La Plume d'Aliocha

15/11/2011

Le Grand Barnum DSK

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:03

Tiens donc, voici que le couple DSK menace de saisir la justice pour obtenir le respect de sa vie privée ! Et les avocats débarquent, jouant des manches pour rappeler le respect des principes. Celui de la vie privée, d’abord, le secret de l’instruction, ensuite. Pourquoi tout ce cirque, soudain ? Parce que la presse française essaie timidement de faire  son travail. C’est peu dire qu’il était temps. Elle a interrogé des proches qui ont confié, sous le sceau du off, ce qui ne sera pas répété ici pour cause de menace judiciaire. Je vous renvoie à Google, mot-clef DSK. En un mot comme en cent, ça ne va pas fort chez les DSK. Notez, on s’en serait douté.

Vous avez dit « dérapages graves », ah bon ?

Ce qui est amusant dans cette soudaine révolte, c’est d’abord que DSK par la voix de ses conseils nous accuse de « dérapages graves ». Dérapages graves…voilà qui ouvre un champ infini de réflexion sur la notion de dérapage et celle de gravité… Ensuite, les avocats me font sourire sur ce coup-là. Comme s’ils n’étaient pas les premiers à utiliser la presse quand ils estiment en avoir besoin pour étayer leur stratégie judiciaire. Au point que les magistrats commencent sérieusement à les mettre en garde contre ce qu’ils analysent systématiquement comme des tentatives de pression inacceptables. On aura compris que le but de ce coup de semonce consiste à tancer l’entourage indiscret autant qu’à calmer l’ardeur de confrères avides de trouver le petit scoop ou simplement empressés de le recopier. Du coup, les médias écrivent sur le fait qu’on va leur interdire d’écrire avec le même enthousiasme qu’ils se répandaient sur la « vie privée » de ces personnages publics quelques heures auparavant. Ainsi enflent les bulles médiatiques qui n’ont rien à envier aux bulles financières dans leur démence furieuse. Bientôt viendra le temps des déclarations officielles des avocats en défense, lesquelles auront le droit d’être reproduites. Si l’on débrouille une peu l’infernal écheveau de ces cris d’offraie, la conclusion se dégage, attendue mais lumineuse : les journalistes n’ont le droit de relayer au public que les déclarations officielles. Exclusivement. Le reste relève, au choix, du secret de l’instruction ou du droit au respect de la vie privée. Et si par impossible surgissait une information qui n’entre ni dans un cas, ni dans l’autre, alors on parlerait d’injure ou de diffamation. C’est bordé, impeccable. Vous vous demandez, amis lecteurs, pourquoi nul ne vous a informé ces dernières années de l’éventualité qu’un possible futur président de la République française entretienne un type de relation avec les femmes susceptible de nuire légèrement à son image ? Vous avez la réponse.

Un cirque fort rentable

Pendant ce temps l’auteur du prochain livre sur DSK, tout comme son éditeur, doivent se frotter les mains. La vague médiatique est porteuse, fut-elle qualifiée de nauséabonde. D’ailleurs, ça tombe bien puisque l’ouvrage comprend, nous dit-on, des révélations fracassantes à la décharge du héros de cette affaire. Dès lors, plus les médias font monter la sauce, mieux le livre se vendra et donc plus les arguments en défense auront de chance d’être entendus. Et comme si ça ne suffisait pas, un grand nom du barreau de Paris espère que la presse va cracher des dommages intérêts au couple DSK et servir de précédent pour qu’à l’avenir les condamnations ne soient plus seulement symboliques en cas de violation de la vie privée. Sa déclaration m’étonne, il existe en réalité un vrai business dans la presse pipole sur la vie privée et les condamnations ne sont pas vraiment symboliques, mais bon. Cette affaire a défait la réputation d’un personnage politique de premier plan, nuit à l’image de la France, mais elle va aussi rapporter beaucoup à certains. Ainsi va le système médiatique…Admettons, avec un certain cynisme, que la chose soit inéluctable. Mais par pitié, qu’on ne vienne surtout pas nous parler ici de principes. Le dossier s’y prête on ne peut plus mal.

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61 commentaires »

  1. Discussions byzantines ! La maison brûle et on s’interroge sur la couleur des rideaux…

    L’euro est en train de couler et nous nous y accrochons comme à une bouée de sauvetage !
    Ça va mal finir. La catastrophe est annoncée. On ne l’empêchera pas.
    Mais plus vite nous sortirons de l’euro et plus facilement nous nous en remettrons.
    Ce devrait être notre seule préoccupation aujourd’hui : obtenir de nos dirigeants qu’ils ouvrent les yeux, cessent de s’obstiner dans une voie sans issue et nous sortent de ce piège mortel.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 15/11/2011 @ 11:59

  2. @Berenice : j’aime beaucoup la notion de « limites à ne pas dépasser »…
    @Denis Mondo-Broca : la couleur des rideaux tandis que la maison brûle, c’est la sensation que j’ai eue hier en regardant les émissions d’info de deuxième partie de soirée. C dans l’air évoquait la crise de manière très intéressante, pendant ce temps à Mots Croisés, on se demandait s’il était plus grave de traiter Hollande de Babar ou de capitaine de pédalo. Vertige…

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/11/2011 @ 12:08

  3. Tiens, je reçois à l’instant un communiqué de presse me rappelant que Richard Malka est l’avocat du couple DSK, celui de Charlie Hebdo et….l’auteur d’une bande dessinée qui sort demain. On appelle cela surfer sur la vague….

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/11/2011 @ 12:38

  4. Que la presse balance les SMS par lesquels DSK organisait ses escapades, et enquête pour déterminer si lesdites escapades pourraient lui valoir des ennuis judiciaires nouveaux, ou avoir un impact sur ses ennuis judiciaires déjà en cours aux États-Unis: Normal. Par contre, qu’on annonce la séparation imminente du couple: c’est bien une violation de la vie privée. Je ne vois pas pourquoi DSK réagirait différemment des célébrités qui attaquent en justice pour ce genre de choses.

    « Les journalistes n’ont le droit de relayer que les informations officielles. » Pas d’accord. Les stratèges de la communication sont parvenus à obtenir une influence indue sur les médias. Mais cette influence est-elle une question de droit, ou bien est-elle surtout celle de l’argent et des réseaux, dans un milieu politico-journalistique où tout le monde donnaît tout le monde ? Je crois que le droit ne joue qu’un rôle très secondaire en la matière.

    Commentaire par Gwynfrid — 15/11/2011 @ 13:47

  5. Chère hôtesse, votre réponse en 3 à DMB

    Consterné également par Mots croisés hier soir.
    Yves Calvi régresse et ne tient plus son émission.

    La seule question « parapluie », celle qui devrait être martelée : comment s’y prendre pour rembourser une dette de 1600 milliards € ?

    Le retour à l’équilibre des comptes de la nation (en 2025?) ça ne rembourse rien. Tout au plus ça évite de creuser encore plus.

    En fait nos enfants et petits enfants ne pourront pas rembourser.

    Alors, on fait quoi?

    Que propose les futurs Présidents?

    Mélasse et coaltar.

    Commentaire par araok — 15/11/2011 @ 13:55

  6. que proposent!

    Commentaire par araok — 15/11/2011 @ 13:56

  7. Vous avez titré le Grand Barnum. C’est vraiment ça. Et le communiqué de presse que vous citez en commentaire vient parachever le spectacle.
    Désormais, la faute morale ne réside plus dans un comportement, mais dans la révélation de ce comportement. Et même, plus précisément, par la révélation de ce comportement dans les media. Que DSK, homme politique de premier plan, ait un comportement sexuel désaxé, multipliant les frasques en tous genres, ce n’est pas grave. Par contre, que quiconque révèle ce comportement, voilà le summum de l’amoralité. Comme vous dites, pas étonnant qu’aucun journal n’en parlait. Seul je crois Jean Quatremer, à l’occasion de la nomination de DSK à la tête du FMI, avait osé dire (sur son blog et non dans un journal) que le comportement de DSK vis à vis des femmes pouvait poser problème. Une formulation prudente qui lui a quand même valu de subir des pressions pour tenter de le contraindre à retirer ce billet.
    Quant à l’atteinte à la vie privée, laquelle pour DSK, me semble une vie très publique, elle me semble fort légère. Car enfin, qu’a-t-on révélé que chaque Français ne pouvait déduire d’un peu de réflexion. DSK est humilié de voir son comportement connu de tous, frustré de ne plus pouvoir prétendre aux plus hautes responsabilités. Nombre de ses amis, qu’il avait pu abuser sur ses qualités morales, se détournent de lui. Sans compter les faux-amis, qui le flattaient comme le renard flattait le corbeau, et qui détalent maintenant qu’il n’y a plus de fromage. La situation n’a rien de plaisant. Anne Sinclair est aussi humiliée. Se savoir trompé par son conjoint est humiliant, même si la chose est tenue secrète. Alors quand toute la planète est au courant… Pour couronner le tout, Nafissatou Diallo va réclamer de l’argent au civil, et naturellement, DSK ne sera pas solvable pour des sommes pareilles. Alors qui devra payer pour son petit mari, hmm ? On pourrait dire que c’est la double peine pour Anne Sinclair, non ? Je n’ai pas lu le Figaro, mais je suppose que ses révélations sont de la même eau que celles du Parisien. La seule chose que j’ai apprise, c’est que DSK perdait du poids, en reprenait, en reperdait. Un truc que j’aurais remarqué si j’étais la concierge de son immeuble. Grandissime atteinte à la vie privée, vous en conviendrez.

