La Plume d'Aliocha

15/09/2011

Quand la forme trahit le fond

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 00:05

Voilà quelques semaines que les questions de présentation des articles de presse mobilisent l’attention à juste titre. Ainsi, Arrêt sur Images a invité ses lecteurs cet été à inventer des Une du Figaro sur le modèle de la vraie Une du 19 juillet où l’on voyait le visage de François Hollande à côté de celui de Tristane Banon dans ce qui s’est révélé être un photomontage, accompagné de ce titre : « Affaire Banon-DSK » (surtitre) – « François Hollande va être entendu » (titre) ».

Cette fois-ci, c’est Acrimed qui chahute le Parisien Aujourd’hui en France. Motif ? Le journal a titré en Une le 12 septembre : « Délinquance » (surtitre)- « Le plan de lutte contre les jeunes roumains » (titre). Celui-ci est inscrit à l’intérieur du cadre d’une photo qui représente une jeune femme sur un quai de métro dont on tente d’arracher le sac. Notez, je dis « une jeune femme « mais je ne vois pas son visage, ce pourrait être un garçon aux cheveux longs. Et quand j’ajoute « jeune », je m’avance beaucoup, il ne s’agit que d’une impression inspirée par la silhouette et les vêtements. D’ailleurs, lui arrache-t-on son sac ou bien est-elle en train de jouer avec un ou une amie ? Mais tenez, soudain j’y pense : et si c’était elle qui arrachait le sac ? Voyez comme l’esprit a tendance à interpréter ce qu’il voit et bien souvent à franchement extrapoler…pour peu qu’on l’y aide.

Dans un précédent billet, j’ai cité un extrait d’Albert Londres. Il visite au bagne de Cayenne l’Ile des lépreux. Et on l’emmène voir « le légendaire lépreux à la cagoule ». Voici comment le journaliste décrit la scène :

« Il ne nous restait qu’une maison à visiter.

Quelque chose, tête recouverte d’un voile blanc, mains retournées et posées sur les genoux, était sur le lit dans la position d’un homme assis ».

On lui a dit qu’il s’agissait d’un homme et que celui-ci était atteint de la lèpre. Or, tout ce qu’il voit en entrant, c’est « quelque chose dans la position d’un homme assis ». Et il décrit exactement ce qu’il voit. Remarquable leçon d’objectivité.

Mais revenons à notre titre et à notre photo. Ensemble, ils nous donnent le sentiment d’assister à une scène d’agression par un méchant jeune délinquant immigré roumain d’une gentille jeune fille française sur un quai de métro. La proximité de la voie fait même craindre que le vol ne débouche sur un tragique accident. Le tout dégage une sensation de violence et suscite la peur. Et voilà comment en l’espace d’un titre et d’une photo, on insinue sans en avoir l’air dans l’esprit du lecteur, avant même qu’il n’ait lu l’article, l’équation terrible : roumain = délinquant = danger = peur. Et la légende en rajoute : « Vols à l’arraché, trafics…la criminalité attribuée au mineurs roumains est en nette augmentation. En exclusivité, Claude Guéant nous dévoile les moyens qu’il compte mettre en place pour lutter contre cette délinquance ». Qu’un professionnel de l’illustration me corrige si je me trompe, mais il me semble que si cette photo correspondait à une scène réelle, elle aurait été légendée : « Scène d’agression dans le métro parisien à la station x, le y dernier ». Or là, on ignore la nature exacte de ce qu’on nous montre. Ce qui donne à penser qu’il ne s’agit pas d’une photo d’actualité à caractère informatif, mais d’une simple illustration.

La société des journalistes du Parisien s’est révoltée contre le titre et l’illustration, estimant qu’ils trahissaient le fond du dossier. J’emprunte à Renaud Revel l’extrait de la déclaration :

« La Société des journalistes du Parisien-Aujourd’hui en France tient à faire part de son indignation concernant la mise en scène du fait du jour de ce lundi matin relatif aux mesures du ministre de l’Intérieur Claude Guéant contre les délinquants Roms. Particulièrement choquants, le titre des pages 2-3 (« Immigration roumaine : les mesures contre la délinquance ») et celui de la Une (« Délinquance: le plan de lutte contre les jeunes roumains »). Le premier revient à assimiler de facto l’immigration en provenance de la Roumanie avec la délinquance. Le deuxième tend à considérer l’ensemble des « jeunes roumains » comme des délinquants. De tels amalgames sont inacceptables. Par ailleurs, la photo choisie pour la Une est une mise en scène qui n’a pas lieu d’être utilisée avec ce type de sujet. Ces choix d’illustration et de titraille mettent à mal le travail des journalistes qui ont participé à cet ensemble et qui, quant à lui, nous apparaît équilibré ».

Et voilà comment on manipule le lecteur…comment on lui vend les mesures politiques destinées à lutter contre tous ces immigrés-roumains-délinquants. Vous noterez au passage que les journalistes se sont révoltés ce qui illustre la différence, trop souvent ignorée par le public, entre leur travail et la manière dont celui-ci est « vendu » par l’entreprise qui les emploie.

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69 commentaires »

  1. Cet article qui suit un article rendant hommage aux photographes de guerre, étonnante mise en perspective sur le rôle de l’image dans l’information.

    Commentaire par Marquis de Mussipont (@Mussipont) — 15/09/2011 @ 08:18

  2. Esope: la langue est la pire et la meilleure des choses.
    La photographie partage suffisamment de propriétés avec le langage qu’on puisse lui prêter la même ambivalence.

