Amen).

    Commentaire par raisinfroid — 09/12/2011 @ 15:27

  20. Sur la faillite des experts, je recommande « Expert Political Judgment » de Philip Tetlock. Récemment, Dan Gardner a vulgarisé ses résultats dans « Future Babble ».

    Le vrai problème des agences de notations est que:
    1) Leur jugement n’a de valeur que qualitative. Une notation AA+ ne veut rien dire d’autre que « c’est bien », cela n’engage a rien quantitativement parlant, c’est-a-dire sur la probabilité que l’entité soit en défaut de paiement.
    2) Pour des raisons légales, les investisseurs sont obligés de suivre les recommandations des agences de notations. C’est pourquoi, même s’il y a un consensus comme quoi leur expertise est plus que limitée (voire a ce sujet le portrait au vitriol qu’en fait Michael Lewis dans « The Big Short ») , les agences de notations ont une vraie influence sur le marche. C’est pourquoi c’est une bonne chose que la BCE ait décidé de se passer de leurs opinions. Certains experts semblent encore comprendre ce qu’ils font.

    Commentaire par Gloumish — 09/12/2011 @ 15:27

  21. Je dirai que si nos « élites » financières étaient des vrais matheux, ils ne ferraient aucune confiance aux chiffres.

    Les véritables mathématiciens et scientifiques savent qu’en réalité, notre connaissance est très réduite devant la réalité. Nous sommes surtout capable de modéliser des phénomènes linéaires, c’est à dire grosso modo suivant une loi de proportionnalité, le reste est encore un domaine complexe réservé aux spécialistes.
    Je trouve que plus on avance dans la connaissance de la Science, plus on se rend compte de l’immensité de notre ignorance et plus on est contraint à l’humilité face à la complexité de la réalité. A un certain stade, les mathématiques deviennent carrément de la Philosophie.
    A partir de là, il est malheureusement normal de des carriéristes dont l’avidité et l’orgueil sont encensés par notre nouveau clergé (la classe managériale) refusent d’y comprendre quoi que ce soit et préfèrent se cacher derrière un langage complexe.
    Signe de leur ignorance à eux, une personne intelligente qui connait son domaine est tout à fait capable de l’expliquer à un « profane » sans se cacher derrière des concepts incompréhensibles. Bon je ne parle pas non plus d’expliquer topologie algébrique à un enfant de 2 ans, mais expliquer au moins les problèmes posés par l’économie à des personnes normalement instruites devrait être largement faisable, encore faudrait il que ça soit leur intention.

    Un autre problème est la totale absence d’imagination des dirigeants (politiques et de grosses entreprises). Je dirai même ablation complète, en effet, la condition sine qua non de l’obtention d’un poste important dans une grosse entreprise devient de plus en plus l’acceptation totale des dogmes établis jusqu’à ne pas être capable d’imaginer qu’il existe autre chose et ce plus votre niveau d’étude est élevé. Un manutentionnaire peut bien être trotskiste (mangeur d’enfants donc bien sûr), tant qu’il ramène le sacro-saint chiffre, tout va bien. Par contre gare à l’ingénieur ou au doctorant dont le cerveau ne suit pas au millimètre les intérêts de l’entreprise.
    L' »ablation de l’imagination » devient un préalable indispensable à une confiance aveugle au chiffre, en plus d’être d’une débilité profonde pour tout économiste un peu sérieux.

    C’est ce cruel (je dirai même vertigineux) manque d’imagination qui ferra que nos dirigeant nous mèneront au gouffre, sans même imaginer une seule seconde qu’il en soit possible autrement. C’est là le drame, ces personnes sont incapable d’imaginer qu’il soit possible de faire autrement que d’aller dans le mur.

    Nous avons un nouveau clergé qui n’est pas mieux que celui de l’ancien régime, en plus d’utiliser tous les moyens pour introduire la vertu divine de la performance jusque dans notre vie intime, ils suivent religieusement leurs dogmes aussi débiles soient ils, pourvu qu’ils nous mènent dans les jardins paradisiaques de l’Eden du libre marché et de la rédemption de tous nos écarts financiers par la vertu de la Rigueur (au nom du crédit, de la banque centrale et de la consommation, Amen).

    Commentaire par raisinfroid — 09/12/2011 @ 15:28

  22. @Kaeldric
    Je vous rejoins sur le besoin d’hyper spécialisation nécessaire au perfectionnement de nos voitures, avions, ordinateurs, même grille pain détectant que les toasts sont à point. De la même façon, la sophistication des programmes informatiques sert à l’amélioration des services que nous utilisons au jour le jour.
    Le grand point commun de tout cela, et que je ne retrouve/comprends pas dans l’hyper trading, les dérivés de dérivés, bref, une grande partie de la finance mode: l’utilité. A quoi cela sert d’avoir des modèles aussi complexes? Une voiture complexe va plus loin avec plus de carburant, dans des meilleurs conditions de sécurité, le HTTPS protège le contenu des mes échanges électronique. Mais les dérivés de taux?

    Commentaire par W — 09/12/2011 @ 15:30

  23. Oups, mes excuses pour ce doublon à l’administration des lieux.

    Commentaire par raisinfroid — 09/12/2011 @ 15:35

  24. Que des champions de football américain se rentrent dedans à qui mieux mieux, dans le cadre des règles de leur sport, pourquoi pas ?
    Que des champions de badmington, de croquet, de handball.. déploient toute leur compétence sur des terrains voisins, dans le cadre des règles de chacun de ces sports, il n’y a rien à y redire.
    Mais si vous supprimez les grillages et que tous se retrouvent à jouer sur le même terrain, il y aura de la casse.
    La mondialisation, notamment financière, c’est ça : c’est supprimer les frontières, cadre indispensable de la loi (des règles du jeu), et faire jouer tout le monde sur le même terrain, chacun avec ses instruments et ses règles. Alors évidemment malheur aux faibles ! Que des produits financiers complexes soient inventés et mis en oeuvre, pourquoi pas, à condition que ce soit dans un cadre légal, et donc national, déterminé.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 09/12/2011 @ 15:54

  25. @W (22)
    N’étant pas financier, je vais vite atteindre mes limites à justifier ce que je ne comprends pas 🙂
    Toutefois, la finance n’est pas non plus une activité de dilettante, pour se changer les idées entre roulette et courses de chevaux.
    Il y a à la base un problème économique ‘simple’ de répartition des richesses. Certains ont de l’argent, et veulent le faire fructifier (du milliardaire au petit épargnant avec son compte écureuil). De l’autre, certains ont des besoins pour se fiancer (les Etats mais aussi le particulier, quand il fait un emprunt).
    Donc dans un monde idéal, il faut que offre et demande se croisent et s’ajustent l’une à l’autre.
    Typiquement, le taux d’intérêt sur un prêt ne couvre pas uniquement le risque de défaut de paiement, mais aussi un bénéfice pour le prêteur, pour compenser le fait qu’il n’a pas pu utiliser son argent le temps du prêt, et pour cause.
    Une fois admise l’idée de prêt (on va dire crédit) pas mal de choses s’enchaînent assez vite. Les achats à terme, la vente à découvert sont en fait assez logique. Mais de ce fait, la tendance (ça monte ou ça descend) devient critique, donc un dérivé peut sous certaines conditions devenir très intéressant. Et ainsi de suite…
    Le problème c’est que la complexité explose très vite, que l’on cesse rapidement de comprendre ‘en profondeur’ ce que l’on manipule, et surtout, la complexité rend quasi indécelable les erreurs d’évaluations (qui peuvent être de bonne fois… ou non!).
    Typiquement, l’idée derrière les CDO n’était pas ‘malsaine’ à la base: prendre un ensemble d’encours, et les répartir en ‘classes’ afin d’offrir un meilleur rendement aux placement les plus risqués. Ainsi, vous pouvez choisir votre ‘niveau acceptable’ de risque, ce qui se traduit par un rendement plus ou moins élevé. Le problème vient surtout de la complexité folle que cela entraîne (qui peut objectivement évaluer la qualité, c’est à dire le risque d’un CDO qui contient des parts d’autres CDO, eux même composés de de titres variés…. sachant que le but d’un CDO est justement de rendre ‘invisible’ son contenu), sans parler de la tentation de sous évaluer le risque pour plus facilement vendre son produit (le fameux aléa moral des économistes)… Les ordinateurs étant ‘infiniment’ rapides, servent de turbo au système. Evidemment, utiliser des turbos de plus en plus gros quand on ne maîtrise pas la voiture, c’est rarement une grande idée…

    Pour synthétiser, oui, les besoins de la finance étant complexes, et les hommes inventifs, il est normal d’essayer d’inventer des nouveaux produits pour mieux couvrir le besoin. Mais pas n’importe comment. Le problème est donc celui de la complexité: quelle est le niveau de complexité acceptable, par qui et pour qui.

    Commentaire par Kaeldric — 09/12/2011 @ 16:06

  26. @ W (en #22)

    > Une voiture complexe va plus loin avec plus de carburant
    Une voiture « moderne » je dirais (car il s’agit ici plus d’optimisation de technologies que de complexité réelle)… et je suppose que vous vouliez écrire « avec moins de carburant » …

    Quant à « l’uitilité » des produits dérivés ?
    Mais mon bon Monsieur, c’est très utile pour se faire beaucoup d’argent en un rien de temps (effets de levier) … enfin tant que ça marche … parce que sinon, c’est très utile pour amplifier les crises financières (qui devienennt ensuite économiques au sens large).