    Commentaire par Barbara — 15/11/2011 @ 14:02

  8. @Barbara Vous touchez du doigt l’élément clé: quelque soit le comportement « privé » d’une personne, nous sommes libre de le juger conforme ou non à notre idée de la morale, cette dernière étant loin d’être universelle. Mais le révéler en public n’est pas une faute morale, c’est un délit. Le droit n’est pas la morale. C’est une autre formulation (plus courte mais tellement moins élégante) du billet ‘Antigone’ Les fonctions sont différentes, elles sont non substituables l’une à l’autre.
    La morale, la votre, la mienne dit ce qu’elle veut. Elle peut guider votre vie, vos actes, vos choix, mais elle n’est pas le Droit. Hors en droit français, la vie privée est très fortement protégée. Mais la loi peut changer. J’imagine qu’un jour peut-être, sur les bases actuelles, on ajoutera une exception de type droit de suite/droit de contre enquête.
    Donc oui, au non des principes du droit, c’est une réaction normale (on viole mes droits donc je porte plainte). Je ne parle pas de morale dans cette affaire, elle s’est enfuie en courant depuis si longtemps…

    Commentaire par Kaeldric — 15/11/2011 @ 14:25

  9. @Gwynfrid : vie privée, ah bon ? Alors on joue le couple soudé devant les médias, comme une arme non seulement médiatique mais judiciaire aux Etats-Unis, et quand ça se déssoude, là les médias sont priés de regarder ailleurs ? Mais de qui se moque-t-on exactement ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/11/2011 @ 14:25

  10. @ Aliocha: si les médias gobent l’histoire du couple soudé et en font des tartines sur « l’épouse courage » c’est leur problème. Ils n’ont pas à venir ensuite chercher une sorte de compensation en racontant des histoires (vraies ou pas, je m’en moque totalement, ce ne sont pas mes oignons) sur la dissolution du couple.
    Quand à l’arme judiciaire, elle me semble bien imaginaire (une construction médiatique là aussi ?). Je ne sache pas que les juges américains aient été impressionnés en quoi que ce soit par la présence de Mme Sinclair dans le prétoire.

    Commentaire par Gwynfrid — 15/11/2011 @ 14:51

  11. Chère Aliocha ! Je partage cet excellent billet ! Vouloir attaquer en justice quiconque évoque la « vie privée » de DSK, voilà le nouveau contrefeu trouvé ! Sauf que le plan com’ s’effiloche vers la catastrophe à ce rythme-là : http://www.leblogducommunicant2-0.com/2011/11/10/dsk-et-les-sms-sales-draps-pour-le-plan-com/

    Bonne analyse en tout cas!

    Commentaire par Olivier Cimelière (@olivcim) — 15/11/2011 @ 15:12

  12. @Olivier Cimelière : si vis pacem, para bellum 😉 comme vous le dites dans votre billet, à trop vouloir jouer coup pour coup et cacher le reste sous le tapis, on se plante. A la décharge de vos confrères communicants, c’était ingéable cette affaire. D’ailleurs, je me demande si l’entrée en piste des avocats, qui plus est en ligne de front, n’est pas le signe d’une démission de la com’. D’après ce que je sais d’autres affaires aussi sulfureuses, quand les avocats prennent la main, c’est soit que la com’ a échoué dans l’exercice de brider leur ego, soit qu’elle abandonne un client devenu indéfendable et qui plus est nuisible à leur image, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/11/2011 @ 15:54

  13. Bonjour Aliocha,

    Les nuages noirs s’amoncellent, on dirait: http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2011/11/pupponi-nouveau-boulet-pour-ds.html

    « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se (DS)casse »: Valable pour tous les protagonistes de ces tristes affaires qu’ils soient sujets ou autoproclamés censeurs institutionnels!

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 15/11/2011 @ 16:43

  14. Hein? La presse française essaie timidement de faire son travail? Et c’est peu dire qu’il était temps???

    Ce n’est pas l’impression que ça me donne. J’ai plutôt l’impression que la Presse s’est – bien évidemment – tue tant que DSK était un puissant, et qu’elle se permet désormais d’aller fouiller ses poubelles, puisqu’il n’est plus qu’à peine un homme public.

    Ce n’est pas une presse qui fait « enfin » son travail, c’est un homme de pouvoir qui est « enfin » à terre – là où l’on ne craint plus aller lui faire les poches, donc.

    « Admettons, avec un certain cynisme, que la chose soit inéluctable. Mais par pitié, qu’on ne vienne surtout pas nous parler ici de principes. Le dossier s’y prête on ne peut plus mal »

    Comme vous dites.

    Commentaire par Fantômette — 15/11/2011 @ 17:56

  15. @Fantômette : Bonjour, moi ça va merci, et vous, depuis le temps qu’on ne s’est pas parlé ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/11/2011 @ 18:04

  16. […] Le Grand Barnum DSK […]

    Ping par Le Grand Barnum DSK | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 15/11/2011 @ 19:55

  17. Bonsoir araok,

     » La seule question «parapluie», celle qui devrait être martelée : comment s’y prendre pour rembourser une dette de 1600 milliards € ?  »

    La seule question est surtout est-ce souhaitable ?

    La réponse est non !

    Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. La première est qu’un agent actif qui investit est généralement endetté, précisément parce qu’il investit.

    La deuxième : l’Etat ayant toujours le même âge – ce qui équivaut à dire qu’il vit éternellement – n’a en réalité pas les mêmes contraintes de solvabilité qu’un agent privé.

    Or, un agent privé s’endette par exemple pour l’acquisition d’un logement ou la création d’une entreprise. Un ménage doit donc avoir remboursé l’ensemble de son endettement avant sa mort s’il souhaite laisser à ses héritiers un actif net patrimonial, si je puis dire.

    La confusion « idéologiquement entretenue » est de considérer l’Etat comme un ménage alors que l’Etat peut ne jamais rembourser ! Ce qui ne signifie pas qu’il est insolvable mais simplement qu’il peut maintenir constant son niveau d’endettement.

    C’est donc en termes de soutenabilité que le problème de la dette se pose !

    Ce qui importe n’est pas tant le montant de la dette brute d’un pays, comme pour un individu qui nous dirait qu’il a 1 milliard d’euros de dette mais qui ne dirait rien sur sa richesse effective. Ce milliard d’euros peut être compensé par un patrimoine valant plusieurs milliard d’euros : immeubles, usines…

    La dette publique a toujours été instrumentalisée à des fins politiques. Il faut comprendre que le vote annuel du budget est l’acte politique majeur de la nation et, en soulignant le caractère élevé de la dette on favorise les réformes qui consistent à baisser les dépenses publiques.

    On est passé d’une dette de 66% du PIB (1 200 mds) fin 2007 à 85% au premier trimestre 2011 (1 600 mds) personne ne dit que c’est insoutenable !.

    Pour autant, déclarer la France en faillite, compte tenu de son taux d’épargne serait déclarer la faillite de l’ensemble des pays riches de la planète, qui ont généralement une dette publique au moins aussi importante, et une capacité d’épargne moyenne plus faible.

    En effet, pour juger de la soutenabilité d’une dette c’est la capacité d’épargne du pays qui signifie la capacité d’accumulation de richesses d’un pays. Or, il se trouve que lorsqu’on raisonne selon cette variable de solvabilité, la capacité de l’épargne en France (20%) est beaucoup plus élevée que la capacité d’épargne des pays de la zône euro.

    Enfin, troisième raison : le secteur privé a besoin de détenir des titres de la dette publique pour des raisons de sécurité. Les portefeuilles financiers des agents économiques sont constitués de titres plus ou moins risqués : des actions, des obligations sur les entreprises publiques et des titres de la dette publique. Or, les titres de la dette publique sont les actifs les moins risqués.

    Il n’est donc absolument pas souhaitable que l’endettement d’un Etat soit nul.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 15/11/2011 @ 20:06

  18. « des révélations fracassantes à la décharge du héros de cette affaire ». Parler de décharge à propos de DSK, comme vous y allez, mam’zelle Aliocha.
    Sinon, j’ai le sentiment que jusqu’ici il n’y a que des livres à décharge : entre la biographie autorisée du « journaliste » copain de DSK, Michel Taubman, et le bouquin de l’éditocrate ex mari de Sinclair et quasiment frangin de DSK, celui qui dit que pour violer faut un flingue ou un couteau, le prochain, si j’ai bien compris, devrait encore être favorable à DSK. De quoi se plaint-il, alors ?

    Commentaire par DG — 16/11/2011 @ 00:00

  19. @araok
    La dette est un confortable placement de père de famille, alors vive la dette ! Voilà un argument spécieux et une extension aux marchés des bienfaits de l’Etat-providence pour le moins surprenante..

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 16/11/2011 @ 04:05

  20. @araok, le chevalier bayard
    Mille excuses pour l’erreur de destinataire de mon précédent message. Il faut lire @le chevalier bayard, pas @araok…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 16/11/2011 @ 06:04

  21. Bonjour Aliocha, comment allez-vous depuis le temps qu’on ne s’est pas parlé ? 😉

    Marrant, en entendant parler de ça ce matin je me suis que c’était pour vous. Voici quelques réflexions qui me sont venues à l’écoute de l’avocat (pas Malka, l’autre) :

    – sur la violation du secret de l’instruction (la partie qui a le plus retenue mon attention), me suis dit que là le principe de droit à l’information pouvait là encore (comme dans l’affaire Woerth en première instance, ce qui a été infirmé en appel je crois) prévaloir sur le respect de la vie privée
    – sur la presse qui fait enfin son travail, j’avoue que je me suis à peu près fait la même réflexion que Fantômette -> il s’agit plutôt de finir la bête aux abois.

