La Plume d'Aliocha

23/09/2011

Les mains dans le cambouis, et vite !

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 23:19

« On nous cache tout, on nous dit rien ». Tel est, en substance, le message de Jean-Michel Aphatie dans son billet de jeudi. L’apocalyspe financière et économique mondiale se rapproche à la vitesse de la lumière, estime-t-il,  et personne n’a le courage de dire la vérité aux français. En clair, il faudrait que les politiques, cédant à la dinguerie des marchés financiers, truffent désormais leurs discours de mises en garde, de chiffres affolants et de prédictions de fin du monde. J’exprime respectueusement mon désaccord. S’il est bien un moment où il faut peser de tout le calme de la raison contre la folle volatilité des délires boursiers, c’est maintenant.

Les prophéties auto-réalisatrices des marchés

En réalité, si on ne nous dit rien, c’est qu’il n’y a rien à dire. Contre la démence des prophéties auto-réalisatrices des marchés financiers (j’anticipe une catastrophe et par le fait même je la provoque) en passe d’entrainer les économies dans leur sillage, il n’y a rien d’autre à faire que de calmer le jeu dans les médias, pour éviter que le délire ne contamine le public, et de bosser avec acharnement dans les ministères pour trouver des solutions. C’est ce que font en ce moment tous les gens pas assez chics ou trop occupés pour aller perdre leur temps à se raconter à la radio. C’est pour ça que Jean-Michel Aphatie ne les connait pas. Au-delà des discours convenus qui semblent lasser l’interviewer vedette lui-même, il y a les vrais enjeux qui méritent mieux que des hurlements de fin du monde.

Les graines de la prochaine crise sont déjà semées

Nous ne sommes même pas sortis de la crise actuelle que déjà la prochaine se profile, encore plus grave, à supposer que l’on survive à celle-ci d’ailleurs. Vous détestez la folie des marchés financiers ? Ce n’est rien à côté de ce qui se prépare. Déjà 60% des transactions boursières sur le marché américain et 40% chez nous relèvent du trading haute fréquence, ou « THF » pour les intimes à moins que vous ne préfériez High frequency trading, du meilleur effet dans les dîners en ville. C’est quoi, me direz-vous ? Des automates programmés pour détecter d’infimes écarts de cours entre les différentes places de cotation et envoyer des millions d’ordres d’achat ou de vente pour en tirer profit. Figurez-vous que tout ceci se calcule à la nanoseconde et dépend donc de la longueur du cable qui relie l’ordinateur de l’acteur de THF (quelques unes de nos grandes banques françaises par exemple) à celui de l’entreprise de marché. C’est ainsi que NYSE-Euronext héberge une quarantaine de co-locataires près de Londres, à quelques mètres de son ordinateur. Le THF, c’est une vraie machine à cash pour ceux qui l’utilisent. Mais c’est aussi une machine à krach comme l’a montré le flash crash du 6 mai 2010 à Wall Street. Un truc économiquement inutile et dangereux qui échappe désormais à tout contrôle. Les économistes, tous bords confondus, mettent en garde de manière unanime contre ce nouveau délire financier qui ne présente que des dangers et aucune utilité de quelque nature que ce soit, excepté pour la poignée de spéculateurs qui la pratiquent. Les régulateurs boursiers avouent leur impuissance, tandis que Bruxelles, sous l’impulsion du français Michel Barnier (commissaire européen au marché intérieur) tente de réglementer l’activité (projet attendu avant la fin de l’année).

Les actions c’est fini, vive les matières premières !

Et puis il y a la spéculation sur les matières premières (blé, colza, pétrole, cacao etc.), et tous les financiers respectables qui vous racontent sans rire que certes, ça augmente le prix de la baguette, mais que le consommateur peut le supporter. Chez nous, ça augmente le prix de la baguette, ailleurs, ça rime avec famine.  Je reçois un mail par jour m’invitant à une conférence de presse sur les avantages sonnants et trébuchants de la spéculation sur les matières premières, et je lis presque autant de déclarations officielles précisant que les méfaits de la spéculation dans ce domaine ne sont pas démontrés. Convenez que c’est troublant.

L’économie vérolée par la finance

Oh ! je vous entends d’ici songer que la finance peut bien s’effondrer, il nous restera l’économie réelle. Hélas, rien n’est moins sûr.  Les entreprises françaises, cotées ou pas, ont réalisé un bon premier semestre au dire des spécialistes, mais elles craignent désormais que les banques, emportées dans le tourbillon des marchés financiers, cessent à partir de maintenant de leur prêter de l’argent et les mènent donc à la faillite. Même notre bonne vieille comptabilité  est en passe de se laisser contaminer par les marchés. Tout ça parce qu’une bande d’apprentis sorciers basés à Londres fabrique de nouvelles normes comptables à vocation mondiale (une sorte d’esperanto de la comptabilité) qui n’ont plus pour objet d’arrêter le patrimoine d’une entreprise à un instant « t » mais, tenez-vous bien,  de prédire l’avenir. Vous voyez dans quel état sont les marchés ? Eh bien figurez-vous que ces règles comptables (IFRS) imposent d’évaluer presque tous les éléments du bilan à la valeur de marché, autrement appelée « juste valeur » par opposition à la valeur historique, en clair de refléter au jour près, voire d’anticiper sur la base de modèles mathématiques aussi incompréhensibles  que douteux, la folie des traders pétés à la coke de Wall Street dans le bilan des entreprises. N’est-ce pas que c’est génial comme idée ? Pour l’instant, seules les sociétés cotées européennes y sont assujetties, mais on imagine déjà y soumettre les PME. Et hop, tout le monde aligné sur les marchés financiers, mêmes les petites boites qui n’ont rien à voir avec ce cirque.

Ah, la petite phrase !

Ainsi, tandis que les gouvernements des grandes puissances tentent de dresser des barrages à coups de promesses d’accords internationaux et de législation, la finance aidée en cela par une petite bande de spécialistes ivres de leur foutue technique, concocte dans l’indifférence générale le prochain tsunami. Ce qui devrait interpeler la presse. Faut-il attendre, comme Jean-Michel Aphatie, qu’un politique crie »au feu » au risque d’ajouter à la panique, ou bien retrousser nos manches, surtout à l’aube des présidentielles, et apporter au public l’information  nécessaire pour qu’il puisse dire en connaissance de cause : ça suffit ! La finance est puissante parce qu’elle est riche, mais aussi et surtout parce qu’elle sait se rendre incompréhensible et donc intouchable, tant par les politiques que par les citoyens. D’où l’importance capitale d’informer en ce domaine.  Une consoeur de Causeur confie avec une  franchise déconcertante qu’en tant que journaliste politique, elle préfère comme tout le monde la petite phrase au débat de fond, surtout si ledit débat porte sur le sujet aride de la séparation de la banque de détail (la vôtre, la mienne, celle qui recueille nos économies pour les prêter aux entreprises qui nous emploient) et la banque d’investissement (celle qui spécule sur les marchés). Ah bon ? Comme tout le monde ? Mais comme qui exactement  ? Il me semble que le public est tout à fait prêt à entrer dans le débat et je crois même qu’il n’attend que cela. Il va falloir qu’on mette les mains dans le cambouis, confrères, ça commence même à devenir urgent. Mais au fait, c’est notre boulot, non ?

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54 commentaires »

  1. je suis en gros d’accord avec vous à un détail qui n’en est pas un: vous voyez où des gens qui essayent de trouver des solutions à la crise qui s’annonce?
    parce que moi je vois surtout des personnes qui cherchent où placer le bout de chewinggum qui permettra à l’édifice de tenir une heure de plus.

    sinon je me posais une question
    on a beaucoup villipendé Total qui protestait lorsqu’on lui demandait des comptes et des indemnisations pour l’Erika
    Le système financier par contre est autrement plus dangereux qu’un Erika mais vit dans une totale impunité vis à vis de toute réparation
    pire encore, alors que l’on ne cesse d’inonder l’industrie de règles de sécurité diverses et variées on dérégule à tout vent l’industrie de la finance

    elle est où la logique là dedans? Finallement M. Margerie a bien raison de protester et c’est un comble!

    Commentaire par fredo — 23/09/2011 @ 23:59

  2. C’est presque pathétique.

    Le contre-feux du THF. Foutaise. Il est très facile de stopper ce phénomène lorsque l’on est aux manettes politiques, il suffit de dire STOP. Pas seulement sur le trading, lui il suffit de le laisser se désintégrer tout seul.
    Il suffit de ne pas reprendre à la charge des pays (et donc des impôts des citoyens sur plusieurs générations) les dettes des pays que l’on a aidé (en maquillant les comptes) ou pas. Parce que pendant que la général se sucre à 12 % sur la grece, c’est nous qui les paierons ces 12%.
    Il suffit de laisser les banques s’effondrer et rembourser les déposants à hauteurs de X milles euros (75 000 ?) de garanties de l’état en vendant le capital immobilier.
    Il suffit d’imposer les sociétes et grosses fortunes pour éponger le déficit de l’état (1% de la fortune des 1% plus riche et 0.5 % des 9% suivant => 80 milliards).

    Mais ceux qui sont aux manettes, ils essaient de le gagner sur la masse à coup de réduction du rsa, de la retraite, de lamination des prestations sociales, car ceux qu’il faudrait arrêter, ils fournissent des enveloppes de billet de 500 (euros) et des valises pleines. Ils « bossent dans le secret » pour résoudre la quadrature, comment résoudre tout ça sans que ceux qui se goinfre puisse continuer encore un peu.