    Commentaire par Yves D — 09/12/2011 @ 16:06

  27. La note d’Aliocha est un syllogisme (Tous les hommes sont mortels Or Socrate est un homme Donc Socrate est mortel…) dont voici les propositions :
    – Les agences sanctionnent des pays,
    – Les experts qui rédigent et/ou lisent ces notations ne comprennent rien aux critères utilisés,
    – Donc les notes sont absurdes/imcompréhensibles/inutiles/nuisibles (rayer la ou les mentions inutiles)

    Le point clé de sa démonstration est la difficulté de comprendre : Untel, expert, m’a avoué qu’il ne comprend rien alors si même lui… C’est sur ce point que je souhaite intervenir. Il peut y avoir une impossibilité théorique à cette non-compréhension. Ce qui permettrait à des experts de ne pas « comprendre » sans pour autant être dans l’imposture. Là où je rejoins Aliocha est sur le fait est que peu semble admettre cette « docte ignorance » de peur qu’elle soit comprise par le public comme un aveu d’imposture.

    Voici pour mon explication : Les notes sont des outils qui doivent aider les investisseurs à prendre des décisions, c’est-à-dire à prévoir à plus ou moins long terme la situation financière d’un pays. Cette simulation, parce qu’elle utilise de multiples critères interdépendants est complexe, au sens mathématique du terme : la modification d’un critère influe sur le critère d’à côté qui à son tour corrige le premier critère.

    Ce type de simulation est similaire aux prévisionx météo. On peut prévoir à cours terme le temps qu’il va faire, mais les chances de se tromper sur le long terme sont de plus en plus importantes.

    Il y a en outre un degré de difficulté supplémentaire, autant pour la météo, l’ensemble des paramètres à prendre en compte est connu, autant pour la finance la liste de ces paramètres n’est pas totalement arrêtée.

    Commentaire par Vincent — 09/12/2011 @ 16:13

  28. Bonsoir Aliocha,

    Ce billet devrait vous plaire: http://leblogalupus.com/2011/12/07/ledito-du-mercredi-7-decembre-2011-a-propos-de-sp-et-de-la-grande-politique-par-bruno-bertez/ même si les critiques de l’auteur n’épargnent personne en particulier nos « élites » politiques.
    Pour ma part, et bien que je sois un européen convaincu, je crois de plus en plus que nous allons vivre,car il n’y a pas d’alternative, la fin de l’euro (compte tenu de ses tares congénitales) comme le souligne justement Charles Gave: http://fboizard.blogspot.com/2011/12/charles-gave-sur-leuro.html

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 09/12/2011 @ 19:51

  29. A écouter sur le blog de Paul Jorion : « Séminaire « Finance, Éthique et Société », Aider les financiers à être vertueux, à Paris, le jeudi 1er décembre à 17h »

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 09/12/2011 @ 20:07

  30. Chère Aliocha,

    Je suis partagé a la lecture de ce billet, partagé entre cette position de victimisation par rapport a un tout autre grand puissant, processus fort utilisé par les milieux pour retirer les moyens de penser a comment construire une défense.

    Apres, je suis partagé par votre vue sur le Graal des chiffres, faisant d’un détail une généralité,

    Moi, I stand by it. Les chiffres ont pour la plupart du temps raison, mais il manque le prérequis pour que ce soit tout le temps: le raisonnement doit tenir et doit pouvoir être prouvé avec des hypothèses claires et bien définies.

    Maintenant en finance, comme dans d’autres secteurs sociaux, de mes études dans ce milieu, je crois comprendre que l’on part souvent du résultat financier pour trouver le raisonnement, quitte a revoir les hypothèses après (sensitivity table et tout le tintouin d’excel). alors que pour être définitivement sérieux, ca ne fonctionne que dans l’autre sens: On pose les hypothèses, on travaille le développement, on a un résultat qui veut dire quelque chose.

    Je critique beaucoup la lenteur des institutions financières internationales pour arriver a leurs accords. Néanmoins la comptabilité a des bases solides, c’est après l’aspect humain et des fois, des personnes peu sérieuses qui leur font dire n’importe quoi.

    Et donc oui, les chiffres priment sur le langage, surtout dans la langue française, qui contient tant de faux amis qui peuvent mener en déroute. Elle contient assez d’imprécisions pour être idoines dans les négociation justement. C’est cette flexibilité des mots qui expliquent les prises de têtes de beaucoup sur certains mots de vocabulaire. et j’aime bon dieu de beaucoup ma langue, mais je suis très heureux que ce soit ma langue maternelle et que je n’ai pas eu a l’apprendre en langue vivante 1 ou 2. Juste le russe me fait entrevoir une langue a ces niveaux de complexité apprendre vu les différents sens de tout les cas, des signifiants, des signifiés, et de tout le tintouin étymologique dont d’autres parlent bien mieux que nous.

    “le langage des chiffres à ceci de commun avec celui des fleurs, on leur fait dire ce qu’on veut. Les chiffres parlent mais ne crient jamais. Permettez-moi de préférer le langage des hommes, je le comprends mieux”.

    Le langage des chiffres a ceci de différent avec celui des fleurs, ils n’ont aucune odeur, aucune saveur, aucune couleur, donc rien de lier a l’aspect du ressenti humain normalement, ils sont juste la. Les chiffres ne parlent pas, on construit des raisonnements pour les faire parler comme on le désire.

    Henri

    http://www.scoop.it/t/contemporary-fiction

    Commentaire par Henri Moufettal — 09/12/2011 @ 21:14

  31. Une analogie : l’économie, c’est comme un avion qui vole dans le ciel.
    Imaginons qu’un avion doive impérativement voler au-delà d’une certaine vitesse. Son ordinateur est programmé pour obtenir ce résultat. Pour parvenir à cela, il calcule, en fonction d’équations et en fonctions de mesures (turbulence, carburant …). Si par exemple il rencontre un vent contraire trop fort, il déroute l’avion.
    Imaginons, qu’il se bloque ou qu’il se mette à faire n’importe quoi. Nous disons : il est fou, il ne marche plus. En fait, il marche pour autant que ses équations lui permettent de « décrire » la situation jusqu’à une certaine décimale. Dès l’instant où il doit décider au-delà de cette décimale, il se bloque : ses équations ne le lui permettent pas. Qu’est-ce qui peut l’obliger à aller chercher la vérité au-delà de ses équations? Sans doute, c’est un paramètre négligé par les concepteurs de l’avion, un paramètre qui intervient en réalité dans le résultat (la détermination de la vitesse), mais à un niveau tenu pour négligeable et que donc l’on a négligé d’intégrer dans le calcul. Or, il se trouve, que sous certaines conditions, ce paramètre non pris en compte dans la conception de l’avion, est déterminant, parce que la décision repose, ce jour là, sur la 46 sième décimale. Or, l’ordinateur ne va pas au-delà de la 18 ème, le phénomène physique décisif n’est pas pris en compte et l’avion tombe parce que la théorie qui le soutient n’est pas assez large : messieurs les ingénieurs, svp, encore quelques décimales pour perfectionner le coucou.
    L’économie, c’est une chose comme un avion qui vole dans le ciel et qui doit maintenir une vitesse minimum en deça de laquelle, c’est le décrochage, le récession, l’arrêt pur et simple des échanges, de l’amitié entre les gens, bref, on s’aperçoit avec stupeur qu’on n’est pas aussi bien adapté à la réalité que ça, et que comparés à nos ancêtres du paléolithique, on est de gros bébés emmaillotés …
    Le décrochage est susceptible d’une mathématisation, il est descriptible au moyen de modèles qui iront en se perfectionnant, certes. Mais, le problème avec l’économie, c’est que ce n’est pas un avion dans le ciel. On peut certes la décrire avec des équations prenant en compte des variations quantitatives selon des lois explicites, mais il y a une irréductibilité de certains de ses paramètres essentiels, et que donc, il y a probablement, comme semble le dire Aliocha, beaucoup trop de pifomètre (d’aléatoire) dans la manière dont les pilotes automatiques régulent les investissements, les mouvements de capitaux. Le fond du problème est peut-être dans la conception des agents économiques : comme si les hommes étaient des micro-ordinateurs programmés pour répondre à une réalité modélisée (maximiser le profit, réduire les coûts…). Or, ils ne sont pas aussi gentils (le film Mars Attack montre bien cette erreur fatale sur la nature des Martiens) et dès qu’ils cessent de se comporter rationnellement, positivement, les théories qui anticipent leurs choix statistiquement, au-delà d’un certain pourcentage, se bloquent, ne savent plus ce qu’il faut décider à ce niveau de chaos, les investisseurs s’affolent car ils ne « comprennent » plus rien, font n’importe quoi, spéculent sur n’importe quoi, comme si c’était la fin du monde, comme si leur vie, c’était spéculer, parier (comme Pascal), chercher le meilleur crédit possible ou le meilleur placement, sans qu’ils n’en aient vraiment l’utilité (pour la montée d’adrénaline, peut-être). Il faudrait qu’ils se calment et qu’ils laissent notre euro tranquille et nos petites économies pour nos vieux jours suivre le cours de l’inflation. C’est vrai, qu’est-ce qu’on demande ? de vivre de notre travail et que les Martiens cessent de nous tondre la laine sur le dos ! Non ?

