La Plume d'Aliocha

06/10/2011

Steve Jobs : la planète consommation en deuil

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 13:03

La disparition de Steve Jobs, le mythique patron d’Apple, mérite-t-elle l’ouverture des informations télévisées ? BFM TV semble le penser puisque c’est sur ce sujet qu’a débuté le journal de ce matin 9 heures. Quel symbole ! Et le printemps arabe, et la crise financière, et les indignés, de Barcelone à Wall Street, et la famine en Afrique ? Cela passera après, ou pas du tout. Car voyez-vous, l’inventeur de nos joujoux favoris de consommateurs capricieux est parti. Les médias aiment les sujets proches des gens. Or quoi de plus proche que l’IPhone, ce petit carré de vie intime que l’on transporte dans sa poche ? Cet objet qui nous relie au monde par mille canaux et sans lequel on se sent aussi nu et vulnérable que l’enfant qui vient de naitre. Au monde, mais au fait à quel monde ? Cela dépend je suppose. On dit que les réseaux sociaux ont largement contribué à bien des révoltes récentes. C’est la face lumineuse du progrès technologique que Steve Jobs a si génialement contribué à développer. L’autre face, c’est l’extension du domaine de l’ego. Mais de celle-là, nous ne parlerons pas. Chut ! Le monde est en deuil. Steve Jobs est mort. Et déjà l’inquiétude nous saisit : qui nous inventera le joujou de demain ?

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46 commentaires »

  1. Et BFM TV continue : reportage sur les bouquets de fleurs et les bougies devant les magasins à New-York, Oh ! misère……

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 13:33

  2. C’est aussi le sujuet d’ouverture sur France Info…

    Commentaire par Triskael — 06/10/2011 @ 13:42

  3. Une info en chasse l’autre. C’est le principe du journalisme non?

    Commentaire par xo — 06/10/2011 @ 14:10

  4. @xo : ou d’Alzheimer, vu la longévité desdites infos…

    Commentaire par Triskael — 06/10/2011 @ 14:18

  5. Alzheimer m’avait marqué en mars. Combien sont morts en Libye à cause de Fukushima? Et pourtant, il fallait aussi traiter ce sujet…

    Commentaire par xo — 06/10/2011 @ 14:20

  6. Ce torrent de louanges est certainement pour partie justifié mais il est très exagéré.
    Mais que voulez-vous ? que ce soit pour le vouer aux gémonie ou pour le porter aux nues, nous n’aimons rien tant que de sortir un individu de la foule et de nous rassembler autour de lui en le montrant du doigt…
    C’est aussi banal qu’irrationnel.
    Parmi les talents de Steve Jobs il y eut certes celui d’avoir su utiliser les compétences que la Californie attire mais il y eut aussi celui de profiter de la sous-évaluation du yuan, arme voulue par la Chine et dirigée contre les USA…
    Dans un monde soumis au dogme libéral les firmes comptent plus que les nations : aujourd’hui Apple est l’une des compagnies les plus chères et les plus riches du monde et les USA la nation la plus endettée du monde….
    Ayant dans ma poche l’un de ses petits engins diaboliques qu’on appelle i-phone, je suis un peu complice de cette situation à hauts risques.

    Commentaire par DMonodBroca — 06/10/2011 @ 14:40

  7. La mort de SJ faisant les grands titres des journaux, est-ce exagéré? Oui, sans doute, car finalement ce n’est qu’un homme, un créateur d’entreprise comme les autres, un champion du marketing, capable de nous vendre ce dont nous nous passions très bien hier…

    Mais Steve Jobs, c’est aussi l’homme qui a révolutionné l’Interface Homme-Machine, (IHM) rendant accessible à tous les « trucs » des informaticiens il y a 25 ans. Non seulement, il a simplifié notre rapport à ces machines dont nous n’arrivons plus à nous passer (ordinateur, baladeur numérique ou téléphone dit « smart ») mais il a obligé des professions entière à redéfinir leu manière de travailler, que ce soit les fabricants d’ordinateur, mais également les concepteurs de programmes, les fabricants de téléphones et les fabricants de consoles de jeu. Rappelez vous ce qu’étaient les « smartphones » avant l’iPhone: le meilleur était le Blackberry, réservés à une « élite » professionnelle qui se le faisaient offrir par leur employeur à grands frais. Aujourd’hui, ma grand-mère si elle était de ce monde arriverait à utiliser l’iphone, y compris pour trouver un salon de thé à coté du musée qu’elle vient de visiter.

    De la même manière le premier Macintosh (128 K) en 1984 a été le premier ordinateur à interface graphique, en non à base de ligne de commande comme c’était l’usage à l’époque, copié en 1990 seulement par Microsoft avec les premières moutures de Windows. et être précurseur ne veut pas dire être gagnant à tous les coups, car à cette époque, l’entreprise a bien failli disparaitre. Il n’a pas non plu inventé le baladeur numérique, (bonjour Sony ou Archos), le téléphone portable (Hello Nokia ou encore Sony) ou la tablette numérique tactile (Archos de nouveau) mais il en a simplifié l’usage pour le grand public.

    Alors oui, c’était certainement un dirigeant de société capitaliste très dur avec ses employés, exigeant toujours le meilleur résultat, et ne se satisfaisant pas d’à peu près; un champion du modèle capitaliste qui a créé un système fermé ET rentable pour le plus grand plaisir des utilisateurs qui sont aussi des acheteurs. Mais à titre personnel, je suis très satisfait de ne pas avoir à me soucier du moteur de mon ordinateur, parce que ce n’est pas ce que j’ai envie de faire avec l’informatique comme je n’ai pas envie de prendre des cours de mécanique pour arriver à conduire mon véhicule tous les jours.

    SJ était-il un grand homme ou un grand capitaliste? les deux certainement, mais surtout il a fait basculer le monde dans le numérique beaucoup plus vite que cela ne se serait produit grâce à des produits faciles à utiliser. Rien que pour cela, il mérite les hommages qui lui sont présentés aujourd’hui, au-delà de la mort d’un homme qui est toujours triste.