    Plus tard, sur la même radio, un chroniqueur se demandait comment DSK pouvait-il ne serait-ce qu’espérer que ses travers ne puissent pas venir entacher sa candidature voire même son mandat présidentiel, et je me suis fait la réflexion que ceux-ci étaient de notoriété (semi) publique « dans les milieux autorisés » (notion que je manie avec prudence habituellement pour ne pas verser ds le « tous complices » et le grand complot politico-médiatique) sans pour autant filtrer dans le grand public, donc qu’il pouvait raisonnablement espérer que de cela personne ne parle. Ce n’est qu’après l’affaire éclatée aux Etats-Unis que notre presse a emboîter le pas, et je ne sais même pas si cela aura servi de leçon et si « la presse » ne peut pas retomber dans ses inclinations à taire les secrets d’alcôves pourtant parfois fortement préjudiciables à l’action publique des hommes politiques.

    (En ce qui concerne Richard Malka, je l’espère meilleur avocat que scénariste bd pour DSK 😉 )

    Sinon, avec un vocabulaire comme « décharge » « faire monter la sauce » et « cracher » vous cherchez encore à attirer des pauvres âmes égarées ici par de déroutantes recherches internettes ?

    Commentaire par Gwynplaine — 16/11/2011 @ 09:57

  22. Bonjour Denis Monod-Broca,

    Surtout ne le prenez pas mal mais mon commentaire répond à cette question (de CM2… ?) qui est le lieu des plus grandes confusions à savoir : les français laissent-ils à leurs enfants une dette publique ?

    La réponse est non ! Pourquoi ?

    Tout bêtement parce que les enfants héritent à la fois de la dette et du titre de la dette donc oui vive la dette ! C’est ballot hein !

    Si j’ai un portefeuille de titres publics lorsque je décède, mes enfants en hériteront, et auront donc une créance sur l’Etat.

    Par ailleurs, de nombreuses dépenses publiques sont faites pour favoriser les générations futures. Par exemple les dépenses d’éducation, les dépenses de recherche et de développement, les investissements publics, les infrastructures, les crèches, les jardins publics etc…Donc les générations futures hériteront à la fois la dette, la créance sur l’Etat et le patrimoine public que les dépenses publiques auront aidé à financer.

    Attention hein ! Je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre la mesure du problème en raison aujourd’hui de la crise financière systémique internationale et des turbulences de la zône euro. La France est encore considérée comme un pays solvable par l’ensemble des agences de notation. Cela ne signifie pas qu’il ne convient pas de faire encore et toujours des efforts pour mieux utiliser les deniers publics.

    Il faut donc en permanence à la fois faire des économies lorsque la possibilité apparaît, et procéder à des investissements lorsque l’on juge qu’ils sont rentables.

    Et, il ne vous a pas échappé que le gouvernement tant bien que mal s’y emploi.

    Enfin, par définition la réduction des dépenses publiques ne peut pas être à elle seule un objectif final de la politique économique. Les vrais objectifs de la politique publique ce sont le plein emploi et l’augmentation du niveau de vie.

    Si, pour atteindre le plein emploi et pour augmenter les niveaux de vie, il faut investir davantage, et donc encourir de façon transitoire des déficits supplémentaires, tant mieux ! Alors que si, pour réduire la dette on doit renoncer à la croissance et à l’emploi cela signifie qu’on marcherait sur la tête… c’est ce qui se passe en Grèce !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/11/2011 @ 10:12

  23. @ Chevaller Bayard

    « Enfin, par définition la réduction des dépenses publiques ne peut pas être à elle seule un objectif final de la politique économique. Les vrais objectifs de la politique publique ce sont le plein emploi et l’augmentation du niveau de vie. » Superbe oxymoron. Si je suis votre raisonnement, l’augmentation des dépenses publiques serait donc la finalité de la politique économique d’un pays. Pourquoi pas?
    « Par ailleurs, de nombreuses dépenses publiques sont faites pour favoriser les générations futures. Par exemple les dépenses d’éducation, les dépenses de recherche et de développement, les investissements publics, les infrastructures, les crèches, les jardins publics etc… » Je suis au regret de vous dire que si l’Etat emprunte tant d’argent, c’est avant tout pour boucler les fins de mois. Quant aux dépenses d’investissement, je vous les laisse volontiers (ex: état de l’enseignement). A titre personnel, j’aimerai léguer autres choses que des dettes à mes descendants et je n’aimerai pas savoir (si tant est que ce soit possible) qu’ils renonceraient à la succession pour cause de dettes excessives.
    « La France est encore considérée comme un pays solvable par l’ensemble des agences de notation. ». Passons sur ce maintien de plus en plus surprenant. Des indicateurs fiables, si désagréables soient-ils à voir, laissent à penser que cela ne durera pas encore très longtemps: http://chevallier.biz/2011/11/e-decrochages/

    Un mot sur JP Chevallier: on a tout à fait le droit de contester ses prises de positions encore faut-il éviter de répondre à des arguments techniques et froids par des arguments purement idéologiques. Les idées, si nobles soient-elles, finissent toujours par s’incliner devant les faits. On peut rêver de voir l’eau remonter les pentes mais les lois de la gravité sont sans appel. Pour ceux et celles qui le suivent depuis quelques années, force est de constater que ses prédictions s’avèrent le plus souvent justes que ce soit sur la situation des banques (françaises en particulier) ou de la crise de la zone euro. Je déplore la crise actuelle mais n’en suis absolument pas surpris et je pense que nous en sommes qu’à ces débuts. Ah, évidemment, si ce pays avait été bien géré depuis trente ans, nous verrions la situation d’un autre œil.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 16/11/2011 @ 11:11

  24. Bonjour H.

    Mouais… Bon ! Mon propos n’est pas de me lancer dans un débat technique ou idéologique, voire académique mais simplement de rappeler la confusion entretenue entre Etat et ménage.

    Si vous êtes immortel par définition vous pouvez maintenir un niveau constant d’endettement c’est facile à comprendre !

    Pour le reste, je souscris bien volontiers à l’argument d’autorité je ne connais pas JP Chevallier mais je pourrais, moi aussi, en citer bien d’autres !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 16/11/2011 @ 11:55

  25. @ Chevalier Bayard

    La partie concernant JP Chevallier ne vous concernait pas directement. Sinon, convenez avec moi que si l’endettement de ce pays était nettement plus faible (disons de 30% pour respecter le ratio appliqué aux ménages), nous n’en serions pas là.

    Commentaire par H. — 16/11/2011 @ 12:20

  26. « Et si par impossible surgissait une information qui n’entre ni dans un cas, ni dans l’autre, alors on parlerait d’injure ou de diffamation. C’est bordé, impeccable. Vous vous demandez, amis lecteurs, pourquoi nul ne vous a informé ces dernières années de l’éventualité qu’un possible futur président de la République française entretienne un type de relation avec les femmes susceptible de nuire légèrement à son image ? Vous avez la réponse. »

    En somme, Aliocha, les journalistes se donnent la peine de faire leur travail d’information qu’à la condition que leur cible soit à terre ?

    RIEN n’empêchait les Christophe Barbier d’informer sur les rumeurs parisiennes concernant DSK bien avant le Sofitel. Avez-vous entendu une seule fois Christophe Barbier émettre une seule réserve sur le très certain candidat DSK quand celui-ci était au firmament des sondages, pas plus tard qu’à l’l’hiver dernier quand celui-ci intervenait en long et en large dans les programmes type C dans l’air ?

    Non Aliocha, des journalistes n’ont pas à être en possession et n’ont pas à divulguer des SMS ou tout ce que vous voulez, alors que les avocats de DSK n’ont pas le moindre accès à la procédure, et que leur client pour le moment ne fait l’objet d’aucune convocation et ne bénéficie d’aucun statut destiné, en autres, à lui garantir son droit le plus élémentaire à se défendre..

    Commentaire par Véronique — 16/11/2011 @ 13:16

  27. Bonjour,

    Je suis journaliste et j’ai des sms d’Aliocha prouvant qu’elle participe à des orgies mondaines particulièrement dévergondées. De plus il paraîtrait que son couple est au bord de la rupture. Est-ce que je dois publier ces informations pour essayer de faire mon travail ?

    Commentaire par Albert L. — 16/11/2011 @ 16:05

  28. @Albert L. : si conformément à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, vous estimez qu’il est de l’intérêt du public d’être informé du contenu de ces sms, oui. Mais il vous faudra démontrer en quoi la blogueuse Aliocha a des responsabilités politiques ou autres justifiant cette publication, et en quoi ces sms sont d’un intérêt tel qu’ils justifient une atteinte à la vie privée au nom du droit à l’information. Bonne chance ! Si vous y arrivez, je vous inviterai à l’une de mes folles soirées, genre plan bouclage à deux heures du matin d’un papier incompréhensible sur les agences de notation 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/11/2011 @ 18:26

  29. @Chevalier Bayard, H. et DMB
    Merci d’avoir apporté des contributions qui font réfléchir.
    Je m’y plonge.

    @Albert L. je n’aime pas dire du mal des autres mais j’aime bien en entendre: vous pourriez pas m’en dire un peu plus sur les turpitudes de notre hôtesse? non? mais si mais si… allez, un bon mouvement.