    Commentaire par Bray-dunes — 09/12/2011 @ 22:46

  32. « On raconte qu’à Rome,
    Quand deux haruspices se croisaient
    Et se savaient seuls,
    Ils éclataient de rire. »

    Nos modernes haruspices n’ont plus envie de rire, et ils ont raison…

    Commentaire par Zarga — 09/12/2011 @ 23:28

  33. @laplumedaliocha:

    Je suis largement d’accords avec vous jusqu’au dernier paragraph. En effet on ne comprend pas grand chose a l’economie et la finance. Enfin, on comprend beaucoup dans l’abstrait, mais pas assez pour maitriser quoi que ce soit. Le probleme dans votre dernier paragraph, c’est que ce dont vous parlez, c’est le « super-expert »: Un « esprit éclairé doté d’une intelligence exceptionnelle et d’un bon sens rare ». Pour moi cette personne n’existe pas et ne peu pas exister. Il faut lire The Pretence of Knowledge et The Fatal Conceit. La finance et l’economie sont le produit de l’action de centaine de milliards de personnes. Le regulateur ou l’homme d’etat est seul face au monde. Comment voulez vous qu’il arrive a faire quoi que ce soit de bon? Ce qu’il faut faire, c’est cesser de chercher a reduire le risque et laisser aux gens payer le prix pour le risque qu’ils prennent. Si on cesse de socialiser les pertes, je vous assure que les banques vont commencer a faire attention…

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 10/12/2011 @ 00:23

  34. @PrometheeFeu : ne vous méprenez pas, je ne rêve pas d’un super expert qui développerait une vision géniale de la situation et sortirait une solution comme un magicien un lapin d’un chapeau. Je parle ici de méthode et non de magie. Donc reconnaître qu’on ne comprend rien, d’abord, pour partir sur des bases saines et en plus pour arrêter d’en rajouter des couches au risque de moins comprendre encore. Et sortir du mythe de la spécialisation, remettre la finance en perspective avec l’homme, la politique en acceptant que des non-financiers, comme Todd par exemple, entrent dans le débat. Pour l’instant, on confie le soin de nous sortir de là à ceux qui ont failli, c’est aberrant ! Sous prétexte qu’ils sont les seuls à savoir, mais ils ne savent rien…

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/12/2011 @ 10:24

  35. @ Bray-dunes je ne me considère pas comme expert, je crois aux sciences, moins aux techniques. Toujours est-il qu’il y a une distinction et une ressemblance avec votre métaphore des avions.

    Une similitude, les catastrophes d’avions proviennent majoritairement d’une faute humaine de pilotage qui fait donc sortir l’avion hors du domaine d’application des règles prévu. Un peu du Tchernobyl, son effet domino initié par des changements premièrement humain avant que cela ne dérive en spirale non-« stoppable » et destructrices.

    Une distinction: Contrairement a la finance et a la bourse, dans l’aviation, ils ne croient pas a un mécanisme de la main invisible pour régler la conduite. Il y a des systèmes complexes de retour d’information (feedback control system)

    @ la plume d’aliocha – Ce billet peut avoir une tendance a dériver a voir le grand mal de la technique. Mr Jacques Ellul en a fait des livres sérieux sur le sujet. et je ne sais pas, je ne vois pas la finance comme une science mais une technique des nombres. Donc Apres il faut faire le distinguo entre la technique et les sciences, la première applique en pratique les résultats de la seconde, et ai soumise au jugement de l’homme, qui a ses failles, fort heureusement. et je crois en pas me tromper quand je reviens sur ce terme d' »experts » que je préfère renommer « Elite intellectuelle ». Beaucoup de démocraties dans l’histoire ont reconnues cette élite pour avancer. La démocratie est ce feedback control system qui équilibre les décisions prises, tant mieux, mais après, il faut garder en tête qu’un système de contrôle a besoin d’un système en mouvement, sinon, il ne sert a rien.

    On ne peut pas vivre dans un monde sans risques. Les risques peuvent être vus comme négatifs, mais de toute façon ne seront pas éradiqués par des multiples principes de précaution. et puis les risques, son contrepoids c’est la flexibilité qu’elle nous donne. et on en a besoin de celle-la.

    Pour revenir sur la finance, je vais quand même stigmatiser la les erreurs humaines de soi-disant experts, et la je m’accorde avec la plume, En statistiques, selon les lois gaussiennes (très utiles pendant les subprimes, j’y viens) tout se passe bien selon les équations mises en place. Apres au fur et a mesure, la finance a dérivé vers les extrêmes de la statistique, et donc d’exceptions en exceptions, et la la situation a fait comme l’avion AF449, il est rentré dans une turbulence qui paraissait bleue et claire et plus rien ne pouvait stopper sa descente.

    La, dans notre situation, je peux pas m’empêcher, on peut encore rebondir. Si on arrive a faire mentir les messages véhicules des médias qui nous font vivre la crise et donc appelle la crise pour tout un chacun. De l’efficacité pessimiste de la méthode coué et des prophéties auto-réalisatrices plutôt que constructives.

    Commentaire par Henri Moufettal — 10/12/2011 @ 11:58

  36. @PrometheeFeu

     » … laisser aux gens payer le prix pour le risque qu’ils prennent …. »

    … et aux politiques de payer le prix de leur laisser-faire. Parce qu’il faut bien voir que TOUT n’est que choix politique, simple, froid, raisonné. Ce ne sont pas les banques qui laminent le tissus social, c’est le politique, la bce, le fmi, le conseil des cons, pardon de l’europe. Ce n’est pas le marché qui a laminé le tissus économique, c’est le politique qui a laissé faire. Il suffit de voir ce qui se passe actuellement avec les « gouvernement d’union » : des connards « placés » là sans élections, des anciens de la banque qui a maquillé les comptes grecque et est responsable de la crise des subprimes. Et tout le monde s’en cogne la caouette. Pas un journaliste qui demande à ces connards si c’est pas un poil dictatorial ce genre de truc. Non on se tire la nouille sur S&P, mais le déni de démocratie ca gène personne. On nipeurien ma brave ginette, c’est la crise, fofèravec.

    Si on accepte le fait que le politique est désarmé face à l’économie, alors renvoyons les chez eux, nous n’avons pas besoin de pantins qui servent des maîtres dont l’objectif premier est de nous asservir. que ce soit nabot ou flamby ou duflot ou ducon, pas un seul pour taper les poings sur la table et revenir à la base : le politique GOUVERNE dans l’intérêt de la société, et la société c’est les gens, ni plus ni moins, pas 50 clampins co-optés partout en groupe comme une fin de race dégénérés dont le QI doit atteindre à peine le 105 et dont le seul « travail » est de faire du relationnel comme une pute de base qui entretien sa base de clientèle. (sans vouloir être insultant pour les putes).

    Je me souviens lorsque j’étais jeune stagiaire étudiant école de commerce, nous prenions les « grands » pour des demi-dieux emplis d’un savoir incommensurable que nous ne pourrions jamais atteindre même dans plusieurs vies et ensuite vous les côtoyez pour de vrais et vous les détestez, irrémédiablement. Des justes bon à rien qui ne tiennent que parce qu’ils ont une masse de fric (le kapital) qu’ils jouent de droite et de gauche, parfois ca gagne, parfois ca perd, mais in fine : ca gagne en majorité car au delà d’une certaine somme de départ, il faut vraiment un être un fin abrutis pour perdre. Et encore nous vivons actuellement la fin de race des pères : nous allons voir émerger la génération suivante qui n’est là que parce que papa était là et qui ont fréquentés les bonnes écoles ou tu sors bien même si t’es un cancrelas.

    Ils z’ont pas encore compris que le millénaire a changé : fini dans l’inconscient collectif la réussite sociale comme alpha et oméga. Ils sont finis dans tous les sens du terme. Ils ne vivront que sous la hué de la majorité si tout se passe bien, parce que si ca va trop loin (si trop de gens crèvent la dalle), on verra revenir des cellules « terroristes » (forcément) du type baader ou si le désastre est plus grand une insurrection qui va chercher à les raccourcir.

    Alors le triple A, aujourd’hui c’est occuper les gens pour qu’ils ne se regardent pas trop dans leur environnement. Lorsque les conscience vont s’éveiller…. l’après élection ca va être rigolo. Parce que même une union UMPSFN ne calmera pas les jeunes (15-25) : ils n’ont rien à perdre à se révolter et rien à gagner à rester calme.

    Tout le monde le sait qu’il va falloir aller au tas. C’est juste que personne n’est d’accord sur le quand. Lorsqu’on aura pris conscience en 2012 que l’élection (piège à con) ne sert à rien….

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2011 @ 12:34

  37. Merci herve_02. Ça fait plaisir d’entendre ce discours de quelqu’un qui sort d’une école de commerce.

    Commentaire par kuk — 10/12/2011 @ 13:44

  38. @Kuk : j’ai aucun mérite, j’ai viré ma cuti il y a quelques temps déjà : je me suis reconverti dans l’informatique et l’enseignement/formation.

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2011 @ 14:13

  39. Bonjour Henri,
    Je ne sais pas comment faire pousser un poireau ni comment marche mon stylo-bille. Mais comme Aliocha nous encourage à faire marcher notre jugeote, puisqu’elle semble accorder quelque crédit au bon sens, dès qu’à la lecture de son blog j’ai une idée qui me traverse l’esprit, je la note et je la laisse ici en rentrant chez moi.
    Par exemple l’idée de l’avion. Plus ils sont perfectionnés, plus on leur demande l’impossible : on sait qu’ils sont conçus pour s’adapter à telles, telles conditions et au lieu de les détourner comme il y a dix ans on l’aurait fait, on leur fait traverser de gros nuages noirs où ils frôlent les limites de leurs équations et où ils passent de justesse, pour permettre aux passagers de payer leurs billets toujours moins cher. S’il y a un accident on regarde dans la boîte noire et qu’est-ce qu’on trouve : une mise en cause des physiciens qui font des théories de bric et de broc, une mise en cause des ingénieurs qui n’ont pas intégrés certains paramètres physiques pourtant connus, une mise en cause des industriels qui ont sacrifié la sécurité pour baisser le coût de production, une mise en cause de la compagnie qui demande aux pilotes de traverser les nuages noirs pour pouvoir gagner du temps, une mise en cause des pilotes que rien n’oblige à obéir à de cupides et sans scrupule capitalistes venus d’on ne sait quelle planète inhumaine, une mise en cause des consommateurs qui ne savent pas comment marchent les avions et qui veulent voyager à l’autre bout de l’univers pour le prix d’une cacahouète.
    À quoi il faut ajouter une mise en cause que pointe Hervé : le pouvoir politique. Eux, ils sont surexposés, on ne voit qu’eux et pourtant, autant les autres mises en cause sont évidentes parce qu’elles ne se cachent pas, autant les politiques, c’est le furet du bois joli, ce sont les spécialistes de l’invisibilité, ils ont le fameux anneau de Gygès, qu’on retrouve aussi pour ceux qui préfèrent Tolkien à Platon, chez les Hobbits (le mensonge devient une seconde nature car ils sont trop protégés par le droit qu’ils édictent, par le parquet qui les couvre, et la presse qui les couve).
    À quoi il faut ajouter Mars Attack. Voilà des martiens auxquels on met un temps fou à ne pas vouloir reconnaître les mauvaises intentions qu’ils ne parviennent à cacher que pour les neuneux que nous sommes (la première fois où j’ai vu le film, j’ai réagi comme les humains dans le film, j’ai retardé le plus possible l’idée de la méchanceté).
    Qui sont les martiens ? Stop disent les fins psychologues fumeurs de pipe. À ce propos, je pense que si l’on devait refaire le film, il faudrait ajouter à la liste des humains fumeur de pipe les anticonspirationistes. Vous savez ceux qui se précipitent sur vous dès que vous soupçonnez qu’il y a une arnaque organisée et qui vous démontrent par a+b que, comme pour la psychanalyse, votre théorie est irréfutable et donc fausse et qu’il n’y a pas plus d’arnaque et de mauvaise intention que de beurre en boîte et que puisqu’on en est à parler de psychanalyse, nous ferions mieux d’aller consulter car nous présentons tous les symptômes de la paranoïa.
    Tout de même, disons-nous, c’est troublant, et si les martiens étaient vraiment méchants ? C’est vrai, après tout, pourquoi éliminer cette possibilité a priori. Tant qu’on n’a pas de preuve irréfutable, toutes les hypothèses ont droit de cité : n’est-ce pas souvent le moins évident qui se révèle à la fin du roman noir être le vrai ?