    Quand au joujou numérique de demain, est-ce bien important?

    Commentaire par emmby — 06/10/2011 @ 14:45

  8. @emmby : certes, votre grand-mère saurait se servir de l’IPhone, encore faudrait-il qu’elle ait les moyens d’acheter le joujou. Si j’ai bien compris le seul débat à peu près intéressant de ce matin sur BFM, Microsoft reste la boite qui a démocratisé l’informatique quand Apple a tendance à la réserver à une élite.
    Plus généralement, je ne conteste ni l’importance ni le talent du monsieur. J’observe simplement que dans la hiérarchie de l’information du jour, lesmedias considèrent qu’il n’y a rien de plus important que le décès de Steve Jobs. Et j’observe que cette analyse est confortée par les réactions sur la toile ainsi que par les dizaines de mails que je reçois de la part d’un nombre incroyable de médias, d’entreprises et autres qui tentent d’accrocher leur wagon à l’événement. Le mélange de sociétés de consommation, d’évolution technologique, de business et de délire du système médiatique est tout simplement fascinant. Et si révélateur des valeurs d’une société…

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 14:58

  9. @emmby

    « …mais surtout il a fait basculer le monde dans le numérique beaucoup plus vite que cela ne se serait produit grâce à des produits faciles à utiliser. Rien que pour cela, il mérite les hommages qui lui sont présentés aujourd’hui »

    En quoi ce « basculement dans le numérique » justifie-t-il des hommages ? Sommes-nous plus heureux qu’avant, plus sages, plus attentifs à autrui ? la paix dans le monde a-t-elle fait des progrès ? la faim et la misère ont-elles regressé ?…

    Commentaire par DMonodBroca — 06/10/2011 @ 15:28

  10. C’est vrai, et on n’a pas fini d’en entendre parler. C’est le principe des médias actuels, plus proches de Loana que d’Albert Londres. Cela dit, Jobs n’est pas le personnage le moins intéressant de notre société, et l’info plus logique que celle de l’arrivée de DSK en France ! Tout le système est à revoir, mais comment aller contre, que faire pour bousculer cet état de fait insupportable. La presse, les médias en général, ont manifestement choisi la facilité et l’économie, plutôt que d’investir dans de vraies enquêtes (longues et coûteuses) ou en rappelant des faits douloureux. Mais le souci est peut-être d’un autre ordre : avons-nous vraiment envie de tout savoir des atrocités générées autour de nous ? Supporterions-nous qu’un journal nous martelle, à chaque 20h, comme pour les otages, combien d’entre-nous, humains, sont morts de faim et/ou de soif ces dernières 24 h ? Ce serait pourtant aisé et peu cher. N’avons-nous pas peur de rester impuissants face à une information qui deviendrait terriblement vraie ? Par où commencer sans se lover dans l’indignation « passive » ? S’exprimer semble déjà un bon début. Merci donc, Aliocha, d’ouvrir tous ces débats.

    Commentaire par Magfuel — 06/10/2011 @ 15:29

  11. Pas mal de mauvaise foi dans ce post, je suis déçu, moi qui aime d’habitude tant le point de vue d’Aliocha…
     » Et le printemps arabe, et la crise financière, et les indignés, de Barcelone à Wall Street, et la famine en Afrique ? » : on sait comment l’information se construit. Aucun de ces cas n’est nouveau, il ne s’est rien passé, et un journal s’ouvre toujours sur des nouvelles, qui portent bien leur nom. La vraie question serait de savoir s’ils font des reportages sur ces sujets, et si les médias vont allouer des ressources pour des reportages vides sur Jobs plutôt que sur ces vrais problèmes.

    Le CEO cofondateur de la plus grosse entreprise du monde décède, et nous sommes des millions à utiliser les produits de cette entreprise, qui a réellement changé notre manière de fonctionner (avant l’iphone, Apple a ouvert l’ère des PC personnels, avant Microsoft…). Oui, son décès est une nouvelle et une information d’importance, devant des sujets qui méritent des reportages de fond.

    Commentaire par François T — 06/10/2011 @ 15:30

  12. @François T : Et tout le monde écoute Michael Jackson, c’est pourquoi BFM et les autres avaient consacré la journée entière à la nouvelle de son décès. Personne n’a dit que le décès de Steve Jobs était dénué d’intérêt, je repose juste la question : est-on sûr que l’événement le plus important de la journée ? Au point de faire l’ouverture des infos et même de donner lieu à des éditions spéciales ? Dis moi ce que tes médias te racontent et je te dirai qui tu es.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 15:35

  13. @Magfuel : « Supporterions-nous qu’un journal nous martèle, à chaque 20h, comme pour les otages, combien d’entre-nous, humains, sont morts de faim et/ou de soif ces dernières 24 h ? ». C’est précisément parce que les directeurs de programme pensent que non, que les médias en sont là. J’en ai parlé récemment avec un célèbre reporter de guerre, lequel me disait que son travail ne vise pas à faire pleurer mais à faire comprendre. Il se passe des choses tout simplement phénomènales depuis le début de l’année, il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières mais d’informer sur la marche du monde, de faire comprendre les conflits et les enjeux qui les soutendent.
    « Ce serait pourtant aisé et peu cher »: au contraire, cela coûterait en frais de reportage, tandis que convoquer trois spécialistes sur un plateeau pour commenter non stop la mort de Steve Jobs, ça ne coûte pas un centime.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 15:43

  14. D’un autre coté Steve Jobs guérissait les écrouelles et certains affirment l’avoir vu marcher sur l’eau (au lac de Tibériade semble t il)…

    Commentaire par Marquis de Mussipont (@Mussipont) — 06/10/2011 @ 15:49

  15. Mercredi, Göksin Sipahioglu, fondateur de Sipa est mort… rien !
    En ce qui concerne le billet qui nous occupe, il ne semble pas qu’Aliocha en veuille à SJ, mais plutôt à la hiérarchisation de l’info qui en fait la chose la plus importante du jour. Innutile de nous convaincre de ses talents, nous sommes tous d’accord la-dessus.

