La Plume d'Aliocha

30/08/2011

Et blablabla…

Filed under: questions d'avenir — laplumedaliocha @ 11:29

La campagne des présidentielles approche à grand pas et avec elle enfle le tsunami des petites phrases. Mais comment ? s’indigne-t-on sur la toile, les journalistes politiques ne sont donc pas fichus de nous raconter sur le PS autre chose que des échanges de petites phrases, des histoires de coups d’oeil plus ou moins assassins, d’irruption d’un candidat dans la salle de conférence d’un autre, de pronostics hasardeux sur l’issue des primaires etc. Fort heureusement, j’ai cru comprendre que TF1 prenait le problème de l’information à bras le corps et avait trouvé l’idée géniale pour que son 20 heures fasse un bond qualitatif : Laurence Ferrari pourrait le présenter debout. Oui. « Sur TF1 on ne s’interdit rien » titre sans rire l’article en lien. Je n’ai pas regardé hier la nouvelle formule, mais je gage que c’était forcément épatant, surtout si l’idée de faire se lever la présentatrice a été retenue. On a enfin entendu le message du public, l’information approfondie et de qualité, c’est pour tout de suite.

Pendant ce temps, la toile s’agite et comme elle n’a presque rien à se mettre sous la dent, j’entends par là de factuel, de solide, elle glose à l’infini sur l’absence d’information, examine au microscope l’obsession de la petite phrase, comme je le fais ici d’ailleurs, et se repait de polémiques sur des riens, du vent, le grand vide, agissant comme une sorte de « metamedia » qui tout à la fois critique et amplifie jusqu’à l’overdose les micro-informations délivrées par les médias traditionnels. Oh j’entends bien qu’il y a quelques poissons volants, sites d’information, blogueurs en vue, et autres esprits éclairés qui tentent de nous sortir de l’ornière. Mais ceux-là n’ont que peu de moyens, ils ne font quasiment pas de reportages de terrain et s’épuisent à tirer la substantifique moëlle de ce que leur rapporte les journalistes qui eux vont encore voir pour de vrai ce qui se passe mais à qui on coupe la chique au nom du raccourcissement indispensable des formats.

Le monde va de plus en plus vite, le public n’a plus le temps et puis il veut qu’on l’amuse. Voilà en substance le discours des patrons des grands médias, presse écrite, chaines de télévision, radios, pour justifier des formats toujours plus courts imposant de facto une information toujours plus superficielle. On s’étonne que mes confrères n’aient rapporté des universités du PS que des détails sans importance ? Mais que voulez-vous raconter d’autre, en quelques lignes ou quelques secondes ? Tenez, hier soir tard je regardais le journal de France 3 quand le présentateur soudain annonça un résumé de l’actualité de la journée en 2mn30. Il y eut trois sujets je crois, faites le compte du temps imparti à chacun. C’était si court qu’on saisissait à la musique des commentaires de reportages qu’on  avait coupé leurs auteurs au beau milieu d’une phrase.

En définitive, le bruit médiatique devient inversement proportionnel au contenu factuel qu’on nous propose. On me dit que la finance s’est déconnectée de l’économie ? Je crois pour ma part que les médias se sont déconnectés de l’information. Ils fonctionnent en roue libre, alimentant leur propre folie, dans une dérive tout à fait comparable à celle de nos chers financiers. Vous n’en avez pas marre de cet immense bavardage ? Même ma propre opinion sur les choses finit par m’écoeurer. J’ai soif d’information factuelle, de longs reportages, bref de journalisme au sens noble du terme. J’en ai assez de remplir les vides en subodorant, glosant, discutant jusqu’à l’épuisement.

Amis patrons de presse, je crois vraiment qu’on arrive au bout de la folie médiatique. Et si on essayait de rallonger les formats ? Je sais, vous allez penser que c’est encore une de ces idées totalement étrangères aux réalités économiques si typiques des journalistes. Je vous entends déjà invoquer la concurrence de Twitter pour me démontrer que je n’ai rien compris, qu’il faut poursuivre la course contre le temps pour atteindre l’instantanéité. Et pourtant, je vous parie qu’un jour vous comprendrez qu’on a raison.

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64 commentaires »

  1. Un problème compliqué que les marchés bifaces, qui sont en fait des ménages à trois. On a d’un coté le lecteur, qui recherche… ce qu’il recherche, et ce n’est pas toujours aisé à définir, en payant le moins possible.
    D’un autre coté, on a des annonceurs qui, pour vendre leurs produits, sont prêts à payer de la publicité, et à qui il faut donc une cible.
    L’organe de presse se place donc comme un intermédiaire, tentant d’attirer les lecteurs par son contenu, pour pouvoir vendre ses espaces promotionnels.
    Comme toute fonction intermédiaire, elle est donc sous double contrainte. Ce modèle à plus ou moins bien fonctionné en gros pendant le 19ème / 20ème siècle, avec quelques biais connus : liens annonceurs/ligne éditoriale, conflits d’intérêts.

    Mais l’environnement général a continué d’évoluer. Pas à cause d’Internet, qui est plus un aboutissement du processus qu’une rupture, mais par la radio puis la télévision. Une offre à coût nulle (marginale pour le moins) est apparue. Le cout payé par le lecteur pour la presse est donc sous pression de cette offre gratuite, et ne fait que décroitre globalement, jusqu’à l’apparition des ‘gratuits’. Mais en plus, cette diversification des médias fait que la presse n’est plus l’espace promotionnel majeur. Radios et télés capturent une grosse partie de l’audience, donc des budgets publicitaires.

    La presse à moins de lecteurs, qui se sont déshabitué à payer, et moins d’annonceurs, dont les budgets presse sont en baisse. Réactions de base : moins de ressources, il faut baisser les coûts. Dans l’absolu, cela peut se défendre jusqu’à un certain point. Moins de recette, moins de dépense. Donc on supprime des postes de permanents, moins de temps pour écrire, articles plus courts… Sauf que considérer qu’il y aura toujours moins de recettes nous fais tendre vers des dépenses nulles : la presse meurt.
    La solution pourtant existe, et il suffit d’aller dans un point presse pour la voir. Cesser de lutter en frontal avec la télévision, comprendre que la presse n’est plus un mass-media, mais un rich-media. Pour preuve, la presse spécialisée (loisirs, sport, mode…) existe. Mais elle ne vit pas de news rapides. Le couple AFP/Reuters + Internet ne pourra jamais plus être dépassé par un quotidien. Il faut renoncer au scoop/événement ‘aléatoire’ (type catastrophe, attentat…). Il faut ajouter du sens, prendre son temps, expliquer les sujets. Réintroduire les termes concepts que tout le monde manipule sans plus les comprendre. Le scoop est toujours possible, mais plus parce que l’on est là au bon moment, non, parce que l’on enquête, on prend son temps. Un scandale financier, typiquement, pourrait toujours venir de la presse. Bref, cesser la course à la vitesse et privilégier la profondeur.

    Tous les journaux n’y survivront pas. En tout cas, pas les derniers à y venir. Mais XIX fonctionne, le Canard Enchainé fonctionne. Aucun des deux ne se positionne sur l’actualité brulante. Le rythme est plus lent.
    La monoculture (un seul modèle, le couple Quotidien+News Magazine) et la concentration du secteur ne nuisent pas seulement au lecteur. Ils nuisent aussi à la presse elle-même. La diversité, c’est aussi la souplesse, l’adaptation, voire ce qui marche ou pas.
    Le chantier est vaste : diversifier l’offre, réhabituer le lecteur à payer, ce qui veut dire lui fournir de la valeur ajoutée… Le principale problème n’est pas la difficulté de la tâche, mais que personne ne s’y attaque.

    Commentaire par kaeldric — 30/08/2011 @ 12:11

  2. Je trouve votre article très juste, j’en suis venue à ne plus consulter que les titres des journaux ( télévisés ) tant ils étaient sans intérêt. L’information qui y circule est si vide de sens que je ne m’y attarde pas davantage.

    Commentaire par Ceriat — 30/08/2011 @ 12:50

  3. justment Aliocha, je me posais en ce moment même une question semblable.

    Mais au sujet d’Apple…
    On a eu droit pendant une semaine à une quasi canonisation d’un type présenté, sans rire, comme le quasi inventeur de l’informatique, d’internet, des téléphones portable, du télégraphe et des signaux de fumée, peut être aussi guerri t’il des écrouelles et marche t’il sur les eaux j’ai un peu décroché là.

    la question que je me posais est là suivante: à quel moment quitte t’on le journaliste pour devenir une agence de pub?

    Commentaire par fredo — 30/08/2011 @ 13:38

  4. « le monde va de plus en plus vite » : phrase qu’on répète à l’envi sans s’aviser qu’elle n’a guère de sens. Certes l’iPhone 5 va sans doute remplacer l’iPhone 4 plus vite que l’iPhone 4 a remplacé l’iPhone 3 mais de là à conclure que le monde va plus vite…

    Le débat politique est, c’est vrai, d’une grande pauvreté. Pourquoi ? Parce que, je crois, nous n’osons pas, tous autant que nous sommes, individuellement comme collectivement, nous poser les vraies grandes questions qui comptent : la guerre et la paix, la misère et l’opulence, la foi et la raison, le bien et le mal…

    Alors il reste petites phrases et gros égos…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 30/08/2011 @ 13:43

  5. Le PS solférinien n’existe plus en tant que parti socialiste, aussi ce qui se passe dans le show bizz auquel ils se livrent actuellement nous indiffére totalement.

    Tous les français ont compris qu’ils ne sont là que pour donner la réplique à l’UMP, tout comme Ségolène le fit avec le nabot à talonnettes en 2007.

    ECRIVEZ DES ARTICLES SUR DE VRAIS SUJETS ALIOCHA !!!!!!

    Commentaire par Xiao Zheng He Ouallonsnous . — 30/08/2011 @ 14:09

  6. J’adorerais entendre un jour: aujourd’hui le journal télévisé ne fera que 15 minutes, il n’y avait pas plus d’informations sérieuses à vous transmettre.

    Commentaire par Jid — 30/08/2011 @ 14:10

  7. @kaeldric : bon, c’est décidé, je vous donne les clefs 😉 l’asphyxie que vous décrivez est très juste, moins on investi, moins on a de contenu et moins on vend, etc…il y aura forcément un point de rupture qui amorcera le début d’autre chose, mais quand, et quoi, That’s the question ! Plus profondément, ce qui m’interpèle en ce moment, c’est la « bulle informationnelle ». A la base, une pauvre info de terrain rapportée encore majoritairement par un média traditionnel, puis l’info est recopiée par les autres, et ensuite discutée, commentée sur le web. Au final, ça fait un bruit immense alors que ça part de presque rien. Et pendant ce temps, des pans entiers de la marche du monde restent dans l’ombre.

    @Ceriat : ne désespérons pas, TF1 nous a compris 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/08/2011 @ 17:57

  8. @Fredo : vous avez lu à ce sujet le très bon papier de Marianne 2 ? http://www.marianne2.fr/Steve-Jobs-est-un-dieu-et-Joffrin-est-son-prophete_a209623.html
    Je ne pense pas que ce soit de la com’ volontaire et consciente, disons plutôt qu’il s’agit d’un manque de recul critique. Ici le journaliste est également le consommateur enthousiaste des produits et l’observateur un peu béat de la vision qu’ont les actionnaires de leur firme.
    Quant à savoir à quel moment on passe du journalisme à la com’, bien malin qui le dira. C’est une question de distance critique. Ce matin, j’ai vu un sujet sur BFMTV hallucinant : 2mn30 pour expliquer que la fréquentation des cabines de bronzage était une bonne chose pour le moral, dans le prolongement des dernières découvertes sur la luminothérapie. Les auteurs du sujet oubliaient juste un détail, ces mêmes cabines sont des plus en plus décriées en raison des risques pour la peau.

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/08/2011 @ 18:07

  9. @Denis Monod Broca : il y a plein de raison, mais justement, je pensais ce matin à quelque chose de proche de votre réflexion. J’ai l’impression comme souvent qu’il vaudrait mieux analyser le travail des journalistes politiques plutôt que de leur tomber dessus. On y verrait peut-être le reflet de l’univers qu’ils couvrent. Pourquoi ne parlent-ils que des chances des candidats et des batailles qu’ils se livrent, au lieu d’aborder les sujets de fond ? Peut-être parce que la politique se réduit à ça…

    Commentaire par laplumedaliocha — 30/08/2011 @ 18:13

  10. Merci pour ce billet. De mon côté j’aimerais lire dans la presse une analyse des positions idéologiques de Mme Aubry et M. Hollande, ce qui les rapproche, ce qui les distingue. Et les journalistes ne font qu’un compte-rendu de leurs positions tactiques.

    C’est peut-être le mal des journalistes français, vouloir écrire le roman des choses plutôt que rendre compte aux lecteurs du fond des choses. Du coup, confrontés à un journalisme 100% Duhamel-style, on se dispense d’acheter cette presse merdique et finalement elle en meurt.

    Commentaire par Emmanuel — 30/08/2011 @ 18:18

  11. @ Aliocha et @Fredo: On en revient au problème entre Média et Contenu. La TV, comme la radio, et de plus en plus la presse (un peu plus flexible tout de même), ont un volume précis à remplir. Jamais de blanc à l’antenne. Jamais. Donc on formate, on segmente, et il faut remplir les cases. On a droit à une chronique santé, une sur l’informatique, la bourse, la politique, la gastronomie. Si on omet la politique où les intervenants sont friands de médias, et le sport où les calendriers sont denses, il faut remplir. Et ce n’est pas toujours simple. La santé par exemple. On ne trouve pas une classe d’antibiotique tous les jours (la dernière c’était il y a plus de 50 ans de mémoire), pareil pour les vaccins… Alors on meuble, et finalement, la promotion (la fameuse comm) de l’industrie devient bien utile pour remplir tout ce vide.

    Si le journaliste est sous forte pression, peu soutenu, mal formé, un peu fainéant… la comm passe plus ou moins directement. Multiplier les chaines de télé/stations de radio ne multiplie pas les choses à dire. L’info continue aggrave le problème: il faut tenir 24h par jour! Donc on a un énorme phénomène d’écho. Toute la difficulté pour les communicants étant de trouver où sont les leaders, car ils seront mécaniquement repris.
    L’information s’est industrialisée. J’avais lu une interview du patron de RMC, qui expliquait clairement qu’il avait un ‘desk’ de journalistes, un vaste pool, qui alimentait toutes les chaines/radios de son groupe. Sa vision était très tayloriste: son organisation est faite pour ‘remplir’ ses canaux de diffusion.

    On peut taper sur les médias, mais en un sens ils nous renvoient à nous même. Nous aimons le neuf, l’urgence, la petite chronique marrante et manquons aussi parfois du courage de plonger dans une source plus riche. Comment raisonnablement attendre des autres qu’ils nous rendent meilleurs si on ne le fait pas aussi soi même? Nous avons aussi les médias que nous méritons.

    Commentaire par kaeldric — 30/08/2011 @ 18:34

  12. Je pense que les patrons de la presse ont mal compris la popularite de Twitter etc… Ce qu’on veut, c’est un service de type Twitter qui nous dit immediatement que quelque chose se passe, (S&P baisse la note des USAs a AAA) un resume pour ceux qui ont besoin d’un peu d’explication mais n’ont pas le temps (Qu’est-ce que la note en 2 phrase, rappel de l’histoire du plafond de la dette aux USA, reponse du gouvernment USA etc…) et un article en profondeur pour bien s’informer. (Analyse des raisons de S&P, histoire des agences de notation, reactions de marchers, « l’erreur » de 2 trilliards, etc…) Personellement, j’aimerais aussi voir l’info plus ou moins « brut ». (Lien vers les series de chiffres de la dette des USAs, pdf du rapport de S&P) Pour finir, il faut que le tout soit tres bien connecte. C’est a dire des liens de partout. Quand on me parle de note des USAs, je veux des informations sur la dette de la France, des infos sur le processus budgetaire, des infos sur les positions politiques sur le budget, la dette, l’economie etc… En d’autres termes, ce que je veux, ce n’est pas un journal en ligne. Ce que je veux c’est Wikipedia. C’est une information en profondeur avec la possibilite d’approfondir autant que je veut. (Bien sur, il y a des limites…) Quand je suis sur un site de presse, je lit un article ou deux et ensuite je m’envais. Quand j’arrive sur Wikipedia, je lit un article qui m’amene a deux articles qui m’amenent a d’autres articles et je doit me forcer a arreter de cliquer. Pour moi, c’est ca un bon site de presse. C’est un site sur lequel l’information amene a plus d’information.