    Commentaire par Bray-dunes — 10/12/2011 @ 16:54

  40. @Bray-dunes

    « Quand vous avez éliminé l’impossible, ce qui demeure, même le plus improbable, doit être vrai »

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2011 @ 17:24

  41. @herve_02 : Conan Doyle, si je ne m’abuse…

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/12/2011 @ 17:39

  42. ui /o\

    c’pas de la grande culture mais ca me semblait assez approprié avec le discours…

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2011 @ 18:05

  43. @herve_02 : pas de la grande culture ? Vous plaisantez !!! Une de mes idoles 😉 le snobisme intellectuel est interdit en ces lieux, c’est même pour cette raison que j’avoue dans la rubrique « a propos » que je me délecte de la série Angélique avec Michèle Mercier et des facéties de Gaston Lagaffe, notamment…

    Commentaire par laplumedaliocha — 10/12/2011 @ 18:45

  44. Bonsoir M. Bray-dunes, Je le conçois fort bien, il se trouve que ce billet soulève une question: le droit de se poser des questions, et il en soulève une autre qui me tient a coeur, dans les interlignes, sur le sujet de la défiance et de la confiance. Forcement il y a besoin de filtres dans nos comprehensions, au plus grand nombres, pour démasquer les simulateurs et la je ne vois que l’éducation formelle et informelle.

    je tiens a appuyer cette phrase, je ne cherche pas a mettre en silence quiconque sous prétexte que la science est supérieure a tout, juste a appuyer un débat de ce point de vue: Moi, j’y crois a la science et a l’arbre des connaissances donc voila pourquoi je me suis permis. Apres on peut mélanger le bon vin a l’ivraie et voir que c’est imbuvable, ce n’est pas une surprise non plus. mais cela ne fait pas avancer Alice au pays des merveilles pour revenir sur Terre.

    Donc la ce sujet des maths des chiffres est mélangé a un autre langage que l’ingenierie: la finance, je comprends, de loin fort heureusement, les technique financières, je ne connais pas de science, per se, financière, bref un outil du magicien ou on crée du rien avec du rien avec des raisonnements créatifs et infondés, ou du moins au tres court terme. on finit avec ce chapeau troué qui ne fait pas sortir que des lapins.

    Je m’informe souvent pour construire mes raisonnements, je trouve comme vous les lignes de la plume intéressantes pour cela, mon esprit ne s’égarerait peut-être pas dans ces chemins sinon. La ils se trouvent que j’ai passe les 10 dernières années dans l’aéronautique. Je trouve l’image intéressante, et me suis donc réfléchi a travailler plus en avant, en direct live de mon cerveau, peut-etre un peu trop direct. Désolé si cela apparaît comme si je voulais juste pointer en négatif. Je suis le premier, (bon ca c’est vraiment pas vrai, allez le 58 milliardième ), a faire des parallèles pour transmettre des idées,

    Reste que la métaphore filée a ca de bons: il y a des similitudes et des différences. qui sont tout aussi importantes a mettre en valeur. Et il y a des limites, dans les comparaisons. Mon commentaire précédent revient sur ce point tout simplement, généralement, en finance comme en aviation, c’est l’humain qui nous fout dedans. est-ce grave? non. Moi j’y vois qu’il faudrait autant avoir d’autres motivations que des bilans financiers pour pousser les humains dans cet recherche de l’hors-norme. et non, je ne reve pourtant pas d’un monde tout automatise, j’aime l’humain pour son potentiel de surprise, donc tant mieux pour moi. Apres forcement, il y a des dérives, encore un point important envers l’education et l’evaluation des situations.

    je résume: « S’il y a un accident on regarde dans la boîte noire et qu’est-ce qu’on trouve : » un coupable a tout les échelons de la chaine de production de l’avion, de la conception a son utilisation. Même si c’est une image, je comprends, je pense, l’idée.

    On peut chercher un coupable ultime, a la fin, ca n’aide pas aux débats, surtout que vos dires ne sont pas, pour beaucoup, appuyés. Donc je m’accorde juste a ce point avec vous c’est que les accidents sont dans leur majorité du a une suite d’évènements malheureux. http://www.hf.faa.gov/docs/508/docs/gaFY04HFACSrpt.pdf

    Apres la marche a pied, le velo, le pedalo, et encore, les avions sont et resteront les moyens tres complexes les plus surs d’aller d’un point A a un point B, donc si je devais prendre une comparaison utile, je prendrai celui du trafic routier qui serait un peu plus vraisemblable.

    Et la, je vous dirai avec tout mon respect et mon questionnement, a vous et a la plume, autant voir les racines du débat dans ce qu’il est vraiment au final: l’éducation informelle et formelle a l’heure de ce monde moderne pour faire entendre sa voix utilement.

    Et la je zappe mode communication, si on s’eduquait au moins a la base de la base et non plus aux techniques de communications américaines des facts, facts, facts (faits et/ou rumeurs d’ailleurs) on retrouverait Descartes et le bonheur de réfléchir dans tout les secteurs hors science que vous exposez: Introduction (Poser les hypothèses) – Développement (Raisonnement) – Conclusion et la je suis grandement d’accord avec vous. Et puis ca peut avoir le merite d’evite de partir dans tout les sens. Oui ca serait chiant et long, mais bon.

    Bien a vous, merci

    Commentaire par Henri Moufettal — 10/12/2011 @ 18:58

  45. @Henri..

    Oui l’éducation, mais quelle éducation ? Comme dans tout
    1 – il y a des choix qui doivent être fait (comme notre vie est fini on ne peut tout apprendre et comprendre)
    2 – pour vraiment _comprendre_ un « facts », parfois il faut aller très loin car le savoir est comme une pelote et le fil que l’on tire est presque infini.

    A première vue, pour comprendre la « finance » de base, il faut
    1 – en premier lieu comprendre la compta, passer de la partie simple qui est la « référence » de monsieur tout le monde à la partie double, dont le raisonnement est un peu plus « complexe »
    2 – comprendre la différence entre actif/produit et passifs/charges et bien sur bilan/cpte de résultat.
    3 – comprendre que le résultat est un _choix_ politique d’entreprise guidé par investissement, déficits reportés en avant, en arrière, engagement hors bilan etc…..
    4 – comprendre ce qu’est la gestion financière d’une entreprise (hein une entreprise ca fait pas que produire ? on peut vendre à « perte » pour gagner de la part de marché?)
    5 – comprendre le mix capital/travail

    =======
    à ce point là nous n’avons pas décollé de l’entreprise qui est à la finance ce qu’un acide aminé est au corps entier et pour bien comprendre on a déjà largué les 3/4 du public
    ======

    6 – Comprendre la notion d’investissement et amortissement et la bascule charges/actifs.
    7 – comprendre la notion de prêts, taux, amortissements comptables
    8 – comprendre la notion de capital appelé, souscrit, actionnaires, passifs…

    ==============
    C’est le début du virage et plus grand monde ne peut suivre
    ==============

    9 – comprendre le milieu bancaire et son paradigme : risque/rémunération
    10 – comprendre le phénomène appel à l’épargne (la bourse)
    11 – comprendre le phénomène d’actionnaires et administrateurs

    ============
    Il ne reste presque plus personne et les explications peuvent très vite devenir politiques
    ============

    12 – comprendre ce qu’est une action, un produit financier, un produit dérive
    13 – comprendre comment on passe de l’un à l’autre

    ================
    Et là il reste plus personne, on n’a même pas abordé la question des mécanismes des acteurs ni des logiciels de trading
    ================

    Une vie entière ne peut pas suffire à cela. LA solution est de décider _politiquement_ ce qui doit être possible et quelles sont les limites. C’est un choix pas une fatalité.

    Commentaire par herve_02 — 10/12/2011 @ 19:40

  46. Cher monsieur, vous m’avez l’air d’un honnête homme et je crains que vous ne soyez encore juste un seul cran en-dessous de la vérité. La situation actuelle et ses dérives n’est pas compliquée, elle est « seulement » complexe.

