La Plume d'Aliocha

24/08/2011

Le prix de notre information

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 23:35

Deux journalistes français ont été blessés par balles en Libye. A priori, ils sont hors de danger.

Le premier s’appelle Alvaro Canovas, 42 ans, photographe free lance, il était en reportage pour Paris Match. Son travail est ici ou encore .

Le deuxième s’appelle Bruno Girodon,  49 ans, il travaille comme reporter d’image à France 2  depuis 1993. Il est lauréat des « Yeux d’or » et prix Albert Londres.

Par ailleurs, quatre journalistes italiens ont été enlevés.

Toujours au sujet du travail des journalistes en Libye, en flânant sur Internet, je suis tombée sur ces photos. Elles illustrent la situation des trente cinq  journalistes de la presse internationale bloqués depuis dimanche soir dans leur hôtel à Tripoli assiégé par les partisans de Kadhafi. Ils ont été libérés aujourd’hui en fin d’après-midi.

Et pour finir ce très court billet, j’ai une pensée pour Chris Hondros de Getty Images et Tim Hetherington de Vanity Fair, tués à Misrata en avril dernier.

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18 commentaires »

  1. Mince, ma couverture étant grillée, je suis au regret de vous informer que ce blog va devoir fermer. Eh oui, un lecteur a découvert que j’étais un agent de la CIA : https://laplumedaliocha.wordpress.com/2011/04/21/et-leurs-yeux-se-sont-fermes/#comment-19351

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 11:12

  2. Tiens, c’est vrai j’avais oublié, Alvaro Canovas était l’invité cet été d’une émission d’@si sur les phtographes de guerre : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11887

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 12:49

  3. Les journalistes italiens viennent d’être relachés : http://fr.rsf.org/libye-quatre-journalistes-italiens-25-08-2011,40840.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 12:50

  4. Le décryptage d’@si sur les journalistes retenus à l’hotel Rixos (abonnés) : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4257

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 15:55

  5. Une pensée pour Thierry Meyssan qui nous fait beaucoup rire depuis ce même hôtel.

    « Faire rire c’est crevant. Faut faire rire toutes les quatre secondes, c’est la règle. Si tu laisses passer huit secondes sans les faire marrer, ça s’appelle un effet. Si tu les laisses douze secondes, ça s’appelle un bide. » Coluche

    Meyssan doit être fatigué, mais il n’a pas fait de bide.

    Commentaire par Turb — 25/08/2011 @ 22:00

  6. Et comment expliquez-vous qu’avec autant de journalistes présents en Lybie, le citoyen français lambda soit dans l’impossibilité de se faire une opinion sur la vie des habitants de la Lybie sous le gouvernement Khadafi ? Ici, on nous parle d’un tyran sanguinaire, d’un peuple malheureux, misérable, opprimé que Sarko et Obama ont enfin libéré au prix de plusieurs soldats morts. Ailleurs, d’autres journalistes nous racontent que les Lybiens bénéficient d’appartements gratuits, de soins modernes gratuits, de crédits faciles, d’études secondaires et universitaires qui ne leur coûtent rien, payées par le produit du pétrole nationalisé. Y a-t-il des prisonniers politiques ? Qu’en est-il de la peine de mort ? Il semble que l’égalité des sexes soit garantie par la loi. D’après les uns, c’est l’horreur, alors que d’autres nous assurent que l’Etat Lybien a reçu les félicitations de l’ONU et de l’association Human Rights…
    Alors, où est la vérité ? Est-ce une guerre d’ingérence humanitaire ou une sordide histoire de pétrole et également de devises et de réserves d’or ?
    Si certains de vos collègues journalistes disent « blanc » et les autres « noir », il y a forcément des menteurs et certains confondent le magnifique métier de l’information avec celui de la propagande. J’en suis au point de rechercher des informations sur des sites d’actions humanitaires.

