La Plume d'Aliocha

01/11/2011

A quand les prisons à cons ?

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 14:22

Fichtre, voici que la charmante association « Osez le féminisme » qui est à l’origine de l’élégante campagne« Osez le Clito » décidé de saisir le CSA. Il faut dire que les faits sont particulièrement graves. Eh oui, Ivan Levaï ce très grand journaliste, accessoirement ancien mari d’Anne Sinclair, pense qu’un viol suppose forcément la contrainte d’une arme. Pire, il le dit dans les médias ! Je me demande au fond si ça ne mériterait pas la Cour pénale internationale un truc pareil, mais bon, elles ont bien dû y penser les copines d’Osez le féminisme, si elles ne l’ont pas fait c’est qu’elles ont leurs raisons. N’empêche, les femmes représentent 50% de la population, donc si on les insulte, on n’est pas loin du crime contre l’humanité, non ? Allons, je plaisante. Au passage, je me demande pourquoi elles s’emparent du sujet comme s’il relevait exclusivement de la condition de la femme alors que, sauf erreur de ma part, il existe aussi des hommes et des enfants violés. Et des femmes qui violent…mais chut, c’est l’ultime tabou ça, faut pas le dire.

Toujours est-il que cette action montre une fois de plus qu’on n’a plus le droit d’exprimer une pensée inaboutie, contestable ou encore empreinte de franche mauvaise foi. Parce qu’il n’a pas bien réfléchi Ivan Levaï pour dire une chose pareille, son affection pour le couple DSK l’a emporté sur sa raison. On dirait une mauvaise plaidoirie d’un avocat débutant pour un délinquant routier : « mais enfin Monsieur le Président, mon client ne peut pas être poursuivi pour conduite en état d’ivresse puisqu’on n’a retrouvé aucune bouteille d’alcool dans sa voiture. L’ivresse au volant, cela suppose de boire en conduisant ! ». (Et hop, de l’art de se mettre au passage le Barreau à dos !)

La prise de parole en public est de plus en plus surveillée, maitrisée, justement parce qu’on sait désormais que le moindre mot de travers peut déclencher un ouragan. Plus on cèdera à la tentation de ce type de contestations officielles avec saisine, au choix, d’une autorité administrative (ici le CSA) ou de la justice, fut-ce au nom d’un-changement-nécessaire-des-mentalités-qui-passe-forcément-par-les-médias (sous-entendu, le public est arriéré, il faut l’éduquer sans relâche, ce qui reste à démontrer), plus on s’acheminera vers des discours lénifiants, des mots vides de sens, des déclarations timorées, bref de la langue de bois en barre et à haute dose. Et croyez-moi, les premiers qui se tairont  ne seront pas les imbéciles, les racistes, les machos et autre nuisibles cathodiques, mais les plus intelligents qui, bien conscients de ne pas maîtriser forcément dans le détail le code pléthorique et changeant de la communication-acceptable-qui-ne-dérange-absolument-personne, s’en tiendront à de très consensuelles banalités, voire renonceront à s’exprimer en public. Vous vous demandez pourquoi on voit toujours les mêmes dans les médias ? En partie parce que tout le monde n’est pas prêt à risquer d’agiter une bande d’énervés juste pour causer dans le micro ou avoir son nom dans le journal.  Seuls les egos les plus résistants peuvent se frotter sans danger à cet exercice de plus en plus périlleux, et ils n’appartiennent pas forcément aux individus les plus brillants…

Alors bon sang, laissons Ivan Levaï montrer l’étendue infinie de son ignorance sur le crime de viol. La seule punition admissible, sans effet secondaire, c’est la contradiction. Le reste est infiniment dangereux. La loi prévoit déjà de réprimer les dérapages vraiment graves, à quoi bon en rajouter ? D’ailleurs, je m’étonne de voir Philippe Bilger appuyer cette saisine du CSA, lui qui habituellement défend la liberté d’expression envers et contre tout…Une liberté qui ne se réduit pas au seul droit de dire des choses intelligentes, que je sache. Et c’est heureux car je ne vois pas très bien qui pourrait encore s’exprimer dans ce cas. Même la science, que l’on porte aux nues, se bâtit sur ses erreurs, de sorte que ce qui est vrai aujourd’hui sera faux demain. Si on ne redresse pas la barre rapidement, je vous promets que je m’y mets,  moi aussi, à empêcher les autres de dire des choses que je juge stupides. Et je commencerai par attaquer Osez le féminisme pour sa campagne Osez le Clito que je trouve parfaitement idiote, insultante pour l’image que  je me fais de la femme,  et accessoirement obscène. C’est dit.

Publicités

59 commentaires »

  1. j’approuve et je partage …merci ppur ce billet

    Commentaire par houet — 01/11/2011 @ 14:51

  2. « Même la science, que l’on porte aux nues, se bâtit sur ses erreurs, de sorte que ce qui est vrai aujourd’hui sera faux demain. »

    Mmmh. Vous pensez à quoi ?

    Commentaire par DM — 01/11/2011 @ 15:16

  3. La démocratie, c’est le système dans lequel on a le droit d’être con.

    Ivan Levaï a été remarquablement con sur ce coup-là. Bon nombre de gens, s’exprimant sur l’affaire DSK, l’ont été aussi (perso, je trouve que la palme revient à Jean-François Kahn). Cela justifie qu’on les couvre d’invectives. Pas qu’on en appelle au bras séculier ou à je ne sais quelle autorité qu’on chargerait ainsi de réguler l’expression des opinions.

    Quant au billet de Philippe Bilger, il m’a un peu surpris. Il en ressort une animosité certaine à l’égard d’Ivan Levaï, qui peut avoir obscurci son jugement, habituellement plus pondéré.

    Commentaire par Gwynfrid — 01/11/2011 @ 15:29

  4. @DM : je pense à un remarquable cours de philosophie du droit sur droit et histoire, où mon professeur expliquait que la justice ne pouvait se permettre de trancher des questions scientifiques. Vous savez pourquoi ? Parce qu’un jugement une fois définitif ne peut plus être remis en cause. En l’espèce, il s’agissait d’une querelle sur le vrai inventeur de la radio. La justice ne pouvait pas la trancher, elle devait laisser les historiens faire leur travail et éventuellement corriger eux-mêmes leurs erreurs. Indépendamment de ce cas précis, voyez comme la science se remet en cause régulièrement elle-même, et c’est heureux. Une nouvelle découverte vient corriger les conclusions tirées d’une précédente, c’est ce que j’appelle (et ce n’est pas de moi d’ailleurs), se construire sur ses erreurs.

    @Gwinfrid : Philippe Bilger a un faible évident – et tout à fait louable – pour les femmes 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 15:41

  5. @laplumedaliocha: Je déteste les questions d’histoire des technologies ou des sciences du type « le véritable inventeur de XXX », car une telle question est le plus souvent mal posée (au sens qu’elle contient des termes imprécis, que l’on peut interpréter dans le sens qui arrange chacun). Par exemple, qui est le véritable inventeur de l’avion ? Tout dépend de ce que l’on appelle un avion : s’il faut que l’engin ait été construit ou seulement été projeté sur papier, qu’il ait franchi 10m, 100m, 1km en volant… C’est ainsi qu’en France on cite Clément Ader, jamais mentionné aux États-Unis. Je pensais que vous pensiez plutôt à Kuhn.

    Sinon, je vous rejoins sur votre analyse. Il vaut mieux que l’on puisse formuler des analyses bâclées et mal formulées plutôt que de devoir tout cacher sous des euphémismes et de la langue de bois.