    Quelques éléments qui se combinent et qui expliquent bien une partie de la confusion:
    * On a vendu des produits financiers qui contenaient un peu tout et n’importe quoi et permis une spéculation sur leur valeur alors qu’ils contenaient pêle-mêle des prêts sans contre valeurs et/ou surévalués, des prêts à taux fxe voire peu variable, des valeurs fictives, … mais, surtout, des produits financiers qui étaient déjà cotés deux voire trois voire encore plus sous d’autres formes. C’étaient en quelque sorte des projections mais on a revendu la même sauce plusieurs fois. On a aussi réévalué la valeur de certaines choses en le repackageant avec un joli emballage comme au supermarché, avec la viande que l’on passe légèrement à la javel et que l’on retaille.
    * Pour des raisons de précision mais surtout aussi pour rendre impossible tout audit, beaucoup de transactions sont désormais des micro-transactions ce qui permet certes d’acheter/vendre de manière ultra-réactive mais également de transformer une seule transaction en une myriade de petites opérations et, en prime, via des programmes à mêler ensembles plusieurs transactions afin de mélanger les opérations
    * L’informatisation n’est pas si vieille mais en plus des micro-transactions elle a aussi permis l’accélération de celles-ci donc en comparaison entre le XXème et le XXIéme siècle, le nombre d’opérations boursière a sûrement été multiplié par 10.000 voire plus, jadis on attendait quelques % pour faire un bénéfice, aujourd’hui, on va agir sur un milliard d’euros en quelques secondes pour en tirer un dixième voire un centième de pourcent. Ce serait absurde si l’informatique ne permettait pas de répéter la même manoeuvre près d’une centaine de fois la même journée.
    * Comble de virtualisation, il a été permis de spéculer sur des options que l’on ne devait pour ainsi dire même pas garantir, tout un marché de revente de produits que l’on n’a jamais acheté. Ce n’est pas un système incompréhensible, c’est juste complètement stupide et illégal que d’avoir permis de faire cela, cela revient à encaisser l’argent de la vente d’une livraison sans avoir pris la commande, payé la commande, payé le livreur et honoré taxes et autres. Un peu comme si on permettait à des personnes de systématiquement faire les intermédiaires dans les transactions et à empocher la majorité de l’argent juste en étant au courant de la transaction et en imposant d’être payé à la place du fournisseur.
    * Ces produits ont été explicité, vendus, … aujourd’hui, la meilleure défense est de prétendre avoir été dépassé alors que dans la pratique, l’écrasante majorité des acteurs économiques ont permis des fraudes à échelle mondiale, sans rien dire ni rien faire, les organes de contrôles n’ont rien dit et les agences de notation avaient même soutenu voire applaudi ces produits. Ils ne peuvent plus faire autrement, ils sont liés par un « secret » de polichinelle et ils attendent la prescription. Ils savent et comprennent mais c’est tellement énorme que personne n’ose en parler tellement c’est absurde, énorme et pathétique.

    Le plus absurde, c’est que les remèdes sont simples mais aucun politique ne veut se mouiller.
    Les désordres actuels ne sont même pas le fait de petits génies, c’est juste des trucs d’épicier ou l’escroquerie africaine aux acheteurs multiples pour un bien unique. On a virtualisé les plus vieilles escroqueries du monde puis on les a démultiplié.

    Non, non, ils comprennent très bien mais ils ont encore plus le vertige que vous et ils attendent que ça passe, c’est tout.

    Commentaire par hcrepin — 11/12/2011 @ 01:28

  47. @hcrepin : ceux qui comprennent, une toute petite poignée, cautionnent en effet. Appelons les : le premier cercle. Parce que la modernité, la compétitivité, parce que ça leur remplit les poches, parce que les crises sont consubstantielles au capitalisme, parce que ça ira mieux demain, parce que aucun intérêt à réfléchir à autre chose, parce que trois rustines là où ça fuit et on recommence, parce qu’on a quand même augmenté la richesse mondiale et que tout le monde en a bien profité y compris les peuples qui gueulent aujourd’hui, parce que la religion du fric, parce que le pouvoir de la finance est supérieur à tous les autres, parce que on ne peut même pas imaginer fonctionner autrement, parce que eux savent et que ceux qui critiquent sont des ignares, parce que le syndrôme du spécialiste amoureux de sa science et de son système, parce que la fuite en avant etc. Ceux-là comprennent la technique, mais ils n’en saisissent pas les enjeux exogènes, n’imaginent pas que la finance replacée à l’intérieur d’un ecosystème plus vaste, puisse-être devenue discutable, alors peut-on vraiment dire qu’ils comprennent ? Vient ensuite le deuxième cercle, ceux qui n’ont pas conçu les systèmes, qui ne comprennent pas très bien tout ça, mais maîtrisent un tout petit bout du bins et adhèrent aux discours du premier cercle. Dans chacun de ces deux cercles, il y a une poignée d’esprits un peu plus éclairés qui s’inquiète, admet la folie du truc, tente parfois d’agir mais le plus souvent se tait….D’où l’intérêt de faire un pas de côté et de regarder les films de Verneuil par exemple pour trouver le bout du fil qui permettra de développer la réflexion globale qui nous fait ici cruellement défaut. C’est un peu comme en littérature française contemporaine. Celle-ci est composée à 99,9% d’auteurs charmants qui dissèquent à longueur de page cette question à leur sens capitale : pourquoi le trou de leur c… est-il plus rond que leur nombril. Et puis vous avez Houellebecq qui surgit, tente de regarder la société contemporaine d’un tout petit peu plus haut, amorce une description de la situation et, au passage, nous permet de comprendre pourquoi par exemple tous ses confrères auteurs dissèquent ainsi leurs petites névroses. Sa force, c’est qu’il est parvenu à prendre du champ.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/12/2011 @ 11:27

  48. ouais Houllemachin celui de la carte et du territoire ? je suis un peu mort de rire tout de même

    Commentaire par herve_02 — 11/12/2011 @ 12:47

  49. Merci Aliocha. C’est limpide votre propos. On n’y comprends rien. Je le savais intuitivement (étant une scientifique de formation) mais n’osais me dire que j’avais raison. J’ai posté sur « La Lettre de Grèce » vos deux derniers billets.

    Commentaire par Bérénice — 11/12/2011 @ 12:50

  50. […] A la botte des singes savants ? […]

    Ping par A la botte des singes savants ? | La lettre de Grèce | Scoop.it — 11/12/2011 @ 12:52

  51. @Herve_02 : je vous trouve bien insolent avec la maîtresse des lieux 😉 non, celui de Plateforme, que j’ai lu quelques jours avant les attentats du 11 septembre et qui m’en venu inexplicablement à l’esprit lorsque j’ai vu s’effondrer les tours. Je me souviens avoir songé à l’époque, Houellebecq l’avait en quelque sorte prédis, ce qui était un peu rapide de ma part, je vous l’accorde. En réalité, encore absorbée par son roman, je trouvais qu’il y avait une sorte de connexion mystérieuse entre ce qu’il dénonçait dans Plateforme et ce que je regardais effarée sur l’écran de télévision.

    @Berenice : Merci !

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/12/2011 @ 14:02

  52. Pour filer la métaphore houllebecquienne (dont je partage avec Aliocha la référence) on peut dire, en quelque sorte que, le libéralisme effréné de l’innovation financière est une extension du domaine de la lutte, voire de la manipulation.

    Quand on pense à certains produits financiers qui ont certes, pour beaucoup, une utilité dans l’économie réelle, il n’empêche que de nouveaux produits financiers ont accru leur complexité.

    Prenons le cas des CDS (Crédits défaults Swaps) sorte d’ « assurance contre le risque de défaut (sous-entendu : de paiement) c’est-à-dire le risque de non-remboursement total ou partiel, temporaire ou définitif d’un crédit » encore que la définition reste simpliste…

    En réalité, on doit parler, plus précisément, « d’événement-cible » – qui se trouve dans le contrat de CDS dont les parties pourront convenir de vendre, respectivement d’acheter, une protection contre le risque d’un retard de paiement, d’une restructuration de dette dont il faut bien définir ce qu’on entend par restructuration.

    Traditionnellement, on n’aurait pas parlé de CDS mais, plus prosaïquement, dans la représentation classique de l’activité bancaire, d’une garantie sur le risque d’impayé d’une opération qu’on appelle une caution pour risque.

    La différence principale entre cette bonne vieille caution et le CDS réside dans le packaging du CDS.

    Le mode de détermination de la prime de risque à verser et la durée qui est le plus souvent prédéterminée font que cette garantie une fois délivrée par les organismes financiers, souvent des assureurs, peut être revendue à des investisseurs intéressés par la rentabilité de l’opération.

    Un marché des CDS s’est ainsi créé et des bouts de CDS se sont retrouvés dans des Fonds collectifs de placements classiques donc, in fine, entre les mains de « bons pères de famille » sauf que la crise à partir de l’été 2007 a transformé les CDS en « actifs toxiques ».

    Or, l’inventivité de l’ingénierie financière, en matière de titrisation, n’a pas de limite car son rôle, précisément, est de créer des systèmes légaux de contournement, si j’ose dire, de la règle.

    Ainsi, l’invention des CDO synthétiques (Collaterised Debt Obligations) aujourd’hui réside à la différence avec les CDO classiques dans le sous-jacent : pas de dette, mais des produits dérivés le cédant souscrit un certain nombre de CDS auprès du SPV (Special Purpose Vehicule) permettant de couvrir le risque auquel il est exposé.

    En échange, il verse une prime au SPV et ensuite, il « package » tous les CDS pour en faire un CDO synthétique qu’il vend aux investisseurs. Cette méthode présente l’avantage d’être plus facile à mettre en œuvre (notamment vis-à-vis du client), elle libère des fonds propres mais n’a aucun impact sur la liquidité.

    Ce qui permet à une banque, en d’autres termes, de prêter sans assumer le risque complet d’une transaction et sans augmenter ses besoins de capitaux de garantie.

    Seulement, le système est fondé très largement sur les agences de notation qui qualifient le risque et d’une certaine façon déclarent les « événements de crédit ».