    Commentaire par Mécékilui — 06/10/2011 @ 15:59

  16. Est-ce l’information la plus importante de la journée ?

    Humm … Est-ce que l’info de la libération de Guéckière et Taponnier était l’info la plus importante du jour lorsque ça a été annoncé ?

    Est-ce qu’une information qui est avant tout basée sur un Homme est forcément moins importante qu’une info basée sur une multitude (la famine, la fermeture d’une grande usine, la guerre civile ou pas) ??

    On s’y attendait (on ne guéri pas du cancer du Pancréas, et je trouve que Steve Jobs, en l’ayant combattu pendant 6 ans, mérite déjà un coup de chapeau), et ça c’est produit aujourd’hui … Donc ça ne me choque pas que ça fasse la Une, car cet homme incarnait une société (Apple) qui a fait évoluer notre société avec ses « joujoux ».

    @ Emmby :

    Ceci dit, tout comme Bill Gates n’a pas inventé le MS-DOS (et encore moins Windows), ce n’est pas Steve Jobs qui a inventé la « simplification » des interfaces homme-machine (l’interface graphique, avec l’utilisation de la souris, a été inventée dans les laboratoires de recherche du Palo-Alto Research Center appartenant à Rank-Xerox) …
    Mais il a su (comme Bill Gates) commercialiser ces innovations, et le mettre en valeur, parfois contre toutes les études de marché qui prédisaient un échec …

    Commentaire par Yves D — 06/10/2011 @ 16:07

  17. @Yves D : touché ! J’ai pleuré devant mon écran pendant au moins deux heures le jour de la libération d’Hervé et Stéphane, donc je ne suis pas objective, mais la question se pose en effet. Maintenant, il me semble que la crise financière, les révoltes et autres événements historiques en cours mériteraient mieux que 10 secondes en fin de journal, voire rien du tout. Non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 16:10

  18. @ Aliocha (#12 et 13)

    Nos commentaires se sont croisés …
    Mais je suis d’accord avec vous lorsque vous écrivez : « il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières mais d’informer sur la marche du monde, de faire comprendre les conflits et les enjeux qui les soutendent ».

    Mais si on profite de l’annonce de la mort de Steve Jobs pour faire une analyse (un peu comme dans votre billet) de l’importance qu’a pris, dans notre quotidien, les « joujoux » technologiques, je crois que dans ce cas il y a bien « information sur la marche du monde … »

    Commentaire par Yves D — 06/10/2011 @ 16:12

  19. Au hasard, sur Google Actu, une information largement plus importante que le décès de Steve Jobs : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/le-pakistan-mis-sous-pression-par-le-rapprochement-inde-afghanistan-06-10-2011-1642301.php
    je sais, c’est loin, c’est de la géopolitique, c’est compliqué et pourtant c’est là que se joue notamment l’avenir du monde.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 16:20

  20. Un point de vue assez proche (au sens « est-ce une information qui mérite un tel traitement »), mais plus basé sur une critique de l’importance de l’homme … un peu une attaque ad-nominem :
    http://www.fluctuat.net/blog/30624-Et-si-on-en-faisait-trop-sur-Steve-Jobs-

    Quand George Pompidou est mort, je me souviens que les émissions pour enfant du Mercredi (ou samedi) avaient été toutes annulées : la TV Française était en deuil !
    Mais moi je comprenais pas pourquoi la mort d’une telle personne justifiait que je sois privé de « Nicolas et Pimprenelle » : c’était pas de ma faute alors pourquoi j’étais puni !

    Heureusement, aujourd’hui ça ferait juste la Une ….

    Commentaire par Yves D — 06/10/2011 @ 16:24

  21. @ Aliocha (#20)
    Oui, ou là aussi : http://www.lepoint.fr/monde/l-etat-palestinien-reconnu-a-paris-06-10-2011-1381462_24.php

    Commentaire par Yves D — 06/10/2011 @ 16:25

  22. C’était il y a 27 ans … Mais j’ai l’impression d’entendre le discours de certain de nos politiques, non ?

    Commentaire par Yves D — 06/10/2011 @ 17:21

  23. SJ n’était que le gourou de la secte des clients captifs. On mesure aux réactions à son décès l’ampleur du mouvement. A ce monsieur je préfère mille fois Richard Stallmann, même s’il est moins classieux tout en étant très médiatique, qui a vraiment inventé quelque chose et qui est motivé par le bien commun.

    Commentaire par Rauch — 06/10/2011 @ 17:34

  24. J’ignore si la mort de Steve Jobs a fait l’ouverture ou non du JT de 13h sur France 2, mais, cherchant à avoir le nom du prix Nobel de littérature, alors que je tombai sur ledit journal vers 13h15, probablement, je suis tombée sur un reportage concernant la question de savoir si le yéti existe ou non, et sur l’important congrès des chasseurs de yéti. Dussé-je avoir la confirmation que la mort de SJobs a bien fait l’ouverture de ce JT, que je ne serais pas choquée, à titre personnel, qu’elle ait précédé ce morceau de bravoure, qui m’a laissée sans voix.

    Commentaire par Fantômette — 06/10/2011 @ 17:49

  25. @Fantômette : je vous remercie pour cette précieuse information qui me secoue de rire, ce qui est une perforamance à la fin d’une journée aussi épuisante…Je reconnais bien là votre esprit sagace. Le congrès des chasseurs de yeti pourrait devenir emblématique des errances des journaux télévisés. Comme je regrette d’avoir loupé ça !

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 18:02

  26. Bon sang ! Ceux qui s’intéressent au congrès des chasseurs de yeti pourront visionner le JT de France 2 ici (31ème minute) : http://jt.france2.fr/13h/

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 18:12

  27. France 2 a bien ouvert son JT à midi sur Steve Jobs

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 18:14

  28. Objectivement, il s’agissait d’un personnage d’importance. Néanmoins, même à l’aune de ce constat, sa disparition engendre des réactions disproportionnées comme si la foule soutenait son accession à l’immortalité, le privilège accordé à un héros antique après de grands exploits.

    Les thèses de Virilio me laissent en général dubitatifs – je lui trouve ce défaut, propre à nombre d’intellectuels français, d’exprimer avec difficultés des choses banalement simples. Néanmoins, les réactions suite au décès de s. Jobs forment la meilleure illustration de sa notion de « synchronisme émotionnel », cet instant qui abolit les distances et mêlent dans une gigantesques communion des individus que tout sépare d’ordniaire

    Il faudrait peut-être s’interroger sur la nature du ressort qui explique la force de cette manifestation collective. En ces temps de mise en accusation du capitalisme, il intéressant de remarquer combien la figure de l’entrepreneur au sens schumpeterien fascine, au point qu’on excuse presque les aspects les plus critiques du Business d’Apple. A l’inverse des sommités du CAC40, qui attirent sarcasmes, anathèmes, voire jalousies, S. Jobs suscite le respect, pour son œuvre, son intelligence, et même sa roublardise. Peut-être parce qu’il incarne un idéal-type du capitalisme, dont l’énergique violence est création plus que destruction.

    Commentaire par Switz — 06/10/2011 @ 18:55

  29. @switz : je me demandais, en vous lisant, qui avait provoqué pareille désolation planétaire lors de sa disparition, et je pensais en vrac à Michael Jackson et Lady Di, puis, si on remonte plus loin, essentiellement des stars de cinéma et des chanteurs, plus quelques grandes personnalités politiques. Je me trompe ou c’est la première fois qu’un chef d’entreprise a les honneurs d’une telle émotion ?
    Quant à l’attraction exercée par le big boss, je dirais qu’elle repose sur l’innovation, le côté outsider, le design et la talent commercial. Finalement, le premier produit génial de Steve Jobs, c’était lui-même, non ? Il n’empêche, tout ceci me donne le désagréable sentiment que les consommateurs ont perdu leur idole.

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 19:24

  30. La comparaison avec la libération de Ghesquière et Taponnier a une certaine pertinence mais jusqu’à un certain point : cet évènement concernait plus la météo locale de médias, l’annonce du décès de Steve Jobs a eu un impact global.
    Cela nous rappelle aussi à quel point les medias ont besoin d’évènementiel. La mort d’une personnalité est rarement un évènement ; sauf accident, de moins en moins fréquent, c’est le résultat d’un processus plus ou moins long, maladie, vieillesse sont au moins partiellement prévisibles. Il avait abdiqué toutes ses responsabilités, que Steve Jobs soit mort aujourd’hui, il y a huit jours ou dans un mois ne changera rien. Le fait que sa bio tourne en boucle toute la journée sur les chaines d’info en continue n’apportera rien de plus que de la (re)lire dans un mensuel dans 15 jours.
    N’empêche que dès que cela survient, ils sortent bandeaux, mails d’alerte et envoyés spéciaux qui parlent depuis un autre continent pour dire la même chose que ce qu’ils pourraient dire assis dans le studio à 1m50 du présentateur.
    C’est le propre et le travers des médias d’actualité de rapporter le bruit du monde, d’en avoir besoin, et souvent de le produire avec tout matériau disponible.
    On en a fait largement autant lors du décès de Lady Diana, un vrai évènement pour le coup puisque c’était un accident, mais une personnalité qui n’avait pas un impact très important sur la marche du monde, sortie du secteur d’une certaine presse à thème.
    On en fera sans doute encore autant le jour ou l’âge et la maladie amèneront Jacques Chirac à l’issue prévisible de son état.
    Tout cela produit une bouillie peu digeste d’hommages boursoufflés qui fabriquent une vison simple et immédiatement consommable d’un personnage d’une densité certaine, dont l’impact n’est mesurable que sur le long terme. En mirroir quelques rebelles véléitaires s’essaient à une posture critique, tout autant baclée et caricatuale, et de mauvais goût, car il est non seulement difficile mais souvent inutile de faire le procès d’un homme le jour de sa mort (cf par exemple le sinistrement ridicule billet d’Authueil)

    Commentaire par OuvreBoîte — 06/10/2011 @ 19:49

  31. @ Laplumedaliocha et Switz

    Le décès d’un chef d’entreprise a-t-il jamais eu un tel impact planétaire ? non, sans doute pas. Le phénomène est intéressant et révélateur.
    Pourquoi lui?
    Ses divers talents sûrement ont compté bien sûr, sa maladie aussi et la façon dont il l’a vécue, mais les causes véritables du phénomène ne sont pas chez lui, elles sont en nous. La foule a besoin de ces grands moments de ferveur collective, de communion. Les objets qu’elle se choisit pour cela sont choisis sous l’effet du hasard, des circonstances, etc, et un peu aussi des qualités-propres de l’intéressé, et puis ça prend ou ça prend pas, et quand ça prend l’emballement s’auto-alimente. Les média jouent évidemment un rôle essentiel, indispensable : ils créent la place publique virtuelle sur laquelle la foule se rassemble.
    C’est irritant mais c’est un défoulement collectif qui fait du bien sans que cela ait beaucoup d’inconvénients, non ?

    Commentaire par DMonodBroca — 06/10/2011 @ 20:00

  32. @OuvreBoite : Ghesquière et Taponier, la météo locale des médias ? Mourdiou ! Deux compatriotes retenus 547 jours en otage par les talibans, deux journalistes faisant leur boulot et victimes d’un enlèvement, ce n’est pas de la météo locale des médias. Et la joie de leur libération me parait beaucoup plus légitime que les pleurs hystériques sur la disparition d’un patron de boite. Dans un cas, on a un phénomène empathique tout à l’honneur de ceux qui le partagent, dans l’autre une tristesse de consommateurs perdant leur gourou. Elle est là, pour moi, la différence majeure. Pour le reste, nous sommes à peu près d’accord…

    Commentaire par laplumedaliocha — 06/10/2011 @ 20:04

  33. « Ghesquière et Taponier, la météo locale des médias ? Mourdiou ! Deux compatriotes retenus 547 jours en otage par les talibans, deux journalistes faisant leur boulot et victimes d’un enlèvement, ce n’est pas de la météo locale des médias »

    Si, si et encore si ! C’est du pur corporatisme. A aucun moment les autres otages n’ont été mis sur le même plan. Un journaliste, c’est un citoyen plus important que les autres quand on observe le phénomène Ghesquière Taponier. Tant que les journalistes tiendront ce discours, ils auront mauvaise presse si je puis faire ce mauvais jeu de mots. L’annonce de la mort de Steve Jobs est autrement plus importante, car elle touche infiniment plus d’individus que l’enlèvement de deux journalistes inconnus du grand public. La presse a matraqué sur le phénomène Ghesquière Taponier jusqu’à l’écoeurement (liberté de la presse, démocratie en danger et autres fadaises de circonstances). Steve Jobs, demain c’est terminé. On en a parlé et hop basta. Une icône du consumérisme est décédé, soit.

    On ne parle pas de la famine en Afrique ? Quoi, vous voudriez qu’on en parle tous les jours ? Dites Aliocha, vous n’avez pas honte d’être partie en vacance en Grèce, dans un pays en crise ? Il est toujours facile de faire dans le moralisme. Mais je ne pense pas que ce soit très constructif au final. N’est-ce pas ?

    Bref, ce n’est pas là votre billet le plus inspiré. 🙂

    Commentaire par episteme — 06/10/2011 @ 20:41

  34. Je m’aperçois que l’expression « météo locale de médias » n’est pas très heureuse car elle peut être entendu sous plusieurs sens.
    Je ne voulais pas dire que la libération des journalistes ne concernait que les médias, je pense que c’était un évènement qui devait concerner toute la société, mais que l’importance accordée à l’évènement était locale au sens « localement français ». Je ne pense pas, mais j’avoue que je n’ai pas été chercher les revues de presse pour confirmer, que cette libération ai tourné en boucle sur toutes les chaînes d’information du monde et que les directs devant le siège de france télévision se soient succédés toute la journée sur les chaînes américaines.
    Dans le cas de la disparition de SJ, j’ai l’impression que le sujet a effectivement tourné toute la journée sur tous les médias – au moins dans l’hémisphère nord, et en incluant la Chine. Dans ce sens c’est plus un évènement global. Il y a aussi une plus grosse caisse de résonnance sur internet, avec la sureprésentation à la fois de l’actualité technologique et d’un public intéressé par ces sujets.

    Cependant, l’évolution technique et scientifique a aussi une influence un peu souterraine mais profonde et réelle sur la société. Il est possible, à long terme, de distinguer le bruit d’un lancement produit et le tintamarre de la communication commerciale, des changements qui restent et qui impriment une marque sur la vie, les habitudes de travail et de consommation. A ce titre, les personnalités les plus saillantes d’une industrie peuvent avoir eu un impact qui est comparable à des politiques de premier plan. Aujourd’hui avec le recul, on peut dire par exemple qu’Henry Ford est une figure historique importante.
    Savoir la place que Steve Jobs aura, est une question à laquelle nous ne pourrons pas apporter de réponse stable avant un certain temps – et en tout cas certainement pas aujourd’hui.
    Pour ces raisons, le traitement de cette actualité ne me parait pas choquant par rapport à la place du personnage ; le débat sur la hiérarchie de l’information est plus à mon sens sur le traitement des décès de personnalités, qui se sont préalablement rétirées de leurs activités publiques, que sur la légitimité d’accorder à SJ une place comparable à celle donnée par exemple à des dirigeants politiques.
    Après, il devrait y avoir un autre sujet de débat pour les médias, mais ils ne sont pas bons pour ce genre de débat, et le timing n’est pas non plus adéquat : l’un des aspects de l’héritage de SJ est la façon – très habile – dont il a instrumentalisé les médias et leur besoin d’évènementiel pour les nécessités de la communication de son entreprise. Et la manière dont ceux-ci ont été les victimes consentantes, dans leur intérêt mais pas forcément de celui de leur lectorat, de cette habilité.

    Commentaire par OuvreBoîte — 06/10/2011 @ 20:58

  35. On peut résumer ainsi les contributions de Steve Jobs:

    Contrairement à ce que disent certains mal informés, il n’a inventé ni la souris, ni l’interface graphique (*), ni ceci ni cela. Il a pris ces technologies et idées existantes pour en faire des produits attrayants pour les utilisateurs, et a su en plus leur donner un cachet branché, sympathique et/ou élitiste (mais pas trop : suffit de payer 1,5× le prix de la concurrence).

    Certaines de ses propositions étaient en avance sur leur temps, par exemple le NeXT (dont certaines idées ont été reprises dans MacOS X, si je ne m’abuse).

    En résumé, quelqu’un qui prenait des technologies peu répandues et les a fait passer dans des produits grand public…. Ce n’est pas si mal ! Mais pas de quoi en faire un saint laïque…

    (*) Interface graphique fenêtre et menus-> Xerox PARC; souris-> Doug Engelbart de SRI International, il me semble. Le point important est que ces sociétés n’ont pas vu le potentiel grand public.