    Alors le THF c’est juste de la foutaise, laissez le marché réguler tout ca, sans aider personne, sans too big too fail, laissons faire ce grand marché qui régule. Parce que ceux qui crèvent la gueule ouverte aujourd’hui, si le cac arrivé à 1000 pts (ou 500), ca changera rien pour eux, et pour moi non plus d’ailleurs.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 00:22

  3. @fredo : des gens qui cherchent des solutions ? J’en vois toute la journée et j’en parle de temps en temps ici même. Mais la partie se joue sur des sujets si compliqués qu’ils sont médiatiquement réservés à la presse spécialisée, laquelle vous donne toute l’information mais de manière aseptisée et dénuée de jugement de valeur, ce qui la rend illisible. Les gens que je fréquente dans ma sphère technique ne vont pas chez Aphatie, mais ce sont eux qui bossent et je vous assure qu’ils bossent très bien. A cette réserve près qu’un fonctionnaire de Bercy, aussi brillant et bien intentionné soit-il, ne peut à lui tout seul combattre les errances de la finance mondiale.

    Quant à l’absence de réparation du préjudice par la finance, au niveau microéconomique, ce n’est pas exact. Il y a de plus en plus de procès en ce moment qui fleurissent suite à la crise. Des épargnants qui ont découvert qu’ils avaient des fonds madoffés dans leur assurance-vie, d’autres à qui on a refourgué des produits toxiques à la place de leur livret A etc. Et les juges condamnent. Sans compter les régulateurs qui sanctionnent les acteurs qui ont déconné à coup de millions d’amende.

    Maintenant si vous songez au dommage global sur l’économie, non, en effet, il n’y a pas de réparation. Peut-être y viendra-t-on d’ailleurs, mais ce n’est pas pour demain. Quant à déréguler la finance, c’est plus compliqué que cela. En fait, comme lors de chaque crise, on est en train de réguler à tour de bras. C’est même la tendance de fond depuis 2008 : réguler tout ce qui ne l’était pas car on a compris que la crise était partie des lieux non régulés. Mais il y a deux problèmes. D’abord, la réglementation déclenche immédiatement des comportements de contournement, en particulier dans la finance. Les financiers mobilisent des bataillons d’experts en tous genre pour imaginer de nouveaux systèmes échappant à la nouvelle réglementation. Ensuite, l’idéologie libérale, la croyance dans le marché pur et parfait, et autres idées du même acabit ont la vie dure. Donc, elles continuent d’irriguer, parfois même de manière inconsciente, les travaux pour élaborer tel ou tel nouveau système. C’est ainsi que Bruxelles tente sincèrement de réagir efficacement à la crise en réglementant tout ce qui peut l’être et fait hurler les financiers, ce qui prouve que la démarche est pertinente. Mais elle le fait en s’accrochant à son vieux dogme selon lequel l’ouverture à la concurrence est un bon outil de régulation. Et c’est ainsi qu’on tente d’éteindre un incendie à grands coups d’essence, préparant ainsi le suivant. Le leçon de tout ça ? Ce sont les idées qui gouvernent le monde, il faudra donc beaucoup de temps pour changer non pas les systèmes, mais le regard que l’on porte sur eux, en clair, il faudra beaucoup de temps pour devenir intelligent et apprendre à gérer le monde qu’on a créé. Si je dis cela, c’est parce que je pense que le mal est beaucoup plus profond qu’une simple question d’intérêts dominants qui empêcheraient d’adopter les bonnes solutions. C’est vraiment une question d’intelligence. Enfin, à mon avis…

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 00:23

  4. oups…
    … pour que ceux qui se goinfre puissent continuer encore un peu.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 00:24

  5. @herve_02 : la chute des marchés boursiers ne concerne pas que ceux qui ont leurs économies en bourse. Elle impacte l’économie réelle, c’est tout le problème…

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 00:26

  6. euh…. en fait non. C’est juste un élément de langage pour justifier tout ces foutaises (et j’y tient)

    Le cours d’une action est un pourcentage de la valeur d’une entreprise. la valeur à laquelle on échange cette action ne reflète pas la valeur de l’entreprise, mais la partie de casino qui se joue entre initiés.

    Demain si l’action société générale vaut 0 €uros (plus personne n’en veux), est-ce que la générale n’aurait plus de CA ? plus de clients ? plus de locaux ? non, elle resterait exactement identique. Ce qui ne vaudrait plus rien, c’est les gens qui ont des titres pour spéculer (qu’ils crèvent). Ceux qui sont actionnaires (qui ont mis de l’argent dans la société pour qu’elle se développe et qui reste avec), ils auraient toujours autant de pourcentage de l’entreprise.

    Alors oui, il y a de nombreuses entreprises qui ont fait de la gestion financière (celle du cours de bourse) la gestion tout cours, oui elles crèveront, mais ces entreprise là, ce n’est pas l’économie réelle, ce sont elles qui détruisent le tissus économique en gagnant aux casino plutôt que de fournir de la vraie croissance et des emplois. Ce serait une bonne chose qu’elles crèvent. Elles seraient remplacé par d’autres, avec d’autres politiques de développement, une sorte de darwinisme économique.

    Cela implique certes de mettre en taules quelques politiques pour entente avec l’ennemi, mais bon ce qu’il y a bien avec les politiques, c’est que ca pousse comme le chiendent.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 00:42

  7. « En réalité, si on ne nous dit rien, c’est qu’il n’y a rien à dire. Contre la démence des prophéties auto-réalisatrices des marchés financiers (j’anticipe une catastrophe et par le fait même je la provoque) en passe d’entrainer les économies dans leur sillage, il n’y a rien d’autre à faire que de calmer le jeu dans les médias, pour éviter que le délire ne contamine le public, et de bosser avec acharnement dans les ministères pour trouver des solutions. »

    Les problemes financiers actuels ne sont pas une folie passagere. Il y a de vrai problemes qui font que certaines banques par example sont beaucoup trop investies dans des obligations grecques que le gouvernment grecque ne pourra pas tenir. Les propheties auto-realisatrices la plus part du temps n’ont pour effet que de changer le moment auquel un evement arrive. Mais ce qui gouverne les grandes lignes du marcher, c’est bien le reel.

    « Vous détestez la folie des marchés financiers ? Ce n’est rien à côté de ce qui se prépare. Déjà 60% des transactions boursières sur le marché américain et 40% chez nous relèvent du trading haute fréquence, ou « THF » pour les intimes à moins que vous ne préfériez High frequency trading, du meilleur effet dans les dîners en ville. »

    Je vous rappel que le flash-crash a dure moins d’une dizaine de minutes et n’a eu aucun effet si ce n’est sur la pression de certain traders et le portefeux de quelques pratiquants du HTF. (Desole, mais je trouve bizzare de faire un acronyme moitier francais moitier anglais)

    Sinon, le HTF a l’avantage d’offrire une liquidite enorme aux traders plus traditionels ce qui peu permettre d’eviter certaines crises de liquidite.

    « Eh bien figurez-vous que ces règles comptables (IFRS) imposent d’évaluer presque tous les éléments du bilan à la valeur de marché, autrement appelée « juste valeur » par opposition à la valeur historique »

    La raison pour cela est simple. La valeur historique n’a aucune importance et ne vous dit rien sur l’etat de l’entreprise. L’un des buts d’un bilan c’est de savoir ce qui se passe si l’entreprise se met en faillite demain. Pour cela, il faut savoir pour combien ou pourra vendre ses avoirs. Et la meilleurs estimation de cela c’est le prix actuel des avoirs et non pas le prix d’achat initial. Reflechissez par example aux avoirs d’une petite entreprise qui a achete des terrains en Janvier 2007. Serait-il utile de compter la valeur de ces terrains au prix d’achat? Evidement que non.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 24/09/2011 @ 01:26

  8. @laplumedaliocha: « Ensuite, l’idéologie libérale, la croyance dans le marché pur et parfait, et autres idées du même acabit ont la vie dure. »

    I wish! L’intervention etatique est l’une des raisons de la crise. Le problem ce n’est pas que les banques jouaient au casino. Le problem c’est qu’elles savaient que si elles perdaient l’etat aller voler a leur secour. Depuis LTCM, c’est toujours la meme chose. Les preteurs ont une fonction importante. Il s’assurent que les banques agissent de facon prudente puisqu’ils ne veulent pas perdre leur argent. Mais quand l’etat garanti aux preteurs qu’ils vont se faire sauver, ils n’ont plus aucune raison de faire attention a l’argent qu’ils pretent et donc les banquiers peuvent agir de facon tres peu prudente. Il y a d’autres endroits dans lesquels la reglementation a aggrave le probleme. Par example l’achat des fameux MBS, CDO etc… Les banques etaient dans l’obligation de maintenir des avoirs ayant certaines notes. Hors elles voulaient prendre plus de risque. Comment resoudre ce problem? Et bien de par la facon dont les MBS et CDOs etaient notes, elles pouvaient prendre des risques enormes tout en restant dans la reglementation. Sans la reglementation, le risque aurait probablement ete similair, mais plus diversifie faisant baisser le risque systemique. On peu aussi compter la reglementation aux USAs qui encourageait l’achat de maisons et donc augmentait le nombre de personnes qui achetaient sans avoir de quoi payer. Et puis Greenspan qui etait trop heureux d’apparaitre comme un geni en faisant tourner la planche a billet.

    Il faut aussi ajouter le fait que le marcher financier n’est pas quelque chose de technique que seuls quelques experts apprehendent. Personne ne comprend exactement ce qui se passe. C’est un system organique dans lequel les consequences inattendu d’une action sont enormes. C’est de l’hubris de penser que qui que ce soit peu reglementer les marchers financiers sans metre une pagaille enorme et probablement mauvaise pour tout le monde. Sur ce point, Hayek avait raison: « The curious task of economics is to demonstrate to man how little they know about what they imagine they can design. » « La curieuse tache de l’economie est de demontrer a l’homme le peu qu’il sait a propro de ce qu’il imagine pouvoir controller. »

    Le marcher est loin d’etres pur et parfait. Mais l’Etat n’a rien a lui envier. Je ne vois aucune raison de faire confiance aux regulateurs pour prevenir la prochaine crise. Vu la pagaille que les regulateurs ont cree, c’est a eu de nous montrer qu’on peu leur faire confiance.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 24/09/2011 @ 01:54

  9. Quelle énergie! Toutefois, je suis en désaccord avec la quasi totalité de vos arguments. Plus exactement, quand je suis d’accord avec vos conclusions, c’est parfois pour des raisons opposées! N’étant pas financier du tout je ne me permets bien sur pas d’avoir un jugement trop affirmatif.