    On a constaté les graves erreurs d’évaluation des agences de notation sur les produits dérivés, avec des brusques changements qui ont aggravé la crise de crédit dès qu’elle a commencé à l’été 2007 et lorsqu’elle s’est précipitée avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.

    On comprend mieux dès lors le zèle, voire l’excès, dont elles font preuve aujourd’hui !

    C’est finalement l’argent des contribuables qui a permis de financer le risque de contrepartie dont il faut savoir, par exemple, que se sont les impôts américains qui ont payé les CDS de la Société Générale vis-à-vis de Lehman-Brothers.

    L’interconnexion des systèmes financiers était devenue telle que les mécanismes prévus pour sauver les déposants nationaux ont servi à protéger des intérêts internationaux.

    Le paradoxe de l’hyper complexification des CDS c’est de penser que ces « assurances » censées protéger et rassurer des investisseurs sur les marchés, comme moyen de solidifier la diffusion du risque et son contrôle, l’a en réalité concentré, et sont à l’origine de cette déflagration mondiale systémique !

    On peut, effectivement, dès lors, être mort de rire !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 11/12/2011 @ 14:28

  53. Voyez Aliocha : Je n’ai rien compris au post 52 du Chevalier Bayard, qui m’a l’air de maîtriser la technique autant que faire se peut, mais qui a également l’air de savoir penser.
    Peut-être que beaucoup ne comprennent rien, Comme certains commentateurs avant moi, je crains malheureusement qu’ils comprennent, mais qu’ils agissent en espérant tirer leur petit profit avant que le système s’écroule. A mon avis, Il s’agit plus d’appât du gain et malhonnêteté ordinaire que d’incompréhension devant une technique devenue hors de portée.

    Commentaire par kuk — 11/12/2011 @ 17:00

  54. @Kuk : je crois que le Le Chevalier Bayard, dont le commentaire résume remarquablement la crise des subprimes (chapeau !) fait partie des éclairés du deuxième cercle, voire du premier 😉 Je crains qu’on ne puisse pas simplifier davantage qu’il ne l’a fait…

    @Le Chevalier Bayard : merci, comme d’habitude, vous êtes lumineux !

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/12/2011 @ 17:09

  55. @ Bonsoir Kuk,

    Cet espace de liberté suppose un minimun de pré-requis, car mon propos n’est pas de faire un cours sur les marchés financiers mais simplement de rebondir, comme vous, sur les contributions.

    Dans un langage quelque peu précieux, les prolégomènes désignent l’ensemble des notions de bases que doit connaître toute personne absorbant l’étude d’une science nouvelle, savoir par exemple que les marchés dérivés sont des marchés où sont négociés des actifs financiers dont la valeur dépend du prix d’un autre actif que l’on appelle un sous-jacent ou un support.

    Ces marchés permettent de couvrir de nombreux risques. Les premiers et pendant longtemps les seuls, furent les risques de variation des prix des matières premières.

    Depuis le milieu des années 70, les marchés financiers permettent aux professionnels de la finance de se protéger contres les risques de fluctuation des taux d’intérêts et aux investisseurs et gérants de portefeuille d’éviter les conséquences des variations des cours et des indices boursiers.

    On est étonné de l’ingéniosité des ingénieurs financiers qui n’ont pas hésité à proposer des contrats à terme ou des options sur des taux d’intérêt, des indices boursiers, du gaz naturel, des produits non stockables comme l’électricité, des risques d’assurance, etc…Il est possible de se prémunir aujourd’hui contre les risques de température et de catastrophe mais là je ne vous apprend rien !

    @ Aliocha,

    A propos de Plateforme : au-delà du cynisme et de la violence qui sont des marqueurs sociologiques récurrents dans les romans de Houellebecq (la cruauté vient de la nature, de la lutte exacerbée par le libéralisme dont l’analyse entre sexualité et économie de marché page 306 reflète bien le thème du roman) paradoxalement, c’est l’amour authentique qui se révèle pour Michel, conscient de vivre dans un monde dominé par le sexe et l’argent, celui de son amour pour Valérie que j’ai beaucoup aimé.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 11/12/2011 @ 18:40

  56. @Aliocha, là vous me faites vraiment peur car cela signifierait que 90% des gens travaillant dans les finances seraient des abrutis? A tout prendre, je préférais encore penser le secteur aux mains d’escrocs …

    Commentaire par Hugues CREPIN — 11/12/2011 @ 21:07

  57. @Hugues

    je ne crois pas que les 2 possibilités soient exclusives

    Commentaire par herve_02 — 11/12/2011 @ 22:34

  58. @Chevalier Bayard (55) : je ne vous blâme pas pour mon ignorance. Au contraire, vous servez mon idée qu’on peut être expert dans un domaine et également avoir une vision d’ensemble du système, de ses défauts, de son importance, bref, avoir une vision critique de celui-ci. C’est pour cela que je n’approuve pas les critiques d’Aliocha sur les « experts » en général qui auraient nécessairement le nez dans le guidon. Les grands penseurs généralistes souffrent régulièrement d’un manque de culture scientifique, ce qui rend de mon point de vue leur discours assez peu convaincant.

    Commentaire par kuk — 11/12/2011 @ 23:03

  59. La lucidité est un état qui semble nécessiter une totale insensibilité au désespoir.

    Commentaire par Hugues CREPIN — 11/12/2011 @ 23:12

  60. @Hugues Crepin : vaste question ! Les lucides que je connais sont de profonds désespérés, ce qui donne à penser que l’intelligence, dès lors qu’elle est trop grande, pourrait bien être un fardeau. Toute la littérature russe du 19ème siècle à mes yeux est pétrie de lucidité désespérée. Voyez aussi Kundera et Cioran, à mon sens des désespérés lucides ou des lucides désespérés ou bien encore Nietzsche, Artaud, Celine et tant d’autres. C’est à un point où l’on peut se demander, en tout cas en occident, si l’intelligence n’est pas synonyme de désespoir….

    @Le Chevalier Bayard : en effet, il y a cet amour, emporté d’ailleurs par la furie du reste…Ce qui m’a parquée plus encore ce sont les dernières lignes où il explique qu’un marchand s’interrogera peut-être de ne plus le voir avant de conclure, « on m’oubliera, on m’oubliera vite ». Il n’est pas un homme, mais un consommateur dont la disparition ne peut intriguer que les commerçant qu’il fréquentait. L’horreur.

    Commentaire par laplumedaliocha — 11/12/2011 @ 23:25

  61. @herve_02 Commentaire numero 45 Oui, bon il apparaît que vous avez marine longtemps peut-être dans cette soupe. Moi j’étais opérationnel pur et dur dans les milieux de productions, donc la ou une vraie valeur ajoutée est faite par des personnes humaines par leurs actions, non pas par leurs bourses (pas comme la finance dans le fictif du je crée de l’argent sur de l’argent, ce qui retire justement cette capacité d’appréciation très utile au travail dans d’autres milieux).

    Donc j’apprécie le commentaire de M. Hcrepin juste en dessous du votre, le numero 46 . Je ne nous demande pas de devenir magicien du grand tout comme vous le décrivez, je demande de la culture du bon sens et donc de l’éducation.

    La finance des traders est loin de la comptabilité pure et dure et des normes financières. Deux mondes assez différents quand même. Ce que j’ai vu de contacts avec des traders, c’est de la valeur présente nette du cash flow, voire du working capital qui touche un peu a la compta, et beaucoup moins de comptes en T en pur et dur de comptabilité qui devait en plus respecter la dialectique des phrases des normes.

    L’éducation formelle et informelle. Dans les bacs pros, il me semble que l’on apprend aux élèves a faire des budgets. rien que cela devrait être généralise plus loin pour éviter les tentations subprimes a la française, genre cofinoga, cofidis, cetelem ou je ne me rappelle plus leur nom.

    Apres bien sur et la je mets encore ce point en avant, il faut remettre les mathématiques sur le devant de la scène, ne pas prendre les chiffres comme une drogue malsaine, parce que la ce parait complique, et comprendre la philosophie des raisonnements derrière.

    Apres niveaux investissements, CAPEX, amortisations, capitalisation des inventaires pour avoir de plus beau résultats financiers, faire du leasing au lieu d’amortir des assets, et autres, je ne pense pas que tout le monde soit intéressé, et je ne pense pas que tout le monde doivent être intéressé par cela. Y a des gars dont c’est le boulot, qu’il le fasse bien.

    Bon je vais faire simple: Quand je vais au boulanger du coin, je ne vais pas derrière le comptoir pour faire mon pain, je demande, je le regarde, je l’achète et je le goûte. Il y a donc du bon sens et de la mise en perspective a avoir. Et je pense que c’est cela, la défiance et la confiance, que je veux souligner fortement dans mes réponses. Parce que la crise actuelle, c’est une crise majeure de confiance, rien de plus. et on est encore bien loin de penser a comment simplifier ces systemes pour reconstruire ces confiances.

    Maintenant niveau speculation et logiciel de trading, je zappe direct sur ca, car c’est une des raisons des maux des places financieres. Les traders utilisent la superpuissance des ordinateurs pour pouvoir passer de nombreux ordres sur la place.

    Pour aller avec le commenaire numero 46, que j’apprecie, j’irai plus loin, je dirai que la bourse ne fonctionne principalement par assymetrie de l’information, et une des raisons majeures pourquoi elle derive, j’achete pasque je vois que, et je vends pasque je sais autre chose. Multiplier par les ordinateurs qui font ce qu’on leur demande, ca fait que quelques uns essaient de profiter au maximum au court terme. Et la je me dis que la speculation devrait ne pas avoir lieu en instantanee et l’acheteur devrait conserver un minimum de temps des actions avant de les revendre.

