La Plume d'Aliocha

12/10/2011

Penser droit avec Radio France

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 22:34

C’est un bien amusant document qu’a déniché le site Arrêt sur Images : le projet de charte de modération des commentaires sur les sites de Radio France.Y sont répertoriés 51 sujets à problème dont 35 interdits. Comme le relève Sébastien Rochat d’@si, on découvre notamment qu’on n’a le droit ni de critiquer la direction, ni de faire l’éloge de la tauromachie…. Pas plus que de dénoncer une faute d’orthographe de la rédaction ! Cette charte a au moins un mérite, rendre apparente une partie la ligne éditoriale du groupe ! Il parait que c’est le big boss, Philippe Val, qui mène un grand combat contre la corrida. Le cabinet de consultant auteur de la chose avance quant à lui prudemment qu’il s’agit d’éviter les discussions passionnelles. Dans ce cas, autant interdire tout de suite de discuter politique et religion sur les forums, comme on le fait à table dans les familles sages ou encore entre amis désireux de le rester.

« Sur un forum, les lois jamais tu n’enfreindras »

Ce qui m’interpèle, personnellement, c’est la démarche. Puisque Radio France s’amuse à « légiférer », car il s’agit bien de cela,  observons de plus près la méthode. Comme vous le voyez, les consultants ont recensé tous les sujets à problème, puis ont affiné avec leur client ce qui était problématique mais admissible, éventuellement sous condition, et ce qui ne l’était absolument pas. S’en suit un catalogue à la Prévert qui affiche ouvertement l’ambition de l’exhaustivité. J’imagine que le modérateur n’a plus qu’à checker la liste pour vérifier que le commentaire est admissible ou pas. Et à se retrancher derrière le règlement en cas de désaccord avec l’auteur. Cette méthode casuistique est très anglo-saxonne dans l’approche. Chez nos amis anglais et américains en effet, on n’aime pas les règles générales du type « Sur un forum, les lois jamais tu n’enfreindras, la politesse et la mesure toujours tu respecteras ». Cette méthode là, c’est celle du code civil français splendidement portée par le grand jurisconsulte Portalis dont je ne recommanderais jamais assez la lecture du fameux discours préliminaire. « On gouverne mal quand on gouverne trop » écrivait-il ou bien encore « il faut s’en tenir au bien quand on est en doute du mieux ». Un bijou d’intelligence. On pose des règles générales et on laisse ensuite le soin à l’homme, juge ou modérateur, d’apprécier au cas par cas si la loi est respectée ou pas. Nos amis anglo-saxons, eux, préfèrent prévoir l’ensemble des hypothèses. C’est ainsi que leurs contrats font plusieurs centaines de pages et que leur recueils juridiques remplissent des bibliothèques entières. Il faut tout envisager, absolument. Et prévoir une solution pour chaque problème, aussi hypothétique soit-il.

Je vous entends déjà songer : mais c’est impossible de tout prévoir ! Bel esprit français que vous êtes. Vous vous découvrez juriste ! Eh oui, c’est impossible, d’où la grande sagesse de notre système juridique, même si ces derniers temps il sombre parfois dans les errances de nos amis anglo-saxons, mondialisation culturelle oblige. Notez l’inverse est également vrai, ils ont attrappé notre virus législatif, c’est ce qu’on appelle la convergence des systèmes.

« PUTAIN mé il fé pas bo ! » 

