La Plume d'Aliocha

02/12/2011

Syrie : des enfants en première ligne

Filed under: Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 18:58

C’est l’histoire d’une petite fille syrienne de 5 ans qui jouait dehors avec une amie. On leur a tiré dessus. Elle raconte que sa copine a été touchée et qu’on lui coupé la jambe ici, en désignant son genou. Depuis, elle demande tous les jours à sa mère quand est-ce qu’elle va repousser, sa jambe. Et pour être sûre qu’on la comprenne, la gamine s’assoit par terre,  prend appui sur ses bras tendus et propulse son petit corps, maladroitement, sur le tapis du salon. « Ma copine, elle marche comme ça maintenant ». La journaliste free lance Manon Loizeau est entrée clandestinement en Syrie et a réalisé un reportage de 8 jours sur cette « Syrie Interdite » où l’armée du régime tire sur les enfants.  Son travail a été diffusé hier soir dans Envoyé Spécial et peut être visionné sur le site de l’émission.

A ne manquer sous aucun prétexte.

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6 commentaires »

  1. Une petite fille estropiée par une voiture ou bien par une balle perdue tirée par l’armée au cours d’une fusillade, nous ne l’acceptons pas. Nous ressassons le fil des événements jusqu’à ce moment fatidique qui nous arrête.
    Les gouvernants syriens pour se maintenir au pouvoir font tirer sur la foule. Ils ont des raisons que nous ne connaissons pas de se maintenir au pouvoir (sunnites contre alaouites et chrétiens et tout l’arrière-plan géostratégique qui n’apparaît jamais au grand jour et qui, on l’apprend bien après, était la véritable force agissante).
    Il y a le sniper qui a tiré la balle qui a touché la petite fille. Il aurait pu ne pas tuer, ne pas appuyer, il aurait pu refuser d’obéir aux ordres …Voilà le moment fatidique. Les chefs et les gouvernants, les décideurs, les donneurs d’ordres, eux, sont dans l’abstraction, ils ne voient jamais les effets réels, ils ne savent jamais vraiment , ils s’en tiennent aux lignes générales et calculent et tentent des coups de Trafalgar en se prenant pour Napoléon. Ils ont femmes et enfants qu’ils adorent. Qu’ils soient à Damas, à TelAviv ou à NewYork, ils ont en tête des enjeux qui les dépassent et ils décident la guerre, sans savoir qu’au bout de leur décision il y a cette petite fille là qui va se trouver là sur la trajectoire d’une balle. S’ils l’avaient su, peut-être auraient-ils renoncé à la guerre. Seulement, ils sont coupés de la réalité, voilà pourquoi cette petite fille a été blessée.

    Commentaire par Bray-dunes — 02/12/2011 @ 22:39

  2. Et pour en savoir plus sur la présence des journalistes en Syrie : http://www.rue89.com/2011/12/02/en-syrie-la-fin-du-huis-clos-sur-les-atrocites-227160

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/12/2011 @ 09:02

  3. En complément il faut écouter aussi son intervention dans l’émission 3D de france-inter. Très intéressante sur les conditions dans lesquelles elle a réalisé ce reportage. Disponible normalement sur le web mais je n’ai pas l’url sous la main désolé

    Commentaire par lordphoenix — 03/12/2011 @ 10:42

  4. Aucun journaliste français à ma connaissance n’est allé voir en Libye si des petites filles avaient été tuées ou estropiées par nos bombes.
    En d’autres termes, à quoi bon se repaître des horreurs commises par autrui, sinon pour alimenter notre bonne conscience ?

    Manon Loizeau, sans conteste, a pris des risques considérables et ceux qui ont vu son reportage louent sa grande qualité. Aussi est-ce injuste de la critiquer, comme je le fais, de mon fauteuil, et en outre sans avoir vu son reportage. Cependant, encore une fois, les journalistes, dans le contexte actuel, ne sauraient être neutres. Qu’ils le veuillent ou non, ils participent aux conflits objets de leurs reportages. Le reportage de Manon Loizeau confirme certainement le pouvoir syrien dans sa conviction qu’il est en butte à des ennemis soutenus de l’étranger. Il est à ses yeux un acte d’hostilité. Est-ce cela que nous voulons ? Si la France était une adepte déclarée et fidèle de la non-violence, peut-être serait-elle entendue et les reportages de ses journalistes seraient-ils vus comme des actes de paix. Mais nous en sommes loin : ceux qui ne nous plaisent pas, nous les bombardons, très exactement comme le fait Bachar El-Assad. Comme lui, insensibles aux conséquences.

    Sans mentionner qu’on ne compte plus les mouvements révolutionnaires que nous avons soutenus et qui ont donné naissance, au cours des décennies passées, à des régimes bien pires que ceux qu’ils avaient renversés…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 03/12/2011 @ 18:36

  5. Critique du reportage : bien sûr on ne peut pas parler de tout, bien sûr il y a des choses prioritaires, bien sûr on a des préjugés, bien sûr on s’identifie à ceux avec qui on partage le danger, bien sûr on est juge et partie, bien sûr on veut démontrer quelque chose, bien sûr on n’est pas en train de faire une thèse universitaire, bien sûr le reportage relève plus de l’art et la subjectivité que de la science et de l’objectivité…
    tout cela on le sait, on admet les limites du genre.
    Mais j’ai l’impression que ce reportage fait l’impasse volontaire sur un point capital et met à la place un mensonge, et de ce fait nuit à ce que ce reportage comportait de vérité concernant la volonté que l’on sent de tous les Syriens de se débarrasser de ce foutu pouvoir qui leur pourrit la vie. J’ai l’impression que l’envoyée spéciale s’est souvenue de la Libye, de l’Egypte, de la Tunisie, du Maroc et qu’elle a eu peur qu’on croit que la révolution syrienne était téléguidée par les mosquées. Le reportage ne parle que de liberté, tel ce gamin de treize ans qui nous parle de ses droits en montrant ses blessures et cela vient semer le doute et on se dit que tout n’est que montage et volonté de provoquer l’émotion pure, sans le moindre bout du début d’un questionnement sur le rôle de la religion dans tous ces soulèvements (à quels demeurés s’adresse-t-elle?).
    Toujours le même problème : à vouloir (bonne volonté indéniable) convaincre, à vouloir aider les gens, on ne sait pas résister à la tentation d’omettre ce qui nuit à l’idée qu’on s’en fait et qui pourtant fait partie du tableau (que ça nous plaise ou non).

    Commentaire par Bray-dunes — 03/12/2011 @ 19:08

  6. « Les chefs et les gouvernants, les décideurs, les donneurs d’ordres, eux, sont dans l’abstraction, … ils sont coupés de la réalité… ».

    En effet, les derniers renversements récents des dictateurs contemporains nous ont montré toute l’ampleur de cette perte de la réalité et de ce déni de la souffrance d’autrui, et même du déni d’autrui tout simplement. Les caractéristiques de la schizophrénie en somme.

    Si j’étais médecins je dirais que le pouvoir est pathogène, ou qu’il est surtout fait pour les psychopathes, et que malheureusement cette pathologie est activement contagieuse…

    Commentaire par Oeil-du-sage — 05/12/2011 @ 14:41


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