    PS: Il y avait une histoire ainsi a NY pres de Wall street ou une banque recevait des infos de la bourse des fractions de secondes avant les autres, tout simplement parce que cette banque d’investissement etait plus proche géographiquement. Je sais pas, ca me parait un systeme intrinsèquement malsain.

    Commentaire par Henri Moufettal — 12/12/2011 @ 00:03

  62. Si on parlait Bâle III ? Parce que, c’est bien de balancer des phrases choc, mais encore faudrait-il entrer dans les détails.
    Voir déjà :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2le_III

    J’admets bien volontiers que nombre d’experts pérorent sans (plus) trop comprendre.
    Ben, faut bosser, nous-mêmes, mais tenter aussi de ne pas se débarrasser de la complexité en produisant des phrases énoncées clairement et qui se comprennent aisément, mais ne rendent pas vraiment compte du réel. Évidemment c’est plus simple à lire et plus flatteur à écrire…
    Les flatteurs… vivent aux dépens…

    Commentaire par Jef Tombeur — 12/12/2011 @ 09:42

  63. Bonjour M. Jef Tombeur,

    Oui intéressant de recadrer les accords de BALE III dans la discussion

    Néanmoins cela revient au point initial de la plume ici, je pense, ca fait apparaître des règles normatives sur des chiffres. des recettes d’experts pour des experts. et je pense bien la finance assez intelligente et créative pour trouver une autre voie.

    Les chiffres ou autres bilans ne répondent pas a la problématique du monde financier. Comment rendre les financiers responsables hors du court-terme? Expliquez moi, s’il vous plait, comment cela permet de reconstruire une confiance d’autrui envers la finance? un plan de communication pour le promouvoir?

    Comme vous dites, oui faut bosser. on a besoin de comprendre plus, mais hors finance, devons.nous entrer autant dans les details?

    Commentaire par Henri Moufettal — 12/12/2011 @ 11:08

  64. La monnaie est une création humaine. Son utilisation est régie par des règles établies par des organismes divers animés par des individus. Si ça ne fonctionne pas bien, c’est que les soit-disant experts sont incompétents ou qu’ils trompent délibérément l’opinion pour des intérêts divers, variés et contradictoires. C’est facile car les hommes en général sont fascinés par l’argent, l’or, le fric…Ceux qui en sont qui en sont gavés, n’en ont jamais assez et la plupart de ceux qui n’en ont pas rêvent d’en avoir : c’est le miroir aux alouettes. Ils gobent tout, espérant un jour faire fortune sans effort et jouir à leur tour du système, ou ils acceptent les pires injustices et saloperies, craignant qu’on leur pique le peu qu’ils ont, ou qui leur reste. Dans un tel système, rembourser la dette : c’est redonner aux voleurs, l’argent qu’ils ont volés…
    C’est faire payer les victimes.

    Commentaire par BONNET Francis — 12/12/2011 @ 11:28

  65. Pour Henri Mouffetal : tout le monde ne peut pas tout comprendre, parce qu’il y a des choix à faire, et que le temps est limité. Simplement, si on veut contredire le discours dominant, il faut au moins en comprendre les fondamentaux et savoir les expliciter suffisamment pour convaincre.
    Dire que plus grand’ monde n’y comprend grand’ chose est bien, c’est le reflet de la réalité.
    Mais l’argument reste insuffisant (pas un reproche : difficile de faire un roman-fleuve en ligne).
    Alors, consentons quelques efforts.

    Commentaire par Jef Tombeur — 12/12/2011 @ 12:37

  66. @Francis Bonnet: Vous semblez supposer que parce qu’un système est artificiel et a des règles fixées par des humains, il s’ensuit forcément que ceux-ci devraient comprendre toutes les conséquences du fonctionnement de ce système (ou sinon ils sont incompétents et/ou malhonnêtes).

    Hélas, ce n’est pas le cas : il est possible de décrire des petits systèmes totalement artificiels, dont l’esprit humain comprend chacune des règles prises isolément, mais dont l’agencement des règles produit des comportements arbitrairement complexes et qu’il est impossible de prévoir. C’est le cas des mathématiques (on utilise un petit ensemble de règles de déduction, et pourtant il y a des problèmes mathématiques qui restent irrésolus pendant des siècles), des automates cellulaires, etc.

    Le reproche que l’on peut faire, en revanche, est d’avoir lancé de tels systèmes en faisant croire qu’on les maîtrisait, autrement dit d’avoir été incompétent et/ou malhonnête en ce qui concerne les limites des connaissances.

    Commentaire par DM — 12/12/2011 @ 14:32

  67. Chère Aliocha,

    Ouf… et merci pour ce bel exercice de lucidité, de sincérité et d’humilité ; il était temps, qu’un commentateur avoue qu’il n’y comprend rien… en espérant que vous serez suivie par beaucoup d’autres… politiques inclus…

    Je suis un professionnel des chiffres (ancien expert-comptable et CAC) et je confirme :
    – je peux faire dire ce que je veux aux chiffres ; du moins, si je n’énonce pas dans quel contexte limité une analyse financière est vraie, alors, c’est que c’est faux,
    – je connais beaucoup d’ex-collègues qui avouent leur impuissance, seulement en petit comité bien sûr,
    – la plupart des « purs » économistes n’ont aucune vision de ce que leurs concepts produisent concrètement dans l’économie réelle,
    – les agences de notation racontent n’importe quoi…

    Pour ce dernier point, ce problème de véracité des chiffres sur l’économie mondiale provient de plusieurs pratiques qui en disent long sur ce qui se passe en coulisse et, plus fondamentalement et non accessoirement, sur le « sérieux » des agences de notation :
    – les pays (et a fortiori les organismes financiers, surtout quand ils sont étrangers) n’ont aucune obligation de publier le détail de leur structure bilancielle, et chacun garde, d’ailleurs, jalousement ces données stratégiques,
    – les chiffres qui sont publiés pour les analyses, sont donc des extrapolations et des recoupements de données, par déduction et n’ont aucune valeur de vérité,
    – la Chine avec ses 3 197 milliards de dollars d’avoirs, ne publie strictement rien sur ses chiffres… Pire, tous ses investissements passent par un système de sociétés-écrans et des places financières opaques de sorte que personne ne sait exactement, où ce pays place son trésor de guerre économique… ni même, si nous ne sommes pas déjà totalement sous leur coupe pour bien des secteurs stratégiques…
    – même quand on connait l’origine des fonds, comme pour mon article sur les créances interbancaires ( url : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-histoires-de-dettes-dans-la-serie-on-ne-vous-dit-pas-tout-90922657-comments.html ), en réalité, on ne connait pas l’identité réelle des détenteurs premiers. Une évidence simple : la GB (la grande lessiveuse), la Suisse et autres pays apparaissent comme d’énormes prêteurs, sans aucun rapport avec leurs capacités intrinsèques (celles qui seraient uniquement dues à leurs économies) ; parce qu’en fait, ces pays ne sont que des mandataires de groupements financiers occultes, dont personne ne connait l’origine (et encore moins, la provenance des fonds) ; cependant, on se doute quand même un peu que c’est pour le moins pas « clair-clair »…

    Bref, on voit bien que ce « flou » est soigneusement entretenu de façon à ce que personne ne puisse recouper, ni comprendre à qui appartient quoi… On comprend cependant très bien à quoi cela sert d’entretenir un tel m…, quand on est un trader qui mange à tous les râteliers, et surtout quand on est les USA et qu’on doit de l’argent à tout le monde… sans oublier, la Chine qui veut continuer à placer ses pions, sans dévoiler son jeu…

    Vous terminez par une question : et si on ne remboursait pas ? Reprise par P SUNSHINE (n° 9 sur Marianne) qui vous propose une autre solution, en citant mon article, qui démontre qu’on peut « rembourser » 73 % des dettes, par simple compensation comptable…
    Sauf que le problème des dettes et créances croisées, c’est qu’elles sont détenues par les mêmes opérateurs qui détiennent également les avoirs de tout le monde… Si on met à genou le système, c’est nous-mêmes que nous punirons…
    Contrairement à beaucoup de commentateurs, je ne pense pas qu’en conséquence, c’est la finance qui « gouverne le monde » (il y a trop d’intérêts divergents en jeu pour affirmer un tel constat réducteur) ; en fait, ce qui se passe c’est que nous sommes en plein dans le syndrome de Stockholm… Les leaders européens sont pris entre le marteau US et l’enclume chinoise… Le jour où ils expliqueront réellement honnêtement tous les chantages internationaux auxquels ils sont soumis, toutes les contraintes dont ils doivent tenir compte, les citoyens tomberont de haut…
    Mis à part ça, il serait temps, pour faire simple et grossier, qu’ils retrouvent leurs c… ; parce que des solutions il y en a… mais évidemment, cela supposerait de fâcher quelques « amis », notamment les USA et la Chine…

    Commentaire par Incognitototo — 12/12/2011 @ 15:00

  68. Chère Aliocha,

    Ouf… et merci pour ce bel exercice de lucidité, de sincérité et d’humilité ; il était temps, qu’un commentateur avoue qu’il n’y comprend rien… en espérant que vous serez suivie par beaucoup d’autres… politiques inclus…

    Je suis un professionnel des chiffres (ancien expert-comptable et CAC) et je confirme :
    – je peux faire dire ce que je veux aux chiffres ; du moins, si je n’énonce pas dans quel contexte limité une analyse financière est vraie, alors, c’est que c’est faux,
    – je connais beaucoup d’ex-collègues qui avouent leur impuissance, seulement en petit comité bien sûr,
    – la plupart des « purs » économistes n’ont aucune vision de ce que leurs concepts produisent concrètement dans l’économie réelle,
    – les agences de notation racontent n’importe quoi…