    Commentaire par DM — 06/10/2011 @ 21:05

  36. @DM
    Pour éviter de passer pour une partie du public mal informé, il faudra peut-être éviter les digest trop succints.
    Le Mac OS 1.0 n’était pas un simple rip-off des prototypes du PARC ; ils ont introduit diverses améliorations incrémentales mais cruciales, et souvent lourdes en terme d’ingénierie. On oublie souvent que les labos de Xerox ont fabriqués des prototypes, et qu’il y a souvent du chemin entre un prototype, même bourré de bonnes idées et un produit utilisable pour travailler (et qui coute dix fois moins à fabriquer).
    Le moteur graphique http://en.wikipedia.org/wiki/QuickDraw était basé sur une thèse soutenue dans les années 70 (dont je retrouve pas la référence mais qui venait pas du PARC et qui leur a permis de faire des trucs que n’avait jamais fait Xerox, comme redessiner partiellement une fenêtre quand on bouge une fenêtre au dessus).
    La gestion de resources des programmes par exemple, un aspect assez innovant, a été écrit par des gens qui venaient pour partie du PARC mais qui ont du se réinventer pour faire un produit industrialisable et qui puisse servir à autre chose que des démos cools.
    voir par ex
    http://www.folklore.org/StoryView.py?project=Macintosh&story=The_Grand_Unified_Model.txt
    Là ou Xerox a fait des jolis choses en smalltalk qui allaient lentement sur du matériel à 15000$ et pas forcément très vite sur des machines beaucoup plus chères, les types d’apple se sont tapés les parties critiques en assembleur.
    Mac OS X n’a pas « repris » les idée de NeXT ; c’est simplement les versions suivantes de NeXTStep dans lequel ils ont introduit les librairies issues de Mac OS Classic.
    Oui Apple s’est largement servi dans les travaux universitaires et les labos de recherche (comme tout le monde, et c’est fait pour cela) mais pas qu’à une seule source comme souvent dit abusivement, ce qui fait déjà une différence entre le plagiaire et celui qui s’appuie sur l’état de l’art pour avancer. La valeur qu’il ont apporté au dessus de ces travaux précédents n’est pas que commerciale et marketing, ce qui explique que sont cofondateur ait pu avoir une aura importante à compris auprès d’un public plus technique et pas forcément très sensible aux artifices de la communication.

    Commentaire par OuvreBoîte — 06/10/2011 @ 22:00

  37. @DM: ce ne sont pas « certaines idées » de NeXT qui ont été reprises, c’est le système entier, vous le voyez en développant. Et pas seulement chez Apple, comme le PDF, développé à partir de DisplayPostscript du NeXT. C’était il y a 20 ans.

    @Aliocha: le monde de demain ne se joue pas uniquement au Pakistan, en Afghanistan, en Corée du nord, il se joue aussi chez nous, dans nos écoles, dans nos campagnes, dans nos loisirs, dans nos modes de consommation, dans nos poches.

    Commentaire par doeorama — 06/10/2011 @ 22:41

  38. C’est compréhensible de faire des tartines sur le crabe de Steve Jobs. Il en a chié, il le mérite bien. Mais il ne faut pas oublier que grâce à Apple, ce privilège n’est plus réservé aux nababs. Aujourd’hui, avec les joujoux technologique de la firme à la pomme, tout le monde peut se payer un iCancer :
    http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/2011/10/apple-lance-lapplication-icancer.html

    Commentaire par DG — 07/10/2011 @ 00:43

  39. @Episteme : sachez que je ne prétends jamais avoir raison dans un billet, je livre un sentiment, une réaction, pour le plaisir de l’exprimer, pour partager, pour susciter une discussion, j’adore discuter et je ne sais plus qui disait « discuter, c’est admettre que l’on pourrait avoir tort », donc les critiques tant qu’elles ne sont pas personnelles sont les bienvenues.

    Cela étant précisé, je crois que vous vous faites une fausse idée de la médiatisation de l’affaire Ghesquière Taponier. Je comprends très bien la réaction irritée consistant à dire « et les autres otages alors ? ». Si les journalistes donnent le sentiment qu’ils se sentent plus importants que les autres, c’est dommage parce que ce n’est pas cela qu’ils pensent au fond. D’ailleurs, la porte-parole de leur comité de soutien n’était pas journaliste. Je vous invite à regarder cette vidéo d’Hervé http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Herve-Ghesquiere-toujours-reporter-de-guerre-Video_3639-1996251_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_ouest-france&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS où il répond aux questions sur la médiatisation, justement. Je l’ai rencontré récemment, c’est le type le plus simple, le plus gentil, le plus facile d’accès, le moins prétentieux que vous pouvez imaginer. Lui-même a été gêné par tout ça et il le dit, avec délicatesse, parce qu’il ne peut pas critiquer ceux qui l’ont aidé, il dit « notre tête sur l’arc de triomphe, c’était trop ». Mais il dit aussi « c’est normal, on appartient aux médias, donc on a le réflexe de médiatiser » et puis il précise : le gouvernement avait donné la consigne du silence aux autres mais ne se genait pas pour nous traiter d’amateurs et dire qu’on coutait cher, ce n’est pas cohérent. En plus, les talibans les menaçaient de mort si on ne leur donnait pas de l’écho. Vous verrez aussi qu’il analyse l’effet de la médiatisation sur les preneurs d’otages. Les journalistes ne se sentent pas plus importants, ils tentent de préserver leur sécurité en rappelant encore et toujours que sur un terrain de guerre ils ne sont pas des belligérants mais des professionnels qui font leur travail. La Croix Rouge pourrait tenir le même discours pour les mêmes raisons et personne ne l’accuserait de se sentir plus importante que les autres. Vous savez pourquoi l’armée les a accusés d’avoir joué les touristes ? Parce que c’était ça ou avouer à Sarkozy qu’elle ne contrôlait rien sur place et en particulier pas l’axe Vermont. C’est ça, la vérité. Vous ne pensez pas que ça donne envie de se révolter et de faire du bruit malgré les consignes de silence ? Vous avez des exemples d’otages français dont le gouvernement aurait dit d’entrée de jeu que c’était bien fait pour leur gueule ? Quant à l’absence de médiatisation du sort des autres otages, je pense que c’est surtout parce que les familles obéissent aux consignes du gouvernement, alors que les journalistes, eux, ont désobéi, notamment parce qu’ils ont été attaqués pour manque de professionnalisme.

    Pour le reste je ne fais pas de moralisme, je parle de hiérarchie de l’information. C’est une question d’intelligence et non pas de morale. L’un de nos rôles de professionnels de l’info, c’est de déterminer ce qui est important parmi le flot d’information qu’on reçoit. Je trouve que passer la journée sur Steve Jobs, c’est du journalisme populiste à quat’balles et on ne me l’ôtera pas de l’esprit. Evoquer sa disparition, oui, rappeler son talent, oui, regretter sa mort, oui encore, mais pas en faire l’événement de la journée éclipsant la crise financière, les indignés, les révoltes arabes, l’alliance entre l’Afghanistan et l’Inde, la Palestine et tout le reste qui n’a même pas eu l’honneur de passer dans le radar médiatique. Demain on parlera d’autre chose dites-vous, vous avez raison, mais de quoi ? De Tristane Banon ? De l’été indien en France et de ses bienfaits sur le tourisme ? Ou bien s’il se met à neiger, de l’hiver précoce ? Encore des écrans de fumée…Notez, on a bien eu le congrès des chasseurs de Yeti à midi au JT de France 2…

    Quant à mes vacances en Grèce et plus précisément en Crète, j’aime cette ile, j’y vais depuis des années, pas pour ses hotels et ses plages, mais pour son âme, sa beauté à couper le souffle, les gens qui y vivent, leur culture, leur caractère trempé, leur cuisine, leur histoire, d’ailleurs je ne désespère pas d’y vivre un jour, donc je ne vois pas le problème d’y aller en pleine crise, mais expliquez-moi, il y a peut-être quelque chose qui m’a échappé.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/10/2011 @ 00:46

  40. Des ingénieurs connus, il n’y en a pas tant que ça. Honnêtement, ça n’est pas la pire ouverture de JT qu’on aie vue. D’autant que c’est un one shot, et que demain, l’info sera périmée, contrairement aux suites du printemps arabe, de la crise financière, du mouvement des indignés, de Barcelone à Wall Street, et à la famine en Afrique. Bien sûr, à passer trop de one shots, on risque de ne jamais parler du reste…

    Quant aux défauts du bonhomme, de sa rudesse avec ses salariés, rassurez-vous, certains en ont parlé. Peut-être pas le jour même, on peut garder un peu de pudeur.

    Commentaire par kuk — 07/10/2011 @ 01:23

  41. Mourir d’un cancer c’est mourir d’une mort annoncée, des années de souffrances de lutte contre une maladie que rien n’arrête, ni les pleurs, ni les prières, ni l’amour… Condoléances pour les proches et la famillle de Steve Jobs. Maintenant ce qui est heureux dans cette triste nouvelle, c’est de voir que Steve JOBS, passionné et volontaire prouve que l’autodidactie est encore un rêve accessible. Car on les avait oublié, ces autodidactes depuis la révolution électrique (André-Marie AMPERE, Humphry Davy, Michel Fraday, James Maxwell, Zénobe GRAMME, Rhumkorff, Thomas Edison, Nicolas Tesla), aéronautique (frères Wright, Alberto Santos Dumont, Gabriel Voisin), automobile (Louis Renault) et dans d’autres domaines Champollion, Darwin, Léonard de Vinci… Voilà qu’ils ressurgissent à présent dans la révolution des nouvelles technologies numériques pour mener le bal de la science et du progrès industriel. Steve JOBS est donc a élevé au rang des grands génies. Chapeau bas, bravo et respect a cet autodidacte devenu batisseur.

    Commentaire par ObïOxOïdO — 07/10/2011 @ 09:54

  42. Hop http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2011/10/07/Les-g%C3%A9nies-morts-de-l-informatique

    @OuvreBoîte: Je suis bien d’accord qu’entre un proto de recherche et un dispositif utilisable par des professionnels, il y a une grosse étape et beaucoup de travail, et de même entre un produit utilisable par des professionnels et un produit grand public. Je contestais juste ce que je lis ici et là, attribuant à Jobs diverses inventions au mépris de l’histoire.

    Ce qui est intéressant, d’ailleurs, c’est que le NeXT avait un côté « trop en avance dans les idées par rapport à la technologie de l’époque », bref un côté prototype de laboratoire trop vite passé à la production (si je me rappelle bien, le système était trop lent par manque de mémoire et par lenteur du disque magnéto-optique).

    Commentaire par DM — 07/10/2011 @ 18:32

  43. au hasard une info qui mériterait un meilleur traitement
    http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/EXCLU-Le-nouvel-hopital-de-Corbeil-Evry-ouvrira-enfin-ses-portes-le-23-janvier-2012-401945/

    sur cet hôpital en particulier et sur cette technique scandaleuse des ppp en général….

    Commentaire par gilberto — 07/10/2011 @ 22:43

  44. Désolé Aliocha, mais je trouve que dans ce billet et les commentaires, vous versez dans le moralisme : parler de la mort de Steve Jobs en une, ce n’est pas bien, parler de la famine en Afrique, de la crise, etc. c’est bien. Le soir même, Steve Jobs ne faisait plus la une qui portait sur l’agression d’un contrôleur de la SNCF et ses conséquences. On en a encore parlé et aujourd’hui ? Plus rien, nada, c’est terminé. On va pouvoir revenir à des sujets que vous jugerez plus grave, la crise financière (comme si on en parlait pas sans arrêt ?) par exemple.

    J’ai bien compris que vous étiez une fan de Ghesquière et Taponier en ce qu’ils représentent pour vous un idéal journalistique, ce vers quoi il faut tendre. Voilà pour le coup des icônes du journalisme. Je n’ai rien contre les hommes en eux-mêmes puisqu’ils ne sont en rien pour leur mise en scène, mais contre tout ce que j’ai pu entendre pendant leur capture sur la démocratie en danger, le droit à l’information, etc. Au bout d’un moment, l’appel aux grands principes a tendance à sérieusement me gonfler quand on voit avec quelle facilité nombre de journalistes peuvent s’asseoir dessus quand ça les arrange. Il y a une forte défiance des téléspectateurs, auditeurs, lecteurs vis à vis de la profession de journaliste car cette dernière, dès lors qu’on lui demande de faire son boulot (relayer une information vérifiée et sûre quel que soit le sujet) semble tout à coup devenir autiste. Les exemples abondent. Alors certes, la pression extérieure, la charge de travail et alii peuvent en partie expliquer le problème de la qualité de l’information ( qu’à titre personnel je juge principalement médiocre), mais quid de la responsabilité personnelle du journaliste ? Ca, jamais ça ne rentre en ligne de compte. Dans n’importe quel travail, le salarié au bout d’un moment est responsable du travail qu’il a fait.