    Une petite anecdote : on m’a dit que certaines commissions administratives ne rédigent plus leurs rapports écrits qu’en utilisant quelques formules-types brèves et sans grande information transmise ; le vrai rapport se fait à l’oral. La raison est qu’il est possible de réclamer le rapport écrit et que le moindre écart de langage ou jugement mal exprimé serait éventuellement source de recours.

    Commentaire par DM — 01/11/2011 @ 17:02

  6. Quelques extraits de l’article de Charb, dans:

    http://www.charliehebdo.fr/les-nouvelles-du-jour.html

    Ivan Levaï a été un journaliste. Pas vraiment reporter de terrain, plutôt reporter de rince doigts. Ivan Levaï n’hésitait pas à se mouiller. Pour obtenir des informations, il était souvent amené à dîner avec les puissants. A l’issue d’un repas bien arrosé, les puissants lui caressaient la tête et lui grattaient le dos. Ivan Levaï repartait alors, persuadé que la douce sensation qui l’envahissait était celle du devoir accompli. Ivan Levaï qui est retraité continue sur France Inter de faire ce qu’il a fait de mieux au cours de sa carrière : lire en diagonale des articles écrits par d’autres. Une revue de presse, ça s’appelle. France Inter accompagne les journalistes en fin de vie, c’est tout à son honneur.

    Levaï se vante d’avoir réclamé et obtenu une audience à Sarkozy pour lui demander de sortir son ami de prison. Comment ça s’appelle un journaliste qui se sert de son statut de journaliste pour obtenir d’un Président de la République qu’il intervienne en faveur d’un ami accusé de viol à l’étranger? Il y a un mot, non? Je ne trouve pas… Appelons ça un Levaï.

    Seules les brutes qui manient le couteau et le flingue peuvent violer. Pour Levaï l’autorité, le pouvoir ne ferait donc pas partie de la panoplie du violeur. Levaï, lui, ne s’est jamais fait violé par quelqu’un qui détenait le pouvoir, il a toujours été consentant. Soit.
    On pourrait passer du temps à éponger les ignobles conneries qui ont suinté de l’inconscient de Levaï à propos du viol, à propos des femmes. Juste une, alors, une énorme : dans l’Express Levaï affirme que DSK a été guillotiné «et guillotiné sèchement!». «Robert Badinter me racontait, il y a peu, que la dernière femme condamnée à mort en France, sous le régime de Pétain, avait été jugée pour avoir aidé une femme à avorter!» Magnifique comparaison d’un viol avec un avortement… DSK aurait donc voulu rendre service à Nafissatou Diallo. Non pas lui faire passer un bébé, mais lui procurer un orgasme, sans doute.

    Commentaire par araok — 01/11/2011 @ 17:36

  7. @araok : à mon avis, le vrai problème ce n’est pas que Levaï continue de défendre l’indéfendable au point de s’en rendre ridicule, c’est que les journalistes politiques n’aient rien dit alors que je gage qu’ils savaient. Surtout qu’il y avait eu des alertes, la collaboratrice du FMI, puis Tristane Banon. Ben non, on n’enquête pas, on préfère sortir des analyses de psychanalystes sur les travers supposés des candidats ou bien s’embourber dans des confessions en forme de mea culpa et des violations de off post mortem quand l’affaire sort enfin….

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 17:49

  8. Avec la peur des mots, le politiquement correct et les recours possibles, que reste-t-il de la démocratie ?
    C’est aussi la fin des contradicteurs, de la logique et de la rhétorique.
    J’y vois la défaite de la pensée et de l’argumentation.

    Histoire de rigoler un peu, pourquoi mettre les C… en prison ? Elles sont déjà surchargées ! Un ami suggère un long mur, afin de les « fédérer » … C’est cruel !

    Commentaire par fultrix — 01/11/2011 @ 17:52

  9. Ah, j’oubliais le pompon, lu dans Marianne cette semaine : finalement, le PS (et nous avec) a eu une chance folle que l’affaire sorte avant que DSK ne devienne candidat officiel à la présidentielle. C’est sûr que si on avait attendu que mes confrères sortent le truc, on courait à la catastrophe. Je reconnais bien là l’extraordinaire sens de l’analyse de Joseph Macé-Scaron, coauteur du papier, mais à coup sûr seul auteur de cette brillante analyse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 17:53

  10. @aliocha: Vous qui connaissez bien le milieu journalistique, pourriez-vous s’il vous plaît m’expliquer ce mystère : des gens qui, comme MM. Joseph Macé-Scaron, Roger Pol-Droit, Alain Finkielkraut, Ivan Levaï, Jean-François Kahn et quelques autres, sont invités à s’exprimer sur les sujets les plus divers, y compris quand ils n’ont pas de connaissances spécifiques sur le sujet, et n’ont pas spécialement enquêté dessus ?

    Commentaire par DM — 01/11/2011 @ 19:16

  11. La vidéo qui va avec ce billet (regarder à partir de 3’30 »)

    Commentaire par Anna Musarde — 01/11/2011 @ 19:35

  12. Hé oui, il faut espérer qu’il n’y ait jamais de prisons pour les cons ni de lois réprimant la connerie…

    Cela n’interdit pas d’essayer d’être intelligent…

    Pour reprendre la formule du livre de Job (commentée par René Girard) : DSK à suivi « la route antique des hommes pervers », celle que suivit Job, Jésus aussi, celle que suivent tous ceux qui sont abattus de leur piédestal et jetés dans la boue ou pire encore, celle qui mène du Capitole à la roche tarpéienne… Au bout de cette route on est seul, abandonné de tous, sans personne pour vous défendre, réprouvé, pestiféré. Et cela est injuste quel que soit le crime commis. Et ceux qui se risquent à prendre votre défense sont montrés du doigt à leur tour. Ils ne peuvent que paraître maladroits. C’est ce qui arrive à Yvan Levaï.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/11/2011 @ 19:57

  13. @Anna Musarde : vous allez faire plaisir à de nombreux lecteurs ici très fans de l’épisode savoureux des hôpitaux à cons qui a en effet inspiré le titre de ce billet 😉

    @DM : on en a parlé plein de fois non ? Si seulement c’était réservé à la presse, ce genre de travers. Mais vous savez comme moi que les réseaux, l’assurance que l’on gagne à force d’être interrogé sur tout et rien, le plaisir de donner son avis etc… Dans le cas particulier des médias, on travaille vite, donc on s’adresse aux gens qui réagissent vite, qui connaissent l’exercice, qu’on finit par bien connaître etc. J’ai moi-même appelé cet après-midi un économiste pile dans le profil. Et injustement décrié pour cette raison. Or, je pense qu’il ne faut pas sombrer d’un excès à l’autre, tout expert médiatique n’est pas forcément bon, ni nécessairement mauvais 😉 Sinon, soyez gentil, ne mélangez pas JFK et JMS…

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 20:00

  14. @Denis Monod-Broca : wahouuuuuu, comparer le Christ et DSK, vous y allez fort ce soir 😉 c’est une référence à Marie-Madeleine, dont Hegel visiblement était fou amoureux ? Convenez tout de même que si la fidélité de Levaï est louable, ses arguments donneraient presque envie de payer à DSK un vrai avocat, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 20:04

  15. @DMB: Je préfèrerais que toute cette sollicitude dont on entoure DSK ait également été de mise quand on vouait à l’enfer les accusés d’Outreau… Je suis sûr qu’il y a régulièrement des innocents qui se font accuser d’horreurs, voient leur famille et la plupart de leurs amis se détourner d’eux, croupissent en prison (et non en appartement de luxe), et se font enfoncer par les médias…

    Commentaire par DM — 01/11/2011 @ 20:47

  16. @Denis Monod-Broca : Yvan Levaï n’est pas montré du doigt pour avoir défendu DSK, ce qui est, en soi, un acte courageux. Il est montré du doigt pour avoir dit une hénaurme connerie, gravement insultante à l’égard de toutes les victimes de viol sans violence physique. Être courageux ne le dispense pas de faire preuve du minimum d’intelligence et d’expérience qu’on attend d’une personne de sa stature.

