La Plume d'Aliocha

23/08/2011

L’erreur de tir de Jean-Luc Mélenchon

Filed under: Eclairage — laplumedaliocha @ 11:22

En cette rentrée financière agitée, Jean-Luc Mélenchon s’en prend sur son blog à la supervision européenne des agences de notation. Et au passage, il égratigne la presse en général et mon confrère Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour Libération, en particulier. Motif ? Aucun d’entre nous n’a vu ce que Jean-Luc Mélenchon a découvert : Bruxelles dérégulerait discrètement les agences de notation et en profiterait au passage pour leur accorder de nouveaux pouvoirs ! Sébastien Rochat chez   Arrêt sur Images a procédé à un excellent travail de décryptage de la querelle en n’hésitant pas à mettre les mains dans le cambouis, autrement dit à lire la réglementation incriminée. Je vous y renvoie. Pour les non-abonnés, en deux mots, il montre qu’il n’y a pas de nouveaux pouvoirs accordés aux agences de notation en Europe. A ce stade, quelques petites précisions paraissent utiles.

Contresens

En réalité, Jean-Luc Mélenchon opère un contresens absolu. A l’en croire, en transférant le pouvoir de surveillance des agences de notation des régulateurs nationaux (chez nous l’AMF) vers un régulateur européen, Bruxelles  priverait les Etats membres de leur souveraineté à l’égard de ces agences. Il en déduit que c’est forcément dans un but de dérégulation. Or, c’est précisément le contraire. Pour le comprendre, il est nécessaire d’entamer un petit voyage dans le temps. En 1999, Bruxelles lance le Plan d’action pour les services financiers, ou PASF pour les intimes. J’invite ceux que le sujet intéresse à consulter la page du site de la Commission qui regroupe tous les documents sur le sujet depuis l’origine et propose notamment des rapports d’étape. L’objectif ? Mettre en place une réglementation financière unique en Europe, ce qui suppose d’harmoniser la législation des Etats membres en matière de banque, d’assurance, de marchés financiers, de gestion pour compte de tiers etc… Pour mener à bien ce chantier titanesque, Bruxelles met en place ce qu’on appelle le processus Lamfalussy. L’idée est simple. Puisque la vie financière évolue rapidement tandis que le processus législatif européen est quant à lui très lent, il s’agit de recourir à une procédure de réglementation spécifique. Ainsi, les directives, lourdes et complexes à adopter, ne contiendront que les lignes de force, les grands principes, l’articulation générale. A charge ensuite pour des comités techniques créés spécialement à cet effet de proposer des mesures d’application à la Commission.  De nature réglementaire, elles sont plus simples et plus rapides à adopter puis à modifier. Ces comités ont également pour objet de veiller à une application harmonisée des textes dans l’ensemble des Etats membres. Parmi ceux-ci, CESR (prononcer César) était en charge jusqu’à très récemment des marchés financiers. Dès 2004, l’organisme propose de sortir de son simple rôle de conseil et d’exécutant pour devenir l’amorce d’un régulateur européen des marchés financiers. Et pour cause. L’organisme, composé de représentants des régulateurs nationaux, a compris en observant la pratique au quotidien qu’une réglementation unique en Europe n’avait qu’un intérêt très mesuré si les gendarmes chargés d’assurer leur application et d’en réprimer la violation demeuraient nationaux. Une telle situation présente en effet un lourd inconvénient : il existe autant d’interprétations des textes que de régulateurs, de sorte que les acteurs financiers ont tout le loisir de choisir la réglementation qui leur plait le mieux, l’autorité la plus complaisante, le pays le plus accueillant. L’harmonisation souhaitée n’est que de façade.

L’amorce d’un régulateur européen de la finance !

Il faudra attendre la crise des subprimes pour que les politiques entendent enfin le message de CESR et donnent naissance à l’ESMA le 1er janvier dernier, c’est-à-dire à un embryon de régulateur européen, en charge notamment de la supervision des agences de notation. C’est ce progrès incontestable dans sa nature, si ce n’est dans son étendue, que Jean-Luc Mélenchon critique vertement. Et c’est là qu’il se trompe. Oui les autorités nationales ont en effet transféré leurs pouvoirs à l’ESMA. Il y a trois agences de notation qui se partagent 80% du marché. Faut-il les soumettre à 27 régulateurs différents rien qu’en Europe ? A l’évidence, il apparait beaucoup plus simple et plus efficace que l’Europe s’exprime d’une seule voix sur le sujet. L’ESMA a le pouvoir d’ encadrer les agences de notation, de les surveiller et de les sanctionner. Non seulement il ne s’agit pas d’une dérégulation, mais c’est l’instauration au contraire d’un échelon supplémentaire de régulation qui, dans certains cas, s’ajoute aux régulateurs nationaux et dans d’autres prend leur place. Dans un document que le politique met en lien pour expliquer pourquoi il a voté contre le texte, il évoque le fait que cette autorité pourrait déléguer des pouvoirs aux agences de notation. Il aura mal lu, c’est aux régulateurs nationaux et non pas aux agences de notation que l’ESMA est susceptible de déléguer ses pouvoirs.

Quel grand marché transatlantique ?

Jean-Luc Mélenchon aperçoit également dans la naissance de l’ESMA l’indice de l’édification d’un « grand marché transatlantique ». Le grand marché transatlantique de la finance existe déjà depuis fort longtemps, en revanche la « gendarmerie financière » continue de s’arrêter aux frontières. C’est pourquoi tout le monde aujourd’hui s’accorde à considérer que le fonctionnement mondialisé de la finance appelle d’urgence une réglementation mondiale et une surveillance également mondiale. Par conséquent, parachever l’édification d’un marché financier européen c’est construire une région réglementaire et donc faciliter l’émergence d’une surveillance mondiale. Moins il y aura d’acteurs à mettre d’accord, plus on aura de chances de faire converger les réglementations, mettre en place des programmes de coopération entre régulateurs et, à terme, élaborer des instances mondiales de supervision. La convergence décriée par Jean-Luc Mélenchon qui, encore une fois, est celle de la réglementation et non pas du business, est loin d’être une partie de plaisir. Elle tourne même fréquemment au rapport de force entre les Etats-Unis et l’Europe, chacun estimant que sa réglementation est la meilleure et que si l’autre propose de la faire évoluer, c’est pour privilégier ses propres acteurs. C’est actuellement l’un des freins majeurs à la convergence, tant au sein même de l’ Europe qu’entre l’Europe et le reste du monde.

Bruxelles ne dérégule pas les agences de notation mais les régule

En réalité, le vrai problème dont Jean-Luc Mélenchon devrait s’émouvoir, c’est que l’on avance si lentement et de façon aussi timorée vers la création d’un super gendarme financier en Europe.  A la décharge de Bruxelles, mettre d’accord 27 états n’est pas une mince affaire. Surtout que la Grande-Bretagne refuse systématiquement toute avancée de la régulation européenne pour protéger la très concurrentielle place de Londres, tandis que nos amis allemands sont souvent empétrés dans des problèmes constitutionnels complexes. Et ceci pour ne citer que les obstacles les plus récurrents. Au-delà de ces questions de souveraineté, se pose évidemment le problème du lobbying financier qui n’a de cesse de freiner le processus en avançant que toute nouvelle réglementation va tuer l’innovation et la compétitivité européenne au détriment bénéfice des Etats-Unis et des places émergentes. La technicité du sujet a pour conséquence que l’élaboration de la réglementation échappe au citoyen pour se concentrer dans les mains des experts, c’est-à-dire des acteurs de la finance eux-mêmes. Il y a là un vrai sujet démocratique. Plus profondément, il serait judicieux de discuter le postulat de Bruxelles selon lequel l’ouverture à la concurrence constitue l’outil privilégié de la régulation. En clair, si un marché est ouvert, la compétition entre les acteurs opère un équilibrage naturel au bénéfice des consommateurs. On trouve des traces de ce raisonnement dans les textes critiqués par Jean-Luc Mélenchon dès lors que ceux-ci visent à favoriser l’émergence de nouvelles agences de notation pour concurrencer les 3 grandes qui se partagent le marché. Mais c’est surtout la directive MIF qui illustre ce travers. Elle a mis fin en 2007 au monopole des bourses traditionnelles (par exemple Euronext) sur l’exécution des ordres, estimant que  l’émergence de nouvelles plateformes de négociation, devait entraîner la baisse des tarifs, augmenter les liquidités et accroître la transparence. Non seulement aucun de ces objectifs n’a été atteint, mais en l’espèce le remède de la concurrence s’est avéré pire que le mal du monopole. Les tarifs ont augmenté, la liquidité s’est fragmentée, l’opacité des transactions est devenue si grave que les sociétés cotées elles-mêmes ne savent plus ce qu’il se passe sur leurs propres titres. La directive a été remise en chantier.

Une notation est indépendante ou elle n’est pas

Accessoirement, Jean-Luc Mélenchon s’émeut du fait que les textes interdisent aux Etats de se mêler des attributions de note. Eh oui. Il parait assez logique de préserver l’indépendance desdites agences tant à l’égard des sociétés que des gouvernements. A quoi servirait une note dont on pourrait soupçonner qu’elle ait été manipulée pour des questions politiques ?  Soit l’on considère qu’on a besoin d’agences de notation et on fait en sorte de repenser leur fonctionnement, leur indépendance et leur surveillance pour qu’elles fassent un travail de qualité. Soit on les supprime. Mais alors, d’autres acteurs prendront leur place car les marchés ont besoin d’analyses et d’opinions (voir à ce sujet l’interview de Frédéric Lordon dans Marianne du 13 août). En d’autres termes, si Jean-Luc Mélenchon se place à l’intérieur du système actuel, il n’a pas d’autre choix que de saluer les progrès accomplis et d’inviter le politique à aller plus loin, plus fort et plus vite. Soit il se place en dehors du système et alors la question de savoir qui régule, ou pas, les agences de notation ne présente aucun intérêt. La vraie question devient : est-il possible d’échapper à l’influence grandissante de la finance sur nos démocraties et si oui, comment ? Dans le même numéro de Marianne cité plus haut, Philippe Cohen s’émeut du fait que les marchés financiers sont en passe de devenir les grands électeurs de nos démocraties, tandis que Guy Sitbon avance, en s’appuyant sur les analyses de l’économiste James Kenneth Galbraith (le fils de John K Galbraith) qu’en dégradant la note des Etats-Unis, Standard & Poors a tout simplement décidé de briser Obama.Voilà de vrais sujets de débats.

 

Note 15h09 : Je m’aperçois que je n’utilise pas les mêmes acronymes qu’@si ce qui nuit à la compréhension d’un sujet déjà très technique. CESR est l’acronyme anglais du CERVM, Comité européen des régulateurs de valeurs mobilières. Ce comité est devenu l’ESMA, acronyme anglais de l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici le site de l’institution. Je signale également la publication le 19 aout dernier du rapport (PDF) de l’Autorité des marchés financiers (le régulateur français des marchés financiers) sur les agences de notation. La première partie explique en détail la nouvelle répartition des pouvoirs entre les autorités nationales et l’ESMA.

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86 commentaires »

  1. Les agences de notation, c’est comme les critiques de cinéma… Elles n’ont en réalité aucun pouvoir. Elles donnent juste leur avis. Ensuite c’est aux banques et autres prêteurs mondiaux de décider de suivre cet avis ou non.
    Vous connaissez ces magazines distribués dans les salles de cinéma qu’on feuillette en attendant le début du film ?… Dans ces magazines, tous les films sont géniaux, à voir, passionnants, émouvants, drôles etc…
    Et évidemment vous savez bien que ces « critiques » sont bidons, de la communication, et vous n’en tenez aucun compte.

    Eh bien avec les agences de notation c’est pareil. Si on crée une agence de notation publique qui ne donne que des bonnes notes à tout le monde, les prêteurs n’en tiendront pas compte et finalement ça ne résoudra rien.

    Commentaire par Arnaud — 23/08/2011 @ 11:29

  2. Comme d’habitude, je n’ai rien compris.

    Commentaire par BAB's — 23/08/2011 @ 11:37

  3. @Arnaud: pas tout à fait. un certain nombres d’établissement sont tenus à avoir des placement ‘bien notés’ (type au moins xx% de AAA) afin de garantir la stabilité de leur investissement, de prouver qu’ils agissent sagement. De fait, dégrader une note force ces établissement à liquider certaines de leur position pour les remplacer par d’autres. Ces réglementations conçues pour forcer à être raisonnable sur les placements au final donnent un énorme pouvoir aux notes. Il faut toujours être très prudent quand on légifère…

    Commentaire par kaeldric — 23/08/2011 @ 11:46

  4. @BAB’s : merci de me soutenir le moral, un article incompréhensible, c’est un journaliste en faute professionnelle. Heureusement que je suis ici simple blogueuse 😉 cela étant, puisque Mélenchon nous prend pour des cons, nous et nos confrères, j’avais envie de lui montrer qu’on n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis technique et visiblement beaucoup plus que les politiques eux-mêmes ! Au passage, cela illustre pour les lecteurs que si nous écrivons simple dans la presse, nous sommes capables de réfléchir de manière complexe…

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2011 @ 11:58

  5. @kaeldric: les établissement sont « tenus » par qui ? Par des investisseurs qui ont confiance en la sincérité des agences de notation. Le jour où les agences seront suspectées d’être trop indulgentes (ou trop sévères) en raison de motifs politiques, elles perdront tout intérêt et on ne suivra plus leurs avis.
    Comparons ça par exemple à un guide gastronomique… Entre le guide michelin, malgré tous ces défauts, et un guide édité par l’office du tourisme de la ville où vous vous trouvez, et qui vous dit que tous les restaurants sont géniaux, qui doit-on croire ?…

    Commentaire par Arnaud — 23/08/2011 @ 12:02

  6. @Aliocha : « Heureusement que je suis ici simple blogueuse »

    Je dirais plutôt : Quel dommage que ce billet ne soit pas un article de journal !!
    Pourquoi, ô pourquoi faut-il aller vous lire, vous ici ou @si, pour avoir ce travail d’analyse, qui doit être celui de tout journaliste papier grand public ? N’ayez pas peur de donner de la confiture à des cochons et foutez-moi ce genre de boulot dans tous les journaux ! Il paraît que les rozbifs se sont un peu déshabitués à manger de la merde grâce aux habitudes culinaires importées et popularisées par les immigrés français à Londres. Essayons de faire la même chose chez nous avec les idées.
    Je suis très loin de penser que les ânes ont soif, mais il serait coupable de ne pas au moins essayer de leur présenter à boire.

    Commentaire par VilCoyote — 23/08/2011 @ 12:45

  7. @Arnaud: Je suis bien d’accord, les agences doivent être indépendantes. Mais si c’est nécessaire pour être ‘juste’, c’est hélas loin d’être suffisant. Elles peuvent, de bonne fois, se tromper. Elles peuvent aussi ‘fermer les yeux’ (de moins bonne fois, donc). Voire elles peuvent participer sciemment à une escroquerie.
    L’indépendance faces aux Etats soit. Mais on n’est jamais indépendant de ceux qui vous financent (tiens, aussi un problème connu par la presse). Simplement, la laisse est plus ou moins courte. Ici, le problème vient du financement des agences de notation: elles sont payées par ceux qu’elles évaluent! Si leur ‘utilité sociale’ est de renseigner l’investisseur, ce devrait être à celui-ci de payer. La tentation de collusion ainsi que le soupçon sont inévitables quand l’agence vend à la Banque l’évaluation des produits que cette dernière met sur le marché.
    Quand si peu de sociétés (on peut considérer qu’il n’y en a que 3 qui pèsent réellement) ont un tel impact sur le marché, la pression, l’influence existent toujours. S&P a-t-il voulu ‘casser’ Obama? Ou au contraire les bonnes notes historiques (non justifiées?) des USA sont elles plus la preuve de l’influence de l’Etat sur les agences ? Tout est toujours sujet à interprétation. Et la confiance fluctue. A la hausse, comme à la baisse, de manière très brutale.

    Commentaire par kaeldric — 23/08/2011 @ 13:43

  8. Ah ben voilà, l’inspiration est venue ! 😉

    Merci pour cet avis un peu technique. C’est intéressant de voir comment, comme d’habitude, les réactions de certains à des décisions européennes sont guidées par toujours la même vision souverainiste. En gros, pour certains, si l’Europe « prend » des pouvoirs aux pays, c’est mal, fin de la discussion. Mais c’est intéressant aussi de voir que ces questions de régulation, qui font maintenant les gros titres, sont en fait débattues dans les milieux spécialisés depuis un moment.

    Commentaire par Rémi — 23/08/2011 @ 14:30

  9. Jean-Luc Mélenchon est sans doute aveuglé par sa querelle avec Jean Quatremer (lequel a aussi pondu certains de ses plus mauvais articles quand il s’en est pris à Mélenchon).
    La rancune et la mauvaise foi n’aident pas à la réflexion…

    Commentaire par Iznogoud — 23/08/2011 @ 15:19

  10. Bon, si on parle du fond du débat (Mélenchon dit n’importe quoi sur le contrôle européen des agences de notation), je suis dans l’ensemble plutôt d’accord.
    Ceci dit, le fond de la critique de Mélenchon (Bruxelles dérégule) a tout de même un peu de réalité, non ? En assurance, on a droit à solvabilité II. Si on lit le discours officiel de la commission, il s’agit simultanément de rendre plus solvables les organismes d’assurance et plus concurrentiel le marché le marché européen de l’assurance (au fait : il y a un marché européen de l’assurance ? De la réassurance, très certainement, mais de l’assurance ?) pour le plus grand profit des assurés…
    Bilan des courses, et je rentre très clairement dans le procès d’intention, grâce à solvabilité II nous verrons (très probablement, les textes n’existent pas encore) arriver les agences de notations dans la réglementation prudentielle française, alors que tel n’était pas le cas jusqu’à présent. Merci qui ?

    Commentaire par Cimon — 23/08/2011 @ 16:06

  11. @Cimon : je ne connais pas du tout le dossier Assurance, donc je ne peux pas vous répondre sur ce point. D’une manière générale, Bruxelles fonctionne dans une logique libérale et adhère aveuglément au dogme de la concurrence comme remède principal à tout. A mon avis, si Mélenchon veut critiquer, et entre nous il me parait indispensable de critiquer, alors qu’il frappe au coeur et pas à côté. Or, le coeur du problème, me semble-t-il, c’est le dogme de la concurrence, la technicité des sujets qui exclut en partie un débat citoyen, les souverainetés qui entravent les efforts de régulation, le processus Lamfalussy qui fait la part belle à la technique au détriment peut-être d’un débat démocratique. En s’accrochant à son soupçon de dérégulation sur fond de transfert de souveraineté, il tape à côté.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2011 @ 16:13

  12. @ laplumedaliocha : en fait, nous sommes d’accord au fond.

    Allez, juste pour vous faire plaisir, la directive solvabilité 2, avec mon bonus spécial contrôle démocratique « le Parlement européen comprend parfaitement ce qu’il vote » à l’annexe IV (pages 636 et suivantes du document): http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/09/st03/st03643-re06.fr09.pdf

    Commentaire par Cimon — 23/08/2011 @ 16:25

  13. Quatremer a raison, Mélenchon a tort sur toute la ligne, il n’y a que ces cons d’événements qui lui donnent raison…

    Commentaire par polo — 23/08/2011 @ 19:01

  14. Il s’agit de se reapproprier l’espace pris par les marchés financiers.

    Aliochat craint l’eau froide

    Commentaire par leon — 23/08/2011 @ 19:16

  15. Jean-Luc Mélenchon a toujours raison.

    Commentaire par Mr. Nice Guy — 23/08/2011 @ 19:22

  16. Il y a que les doux rêveurs ou les initiés de la manipulation (financière) pour croire que les gredins de la notation seraient indépendants des gredins de la finance. l’Europe actuelle, comprendre les gouvernements actuels n’étant que leur porte serviette servile, aidés en cela par des pseudos experts à leur solde. L’analyse de Mélenchon à cela de vrai, c’est qu’il pointe l’urgence de revoir le fonctionnement de ces institutions qui ne sont là que pour enfumer le quidam et servir un peu plus les voraces du profit à tout prix.

    Commentaire par rodydecoue44 — 23/08/2011 @ 19:26

  17. Haha !
    Voilà le genre de débat qui mériterait un face à face !
    Etaler ses idées sous forme de pavé est une chose,
    les soutenir à l’oral en duel télévisé en est une autre.
    Car au fond, cet article n’est pas vraiment là pour tirer sur Mélenchon
    mais pour servir d’excuse aux agences de notation.
    Tournez ça comme vous le voudrez,
    tant que ces agences dégraderont les notes d’un pays après l’autre,
    elles seront de plus en plus controversées et sujet à enquête.

    Commentaire par Gérald Lubbin — 23/08/2011 @ 19:56

  18. Il faut vraiment être un doux rêveur pour penser que les nazis de marché fanatiques de la Commission du 4e Reich- » Union Européenne  » puissent abandonner leur idéologie de la  » concurrence libre et non faussée « .

    Que parfois, à l’insu de leur plein gré, une de leur décision apparaisse positive, cela tient plus de l’ effet externe non maîtrisé, de la ruse de la raison, de l’ accident de l’histoire que d’une volonté consciente,raisonnée et clairvoyante.

    Commentaire par Jean-François Michel Dumont — 23/08/2011 @ 20:01

  19. @Gérald Lubbin : ce papier est là pour pointer les vrais problèmes, mais on peut aussi continuer de se battre contre des moulins à vent pendant que la finance se tord de rire…personnellement, je pense qu’on a tout à gagner à connaître son ennemi, mais ce n’est que mon avis. Mélenchon peut continuer de ne rien comprendre, traiter les journalistes de cons et voter contre la régulation des agences de notation. Parce qu’au fond, si je résume mon billet long et chiant en une phrase, cela donne : Mélenchon a voté contre la régulation des agences de notation. Convenez que c’est ballot, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2011 @ 20:04

  20. Complètement à coté de la place cet article.

    Commentaire par TotheB — 23/08/2011 @ 20:05

  21. Je prie les visiteurs en provenance de Marianne 2 de bien vouloir développer un brin d’argumentation dans leurs commentaires, c’est un lieu de discussion ici, pas un crachoir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/08/2011 @ 20:07

  22. Il y a tout de même un problème avec l’Europe. Prendre des décisions aussi importantes en dehors de tout contrôle démocratique est quand même bizarre. La nature « règlementaire » de ces orientations, avec le prétexte qu’il faut « aller vite », c’est un peu effrayant. Plus généralement, il faut admettre que l’on puisse ne pas être pour une Europe fédérale, celle que l’on est en train de nous imposer. Cela est « souverainiste » ? Oui. je considère que ce qualificatif n’est pas une insulte, mais un droit.

    Commentaire par vincedo — 23/08/2011 @ 20:29

  23. @Vincendo: personne ne nie la liberté d’opinion, que ce soit d’être souverainiste ou non. Ce que pointe ici Aliocha, c’est un contresens. Mélenchon reproche à l’Europe de déréguler alors qu’elle s’y essaie. Que cette régulation soit bonne ou non n’est pas la question. Il est plus que possible de critiquer l’Europe pour ces torts réels.
    La critique est plus efficace quand elle touche juste. Se tromper, c’est donner une arme à ceux que l’on combat.

    Commentaire par kaeldric — 23/08/2011 @ 20:46

  24. Ah, je vous suggère de débattre du sujet avec Mélenchon sur l’excellent plateau d’@si. L’émission qui en découlerait ne pourrait en être qu’intéressante.

    Petit truc entendu à la radio tout à l’heure : le patron de standard&poor’s va être remplacé courant septembre par… un autre gars venu des banques. Mais enfin, qui peut croire à l’indépendance des agences de notation : leurs dirigeants sont comme cul et chemise avec la finance puisqu’ils en viennent tous !
    Autre truc à vérifier, il me semble que l’actionnaire principal de S&P est un fervent partisan des républicains étasuniens… ce qui pourrait expliquer l’attitude de l’agence.

    Commentaire par Malaberg — 23/08/2011 @ 20:56

  25. si la plumedaliocha pense que Jean Luc Mélenchon s’est trompé, le mieux serait peut être d’accepter un débat contradictoire organisé par Marianne et je serai bien curieux de vérifier si à cette occasion, les incompétences de Mélenchon se révelront autant que celles attribuées à Miterrand avant son élection en 1981 !

    Commentaire par thierryjay93 — 23/08/2011 @ 20:57

  26. Mille bravos à l’auteur de cet article. Il n’est en effet pas aisé de dénoncer de façon posée et argumentée les délires et mensonges contenus dans la plupart des éructations violentes et haineuses du candidat soutenu par le parti politique complice historique des crimes du stalinisme. Encore bravo, et merci.

    Notons par ailleurs comme il est amusant (façon de parler, bien entendu !) de voir venir s’agiter lamentablement la petite milice du web dédiée à la gloire de leur guide, gourou et maître et à la défense acharnée de ses erreurs et de ses errements.

    Commentaire par Jérôme — 23/08/2011 @ 21:14

  27. Vous montrez que l’Europe va essayer, timidement quand même, de créer « embryon de régulateur européen ».
    Donc une arme éventuelle contre les dérives des financiers, des banques, des agences de notation. Très bien.
    Seulement la question qui reste pleine et entière est : « Dans quel but ? ».

    Vous nous expliquez que c’est pour s’en servir, Mélenchon explique que c’est pour la laisser dans le tiroir.
    Même si, techniquement, vous semblez avoir raison (honnêtement, j’ai été lire l’article de Mélenchon mais pas les horreurs imbuvables que vous nommez « cambouis », je vous fais confiance), il n’en reste pas moins que les européens pourraient penser à juste titre que l’Europe continue à agir comme elle le fait depuis maintenant si longtemps : elle dit se dote des outils pour mieux les ranger et ne surtout pas s’en servir.

    Et, en cela, franchement, voter pour ou contre ce texte, n’a pas grande importance. On peut même comprendre qu’il vote contre si il est sincèrement convaincu que l’Europe se fout ouvertement du monde.

    Commentaire par Deckard — 23/08/2011 @ 21:44

  28. Cet article ressemble étrangement à ceux que l’on pouvait lire lors du référendum sur la constitution européenne de 2005.

    Nos journalistes nous expliquaient que l’Europe allait réglementer l’ultralibéralisme, contrôler le capitalisme sauvage, réguler la finance folle, apporter des avancées sociales… Nous avons vu ce qu’il en était dans les faits.

    Je n’ai pas cherché d’articles de journalistes mais vous pouvez me croire, par contre j’ai dans mes archives quelques exemples des propos tenus par les politiques à l’époque :
    http://www.politis.fr/Il-y-a-six-ans-le-mensonge-et-la,14330.html

    Jack Lang :  » C’est le plus progressiste de tous les traités européens jamais conclus. […] Refuser ce traité – il faut que les Français le sachent – c’est livrer la France, notre pays, au vent destructeur du libéralisme et du capitalisme sauvages ! […] Ce traité est une arme pour faire avancer l’Europe sociale et la France sociale.  »

    Dominique Reynié, dans une conférence à Nanterre (15 février 2005) : «  Le traité, moi je le considère comme parfait. » Espérons pour lui qu’il ne le critique pas depuis. « Les vrais libéraux ont bien lu le texte et n’en veulent pas », déclarait-il encore sur I-Télé, le 22 mars 2005. Ce politologue éclairé dirige maintenant la Fondation pour l’innovation politique, émanation de l’UMP, qui comme chacun sait n’est pas plus libéral que M. Reynié.

    François Hollande :  » Pour la première fois, le plein-emploi, l’économie sociale de marché, le développement durable sont des objectifs pour l’Europe. »  Chacun l’a remarqué en effet.

    Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn :  » Il faut ratifier ce texte car, pour la première fois, il dessine l’Europe que nous voulons : une Europe politique et sociale.  »

    Julien Dray :  » Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe.  »

    Jacques Chirac à la Sorbonne (26 avril 2005) :  » L’adoption de la Constitution européenne donnera naissance à une Europe ambitieuse qui fera résolument le choix d’une harmonisation sociale par le haut, c’est-à-dire le refus du dumping social.  »

    Je ne sais par quel miracle les meilleures intentions de Bruxelles se retrouvent contredites dans les faits.
    Je vous livre quelques hypothèses :
    Aliocha nous dit : « se pose évidemment le problème du lobbying financier qui n’a de cesse de freiner le processus en avançant que toute nouvelle réglementation va tuer l’innovation et la compétitivité européenne »
    Il est très difficile pour un lobby de discuter avec 27 pays, il est beaucoup plus simple et économique pour lui de n’avoir qu’un interlocuteur, Bruxelles, qui imposera sa décision aux 27 Etats.

    Aliocha nous dit : « A la décharge de Bruxelles, mettre d’accord 27 états n’est pas une mince affaire. Surtout que la Grande-Bretagne refuse systématiquement toute avancée de la régulation européenne pour protéger la très concurrentielle place de Londres, tandis que nos amis allemands sont souvent empétrés dans des problèmes constitutionnels complexes. »
    La fameuse harmonisation se fait bien souvent par le bas. Et c’est ce qui risque d’arriver avec la réglementation sur les agences de notation. Elle sera calquée sur la réglementation de Londres… ultra-protectrice comme chacun sait…
    On peut reprendre le même argument pour le Conseil économique transatlantique.
    Au bout du compte les pays comme la France avec une réglementation forte doivent se calquer sur ceux ayant une réglementation faible.

    Aliocha fait un mauvais procès à Mélenchon : « Plus profondément, il serait judicieux de discuter le postulat de Bruxelles selon lequel l’ouverture à la concurrence constitue l’outil privilégié de la régulation. En clair, si un marché est ouvert, la compétition entre les acteurs opère un équilibrage naturel au bénéfice des consommateurs. »
    Mélenchon critique la concurrence libre et non faussée dans presque tous les articles de son blog :
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/
    Il souhaite la remplacer par la coopération et la solidarité européenne.

    Aliocha nous dit : « Philippe Cohen s’émeut du fait que les marchés financiers sont en passe de devenir les grands électeurs de nos démocraties […] Voilà de vrais sujets de débats. »
    Vous me faîtes rire, Mélenchon n’a pas attendu Cohen pour lancer ces débats.
    Il était temps que Marianne s’en fasse l’écho.
    Je suis heureux que les thèmes que défend Mélenchon depuis des mois commencent à diffuser dans les médias.

    Commentaire par Pierre — 23/08/2011 @ 22:05

  29. Je trouve fantastique l’énergie dépensée par l’auteur de cet article.La finalité semble être destinée à discréditer M.Mélenchon.
    Ce dernier n’ayant besoin que de lui-même pour ce rendre ridicule publiquement, l’auteur prend plaisir à nous étaler sa science dans un but surement narcissique.
    Affligeant.

    Commentaire par miklaet67 — 23/08/2011 @ 22:57

  30. L’article aurait pu être intéressant si vous ne le justifiez pas dans tout vos commentaires par la haine que vous portez à Mélenchon pour avoir oser critiquer le système médiatique dominant et quelques journalistes qui lui en ont mis plein la gueule. C’est bizarre puisque vous n’êtes que « simple bloggeuse » vous n’auriez pas du vous sentir visé ! Vous sentir attaquez fait que vous vous sentez appartenir à la caste supérieure des journalistes ? Non Mélenchon ne prend pas les journalistes pour des cons, mais si ça peut continuez à vous faire pondre des articles avec un minimum de travail et d’analyse, vraie ou fausse, alors continuez à le penser.

    Deuxièmement, votre phrase « les souverainetés qui entravent les efforts de régulation » me fait penser que, si, finalement, vous en êtes peut être bien un peu, journaliste qui débite les idéologies dominantes. Il va falloir me convaincre des efforts de régulation de l’Europe. Cette Europe n’a fait que déréguler par une mise en concurrence de tous ce qui étaient possible et imaginable et par une déconstruction des cadres qui structuraient et encadraient ces domaines, les énergies, les transports, les services… Il n’y a qu’à voir le contenu de la directive service. Ce n’est pas la souveraineté qui entraine la régulation, (enfin pas celle de la France, peut être celle des pays encore plus dérégulé que l’Europe), les causes sont peut être plus à chercher du côté du traité de Lisbonne, enfin j’dis ça, j’dis rien !

    Commentaire par Mathieu — 23/08/2011 @ 23:37

  31. A mes yeux, tout ce qui est excessif nuit au raisonnement.
    Autant je ne comprends pas, je déplore que M. Mélenchon se permette de qualifier certains journalistes comme il l’a eu fait (si je ne m’abuse, il semble avoir compris que cela lui portait plus de tort qu’il ne le supposait), autant je crains que vous n’adoptiez ici un peu la même attitude (même si c’est avec un langage différent) envers lui… Quand on se sent attaqué, on se laisse parfois aller… On peut l’admettre.
    Pourtant, vous le savez mieux que moi, l’Europe, la conception de l’Europe, la vision que chacun en a divise profondément le peuple français et depuis déjà longtemps. Je considère d’ailleurs, à tort ou à raison, que c’est le clivage de fond même si cela n’est pas dit, reconnu. Or, dans le cadre de la mondialisation, l’union non seulement accepte mais développe et se soumet au néolibéralisme ambiant. Qu’il y ait donc débat, contresens… cela est, en démocratie, naturel, essentiel, une bonne chose… Et pour lire les articles de son blog, comme les vôtres, j’estime que ses analyses peuvent être aussi pertinentes, travaillées et ne méritent pas un jugement global à l’emporte pièce si négatif. Surtout quand la crise actuelle révèle à ceux qui suivent un peu l’actualité que le système financier ne se porte pas ces temps-ci très bien… pour ne pas reprendre une expression qui fait florès : « le capitalisme est à l’agonie ».
    Respectueusement.

    Commentaire par J. C. — 24/08/2011 @ 00:28

  32. @Vincedo : c’est une vraie question en effet, et si je l’ai soulevée c’est parce que je pense que le contrepoids de Jean-Luc Mélenchon serait important sur ce sujet.
    @Kaeldric : vous le dites mieux que je ne n’ai su l’exprimer
    @malaberg : je suis journaliste, pas politique, un débat entre nous n’aurait aucun intérêt, je n’ai pas vocation à agir mais à comprendre et informer
    @thierryjay93 : même réponse qu’à malaberg, je crois sincèrement que Mélenchon se trompe de combat et je le dis, pour aider, parce que ce que je vois dans mon métier de journaliste, j’estime devoir en rendre compte à ceux qui sont en mesure d’agir
    @jérôme : je crois que Mélenchon regarde les choses avec des lunettes idéologiques et que s’il les posait, il verrait qu’elles sont différentes et parfois pire que ce qu’il pense, mais aussi parfois meilleures que ce qu’il croit
    @deckard : quand vous voyez la somme de travail que ça représente, vous ne pouvez pas imaginer un instant que ce soit volontairement pour ne rien faire. En fait, les deux problèmes majeurs sont le parti-pris idéologique parfois inconscient qui anime Bruxelles et la difficulté de trouver un terrain d’entente à 27 qui aboutit souvent à des solutions de compromis mal fagotées. C’est aussi banal que ça. Mais ça n’en est pas moins dangereux. Les théories du complot dissimulent souvent des réalités humaines assez médiocres auxquelles on refuse de croire…
    @mikaele67 : vous n’avez pas tort, j’étale ma science en effet, mais pas pour le plaisir. C’est un blog ici où je défends le journalisme. Mélenchon attaque la presse, je veux juste montrer qu’on connait nos sujets et qu’en l’espèce, il me semble qu’il se trompe. Il ne s’agit pas de le descendre, nous avons besoin de contrepoids forts, ce qui est important, c’est que ces contrepoids joue pleinement leur rôle en traitant les vrais problèmes. Ce qu’écrit Mélenchon me donne à penser qu’en l’espèce il passe à côté de l’essentiel.
    @Mathieu : non seulement je n’ai aucune haine contre Mélenchon mais je pense qu’on a besoin de lui. A condition qu’il frappe au coeur du système. Faute de quoi, la finance se foutra de sa gueule et continuera son chemin. Et oui, je suis journaliste, mais je n’appartiens à aucune caste supérieure. Quant au souverainisme, je pense qu’il ne mènera nulle part sur le sujet qui nous occupe, mais ce n’est que mon avis. Et ce n’est pas l’argument de Mélenchon, son argument est de nature complotiste, or il y a de vrais problèmes, évidents, qui sautent aux yeux et qui devraient le mobiliser plutôt que d’aller se fourvoyer dans des procès d’intention qui sont à côté de la plaque.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 00:43

  33. @aliocha: Votre article me fait furieusement penser à ceux que des geeks écrivent quand un « politique » raconte des bêtises sur Internet et sa régulation : plusieurs pages d’explications pédagogiques que l’auditoire à convaincre ne lira pas de toute façon.

    Quel est le but de Jean-Luc Mélenchon ? Faire des voix, pas être techniquement correct sur le sujet difficile de la régulation financière. Il s’adresse à un électorat qui a certaines idées, notamment celle que les élites politiques, médiatiques et financières, mettent les peuples en coupe réglée, il dit des choses qui vont dans le sens de ces idées, et ça marche. Qu’importe que ces choses soient vraies, à moitié vraies, ou carrément fausses, cela n’a aucune importance.

    Autrement dit, ce n’est pas Mélenchon qui fait une erreur de tir, c’est vous. 🙂 Mélenchon a peut-être techniquement tort, mais ce qui lui importe, c’est le gain politique. 🙂

    Commentaire par DM — 24/08/2011 @ 01:14

  34. @Arnaud: « les établissement sont « tenus » par qui ? Par des investisseurs qui ont confiance en la sincérité des agences de notation. »

    Ce n’est pas vraiment le cas. Beaucoup de vehicules d’investissement sont soumis a une reglementation qui les obligent legalement a avoir des actifs ayant une composition de notes particuliere. Par example aux USAs, les Money Market Funds ne peuvent avoir que des dettes ayant une note AAA de par au moins 2 des 3 agences de notation. C’est une reglmentation de la SEC. Beaucoup des investisseurs aux USAs (fonds de pention en particulier) doivent maintenir certains ratios qui sont affectes par la note. En d’autre termes, les agences de notation peuvent faire tout et n’importe quoi, il est impossible d’acceder aux marcher de credit sans se faire noter.

    Sinon, si vous voulez voir la confiance qu’on les marcher dans les agences de notation, je vous conseil de regarder le prix du 10-year T-note juste apres l’abaissement de la note des USAs: Le prix monte.

    Il y a des analyses statistiques qui semblent dire que les agences de notation n’apportent pas d’information utile aux marchers en ce qui concerne les notes des etats. Par example, si la note d’un etat baisse, il y a une grande chance pour qu’elle tombe encore dans les 6 mois qui suivent. Ce que cela veut dire c’est que si vous dependiez de la note pour investir, vous seriez sous-informer par rapport aux autres acteurs du marcher.

    Il faut quand meme se rappeler que les agences de notation expriment leur opinion. Reglementer l’expression de cette opinion me semble dangereux sur le point de vue des libertes publiques.

    Commentaire par PrometheeFeu — 24/08/2011 @ 02:07

  35. Aliocha doit être contente du buzz : critiquer l’article de Mélenchon sur les agences de notation , pour défendre ces dernières, il fallait le faire en ces temps où tout le monde vomit ces instituts privés au service de la finance internationale . Ce n’est pas l’eurocrate Quatremer qui vous contredira, lui qui s’intéresse plutôt à la vie privée des politiques ( voir l’article d’Acrimed ce jour) qu’au fonctionnement antidémocratique de l’UE . Ni le Figaro ( la voix de son maitre ) que vous défendez ( Figaro bashing « à la mode » ) .

    Votre interprétation est amusante en prétendant que ces agences – auxquelles l’UE a officiellement ouvert ses portes en juin dernier – seraient régulées par l’ESMA , autorité européenne de régulation des marchés de valeur mobilières : un instrument supplémentaire de régulation dit Aliocha, en déléguant cet pouvoir exorbitant de noter les états à des agences privées qui sont juge et partie par leur mode de financement et par leur statut accordé en Europe : dispensées de fournir pour leur accréditation, leurs méthodes d’évaluation ( sacro saint secret d’entreprise commerciale ) .Même le gauchiste Barnier a dit qu’il faut  » désactiver » les agences de notation et empêcher qu’elles dégradent la note d’un pays bénéficiaire d’une aide internationale .
    L’indépendance qui est mise en avant pour ces agences qui aideraient à la régulation, alors que l’Europe nage structurellement dans l’anarchie financière, c’est la liberté du renard dans le poulailler .Les français avaient clairement répondu en 2005 au projet européen tel qu’il se concrétise aujourd’hui, mais les eurocrates inconditionnels font quand même ce qu’ils veulent .
    Quant au Grand Marché Transatlantique qui va être opérationnel en 2015, je passe sur l’ignorance profonde d’Aliocha : il s’agit clairement d’un transfert supplémentaire de compétence .

    On peut être surpris de cet article développé 8 jours après la note de Mélenchon sur un sujet un peu aride -mais très instructif – concernant les arcanes de la réglementation européenne .
    On l’est moins quand on sait qu’Aliocha défend inconditionnellement les Journalistes -J majuscule s’il vous plait . On sait que ses relations avec la profession ont parfois été tendues, ceci explique certainement cela .Mais voyez vous chère Aliocha, même sans être au FdG, on peut être très très critique vis à vis d’une profession qui ,surtout dans les médias dominants, oublie trop souvent de faire son métier en toute indépendance, c’est à dire informer .

    Commentaire par Alex — 24/08/2011 @ 10:23

  36. @Alex : il n’est pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Prétendre que je défends les agences de notation dans ce billet ne démontre qu’une chose, l’auteur ne sait pas lire. Je ne vois pas d’autre explication, sauf peut-être la mauvaise foi.

    La question ici n’est pas d’être pour ou contre les agences de notation, mais de déterminer si l’Europe régule ou dérégule ces agences. Réponse : L’Europe régule les agences de notation, les soumet à une procédure d’enregistrement (en cours y compris pour les agences américaines), pose des règles pour les existantes et celles qui viendraient à se créer et confie comme première mission au tout nouveau régulateur européen le soin de les surveiller et de les sanctionner. De rendre également compte au parlement au conseil et à la commission des sanctions prises.

    Et on me soutient sans rire qu’il s’agit d’une dérégulation des agences de notation ? Qu’en expliquant le contraire sur la simple base de ce que je lis, je défendrais les agences de notation ? Si la mauvaise foi se mesurait vous seriez à Sèvres, comme maitre-étalon. Les agences n’ont pas besoin d’être installées en Europe pour noter les Etats et les entreprises de l’Union, nous l’avons vu je crois récemment, en conséquence de quoi, il s’agit bien en l’espèce d’un serrage de vis. L’Europe fixe ses propres règles et les impose. Sanctions à la clef pour ceux qui ne respecteraient pas les règles. On peut tourner les textes dans tous les sens, on en revient toujours là.

    Les interdire n’aurait servi à rien dans une économie mondialisée. Cela n’aurait même servi à rien tout court, je vous renvoie vers Lordon sur ce sujet. Les marchés auraient inventé d’autres solutions pour avoir des avis. Donc on ne peut que les réglementer et les sanctionner si elles déconnent. En outre, si vous ne comprenez pas que s’exprimer d’une voix unique sur un tel sujet en Europe vaut mieux que de le faire de 27 façons différentes, je ne peux rien pour vous.

    Et puisque vous croyez connaître mon avis sur les agences de notation, je vais vous le donner, ça vous évitera là encore d’écrire des âneries. Je trouve que des soi-disant professionnels qui ont noté Triple A des produits pourris devraient tout simplement disparaître du paysage, de la même façon que le cabinet d’audit Andersen a été rayé de carte après avoir certifié les comptes faux d’Enron. La différence entre vous et moi, c’est que je ne tiens pas l’Europe pour responsable de tous les maux de la planète. Pas plus que je ne pense que Bruxelles est une sorte de monstre à la solde de Wall Street.

    Quant à la défense des journalistes, je ne les défends pas, je trouve simplement insupportable qu’on reproche à la presse de n’avoir pas vu quelque chose qui n’existait pas. Contrairement aux politiques, nous ne pouvons pas tordre la réalité pour la faire entrer dans nos convictions. Ne vous en déplaise.
    Reste mes « relations tendues avec la profession », vous me faites rire. Mes relations avec ma profession se portent fort bien, je vous remercie. Votre insinuation est dans la droite ligne de votre commentaire, la réalité semble vous être totalement indifférente, tout ce qui compte, c’est ce que vous croyez. Je vous laisse à vos mirages, personnellement, ce sont les faits qui m’intéressent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 11:05

  37. Tous ces articles sur l’UE, son rôle et sa prétendue maîtrise de la finance internationale, ainsi que les gens qui prétendent y servir à quelque chose tels le « Messie de l’UE qu’il va rendre sociale » et qui nie que l’UE n’est pas l’Europe de tous les européens mais seulement de ceux qui sont asservis par l’oligarchie financière colonialiste anglo-USraélienne, JL Mélenchon, sont de la poudre jetée aux yeux des européens et du temps perdu pour ceux qui les écrivent.

    Les dés sont pipés d’entrée, car l’UE est une création de l’oligarchie financière dite internationale, en réalité partie du Commonwealth anglo-USraélien en cours d’édification au service des dirigeants de Wall Street et de la City. Les fondés de pouvoir de Bruxelles n’en ont en réalité qu’un seul, celui d’exécuter les décisions prises dans le cercle très restreint des très hauts banquiers anglo-américains.

    L’UE et sa monnaie d’occupation l’Euro n’ont plus qu’un temps à exister, et c’est à nous, les peuples que l’on a voulu asservir, à lui régler son compte ainsi qu’a tous les activistes qui se sont vendus à cette falsification de la souveraineté des peuples.

    L’imposture a assez durée, et les imposteurs vont devoir rendre des comptes. Les manipulateurs de l’information aussi !

    Je conclurais ce billet en citant la fin du commentaire d’Alex — 24 août 11 @ 10:23:  » on peut être très très critique vis à vis d’une profession qui ,surtout dans les médias dominants, oublie trop souvent de faire son métier en toute indépendance, c’est à dire informer . » auquel j’ajoutes ma suspicion, exprimée par le même Alex en tête de son commentaire et que je confirme « 35.Aliocha doit être contente du buzz : critiquer l’article de Mélenchon sur les agences de notation , pour défendre ces dernières, il fallait le faire en ces temps où tout le monde vomit ces instituts privés au service de la finance internationale . Ce n’est pas l’eurocrate Quatremer qui vous contredira…… »

    Commentaire par Xiao Zheng He Ouallonsnous ? — 24/08/2011 @ 11:31

  38. @Aliocha: une différence toutefois entre l’affaire Enron et les subprimes. Quelle qu’ait été sa taille, Andersen n’était qu’une société d’audit parmi de très nombreuses autres. Et pour cause, toutes les sociétés font auditer leurs comptes, et sans doute aussi pas mal d’associations. Hors il n’y a pas de ‘densité’ parmi les agence de notations, et elles ont toutes validé les dérivés de subprime. Est-il réellement possible (souhaitable) de les tuer toutes?
    Créer des règles, favoriser l’émergence de nouvelles agences (s’il y en avait au moins 10-15 de taille mondiale) et créer une situation de concurrence ‘efficace’ (ou l’on ne choisit pas l’agence la plus coulante pour se faire noter, mais ou l’acheteur/client choisit l’agence…) alors il deviendrait possible de sanctionner les écarts. Ce n’est simplement pas possible aujourd’hui.

    Commentaire par kaeldric — 24/08/2011 @ 11:44

  39. @Xiao Zheng He Ouallonsnous ? : je regrette mais ce que vous dites est tout simplement faux. L’Europe financière se construit en concurrence frontale avec les Etats-Unis et dans un rapport de force permanent avec la Grande-Bretagne. Bon sang renseignez-vous, le sujet est trop grave pour dire n’importe quoi. Quant au buzz, je découvre avec amusement que Mélenchon a des légions de supporters. Je l’en félicite. Mais raison de plus pour mener les bons combats, ce serait dommage que dans de belle énergie se perde dans des batailles contre des moulins à vent.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 11:48

  40. @kaeldric : la plupart des sociétés font en effet auditer leurs comptes, mais pour des groupes de la taille d’Enron, il n’y avait à l’époque de mémoire que 5 acteurs (je crois que Price et Coopers avaient déjà fusionné) : Deloitte, KPMG, PwC, Andersen, et Ernst & Young. Ce qui est clair c’est qu’ils ne sont plus que 4 résaux mondiaux aujourd’hui et que certains évoquent un risque systémique (sans doute à tort, il n’y a pas d’interconnexion entre les cabinets comme il y en a entre les banques, mais la disparition d’un acteur renforcerait l’oligopole et compliquerait le choix d’un cabinet pour les très grands groupes), on parle aussi de syndrôme du too big to fail, en clair le sentiment d’impunité que pourraient développer ces cabinets en raison du manque d’acteurs pertinents pour auditer les groupes internationaux.
    Sur les agences de notation, je me demande comment elles ont pu conserver leur crédibilité après les subprimes, mais bon. En fait, plus que leur existence, c’est le crédit que les marchés leur attribuent qui pose problème. En ce sens, permettre l’émergence de nouveaux acteurs pourraient diminuer l’influence des acteurs actuellement dominants. Mais on a le même problème que dans l’audit, combien de temps faudra-t-il pour faire émerger des concurrents de la taille des trois grands acteurs qui se partagent aujourd’hui 80% du marché ?
    Quant aux sanctions, un copine ex banquière me faisait observer hier que les agences ne donnent qu’un avis, d’où la difficulté de mettre en cause leur responsabilité quand elles se trompent. La connerie n’est pas répréhensible 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 11:57

  41. @Aliocha: Comment limiter le too big to fail? Ben par la loi! Exemple directement venu des USA: les 7 opérateurs Telecoms (baby Bell) ont interdiction d’avoir chacun plus de 20% de parts de marché.
    La connerie pas répréhensible? Soit. Mais puisque le la note a un impact réglementaire, pour pouvoir être dans le cercle de ceux dont les notes sont prises en compte, la note n’est plus un avis, mais une expertise, une certification, bref engage l’émetteur. Et du coup, l’accord client fournisseur (Agence/Banque) de type ‘tu paies mon expertise je te met une bonne note’ devient juste une escroquerie caractérisée, donc répréhensible.

    Commentaire par kaeldric — 24/08/2011 @ 12:10

  42. Quand on ne veut pas comprendre…
    J’ai lu d’une autre manière que vous les explications de Jean-Luc Mélenchon quant à son vote de rejet de cette nouvelle « réglementation » de l’activité des agences de notation dans l’UE. Je n’ai pas compris comme vous qu’il reprochait une « dérégulation » de leur activité, il n’emploie pas ce mot, c’est vous qui le lui prêtez. Ce qu’il conteste, c’est l’existence pure et simple des agences de notation, et que dorénavant, leur encadrement ne soit plus du niveau national, où la démocratie fonctionne encore assez bien, mais du niveau européen, où c’est moins le cas. Dès lors, il sera autrement plus compliqué pour un des états membres, à la faveur d’un scrutin national, de remettre en cause leur action. Elle est désormais sanctuarisée.

    Commentaire par Thomas Bonnaud — 24/08/2011 @ 12:34

  43. Thomas Bonnaud : porte flingue de Mélenchon, volant de site web en site web pour défendre les erreurs de son gourou et maître. Ce type est partout. Quelle tristesse. Qelle bassesse. Quelle médiocrité intellectuelle. Quel aveuglement.
    Avec de tels supporters me direz-vous, le candidat du collectivisme totalitaire n’a pas besoin d’ennemis.

    Commentaire par Jérôme — 24/08/2011 @ 13:43

  44. Aliocha, une seule réponse à votre Commentaire « par laplumedaliocha — 24 août 11 @ 11:48 « , regardez et écouter ce qu’il y a derrière ce lien, faite les recoupements que vous jugerez bon et réposez vous la question  » Qui dit faux ? ». (37.Tous ces articles sur l’UE, son rôle et sa prétendue maîtrise de la finance internationale…..)

    A en débattre quand vous serez à jour !

    Commentaire par Xiao Zheng He Ouallonsnous . — 24/08/2011 @ 18:26

  45. C’est peut-être HS, mais peut-être pas : les agences de notation ont refait parler d’elles quand il s’est agi de dire – bien tardivement amha – que les emprunts d’Etat occidentaux n’étaient plus si sûrs que cela.

    On notera aussi que les très méchants zinvestisseurs zinternationaux ainsi pénalisés, ce sont aussi les braves gens tout autour de vous – et même vous, oui, vous, regardez voir vos comptes d’épargne – qui détiennent des tas de contrats-d’assurance-vie-en-euros-placements-préférés-des-français. Ce ne me semble pas évident pour tout le monde, alors que ça devrait. (Quoi, parler d’argent, c’est sale ?).

    L’origine de cela, c’est l’état des comptes publics et les niveaux critiques qu’ils viennent d’atteindre dans les pays industrialisés. Même chez les Nippons, qui aiment bien prêter de l’argent à leur Etat pour faire des plans de relance qui marchent moins qu’ils ne coûtent, ça commence à coincer.

    C’est une rupture historique qui vient de se produire. L’obligation souveraine occidentale, élément central de l’épargne financière mondiale, a cessé d’être un placement réputé sans risque (cf. cours de l’or), ce que le marketing qui les vend au public n’a visiblement pas encore intégré.

    Schématiquement, les zinzins considèrent que les Etats ne pourront pas rembourser ce qu’ils ont emprunté. Du moins pas au prix où ils l’ont emprunté, ce qui ouvre un éventail de « sorties » plus ou moins douloureuses.

    Thermomètres mal gaulés, les agences de notations ne travaillent pas bien, mais elles ne sont pas responsables du mauvais état des obligations publiques qu’elles notent et qui est l’origine immédiate du problème. Dire que les agences de notation “imposent” ceci ou cela est archi à côté de la plaque.

    C’est finalement un sujet très politique qui, curieusement, n’intéresse vraiment pas grand monde lors des campagnes électorales. Dans l’autre sens, on pourrait dire que la tolérance de l’électeur à la mauvaise gestion publique semble vraiment très élevée.

    Commentaire par Le Nonce — 24/08/2011 @ 18:39

  46. @laplumedaliocha:

    « Sur les agences de notation, je me demande comment elles ont pu conserver leur crédibilité après les subprimes, mais bon. En fait, plus que leur existence, c’est le crédit que les marchés leur attribuent qui pose problème. En ce sens, permettre l’émergence de nouveaux acteurs pourraient diminuer l’influence des acteurs actuellement dominants. Mais on a le même problème que dans l’audit, combien de temps faudra-t-il pour faire émerger des concurrents de la taille des trois grands acteurs qui se partagent aujourd’hui 80% du marché ? »

    Le probleme est que la reglementation financiere est ecrite de telle maniere qu’il est obligatoire de se faire noter par au moins 2 des 3 agences si on veux acceder aux marchers financiers. Les banques, les fonds de pension, les money marketont tous des regles a suivre concernant la note des dettes qu’ils detiennent. Sans note, impossible de leur emprunter de l’argent ce qui oblige a enprunter a un taux beaucoup plus eleve.

    En ce qui concerne la confiance qu’on les marchers en la note, j’attirerais votre attention sur les 10-Year Bond des USAs que tout le monde voulais acheter juste apres la baisse de la note des USAs. Si les marchers accordaient le moindre credit a ces agences de notation, les USAs auraient besoin de payer un taux d’interet beaucoup plus haut apres la baisse de leur note.

    Pour comparaison, l’un des Big-5 (maintenant Big-4) etait suffisant pour l’audit. Aussi, les investisseurs peuvent examiner eux-memes le risque des dettes et arriver a leur propre conclusion sur le nivaux de risque. Par contre, impossible de remplacer l’audit puisque c’est de l’audit que sort les informations a examiner. En d’autres termes, on se fait noter pour se faire bien voir des regulateurs mais on a une audit credible pour ses investisseurs.

    Sinon, en ce qui concerne la crise des sub-primes et les notes AAA, il faut comprendre comment on en arrivait a ces notes. Ce que faisaient ceux qui construisent les derivatives, c’etait de la diversification et la repartition du risque. Les tranches les plus sures refilent le risque aux tranches les moins sures. Quand le risque est independent, ca marche tres bien. Paul ne paye pas, c’est la tranche CCC qui perd, la tranche AAA elle se fait payer par Jacque. Si c’est Jacque qui ne paye pas, Paul paye pour la tranche AAA et la tranche CCC perd. Le problem c’est qu’il y a un risque systemique: le fait que Paul ne puisse pas payer est correle au fait que Jacque ne puisse pas payer non plus. Dans ce cas, le modele ne fonctionne pas. Malheureusement on a pas une tres bonne comprehension du risque systemique et les agences de notation le sous-estimaient. Je doute fortement que les regulateurs qu’ils soient de Bruxelle, Paris ou New York aient une meilleurs comprehension de ce risque et puisse reglementer de facon utile les agences de notation. Une bien meilleurs idee serait de retirer les notes de la reglementation pour encourager de meilleurs pratiques de notations.

    PS: Il fut un temps, les agences de notations faisaient payer ceux qui voulaient voir les notes qu’ils donnaient. Cela semble bien sur bien meilleurs que le systeme actuel qui cree un conflit d’interet puisque celui qui recoit la note est celui qui la paye. Cela a change quelques mois apres que les agences de notations aient etees introduites dans la reglementation financiere aux USAs. Tout d’un coup, leur client n’etait plus un investisseur qui veux une bonne information. C’etait un emeteur qui voulait la meilleurs note possible pour la montrer au regulateur. Donc bien sur la competition a fait son travail et les agences de notation ne note plus de tres bonne maniere.

    Commentaire par PrometheeFeu — 24/08/2011 @ 19:35

  47. @PrometheeFeu : Merci pour cette analyse qui répond à toutes les questions que je me posais en lisant le rapport de l’amf (en lien en fin de billet) et notamment sur la partie relative à la désintoxication vis à vis des agences de notation !

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 19:58

  48. HS : deux reporters français blessés en Libye, un cameraman de France 2 et un photographe de Match : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/08/24/97001-20110824FILWWW00512-libye-2-journalistes-francais-blesses.php

    Le photographe est Alvaro Canovas, pour avoir une idée de son travail, c’est ici : http://alvarocanovas.com/

    Bruno Girodon de France 2 est lauréat du prix des yeux d’or et prix Albert Londres, pour l’anecdote, en avril 2008 il avait été molesté par la police sur le trajet de la flamme olympique : http://www.20minutes.fr/article/223807/jeux-Olympiques-2008-Pekin-La-flamme-bousculee-a-Paris-Le-point-a-22h08.php

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/08/2011 @ 20:29

  49. Je suis septuagénaire et, c’est bizarre, je ne me sens plus tout à fait dans le même monde en lisant la plupart des commentaires. Suis-je déjà morte ? Dans ce cas, si j’étais croyante, je penserais que j’ai été dirigée plus sûrement vers l’enfer que vers un quelconque paradis.
    Simplement archaïque ? Non, car j’ai l’impression de faire un saut en arrière dans le temps pour ce qui est de la pensée. Plutôt, un changement de civilisation, oui une civilisation décadente qui a perdu ses repères, ses valeurs. Dans ma vie antérieure, on se référait aux Droits de l’Homme, aux Lumières, à la Révolution de 89 qui a accouché, après une longue grossesse, à la République, à la laïcité, à notre devise républicaine : Liberté,égalité, fraternité, ces 3 mots inséparables les uns des autres. Le chemin à suivre était la démocratie, toujours perfectible. C’était ma vie, vie de citoyenne et de militante. Le problème, c’est que je vis toujours, même bancale et que cette nouvelle vie que certains voudraient nous imposer qui n’a plus d’autres valeurs que des chiffres comparés, des notes exprimées en lettres, des valeurs qui n’ont rien à voir avec l’humanisme, je la combattrai avec d’autres, puis avec le peuple, enfin avec les peuples. Nous écraserons le monstre brun international parce que nous sommes l’Humanité dont il a perdu le droit d’être membre.
    Danièle Dugelay – citoyenne militante, jusqu’au dernier souffle…

    Commentaire par Dugelay Danièle — 24/08/2011 @ 22:03

  50. @Dugelay Danièle:

    Vous semblez avoir un probleme analytique. Vous vous focalisez sur des idees abstraites qui ont une existance concrete importante. Les Droits de L’Homme, les Lumieres, la democratie, c’est de ces idees que nait le liberalisme. C’est de ces idee que nous tirons la conclusion evidente que les humains ont le droit de faire leurs propres choix sans une interference constante. Vous faites une erreur qui est de considerer que l’economie n’est qu’une section de la vie humaine. Mais c’est faux. Tout ce que vous faites demande l’utilisation de resources economiques, de transactions economiques etc… On ne peu pas reglementer l’economie ou la finance sans reglementer la vie des etres humains et limiter gravement la liberte. C’est a cela que le liberalisme s’oppose. Vous vous plaignez des agences de notations, mais elles ne font qu’exercer leur droit a la liberte d’expression. Vous vous plaignez de la perte des valeurs des etres humains, mais vous vous trompez. Les etres humains de plus en plus sont la seule valeur. La seule chose qui compte est l’etres humain et ce qu’il desire, ses peurs, ses esperances. Le marcher ce n’est pas les chiffres de la Bourse. C’est des milliards de personnes qui sans se connaitre travaillent ensemble pour satisfaire l’etre humain. C’est la victoire de l’Humanite qui decide non pas par la seule voix d’un president, roi ou dictateur, mais de par la cacophonie de tous ceux qui cherche a ameliorer leur existance.

    Commentaire par PrometheeFeu — 24/08/2011 @ 22:49

  51. @aliocha
    Chère journaliste, chère consoeur,
    Je n’ai pas dit que le billet était incompréhensible, j’ai dit que JE ne comprenais rien au sujet. C’est tout à fait différent.

    Commentaire par BAB's — 25/08/2011 @ 10:13

  52. PrometheeFeu — 24 août 11 @ 22:49 , vous faites partie de la cohorte de « crétinus habens », c’est à dire d’imbéciles qui par lâcheté, veulerie ou tout simplement irresponsabilté regardent le doigt du sage qui leur montre la réalité, au lieu d’affronter cette réalité !

    De tous les commentaires, collaborationistes avec la finance impérialiste de l’UE de la part de gens déjà soumis à l’UE, dont nous sommes accablés sur le blog d’Aliocha, le billet de Dugelay Danièle — 24 août 11 @ 22:03, est un des seuls qui soit frappé du coin du bon sens et de l’Humanité !

    PrométheeFeu, je vous invite à visionner le lien suivant; http://www.dailymotion.com/video/xhuq90_faut-il-avoir-peur-de-sortir-de-l-euro-1_news#from=embed, il vous donnera à penser à l’aune de ce que que vous nous écrivez à ce qui se passe dans les « coulisses » du monde !

    Commentaire par Xiao Zheng He Ouallonsnous . — 25/08/2011 @ 10:24

  53. @51 PrometheeFeu

    >Le marcher ce n’est pas les chiffres de la Bourse. C’est des milliards de personnes qui sans se connaitre travaillent ensemble pour satisfaire l’etre humain.

    on aurait presque pu y croire, SAUF QUE
    1 – le marché est inféodé à quelques grands acteurs qui se FONT VOTER des lois pour « s’assurer » que le marché -i.e les milliards d’être humains- ne se fourvoient pas dans une mauvaise direction
    2 – les états renflouent les gros qui perdent, parce que dans ce cas là le marché -i.e les milliards d’être humains- laisseraient crever les « fleurons » nationaux (et les copains)
    3 – les lois qui régissent le vivre ensemble sont « simplifiés » lorsqu’ils permettent une solidarité nationale (redistribuer à ceux que le « marché » laisse sur le carreaux) mais accrus lorsqu’il faut pomper plus sur le péquin pour assurer que le marché (ceux qui ont un max) puissent continuer à s’engraisser.

    Moi je veux bien du marché -i.e les milliards d’être humains- qui régule (parfois par la violence, en coupant des têtes) lorsqu’il trouve (le marché -i.e les milliards d’être humains-) que trop c’est trop, mais c’est tellement bizarre que dans ce cas là, le marché il pond des lois visant à pouvoir tirer sur la foule, ou il veut couper le net, ou contrôler la parole, ou acheter les journaux.

    Ou alors, peut être que dans le marché de milliards de gens, il y en a quelques centaines qu’on écoute plus que les autres, mais ce n’est plus « libéral », c’est dictatorial.

    Commentaire par herve_02 — 25/08/2011 @ 12:29

  54. Je rejoins le commentaire n°3 de Kaeldric : il me semble avoir lu récemment (le Canard ?) que ce sont les accords de Bâle qui ont imposé à certains établissements bancaires de posséder toujours un certain pourcentage de produits AAA. Ce serait finalement cette obligation qui donne un tel pouvoir à ces agences de notation. Un des moyens de réformer serait donc de modifier légèrement ces accords internationaux.

    Commentaire par Krokodilo — 25/08/2011 @ 16:39

  55. @Krolodilo: comme PrometheeFeu l’explique en 47, les Américains ont eux aussi ce type de réglementation sur certains de leur fonds (être AAA au moins chez 2 agences). L’intention de ces réglementations était bonne, forcer les fonds supposés surs, faiblement spéculatifs, à rester raisonnable. Mais ce faisant, cela donne un grand pouvoir aux agences, qui ne sont que 3. La contrepartie de ce pouvoir aurait pu être de leur imposer quelques contraintes/réglementations à cette occasion. Au hasard, auditabilité, calendrier de révisions… C’est ce manque que l’on tente plus ou moins de compenser maintenant par les propositions européennes. Mais c’est beaucoup plus difficile, car elles ont déjà pris d’importance. On négocie à contretemps…

    Commentaire par kaeldric — 25/08/2011 @ 16:49

  56. Pourquoi il ne s’agit pas d’une erreur de tir de la part de Mélenchon : http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2011/08/25/La-politique-ne-consiste-pas-%C3%A0-avoir-techniquement-raison

    Commentaire par DM — 25/08/2011 @ 17:11

  57. @DM : décidément, un journaliste a toujours tort avec vous. Soit il se trompe techniquement et alors c’est un con paresseux, soit il a raison techniquement mais tort pour une raison que je n’ai toujours pas saisie. Je vous remercie dd’avoir écrit ce billet, très sincèrement, et j’invite tous mes lecteurs à aller le lire. Je n’aurais jamais pu rêver de démontrer aussi magistralement et de manière aussi irréfutable à quel point la critique des médias pèche par détestation irrationnelle des journalistes. On ne m’aurait pas crue. En revanche, et puisque nous sommes dans un pays qui a la religion de l’aveu, je vous remercie d’avoir avoué aussi spontanément, et avec des explications en plus. Un rêve !

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 17:22

  58. @DM : très accessoirement, je me trompe ou vous faites l’apologie de l’approximation, de l’incompétence et de la mauvaise foi en politique ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 17:34

  59. Au fait, et pour poursuivre dans l’approfondissement technique même si j’ai cru comprendre que ce n’était pas intelligent d’essayer d’avoir une vision exacte des choses (DM57), l’enregistrement des trois grandes agences de notations Standard & Poors, Moody’s et Fitch s’opère sous le régime du réglement européen de 2009 relatif aux agences de notation, soit avant le transfert de compétences vers l’ESMA. Ce sont donc les autorités nationales qui sont en train d’étudier leur dossier, dont l’AMF. Un troisième réglement est en préparation sur les questions « philosophiques » à savoir la création d’une agence européenne indépendante, la désintoxication des agences de notation (comment réduire leur influence), leur mise en concurrence avec d’autres notations, leur responsabilité et la question de la dette souveraine. Un projet de texte est attendu à l’automne. L’esprit de tout ça ? A structures paneuropéennes, surveillance paneuropéenne. Je continue de penser que c’est plus intelligent que de surveiller nationalement des géants mondiaux en leur offrant la possibilité de jouer entre les mailles du filet, mais bon…

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 17:42

  60. @60 la plumedaliocha

    >Je continue de penser que c’est plus intelligent que de surveiller nationalement des géants mondiaux en leur offrant la possibilité de jouer entre les mailles du filet, mais bon…

    Oui, mais
    – cela transfère la compétence à des commissaires non élus et qui ne rendent des comptes à pas grand monde.
    – Cela permet aux gouvernements de se délester de leurs responsabilités sur l’europe en agissant à bruxelle plutôt que chez eux.
    – Cela diminue la souveraineté d’un pays en transférant à l’échelle européenne, tout plein de décision qui s’imposeront à tous sauf quand… (exemple des 3% de déficits).
    – Cela implique un consensus entre 27 pour arriver à une solution qui ne déplaît pas au moins volontaire.
    – Cela facilite le travail du lobby qui ne s’attaque qu’à une seule personne, au lieu de 27.
    – Cela éloigne le décideur de la prise en compte de la répercution sur la vie de tous les jours de l’individu car cet habitant n’est qu’une poussière parmi 350 millions d’européen. De plus il n’est pas politiquement « responsable » devant les électeurs car il n’est pas élu.
    – Cela éloigne le citoyen de la question politique en éloignant le centre de décision.
    – Cela éloigne le citoyen en ne présentant le « problème » que lorsqu’on en arrive à la retranscription dans le droit national. (mais c’est vrai que c’est plus un problème de médias)

    Effectivement c’est une bonne idée de surveiller au niveau européen car la voix est plus forte. En ce cas, autant fondre les institutions politiques de tous les pays d’europe en une seul « grande entité » avec des élections européennes globales : un habitant, une voix et des « référendums européen » avec un habitant, une voix et une obligation « constitutionnelle » sous peine de forfaiture d’appliquer le résultat du référendum. Cela nous soulagerait en grande partie d’une palanqué de profiteurs. Et ensuite cela redonnerait aux régions/départements plus de compétences de gestion du vivre ensemble au quotidien et un rapprochement vers le citoyen des centre de décisions qui impactent sa vie de tous les jours. On croirait presque une utopie ou un rêve éveillé.

    Commentaire par herve_02 — 25/08/2011 @ 18:09

  61. @hervé 02 : la supervision autrefois réalisé par chaque autorité de marché dans son coin est désormais dans les mains de l’ESMA qui est composée des patrons des 27 autorités de marché. Et ils vont faire quoi ? Surveiller et sanctionner ensemble des entités qui relèvent de plusieurs juridictions et ne risquaient aupravant qu’un coup de pied au cul éventuel de l’une d’entre elles. Je ne vois pas où il y a un scnadaleux et dangereux abandon de souverainté. Pas plus qu’il n’y a d’éloignement d’ailleurs. La supervision des entités paneuropéennes est confiée à une entité paneuropéenne, celle des entités nationales demeure de la compétence des autorités nationales. Les régulateurs rassurez-vous autant que les gouvernements d’ailleurs sont fort jaloux de leur souveraineté et tout à fait convaincus en outre de la nécessité, rien qu’en termes d’efficacité, de maintenir une « régulation de proximité ».

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/08/2011 @ 18:27

  62. @Xiao Zheng He Ouallonsnous:

    Hm… Votre video est plutot longue. J’en suis a la moitier et pour le moment, ce n’est rien d’autre si ce n’est l’explication que les personnes qui supportent l’euro sont des neo-coloniaux achetes par la CIA ou les USAs en general. J’ai vu plus convaincant comme arguments. Par example, il y a Paul Krugman qui explique comment l’Europe n’est pas ce que Mundell appelait un Optimal Currency Area de par la difference de politiques fiscales et l’integration insuffisante des marchers. Il y a plein d’arguments contre l’Euro. Certains sont valides, d’autres non. Personnelement, je suis agnostique en ce qui concerne l’Euro.

    Un peu plus a sujet, je ne vois absolument pas pourquoi vous m’envoyez a la figure un truc anti-Euro quand je n’ai rien dit du tout sur l’Euro et que je parlais du liberalisme comme philosophie politique. Vous n’etes pas oblige d’etres d’accords, mais je peu vous assurer que m’envoyer des insultes en latin ne me convaincra de rien du tout.

    @herve_02:

    Vous faites l’erreur commune de confondre « crony capitalism » et liberalisme. Le marcher ne coupe pas le net, la tete ou quoi que ce soit. C’est des etats qui coupent tetes et net. Le probleme c’est le fait que quand on a un etat fort, il y aura toujours quelqu’un qui aura plus d’influence sur l’etat que quelqu’un d’autre. Et celui qui a de l’influence sur l’etat aura tendence a obtenir ce qu’il veut au depend des autres. La reponse du liberalisme c’est de faire un etat tres faible qui ne puisse pas aider grand monde c’est vrai, mais qui ne peu pas faire de degats non plus. Le roi philosophe de platon n’existe pas et meme si il existait a un moment ou un autre il serait remplace par un Sarkozy ou une Segolene qui utilisent les pouvoir de l’etat de facon tres destructrice. Les acteurs du marcher en eux meme ne peuvent faire que des degats limites. Il leur faut l’aide de l’etat pour vraiment foutre la pagaille.

    Quand on vois un probleme, la tentation est de demander a l’etat de le resoudre car on a l’impression de le controller. Mais en realite, on ne control pas l’etat et il n’y a aucune raison de penser que le regulateur sera mieux intentionne et plus capable que le regule.

    Commentaire par PrometheeFeu — 25/08/2011 @ 21:00

  63. @laplumedaliocha: Je crains que vous ne vous mépreniez: en l’espèce, je ne critique aucunement les médias et je ne fais nullement l’apologie de l’approximation, de l’incompétence et de la mauvaise foi en politique.

    Je constate simplement qu’en France, en 2011, le but de nombreux responsables politiques n’est pas de proposer des politiques qui « marchent », mais des politiques qui font plaisir à telle ou telle cible électorale. Autrement dit, un responsable politique qui propose un point de vue aberrant techniquement, mais séduisant pour sa clientèle, ne commet pas une « erreur de tir »: une « erreur » supposerait la bonne foi; je pense au contraire que, dans une large mesure, ils se fichent bien de savoir si ce qu’ils disent est correct ou non, car cela n’a pas d’importance électorale.

    Autrement dit, mon billet explique que vous et moi sommes dans le même bateau: nous essayons d’apporter des réponses argumentées à des problèmes un peu compliqués et qui demandent une certaine expertise, face à des gens qui marquent des points en proposant des bêtises.

    Commentaire par DM — 25/08/2011 @ 21:39

  64. @DM: Je vous conseil de vous renseigner sur la theorie des choix publiques dont le texte fondateur est « The Calculus of Consent » par James Buchanan. C’est une theorie tres interessante qui parle de la facon dont les Etats prennent leur decisions. Je ne vous conseil pas forcement de lire le livre lui meme, mais la lecture de quelques articles sur Wikipedia est tres edifiante. En fait ce que fait Buchanan dans cette theorie c’est considerer que les governants ne sont pas des benefacteurs qui veulent notre bien mais plutot des acteurs economiques comme les autres qui prennent des decisions dans leur propre interet avec peu d’attention pour le bien publique. L’une des conclusion est justement cette idee dont vous parlez que les politiques vont nous sortir des betises, mais pas n’importe les quelles dans un but electoralist. Mais les implications de la theorie vont tres loin. Par exemple, ils montrent pourquoi les regulateurs vont souvent se faire capturer par les interet particuliers: Ils ont un interet concentre et sont facilement mobilisables tant dis que le reste de la population a un interet tres diffus et tres faible donc difficilement mobilisable.

    Commentaire par PrometheeFeu — 26/08/2011 @ 00:42

  65. @DM : Bon OK, j’ai peut-être la tête un peu près du bonnet avec vous, mais c’est que vous n’avez pas toujours été tendre ni avec les journalistes en général ni avec moi en particulier. Vous savez ce que je pense des spécialistes, ils ont leur point de vue de spécialistes, or je me méfie de la « technicisation » de la vie publique. Elle dissimule souvent des intérêts particuliers qui revêtent les habits de la vérité vraie de la technique. Je n’oppose pas ici à Jean-Luc Mélenchon un point de vue de spécialiste, je dis que volontairement ou non (et dans ce doute je vous rejoins) il a mal lu le texte, à la fois de manière tout à fait primaire (sens du texte), et dans ses prolongements pratiques. Il n’y a pas d’augmentation du pouvoir des agences de notation en Europe, au contraire, on impose une règle commune stricte qui n’existait pas auparavant. L’abandon de souveraineté est plus que discutable dès lors que l’ESMA est composé des régulateurs nationaux, simplement ils ne décident plus seuls dans leur coin mais à plusieurs. Je veux bien qu’on soit souverainiste, mais quand même…En tout état de cause, ces agences notent depuis des décennies, d’un seul coup on se prend après leur peau et M. Mélenchon dit que c’est pire que de ne rien faire. Elles n’étaient pas régulées, aujourd’hui elles le sont. C’est le point de départ incontournable de tout raisonnement sur le sujet. Monsieur Mélenchon a tout simplement voté contre la régulation des agences de notation. Et dans sa critique, il oublie de dire que les trois grandes agences qui focalisent l’attention de tout le monde, Standard & Poors, Ficth et Moody’s, vont être enregistrées par les autorités nationales, ce n’est qu’ensuite qu’elles entreront dans la compétence de l’ESMA qui les surveillera alors qu’auparavant elles ne l’étaient pas, j’ai vérifié auprès des régulateurs.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/08/2011 @ 10:32

  66. 63 @ PrometheeFeu

    Oui, je comprends votre position, mais le « marché » pour fonctionner DOIT être régulé (pour empêcher les concentrations par exemple) ou être entièrement dérégulé (pas une seule loi, pas de zonage DVD, pas d’interdiction d’importation, pas de segmentation de distribution, pas de chronologie des médias, pas de monopoles légaux (par exemple nmpp) pas d’interdiction de journaux, pas de procès en diffamation, pas de procès sur les brevets, pas de secteurs réservés, pas de protections particulières policières pour les puissants : qu’ils se paient une milice privée, pas d’interdiction d’import de cigarettes (sans taxes) et de carburants(sans taxes), pas de présomption de culpabilité, même en terme fiscal, pas de justice exécutant les demandes d’association d’ayant-droits – que le marché régule lui même, pas de chasse au copie bas de gamme (le marché va réguler et faire disparaître les copies puisque de basse qualité car qui voudrait de la merde …)

    On ne peut pas prôner une concurrence libre et non faussé dans un galimatias de législations destinées à protéger telle ou telle industrie, on ne peut pas laisser s’installer des monopoles mafieux (par exemple orange-sfr-bouygue) et ensuite dire  » allez le marché y va réguler tout seul) c’est du foutage de gueule. Ou alors, on accepte la régulation ultime (le contre pouvoir) du peuple qui se révolte, casse des vitrines, pend les mafieux (par exemple le pdg qui a mis en route le plan next chez télécom).

    Parce que lorsque le « marché » est libre dans toute sa violence (même physique envers les ‘profiteurs’) dès le début, pourquoi pas, c’est une théorie à étudier, mais ce qui se passe c’est que le marché « devient libre » à un instant T ou les déséquilibres sont institutionnalisés au profit des « puissants » : nous ne sommes plus du tout dans une théorie du « marché », mais du laisser faire au profit du plus fort que l’on a contribué à mettre en place. ce n’est pas du tout la même chose.

    Moi je suis partant pour un aucun état : pas d’impôts (pas du tout), pas de prestations (pas du tout) et pas d’assurances obligatoires, pas de loi de protection de l’un ou de l’autre, chacun pour soi et tir à vue sur l’entrée sur sa propriété mais bizarrement nos « libéraux » y vont pas être d’accord.

    Les libéraux, ils veulent juste qu’on les laissent faire ce qu’ils veulent (et qu’on les protège de tout le reste)

    Commentaire par herve_02 — 26/08/2011 @ 10:44

  67. @aliocha: Bien d’accord, l’avis « technique » jargonnant peut servir à noyer le poisson. J’ai surtout ce problème avec les juristes, qui dissimulent parfois ainsi des choix politiques.

    Commentaire par DM — 26/08/2011 @ 11:19

  68. Je n’ai rien compris à votre argumentation.

    Pourquoi pinailler vis à vis de ce que dit JLM sur son blog sur une pratique des agences de notation ?
    Est-il si important que ça pour tenter de le « démolir » ?
    A qui fait-il de l’ombre ?

    Ce n’est pas comme ça que vous arréterez la progression parmi le peuple, les citoyens,
    de la sympathie qu’ils éprouvent pour ce candidat présidentiable (pour ensuite créer une assemblée constituante et une réelle démocratie)
    Les indignés de France ont un candidat évident pour les prochaines élections et ils sauront le voir. JLM l’a déjà dit : il ira jusqu’au bout et c’est heureux pour la France et le monde.

    Commentaire par MLB — 26/08/2011 @ 13:41

  69. Merci pour cet article incompréhensible, vous apportez à votre insu,du crédit à Jean-Luc Mélenchon.
    Sincèrement, vous tirez contre votre propre camp :je n’ai rien compris à votre article.
    Jean-Luc Mélenchon est, certes, raillé par les médiacrates mais au moins il écrit intelligiblement.
    L’article est bien trop technique, ça sent l’enfumage à plein nez..
    Je suis sympathisant PG et je vient de taper  »Mélenchon » sur Google, votre article (sur Marianne2) m’est alors apparu. Je me suis dit :  »Que dit la presse anti-Mélenchon? »
    En vous lisant, je suis rassuré car l’ultra- majorité des Français ne comprendra jamais votre discours.
    Par contre, Mélenchon arrivera à prouver votre erreur par les faits :
    Voilà depuis 3 ans que le traité de Lisbonne a été adopté et pourtant l’Europe part en vrille :
    la nation Grecque a été livrée à l’oligarchie étrangère (et cela sans livrer bataille),
    le chômage et la pauvreté en Europe explose,
    le 1% des plus riches n’a jamais été aussi riche,
    et surtout la  »concurrence libre et non faussée » fait exploser les prix et diminue la qualité des services (énergie, autoroutes, banques et bientôt Poste).

    Et cette fois-ci, après tant de démonstrations de lâcheté, d’incompétences, de fourberies, ces faquins auraient raison sur les agences de notation  »par je ne sais quelle magie? » (je vous rappelle que je n’ai rien compris à votre argumentation).

    Merci, encore, pour votre travail.

    Commentaire par Antonio Gramsci — 26/08/2011 @ 22:32

  70. @MLB: Ca ne vous gene pas que JLM raconte des betises? JLM dit qu’on deregule les agences de notations. C’est faux. Qu’est-ce qu’il y a de mal a le dire?

    Commentaire par PrometheeFeu — 26/08/2011 @ 23:15

  71. Tout est dit dans les trois dernières lignes de votre article, tout le reste n’est que littérature pour faire oublier l’essentiel et, hélas, vous y participez avec cette critique assez obscure de Mélenchon.

    Il ne faudrait pas oublier que le nouveau traité débride totalement la finance et ses flux et reflux. Dans ces conditions, ça ressemble un peu à mettre un loup comme chien de troupeau.

    Pour brider les agences de notations, il faut les rendre civilement et pénalement responsables de leurs erreurs de jugement, ainsi que leurs dirigeants, à titre personnel. Il n’est point d’autre solution car elles ne sont que la tête de pont de la Phynance internationale et n’agissent que dans l’intérêt de celle-ci.

    L’OPA sur la Grèce n’est hélas que le Guernica de la 2e Guerre mondiale. Le reste de l’Europe y passera sans une réaction forte contre ces mafieux.
    Blutch

    Commentaire par Blutch — 27/08/2011 @ 10:50

  72. @aliocha: Les commentaires de Gramsci, Blutch etc., confortent totalement mon analyse. Déjà acquis à une certaine théorie politique qui prévoit que les médias sont inféodés aux intérêts financiers et que c’est pour cela qu’ils tapent sur Mélenchon, ils ne vous croient pas ; au mieux, ils vous accusent de mégoter sur des points techniques qui n’intéressent personne au lieu de vous intéresser à la « big picture » (autrement dit, pour eux, si par hasard Mélenchon avait tort sur ces histoires de dérégulation, il a de toute façon raison dans les grandes lignes et c’est ce qui compte).

    Figurez-vous que nous informaticiens avons droit à ce genre de réactions, y compris de la part de journalistes, quand nous essayons d’expliquer que telle ou telle décision gouvernementale, telle posture politique, au sujet d’Internet, du numérique, du vote électronique etc. est mauvaise. Constatez vous-même à quel point cela fait plaisir.…

    Commentaire par DM — 27/08/2011 @ 16:41

  73. @Gramsci et Blutch : Non seulement je n’ai rien contre Mélenchon, mais je suis persuadée que nous avons besoin d’opposition (j’entends par là de gens capables de challenger la philosophie libérale de Bruxelles en appuyant en sens contraire). Et c’est précisément pour ça que je regrette sa manière d’aborder le problème de la surveillance des agences de notation, elle me déçoit parce que je le trouve inefficace et mal fondée. Vous pensez que l’Europe est libérale ? Vous avez incontestablement raison. Elle l’est, beaucoup et même trop. Mais pas au point de n’avoir pas saisi l’urgence pour le politique de reprendre la main sur la finance. Les souverainetés nationales ne font pas le poids face à une finance internationale. Ce que vous régulez dans un pays n’aboutit qu’à une chose, pousser les financiers à s’installer dans le pays d’à côté d’où ils peuvent sans difficulté intervenir dans le vôtre. En toute impunité. Imaginez pour faire simple qu’en France on interdise le vol et pas en Italie, et que les italiens en plus n’aient même pas de police pour attraper les délinquants. Eh bien c’est la même chose que l’on faisait jusqu’à présent avec les agences de notation. La supervision européenne des agences de notation est un symbole fort. Non pas de renonciation des Etats à leur souveraineté, mais de leur prise de conscience qu’ils ne peuvent plus agir en restant isolés. Croire le contraire est pure folie, sauf à décider de renverser totalement le système (ce qui est souhaitable, j’en ai assez comme vous de ce monde totalement dément), mais ça, ça n’arrivera pas avant un certain temps et ce n’est pas la France qui y parviendra seule de toute façon. J’ai l’impression que vous pensez qu’en adoptant une supervision globale des agences de notation, les 27 font le jeu de la finance. C’est tout le contraire, il s’agit du traditionnel sursaut politique qui suit toutes les crises et s’éteint généralement avec elles, malheureusement. Toutes les grandes régulations économiques sont nées d’une crise dans l’objectif d’empêcher la suivante. ESMA est né de cette crise, à un moment où on avait suffisamment peur de la catastrophe pour oublier les frilosités nationales et basher les lobbyistes. C’est un progrès très timide en pratique mais énorme sur le principe. Il faut l’encourager. Et si on veut vraiment contrer le libéralisme de Bruxelles, ce n’est franchement pas sur cette initiative qu’il faut taper, il y a tant d’autres combats à mener. Maintenant dites-moi ce que vous ne comprenez pas dans la phrase : Jean-Luc Mélenchon a voté contre la surveillance des agences de notation en Europe et par conséquent pour l’absence de réglementation et de surveillance de ces sociétés ? Parce que entre nous, c’est ça qu’il a fait. On s’efforce de les placer sous surveillance et lui, il dit non. Je comprends sa position car au fond elle est simple, n’abandonnons rien à l’Europe libérale, cela équivaut à nous vendre à l’ennemi. OK. Mais le résultat c’est que son opposition reste inutile et de principe. Il n’a pas les moyens de renverser le système, qu’au moins il tente de l’infléchir en le frappant au coeur, en donnant les bons arguments, en révélant les vrais problèmes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/08/2011 @ 18:34

  74. @ Aliocha
    A moins que je ne me sois mépris, cette surveillance des agences de cotations est mise en place par décret de la commission européenne, sans passer par le parlement. Donc sous la tutelle exclusive de Barroso ou ses successeurs.
    J’ai autant confiance en lui pour brider la finance qu’en l’actuel gouvernement français pour améliorer les revenus des petites gens…:(.
    Si il y avait une réelle volonté de contrôler les agences de cotation, l’organe de contrôle serait mis sous la tutelle du parlement européen, ce qui est possible, même si cet organe est créé par décret. Ainsi chaque parti ayant des élus serait au courant de son travail et du sérieux de celui-ci. Est-ce le cas?
    Et quelles sont les sanctions prévues à l’encontre des agences de cotation qui créeraient une nouvelle panique financière?
    Seront-elles autant sanctionnées que nos éminents économistes qui, pour avoir raison une fois sur deux disent tout et son contraire, et parfois dans le même livre, tout en restant les petits chéris des médias nationaux?
    Mais je persiste: l’essentiel de votre article est dans les trois dernières lignes.

    Le danger avec cet organe de contrôle est que sa création va bloquer toute autre mesure possible et qu’il n’a pas été fait pour être efficace, mais au mieux pour éviter les gros débordements. Une sorte de médecin qui va juste contrôler que la strangulation effectuée par les financiers ne sera pas suivie de mort… On peut raisonnablement espérer mieux que ça.
    cordiales salutations.
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 27/08/2011 @ 22:31

  75. Melenchon ne fait pas de pédagogie mais de la communication.

    Commentaire par Le Parisien Liberal — 28/08/2011 @ 11:00

  76. je pense que c’est vous qui vous trompez….
    Les agences de notation ne sont pas indépendantes sinon , pourquoi chercher à les controler …
    Les agences de notations ne sont pas infaillibles sinon , pourquoi cette catastrophe financière planétaire…sinon pourquoi S et P dégrade la note des USA alors que fitch et Moody’s ne bougent pas …d’après vous qui a raison qui a tort ! Pour qui roule S et P aux USA les républicains peut-être !!!!

    Commentaire par yenamarre — 28/08/2011 @ 11:50

  77. @yenamarre : justement, on veut les réglementer et les surveiller pour les raisons que vous évoquez et M. Mélenchon vote contre ce flicage sous prétexte qu’il s’opère au niveau européen et non pas national. Pour lui, la France abandonne son pouvoir sur les agences de notation, mais quel pouvoir ? Elle n’en a jamais eu…on ne peut pas perdre ce qu’on n’a pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/08/2011 @ 12:54

  78. En marge (étroite) du sujet : avant même que ne se pose la question des agences de notations, la qualité des obligations d’Etat occidentales s’est ***objectivement*** dégradée ces dernières décennies. Je ne vois pas comment on peut arriver à une autre conclusion.

    On peut même se demander – enfin en l’occurrence, « on », c’est moi – s’il est justifié que la note de certains emprunts d’Etat soit en 2011 là même que ce qu’elle était, mettons, en 1995. Amha, la qualité des titres en question a baissé sur la période.

    Le tableau d’ensemble n’est pas engageant : un taux de dette publique en hausse constante, une croissance de plus en plus flappie, et aucun signe annonciateur d’un changement de tendance à l’horizon. Hum. Chiffre d’affaires dure des décennies, et voilà finalement qu’un seuil critique s’approche.

    Et alors, comme on peut le voir avec les derniers développements des crises souveraines européennes et américaines, les autorités politiques ont fait preuve d’inconséquences répétées, de décisions brouillonnes et contradictoires et d’une absence de coordination impressionnante. Certes, le sujet est difficile et en grande partie terra incognita, mais quand même. Et pas grand’ chose de sérieux n’émane des oppositions et des opinions publiques. Sans viser la lune, on pouvait aisément rêver mieux face à un enjeu d’une telle gravité.

    Quels que soient les doutes que l’on nourrisse sur le fonctionnement et le travail des agences de notation, elles n’ont absolument pas « créé » la crise souveraine. Cette crise ne sort pas de nulle part et pas non plus des brumes de la finance internationale. Un fait politique dont dirigeants & corps électoral sont comptables en est aussi à l’origine.

    Commentaire par Le Nonce — 28/08/2011 @ 13:37

  79. @ Le Nonce
    Votre raisonnement peut avoir deux origines diamétralement opposées:
    1° soit il relève d’une méconnaissance des arcanes de la finance internationale
    2° soit il émane de cette même finance internationale.
    Pour prendre un cas concret et proche de nous:
    Si les finances de la France sont dans la M…. ça provient de plusieurs facteurs qui ont tous pour origine la grande finance.
    1° La masse salariale ne suit pas et de loin le PNB. en un peu plus de 10 ans, 10% du PNB de la France sont passés de la rémunération des salariés à la rémunération du capital. Dire que c’est ainsi 190 milliards d’Euros qui chaque année manque à la masse salariale ne représente rien, personne ne comprend un tel chiffre. En répartissant cette somme dans chaque famille habitant la France, ça représente 974€ par mois de manque de salaire. Avec une incidence certaine sur la perception de l’impôt sur le revenu.
    2° Ce sont les très riches qui sont en position d’infléchir le gouvernement vers une plus faible imposition de leurs revenus. ce sont près de 100 milliards de rabais, de niches et bouclier fiscal qui plombent les comptes du gouvernement.
    3° la fraude et les exonérations patronales aux cotisations sociales représentent des dizaines de milliards d’Euros.
    Ces trois facteurs cumulés représentent plus, beaucoup plus que le déficit budgétaire de la France. Ce qui veut dire que sans ces cadeaux faits aux plus riches, la France n’emprunterait plus mais elle serait en possibilité de rembourser ses dettes, et dans un tel cas, il serait hors de question de voir sa note se dégrader.
    « les brumes de la finance internationale » sont donc bien les seules responsables de cette situation. D’autant plus que cette finance a largement payé l’élection de cette droite qui lui fait des cadeaux somptueux…
    Quant aux agences de notation, elles sont payées par ceux qu’elles sont chargées d’évaluer…. On peut raisonnablement douter de la qualité de leur travail.
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 28/08/2011 @ 17:42

  80. Je laisse de côté vos deux présupposés passablement catégoriques, chacun d’entre eux étant HS et à côté de la plaque.

    Sans même entrer dans les explications économiques, quelque chose me semble pêcher dans votre objection : le simple fait qu’un projet de budget, acte politique par excellence, soit préparé et voté tous les ans et que des élections surviennent régulièrement.

    Depuis 30 ans, ledit budget est constamment déficitaire (pour un tas de raisons dont on peut débattre, mais c’est un autre sujet), mais absolument personne ne s’en souciait, pas plus l’électeur que l’élu. Puis à un moment, un niveau critique d’endettement a été atteint, une perspective assez évidente vu la tendance précédente, mais bon. Ce qui n’était même pas digne de figurer parmi les thèmes électoraux est brusquement devenu un enjeu que dès lors qu’il est devenu impossible de continuer sur la tendance précédente.

    Je donc trouve particulièrement cavalier, pour ne pas dire plus, de se réveiller d’un coup et de poser alors le débat en « c’est la faute à la finance internationale ». La dimension politique du problème, celle sur laquelle nous avons prise, me semble capitale. Le fait de l’avoir longtemps négligée n’excuse absolument rien.

    Enfin et de toute façon, cela ne change rien à la qualité forcément décroissante des titres de dettes publique, amha.

    Commentaire par Le Nonce — 29/08/2011 @ 10:06

  81. @ le Nonce
    Merci de m’avoir précisé que vous êtes de la 2e origine que j’avais supposées.
    Si la fraude patronale et les réductions d’impôts ne sont pas un facteur déterminant du déficit budgétaire, d’où vient-il, sachant que seules les dépenses de prestige sont en réelle hausse?
    Ah j’oubliais: les guerres que la France mènent dans des coins où elle n’a rien à y faire hormis pour des questions de pétrole, et sur ce point aussi la finance tenait le stylo Mont-Blanc du Président…..
    Blutch.

    Commentaire par Blutch — 29/08/2011 @ 11:04

  82. Je m’en veux vraiment de vous retirer une autre de vos absolues certitudes, comme apparemment celle selon laquelle la structure de l’économie française n’a pas changé en 30 ans, mais je bosse dans la presse. Bref…

    Commentaire par Le Nonce — 29/08/2011 @ 11:27

  83. Blutch et Le Nonce: Il me semble que vos propos ne sont pas en contradiction. L’un dit que la dégradation de la situation budgétaire française est un processus graduel de longue date (de 30 ans) et qu’il ne s’agit donc pas d’une fantaisie subite de la finance internationale, l’autre dit que cette dégradation est largement due au laxisme envers les fraudeurs, aux niches fiscales et exonérations diverses, à des dépenses de prestige et à des expéditions militaire poursuivant des buts n’ayant que peu de rapport avec les intérêts des français. Les deux peuvent être vrais.

    Commentaire par DM — 29/08/2011 @ 13:12

  84. J’aime bien lire ce genre de sujet car selon la facette par laquelle on le lit, les avis, le sens et l’interprétation sont diamétralement changés !

    D’ailleurs après avoir parcouru une partie des 84 commentaires, je trouve qu’il y a pas mal d’échanges dans lesquels certains bloggueurs expliquent à d’autres que leur compréhension est erronée voire un contre-sens, (tout comme le fait Aliocha au sujet de JLM), et au final, le plus singulier est qu’un tiers intervient pour dire qu’il n’y a pas de contradiction dans chacun des propos défendus (à l’image du com. 84).

    Bref, j’en déduis que c’est un sujet aux multiples facettes, une sorte de kaléidoscope politico-économique, comme d’ailleurs beaucoup de ces sujets qui n’ont finalement pas de vérité absolue.

    Plus encore, il me semble que ces sujets ne sont que de simples interprétation de mécanismes complexes, d’outils en somme, dont l’efficacité dépendra de nombreux d’autres paramètres environnants (souvent inconnus voire aléatoires), et de la façon et de la motivation dont on les met en oeuvre.

    Je m’explique.

    Prenons les 35h instituées par Martine Aubry.
    Le raisonnement paraissait mathématiquement irréfutable : 10 salariés qui travaillent 39 h hebdo passent à 35h et la différence profite à un salarié supplémentaire. De nombreux salariés étaient par ailleurs très intéressés pour diminuer leur temps de travail au profit de leur temps privé.
    En réalité, batailles de clochers politiques obligent, l’outil des 35 h n’a été utilisé ni dans l’esprit initial, ni avec la solidarité et la motivation attendues, un peu comme si on utilisait une calculette pour enfoncer un clou.

    A l’inverse : le « travailler plus, pour gagner plus » dont la logique paraît aussi irréfutable!
    Là encore, les résultats ne sont pas ne sont pas au rendez-vous, un peu comme si on avait distribué des basquettes de courses pour travailler dans les champs, ou des bottes de caoutchouc pour courir le 100 mètres.

    Bref, tout ça pour dire qu’il me paraît stérile de débattre du bien–fondé à priori d’une mesure politico-économique dont les résultats à posteriori seront diamétralement opposés selon l’usage que l’on en fait.

    Commentaire par Oeil-du-sage — 04/09/2011 @ 10:53

  85. Bonjour Mr Aliocha,
    Je cite JLM, dans le texte au quel vous faites référence :
    – A présent, selon moi, notre première tâche est de résister intellectuellement. Ne rien croire sur parole. Tout vérifier, tout questionner -.
    A défaut d’être d’accord avec JLM, vous l’avez écouté… 😉

    Je suis militant au Partie de Gauche, vous savez donc d’ou je parle. Je dis ca car votre anonymat ne permet d’apprécier ce qui relève du militantisme POLITIQUE? PROFESSIONEL? PERSONNELLE?….
    Je souhaiterai savoir si vous avez pris soins de demander à JLM une réponse à votre article, si oui
    Quelle réponse ? Curiosité militante … !

    Par ailleurs, n’étant pas moi même apte à formuler une critique technique à votre critique technique, je me conterai de rappeler une seule chose, comme dirait votre confrère journaliste Michel Denisot : -Errare humanum est-, JLM étant humain (et oui !), il peut donc se tromper …
    Je dis ca car en lisant votre article, on a l’impression que vous attendiez, impatiemment, qu’ils commettent une erreur (je dis erreur mais j’en sais rien à mon humble niveaux de droit européen), pour pouvoir afin expliquer qu’il n’est pas sérieux….etc…

    Néanmoins je remarque une chose, il explique son vote de la façon suivante :
    Des agences de notation privées se voient ouvrir de nouveaux droits d’intervention normative et des promesses de délégation de pouvoir de puissances publiques.
    Il y a-t-il des – promesses – de délégation dans le Règlement ?
    Je pense que vous avez une lecture JURIDIQUE du règlement (oui effectivement, il n’y est pas fait référence à des délégations de pouvoir aux agences de notation), Là ou lui à une lecture POLITIQUE du texte avec les rapports de forces validés non pas, seulement par la LOI Européenne mais aussi par son ESPRIT (le fameux Esprit de la concurrence libre et non faussée que l’on retrouve dans tous les traités de l’UE…)

    Ps : M’étant identifié comme militant au PG, je tiens à préciser que mes propos n’engagent que moi.

    Bonne soirée.

    Rachid.

    Commentaire par Rachid — 05/09/2011 @ 22:56


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