Mais je m’éloigne de mon sujet. Donc, grâce à la Charte de Radio France, nous savons désormais comment penser et commenter juste. Au millimètre. C’est carré, bordé, impeccable. Je gage néanmoins que des petits malins vont s’employer dès demain à trouver des failles dans le système, à inventer le commentaire honteux échappant aux prévisions du « législateur ». D’ailleurs, l’auteur de l’article d’@si a déjà commencé. Puisque le langage texto, les majuscules et les vulgarités sont admises, alors il est possible d’écrire : « PUTAIN mé il fé pas bo ! » Et là vous découvrez ce qu’on appelle les comportements de contournement de la loi qu’on reproche tant à nos amis financiers. C’est humain. Face à une réglementation qui dérange, le réflexe immédiat consiste à tenter de passer au travers. Si elle est sottement casuistique, on y parvient. C’est beaucoup plus difficile en revanche de s’exonérer d’une règle de principe. Nous sommes au coeur de la difficulté pour les gouvernements de tirer les leçons de la crise financière. Réglementer en faisant en sorte que les mécanismes de contournements ne s’avèrent pas plus dangereux que l’absence de réglementation. Quand je dis cela, je ne défends pas un instant les thèses ultralibérales selon lesquelles le seul problème des marchés financiers serait la loi, c’est-à-dire l’intervention du politique qui viendrait perturber le fonctionnement d’un marché naturellement pur et parfait. Je dis simplement qu’il est très difficile de légiférer intelligemment. Qu’il faut à la fois développer une grande connaissance du droit et une vision très fine de la psychologie humaine.

Ah ! Comme elle est intéressante au fond, cette charte des commentaires de Radio France !

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27 commentaires »

  1. Sur votre questionnement trop de loi ou pas assez de loi, j’ai une réponse de jésuite : je ne sais pas, mais il n’est pas écrit dans la loi que les gouvernements doivent renflouer les banques : qu’elles crèvent et que le gouvernement se porte garant à hauteur de 75 000 euros par compte. Ca c’est la loi. Que l’on joue le jeu du marché … pour rire.

    Commentaire par herve_02 — 12/10/2011 @ 23:19

  2. @herve_02 : en fait le questionnement est plus précisément : légiférons moins et mieux. L’ennui c’est que nos gouvernants pensent avant tout à leur image, à réagir vite, à buzzer, toute choses à l’opposé du temps et de la délicatesse nécessaires à la production d’une vraie bonne loi…Sur la loi du marché, je vous rejoins, totalement. Nous avons le même sens de l’humour, à ce que je vois 😉 A ceci près que là encore il faut se poser la question des conséquences générales. Je n’ai pas la réponse. J’ai retenu un chiffre hier en regardant Ce soir ou jamais : les actifs des banques françaises représentent deux fois le PIB de la France. Vertige.

    Commentaire par laplumedaliocha — 12/10/2011 @ 23:35

  3. « Cette méthode casuistique est très anglo-saxonne dans l’approche. »

    Je ne suis pas du tout d’accords. (Sans etres jurist) Au contraire, les regles generales sont nombreuses dans le common law. C’est la jurisprudence qui va definir l’application du droit. Par example, le premier amendement de la Constitution americaine definit les liberte de religion, de presse, d’expression et d’assemble. « Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances. » C’est une regle generale et c’est aux cours de l’interpreter. C’est le cas pour beaucoup de choses. La raison pour laquelle il y a des bibliotheques entieres dediees aux recueils juridiques c’est justement que face a un droit compose de regles generales, ils se servent enormement de la jurisprudence pour etablir des regles stables. Donc ces bibliotheques sont en grande partie la liste enorme des opinions jurisprudenciels que les avocats peuvent invoquer pour triompher sur leur adversaire. Mais il faut se rappeler que la jurisprudence peut etres retournee et donc on en reste a des regles generales qui sont precisees par des guides.

    Sinon il faut aussi se rappeler que les regles generales ont parfois tendance a permettre tous les abus a ceux qui les appliquent. C’est d’ailleurs souvent le reproche fait aux juges americains d’utiliser le fait que la norme a appliquer est vague pour imposer leur ideologie. Par example, je vous met au defit de m’expliquer comment on peu de facon mechanique appliquer le 9eme amendemant de la constitution US et en tirer un droit a l’avortement. Ou de trouver la justification de Lochner (jugeant les limites des horaires de travail anticonstitutionel) dans le 14eme amendement. Les courts aux USAs ont meme invente des regles de toute pieces comme celle du « contributory copyright infringement ».