    Pour ce dernier point, ce problème de véracité des chiffres sur l’économie mondiale provient de plusieurs pratiques qui en disent long sur ce qui se passe en coulisse et, plus fondamentalement et non accessoirement, sur le « sérieux » des agences de notation :
    – les pays (et a fortiori les organismes financiers, surtout quand ils sont étrangers) n’ont aucune obligation de publier le détail de leur structure bilancielle, et chacun garde, d’ailleurs, jalousement ces données stratégiques,
    – les chiffres qui sont publiés pour les analyses, sont donc des extrapolations et des recoupements de données, par déduction et n’ont aucune valeur de vérité,
    – la Chine avec ses 3 197 milliards de dollars d’avoirs, ne publie strictement rien sur ses chiffres… Pire, tous ses investissements passent par un système de sociétés-écrans et des places financières opaques de sorte que personne ne sait exactement, où ce pays place son trésor de guerre économique… ni même, si nous ne sommes pas déjà totalement sous leur coupe pour bien des secteurs stratégiques…
    – même quand on connait l’origine des fonds, comme pour mon article sur les créances interbancaires (url : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-histoires-de-dettes-dans-la-serie-on-ne-vous-dit-pas-tout-90922657-comments.html ), en réalité, on ne connait pas l’identité réelle des détenteurs premiers. Une évidence simple : la GB (la grande lessiveuse), la Suisse et autres pays apparaissent comme d’énormes prêteurs, sans aucun rapport avec leurs capacités intrinsèques (celles qui seraient uniquement dues à leurs économies) ; parce qu’en fait, ces pays ne sont que des mandataires de groupements financiers occultes, dont personne ne connait l’origine (et encore moins, la provenance des fonds) ; cependant, on se doute quand même un peu que c’est pour le moins pas « clair-clair »…

    Bref, on voit bien que ce « flou » est soigneusement entretenu de façon à ce que personne ne puisse recouper, ni comprendre à qui appartient quoi… On comprend cependant très bien à quoi cela sert d’entretenir un tel m…, quand on est un trader qui mange à tous les râteliers, et surtout quand on est les USA et qu’on doit de l’argent à tout le monde… sans oublier, la Chine qui veut continuer à placer ses pions, sans dévoiler son jeu…

    Vous terminez par une question : et si on ne remboursait pas ? Reprise par P SUNSHINE (n° 9 sur Marianne) qui vous propose une autre solution, en citant mon article, qui démontre qu’on peut « rembourser » 73 % des dettes, par simple compensation comptable…
    Sauf que le problème des dettes et créances croisées, c’est qu’elles sont détenues par les mêmes opérateurs qui détiennent également les avoirs de tout le monde… Si on met à genou le système, c’est nous-mêmes que nous punirons…
    Contrairement à beaucoup de commentateurs, je ne pense pas qu’en conséquence, c’est la finance qui « gouverne le monde » (il y a trop d’intérêts divergents en jeu pour affirmer un tel constat réducteur) ; en fait, ce qui se passe c’est que nous sommes en plein dans le syndrome de Stockholm… Les leaders européens sont pris entre le marteau US et l’enclume chinoise… Le jour où ils expliqueront réellement honnêtement tous les chantages internationaux auxquels ils sont soumis, toutes les contraintes dont ils doivent tenir compte, les citoyens tomberont de haut…
    Mis à part ça, il serait temps, pour faire simple et grossier, qu’ils retrouvent leurs c… ; parce que des solutions il y en a… mais évidemment, cela supposerait de fâcher quelques « amis », notamment les USA et la Chine…

    Commentaire par Incognitototo — 12/12/2011 @ 15:14

  69. Tiens, on dirait que l’heure du grand déculottage à sonné, je n’avais que quelques jours d’avance 😉
    http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20111205.CHA7793/quand-l-ex-patron-de-jerome-kerviel-prevoit-l-apocalypse.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/12/2011 @ 15:35

  70. Bonjour Aliocha
    Je pense au contraire que tout le monde peut comprendre. La Finance (les investisseurs pour faire plus rigolo) c’est juste de gagner le maximum de fric dans l’opacité la plus totale : avantage de l’opacité : incompréhensible, donc sans concurrence immédiate. le temps que la supercherie apparaisse au grand jour, c’est à dire lorsque les faillites s’enchaînent, il est déjà trop tard et il faut passer à autre chose.
    Le fait de ne pas rembourser correspond à la faillite des derniers chaînons : les banques de votre pays
    Ceux qui ont empoché les dividendes et les bonus sont trop loin.

    Commentaire par rabah — 12/12/2011 @ 15:58

  71. « Il m’a rappelé que la formule la plus importante d’Albert Einstein n’était pas e=mc2 mais celle des intérêts composés ».

    Ça m’étonnerait qu’un X-Mines ait dit cela. 🙂

    Commentaire par DM — 12/12/2011 @ 16:05

  72. Bonjour Aliocha, je ne commente plus guère par ici mais soyez assurée que je vous lis toujours avec une régularité de métronome certes un peu déréglé mais toujours fidèle 🙂

    Sans avoir lu les commentaires ci-dessus, par manque de temps et aussi – malheureusement – par paresse, je vous livre ici un passage d’un auteur que je dévore en ce moment et qui pourrait vous plaire tant dans le style que dans son éclectisme littéraire ou encore par les thèmes abordés (dont le spirituel dans notre époque désenchantée n’est pas le moindre). Ce passage, d’un non-spécialiste, tiré de ce billet intitulé « La bourse ou la vie » (http://raquette.blogs.liberation.fr/grozdanovitch/2008/10/la-bourse-ou-la.html) et daté d’octobre 2008, est à mon sens un parfait écho à votre propre billet :

    « La vérité me semble plutôt que nous avons stupidement nommé raison et accordé trop de sérieux à une façon de penser en réalité tout à fait absurde et folle, fait beaucoup trop confiance à une pompeuse rationalité prétendument scientifique qui s’appelle le mathématisme. Comme si le fait de prendre très soigneusement des mesures et de faire fonctionner à la perfection des machines de plus en plus sophistiquées était la preuve irréfutable que nous allions dans le bon sens, que c’était là la chose à faire pour améliorer nos existences et nous donner du bon temps ? Leur preuve irréfutable je l’ai entendu perroqueter toute ma jeunesse par ceux que je nomme les Imbéciles Supérieurs : «Voyez comme ça marche bien !». Malheureusement, la question était de savoir à quel prix ça marchait si bien, et pour combien de temps. Or, désormais il semblerait que ce temps soit échu. Non, ça ne marche plus ! Tout est devenu trop compliqué et trop fragile de par le gigantisme du mécanisme au sein duquel le moindre grain de réel véritable peut enrayer le bon fonctionnement —et personne n’est plus capable de détecter où ce dernier a pu se glisser… »

    Commentaire par Gwynplaine — 16/12/2011 @ 10:34

  73. Bonjour Aliocha,

    Votre saine réaction d’humilité m’a inspiré cet article : Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-les-dettes-publiques-dans-la-serie-on-ne-vous-dit-pas-tout-et-c-est-quoi-la-pensee-virtue-93342838-comments.html

    Bonne lecture.

    Commentaire par Incognitototo — 20/12/2011 @ 14:38

  74. Beaucoup de sagesse dans ce billet. Mais pas que…

    Oui, les produits financiers structurés sont devenus incompréhensibles. J’ai travaillé à structurer des dérivés il y a 20 ans, à l’époque des balbutiements, et je me suis juré de ne jamais plus y toucher. Je n’ai fait que quelques rares exceptions, quand je devais me couvrir contre un risque simple, réel et connu.

    Oui, les normes comptables sont devenues incompréhensibles à cause des dérivés. Rares sont ceux qui le savent, encore plus rares ceux qui le disent. Le problème est que les dérivés permettent de truquer les comptes, ils sont mêmes parfois conçus dans ce but exprès. C’est abordé dans le débat Touati-Mélenchon chez @si; la Grèce a titrisé pour truquer ses comptes publics. Du coup on a construit des usines à gaz comptables pour tenter de combler les brèches. Mais la complexité est l’ennemie de la sécurité. Je pense que l’erreur fondamentale de la régulation a été de considérer que c’était son boulot de digérer cette complexité. Il n’en est rien, ça devrait être le boulot du créateur du truc complexe. C’est ce que je proposais en conclusion d’un vieux billet (qui a bien vieilli) chez Koz (http://www.koztoujours.fr/?p=1679) : laissons les banques se démerder avec leurs dérivés, laissons leur la charge d’expliquer à leurs clients, actionnaires, partenaires que ces dérivés ne sont pas risqués.

    Non, ne jetons pas tous les « experts » dans le même sac. Il y en a de bons. Ecouter les uns et les autres permet d’améliorer notre compréhension.

    Non, les agences de rating n’ont pas tort sur les dettes publiques. Une montre arrêtée donne l’heure juste 2 fois par jour. D’ailleurs vous le reconnaissez vous-mêmes en suggérant de ne pas rembourser.

    Oui, on a besoin de raison. Mais la raison ne se limite pas à se demander : « et si on ne remboursait pas, que se passerait-il? » Il faut aussi apporter des réponses à cette question. Et la raison commande aussi de reconnaître qu’effectivement, emprunter pour payer les dépenses courantes pendant 40 ans, ce n’est pas sain, et ça devait forcément mal finir.

    Commentaire par Lib — 29/12/2011 @ 14:16

  75. Bonsoir
    j’arrive un peu tard dans le débat mais je souhaite mettre ma petite pierre à l’édifice!
    Et si on cherchait les coupables?
    Ceux qui depuis plusieurs décennies tirent les ficelles de cet imbroglio auquel la plupart des mortels ne comprennent rien…
    Je n’ai aucune envie de faire croire à un quelconque « complot mondial » cher aux internautes mais je pense que quelques grosses têtes « pensantes », bien au chaud dans leurs tours d’ivoire, pourraient être amenées à s’expliquer devant le monde entier…
    Lorsqu’un chauffard provoque un accident pour avoir sur-estimé ses capacités, il est puni, pourquoi pas eux?

    Commentaire par J-F Desvignes — 07/01/2012 @ 18:36


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