    Commentaire par araok — 16/11/2011 @ 18:58

  30. @araok : allons, je suis bonne fille, ce soir je serai là : http://ec.europa.eu/internal_market/securities/transparency/index_fr.htm
    Le thermos de café est de rigueur, une tenue correcte n’est pas indispensable 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/11/2011 @ 19:03

  31. @H et Denis Monod-Broca

    Je comprends bien votre problématique de l’état panier percé qu’il faut supprimer car « lémarché y règlent tout et amènent le bonheur libéral ». Maintenant le monde libéral qui apporte bonheur et richesse, voila ce qu’il fait, en réel, derrière vos beaux discours

    http://www.bastamag.net/article1919.html

    Commentaire par herve_02 — 17/11/2011 @ 09:32

  32. L’affaire Woerth, l’affaire DSK ont en commun d’être des armes que les deux camps semblent avoir gardé au chaud en attendant le « bon » moment pour les sortir. Elles tombent ainsi au rang de moyen et discréditent la vérité qu’elles auraient pu nous dire sur notre monde tel qu’il va (même rejet instinctif de notre part si on pressent que la presse fait du fric avec ces affaires).
    Ces affaires ont aussi en commun de concerner des agissements connus et tolérés. Le tiers État sait que l’aristocratie joue selon d’autres règles, il ferme les yeux, il dit que c’est comme ça. Puis quand la presse publie les faits à la Une, il a honte, se met en rogne, il sort les fourches, il liquide le problème en se débarrassant de celui qui a été pris la main dans le sac.
    L’aristocratie nouvelle est un monde mystérieux que nous laissons prospérer, ailleurs, dans une Olympe à laquelle nous n’appartenons pas et dont nous parviennent quelques échos (grâce à Paris Match ..). Puis, un jour, on a honte de servir de pions dans ces guerres pour le pouvoir et on dénonce ce qui est devenu évident : les hommes politiques sont plus occupés à gagner leurs misérables guéguerres qu’à s’occuper du bien public et ultime étape de leur décomplexion, ils utilisent l’État (qui a en vue le bien du plus grand nombre) pour satisfaire leur sublime personne et son aspiration à appartenir à une sorte de monde supérieur, une aristocratie nouvelle vague (avec ses signes de puissance bien en évidence).

    Encore faut-il que nous nous hissions nous-mêmes, jusqu’à cette idée du bien public et délaissions notre modeste satisfaction. Cela n’est possible que le jour où le doute nous saisit : le monde est-il ce qu’on dit qu’il est (honnête et non faussé) ? Pour peu que nous pensions que tel chef de parti, actuellement à la barre, est en train de nous faire les poches pour remplir celles de ceux dont il va avoir besoin bientôt, qu’il en train de nous désigner comme les coupables pour échauffer ses troupes avant la grande bataille, qu’il dit à la télé qu’il est au service de l’État, alors qu’il met l’État à son service … alors la moutarde nous montera au nez et la vague venue de Tunisie nous portera et peu importera que le capitaine soit DSK ou Sarko, une fois sous les plumes et le goudron, on ne fera plus la différence !

    Bien sûr, le bien public, DSK, quand il passe son temps à courir derrière les jupons, il l’oublie. Mais nous pensons, qu’il a droit à une vie privée, qu’il n’est pas « tout le temps » au service du bien public, qu’il a ses moments à lui, son jardin secret, des envies qu’il satisfait dès qu’il en a le loisir.
    Bon, mais alors que lui reproche-t-on au juste ?
    De mélanger vie privée et vie publique. De contribuer ainsi à la perversion du système et à détruire la confiance que nous portons à l’État idéaliste (pensons à Rousseau et à son concept de corruption).
    Idem pour Woerth. Qu’il ait envie de grimper les échelons, qu’il se mette dans le sillage d’un tel pour profiter de sa puissance, ma foi ! Mais qu’il se serve de l’appareil d’État pour capter de l’argent en vue de financer le barnum électoral (où l’on voit se mêler, ici aussi, le public et le privé) sans que cela ne pose de problème, cela montre le degré d’hébétude auquel nous sommes parvenus (pensons à la phrase « les français sont des veaux » et à la passivité de toutes ces populations qui ont été massacrées au cours de l’histoire, à cette hébétude qui saisit ceux sur qui tombe brutalement la force pure et simple et décomplexée et qui ne peuvent croire que c’est possible, parce qu’impensable, parce que les gens y perdent leurs codes, leurs repères et ne savent pas réagir et qui se laissent faire).
    Décomplexées, les puissances qui jouent dans leur Olympe richissime se montrent pour ce qu’elles sont : elles ne veulent pas faire le bien à autrui. Elles se veulent elles-mêmes et en dehors d’elles rien.
    Les affaires sortent : cette mentalité du « tout est permis à ceux qui …. » apparaît et l’on se rend compte que de hauts personnages de l’État, sérieux et intègres, se servent (un peu) de l’État idéaliste à des fins personnelles (financer son élection, se payer en nature) et que beaucoup de choses fonctionnent ainsi selon des codes implicites, dans une sorte d’aristocratie imaginaire, invisible, en dehors du droit officiel qui se tricote et détricote pour régler le monde d’en bas et le plumer au passage, abrités derrière la presse partisane qui couvre son camp et menace le camp opposé de déclencher la guerre nucléaire, et bien au chaud aussi derrière des lois ad hoc, lois d’immunité et lois d’exception et autres secret-défense … c’est le règne de Janus : jeux décomplexés d’un côté, larmes de compassion, empathie et componction de l’autre.
    La com de DSK, de Woerth révèlent cette mentalité de duplicité absolue à l’oeuvre dans des systèmes de défense digne de nos cours de récréation, cousus de fil blanc, ridicules et prouvant la stupidité de ce milieu et sa naïveté où tout est fait pour maîtriser l’immaîtrisable, l’apparence : un mensonge en entraînant un autre, et pourquoi pas, comme dans les romans noirs, occasionnant un meurtre, disons un suicide, car si tout est permis, si la fin justifie les moyens, nous sommes au-delà du bien et du mal, du vrai et du faux.
    La presse doit mettre ses gros sabots dans le plat parce que le système judiciaire est HS. On doute, on se demande toujours si le proc qui vient de classer sans suite, ou alors qui vient de faire appel, n’est pas sur telle affaire, aux ordres. On se demande toujours, si le dessaisissement de tel juge n’est pas un coup de force pour étouffer la vérité. Le système judiciaire est hors jeu (sur ce type d’affaire) et d’ailleurs les politiques à la pointe de la modernité, ceux qui sont parvenus au comble de la désinvolture, nous annoncent avec de grands sourires sympathiques que tel parti est une meute qui chasse. Ce qui se passait, jadis, en coulisse, à l’insu de notre plein gré, avance de moins en moins masqué et fait chanceler notre idéalisme populaire. Certains amis du chef de meute trouvent qu’il va trop vite. Ils n’ont pas le temps de se remettre d’une iniquité, qu’il faut déjà passé à la suivante et ils se demandent, en se remplissant les poches, si ça se voit (ce qui leur reste d’humanité leur faire encore craindre le regard d’Abel).

    Commentaire par Bray-dunes — 17/11/2011 @ 09:59

  33. Eh bien Aliocha, vous allez donc nous expliquer quel est l’intérêt public de dévoiler, en violant la loi, la vie intime d’un homme politique dont la carrière est ruinée, finie. Certainement, ses parties de jambes en l’air ont un haut intérêt pour le bien public. D’ailleurs, même s’il n’était pas fini, il faudrait donc mettre la vie privée sur la place public et instaurer un tribunal de l’opinion public ? Quand aux possibles magouilles dans ces histoires, c’est à la justice de l’établir, ou bien justement des journalistes pourraient enquêter au leur de faire un copier/coller de messages coquins…

    Remarquons en passant que les journalistes se sont tus au sujet, non pas de la vie privée de DSK, mais de son comportement agressif à l’égard des femmes, quand DSK avait du pouvoir. Maintenant que la bête est à terre, nos courageux investigateurs essaient de faire leur travail….

    Comme ils essaient de faire leur travail en se taisant sur Karachi…

    Commentaire par Albert L. — 17/11/2011 @ 11:46

  34. @ Albert

    vous n’avez pas tord, dans le fond. Mais 2 points importants :

    – Ce n’est pas sur que le Priape soit fini (si on ne dévoile pas au grand jour ce qu’il est)
    – Cela donne aux journalistes le goût de la liberté, et _peut être_ que cela leur donnera envie de continuer sur certains politiques « droits dans leurs bottes » en apparence.

    Enfin, mais ce n’est que mon opinion qui n’a aucune valeur universelle. Être un personnage public, élu (ou désirant l’être), représentant la france, la « gouvernant » implique plus que juste « faire son travail » : un ouvrier fait juste son travail. Lorsque l’on veut décider pour les autres, les autres sont en droit d’attendre du décideur des qualités morales supérieures à la « masse ». Ainsi que monsieur Dupont (que je ne connais pas) fasse des parties fines avec des putes, ses filles(majeures) ou des animaux, cela ne me dérange pas, mais cela me dérangerait que monsieur Dupont soit maire de ma commune : ses aspirations érotiques, à mon avis, sont impossibles à concilier avec son travail de maire. Lorsqu’il prendra une décision, je serais toujours à me demander si cette décision n’a pas été aidée par une faveur sexuelle.

    Maintenant, j’ai peut être tord et le reste du monde pense le contraire, alors je serais le seul à voter contre et il sera élus quand même. Mais si la majorité pense comme moi il ne sera pas élu. Le truc, c’est de _savoir_ avant de voter pour qui on vote, ensuite chacun prend ses responsabilité.

    Commentaire par herve_02 — 17/11/2011 @ 18:40

  35. Bonsoir Aliocha,

    Philippe Bilger n’y va pas avec le dos de la petite cuillère, comme on dit, dans son dernier post (http://www.philippebilger.com/blog/2011/11/tous-au-r%C3%A2telier-bhl-.html). Je cite: « Pour ma part, je considère qu’une profession se déshonore quand elle laisse apparaître les grosses coutures de ses dépendances et de sa domestication intellectuelle. Les connivences, les complaisances sont là, éclatantes, et on devine que BHL tient avec une main de velours qui sait devenir de fer, sous son joug, aussi intelligent qu’il soit, l’ensemble de ses affidés structurels ou conjoncturels. »

    Malheureusement (et je suis sincère car si je me trouvais à votre place, je le vivrai très mal) pour vous, votre profession est atteint d’un mal profond. L’exemple suivant porte sur un sujet oh combien polémique mais l’ex-quotidien de référence n’en sort pas grandi: http://www.skyfall.fr/?p=912. Vos confrères étrangers s’en rendent compte (lisez le commentaire 13). Du coup, j’ai découvert ce site (qui vaut ce qui vaut): http://www.topjournaliste.com/classement.php?op=bests&sens=up&filtre=presse&crit0=0

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 17/11/2011 @ 18:42

  36. @ herve_02 : Cette argumentation, qui a été avancée souvent ces jours-ci, est intéressante, je ne peux le nier, et elle a d’ailleurs des racines profondes dans notre civilisation. Mais il y a plusieurs problèmes à mon sens. Principalement, cela revient à instaurer un ordre moral supérieur dont seraient quelque peu dispensés les autres citoyens (ils font juste leur travail). Or :

    – cela revient à vouloir une caste moralement supérieure seule légitime à gouverner ;
    – on peut se demander quelle serait la légitimité des électeurs à juger de la moralité privée des politiques, s’ils ne sont pas assujettis aux mêmes contraintes morales ;
    – même en entreprise et dans la vie de tous les jours, les faveurs sexuelles existent.

    Par conséquent, ou bien on s’applique à soi ce que l’on applique aux politiques, et donc tous les citoyens doivent aussi être jugés sur leur vie intime et pas seulement sur leur travail ; ou bien, on laisse cette vie intime de côté pour tous dès lors qu’aucune loi n’est violée.

    S’il doit y avoir une surveillance morale des responsables, de quelque niveau qu’ils soient, c’est donc plutôt dans la dénonciation de comportements illégaux, et par le recours à la justice. Si des comportements ne sont pas illégaux, mais lèsent des personnes (c’était le cas il n’y a pas si longtemps pour le harcèlement au travail), on en dénonce la nuisance et on fait évoluer les lois. Cela supposerait, il est vrai, des journalistes et une justice indépendantes… Mais on évite ainsi de transformer la société et les médias en tribunaux des bonnes mœurs.

    Commentaire par Albert L. — 17/11/2011 @ 18:58

  37. @H : ma profession ne va pas plus mal qu’une autre. C’est l’élite de ce pays qui débloque, dans toutes les catégories professionnelles. Le copinage est devenu la règle, il a pris le pas depuis longtemps sur la compétence. Que voulez-vous y faire ? Je rêverais que ça change, et pas seulement pour la poignée de journalistes en vue qui est dans le circuit, mais aussi en politique, dans le monde économique, le milieu universitaire etc. Observez donc BHL. Pourquoi réussit-il ? En raison de son génie philosophique ? Bien sûr que non. Parce qu’il est séduisant (au sens médiatique), riche et surtout incroyablement doué en matière de réseau. Plutôt que de mettre la presse en cause, il faudrait se demander s’il n’est pas une métaphore de notre société. Accessoirement,on voit bien que le personnage a rêvé sa vie comme un film, il est devenu le héros de sa propre saga et la presse suit. C’est détestable, vous avez raison de vous agacer, mais rappelez-vous que « la presse » en l’espèce, c’est 10 hommes clefs sur 38 000 journalistes, autrement dit l’élite en panne de valeurs que j’évoquais au début.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/11/2011 @ 19:07

  38. @Albert L. : Encore une fois, d’une part vous ne prenez pas le problème dans sa globalité, d’autre part vous ne tenez pas compte de la mise en balance des droits.
    – Les dossiers DSK dépassent de loin le simple terrain des bonnes moeurs. Nous avons eu un président du FMI et accessoirement candidat aux présidentielles, destitué en raison d’une plainte en justice pour viol. Puis un dossier ouvert en France pour abus sexuel. Puis nous avons une affaire de proxénétisme dans laquelle le même homme politique est cité. Dans ces conditions, les sms liés à cette affaire relèvent peut-être de la vie privée mais aussi de la vie politique française. Je connais d’autres affaires de moeurs concernant des politiques qui ne sortent pas, justement parce que ce sont de banales affaires de moeurs dont on considère qu’elles relèvent de la vie privée.
    – à partir du moment où cette vie privée affecte la vie publique d’un personnage ayant des responsabilités publiques, alors il existe un droit légitime d’information qui prend le pas sur le respect de la vie privée. C’est ça, la base du raisonnement de la Cour européenne des droits de l’homme. Le journalisme entre régulièrement en conflit avec d’autres droits, il s’agit toujours de les mettre en balance. Donc oui, il y a un problème de vie privée, mais concernant un homme politique dont la vie privée influe singulièrement sur la vie publique, et donc sur le sort de gens comme vous et moi. Quelle serait la politique du FMI s’il était encore en poste ? Par exemple il s’opposait à la taxe sur les transactions financières qu’une partie de l’Europe entend quand même mettre en place. Et que serait la campagne électorale actuelle s’il était le candidat PS à la place de Hollande ? Je vous laisse continuer à tirer le fil des hypothèses. C’est vertigineux, ce que la « vie privée » de DSK a comme implications sur la vie publique…

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/11/2011 @ 20:10

  39. – en prenant le problème dans sa globalité, vous jugez DSK a priori coupable dans cette troisième affaire et justifiez ainsi que l’on viole sa vie privée, ce qui est justifié par l’intérêt publique, etc. ; raisonnement circulaire et qui va à l’encontre de la présomption d’innocence de la DDH. En outre, vous êtes en train de nous dire qu’au fond le journaliste filtre les informations à communiquer au public, parce que lui il sait ce qui relève de l’intérêt général ; plus prosaïquement, cette affaire de sms était surtout du journalisme graveleux pour faire de l’audience.
    – au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, DSK a démissionné suite à une affaire de viol, pas pour une histoire privée sans intérêt.

    Commentaire par Albert L. — 17/11/2011 @ 20:43

  40. @Albert L. : Là vous pointez en revanche un vrai problème. Figurez-vous que je l’ai aperçu. Il me semble avoir montré sur ce blog que je ne l’ai jamais considéré comme coupable, la presse française non plus d’ailleurs, en tout cas au stade de la suite 2806. Mais il me semble aussi généralement admis aujourd’hui par tout le monde, y compris ses amis, qu’il a un problème. Un problème qui avait déjà surgi au FMI, puis qui a éclaté à New-York, qui a rebondi à Paris, délié des langues, et encore rebondi à Lille. L’auteur de sexus politicus a très bien expliqué un jour dans une émission qu’il n’avait pas évoqué, volontairement, dans son livre les questions d’adultères. Son critère pour parler ou non d’une affaire me paraissait très bien choisi : est-ce que les éléments que j’ai en mains rendent le politique sensible à une influence ou pas ? Autrement dit, est-ce que sa vie sexuelle a une incidence sur sa vie publique ? Il me semble assez évident que pour DSK, la réponse est oui. Rien qu’au stade de l’affaire du FMI, la réponse était déjà oui. Avoir une aventure dans le cadre du travail, quand on a en plus ces responsabilités, dans une instance anglo-saxonne, c’est du suicide. Dans les cabinets d’avocats américains à Paris, les collaborateurs signent une déclaration comme quoi ils s’engagent à ne pas harceler sexuellement leurs collègues ! C’est ça, la culture américaine, quand on représente la France, qu’on est aussi intelligent et brillant que l’est DSK, on ne touche pas à une collaboratrice dans ce type d’organisme. Faire le contraire, c’est du suicide. Accessoirement, c’est un manque de sens des responsabilités.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/11/2011 @ 21:30

  41. Bonsoir Aliocha,

    je profite de votre article sur DSK pour vous soumettre une question qui me turlupine. Le Monde vient de publier la recension d’un ouvrage d’un certain M Nabe qui aurait, semble-t-il, une certaine notoriété dans le microcosme intellectuello médiatique tout en étant, je pense, totalement inconnu du grand public. Si j’en crois mon quotidien préféré, la spécialité de cet auteur serait les romans érotico- antisémites, genre littéraire dont j’ignorais jusqu’à aujourd’hui l’existence.
    L’article du monde étrille ce roman, ce qui est la moindre des choses, mais – j’en arrive à ma question – Le Monde, quotidien dit de référence, est-il fondé à commenter, et donc à faire de la publicité à un auteur inconnu et détestable ?
    En d’autres termes : le monde ne cherche-t-il pas, en publiant un article de ce type sur un tel sujet, à faire du buzz et donc, à vendre de la pub ?

    Votre analyse de cet article m’intéresserait.

    Ignatus

    Commentaire par Olivier AGNUS — 17/11/2011 @ 22:09

  42. @Olivier Agnus : je suppose que vous parlez de cela : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/17/les-bienveillants_1604907_3260.html
    Etant une fan depuis la naissance (ou presque 😉 ) de l’émission Apostrophe, je connais Marc-Edouard Nabe qui n’est pas franchement un inconnu réservé à quelques initiés germano-pratins. Son côté provocateur m’amusait, j’aime les gens qui s’emploient à déplaire ça me délasse des autres – lourdement majoritaires – , cela étant, je n’ai jamais réussi à le lire. Vous noterez que cet article est une contribution extérieure (l’oeuvre d’un écrivain invité par la rédaction et non pas d’un journaliste). Il ne me choque pas, au contraire, il soulève de bonnes questions sur l’écosystème littéraire, dénonce l’enthousiasme d’une partie des médias soupçonné de snobisme, interroge sur le premier et le second degré, le tout sur une affaire d’actualité. Je trouve qu’il donne à réfléchir. Maintenant, ce n’est pas complètement « grand public » comme papier, on peut imaginer un brin de consanguinité germano-pratine, peut-être, mais bon. Les artistes sulfureux nous posent un vrai problème depuis qu’on a craché au siècle dernier, bien à tort, sur l’impressionnisme, aujourd’hui on se méfie, on craint de louper un génie simplement parce qu’il dérange, et donc on s’enthousiasme sur n’importe quelle merde (je ne dis pas que c’est le cas de Nabe, je ne l’ai pas lu). La publication de cet article traduit à mon avis cet embarras.

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/11/2011 @ 22:37

  43. Aliocha, votre réponse à Albert L en 41.

    Toujours est-il qu’en ce qui concerne le FMI, l’enquête a conclu qu’il n’y avait pas eu harcélement. Toujours est-il qu’à NY, le procureur Vance a considéré qu’il était dans l’incapacité de faire sien et de défendre le témoignage de ND . Toujours est-il qu’en France, le Parquet n’a pas donné suite à une plainte pour tentative de viol, et que la plaignante a renoncé à saisir par d’autres voies la justice, alors qu’à peine deux semaines avant, son avocat promettait en long et en large …la cour d’assises. Toujours est-il que pour Lille, DSK n’est toujours pas convoqué, par la police, et pour le moment judiciarement accusé de rien.

    Qui’est-ce qui empêchait la presse française de faire une enquête au moment de la parution de Sexus Policus ? Qu’est-ce qui l’empêchait de mener des investigations après le dîner télévisé de Paris Première ? Qu’est-ce qui empêchait alors le Parquet d’ouvrir une enquête prélimainaire suite à l’accusation publique et – télévisée – d’une tentative de viol ?

    Je pense que Fantômette résume très bien les choses (post 15):

    « J’ai plutôt l’impression que la Presse s’est – bien évidemment – tue tant que DSK était un puissant, et qu’elle se permet désormais d’aller fouiller ses poubelles, puisqu’il n’est plus qu’à peine un homme public. »

    Commentaire par Véronique — 18/11/2011 @ 07:14

  44. Je corrige:

    Qu’est-ce qui empêchait la presse française de faire une enquête au moment de la parution de Sexus politicus…

    Commentaire par Véronique — 18/11/2011 @ 07:16

  45. Véronique,
    comment expliquer ce que vous décrivez (la presse arrive trop tard, elle ne parvient à dire la vérité que quand les hommes sont à terre) ?
    D’abord, elle cherche du fric et n’importe quoi qui puisse attirer des lecteurs est le bienvenu.
    Ensuite, elle est partisane et courtisane : elle fait son triste office dans la conquête du pouvoir et sort des affaires pour discréditer le concurrent, elle montre au patron qu’elle est là et utile.
    Troisièmement, en supposant qu’il reste des journalistes (des juges, voir des procureurs) désireux de trouver la vérité, il est évident qu’il est plus facile de dire d’un homme à terre tout ce qu’on pense de lui que lorsqu’il est au comble de sa puissance. Être puissant, c’est précisément pouvoir fermer les bouches, les oreilles, les yeux et pouvoir sinon briser la liberté d’autrui, du moins tenter de le faire.
    Quatrièmement, la vérité en question est difficile à décrire : il ne s’agit pas simplement de SMS, mais d’interpréter ce qu’ils « révèlent » et là, les journalistes ont l’intuition que c’est « important » sans parvenir à le montrer et ils continuent de creuser à l’aveuglette.
    Il s’agit de sexualité : or, personne, à ce que je sache, ne sait ce que c’est au juste et personne n’est habilité à dire que telle, telle pratique est la bonne. Il y a seulement la liberté qui nous guide et qui nous amène, avec toute notre histoire, à dire qu’elle « doit » avoir lieu entre personnes consentantes (le droit précise les choses : pas d’inceste, pas avec des mineurs ..).
    DSK, on va supposer qu’il reste dans les clous. Pourquoi alors continuer à le pister sur ces traces là ?
    D’abord, on a affaire, chose rare, à un puissant affaibli et cela nous donne l’occasion, tant que la porte est entrebaillée et avant qu’elle ne se referme et que les traces ne disparaissent, de jeter un oeil sur un monde où d’habitude nous n’avons — c’est l’effet même de la puissance — pas accès (idem pour les écoutes du majordome qui ont cet effet sidérant sur nous, du fait qu’elles sont la vérité brute, in vivo, d’un monde « normalement » caché, sorte de trou de serrure sur la Cité Interdite).
    Ensuite, on a affaire à quelqu’un qui négocie avec les puissants de ce monde. C’est une lutte : toute faiblesse est exploitée. Donc, DSK devait être très puissant, pour s’autoriser des comportements susceptibles, s’ils étaient rendus public, de le faire tomber, sinon pénalement, du moins moralement. Donc, on « doit » se demander comment une telle chose a été possible (quid de sa puissance ?).
    Enfin, imaginons-le président et imaginons comment un président peut s’y prendre pour satisfaire une addiction ; une seule réponse tombe avec l’implacabilité de la logique : en mentant. Et c’est ainsi que l’État se corrompt, par le mensonge servant à couvrir le mensonge … pour maintenir hors champ l’addiction du président à telle telle chose. Et cela suffit, il me semble, sans même juger en terme pénal ou moral, à nous interroger sur le problème de la corruption d’un État. Problème qui nous touche en tant que citoyens, responsables de la Cité.

    Commentaire par Bray-dunes — 18/11/2011 @ 08:56

  46. Bonjour Aliocha,

    L’article du Monde intitulé « Les bienveillants » par l’écrivain Marc Weitzmann renvoi curieusement, par mimétisme, au titre du roman de Jonathan Littell  » Les Bienveillantes » qui désigne par antiphrase les Euménides, le nom qu’Eschyle donne aux Erinyes, déesses vengeresses, dans la dernière de ses tragédies L’Orestie.

    Les bienveillants agiraient-ils alors comme les « démons intérieurs vengeurs » de l’auteur attiré par une quête obsessionnelle de la fascination du pire et de l’indicible ?

    Comme le héros du roman de Jonathan Littell qui se met à la place d’un bourreau, Nabe se met à la place de DSK dans son roman « L’Enculé ».

    DSK bourreau ou bourrin du sexe ?

    Cette technique narrative dit M. Weitzmann je cite : « permet surtout à Nabe de déployer un texte qui, au bout du compte, ne peut être lu autrement que comme un pamphlet antisémite et obscène entièrement dirigé contre Anne Sinclair ».

    Nous y voilà ! Vieux démons obsessionnels et relents nauséeux ? Pas étonnant ! Chez Nabe c’est son fonds de commerce !

    Dans son  » Dictionnaire égoïste de la littérature française » Charles Dantzig dit au mot personnalité : « Ce qui nous rapproche ou nous éloigne d’un écrivain ne sont pas ses idées, mais sa personnalité. Et nous n’y pouvons rien. De tel qui m’irrite, j’ai beau me dire : oui, mais il a du talent, eh bien, je ne peux quand même pas le lire.  »

    Nabe prétend s’inscrire dans la plus pure tradition littéraire française des auteurs maudits : Léon Bloy, Baudelaire, Rimbaud, Rebatet, Céline…

    Il arrive aussi que ce qui nous éloigne des écrivains se sont leurs idées et leurs personnalités !

    Pourtant, dans « L’âme de Billie Holiday » – Denoêl 1986 – qui n’est pas une biographie, Alain Zannini (Nabe), fils de Marcel, défend avec un sacré talent la détresse, les douleurs et le chant de Billie Holiday et parvient à faire revivre la vie et l’œuvre de cette diva du jazz par des formules chocs !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 18/11/2011 @ 09:37

  47. « Enfin, imaginons-le président et imaginons comment un président peut s’y prendre pour satisfaire une addiction ; une seule réponse tombe avec l’implacabilité de la logique : en mentant. »

    On la cherche en vain, la logique implacable de cette phrase.

    Commentaire par Oscar — 18/11/2011 @ 12:40

  48. @Oscar : à première vue oui. Mais j’ai lu Bray-Dunes en songeant intérieurement qu’il plaquait un raisonnement à l’américaine sur un cas français. C’est l’affaire Monica Lewinsky qu’on devine en filigrane. Pour les américains, le problème n’était pas que Clinton se fasse offrir des gâteries par une stagiaire, le problème, c’est qu’il ait commencé par mentir quand on l’a interrogé sur ce sujet. Je crois que ce que veut dire ici Bray-Dunes, c’est que pour le livrer à une addiction peu avouable quand on est marié, il faut dissimuler, mentir. Et c’est ça qui le dérange.

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/11/2011 @ 13:36

  49. Oscar, et en complément à ce que dit Aliocha.
    La logique pour dire ici, un quasi déterminisme dans l’enchaînement des faits. Quels sont les faits ?
    1- D’abord, une addiction qui est une compulsion, une chose que l’on ne peut pas ne pas faire, qui s’impose à nous avec une nécessité quasi structurelle, quasi « onto-logique » (même si l’on est sartrien et que l’on dise que jusqu’au bout du bout on reste libre de choisir).
    2- Ensuite, une responsabilité qui engage la vie d’autrui (comme un pilote d’avion, ou un chirurgien).
    3- Nous sommes tous à reconnaître une incompatibilité entre les deux faits. On ne confie pas ses enfants à un pilote d’avion dont on sait qu’à tout moment il peut être pris d’une envie irrépressible de faire telle chose, de se shooter à ceci ou à cela.
    4- si le mot « incompatible » a un sens, c’est bien celui d’exclure a priori un fait d’un autre. En termes clairs, nous ne nous demandons pas qui est le pilote en question, nous raisonnons a priori pour dire niet.
    5- donc, si tout ce qui précède se tient logiquement, alors si notre président est addict à ceci ou à cela, il lui faut le cacher, car il ne faut pas que ça se sache. Si ça se sait, il cesse d’être crédible en tant que capitaine, même si ce n’est que d’un pédalo. Tout cela est a priori, que le président soit un tel ou un tel, qu’il se shoote à ceci ou à cela.
    6- le cas d’un président dépasse celui d’un pilote. On peut penser qu’un pilote va confier le manche à son copilote pendant qu’il va se shooter et que ma foi .. Un président qui se shoote, on peut de la même façon, penser qu’avec un bon entourage, ça devrait pouvoir ne pas avoir de conséquences. Seulement voilà, on ne peut pas le dire aux citoyens : ça c’est impossible. Donc, il faut mentir et c’est là, où Aliocha voit juste : le problème est là, dans cette rupture souterraine qu’un mensonge fait pour protéger l’autorité des gouvernants (même très compétents) déclenche dans une société démocratique.
    7- le problème que les américains n’ont pas perdu de vue et qui leur sert de cadre éthique et politique, c’est celui de la vérité. Prenons l’exemple de Mitterand qui veut cacher l’existence de sa fille et voyons les dégâts que ce mensonge a occasionné, non seulement pour lui, pour sa fille, pour sa femme, pour son autre femme, mais aussi pour toutes les personnes qui savaient et qui devaient en permanence se surveillaient pour ne pas se couper, mais aussi pour le PS et pour la droite et pour la presse qui devait mentir par omission, qui devait mentir pour expliquer tel fait directement lié à l’existence de cette fille par un autre, puis par un autre et ainsi à l’infini, d’un mensonge qui fait tache d’huile dans la société entière au point de créer une paranoïa collective où les services secrets écoutaient des milliers de personnes …etc…
    7- ne pressent-on pas dans cette « corruption » d’une société, la structure d’une dictature se mettre souterrainement en place ? Une dictature, n’est-ce pas précisément une structure de pouvoir cachée et surcachée à l’infini par une chape de plomb ?

    Commentaire par Bray-dunes — 18/11/2011 @ 15:59

  50. Aliocha (à propos du cas BHL) : « C’est détestable, vous avez raison de vous agacer, mais rappelez-vous que « la presse » en l’espèce, c’est 10 hommes clefs sur 38 000 journalistes, autrement dit l’élite en panne de valeurs que j’évoquais au début ».
    Mais alors, c’est pas la peine de pondre un code de déontologie supplémentaire, si le problème, c’est la place des chefs éditocrates.

    Commentaire par Gilbert — 19/11/2011 @ 02:29

  51. @Gilbert

    En france quand il y a un soucis, on pond un truc qui s’appliquera (emmerdera) la masse en _espérant_ que les puissants à l’origine du soucis voudront bien s’y conformer.
    L’espoir fait vivre parait-il, de ce que je peux en voir, il fait surtout crever en silence, comme des lemmings

    Commentaire par herve_02 — 19/11/2011 @ 10:16

  52. @ Bray-dunes : donc il ne s’agit pas de logique… Par ailleurs il n’y a là aucun déterminisme (thèse métaphysique sur ce qui est), mais des combinaisons sociales très variables, ce qui se voit au fait que vous êtes obligé de préciser les cas de cette supposée inévitabilité.

    Car il se trouve que le mot addiction a un sens très large, et il y a des addictions inoffensives. Donc tout votre propos aurait pu être plus simplement formulé : on n’avoue pas l’inavouable… Ce qui n’est qu’une vraie et triviale observation.

    Commentaire par Oscar — 19/11/2011 @ 11:58

  53. Oscar,
    pour m’excuser de mal employer les mots, je dirais comme les enfants que c’est pas de ma faute, que je ne suis pas un pro, que je n’ai pour tout bagage que quelques auteurs que je relis avec plaisir, à mes heures perdues.
    Sur le mot ‘logique’, je vais essayer de vous dire ce qu’ils m’ont appris.
    La phrase « cet objet que je montre est jaune, donc il n’est pas bleu » est une vérité évidente. Or, certains peuples qui n’ont qu’un mot pour le jaune et le bleu ne la reconnaissent pas pour une vérité. Donc, c’est une vérité tirée de notre expérience particulière. Mais dites moi, une vérité tirée de l’expérience, peut être fausse : si je dis : « mon stylo est dans le tiroir », je conviendrai sans difficulté qu’il n’y soit pas, que ma phrase peut être fausse. Or, remarquez bien que ce n’est pas le cas lorsque je dis « cet objet que je montre est jaune, donc il n’est pas bleu » : cette phrase ne peut pas être rendue fausse, ou alors c’est que je deviens fou.
    Donc, il faut distinguer deux logiques, l’une à laquelle vous vous référez, qui dicte la forme valide des enchaînements de phrases, l’autre que, avec Kant, on peut nommer logique transcendantale. Cette logique ne porte pas sur la formation correcte des phrases, mais sur les phénomènes, sur l’expérience qu’elle détermine « a priori ». Voilà le difficile sur lequel vous semblez buter : quid de cette logique qui détermine notre manière de voir les couleurs, par exemple. Où se situe cet « a priori » ?
    Et bien on peut le situer dans la structure de la pensée (comme Kant) mais on se heurte au fait que les cultures, les langues ne sont pas superposables. Donc, si l’on veut maintenir ce niveau logique, il faut le situer dans la culture et dans la manière dont chacune d’elles prend en compte le réel.
    Je reviens à ce qui était la phrase non logique que je qualifiais de logique : « je ne confie pas la vie de mes enfants à un pilote alcoolique » qui me semble fonctionner comme une vérité absolue, comme un socle, valable universellement, pour autant que nous baignons dans la même culture (dans une autre elle n’est pas vraie : on confie au contraire ses enfants à un shaman shooté aux hallucinogènes).
    On peut empiriquement confier ses enfants à un pilote alcoolique (rien d’impossible au sens matériel), mais on ne le fait pas (parce qu’en nous, ça fait tilt, c’est impossible, autant être fou, à rapprocher d’ Antigone).
    Idem, on ne confie pas un État à un alcoolique, donc si quelqu’un veut être président, il doit le cacher.
    Notez, comme le fait remarquer Aliocha, que l’intéressant n’est pas au niveau de la logique, mais au niveau du mensonge que cela « implique » avec une implacabilité quasi mathématique (aussi sûr que 2+2=4, si vous n’êtes pas sûr de ça, alors de quoi êtes vous sûr, si vous avez besoin de comptez avec vos doigts pour vérifier, quel âge avez-vous ? voyez ça avec Wittgenstein).
    Donc, pour revenir au sujet, quid du PS, quid de notre société, pour nous avoir, à l’avance, a priori, condamner au mensonge ?

    Commentaire par Bray-dunes — 19/11/2011 @ 14:35

  54. À un enfant qui demande ce que veut dire le mot « inavouable » on lui dit, comme vous le faites, Oscar, que « inavouable veut dire qu’on ne peut pas avouer une chose ». Ce faisant on a définit un mot, ce qui n’a rien d’une observation ni vraie ni triviale. La preuve, c’est que l’enfant demande : c’est quoi avouer ? Nous sommes passés simplement d’un mot à un autre sans avoir rencontré chez cet enfant une expérience. On essaie donc de lui expliquer le mot ‘avouer’ en cherchant à évoquer pour lui une expérience. « C’est quand tu dis une chose que tu ne voulais ne pas dire ».
    Là, il comprend ce qu’on lui dit, et ce faisant on touche des pensées qui le font parler. Il demande inquiet « pourquoi ? il faut que je la dise ? ». Donc, cet enfant cache une chose, il ne veut pas la dire et il y a forcément une raison pour qu’il ne veuille pas la dire, pour qu’il soit obligé de la retenir, pour l’empêcher d’aller jusqu’à autrui, pour qu’il pense ainsi que autrui ne doit pas savoir ça. Est-ce un secret ou un mensonge ? Dans les deux cas on utilise le mot avouer. Mais la raison qui commande de ne pas le dire est dans un cas une transgression (de la loi morale (tu ne dois pas mentir)) et dans l’autre une raison subjective, imaginaire (mon jardin secret, mon journal intime). Est-ce que cet enfant ment ? Mais sait-il ce que c’est que mentir ? Oui, mentir, c’est ne pas dire ce que je devrais dire. Voilà, cet enfant a la notion du devoir. Certaines choses ne doivent pas être faites, elles sont interdites, comme mentir. Et l’enfant ne va pas demander pourquoi. Il l’a appris avec notre façon d’être, il l’a gobée avec le système. Et s’il demande « pourquoi on ne doit pas mentir », alors, c’est qu’il ne l’a pas gobée, c’est qu’il est à la recherche d’un appui, d’un interdit, invisible, non dit, au coeur du système, de ce que c’est qu’être. Et aucune de nos laborieuses réponses ne lui conviendra, l’interdit lui manque, nous ne lui avons pas refiler et nous n’en avons pas à volonté : il n’y a pas de réponse possible, c’est une limite du langage.
    Il touche une limite du langage et nous ne savons que répondre. Il y a des vérités dans notre culture qui sont des phrases empiriques comme « deux et deux font quatre » dont nous ne doutons pas, que nous ne vérifions pas et qui vont nous servir de point d’appui absolument certains. Imaginez quelqu’un qui compterait pour vérifier si c’est vrai est impossible, sauf à imaginez ainsi un fou. Par contre, rien n’empêche, a priori, d’autres cultures de les maintenir dans le domaine du possible (deux et deux ne font pas nécessairement 4, ils peuvent faire 5 si le dieu le veut ainsi et je dois sans cesse recompter pour voir si c’est encore vrai).
    Autre exemple, pour nous, les objets ne disparaissent pas par enchantement …etc.
    Le mensonge est une vilaine chose, ou bien, il faut obéir à son papa. Voilà des phrases dont nous serions bien en peine de les expliquer à nos enfants si l’envie les prenait d’en savoir un peu plus. Heureusement, les enfants avalent ce genre de vérité sans rien dire, comme des évidences, parce qu’ils nous imitent. C’est le fondement de notre autorité (quand elle a à se faire voir, elle n’existe plus, elle est provoquée, l’interdit ne fonctionne pas). Ce que nous disons et ce que nous faisons tisse un système de phrases qui détermine la manière de s’y prendre avec les choses et d’en parler et lorsque nous disons « c’est comme ça qu’on s’y prend », pour nos enfants il n’y a pas de doute (il n’y a pas de dieu trompeur), c’est comme ça et ils font comme nous et ça marche !
    Notre société rejette le mensonge (on peut imaginer une société où c’est le sport national, comme en Crête). On peut aussi essayer, si on est courageux, de reconstruire le système qui chez nous produit cette phrase « fonctionnant » comme un interdit . En particulier on peut le lier au « concept » de démocratie : le peuple décide en dernier ressort, il doit donc avoir, tel un juge en son âme et conscience, les moyens de juger, il doit donc savoir la vérité autant que faire se peut, le gouvernement ne doit en aucune façon lui mentir sous peine de faire s’écrouler le système et transformer la démocratie en dieu sait quoi.
    Donc, dans une démocratie, il est interdit à un président de mentir à son peuple. S’il fait une chose interdite, il doit l’avouer car le peuple doit savoir, impérativement.
    Or, en France, le mensonge est toléré. On préfère ne pas savoir, plutôt que de reconnaître que DSK se shoote comme ci et SRK se shoote comme ça.
    Conclusion purement logique (c-à-d au vu du système que je viens d’ ânonner et qui est sans doute délirant et sans rapport avec le réel) : la France n’est pas une démocratie.
    On peut voir la vitalité d’une société comme celle des USA, comme une conséquence de leur exigence quant à la vérité, alors que notre société traîne un boulet (des tonnes d’emprunts) à son pied droit et un autre (des tonnes de mensonge) à son pied gauche (et réciproquement).