    Commentaire par Gwynfrid — 01/11/2011 @ 20:54

  17. Ça n’a pas raté, c’était couru d’avance : j’ai défendu Levaï qui défend DSK et je me suis pris une volee de bois vert…

    @laplumedaliocha. Je n’ai pas exactement comparé DSK à Jésus, j’ai comparé le comportement de la foule (de nous tous) vis à vis de l’un et vis à vis de l’autre. Ce nest pas tout à fait la même chose.
    Je ne comprends votre allusion à Hegel et Marie-Madeleine.

    @DM. Où voyez-vous de la sollicitude à l’égard de DSK ?? Oui, des innocents groupissent en prison et cela est indigne et des coupables y sont traités aussi de façon indigne. Cela n’a pas grand chose à voir avec le sort de DSK.

    @Gwynfrid. Oui , Levaï à été maladroit, ridicule, tout ce que vous voulez. Je pense qu’il est difficile de ne pas l’être quand on défend une cause unanimement considérée comme indéfendable.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/11/2011 @ 21:22

  18. @Denis Monod-Broca : vous exagérez sur la volée de bois vert, tout le monde vous a répondu respectueusement, je trouve. Nous émettons juste un désaccord, le plus cordialement du monde. Ce qui montre au passage que tout le monde est plus ou moins d’accord avec vous sur le fait que tout homme mérite d’être défendu. Quant à Hegel, il a écrit de très belles pages sur l’épisode où Marie-Madeleine lave les pieds du Christ et les essuie avec ses cheveux. Cela irrite les apôtres, Hegel y voit un refus d’admettre la sensualité de la scène, que lui au contraire salue. C’est dans l’Esprit du Christianisme. Au passage, le Christ prononce une phrase qui me fascine depuis que je suis gosse « il lui sera beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé » (Luc 7,47)

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/11/2011 @ 21:35

  19. @laplumedaliocha. Avec ma volée de bois vert j’avais seulement voulu dire que mon propos m’avait attiré aussitôt plusieurs réponses, critiques, mais parfaitement correctes je le reconnais. Et il vrai que nos divers avis différent assez peu.
    « Il lui sera beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé » est en effet une très belle formule.
    Amour et pardon, tout est là, non ?

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 01/11/2011 @ 22:03

  20. Je pense qu’un badge sur lequel est inscrit « Directeur du FMI » peut être assimilé à une redoutable « arme d’intimidation » (et de contrainte) par destination ?…

    Faut qu’il fasse gaffe le père Levaï, quand on manipule maladroitement une arme, le coup peut partir tout seul et blesser un ami !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 01/11/2011 @ 22:55

  21. Je vais essayer de me faire l’avocat des diablesses d’Osez le féminisme. Peut-être qu’elles ont saisi le CSA parce que d’habitude le CSA est sensible à la question de la maîtrise d’antenne. Les rares fois où des entreprises audiovisuelles ont été sanctionnées, c’est parce qu’elles n’avaient pas maîtrisé leur antenne, soit en laissant s’exprimer des manifestants non autorisés, soit parce que des propos illégaux ont été tenus à l’antenne.
    Dans le cas de Levaï, on pourrait dire que c’est les deux.
    1 : il a joué les hooligans en prenant en otage le studio où il est censé officier pour faire du journalisme, s’en servant pour défendre une cause personnelle.
    2 : ses propos outranciers, du genre « le viol, c’est avec un couteau », peuvent être assimilés à une apologie du viol, ce qui dépasse la simple « connerie ».

    Bien sûr, je caricature un peu, mais c’est parce qu’Ivan Levaï est une caricature de journaliste.

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 01:01

  22. […] A quand les prisons à cons ? […]

    Ping par A quand les prisons à cons ? | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 02/11/2011 @ 01:25

  23. @ Aliocha

    Par ailleurs, je crois que votre présentation est erronée. La saisine du CSA par « Osez le féminisme » ne concerne pas le seul cas d’Ivan Levaï. Levaï est simplement montré comme un des exemples de la façon dont les médias, ces derniers temps, ont abordé la question des violences faites aux femmes.
    Voir ici : http://www.acrimed.org/article3707.html
    ou ici, la lettre d' »Osez le féminisme » au CSA : http://tempsreel.nouvelobs.com/off-de-l-obs/20111026.OBS3271/info-obs-le-csa-saisi-du-cas-levai.html

    À votre décharge, le nouvelobs.com a, lui aussi, fait état de ce courrier en titrant sur le seul cas Levaï. Une façon d’essayer de discréditer le mouvement ?

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 02:41

  24. Vous auriez bien tort de croire que seul M. Levaï méconnaisse à ce point les mécanismes du viol. De nombreuses personnes m’ont, par exemple, affirmé qu’il était rigoureusement impossible qu’un homme aussi « vieux » que M. Strauss-Kahn puisse violer une femme dans la force de l’âge, que sans « arme » pour appuyer les « menaces » ce n’était pas crédible, qu’il faut nécessairement un homme costaud et une femme faible, etc.
    La plupart des gens ignore de quelles forces les humains disposent pour contraindre (mais pas seulement) leurs congénères, la puissance de ses forces et leur nature (physique, psychologique, sociale, etc); s’ils en avaient seulement une toute petite connaissance, je parierais bien que le monde s’en porterait bien mieux.

    Commentaire par JBY — 02/11/2011 @ 07:54

  25. http://www.rue89.com/2011/09/26/victime-de-viol-je-suis-degoutee-par-la-mascarade-tristane-banon-223677

    Ivan Levaï ne fait que reprendre le cliché du viol cliché, alors que l’immense majorité des viols ne ressemblent absolument pas à ça. C’est con de la part d’un journaliste, qui devrait au moins se renseigner avant de parler (c’est son boulot, non).

    De là à porter plainte devant le CSA… j’ai envie de dire « soyons sérieuses deux minutes ». Levaï a dit une ânerie, mais il n’a agressé personne (non, il n’a pas « insulté » les victimes de viol. Il s’est ridiculisé devant elles) pas plus qu’il n’a fait l’ « apologie » du viol. Se tromper sur un crime n’équivaut pas à dire que cet acte est positif.

    Commentaire par lambertine — 02/11/2011 @ 09:07

  26. @laplumedaliocha 7 et 9

    Il y a eu un encart dans le Canard il y a quelques temps (je n’ai pas la référence exact désolé – c’était le type d’encart siglé d’un canard tenant une plume dans son bec) dans lequel ils expliquaient qu’ils avaient enquêté sur toutes les histoires qui entouraient DSK mais qu’ils n’avaient rien pu prouver (en tout cas sur les aspects « criminels » car il me semble qu’ils ont pour ligne constante de laisser la vie privée, fut-elle dépravée mais entre adultes consentants, de côté). Après on peut y voir une autojustification a posteriori mais j’accorde suffisamment de crédit au Canard pour penser que ce n’est pas le cas.