    Commentaire par kaeldric — 15/09/2011 @ 08:56

  3. Bonjour Aliocha,

    Article intéressant (je ne regrette pas de ne pas acheter le Parisien au passage). Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un tel procédé est utilisé. Les autres médias ne sont pas exempts de telles tentatives de manipulation. Je me souviens d’avoir débattu sur ce sujet avec un ancien rédacteur en chef adjoint d’une grande chaîne de télévision il y a une dizaine d’années. Bénéficiant d’un cours sur la communication sous son égide, ce professionnel nous avait demandé d’analyser le journal TV de la veille. J’avais choisi au hasard France 2. Premier point, il y avait un fossé entre les titres annoncé et ceux développés. Deuxième point (le plus important), un sujet, non annoncé, bénéficiait d’une longueur de traitement inhabituel (pas loin de cinq minutes). Il portait officiellement sur les conséquences du naufrage de l’Erika (que faire des déchets). Le « reportage » mêlait adroitement dans ses images les effets réels et supposés de la pollution avec l’affaire Elf. Sans paraître y toucher, le traitement image était un modèle de désinformation et d’amalgame. Il consistait en un long travelling qui débutait par un gros plan sur une terre de couleur indistincte plutôt sombre (donc forcément polluée!). On voyait ensuite une vache qui broutait paisiblement l’herbe (sale car polluée. cf la terre presque noire du début) avec, en toile de fond, des installations industrielles: lignes HT, réservoirs de pétrole, cheminées crachant de la fumée (association immédiate: la terre est noire car polluée par le sale pétrole et la pauvre vache et son lait ne doivent pas être très sains). Le travelling continuait avec d’un seul coup le logo Elf qui apparaissait de manière surprenante (mais était-ce un hasard? J’ai plus que des doutes) sur un réservoir de pétrole (on était alors en pleine affaire Elf-Dumas. On aurait voulu associer inconsciemment pétrole-pollution-magouille politique qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Le tout sur une chaîne publique!!!.) alors que le sujet portait officiellement sur l’après Erika (je n’ai rien retenu du commentaire assez insignifiant et quelconque). Chapeau l’artiste sur cette désinformation institutionnelle à heure de grande écoute. La terre était sombre car c’était de la tourbe de marais et hormis la pollution visuelle causées par les installations en toile de fond ((je pense que c’était soit la raffinerie de Donges ou bien les environs de Saint Nazaire), il n’y avait pas grand chose à craindre sur la qualité du lait . Notre mentor, aussi disponible et compétent qu’il puisse être, n’avait pas voulu répondre à nos interrogations.
    Attention cependant à l’indignation sélective. Tous les propos politiques relèvent prioritairement de la communication et sont donc, à ce titre, d’une insignifiance absolue. La première chose à faire est de ne pas leur offrir une caisse de résonance dont l’inutilité est proportionnelle au bruit qu’elle produit. Pour autant, attention au refus dicté par des positions strictement idéologiques. Les allégations du ministre sont fausses et bien, enquêtons. Comme d’habitude, le citoyen attendra.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 15/09/2011 @ 09:37

  4. Bonjour Aliocha,

    Analyse intéressante, aujourd’hui, je vous remercie de porter le débat sur le sujet si important de l’image de presse. Sur le fond, je suis assez d’accord avec vos propos, mais je ne vous suis pas tout à fait quand vous écrivez qu’on insinue DIRECTEMENT quelque chose dans la tête du lecteur. Je crois quand même que le lecteur, justement, peut avoir un esprit critique qui, à votre exemple, ne le rend pas tout à fait dupe de l’image qui lui est proposée. C’est effectivement une question de nuances de gris entre la naïveté absolue et la paranoïa et je vous rejoins pour dire que ça mérite discussion. Et que nous avons tout à gagner à expliciter les conditions d’exercice de la profession.

    Une autre petite remarque: sans doute parce que c’est une partie de mon métier – de notre métier, en fait – j’ai toujours tendance à regarder le crédit d’une photo pour me faire une petite idée supplémentaire de sa valeur. Pas vous ?

    Le problème général, et je pense que nous serons d’accord, c’est qu’un article est un puzzle et que le rédacteur ne maîtrise pas la chaîne de bout en bout – et peut-être même bien de moins en moins. Cela dit, ce sont (notamment) des journalistes qui décident de comment les articles seront « vendus », ainsi que vous l’écrivez. Nous avons tous, je crois, une part de responsabilité.

    Commentaire par Martin K — 15/09/2011 @ 10:00

  5. Pourriez-vous s’il vous plait arrêter de prendre vos lecteurs pour des imbéciles ?…
    Les mots magiques « stigmatiser » et « amalgames » sont les armes de destruction massive du politiquement correct… Il est interdit de dire quoi que ce soit, sous peine d’être soupçonné de stigmatiser… de faire des amalgames… de stigmatiser les amalgames (!!!)…
    Le lecteur moyen, contrairement à ce que semblent croire les journalistes que vous présentez ici, sait faire la différence entre « il y a une importance délinquance d’origine roumaine dans le métro » et « tous les roumains sont des délinquants »…
    C’est le même argument grotesque qui fait que tous les syndicats et groupes de pression du pays montent sur leurs grands chevaux dès qu’on critique l’UN d’entre eux !!!
    « Mais comment ! Vous ne pouvez pas dire ça ! Il ne faut pas stigmatiser toute une profession !!! » (remplacez profession par « quartier », « peuple », etc… ça marche aussi)

    On a donc la société des journalistes du Parisien qui pratique une vigoureuse politique de l’autruche, sur l’air du « n’en parlons pas, le problème disparaîtra probablement tout seul »…

    Commentaire par Arnaud — 15/09/2011 @ 10:09

  6. @Martin K : je ne sais pas si c’est délibéré ou pas en l’espèce, et si oui, si le but est de vendre Guéant ou simplement le journal en racolant. Des lecteurs critiques ? Sans doute, je n’ai jamais pris le public pour un idiot, ne serait-ce que parce que j’en fais partie et que je ne me sens pas tout à fait sotte. Il n’empêche. L’image frappe l’esprit aidée en cela par le titre, ce n’est que dans un deuxième temps que l’esprit critique. Avons-nous toujours le temps de cette deuxième étape ? Je dis bien « nous » ? Honnêtement, je n’en sais rien. Oui, je regarde aussi de plus en plus souvent le crédit photo comme je deviens attentive au nom des reporters au JT. Et sur la responsabilité, en tant que free lance, je n’ai jamais accès à l’illustration de mes articles et guère à la titraille. Cela fait plusieurs fois que vous me faites l’observation. Qu’on se comprenne bien, je n’entends pas ici déresponsabiliser les journalistes, ne serait-ce que parce que j’ai horreur de l’argument « c’est la faute à l’autre », mais affiner la critique des médias pour que l’on sache exactement qui est responsable de quoi et où doivent porter les critiques.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 10:09

  7. @Arnaud : j’ai regardé il y a peu de temps un reportage sur les roms en roumanie, figurez-vous que le taux de chomage dans leur communauté est démentiel. Vous savez pourquoi ? Parce que personne ne veut embaucher ces « voleurs » alors qu’eux ne rêvent que de travailler et d’avoir une vie normale. Voilà comment en stigmatisant une population, on fabrique la délinquance que l’on prétend éradiquer. Si un jour on m’empêche totalement de travailler en raison de je ne sais quelle discrimination de ce genre, je vous assure que je volerai. Et vous aussi. Pour survivre.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 10:12

  8. @laplume: « alors qu’eux ne rêvent que de travailler et d’avoir une vie normale »… Ca c’est pas des amalgames ?… Attribuer un même rêve à toute une population c’est pas stigmatiser ?…

    Il faut savoir que la plupart des phrases qui commencent par « les » sont des bêtises… « Les » roms, ça n’existe pas. Pas plus que « les » jeunes, « les » flics, « les » arabes, « les » fonctionnaires etc…
    Il n’y a pas de communauté. Il n’y a que des individus.

    Pourquoi ne vous demandez-vous pas pourquoi « les » roumains refusent d’embaucher « les » roms ?… A vous lire, on pourrait croire que vous pensez que « les » roumains sont des salopards racistes… Vous stigmatiseriez pas un peu, là ?

    Moi, « les » roms, je ne sais pas ce que c’est… Seulement je prends le métro et le RER tous les jours… Et il m’arrive de voir des mendiants dans le métro… et certains mendient avec des enfants… Et dans 100% des cas que j’ai pu voir de mes yeux, les seuls à faire mendier des enfants sont des roms… Les gamins emmenés en esclavage en France pour vider les parcmètres à l’époque où il y en avait à pièces: 100% de roms… Les jeunes filles qui mendient en haut des champs-élysées: 100% de roms… ou celles qui volent les touristes en bande dans le métro, et qui sont mineures parce que c’est plus pratique, souvent des roms…

    Moi je suis un « grand public » de base… Et quand je lis un article comme ça, il ne me viendrait pas à l’idée d’en tirer une conclusion générale sur « les » roms. En revanche, la délinquance des roms dans le métro, c’est une réalité, c’est souvent de la maltraitance d’enfants, et je trouve normal qu’on en parle sans ces timidités de demoiselles que préfèrerait la société des journalistes…

    Vous avez remarqué que de nos jours, on ne cherche plus à savoir si un commentaire est vrai ou faux… seulement s’il offense tel ou tel groupe.

    Commentaire par Arnaud — 15/09/2011 @ 10:38

  9. Quel bonheur la lutte contre le politiquement correct : c’est le sésame ultime pour dire tout, n’importe quoi et son contraire, pour prendre les raccourcis les plus exigüs, oublier les principes du raisonnement, faire fi de l’histoire ou des réalités sociales, glorifier l’ignorance et les bas instincts. Quelle trouvaille !

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 11:18

  10. Reprenons :
    La photo en question a été prise un jour X, à telle heure, dans telle station de métro. Ces informations basiques, on peut les avoir.
    Je maintiens mon idée et apportez-moi, le cas échéant, un démenti à partir de faits précis:
    il s’agit d’une véritable agression comme les usagers du métro ont pu en voir. Par la suite, la photo a été « retouchée » (reprenez-moi si les mots que j’emploie sont inadéquats) pour faire apparaître une main ferme (ce n’est pas celle d’une demoiselle, Aliocha, pardonnez-moi) qui manifestement tire un sac. Le photographe a travaillé sur une belle structuration de l’espace avec des diagonales qui donnent l’impression du mouvement (position du bras, ligne du quai, rame sur le quai opposé). J’ai dit que cette photo était remarquable et je le maintiens. Elle émane d’un professionnel dont je salue le travail.
    Ensuite, il y a l’exploitation de la photo. C’est une autre question. Chacun est libre de penser ce qu’il veut et je l’ai exprimé dans mes commentaires du billet précédent. Autre chose aussi est la mise en exergue de la délinquance roumaine. Mais ce qui est intéressant ici c’est d’échanger sur les médias.
    Un journal est un produit qui se vend et il a un prix (90 centimes pour Aujourd’hui en France). Il est essentiel que ce journal se vende pour tous ceux qui y travaillent. La photo est essentielle sur la première page.
    J’habite une petite ville entre Camargue et Durance. Il y a une grosse maison de la presse. Savez-vous comment les journaux sont disposés ? Non sur un présentoir mais sur une étagère en plusieurs tas: le Figaro, Le Monde, Aujourd’hui, Libé puis l’Equipe et ensuite les journaux étrangers allemands, américain et enfin anglais, le dernier est le Times. Les clients arrivent et regardent les premières pages et « l’accroche » de la photo. Les lecteurs de « Aujourd’hui en France » je le dis d’autant plus facilement que je n’en suis pas un (sauf occasionnellement justement pour la fameuse photo) ne sont pas des imbéciles et je les respecte tout comme les lecteurs des autres quotidiens. Ils ne mettent pas tous les roumains dans le même ensemble. Ceci dit les Roms existent. Les gens des grandes villes le savent (voir la question du parking de la Porte d’Aix à Marseille, voir Lyon Part-Dieu). Parmi eux, il y a des braves gens qui cherchent à s’en sortir et des voleurs qui piquent les i-phones. C’est sur tout cet arrière-plan que se fonde Aujourd’hui en France pour publier son dossier.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 11:20

  11. @10

    Le communiqué dit clairement que la photographie est une « mise en scène ». Si l’image était une « photographie retouchée » ou un « montage », il me semble que les journalistes disposent d’assez de vocabulaire pour choisir le terme adéquat dans leur communiqué. Mais peut-être ignorez-vous le sens du terme « mise en scène » ?

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 11:41

  12. @Hélios : je ne mets pas en cause la photo, mais son utilisation, nous sommes d’accord. Elle est instrumentalisée et mal légendée. Tout comme le travail des journalistes qui ont écrit les articles d’ailleurs. Maintenant, je ne peux pas voir sur les images web de la couverture le nom du photographe, si vous l’avez, dites-le, qu’on aille plus loin dans l’analyse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 11:42

  13. @Gf

    çà Oui: Accumuler des mots-valise tels que « politiquement correct », « bien-pensants », « communautarisme » « dictature du bien » et même « mutins de panurge » pour les plus culturés – « vierges effarouchées » est également admissible – secouer un peu et vous parviendrez à torcher un ch’ti commentaire bien tapé, ductile et polysémique, facilement mémorisable et qui claque au vent comme la bannière d’un paladin en croisade contre les Sarrazins.

    Des fois, la plaisanterie va trop loin, et on se retrouve avec un siphonné norvégien, désireux de désordres et de massacres – lequel, pardonnez du peu, a fait quelques références à la fine pensée de Finkie dans ses pamphlets interminables, avec, évidemment, l’inévitable charge contre « les antiracistes ».

    Commentaire par Switz — 15/09/2011 @ 11:47

  14. @Aliocha

    Réponse à votre question

    LP / OLIVIER CORSAN

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 11:58

  15. Jélios : merci, je suppose que c’est celui-ci : http://olivier.corsan.free.fr/index.html
    encore plus dommage qu’on ait pas correctement légendé sa photo

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 12:22

  16. @arnaud : je déteste autant que vous le politiquement correct. Ce d’autant plus que je l’affronte tous les jours dans le décalage entre les propos que les gens que j’interviewe tiennent officiellement et ce qu’ils confient en off parce qu’il ne faut pas le dire. Cela vaut dans tous les domaines y compris les plus inattendus et dérisoires. Mais là, il ne s’agit pas de politiquement correct. Il s’agit de dire les choses précisément et non pas de taire. Et dire précisément pour éviter de déraper dans les amalgames. C’est tout.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 12:26

  17. @Aliocha

    je ne connaissais pas Olivier Corsan et je suis allé sur votre lien.

    Ce photographe fait des photos magnifiques. La photo du Parisien est très intéressante à tous points de vue, j’ai écrit remarquable.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 12:34

  18. Petite question technique : sur mon Mac où j’ai rédigé le billet, la photo du Parisien s’affiche en entier, arrivée au bureau, j’ouvre mon PC et je ne vois qu’un tiers de ladite photo. Quelqu’un a des problèmes d’affichages similaires ou est-ce ma machine qui fait des caprices ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 12:50

  19. gf

    Bonjour, gf. J’ai clairement donné ma position. Vous savez bien que la langue française est très riche. Mise en scène, c’est donc une expression qui peut avoir plusieurs sens. Attendonc que les journalistes du Parsien soient plus explicites. Bonne journée.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 13:19

  20. Sur mon PC, avec Chrome comme avec IE 8, c’est parfait.

    Commentaire par kaeldric — 15/09/2011 @ 13:20

  21. @kaeldric : saleté d’Internet Explorer… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 14:33

  22. @19

    Les journalistes du parisien disent que c’est une mise en scène, sans démenti aucun du photographe (qui à mon avis ne manquerait pas de bondir si l’on qualifiait ainsi à tort son travail). Vous prétendez que c’est l’image d’une véritable agression, peut-être retouchée.

    Votre position est tout aussi sérieuse que si l’on vous présentait une assiette avec une pomme et que vous protestiez que c’est une prune. En ayant au surplus le culot de demander au serveur de vous prouver que c’est bien une pomme.

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 14:40

  23. @ arnaud, laplumedaliocha

    « politiquement correct », « pensée unique » : ces formules désignent une entitée sans contenu connu.

    La pensée unique (ou le politiquement correct) c’est la pensée de l’autre, de celui qui pense mal car il ne pense pas comme moi. Loin d’être unique, elle est multiple, elle a autant de variétés qu’il y a de gens pour la stigmatiser…

    Commentaire par DMonodBroca — 15/09/2011 @ 15:45

  24. @gf

    Oui, oui, je persiste. Je ne vois pas pourquoi le photographe bondirait. « Mise en scène » est une noble et belle expression, gf. Que serait une pièce de théâtre sans mise en scène ?
    Pour la pomme et la prune, vous n’avez pas beaucoup de chance parce que je n’aime ni l’une ni l’autre !

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 17:08

  25. vous allez pas vous y mettre vous aussi?

    y en a déjà marre de ces associations qui ne représentent qu’elles même et qui vont régulièrement détourner et réinterpréter n’importe quoi dans le sens de leurs idées histoire de faire parler d’elle

    raz le bol du politiquement correct, peut importe que certains appellent ça mot-valise. On a le droit de s’xexprimer sans se faire traiter de quasi nazi dès qu’on a l’audace d’être plus intelligent que les gens de l’acrimed

    le politiquement crrect, le fascisme au visage souriant du XXIème siècle

    Commentaire par fredo — 15/09/2011 @ 17:11

  26. @DMonod Broca : je comprends la méfiance qu’inspire cette expression. Mais je vous assure que lorsque vous parlez 1 heure avec une personne et qu’au moment de se quitter elle vous dit : ça c’est off, je ne peux pas le dire, vous comprenez ce qu’est le politiquement correct. Chaque univers a son politiquement correct, autrement dit ce que l’on peut dire publiquement ou pas. La notion est beaucoup plus large que celle invoquée de manière récurrente dès qu’on aborde un sujet sensible type discrimination. Donc je confirme qu’il existe bien un « politiquement correct ». Mais je vous accorde que l’expresison est d’un maniement délicat et qu’il convient de s’en méfier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 17:34

  27. @24

    Persistez tant que ça vous chante, parler de rien sur tout c’est un métier d’avenir. 🙂

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 17:39

  28. @Hélios : éclaircissons un malentendu, un photographe peut bien entendu faire ce qu’il veut de sa photo, montage, mise en scène, modification des couleurs, des contrastes etc. A condition de ne pas être dans un contexte de travail journalistique. Là, les règles sont très claires, on ne touche pas une photo de presse destinée à être publiée en tant qu’information. Il y a eu des scandales récents, notamment une photo dans Match où Sarko avait trois jambes parce que le photographe avait gommé le garde du corps, mais oublié d’effacer l’une des jambes de ce-dernier. L’histoire du photojournalisme est remplie de polémiques sur ce sujet, et même la plus célèbre photo de Capa en a été l’objet. Voir à ce sujet le catalogue toujours disponible de l’exposition Controverses qui s’est tenue il y a un an ou deux à la BN site Richelieu.

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 17:40

  29. @gf : Tsssss, on ne se dispute pas ici, on s’explique 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 17:41

  30. @26 ce que vous dites est réel mais ce concept est recyclé à tort et à travers, avec les déclinaisons citées plus haut par Switz, à l’appui de propos dénués de fondement, d’argumentation, de base scientifique, de référence historique, sociologique ou autre. En général, c’est le vernis de la médiocrité.

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 17:57

  31. @ Aliocha

    Merci de vos précisions très utiles.
    Avez-vous des nouvelles d’olivier CORSAN ?!
    Pour votre gentil tssss à gf, ne vous inquiétez pas. Un blog c’est un endroit où l’on prend du plaisir. Après on échange, on discute c’est la loi du genre.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 18:05

  32. Je suis surpris que vous n’ayez encore reçu aucun commentaire.
    Pourtant, votre indigniation le méritait ; mais peut-ètre que les techniques de « COM » du pouvoir actuel (Sarkosy tutoyant les journalistes dés son élection..) sont-elles efficaces : la Presse se doit d’ètre le relais pédagogique des décisions du pouvoir en place : regardez les « UNES » à l’époque de l’affaire Dreyfus : voilà une tradition qu’elle est belle !
    Longue vie à vous !

    Commentaire par popekmomek — 15/09/2011 @ 18:23

  33. « Quelque chose, tête recouverte d’un voile blanc, mains retournées et posées sur les genoux, était sur le lit dans la position d’un homme assis »

    Remarquable leçon d’objectivité ? Au contraire !

    Je suis navré, Aliocha, mais depuis quand « quelque chose » a une tête, des mains, des genoux ? Bel exemple d’interprétation et remarquable figure de style, digne d’un grand écrivain (ce qui n’empêche pas d’être bon journaliste, au demeurant).

    Commentaire par Thierry — 15/09/2011 @ 18:34

  34. @Thierry : argh, qu’est-ce qu’ils sont durs les lecteurs de blog, je ne m’attendais pas à une observation sur ce sujet, mais bon, tout se discute… 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/09/2011 @ 19:57

  35. gf

    On fait ce qu’on peut gf, on fait ce qu’on peut. Mais dîtes-moi, j’ai posé des questions précises sur ce blog au sujet de ce cliché qui fait couler beaucoup d’encre. Je pense qu’elles ne vous ont pas échappé. Rien ne vous empêche d’apporter des réponses claires et précises. Allez, passez une excellente soirée, gf.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 20:02

  36. @35

    Ah ? Auriez-vous l’amabilité de récapituler vos questions précises car j’ai beau relire ce fil je ne les décèle pas ?

    Commentaire par gf — 15/09/2011 @ 20:16

  37. […] Quand la forme trahit le fond […]

    Ping par Quand la forme trahit le fond | Chronique des Droits de l'Homme | Scoop.it — 15/09/2011 @ 21:02

  38. @gf

    Lisez le 10 mais qui reprend les questions que j’avais posées en commentaire du précédent billet. Bonne soirée et dès que j’ai des informations je vous les communiquerais.

    Commentaire par Hélios — 15/09/2011 @ 21:16

  39. « argh, qu’est-ce qu’ils sont durs les lecteurs de blog… »

    C’est parce qu’on vous aime bien… 🙂

    Commentaire par Thierry — 15/09/2011 @ 21:53

  40. « Ce qui illustre la différence, trop souvent ignorée par le public, entre leur travail et la manière dont celui-ci est « vendu » par l’entreprise qui les emploie »

    Combien de fois ai-je dû ramer pour rattraper le coup dans ce genre de situation? Souvent, les « à peu-près » (même si dans l’exemple du Parisien on est dans une situation bien plus grave qu’une approximation) détruisent le boulot qu’on a fait. A quoi sert d’être nuancé et mesuré dans un article, pour que la une soit racoleuse et caricature le sujet?

    Sujet ô combien important et intéressant. Merci de nous l’avoir fait partager. Et pour la révolte, eh bien… C’est quand tu veux.

    Commentaire par le chafouin — 16/09/2011 @ 01:07

  41. @ Le Chafouin

    Comment et par qui est décidé ce que sera le contenu de « Aujourd’hui en France……., ce que sera sa Une etc ?

    Un journal est une entreprise, entreprise particulière mais entreprise quand même. Un journaliste qui est employé par un organe de presse connaît parfaitement « sa ligne » et peut difficilement scier la branche sur laquelle il est assis.

    La sanction, c’est le lecteur qui la donne en n’achetant pas le journal et en achetant un autre quotidien s’il considère son contenu mauvais ou insuffisant.

    Commentaire par Hélios — 16/09/2011 @ 09:20

  42. Bonjour à tous,

    Je m’absente jusqu’à dimanche, donc je place les commentaires sous modération préalable, vous pouvez les poster mais ils n’apparaîtront qu’à mon retour.

    Bon week-end,

    Aliocha

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/09/2011 @ 09:45

  43. @38

    Je ne vois que des considérations plus ou moins en rapport avec le sujet. Si votre propos est de soutenir que la présentation faite par le Parisien est motivée plus par le souci de vendre que par la volonté de relayer un refrain politique nauséabond, c’est une possibilité mais il n’empêche que les conséquences sont les mêmes.

    Commentaire par gf — 16/09/2011 @ 10:01

  44. @Hélios

    Si une ligne existe, pourquoi faire racoleur en une et nuancé à l’intérieur du journal?

    Commentaire par le chafouin — 16/09/2011 @ 10:20

  45. @ laplumedaliocha

    « ça c’est off, je ne peux pas le dire ». Il est tout de même étrange que nous en soyons arrivés là. La parole est libre en France, la trangression comme le conformisme y sont acceptés, tout peut se dire ou devrait pouvoir se dire, et pourtant nous nous inventons des barrières à la noix. Il n’y a plus de censure officielle, institutionnalisé, alors fleurissent mille censures officieuses, sui generis…
    N’est-il pas inouï que « politiquement correct », « pensée unique » soient des expressions péjoratives ? N’est-il pas correct d’être correct ? N’est-il pas souhaitable que telle pensée, si elle a réussi à être juste et vraie, soit unique ?

    Commentaire par DMonodBroca — 16/09/2011 @ 10:21

  46. vu l’angle de la photo sur le quai de métro, je parie que c’est le tiré (ou le tireur) qui prend la photo et donc qu’il s’agit d’une mise en scène.

    Commentaire par JM — 16/09/2011 @ 17:30

  47. […] La Plume d’Aliocha sur son blog. Notez le : PartagerE-mailFacebookPrintPlusTwitter"Aimer" ceci […]

    Ping par Presse: « jack — 16/09/2011 @ 20:09

  48. Et que dites vous du « Les grecs sont-ils des salauds ? », article signé Caroline Fourest dans le Monde (16/09) ? Oui, le Monde, vous avez bien lu !
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/16/les-grecs-sont-ils-des-salauds_1573241_3232.html

    Ce titre, personne n’en parle. Personne ne s’en indigne. Moi si.

    Commentaire par Berenice (indignée) — 18/09/2011 @ 23:17

  49. Cette photo est-elle une mise en scène ? Peu importe. Elle ressemble à une mise en scène. Et elle ne ressemble pas à, disons, 95% des vols de sacs, mais à un « vol de sac fantasmé ». Un peu comme un viol représenté par Dutroux guêtant les petites filles, quoi. Et c’est ça qui est dangereux : qu’elle corresponde au « fantasme du vol de sac » et pas au vol de sac « habituel », bien plus discret (et bien plus « efficace » que ce genre de connerie, au passage). Qu’elle renvoie à un délit « imaginaire », et pas à un délit réel.

    Alors, vouloir « illustrer » un article sur une certaine forme de délinquance avec une photo tendancieuse, je trouve ça plus que « limite » et pas journalistique du tout.

    Commentaire par lambertine — 19/09/2011 @ 13:05

  50. @Lambertine

    Justement, la photo me faisait penser à ces illustrations de fait divers qui paraissaient notamment dans « Nouveau détective ». Ils étaient l’œuvre d’un dessinateur italien, je crois, mais je ne sais plus son nom. Cet homme avait une patte particulière pour représenter l’éclat de terreur dans l’œil d’une vieille dame sur le point d’être tuée par un rôdeur, ce genre de chose. Vraiment flippant. Je ne sais pas si le périodique conserve encore aujourd’hui cette tradition du dessin hyperréaliste – trop réaliste pour être vraisemblable.

    Commentaire par Switz — 19/09/2011 @ 14:52

  51. @ Lambertine

    Votre commentaire, bravo !

    C’est la question que j’ai posée: comment est-il possible que le journal ait pu illustrer un dossier sur un tel sujet avec cette photo ? Mais si ce n’est pas « journalistique » du tout comme vous l’écrivez, c’est certainement très efficace. Bravo Lambertine !

    @ Switz

    Je trouve que votre commentaire, en écho à celui de Lambertine, est très juste sur « l’hyperréalisme » de cette photo mais trop « réaliste pour être vraisemblable ». Votre référence à « Nouveau détective » est très juste.

    Commentaire par Hélios — 19/09/2011 @ 15:30

  52. @ Bérénice

    Avez-vous lu l’article, Bérénice ? Cet article me paraît très juste sur le fond et il va dans le sens de l’aide à la Grèce.

    Je ne suis pas offusqué par le titre. Il est provocateur. C’est la raison pour laquelle, sans doute, vous l’avez lu.

    Commentaire par Hélios — 19/09/2011 @ 15:38

  53. J’apprécie la conclusion de votre billet, qui souligne la différence à faire entre média et journaliste.

    Je ne suis pas monomaniaque, mais il me semble qu’on touche encore du doigt le diktat de la rentabilité, qu’on a semble-t-il laissé filer en détricotant toujours un peu plus les lois anti-concentration. Au passage, beaucoup de ceux qui s’offusquent en ces temps de pré-campagne électorale n’ont pas beaucoup bougé pour enrayer cette évolution.

    Résultat : on ne prête qu’une attention distraite aux réactions des différentes sociétés de journalistes des médias qui les emploient quand ces derniers lorgnent plus vers « l’entertainment » que l’information. Et on met tout le monde dans le même sac.

    Là encore, je ne suis pas un monomaniaque, mais il me semble qu’il va bien falloir à terme en passer par une réappropriation de « l’outil-média » par les journalistes, parce qu’on a là une activité qui ne peut continuer à être marchandisée de la sorte.
    La SCP que j’évoquais une fois précédente permet aux salariés de devenir propriétaires de leur outil de travail. C’est là un cadre juridique qui pourrait bien satisfaire les journalistes, non ? On reste salarié, et on est à la fois propriétaire de l’entreprise.

    http://www.les-scop.coop/sites/fr/vous-etes/pages-internes-creation/createur-cae

    Je suis probablement un grand naïf, mais ça ressemble un peu à une solution alternative, non ?

    Quand on voit le degré d’implication dont témoignent nombre de journalistes, la manière avec laquelle ils investissent leurs propres deniers et moyens matériels (c’est pas Hervé Ghesquières qui y a été de sa bagnole ?) il devrait y avoir là un moyen de les protéger des pressions de rentabilité à outrance qui imposent une rapidité de production toujours plus grande, un format toujours plus uniforme, avec toujours moins de moyens bien entendu.

    Commentaire par Zarga — 19/09/2011 @ 18:37

  54. @ Switz (50)

    L’illustrateur « italien » (qui est en fait français) auquel vous faites référence s’appelle Angelo Di Marco.

    Commentaire par George Costanza — 20/09/2011 @ 09:29

  55. @george Constanza

    Merci pour votre info. Cet Angelo Di Marco a un Musée très intéressant sur le dessin de presse (Musée privé)…….en Champagne.

    Commentaire par Hélios — 20/09/2011 @ 11:46

  56. @ Zarga Commentaires intéressants mais…………

    Comment elle se fait la « réappropiation de l’outil média » ?

    Qui détient le capital dans votre coopérative ?

    Commentaire par Hélios — 20/09/2011 @ 17:55

  57. @ Hélios

    Je ne voudrais pas faire que du copié-collé, mais Wikipedia propose un article très intéressant sur le sujet, et énumère les avantages de la forme juridique de la Société Coopérative et Participative.

    En vrac :

    1/ Les associés de la Scop sont majoritairement salariés : le pouvoir dans la Scop appartient aux salariés associés qui sont responsables de la bonne marche de leur entreprise. Contrairement aux entreprises non coopératives, il n’y a pas opposition entre les intérêts des associés (apporteurs de capitaux) et ceux des salariés (qui prennent leur part dans la valeur ajoutée produite et diminuent ainsi la rémunération du capital).

    2/ Le capital est ouvert aux associés extérieurs, mais avec des limites : les associés extérieurs sont limités à 49% du capital social et 35% du droit de vote.
    La Scop est une entreprise collective : l’entreprise coopérative ne peut être créée par une seule personne ; il doit y avoir au moins deux salariés associés co-entrepreneurs qui gèrent de façon démocratique un instrument de production collectif.

    3/ Le gérant est obligatoirement salarié (avec indemnités de chômage en cas de licenciement).
    Au-delà de 20 associés, une SCOP SARL doit se doter d’un conseil de surveillance ou passer en SA (et se doter soit d’un conseil d’administration constitué en comité d’audit soit d’un directoire et d’un conseil de surveillance).

    4/ À l’assemblée générale, une personne = une voix (au lieu de une part sociale = une voix dans les entreprises non coopératives).
    Variabilité du capital : le capital peut diminuer ou augmenter sans formalités particulières.
    Le résultat est obligatoirement réparti en trois « parts » : la part « travail » (participation des salariés), la part « capital » (dividendes, obligatoirement limités, ils peuvent être nuls) et la part « réserves ».

    5/ Les réserves issues des années bénéficiaires ne peuvent être distribuées ou « remontées au capital » : elles ne peuvent servir à revaloriser la valeur de la part. Elles sont « impartageables » et servent à réaliser des investissements pour pérenniser et développer l’entreprise. Elles peuvent aussi servir à traverser les périodes difficiles.

    6/ Les parts sociales ne sont pas revalorisées ; elles conservent leur valeur nominale. Si un associé quitte l’entreprise, la Scop dispose (selon ses statuts) de 5 années pour lui rembourser ses parts à leur valeur d’acquisition (ou moins si l’année est déficitaire et que les pertes sont affectées au capital). Un remboursement anticipé peut toutefois être envisagé, suivant les dispositions statutaires de l’entreprise et sa santé financière.

    Pour plus d’informations, voici le lien :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_coop%C3%A9rative_de_production

    Le modèle de la SCP est viable, j’en veux pour preuve la bonne santé qu’affiche une entreprise comme Le Chèque Déjeuner!

    Bonne lecture!

    P.S. : je ne sais toujours pas poser les balises html pour styler le texte… si quelqu’un peut me faire une leçon en accéléré, merci d’avance! (je suis prêt à payer en fraises Tagada…)

    Commentaire par Zarga — 20/09/2011 @ 21:24

  58. @helios pas du tout d’accord avec vous. Vous savez bien que beaucoup de lecteurs ou plutôt d’acheteurs de journaux ont tendance a survoler les textes. Ce qu’ils retiennent d’abord ce sont les titres. L’effet est encore plus fort avec le succès grandissant de ce nouveau média qu’est Twitter : le texte est remplacé par un lien sous forme abrégée, cela donne « Les Grecs sont-ils des salauds ? si vous avez du temps pour en savoir plus et bien cliquer ici ». La conséquence ? Facile à deviner. En ce moment, les médias européens véhiculent une telle image de la Grèce et des grecs, que cette idée ( les grecs sont des salauds) fini par pénétrer les esprits, si ce n’est déjà fait. Il suffit pour s’en convaincre de lire les abominables articles de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles. Je n’ose pas dire « journaliste ».

    Commentaire par Berenice (indignée) — 21/09/2011 @ 00:22

  59. @ Bérénice merci pour votre réponse. je ne suis pas convaincu par vos arguments. L’article en question est dans Le Monde dont il est difficile de soupçonner les lecteurs d’absence d’esprit critique. Les abonnés à Twitter sont généralement, me semble-t-il, des gens sur-informés qui sont aussi dans les discussions des blogs. je les vois mal faire preuve d’aussi peu d’esprit critique. Je n’ai pas lu les articles de Quatremer, peut-être aurez-vous la gentillesse de me donner les liens. Bonne journée à vous et à bientôt de vous lire.

    @ Zarga
    Merci de votre long texte sur la forme juridique des SCP.
    Mes questions demeurent. Pour posséder un organe de presse, cela suppose des capitaux énormes. Pensez-vous que des journalistes puissent, en coopérative, les réunir pour avoir la maîtrise sur leur outil de travail ?

    Commentaire par Hélios — 21/09/2011 @ 09:58

  60. @ Helios Vous n’êtes pas convaincu. Je ne l’étais pas non plus il y a quelques semaines. Et puis j’ai changé d’avis en lisant tout ce qui se publie actuellement sur la situation grecque, pour établir ma revue de presse en français (http://www.scoop.it/t/la-lettre-de-grece).
    On progresse lentement mais surement vers cette idée que finalement « tous les grecs sont des fraudeurs, bien fait pour eux. ». Une sorte de radicalisation des esprits qui m’effraie. C’est pourquoi des titres comme celui du Monde me donne froid dans le dos.
    Pour les articles de 4Mer, vous pouvez voir son blog ici : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/
    C’est assez instructif de voir comment ce type qui travaille pour Libération (si, si) s’acharne depuis cet été à donner cette idée d’une Grèce complètement pourrie (depuis cet article sur les fraudeurs de l’ile d’Hydra). C’est normal donc qu’il en vienne à défendre l’idée d’une totale tutelle financière ET administrative (son dernier article). Il faut lire les commentaires de ses fans… Et puis garder en tête que ce monsieur a 12 000 abonnés sur Twitter. (Voir aussi ses échanges avec Gérard Filoche sur Twitter…). On se demande pourquoi il ne bosse pas pour le Figaro…

    Commentaire par Berenice (indignée) — 21/09/2011 @ 10:21

  61. @ Bérénice merci pour votre longue réponse. Je vais évidemment aller sur les liens que vous avez bien voulu me communiquer et je reviendrais vers vous.

    Sur le fait que « Les Grecs sont des fraudeurs », c’est un thème qui est souvent dit sur RMC que j’écoute dans le Sud. Emission les « Grandes gueules » de 10h à 13h les journalistes animateurs de cette émission sont plutôt de « gauche » du moins d’après la tonalité générale de leur propos. Bonne journée, Bérénice.

    Commentaire par Hélios — 21/09/2011 @ 11:09

  62. @Bérénice

    Votre revue de presse est très intéressante…..bravo !

    Pour ce qui est des articles de Monsieur QUATREMER. Que contestez-vous dans ces articles ? Dans l’article sur « L’inconscience grecque » par exemple, l’on voit quand même une fraude généralisée…..Ce journaliste part de faits précis. Admettons donc qu’il soit difficile de mettre tous les Grecs dans le même panier, toutefois, ils sont nombreux à frauder. Salauds de Grecs est provocateur et généralise de manière discutable. Néanmoins les problèmes existent et beaucoup de Grecs pour ne pas dire tous sont concernés. Qu’en pensez-vous ? Bonne après-midi.

    Commentaire par Hélios — 21/09/2011 @ 13:36

  63. Le contexte grec est complexe. Les grecs ont depuis plus de 30 ans complètement perdu leur confiance dans l’Etat. pour se faire soigner en Grèce, pour éduquer ses enfants, il faut payer. Et cher. Ce que l’on ne donne pas à l’Etat (les impôts), on le donne aux sociétés privés (hôpitaux, cliniques, cours privés). La plupart de mes amis, qui ont des enfants, dépensent en moyenne 500 euros par mois et par enfant pour pallier une école qui tombe en lambeaux. Malgré les promesses, aucun gouvernement n’a pris le problème à bras le corps. Aucun gouvernement ne s’est lancé dans une réforme sérieuse de l’éducation. Ou de la Santé. Le citoyen sait qu’il ne peut compter que sur lui-même pour s’en sortir en cas de pépin.
    Je suis assez pessimiste. Je ne vois pas la personne qui redonnera confiance aux grecs. Ils ne vont pas brusquement après tant d’années basculer vers le système que nous avons, nous en France, la chance d’avoir : sécu pour tous, RSA, pole emploi, etc. On en est loin, très loin. C’est la misère sociale pour beaucoup. Ce sont les classes moyennes qui trinquent en ce moment. Quand vous êtes sans emploi, il n’y a pas de filet de sécurité comme chez nous. Des aides multiples et variées…des services qui permettent un peu de s’en sortir. Non il n’y a pratiquement rien. On ne peut compter que sur ses économies, et sur l’aide de sa propre famille. Il faut arrêter de penser la Grèce depuis la France. C’est un autre monde.
    Bérénice
    et son blog et sa revue de presse !

    Commentaire par Berenice (indignée) — 22/09/2011 @ 13:07

  64. ps : Cher Helios, j’ai décidé de poster ma réponse à votre commentaire sur « La Lettre de Grèce » ! A bientôt !

    Commentaire par Berenice (indignée) — 22/09/2011 @ 13:22

  65. @Bérénice

    Merci, chère Bérénice, de ces explications sur la Grèce. Je comprends donc en effet que le titre qui était l’objet de notre échange vous a choquée. Je vais lire votre lettre de Grèce. Bonne après-midi. Hélios

    Commentaire par Hélios — 22/09/2011 @ 15:31

  66. @Bérénice

    Oui, je viens de lire votre message « Aux medias » sur votre blog. Il est assez convaincant. Pour y voir plus clair, ce serait bien d’avoir les différentes propositions faites sur la Grèce.

    On est loin de la photo sur « Aujourd’hui en France » qui faisait l’objet du billet d’Aliocha. A bientôt

    Commentaire par Hélios — 22/09/2011 @ 15:51

  67. @Hélios Je suis contente si j’ai pu vous donner quelques pistes pour réfléchir à la situation grecque. On m’a donné aujourd’hui à écouter un débat qui s’est tenu sur France Inter il y a quelques jours. Ici c’est le journaliste qui a réagi comme moi contre cette forme de « racisme soft » (selon ses termes) que les pays du Nord de l’Europe pratiquent à l’égard des pays du Sud.
    C’est ici ( il faut aller jusqu’à la fin) : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=167301

    Commentaire par Bérénice — 22/09/2011 @ 20:13

  68. @ Bérénice
    Bien écouté ce débat sut France-Inter. Merci beaucoup Bérénice de cet échange sur un sujet qui, manifestement vous passionne. Bonne soirée.
    Hélios

    Commentaire par Hélios — 22/09/2011 @ 22:55

  69. […] Retrouvez La Plume d’Aliocha sur son blog. […]

    Ping par Presse: | RE-NOUVEAU BLOG........ — 18/03/2013 @ 18:13


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