    Prophétie auto-réalisatrice/marché
    Les tensions internes à la zone Euro sont un vrai problème. L’absence de gouvernement central/politique économique uniforme crée des tensions du fait de la monnaie unique. Si les monnaies étaient différentes (je simplifie un peu) le Drachme aurait été dévalué face au Deutschmark, ce qui aurait en partie allégé la tension monétaire. Un monnaie sans Etat est un vrai problème de fonds. Pour en sortir, il faut ou casser la monnaie unique ou accepter un gouvernement économique supranational ‘zone Euro’, donc de fait un gouvernement Européen fédéral. En refusant de choisir, la réalité nous rattrapera, et le prix à payer sera bien plus élevé.
    Qu’aucun homme politique ne le dise ne change rien. De 1950 à 1990, les dévaluations se sont succédées en Europe ; le Franc assez souvent, même si la Livre était aussi souvent sous pression). Les gouvernements niaient en bloc jusqu’à la veille même de l’opération. Les politiques ne peuvent pas faire autrement. Dire ‘notre monnaie sera dévaluée de 7% dans 3 mois’ n’a pas de sens, l’annonce même produisant instantanément les effets que l’on prétend repousser. Puisqu’un politique ne peut jamais que nier, le marché ne peut objectivement pas accorder de crédit aux dénégations politiques.
    Tout marché à terme, reposant sur le crédit, est fondamentalement une question de confiance. Quand elle disparait, la valorisation s’effondre. Mais à l’inverse, les titres montent parfois aussi sans raison, parce que l’humeur est à l’optimisme. Les cracks sont inévitables dans un système de marché. Mais à moins de renoncer au crédit, c’est un problème sans solution.
    Seule consolation? Les paniques ne sont pas éternelles. Si les ‘fondamentaux’ sont bons, les titres remonteront à terme.

    Spéculation sur les matières premières
    En fait, c’est un point à la fois clé dans l’histoire de la finance, ainsi que dans son évolution moderne. Les marchés à termes sont justement apparus pour aider les agriculteurs au départ. L’idée était plus ou moins: si je vends ma récolte à 10, je vis bien, suis rentable et peut continuer mon activité. Donc je préfère m’engager maintenant à vendre ma récolte à ce prix, récolte que je livrerais dans 6 mois. Si quelqu’un est convaincu que ma récolte vaudra 12 dans 6 mois, il a tout intérêt à me l’acheter maintenant à 10. Et nous voilà à spéculer sur les matières premières. Pour des raisons un peu techniques, mais fondamentalement ‘systémiques’ (donc en réalité inévitables) si spéculer à la hausse peut être intéressant dans certains cas, spéculer à la baisse aussi.
    Un problème très récent est lié à l’abondance des capitaux à placer (caisse de retraites, assurance vie…) dont les montants croissent (il faut placer les cotisations pour pouvoir payer les pensions) alors que les débouchés financiers rétrécissent (Actions à la baisse, produits complexes en fait toxiques, Etats de moins en moins susceptibles de rembourser…). Ou mettre cet argent alors? En achetant des bien non financiers (terrains, matières premières…). Donc les cours sur l’alimentaire se sont envolés pour une simple raison d’offre et de demande.
    Est-ce la raison des famines? C’est loin d’être évident. Les famines sont un mal ancien, et elles ont frappées durement durant tout le XXème siècle, alors qu’il n’y avait que peu de spéculation dessus. Dire que les famines de cette année sont dues à cette cause me semble un raccourci bien rapide. Sans vouloir faire trop compliqué, la cause essentielle est que les pays pauvres n’ont plus d’agriculture vivrière, mias essentiellement une agriculture d’exportation (chocolat, café…). Du coup ils doivent acheter de quoi se nourrir, ce qui les fragilise quand les cours montent. C’est entre autre une conséquence de la régulation européenne sur les prix! La PAC subventionne nos agriculteurs, limitant les débouchés chez nous pour les pays pauvres sur le blé entre autres… Donc ils se sont spécialisés sur ce qui ne peut pas pousser chez nous.
    Les aléas climatiques deviennent dramatiques quand ils s’ajoutent à cette situation déjà intenable. Et encore, il faut ajouter les tensions militaro-séparatistes (au hasard la corne de l’Afrique) qui font que la famine est une arme pour exterminer les populations ennemis (blocage des routes…)
    Je ne considère pas qu’il soit sain de spéculer fortement sur les produits agricoles, tout simplement parce que ça ne correspond pas à une ‘vraie’ croissance économique. une tonne de blé restera une tonne de blé, et grosso modo nourrira à peu près toujours autant de monde. Parier fortement à la hausse comme à la baisse est principalement un pari idiot. Autant jouer à pile ou face. Que des paramètres expliquent des variations ‘longues’ oui, bien sur, mais pas un yoyo de forte amplitude.

    High Frequency Trading
    A la base, c’est un très bon outil. Il permet de faire de l’équilibrage rapide en cas de différence de cours. Il n’y a pas de raisons a priori qu’un bien ait deux valeurs différentes suivant où vous l’achetez. En compensant ces écarts, le marché est plus neutre. On pourrait y voir une vraie utilité technique en fait, une vraie valeur ajoutée. Une sorte de comparateur de prix en temps réel.
    Le problème ne vient pas temps de la technique elle même que de ce qu’elle suppose. Tout d’abord, pour être le plus rapide, il faut être au plus près. Ce qui est un facteur de risque majeur. Si tous les ordinateurs ‘banque et finance’ sont dans la même salle, toute l’économie est en danger en cas de problème (incendie, panne…). La sur-concentration des moyens est toujours un facteur de risque. L’autre problème est celui de la collusion. La salle de marché peut favoriser qui elle veut en fournissant les meilleurs emplacements. Par définition, comme il faut toujours être plus proche que le concurrent, on paye de plus en plus cher un bien équivalent (la meilleure place).
    Le second aspect est simplement la mise en place d’algorithmes. Toutes les établissements construisent des programmes qui analysent et observent le marché. Le but est de tirer parti au plus vite des mouvements intéressants. Il est strictement impossible de construire des algorithmes ‘résistants’ aux cracks. Quand les conditions sont réunies, ça s’enchaine et se bloque très vite. C’est un problème de maths qui n’a pas de solution. Donc tout algorithme quel qu’il soit peut mener à ce type de situations. Evidement, avec un ordinateur ça va juste très vite. Mais cela s’est déjà produit par le passé. une seule solution: suspendre les cotations. A moins de renoncer aux ordinateurs et de ‘forcer’ les opérations à être manuelles, humaines, il faut apprendre à vivre avec ce risque. Il se réalisera régulièrement.
    Il y a des options techniques simples pour limiter la course au HFT, mais les places de marchés n’y ont pas intérêt vu les sommes considérables qu’elles tirent de la location de leur locaux. Et il ne faut pas compter sur les banques pour se mettre d’accord en elles pour cesser la course à l’armement. C’est typiquement un sujet que seul le régulateur peut trancher. Mais comme le régulateur est constitués souvent de banquiers et qu’il est sous influences des Etats eux-mêmes débiteurs, c’est loin d’être simple politiquement.

    IFRS3
    Qu’une norme comptable soit internationale, uniforme, bref que les règles du jeu soient les mêmes pour toutes les entreprises, c’est plutôt une bonne chose. Pour avoir un bilan flatteur, une entreprise essaie d’optimiser ces opérations en fonction des règles existantes. Donc des règles uniques en soit oui. La question est lesquelles? C’est une question très complexe, très technique, car elle pose des questions qui semblent simples mais sont en fait des choix par essence ‘mauvais’, dans le sens où il n’a pas de bonne solution. Typiquement, comment valoriser un stock? Au pris d’achat? Mais si le cours à changé fortement? Au prix du marché? Mais alors mes résultats changent tout seul tous les jours? Et ainsi de suite… Et quand il n’y a pas de cours? Mon actif compte des immeubles. mais si la société est ancienne, l’immobilier sur 50 ans étant fortement monté, comment réévaluer la valeur du bien? Typiquement, il est facile de dire combien valait la Tour Eiffel. Mais comment en évaluer le coût/la valeur aujourd’hui? On n’en vend pas une tous les matins! Et c’est pourtant un actif majeur. Des modèles simples (voire simplistes) introduisent des biais évidents. On a donc facilement envie de corriger ces biais par de nouvelles règles. Hélas, elles vont introduire de nouveaux biais, plus complexes et encore plus nombreux. Donc on recommence… et on perd complètement le contrôle du système. Si je devais choisir, je préférerais un système ‘simple’, avec des défauts connus et lisibles.
    Mais l’avantage des systèmes complexes, c’est que personne ne veux jamais reconnaitre qu’il ne les comprend pas. Donc pour ne pas avoir l’air idiot, on continue. Comme ces gamins qui font une bêtise mais qui ne veulent pas être le premier à dire stop. Sans compter que les très rares qui comprennent le système sont ceux qui l’ont conçus. Juste après il deviendront donc les conseillers/experts de référence pour l’utiliser. Tout pousse donc dans cette voie.

    Finance toute puissante
    Pour finir ce très (trop) long commentaire, la finance n’est absolument pas toute puissante. Si vous devez 10 000 euros à votre banquier, malheur à vous. Si vous lui devez 10 milliards, malheur à lui! En d’autre termes, c’est une négociation forcée: chacun détient ce dont l’autre a besoin.
    Les Etats veulent des liquidités, donc ils les cherchent sur le marché en émettant des bons du Trésor, avec des intérêts attractifs. Mais de l’autre coté, il y a des épargnants qui ont des liquidités dont ils n’ont pas l’usage. Il leur faut trouver un placement pour compenser entre autre l’inflation. Sans quoi leur argent fond.
    C’est un rapport de force oui, mais ambigüe: personne ne peut tuer l’autre. C’est une partie du problème Chine-USA. La Chine possède des bons US en telle quantité que les vendre massivement ferait baisser le Dollar, donc la valeur de ses propres avoirs. Et comme la dette américaine sert à acheter des produits chinois… Mais les américains doivent contenir leur dette pour éviter une panique qui ferait exploser cette bulle.
    La encore, la solution est simple, mais son coût nous fait refuser de l’imaginer: cesser d’emprunter toujours plus. Si les Etats réduisent leur dette, la pression change de camp. Mais sommes nous prêts à payer plus d’impôts pour un service rendu moindre?