    Sur le sujet précis du billet je n’ai pas grand chose à dire si ce n’est que le CSA vous donnera peut-être raison en « déboutant » la plainte (je ne suis pas sûr que ce soit le bon vocabulaire). Cela dit j’ai aussi l’impression qu’on ne voit pas beaucoup de gens revenir dans les médias dire « oui bon OK j’ai dit une grosse connerie ». Je n’ai comme exemple que JFK qui ait fait ça dans une tribune du Monde. La plupart du temps j’ai plutôt l’impression qu’on a le droit a de pathétiques bafouillements pour expliquer qu’en fait on n’a pas dit ce qu’on avait dit. Demandez aux Auvergnats.

    Enfin, il me semble que vous avez indiqué votre intérêt pour les sites type « Décodeurs de l’info » dont l’action pourrait se rapprocher de ce que fait ici OLF c’est-à-dire du contrôle a posteriori. Qu’est-ce que vous voyez comme différences profondes entre les deux démarches? (je précise qu’il s’agit d’une vraie question et non de sarcasme/piège rhétorique ou autre)

    Commentaire par JO — 02/11/2011 @ 09:11

  27. @Gilbert : Levaï aurait fait une apologie du viol ? Vous devriez changer de prof de rhétorique, j’ai l’impression que vous et lui avez choisi le même. Ma présentation est erronée ? Ah ? Osez le féminisme n’a pas saisi le CSA ? La lettre de vise pas Levaï ? Elles ne demandent pas des sanctions ? Si bien sûr, mais elles évoquent en même temps un autre cas. En quoi cela remet-il en cause le fond du sujet concernant Levaï ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 09:33

  28. à DM

    Vous relevez cette citation d’Aliocha :

    « Même la science, que l’on porte aux nues, se bâtit sur ses erreurs, de sorte que ce qui est vrai aujourd’hui sera faux demain. »

    Cette thèse d’Aliocha est reçue par la plupart des philosophes et des scientifiques, peut-être pas en termes aussi abrupts, depuis au moins « La structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn » (1962). L’examen de l’histoire des sciences montre en effet que celle-ci ne progresse pas linéairement, par simple approfondissement de théories établies de manière définitive, mais de façon discontinue, par remplacement de systèmes conceptuels (« paradigmes ») les uns par les autres. Les concepts et les principes employés par les savants d’une certaine époque peuvent être remis en question à un état plus avancé de la science, les théories ayant été entretemps prises en défauts par des expériences inédites.

    Ainsi la mécanique classique de Newton suppose que l’Univers prend place dans un espace euclidien, avec trois dimensions prolongeables à l’infini, évoluant dans un temps universel, où toute vitesse est relative à un repère galiléen. La cosmologie contemporaine depuis Einstein et Lemaître nous situe dans un univers non euclidien, fini (eh oui, l’univers des astrophysiciens est fini dans l’espace car il s’agit d’un espace riemannien et non euclidien), ayant un commencement absolu (le Big Bang), en expansion (entendez que c’est l’espace lui-même qui est en expansion et non seulement l’univers dans un espace infini préexistant), historique, avec un temps qui s’écoule à des rythme différents selon l’état énergétique de chaque système (on vieillit moins vite à bord ‘un satellite que sur Terre) et où la vitesse ou plutôt la célérité de la lumière dans le vide n’est pas relative au système considéré (2 photons qui se croisent ont un vitesse relative de 300 00 km/s et non de 600 000km/s). Tout cela est absolument impensable dans le système de Newton.

    Par ailleurs, la physique des particules élémentaires, qui évolue certes dans les mêmes repères spatiotemporels que la mécanique classique, remet en question le déterminisme universel qui était le principe le plus fondamental de toute la mécanique classique: alors que la physique classique excluait toute possibilité de hasard dans les choses, la mécanique quantique estime que deux systèmes dont la description est en tout point identique peuvent évoluer différemment (Pour être honnête, il faut reconnaître que l’interprétation que je vous donne de la fameuse relation d’indétermination de Heisenberg, ou « principe d’incertitude » a toujours fait l’objet de controverse, bien qu’elle soit acceptée par la majorité de la communauté scientifique). Donc là encore, ce qui était réputé absolument vrai dans les sciences du XIX°siècle a été remis en question par les sciences du XX°siècle.

    Ajoutons qu’il y a des incompatibilités théoriques entre la mécanique relativiste d’Einstein et la mécanique quantique. Certes on dit souvent que les mécaniques quantique, relativiste et classique sont chacune valide dans un domaine particulier: respectivement à l’échelle de l’infiniment petit, à l’échelle de l’infiniment grand et à l’échelle intermédiaire. Mais cette remarque est superficielle : elle veut dire simplement dans quel domaine on doit avoir recours à telle ou telle théorie pour faire les prédictions les plus précises possibles.Néanmoins, cette division des domaines n’a pas elle-même de justification scientifique: elle résulte bien de l’insuffisance théorique de chacune de ces théories physiques qui, si elle le pouvait, voudrait bien pouvoir s’appliquer à tous les domaines du réel. Nous savons donc qu’aucune des théories fondamentales de la physique contemporaine n’est définitivement acquise et que l’une des tâches de la science contemporaine est précisément de chercher une synthèse supérieure qui surmonte leur leurs contradictions.

    Et bien sûr Aliocha, bravo et merci pour votre défense de la liberté d’expression. Le journalisme, comme la philosophie et la science, ne peut s’épanouir que dans des cultures où est reconnu le droit de dire des choses fausses, absurdes, odieuses et dangereuses…

    Commentaire par Physdémon — 02/11/2011 @ 09:39

  29. @JBY : j’entends bien, mais en quoi Levaï mérite-t-il d’être sanctionné ? Les musulmans extrémistes qui attaquent Charlie hebdo, c’est mal, les cathos extrémistes qui entravent le bon déroulement d’un spectacle, c’est mal, les féministes extrémistes qui demandent des sanctions contre un type qui dit des conneries, c’est bien. Deux poids, deux mesures avec la liberté d’expression ? Désolée, mais toutes les formes d’extrémisme m’insupportent, que la cause soit juste ou non, que les moyens employés soient légaux ou pas. Au surplus, je ne pense pas qu’en cultivant un discours positif et formaté façon langage officiel on résoudra le problème. Levaï aurait fait l’apologie du viol, je serais la première indignée, il a simplement dit une connerie, ce n’est pas un délit ni même une faute méritant sanction administrative, c’est juste une connerie qui mérite d’être contredite.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 09:41

  30. @JO : une autorité administrative sanctionne ou prononce une mise hors de cause 😉 Sinon, les sites de décodage d’info vérifient si une assertion est juste ou fausse, nous sommes dans le débat démocratique. Les militants d’association hurlent et exigent des sanctions, nous changeons de registre, me semble-t-il pour entrer dans un rapport de force destiné à faire triompher une opinion. La vérité des faits n’est plus le but, mais le moyen. Et la finalité est d’instaurer la censure et/ou l’autocensure, c’est-à-dire un contrôle a priori.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 09:47

  31. @Physdemon : merci d’éclairer mes très anciens souvenirs de fac. Ce que j’évoque est un cours de philosophie du droit dispensé par Marie-Anne Frison-Roche, mon idole absolue, dans le cadre de mon DEA de philosophie du droit il y a 17 ans…Comme quoi, quand on a de très grands profs, on n’oublie jamais leur enseignement 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 09:49