    Un journaliste, malheureusement, n’est pas toujours sincère : je me souviens par exemple de J.F.Khan et son ami Calvi assurant qu’ils n’avaient jamais entendu parler du groupe des Bilderberg avec un air complètement ahuri d’excellents comédiens. Etant donné la dépendance des médias envers des grands groupes financiers, parfois des marchands d’armes, les coups de balai souhaités par Sarko à la télé et réalisés par ses laquais peut-être même sans qu’il ait eu besoin de les demander, comment voulez-vous qu’on ait confiance ? Croyez-vous que l’auditeur ou le télespectateur ne finisse pas par remarquer toutes les fois où l’animateur-journaliste coupe la parole, impose une question et empêche le politique interrogé de s’exprimer sur un point qui lui tient à coeur et qui est souvent plus important pour les citoyens etc… ? M. Mélenchon a eu raison d’essayer de remettre de l’ordre dans tout cela et je l’en remercie. Quand il a murmuré « Les salauds » en visionnant une vidéo où un journaliste voulait absolument qu’un syndicaliste, cet homme qui avait perdu son emploi comme tous ses collègues qu’il avait la charge de représenter, reconnaisse qu’ils avaient eu tort de bousculer quelques meubles ou machines, eh bien M. Mélenchon avait raison car il fallait être un salaud pour poser cette question dans ces circonstances. Le journaliste défendait la soumission aux riches et M. Mélenchon défendait les salariés, c’est-à-dire la majorité du peuple. Bravo M. Mélenchon et merci de soutenir ceux qui en ont besoin.

    Commentaire par Danièle Dugelay — 26/08/2011 @ 00:25

  7. @Danièle Dugelay : ne mélangeons pas tous les sujets, voulez-vous. Ce court billet a pour objet de montrer que les reportages de 2minutes30 au JT ne tombent pas du ciel, qu’il y a des professionnels sur place qui risquent leur peau pour tenter de savoir ce qu’il se passe. Nous sommes en plein conflit, pour l’instant ils tentent de déterminer où en sont les forces en présence. Certains journalistes sont enlevés, d’autres blessés, il y a eu des tués. Alors on fait une petite pause dans la critique du journalisme, juste pour prendre conscience de cela et regarder un peu plus attentivement ensuite les images qu’ils nous envoient. Je ne vous demande pas de les féliciter mais juste de faire attention à ce qu’ils disent. En général, on ne risque pas sa peau pour le plaisir mais parce qu’on a le sentiment de faire quelque chose de nécessaire. A leurs yeux, ce qui est nécessaire, c’est de témoigner de ce qu’ils voient en direction du public, c’est-à-dire vous et moi.

    Sur la situation exacte du pays, lisez la presse française sur la situation en France, vous avez remarqué que ce que vous décrivez pour la Libye est exactement pareil chez nous ? Certains disent blanc, d’autres noir. Et vous savez pourquoi ? Parce que c’est infiniment difficile de comprendre une situation, de fournir une analyse juste. Hervé Ghesquière confie qu’il a mis 10 ans à commencer à comprendre la situation de l’ex-Yougoslavie. Dix ans. Et il va y retourner, pour continuer à tenter de comprendre.

    Maintenant, je suis d’accord avec vous, quand on porte un regard idéologique sur les choses, comme Monsieur Mélenchon, tout devient plus simple. La réalité des faits n’a plus d’importance, on a des convictions et on les affirme, quitte à tordre les faits pour qu’ils entrent dans la logique qu’on leur imprime. Pourquoi pas, nous faisons tous cela, c’est humain. Le problème c’est que dans le journalisme, on est esclave des faits. Si on a l’information, on la donne, si on ne l’a pas, eh bien on ne l’a pas. Et on ne comprend pas, donc on ne peut pas expliquer. Et puis parfois aussi on croit comprendre et on se trompe.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 00:43

  8. Je trouve que votre commentaire tombe à côté de la plaque car vous ne répondez à aucune de mes questions. Il n’y a pas des victimes que parmi les journalistes, mais chez les soldats et dans la population. La question principale, c’est « Pourquoi cette guerre ? » Pour y répondre, il faut que vos copains, partis là-bas pour nous informer, se renseignent sur le bien-fondé de cette guerre dite d’ingérence humanitaire. Alors, comment vivaient les Lybiens avec Khadafi ? Que voulaient les révoltés ? Qui étaient-ils ? Etait-ce une guerre civile ? une guerre tribale ? Devions vraiment y envoyer nos soldats et, par conséquent, nos journalistes ? C’est un métier dangereux, mais si le péril n’est pas justifié, alors c’est un crime d’y exposer nos soldats comme nos journalistes. Vous voyez que je ne manque pas de respect à vos collègues, mais eux seuls sont en mesure de nous dire si cette guerre est justifiée et par quoi, et si elle mérite qu’on risque leur vie ?
    Maintenant, j’espère que vous répondrez à mes questionnements sur le double langage de vos collègues lorsque vous ne serez plus rongée par l’inquiétude. Quant à M. Mélenchon, je pense que tout le monde a compris : vous ne l’aimez pas par esprit de corporation ou par simple opinion politique. Mais je répète, le vrai problème, c’est : qu’est-ce que des Français font là-bas ? Est-ce justifié ?
    Est-ce qu’on nous trompe comme pour l’Irak ? Assez de guerres pour les financiers, assez de victimes, assez d’angoisse pour vous, les familles et les amis de tous ceux qu’on a envoyés dans cet enfer.

    Commentaire par Danièle Dugelay — 26/08/2011 @ 01:44

  9. @Danièle Dugelay. Vous pointez du doigt une des causes classiques du désamour entre journalistes et lecteurs: ils ne répondent pas à votre question. Le sujet qu’il traite n’est pas le votre. Comprenez moi bien. Savoir pourquoi on fait la guerre n’est pas, loin de là, une question illégitime. Mais considérer que c’est la seule question qui vaille, si c’est votre point de vue, ce n’est pas forcément le leur, ni celui des autres lecteurs. C’est tout le problème. Chaque lecteur attend potentiellement quelque chose de différent. Un article pour chaque lecteur, on ne sait pas faire.
    Pour traiter des sources d’un conflit, ce n’est pas par un article, une interview, un reportage qu’on y arrive. Il faudrait y consacrer plusieurs mois, sur place mais pas uniquement, et publier un pavé (style 500-800 pages). Parce qu’un conflit, souvent, n’a pas de cause simple, unique. Il y a de nombreux acteurs, ayant chacun leurs buts propres, qui plus est fluctuant dans le temps. Cette diversité d’intérêts fait que bien souvent, rien ne se passe. L’inertie domine. Puis un évènement, un jour, cristallise un changement. Et là, une mécanique se met en marche. Mais la cause visible n’est souvent qu’anecdotique. La goutte d’eau qui fait déborder le vase n’est pas plus responsable que débordement que toutes celles qui l’ont précédées. Un exemple simplifié et très rapide. En Tunisie, Ben Ali n’est pas tombé uniquement parce qu’un jeune homme s’est immolé par le feu. Que ce soit le symbole, le déclencheur, ok. Mais les raisons étaient bien plus castes et complexes.
    Pour en revenir à la Libye, je ne suis pas sur qu’il faille attendre des journalistes toutes les clés. Ils ne sont pas omniscients. Beaucoup, sur place, collectent des informations. Qui fait quoi. Qui est où. L’analyse, le recul, on ne l’obtient pas au coeur du combat. Regarder la richesse des analyses sur les causes de la Révolution Française. La plupart sont venues bien après les faits, des historiens, politiciens, philosophes…
    Le pétrole n’explique pas tout. La Libye en avait il y a trois ans. On ne lui faisait pas la guerre à cause du pétrole. Elle en a aujourd’hui, et on lui fait la guerre à cause du pétrole? C’est le problème à voir une cause unique à tout. C’est simple, mais ça n’explique rien. Sans connaitre la région, voilà mon opinion (partiale, incompléte, floue, subjective, et probablement erronée).
    – contexte régional. Deux voisins (Tunisie, Egypte) changent de régime. Cela déstabilise le statut quo ancien.
    – contexte ‘pan arabe’. Kadhafi c’est voulu un leader majeur de l’Afrique. Mais plusieurs puissances se veulent le leader pan-arabe. Sous un soutien officiel, lutte d’influence interne, et ‘lachage’ lorsque l’opportunité se présente. Tension entre un pouvoir plutôt laïc et une société sous influence religieuse.
    – contexte européen. Printemps arabe ‘populaire’ vu d’Europe, positif en Tunisie et Egypte (encre que…) mais sanglant par contraste en Libye. Donc inacceptable pour les opinions publiques. Notamment Italie, GB et France, qui ont des liens historiques forts et complexes. Avec en plus les réfugiés humanitaires arrivant directement sur les cotes italiennes.
    – contexte US. Pas de volonté de ‘nouveau front’, Afghanistan et Irak en cours de désengagement. Vous remarquerez que si les USA ont fourni un soutien logistique important, ils sont très en retrait sur les opérations militaires directes, essentiellement Européennes.
    – contexte chinois. La Chine a une politique très active en Afrique depuis quelques années. Cette opération n’aurait pas eu lieu sans un laisser faire chinois, qui n’a pas utilisé son véto. A creuser, mais à mon sens majeur pour le futur de l’Afrique.
    – contexte russe: pas de véto non plus. Là, je sèche, pourquoi? Pas bien clair.
    – contexte libyen interne. Le pouvoir de Kadhafi est très concentré sur lui, fort. Il faisait ‘tenir le pays ensemble’. Mais l’age aidant se pose la question de la succession. dans un pays ou les tribus avaient validée le rôle de Kadhafi comme leader, la question du successeur est critique. C’est l’occasion pour elles de se placer, accroitre leur influence, ou au contraire en perdre. Si depuis un an la situation s’était clarifiée (fils ‘préféré’ connu). Ce n’était pas le cas il y a quelques années. Les perdant, ayant misés sur les ‘mauvais fils’, ont sans doute vu leur influence diminuer, et en conçoivent quelques rancoeurs. Elles sont donc plus faciles à mobiliser. Mais celles qui avaient bien choisi ont au contraire intérêt à soutenir le pouvoir en place.

    Vous le voyez, le guerre actuelle est sans doute le resultat d’uns situation globale complexe. Et les alliés d’aujourd’hui (quelque soit le camp dans lequel ils sont, ne seront pas ceux de demain…
    Les journalistes, au risque de leur vie, essaient de nous témoigner de ce qu’ils voient. De nous donner des éléments. Mais en général, cela n’explique pas, au contraire. On constate simplement que les choses sont encore plus complexes qu’on le croyait.

    Commentaire par kaeldric — 26/08/2011 @ 06:02

  10. @Daniele Dugelay : que c’est difficile de se faire comprendre…Je ne suis pas inquiète, c’est leur métier, ils prennent des risques, si je commence à m’inquiéter pour tous les journalistes dans tous les conflits, je ne suis pas sortie 😉 Ce qui m’intéresse depuis que j’ai ouvert ce blog c’est de comprendre pourquoi le public n’aime pas les journalistes. Et je comprends, peu à peu, alors j’essaie de montrer qu’une partie du problème repose sur une méconnaissance du métier, un malentendu. Forcément. Parce que je ne vois pas comment on peut ne pas trouver par exemple tout à fait respectable le fait de consacrer sa vie à tenter de comprendre comment marche le monde, y compris dans des cas extrêmes en risquant sa vie. Dans la société superficielle où nous vivons, du fric facile et du chacun pour soi, je trouve que leur existence est réconfortante. Sauf que ce sont des choses que souvent on ignore, alors je les montre sur mon tout petit blog. Une goutte d’eau dans la mer….

    Sur la Libye, je ne vous réponds pas parce que je n’en sais rien, j’ai déjà assez de mal à comprendre l’univers juridique qui est ma spécialité, je ne vais pas prétendre vous donner un avis sur un conflit de cette nature, surtout que je n’ai jamais mis les pieds dans ce pays. Je ne sais même pas s’il y a un double langage, certains voient des choses, d’autres en voient d’autres, tous tentent de comprendre, c’est tout, avec la marge d’erreur que cela implique. Figurez-vous que j’écris un livre en ce moment sur un scandale financier, ça fait presque 4 ans que je travaille sur l’affaire. J’ai commencé avec une conviction très forte, qui était largement partagée par le public, et je suis en train de me rendre compte que je me suis trompée, mais je ne suis toujours pas sûre d’avoir raison. Vous savez pourquoi ? Parce que l’essentiel de nos informations, nous les tenons des gens que nous interrogeons et qui nous livrent leur récit, leur vérité. Alors on vérifie, on recoupe, on cherche des preuves écrites, on se demande si c’est cohérent ou pas, c’est un boulot infernal et sans aucune garantie à la fin d’arriver quelque part et surtout de découvrir la vérité.

    Patrick de St Exupéry, patron de la revue XXI que j’ai cité sous un précédent billet raconte la difficulté de travailler au Rwanda. Quand les journalistes sont arrivés, tout le monde était mort, on ne fait pas parler des morts, donc on ne peut pas informer sur ce qui se passe, et puis quand ils ont enfin trouvé des survivants, leur récit était tellement incroyable qu’il posait une nouvelle difficulté : comment raconter en faisant en sorte que le public croit à une chose aussi abominable. Voilà, c’est ça la difficulté du journalisme.

    Quant à Jean-Luc Mélenchon, je n’ai absolument rien contre lui, au contraire, j’ai toujours aimé les agitateurs et les contestataires. Mais je ne suis pas d’accord avec lui sur tout.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 08:29

  11. @ Aliocha :

    Je crois que l’une des difficultés que vous indiquez, c’est la frontière très floue entre journalisme et histoire. Comprendre une guerre (ou un autre événement), à posteriori, c’est un travail d’historien : demander aux gens leurs souvenirs, fouiller les archives, chercher des indices, comparer les choses, mettre dans une perspective plus large, et écrire au final un gros bouquin qui ne répond pas à la question de manière unique mais qui donne des pistes, indique les causes probables, possibles… Comprendre la même guerre lorsqu’elle est en train de se dérouler, c’est le travail du journaliste : c’est aller sur le terrain, parler à chaud aux acteurs, qui ont une vision évidemment très biaisée, grappiller les rares documents qui existent ou sont accessibles, et tenter d’en faire une synthèse en 3 minutes ou 2 pages.

    Le problème, mis en avant par Danièle Dugelay mais qui est à mon avis très largement répandu, c’est que les gens aimeraient le résultat du travail d’historien, avec la vitesse du journaliste. Avoir là, maintenant, un bilan du régime de Khadafi et d’un demi-siècle d’histoire (au bas mot). C’est pour ça que certains reportages de guerre sont si frustrants : d’accord, c’est important de montrer les combats, les difficultés au jour le jour, mais au delà de « la situation est difficile », on aimerait tout naturellement savoir si ce combat est important dans la guerre, quels sont les « gentils » et les « méchants » (et on aimerais aussi pouvoir réduire une situation aux bons contre les méchants, ce qui n’aide pas non plus !), etc.

    Certains journalistes font ça très bien, d’autres moins. À noter que la pré-éminence des sites/télés d’info en continu joue à mon avis contre cette vision, parce qu’elle favorise les réactions à chaud, les « breaking news » encouragent les journalistes à chercher l’événement digne d’être rapporté, quelque soit sa valeur dans le contexte global. Mais ça n’est pas une question de compagnie, c’est vraiment le talent ou le style du journaliste individuel : je regarde et lis assez souvent la BBC et au travers des événements de ces derniers mois j’ai clairement identifié quelques journalistes dont j’aime le style, dont je sais que leurs reportages seront (pour moi) intéressants, et d’autres dont je sais que je sortirais de leurs reportages frustré et avec un goût de « pas assez » ou de sujet manqué. J’imagine que d’autres personnes voient les mêmes journalistes de manière complétement opposée…

    Commentaire par Rémi — 26/08/2011 @ 10:29

  12. Les familiers du blog se souviendront peut-être que nous avions parlé ici de l’expérience de Standford, voici un article sur le sujet :
    http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2011/08/25/prisonniers-pour-la-science/

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 15:40

  13. @Remi : Très juste. Vous me rappelez une discussion que j’avais eue avec Pascale Robert-Diard sur la chronique judiciaire, et où elle m’avait dit à peu près ceci : les lecteurs voudraient que je leur dise dès le départ où est la vérité, en réalité, c’est impossible, toute la difficulté de mon travail consiste à rendre compte du fait que la vérité judiciaire émerge lentement comme une statue sort de la glaise (citation de mémoire, c’était infiniment mieux dit mais l’idée était celle-ci).

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 15:43

  14. @kaeldric : la prochaine fois que je pars en vacances, je vous donne les clefs du blog ainsi qu’à Rémi 😉 vous faites cela bien mieux que moi !

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 15:44

  15. @Aliocha: Hors sujet, sur « l’encadrement » des journalistes, un projet en cours au canada ici http://embruns.net/logbook/2011/08/26.html#regulation-du-journalisme
    PS: vous n’obtiendrez rien de moi par la flatterie 😉

    Commentaire par kaeldric — 26/08/2011 @ 18:48

  16. bonjour,

    Journaliste d’information, espèce en voie de disparition.

    2 articles sur l’économie de la presse et le fait que la pub ne paie plus le coût des nouvelles « sérieuses » :

    http://www.shirky.com/weblog/2011/07/we-need-the-new-news-environment-to-be-chaotic/

    http://www.shirky.com/weblog/2010/11/the-times-paywall-and-newsletter-economics/

    Commentaire par Michel — 28/08/2011 @ 00:54

  17. à comparer avec les larbins parisiens à la Joffrin qui lèchent le cul de Steve Job avec un enthousiasme délirant… quel contraste…

    Commentaire par toto — 28/08/2011 @ 20:06

  18. un journaliste de libye dans le coma suite à une agression… en france!
    http://www.midilibre.fr/2011/08/18/victime-d-une-agression-le-photojournaliste-david-sauveur-est-toujours-dans-le-coma,373451.php

    Commentaire par Javi — 30/08/2011 @ 20:50


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