La Plume d'Aliocha

29/09/2011

Mon public, c’est moi

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 11:05

Un diner impromptu avec un camarade lyonnais en visite-éclair à Paris m’a arrachée hier à mon programme – ô combien excitant – de la soirée : plateau-télé-primaires-présidentielles-PS. Fort heureusement, j’ai trouvé une rediffusion sur LCP en rentrant et j’ai découvert avec plaisir que ce deuxième débat était enfin entré dans le vif du sujet, qu’on y avait parlé vraiment de politique, ce qui, entre nous, n’est pas franchement idiot pour un débat…politique.

Jusqu’à ce qu’on nous propose les commentaires éclairés de mes éminents confrères sur la pièce qui venait de se jouer. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Denis Jeambar nous expliqua que le débat était trop technique pour les français ! Pour les distraits, voici le CV long comme le bras de cette figure de la profession.

Misère ! On nous donne enfin quelque chose à se mettre sous la dent et voici qu’un grand monsieur de la presse tombe immédiatement dans le piège : se faire une idée du public, de son niveau intellectuel moyen et de ses attentes. Le reste des invités s’engouffra ensuite joyeusement dans des commentaires savants sur les stratégies des uns et des autres. Indécrottable journalisme politique qui ne peut pas résister à la tentation de sombrer dans le commentaire de partie de poker.

Mais bon sang, quand est-ce qu’on va se décider à arrêter de prendre le « public » pour un imbécile et de vouloir lui servir une soupe de plus en plus insipide ? Dans son livre « Du journalisme après Bourdieu » (Fayard 1999), Daniel Schneidermann écrit des choses très justes sur le sujet. Puisse-t-il finir par être entendu :

« Rien n’est plus dégradant que la résignation à une idée présupposée du sujet qui attirera l’audience. Tenter d’intéresser lecteurs ou téléspectateurs à ce qui m’intéresse personnellement, je ne connais pas de meilleure définition du métier de journaliste. La perversion commence dès que le journaliste commence à bricoler une théorie du « public ». Pas d’autre moyen d’exercer ce métier que de croire son lecteur, ou téléspectateur, intéressé par les mêmes sujets que soi-même, disposant du même niveau de culture, vibrant aux mêmes sujets de révolte, accessible aux mêmes plaisirs, aux mêmes bonheurs et démangé aussi par le même prurit voyeuriste que soi-même. Ni ange ni bête, ange et bête à la fois. Mon lecteur, c’est moi ». 

Publicités

28 commentaires »

  1. Belle citation de Schneidermann, avec laquelle il est en cohérence au vu du travail qu’il fait à @SI.
    Question un peu bête, mais quand même : quel est l’état du marché du travail des journalistes ? Car je me demande, finalement… si vous arrêtez d’obtempérer aux injonctions de médiocrité de vos boss (« faites de la petite phrase, du people, simplifiez à tel point que ça en devient faux parce que nos lecteurs sont des cons »), il se passe quoi ? Si les syndicats de journalistes appelaient à une révolte de la Plume au service de l’intelligence, et que les journalistes (ceux qui en sont capables, ce n’est sans doute pas non plus le cas de tous) se mettent à faire de la qualité malgré leurs employeurs ?
    Il faudrait créer un rapport de force suffisamment en faveur des journalistes pour leur permettre d’imposer l’intelligence. Bon courage…

    Commentaire par VilCoyote — 29/09/2011 @ 11:43

  2. @Vilcoyote : le marché de l’emploi des journalistes est catastrophique, tout le monde fuit vers la com’. Enfin, pour ce que je vois du côté des quadras, j’ignore ce qu’il en est pour les jeunes confrères. Sinon, aucune chance du côté d’une révolution de l’intelligence, par contre, j’espère voir de plus en plus de journaux se démarquer, de sorte que je reste optimiste. Il y a des talents, des idées, Internet fait bouger tout ça, on y arrivera !

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/09/2011 @ 12:20

  3. « Les gens de l’Oregon sont adultes.
    Ils peuvent entendre certaines vérités.
    Josh, les Américains
    sont capables de comprendre…
    qu’on peut honorer les mérites
    d’un homme sans adhérer à ses opinions.
    Le peuple ne nous fait plus confiance
    depuis le Viêt-nam…
    parce que nous n’avons plus
    confiance dans le peuple.
    Il serait temps qu’on le traite
    en adulte. »
    The West Wing saison 2 épisode 9.