  32. A la décharge de Levaï, ce qu’il dit prouve au moins qu’il n’a jamais violé personne, du moins sans armes…

    A la décharge des militantes (militant-e-s?) d' »Osez le féminisme », elles se sont plaintes au CSA, pas à un tribunal. Je n’ai pas l’impression que les interventions du CSA soient très coercitives. Mais peut-être me trompé-je ? Par ailleurs, si ces militantes estiment qu’une chaîne de TV publique a laissé la parole de manière complaisante à quelqu’un qui cautionne des préjugés machistes, il n’est peut-être pas anormal qu’elles demandent une sorte de « droit de réponse »(même si cela n’entre pas exactement dans le cadre de ce que le droit prévoit à ce sujet). Peut-être l’ont-elles demandé à la chaîne concernée sans recevoir satisfaction ? D’où le recours à une instance supérieure ?
    Si vous estimez qu’il y a une déontologie journalistique, vous devez pouvoir admettre qu’existent des instances comme le CSA destinées à réguler l’exercice de cette profession, réguler ne signifiant pas forcément « surveiller » ni « maîtriser », encore moins réprimer ou opprimer. Ainsi, l’usage du droit de réponse (et de pratiques similaires) est un bon moyen de réguler la liberté d’expression sans lui porter atteinte. Qu’est-ce en effet que le droit de réponse, sinon une extension de la liberté d’expression à ceux qui n’ont pas accès ordinairement aux médias ? Je ne sais pas exactement ce que demandaient au CSA les militantes dont vous parlez, mais il me semble que même si l’exercice du droit de réponse (ou équivalent) peut être vécu par les journalistes incriminés comme une humiliation personnelle et comme une contrainte par les organes de presse, cela n’a rien à voir avec une atteinte à la liberté d’expression.

    A cette nuance près, entièrement d’accord avec vous pour déplorer les propos convenus engendrés par la pression du « politiquement correct ». Et tous mes remerciements pour le bol d’air frais que je respire chaque fois que je vous lis…

    Commentaire par Physdémon — 02/11/2011 @ 10:17

  33. @Physdemon : Gilbert en 23 donne le lien (celui de l’Obs) vers la lettre. Et votre deuxième commentaire me donne l’occasion de rebondir sur le problème journalistique. Il est bien entendu que je ne réagis pas ici en raison du métier de Levaï, je m’étais émue aussi que l’on puisse porter plainte contre les ivrogneries de l’ex-couturier de Dior dont le nom m’échappe, et d’autres encore. Mais quand vous dites qu’un journaliste a le droit de dire des choses fausses, je m’interroge. En réalité, si l’on est conscient de dire des choses fausses, on est en situation de faute professionnelle. En l’espèce, Levaï émet une opinion personnelle, en quelque sorte « détachable » de son métier pour faire une analogie avec la faute détachable des fonctionnaires par exemple. Il ne livre pas le résultat d’une enquête sur le viol ou même sur l’affaire DSK, il donne une opinion d’éditorialiste (tout comme Barbier donnait une opinion sur l’euthanasie qui avait émue Philarète), en cela, il a le droit de dire des âneries. C’est son opinion, elle est sotte, où est la faute ? Sinon, je suis d’accord avec vous sur l’utilité d’un régulateur en matière de médias, mais encore une fois je ne vois pas en quoi Levaï devrait être sanctionné pour penser des choses idiotes. Il me semble qu’on est pile dans la volonté d’un groupe extrémiste de jouer les polices de la pensée, et ça, je n’adhère pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 10:32

  34. @ Denis Monod-Broca

    Ah, la Route Antique des Hommes Pervers! L’un des meilleurs ouvrages de René Girard, me semble-t-il. Mais là où la comparaison ne sera pas raison, dans l’affaire DSK, est qu’il n’y aura finalement pas eu d’unanimité contre DSK. L’emballement mimétique n’a pas pu produire la totalité de ses effets. Ce que décrit le livre de Job, c’est la chute brutale d’un homme dont la réussite personnelle et professionnelle avait jusqu’alors été considérée, respectée, et donc – et voilà où se niche évidemment le ver dans le fruit – enviée. Au fur et à mesure que sa chance le quitte, la société qui l’entoure se retourne contre lui, et – sans que l’on sache vraiment ce qui de la malchance ou de la malveillance a lancé le processus – il perd peu à peu sa fortune, sa santé, sa réputation, ses amis, sa famille. Il est évidemment trop tôt pour savoir l’impact précis qu’aura eu cette affaire sur la vie de DSK, mais si le début de son parcours le situe sur la même Route Antique que celle suivie par Job, et si l’accusation qui le fit tomber ressemble à s’y méprendre aux accusations qui en firent tomber des centaines d’autres avant lui (les turpitudes sexuelles), la suite s’avère moins facilement lisible. Dans un logique girardienne (pré-chrétienne, du moins) DSK aurait irrémédiablement du succomber à des accusations qui offrent le parfait point de fixation à l’ensemble des désirs mimétiques inassouvis et exaspérés qui l’entouraient depuis longtemps. Dans notre affaire, la Justice américaine décide de ne pas le poursuivre après avoir considéré que la parole qui l’accusait ne pouvait être considérée comme fiable. Il n’a en outre cessé de bénéficier de soutiens qui n’ont (quelque peu étrangement) fini de le lâcher qu’extrêmement récemment.

    Dans l’affaire DSK la relative unanimité de la clameur initiale est comme « bloquée », et à partir de là, se morcelle.

    Dès lors que vous ne disposez plus de l’unanimité, le processus du bouc-émissaire ne peut être mis en place que de manière extrêmement bancale, ce qui s’avère périlleux: vous amorcez une crise violente, puis vous l’interrompez aussi bien dans sa progression (ce dont il faut se réjouir) que dans sa résolution (ce qui s’avère plus problématique).

    Du coup, je me posais la question de savoir si les « suites » de l’affaire DSK à NYC, (Banon, Carlton) ne pourraient pas s’analyser comme la persistance d’une crise mimétique que l’on ne sait plus résoudre, le champs de bataille entre les forces d’un aveuglement collectif et accusateur, toujours à l’oeuvre et désormais contraint de trouver de nouveaux points de fixation (toujours dans la même classique thématique), et celles de l’analyse lucide et rationnelle de la situation par les héritiers de Job et du Paraclet qui prit sa défense: ceux qui ne verront jamais dans l’unanimité de la clameur qu’un risque accru d’erreur.

    Je crois que cette affaire nous fournit une contre-histoire de la figure du Bouc Emissaire – contre-histoire qui est aussi bien son histoire moderne. Et c’est une histoire dans laquelle la Justice n’est obtenue qu’au prix de la persistance d’un certain désordre dans la paix sociale. Et je crois qu’il ne faut pas s’en plaindre. Il faut cultiver ce désordre (dans lequel j’inscris l’affaire Levaï, avatar de l’affaire DSK). Il est éclairant.

    Commentaire par Fantômette — 02/11/2011 @ 10:40

  35. @ Aliocha

    « En l’espèce, Levaï émet une opinion personnelle (…) »

    Non, il dit une chose objectivement fausse, il commet une très grossière erreur sur les faits. J’ai suivi deux affaires de viol non-correctionnalisées, dans l’une et l’autre, il n’y avait aucun couteau, ni aucune arme d’aucune sorte. Et je vous parle de victimes adultes, bien sûr. Je n’ai pas de stats en tête, mais je suis persuadée qu’une majorité de viols, poursuivis et réprimés comme tels par les Cours d’Assises, n’ont pas été commis sous la menace d’une arme.