    Quant à déterminer ce qui est important, c’est une posture dangereuse. On retrouve un travers du journaliste qui se voit en intellectuel, qui doit éduquer le regard du citoyen, le traiter comme un gosse incapable de déterminer ce qui est important. Nous baignons dans une société de l’information où chacun est libre de s’informer sur ce qui l’intéresse. Et en retour, la presse, pour espérer vivre, ben faut bien qu’elle s’aligne sur ce que le lectorat veut, du moins en partie.

    Enfin désolé que mon message ait pu vous paraître agressif (mais le vôtre suivi de vos commentaires m’ont fait bondir). Encore une fois, si je viens traîner mes guêtres par ici, c’est que vos messages m’intéressent. Vous suscitez la discussion et vous le faites bien. Mais nous ne sommes pas d’accord, voilà ! Mea culpa donc que vous ayez pris mon message comme une attaque ad hominem. Il est vrai qu’à la relecture de celui-ci, le passage sur votre voyage en Grèce est inacceptable. Toutes mes excuses donc.

    Commentaire par episteme — 08/10/2011 @ 12:03

  45. @episteme : je ne vous ai pas trouvé agressif, sinon je vous aurais pulvérisé 😉 Je crois que le malentendu entre nous, et plus généralement entre le public et les journalistes, vient du fait que nos motivations profondes demeurent largement inconnues et donc source d’incompréhension.

    Nous sommes au coeur du problème qui a déclenché l’ouverture de ce blog.

    Quand je conteste les choix éditoriaux du type Steve Jobs, je ne le fais pas au nom de la morale (et d’ailleurs laquelle ?), ni en me positionnant au-dessus des chaines de télévision comme une sorte d’esprit éclairé et supérieur qui saurait mieux qu’elles ce qui est important, encore moins comme gourou médiatique illuminé prétendant savoir ce qui est bon ou pas pour le « peuple » (je n’aime pas cette expression, qui exclut son utilisateur de ce qu’il désigne, je suis le peuple, le public, les gens, nous les sommes tous, j’ai une vision profondément égalitaire et fraternelle de l’humanité et tant pis si ça parait niais, idéaliste ou utopique). Je critique, nous les journalistes critiquons tous, parce que nous connaissons intimement les travers du système auquel nous appartenons. Comprenez que la critique vient de la chiourme, si vous voulez, et non pas de quelque capitaine autoproclamé du vaisseau médiatique. Les journalistes sont en guerre permanente avec ceux qui les emploient car le conflit est permanent entre ce qui nous semble important et ce qui parait vendeur à nos employeurs. C’est dans l’intimité de ce conflit consubstantiel aux médias, que je vous invite à entrer en écrivant sur ce blog et en dialoguant avec les lecteurs qui me font le plaisir d’y venir et de commenter. Un conflit qui, me semble-t-il, secoue la société dans son ensemble à l’heure actuelle, ce dont témoignent notamment les indignés partout dans le monde. Celui entre le fric et le reste, parce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser que l’argent est en train de prendre une place simplement délirante dans nos vie. C’est aussi simple que ça.

    Quant à Hervé et Stéphane, je ne les vois pas comme un idéal, mais comme une révélation bienvenue sur la scène médiatique d’une face ignorée du journalisme. J’en ai un peu marre de ne voir sur les plateaux de télévision que des éditorialistes qui sont autant journalistes que moi légionnaire et qui pourtant incarnent aux yeux du public le journalisme dans son ensemble, parce qu’on les voit justement, parce qu’ils s’astiquent l’ego toute la sainte journée partout où c’est possible. Oui on peut les soupçonner de collusion avec les puissants, oui ils vivent dans les mêmes quartiers, mangent dans les mêmes restaurants, oui ils appartiennent à l’élite et oui ils sont infiniment irritants. Mais non ils n’incarnent pas la réalité de la profession. J’ai horreur du kitsch, des fausses valeurs, des pipoles et de ce système médiatique dont la bêtise te la superficialité me donnent selon les jours envie de rire ou de pleurer. Alors quand de temps en temps, on voit apparaître des gens vrais, je trouve que ça fait du bien, c’est tout. Je n’en fais pas des héros, je ne les divinise pas, je ne prétends pas que les JT ne devraient passer en boucle que du reportage de guerre, je pense juste qu’on a un problème de curseur, qu’on dérape un peu trop dans le futile. C’est tout.

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/10/2011 @ 12:58

  46. Le sujet de la disparition de Steve JOBS n’est peut-être pas si « futile » que ça …

    En lien un point de vue intéressant pour tenter d’expliquer pourquoi  » La mort de Steve Jobs a suscité un désarroi comme le décès d’une star du show-biz, sans parler de celui d’une personnalité réellement admirable, n’en provoque plus. »

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/10/en-steve-jobs-l-epoque-pleure-un-gourou-de-la-religion-de-la-technique_1584893_3232.html

    Commentaire par Yves D — 10/10/2011 @ 14:12

  47. Personnellement, ce n’est pas pour ses productions que je respectais Steve Jobs. Mais plutôt pour ses discours sur la vie et sa vision des choses.

    Pour des phrases dans ce genre, je cite :

    « Your time is limited, so don’t waste it living someone else’s life. Don’t let the noise of others’ opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. Everything else is secondary.

     » You’ve got to find what you love. And that is as true for your work as it is for your lovers. If you haven’t found it yet, keep looking. Don’t settle.

     » « Stay Hungry. Stay Foolish !! » « Don’t lose faith. » »

    Pour voir la face cachée de l’homme à l’iphone, voici l’un de ses discours complets : http://news.stanford.edu/news/2005/june15/jobs-061505.html

    http://bureauplaintes.wordpress.com

    Commentaire par Kaguya — 18/10/2011 @ 16:45


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