    Commentaire par kaeldric — 24/09/2011 @ 02:01

  10. @promethee feu : je suis preneuse de l’étude démontrant que le THF apporterait une « énorme liquidité », mais je crains qu’elle n’existe pas 😉 vous êtes plus enthousiaste que des acteurs comme CA Cheuvreux par exemple qui ne me paraissent pas pourtant être des suppôts de Mélenchon…pas plus d’ailleurs que l’AMF ou la SEC ne sont truffés d’anciens de la LCR, enfin à ma connaissance, on peut toujours se tromper ! Je vous offre pour ma part un lien vers un excellent rapport sur les limites de la valeur de marché : http://www.focusifrs.com/menu_gauche/actualites_phare/divers/rapport_morand_marteau_sur_les_normes_comptables_et_la_crise_financiere
    quant au fait que tous les problèmes de la finance viendraient de l’intervention réglementaire des Etats, excusez-moi, mais là je ne peux pas vous suivre. La crise de 2008 est partie de ce qui était non surveillé, ne l’oublions pas. C’est comme si vous me disiez que les accidents de la route sont liés à la signalisation et aux radars.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 08:52

  11. @Kaeldric : en vrac et rapidement, la dégringolade des banques françaises est hallucinante et sans commune mesure avec le poids relatif de la dette grecque dans leurs bilans, ce qui fait d’ailleurs soupçonner à certains non pas un « complot » américain, mais une belle bataille concurrentielle qui ne s’embarrasserait pas de la jouer à la loyale. Je n’ai pas dit que les famines récentes étaient liées à la spéculation sur les matières premières agricoles, en revanche je dis, et je suis loin d’être la seule, que c’est ce qui va nous tomber dessus. Evidemment que c’est utile pour les raisons que vous évoquez et à petite dose, mais on n’est pas capable de jouer à petite dose. La finance est en train de délaisser les marchés actions pour aller sur les matières premières, sous l’impulsion de quelques grands gourous américains, c’est grave. Un référentiel comptable international ? Bien sûr que c’est une bonne idée (quoique, cela nous expose à changer nos systèmes juridiques qui n’ont pas démérité et ça surestime aussi les différences entre systèmes comptables pour nous vendre un nouveau machin qui n’a pas fait ses preuves), c’est le recours à une valeur de marché mal comprise qui est embêtant. Voyez le rapport que je mets en lien au-dessus. J’ai interrogé récemment un analyste financier sur le marché de la dette grecque. L’IASB estime que les banques européennes auraient du recourir à la valeur de marché pour comptabiliser la dette grecque, l’analyste pense que l’IASB délire. Qu’il n’y a pas de marché pertinent de la dette grecque compte-tenu des volumes (3% de ce qu’ils étaient avant la crise) et que donc un marché comme celui-ci ne fournit pas une valeur qui a du sens, sans compter qu’il peut-être manipulé. Quant aux impôts, j’ai une opinion de ménagère là-dessus, arrêtons de jeter l’argent par les fenêtres et ça ira tout de suite mieux. Ce qui signifie faire des audits réguliers, ne pas hésiter à changer ce qui ne va pas, corrigeons le train de vie des institutions, instaurons l’obligation de mener des études d’impact avant chaque réforme etc.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 09:04

  12. Je ne suis pas d’accord avec Hugues Serraf sur ce coup là, mais il me fait hurler de rire, ce qui est une prouesse sur un sujet comme l’endettement des collectivités locales : http://www.com-vat.com/commvat/2011/09/dette-toxique-dexia-collectivites.html
    au passage, vous avez là un exemple d’excellent journaliste, capable d’expliquer simplement un problème compliqué

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 09:35

  13. @ Aliocha :

    Si globalement je suis d’accord avec vous, bien que peu disponible d’esprit pour m’engouffrer dans une étude au-delà d’une « première couche de compréhension » (celle que justement il est du ressort du journaliste de mettre à la portée du grand public, tâche colossale mais indispensable – et j’imagine passionnante…), ce qui m’a fait renoncé à tort à la lecture des commentaires ci-dessus, si globalement je suis d’accord disais-je, Apathie a quand même une phrase dans sa conclusion (avant-dernier paragraphe) qui est d’une désespérante justesse quant à l’état de la vie publique actuelle : « La vie publique a ceci d’étrange qu’elle est une offre -le discours- qui procède d’une demande certes muette, mais intuitivement ressentie par les acteurs, de l’opinion publique. » Et tant qu’on ne dépassera pas cet état là, vous aurez beau mettre les mains dans le cambouis vous n’arriverez pas à entacher la parole lave plus blanc de la com’, celle qui nous empêche d’accéder au débat de fond.

    Sinon, avec retard mais cela reste d’utilité publique, à ceux qui cherche cette « première couche de compréhension « , je recommande chaudement le documentaire « Cleveland contre Wall-Street » qui « monte » avec les vrais acteurs un procès n’ayant pas eu lieu grâce à l’extrême habileté des avocats de Wall-Street. Il dévoile de manière limpide les mécanismes de la crise des subprimes et nous met le nez dans ses effets concrets sur les quartiers les plus pauvres de Cleveland. Le juge doit y trancher cette simple question : est-ce à Wall-Street ou bien à la Ville de Cleveland (la municipalité) de payer la facture – qui se chiffre en millions voire milliards de $ – laissée par cette crise sur l’économie locale. Disponible dans toutes vos bonne médiathèques.

    Commentaire par Gwynplaine — 24/09/2011 @ 10:16

  14. Aphatie, ça fait 5 ou 6 ans qu’il nous saoûle avec sa monomanie de la dette publique; du coup, comme aujourd’hui certains pays ont de grave problèmes de solvabilité, il redouble d’autisme sur le mode « je vous l’avais bien dit » – alors qu’il n’a toujours rien compris à rien (même une montre cassée donne la bonne heure deux fois par jour); il faudrait qu’il arrête de se présenter comme « journaliste économique », c’est insupportable.

    Aliocha, qu’est-ce qui vous chagrine dans le billet de Serraf ? Il me semble au contraire assez juste : il n’évacue pas la responsabilité des banques, mais rappelle que l’emprunteur inconscient a aussi sa part de responsabilité (c’est le cas aussi pour les gueux ricains qui ont acheté leurs maisons à crédit (poussés par une volonté politique démagogue et tout aussi irresponsable) en se doutant bien qu’ils ne pourraient jamais rembourser). Oui, les banques avaient un devoir de conseil, mais les collectivités ont choisi de jouer au « casino » qu’on reproche à la « finance folle »; elles ont merdé.

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 10:29

  15. @kaeldric en 9

    sur le HTF, il faut savoir ce que l’on veut : on ne peut pas avoir fromage et dessert.

    Soit on considère que les algos vont « fonctionner » et on les autorise mais dans ce cas, on ne suspend JAMAIS les cours : les algos sont des « traders » comme les autres et les prises de positions qu’ils font engagent leurs mandants (l’entreprise qui les mets en place).

    Soit on considère que les algos ne fonctionnent pas, que l’on doit parfois suspendre les cours, annuler ou ne pas tenir compte des transactions, alors il ne faut pas les autoriser du tout.

    D’ailleurs si on s’autorise le droit de « suspendre » les cours, cela veut dire que l’on SAIT que le marché cela ne fonctionne pas.

    Lorsque Mr Michu trade sur le dax en intraday, poussé par une pub et une « conseillère » financière et qu’il se plante dans sa « martingale » : le dax perd 150 points dans la journée, sa position saute faute de couverture, il perd tout son pécule et se retrouve à poil, on annule rien. Mais lorsque c’est machin international trading et 20 de ses acolytes, on pourrait annuler ? Et pour quels raisons ? Parce que cela gère les retraites de millions de gens ? QUI a autorisé les caisses de retraites à jouer au casino ou au poker ?

    On liquide les caisses de retraites en question, prison (et aux zezazunis ya encore la peine de mort, elle serait vite abolis, j’vous dits) pour ceux qui ont décidé et approuvé ces jeux, on vend les actifs et redistribue ce qu’il reste. Le politique va payer la merde noire qu’il a autorisé, il devra gérer les émeutes.

    On interdit aux caisses obligatoires de jouer au casino et on oblige celles qui sont facultatives de préciser clairement sur un document que la personne signe ce qu’elle font. Ce document les engageant sur les moyens.

    Parce qu’il ne faut pas perdre de vue une chose, TOUS ces mécanismes « compliqués » sont des choix fait par les politiques et ces choix, c’est toujours le péquin de base qui doit les assumer, jamais celui qui les a fait. Chaque magouille et plan Z n’est qu’un écran de fumée pour que le politique n’ai pas à assumer ses choix. C’est toujours la fautes des autres : la conjoncture, le marché, la crise, les roms, les arabes, les chômeurs, les jeunes, les faignants, …. Ils servent à quoi en fait ? A nous amuser ? Nous n’en avons pas besoin.

    Il suffit de voir qui a été posé au fmi : La bécasse qui croule depuis 2007 que la crise est derrière nous. Ci cela n’engageait la vie de millions de personnes, ce serait un comique troupier.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 11:56

  16. Un argument au vol sur le THF : il me semble qu’on est très loin avec ce système du fonctionnement d’un marché consistant à permettre la rencontre d’un acheteur et d’un vendeur, on me répondra qu’ils jouent les intermédiaires, mouais, plus de 95% de taux d’annulation des ordres, ordres passés par des machines sur n’importe quel titre et pour des raisons douteuses, on se déconnecte un peu plus de l’économie réelle. Faut-il rappeler que les marchés financiers ont vocation à financer l’économie réelle ? Est-il seulement encore temps de le rappeler ? L’économie fonctionne-t-elle à la nanoseconde ?

    Sinon, je vous signale que c’est le lancement aujourd’hui du nouvel hebdo du Monde.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 12:02

  17. @VilCoyote en 16

    Eh oui, comme je disais, cherchons un lampiste comme responsable : là l’emprunteur à qui on a volé le pognon.

    En fait, vous vous trompez et vous n’avez pas compris le mécanisme. Aux zétazunis les emprunteurs ne devaient pas rembourser leur maison, bien sur qu’ils ne le pouvaient pas, c’était même le coeur de la martingale.

    Le truc c’était, globalement, la valeur immobilière d’un bien augmente plus vite que l’inflation, donc un peu habiter « sa » maison pendant un certains temps avant de la revendre, il suffit de payer (mensuellement, annuellement ou in fine) l’écart entre la valeur finale (projetée ou réelle) et le montant prêt+intérêts. C’est un système qui fonctionne SI…

    Ce n’est pas l’emprunteur le responsable, pas du tout, c’est la banque qui a « refourgué » ses créances à d’autres, pour, avec le cash généré recommencer la même opération. Ainsi la banque a pu autoriser plus d’opérations que ses fonds propres. C’est un choix politique d’avoir laissé faire cela : n’importe qui peux comprendre que cela ne fonctionne pas. Demandez à un enfant de 10 ans, en lui transposant le problème, il verra tout de suite que cela ne fonctionne pas. De là à dire que nos politiques sont plus « idiots » qu’un enfant de 10 ans…

    En fait nos politique s’en cognent comme de l’an 40, ils ne sont JAMAIS responsables et ce sont toujours les lampistes qui paieront. En plus y aura toujours des péquins pour les défendre et accuser le lampiste.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 12:09

  18. @herve : « En fait, vous vous trompez et vous n’avez pas compris le mécanisme. »

    Euh, merci, je crois que ça va. Enfin notre emprunteur spécule sur la hausse de son bien immobilier. Je ne dis pas que les banques n’y sont pour rien (il faudrait être d’une mauvaise foi assez extraordinaire), elles sont peut-être même les principales responsables (pas sûr – cf. la politique monétaire expansionniste et l’incitation vaguement démago à l’accès forcené à la propriété), mais les ménages qui se sont prêtés au jeu ont entretenu la mécanique et contribué à faire gonfler la bulle. Il ne s’agit pas de « chercher un responsable », mais de constater qu’il y en a plusieurs.

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 12:15

  19. @Vilcoyote : je ne fais pas partie des gens qu’on peut qualifier moralement d’assistés, je crois même que c’est tout le contraire. Néanmoins, en tant que juriste, je suis choquée que des gens qui savent (les banquiers), qui maîtrisent une technique spécifique non accessible à tout le monde, puissent non seulement ne pas remplir leur devoir de conseil, mais carrément tromper leurs clients en les poussant à acheter des maisons toujours plus grandes, en ne les informant pas correctement sur les taux etc. Dans tous les systèmes juridiques, on considère que le professionnel est fort parce que sachant, et on en déduit qu’il faut protéger le faible, celui qui ne sait pas, à savoir le consommateur. Pour moi, la responsabilité des banques dans les prêts immobiliers américains est totale. Et Dieu sait que pourtant que je n’aime ni les visions en noir et blanc, ni l’argument du « c’est la faute à l’autre… »

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/09/2011 @ 12:23

  20. @vilCoyote

    Non notre emprunteur ne spécule sur rien : la banque spécule sur l’augmentation du bien immobilier. Notre emprunteur il voit une sorte de « location » qui lui coûte un peu d’argent si le prix de la maison augmente moins vite et qui lui rapporte si le prix de la maison augmente plus vite.

    Ensuite ce n’est pas de la faute des ménages si cela n’a pas fonctionné : du fait de l’effet de levier par le refinancement (la revente des crédits), le volume qui a été mis en oeuvre est bien trop important et la martingale ne marche plus. Lorsqu’il y a tout plein de maison à la revente, ben le prix diminue et ca marche plus du tout.

    Parce que si on regarde _une_ opération (donc du point de vue de l’emprunteur).

    Le prix de l’immobilier augmente, donc ma maison vaudra plus chère dans 10 ans. Si j’arrive à trouver un prêt qui me permette de rembourser tous les mois que ce que cela me coûte (intérêt mensuel – augmentation de la valeur à terme), je peux « acheter/louer » plus grands que si je devais rembourser.

    Aucun emprunteur n’a forcé une banque à agir comme cela, je suis même persuadé que les conseillers des banques ont fait du phoning et des pubs pour trouver des pigeons\w clients. C’est un peu comme nos investissements madelin, scellier et autres…

    C’est probablement de la faute du pigeon, ni du politique, ni de la banque, ni de l’entrepreneur. oui je sais, toujours le lampiste. et même pour le politique en fait c’est l’électeur.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 12:42

  21. @Herve : « Non notre emprunteur ne spécule sur rien (…) Le prix de l’immobilier augmente, donc ma maison vaudra plus chère dans 10 ans »
    Vous n’appelez pas ça de la spéculation, vous ?

    @Aliocha : en tant que juriste (oui, je me permets de m’attribuer ce qualificatif 😉 ), je suis tout aussi choqué que vous; il n »empêche, je surestime peut-être le niveau intellectuel du pékin moyen ou de la collectivité locale moyenne, mais y a des trucs qui puent à 10 bornes, même quand on n’y connaît pas grand-chose – et à plus forte raison si on ne comprend pas ce qu’on signe. C’est particulièrement vrai pour les collectivités locales. Encore une fois, oui les banques sont responsables (c’est pour ça qu’on les aime), mais comparer leurs clients à des victimes de charlatans qui leur auraient refilé un produit défectueux en apparence impeccable ne me semble pas pertinent. A la limite, l’asymétrie d’information est telle qu’il en devient presque fautif de s’engager dans ces conditions (je force un peu le trait, mais pas tant que ça).

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 12:57

  22. @vilCoyote

    Oui, c’est vrai, tout est spéculation, je n’achète pas ma machine ce mois-ci elle vaudra 10% de moins le mois prochain. J’achète 2 boites de thon en promo car la semaine prochaine la boite de thon vaudra plus chère. J’achète des actions air liquide parce que dans 10 ANS, j’aurais un peu gagné sur mon capital. Je prends une assurance vie à 4% parce que dans 8 ans, j’aurais gagné 4%.

    Oui tout est spéculation : je me marie avec cette femme car dans 40 ans je serais encore avec elle.

    CE qui me dérange dans votre raisonnement, c’est la dilution de responsabilité pour éviter de « punir » un coupable initiateur. Et ce qui me dérange le plus c’est que cet évitement ne se fait TOUJOURS que pour les puissants. Car vous devriez savoir, en tant que juriste, que lorsque le pauvre black pris en train de cambrioler une épicerie, il va être punis lui : ce sera pas de la faute conjointe de l’épicier ouvert si tard, sans vigile, pas de la faute de la région qui lui a sucré son rsa, de l’office hlm qui l’a mis dehors de chez lui, de son ex-employeur qui a délocalisé en chine. C’est lui qui sera punis parce que c’est lui qui a commis.

    Mais pour les banques qui ont « construit » ses mécanismes c’est de la faute collective ?

    foutaise.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 13:21

  23. @Herve : « Ce qui me dérange dans votre raisonnement, c’est la dilution de responsabilité pour éviter de « punir » un coupable initiateur »

    Non non non ! Vous vous méprenez, ce n’est pas ce que je voulais dire; loin de moi cette idée.
    En fait il me semble qu’on a ici deux sens, qui ne se recoupent pas vraiment, du mot responsabilité : une responsabilité économique (qu’il me semble pertinent de faire reposer en partie sur les ménages/collectivités, selon le cas qu’on prend), et une responsabilité juridique (qu’il ne me semblerait pas scandaleux de faire reposer entièrement sur les prêteurs, d’autant plus que les emprunteurs ont déjà assez morflé et pas fini de, pour qu’on considère que c’est pas la peine d’en rajouter).

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 13:41

  24. …. une responsabilité juridique (qu’il ne me semblerait pas scandaleux de faire reposer entièrement sur les prêteurs, ….

    Et c’est le cas ?

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 13:47

  25. Non. M’enfin je ne crois pas l’avoir prétendu.
    (Juste pour rebondir vite fait sur votre précédent commentaire, faut aussi voir à distinguer responsabilité pénale et civile; la réparation de la faute civile peut être atténuée si la victime a concouru à la réalisation du dommage, mais la faute pénale n’est imputable qu’à son auteur. Donc votre exemple n’est pas tout à fait approprié, il me semble).

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 13:53

  26. Je crains que les économistes ne soient muselés et ne puissent nous informer du réel état du marché français qui soit disant va bien à cause des élections qui approchent.

    Commentaire par Ceriat — 24/09/2011 @ 15:02

  27. @laplumedaliocha:
    « je suis preneuse de l’étude démontrant que le THF apporterait une « énorme liquidité », mais je crains qu’elle n’existe pas vous êtes plus enthousiaste que des acteurs comme CA Cheuvreux par exemple qui ne me paraissent pas pourtant être des suppôts de Mélenchon…pas plus d’ailleurs que l’AMF ou la SEC ne sont truffés d’anciens de la LCR, enfin à ma connaissance, on peut toujours se tromper ! »

    Mon enthousiasme pour le HFT n’est pas sans bornes. Je suis pret a croire qu’ils n’aient pas d’utilite pour ceux qui n’y participent pas. Cela dit, le HFT a theoriquement un grand avantage, (une tres grande liquidite) et je repondais plus a votre rejet categorique de la possibilite de n’importe quel benefice venant du HFT qui me semblait excessif. Pour moi le meilleurs argument en faveur du HFT est qu’il semble que les seuls qui peuvent y perdre ce sont ceux qui les utilisent ou font des transactions tres frequentes intra-day. C’est pour cela que je mentionnais le fait que le flash-crash n’a pas dure longtemps. Et pour cause, des algorithmes qui vendent sans raison, c’est une occasaion pour des speculateurs de gagner beaucoup en achetant. Sinon, je pense que les regulateurs font face a des incitations politiques et que vu le peu de popularite du HFT, ils ont tout interet a se joindre a la chorale. (Ou plutot, ceux qui font partit de la chorale on plus de chance d’etres ceux qu’on nome regulateurs et ecoute)

    « quant au fait que tous les problèmes de la finance viendraient de l’intervention réglementaire des Etats, excusez-moi, mais là je ne peux pas vous suivre. La crise de 2008 est partie de ce qui était non surveillé, ne l’oublions pas. »

    Sur ce point, je ne comprends vraiment pas de quoi vous voulez parler. Les prets hypotecaires aux USAs (grands coupables de la crises) etaient soumis a des reglementations tres importantes et le sujet d’intervention. Par example, aux USAs, ces prets sont dans beaucoup d’etats, des « no-recourse loans » ce qui veut dire que le crediteur peu recuperer la maison mais rien de plus. Cela a bien sur l’effet d’encourager les emprunteurs a prendre plus de risques. La deduction d’impot accorde sur les interets des pret hypothecaires encourage encore a faire monter les prix de l’immobilier. Le resultat aurait du etres que les crediteurs fairaient encore plus attention au risque. Mais la Federal National Mortgage Association (Fannie Mae) entreprise prive formee par le Congres et ayant une garantie implicite de ses obligations (tout le monde savait que si Fannie Mae ne pouvait pas payer, l’Etat le fairait) garantissait beaucoups de pret hypothecaires d’une qualite de plus en plus basse grace entre autre au Housing and Community Development Act. Puis on a les reglementation qui a donne aux agences de notation un pouvoir legal enorme (certains fonds ne peuvent tenir que des obligations AA+ ou AAA, les reserves legales de banques sont calcules en utilisant la note des obligations) tout en leur garantissant un monopole effectif et detruisant toute raison pour les agences de notation de faire leur travail correctement. J’ai du mal a voir en quoi la « crise de 2008 est partie de ce qui était non surveillé. »

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 24/09/2011 @ 15:57

  28. @vilCoyote.

    Oui l’exemple n’est pas très approprié, car cette arnaque bancaire n’est pas une faute pénale : c’est un choix politique. Le législateur fait des choix : que vous soyez puissant ou misérable.

    Je vous arrête tout de suite : oui le puissant serait de la même manière (peut être, encore que) punis s’il cambriolait une épicerie avec une arme.

    Mais si c’est un banque qui refuse un crédit supplémentaire, contribue au dépôt de bilan, vend le bien en dessous de sa valeur, via une adjudication et la complicité d’un tribunal de commerce, à des « amis ». ce n’est pas punis car « légal ». Il n’y a ni faute civile, ni pénale. Tout est dans les clous : des choix de sociétés je vous dis. Probablement la faute de l’électeur.

    Commentaire par herve_02 — 24/09/2011 @ 15:57

  29. @herve_02: « Mais si c’est un banque qui refuse un crédit supplémentaire, contribue au dépôt de bilan, vend le bien en dessous de sa valeur, via une adjudication et la complicité d’un tribunal de commerce, à des « amis ». ce n’est pas punis car « légal ». Il n’y a ni faute civile, ni pénale. »

    Il me semble que si il y a collusion entre l’acheteur et le crediteur il y a bien une faute civile et probablement penale. Il y aura ne serait-ce que les impots qui peuvent leur tomber dessus pour donation deguise.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 24/09/2011 @ 16:01

  30. @Herve : « cette arnaque bancaire n’est pas une faute pénale »

    Je repensais justement que plusieurs collectivités avaient porté plainte contre Dexia pour escroquerie. Peu probable que la justice se prononce en ce sens, mais on verra.

    Commentaire par VilCoyote — 24/09/2011 @ 16:08

  31. Question de Mékeskidi de la finance et de l’économie: contre le « THF » (qui n’est finalement qu’une forme de spéculation automatisée à l’extrême), est-ce qu’une simple taxe sur les transactions financières (comme proposée ici et là) ne mettrait pas fin immédiatement au système ? Même 0.001% serait suffisant, vu que les gains sont inférieurs à ça (mais dus au nombre extrêmement élevé de transactions plus qu’à la valeur des transactions elles-mêmes).

    Bon bien sûr, en bon gauchiste, je préférerais une taxe autrement plus élevée. Mais en attendant…

    Commentaire par Jor — 24/09/2011 @ 17:31

  32. Bonjour Aliocha,

    Balzac disait: « La vérité ruine tant d’abus et d’erreurs, que tous ceux qui en vivent se dressent et veulent tuer la vérité : ils commencent par s’attaquer à l’homme. Aux novateurs, la patience ! » Cette phrase (elle a du inspirer Brassens) s’applique admirablement aux propos de JM Aphatie, nettement plus agréable à lire qu’à entendre au passage.
    Oui, la situation est grave et je n’ai pas du tout l’impression que notre personnel politique soit à la hauteur de la situation, gauche et droite confondues. Personnellement, cela fait bientôt trois ans que je vois le mur arriver. Il ne faut pas être grand clerc pour cela, simplement ne pas se laisser abuser par les paroles lénifiantes des responsables de tout poil si complaisamment interrogés. Il y a peu « les clignotants étaient au vert », les banques françaises étaient saines (je pouffe violemment) et n’avaient pas besoin d’être recapitalisées, etc…On aurait besoin d’un nouveau de Gaulle, on nous sert du sous Pierre Laval (et encore, ce dernier n’a eu qu’un seul tort aux yeux de l’Histoire et de la Morale, c’est de s’être trompé de camp). Vous parlez de la dinguerie des marchés financiers. Si la forêt prend si bien feu, c’est peut être qu’il y a un bon mistral mais c’est surtout parce que les sous-bois n’ont pas été nettoyé depuis longtemps et qu’on a consciencieusement répandu de l’essence partout où il ne fallait pas le faire (ce ne sont pas les marchés ou les vilains spéculateurs qui ont créé la dette, je crois). Le problème majeur est qu’avec les super-capables qui nous dirigent, on n’a pas un seul Canadair à envoyer sur le feu. Alors, tout y passe puisqu’ils ne sont absolument pas responsables de la situation qui existe (curieusement, les bons spéculateurs, il y en a, eux, ont vu la crise venir. Question de formation, je suppose): on va changer l’échelle de température, utiliser un nouveau thermomètre et revoir la formation du personnel médical, etc… Risible et inutile. Il serait bien plus intelligent et efficace de doter les organismes de contrôle des outils (matériels et humains) de vérifier et de faire appliquer les lois, textes et traités existants et l’institution judiciaire des moyens permettant de sanctionner efficacement et de manière dissuasive les comportements déviants que d’essayer, par une fuite en avant dictée par les impératifs électoraux à venir, de repousser une nouvelle fois les inéluctables échéances.
    Vous évoquez par ailleurs les normes IFRS. Je crois que c’est une bonne chose. Un rappel : selon les règles comptables (IFRS), toute perte potentielle doit être provisionnée dès qu’il apparait qu’elle est probable de façon à ce que les actifs et les dettes soient établis à leur juste valeur de marché. Les investisseurs ont le droit de savoir dans quoi ils vont mettre leur argent et ce n’est pas de leur faute si certains s’évertuent à dissimuler la m… du chat avec la complicité passives ou actives des autorités. Les banques françaises présentent des bilans qui sont faux (http://chevallier.biz/2011/09/gos-banques-en-sursis/). Dans d’autres pays, ce type de comportement est passible de 25 ans de prison. En France, où ces dernières font les lois (normal, regardez qui les dirigent et de quelle école ils sortent tous), les mêmes dirigeants reçoivent la Légion d’honneur: cherchez l’erreur surtout dans un pays où le Fisc est un inquisiteur redoutable. Si vous voulez en savoir plus sur leur exposition au danger grec, je vous renvoie à cet article: http://chevallier.biz/2011/09/bbtbb-d%E2%80%99eurss-mensonges-et-realite/. La Grèce, ce n’est rien à compter de ce que les banques françaises risquent avec l’Italie (410,2 milliards de dollars d’exposition contre 56,9 milliards de dollars dans le premier cas). Pour le coup, je suis d’accord avec vous, les graines de la prochaine crise sont en germination mais, encore une fois, à qui la faute, aux banquiers malveillants ou aux politiciens inconscients qui ont délivrés des blanc-seing ou distribuer des prébendes à tout va (même question en ce qui concerne les fameux prêts toxiques qui empoisonnent les collectivités locales françaises. Comment des gens qui refuseraient de souscrire un prêt à taux variables pour acheter leur maison peuvent-ils souscrire de tels emprunts lorsqu’ils sont aux affaires?). Oui, ça suffit mais avant de se plaindre de l’eau qui bout, intéressons-nous, intéressez-vous à ceux qui ont acheté la casserole et à ceux qui ont allumé le feu dessous. Nos politiques sont pathétiques, ils ressemblent à Saroumane dans le Seigneur des anneaux qui, grisé par l’illusion de puissance qui l’habite, oublie qu’il n’est qu’une créature de Sauron. Nous n’avons pas le choix, il nous faudra, nous aussi, s’attaquer à l’Isengard (http://fr.wikipedia.org/wiki/Isengard) avant de s’attaquer à Sauron et de le ramener à juste raison.

    Bon week-end

    PS: le livre « Atlas Shrugged » de Ayn Rand est enfin sorti en France sous le titre  » La Grève » aux Belles Lettres 54 ans après sa parution aux USA. Je vous en recommande la lecture (http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gr%C3%A8ve_%28Ayn_Rand%29)

    Commentaire par H. — 24/09/2011 @ 18:18

  33. @ laplumedaliocha

    Vous ne vous placez pas sur le même terrain qu’Apathie.
    Sur le terrain de la technique financière et économique, j’en suis persuadé, des professionnels de valeur agissent en coulisse et font ce qu’ils peuvent. Et vous avez raison d’estimer que les journalistes pourraient s’intéresser un peu plus à leurs analyses et propositions. Et aux actions qui en résultent.
    Sur le terrain politique, Apathie a raison d’écrire que nos politiques se comportent (je résume) en autruches. Sur la mondialisation : ils nous disent depuis des années à la fois combien elle est inéluctable et combien elle est bénéfique et pourtant, malgré le démenti flagrant et tragique de la réalité, ils n’osent pas reconnaitre qu’ils se sont trompés, ils attendent que les événement le fassent pour eux, aussi douloureux que cela promet d’être… Sur l’euro, même chose : ils en espéraient tant qu’ils n’ont tout simplement pas le courage de voir les choses telles qu’elles sont, attendant que nous nous écrasions contre le mur plutôt que de changer de trajectoire. Sur la dette, pareil : depuis 35 ans nous dépensons plus que nos moyens ne le permettent, c’est absurde !, nous savons dire aux Grecs, et avec quelle violence !, ce qu’ils doivent faire pour en sortir, mais nous nous contentons, pour nous, de quelques mesurettes qui ne suffiront évidemment pas, cela ne peut que mal se terminer…

    Cela dit, pour rejoindre votre préoccupation principale, le rôle des médias, le travail journalistique, la mission d’informer, je suis frappé par ce qu’on pourrait appeler, faute de mieux, l’effet de mode : il y a des informations qui passent la rampe, sont répétées, reprises, deviennent des évidences et d’autres qui sont là aussi, formulées par des gens ayant pignon sur rue, publiées dans des articles et des livres vendus et lus, connues de beaucoup de gens, mais qui ne passent pas, qui restent lettre morte. Bien sûr, sans faire montre d’un pessimisme excessif, ce sont les idées qui se rapprochent le plus de l’exactitude, de la raison, de la vérité qui sont le plus systématiquement laissées de côté… et c’est ainsi que nous baignons dans les fausses évidences.

    Devant des neutrinos qui seraient capables de dépasser la célérité c de la lumière, les physiciens s’interrogent. On aimerait que nos dirigeants sachent, eux aussi, objectivement, s’interroger sur leurs certitudes. Les journalistes peuvent, c’est vrai, les y aider.

    Commentaire par DMonodBroca — 24/09/2011 @ 18:26

  34. Votre article couplé au commentaire n°9 donne une bonne idée de la situation.
    En fait, le soucis vient du fait que ceux qui placent le plus d’argent en bourse au point de « faire le cours » sont les fonds de pension et d’autres plus « alternatifs » pour ne pas dire « spéculatifs ».
    En privilégiant l’investissement sur la bourse et les entreprises, c’est la vision anglo-saxonne qui l’emporte sur l’analyse Keynésienne (état providence, gros mot pour certains). La chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc de l’Est a favorisé cette vision puisque c’est ce « camp-là » qui a gagné. L’arrogance s’en est mêlée et les déréglementations ont suivies, par conviction et collusion.
    Pour les détails, je vous recommande la lecture des livres de J.K . Galbraith (les mensonges de l’économie) et de A. Supiot (l’esprit de Philadelphie).

    Pour votre observation peu amène sur les confrères en quête de phrases et pas de fond, je renchérie d’autant plus que pour ce qui est de la version télévisée le travail est largement sous traité. La formation des journalistes sur un domaine précis ne semble plus d’actualité. Il faut être « polyvalent », autant dire, ne plus avoir de « métier ». Nous nous heurtons donc à la maîtrise du sens et nous recevons de la bouillie (mot utilisé à la place d’un autre, contresens d’analyse, argumentation annonée sans analyse etc …)

    Là dessus, dans le cadre des clivages géostratégiques, nous assistons à un basculement de l’axe au profit de l’Asie où la démocratie, le soucis social de l’Etat et la dynamique économique sont incertains car trop dépendants de l’Europe (encore 1ère place marchande quoi qu’on en dise).

    Nous sommes à une période charnière, qui fera le bonheur des historiens dans 20 ans et le malheur de bien des populations pour la même période…

    Commentaire par fultrix — 24/09/2011 @ 19:26

  35. Je suis désolé de remettre le couvert sur ce point délicat mais les médias français se surpassent une nouvelle fois (pas dans le bon sens) quant à la sortie du livre de d’Ayn Rand « Atlas Shrugged » ou « La Grève » dans sa traduction en français (http://www.wikiberal.org/wiki/La_Gr%C3%A8ve_%28roman%29). Aucun article (aucun!) semble-t-il dans nos chers périodiques franchouillards. Il est vrai que depuis sa parution en 1957 seulement 10 millions d’exemplaire ont été vendus et qu’elle a influencé des personnes comme Allan Greenspan,Selon Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ayn_Rand), « Les écrits d’Ayn Rand continuent d’être largement vendus et lus, à travers le monde, avec plus de 25 millions d’ouvrages vendus en 2007, et près de 800 000 de plus chaque année selon le Ayn Rand Institute104, y compris dans le milieu scolaire105. Selon une étude conduite par la Library of Congress américaine et par Book of the Month Club (« le club du livre du mois ») dans les années 1990, Atlas Shruggled est le livre le plus influent après la Bible aux États-Unis. ». Dans le droit fil de la doxa officielle en France, il est donc logique de ne pas en parler. Vous avez dit indignez-vous?

    Commentaire par H. — 24/09/2011 @ 21:29

  36. AHAHAHAHAHAHAHAHA va comprendre comment fonctionne un produit structuré concocté par un crack sorti de polytechnique. Il est le SEUL à le comprendre. Bon courage!
    La ou t’as raison c’est qu’ils sont puissants parce que riches. Donc dépouillons les. Faisons de la banque d’investissement un business non rentable.

    Commentaire par Sad Panda — 24/09/2011 @ 23:27

  37. @Jor:

    Vous avez probablement raison. Alternativement, imposer un delais entre l’ordre et la transaction fonctionnerais probablement aussi bien. Quelques secondes devraient suffir. Cela n’aurait aucune importance pour les traders normaux, mais le HFT perdrais beaucoup de son attrais.

    Commentaire par PrometheeFeu (@PrometheeFeu) — 25/09/2011 @ 00:32

  38. @ Aliocha 3 :

    « Il y a de plus en plus de procès en ce moment qui fleurissent suite à la crise. »

    C’est ce à quoi il faut prêter attention, pour mieux soutenir ce type d’actions : http://rhone-alpes.france3.fr/info/un-apiculteur-obtient-la-condamnation-de-sa-banque-70428496.html

    Par contre, quand vous dites : « [Les régulateurs boursiers avouent leur impuissance,] tandis que Bruxelles, sous l’impulsion du français Michel Barnier (commissaire européen au marché intérieur) tente de réglementer l’activité (projet attendu avant la fin de l’année). » là, j’ai un peu de mal à y croire. Soit l’information n’est pas correctement relayée, soit quand elle l’est, je passe à côté, mais je mets en miroir ce que vous évoquez avec ce que j’ai entendu au sujet de la réforme de la directive européenne MIF… et là, si j’ai bien compris (ce dont je ne suis jamais sûr!) ça fout méchamment la trouille! Si ce que j’ai compris est correct, alors on tend des bidons d’essence aux pyromanes!

    Quel est votre avis sur la question? Que peut vraiment faire monsieur Barnier, et que fait-il vraiment?

    Commentaire par Zarga — 25/09/2011 @ 11:22

  39. Merci de ces éclairages (en particulier herve_02).
    Personnellement je me demande si une taxation dégressive des plus-values (au niveau de l’IS et de l’IRPP) en fonction de leur durée de détention (allant de 100% si x années) ne serait pas une solution ? Outre la taxe Tobin.
    Le but étant que le capitaliste place ses liquidités dans un projet de production et non dans Euromillion.
    Stupide ?

    Commentaire par Clafoutis — 25/09/2011 @ 11:28

  40. Désolé, mais une petie du commentaire a disparu. Je répète :
    « (allant de 100% si détention inférieure à 12 mois, jusqu’à 0% si détention supérieure à x années) »

    Commentaire par Clafoutis — 25/09/2011 @ 11:32

  41. juste sur un truc annexe : la consoeur de causeur, de ce que j’ai compris de son article, me semble au contraire assez en phase avec vous ; le ton de l’article me paraît ironique et désemparé, et si en effet elle dit que ça la fait pas vraiment marrer de se taper des congrès chiants et des sujets arides, et aurait une tendance naturelle comme tout un chacun, par fainéantise ou goût du « léger », à en rester aux petites phrases, elle dit que c’est nécessaire. Et que c’est aux journalistes de faire ce taf’. Non, c’est pas ce que vous avez compris ?

    Commentaire par jalmad — 25/09/2011 @ 16:36

  42. […] Les mains dans le cambouis, et vite ! Source: laplumedaliocha.wordpress.com […]

    Ping par Les mains dans le cambouis, et vite ! | La lettre de Grèce | Scoop.it — 25/09/2011 @ 16:56

  43. @jalmad : j’y ai lu de l’auto-complaisance, mais j’ai pu me tromper.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/09/2011 @ 22:07

  44. […] Les mains dans le cambouis, et vite ! […]

    Ping par Les mains dans le cambouis, et vite ! | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 25/09/2011 @ 22:53

  45. Bon, je sens que je vais encore dire une bêtise, vu que la finance et moi, ça fait pas beaucoup dans mon porte-monnaie.

    Mais une taxe sur les transactions boursières, comme il en est de plus en plus question dans les travées bruxelloises ne signerait-elle pas la mort du THF ? En en rendant le seuil de rentabilité beaucoup plus dur à atteindre ?
    Cela pourrait être une solution, non ?

    Sinon, dans un autre registre, un de mes camarades de promo travaille justement dans les systèmes informatiques qui permettent ce THF. À nouveau, je n’y connais rien et je ne peux donc ni infirmer ni confirmer ses dires ; mais il justifie l’aspect éthique de son travail en arguant que ce faisant, les anomalies des cours sont lissées, et les valeurs en deviennent moins volatiles. Que c’est un service rendu par les acteurs au système boursier, et qu’il est donc normal qu’ils en tirent profit. Que pensez-vous d’une telle rhétorique ?

    Xavier

    Commentaire par Xavier — 26/09/2011 @ 14:26

  46. @Xavier: pour réguler le THF, il y a plein de solutions possibles. Le problème est de le vouloir et de se mettre d’accord.
    Une flat taxe très faible sur toutes les transactions pourrait effectivement toucher le THF, selon la valeur de la taxe. Mais, et c’est un très gros mais, cela dépend du taux. tant que le gain reste supérieur à la taxe, certains continueront, voire voudront faire encore plus d’opérations pour compenser par le nombre l’écroulement des marges. Et cette taxe ne saurait être trop élevée pour ne pas ‘tuer’ toute la finance.
    On en est pas encore là, ce principe de taxe systématique sur toutes les transactions est très loin d’être adopté, ces impacts étant très vaste. Un combat très politique…

    Sur le principe, oui le THF est utile, il corrige des écarts de taux, il ‘équilibre’ les cours. Comme une sorte de super comparateur de prix, qui par ses transactions (achète là ou c’est bas et revend là où c’est plus cher) lisse le marché. Hors sans THF, le plus souvent cet écart se serait résorbé de lui même, juste un peut plus lentement. Le gain existe, mais il reste mineur.
    Le problème est la technique mise en oeuvre. Pour fonctionner, il faut être le premier à voir l’écart et réagir très vite pour en profiter avant tout le monde. D’où une surenchère auprès des salles de marché pour être connecté au plus près des ordinateurs assurant la cote. Etre 5 mètres plus loin que votre concurrent vous fera systématiquement perdre quelques millisecondes, qui suffiront à lui assurer un gain systématique sur vous. On est typiquement dans une logique « winner takes all » qui est très dangereuse. Et cette concurrence n’apporte rien globalement. Si tout le monde surenchérit et gagne 20 ms, on reste toujours au même point. Sans compter les risques. Une panne, un accident, une catastrophe sont toujours possibles. Concentrer ses ressources, c’est accroitre l’impact du sinistre.

    Une solution simple, low cost, peut passer par la réglementation. On ne fait plus de transaction en ‘temps réel’, mais on découpe le temps en intervales réguliers (par exemple toutes les secondes). Tous les ordres reçus pendant cet intervale sont stockés sans être traités. Puis dans la seconde suivante, on les traite tous dans un ordre aléatoire. Et ainsi de suite. Donc on ‘tue’ cette course brutale à la vitesse, sans impact majeur sur le reste de l’économie. Cerise sur le gateau, on peut en profiter au passage pour interdire les annulations. Vous avez passé un ordre, il est exécuté, il fallait réfléchir avant. Ce qui limiterait aussi beaucoup le THF. Ou sans interdire l’annulation, lui donner un coût dissuasif, type 20% de la transaction annulée.
    L’avantage d’un tel processus, ce n’est pas d’interdire ‘brutalement’ le trading, mais d’éviter une course à l’armement sans fin, et d’introduire un facteur de modération.
    Pour une vraie analyse en profondeur, il faudrait une réponse d’un financier égaré en ces lieux 🙂

    Commentaire par kaeldric — 26/09/2011 @ 20:46

  47. … on peut en profiter au passage pour interdire les annulations. Vous avez passé un ordre, il est exécuté …

    Pour quelles raisons on pourrait annuler un ordre ? Une transaction est acte de vente et d’achat qui engage les 2 protagonistes, si ils veulent « annuler » ils font la transaction inverse. Le grand marché qui régule est en fait un truc de tapette. On dépense des millions pour gagner 3 millisecondes, mais on peut annuler les ordres si ca se passe pas comme prévu. Et je suppose que pour annuler un ordre, il faut pas être monsieur michu, probablement une « feature » réservée aux « pros ». Plus on en apprend, plus c’est abject.

    Commentaire par herve_02 — 26/09/2011 @ 23:04

  48. @hervé_02 : vous connaissez les taux actuels d’annulation des ordres ? 80% sur Euronext, entre 95 et 99% en THF….

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/09/2011 @ 23:24

  49. @Xavier : ce n’est pas idiot, c’est une proposition française, taxer davantage le THF que le reste pour le décourager.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/09/2011 @ 23:26

  50. Et puisque je regarde le débat Guaino/Plenel, une précision. Quand Guaino dit que la France a joué un rôle leader dans la volonté de tirer les leçons de la crise dans le cadre du G20, c’est vrai. Ne mélangeons pas les affaires craspouilles qui sortent actuellement et la politique menée pour réguler la finance, ils font un vrai boulot et d’ailleurs la France ennuie tout le monde sur le sujet, en particulier nos copains anglais.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/09/2011 @ 23:28

  51. Content de constater ne pas être le seul choqué par le texte de Muriel Gremillet. Médias et politiques sombreraient-ils ensemble?

    Commentaire par Jardidi — 27/09/2011 @ 08:25

  52. Bonjour,

    Oui, on a besoin de s’eduquer a la finance, enfin a cette finance. Depuis que la monnaie s’est dématérialisé de ces liens existants (Or, Argent) pour faire face aux besoins d’argent sous Napoleon, la finance a bien, trop?, évolué.

    On voit ainsi ces informations de ce trader, qu’il soit ou non trader. La finance fut un des sujets de mes études l’an dernier, et je me permets ici de regarder d’autres exemples de ce monde financier, en mettant un peu plus le point sur les institutions de régulations (GAAP et IFRS).

    Il y a tellement d’outils financiers, au premier (CDO/titrisation,actions, …), au deuxième (CDS, …), au troisième degré (options,…), et ben d’autres, a leur conjonction (Forward sur des options de CDO de CDS) que j’en avais perdu mon latin un instant durant mes études… Intéressez-vous au LBO (Leverage Buy Out) et autres BO, ou comment acheter en contractant principalement de la dette, assurée elle-même sur les résultats du produit acheté… un exemple Manchester United et Mr Glazer. et ce n’est qu’un point de vue, parmi tant.

    Ce ne sera de toute façon pas facile. Ca prend du temps, comme pour ces histoires de comptabilité et de leasing en frais opérationnels. Les institutions financieres (IRFS International Reporting Financial Standards et US GAAP General Accepted Accounting Principles) mettent a jour leurs normes avec des experts travaillant dans cette industrie. donc bref un peu comme toutes lesrégulations industrielles (ISO, etc), ca dépend un peu du bon vouloir de l’industrie en question, non ? un peu quand même. regardez l’industrie des médicaments.

    Les médias ont surement une carte a jouer, a bien jouer. vulgariser ne veut pas dire éduquer, mais bon, juste un essai peut-être, si déjà nous et les politiques allaient plus loin dans le savoir-faire des budgets et des résultats opérationnels.

    Henri Moufettal
    stotb.blogspot.com

    Commentaire par Henri Moufettal — 27/09/2011 @ 22:50

  53. C’est bien gentil de taper sur la finance, et le HFT, mais vous passez quand même complétement à côté des vrais problèmes de la zone Euro, à savoir son manque d’unification. Il n’est pas compliqué de comprendre que si la dette est née du privée à partir de 2007, elle a été transférée au public depuis 2008, et aujourd’hui, les conditions de soutien de cette dette ne sont pas compatibles avec le maintien d’une zone monétaire stable sans, je dis bien SANS, Etat fédéral. Un Etat fédéral, à la manière US, pourrait très facilement assumer la totalité des dettes de la zone euro pourvu qu’il ait la main sur tous les budgets nationaux de la zone, et la main sur la fiscalité. Aujourd’hui, on voit tout simplement que l’Union Européenne doit le créer sans plus attendre, soit il y a Etat fédéral, soit l’euro meurt. Ce que, pour rappel, les souverainistes disaient en 1993, lors du vote du traité de Maastricht.

    Mais dire « les financiers sont des méchants, qui ont des programmes d’optimisation et de spéculation informatiques qui menacent la zone euro contre l’avis des peuples », c’est juste oublier la moitié des choses en route.

    Que la finance ait déconné, ok, mais les conséquences n’auraient jamais été aussi importantes si la zone euro était véritablement unifiée, ce qui n’est pas le cas.

    Lisez les Econoclastes, ils expliquent tout cela bien mieux que moi.

    Commentaire par Polydamas — 29/09/2011 @ 11:11

  54. je viens de lire tous vos (forts intéressants) commentaires y compris la réponse d’aliocha au premier commentaire et j’en reviens toujours là:

    les problèmes qui gangrènent la finance et coule l’économie productive sont connus depuis des décennies, pas bien compliqués à comprendre un gamin de 10 ans y arriverait aisément dans la plupart des cas.

    les solutions ne relèvent pas non plus de percées extraordinaires dans notre compréhension de l’univers, un gamin de 10 ans saurait les formuler.

    Tout le monde semble d’accord sur le pronostic

    et pourtant selon Aliocha il y aurai des forces qui travaillent dans l’anonymat pour sauver l’humanité…

    ben moi je vous repose la question: vous les avez vus où? c’est David Vincent votre truc non?

    pour l’instant et l’actualité me donne encore raison, je ne vois que des technicien de surface experts en dépôt de chewing gum qui tentent de rafistoler un système surtout célèbre pour ses échecs plutôt que de remettre les choses à l’endroit

    et tiens je fais ici un pari: Aliocha, je vous paye le champagne si au prochain G20 il en ressort autre chose qu’une bonne vielle formule néolibérale: les pauvres sont trop riches, les riches trop pauvres, privatisons donc encore une fois les nouvelles dettes

    Commentaire par fredo — 05/10/2011 @ 17:56


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