    Commentaire par Fantômette — 02/11/2011 @ 10:48

  36. La liberté d’expression inclut-elle le droit de dire des choses fausses ?

    Bon sujet de dissertation !

    Pour ma part, j’ai dit spontanément que la liberté incluait le droit de dire le faux en pensant plus au philosophe qu’au journaliste. Je pensais non à un prétendu droit de mentir mais à un droit à l’erreur. Concernant les journalistes, on peut leur reconnaître le droit de se tromper, non certes de mentir effrontément, ni même de ne pas prendre les précautions nécessaires pour éviter de diffuser des informations erronées. Concernant Levaï, plus précisément, peut-être pourrait-on lui reprocher d’avoir fait preuve de légèreté en reprenant un cliché aisément réfutable comme le rappelle Fantômette. Mais évidemment, demander des sanctions paraît disproportionné : la régulation de la liberté d’expression n’a pas besoin de passer par la répression.

    En revanche, je suis estomaqué par les propos de Moscato. Sur ce point, je vois mal comment on pourrait reprocher à « Osez le féminisme » de dénoncer des propos relevant de l’incitation à commettre des actes délictueux. D’autant que, pour le coup, cela ne relève pas seulement de la déontologie de l’audiovisuel mais du droit pénal. Sans aller jusqu’à des poursuites judiciaires, faire un rappel à la loi me paraît le minimum de la part d’une autorité administrative. On peut très bien aimer le rugby et respecter la dignité des femmes… (Et puis, Moscato ferait bien de fermer sa g… après avoir fait perdre le XV de France en se faisant exclure pour brutalité: c’était en 91 face à l’Angleterre).

    Commentaire par Physdémon — 02/11/2011 @ 11:31

  37. Si j’ai bien tout suivi, il ne me reste plus qu’à me taire, afin de rester dans la majorité silencieuse. 😉

    Commentaire par Ceriat — 02/11/2011 @ 11:49

  38.  » Au passage, je me demande pourquoi elles s’emparent du sujet comme s’il relevait exclusivement de la condition de la femme »

    C’est votre interprétation. Les féministes portent la parole de femmes victimes de la domination masculine. Ce n’est pas spécialement leur objet que de parler des hommes victimes de la domination féminine. Rien n’interdit à ceux-ci de se mobiliser contre les déclaration de M. Levaï. Plus qu’une mobilisation de type « corporatiste », ce sont plutôt les associations des victimes de viol qu’on aurait du voir monter au créneau. Elles l’ont d’ailleurs fait, mais il faut reconnaître aux associations féministes le talent de savoir médiatiser leurs interventions.

    « les femmes représentent 50% de la population, donc si on les insulte, on n’est pas loin du crime contre l’humanité, non ? Allons, je plaisante. »

    Vous pouvez plaisanter mais vous soulevez un vrai sujet : Le problème de la phrase de Levaï est qu’elle NIE la condition de victime pour les femmes violées qui n’ont pas été menacées par une arme. Je n’imagine pas beaucoup de choses plus douloureuses que d’être victime d’un crime et de voir ma condition de victime niée. C’est pour éviter cette douleur qu’on a la loi Gayssot qui réprime le négationnisme. Cette loi revient en substance à dire qu’un fait de génocide reconnu par la loi ne peut plus être remis en cause, ce qui est quand même une différence majeure avec la vérité scientifique. Verra-t-on un jour un parlement faire une loi pour réprimer les chantres du créationnisme ?

    Donc, ce qui fait une différence fondamentale entre la phrase de Levaï et votre comparaison avec une affirmation scientifiquement absurde, est que l’une recause, peut-être par simple ignorance, de la douleur à un groupe conséquent de personnes qui ont déjà lourdement souffert tandis que l’autre fait rire tout le monde (quoique je ne suis pas sûr que les immigrés aient beaucoup ri de l’erreur de Guéant sur les statistiques d’échec scolaire).

    Douleur des victimes d’un côté, liberté d’expression de l’autre. Je penche comme vous pour la liberté d’expression. La borne posée sur l’incitation à la haine raciale et les crimes contre l’humanité me semble être un compromis acceptable.

    Commentaire par kuk — 02/11/2011 @ 11:54

  39. Les commentaires que je viens de lire font référence à la contrainte uniquement physique dans un viol. Or, une « agression » ou une « contrainte » ne sont pas forcément physiques aux yeux de la justice. Ex. adulte sur mineur, prof sur élève, patron sur employée, … (Dans mon com 20 j’assimile un badge « Dir. du FMI » à une « arme psychologique »).

    D’ailleurs, j’espère ne pas dire une bêtise, mais il me semble avoir lu (sur ce blog d’ailleurs) que dans une affaire précédente de relation prétendue « consentie » de DSK avec une employée du FMI, cette dernière aurait expliqué que son consentement n’était pas si consentie que ce que l’enquête avait bien voulue dire (sous entendu : la subalterne d’un directeur peut « obtempérer » et se soumettre à un moment aux avances de son patron sans être forcément pleinement consentante et sans qu’il y ait violence…).

    La définition juridique du viol a déjà bien évoluée en France. Avant c’était quelque chose du genre : « abuser sexuellement une personne par la force et sans son consentement » ce qui excluait pas mal de viols réels, mais le Droit français tient-il compte cette nuance « psychologique » ?

    Pour revenir aux propos de I.Levaï et d’autres qui tentent de minimiser les comportements sexuels déplacés sur fond d’affaire DSK (ex. « troussage de domestique ») , à chaque fois la résonance fait un bruit inattendu, comme si cette affaire était un formidable amplificateur exponentiel.
    A leur place, je serai prudent car on commence vraiment à penser, comme le dit un adage populaire, « Il ‘y a pas de flamme sans feu » !

    Commentaire par Oeil-du-sage — 02/11/2011 @ 12:07

  40. @ Aliocha
    « Ah ? Osez le féminisme n’a pas saisi le CSA ? La lettre de vise pas Levaï ? Elles ne demandent pas des sanctions ? Si bien sûr, mais elles évoquent en même temps un autre cas. En quoi cela remet-il en cause le fond du sujet concernant Levaï ? »

    Toujours la même mauvaise foi habituelle. Non, le sujet de la lettre au CSA n’est pas Levaï, contrairement à ce que vous laissez croire. Mais bon, puisque vous tenez absolument à avoir raison, même lorsqu’on vous met les pièces sous les yeux, vous avez raison. Comme toujours.
    Bonne journée.

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 13:51

  41. Le fond de la lettre, c’est le traitement médiatiques des agressions sexuelles, ce n’est pas Ivan Levaï, qui est juste cité en exemple. Laisser dire dans l’émission de Moscato qu’on peut agresser sexuellement les femmes de chambre pour « souder le groupe » est au moins aussi irresponsable que les conneries de Levaï. C’est pas simplement droit de dire des conneries qui est en jeu, contrairement à ce que vous affirmez.

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 13:59

  42. @Gilbert : La lettre, dont je rappelle qu’elle est en lien en 23 et que tout le monde peut donc la lire et se faire une idée, vise Levaï et une autre affaire. Donc si je comprends bien, le fait qu’il y ait deux sujets de plainte dans la même lettre entraine selon vous que Levaï n’est pas visé. Et c’est moi qui suis de mauvaise foi. Mais oui bien sûr ! En réalité, vous copines contextualisent leur courrier pour expliquer en quoi les propos dénoncés dans les deux affaires sont inadmissibles, ce qui les oblige à passer par une démonstration d’ordre général pour en revenir aux personnes mises en cause. Tout le monde l’a compris ainsi, sauf vous. Elle se termine par une demande de « mesures ou sanctions » reproduite ci-dessous :

    « Pour que la liberté et le respect puissent coexister, et c’est notre objectif, nous ne pouvons pas laisser de tels propos sans réponse. La responsabilité des journalistes est de rappeler laréalité à des invités ou à des confrères qui la piétinent sans vergogne.
    Les faits que nous vous avons exposés ci-dessus vont clairement à l’encontre de la dignité de la personne humaine. Ils contiennent, pour certains, des propos incitant à la violence pour des raisons de sexe. Ils envoient un message très grave de banalisation des violences et de culpabilisation des victimes, à l’ensemble de la société et en particulier aux jeunes. Ce type de message n’a pas sa place dans notre paysageaudiovisuel et il est de votre devoir de réagir.
    Il est urgent que les violences faites aux femmes reçoivent enfin le traitement médiatiquequ’elles méritent. Aussi, nous espérons que vous vous saisirez de ce dossier et que vousprendrez toutes mesures ou sanctions nécessaires ».

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 14:13

  43. @ Aliocha
    Les doigts dans le pot de confiture, vous diriez « c’est pas vrai, c’est pas moi ». J’invite les lecteurs de ce blog à vérifier par eux-mêmes.
    Les arguments d’autorité du genre « tout le monde l’a compris, sauf vous », ça ne marche pas. Ou alors vous prenez vos lecteurs pour des crétins qui ne pensent pas par eux^mêmes. Ce qui n’est pas sympa pour eux. Ils ont toute latitude à vérifier et se faire une idée par eux-mêmes. La lettre au CSA part bien du général (le rappel du rôle du CSA) et se poursuit par deux exemples « significatifs » (l’émission de Moscato en premier, parce qu’il s’agit littéralement d’une apologie du harcèlement sexuel de domestiques, puis Levaï) avant de revenir à la question du traitement des agressions sexuelles dans les médias. Vous avez beau tordre les phrases dans tous les sens, prendre un extrait soigneusement sélectionné, la réalité c’est celle-là.

    Et ce ne sont pas mes copines (qu’est-ce que c’est que cet argument à la con ?) Quand bien même, est-ce que ça changerait la réalité du contenu de la lettre ?) D’abord, il me semble qu’il y a des mecs dans le groupe. Et je ne les connais pas.

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 16:25

  44. @gilbert : vous me fatiguez, j’invite chacun à lire la lettre et à se faire une opinion. Il est évident que s’il existait un Conseil supérieur des blogs et que je prenne ma plus belle plume pour me plaindre de l’agressivité des commentateurs en vous citant nommément ainsi qu’un autre commentateur pour demander des sanctions afin de faire cesser le phénomène, vous ne vous sentiriez pas visé du tout, n’est-ce pas ? Et il serait faux d’écrire qu’Aliocha a saisi la haute autorité de supervision des blogs à l’encontre du sieur Gilbert.Tout ce que l’on pourrait dire, c’est qu’Aliocha en a assez de l’agressivité et s’en tient à citer à titre d’illustration, deux exmples au hasard. Lesquels n’auraient évidemment rien à craindre du Conseil supérieur des blogs puisqu’ils ne sont absolument pas l’objet de la saisine. Même si, sur une lettre de 3 pages, 1 page entière est consacrée au sieur Gilbert. Notez, je suis tranquille maintenant pour Levaï, il ne lui arrivera rien du tout. Il n’est qu’un exemple au hasard, je me demande même pourquoi on le nomme dans cette lettre, puisqu’il n’en est pas l’objet, c’est ballot.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 16:51

  45. Comme on dit, le lecteur jugera. C’est facile, il suffit de lire la lettre au CSA. Quand on ne supporte pas la contradiction, on n’ouvre pas son blog aux commentaires. Ou alors on ne retient que ceux qui vous brossent dans le sens du poil.

    Commentaire par Gilbert — 02/11/2011 @ 18:35

  46. @gilbert : je n’ai aucun problème avec la contradiction, au contraire. En revanche, je n’aime pas qu’on m’accuse d’opérer une présentation erronée des choses. Vous mettez la lettre en lien, très bien. Elle est aussi en lien dans la brève d’@si que je donne en référence. Vous soulignez que son objet est plus large que la seule mise en cause de Levaï, parfait. Mais ne venez pas m’accuser de je-ne-sais-trop-quoi parce que je me suis concentrée sur le cas Levaï et moins encore me soutenir que Levaï n’est finalement pas en cause, parce que là, je ne marche plus. Quand on dénonce quelqu’un à une autorité administrative indépendante sur une page de courrier et de manière aussi circonstanciée, je vous assure que ce n’est pas dans un but purement illustratif. L’objectif, c’est d’obtenir des sanctions exemplaires à vocation pédagogiques et dissuasives pour tous ceux qui seraient tentés de débloquer sur le même thème. Pourquoi pas d’ailleurs ? Moi je suis contre, mais ce n’est que mon avis.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/11/2011 @ 18:52

  47. @Gilbert
    « J’invite les lecteurs de ce blog à vérifier par eux-mêmes. »
    Alors vérifions. On peut lire dans dans la lettre :

    « Or, nous avons pu observer, depuis quelques semaines, une multitude de déclarations de nature à porter atteinte à la dignité des femmes et plus particulièrement à celle des femmes victimes de violences.En voici deux exemples, parmi les plus significatifs : », suivent les deux exemples, dont celui de Levaï, puis en fin de lettre :
    « Les faits que nous vous avons exposés ci-dessus vont clairement à l’encontre de ladignité de la personne humaine. […] Ce type de message n’a pas sa place dans notre paysage audiovisuel et il est de votre devoir de réagir »
    Et vous allez nous dire que « Osez le féminisme » ne demande pas au CSA ne censurer Levaï ? Et vous accusez Aliocha de mauvaise foi ?

    OLF demande de censurer l’apologie du viol de Moscato, ok. Mais elles demandent aussi de censurer les propos du type de ceux de Levaï, dont le seul « crime » est la bêtise.

    Commentaire par BN — 02/11/2011 @ 21:30

  48. @ Aliocha

    « et moins encore me soutenir que Levaï n’est finalement pas en cause »

    Où ai-je jamais dit que Levaï n’était pas en cause ? C’est une sale habitude que de faire dire à son interlocuteur ce qu’il n’a pas dit. Ça s’appelle de la malhonnêteté intellectuelle.

    @ BN

    Idem, je n’ai jamais dit que Levaï n’était pas visé. J’ai dis, très précisément (post 41) : « LE FOND DE LA LETTRE, c’est le traitement médiatiques des agressions sexuelles, ce n’est pas Ivan Levaï, qui est juste cité en exemple ».
    Ce que vous confirmez en rappelant que l’association évoque « LA MULTITUDE DE DÉCLARATIONS DE NATURE À PORTER ATTEINTE À LA DIGNITÉ DES FEMMES », et dénonce en premier chef l’apologie du harcèlement de Moscato (pas du viol, ça c’est vous qui l’inventez). Je maintiens qu’en focalisant sur le seul Levaï, la présentation de la lettre est biaisée.

    Commentaire par DG — 02/11/2011 @ 23:40

  49. Bonjour,

    J’ai l’impression que votre article contient de graves erreurs… comme par exemple, un procès d’intention, quand des militantes féministes parlent du viol sous l’angle de femmes agressées par des hommes, cela ne signifie en rien qu’elles nient explicitement ou explicitement que d’autres (enfants, ou hommes) puissent être violés.