    Slate avait fait une experience (http://www.techdirt.com/articles/20100715/01440910226.shtml) qui avait montre qu’en fait, avoir du contenu de qualite et de la longueur attire beaucoup de lecteurs. Peut etres quelque chose a montrer a votre editeur quand il vous explique qu’il faut etres en competition avec Twitter et sortir des articles de moins de 140 characteres.

    Commentaire par PrometheeFeu — 30/08/2011 @ 20:14

  13. @laplumedaliocha à 18h13

    Parce que la politique se réduit à ça, parce que c’est ce qui plait, parce que les hommes politiques sont rares qui élèvent le débat, parce que les journalistes sont aussi paresseux que leurs lecteurs, parce que, objectivement, la situation est difficile et que nous n’avons pas le courage de la voir telle qu’elle est, ni d’en tirer les conséquences, c’est à dire la remise en cause de nos modes de pensées et nos comportements… et que dans ces cas-là, depuis la nuit des temps, les hommes disposent d’une ressource éternelle et universelle : accuser autrui, en l’occurrence les politiques, les journalistes, les autres. « ces gens-là »… c’est stérile et désespérant.

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 30/08/2011 @ 20:30

  14. @Aliocha: Présentez PrometheeFeu à un patron de presse, style entrepreneur. Le modèle proposé serait parfait pour la presse spécialisée (style les Echos) et un journal comme Le Monde pourrait sans doute en tirer parti. La base documentaire est là. Il faut la numériser, si ce n’est déjà fait, et ensuite, c’est affaire de commercialisation. Les tweetts (gratuits) partagent l’urgence/attirent le lecteur. On peu imaginer 3 niveau de twiit (les quotidiens, peu nombreux, l’essentiel du jour, les ‘plutôt frequents’ pour les amateurs du domaine, et le ‘flux’). Les articles sont sur le site (type X articles par mois gratuit), les base documentaire aussi (réservée au abonnées, avec une logique de promotion thématique gratuite tournante…). Il faut juste oser!

    Par ailleurs, je viens typiquement de tombé sur une info qui ne peut pas faire la Une, alors que son contraire oui! Les physiciens cherchent (grace au CERN) à mettre en évidence une particule, e boson de Higgs. Hors on ne la trouve pas. Plus on refait les tests sans la trouver, plus les chance qu’elle existent diminuent. En ce moment, on estime à moins de 5% les chances qu’elle existe. Si cela ce confirme, c’est un énorme coup de tonnerre dans la physique des particules, la physique fondamentale. De l’ampleur de la Relativité! Seulement il n’y a pas de ‘date’ clé. L’information apparait comme elle sort de la brume, doucement. Donc impossible d’en faire un évenement. A l’inverse, si finalement on trouve cette particule, alors oui, il est beaucoup plus facile de le ‘marketer’. d’abord parce qu’il y aura des prix Nobel à distribuer, une ‘image’ du choc pour la photo (même si c’est abstrait)… Alors qu’en fait, ce serait presque une non information, juste une confirmation de ce qui était attendu. La situation actuelle est scientifiquement beaucoup plus intéressante, car imprévue. Je suis curieux de voir comment vos collègues en charge des sciences vont se dépatouiller avec ça! Ils ne font pas un métier facile eux non plus 🙂

    Commentaire par kaeldric — 30/08/2011 @ 21:16

  15. Ce qui ressort des commentaires de kaeldric et PrometheeFeu recoupe mon sentiment sur les attentes vis à vis de sociétés de presse (quel que soit le médium). À mon avis, les gens attendent deux choses d’un « journal » (je mets entre guillemets parce que je ne parle pas uniquement de papier, mais aussi bien de radio, télé, site internet…) :

    D’une part, l’info brute. La dégradation de la note des USA. La mort de tel ou tel. Les mesures annoncées par le gouvernement. La sortie du dernier film, du dernier gadget technologique. Le résultat du match d’hier soir. Ça, on le veut tout de suite, pendant qu’on prend sa douche ou le train le matin, à la pause café. Et on le veut gratuitement. Pourquoi ? Sans doute en partie parce qu’il existe tellement de manières de l’avoir sans payer qu’un canal qui nous ferait payer pour ces infos-là n’aurait aucune chance de survie. Mais je pense aussi parce que, à force de nous l’offrir gratuitement (en fait financé par la pub ou d’autres moyens, mais en surface gratuitement pour le « consommateur »), on en est venus à considérer que c’est un dû, que tout le monde doit y avoir accès. C’est peut-être aussi lié au fait qu’on ne peut pas vraiment protéger ce genre d’infos de la concurrence : dire « machin est mort », ça ne peut pas être protégé par le droit d’auteur ou autre système, tout le monde peut propager cette petite phrase sans qu’on puisse dire qu’ils l’aient « volée » à celui qui l’a révélé le premier.

    À côté de cette info immédiate, les gens veulent des analyses, des réflexions, des interviews qui expliquent les choses, ou des infos qui ne sont pas publiques, qui demandent une enquête approfondie (la révélation de choses cachées, des ententes économiques, politiques, …). Je crois que pour ces infos, les gens ne demandent pas autant d’immédiateté (la nécrologie détaillée, je peux la lire le lendemain de la mort d’une personne, mais je veux savoir qu’il est mort dans la journée, voire dans l’heure qui suit l’annonce), et surtout acceptent de payer. Et j’en veux pour preuve la survie, ou la réussite, des journaux ou sites payants. Le Canard, Mediapart ne vendent pas l’info en continu, ils vendent l’analyse, les enquêtes. Bon, le Canard coûte maintenant aussi cher (ou même moins) qu’un journal normal, je crois, mais je me souviens d’une époque où on payait bien plus cher les 8 pages du Canard que plusieurs dizaines du Monde : pour l’acheter, il fallait être prêt à payer quelque chose de plus que l’info brute.

    Ce que PrometheeFeu propose, c’est à mon sens simplement un croisement de ces deux besoins, une base d’infos rapides (très rapides, même, mais on n’a pas forcément besoin de plus. Regardez aussi les titres de la BBC, ils savent en très peu de mots exprimer la substance d’un article, ça en est impressionnant de concision. Voir aussi la vision à ce sujet d’un professionnel de la technique des sites web http://www.useit.com/alertbox/headlines-bbc.html) et un approfondissement. kaeldric propose même que seule la 2ème partie soit payante, ce qui rejoint ma vision.

    Je crois qu’à l’heure actuelle, le marché sur le premier type d’infos est saturé. Il y a des tas de chaînes d’info en continu, des radios, des télés, des sites web, et comme il faut bien par derrière financer cette info (même si l’utilisateur ne veut pas payer pour), il y a une limite au nombre de journalistes qu’on peut payer avec la pub. Alors soit on baisse la qualité de l’info (en recopiant les communiqués de presse), soit on augmente le volume de pub (au détriment de la qualité globale). Mais on se situe dans tous les cas ici sur un marché mature, où il n’y a pas de franc différenciant entre les acteurs. Dans une vision économique des choses, ces infos ne sont pas différentes d’un paquet de pâtes au supermarché : la concurrence et rude et la différence entre produits faibles, il faut trouver des astuces marketing pour se faire voir (changer la couleur du paquet ou faire tenir ses présentateurs debout) et rogner les coûts.

    En plus, comme ce type d’info n’est pas financé par le consommateur, comme le dit kaeldric, les journaux doivent jongler entre leurs annonceurs et leurs clients. En fait, comme le faisait remarquer un article de l’Economist de la semaine dernière à propos des chaînes du cable aux USA, dans ce cas le client n’est en réalité plus le téléspectateur (ou auditeur, internaute…) mais l’annonceur : c’est lui qui rapporte de l’argent à l’éditeur, c’est donc lui qu’il faut attirer et faire payer !

    À côté de ça, je crois donc que le chemin du succès pour le journalisme, c’est de se spécialiser dans le 2ème type d’infos. Non seulement parce que c’est une partie de ce que les gens attendent, et que c’est une partie des attentes qui n’est pas vraiment satisfaite maintenant, mais aussi (surtout, peut-être, pour une entreprise ?) parce que c’est une partie pour laquelle les gens sont prêts à payer, et où les clients (ceux qui payent) sont directement les consommateurs (ceux pour qui le produit est fait), ce qui évite le grand écart de devoir plaire à deux publics différents à la fois.

    Bon, tout ce grand message pour dire la même chose que bien du monde ici, c’est pas un scoop, hein ? 🙂 Enfin, c’était mes élucubrations (hmm, non, c’est pas le mot… comment on traduit l’anglais « rant » ?) du matin !

    Commentaire par Rémi — 31/08/2011 @ 10:41

  16. Le photojournalisme en mutation : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#11919

    Commentaire par laplumedaliocha — 31/08/2011 @ 14:34

  17. Je ne sais pas si @SI (Arrêts Sur Image) marche financièrement, mais j’avoue apprécier ses formats d’une heure et quart (qu’on peut retrouver sur des sites de partage de vidéo) mettant en tête à tête deux invités, qui ont le respect de ne pas se couper la parole ou s’invectiver. Vu la longueur du format, ceux-ci ne peuvent plus se cacher, ce qui explique peut-être la désertion des politiques qui squattent les chaînes traditionnelles. J’entends bien que ce genre de format n’est accessible qu’à un public qui « a du temps », ce qui est effectivement un luxe.

    Sur la gratuité de l’info, j’aimerais bien qu’on ne parle pas de gratuité mais de mutualisation du prix de l’info sur l’ensemble des consommateurs (j’admets que la formule est un peu longue). Attendu en effet que l’info des gratuits n’est pas gratuite, puisqu’elle est payée par un budget pub, lui même intégralement répercuté sur le prix du produit, donc au final payé par le consommateur (qui doit bien recouper, au moins en partie, le lectorat du dit journal).

    Sur nombre de sujets, je me surprends constater à quel point Wikipédia, malgré ses lacunes, satisfait ma demande d’information. Comme PrometheeFeu le constate, ce qui manque bien souvent, c’est la mise en rapport de données éparses. Un ami qui bossait dans le renseignement m’expliquait qu’un bon nombre de rapports « confidentiels » consistait à rassembler dans un ensemble cohérent des données (militaires) PUBLIQUES, mais qui isolées n’avait pas de valeur. Si j’ai une demande à faire au journaliste, c’est de collecter les pièces du puzzle et de me les présenter assemblées. « L’info est partout et instantanée », en fait non, les bribes d’info le sont. La vitesse de lecture d’une ligne de texte stagne. La mise en rapport et la présentation de ces bribes d’info, autant que la collecte brute, constitue pour moi un aspect central, difficile, à fort plus-value, du travail journalistique. Plus il y a de bribes, plus il y a d’associations possibles, plus le travail journalistique se justifie. On a donc de plus en plus besoin de vous.

    Commentaire par kuk — 31/08/2011 @ 15:44

  18. La seule émission politique où on prend son temps, « le rendez-vous des politiques », sur France Culture, vient d’être supprimée. Les questions étaient précises, les réponses aussi. Pas de potins, pas de volonté de scandale, pas de complaisante, mais de bonnes questions sur le fond. Jamais d’interruption entre interlocuteurs. Le temps de s’expliquer, et les responsables politiques qui ont le temps de montrer qu’ils ne sont pas cons.
    L’émission est donc supprimée.

    Que dire d’autre ?

    Commentaire par Marc-PS44 — 31/08/2011 @ 16:39

  19. tu aurais écrit juste ceci, et on aurait compris factuellement ton message:

    « En définitive, le bruit médiatique devient inversement proportionnel au contenu factuel qu’on nous propose. On me dit que la finance s’est déconnectée de l’économie ? Je crois pour ma part que les médias se sont déconnectés de l’information. Ils fonctionnent en roue libre, alimentant leur propre folie, dans une dérive tout à fait comparable à celle de nos chers financiers. Vous n’en avez pas marre de cet immense bavardage ?  »

    mais tu as raison.

    Commentaire par fred2vienne — 31/08/2011 @ 16:55

  20. Mais, Aliocha….vous êtes de gauche ???!!!!! (blague).

    Je ne sais pas si ça a un lien ou si la comparaison est valable, mais en lisant votre article c’est ce qui m’est venu à l’esprit (en même temps, j’ai bien conscience qu’il me passe des fois à l’esprit des trucs sans rapport avec la choucroûte…).

    J’entendais l’autre jour une émission sur le monde des livres, de l’édition, et le discours ambiant était « ça va de + en + vite, les stars de la rentrée, blabla… » et « les formats numériques, les ventes en ligne, blabla… », etc….bilan : le livre est finalement une marchandise comme une autre, le consommateur veut tel titre (peu importe qu’il soit édité par une maison locale inconnue qui tire à 12 exemplaires) tout de suite à un prix imbattable. Et bien : la réponse des libraires interrogés ? « nous avons mis en place des outils (mutualisation des stocks, (120000 titres disponibles pour telle librairie !), coursiers qui traverse toute la ville, etc…) qui font que nous pouvons fournir à peu près n’importe quoi en 3 heures si dans le stock mutualisé ou au max 48 heures ». Juste : personne n’a pensé à dire que c’est con, que c’est un caprice de gamin qui ne supporte pas la frustration, de vouloir tout tout de suite, pas cher ? ben non, on continue à alimenter le moulin….

    et sinon, au fait, merci pour Londres, j’avais loupé l’édition des oeuvres complètes…

    Commentaire par jalmad — 31/08/2011 @ 20:33

  21. On en revient toujours aux moyens, on dirait.

    Dans le Diplo de septembre 2011, on trouve en page 6 un article édifiant… Rappel en fin d’article sur la grève du Républicain Lorrain en 2007, et sa conséquence : la vente du titre, avec cet aveu de M. LUCAS fait aux salariés du quotidien : « vous ne m’intéressez plus en tant qu’individus, car le deal humain qu’il y avait entre nous, vous l’avez coupé ». Pour une demande de hausse de salaire! Gonflés, ces journaleux!

    Sur Rue89, un aperçu de ce qui peut motiver les contenus (ou absence de contenus) dont vous nous parlez (http://www.rue89.com/making-of/2011/08/30/rue89-et-france-inter-mis-en-examen-sur-plainte-du-groupe-bollore-219946).

    En relisant le Diplo de juin 2011, j’ai aussi retrouvé une phrase intéressante attribuée à M. NIEL, que voici : « quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard, et ensuite ils me foutent la paix ».
    Voilà pour les velléités d’indépendance, celles qui vous poussent à rechercher la matière avec laquelle on garnit ses articles.

    Vous avez aimé « Témoins de Passage » sur Inter ? Allez jeter une oreille à celle-ci : http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-bain-a-quoi-servent-les-scandales.

    Aliocha, votre billet est un complot (heureusement démasqué!) destiné à faire de nous les clones du chien de Columbo… vous vous souvenez forcément de cet adorable clebs, de sa mine enjouée, de sa démarche sautillante 🙂

    Pour toute rétorsion, je vous balance la chronique de Philippe Meyer, celle du 30 août dernier (je crois, parce qu’à l’heure qu’il est, mon tout petit de 8 mois dort, et que sa maman va m’étriper si je me mets à écouter le podcast là, tout de suite, alors moi je fais profil bas, hein??? mais je suis presque sur de moi. Pour savoir, le mieux est de se les passer depuis le 29 août jusqu’au 31 août.)

    Ce vide sidéral est à mettre en rapport avec le Sarko-Berlusconnisme. Jusqu’ici, ils tiennent le rythme, mais je doute qu’ils aient autant de souffle que la Fanfara Bersaglieri (en référence à la fanfare militaire italienne qui joue au pas de course… véridique! A voir dans le film « Le général dort debout » [titre français] de Francesco Massaro, avec Ugo Tognazzi).

    Bonne nuit Aliocha.

    Commentaire par Zarga — 31/08/2011 @ 23:36

  22. Oui, oh que ce que vous dites est juste !

    Par exemple, pourquoi l’information ci-dessous ne fait-elle l’objet que d’une petite brève ?

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/29/les-experiences-medicales-americaines-au-guatemala-dans-les-annees-40-ont-tues-au-moins-83-personnes_1565105_3222.html
    « Les expériences médicales de scientifiques américains dans les années 1940 au Guatemala ont tué au moins 83 personnes, a révélé lundi 29 août une commission mise en place par le président Barack Obama ». …. »Les scientifiques avaient sciemment inoculé, et à leur insu, à près de 1 300 personnes la syphilis et la blennorragie ».

    Dans quel but ces expériences ont-elles été réalisées ? Y en a-t-il eu d’autres ? etc… J’aimerais que des journalistes enquêtent là-dessus.
    Alors qu’aujourd’hui, ils ne font quasi plus que du copier/coller de communiqués de presse et des micro-trottoirs avec mme Michu.
    Comment peuvent-ils imaginer faire payer les gens pour une information aussi pauvre ?

    Commentaire par Wanda — 01/09/2011 @ 08:45

  23. […] Et blablabla… (ou comment sortir des petites phrases) La campagne des présidentielles approche à grand pas et avec elle enfle le tsunami des petites phrases. Mais comment ? s'indigne-t-on sur la toile, les journalistes politiques ne sont donc pas f… Source: laplumedaliocha.wordpress.com […]

    Ping par Et blablabla… (ou comment sortir des petites phrases) | Idées et Débats | Scoop.it — 01/09/2011 @ 09:56

  24. Joli exemple des bourdes qu’on peut faire en recopiant les dépêches, qualifier Otto Dix de peintre « impressionniste », même Le Monde s’est planté, ça fait désordre…toujours plus vite, toujours plus court, avec l’obsession de faire du remplissage : http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#11926

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 10:55

  25. @Jalmad : contente de vous revoir !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 10:56

  26. @Aliocha

    Je sais que je suis un rêveur utopique, mais il y a plein de « petits » journaux papiers , indépendants, qui peinent à survivre car le couple lecteur/contenu à du mal à se mettre en place : ils ne sont pas forcement des professionnels et pas forcement des journalistes. (par exemple Fakir ou je cours m’abonner)

    Pourquoi les « journalistes » (comme vous ?) qui veulent « sauver le métiers » des « chiens de garde de la démocratie » ne tenteraient pas une expérience en « donnant » (même sous un pseudo pour ne pas de faire ‘taper’ dessus par le ‘marché’) pendant quelques numéros des « articles de fond » que vous ne pouvez pas vendre ailleurs pour augmenter le contenu en pariant sur une augmentation des « ventes » et donc un « renouveaux » de la presse avec des formats qui peuvent dire des choses et donc, de vos rémunérations ?

    Il y aurait bien entendu des articles sur la finance, la politique, les groupes économiques, les rapports sociaux, la démocratie, etc….

    Il est vrai que ce sont souvent des journaux militants (et donc de gauche 🙂 ), mais une présentation équilibrée sans prendre partie n’a pas de couleur politique n’est-ce pas ?

    Maintenant c’est vrai que la soupe neo-libérale des TINA ça passera pas.

    Commentaire par herve_02 — 01/09/2011 @ 11:04

  27. @ Wanda (22) :

    L’exemple de cette info illustre très bien ce que je disais, à mon sens. L’info en elle-même vient non pas d’un journaliste, mais d’une commission d’enquête. Le Monde la répercute telle quelle, parce qu’elle a une valeur, c’est intéressant à savoir. Pourquoi ils n’attendent pas d’avoir un reportage complet à présenter ? Parce que d’autres sortiront l’info là tout de suite (la concurrence est rude entre les fournisseurs d’info « en direct ») et que si le Monde veut garder son rang parmi ce type de journaux, il faut qu’il fasse comme les autres. Et l’info brute étant déjà intéressante, ça n’est pas uniquement du remplissage. Ça, c’est l’étape un. Personne ne paiera pour ça, même si ça a un coût (pour lequel kuk parle de mutualisation, mais pour moi le point important est que le lecteur a l’impression de ne rien payer).

    L’étape deux, c’est le reportage qui répondra en partie aux questions « dans quel but ces expériences ont-elles été réalisées ? Y en a-t-il eu d’autres ? » J’espère que cette étape viendra, mais je ne crois pas que les gens la veuille dans l’heure. Si ça sort dans un reportage dans quelques jours, c’est aussi bien, il n’y a pas urgence à savoir cela. Et je pense que si c’est dans une partie payante d’un journal, pas mal de gens sont prêts à payer pour ça. Évidemment, si les journaux l’offrent gratuitement, personne ne va refuser non plus…

    L’étape trois, c’est la transition avec l’historien : j’imagine bien que cette info puisse être l’objet d’un livre complet, d’ici au minimum quelques mois, plus raisonnablement un ou deux ans. Écrit par un journaliste ou un historien, peu importe sur le principe, ce qui compte c’est que la démarche à ce stade n’est plus simplement d’informer et de faire comprendre l’actualité, mais plus globalement de raconter le passé, de mettre en perspective sans forcément chercher à trouver un coupable unique et une victime bien identifiée. Là, si ça sort sous forme de bouquins, personne n’a d’objection sérieuse à ce que ce soit payant, tout le monde voit le travail qui est fait. Le prix est-il juste, c’est un peu un autre problème (lié, évidemment).

    Je crois qu’à l’heure actuelle, il est difficile pour un média de faire de l’argent directement par le lecteur sur la première étape. C’est à mon avis définitivement passé dans les moeurs, c’est gratuit (pour le lecteur). L’étape trois, on peut regretter sa rareté (mais ça demande un travail long et lourd), mais je crois qu’elle existe relativement raisonnablement. Pour moi, le gros problème est l’étape deux…

    Commentaire par Rémi — 01/09/2011 @ 11:22

  28. L’avenir de la presse écrite ? L’édition ! Hugues Serraf pose comme d’habitude les bonnes questions : http://www.atlantico.fr/decryptage/sarko-tuer-fabrice-lhomme-gerard-davet-prevost-desprez-173066.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 11:23

  29. @tous : je vous lis tous attentivement, mais je n’ai pas le temps de répondre à chacun, désolée, rentrée chargée !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 11:26

  30. que des journalistes utilisent des téléphones identifiés à leur nom me parait tellement aberrant que les bras m’en tombent, demandé à n’importe quel dealer il vous expliquera comment acheter un téléphobne à carte indétectable!

    Commentaire par thomas — 01/09/2011 @ 11:29

  31. @Thomas : hélas, les journalistes ne sont pas des voyous, leur activité n’est pas illégale, leurs sources sont protégées depuis une loi adoptée sous le règle de Sarko 1er, pourquoi voudriez-vous qu’ils redoutent a priori d’être placés sur écoute ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 11:34

  32. bien vu, bien dit. Merci.

    Commentaire par Bérénice — 01/09/2011 @ 12:26

  33. La Plume en 31

    pourquoi voudriez-vous qu’ils redoutent a priori d’être placés sur écoute ?

    parce que depuis que le monde est monde AUCUN gouvernement en place n’a respecté ses lois, parce que l’exercice du pouvoir corrompt

    Commentaire par herve_02 — 01/09/2011 @ 12:28

  34. Bonjour Aliocha,

    Je rejoins Rémi. Je crois qu’au delà de l’info brute, nous souhaitons avant tout des explications, des mises en perspectives, etc… Il y a bien là une démarche qui rejoint celle de l’historien.
    Pour autant et bien que je concède bien volontiers que les groupes médiatiques veulent toujours aller plus vite, cela n’excuse en rien la médiocrité, pour ne pas dire plus, de beaucoup de vos confrères. A croire qu’ils ignorent l’existence du Net, de ces blogs très bien documentés (style Eolas mais ce n’est pas le seul) qui font nos délices en l’absence des outils traditionnels, voire de Wikipédia. Pourquoi cet unanimisme et cette servilité envers ce que la communication nous impose? Pourquoi gloser à l’infini sur ces fameuses petites phrases qui n’intéressent que ceux qui en parlent? A propos de la crise de l’Euro et de la crise bancaire, pourquoi nous imposer en permanence les paroles lénifiantes et soporifiques des mêmes personnes (style « les clignotants sont dans le vert », redoutable effet du daltonisme au demeurant)? Pourquoi cette absence de curiosité alors qu’en quelques clics, on trouve assez facilement sur la toile de quoi perturber sérieusement le doux ronron de votre amie la Com? Encore faut-il être curieux, chose qui ne semble plus être enseignée dans les écoles de journalisme. Par exemple, si vous allez sur le blog de Jean-Pierre Chevallier (http://chevallier.biz/2011/08/leverage-multiple-%C2%B5-realite-et-comptabilite/), vous comprendrez aisément pourquoi les grandes banques françaises sont mal barrées (ainsi que l’économie française d’ailleurs). Son approche est évidemment critiquable mais, curieusement, les médias n’en font jamais état ou alors, avec condescendance. Problème, suivant son blog depuis quelques années maintenant, il se trouve que ses analyses et ses prévisions se vérifient le plus souvent. Alors, pourquoi attendre?
    Le Canard, dans sa dernière mouture, exhibe avec fierté une diffusion en hausse, C’est sûr, il est devenu le dernier journal intéressant disponible et pas trop frelaté. Je pense cependant, qu’à son corps défendant, il est devenu l’égal d’un bouffon à la cour du roi. Les journaux ou revues traditionnels jouent chacun un rôle bien écrit dans une mise en scène trop parfaite, les uns encensant les décisions du prince, les autres hurlant au scandale, à l’indignation à la moindre occasion. Rien ne sort jamais, ou si peu, de ces psychodrames en dépit de la gravité des faits mentionnés (deux actuellement en pointe: http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/l-espionnage-d-un-journaliste-relance-l-affaire-bettencourt-01-09-2011-1368891_240.php, http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/09/01/affaire-bettencourt-le-gouvernement-fait-bloc-derriere-sarkozy_1566116_823448.html. Il y aurait pourtant de quoi écrire et dire sur cet immobilisme programmé). On se croirait dans une pièce de boulevard avec l’entrée de l’amant dès que la mari a passé la porte. Le bouffon, de temps à autres, joue cependant son rôle en disant leurs vérités aux princes qui nous régentent. C’est un peu la soupape qui permet à la chaudière de ne pas exploser. Tout le monde rie d’aise, jaune parfois, de ses saillies spirituelles et de la réalité qu’il rappelle à tous et puis la médiocrité reprend le dessus. Le lendemain matin, deux éminents chroniqueurs dégoisent à qui mieux mieux sur la dernière sortie d’untel au congrès d’un parti depuis longtemps déconnecté de la vraie vie. En vous paraphrasant, je dirai que  » si la finance s’est déconnectée de l’économie et les médias de l’information, les politiques, eux, sont déconnectés de la démocratie. »

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 01/09/2011 @ 14:56

  35. « H.Y. » (l’infirmière) a accepté de répondre à Marianne dans un entretien détaillé publié dans notre édition de samedi 3 septembre. En voici quelques extraits : « Lorsque j’ai été auditionnée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, assure-t-elle, je ne lui ai pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre. Je n’en ai parlé ni à la juge, ni à sa greffière ».

    D’où ma question: pourquoi ces journalistes se permettent-ils de relayer ce qu’affirme quelqu’un (la juge à qui la greffière aurait dit que l’infirmière lui aurait dit…l’ours étant au bout évidemment) sans se donner la peine de vérifier (ce que marianne a fait apparemment sans difficulté) alors qu’il s’agit de l’honneur de quelqu’un? Parce que ça va dans le sens de leur thèse (Sarko est moche?). Ah! ce code de déontologie journalistique dont on nous parle parfois…

    Commentaire par araok — 01/09/2011 @ 14:58

  36. @araok : voilà bientôt trois ans que je propose sur ce blog d’aller plus loin que la tentation immédiate de critiquer le journaliste. Figurez-vous que j’ai approfondi cette idée au fil du temps, en discutant avec les lecteurs. Elle a plusieurs faces. D’abord il faut prendre garde aux critiques de spécialistes qui voient les choses de leur point de vue de spécialistes et s’irritent qu’un article de presse ne soit pas aussi précis en 3000 signes qu’un article de scientifique en 45 000 caractères. Ensuite, le journaliste qui aborde un sujet polémique et dit des choses que le lecteur n’a pas envie de lire parce qu’il est sincèrement convaincu du contraire et pense que l’auteur de l’article manipule son lectorat. Il y a aussi le cas de l’information qu’on ne veut tout simplement pas voir (exemple des photos de guerre dont les auteurs sont accusés d’indécence). Ici, nous avons un autre cas de figure. Celui des journalistes qui enquêtent, se concurrencent les uns les autres, rapportent chacun des bouts de vérité, parfois contradictoires. Pourquoi pensez-vous immédiatement que c’est Marianne qui a raison et Le Monde qui ment dans le but de bousiller Sarko ? Marianne n’a pas « vérifié », le journal est aussi sur l’affaire et a un autre son de clloche, pour l’instant c’est tout. Je serais bien incapable de vous dire qui dit vrai (des sources, pas des journalistes) et qui dit faux. Quand vous enquêtez, vous être tributaire de ce que vous disent les acteurs d’une affaire, il faut en effet vérifier, recouper, mais il y a un moment aussi ou un faisceau de présomption vous amène à considérer que raisonnablement la vérité est celle que vous livrez.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 15:28

  37. Chère Aliocha 35
    Bien sûr, je vois probablement par le petit bout de la lorgnette mais…les journalistes du Monde n’ont pas vérifié les dires de l’infirmière auprés de celle-ci.
    C’est tout.
    Et ça me paraît grave, compte tenu de l’affirmation de la juge.
    J’aurais aimé que le livre au moins mentionne ce litige.
    Sauf que la thèse du livre n’est pas celle-là…
    Ou alors les journalistes sont des polémistes et non des journalistes « du Monde » comme on les présente et alors méfiance…

    Commentaire par araok — 01/09/2011 @ 15:53

  38. @31 alliocha bien sûr que les journalistes ne sont pas des voyous, mais pourquoi ,ne sont ils pas un peu moins naïfs ou prudents, cela aurait valu à M Senat beaucoup moins d’emmerdes, c’est le BA ba de cette activité de ne pas mettre ses sources dans les pires soucis, c’est de la négligence au moins aussi grande que de franchir the fingers in the nose un barrage afghan pour aller faire un reportage sans imaginer que les 40 « soldats » afghans vont tous téléphoner à un « ami » de l’autre côté, ne serait ce que pour le pourboire

    Commentaire par thomas — 01/09/2011 @ 16:06

  39. Là, Thomas, vous avez sorti l’artillerie lourde.
    Tous aux abris!

    Commentaire par araok — 01/09/2011 @ 16:18

  40. @thomas : mais le risque est partout,cher ami. Tenez par exemple, celui du journaliste d’investigation c’est d’être surveillé illégalement, celui du reporter de guerre de se prendre balle ou d’être enlevé. Le risque du blogueur, c’est de lire des commentaires comme le vôtre. Vous êtes mon risque à moi.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 17:33

  41. aliocha est ce que vous convenez avec moi que M Senat a de de graves soucis auxquels il ne s’attendait peut être pas, et que c’est surement à partir des relevés téléphoniques du journaliste qu’ils sont advenus!
    pour les pays lointains j’ai réglé l’addition, n’en parlons plus!

    Commentaire par thomas — 01/09/2011 @ 18:16

  42. @araok

    Il ne vous est pas venu à l’idée qu’une personne puisse dire la vérité, prise dans la spirale de l’interrogatoire (ou déposition) ou en marge de la déposition et se rétracter ensuite à cause de la pression que cela suppose ?

    Vous arrivez à imaginer une seule seconde que dans le cas ou N.S aurait vraiment pris de l’argent en liquide, la machine ump n’arriverait pas à faire taire le témoin ? Il y eu combien d’accident mortel dans l’entourage de l’affaire karachi (de mémoire, c’est 14, je ne parle pas de l’attentat, je parle de nettoyage « chirurgical » et ce n’était pas une « simple infirmière » )

    Commentaire par herve_02 — 01/09/2011 @ 18:23

  43. @herve_02 42.
    L’incompréhension étant en général le résultat d’une communication, votre remarque ne m’étonne pas.
    Mais enfin ce n’est pas ce que je dis et je ne suis pas naïf et pas né d’hier (plutôt avant-hier, hélas)
    Tout ce que j’aurai aimé c’est que les journalistes du Monde posent la question à l’infirmière (comme Marianne) et rapportent sa réponse avec les commentaires engagés habituels. C’est tout.

    Commentaire par araok — 01/09/2011 @ 19:29

  44. @Thomas : le risque zéro n’existe pas. Les gens qui nous renseignent prennent un risque, et ils le savent. Tout comme Hervé et Stéphane savaient qu’ils prenaient un risque, déjà rien qu’en partant en Afghanistan, même la partie embedded de leur reportage n’est pas donnée à tout le monde. Vous iriez, vous ? Bon. Donc nos sources acceptent une part de risque. Et nous faisons tout pour que ce risque soit minimal, à commencer par nous taire, quelque soit les circonstances, sur la provenance d’une info. Ensuite, en faisant en sorte que la source ne soit pas identifiable quand on publie l’information. Seulement voyez-vous, nous ne sommes pas censés imaginer qu’un gouvernement, au mépris d’une loi qu’il a lui-même fait adopter, puisse placer les journalistes sous surveillance. Il y a là un changement de paradigme, dont acte, il faudra sans doute changer de méthodes. Mais je pense que si quelque chose doit scandaliser en l’espèce, c’est plutôt les méthodes du politique que le téléphone du journaliste.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 21:23

  45. @laplumedaliocha, la perdreau de l’année (et jolie en plus). Cela fait 30 ans que le pouvoir lutte contre la démocratie en espionnant les journalistes et d’un seul coup on s’aperçoit que le conducator c’est un grand méchant. Il est pas nouveau sur l’échiquier, il a déjà « tué » pas mal de monde.

    Les méthodes du politique choquent TOUT le monde « normal », mais le traitement que l’on fait de cette « information » (pas de suivi, manque de mordant des journalistes, pas de dossier de fonds etc….) font que l’affaire disparaît des écrans pour être réglé, entre amis, lors de dîners mondains et informels.

    Quel « journaliste » va interroger NS, à _chaque_ intervention sur le fond de cette affaire ? Et si le journaliste est « banni », un autre prend sa place ? C’est ÇA être les « chiens de garde de la démocratie », pas de relayer les « infos » qui tombent du fax sur le malaise des policiers qui arrivent plus à faire leur travail.

    Comme je vous le suggérait en 26, si l’industrie de la presse ne vous permet pas de faire votre travail, il y a plein de « publications » qui accueilleraient vos « papiers » travaillés avec enthousiasme et pourraient, peut être, permettre l’avènement d’une vraie presse avec des lecteurs prêts à payer des abonnements, même pour des parutions chaotiques, si le contenu en vaut la peine.

    Commentaire par herve_02 — 01/09/2011 @ 21:44

  46. @herve_02 : je sais qu’il est d’usage, en particulier sur Internet, de cultiver le « tous pourris » s’agissant du politique et du reste d’ailleurs. Vous me permettrez de poser le postulat inverse, ce qui me permet de conserver intacte ma faculté d’indignation et surtout de considérer que le respect de la loi est la règle, sa transgression, l’exception. A partir des ces bases saines, on peut raisonner, dans le cas contraire, on est réduit à l’invective. Non, l’espionnage des journalistes n’est pas la règle et s’il le fut par le passé, en tout état de cause, cela ne doit plus arriver. Quant aux journalistes, s’ils ne bossaient pas, nous ne serions pas en train de discuter du secret des sources, pas vrai ?
    Pour info, le communiqué de RSF : http://fr.rsf.org/france-oui-ou-non-le-journalisme-d-01-09-2011,40889.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 22:47

  47. Je suis en train de découvrir la Chaine parlementaire, eh bien franchement, c’est un bonheur. L’émission Enquête d’Europe (en cours) présente plusieurs reportages, dans un format d’une simplicité réconfortante, en donnant aux journalistes la possibilité de commenter leur travail. Situation économique au Portugal, puis situation des Roms en Roumanie et maintenant le viol en Finlande. Vraiment intéressant, rien à redire. Comme quoi, il y a de l’information, mais elle est étouffée sous le grand brouhaha de la pub et du divertissement…Faut chercher !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/09/2011 @ 23:20

  48. @laplumedaliocha

    >Quant aux journalistes, s’ils ne bossaient pas, nous ne serions pas en train de discuter du secret des
    >sources, pas vrai ?

    Euh…. si on ramène le nombre de cas pour lesquels on discute du secret des sources et le nombre de journalistes, cela fait un tout petit nombre qui ne représente rien en terme de pourcentage. Il n’est que voir l’immense soutient dont a bénéficié Denis Robert (blanchit de toutes ses accusations en appels) par le petit monde de bisounours des journalistes qui font leurs métiers. Il me semble me souvenir que vous étiez peu amène avec ce dernier.

    Ensuite concernant votre réponse sur l’usage du « tous pourris » (vous auriez pu employer le terme de populiste, c’est aussi à la mode) c’est une non réponse. Ok, partez du postulat inverse et considérez que le respect de la loi est la règle si cela peut vous permettre de garder intacte votre capacité d’indignation, mais ne venez pas dire sur internet que « vous êtes surprise », car ,sur internet, pas grand monde n’est surpris, non parce que « tous pourris », mais parce que si vous êtes arrivé, c’est que vous avez du piétiner pas mal de monde, et une fois l’habitude prise, c’est une addiction.

    Dès que l’on s’intéresse de prêt à un secteur et que l’on a un peu de connaissance dessus et qu’il a au moins un début de marchandisation possible, le monde politique le « donne » à une industrie de copain. Parce que la politique c’est « tout ce qui ne dérange pas les entreprises ».
    – hadopi > les majors
    – PI et brevets > les grands groupes
    – énergie > areva
    – logiciel > microsoft (vous pouvez cherchez du coté du rgi)
    Et je laisse de coté les folkloriques : insécurité, étrangers, retraites, avancés sociales, éducations, soins.

    Enfin, vous avez l’air de considérer benoîtement que la loi légitimise le comportement des élus. Un état fasciste et totalitaire agit en accord avec ses propres lois. Dès lors aller en afghanistan ou en irak c’est juste de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain.

    Commentaire par herve_02 — 02/09/2011 @ 00:06

  49. Stratégies de manipulation :

    Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

    La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

    Ainsi que :

    S’adresser au public comme à des enfants en bas-age

    La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l’Euro (« les jours euro »). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?

    « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

    Voilà qui fait réfléchir sur les réels intentions des grands médias entre infos quasi nulles et programmes débilitants !

    Commentaire par Anonymous — 02/09/2011 @ 11:47

  50. la niche fiscale des journalistes http://www.slate.fr/story/43075/pourquoi-journalistes-payent-moins-impot
    l’auteur à mon avis oublie peut-être un point, c’est aussi une subvention à la presse

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/09/2011 @ 12:14

  51. Ah Aliocha ! Je suis incroyablement d’accord avec toi ! J’aime beaucoup ton analogie avec la finance, elle est très parlante et très fondée. Même court-termisme, même soumission à un rythme fou.

    Et j’avoue que j’ai un peu la même réaction que toi lorsque tu dis : « Même ma propre opinion sur les choses finit par m’écoeurer ».

    Commentaire par koztoujours — 02/09/2011 @ 13:00

  52. Je crois surtout que l’information est devenu un divertissement comme un autre.

    Et si nous retournions au réel ?

    Commentaire par CJ — 02/09/2011 @ 13:35

  53. […] Et blablabla… La campagne des présidentielles approche à grand pas et avec elle enfle le tsunami des petites phrases. Mais comment ? s'indigne-t-on sur la toile, les journalistes politiques ne sont donc pas f… Source: laplumedaliocha.wordpress.com […]

    Ping par Et blablabla… | Sujets Religieux | Scoop.it — 02/09/2011 @ 13:48

  54. Billet sympa (comme d’hab) même si je ne suis pas d’accord sur tout (comme d’hab).

    Sinon… ça va ?

    Euh… Avez-vous vu Daniel Craig dans Cowboys & Aliens ? Certes, ce film a tout d’une série B, ce qui parfois ne manque de charme, mais il y a quand même une scène où il expose son torse musculeux, baigné dans la chaude et moite lumière d’un intérieur plongé dans la pénombre… Je suis certain que ses abdominaux luisant de sueur ne vous laisseraient pas indifférente.

    A part ça, juste pour savoir… Je vous manque ?
    Pas moi, hein, je ne suis pas plus indispensable qu’un autre, mais de ne plus m’avoir sous la main pour me titiller et me taper (gentiment) dessus… ou pour prendre votre défense. Vous vous rappelez ? Macho chevaleresque mais charmant, tout ça…

    A l’occasion, vous m’direz pendant combien de temps on s’fait la gueule, d’accord ? Moi, j’sais pas trop combien j’ai pris… Pas perpét’ quand même ?

    J’peux vous faire le coup des fleurs, genre « ok, d’accord, j’suis parti acheter du pain et du lait et j’ai traîné au bistrot mais j’ai ramené des fleuuuurs ! » mais je serais plutôt partant pour une caisse de vodka. Qu’en dites-vous ?

    Bon, ben, j’vous laisse… Vous m’direz. Bisous.

    Commentaire par Ferdydurke — 02/09/2011 @ 19:02

  55. Bingo! Voici la chronique en question. Philippe Meyer démarre sur Paul Yonnet, et nous balance sa petite peau de banane en cours de chronique, l’air de rien… j’adore !

    http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4301787#reecoute-4301787

    Commentaire par Zarga — 02/09/2011 @ 20:43

  56. @Ferdydurke : c’est maintenant que vous rentrez, espèce de malotrus. Mourdiou !!!!!!!!!!! Vous manquiez à tout le monde ici, et à moi aussi. (Twitter est pour moi un fil de dépêche, donc un outil de travail, vos tweets quoique brillants n’entraient pas dans l’esprit de mon fil, c’est tout. Vous avez décidé de bouder, j’en suis désolée, mais voyez-vous j’ai un caractère assez cassant parfois, il faudra vous y faire 😉 )

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/09/2011 @ 20:43

  57. @aliocha 24:

    outre l’obsession du remplissage, pareille bourde amène aussi à s’interroger sur le contenu de la culture générale dispensée en école de journalisme.

    J’ai toujours mon (excellentissime) manuel d’histoire de classe de seconde, où les aspects culturels en question sont abordés, et Otto Dix y figure en bonne place, comme Marinetti, et les artistes soviétiques. Un peu de vigilance et de culture aurait évité à tout ce beau monde un plantage hénaurme.

    Commentaire par Zarga — 02/09/2011 @ 21:13

  58. Concernant le problème des moyens financiers, ne serait-il pas envisageable de passer par une structure de type SCP pour gagner une indépendance économique? On a vu les animateurs vedette de la télé passer du statut de salarié des chaines à celui de producteurs indépendants.

    Ils sont maintenant nombreux à fournir des émissions clés en main. Pourquoi cela ne serait-il pas possible pour les journalistes ? Vous m’avez dit que Florence Aubenas y avait été de ses deniers pour son enquête, alors pourquoi ne pas franchir le pas? Je ne suis pas expert, mais il me semble que le statut de la SCOP permet une gestion privilégiant l’outil de travail et sa pérennité, le démarrage semble aussi accompagné par un réseau assez solide, animé avant tout par un certain idéal, bien loin de la rentabilité à court terme d’actionnaires arc-boutés sur un rendement qu’ils exigent garanti contre vents et marées.

    Concernant ce que dit Hugues Serraf, ça me semble un peu recouper ce à quoi je pense quand je vois le travail que réalisent les chercheurs en science sociale. Ce n’est pas par le biais des quotidiens ou hebdomadaires que la matière étudiée est exposée, mais sous forme d’essais. C’est le monde de l’édition qui prend le relais dans la pratique, pendant que la presse s’épuise. Encore que concernant les chercheurs auxquels je pense (démographes, sociologues, etc…) on retrouve leurs opuscules dans les éditions universitaires, pas dans les grandes maisons.

    Commentaire par Zarga — 03/09/2011 @ 09:38

  59. […] aux interrogations sur la « bulle médiatique » que j’évoquais dans mon précédent billet. Je crois qu’on gagne toujours à découvrir l’éternel humain au-delà de ce qui […]

    Ping par Nous sommes tous devenus des médias « La Plume d'Aliocha — 03/09/2011 @ 10:44

  60. Juste un rebond : comment une information ‘faible’, un presque rien, peut finir par devenir autre chose, et être repris/amplifié. C’est sur les ‘grosses têtes au carré’ (france inter), le dernier tiers (épidémiologie médicale) de l’émission ici (http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10212-02.09.2011-ITEMA_20305749-0.mp3). C’est un impressionnant comment remonter le fil est à la fois simple, et pourtant n’est pas fait! Un vrai soufflé informationnel.
    Bref, non, être assis ne réduit pas l’espérance de vie, et le chocolat n’est pas bon pour le coeur. Ce qui ne m’empêchera pas d’aller en croquer un morceau de ce pas 🙂

    Commentaire par kaeldric — 03/09/2011 @ 12:43

  61. @Zarga 55 : décidément, il va falloir que je me mette à écouter la radio ! Il est épatant ce Philippe Meyer. D’abord je trouve que s’exprimer dans un média en recourant à des incidentes proustiennes est un acte de résistance héroïque à la tyrannie de la « courtitude », comme dirait Ségolène, ensuite, il a tellement raison de dire qu’on se plaint de manquer d’information tout en snobant l’information véritable, approfondie qui existe et qu’il suffit de chercher 😉

    Sur la forme d’exercice, il y a de l’avocat chez vous, non ? Parce que la SCP, ce n’est pas la forme sociale la plus répandue ces temps-ci dans le monde économique 😉 L’une des garanties du statut de journaliste consiste à relever du régime salarié, même quand on est indépendant, ou free lance. En ce qui me concerne, j’ai une demi-douzaine d’employeurs et autant de fiches de paie à la fin du mois. Il est interdit de nous rémunérer en droits d’auteur même si certains éditeurs de presse le font ou tentent de le faire. Mais je crois que vous avez raison, chemin faisant il va nous falloir explorer d’autres modes d’exercice, sans doute en nous rassemblant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/09/2011 @ 12:51

  62. D’abord le bon peuple a-t-il toujours raison…et plus encore quand il voulait être amusé ! Fallait-il être rabat-joie pour dénigrer ! Quand vous savez qu’il y a même des gaz asphyxiant hilarant, vous vous dites qu’il y a encore du chemin à faire pour arriver à « la » cité parfaite ! Sur 2012, on pourrait déjà annoncer aux français qu’ils n’ont plus de prince-président depuis vingt ans : ils ont deux premiers-ministre…l’un élu, l’autre coopté…sur le même programme de gouvernement…et plus d’instance collégiale…puisque la loi électorale a tué-debout toutes les instances collégiales ; comme personne ne connaît l’avenir, Nicolas SARKOZI pas plus que les autres sinon il n’y aurait jamais eu crise, les promesses d’un seul homme n’engageaient vraiment personne : ne restaient effectivement que les petites phrases.

    Commentaire par Hub — 06/09/2011 @ 14:26

  63. Je ne sais pas si vous avez entendu parler des écoutes téléphoniques de journalistes lors de ces dernières semaines. Tout cela aurait été un très beau sujet d’indignation mais chez vous, je n’ai rien trouvé sur ce scandale. apparemment, cela vous laisse sans voix.
    Bah, vaut mieux caricaturer les non-professionnels de Twitter et bla bla bla et bla bla bla…

    Commentaire par Pensez BiBi — 08/09/2011 @ 16:30

  64. […] Et je suis content de voir que l’amie Aliocha est d’accord avec moi. […]

    Ping par Les ficelles de l’info (15) : Faire court, c’est faire con | Pensées d'outre-politique — 13/09/2011 @ 09:29


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