    Bref, je pense que vous avez sur ce point completement tort.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 12/10/2011 @ 23:45

  4. « C’est beaucoup plus difficile en revanche de s’exonérer d’une règle de principe. »

    Mais il est beaucoup plus difficile d’en abuser. Par example, les concepts de « trouble de l’ordre publique » et de « bonne moeurs » sont tellement large qu’on peu y mettre tout et n’importe quoi. Cela permet facilement a un juge, un policier ou un autre representant de la force publique de votre coller quelque chose sur le dos si ils le veulent.

    Quand la regle est claire et nette, on sait a quoi s’en tenir et on a la possibilite de rester entre les clous.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 12/10/2011 @ 23:50

  5. Je voulais dire bien sur: « Mais il est beaucoup plus facile d’en abuser. »

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 12/10/2011 @ 23:50

  6. @PrometheeFeu : un juge me racontait il n’y a pas longtemps cette anecdote : il y a quelques années, un fait divers avait ému l’opinion, il s’agissait d’un enfant coupé en deux lors d’une baignade par un scooter des mers. Le garde des sceaux de l’époque exigea sur l’heure une loi réprimant les conducteurs de scooters des mers qui tuent des baigneurs. Les juristes eurent un mal fou à lui expliquer que les textes existants permettaient de réprimer ce type de comportement. Si j’interdis de tuer avec un scooter des mers, alors je n’interdis pas de tuer avec un autre jouet dangereux similaire. Tandis que si je pose un principe général, j’englobe toutes les hypothèses présentes et à venir. La difficulté, c’est de parvenir à extraire l’essence de la règle.

    Commentaire par laplumedaliocha — 13/10/2011 @ 00:06

  7. @laplumedaliocha:

    Je ne ni par que cela arrive. Mais il me semble que ce n’est pas une specificite anglo-saxonne. L’equation un fait divers => une loi me semble aussi bien tenir en France non?

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 13/10/2011 @ 00:39

  8. Chère Aliocha, il me semblait avoir comparé les codes pénaux de divers états américains et celui de la France, et que la simplicité n’était pas forcément du côté français. Ainsi, on a créé en France des listes à la Prévert de cas particuliers aggravant telle ou telle contravention, tel ou tel délit, de façon pas forcément très cohérente et au gré des faits divers. Le code de procédure pénale ne brille pas non plus par sa limpidité.

    Je note que l’exigence de généralité et d’élégance dans la rédaction de règles formelles est bien sûr importante en droit, mais aussi en informatique ; qui plus est, en informatique, on ne peut pas se reposer sur les juges ou le bon sens pour pallier les cas non couverts et les incohérences, ce qui rend l’exercice assez périlleux.

    Le dilemme entre règles générales et casuistique est difficile à trancher. Sur des forums en ligne, on pourrait se contenter d’une règle « don’t be a dick », mais le problème est qu’elle est quelque peu subjective, ce qui ouvre la porte à des accusations de favoritisme et d’inégalité de traitement. Alors, on tente de la définir plus précisément, et on tombe alors facilement sur des cas où l’application aveugle des règles donne le contraire de ce que l’on voulait. Les gens protestent alors contre le « juridisme » et la « bureaucratie ».

    Je vous laisse, j’ai un problème de casuistique à résoudre sur des conflits d’intérêts.

    Commentaire par DM — 13/10/2011 @ 06:28

  9. Au lieu de « checker », vous vouliez sans doute dire « vérifier », non ?

    Commentaire par Delbano — 13/10/2011 @ 07:32

  10. C’est un paradoxe mais un paradoxe bien connu et maintes fois vérifié : les anarchistes et autres transgresseurs de tout poil (Philippe Val en l’occurrence) adorent les règles. Allez savoir pourquoi…

    Commentaire par DMonodBroca — 13/10/2011 @ 08:48

  11. Bonjour Aliocha,

    Moi, je trouve cette charte assez inquiétante dans son esprit. On commence par la Tauromachie et puis on glisse doucement sur d’autres sujets. Ne nous leurrons pas, la Tauromachie comme la Chasse ne sont que des symboles qui servent de commodes paravents à des volontés beaucoup plus nocives (je vous recommande la lecture de « Propaganda » d’Edward Bernays chez Zones). Remarquez, je n’en suis pas particulièrement surpris et les responsables de cette radio, autrefois auditable (je n’écoute plus que les deux émissions de Philippe Meyer  » l’esprit public » et surtout le délicieux « La prochaine fois, je vous le chanterai », absolument idoine quand on cuisine) ne font que révéler leur nature profonde et leur conception moderne du dialogue. Quand on connait leur itinéraire politique, on ne peut pas être surpris. Comme a dit le grand dramaturge Bertold BRECHT « Le peuple pense mal…il faut changer le peuple… » Il est sincèrement regrettable qu’un service dit public devienne lentement mais sûrement le docile et servile instrument de cette politique.
    Je préfèrerai de loin que Philippe Val et consort fassent de cette autre belle phrase leur vadémécum quotidien: « Je ne cherche pas à convaincre d’erreur mon adversaire, mais à m’unir à lui dans une vérité plus haute ». Si les causes qu’ils défendent sont si justes, ils ne devraient pas avoir peur.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 13/10/2011 @ 09:25

  12. Quelle différence entre cette charte et une censure pure et simple ?

    Commentaire par Schnorchel — 13/10/2011 @ 10:13

  13. Chère hotesse,
    HS, mais une petite rigolade, bonne à prendre, dans ces temps de gauche/droite dures (ou molles ou raides ou fortes, enfin je ne sais plus).
    http://blabladezinc.20minutes-blogs.fr/archive/2011/10/11/monsieur-grolle-sur-le-post-fr.html

    Commentaire par araok — 13/10/2011 @ 11:04

  14. Dans la charte, je vois 2 parties : dans une première partie, « contenus illicites », ils donnent les règles générales. Je la trouve très bien formulée.
    Dans la 2eme partie, des groupes de travail ont décliné ces règles en une multiplicité de cas plus précis, ce qui éclaire l’esprit de la charte. Nulle part je vois que ça revendique l’exhaustivité. Ca ne me choque pas plus que ça.
    Quant à voir ici la trace de la bête immonde, cher Schnorchel, vous charriez.

    Commentaire par Ginkgo — 13/10/2011 @ 12:08

  15. Pour l’opposition supposée (mais bien réelle) en terme d’approche du droit entre les tenants du droit romain (les civilisés) et le monde anglo-saxon (les barbares), je vous recommande la vision du juge James Kent.
    Il a choisi le système « anglais » parce qu’il était le plus connu dans les « colonies », (bien que le système romain soit le plus pertinent, reconnait-il )… et plus accessible à la faible éducation des populations migrantes aux origines si diverses …
    Pour les détails :
    « Le juge James Kent » de Jacques Cazotte .

    Commentaire par fultrix — 13/10/2011 @ 12:35

  16. @Ginkgo

    Ben si on n’a pas le droit de critiquer la direction de Radio France, comment appelez vous ça ?

    Commentaire par Schnorchel — 13/10/2011 @ 14:52

  17. Je suis aussi de l’avis de PrometheeFeu, les règles générales me semblent exister au moins autant dans la common law qu’en droit romain. Au delà des exemples de la constitution américaine, il y a aussi pleins de cas dans quelque chose de bien plus terre-à-terre, le code de la route britannique : par exemple, il n’y a pas d’interdiction explicite du téléphone portable dans la loi (c’est mentionné dans le Highway Code, mais c’est un document non-légal qui contient des conseils et pas uniquement les lois). Pour autant que j’ai pu le trouver, tout ce que la loi interdit, c’est de rouler de manière dangereuse (avec une définition très vaste, je crois que c’est dans le Road Traffic Act). C’est d’ailleurs l’infraction passe-partout qui est utilisée par la police pour réprimer tous les comportements dangereux : non respect des distances de sécurité ? Dangerous driving. Téléphone portable au volant ? Dangerous driving. Conduite trop rapide sous la neige ou très forte pluie (mais pas au dessus des limites théoriques) ? Dangerous driving. On est quand même très loin d’une loi-catalogue qui cherche à énumérer tous les cas possibles, c’est tout le contraire !

    Par ailleurs, j’ai le sentiment que les britanniques sont un peu moins susceptibles de tomber dans le piège du « un fait-divers, une loi », mais c’est une impression personnelle, je ne sais pas du tout si elle se généralise vraiment.

    Et je ne connais pas du tout le droit commercial (comme si je connaissais le droit tout court…), peut-être que c’est effectivement différent pour les contrats.

    Commentaire par Rémi — 13/10/2011 @ 15:21

  18. Je rejoindrais volontiers Prométhéefeu sur certains points. En effet, certaines notions floues (soft law) sont gérées sans difficulté aucune par les régulateurs familiers de la common law, alors qu’ils sont assez difficiles à appréhender pour nous. Exemple : les directives européennes imposent que les dirigeants d’entreprises soient « fit and proper » (dans la version française de la directive, ça devient « compétents et honorables »). Transposer la compétence et l’honorabilité en droit français, c’est assez difficile. Et ça a donné ça (C. Ass, L. 322-2), qui ressemble pas mal au travers ici dénoncé :

    « I.-Nul ne peut, à quelque titre que ce soit, diriger, gérer ou administrer une entreprise soumise au contrôle de l’Etat en vertu de l’article L. 310-1 ou de l’article L. 310-1-1, une société de groupe d’assurance définie à l’article L. 322-1-2, une compagnie financière holding mixte définie à l’article L. 334-2, ni être membre d’un organe collégial de contrôle de ces entreprises, sociétés ou compagnies, ni disposer du pouvoir de signer pour leur compte, s’il a fait l’objet depuis moins de dix ans d’une condamnation définitive :

    1° Pour crime ;

    2° A une peine d’emprisonnement ferme ou d’au moins six mois avec sursis pour :

    a) L’une des infractions prévues au titre Ier du livre III du code pénal et pour les délits prévus par des lois spéciales et punis des peines prévues pour l’escroquerie et l’abus de confiance ;

    b) Recel ou l’une des infractions assimilées au recel ou voisines de celui-ci prévues à la section 2 du chapitre Ier du titre II du livre III du code pénal ;

    c) Blanchiment ;

    d) Corruption active ou passive, trafic d’influence, soustraction et détournement de biens ;

    e) Faux, falsification de titres ou autres valeurs fiduciaires émises par l’autorité publique, falsification des marques de l’autorité ;

    f) Participation à une association de malfaiteurs ;

    g) Trafic de stupéfiants ;

    h) Proxénétisme ou l’une des infractions prévues par les sections 2 et 2 bis du chapitre V du titre II du livre II du code pénal ;

    i) L’une des infractions prévues à la section 3 du même chapitre ;

    j) L’une des infractions à la législation sur les sociétés commerciales prévues au titre IV du livre II du code de commerce ;

    k) Banqueroute ;

    l) Pratique de prêt usuraire ;

    m) L’une des infractions prévues par la loi du 21 mai 1836 portant prohibition des loteries, par la loi du 15 juin 1907 relative aux casinos (1) et par la loi n° 83-628 du 12 juillet 1983 relative aux jeux de hasard ;

    n) Infraction à la législation et à la réglementation des relations financières avec l’étranger ;

    o) Fraude fiscale ;

    p) L’une des infractions prévues aux articles L. 121-6, L. 121-28, L. 122-8 à L. 122-10, L. 213-1 à L. 213-5, L. 217-1 à L. 217-3, L. 217-6 et L. 217-10 du code de la consommation ;

    q) L’une des infractions prévues au code monétaire et financier ;

    r) L’une des infractions prévues aux articles L. 324-9, L. 324-10 et L. 362-3 du code du travail ;

    s) Les atteintes aux systèmes de traitement automatisé prévues par le chapitre III du titre II du livre III du code pénal ;

    t) L’une des infractions à la législation ou la réglementation des assurances ;

    3° A la destitution des fonctions d’officier public ou ministériel.

    II.-L’incapacité prévue au premier alinéa s’applique à toute personne à l’égard de laquelle a été prononcée une mesure définitive de faillite personnelle ou une autre mesure définitive d’interdiction dans les conditions prévues par le livre VI du code de commerce.

    III.-Sans préjudice des dispositions du deuxième alinéa de l’article 132-21 du code pénal, la juridiction prononçant la décision qui entraîne cette incapacité peut en réduire la durée.

    IV.-Les personnes exerçant une fonction, une activité ou une profession mentionnée au premier alinéa du I qui font l’objet de l’une des condamnations prévues aux I et II doivent cesser leur activité dans un délai d’un mois à compter de la date à laquelle la décision de justice est devenue définitive. Ce délai peut être réduit ou supprimé par la juridiction qui a rendu cette décision.

    V.-En cas de condamnation prononcée par une juridiction étrangère et passée en force de chose jugée pour une infraction constituant, selon la loi française, un crime ou l’un des délits mentionnés au I, le tribunal correctionnel du domicile du condamné déclare, à la requête du ministère public, après constatation de la régularité et de la légalité de la condamnation et l’intéressé ayant été dûment appelé en chambre du conseil, qu’il y a lieu à l’application de l’incapacité prévue au premier alinéa du I.

    Cette incapacité s’applique également à toute personne non réhabilitée ayant fait l’objet d’une faillite personnelle prononcée par une juridiction étrangère quand le jugement déclaratif a été déclaré exécutoire en France. La demande d’exequatur peut être, à cette fin seulement, formée par le ministère public devant le tribunal de grande instance du domicile du condamné.

    VI.-Le fait, pour une personne, de ne pas faire l’objet de l’incapacité prévue au présent article ne préjuge pas de l’appréciation, par l’autorité compétente, du respect des conditions nécessaires à l’agrément ou à l’autorisation d’exercice.

    VII.-Les personnes appelées à conduire une entreprise, une société ou une compagnie mentionnée au premier alinéa du I au sens de l’article L. 321-10 doivent posséder l’honorabilité, la compétence ainsi que l’expérience nécessaires à leur fonction.

    VIII.-Lorsqu’elle est amenée à apprécier l’honorabilité, la compétence et l’expérience de dirigeants et d’administrateurs qui exercent ces mêmes fonctions au sein d’entités autres que celles mentionnées au premier alinéa et appartenant au même groupe au sens de l’article L. 334-2, l’Autorité de contrôle prudentiel consulte les autorités compétentes au titre de ces autres entités. Elle communique à ces autorités les informations utiles à l’exercice de leurs missions. « 

    Commentaire par Cimon — 13/10/2011 @ 15:27

  19. @Schnorchel #16
    J’appelle ça le devoir de réserve. C’est ultra-répandu, dans le privé , très souvent présent dans les contrats de travail; et dans le publique, dans les règlements statutaires.

    Commentaire par Ginkgo — 13/10/2011 @ 17:17

  20. Il y a plus simple, boycotter Radio France. 😉

    Commentaire par Ceriat — 13/10/2011 @ 19:31

  21. […] Penser droit avec Radio France […]

    Ping par Penser droit avec Radio France | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 14/10/2011 @ 00:02

  22. « Ce qui m’interpelle … »
    Pardon pour ce commentaire purement orthographique. Je teste votre charte perso.

    Commentaire par Charles — 14/10/2011 @ 15:42

  23. Mais il faut aussi bien penser à inviter quelqu’un du Figaro et tout le monde à bien compris la raison.
    Je suis légèrement hors sujet, c’est surtout vrai pour France Télévision, écoutant peu la radio mais les principes restent vrais.

    Commentaire par Gérard — 14/10/2011 @ 16:11

  24. Qui veut tout déterminer par des lois irritera les vices plutôt qu’il ne les corrigera. (Baruch Spinoza, Traité théologico-politique)
    Ce qu’on ne peut interdire, il faut nécessairement le permettre. (idem)

    Et donc je n’arrive pas à comprendre comment, par exemple, on peut concevoir d’empêcher et interdire ce qu’on appelle délit d’initié ou entente anti-concurrentielle, attendu qu’on ne peut interdire aux gens de se parler (d’autant que par exemple Canon et Sony sont à la fois concurrents, clients, fournisseurs et partenaires l’un de l’autre, idem les opérateurs de téléphonie mobile…).

    Commentaire par Jean Roche — 15/10/2011 @ 09:50

  25. Pour penser droit, il faut écouter Radio France :

    Ecoutez Audrey Pulvar (on sait tout de suite pour qui elle penche, et ne s’en cache absolument plus depuis dimanche dernier), Caroline Fourest … le nouveau chroniqueur qui monte, Bernard Maris : très sûr de lui – il faut l’écouter le samedi matin à l’émission de 9 heures, un bel exemple la semaine dernière au sujet de V. Pécresse, assez attendu de sa part) et puis bien sûr, le très grand Paoli …

    Ecouter France Inter, cela vaut bien une messe et vous accéderez à la Vérité.

    Commentaire par Nicolas — 15/10/2011 @ 11:09

  26. Depuis que le tandem Hees – Val est entré à la direction de Radio France, l’évolution de France Inter me désole, à chaque fois un peu plus.

    Exit Didier Porte, qui me faisait bien marrer, et qui en loucedé distillait un usage du Français dont je me délectais.

    Et puis exit « le fou du roi » qui, malgré le départ de Porte, continuait à faire le bonheur des habitués de la station.

    Et en cette rentrée, je constate qu’on a fait disparaitre « à plus d’un titre » de la grille de France Culture… ça me désole !

    Il nous reste encore le tautologue de 07h55 (Philippe Meyer). Pourvu qu’il résiste encore longtemps !

    Je tiens Val pour un arriviste, une belette domestiquée qui aurait retrouvé le gout du sang. Charlie Hebdo prenait des airs de Grande Loubianka (oui, j’exagère un peu !) et le « Lider Maximo » s’offrait les feux de la rampe en affrontant le vilain J6M…

    Ce garçon me donne l’impression d’avoir lu Salvador Dali en travers, et de n’avoir rien compris au fond du propos : « A l’âge de 6 ans, je voulais devenir cuisinière. A 7 ans, je voulais être Napoléon, et depuis, mon ambition n’a cessé de grandir »

    Et maintenant une charte ubuesque… pauvre (Radio) France !

    Pour ce qui est du droit, se reporter au dernier billet de Philippe Bilger.

    Commentaire par Zarga — 15/10/2011 @ 11:36

  27. Merci Aliocha pour le lien sur le discours de Portalis … Mais je suis surpris de voir qu’il s’agit d’un lien vers un site canadien ! Il n’est pas disponible gratuitement sur un site français ?!

    @ cimon
    Le « C. Ass. », c’est le code des Assurances ?
    Il me semblait que, selon le type de code, l’interprétation (par les juges) peut-être plus ou moins « libre » : par exemple le Code Pénal interdit certaines choses … mais tout ce qui n’y est pas strictement interdit reste autorisé (d’où l’anecdote d’Aliocha en #6)

    Commentaire par Yves D — 16/10/2011 @ 19:20


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