    Josh est très inquiet parce que dans une interview, l’assistant personnel du président à dévoilé un secret très inquiétant: Le Président Bartlet n’aime pas les haricots verts… du coup toutes les troupes cherchent à limiter les dégâts électoraux envisagés dans l’Oregon état producteur de légumes (on imagine des démentis, des photos du président devant une assiette de haricots… etc… jusqu’à la conclusion de l’affaire par CJ.

    Je crois en effet que les politiques (et les journalistes) n’ont pas confiance dans leur public (qui du coup a plutôt raison de le lui rendre).

    Commentaire par JaK — 29/09/2011 @ 12:34

  4. Il faut également connaitre les affections idéologiques des commentateurs et autres intervenants. Il est malheureux de constaté que le débat est pollué par les convictions personnelles ….

    Commentaire par fultrix — 29/09/2011 @ 12:41

  5. Dès que j’ai entendu les premiers commentaires de jeanbar, j’ai zappé. Pareil avec jm Sylvestre. Je fuis dorénavant les commentaires de ces journalistes politiques qui ne correspondent plus à rien sinon à leur propre milieu. Ils sont en complet décalage. Je crois qu’à ce stade le public n’a plus rien à gagner à les écouter. Enfin, en ce qui me concerne, je ne les écoute plus.

    Commentaire par Romane — 29/09/2011 @ 12:49

  6. @ Aliocha

    Intéressant votre billet et un texte très juste et auquel je souscris, celui de Daniel Schneidermann.

    @Romane

    Je signe votre commentaire…………………………..mêmes réactions que vous. Bravo.

    Hélios

    Commentaire par hélios — 29/09/2011 @ 13:36

  7. @6

     » Rien n’est plus dégradant que la résignation à une idée présupposée du sujet qui attirera l’audience (…) La perversion commence dès que le journaliste commence à bricoler une théorie du « public ».  »

    Il me semble que vous souscriviez moins devant une certaine une de Aujourd’hui en France.

    Commentaire par gf — 29/09/2011 @ 14:17

  8. D. Jeambar(1) est trop antique pour être pertinent. Il incarne une autre époque, le temps du journalisme de commentaire voire de prédication, et des débats formatés à l’ancienne, ces fameux duels de second tour, dont les bons mots et les bonnes saillies sont encore ressassés après plus de 2 générations (« ministère de la parole » toussa).

    Je n’ai pas vu l’émission de hier, ni ne sait si elle a attiré une importante audience. Il me semble néanmoins qu’elle répondait à l’exigence contemporaine d’une pluralité de l’expression en lieu de sa pénurie, quitte à encourir le risque du nimportenawak.

    M. Jeambar et d’autres de sa génération ne peuvent percevoir cette préférence contemporaine pour l’information brute, primitive, non équarrie, et, surtout, sans médiation.

    (1) L’homme n’est pas inintéressant cependant, et montre une intégrité intellectuelle assez admirable par les temps présents.

    Commentaire par Switz — 29/09/2011 @ 16:59

  9. @gf

    C’est dommage que vous réagissiez de la sorte. L’intérêt de venir sur un blog, c’est d’avoir des échanges riches même si les avis ne sont pas les mêmes et je dirais surtout si les avis ne sont pas les mêmes. Je ne prends aucun plaisit à me « fritter » avec un type que je ne connais ni d’eve ni d’Adam et qui reprend chaque commentaire comme un enfant de CM2.
    Donc, je réponds courtoisement mais à l’avenir si vous persistez dans cette attitude et bien vous persisterez tout seul.

    Tout d’abord il y a une très grande différence entre le sujet qui est abordé par Aliocha et l’analyse d’une photo de « Une ». Ce qui m’intéressait dans l’analyse de la photo de la Une de Aujourd’hui en France, c’est une analyse objective. Je ne suis pas dans la perspective de porter un jugement sur les faits révélés par la photo. J’ai estimé que c’était une très bonne photo faite par un excellent professionnel et Aliocha a confirmé la qualité du photographe. Il suffit d’aller sur son blog. Ensuite, il est évident que cette photo est destinée à retenir l’attention du lecteur c’est l’évidence même. Le reste si c’est bien ou pas de procéder de la sorte ne m’intéresse pas. On peut en discuter des heures sans se mettre d’accord et ça ne présente qu’un intérêt pour vous peut -être mais pas pour moi. Voilà si on peut échanger c’est sans problème et volontiers si c’est pour se fritter j’ai passé l’âge et je ne vous répondrais plus. Bonne soirée.

    Commentaire par hélios — 29/09/2011 @ 19:51

  10. J’aime bien la citation de DS. Maintenant, que se passe t-il lorsque le journaliste n’est pas intéressé par le sujet qu’il traite, ne vibre pas, etc…? j’imagine qu’on n’est pas toujours amené à traiter des sujets qui nous font kiffer, ou sur lesquels on a une franche hauteur de vue.