    Qui a-t-il de si grave dans la campagne « osez le clito » ?… au pire, ça ne vous plaît pas, mais laissez les autres en parler ! est-ce un crime d’oser parler de ce qui reste encore très largement un tabou ? si vous n’aimez pas, ne lisez pas ! appliquez-vous donc à vous même votre maxime d’une grande sagesse : laissez les autres parler, même s’ils disent vraiment ou supposément une grosse bêtise.

    Car là, on va finir par croire, que c’est plus grave -à vos yeux- de parler du clitoris, que de proférer la bêtise d’Ivan Levaï. Si « oser le clito » est selon vous une insulte à l’égare de toutes les femmes ; les propos de LevaÏ, c’est quoi un génocide contre les femmes ? ou sa bêtise serait, selon vous, moins grave que la démarche de « osez le féminisme » ?

    Je ne suis pas d’accord avec vous, quand vous dites qu’il faut laisser les idiots s’exprimer… car lorsque les gens expriment certaines opinions abjectes, ça sert à relativiser les valeurs qui devraient être les nôtres ; cela sert à banaliser des « excuses » ou des « explications foireuses » que l’on ne devrait même pas accepter d’entendre.

    Abd Salam

    Commentaire par Abd Salam — 03/11/2011 @ 07:00

  50. Quand la bêtise a droit de citer à égalité avec le savoir et la réflexion, la « sagesse » se perd dans un océan d’affirmations relatives ou le vrai et le faux sont enchevêtrés, ou le juste et l’injuste ne se distinguent plus vraiment, toutes choses qui contribuent à émousser notre conscience.

    Commentaire par Abd Salam — 03/11/2011 @ 07:08

  51. @Abd Salam : « Car là, on va finir par croire, que c’est plus grave -à vos yeux- de parler du clitoris, que de proférer la bêtise d’Ivan Levaï. Si « oser le clito » est selon vous une insulte à l’égare de toutes les femmes ; les propos de LevaÏ, c’est quoi un génocide contre les femmes ? ou sa bêtise serait, selon vous, moins grave que la démarche de « osez le féminisme » ? » Oui, c’est plus grave. Levaï évoque un monde en voie de disparition, Osez le féminisme dessine un monde dont je ne veux pas. L’un débloque, les autres militent. Le premier ne nuit qu’à lui-même, les autres veulent imposer leur vision à tout le monde. Par le petit bout du clitoris, si je puis dire. Je regrette de vous décevoir, mais les visions pathologiques à tendance extrémistes de l’existence m’insupportent. Le clitoris comme enjeu existentiel, je n’adhère pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/11/2011 @ 09:14

  52. « L’un débloque, les autres militent » aliocha 51.

    Très belle formule, chère hôtesse. Vraiment.

    Commentaire par araok — 03/11/2011 @ 09:29

  53. Le titre de votre billet, que je n’ai pas encore lu, m’a immédiatement remis à l’esprit une nouvelle de Marie Laforêt, si ma mémoire ne me trahit pas, dans laquelle les Suisses décidaient de se débarrasser des cons. Il faisaient ça proprement, les Suisses, en les noyant dans du bon vin. Du Bordeaux, parce que les Suisses ne sont pas des sauvages tout de même. Une fois tous les cons disparus, ils s’emmerdaient beaucoup.
    Allez, lecture !

    Commentaire par cloeliae — 03/11/2011 @ 09:38

  54. À la réflexion, je peux un peu comprendre une plainte au CSA.

    La télévision et la radio publiques sont financées par une « redevance » imposée par l’État, y compris à ceux qui n’en sont pas spectateurs. Elles occupent des fréquences, qui sont en nombre limité.

    L’éventail de personnes qui ont accès à un tel média est très limité (on l’a déjà souligné ici). C’est donc une situation très différente de celle du Web, où n’importe qui peut monter un site, avec (tant que faible fréquentation) des moyens financiers minimes.

    On peut donc avoir des exigences de qualité.

    Commentaire par DM — 05/11/2011 @ 10:11

  55. @DM : moi je veux bien qu’on envoie tous les cons au CSA, mais alors il va falloir prévoir une augmentation significative du budget de l’organisme, vous ne croyez pas ? En ce qui me concerne, je me sens agressée par la connerie de la télévision 99,9% du temps, alors on fait quoi ?

    @Fantômette 35 : parce qu’il vous faut assister à des affaires pour le savoir ? Quel singulier manque d’imagination. Ce qu’il a dit est faux, stupide et tout ce qu’on veut. Je vous repose la question, puisque vous êtes avocate : la connerie serait-elle devenue un délit depuis que j’ai terminé mes études de droit en 1995 ? Si oui, merci de m’indiquer l’article du code pénal considéré ou à défaut les dispositions réglementaires qui permettent au CSA de sanctionner la faute administrative de déclaration médiatique stupide à une heure de grande écoute.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/11/2011 @ 14:36

  56. Aliocha, il me semble que vous faites une erreur d’analyse concernant le billet de Philippe Bilger.

    Prioritairement, à l’origine du billet, c’est le constat de l’absence de la réaction des inévitables  » cercles médiatiques de la raison  » face aux propos d’Ivan Levaï, propos que PB définit à juste raison  » judiciairement faux, socialement dangereux « . Il s’agit plutôt de souligner la complaisance que le CSA, par son inertie en rapport avec les propos d’IV, relaie et valide.

    Alors que d’ordinaire, le CSA n’est jamais en retard des indignations, anathèmes et tocsins qui vont avec, se rapportant à tout, se rapportant à rien et qui, en réalité, ne s’embrasent qu’en fonction du temps médiatique qu’il fait.

    Ivan Levaï aurait tenu ces propos disons au plus fort du moment de la folie furieuse médiatiques Sofitel, il me semble qu’il aurait été moins épargné. Bref, les indignations, c’est clairement en fonction du timing et de la météo judiciaire, politico-médiatique du moment et des intérêts et ambitions de chacun. Autant dire que quand on en décolle les surfaces, il n’en reste que…de la surface.

    Cela dit, j’apprécie beaucoup votre billet qui a le grand mérite à mes yeux de poser la question de la  » pénalisation « , ici via le CSA, de l’ignorance et de la bêtise.

    Commentaire par Véronique — 07/11/2011 @ 06:07

  57. @laplumedaliocha: Moi, j’ai choisi de ne pas avoir de télévision, entre autres pour ne pas payer la redevance qui finance cette drouille. 🙂

    Commentaire par DM — 07/11/2011 @ 13:03

  58. @Aliocha et fultrix : vous devriez lire « Mort aux cons » de Carl Aderhold. Ca commence bien mais le concept s’epuise un peu quand on avance dans la lecture. Rafraichissant et defouloir.

    Commentaire par professeurtournesol — 09/11/2011 @ 09:59

  59. « je m’étonne de voir Philippe Bilger appuyer cette saisine du CSA, lui qui habituellement défend la liberté d’expression envers et contre tout… »

    Philippe Bilger est comme tout le monde, du moins comme tous ceux qui se font fort de défendre la liberté d’expression : il la défend uniquement quand ça l’arrange et surtout quand ça va dans le sens de sa politique.
    Il défendra toujours plus le droit d’insulter les immgrés que celui d’insulter les policiers par exemples. Ou d’insulter les homosexuels que de défendre le droit à l’adoption homosexuelle.
    Bref…

    Commentaire par zdall — 19/11/2011 @ 21:04


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :