La Plume d'Aliocha

19/09/2011

Le journalisme dans l’ombre des lois anti-terroristes

Filed under: Droits et libertés — laplumedaliocha @ 18:10

 La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a organisé les 10 et 11 septembre derniers à Bruxelles une grande manifestation intitulée « Le journalisme dans l’ombre des lois anti-terroristes ». Les débats ont mis en lumière le glissement qui s’est opéré à partir du 11 septembre 2001 vers une restriction des libertés au profit de la sécurité. Ce recul des droits de l’homme, dont la liberté d’expression, au nom de la lutte contre le terrorisme a affecté non seulement les grandes démocraties, mais a permis aux régimes autoritaires de prendre exemple sur elles pour justifier leurs propres systèmes répressifs. La FIJ a adopté, à l’issue des débats, une déclaration qui appelle tous les syndicats de journalistes dans le monde à la plus grande vigilance et invite l’ensemble des institutions de défense des droits de l’homme à peser sur les pouvoirs publics pour rétablir un juste équilibre entre protection de la sécurité des Etats et respect des droits individuels. Olivier Da Lage, journaliste à RFI et vice-président de la FIJ, nous explique les enjeux de cet affrontement aussi invisible que stratégique entre liberté et sécurité.

 Aliocha : La déclaration solennelle du 11 septembre 2011 adoptée par la FIJ dénonce la réponse « manifestement disproportionnée » des Etats à la menace terroriste, aboutissant à « un viol systématique des droits fondamentaux ». Concrètement, en quoi la liberté d’informer a-t-elle souffert des lois anti-terroristes ces dix dernières années ?

Olivier Da Lage : A la suite des attentats du 11 septembre les Etats-Unis, mais aussi l’Europe et les gouvernements des Etats membres de l’Union, ont considérablement augmenté les moyens alloués à leurs services de renseignements afin de renforcer la lutte contre le terrorisme. A l’époque, l’émotion était telle que l’opinion publique ne s’est pas révoltée contre ce qui constituait  des atteintes sévères aux libertés. Si l’objectif en soi est légitime, les moyens qui ont été utilisés sont quant à eux discutables. Non seulement le champ des libertés a été réduit au niveau législatif, mais la lutte contre le terrorisme est devenu l’alibi de bien des dérives dans l’utilisation des outils juridiques destinés à lutter contre le terrorisme.  Par exemple en France, l’affaire de l’espionnage du Monde est une illustration parfaite de ce phénomène.  Pour justifier la surveillance des journalistes, Claude Guéant  a invoqué la nécessité d’identifier une taupe au sein du ministère de la justice, et donc un problème de sécurité nationale. De la même manière en Grande-Bretagne, la police londonienne vient de revendiquer l’usage de la loi sur les secrets officiels (Official Secrets Act) pour forcer le Guardian à révéler ses sources dans l’affaire des écoutes du News of the world. Or, cette loi ne concerne en principe, comme son nom l’indique, que les questions de sécurité nationale.  On voit bien dans ces deux exemples comment une acception très large de la notion de sécurité permet de justifier les atteintes au droit d’informer, et en particulier à la protection des sources sans laquelle il n’y a pas de liberté dela presse. C’est une conséquence directe du changement qui s’est opéré en 2001.

Les démocraties sont-elles les seules dans ce cas ?

Hélas non. La plupart des pouvoirs autoritaires se sont appuyées sur le Patriot Act américain pour justifier le durcissement de leur propre législation. Des pays arabes jusqu’en Asie en passant par la Russie, tous les Etats ont considéré qu’ils avaient leurs propres terroristes à combattre et qu’ils avaient donc le droit d’adopter ou de renforcer une réglementation déjà répressive. Quand la Maison Blanche s’organise pour extraire illégalement des personnes et les enfermer à Guantanamo ou encore les envoyer en Egypte ou en Jordanie en expliquant ensuite qu’elles sont hors de leur juridiction et qu’elle n’est pas responsable du sort qu’on leur inflige, comment voulez-vous donner des leçons de démocratie au reste du monde ? Nous assistons à un véritable effondrement des digues juridiques qui maintenaient jusqu’au 11 septembre un équilibre à peu près juste entre sécurité et liberté. Le curseur s’est décalé du côté de la sécurité de manière très nette, ce qui donne lieu à des abus quotidiens partout dans le monde. C’est l’ancien ministre de la justice américain Alberto Gonzales qui résume le mieux la situation quand il dit que les Etats-Unis sont en état de guerre et que le président américain a tous les droits.

La déclaration évoque une surveillance de masse des journalistes. N’est-ce pas un peu exagéré ?

La surveillance des journalistes a toujours existé. En France, on sait bien que les services de renseignements ne se contentent pas de rédiger des revues de presse. Ils sont également présents sur le terrain et ont même pris l’habitude de se présenter notamment aux journalistes, ce qui a au moins le mérite de la transparence. Leproblème aujourd’hui c’est que cette surveillance s’affranchit des textes qui l’encadrent au nom de la lutte contre le terrorisme.  Là encore l’affaire des fadettes des journalistes du Monde est emblématique. Au moment même où l’on vient d’adopter une loi sur la protection des sources des journalistes, on s’empresse d’en violer les dispositions au nom de la sécurité publique. Rappelons que la loi du 4 janvier 2010 précise : « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi ». Il ne semble pas que l’affaire Bettencourt entre dans le cadre de cette exception qui renvoie à des cas bien précis définis par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Au-delà du renforcement de la surveillance et du risque accru de censure, la FIJ met en garde contre le danger de l’autocensure. Pourquoi ?

Dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, il était impossible pour un journaliste américain de commencer un article sans rappeler son allégeance à la patrie et l’impérieuse nécessité de traquer le terrorisme. A défaut, il courait le risque de se faire traiter de 5ème colonne d’Al-Qaida. Cela montre bien que dans une société obsédée par la sécurité, les journalistes qui posent des questions dérangent. Si l’on ajoute à cela le renforcement de la surveillance de la presse par les pouvoirs publics, on aperçoit bien le risque de l’autocensure. La tentation est forte dans ce contexte de taire certaines informations sensibles pour éviter les ennuis. Ce d’autant plus que les éditeurs de presse ne sont pas toujours prêts à se mettre en danger.  Evidemment, quand l’autocensure va trop loin, la situation explose et les médias retrouvent un fonctionnement normal. C’est ainsi que le New York Times s’est excusé d’avoir fermé les yeux sur les suites du 11 septembre par patriotisme. Nous avons connu la même chose en France après l’élection de Nicolas Sarkozy. Dans la première phase triomphante, les médias se sont autocensurés et puis, petit à petit, ils ont recouvré leur esprit critique. Encore faut-il que celui-ci puisse s’exercer librement, sinon, le retour à la normale devient de plus en plus difficile.

Au fond, la fameuse raison d’Etat a toujours existé…il arrive d’ailleurs que les journalistes, qui sont aussi des citoyens, acceptent de se taire lorsqu’ils le jugent légitime.

En effet, les journalistes ne sont pas hermétiques à la notion de raison d’Etat. En Grande-Bretagne où les relations de confiance entre la presse et les pouvoirs publics sont nettement meilleures qu’en France, il arrive que les rédacteurs en chefs reçoivent ce qu’on appelle une Notice D, pour Défense, les alertant sur une information qu’ils n’ont pas le droit de sortir. Le plus souvent ces directives sont légitimes et donc respectées. Mais on voit bien que si la sécurité prend le pas sur les libertés, il y a un risque que les demandes soient de plus en plus nombreuses et de moins en moins fondées… A ce sujet, et quoique l’on pense de Julian Assange, la question soulevée au départ par Wikileaks sur le point de savoir s’il fallait ou non révéler que l’armée américaine avait tiré sur des civils en Afghanistan, apparait parfaitement légitime.

Qu’espérez-vous concrètement en publiant cette déclaration ?

Elle a plusieurs objectifs. D’abord la Fédération internationale des journalistes est composée de syndicats professionnels. Elle représente 600 000 journalistes dans 130 pays. Il s’agit donc d’attirer l’attention de la profession sur le danger que représentent les lois anti-terroristes et surtout l’usage qui en est fait, pour la liberté dela presse. Ensuite, nous savons que la Fédération seule ne pourra pas lutter efficacement contre le mouvement qui s’opère au détriment des libertés. Il s’agit donc pour nous de mobiliser des organisations comme Amnesty International, RSF, Article 19, mais aussi des professionnels, avocats, policiers etc, pour réfléchir et travailler ensemble sur un équilibre juste entre lutte contre le terrorisme et préservation des droits et libertés.  Beaucoup de digues ont sauté partout dans le monde à la suite du 11 septembre, il est urgent de remettre en place des garde-fous.

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44 commentaires »

  1. En ce sens, le 11 septembre est une victoire nette des terroristes, ils nous font renoncer à nos valeurs, qui sont justement celles qu’ils combattent.

    Vous illustrez ci dessus la justification: sécurité avant tout. Le moyen est aussi intéressant. En passant du monde physique (analogique) au monde numérique, on a facilement laissez croire qu’il fallait légiférer à tout prix, que les lois en l’état ne pouvais suffire sur Internet. Résultat, tout ce qui a été acquis comme droit ‘de base’ dans le monde ‘réel’ n’existe plus sur Internet. Il est interdit d’ouvrir le courrier? Sur internet on lit vos mails, sais qui vous a écrit, quand, d’où et vous vous étiez quand vous en avez pris connaissance. Pas systématiquement. Mais on peut le savoir si on cherche. Il est obligatoire au prestataires de services de conserver ces données! imaginez juste une seule seconde que l’on ait tenté la même chose pour le courrier postal. Personne ne l’aurait accepté. Pourtant, avec le DPI (deep packet inspection) on peut faire tout cela, et bien plus (j’en suis resté au mails pour faire simple).

    Un prétexte douteux (sécurité plus importante que la liberté), des moyens techniques complexes (informatiques donc peu ‘lisibles’) et des entreprises qui ont tout intérêt à vendre ces matériels très chers et à mettre en avant toujours plus de nouvelles menaces… Tous les ingrédients pour un ‘big brother’ en règle.

    La solution ne passent que par les citoyens: les politiques sont pragmatiques, ils votent les lois qui les maintiennent en place ou leur permettent de conquérir le pouvoir. A nous de ne pas céder au tout sécuritaire. Plus l’Etat a de pouvoir, plus il s’en sert.

    Commentaire par kaeldric — 19/09/2011 @ 19:06

  2. Un mot pour rebondir sur le billet. Les journalistes ne sont pas les seuls à s’inquiéter de ces dérives. Les avocats, par exemple, se sont vus imposer suite aux attentats du 11 septembre l’obligation de dénoncer leurs clients s’ils les soupçonnent de blanchiment, en vertu d’une directive européenne. Fort heureusement, la transposition du texte en droit français a limité les cas de révélation en pratique aux hypothèses dans lesquelles l’avocat est complice. Il n’empêche. L’atteinte au secret professionnel de l’avocat en soi est extrêmement grave et symbolique. Car ce secret ne protège évidemment pas l’avocat, mais son client. Et si aujourd’hui on le lève pour le terrorisme, demain ce sera pour quoi d’autre ? Accessoirement d’ailleurs, les textes européens ne la matière ont glissé de la répression du terrorisme à un champ d’infraction si vaste qu’on y a même fait entrer la fraude fiscale. Là encore, on peut trouver justifié de lutter contre la fraude fiscale au même titre que contre le terrorisme. Mais on voit bien l’affrontement entre le secret professionnel, condition d’exercice des droits de la défense, et la sécurité. De même qu’on observe dans ce domaine le même dérapage que souligne Olivier vers une acception décidément très large des motifs d’intérêt publics justifiant un recul des libertés.

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/09/2011 @ 20:47

  3. @ Aliocha en 2 : oui, c’est toujours comme cela que ça se passe dès qu’il s’agit de faire passer un texte extrêmement liberticide, qu’on soit en matière de terrorisme ou autre (par exemple, les exceptions en matière de crimes d’ordre sexuel, cf la rétention de sûreté par exemple) : on cible très précisément le champ d’application à quelques cas extrêmes en jurant la main sur le coeur que ça restera une exception exceptionnelle et en traitant les opposants d’irresponsables traitres à la nation qui sont des paranos lorsqu’ils agitent le risque de généralisation. Puis quelques mois après, quand on est passé à autre chose, ou au gré d’un fait divers quelconque (genre un gars qu’est monté à bord d’un avion avec de la poudre dans ses pompes), on élargit le champ, etc etc….Ou alors 2ème technique : le champ d’application est exprimé en des termes génériques assez flous, dans lesquels on va pouvoir, selon qu’on en a une acception restrictive ou non, y mettre tout et n’importe quoi (c’est exactement le cas pour la loi secret des sources).

    Commentaire par Jalmad — 20/09/2011 @ 10:04

  4. @Jalmad : ce que je trouve le plus grave dans les mises en garde d’Olivier, c’est l’exemple désastreux que donnent les démocraties aux régimes autoritaires qui n’avaient vraiment pas besoin de trouver une légitimation aussi puissante à leurs propres tentations liberticides. L’intérêt de la démarche de la FIJ, si elle fonctionne, c’est de sortir chacun de ses propres préoccupations pour identifier un mouvement général, de fond, à combattre. Personnellement, j’avais tellement le nez sur les avocats que je ne voyais même pas que ma propre profession souffrait des mêmes problèmes…

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/09/2011 @ 10:25

  5. Les terroristes d’aujourd’hui ont bien compris que leurs agissements ont davantage de répercussion dès lors qu’ils sont diffus et qu’ils causent de nombreux dommages collatéraux à tous les niveaux d’une société.

    A mon sens le problème vient en partie de nos gouvernements très « perméables » à ce type de méthodes. (cette « perméabilité de plein gré » est un alibi idéal pour lancer une surveillance tous azimuts).
    L’obsession de la sécurité des gouvernements et les dérives que cela implique (l’autocensure des journalistes, l’atteinte au secret professionnel de nombreuses professions, …) sont autant de dommages collatéraux qui viennent s’infiltrer dans notre quotidien et celui de nombreux autres populations.

    A mon niveau, je crains moins un attentat à l’explosif que la perte de confiance en mon gouvernement qui me donnent l’impression de ne plus faire de discernement « en mettant tous les oeufs dans le même panier » par une surveillance et une répression débordante, omniprésente, sans discernement, de toute la population et tous les domaines, au motif du terrorisme.

    Avec les évènements qui se sont passés en Lybie, en Tunisie et ailleurs, on a d’ailleurs pu se rendre compte que les outils étiquetés « surveillance du terrorisme » deviennent facilement et très rapidement des outils utilisés pour la « répression de la population ». (Il s’avère de surcroit que ces « outils » ont été développés, commercialisés et mis en oeuvre par des sociétés européennes !).

    Aujourd’hui lorsqu’on poste un commentaire acerbe (même humoristique) sur un blog qui parle politique on se dit qu’on est pas à l’abri de suites judiciaires démesurées (cf. cette femme « embêtée » judiciairement pour avoir écrit « bou la menteuse » sur un blog).

    Finalement, à vouloir combattre le terrorisme par tous les moyens, un « autre terrorisme » est en train de se développer.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 20/09/2011 @ 10:25

  6. C’est un mouvement très général de la société. D’un point de vue légal, cela se traduit par la création d’obligations diverses, qui sont la forme la plus contraignante du contrat social. Une liberté permet (contrainte très mineure), un droit rend l’Etat comptable de son exécution (contrainte sur l’Etat, donc la société), une interdiction est un contrainte forte mais reste centrée sur son objet. Une obligation, un devoir lui n’offre pas d’échappatoire.

    Et ces obligations se multiplient, pour de bonnes ou mauvaises raisons, suite à des faits divers. Sur les avocats et journalistes vous les avez détaillés. Dans les télécoms/informatique le devoir de tracer/logguer l’usager est en place. Mais de nombreuses autres professions aussi: santé et éducation, où il faut dénoncer les potentielles cas de mauvais traitement (par définition sans preuve, puisque l’enquête doit suivre), les banques sur les transactions financières suspectes.
    Nous vivons un phénomène dangereux, puisque l’Etat délègue par obligation/devoir son pouvoir de contrôle sur des structures qui a priori sont non régaliennes. Perte de liberté générales, contrôle de tous sur tous, mais en même temps inefficacité globale du système (surveillance et contrôle sont des métiers auxquels tout le monde n’est pas aptes) et augmentation du risque d’abus de pouvoir/nuisance dues à cette dispersion de la surveillance.

    Mais tout n’est pas négatif. Les abus engendrent aussi leur propres anticorps et certaines libertés progressent (quelles qu’aient pu être les circonstances, la garde à vue d’aujourd’hui est mieux que celle d’hier, et celle de demain pointe déjà, avec accès au dossier pour l’avocat), rejet par la société de certains contrôles (les anglais résistent toujours contre la carte d’identité), l’Allemagne reste arc-boutée contre les fichages des citoyens…

    Commentaire par kaeldric — 20/09/2011 @ 11:07

  7. Pour rester dans le sujet et donner un exemple anecdotique mais réel de cette surveillance omniprésente du citoyen de la base avec des méthodes de haute technologique comparables à celles utilisées pour traquer Ben Laden (j’exagère à peine !), méthode de nature à entretenir un sentiment de persécution (n’ayons pas peur des mots) :

    aujourd’hui les communes les plus zélées pour faire appliquer la loi Loppsi2 (art. 32 ter A) ont à leur disposition des vues aériennes (googlemaps, géoportail) qui permettent de localiser et de lancer une procédure judiciaire, voire d’expulser tout habitant vivant dans un abris précaire…

    A l’occasion d’une visite au service de l’urbanisme de ma commune, j’ai été surpris d’apprendre qu’une caravane dans un jardin ou une clôture non déclarée (et décelée par photo aérienne) pouvait être considérée comme illégale (par arrêté municipal) et être suivie des suites judiciaires !

    Je m’inquiète car je viens de faire une grande niche à mon chien et je n’ai rien dit à personne (et je ne vous parle même pas de mon poulailler que j’ai refait à neuf, et en plus grand…)

    Commentaire par Oeil-du-sage — 20/09/2011 @ 13:30

  8. @Oeil-de-sage

    De mémoire, les nouveaux édifices de taille réduite ne nécessite une déclaration préalable qu’au-dessus de 2 m² de SHOB. A moins que votre nouvelle niche ne soit destinée à l’hébergement d’un grizzly nord-américain, vous pouvez dormir tranquille.

    (Sauf si vous être en secteur sauvegardé ou en site classé, dans ce cas mieux vaut s’appeler Drucker.)

    Par contre, nouvelle clôture = modification de l’aspect extérieur de la construction, et vous n’éviterez pas d’avoir à remplir le Cerfa correspondant aux déclarations de travaux.

    Les meilleurs dispositifs de surveillance sont cependant antiques et inusables: les papis désoeuvrés: Vous n’imaginez pas le nombre de courriers de dénonciation envoyés par des retraités à ce qui s’appelaient auparavant les DDEs.

    Commentaire par Switz — 20/09/2011 @ 14:54

  9. le problème de fond de ces dérives vient de l’éducation au sens large.
    Par nature le pouvoir a pour objectif de se maintenir en place, et par nature l’homme à envie d’être libre : chaque choix de société est un équilibre entre ses 2 désirs antagonistes.

    Nous sommes dans une société ou les pouvoirs en place depuis pffff trèèès longtemps ont décidé que l’objectif de l’enseignement serait l’employabilité (l’exploitabilité ?) et non la culture et la réflexion. Nous avons donc une population qui n’est pas capable (et n’a pas envie) de se pencher sur des choix à long terme ni de saisir les implications de chaque décision. Cette population se « révolte » juste lorsque ça devient vraiment trop présent (émeutes par exemple).
    Le cas des banlieues est, sur ce point, intéressant. Il y aurait comme une zone de « non-droit », mais en fait c’est un équilibre qui a été mis en place par les habitants (tout ou partie) en réponse à la société actuelle (emploie,éducation,formation,avenir). Tant que, pour ceux qui l’ont mis en place, on ne touche pas à cet équilibre, tout va bien. Mais il est impensable de venir leur supprimer cet équilibre SANS leur donner un autre équilibre « équitable » à la place.

    Dès lors il ne reste qu’un seul « pouvoir » pouvant équilibrer le politique, c’est le journalisme. Mais il est difficile de morde la main qui nourrit. Ainsi si le préjudice de la société est faible parce que le journaliste auto dit le plus grand bien de la dernière berline qu’il a été convié à voir et essayer sous le soleil marocain et ses plages. En revanche, ce n’est pas la même chose avec le journaliste politique qui « omet » de poser la bonne question pour des raisons x ou y (ne pas déplaire, rendre un service en échange, vouloir rester invité, parce qu’il connaît, parce qu’on se tutoie, parce que le rédac chef va le tuer etc…)
    Alors certes il y a de bonnes excuses (format trop court, pas ce que le public attend, rédaction le passera pas, c’est pas le sujet ….) Mais ca ne reste que des excuses.

    Ensuite, le journaliste à beau jeux de venir « écrire » des communiqués sur la « nécessite de … « . la situation actuelle est autant le fait des politiques qui se « servent » que des journalistes qui ont laissé faire.

    Commentaire par herve_02 — 20/09/2011 @ 15:10

  10. @ Herve_02 : mais heureusement pour la population incapable et panurgisée, il y a des gens cultivés et tournés vers la réflexion (extrêmement méritants, du reste), un peu comme comme vous, qui parfois, daignent venir les éclairer de leur grâce.

    « Bouhou, sus aux salauds de journalistes démissionnaires » clament les Eclairés.

    mais dites-donc, ces pouvoirs en place depuis pffff trèèèès longtemps, comment qu’ils sont en place, déjà ?

    Commentaire par Jalmad — 20/09/2011 @ 22:06

  11. @jalmad

    Venant de vous, je trouve cela très petit. Il n’est ni le temps ni le lieu de refaire le monde. Et il est trèèèèès facile de répondre par une pirouette comme vous le faites. Et je ne me considère pas du tout comme un « éclairé ».

    Maintenant, votre argument de base, je le connais mille fois : c’est la faute du peuple qui vote. Oui c’est de sa faute. C’est de sa faute de voter pour des personnes qui promettent et qui ne tiennent pas leurs promesses et qui ont ensuite à leur disposition tous les médias pour faire de la com et continuer et c’est de sa faute d’acheter ses même médias (oups, ils achètent plus : c’est bien, c’est ce qu’il faut faire non ?) C’est de sa faute de ne pas punir celui qui a berné et bafoué les institutions. C’est de sa faute si certains dossiers ne sont pas traités. C’est de sa faute de laisser faire. C’est de sa faute.

    Oui c’est de la faute de l’électeur si le pouvoir décide de renflouer les banques sur le dos du rmiste.
    Oui c’est de sa faute si les lois sont voté par l’élysée, le doigt sur la couture.
    Oui c’est de la faute de l’électeur, un mea maxima culpa moderne.

    Mais il me semblait que les institutions ne sont pas très bien respectées, il m’avait semblé comprendre à l’école que le président c’est pas le gouvernement et que le gouvernement il fait pas les lois et que le président non plus, mais je devais être un mauvais élève ce qui explique mes élucubrations. Plus personne ne respecte le traité de Lisbonne sur les déficits, et c’est aussi la faute de l’électeur.

    En fait sous votre habit de magistrat qui semble si sage, sommeille en vous un révolutionnaire qui appelle au peuple à se prendre en main.

    Ensuite sur les journalistes démissionnaires (bouhou), c’est un peu Olivier Da Lage qui a commencé, ne vous en déplaise. Ah oui mais lui il a le droit de le dire, pardon, j’oublie quelle est ma place.

    Commentaire par herve_02 — 20/09/2011 @ 23:10

  12. @ Hervé_02 : vous voulez que je vous dise ? je suis globalement d’accord avec vous. Je l’étais déjà avec votre post 9, disons à peu près sur l’histoire de l’éducation, mais après je me suis dit : diantre, quel surplomb, quel ton péremptoire et quel manque de nuance. Si, si, relisez-vous, j’vous assure. Pouvez mieux faire, hervé_02, j’en suis sûre !

    Le coup de la faute aux électeurs, je savais que ça allait vous énerver ; et convenez avec moi que c’est aussi con que le coup de la faute aux journalistes « seul pouvoir pouvant équilibrer le politique ».

    Faut leur lâcher la grappe, aux journalistes ; trouvez pas qu’ils se traînent un bagage suffisamment lourd comme ça (« rempart de la démocratie » « devoir d’informer » « témoigner devant l’Histoire », etc…) pour pas en plus leur rajouter la responsabilité de la médiocrité de notre représentation politique ? ils y participent probablement, comme vous, moi, un peu tout (sauf Maxime Brunerie qu’a bien essayé un truc à sa façon, mais franchement, je conseille pas) ; il y en a des mauvais ? ooooooooooohhhh, pour un scoop ça c’est un scoop ! il y en a des complaisants ? ben merde alors. Mais juste : lâchons-leur la grappe un peu, je veux dire collectivement. Et mettons en avant de temps en temps ceux qui font leur taf, car il y en a.

    Commentaire par Jalmad — 20/09/2011 @ 23:31

  13. @jalmad

    Vous savez, j’ai fêté mes 45 ans il y a quelques jours. Cela me fait environs 25 ans de travail, plus de 10 ans de « militantisme » dans le logiciel libre et je n’ai plus la télé depuis 15 ans.

    Dans mon « combat » pour le partage de la connaissance et la formation j’ai vécu et essayé toutes les manœuvres possibles, de la présence active et bienveillante à la « contrainte par l’entêtement ». Ce qui rend impossible tout chose, c’est le relativisme (que j’appelle le moyennisme.) : « oui c’est vrai mais c’est pas que de leurs fautes et ça pourrait être pire. » Ce comportement entretient un statut quo permettant à ceux qui VEULENT rester en place de le faire. Ce statut quo empêche la mise en place d’autre chose, force à l’immobilisme. Et rien n’en sort si ce n’est le sur-place ou la reculade.

    Oui lâchons la grappe aux journalistes qui propagandent (d’ailleurs évitons de lire ces multiples billets sur la com), lâchons la grappe aux politiques qui magouillent, aux procureurs aux ordres, aux magistrats carriéristes qui peuvent sacrifier des justiciables sur l’autel de leur avancement, aux policiers ripoux (ils font un métiers difficiles), aux dictateurs en tout genres (ils sont chez eux).

    C’est une bonne idée : concentrons nous sur ceux qui font bien leur travail : ça va leur mettre du baume au coeur et ca nous donnera une bonne conscience à peu de frais : pas compliqué, pas dangereux. Mais ça fait pas avancer le schmilblick. De la même manière que la mauvaise monnaie chasse la bonne, il suffit de x% de mauvais qu’on laisse prospérer dans un secteur pour contaminer la totalité du secteur. Il ne reste alors qu’un pouillème de « bons » qu’on montre en exemple pour montrer que « si si, y en a des biens ». Il n’est que voir comment denis Robert a été accueilli par ses pairs (et même ici) : cet accueil très froid à permis à clearstream de continuer comme si de rien n’était. La seule manière de faire avancer les choses est d’être inébranlables dans nos demandes et de refuser tout compromis sur le socle.

    Pourquoi les juges lâchent pas la grappe aux voleurs, ou aux sans papiers pour se consacrer à ceux qui font le bien ? Ce que vous nous demandez de faire avec les « puissants », les puissants ne le font pas avec « nous ». Pourquoi ?

    Commentaire par herve_02 — 21/09/2011 @ 01:20

  14. @ Hervé_02 :

    peut-être me suis-je mal exprimée, mais ce n’est pas ce que je voulais dire en disant « lâchons leur la grappe ». Il ne s’agit pas de tout leur passer, de ne pas critiquer leurs pratiques professionnelles. Et je suis OK pour foutre au pilori les Chazal, Joffrin et compagnie, qui n’ont plus désormais de journaliste que la carte professionnelle. Sauf que ceux-là ne représentent pas LE journalisme ; ils vivent sur une autre planète que la nôtre et que la majorité des journalistes (qui eux, heureusement, vivent sur la même que vous et nous), en fait, et c’est bien malheureux s’ils ont une omniprésence médiatique et si, quand on pense à « journaliste » on pense à eux. Donc je dis juste de ne pas désigner LES journalistes comme seuls coupables, ou principaux coupables d’un état de fait, certes déplorable. Car, si je suis assez d’accord avec votre conclusion sur le relativisme et le risque d’immobilisme, je pense que les exagérations du type « les journalistes, seul contre-pouvoir, ont démissionné » et « les gens, lobotomisés dès leur plus jeune âge par un système scolaire aux ordres ne savent plus réfléchir » conduisent exactement au même type de difficultés. Et puis en plus, quand vous dites ça, vous dites rien : c’est qui, « les journalistes » ? Claire Chazal, ou bien le directeur de l’info de TF1, ou bien Bouygues et consorts ? C’est qui « les gens aux manettes qui ont décidé depuis très longtemps de miser sur l' »employabilité » ? les directeurs des IUFM ? ceux qui les ont mises en place ? ceux qui les ont détruites ? ou bien c’est plus diffus, une espèce d' »air du temps » distillé en permanence, un vrai travail de sape entamé par une classe politique acquise à la cause néolibérale ? moi, je sais pas. Mais je trouve pas mal de tenter d’identifier le plus finement les causes possibles à diverses dérives (d’ailleurs, s’agit-il bien de dérives, ou du simple produit d’un système qui y conduit nécessairement).

    Bref, je dis juste : un peu de nuance. On peut le dire, ça, ou c’est un truc d’immobiliste ? ou encore on va se faire traiter de branleurs de mouche ?

    Commentaire par Jalmad — 21/09/2011 @ 09:55

  15. Scotaland Yard renonce à réclamer ses sources au Guardian au nom de la sécurité nationale, on gagne toujours à résister aux ordres illégaux : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#12084

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 16:23

  16. @Jalmad

    Oh que oui vous avez raison, il FAUT identifier les véritables coupables et ne pas faire d’amalgame avec une généralité qui a l’inconvénient d’arriver aux mêmes résultats que ce que je dénonce : relativiser en proposant un nuage diffus de coupables (et donc personne), comme je le fait.

    Maintenant c’est assez facile à faire, il suffit de dire que celle qui a passé les plats à dsk n’est plus journaliste et la rayer des syndicats ad hoc et que ceux qui sont de vrais journalistes (il y en a heureusement) ne traitent plus avec elle, refusent les reportages présentés par elle, il suffit qu’elle soit ignorée par le reste de la profession qui fait bien son travail. Il suffit que l’éditorialiste qui fait sa star et publie un merde chaque semaine soit conspué à chaque fois qu’il se trouve devant un vrai journaliste.

    Il suffit que les journalistes qui travaillent correctement ne se déplacent plus aux « convocations d’opération de com » ou on ne pose plus de question, ne fassent plus de papier qui parle de ça et écrivent sur leurs blogs les papiers qui sont refusés ou trop retravaillés par les rédactions. Je sais que c’est facile de dire « il suffit ». Mais à ma décharge, dans mon secteur d’activité, j’ai cet intégrisme (qui vient de intégrité) qui me permet, à mon très petit niveau de lutter pour mes convictions, sans transigeances, même si je dois en payer le prix. Mais je rêve d’un monde impossible, mon utopie hors de portée. Car qui mieux qu’un journaliste peut le faire. Et d’ailleurs cette critique de vient pas de moi, mais du maître de céans et du sieur interviewé.

    Je sais que vous n’êtes pas partie dans cette voie, mais je pose déjà les jalons : je ne crois pas à un complot mondial néo-libéral, une sorte de Spectre mondial qui oeuvre dans l’ombre. Mais je crois à un faisceaux de volontés concordantes venant du « milieu qui dirige. » (vous savez ce groupe restreint de dirigeants qui comptent) http://www.pauljorion.com/blog/?p=28360

    C’est compréhensible que ceux qui ont, et les entreprises, cherchent à avoir plus (pas « normal » en terme de psycho, mais compréhensible) ce qui l’est moins c’est que le monde politique les cautionne dans cette voie et fait passer des lois, non pour le permettre mais pour contrainte le « peuple » à l’accepter. C’est de la haute trahison. Qui serait passible, en temps de guerre, du peloton. C’est à tel point que ces lois ont des « surnoms » affectueux : amendement vivendi pour hadopi, loi disney pour les droits d’auteurs, taxe sacem pour les droits sur tout ce qui bouge etc…..

    Hors qui a le métier, le temps, les connaissances et les moyens matériels pour « dénoncer cela  » ? Pas le péquin de base qui depuis quelque temps essaye de passer en positif sur son compte au moins une fois par mois.

    Commentaire par herve_02 — 21/09/2011 @ 17:15

  17. @ Hervé_02 : J’adore les gens comme vous. Je n’ai pas cette intégrité. Je fais un boulot où je transige à peu près tous les jours avec mon idéalisme. Juste parce que, si je ne le fais pas, je ne peux pas faire ce boulot. Je ne dis pas ça pour me dédouaner : je peux me casser, aller faire autre chose (et j’y songe), ou dépenser beaucoup plus d’énergie à lutter dans mon coin que ce que je ne fais déjà. Mais je sais d’ores et déjà que je ne changerai pas le système à moi toute seule.

    Commentaire par Jalmad — 21/09/2011 @ 17:57

  18. @Jalmad

    Votre métier est différent du mien. Le votre est d’appliquer le droit qui est voté, même si cela ne vous convient pas, même si votre intime conviction sait que ce n’est pas « bien » (le droit n’étant pas la morale). Vous avez une tout petite latitude (de plus en plus petite) dans cette application qui fait que vous ne pouvez que transiger. Si on y ajoute une hiérarchie qui peut être plus soucieuse de sa carrière que du bien d’autrui, cela fait beaucoup de choses à gérer. Moi c’est plus simple, il suffit de ne pas accepter un client ou de dire, je ne sais pas faire ou je n’ai pas le temps.

    Je vous lis, à travers vos réactions ici et chez Me Éolas, et je peux aussi dire que j’adore les gens comme vous. Vous faites un métier que je ne serais pas capable de faire (pas tant parce que je n’ai pas fait ces études, mais parce que affectivement je sais que je serais détruit, et rapidement. (De mémoire vous êtes ‘juge pour enfant ou aux affaires familiales’ ?), parce que la justice souvent traite la misère de la société. Je n’arrive pas à lire les billets de chez Me Mo qui remuent trop de choses. Et ce ne sont que des billets je n’ose même pas imaginer le « live ».

    Chez vous il me semble qu’il reste encore une étincelle d’idéalisme, même si elle est « ternie » par le milieu ambiant, comme une princesse pataugeant dans la boue (waou séquence lyrisme à 2 balles). Il me semble que vous faite partie des « justes » (et il y en a) qui se battent avec ce qu’ils ont (presque rien) dans l’ombre indifférente des coulisses de la société.

    Alors oui j’aime les gens comme vous.

    Commentaire par herve_02 — 21/09/2011 @ 18:50

  19. Vous avez raison herve_02. Le problème est que la plupart des idéalistes ont leur propre faiblesse qui un jour ou l’autre les contraint à fermer leur gueule ou à transiger avec leurs principes. Ne peut être vraiment libre que celui qui n’a rien à perdre. Mais celui-ci ne se retrouvera par définition jamais aux manettes

    Commentaire par kuk — 21/09/2011 @ 19:13

  20. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4304

    « Marianne, ses (très) hauts salaires, et sa déléguée syndicale poussée vers la sortie

    Chaud l’ambiance à Marianne ! Il n’y a pas que l’affaire Macé-Scaron. Dans le cadre des élections au Comité d’entreprise en juin 2011, la liste SNJ-CGT a diffusé un tract dénonçant la forte augmentation des cinq plus hauts salaires de l’entreprise [87% sur cinq ans] et l’importance des notes de frais de ces dirigeants (d’un montant total de 190 000 euros pour l’année 2010). Selon nos informations, ce tract a fait grand bruit au sein de la rédaction et une salariée, déléguée syndicale, a été poussée vers la sortie. »

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 21/09/2011 @ 20:45

  21. @Dédé l’embrouille : j’aime beaucoup votre pseudo, on le croirait tout droit sorti d’un film d’Audiard. Suis au courant, comme souvent, c’est plus compliqué que ça. Les 5 plus gros salaires ne sont pas les seuls à avoir été augmentés, la rédaction aussi m’a-t-on dit. La journaliste qui avait plus de dix ans de maison est partie avec un très beau chèque, vraiment très beau. Ce qui a mis fin à une tension dont sans doute les deux parties étaient responsables à parts égales. Les notes de frais correspondent au développement des pages de pub dans le journal, ce qui suppose d’inviter des patrons de grosses boites ailleurs qu’au Mac Do si on veut qu’ils se déplacent. Ce n’est ni pire ni mieux chez Marianne qu’ailleurs. Mais on pouvait espérer que ce soit mieux, je vous l’accorde. S’il y a quelque chose de vraiment ennuyeux à mon sens, c’est l’affaire Macé-Scaron et le fait qu’il ait été rétrogradé, à titre de sanction, du rôle d’éditorialiste à celui de journaliste de terrain. Mais j’ai sans doute mal compris les explications de Maurice Szafran sur le sujet. http://www.marianne2.fr/Joseph-Mace-Scaron-s-explique-Marianne-aussi_a210295.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 20:56

  22. Pangloss, c’est vous ?

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 21/09/2011 @ 21:03

  23. @Dédé l’embrouille : Pangloss pensait que l’on vivait dans le meilleur des mondes possibles. Sur iNternet, on pense assez facilement qu’on vit dans le pire. J’ai tendance à considérer qu’on vit dans un monde médiocre. Et croyez-moi, venant de moi, c’est loin d’être élogieux, je me méfie simplement des explications en blanc et noir. Je crois qu’en réalité tout est gris. Ce qui est pire que tout 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 21:22

  24. @ hervé_02 : cool, on s’aime en fait.

    @ Aliocha : choix de formation : allez, je coche cette année tous les trucs sur Justice et médias (comme ça ils seront bien obligé de m’en filer au moins 1). J’vous raconterai.

    Commentaire par jalmad — 21/09/2011 @ 21:32

  25. @Jalmad : vous aurez même l’opportunité de rédiger un billet, si ça vous dit. Le sujet est passionnant et j’aimerais beaucoup savoir comment il est traité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 21:36

  26. Ecoutez, puisque selon vous la rédaction a été augmentée, elle a sans doute été augmentée de 87 pour cent… et les 190 000 euros, de restaurant selon vous, sur une année, ça améliore incontestablement l’ordinaire.

    Donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, qui est gris selon Aliocha.

    CQFD.

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 21/09/2011 @ 21:41

  27. @Dédé l’embrouille : de deux choses l’une, soit vous avez des infos que je n’ai pas et dans ce cas, n’hésitez surtout pas à les livrer. Soit vous ne savez que ce qu’il y a dans le papier d’@si et alors je vous signale juste qu’il ne présente qu’une version de l’histoire. Et donc je vous livre ce que j’ai collecté auprès de plusieurs sources. Ensuite, vous faites ce que vous voulez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 22:07

  28. @Dédé l’embrouille : et pour être totalement transparente, je vais vous raconter toute l’histoire. Quand j’ai lu le papier d’@si, le soir de sa parution, j’ai rédigé un billet « d’adieu », en clair, je cessais de lire Marianne, et je cessais d’être blogueur associé. A cause de cela et de l’affaire Macé-Sacaron, ainsi que du dossier cet été sur les soi-disant travers freudiens des candidats à la présidentielle (à mes yeux une honte journalistique totale), ça faisait trop. Seulement voilà, quand on aime un canard, qu’on le lit depuis 1997, date de sa création, et qu’on pense que c’est à peu près le journal qu’on aurait créé, on se retrouve face à un problème très con mais qui touche aux limites de mon indépendance pourtant furieuse et même quasi-pathologique : l’affect. Alors j’ai posé des questions, qui sont remontées jusqu’à la direction, et j’en ai posé d’autres ailleurs. Les réponses ne m’ont pas entièrement satisfaites, loin de là, mais la situation était quand même mois contestable que celle présentée chez @si. Voilà pourquoi le billet de « rupture »n’est jamais sorti. Voilà pourquoi je me tais, parce que je suis embourbée dans un problème sentimental. Vous avez le droit de critiquer, maintenant que vous savez. Moi je me dis que je continue d’aimer ce canard, qu’il a le droit de commettre des erreurs, et que personne n’est parfait.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 22:30

  29. @Aliocha: Pour ce qui est de l’auto-censure à l’intérieur même de la presse, il n’y a pas de solutions simples. Mais pour ce qui est de ‘résister’ à une surveillance spécifique (typiquement, protéger ses sources ou ses documents de travail), sans vous demander de dévoiler de trucs, y-a-t-il dans les journaux où vous travaillez, les écoles de journalisme, une formation aux trucs de base pour ne pas se faire tracer trop facilement? Je ne parle pas d’être en mode ‘full parano’ permanent, mais de pouvoir, quand c’est nécessaire (scandale très sensible en vue, politique, défense…) de protéger son travail quelques temps. Bref quelques outils de cryptographie, téléphone sans trace, voire bêtement archivage et copies cachées!
    Les anglais du Guardian ont refusés de lacher leur source, et le gouvernement a fini par faire machine arrière. C’est une belle victoire. Mais qui n’a été possible que parce que ce même gouvernement n’a pas réussi a obtenir ce qu’il voulait par d’autres voies moins avouables.

    Commentaire par kaeldric — 21/09/2011 @ 22:38

  30. Aliocha, vous êtes quand même en train de dire que vous vous êtes initiée, en citant vos sources, tandis que moi qui n’ai lu que le billet de @si évoquant les réactions de la rédaction de Marianne et les chiffres confirmés par le CE, je ne peux pas savoir.

    Excusez-moi de n’être pas du milieu.

    Je veux bien être convaincu que ce billet ne dit pas tout, mais alors essayez d’être plus claire et précise.

    Je ne critiquerai pas votre attitude à l’égard de Marianne, mais rappelez-vous le mot du philosophe : « J’aime Platon, mais j’aime encore mieux la vérité. »

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 21/09/2011 @ 23:08

  31. @Aliocha en 28

    Donc, tout est relatif et « en moyenne » ça l’fait.

    Juste pour donner un ordre de grandeur, le smic a évolué de 8,27 à 9,00 euros entre 2006 et 2011 (5 ans) soit 8.82 %, cela fait juste un ordre de grandeur de différence (x10) .
    Si vous saviez comme le « gros chèque » de celui qui a été poussé vers la sortie m’indiffère. Oui 190 000 euros pour l’année, c’est vite bouffé mais si ce sont juste les même qui en profitent, il faut tout de même l’ajouter aux salaires pour se faire une idée.

    Votre rémunération sur les 5 dernières années, elle a été multiplié par 2 ? que vous avez de la chance.

    Commentaire par herve_02 — 21/09/2011 @ 23:13

  32. @Dédé l’embrouille : le problème des pseudos, c’est qu’on ne sait pas à qui on s’adresse. J’ignorais au départ votre niveau de connaissance du dossier, vous me l’apprenez. Ensuite, autant dans mon activité professionnelle, je fais facilement la part du off et du on, autant là, je suis dans une zone grise. Donc c’est compliqué pour moi d’être claire et précise. Les gens qui m’ont parlé ne l’ont pas fait forcément pour que je balance sur le web ce qu’ils m’ont dit. Je ne les ai pas interviewés avec ma casquette de journaliste, j’ai demandé des explications à titre privé. Donc je m’en tiendrais contrainte et forcée à ce que je vous ai dit. La journaliste n’avait plus envie de s’investir, elle est partie avec un chèque libellé en centaines de milliers d’euros. Les salaires des grands chefs ont été considérablement augmentés, notamment parce que certains assumaient des fonctions multiples et par souci d’alignement sur la concurrence, ceux de la rédaction aussi quoique dans des proportions moindres. Les notes de frais sont en partie justifiées par une politique de recherche d’annonceurs car le journal augmente ses pages de pub (à leurs débuts, ils n’en avaient aucune, notamment parce qu’ils tapaient sur tout le monde). Maintenant, que pouvez-vous faire de ce que je vous dis ? Considérer qu’@si vous donne la version noire et que je vous donne la blanche. Aucune des deux n’est parfaitement juste, la vérité est au milieu.

    @hervé_02 : voir ci-dessus 😉

    @Kaeldric : franchement je n’en sais rien. Je n’ai pas fait d’école de journalisme, je ne pratique pas l’investigation de haute volée, et pour ce que j’ai vu dans les rédactions où je suis passée, je n’ai pas aperçu de vigilance particulière. Quand j’ai des sujets sensibles (au sens où des personnes ne veulent pas qu’on sache qu’elles me renseignent parce que ça les mettrait en difficulté, même sur des dossiers très peu importants), je n’écris rien par mail, je parle de manière allusive au téléphone, j’écris de préférence sur des carnets manuscrits, j’utilise des initiales au cas où je perdrais le carnet. Non pas que je travaille sur des trucs super chauds, c’est juste pour ne pas mettre mes sources dans l’embarras par maladresse. Récemment, j’ai même envisagé le cryptage et finalement abandonné parce que le dossier n’en valait pas la peine. Mais ça, c’est de la prudence héritée de ma formation de juriste et liée à mon caractère méfiant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/09/2011 @ 23:53

  33. La vérité n’est pas au milieu, elle est là où sont les faits.

    Par exemple, un chèque de plusieurs centaines de milliers d’euros (sic), je ne pense pas que ce soit un fait…

    Par exemple, votre histoire de off qui revient au même que la loi du silence, c’est un fait.

    Un autre fait, c’est que 190 000 euros, ça fait un repas à 500 euros par jour pour 5 personnes… Nos grands journalistes passent donc leur temps dans des restaurants de luxe.

    Bref, encore une fois, il y a les initiés qui savent, mais qui ne peuvent pas parler parce que c’est secret (et surtout parce qu’il faut sauvegarder son plan de carrière) ; et les autres dont l’avis est forcement superflu, négligeable, bref de la crotte.

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 22/09/2011 @ 09:10

  34. @Dédé l’embrouille : eh si c’est un fait qui vaut bien les vôtres. Vous avez les documents prouvant les 190 000 euros de notes de frais et l’augmentation des salaires ? Non. Juste un tract. Moi non plus je n’ai pas les documents sur l’indemnité transactionnelle, mais je la tiens d’une source de confiance qui n’est pas le patron du journal. Nous avons tous les deux des sources indirectes qui méritent vérification. Maintenant, vous en pensez ce que vous voulez. Mais puisque vous parlez d’avis, je vous rappellerai les propos d’Hannah Arendt qui disait à peu près ceci, toutes les opinions sont légitimes dès lors qu’elles s’appuient sur des faits. Et si je devais compléter à titre personnel, je vous dirais tous les faits, et pas seulement ceux qui vont dans votre sens. Il n’y a pas de secret, j’ai posé des questions pour mon information personnelle, je n’ai pas prévenu mes interlocuteurs que j’entendais les rendre publiques, par conséquent, je n’irai pas plus loin que ce que je vous ai dit. Déformation professionnelle. Quant à ma carrière, si vous croyez que ça m’apporte quoique ce soit d’autoriser Marianne à reproduire gratuitement mes billets sur leur site, vous vous trompez. Je travaille pour une presse entièrement différente, je n’ai pas d’objectif de carrière en général et aucune prétention à intégrer ce journal.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/09/2011 @ 09:51

  35. euh… je n’ai pas juste un tract, mais un article de journaliste qui explique que les chiffres sont confirmés par le CE…

    Commentaire par Dédé l'embrouille — 22/09/2011 @ 10:00

  36. @Dédé l’embrouille : Yep et ça nous donne l’occasion de montrer la difficulté du journalisme. L’article d’@si est parti d’une fuite, de la personne virée ou d’un salarié pas content. Le CE, dites-vous, confirme. Je sais qu’@si a appelé le patron du journal, mais selon mes infos en lui demandant de confirmer le licenciement et la transaction. Réponse du boss : impossible de vous en parler, c’est confidentiel. Ce qui est juridiquement exact, les deux parties à une transaction s’engagent à la confidentialité sur les termes de leur accord. Toujours selon mes infos, @si ne les a pas interrogés sur le reste, à savoir les salaires et les notes de frais. A ce stade, le papier n’est donc plus contradictoire et s’en tient à la seule version du tract. Laquelle est exacte, oui les gros salaires ont été augmentés et oui les notes de frais sont de 190 000 euros, mais incomplète. La journaliste est partie avec le pactole, les autres salaires ont été aussi augmentés, il faut comparer avec la concurrence, le journal veut étendre ses ressources publicitaires etc, etc.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/09/2011 @ 10:39

  37. @Dédé

    De toute façon, c’est comme la réligion : c’est une foi que l’on n’a pas besoin de démonter, comme le fait de défendre ses enfants juste parce que ce sont les siens. Il faut sauver le soldat marianne.

    En fait, ce qui est intéressant au plus haut point dans le post 32 est là :

    « ….. Les notes de frais sont en partie justifiées par une politique de recherche d’annonceurs car le journal augmente ses pages de pub (à leurs débuts, ils n’en avaient aucune, notamment parce qu’ils tapaient sur tout le monde)….. » => entendre maintenant ce n’est plus le cas et on va chercher de la pub sur ceux qu’on épargne.

    « ….. Les salaires des grands chefs ont été considérablement augmentés, notamment parce que certains assumaient des fonctions multiples et par souci d’alignement sur la concurrence ….. » => certains ont des fonctions multiples donc on augmente tout le monde. et surtout on s’aligne sur la concurrence.

    Mariane à rejoint les autres médias, même maux, même mots.

    Commentaire par herve_02 — 22/09/2011 @ 10:44

  38. Sur le sujet des libertés journalistiques (sur le web), je vous recommande cette interview d’un des acteur d’OWNI:
    http://www.nonfiction.fr/article-4749-p1-nicolas_kayser_bril__la_regulation_du_web_est_une_supercherie.htm

    Commentaire par Javi — 22/09/2011 @ 12:13

  39. Bonjour à tous.
    Cet échange passionnant me fait penser à l’aphorisme « la vérité c’est comme le sucre dans le café: plus on touille moins on le trouve ».

    La conclusion de Herve_02 en 37 est terrible.

    A propos de journalisme: l’interview de DSK. Je savais que PPDA n’avait pas de carte de journaliste, C. Chazal en a-telle une?

    Commentaire par araok — 22/09/2011 @ 17:30

  40. Rappelez-vous que lorsque un politique a dénoncé les lois Perben comme liberticides et inspirées du Patriot Act, il a été condamné à 15000 euros d’amende dans un procès expéditif, à la demande du garde des sceaux de l’époque…
    http://www.20minutes.fr/lyon/35773-Lyon-Un-tract-anti-Perben-mis-a-l-amende.php
    http://www.solidariteetprogres.org/Jacques-Cheminade-et-Eric-Sauze

    Commentaire par Bertrand Buisson (@BertrandSP) — 22/09/2011 @ 17:53

  41. @araok : en fait, cette affaire est une occasion rêvée de montrer le fonctionnement du journalisme et ses difficultés.

    @si dégotte une info : une salariée syndiquée de Marianne est licenciée pour avoir dénoncé les augmentations de salaire et les notes de frais de la direction. C’est confirmé par le CE. Le président s’abstient de tout commentaire. La journaliste aussi. Ils sont tenus tous les deux par leurs accords. @si obtient des confirmations de journalistes en interne sur les faits et la perception qu’en a eu la rédaction. Leur boulot est nickel. L’info est vérifiée, recoupée, les protagonistes ont eu l’occasion de s’exprimer. Impeccable. Ce qui ne m’étonne pas d’ailleurs du site.

    Sauf que.

    Sauf que la vie ça déborde toujours de partout, c’est toujours compliqué, paradoxal. Donc si tout ceci est exact et vérifié, ce n’est quand même pas tout à fait le reflet fidèle de la réalité. Non pas parce que @si a mal bossé, mais parce que il y a des gens en interne qui n’ont pas été interrogés et qui apportent d’autres éléments. Il manque la somme de la transaction qui empêche croyez-moi de pleurer sur le sort de la salariée (sauf si on m’a trompée, ce que je ne crois pas), il manque le récit de la tension qui est montée dans la rédaction, il manque la perception de ceux qui n’ont pas été interrogés et les dégâts collatéraux du bins. Voilà comment un papier, même tiré au cordeau, même répondant à toutes les règles du métier, demeure le reflet imparfait et contestable de la réalité. Et voilà pourquoi même le meilleur article trouvera toujours des détracteurs.

    Ce qui nous renvoie à votre remarquable aphorisme qui a déclenché ma réponse 😉 En effet, tous les journalistes le savent, moins on bosse un sujet, moins on le connait, plus on pense le comprendre. A l’inverse, plus on se plonge dedans et plus il nous échappe. On n’en sort jamais vainqueur.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/09/2011 @ 21:18

  42. Sortez le pipotron…

    Commentaire par Marcel De Cheval — 23/09/2011 @ 09:47

  43. Hélas….http://www.causeur.fr/de-l%e2%80%99allegeance-aux-petites-phrases,11755

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/09/2011 @ 12:39

  44. http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-francois-morel-pourquoi-souriez-vous-anne-sinclair

    C’est peut être hors sujet mais…

    Commentaire par araok — 23/09/2011 @ 17:41


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