La Plume d'Aliocha

01/08/2011

Fragments de réalité

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 15:31

Exprimer un désaccord avec Eolas sur la toile n’est jamais anodin. Je m’étais préparée à l’épreuve : casque et gilet pare-balles. J’ai survécu.  Néanmoins, plusieurs commentaires m’ont donné envie d’apporter quelques précisions pour dissiper d’éventuels malentendus.

« Cela fait un drôle d’effet de vous voir mettre en avant Ghesquière et Taponier, leur remarquable sens du métier et leur refus des reportages embedded, puis quelques jours plus tard de vous voir monter au créneau pour cette bouse » observe Hurd sous le billet précédent dans lequel je donne un avis sur l’article du Figaro pulvérisé par Eolas. « Cela dit, merci tout de même de défendre notre profession, comme vous l’avez par exemple si judicieusement fait après le retour en France de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière » conclut Martin K, un confrère, après avoir longuement expliqué que l’article du Figaro était à ses yeux indéfendable.

Je passe sur la très grande majorité des commentaires négatifs qui se résument somme toute assez simplement : l’article du Figaro est mauvais parce qu’il est orienté et factuellement discutable. J’observe néanmoins que Marinebab,  une journaliste qui suit le sujet de la garde à vue d’aussi près que Laurence de Charette, n’aperçoit pas non plus de raisons de lyncher notre consoeur. La question qu’on me pose est donc celle-ci : comment peut-on défendre Hervé et Stéphane d’un côté et une journaliste du Figaro de l’autre ? Je n’aurais pas répondu si la « défense » de la seconde n’obérait aux yeux des lecteurs celle des premiers.

Je ne défends personne

Que les choses soient claires. Je ne défends pas la profession, pour une raison bien simple, c’est que je n’ai aucune légitimité à le faire. Entre nous, des professionnels comme Hervé et Stéphane n’ont vraiment pas besoin d’une journaliste lambda comme moi pour les « défendre ». Techniquement, nous sommes confrères. Et sans doute partageons-nous la même curiosité de comprendre comment marche le monde et le même impérieux besoin de le raconter. En pratique, nous n’exerçons pas du tout dans les mêmes conditions. Je ne suis pas reporter de guerre, je ne travaille pas pour les médias audiovisuels. Il en va de même en ce qui concerne Laurence de Charette, même si nous appartenons toutes les deux à la presse écrite et travaillons à peu près sur les mêmes sujets.

Simplement, dans les deux cas j’essaie d’apporter un autre éclairage. Souvenez-vous au début de la captivité d’Hervé et Stéphane, qu’est-ce qu’on n’a pas entendu dire sur les « chasseurs de scoop » qui coûtaient cher à la France. Chasseurs de scoop. Le procès d’intention. Donc ils étaient allés risquer leur peau juste pour faire les malins. Comme si l’axe Vermont était le genre d’information qui vous offre la Une de la presse mondiale et vous remplit les poches de billets…Allons, soyons sérieux. Aujourd’hui je crois que tout le monde a compris la différence entre le journalisme « embedded »  et un journalisme qui s’efforce de s’émanciper, au moins en partie,  de la communication officielle de l’armée. Le plus ennuyeux dans cette polémique, c’est qu’elle aboutissait au contraire de l’effet recherché par une saine critique des médias, autrement dit on conspuait des professionnels exigeants au lieu de les féliciter. Et tout ça en se fondant sur la parole des spécialistes, en l’espèce de l’armée ! Ah, les spécialistes disaient que les journalistes avaient tort ! Songez donc ! En fait lesdits spécialistes suivaient leur logique de spécialistes : les journaleux sont des emmerdeurs qui n’ont rien à foutre dans un pays en guerre.

Hélas si, on a quelques chose à « y foutre ».

Et voilà que ça recommence avec Laurence de Charette. Je vous accorde que le sujet fait moins vibrer. Il n’y a aucune trace d’héroïsme et presque pas de démocratie à défendre dans cette querelle entre Eolas et Le Figaro. La sagesse eut commandé que je me taise. Seulement voilà, je ne fais pas la promotion de ma profession ici, pas plus que je défends mes confrères, j’échappe donc à tout souci de marketing. Si c’était le cas, j’aurais mis en avant nos « héros » et conservé un silence prudent sur les confrères bannis, conspués du journal qu’on surnomme la Pravda. Les indéfendables.

Sauf que.

Nous sommes là encore face à un malentendu et voyez-vous je n’aime pas les malentendus. Si Laurence de Charette avait annoncé une grande enquête sur le bilan de la réforme de la garde à vue, pour se contenter au final de relayer la position du ministère de l’intérieur, la charge d’Eolas aurait été fondée au regard de nos règles professionnelles. La journaliste aurait failli au devoir d’objectivité et même à quelque chose de plus simple que l’objectivité, l’obligation de rendre compte le plus fidèlement possible d’une situation qui se résume à ceci : la police gueule parce que ça complique son travail, les avocats se félicitent d’un progrès des droits de la défense imposé par Strasbourg. Elle aurait également failli au devoir d’effectuer un minimum de vérifications, lesquelles auraient sans doute conduit à nuancer la position des deux camps. Comme le dit très justement Hervé Ghesquière en parlant de la guerre sur @si, les choses ne sont pas blanches ou noires, elles s’inscrivent dans les nuances de gris. Ce n’est pas vrai que pour la guerre…Toujours est-il que LDC n’a pas fait une enquête, elle a obtenu un document en exclusivité et rendu compte de son contenu. Point. Elle a une information, elle la rend publique, dans le cadre de ce genre de papier rapides qu’on rédige en songeant déjà au suivant. Le journalisme, ce n’est pas que du reportage ou du grand reportage. Parfois c’est aussi relayer une information, tout simplement. A charge pour le public de s’en emparer et de la discuter. A charge pour ceux qui ne sont pas d’accord avec le ministère de l’Intérieur de le faire savoir.

Critiques de spécialistes

Alors bien sûr Le Figaro est proche du gouvernement au point que l’on peut s’interroger sur son indépendance. Même la rédaction du Figaro n’en peut plus de cette situation. Mais de là à conspuer ce papier en lui prêtant toutes les mauvaises intentions du monde, il y a un pas qu’on ne peut franchir à mon avis qu’en sombrant dans le procès d’intention. Laurence de Charette a malencontreusement appuyé sur deux mauvais boutons en même temps. Sur un sujet extrêmement polémique, elle a donné la version d’une partie parce que c’était ça son info. Et sur un sujet technique, elle a marché sur le terrain du spécialiste.  Sur la polémique d’abord. Assimiler le journaliste à ce qu’il décrit est aussi stupide que de confondre l’avocat et son client, et même plus. L’avocat prend fait et cause pour le criminel, on ne doit pas en déduire qu’il cautionne le crime ou pire qu’il appartiendrait lui aussi au monde des délinquants. Le journaliste donne une information, il ne la défend même pas. Alors pourquoi lui en vouloir de ce qu’il rapporte ? C’est absurde. Et pourtant bien souvent on s’en prend après le journaliste. Passons au spécialiste. « Quand je lis un papier de tel journal sur un sujet que je connais bien et que je m’aperçois qu’il y a des erreurs ou des imprécisions, je commence à douter de tout le reste ». Combien de fois je l’ai entendue cette phrase, combien de fois je me suis moi aussi fait la réflexion. C’est un réflexe naturel mais qu’il faut apprendre à distancier. Il est heureux entre nous qu’Eolas en sache plus sur les conséquences pratiques de la réforme que Laurence de Charette. Il est avocat. Tous les spécialistes jugent les articles de presse sur leur spécialité insuffisants. C’est normal. On nous demande de vulgariser, d’être compréhensible par tous, dans des formats courts, de sorte qu’on ne fournira jamais d’explications aussi sophistiquées que les spécialistes.Et pourtant croyez-moi, il nous arrive parfois d’en savoir plus qu’eux. Dans un monde de plus en plus technique, compliqué à décrypter, nous ne pouvons offrir au mieux que des fragments de réalité, il faudra s’y résoudre. Et apprendre à coopérer, plutôt que de s’enliser dans des batailles d’ego.

Et tant d’autres choses encore…

Je m’arrête là, il y aurait encore mille choses à dire. Sur la distinction entre les journalistes et les médias dont ils ne constituent qu’une petite partie mais qui concentrent sur eux toutes les critiques à l’encontre du système. Sur la tendance actuelle à réduire les formats et à faire de l’information de plus en plus light dont nous ne sommes absolument pas responsables. Tout au contraire, nous en sommes les premières victimes. Parce que nous sommes tributaires des entreprises qui vendent notre travail et qui définissent dans une large mesure nos conditions d’exercice. Sur l’arrogance des blogueurs confortablement assis derrière leur écran et qui ont beau jeu de gloser sur les informations que les professionnels leur apportent sur un plateau, au prix d’un travail dont ils ignorent tout.

Est-ce à dire qu’on ne peut pas critiquer le travail des journalistes ? Bien sûr que si. Mais pour que cette critique soit pertinente, utile, qu’elle aboutisse à améliorer le système, encore faut-il qu’elle soit juste. Tout ce que j’essaie de faire, c’est de donner quelques clefs de compréhension du métier. Parce qu’au fond, c’est pour le public que nous travaillons et que nous avons besoin de son soutien pour pouvoir continuer à le faire avec de moins en moins de moyens, dans un monde qui va de plus en plus vite et sur des sujets de plus en plus compliqués.

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35 commentaires »

  1. Merci pour cette nouvelle chronique, Aliocha. Votre argumentaire me paraît bien plus convaincant, cette fois-ci. Je continue de penser que Laurence de Charette n’a pas exploité son info comme elle l’aurait méritée, mais je veux bien admettre, pour l’avoir vécu plusieurs fois, qu’elle a peut-être voulu faire mieux, sans le pouvoir, la faute au format et/ou à la ligne éditoriale de son journal, notamment. Disons alors que c’est Le Figaro que, sur cette information effectivement intéressante, je trouve bien léger…

    OK avec vous quand vous dites « on nous demande de vulgariser, d’être compréhensible par tous, dans des formats courts », mais n’allons pas trop loin: nous gardons quand même la possibilité de défendre nos sujets et le « on », bien souvent, ce sont aussi nos pairs. Non ?

    Commentaire par Martin K — 01/08/2011 @ 15:55

  2. Bonjour Aliocha,

    Je trouve aussi cet argumentaire très pertinent, avec les nuances qui peut-être n’apparaissait pas clairement dans votre premier article.

    Finalement, ce qui manque le plus au lecteur, c’est toujours de pouvoir réussir à saisir le contexte de l’information qu’il reçoit du journaliste (et au passage se rendre compte ce qu’il peut aussi coûter par la même occasion).

    D’accord pour dire que toutes les informations ne sont pas nécessairement des grands reportages ou de l’investigation à 100 sources recoupées. Mais est-il possible de savoir cela justement ?

    N’est-ce pas au détour d’un code de déontologie (propre à chaque rédaction ou commune, ça peut être un autre débat) formalisé et disponible, pour comprendre quel ligne de délivrance de l’information spécifique à chaque article a été suivi ?

    Est-ce un relais avec mise en contexte, une controverse avec deux partie interrogées, embedded et des fois coincé, recoupées 3 fois etc ?

    Actuellement, la seule distinction claire que je vois (mais j’ai sûrement beaucoup à apprendre) est celle entre les articles et l’éditorial (même si des fois ça peut déteindre l’un sur l’autre).

    Au plaisir de vous lire, même si je ne l’écris pas à chaque fois que je le fais.

    Commentaire par Serept — 01/08/2011 @ 16:36

  3. Sauf que… vous êtes ici tellement impliqué que vous n’arrivez plus a prendre de recul. Si on souligne un problème dans l’article, cela devient automatiquement une attaque, un a-priori frelaté. Tous ceux qui ne trouvent pas l’article de votre consœur fantastiquement bien rédigé et présentant le delta et l’omega de l’article du journaliste qui a une info et la donne ne comprennent rien au métier…

    Le problème de tout cela, c’est que cela montre que des lecteurs – un petit peu plus avertis que les autres dirons-nous – y voient à redire. Faut-il balayer d’un revers de plume et dire ouste, rien à redire ? Ou s’interroger sur la question ?

    Comme dirait feu Georges Freche, dans les lecteurs il y a 95% de cons (entendre ici = qui prennent l’information au 1er degré sans penser que a) c’est une info du ministère donc non neutre b) dans l’article il y a des lièvres bien cachés à trouver). Votre consœur écrit-elle pour les 5% ?

    Bien sur, vous pouvez aussi trouver que tous vos lecteurs ont tord…

    Commentaire par Vonric — 01/08/2011 @ 16:46

  4. À propos de l’arrogance des blogueurs. Et si vous commenciez par signer de votre nom (même de plume) et non d’un alias, ou pseudonyme ad hoc ?
    J’ai retrouvé souvent la comparaison avec le barreau, y compris telle que vous l’exprimez derrière un pseudonyme.
    « Assimiler le journaliste à ce qu’il décrit est aussi stupide que de confondre l’avocat et son client, et même plus. L’avocat prend fait et cause pour le criminel, on ne doit pas en déduire qu’il cautionne le crime ou pire qu’il appartiendrait lui aussi au monde des délinquants. ».
    Certes, la bienséance, diverses considérations, font que nous ne pouvons parfois pas décrire les faits tels que nous les sentons. Cela étant, il y a façon de décrire et façon de décrire. Et c’est là toute la différence entre des journalistes et des avocats. Nous ne plaidons pas en défense comme en partie civile avec le devoir de servir les intérêts du « client » (ici du patron de presse, qu’il ait tort ou raison, de la ligne qu’il veut donner à sa publication). Notable différence, non ?
    En tout cas, c’est ainsi que je le conçois, quitte à en payer le prix.

    Commentaire par Jef Tombeur — 01/08/2011 @ 16:56

  5. @ Aliocha : vous écrivez « Le journalisme, … parfois c’est aussi relayer une information, tout simplement. »

    Le problème est que l’article de LDC ne relaye pas du toute une information mais ne fait que relayer la communication du ministère de l’intérieur. C’est bien là le problème! L’article aurait été honnête s’il s’était simplement appelé « Communiqué du ministère de l’intérieur au sujet de la récente réforme de la GAV » or là il est présenté comme un article classique, comme un article faisant suite à une petite enquête journalistique, c’est ça qui m’énerve plus que tout!

    Je dois vous dire que je suis un petit peu déçu par votre position intransigeante sur cet article car c’est vous qui nous avez mis en garde sur ce blog, et à juste titre, sur cette « communication » qui s’insinue partout et finit par prendre la place de la vraie information. Vous tombez ensuite vous même dans le piège…dommage…

    Commentaire par Marquis de Mussipont — 01/08/2011 @ 16:59

  6. Dans l’article incriminé, vous oubliez le colportage de rumeurs 😉

    Sinon :

    – Est ce qu’on peut être d’accord avec le billet d’Eolas sans être taxé d’Eolasolâtrie ?

    – Qui assimile le journaliste à ce qu’il décrit ? Le reproche principal fait à l’article de votre consœur n’est pas de prendre fait et cause pour tel ou tel camp.

    – Pourquoi n’avez-vous aucune légitimité à défendre la profession ? Votre point de vue n’est pas moins bon qu’un autre. Sur un blog personnel il est assez clair que l’on ne lit que votre avis et pas celui d’un représentant mandaté par la profession. Vous avez même probablement une légitimité dont vous n’avez pas conscience auprès de certains lecteurs silencieux.

    – Vous travaillez pour le public. Il est reproché au Figaro de travailler pour le gouvernement. Le public est jaloux. Ce reproche disparaîtrait si le Figaro assumait ouvertement cette collusion avec l’exécutif. Il y à un peu plus que « presque pas de démocratie à défendre » dans cette querelle.

    – « Sur l’arrogance des blogueurs confortablement assis derrière leur écran et qui ont beau jeu de gloser sur les informations que les professionnels leur apportent sur un plateau, au prix d’un travail dont ils ignorent tout ». Toutes les professions y ont droit. Faites néanmoins crédit au blogueur qui vous lit (et parfois vous critique) de vouloir en savoir plus sur votre profession. En espérant que tout ceci n’altère pas votre enthousiasme à alimenter ce blog.

    – Pour répondre à une de vos questions sur votre billet précédent, Simone, blogueuse policière affirme chez Eolas qu’il y a effectivement plus de PV maintenant qu’il est fait appel, souvent à de multiples reprises, à un avocat lors des gardes à vue, sans confirmer pour autant la moyenne de 10 PV.

    Commentaire par kuk — 01/08/2011 @ 17:44

  7. @marquis de mussipont
    Il ne faut pas pousser, ce n’est pas un communiqué du ministère. Les policiers sont mécontents de la réforme, ce qu’elle relate. Ce n’est pas un communiqué, c’est un fait. On aime ou on n’aime pas, mais on ne va pas s’en étonner. Un communiqué qui ferait remarquer que les policiers font tout pour contourner la nouvelle loi, vous avez déjà vu ça?

    Aliocha demande ici du bon sens lors de la lecture des articles, qu’ils soient d’un bord ou de l’autre. La réforme de la garde à vue pose un souci à certaines personnes, il est parfois bon de s’en souvenir, même quand on est un fidèle lecteur d’Eolas. Cette réforme était nécessaire, c’est une vraie avancée démocratique, mais il est bon de se rappeler que ce n’est pas la joie pour tout le monde.

    Commentaire par François T — 01/08/2011 @ 18:00

  8. @ François T : Et comme par hasard c’est une journaliste du Figaro qui obtient ces informations-qui-ne-sont-pas-du-tout-un-communiqué-du-ministère. Faut quand même pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages comme dirait l’autre…

    Quand vous lisez que le ministre de l’intérieur actuel se permet de dire qu’un rapport de la Cour des Comptes qui ne va pas dans le sens souhaité est partial on peut s’attendre à tout de lui y compris « un communiqué qui ferait remarquer que les policiers font tout pour contourner la nouvelle loi » vous ne croyez pas?

    Commentaire par Marquis de Mussipont — 01/08/2011 @ 22:05

  9. Toujours pas convaincue. Relayer sans relativiser en rien sa pertinence une note portant sur des « Statistiques » établies après
    quelques semaines seulement de mise en oeuvre d’une réforme, insinuer l’existence d’un lien entre nombre de gardes à vue et taux d’élucidation, laisser accroire que l’avis des policiers et gendarmes est monolitique, que l’aveu serait encore la reine des preuves, ce n’est pas rendre compte objectivement des faits. C’est du journalisme digne de la Pravda. Si la note a été communiquée « en exclusivité » à LCD, c’est bien que le ministère de l’intérieur savait l’usage qui en serait fait. Quant à dire qu’on fait de mauvais articles parce qu’on écrit sur un sujet qu’on ne maîtrise pas, ou parce qu »on n’a pas le temps ou un format trop court…c’est nous nous convaincre de ne plus dépenser nos sous pour acheter des journaux.

    Commentaire par lagun — 01/08/2011 @ 22:36

  10. Ben moi je ne l’ai pas lu ce fameux « article » du Figaro.
    Alors qu’est-ce que je viens commenter ici ?
    J’ai lu le billet d’Eolas, certains (pas tous, il y en a trop) commentaires, et les 2 billets d’Aliocha, et ça me suffit !

    Et d’un, j’ai bien compris que la « mode » était au Figaro bashing … Même @si s’y met :
    http://www.arretsurimages.net/dossier.php?id=45

    J’ai bien compris que, et c’est pas vraiment un scoop, Le Figaro était un journal de droite, voire « Sarkoziste » !

    J’ai bien compris que la « réforme de la garde à vue », comme toute réforme, se met en place dans la douleur et avec des réticences.

    J’ai bien compris qu’Eolas, et sans doute d’autres avocats pénalistes, qui a tant voulu la mise en place d’une telle réforme, est très chatouilleux lorsqu’on fait de la com’ pour la discréditer. Et que, en bon hispanophile, comme le taureau dans l’arène, il charge la muleta plutôt que celui qui la tient …

    J’ai bien compris qu’Aliocha, qui pourtant, comme le soulignent lagun en #9 et Mussipont en #5 (et d’autres), a horreur que le journalisme se transforme en agence de Com’, a préféré défendre sa consœur car, pour elle, il était clair que Laurence DC ne faisait que rapporter une information « brute », sans l’analyser, la distancier, la recouper ou la critiquer …

    Est-ce que ça mérite tant de lignes …
    Dans un journal (payant) sans doute que non, et encore …

    Mais ce que j’ai aussi compris, c’est que grace au WEB, aux Blogs, la Pravda heu, non, Le Figaro, ou tout autre organe de communication officiel (au sens d’établi, c’est à dire journal papier, radio ou TV) n’est pas à l’abris de la contradiction immédiate, débattue, argumentée.

    Et je comprend aussi pourquoi, finalement, l’Internet a eu un rôle si important dans les dernières « révolutions » de ce Printemps !

    Commentaire par Yves D — 01/08/2011 @ 23:11

  11. Je cite Aliocha :
    « Assimiler le journaliste à ce qu’il décrit est aussi stupide que de confondre l’avocat et son client, et même plus. L’avocat prend fait et cause pour le criminel, on ne doit pas en déduire qu’il cautionne le crime ou pire qu’il appartiendrait lui aussi au monde des délinquants. Le journaliste donne une information, il ne la défend même pas. Alors pourquoi lui en vouloir de ce qu’il rapporte ? »

    De la part d’un journaliste investi, ça, pour le coup, c’est un sacré lièvre.

    En l’occurrence, l’article incriminé n’informe pas _ ou si peu, relativement à ce qu’il fait réellement. Le test proposé en 83 par Jor sous votre billet originel ne serait pas de refus, s’il n’était déplacé de se fatiguer pour une « bouse » (sic). Pour ma part, la lecture comparée de l’article du Figaro et du billet d’Eolas me suffit.
    Je ne crois pas qu’insister de votre côté à ce sujet après avoir reçu une volée de bois vert, « de la part de blogueurs confortablement assis derrière leur écran » certes je vous le concède, soit d’une grande finesse (cf votre long texte ne comprenant qu’un seul et unique argument de fond, toujours le même : madame de Charette informe).

    Que n’accorde-t-on une telle attention minutieuse à tout travail de journaliste ? J’imagine, car nous évoquons ici un journal de premier plan (ce qui n’est pas un pouvoir négligeable, sauf à vivre au pays des bisounours), ayant eu ses lettres de noblesse et occupant désormais une place litigieuse, jusqu’à remettre en question sa qualité de journal. J’imagine, car le journaliste dont le travail est mis en question, n’appartient pas à la catégorie des journalistes précaires. J’imagine, car le contexte est à prendre en considération.

    Profitons en pour préciser au passage que le couple Eolas – madame de Charette a un passif :
    http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/03/25/1355-avocats-commis-d-office-le-grand-n-importe-quoi-du-figaro
    &
    http://www.maitre-eolas.fr/post/2008/11/23/1217-au-figaro-le-soutien-au-gouvernement-ne-s-embarrase-pas-des-faits

    Mais pour ce qui nous concerne, revenons à la comparaison employée entre la distanciation dans la défense des droits et dans la pratique du journalisme.
    Dans les deux cas, elle est un fondement et une garantie à la pratique de ces activités déterminantes.

    C’est passer sous silence deux aspects essentiels :
    1) Là où pour le premier elle est fondamentale, elle n’est qu’une brique pour le second (le journalisme n’empêche pas l’engagement dans son propre cadre).
    2) Pour le quatrième pouvoir =P, cette liberté suppose une honnêteté d’écriture.

    En conclusion, sur le journalisme :

    i) Tout n’est pas information.
    => Sinon, revoyons la profession… et créons des distributeurs automatiques de cartes de presse.
    ii) Relayer une source doit soit être suivi d’éclaircissements (travail du journaliste), soit être pratiqué de manière distanciée.
    => Sinon, évoquer la distanciation pour défendre son travail relève d’une schizophrénie avancée.
    iii) La recherche d’une meilleure compréhension à travers la multitude des informations est le sacerdoce du journalisme. Son pendant, à savoir la duplicité, doit être sévèrement critiqué.
    => Sinon, c’est une porte ouverte à l’obscurantisme.

    Ne vous en déplaise, dans ces conditions, la critique de l’article était une juste nécessité.

    En écho à 7, il est remarquable de lire le paragraphe par lequel Eolas choisit de clore son « plaidoyer », je cite :
    « Si les policiers qui me lisent veulent narrer comment ça se passe pour eux et surtout, parlons des trains qui arrivent en retard, les problèmes et difficultés qu’ils rencontrent avec certains confrères, je les lirai avec intérêt. En tout cas, plus d’intérêt que le Figaro. »

    Le Figaro n’a pas informé, il n’a fait que cliver en servant de porte-voix à une idéologie dite sécuritaire.

    Nota Bene : Je ne comprends vraiment pas qu’il soit nécessaire d’appuyer sur tant de caractères pour y voir clair.

    Commentaire par Un passant — 01/08/2011 @ 23:53

  12. Rôôô ça va maintenant. Vous savez pertinemment et mieux que nous au fond le journalisme du Figaro. Basta. Oui c’est une perversion de l’information, oui c’est indéfendable, non ce n’est pas admis par la déontologie de votre profession. Comme d’autres d’ailleurs sur d’autres bords. Alors ça va maintenant le marketing de classe et le corporatisme à tout crin. C’est une manie chez vous que de vouloir nous vendre la pureté du journalisme vibrante en des fantasmes à la place d’une réalité bien plus rude et manipulatrice en vérité. Cessez donc, on dirait au final une représentante de commerce.

    Commentaire par thomas — 02/08/2011 @ 00:15

  13. Bonjour Aliocha,

    J’ai lu l’article de votre consœur (via le lien mis par Eolas. Le Canard rappelle, dans sa dernière livraison et en première page, la conception « curieuse » que LdC semble avoir de son métier). Ne soyez donc pas surprise si la presse écrite se vend si mal. Des « articles » comme celui-ci, je ne crois pas être le seul à n’en plus vouloir.
    La réforme de la GAV est un dossier sensible (surtout quand le pouvoir a fait de la sécurité publique un tel cheval de bataille. Juste en passant, peut être que la baisse des GAV mentionnée n’est due qu’aux premiers effets positifs de cette politique: les délinquants ont compris le message et ils rentrent dans le droit chemin d’où moins d’affaire et donc moins de GAV!). Les décisions de la CEDH s’imposent. Il est donc vain de se réclamer du bon temps passé et assez indécent de mentionner, en présentant la chose comme normale, comment les gardiens de l’ordre public cherchent à tourner la loi. Effet garanti auprès des délinquants. A titre personnel, je me sens tout à fait apte à écrire ce genre de chose (qu’il y ait eu des rapports faits ou pas. Qui ira vérifier?).
    Je comprends parfaitement votre souci de défendre votre profession mais vous n’avez pas choisi le meilleur des cas. Entre un article vide (la place Beauveau et les syndicats de policiers n’aiment pas cette réforme! La belle affaire. Aussi inintéressant qu’un papier qui mentionnerait la défiance atavique de membres de l’extrême gauche envers le système capitaliste) et un blog intelligent, j’ai vite choisi. Quoique vous disiez, la balle est dans votre camp. A vous d’en faire bon usage.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 02/08/2011 @ 08:32

  14. @H : il n’y a pas de bon article à choisir pour la démonstration, la querelle entre Le Monde et les enseignants chercheurs était déjà un mauvais exemple, celui plus récent sur la rue d’Ulm aussi, et celui-là encore. Tous sur un sujet polémique, tous aboutissant à la mise en cause du journaliste. Je vous rappelle que Le Monde s’est fait traiter à l’époque de suppôt du gouvernement. S’agissant de celui-ci, je ne vois pas où elle présente comme normal de contourner la loi. Mais encore une fois je ne lis l’article ni avec les lunettes « Le Figaro est la voix du gouvernement » ni avec celles « il faut éduquer le bon peuple à penser correctement ». Je lis juste l’information sur les réticences de l’Intérieur et je la prends comme telle. Je me souviens en la lisant que les policiers avaient demandé plus de moyens en contrepartie d’une procédure devenue plus complexe, je me demande s’ils les ont eus. Je note l’inquiétude sur une procédure nouvelle qui soulève des questions non résolues et les risques d’annulation qui vont avec. Et je bondis en apprenant qu’il y a des contournements qui vont devoir être corrigés. Bref, j’en ai une lecture dépassionnée (la réforme est passée, que ça leur plaise ou non ils devront s’y faire et je fais confiance aux avocats pour leur rappeler).

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 09:16

  15. @Un passant : je ne vais pas redire ce que j’ai déjà dit sur ce papier, ça me fatigue. En revanche, sur les avocats commis d’office, l’avocat asiatique parlant à peine français existe réellement, je le tiens d’Eolas qui l’a découvert après publication de son billet. Plus généralement, elle osait dire alors ce que tout le monde sait, les commis d’office ne sont pas toujours brillants, ce sont souvent des jeunes qui ont tout à apprendre et qui se font les dents comme ça. Bravo à Laurence d’avoir eu le courage de le dire au lieu de faire le énième papier sur l’insuffisance du budget de l’AJ – réelle et même scandaleuse – et sur le dévouement de la profession – réel aussi mais qui ne doit pas faire oublier que certains avocats en vivent et parviennent à se débrouiller pour que ce soit rentable. Je sais, ça fait aussi mal à entendre que le doux bruit de la roulette du dentiste et pourtant c’est l’autre face de la réalité.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 09:27

  16. @Thomas : vous savez comment l’affaire Bettencourt est sortie ? Grâce à un avocat qui a balancé les écoutes à Mediapart, lequel les a balancées brut de décoffrage. Je ne me souviens pas qu’on ait hurlé au problème déontologique, excepté dans la profession et plus précisément au Monde. Alors qu’on m’épargne les cris de vierge effarouchée sur le Figaro et qu’on admette une bonne fois pour toute que les critiques sont idéologiques. On y verra plus clair.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 09:31

  17. @Aliocha: On touche une fois de plus à la limite entre ce que le lecteur attend de la Presse et ce qu’elle lui offre. Le point de rencontre ne peut être qu’un compromis forcément insatisfaisant. Toutefois, il ne faut pas non plus surinterpréter ces polémiques. Combien de lecteurs pour combien de réactions? Faisant depuis peu parti de ceux qui commentent, suis-je représentatif des lecteurs qui choisissent de ne pas intervenir? A priori non… Le Web ne rapproche pas le rédacteur du lecteur. La plupart restant toujours silencieux. Il a simplement aidé à la croissance d’un public intermédiaire, qui réagit/commente.

    Commentaire par kaeldric — 02/08/2011 @ 09:42

  18. @Kaeldric : c’est pas compliqué, il y a ici depuis 3 ans 1400 lecteurs jour, sauf depuis mars où j’ai un peu levé le pied, 1000 par jour, puis ces dix derniers jours, rebond à 1800. Pour combien de commentateurs ? Disons une trentaine à vue de nez. Vous savez que cette distorsion intéresse beaucoup ceux qui se penchent sur l’évolution des modes de consultation sur la décision publique ? Le Conseil d’Etat vient de sortir un rapport sur le sujet, encourageant les décideurs publics à recourir aux consultations sur Internet pour préparer les textes législatifs et réglementaires. Une vraie révolution ! Mais il met en garde précisément contre le problème de représentation en soulignant que tout le monde n’a pas accès à Internet, premier point, et que parmi ceux qui y ont accès, il faut prendre garde à la distorsion possible suscitée par les plus impliqués qui ont les moyens de faire plus de bruit que ce qu’ils représentent vraiment. Et effectivement, quand on tient un blog on s’aperçoit vite du problème.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 09:54

  19. Merci pour votre réponse mais, si vous me le permettez, vous restez focalisée sur le doigt alors que je vous parle de la Lune. Le Figaro est trop lié au pouvoir pour ne voir dans cet article qu’un simple rappel du malaise régnant à l’Intérieur depuis la mise en place des nouvelles modalités de GAV. Son auteur, et votre profession, aurait gagné en crédibilité en ne jouant pas ce rôle malsain de courroie de transmission. Je suis persuadé qu’Eolas lui-même, ou tout autre avocat, aurait accepté de commenter ou de discourir sur ce sujet avec un contradicteur si la demande lui en avait été faite. J’en suis navré pour vous mais l’information rappelée dans cet article n’avait aucune urgence, on n’est pas face à un accident de la circulation. Il ressemble furieusement et beaucoup plus à un article de commande. Quant à votre argument « …je ne vois pas où elle présente comme normal de contourner la loi… », je vous en fait volontiers quitus mais, si on peut comprendre qu’un délinquant cherche à contourner la loi, je suis quand même surpris qu’une telle attitude venant de la Force publique ne suscite pas plus de réaction. On a l’indignation sélective au Figaro!!! On les connait plus percutant quand il faut se faire la magistrature par exemple.
    Ce sont la multiplication, la crédibilité douteuse et les approximations (mon amie la Com, vous connaissez?) de ce type de production insipide qui occasionnent la désaffection des lecteurs potentiels. Il est grand temps d’arrêter (Lisez la prose du Canard, « Le Figaro, inexorablement… », sur ce sujet en bas de la première page de l’édition du 27 juillet) si vous souhaitez redonner ses lettres de noblesse à votre confrérie.

    Commentaire par H. — 02/08/2011 @ 10:02

  20. @H: Vous touchez du doigt le problème. Il aurait fallu que la journaliste s’indigne. Au nom de quoi? De vos valeurs?
    Ce qu’un journaliste vous doit, c’est l’information. Son opinion, indignation, sa position, il est libre ou non de la proposer. Mais il ne la doit en rien. C’est effectivement par ce positionnement (ou ce refus de positionnement) que l’on peux ‘classer’ un journal ou un journaliste comme ceci ou cela. Oui le Figaro est plus proche du gouvernement que le Monde Diplomatique. Ce n’est pas nouveau et c’e n’est pas non plus un scandale.
    A titre personnel, je reproche souvent l’inverse à la presse (et bien plus encore à la radio): des suites sans fin d’indignations ou de prises de position. J’aimerai un journal qui se contente de m’informer sans me dire quoi ni comment penser. Sans doute suis-je trop imbu de moi-même, mais j’aime l’idée qu’on fasse confiance à l’intelligence de son lecteur.

    Commentaire par kaeldric — 02/08/2011 @ 10:14

  21. @ kaeldric

    Moi aussi, j’en ai ma soupe des indignations à géométrie variable et des polémiques stériles mais, pardonnez-moi ce rappel, qui se proclame « défenseur de la démocratie »? Il faut un minimum de cohérence. Faire appel à l’intelligence du lecteur est une noble démarche encore faut-il lui donner toutes les données du problème et avoir une démarche critique (face à la Com). Par exemple, rappeler que des statistiques sur deux mois ne veulent rien dire ou que le terme élucidation à un sens bien précis(voir le post d’EOLAS sur ces sujets).

    Commentaire par H. — 02/08/2011 @ 10:28

  22. @H: Dans ce cas précis, il était quand même rappelé que l’indignation venait de l’Intérieur. « Défenseur de la Démocratie », ce n’est pas un journal, ni un journaliste. Personne n’incarne cette fonction, ni aucun journal. Mais chaque intervenant en prend une petite part, la somme de chaque contribution étant inférieure au tout. C’est le débat, la diversité, le foisonnement qui permet le défense de la Démocratie.

    Commentaire par kaeldric — 02/08/2011 @ 10:44

  23. @H : Encore une fois, je n’ai jamais dit que ce papier était excellent. Je dis qu’il est parfaitement ordinaire. Une info, un papier, surtout si c’est une exclusivité, ce qui est le cas en l’espèce. Seulement voilà, c’est Le Figaro, parlant de l’intérieur, sur le sujet très sensible de la GAV et hop, tout s’enflamme. Ce que j’essaie de faire, c’est de donner un coup de rasoir pour retirer tout le bordel idéologique autour du sujet. Eolas a posé des lunettes sur le nez de ses lecteurs, des lunettes d’avocat. Très bien. Moi je vous dis, posez les lunettes et relisez le papier. Tâchons de lire ce qui est écrit et non pas ce qu’on croit deviner entre les lignes. Vous auriez préféré une mise en perspective ? Qu’elle appelle des avocats pour les faire réagir ? Moi aussi. J’observe juste que lorsqu’on relaie uniquement la position des avocats sur pareil sujet, personne ne s’indigne qu’on ne sollicite pas l’avis de la police. Deux poids, deux mesures ? Voyez-vous, je suis anarchiste dans l’âme, la vision d’un uniforme de flic me fait frémir, tout ce qui ressemble de près ou de loin à quelqu’un doté d’un pouvoir quelconque me fait fuir, ce qui ne m’empêche pas intellectuellement de chercher à voir tous les aspects d’un sujet et de trouver intéressant de connaître la position de celui qui est en face. Mais c’est vrai qu’en dehors du pouvoir, je souffre d’une autre allergie, encore plus violente, à l’encontre des idéologies, des systèmes, de tout ce qui peut mener à enfermer la réalité dans un cadre où elle se trouvera forcément trop à l’étroit 😉 Vous doutez de la parole de l’Intérieur ? Moi je doute de la parole de l’Intérieur ET de celle d’Eolas, parce que mon métier m’a appris à douter de tout et en particulier des avis tranchés et des discours péremptoires.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 10:46

  24. @Aliocha : Dites-nous plutôt comment un journaliste met la main sur une note ministérielle. Est-ce que nos dirigeants n’ont pas appris à jouer avec ces notes internes dirigées pour les voir « relayées » dans la presse. Quel genre de consignes un journaliste peut-il recevoir de son supérieur sur ce genre d’article ou est-ce du 100% fait main, puisque apparemment certains de vos confrères du Figaro se plaignent d’avoir reçu des directives pro-gouvernement de leur hiérarchie sur certains sujets sensibles, à tel point qu’ils en viennent à s’auto-censurer. Dites nous plutôt concrètement la somme de travail qu’un tel article nécessite, combien de temps on met pour le produire, etc.

    Parce qu’on a beau lire et relire cet article sous toutes les coutures, vous aurez tout de même réussi à nous faire faire ça, il ne s’arrange pas. Les rumeurs restent des rumeurs, le relayage brut ne s’est pas enrichi, la séparation entre la partie relayage et l’analyse journalistique ne s’éclaircit pas.

    Enfin, vous dites « tout ce qui ressemble de près ou de loin à quelqu’un doté d’un pouvoir quelconque me fait fuir ». Comment gérez-vous alors le pouvoir de la presse qui s’écoule par votre plume ?

    Commentaire par kuk — 02/08/2011 @ 11:50

  25. @ Aliocha

    « J’observe juste que lorsqu’on relaie uniquement la position des avocats sur pareil sujet, personne ne s’indigne qu’on ne sollicite pas l’avis de la police. » On est alors en face d’un problème équivalent et ce dernier se pose également dans les mêmes termes. C’est pour cette raison que je n’achète plus de presse écrite (à l’exception parfois du Canard). Tant que des journalistes ne se limiteront qu’à être des plumitifs et commettront ce genre d’article, les lecteurs ne feront qu’une chose: fuir. C’est ainsi.
    Il y aurait beaucoup à dire sur la confrérie des avocats. Tous sont loin d’avoir le talent d’Eolas mais je vous rappelle que si ce dernier s’est lancé dans son blog, c’est qu’il en avait marre de voir dire tout et n’importe quoi en matière judiciaire dans les médias. Depuis qu’il s’est lancé dans le grand bain, on assiste à un léger mieux en la matière mais la marge de progression potentielle est importante.
    Enfin, en matière d’anarchisme, nous sommes au moins deux quoique ma préférence aille à l’anarque de Jüngers. Je me défie autant que vous de toutes les obédiences. C’est pour cela que je m’efforce d’être exigeant. La position mentionnée dans l’article peut être défendue mais pas avec des approximations et des geignements. Enfin, en ce qui concerne la Police, je soumets à votre sagacité ce point de vue: http://nocountryforwhitemen.wordpress.com/2011/07/31/police-et-liberte/

    Bonnes vacances (si j’en crois votre dernier article)

    Commentaire par H. — 02/08/2011 @ 12:10

  26. @Kuk : très vite parce que je pars en vacances dans une heure. On met la main sur ce type de documents parce qu’on a un contact qui fuite l’information. Comment elle l’a eu et de qui, il n’y a qu’elle qui le sait. Si je comprends les fantasmes qui animent ceux qui s’indignent de ce papier, l’intérieur aurait appelé la journaliste ou de redac’chef pour dire : allez coco, faites-nous passer cette info auprès de vos lecteurs, aidez-nous à dézinguer cette réforme de m….. Entre nous, si ça se passe comme ça au Figaro, la rédaction doit immédiatement se mettre en grève. Je crois plutôt qu’elle a appelé quelqu’un qu’elle connait et qu’elle l’a eu. Evidemment, on peut soupçonner qu’à l’Intérieur on préfère fuiter ce genre de truc au Figaro qu’à Libé parce qu’on pense qu’on se fera moins arracher la tête. Mais je continue de penser que son paragraphe sur les contournements policiers ne va pas lui faire que des potes, vu qu’il va nécessairement faire hurler. Si je devais deviner ses intentions, je ne dirais pas qu’elle a voulu intoxiquer ses lecteurs, mais plutôt foutre la m…. et au passage faire parler d’elle. C’est plus dans la logique journalistique (pas forcément la plus jolie, je vous l’accorde, mais il y a des journalistes qui adorent foutre le bins pour se faire remarquer).
    Sur le pouvoir de la presse, non seulement je n’ai pas le sentiment d’avoir un pouvoir, mais je me sens en situation d’échec permanent. Echec à comprendre vraiment (complexité du monde), échec à rendre compte (formats trop court; difficulté de synthétiser, de trouver les mots justes etc). Le seul pouvoir dont je dispose et qui m’effraie, c’est celui de nuire inutilement. Mettre en danger une source (ça m’arrive rarement, je sors peu de scoops, mais ça arrive), mauvaise reproduction des propos d’un interviewé qui mette la personne en difficulté etc…Un article de presse, vous n’imaginez pas à quel point c’est lu au millimètre par certains, comme Eolas par exemple. La moindre erreur, la plus petite ambiguité et les ennemis du type que vous avez interviewé lui tombent dessus, ou bien sa boite en profite pour le virer etc. ou bien il a juste l’air d’un con. Ce pouvoir-là, me fait peur.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 12:16

  27. @H : en fait, ce que vous ne supportez plus, c’est le raccourcissements des formats, l’info bolino, vite donnée vite oubliée. Moi non plus. Mais justement, on en revient à ce que je dis ici depuis 3 ans, ce n’est pas sur nous qu’il faut taper mais sur les gens qui nous emploient et nous demandent de travailler ainsi. « Les lecteurs n’ont plus le temps de lire » voilà l’idée qui tourne en boucle. Une de mes amies consultante dans la presse me disait dimanche « si Patrick de St Exupéry était venu me voir avec le projet XXI, je lui aurais dit : oublie tu vas te planter ». Résultat, il fait un tabac. Et pourtant il a fait voler en éclats tous les principes de base en vogue actuellement pour monter un journal. Il fait long quand tout le monde fait court, il vend en librairie et pas en kiosque, il s’intéresse à ce qui n’est nulle part ailleurs, il développe des outils comme la bande-dessinée. Bref, c’est un extra-terrestre. Et contre toute attente, ça marche !

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 12:24

  28. Allons, je ferme les commentaires et j’éteins le poste. Dommage, nous avions initié une vraie discussion. Mais je ne doute pas que la rentrée nous donnera d’autres occasions de la poursuivre !

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/08/2011 @ 12:26

  29. « Dites-nous plutôt comment un journaliste met la main sur une note ministérielle. »

    Quand la journaliste est la fille d’un homme politique (prénommé Hervé) membre du parti du ministre qui a laissé « fuiter » la note, et travaille pour un journal plus proche des idées gouvernementales que qui ou quoi que ce soit, on se demande comment, en effet.

    C’est lourd.

    Cet article est de la com’ gouvernementale, ni plus, ni moins. Que le gouvernement fasse de la com’, soit. Qu’on (et particulièrement vous, Aliocha) prétende que c’est du journalisme… Bofff !

    Commentaire par lambertine — 02/08/2011 @ 13:41

  30. Bah… Le Figaro ne se fouette pas toujours chaque soir… Il faut bien le faire de temps en temps.
    Une fois la Gauche repassée, il re-deviendra ce fameux Journal de Résistance (dirigé par un ancien collabo ahahahah) qu’il a été pendant les Années Mitterrand.
    Le Figaro c’est le journal des gens qui appelleraient la Prusse au secours pour mater la Commune à Paris… et ils sont nombreux 🙂
    Fouettons un peu Le Figaro, sinon ils ne se sentiront pas assez Résistants, et ça leur ferait de la peine

    Commentaire par Aba Dablam — 03/08/2011 @ 05:25

  31. Critiquer le Figaro, ce n’est vraiment pas donner le coup de pied de l’âne au lion vieillissant, la seule critique qui puisse manquer de grandeur. Le Fig, c’est quand même le journal d’un type qui vient de rafler le marché des drones dans des conditions qui font penser à plus d’une personne au courant du dossier que els considérations politiques et le renvoi d’ascenseur ont pesé plus lourd que le critères techniques et surtout, de sécurité des nos soldats. Donc, allons-y :

    Dans le genre « non, on n’en fait pas des tonnes », le Figassault c’est un bon :

    http://www.lefigaro.fr/politique/2011/07/31/01002-20110731ARTFIG00200-les-dejeuners-de-campagne-de-sarkozy.php

    //«Ceux qui avaient une mauvaise image du président ressortent bluffés» de ces déjeuners affirme un proche de Nicolas Sarkozy.//

    C’est ça c’est ça, tu nous vends des pédégés gros naïfs, qui n’ont jamais eu la moindre idée sur le présiment de la raie publique jusqu’à ce jour, ce chemin de Damas où ils ont enfin eu la révélation, grâce à toi le proche, heu, le courtisan si proche du séant nicolique pour le torcher. Aaaaamen…

    //Confidentielles, les «agapes» présidentielles rythment la précampagne.//

    Confidentielles, oui, mais révélées à moult exemplaires. On a le droit de ne pas rire, Solenn de Charette, heu, de Royer, mais ça va être difficile.

    //Trois proches du président sont à la manœuvre: l’ancien ministre Alain Carignon, qui a gardé de son passage au ministère de la Communication (1993-1994) un «formidable entregent»//

    Et de son passage à la Santé, rien ? Bon, c’est vrai qu’il n’y villégiaturait pas en même temps que Tapie et Sirven.

    //Il écoute, un peu. Et parle, beaucoup//

    Ah, enfin des mots vrais, Solenn. Tu vois que tu peux faire un effort, hein ?

    //Le président est insatiable, raconte Carignon. Il aime la confrontation d’idées. Il lance les siennes, voit comment les gens réagissent. Parfois, les invités n’osent pas le contredire.//

    Vu que s’ils sont là c’est parce qu’ils ont accepté de venir jouer la comédie moyennant quelque récompense à venir, tu m’étonnes !

    //Le chef de l’État, qui se montre depuis peu insatiable sur le plan culturel, en profite pour montrer à ses invités l’étendue de ses nouvelles connaissances.//

    Depuis, disons, que la salariée de Séguéla a entrepris ce à côté de quoi la vidange des écuries d’Augias est un curage de dents. Il en profite, oui, pour justifier l’adage sur culture et confiture.

    Ces repas de com’ ne sont jamais qu’une version moderne des villages Potemkine. Il irait bouffer incognito et sans son mannequin chez Marcel, viré de Grandrange, Charles, instit d’une classe à 40 mômes ou Cécile, de la maternité de la Seyne-sur-Mer, pas sûr qu’il arriverait à en placer une. Pas sûr qu’il ne quitterait pas la table avant la fin des nouilles à l’eau.

    Commentaire par PMB — 03/08/2011 @ 11:27

  32. Bonjour,
    Je n’avais pas laissé de commentaire sur le précédent message, il y en avait déjà trop.
    Un petit rappel des faits selon moi :
    Votre consœur a été attaquée par maitre Eolas non pas tant sur le fond du message que sur la forme et en particulier parce qu’il s’appuyait sur des exemples (qui comme tout exemple sert à étayer le propos défendus) qui eux était outrageusement orientés.
    Sur votre billet d’aujourd’hui je me permettrai donc également un commentaire sur la forme :
    1) Victimisation sous forme d’humour « (…)Je m’étais préparée à l’épreuve : casque et gilet pare-balles(…) »
    2) On élude rapidement le fond du problème par un raccourci limite mesquin « (…)l’article du Figaro est mauvais parce qu’il est orienté(…) »
    3) On monte un argumentaire bateau sur l’importance des journalistes et leur rôle dans la société.

    Donc en gros, vous n’avez pas pris un seul instant en considération les messages reçus et argumentés. Vous nous montez un joli plaidoyer sur une montagne de lieu commun et il n’y a qu’à tourner la page.

    Si le point 3 est pertinent et se suffit à lui seul, était il nécessaire de rappeler les points 1 et 2 qui finalement nuisent plus qu’ils n’apportent à votre article ?

    Commentaire par Tandhruil — 03/08/2011 @ 13:48

  33. C’est vrai que le figaro est trop génial et qu’il le montre avec talent: http://vanessa-schlouma.blogspot.com/2011/07/le-site-du-figaro-ose-tout.html

    Commentaire par Nathalie — 03/08/2011 @ 22:44

  34. @Aliocha : Bonnes vacances !

    Mon fantasme est un peu moins brutal : j’imagine qu’au ministère, on écrit une note « interne » mais en fait tout autant (voire uniquement) destinée à la presse, transmise avec l’accord total du cabinet à un journaliste. Une fuite organisée, qui s’apparenterait presque à un « communiqué de presse », mais le message passe mieux et parait moins suspect si c’est présenté sous la forme « l’intérieur s’alarme de cette nouvelle réforme », par quelqu’un de l’extérieur qui aurait fait une petite enquête.

    Libre ensuite au journaliste d’en faire ce qu’il veut, mais si on transmet au Figaro, il n’y a pas trop de risque qu’il en soit fait « mauvais usage ». D’autant que si mauvais usage en était fait, la source d’information pourrait bien se tarir. C’est gagnant – gagnant : je te donne des « infos », tu les « relaies ». La collusion vient du fait que les journalistes ont autant besoin de sources internes que le gouvernement de journalistes pour assurer sa communication. Le lecteur pourrait aussi y gagner si un vrai travail journalistique était fait derrière la communication brute.

    Parce que dans l’article, comme autre source, il y a un policier qui s’exprime, on se demande si ce n’est pas le même qui raconte l’anecdote de l’avocat qui s’enfuit, et vu le conditionnel utilisé, on peut même douter qu’il l’ait vécue lui-même, fiabilité : zéro. Bref. On peut identifier clairement deux sources, et à peine plus. C’est pour ça que je me demande quelle quantité de travail représente vraiment un tel article, combien de temps on peut mettre pour le produire et si la pure et simple suppression de ce genre de production ne serait pas bénéfique pour l’information.

    A vous de dissiper mes fantasmes.

    Commentaire par kuk — 04/08/2011 @ 10:56


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