    @ Switz : faut que vous dise un truc crucial, qui ne manquera pas d’élargir le débat. On ne dit pas « nimportenawak »(1). Non, juste « port’ninwak » (2).

    (1) et ça c’est vraiment un truc qui m’énerve.

    (2) z’avez appris où à causer l’verlan, vous, hein, quoi, bordel !

    Commentaire par Jalmad — 29/09/2011 @ 21:18

  11. @9

    Chaque fois que je vous lis j’ai la curieuse impression que vous dites tout, rien et son contraire.
    Enfin bref. 🙂

    Commentaire par gf — 29/09/2011 @ 21:28

  12. … et c’est par l’introspection, par l’examen de leur propre nombril, en analysant leur propres sentiments, pensées, comportements… que les grands romanciers atteigent à l’universel…
    Ne sommes-nous pas semblables ?

    Quant à la position de la plupart des journalistes, économistes, politiques sur la crise et la façon de s’en sortir, il est étonnant de constater à quel point « nous » comptons peu à leus yeux. Chacun à son remède-miracle, sa recette magique, sa méthode indolore, chacun se sent de taille à résoudre le problème, mais sans nous les citoyens, sans faire appel à nous, à notre participation, à notre compréhension, à nos efforts… c’est très curieux et très inqiétant.

    Commentaire par DMonodBroca — 30/09/2011 @ 09:10

  13. Bonjour Aliocha,

    Plutôt d’accord avec vous, mais pas franchement avec Daniel Schneidermann. Le journalisme, ce n’est pas seulement intéresser les autres à ce qui nous intéresse, nous, me semble-t-il. C’est ça et aussi s’intéresser soi, à des sujets qui intéressent les autres. Disons en tout cas que le champ des sujets que je traiterais si je ne parlais que des choses qui m’intéressent serait à tout le moins réduit. Je pense que, plutôt qu’intéresser « les gens » ou « le public », il vaut mieux toutefois essayer d’intéresser le public, dans sa grande diversité. Écrire ou dire des choses qui peuvent éveiller l’intérêt de l’un ou l’autre membre de cette grande communauté.

    Commentaire par Martin K — 30/09/2011 @ 10:02

  14. @gf

    Parce que vous ne savez probablement pas lire et au lieu de répondre à mon dernier commentaire, par exemple, vous êtes dans le jugement. Et de votre jugement je m’en fous……………pour être direct. Mais ce langage n’est pas mon truc. Et ce n’est pas ainsi que je vois les choses, je vous le redis mais vous ne savez pas lire ou vous êtes dans la provocation. C’est votre affaire mais désormais vous jouerez tout seul si ça vous chante !

    Commentaire par hélios — 30/09/2011 @ 10:05

  15. Imaginons que nous traitions d’autres types d’actualité comme l’actualité scientifique, voici ce que nous obtiendrions
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2011/09/27/Querelles-de-personnes

    Par comparaison, quand on lit la Vanguardia, on tombe sur plusieurs pages sur la crise financière et les choix budgétaires possibles, mais peu sur les stratégies des personnels politiques impliqués.

    Commentaire par DM — 30/09/2011 @ 10:37

  16. @Martin K : je crois que l’observation de Daniel est avant tout dirigée contre la recherche absurde de l’audience via des suppositions ridicules et souvent très péjoratives sur ce qui est susceptible d’intéresser le « public ». Un public perçu le plus souvent comme un ramassis d’imbéciles en quête de distraction bien grasse et de messages très simples. Je pense que sur ce terrain, on ne peut qu’être d’accord, il faut écarter ce très mauvais réflexe. Ensuite, libre à chacun d’estimer comment il doit choisir et traiter les sujets. Mais il ne faudrait pas qu’à ce stade, l’idée virtuelle du public ne revienne par la petite porte. Qu’en savons-nous de ce « public » ? Ne risque-t-on pas en pensant à ce public d’opérer un transfert de responsabilité. Notre job, c’est d’identifier l’information pertinente, de la comprendre et de la diffuser. Si on commence à chercher ce qui intéresse le public, on se décharge d’une partie de notre boulot, non ?
    Un de nos plus éminents confrères que j’ai eu la chance infinie de rencontrer hier me disait que c’était aussi la faute du public si les émissions les plus débiles prospèrent à la télévision tandis que les reportages font 3% d’audience. Il a raison, le public doit apprendre à voter avec ses pieds. A ceci près qu’il est aussi de notre responsabilité de savoir intéresser sur les sujets importants. Je ne suis pas sûre qu’on se donne autant de mal pour concevoir un programme d’information (hors JT) que pour mettre en place une émission à succès du samedi soir.
    Accessoirement, je suis toujours mal à l’aise avec les expressions comme « le public », les « gens », les « autres ». Leurs utilisateurs s’excluent de facto de ceux dont ils parlent. Personnellement, j’ai toujours eu le sentiment de faire partie du « public », des « gens » et même quelque part des « autres ». C’est aussi pour cela que j’aime l’analyse de Daniel.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/09/2011 @ 11:06

  17. @Laplume

    A ceux qui trouvent « le public » idiot, ben je réponds toi même.