    Commentaire par Bray-dunes — 19/11/2011 @ 23:36

  55. Pas de leçon et je n’ai pas parlé de « la profession d’avocat », ce grand pavillon dans lequel y a rien de comparable entre Clifford Chance et l’avocat individuel de Paris ou de Bayonne, entre Clifford Chance et Fidal. J’ai parlé de l’explosion du contentieux déontologique des avocats et du fait que le marketing des cabinets ne se fait pas dans des espaces publicitaires des revues juridiques. C’est vérifiable!

    Commentaire par Laurent Picq — 20/11/2011 @ 00:14

  56. @ Bray-dunes : ….

    La défense choubaka n’est guère efficace.

    Commentaire par Oscar — 20/11/2011 @ 11:15

  57. Oscar,
    Vous semblez avoir compris où je me trompe. Soyez charitable et expliquez-moi clairement et distinctement le fond de votre pensée.

    Commentaire par Bray-dunes — 20/11/2011 @ 14:01

  58. Oscar, c’est 6 h ça va sonner la fin de la récré il faut que je retourne au boulot pour quelques jours c’est dommage que tu ne m’aies pas répondu c’est toujours comme ça je me fais des copains et ils ne parlent pas la langue il faut que je leur explique les mots et les virgules et en remerciement ils traitent ma mère de Choubaza quelque chose comme ça et après ils se cachent pour m’attaquer ignominieusement que je ne leur ai rien fait mais je dirai à madame aliocha que tu n’as fait qu’à m’embêter que tu comprends rien à ce qu’on te dit et que tu accuses toujours les autres que c’est de leur faute si tu comprends rien.

    Commentaire par Bray-dunes — 20/11/2011 @ 17:48

  59. Quand dit-on d’une inférence qu’elle est logique ? On le dit pour dire qu’elle est « seulement » logique. On explique ainsi que l’on n’a pas de preuves empiriques sur lesquelles s’appuyer pour transformer l’inférence seulement pensée en un savoir certain.
    Qu’une inférence soit seulement logique suppose qu’elle respecte seulement les principes que la culture considère comme évidents, principes a priori, valables éternellement et sur lesquels on peut s’appuyer aveuglément en toutes circonstances, quels que soient le lieu et le jour, sans avoir à les vérifier empiriquement (comme 2+2=4)
    Si quelqu’un, comme Oscar, dit : non, ce n’est pas logique, que veut-il dire ?
    De deux choses l’une,
    ou bien il est allé en fac de philo et a appris à restreindre l’usage du mot ‘logique’ de telle sorte que par une sorte de réflexe de maître d’école, il corrige l’usage ordinaire de ce mot qu’il tient, sans réflexion, pour fautif, ou bien …, il peut aussi avoir raison et avoir entendu le mot logique, là où il n’a pas sa place, dans le langage ordinaire. Seul l’examen du raisonnement prétendument logique peut en décider. Voyons donc.
    Il est dit :
    « comment un président peut s’y prendre pour satisfaire une addiction ; une seule réponse tombe avec l’implacabilité de la logique : en mentant ».
    Phrase 1 : X est un président
    Phrase 2 : tout président qui a une addiction doit mentir
    Phrase 3 : donc X va mentir
    Ce que Oscar conteste, c’est la phrase 2. Est-ce oui ou non une vérité générale d’où l’on puisse tirer par inférence, logiquement donc, de façon a priori, sans avoir à aller vérifier, la phrase 3 ? Peut-on la contester, elle, en tant que vérité générale (comme 2+2=4) ?
    Voilà le problème posé. Tentons d’y répondre.
    Il y a ce que monsieur tout le monde pense et ce qu’une élite ajoute à ce savoir commun, du fait de ses études et du fait d’un souci de se distinguer.
    La question est de savoir si dans notre manière de penser ancrée dans le langage et dans la culture (l’Autre qui nous précède et nous détermine) ne comporte pas cette vérité : un chef doit être irréprochable.
    L’Occident, tourne autour de ces phrases générales et s’efforce d’en déterminer la nature.
    L’idéalisme en trouve la source dans les idées qu’elles soient innées, qu’elles soient données par la grâce divine, qu’elles aient été vues dans une Autre vie, qu’elles soient dans la forme des choses dont nous pouvons les tirer par comparaison.
    Le scepticisme démontre que ces vérités ne sont que des soi-disant vérités : ce sont des généralités qui « fonctionnent » comme des points d’appui et ne peuvent avoir une « autre » nature (principe d’Occam).
    Donc, d’Oscar, qui n’est pas du côté d’Occam, conteste la pertinence de l’inférence :
    – soit il conteste que dans notre culture, la morale sous-jacente( le surmoi comme disent les psy, ou la loi morale comme la pointe kant), exige, commande, impose, implique que nous ne cédions pas à nos penchants naturels, à nos inclinations spontanées et que les chefs n’y peuvent échapper. Auquel cas, DSK doit faire croire à ceux qui vont le choisir qu’il est dans les clous, or comme il n’en est rien, il doit « donc » logiquement mentir.
    – soit il se réfère à autre chose que la doxa et dans ce cas c’est typiquement une réaction élitiste (se distinguer en croyant être fait d’un autre bois que la populace qui croit encore à ces âneries alors que la « vraie » morale est ailleurs (mais où ? ailleurs vous-dis-je, au large coquin!), éthique dont tout le monde se réclame et que l’on ne trouve nulle part (et pour cause), éthique donc qui rend caduque le raisonnement qui s’appuie sur ces âneries d’un autre âge, barbares, qui osent encore se défendre, sans beaucoup d’efficacité : quelle présomption, quelle arrogance, quelle superbe, quelle supériorité définitive viennent émerger dans ce verdict sans appel : « défense inaudible et guère efficace »)

    Commentaire par Bray-dunes — 24/11/2011 @ 11:06

  60. Très cher Aliocha, je trouve que vous exagérez un peu.
    Je suis pour ma part assez choqué par le traitement dont Monsieur DSK fait l’objet dans la presse. Mais non parce que les journalistes semblent être ravis d’avoir mis la main sur un libertin indéniablement avérés parmi nos hommes politiques — DSK est un personnage public, il devait bien se douter que se libertinage finirait par se savoir (et j’ajouterai que je ne trouve rien de répréhensible à cela dès lors que les conjoints sont d’accord) — mais parce que son nom est systématiquement cité dans l’affaire du Carlton de Lille au point que, si je m’appuie uniquement sur les articles lus dans la presse (Le Monde et libé en tête), j’ai toutes les raisons de croire que cette affaire est une nouvelle mise en accusation de DSK. Or il n’en est absolument rien. Tellement rien qu’il n’a même pas été auditionné par la police alors qu’il a demandé à l’être.

    Trouvez-vous cela normal?

    Pour ma part, j’avais retenu que c’est contre cette association systématique de son nom à une affaire qui ne le concerne pas (dans le pire des cas, il serait client, ce qui ferait de lui un témoin potentiel) que ses avocats se sont élevés, d’où la mise en cause d’Henri Guaino pour ses propos sur l’irruption de Dodo la Saumure dans la campagne présidentielle.

    Commentaire par shanar — 02/12/2011 @ 00:59


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