    Il n’y a qu’un abrutis qui trouve les autre abrutis et qu’un con qui les trouve cons. On voit les autres comme on est.

    Commentaire par herve_02 — 30/09/2011 @ 11:25

  18. Donc, si j’ai bien compris, le journaliste bien intégré au microcosme politico-médiatique parisien se sent d’une culture et d’une finesse de raisonnement supérieures et prend le reste du monde pour des imbéciles.

    Je le note. 🙂

    Commentaire par DM — 30/09/2011 @ 13:45

  19. @Aliocha: oui, assez d’accord avec vous sur tout ça, mais Daniel Schneidermann parle, lui, des médias ou plutôt de « lémédias », ce qui me semble tout autant généralisateur. Je fais pour ma part des différences assez nettes entre les supports, mais aussi – et je trouve que Daniel Schneidermann l’occulte – entre le journalisme et les médias. La télé, par exemple, diffuse de nombreuses choses: l’information ne tient que pour une petite partie de ce grand tout. Attention donc aux amalgames ! En revanche, oui, parler du goût du public est s’aventurer sur un terrain glissant, encore que je pense qu’il ne faut tout de même pas tout à fait se couper de l’avis… des autres. Et du sien 😉

    Commentaire par Martin K — 30/09/2011 @ 13:45

  20. Déjà y’a 25 ans Martin Veyron se moquait de ça, ça n’a qu’empiré depuis : « Ce n’est plus le peuple qui gronde mais le public qui réagit ».

    http://www.amazon.fr/nest-peuple-gronde-public-r%C3%A9agit/dp/2226032959/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1317389526&sr=8-1

    Commentaire par folbec — 30/09/2011 @ 15:36

  21. @ Aliocha (#16)

    Amusant, on retrouve le débat effleuré dans des commentaires d’il y a qqs jours et où j’avais cité les audiences (que je n’aurais jamais imaginé si élevées) de l’émission Secret Story …
    Si je me souviens bien, vous m’aviez répondu que je tombais dans le « piège » du jugement « des autres », de croire que les gens sont « bêtes » au point de regarder ce genre d’émission …
    Je n’ai pas répondu, car je veux bien croire que l’on puisse ne pas être un « crétin absolu » et regarder quand même Secret Story … si on a beaucoup de « second degré » …

    Il n’empêche : tout le monde n’a pas la même culture, ni le même niveau intellectuel, ni même la même richesse de vocabulaire !
    Dans une interview à TV Magasine, B. Castaldi défendait cette émission qui serait pourtant « boudée dans les sondages de popularité » …
    http://tvmag.ladepeche.fr/programme-tv/article/people/63795/benjamin-castaldi-defend-tf1.html?sat=0&sac=0&saf=1&sj=00&sm=00&sa=0&sq=castaldi&page=1&meId=3

    On retrouve une ambiguïté qui est déjà bien ancienne : les spectateurs » demandent en majorité des programmes culturels … mais regardent majoritairement des « daubes » !

    Est-ce que ça veut dire que les spectateurs (dont je veux bien faire partie) sont des idiots ?
    Ou est-ce plutôt qu’on regarde la télé plus pour se divertir, voire « se vider la tête » (d’où le cerveau disponible pour la pub qu’avait très bien compris TF1) que pour se cultiver ?
    Castaldi le disait (non non, ce n’est pas mon nouveau mentor 😉 : « La pression en terme d’audience, pour une chaîne commerciale, est toujours là. On est là pour que le programme fonctionne, que les annonceurs et la chaîne soient contents. »
    http://tvmag.ladepeche.fr/programme-tv/article/tele-realite/62937/castaldi-confiant-pour-secret-story.html?sat=0&sac=0&saf=1&sj=00&sm=00&sa=0&sq=castaldi&page=3&meId=3

    Après tout, en démocratie, on est encore libre de regarder Arte ou TF1 … L’important est que ce choix continue d’exister, non ?
    C’est à dire que l’audimat « brut » (c’est à dire sans analyse de contexte) ne devienne pas la seule loi des médias …

    Commentaire par Yves D — 01/10/2011 @ 16:38

  22. @ DM (#15)
    (je suppose que David Monniaux et DM ne sont qu’un)

    Un billet intéressant … Ceci dit, qu’est-ce que les Français ont retenu du Pr Montagné ? Qu’il a « découvert » le virus du SIDA … et qu’il y a eu une bataille pour savoir si c’est lui ou un américain qui l’a découvert le premier … non ?
    Cette tendance à traiter l’actualité scientifique un peu comme on traite l’actualité politique existe déjà malheureusement !

    Dernier exemple en date, les études menées par une équipe du CERN et du CNRS sur la vitesse de déplacement des neutrinos …
    Un sujet extrêmement complexe, que même les journalistes de « Pour la science » ont un peu de mal à vulgariser, mais s’en tire plutôt bien je trouve :
    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-des-neutrinos-plus-rapides-que-la-lumiere-27997.php
    Sauf que pour réussir à comprendre ce court résumé de « Pour la Science », un niveau Bac scientifique est un minimum … Soit quel % de la population ???
    Pour les autres, cet article est effectivement « trop compliqué » …

    Alors que le même sujet traité dans un quotidien plus « généraliste » (tout en restant plus élitiste qu’Aujourd’hui en France) se verra insister plus sur l’aspect « la science en train de se faire : rigueur, partage des informations, ouverture aux critiques », c’est à dire un aspect plus politique.
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/24/exces-de-vitesse-des-neutrinos_1577201_3244.html

    Commentaire par Yves D — 01/10/2011 @ 16:50

  23. Aliocha, vous semblez dire : « les journalistes doivent cesser le farniente et ils doivent surtout cesser de hurler en cherchant ainsi à remplacer l’indigence de leur travail par des cris (de panique) ».
    Le problème, c’est qu’on ne s’improvise pas mécanicien, mathématicien, ni médecin. Et qu’un mathématicien sait qu’il ne sait pas. Idem, un économiste, ayant beaucoup vu, lu, réfléchi, sait qu’il ne sait rien. Il tente modestement de conceptualiser une chose, d’en dresser le portrait : théorique, provisoire, bricolé pendant que la chose continue sa course aveugle et réelle. Idem un physicien.
    L’économie, qui sait de quoi on cause, avec ce mot ? Aliocha, vous vous étonnez que les investisseurs cherchent à évaluer l’avenir des entreprises : mais n’est-ce pas le bon sens que de faire cela. Ce qui fait la différence avec le passé, ce sont les moyens de parvenir à se faire un jugement avant d’investir. Mais pourquoi investir ?
    Est-ce que l’économie serait l’un de ces étranges flux (de quoi ?) que l’on tenterait de guider, de rationaliser, de maîtriser pour en « profiter » soi-même (si c’est possible) (quitte à ce que, par ailleurs, terra incognita, ça souffre, ça s’effondre, ça ravage).

    Commentaire par Bray-Dunes — 02/10/2011 @ 10:42

  24. Ohhhhh, les lecteurs du Monde n’aiment pas le supplément week-end, quelle surprise !!!!!http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12167

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/10/2011 @ 22:13

  25. @Yves_D: A priori, le but de l’information sérieuse est le même que celui de l’éducation : apporter quelque chose et tirer l’audience vers le haut. Je sais, c’est difficile.

    Commentaire par DM — 03/10/2011 @ 10:46

  26. @aliocha: »Enfin, pour ce que je vois du côté des quadras, j’ignore ce qu’il en est pour les jeunes confrères. »

    Parmis les 4 journalistes que je connais, 3 sont partis bosser dans la com’ (2 collectivites locales et 1 entreprise). Le dernier bosse pour une antenne locale de France3 (il obtenu un poste permanent apres des annees et des annes de piges).

    Cela etant, statistiquement ca n’a aucune signification.

    Commentaire par professeurtournesol — 03/10/2011 @ 12:10

  27. @Bray-Dunes: « Idem, un économiste, ayant beaucoup vu, lu, réfléchi, sait qu’il ne sait rien. »

    Malheureusement, trop peu d’economistes font preuve d’une telle humilite.

    Commentaire par professeurtournesol — 03/10/2011 @ 12:11

  28. @ Aliocha :

    HS, mais vous qui vous intéressez au journalisme en temps de guerre, voici une ressource documentaire qui pourrait vous plaire http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_2912046&N-fa=2912039&N-p=21474114&N-play=0&N-s=1_2912046&N-u=1_300101

    Commentaire par Gwynplaine — 05/10/2011 @ 08:57


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :