La Plume d'Aliocha

27/07/2011

Bats ton Figaro tous les matins !

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 17:33

Bats ton Figaro tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, lui il le sait !  Tel est le conseil que je donnerais à tout blogueur souhaitant se faire une place au soleil sur la toile qui m’interrogerait sur les clefs du succès. Le Figaro bashing, c’est archi-tendance. Aussi vendeur qu’une couverture de magazine sur le sexe à l’approche de l’été, un dossier Foire au Vin à l’automne, ou un numéro spécial Immobilier quand on veut.  Tous les internautes suivent, forcément, et les organes de presse aussi, tant le quotidien s’est, il est vrai, revêtu du costume idéal de Iago. Non seulement il est de droite, ce qui suffit à avoir tort sur la toile, mais en ces temps troublés de règne sarkoziste, il est forcément soupçonné de jouer les suppôts de Satan. Même moi, il m’irrite, je l’avoue. Mais pas au point de le dézinguer pour n’importe quoi.

Incapable de penser droit

C’est encore Laurence de Charette qui suscite les foudres d’Eolas en publiant un papier sur les inquiétudes de ministère de l’Intérieur au sujet de la baisse des gardes à vue. Il faut dire qu’elle y va fort Laurence. Travailler pour Le Figaro, c’est déjà être ontologiquement coupable. Evoquer dans un article les états d’âme du ministère de l’Intérieur, c’est carrément chercher la lapidation. Entre nous, je salue le courage de la démarche, même si elle frise l’inconscience. On parle des risques inconsidérés qu’auraient pris Hervé et Stéphane en voulant se rendre sur l’axe Vermont, ils font petits joueurs à côté de Laurence de Charette rendant compte des états d’âme de la police et de la gendarmerie sur l’épineux dossier de la garde à vue. Sachez amis lecteurs que policiers et gendarmes ne disent que des âneries, par définition,  et qu’il est parfaitement honteux de la part d’un journaliste de relayer leur vision des choses. C’est la première faute. Je m’étonne que Laurence n’ait pas aperçu qu’elle n’avait qu’un seul droit, ou un seul devoir qu’importe : faire parler les avocats et rien que les avocats sur la question de la garde à vue. Pilonner par principe et par définition toute vision des choses différente de celle des professionnels de la défense. C’est quand même pénible cette incapacité à penser droit, surtout de la part d’une journaliste spécialisée précisément dans les questions juridiques.

Malheur au messager porteur de mauvaises nouvelles

Mais il y a une deuxième faute. Encore plus grave. Laurence décrit la manière dont les policiers tentent de contourner l’irritante présence des avocats. Et le lecteur sans préjugé que je suis, tout à coup, se met en rogne. Contre la journaliste ? Eh non, ce n’est pas elle qui contourne la loi, elle ne fait que raconter. Non, je me mets en rogne contre la police dont on me dit qu’elle se joue des textes.  Mais pas Eolas, lui, c’est sur le messager qu’il cogne. Au lieu de voir qu’on alerte le public sur une application contestable d’une réforme récente, il subodore que la journaliste fait cause commune avec l’Intérieur et excite ses lecteurs en évoquant la baisse des garde à vue pour ensuite les rassurer : « ne vous inquiétez pas gentils cathos de droite à hauts revenus et donc à haut risque d’être agressés, la police n’applique pas cette réforme idiote ». Je mets au défi quiconque de trouver dans l’article le moindre indice d’une prise de position de l’auteur sur ce qu’elle décrit. Ce n’est que pur procès d’intention découlant d’une part du fait qu’elle travaille pour Le Figaro, d’autre part du choix fou d’évoquer le sujet de la garde à vue du point de vue de l’Intérieur. C’est tout.  Accessoirement, il n’est pas venu à l’esprit de mon copain Eolas que le ministère de l’Intérieur risquait lui aussi d’être fou de rage en lisant sous la plume de Laurence que ses policiers ne respectaient pas la loi. Et pourtant, à mon avis elle ne s’est pas fait des potes de ce côté-là. C’est tout le charme de notre métier, quoiqu’on écrive, on dérange. Toujours. Même au Figaro.

Erreur d’adversaire

Et puis il y a la troisième faute qui justifie que pour un article de 3700 signes, elle se prenne dans la tête un réquisitoire nourri de 17 040 signes dénonçant à la kalachnikov son incompétence, sa mauvaise foi et  ses fausses informations. Eh oui, il y a confusion entre baisse des garde à vue et chute du taux d’élucidation. Eolas explique. Un dossier renvoyé devant le tribunal est considéré comme élucidé, mais si l’avocat derrière obtient la mise hors de cause de son client, le dossier au final n’est plus élucidé. Donc le dégonflement des gardes à vue n’aboutit qu’à dégonfler un taux d’élucidation illusoire. OK, l’outil statistique est imprécis voire absurde, c’est très intéressant de le souligner. Mais était-il besoin de hurler au journalisme indigne ? Pourquoi s’en prendre à la journaliste plutôt qu’au ministère de l’Intérieur lui-même ?

Un avocat en principe c’est un déconstructeur de préjugés.  Il faut croire que parfois, certains sont aussi capables de fabriquer des préjugés, de mener des faux procès, d’inciter au lynchage sur la foi d’une simple conviction personnelle.  Et le tout en se trompant d’adversaire…

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108 commentaires »

  1. je comprends votre indignation, mais tout de même, il y a manifestement un problème particulier au Figaro.

    Le propriétaire des lieux n’a d’ailleurs jamais caché les raisons de sa prise de contrôle de ce journal.

    L’Humanité avait au moins une vertu: elle annonçait carte sur table pour qui elle roulait.
    On peut ne pas apprécier, mais les choses sont claires

    Alors oui, Eolas, mais il est loin d’être le seul, à raison de dénoncer ces incestes mals assumés entre ce journal et l’UMP.
    Que le Figaro clarifie sa position une fois pour toute et on en reparlera.

    Personne ne reproche à ce journal d’être de droite, on lui reproche juste de ne plus être un journal, mais sans le dire clairement à ses lecteurs.

    Commentaire par fredo — 27/07/2011 @ 17:56

  2. @fredo : dans ce cas on fait le procès du journal, arguments factuels à l’appui, pas un procès en sorcellerie à une journaliste que rien ne justifie.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 17:58

  3. La critique principale que j’ai vu dans l’article d’Eolas est au journaliste de ne pas faire son métier: recouper et vérifier et si possible expliquer.
    Et malheureusement ici la journaliste ne fait que reprendre la thèse véhiculer par ceux au gouvernement qui ne voulaient pas entendre parler de cette réforme. Le journal officiel Figaro = tout est dit.

    Commentaire par Vonric — 27/07/2011 @ 18:06

  4. J’ai lu le texte de M. Eolas. J’en ai compris surtout le fait que l’auteur en question a fait preuve de paresse en ne faisant aucune investigation concrète. Rapporter des doléances sans expliquer le pourquoi du comment.

    Commentaire par Ben — 27/07/2011 @ 18:17

  5. Il sera intéressant de voir la réponse d’Eolas, mais son billet me semble plus critiquer le fait que LdC reprenne sans broncher des informations supposées venues du Ministère de l’Intérieur, sans les remettre en question ni apporter les précisions nécessaires.

    Si un journaliste dit « le taux d’élucidation baisse à cause de la présence de l’avocat en GaV » sans rien préciser d’autre, c’est certes factuellement exact, mais ça laisse penser au lecteur que cette présence nuit à l’efficacité de la police / justice. Or il n’en est rien, comme l’explique Eolas. Mais si c’est Eolas qui doit s’y coller, c’est bien parce que la journaliste n’a pas fait son travail de recherche ou d’explication correctement. Et le reste de l’article semble à l’avenant. D’où la critique peut-être pas forcément infondée que LdC reprend les communiqués du Ministère de l’Intérieur texto.

    Sinon même dans l’hypothèse où cette critique particulière ne serait pas totalement justifiée, n’allez pas imaginer qu’on tape sur le Figaro juste parce qu’il est de droite. Quand ils se prennent pour un tabloïd, comme pour leur dernière couv’ « Affaire DSK – François Hollande entendu par les enquêteurs », ça mérite bien quelques râlages, non ?

    Commentaire par Jor — 27/07/2011 @ 18:26

  6. Mouiiiiii… Ce que je retiens surtout, c’est le corporatisme échevelé a tous les niveaux…: la journaliste du Fig défend le gouvernement, Eolas défend les avocats, aliocha défend les Journalistes…chacun avec ses petites œillères et sa mauvaise foi… Rien de neuf, en somme !

    Commentaire par Jo — 27/07/2011 @ 18:41

  7. « Je mets au défi quiconque de trouver dans l’article le moindre indice d’une prise de position de l’auteur sur ce qu’elle décrit ».

    Nous sommes parfaitement d’accord sur ce point.

    Des policiers qui tentent de contourner des lois qu’ils sont supposés appliquer – et faire respecter – et l’on se bat les flancs pour trouver ne serait-ce que l’ombre du début d’un avis de la part de notre journaliste… comment dit-on déjà? la sentinelle des libertés publiques? le chien de garde de la démocratie?

    Sans doute n’y avait-il rien à défendre, pas même le principe du contradictoire.

    PS: très drôle le coup du ministère de l’intérieur « fou de rage ». Vous guetterez pour voir si l’IGS se saisit de l’affaire, n’est-ce pas?

    Commentaire par Fantômette — 27/07/2011 @ 18:49

  8. Trop d’ironie tue l’ironie… La formule est au final aussie convenue que l’article, plus de forme que de contenu et ne contredit en rien les conclusions d’Eolas. Ça reste vain.

    Commentaire par Personne — 27/07/2011 @ 18:57

  9. Alors oui, les articles non signés mais qui sentent encore l’odeur de Mougeotte agacent, re-oui, les articles du Fig Mag jouant les béni oui-oui de Wauquiez au sujet des traîne-savate de canapé agacent, mais ce n’est pas une raison pour se laisser aller à une coupable paresse en fustigeant tous les professionnels de la maison Figaro. Il n’est que voir les quelques sorties de la société des journalistes du quotidien pour se sentir rassuré et ne pas voir le mal partout. Rioufol agace, Thréard aussi, Mougeotte donne des crises d’urticaire, mais ils ne sont pas à eux trois LE quotidien dans son ensemble.
    @ Jo : non, ce billet n’est pas un énième hennissement corporatiste, juste un appel à la vigilance contre la somnolence bien pensance.

    Commentaire par Zarga — 27/07/2011 @ 19:02

  10. @Fantômette : vous êtes rigolote quand vous faites semblant de ne pas comprendre. ça marche avec les juges ça ? Allons, faut s’indigner, de quoi on n’en sait rien mais faut s’indigner que diable ! Soutenir qu’une journaliste du Figaro pense forcément à mal quand elle écrit que les policiers contournent la loi. Et quand on fait observer que rien ne permet de dire ça (à mon avis, le fait qu’elle l’évoque signifie exactement le contraire, elle le dénonce) alors là on l’accuse de n’avoir pas lancé une diatribe contre l’Intérieur. On est toujours perdant quand on fait l’objet d’un procès un sorcellerie, il n’y a pas de défense possible. Ontologiquement coupable parce que journaliste au Figaro. Je l’ai pris à la rigolade, mais la vérité c’est que je trouve cette attaque totalement infondée et pour aller au bout de ma pensée ridicule et bouffie de vanité. Désolée pour votre idole. Je le trouve génial Eolas, à plus d’un titre, mais parfois je trouve comme dirait Audiard qu’il déconne à gros bouillon. C’est le cas ici.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 19:11

  11. Pour le coup vous me décevez beaucoup, autant pour prendre la défense de cette « journaliste » que pour le ne pas voir le problème. Vous avez en grande partie contribué à ce que ma vision du journalisme français ne soit pas tout à faite noire, mais le fait que vous ne voyez pas de problème dans l’article du Figaro me gène beaucoup.

    Pour info, je suis de droite (même si pas Sarkozyste), donc l’argument « vous critiquez le Figaro parce qu’il est de droite » ne tiens pas.

    Le très gros problème de cet article, c’est qu’on peut le qualifier de beaucoup de choses, mais pas d’article de presse (« digne de ce nom » j’entends, car il est malheureusement paru dans la presse). Elle transmet les doléances du ministère de l’intérieur, soit. Mais le fait qu’elle le fasse sans le moindre recul est inacceptable, car cela la conduit à publier des choses fausses. Honnêtement, qu’apprend le lecteur à la fin de cet article ? Il aura probablement l’impression que la réforme de la garde à vue est mauvaise, car elle conduit à remettre des criminels en liberté. Comment admettre qu’un journaliste n’ait pas enquêté sur la signification de la baisse du taux d’élucidation ? Plus grave, comment admettre qu’un journaliste ne rappelle pas dans son article que la baisse du nombre de garde à vue dont se plaint l’intérieur était précisément un des buts de la loi affiché par le gouvernement ? Cette manie qu’on les journalistes français de relayer les positions des uns et des autres sans faire son travail de vérification des faits m’insupporte au plus au point, et si elle continue, ne vous étonnez pas de voir le « journalisme » disparaître et les gens applaudir.
    Eolas a magnifiquement résumé le problème dans son billet :
    « Il faudrait inventer un métier qui consisterait à vérifier des informations et à expliquer les faits avant de les publier : ça se fait bien dans d’autres pays. »
    L’absence de ce travail fait le lit des communicateurs les plus malhonnêtes, et je comprend donc la colère d’Eolas, qui est également mienne.

    Et le billet d’Eolas valait bien 17040 signes, car lui, au moins, nous apprend quelque chose. Si on attend la presse pour nous expliquer les enjeux de cette réforme, on risque d’attendre longtemps, et on en reste au niveau du café du commerce « et c’est encore les criminels qu’on défend ».

    Ps : vous voulez un indice du fait que la journaliste soit favorables aux « astuces » des policiers/gendarmes ? Prenez la construction de l’article : on commence par présenter la réforme comme un problème (baisse du taux d’élucidation), la présentation des astuces qui suit parait donc naturellement comme une solution. La journaliste ne se mouille jamais, mais l’effet est là : une personne non informée, après la lecture de cet article, pensera que la réforme est une mauvaise chose et que les policiers doivent la contourner pour rester efficace. À moins qu’elle n’aille ensuite chercher l’information que l’article ne donne pas, par exemple sur le blog d’Eolas. Dommage que le métier du premier soit d’informer et que le second s’exprime à titre personnel.

    Commentaire par BN — 27/07/2011 @ 19:59

  12. Quelques points :

    « contourner la loi »
    En fait, il s’agit bien de la violer, gravement!

    « Coupable parce qu’au Figaro »
    Eh bien, personnellement je pense que c’est votre analyse qui n’est pas lucide. Bien sûr que le contexte a une importance dans la formulation! Que cet article provînt de l’Humanité, justement, ce serait bien plutôt d’une stigmatisation des policiers et de la politique du chiffre du gouvernement, dans la tradition du « mettons nous dans ‘leurs’ pompes, et examinons ce qu’ils pensent ». Gageons tout de même que les choses auraient été présentées différemment ne serait-ce que parce que le taux d’élucidation par exemple n’est pas une statistique qui veut dire ce qu’elle veut dire – si j’ai bien compris elle est 100% sous contrôle de l’exécutif…

    « Elle prend des risques sur sa droite, la brave Laurence »
    Personnellement, sur ce point précis mon analyse est bien différente : dans cette droite libérale, lorsqu’on devient un peu fanatique, on a très tendance à s’en ficher des lois et à considérer que si finalement on va dans la bonne direction on peut laisser sous silence les moyens qui ont permis d’accomplir les objectifs. Mes exemples Murdoch en tête, mais aussi l’affaire Bettencourt ou encore l’histoire de l’hippodrome de Vincennes, ou encore la « tradition » de fouille au corps dans la police jusqu’il y a peu, et la garde à vue en tant que moyen d’intimidation, les écoutes… Enfin c’est une analyse subjective donc mettez vos exemples à vous!

    Et donc cet article est juste un symptôme d’accoutumance, pour moi. Pour faire du pied au courant « bah! violez un peu la loi du moment que c’est contre les malfrats, c’est pas grave!! »

    Sur Eolas qui « cogne »
    Comme il l’a expliqué à nouveau dans son billet, de ce que j’en ai compris il y a quand même deux populations de policiers : ceux avec qui ça se passe très bien, et ceux avec qui ça se passe moins bien. Parmi ceux-ci, les plus insupportables, ceux qui violent carrément la loi. Etonnant qu’alors qu’ils sont minoritaires ce soient eux qui aient l’oreille de l’exécutif, et à travers, du Figaro! En tout cas, il y a une réponse d’un policier sous le billet, qui n’avait pas l’air de se sentir insulté, et ma foi pourquoi l’aurait-il été?

    Et enfin, je voudrais conclure en vous disant que j’apprécie beaucoup votre blog!

    Bien à vous.

    Commentaire par Un petit lapin vert — 27/07/2011 @ 20:12

  13. @BN : Inacceptable, voyez-vous ça ? Dommage qu’Eolas n’ait pas décidé de monter une secte, il aurait fait fortune au vu de l’influence qu’il exerce sur ses lecteurs. Non seulement il arrive à leur faire lire dans un article ce qui n’y est pas écrit, mais en plus il parvient à les faire hurler de bonheur face à cette découverte totalement incroyable : un avocat écrit un article plus technique et plus approfondi en 17 000 signes qu’un journaliste en 3000 signes. Et tout le monde hurle au génie d’Eolas (moi aussi je l’aime beaucoup) mais aussi, et ça c’est grave, à la faute professionnelle du journaliste. Mais ouvrez les yeux bon sang, il est brillant votre gourou, mais ses ficelles sont quand même drôlement grosses. Et il aurait écrit sur quoi, votre gourou, s’il n’y avait pas des journalistes pour trouver l’information ? Hein, dites-moi ? Et vous croyez que son article aurait été moins intéressant s’il avait commencé par « je viens d’apprendre en lisant le Figaro…. » pour approfondir ensuite les deux lièvres soulevés par ma consoeur. Lièvre 1: l’Intérieur fait pression sur l’Elysée contre la réforme et, plus grave, va le faire au niveau européen. Lièvre 2 : les policier, en tout cas certains, contournent la loi. Qu’est ce qui l’empêchait d’expliquer tranquillement les choses ? Son ego ? La volonté de faire un buzz en utilisant la ficelle facile du Figaro bashing et du journalisme bashing en général sur Internet ? Quant à votre façon de subodorer ce qu’a voulu faire la journaliste puis la manière dont un lecteur pourrait le comprendre, essayez donc la prochaine fois d’opposer à Eolas ce type de raisonnement, vous allez voir comment il va vous arracher la tête. Parce que, en principe, c’est typiquement le genre de suppositions qu’un avocat s’emploie à démolir, et lui tout particulièrement. Sauf quand ça l’arrange d’utiliser les mêmes méthodes. Réfléchissez à ceci : admettons que Laurence de Charette soit sur le banc d’un tribunal et qu’on essaie de la condamner sur la foi de suppositions aussi fumeuses, un avocat à votre avis, il ferait quoi pour la défendre ? Avec quelles chances de gagner ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 20:44

  14. Au petit lapin vert : même observation qu’à BN, on frise la secte eolassienne et on patauge dans les suppositions les plus fumeuses. De la part de lecteurs d’un avocat ultra-rationnel, en guère perpétuelle contre les légendes urbaines, aussi sensible à l’injustice, aussi vigilant sur les droits de la défense et le danger d’accuser sans preuve, je trouve cela éminemment cocasse.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 20:49

  15. laplumedaliocha> Je ne vois qu’une explication:votre liaison Internet ne fonctionne toujours pas correctement. Sans cela comment expliquer tant de mauvaise foi ?
    Pour rapidement reprendre le système de titres/réponses:

    Pilonner par principe et par définition toute vision des choses différente de celle des professionnels de la défense.
    >> Mon fils de six ans m’a sorti un argument du même type l’autre jour: l’autre fait pareil ! Eolas n’étant pas journaliste, on ne s’attend pas a recevoir l’opinion de la partie adverse. Par contre je croyais que les journalistes apprenaient cela à l’école ?

    Je mets au défi quiconque de trouver dans l’article le moindre indice d’une prise de position de l’auteur sur ce qu’elle décrit.
    >> Et bien c’est partout: en gros l’équivalent de Allo ici le gouvernement, j’écoute (ministère de l’intérieur ou Elysée, honnêtement la différence doit être ténue). Rien que le début (je mets en majuscules le style dramatique):
    « le ministère de l’Intérieur s’ALARME des conséquences de la réforme de la garde à vue qui institue l’arrivée des avocats dans les commissariats aux côtés de leurs clients. Les deux inspections de la police et de gendarmerie nationales ont nourri ce premier bilan, SOMBRE, présenté au Château, près de quatre mois après l’entrée en vigueur de la loi. »
    Peut-on me dire à quel moment il est rappelé que le but de cette loi était notamment de faire baisser les gardes a vues ?

    >>Lièvre 1: l’Intérieur fait pression sur l’Elysée contre la réforme et, plus grave, va le faire au niveau européen. Lièvre 2 : les policier, en tout cas certains, contournent la loi.
    Ah bon, des lièvres ? Des lapinots au mieux…Mais que l’Intérieur fasse pression sur l’Élysée, ça m’a bien fait rigoler. Quand aux policier… certains… on le savait déjà.

    >>Pourquoi s’en prendre à la journaliste plutôt qu’au ministère de l’Intérieur lui-même ?
    Parce que en 3700 signes on s’attend a un peu de vérification, d’explications et d’esprit critique. Ce n’est pas une brève il me semble. Au hasard en cherchant 5 secondes je trouves quelques articles plus courts qui pourtant paraissent mieux construits:
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/la-reforme-a-fait-baisser-le-nombre-de-gardes-a-vue_1009643.html
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/07/06/baisse-du-nombre-de-gardes-a-vues-en-juin-depuis-la-reforme_1545252_3224.html

    PS: et non, je n’ai pas ma carte de membre de la secte… par contre la mauvaise foi tintée de corporatisme me fait réagir (mais vous avez du voir que je supporte aussi dans d’autres occasion 😉

    PPS: et donc en conclusion ultime, pour reprendre une de vos citations: Je vous trouve géniale, à plus d’un titre, mais parfois je trouve comme dirait Audiard que vous déconnez à gros bouillon. C’est le cas ici.

    Commentaire par Vonric — 27/07/2011 @ 21:41

  16. Si on critique le travail de cette journaliste, c’est forcément parce qu’on est de gauche ou mouton (d’après votre billet). Comme je suis de droite, c’est donc parce que je suis hypnotisé par Eolas. Il est étonnant de vous voir employer un tel procédé, qui permet d’évacuer facilement les arguments de ses contradicteurs. J’ai passé sur les procès l’intentions de votre billet parce que je préférais parler du fond, mais si vous continuez dans les commentaires, je vois mal comment une discussion constructive peut s’établir. Merci donc de ne pas me prendre pour un débile ou un fanatique, je sais penser par moi-même, merci.

    Le problème de base n’est pas la différence de quantité d’information entre un billet d’Eolas et un article du Figaro, il est dans l’absence totale d’analyse et de recul de l’article, ainsi que dans la publication d’inexactitudes (pour être gentil) qui désinforment au lieu d’informer.

    « Et il aurait écrit sur quoi, votre gourou, s’il n’y avait pas des journalistes pour trouver l’information ? Hein, dites-moi ? »
    Dans le cas présent, il serait allé chercher sur le site du ministère de l’intérieur, il y aurait trouvé les mêmes « informations ».

    Les deux lièvres que vous soulevez sont intéressants, mais il faut un œil aguerri pour le voir. 5 mots en début d’articles, une phrase à la fin (qui parle de « rallier à une cause » en plus). Partant du principe qu’un journaliste écrit pour passer un message au grand public, qui lira parfois l’article d’un œil distrait, j’ai du mal à penser que c’est vraiment l’idée essentielle qu’a voulu faire passer le journaliste.

    « Qu’est ce qui l’empêchait d’expliquer tranquillement les choses ? Son ego ? La volonté de faire un buzz en utilisant la ficelle facile du Figaro bashing et du journalisme bashing en général sur Internet ? »
    La colère qu’il a pu ressentir en voyant une telle désinformation dans un journal ? Encore une fois, vous donnez dans le procès d’intention. C’est sûr, il amuse la galerie en cassant du sucre sur le dos de Laurence de Charette, mais elle l’a bien mérité. Et franchement, entre Eolas qui profiterait de cette article pour faire du buzz, mais qui nous informe (donc nous enrichi) au passage et Laurence de Charette qui ne fait pas son travail, et qui produit un pur article de désinformation, je n’hésiterais pas longtemps si je devais en condamner un des deux.

    Sinon, je sais très bien qu’un procès contre Laurence de Charette n’aurait aucune chance d’aboutir, quand bien même la désinformation serait un délit. Elle se cache efficacement derrière les propos du ministère. Mais les avocats comme les journalistes maîtrisent très bien l’effet de leur discours, c’est même leur métier. L’emploi du mot « cause » au lieu de « position », par exemple, n’est pas suffisante pour passer dans l’approbation officielle, mais ne vous cachez pas derrière votre stylo, nous ne sommes pas dupes. Quand un journaliste fait un article en ne donnant qu’un seul point de vue, il sait très bien (ou du moins je l’espère) que le fait qu’il parle à la première personne ou qu’il utilise des guillemets ne change pas grand chose à ce qu’en retiendra le lecteur, tout comme il sait faire passer un projet de loi comme positif ou négatif sans changer le fond, en jouant seulement sur la connotation des mots employés. Chez Libération comme au Figaro, ils prennent rarement position officiellement dans leurs articles, et pourtant il est évident que l’un est de gauche et l’autre de droite. Mais de toute façon, ce dernier point à peu d’importance à mes yeux. Les journalistes ont le droit d’avoir leurs opinions, même si je préférerais que ce soit assumé, et dans le cas présent je doute que Laurence de Charette soit contre la réforme.

    Ce qui importe réellement ici à mes yeux, c’est l’absence de vrai travail journalistique (vérification des informations, recoupement, analyse, présentation des faits de façon contradictoire). Cet article a été l’occasion pour Eolas de pousser une gueulante, mais le drame, c’est que c’est une pratique généralisée. Quand un journaliste cite un politicien, dans le meilleurs des cas il cite ensuite un autre du camp adverse. On ne voit jamais, sauf dans la presse spécialisée ou engagée, une correction et une dénonciation des propos mensongers. Si je voulais un communiqué du ministère de l’intérieur, j’irais voir sur leur site, pas dans un journal. L’absence de l’information disant que si le nombre de garde à vue avait baissé, c’était sur les consignes de ce même gouvernement qui s’en plaint ensuite est critique : vous qui dénoncez la comm’, ça ne vous fait pas bondir qu’une de vos collèges marche dedans de cette façon ?

    Quand vous vous dites « chien de garde de la démocratie », j’applaudis. Le journalisme a une fonction noble et indispensable à une démocratie saine : informer, expliquer, donner aux citoyens les moyens de comprendre les enjeux démocratiques. Dans les faits on a quoi ? Pour la garde à vue, on a essentiellement eu droit aux réactions indignés ou satisfaites des uns et des autres, et à des informations sans intérêt pour quelqu’un qui n’est pas déjà informé. « La loi a été voté cette nuit ». Super, ça me fait une belle jambe. Et sinon, les enjeux, ce qui va changer, pourquoi la loi est-elle passée ?
    Quand on sais qu’Eolas est très impliqué dans la réforme de la garde à vue, on comprend que l’article du Figaro le mette en colère : il lutte pour une cause juste à ses yeux, et en face, on répond par de la désinformation. Et que fait le journaliste, gardien de la démocratie, observateur neutre, tel un juge, chargé de démêler le vrai du faux ? Il relaie la propagande ministérielle, sans vérification, sans recul, sans mise en contexte. Rien.
    J’ai eu le même sentiment pendant les débats hadopi. Il suffisait que la ministre dise que son projet de loi respecte la présomption d’innocence pour que les média la reprenne en boucle, malgré les faits qui étaient indiscutables (et qui ont valut une censure par le conseil constitutionnel). En voyant ça, j’avais envie de hurler. Je suis trop idéaliste pour renoncer à l’idée que le journalisme puisse être un outil au service du bien commun, et trop réaliste pour nier le fait que la situation actuelle profite de façon scandaleuse aux menteurs.

    Commentaire par BN — 27/07/2011 @ 22:04

  17. en guère perpétuelle ????
    Joli !!!

    Commentaire par JihemB — 27/07/2011 @ 22:06

  18. Dites Aliocha, ce n’est pas vous qui mettiez en garde les lecteurs de l’influence grandissante de la « comm » des institutionnels?

    Commentaire par Marquis de Mussipont — 27/07/2011 @ 22:20

  19. @Vonric : vos articles ne sont pas mieux construits, ils reprennent les chiffres du Figaro et sont très embarrassés de n’avoir pas de déclaration de l’Intérieur. Ils sont vides.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 22:23

  20. @BN vous pouvez écrire 100 000 signes si vous voulez, ça ne changera rien au fait que vous ne répondez pas à cette question simple : où est-il écrit dans l’article : amis du Figaro Youpi, le ministère de l’intérieur se rebelle contre la réforme et les flics heureusement ne l’appliquent pas ? Dites-moi où c’est écrit, de quelque manière que ce soit ? Car c’est ce procès là qu’intente Eolas en lisant entre les lignes ce qui ne s’y trouve pas. Le reste relève de la méconnaissance de la presse (enfin, on va dire ça comme ça). Si Laurence de Charette avait fait une grande enquête sur la réforme de la garde à vue ou ne serait-ce qu’un bilan, et qu’elle ne cite que la position de l’Intérieur qui se plaint, en toute logique, de la baisse des GAV et de la manière dont ça complique le boulot de la police, sans citer aussi les avocats et sans mettre en perspective,OK, il y aurait une faute. Ce n’est pas ce qu’elle fait. Elle balance dans un papier court le résultat d’une conférence au ministère de l’Intérieur sur le sujet. Parce qu’elle avait une source. Et elle en fait un papier. Les deux articles de Vonric illustrent la frustration de ses confrères qui en sont réduits à recopier ce qu’elle a écrit. Fin de l’histoire. Elle a une info, elle fait un papier. Il n’est pas orienté, il n’y a rien dedans qui permette de supposer qu’elle se félicite de l’info. Au contraire, elle décrit un contournement de la loi qui ne peut pas être autre chose que scandaleux et elle le sait. En le disant, elle sert la cause des avocats puisqu’elle révèle aux lecteurs que la loi n’est pas appliquée. Tout ceci saute aux yeux. Sauf quand quelqu’un vous a présenté les choses de telle manière que vous lisiez autre chose.

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/07/2011 @ 22:33

  21. laplumedaliocha> Dans chacun d’eux il y a un présentation des chiffres de l’intérieur et un rappel de la loi, pour une mise en contexte:
    « Depuis une décision de la Cour de cassation du 15 avril, …
    La loi, qui avait notamment pour objectif de réduire le nombre de garde à vue… »

    En moins de signes ils arrivent a faire plus explicatifs.

    Commentaire par Vonric — 27/07/2011 @ 22:41

  22. La seule chose agaçante dans ce papier est, qu’une fois de plus, c’est LdC qui a la main sur cette note. Le traitement qu’elle en fait est, il me semble, tout â fait déontologique. Une Info, un papier. Certes les sources interrogées ne sont pas nommées, certes il y a du conditionnel partout mais sur le sujet, personne ne veut parler officiellement. Eolas n’est pas journaliste. Il est avocat. Chacun son métier.

    Commentaire par BABs — 27/07/2011 @ 22:56

  23. Vonric a déjà relevé pas mal d’éléments, qui relèvent d’un choix de vocabulaire parfaitement transparent.

    « Dites-moi où c’est écrit, de quelque manière que ce soit ? »
    Si le choix des mots est une manière, on vous l’a dit. Sinon, je suppose que vous savez aussi bien que moi qu’on ne trouvera pas plus dans un article de presse.
    Je ne vais pas répéter ce que j’ai dit dans mon précédent commentaire, puisque visiblement j’écris trop.

    Mais ce n’est pas la critique essentielle d’eolas : ce qu’il critique le plus, ce sont les faits inexacts qui sont présentés dans cet article. Sa brièveté n’excuse pas son inexactitude. Et là dessus, vous êtes silencieuse. Les deux articles cités par Vonric ne disent pas que l’intérieur « s’alarme » de la baisse du nombre de garde à vue, alors que c’était l’objectif visé.

    Quand à la faute, je noterais juste le titre qu’elle a choisit : « Sécuriser la procédure ». Ne vous faites pas plus bête que vous ne l’êtes en prétendant que les gens seraient forcément scandalisés par une atteinte à la loi. Le cas est fréquent, les gens ne se scandalisent que quand la loi va dans leur sens, sinon la vie publique française serait bien différente.

    Enfin, c’est vrai, je connais mal le monde de la presse. Mais je sais une chose, elle perd des lecteurs chaque jour qui passe. Peut-être par manque d’adéquation entre les journaux et l’attente du public ?

    Commentaire par BN — 27/07/2011 @ 23:06

  24. @Aliocha: j’ai relu l’article du Figaro deux, en essayant de faire autant que possible abstraction de votre analyse et de celle d’Eolas. L’impression, le ressenti, le goût, que me laisse cet article est clairement de faire la part belle à l’Intérieur. Sans se cacher, de manière très assumée. Les citations directes sont entremêlées avec des phrases dont les statut est plus ambigüe: pas entre guillemets, mais citations reformulées. Le vocabulaire est plus flatteur pour la police (imagination!) que pour l’avocat (qui quitte la pièce ou alors renonce à venir, bref qui fuit).

    L’ordonnancement des chiffres induit une causalité, alors qu’une lecture critique (en les supposant vrais) est facile. 26% de GAV en moins, et sur celles qui restent 40% gardent le silence soit globalement (26%+ (100-26)*40%)= 55% des affaires dont le traitement à changé. Pour 2,5% d’élucidation en moins: (2,5/33=7,6%) d’impact. On peut y voir aussi la fin d’un gaspillage de temps/argent/énergie sans parler d’une atteinte à la liberté des citoyens globalement injustifiée.

    Je comprends dans ces conditions la réaction épidermique d’Eolas. Alors qu’il y a dans cet article, et de manière claire la reconnaissance d’une pratique assumée: la culture de l’aveu, sans témoin. Ce n’est pas un avocat qui le dit, mais toutes les personnes interrogées, qui le revendiquent clairement. Même si ce n’est pas nouveau, ce n’est sans doute pas une position que le gouvernement aime assumer.

    Quitte à imaginer ce qui c’est passé, sans aucune preuve ni indice, je vois les choses comme ça: « Dis Machine, y’a la dépêche du Ministère qui vient du tomber, tu nous ponds vite fait 3000 signes là dessus. » Sans plus. Un boulot un peu bâclé par ce qu’il tombe en vrac entre deux ou trois autres sujets de fonds, mais qu’il doit être prêt pour le lendemain. Glorieux, sans doute pas, mais ce n’est pas non plus l’horreur du siècle.

    Commentaire par kaeldric — 27/07/2011 @ 23:08

  25. @Aliocha
    J’ai lu l’article du Figaro bien avant le billet de Maître Eolas. Et si je suis certes avocat, je ne fais plus de pénal depuis 8 ans. Ma première réaction à la lecture de cet article a été « Mais qu’est ce que c’est que ces conneries ? »

    Certes, la journaliste ne fait que rapporter une note du gouvernement. On ne peut la blâmer pour ce qui est dit par un autre qu’elle.

    Mais contrairement à ce que vous estimez, elle présente les « faits » de manière orientée. Il suffit pour cela de s’intéresser aux mots qu’elle emploie et qui n’appartiennent pas à la note elle même (ce que je suppose puisqu’elle prend le soin de mettre des guillemets pour les passages de la note).

    Exemple 1 : Les deux inspections de la police et de gendarmerie nationales ont nourri ce premier bilan, sombre, présenté au Château, près de quatre mois après l’entrée en vigueur de la loi.

    Pourquoi sombre ? Une baisse de 26,3 % de GAV, c’est sombre ? Ce qualificatif, c’est bien le journaliste qui le choisit ? Si elle avait dit « … ce bilan, relativement minime… », pensez vous vraiment que l’impacte pour le lecteur est le même ?

    Exemple 2 : «Plus grave: le taux d’élucidation diminue brutalement», de près de 2 points et demi – il est habituellement d’environ un tiers, et chaque dixième de point se gagne au forceps.

    Pourquoi pense -t-elle que chaque dixième de point se gagne au forceps ? C’est elle qui le constate où c’est son interlocuteur qui le lui souffle (elle ne vérifie donc pas)? Mais si c’est soufflé, pourquoi ne pas le dire ?

    Alors, pour celui qui désire pousser plus loin « l’investigation », il se rend compte qu’en fait, élucidation ça signifie « transmis dossier avec suspect désigné » ce qui ne veut pas dire suspect coupable. Ce n’est qu’après qu’il comprend que baisse d’élucidation n’est pas la conséquence fatidique de la baisse de la GAV.

    On peut, a minima, se dire que la journaliste manque de mise en perspective par rapport à ce qu’on lui dit, et donc d’objectivité.

    Maintenant, si on réecrit l’article, ça peut donner ça (rien n’est changé concernant les mentions entre guillemets)

    Dans une note adressée à l’Élysée, le ministère de l’Intérieur s’alarme des conséquences de la réforme de la garde à vue qui institue l’arrivée des avocats dans les commissariats aux côtés de leurs clients. Les deux inspections de la police et de gendarmerie nationales ont nourri ce premier bilan présenté au Château, près de quatre mois après l’entrée en vigueur de la loi. Les premiers décomptes montrent une baisse de 26,3% des gardes à vue pour l’ensemble des services, un chiffre qui monte à plus de 30% pour les services de police judiciaire. Mécaniquement, le nombre de personnes mises en cause diminue en même temps: «-34% pour les mis en cause des vols à main armée et -15% pour les mis en cause des trafics de stupéfiants», révèle le texte. «Plus grave: le taux d’élucidation diminue brutalement», de près de 2 points et demi – il est habituellement d’environ un tiers .

    Malgré le développement de la police scientifique, l’aveu est resté une pièce maîtresse de l’enquête à la française. Or, le droit au silence est appliqué maintenant «dans 40% des affaires» et «constitue un obstacle à l’élucidation», souligne pudiquement le texte. «C’est un fait, les aveux ne se font que hors présence de l’avocat», lâche plus prosaïquement un spécialiste. Il aurait été rapporté que, tout récemment, un avocat aurait brusquement quitté la pièce au moment précis où son client s’apprêtait à passer à table… ne voulant pas cautionner, par sa présence, des aveux qu’il ne lui serait plus possible ensuite de remettre en cause.

    On apprend l’imagination dont font preuve certains enquêteurs pour tenter de se débarrasser de l’avocat pendant le fil de la garde à vue, en peaufinant des manœuvres d’«épuisement» de l’intrus. «L’une des techniques consiste à commencer par une première audition en milieu d’après-midi, et à la faire traîner en longueur en multipliant les questions périphériques. Puis on fait une pause et on explique à l’avocat que l’on reprendra en début de soirée, raconte un policier. Il n’est pas rare qu’il nous appelle plus tard en disant que finalement, il ne reviendra pas.»

    Ceci étant, la majorité des enquêteurs cherchent avant tout à sécuriser la procédure, face aux incertitudes qui pèsent encore sur la bonne marche à suivre. L’Intérieur se plaint à ce sujet auprès de l’Élysée des politiques divergentes appliquées par les procureurs. À quels éléments du dossier peut exactement prétendre l’avocat? Pour les interrogatoires qui suivent la première audition – pour laquelle le texte précise qu’il faut accorder un délai de 2 heures à l’avocat pour parvenir auprès de son client – faut-il à nouveau attendre l’arrivée du conseil avant de reprendre les questions, et combien de temps? Les consignes varient sur ces points. Toujours dans l’idée d’éviter les risques d’annulation, la charge procédurale se serait accrue dans les commissariats: on prétend qu’en moyenne chaque garde à vue comporte 10 PV de forme supplémentaires.

    En conclusion, la note demande un allégement des procédures, une harmonisation des pratiques nationales et… «une modification de la législation, à moyen terme, afin de garantir l’efficacité des services enquêteurs» . Mais, pour l’heure, le gouvernement cherche plutôt à limiter les conséquences possibles d’une nouvelle directive européenne qui pourrait étendre la présence obligatoire de l’avocat à d’autres actes d’enquête, comme les perquisitions. Une délégation de plusieurs ministères français part cette semaine pour tenter de rallier les Allemands à la cause française sur ce dossier sensible.

    Nous n’avons pas encore le bilan des différents ordres d’avocats ou de la magistrature

    Commentaire par Tinkerbell — 27/07/2011 @ 23:19

  26. @tinkerbell J’ai appelé les Ordres. Les bilans sont contrastés ou inexistants. Difficile pour le moment d’en tirer des conclusions. Un membre du comité de suivi de la reforme de la GAV m’a indiqué que les chiffres donnés étaient également partiels et qu’un bilan plus réaliste serait rendu à la rentrée. Quant à la directive européenne, la Chancellerie elle-même n’en veut pas.

    Commentaire par BABs — 27/07/2011 @ 23:33

  27. @ BABs

    J’avoue que la mise en perspectives des chiffres des uns et des autres m’apparaît plus intéressant. Et je conçois parfaitement que l’on préfère attendre avant de tirer des conclusions hâtives. D’où l’irritation que certains peuvent ressentir à la lecture de l’article du figaro

    Commentaire par Tinkerbell — 27/07/2011 @ 23:38

  28. @kaeldric : eh non, ce n’est pas de la dépêche de ministère (ça fantasme dur sur le métier quand même 😉 ), elle a passé un coup de fil à un contact qui lui a donné les chiffres et qui lui a dit que ça gueulait fort à l’Intérieur. Ses confrères reprennent les chiffres mais se sont cassé le nez question commentaire. Ce que je trouve drôle, c’est que si elle avait eu un contact chez les avocats disant voilà les chiffres, on se félicite de la baisse, personne n’aurait hurlé sur le fait qu’elle n’ait pas demandé l’avis de l’Intérieur. Mais à part ça, les critiques contre son travail ne sont pas idéologiques ni téléguidées, du tout, du tout, du tout….

    Sinon, elle évoque la religion de l’aveu qui perdure au point d’inciter certains policiers à contourner la loi. Je repose ma question : qu’est-ce qui permet de dire qu’elle s’en félicite ou qu’elle entend manipuler le lecteur ?

    Mettons-nous dans le contexte. Vous êtes journaliste dans un quotidien en charge de la justice. Je dis bien un quotidien, donc dans un canard où on ne traite pas l’info du jour 15 jours après, mais le jour même, parce que la valeur de l’info elle est précisément dans la réactivité du journaliste. Bon, vous avez écrit des tas de papiers sur la GAV depuis des mois. Sous tous ses angles. Hop, un beau lundi de juillet alors que l’actu s’endort, vous avez vent qu’une réunion a lieu à l’Intérieur sur le sujet. Vous appelez dans tous les sens pour trouver quelqu’un qui vous rencarde sur ce qui va se passer. Bingo ! Vous trouvez une source directe ou indirecte (un participant ou bien un collaborateur d’un participant) qui vous dit : voilà nos chiffres, pour nous c’est une catastrophe, ça nous pose un vrai problème de statistiques, les flics gueulent parce que les consignes de sont pas claires, certains refusent d’appliquer la réforme, d’autres craignent que toute leur enquête s’effondre parce qu’ils auront mal compris telle consigne. Vous faites quoi ? Ce qu’elle a fait, vous expliquez comment ça s’agite à l’Intérieur sur la GAV. Vous avez une info, vous faites un papier. Et si le lendemain l’Elysée réagit, ou les avocats ou je ne sais trop qui d’autre, hop, vous referez un papier. C’est aussi simple que ça. Tout le reste n’est que théorie absurde du complot et procès d’intention. C’est pour ça que j’ai ouvert ce blog, parce que le journalisme ça a l’air évident, et en effet c’est très simple, sauf que personne ne comprend vraiment comment ça marche.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 00:03

  29. @BABs : merci de venir m’épauler, je commençais à me sentir un peu seule 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 00:07

  30. Peut-être que le souci se trouve là justement.

    Pour moi, ce n’est pas une information. Il n’y a rien dire, le ministère est pas content ? ça va faire maintenant un an que tous les semaines on apprend qu’il est pas content. Les chiffres ? que des données partielles sans sources (même le rapport de l’INHESJ sur la délinquance de juin 2011 n’en parle pas)… Faut-il encore le rappeler : un pourcentage n’a pas de valeur sans les données sous-jacentes.

    Cet article ne m’a rien appris du tout, qu’elle passe ses journées sur twitter/facebook plutôt que de relater un non-évènement.

    Commentaire par jean.mi-mi — 28/07/2011 @ 00:11

  31. @Aliocha: je m’excuse pour la dépêche, c’est justement pour ce dernier commentaire que je vous lis! Quand à la culture de l’aveu, si vous me lisez bien, je pense que là, justement, elle joue contre le gouvernement, mais personne n’a noté ce point!
    Si elle avait seulement interrogé des avocats (et aucun représentant du ministère ou de la police), je pense que si, il y aurait aussi eu polémique. Mais elle ne serait pas venue du même endroit 🙂
    De toute façon, tout le monde pense que la presse est orientée. Dans le mauvais sens, cela va sans dire 🙂

    Commentaire par kaeldric — 28/07/2011 @ 00:13

  32. @jean.mi-mi : si, c’est une info, parce que ce qu’elle vous raconte vous alerte sur les prolongements européens qu’entraînera la situation française si l’Intérieur gueule plus fort que les avocats. Au lieu de faire un procès en sorcellerie à la journaliste, Eolas aurait mieux fait de s’intéresser à la menace qu’elle dévoile en décrivant la position de l’Intérieur, en ce moment, les chiffres que le ministère avance, les plaintes des troupes, etc. On perd toujours à se focaliser sur le journaliste parce qu’il montre quelque chose de désagréable au lieu de regarder simplement ce qu’il montre. C’est encore l’histoire du fou, de la lune et du doigt…

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 00:18

  33. @kaeldric : ne vous excusez pas, simplement s’il y avait eu un communiqué de presse (la dépêche c’est plutôt pour désigner le travail des agences, AFP, Reuters) tout le monde aurait repris. Or les autres ne peuvent que citer le Figaro, ce qui montre que c’est une exclu de ce journal.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 00:20

  34. C’est vieux du 8 juin comme info…

    Commentaire par jean.mi-mi — 28/07/2011 @ 00:30

  35. laplumedaliocha: « Ce que je trouve drôle, c’est que si elle avait eu un contact chez les avocats disant voilà les chiffres, on se félicite de la baisse, personne n’aurait hurlé sur le fait qu’elle n’ait pas demandé l’avis de l’Intérieur »> C’est les soldes ? On balance gratuit ? C’est qui « personne » ?

    Commentaire par Vonric — 28/07/2011 @ 00:42

  36. Bonjour, Aliocha. Plusieurs problèmes dans cet article orienté de LdC

    1) Ce qui tient de la note du ministère est essentiellement numérique, mais les articulations logiques et les jugements sont de la journaliste (pas de guillemets), donc on ne sait pas bien si elle ne fait que reprendre les enchaînements logiques de la note, ou si ces articulations sont à mettre à son compte, et dans ce cas, on peut s’interroger d’où elle tire de telles conclusions (problème de la source). C’est le cas du mot « sombre », par exemple ou du dixième de point gagné au « forceps ». Dans tous les cas, il manque le devoir de vérification. C’est cette confusion qui met mal à l’aise tout au long de l’article.

    2) Elle présente le bilan de la réforme comme sombre, soit, et le 1er argument qui apparaît en bleu et gras est la baisse du nombre de garde à vues (pour cause de lien URL, mais l’impression visuelle reste). Suit un très court  » mécaniquement « , pour dire que le nombre de personnes mises en causes a également baissé. Or c’est ce lien qui est intéressant. L’objectif, la baisse du nombre de gardes à vue, est atteint, mais il entraîne un potentiel problème : la baisse du nombre de mis en cause. L’enchaînement de ces deux phrases donne l’impression que cela fait deux problèmes, alors qu’il n’y en a qu’un seul. (Honnêtement, je suis surpris de cet effet mécanique : je ne vois pas comment une personne suspectée de vol à main armée pourrait ne pas être mise en garde à vue en raison des nouvelles dispositions de la loi ). Problème de mise en perspective, sans parler de la critique des chiffres avancés par le ministère.

    3) Vocabulaire tendancieux : utilisation de l’adverbe « pudiquement » : (Or, le droit au silence (…) «constitue un obstacle à l’élucidation», souligne pudiquement le texte). Pudique : chaste, vertueux, modeste. Donc jugement de valeur. D’autres mots (« imagination », « malgré tout », « cause française ») sont tendancieux, sans qu’ils puissent constituer à eux seuls le délit dont vous parlez en 13.

    4) Rapportage de rumeurs : « C’est si vrai que, tout récemment, un avocat aurait brusquement quitté la pièce au moment précis où son client s’apprêtait à passer à table ».
    Où est l’information ? Qui la donne ? Ce n’est même pas sûr, bref c’est une rumeur, (une légende urbaine ?) qui concerne une seule personne. Et cette rumeur est censée ajouter un surplus de véracité à l’affirmation précédente (« C’est si vrai que … ») ? Merci de ne pas gaspiller de précieux signes. Pour moi, la rumeur, c’est le contraire du journalisme. La seule raison pour reproduire une rumeur serait d’informer le lecteur qu’une rumeur circule et qu’elle a telle ou telle conséquence, ce qui n’est pas le cas ici.

    5) Une information très probablement erronée, non recoupée : les 10 PV, longuement commentés par Eolas. Pas de vérification, pas de source citée. Je sais, 3700 signes seulement, manque de temps, etc… Vous ne répondez pas à cette critique.

    6) La construction de l’article. Si je lis vite, je comprends : La réforme de la garde à vue nuit à l’efficacité des policiers, notamment en raison du droit au silence qui ruine les techniques basées sur l’aveu du mis en cause. Il y a un petit combat roublard policier / avocat (à la roublardise de l’avocat qui se tire avant l’aveu, le policier contourne la loi par d’autres techniques). Les procédures pâtissent de cette l’application non uniforme de cette réforme (passage le plus intéressant de l’article). Mais en plus, l’Europe (cause de cette réforme) risque d’en remettre une couche et l’urgence est de convaincre les Allemands d’empêcher cela.
    D’après vous, je devrais au contraire comprendre que LdC prend le risque de dénoncer certains policiers qui contournent cette bonne loi européenne… Ok ok, procès d’intention, je ne gagnerai pas au tribunal.

    BN a exprimé cela mieux que moi, où est le travail journalistique de vérification, recul, mise en perspective ?

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 02:07

  37. J’ai ouïs-dire que les journalistes du Figaro étaient les premiers à faire du Figaro bashing… Et les lecteurs du site du Figaro, habitués des commentaires qui sentent bon la France, ne sont pas les derniers à se marrer des articles de propagande du type : « Crise : la France s’en sort bien », avec une belle carte de statistiques où l’on lire le contraire…

    Commentaire par Karmen — 28/07/2011 @ 02:56

  38. Et bla, bla, bla. Et bla, bla, bla…Et rebla, bla, bla !
    S’il me prenais l’idée saugrenue d’ouvrir un blog pour y pondre chaque matin, j’interdirais les commentaires, ou mieux : je ferais payer les commentateurs ! Après tout, c’est bien ce que font les patrons de bistrot car pour pouvoir brèver au comptoir, faut consommer…

    Commentaire par Hein?quoi ! — 28/07/2011 @ 07:02

  39. Ce qu’il y a de bien avec vous, ce sont les « évidences » que vous assénez.
    Ainsi, celle-ci qui disqualifierait la Toile aux mains et aux claviers probablement des affreux gens de Gauche :
    « Non seulement [Le Figaro] est de droite, CE QUI SUFFIT A AVOIR TORT SUR LA TOILE, mais en ces temps troublés de règne sarkoziste, il est forcément soupçonné de jouer les suppôts de Satan ».

    BiBi admire votre si douce et souterraine défense du journal de Dassault sous les dehors habituels d' »objectivité » et de distance discrète.

    Ah le Figaro ! Permettez-moi de vous dire que je suis dit de gauche, que je tiens un blog et que je lis très très régulièrement le Figaro. Et vous serez surprise de mon commentaire : il y a dans le Figaro une mine de renseignements.
    Enfin, Yves Thréard et Anne Fulda sont mes journaleux préférés.
    Mais bravo pour faire passer les gens de la Toile (méchants gauchistes dominateurs) pour des juges à l’emporte-pièce et qui épouseraient sans nuances les pires préjugés.

    Commentaire par Pensez BiBi — 28/07/2011 @ 07:49

  40. @Aliocha en 13:
    « les deux lièvres soulevés par ma consoeur. Lièvre 1: l’Intérieur fait pression sur l’Elysée contre la réforme et, plus grave, va le faire au niveau européen. Lièvre 2 : les policier, en tout cas certains, contournent la loi. »

    J’avoue que j’ai failli rigoler quand j’ai lu ça venant de vous. Puis j’ai relu l’article du Figaro, et à force de chercher, je les ai entraperçus vos « lièvres ». Mais ces deux lièvres ne sont pas du tout ce que Laurence de Charette met en avant dans son article. Pour preuve les intertitres qui sont « Le taux d’élucidation des enquêtes subit également une diminution brutale », et « Sécuriser la procédure ». Le sujet principal de l’article semble être tout autre (ou du moins l’angle de traitement).

    C’est parce que vous avez l’habitude de lire entre les lignes, et que vous connaissez le dossier que vous voyez des lièvres ici. Mais pour le lecteur moyen, il n’est dit nulle part explicitement que la stratégie d’évitement de l’avocat est illégale par exemple. Ben ouais, cette stratégie est présentée comme un léger contournement comme on sait qu’il en existe pas mal dans la police (du moins, c’est comme ça que je le perçois). Et pourtant je suis lecteur d’Eolas, mais je me suis dit en premier lieu qu’il s’agissait de petits arrangements que la loi ne pouvait pas sanctionner. Et pour cause, puisqu’on en parlait avec autant de légèreté dans un journal très lu ! (que je vois comme très proche du gouvernement, certes, mais quand même)
    Ça a quand même l’air de coller avec la version officielle du flic obligé de tricher pour faire son boulot correctement, à cause des avocats et des juges laxistes, non ?

    Donc la différence de réaction entre Eolas et vous, ça doit être que vous avez vu (ou cru voir) des lièvres dans l’article, et qu’Eolas lui a cru voir (ou vu) une présentation biaisée. Mention spéciale à l’anecdote de l’avocat qui se barre au moment des aveux de son client, même avant de lire le billet d’Eolas celle-là m’avait paru « plutôt suspecte ». Mais bon, je pratique la présomption d’innocence pour les anecdotes.

    Sinon rien à voir avec le fond, c’est juste une faute de frappe dans leur caption qui m’a fait rire, mais j’adore le sous-titre de l’image: « Le nombre de baisse de gardes à vue a baissé de 26,3% en quatre mois. »
    Dans la formulation ça fait très « L’augmentation des loyers a diminué ce mois-ci », même si c’est accidentel. 😉

    Commentaire par Jor — 28/07/2011 @ 08:44

  41. @kuk et quelques autres : Je me souviens qu’une fois Eolas avait hurlé sur le Figaro, je crois bien que c’était encore Laurence de Charette d’ailleurs. Il s’agissait d’AJ et elle racontait qu’elle avait vu un jeune avocat d’origine chinoise plaider pour son client alors qu’il parlait à peine le français. Il avait hurlé Eolas, soutenu que c’était impossible etc. Quand je l’ai vu quelques temps plus tard, il m’a avoué qu’il venait d’apprendre que le cas existait vraiment, et, de mémoire, que le conseil de l’ordre s’en était saisi. Il a pensé à vous le dire, ça ? Sinon, vous devriez lui demander…

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 09:50

  42. On m’a interpellée ici sur les journalistes chiens de garde de la démocratie, selon l’expression consacrée de la cour européenne des droits de l’homme. Autant dissiper tout de suite un malentendu. Cela ne signifie pas qu’on doive par exemple nourrir nos articles de jugements de valeur, lancer des accusations ou des diatribes dans l’air du temps. Aussi dingue que ça va vous paraître, quand LDC écrit, et donc rend public, dans un quotidien a aussi large diffusion que La Figaro que les policiers français, en tout cas certains, tentent d’éviter la présence de l’avocat en garde à vue, elle tient parfaitement son rôle consistant à dénoncer publiquement les dérives du système. Ce n’est pas faute d’avoir dit et répété à Eolas il y a déjà fort longtemps qu’avocats et journalistes avaient plus de valeurs communes et en particulier la défense des libertés qu’il ne l’imaginait (je le sais, j’ai fait les deux) et que par conséquent se foutre sur la gueule était inutile et contreproductif. Le problème, c’est qu’il a la tête un peu trop près du bonnet, notre avocat préféré.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 10:06

  43. @Bibi : vous avez du rater la polémique autour de la création du site d’information Atlantico. Il est de droite, le monstre, donc il ne peut qu’avoir vocation à désinformer. Car je vous l’annonce ici et c’est un scoop, un site di’nformation de gauche (pléonasme) informe (évidence), un site d’information de droite (oxymore) désinforme (scandaleuse évidence). On peut avoir des préjugés, le tout est de le savoir.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 10:22

  44. Combien vous faudra-t-il d’avis dissidents, venant pourtant d’admirateurs, pour vous demander si ce n’est pas vous, Aliocha, qui vous seriez trompée de combat ?

    En notes 20 et 28, vous décrivez le fonctionnement du journalisme au Figaro. Merci. On voit donc maintenant de façon précise comment le pouvoir instrumentalise l’information, sans rencontrer d’obstacle majeur. Et grâce à vous, on sait que ce n’est pas la faute des journalistes. Soit ! Il faudra maintenant qu’on m’explique comment je peux avoir encore confiance en eux, si leur responsabilité n’est jamais engagée.

    Au passage, je vous recommande, ainsi qu’à tous, la lecture d’un roman humoristique et déjanté qui traite de la naissance du journalisme dans un monde fictif, mais néanmoins passionnant, plat et circulaire, et qui se déplace dans l’univers posé sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur le dos d’une tortue géante… Le roman s’appelle « La Vérité » et il est signé Terry Pratchett. J’en ai retenu, en substance, un dialogue superbe entre un journaliste et un agent des forces de l’ordre : le premier se défend de toute intention nuisible et s’affirme au service de « La Vérité »… L’autre approuve l’intention, mais lui fait aimablement remarquer que s’il commet une erreur, ce n’est pas la vérité qui viendra lui filer un coup de pied au cul.

    Bien à vous,
    L’Ankou

    Commentaire par An Ankoù — 28/07/2011 @ 10:27

  45. « quand LDC écrit, […] que les policiers français, en tout cas certains, tentent d’éviter la présence de l’avocat en garde à vue, elle tient parfaitement son rôle consistant à dénoncer publiquement les dérives du système »
    Oui.
    Mais quand elle reprend les faits du ministère de l’intérieur sans les vérifier, elle manque gravement à son devoir de recherche de la vérité.

    Personnellement, je pense que cette défense de la vérité est (devrait être ?) une des valeurs fondamentales du journalisme. En tout cas, c’est ce que j’attends de lui.

    Quand un journaliste écrit, je m’attend à pouvoir faire confiance à ce que je lit sous sa plume, même s’il y a des guillemets. Oui, je sais, les guillemets rapportent les propos d’un autre, qui peut mentir. Mais en rapportant les propos, le journaliste s’en fait caution : vérifier ses sources fait parti de son job, on s’attend donc à ce qu’elles soient fiables. Dans le cas présent, comme elle rapporte le point de vue d’une partie en présence, c’est un peu différent. Mais en mêlant propos personnels et propos rapportés, la distinction entre ce que rapporte le journaliste (non vérifié) et ce qu’il dit source à l’appui (censé être fiable) est confuse. Il faut lire l’article bien attentivement pour voir que les chiffres avancés sont sujet à caution, parce qu’émit par une des parties. Pourtant, quand ils rapportent un discours du FN, par exemple, les journalistes savent très bien faire sentir qu’ils ne partagent pas les propos rapportés. C’est d’ailleurs une astuce connue pour faire un article orienté avec une apparence d’objectivité : rapporter les opinions des deux parties, mais prendre clairement ses distances avec l’une des deux.

    Pour les chiens de gardes de la démocratie, je ne m’attend pas à ce qu’ils lancent des diatribes. Ce n’est pas leur rôle, nous sommes d’accord. En revanche, je m’attends à un combat sans merci contre la désinformation et les faits inexacts. Si le journaliste ne fait pas l’effort de vérifier les faits, qui le fera ? Qui est mieux placé pour le faire ?
    Dans le cas présent, où certains des faits rapportés sont clairement inexact et de nature à introduire le lecteur en erreur, non seulement le journaliste ne lutte pas conte la désinformation, mais il l’a favorise en lui donnant une tribune. C’est cela qui me met en rogne, et je suppose que c’est également l’objet de la colère d’Eolas.

    Commentaire par BN — 28/07/2011 @ 10:30

  46. @Aliocha (41) :

    Si c’est LdC qui raconte avoir vu ce que vous dites sur l’avocat d’origine chinoise, ce n’est pas une rumeur et je doute qu’elle ait employé le conditionnel pour le faire. Je n’ai que faire qu’Eolas se soit trompé sur ce cas.
    Que la rumeur sur l’avocat qui se barre brusquement au milieu d’une garde à vue soit vraie ou fausse, peu importe. Ce qui compte, c’est de donner une information vérifiée, fiable et d’éviter de colporter des rumeurs.

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 10:49

  47. @Kuk
    Bon quand même: si Eolas a finalement su qu’elle avait raison et qu’il avait eu tort de s’emporter ça aurait été bien de faire amende honorable.

    Commentaire par 0xymore — 28/07/2011 @ 10:56

  48. @Oxymore (47) : Ce n’est pas le problème. L’article colporte-t-il une rumeur ou pas ?

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 11:11

  49. J’avoue que j’ai un peu du mal à comprendre la critique de l’article du Figaro.
    Oui, la journaliste reflète le point de vue de l’intérieur, des gendarmes et des policiers. Mais… c’est explicite non? En quoi le ressenti des forces de l’ordre ou la position du ministère ne serait pas une info?
    Et puis franchement, les méthodes de contournement des policiers c’est une info aussi non? (d’ailleurs, même Eolas a été bien obligé d’en convenir, quand il parle des techniques d’usure avec convocation à 3h du matin)
    Chaque article, surtout dans un quotidien, n’a pas vocation à traiter la totalité d’un sujet!

    Commentaire par QIAH — 28/07/2011 @ 11:16

  50. chère Aliocha,

    comme d’autres commentateurs, je vais apporter mon eau au moulin. Moi aussi, je vous adore, mais aujourd’hui je ne vous suis pas …
    Je suis de droite, je ne raffole pas du Figaro mais je le lis quand même à l’occasion.

    J’ai lu l’article de Laurence de Charette (rapidement) il y a quelques jours, et je me suis dit : « m’enfin ? on dirait la Pravda ? »

    J’ai ensuite lu le post d’Eolas, et j’y ai trouvé les explications que j’aurais aimé avoir dans l’article.

    Alors, certes, en relisant l’article plus à fond, on peut dire que la journaliste ne prend pas position, et qu’elle donne des infos (les 2 lièvres que vous citez). Mais bon, ça manque quand même beaucoup de contextualisation, et de distanciation.

    Bien à vous

    Commentaire par junot — 28/07/2011 @ 11:35

  51. @QIAH (49) :

    Non, la distinction des points de vue de la journaliste et des protagonistes n’est pas très claire.
    Oui, le ressenti affiché des protagonistes est une info, de faible valeur puisque la sincérité de ce ressenti n’est pas discutée (notamment celle du ministère, eu égard à l’objectif initial de la réforme)
    Oui, les méthodes de contournement des policiers sont une info (témoignage d’un policier, donc pas une rumeur)
    Il me semble que c’est autre chose qu’on critique, notamment la publication d’informations non vérifiées, erronées ou de rumeurs.

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 11:38

  52. @Kuk
    Le problème n’est pas de colporter une rumeur (ni l’article d’Eolas ni celui de LdC ne précisent si elle était présente à l’audience ou pas). J’étais juste d’accord avec le fait que si l’une des défenses d’Eolas s’était apparemment révélée fausse il aurait pu en parler car cela sous-entendait que LdC avait vérifié son info (de visu ou par enquête) alors que ce n’était pas son cas à lui au moment où il avait publié.
    Ceci dit, son article ne faisait qu’évoquer ce point de détail et reprochait bien d’autres choses beaucoup plus graves et intéressantes et n’est donc pas discrédité par cette rectification.

    Tout comme ici où je trouve – comme les autres commentateurs – que les termes employés et l’architecture de l’article vont clairement dans le sens du gouvernement.

    Et merci à Fantômette qui m’a bien fait rire en relevant la mention du « ministère fou de rage »: moi aussi j’attends avec impatience leur réaction à cet article.

    Commentaire par 0xymore — 28/07/2011 @ 11:45

  53. Vous-en connaissez beaucoup des gens qui en lisant cet article se s’on dit : « Mais c »est un comportement inadmissible! »… Qaund j’en parle autour de moi ou que je vais voir les réactions à cet article sur le net, l’opinion majoritaire c’est plutot de cautionner ce type de comportement.

    Alors si le message de la journaliste c’est de dénoncer cet état de fait, elle s’y prend bougrement mal.

    Commentaire par Aurélien — 28/07/2011 @ 11:56

  54. An Ankoù> N’est pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Même seule contre tous notre Aliocha préférée maintiendra son jugement, sans jamais penser que – peut être – ses lecteurs avertis pourraient – hypothèse peut être envisageable – avoir – un peu – raison…

    Commentaire par Vonric — 28/07/2011 @ 12:07

  55. Ce qui m’a dérangé dans l’article d’Eolas, ce n’est pas tant le reproche à la journaliste de son mauvais travail (ce avec quoi je suis d’accord), c’est la supposition que ce type de journalisme n’existe qu’au Figaro, seul journal à caresser son lecteur dans le sens du poil.

    De ma propre expérience, tous les grands quotidiens actuels se contentent d’être des messagers, qui du gouvernement, qui d’un juge, qui d’un opposant farouche, sans jamais apporter ni le moindre regard critique, ni la moindre investigation. Il y a un chouette article d’Hugues Serraf à ce sujet mais son site ne répond plus en ce moment.

    En ne concentrant ses attaques que sur le Figaro, Eolas devient presque aussi crédible que celle qu’il accuse.

    Commentaire par Nicolas — 28/07/2011 @ 12:44

  56. @kuk 51: je trouve que vous avez beaucoup baissé la barre, il me semble qu’Eolas critique l’article sur bien d’autres points.
    Bon, c’est sûr que cet article ne mérite pas un pulitzer et qu’il n’est pas exempt de reproche, mais il me semble suffisamment correct pour être un honnête (dans les 2 sens du mot) article de quotidien.

    Commentaire par QIAH — 28/07/2011 @ 13:13

  57. Mouais… un « ministère » ne peut pas plus avoir de « ressenti » qu’être « fou de rage ». Un ministère, ce n’est pas une personne.

    J’ai lu l’article de Laurence de Charrette bien avant ceux d’Eolas et d’Aliocha. Ma première réaction a été « c’est quoi, cette merde tendancieuse ? ». La deuxième « je me demande ce que vont en dire Eolas et Aliocha ».

    Je ne suis pas tout à fait une mékeskidi en Droit, mais je le suis en journalisme. Et, en tant que mékeskidi, à la lecture de l’article de Mme de Charrette, j’ai ressenti (je ne suis pas un ministère…) l’impression d’être prise pour une idiote. Une idiote à qui « on » voulait faire gober que les dernières dispositions concernant la garde à vue augmentaient l’insécurité, et que les braves policiers luttaient contre ça comme ils le pouvaient. Mais ce n’est que mon ressenti de mékeskidi à la lecture d’un article, publié dans un journal que je lis quand même depuis plus de trente ans (même si je suis étrangère).

    (PS : au sujet de l’avocat d’origine chinoise, ce n’est pas parce que l’anecdote est vraie qu’elle a été vérifiée, même si, je sais, la présomption d’innocence voudrait que…)

    Commentaire par lambertine — 28/07/2011 @ 14:31

  58. « Tous les internautes suivent »

    Faites ce que je dis pas ce que je fais. Quand on critique les journalistes, Aliocha s’empresse de hurler à la bêtise généralisatrice ; mais quant à elle, elle nous sort tranquillement que des centaines de millions d’internautes font du Figaro bashing.

    Commentaire par Gremlin — 28/07/2011 @ 14:31

  59. @QIAH : J’ai déjà été très long. En 51, je mentionne ce qui est à mon sens le défaut majeur de l’article, qui justifie à lui seul les critiques sur l’article et plombe la courageuse défense d’Aliocha, mais empreinte de mauvaise foi :

    La 1ère partie « incapable de penser droit » est une caricature : le problème n’est pas de présenter le point de vue des gendarmes ou du ministère, ce qui est tout à fait honorable, mais de n’y apporter aucun éclairage critique. Valeur de l’info équivalente à celle d’un communiqué de presse du gouvernement, pour paraphraser Eolas.

    La 2eme partie se concentre sur le témoignage du policier. Traiter ce passage de « saumâtre » est un peu exagéré. Cette interprétation découle logiquement du mauvais départ de l’article. Mais surtout, ce n »est qu’un détail de l’argumentation d’Eolas. Focaliser ses critiques sur un détail, pour ne pas répondre sur l’essentiel.

    La 3eme partie « erreur d’adversaire » est digne de la cour d’école, ou comment éviter de répondre sur le fond en détournant l’attaque. D’autant que cet article a tout à fait sa place dans la rubrique « mon amie la presse » d’Eolas. Je passe sur le réquisitoire censé être de 17000 signes alors que plus de la moitié concerne l’application concrète de la réforme et non l’article en lui-même. En longueur réelle, ce n’est pas très loin de la longueur du présent post d’Aliocha.

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 14:41

  60. Eh bien, il y en a ici qui vont être contents, j’ai déjeuné à midi avec un confrère bien plus expérimenté que moi et par ailleurs membre du SNJ qui avait lu l’article avant de lire Eolas et qui a tiqué aussi sur ce papier. L’honnêteté intellectuelle m’oblige à vous en rendre compte. Il a tiqué sur fond d’excessive proximité entre le journal et le gouvernement. Je précise bien qu’il a « tiqué », mais pas aperçu de faute déontologique majeure et encore moins de raison de descendre le papier aussi violemment que l’a fait Eolas. Et pour être complète, il lit et apprécie Eolas. Voilà. Ce qui ne m’empêche pas de maintenir que personnellement,je trouve le billet de notre avocat disproportionné et relevant largement du procès d’intention.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 14:54

  61. @kuk : vous me sous estimez, c’est pas gentil. Incapable de penser droit renvoie au fait qu’un article qui ne va pas dans le sens des convictions du lecteur suscite nécessairement des réactions violentes. LDC se place dans la situation intenable de dire à un avocat au sang chaud ce qu’osent penser les policiers d’une réforme capitale. Sur le deuxième point je ne saisi pas ce que vous me reprochez. Sur le troisième, c’est loin d’être de la cour de récréation, ça correspond à une réalité, on attaque souvent les journalistes parce qu’ils disent des choses qu’on ne veut pas entendre. Il ne s’agit pas de déplacer le problème, mais d’en montrer un aspect. A l’origine d’un coup de gueule comme celui d’Eolas, il y a une émotion. Ici, l’émotion est déclenchée par le fait qu’on parle d’un sujet qui lui tient à coeur, en donnant la position de l’adversaire et sans évoquer toutes les précisions que le spécialiste doublé de l’homme de terrain connait et aurait voulu voir. C’est archi-classique, on vit ça tous les jours. Ce que j’essaie de montrer c’est que la colère est deconnectée de la gravité de la faute réelle ou supposée. Pourquoi ? Parce que les médias « hystérisent » l’information et suscitent mécaniquementdes réactions violentes chez les lecteurs.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 15:03

  62. Quelle valeur ajoutée apporte l’indication que le journaliste avec qui vous faites table commune est membre du SNJ ?

    Commentaire par Gilbert Duroux — 28/07/2011 @ 15:05

  63. @Gilbert Duroux : ça m’aurait étonnée que vous ne me cherchiez pas des poux dans la tête 😉 ce que je voulais signifier ainsi et que j’ai résumé, c’est qu’il s’agit d’un journaliste investi dans la vie de la profession, très au fait des problèmes de déontologie etc. par un journaliste lambda comme moi free lance et deconnecté des instances professionnelles. Rien de plus, rien de moins.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 15:16

  64. @Aliocha :

    Sur la violence de l’attaque d’Eolas. Je vous l’accorde, Eolas est violent, il le reconnaît lui-même : « qui aime bien châtie bien, et la presse, je l’adore » peut-on lire en haut de sa rubrique « Mon amie la presse ». On pourrait se dire, pourquoi cette violence alors que tant d’autres articles sont mauvais ? Vous répondez à la question : parce que ce sujet lui tient à cœur. Mais, à mon sens, vous vous méprenez en pensant qu’Eolas réagit violemment parce que LdC rapporte ce que pensent « les » policiers, ou toute autre partie adverse.

    Sur le deuxième point, je vous reproche de critiquer un détail et de rester silencieuse sur l’essentiel.

    Par ailleurs, je vous remercie pour vos réponses qui donnent un éclairage intéressant de votre métier, meilleur que celui de votre post initial.

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 15:29

  65. Sur : L’honnêteté intellectuelle m’oblige à vous en rendre compte. Il a tiqué sur fond d’excessive proximité entre le journal et le gouvernement. Je précise bien qu’il a « tiqué », mais pas aperçu de faute déontologique majeure…

    mais selon lui et selon votre rapport , faute déontologique quand même ?

    Commentaire par parili — 28/07/2011 @ 15:33

  66. Avant de lire votre billet, à juste regarder le titre, j’imaginais plutôt que vous fustigeriez le journalisme qui joue au passe plat de la comme du gouvernementale. Du coup, Je ne vois qu’une explication à une telle réaction : vous êtes Laurence de Charette (gniark gniark gniark).

    Commentaire par babils — 28/07/2011 @ 15:45

  67. @parili : en réalité, nous n’en avons parlé que très brièvement, on se rencontrait pour la première fois lui et moi et j’avais envie d’aborder plein de sujets parce que c’est un de mes pairs, un journaliste aguerri que je ne connaissais que par média interposé. Comme il est très investi sur les questions de déontologie, je lui ai demandé s’il avait lu Eolas. C’est là qu’il m’a répondu qu’il avait tiqué en lisant le papier du Figaro, parce que pour lui on était dans la problématique de l’excessive proximité du journal avec le gouvernement. Les journalistes du Figaro sont les premiers à dénoncer ce problème et à en souffrir. Du coup, je suppose qu’il observe la situation de près et qu’il traque les indices de cette influence autant qu’Eolas traque tout ce qui nuit aux évolutions nécessaires de la GAV. Il a bloqué sur l’article, ça l’a interpellé mais il ne m’a pas parlé de faute déontologique. Encore une fois, et là c’est moi toute seule qui parle, si LDC avait fait un grand bilan de la réforme et qu’elle n’évoque que le point de vue du ministère de l’intérieur et de la police, je serais la première à hurler. Ce n’est pas ça qu’elle a fait. Elle a eu une info sur le ressenti de l’intérieur et elle l’a donnée.

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 15:51

  68. Cela fait un drôle d’effet de vous voir mettre en avant Ghesquière et Taponnier, leur remarquable sens du métier et leur refus des reportages embedded, puis quelqus jours plus tard de vous voir monter au créneau pour cette bouse.

    Commentaire par hurd — 28/07/2011 @ 16:14

  69. Je ne veux pas paraitre membre d’une hypothétique secte eolassienne, mais pour le coup, je lui donne raison (malgré le style hyperbolique de son billet qui me semblait tenir plus de l’exercice de style que d’autre chose).
    Comme vous l’exprimez en 67: « Elle a eu une info sur le ressenti de l’intérieur et elle l’a donnée. »
    Certes, mais le boulot d’un journaliste n’est-il pas un peu plus que ça?
    Ne devrait-il pas à minima expliquer ce qui peut bien causer ce ressenti, voire même expliquer lorsque ce ressenti repose sur des prémisses erronées.
    Il m’a semblé que l’article d’Eolas permettait à plusieurs reprises de comprendre qu’il y avait comme un problème dans les raisons données au malaise de l’Intérieur concernant cette réforme. C’est à mon sens un ‘détail’ qui ne devrait pas être ignoré par un journaliste (quelle que soit sa proximité avec sa source).

    Si un avocat vient vous dire que depuis qu’ils sont là lors de la GAV, les enquêtes sont de meilleures qualités, vous pouvez en faire un article, si pour cela il s’appuie sur des arguments assez vaseux et que vous les reproduisez sans distance, il me semble bien que cela pose un problème.

    Commentaire par JaK — 28/07/2011 @ 16:53

  70. @hurd : vous me posez une sacrée colle, là ! Disons que si j’avais quelque chose à vendre, la profession par exemple, il serait assez facile et très cohérent de vanter les mérites des meilleurs et de dézinguer ceux qui déplaisent au public. Mais je n’ai rien à vendre. Juste à partager un regard, des réactions sur le vif, parfois une expérience. J’admire profondément des gens comme Hervé et Stéphane, sans doute beaucoup plus que ce que j’exprime et je pense que le travail des journalistes de ce calibre est sous-évalué. Mais je pense aussi que les journalistes plus ordinaires sont souvent injustement décriés. Alors j’essaie d’expliquer et surtout de comprendre en discutant avec les lecteurs où se situe le malentendu entre eux et nous. Je n’ai dit nulle part que c’était l’article du siècle que critiquait Eolas, je dis juste qu’il ne mérite pas d’inspirer pareille fureur. Accessoirement, ça me dérange toujours beaucoup d’assister à un lynchage. Je ne peux pas m’empêcher de m’interposer, avec mes petits poings musclés 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 18:29

  71. Aliocha, vous devriez être indulgente avec Eolas puisque la seule faute qu’il a peut-être commise est l’excès.
    Pour revenir sur votre 3eme partie, « erreur d’adversaire », si le gouvernement est l’ennemi, et que le figaro se fait le porte parole de l’ennemi, alors ce n’est pas une erreur d’adversaire que de l’attaquer.

    Commentaire par kuk — 28/07/2011 @ 18:51

  72. Nouvelle émission d’@si à ne pas manquer sur les photographes de guerre : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4123

    Commentaire par laplumedaliocha — 28/07/2011 @ 18:55

  73. Vous devriez vraiment vous abstenir de répondre à ce genre de posts, car, peut-être par empathie avec les journalistes incriminés, vous avez systématiquement tendance à surréagir.

    Je préfère de loin vos autres articles/posts.

    Commentaire par javi — 29/07/2011 @ 01:14

  74. @javi : quand les blogueurs cesseront d’attaquer les journalistes pour se faire rutiler l’ego, je cesserai de surréagir. Pas avant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/07/2011 @ 01:31

  75. « OK, l’outil statistique est imprécis voire absurde, c’est très intéressant de le souligner. Mais était-il besoin de hurler au journalisme indigne ? Pourquoi s’en prendre à la journaliste plutôt qu’au ministère de l’Intérieur lui-même ? »

    Ben… oui ! Parce que le métier de journaliste, à la base, c’est quand-même de recouper les sources pour donner une information fiable. Si l’outil statistique n’est pas bon, c’est la base du métier de journaliste que d’en informer les lecteurs.

    Maintenant si vous me dites que journaliste en fait ça consiste juste à copier-coller les communiqués de presse des uns et des autres ou à recopier verbatim toute source donnant une « information », sans vérification, recoupage, remise en perspective, tentative « d’objectivisation » ni analyse, clairement on n’a plus besoin de journalistes, on se contentera des sites de communiqués de presse et basta. Vous pouvez dès à présent rendre votre carte de presse, aller pointer au pôle emploi, et laisser les blogueurs faire le boulot que vous avez définitivement abandonné.

    Commentaire par Marcel — 29/07/2011 @ 04:17

  76. Bonjour, j’ai également lu l’article du Figaro en question
    @La plume d’Aliocha
    En guise de préliminaire, je ne vous connais pas, bien qu’il m’arrive de lire sur votre blog tel ou tel article, et ne suis pas un adepte d’Eolas, dont certaines positions m’insupportent. Cependant, j’aime à glâner des analyses construites, quelles que soient leur orientation, que le sujet me plaise ou non, car cela n’est qu’en lisant des argumentaires étayés que l’on arrive à se faire une opinion pondérée sur des sujets de plus en plus techniques.
    Alors je vous le dis franchement , car il me semble inutile, tant de redire ce que d’autres ont si bien dit plus haut, tant de faire un long argumentaire que vous ne désirerez pas peser à son juste poids (cf vos trollages-remarques à ceux qui ont tenté d’argumenter):
    – soit vous ne voyez pas le caractère tendancieux de ce « publi-reportage », et c’est inquiétant, dans la mesure où c’est le corps de votre métier que de les voir.
    – soit vous le percevez très bien, mais vous avez décidé quand bien-même d’en faire la défense, et là c’est grave.

    Relisez donc les éditoriaux de François Mauriac, lorsqu’il participait au Figaro. Vous prendrez la mesure (j’ose l’espérer)
    de ce qu’il advient de ce journal auparavant respectable.

    Commentaire par Stupéfait — 29/07/2011 @ 07:35

  77. Quand « les » blogueurs cesseront d’attaquer « les » journalistes ?

    Il ne me semble pas qu’Eolas (et pas « les » blogueurs) attaque « les » journalistes. Il attaque « une » journaliste, et particulièrement « un » article de cette journaliste. Article qui est particulièrement mauvais et tendancieux.

    Je ne suis pas adepte du « journalisme citoyen », de l’amateurisme brandi comme un étendard comme ultime rempart de la liberté d’informer. Mais, j’estime en revanche qu’un journaliste professionnel doit se comporter en professionnel et ne pas se contenter de recopier des communiqués de presse et de colporter des rumeurs. Et quand un journaliste ne fait pas correctement son travail (si, si, ça arrive chez les journalistes, comme chez les médecins, les magistrats, les garagistes ou les ouvriers fraiseurs) il doit être possible de le critiquer, voire même de le descendre en flammes, sans être considéré comme un ennemi de la presse qui attaque « la profession » pour se faire mousser. L’article de Laurence de Charette était nul, comme l’éditorial du Monde dont il était question il y a quelques jours était indigne d’être appelé « éditorial ». J’attends des journalistes qu’ils fassent leur boulot de journalistes, pas qu’ils se comportent comme des blogueurs de troisième ordre, ou se fassent le relai du ministère de l’Intérieur.

    Commentaire par lambertine — 29/07/2011 @ 08:37

  78. Eh bien, Madame, je salue bien haut votre position car il faillait du courage pour publier un tel post sur ce sujet tout à sachant que vous risquiez une volée de bois vert. Je pourrais même m’incliner dans le même sens que vous mais au jour d’aujourd’hui , le figaro est bien trop connoté « sarkosyste » ( à tort ou à raison) .

    Un de mes profs me disait, va chercher la substantifique moelle (je sais que l’expression n’est pas de lui) mais le background compte énormément pour le trouver . Cet article n aurait pas la même connotation dans un autre journal mais c’est comme ça, c’est humain. Comme dans le goût, la vue joue profondément, il en est de même pour l’écriture, le ressenti et le background sont fondamentaux.

    A titre personnel, mon ressenti est le même que l’avis général des commentaires, cet article ressemble (pour ma part) à une commande du ministère de l’intérieur, peut être que je me trompe mais c’est ma perception.

    Commentaire par bleu horizon — 29/07/2011 @ 09:04

  79. Qui a la main dans cette affaire. La police, la gendarmerie ou les politiques?

    Commentaire par manu — 29/07/2011 @ 10:01

  80. Tiens dans la série des critiques injustes effectuées sans se soucier de savoir si on a raison, je viens de recevoir un mail dans lequel un lecteur me dit que mon titre « le bashing Figaro devient tendance » le fait bondir en raison de l’utilisation du franglais. Las ! ce lecteur fait référence au titre de ce billet chez Marianne. Je ne fais pas les titres chez Marianne. Ce qui ne m’empêche pas de m’en prendre plein la tête…bats ton journaliste tous les matins etc. Les journalistes font rarement leurs titres, c’est un métier spécifique de faire titre, chapôs, intertitres, légendes de photos etc. Un métier qui sans doute va disparaître, mais un métier. Chez Marianne2, il y a une toute petite équipe, je ne serais pas surprise que le titre ait été fait par un stagiaire. Sur l’usage du franglais, c’est un problème en effet. Mais d’abord ici je ne suis suis pas journaliste, donc je m’offre toutes les libertés interdites ailleurs, ensuite on est parfois obligé d’y passer, le tout est de ne pas abuser et surtout de traduire, ce que je fais dans les premières lignes. En l’espèce d’ailleurs, je ne suis pas sûre que l’expression ait grand sens, elle m’a amusée, c’est ma microliberté de blogueuse par rapport à mon métier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/07/2011 @ 10:19

  81. L’Eolas bashing est le sport favori des blogueuses désœuvrées.

    Commentaire par kremlin — 29/07/2011 @ 10:38

  82. Sorj Chalandon, Prix Albert Londres, 34 ans journaliste à Libé aujourd’hui au Canard Enchainé, raconte son parcours, l’Irlande, le procès Barbie… : http://www.franceinter.fr/emission-temoins-de-passage-sorj-chalandon

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/07/2011 @ 11:55

  83. « Le bashing Figaro » m’avait choqué aussi dans cette reprise, mais pas parce que c’est du franglais, mais plutôt parce que c’est incorrect. Il faudrait dire du Figaro bashing, en anglais. Oui c’est du capilloscindage.

    Sinon à propos de l’article de Laurence de Charette, puisque la majorité des lecteurs de votre blog, et vous même, ne risquons pas vraiment d’être objectifs (préjudiciés en faveur et / ou défaveur d’Eolas et / ou de la presse), pourquoi ne pas faire un test objectif pour voir la réaction de lecteurs lambda ? Réalisable par toute personne qui a des amis (R)(TM), je vous propose le test suivant: faites lire l’article en question à quelqu’un qui ne s’y connait pas trop en droit (moins de risque de voir les inexactitudes du raisonnement de l’Intérieur) ni en journalisme (moins de risques de voir les « lièvres »), et qui ne lit pas le blog d’Eolas. De préférence, choisissez quelqu’un représentatif du lecteur moyen du Figaro, si vous avez ça en rayon. Notez sa réaction, et répétez le procédé avec plusieurs autres personnes dans le même cas.

    Si vous avez une majorité de réactions du type « Punaise, le Ministère de l’Intérieur tente de faire pression sur l’Élysée, et en plus il y a même des flics qui ne respectent pas la loi, c’est ouf ça je le retweete de suite, faut faire la révolution ! », alors l’article de LdC soulève véritablement des lièvres. Si les personnes interrogées vous parlent d’autre chose après la lecture (genre les lois sont toujours plus laxistes, mon bon monsieur, mais où va t-on moi j’vous l’demande), c’est que ces lièvres ne sont pas vraiment le sujet principal de l’article.

    Commentaire par Jor — 29/07/2011 @ 12:39

  84. Honnêtement, chère Aliocha, si je vous lis beaucoup et si je vous révère (vous aimez Romain Gary, ce qui est suffisant), j’ai tiqué aussi sur votre billet, au départ.

    Pour une seule et bonne raison: le Figaro est globalement un torchon, basher le Figaro, c’est basher la Pravda. C’était un grand et beau journal conservateur, c’est devenu un fil de dépêches en provenance de l’Elysée.

    Et puis j’ai lu le billet d’Eolas. Et alors hein…outre l’Eolasolatrie (« merci maîîître ») qui me pousse depuis bien longtemps à ne plus lire les commentaires, je dois bien admettre que vous n’avez pas tort. Il tape sur la journaliste, alors qu’en creux c’est la politique éditoriale du journal qu’il devrait attaquer. En outre, j’ai lu récemment que de nombreux journalistes du Figaro commençaient à s’agacer de la ligne suivie par ce qui est, on l’oublie trop souvent, le plus vénérable quotidien Français.Il est dommage qu’Eolas ne fasse pas preuve de plus de mesure, l’argument « qui aime bien châtie bien » me faisant furieusement penser à celui qu’utiliserait un parent hystérique après une énième crise injustifiée contre son gamin.

    Quant au corporatisme….je suis doctorant en droit, quand on attaque l’université, ou la recherche universitaire, je réagis. Je ne vois pas ce qu’il y a de lamentable là-dedans. Je connais mieux l’université que beaucoup de ceux qui la critiquent, sans parler de la recherche universitaire, que quasiment personne ne connaît. Pour Aliocha c’est pareil, elle défend son métier, qui accessoirement semble correspondre à une vocation.
    Au demeurant, il n’y a guère plus que les journalistes pour défendre le journalisme. Si on leur dénie ce droit par cette espèce d’argument à deux balles: « nul, vous êtes journalistes, donc corporatisme, donc aucun intérêt ». L’affaire Ghesquière Taponnier me semble emblématique à cet égard. C’était une attaque injuste, ridicule et qui plus est très mal argumentée (« ça coûte cher » ce qui semble être l’argument ultime pour ceux qui n’en ont aucun)
    J’ajoute qu’étant donné que quasiment 100% des critiques contre les journalistes finissent invariablement par des attaques d’ordre général, qui confinent au fantasme (type « quand la presse fera-t-elle vraiment son travail? » ce à quoi on devrait répondre, pour faire bonne mesure, « pas possible, ça coûte cher ») et sentent surtout bon le poujadisme, il est légitime d’y répondre avec une certaine force.
    Enfin, j’observe que beaucoup d’attaques contre les journalistes émanent de membres des professions mises en cause dans les articles visés. Autrement dit, il s’agit de réactions corporatistes.

    Commentaire par Braillard — 29/07/2011 @ 14:36

  85. Voilà un moment que je viens vous lire, Aliocha, et quelques jours déjà que je parcours ce « post » et les commentaires qu’il suscite. Réflexion faite, je rejoins l’avis d’un certain nombre de commentateurs avant moi, et j’ai tendance à penser que vous tombez un peu dans l’extrême inverse de ce que vous dénoncez. Le « post » initial de Me Eolas était quelque peu tendancieux, un peu ironique, dans le style de l’auteur. Cela ne n’empêche qu’à mes yeux, l’article du Figaro est d’un niveau particulièrement faible, avec une enquête j’imagine assez limitée à quelques sources. Le (vrai) débat méritait mieux et l’excuse d’un nombre de signes restreint n’en est pas une, a fortiori sur le Net où il me paraît assez simple de monter des dossiers complets pour aborder une question sous tous les angles.

    J’aime vraiment bien votre blog et, en tant que confrère, je m’y retrouve très souvent. Cela dit, il ne faudrait peut-être pas non plus exagérer les attaques subies par les journalistes. Laurence de Charette n’a pas fait un travail d’enquête remarquable et ses sources sont au moins sujettes à discussion. Il m’arrive de regretter, à vous lire, une vision un peu partisane de notre métier, comme si c’était toujours à la guerre que vous faisiez face. Et quand vous écrivez plus haut que les journalistes écrivent rarement leurs titres, j’avoue que je tique: d’accord avec vous sur l’idée que c’était autrefois un vrai métier, mais, en treize ans d’exercice, jamais je n’ai pu me dispenser de cette formalité au motif qu’un collègue était chargé de cette responsabilité. Et même s’il a pu m’arriver de voir mes titres modifiés, j’ai toujours eu à en proposer un « par défaut ».

    Cela dit, merci tout de même de défendre notre profession, comme vous l’avez par exemple si judicieusement fait après le retour en France de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière.

    Commentaire par Martin K — 29/07/2011 @ 14:46

  86. c’est ce qui s’appelle faire du saut à l’éolastique, quoi.

    Commentaire par QIAH — 29/07/2011 @ 14:59

  87. >et sentent surtout bon le poujadisme … (85)

    C’est toujours l’argument ultime pour ne pas avoir à donner d’argument, moi ça me faire doucement rire, mais je dois être « so poujadiste »

    Commentaire par herve_02 — 29/07/2011 @ 16:41

  88. Eolas fait ce qu’il peut.

    Commentaire par Bertrand — 29/07/2011 @ 21:47

  89. @Braillard : merci…
    @martin K : je vais préciser certaines choses dans un autre billet 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 29/07/2011 @ 23:21

  90. @ la plume d’Aliocha

    Atlantico se pare de n’être ni de droite ni de gauche mais c’est Beigbeder (n° 2 du MEDEF) qui finance. Dassier, prolétaire exemplaire et ses copains de Droite UMPiste sont les tauliers d’Atlantico.

    Un organe de droite sur le Net ? Mais oui, pourquoi pas ? Mais BiBi comprend difficilement qu’Atlantico n’assume pas. Qu’il cesse de se présenter hors des courants de droite/gauche. Petit piège grossier et habituel des dissimulateurs de droite.

    Quant à la presse de droite, visitez mon blog sur le JDD, journal d’info du Frère Lagardère : pas lecteur plus assidu que BiBi. ( + de 50 billets)

    Commentaire par Pensez BiBi — 30/07/2011 @ 00:02

  91. @Herve 02

    Ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas fondé. Critiquer un article – ce que fait Eolas, en l’espèce- est une chose, critiquer un article en concluant invariablement par « le grand journalisme se perd » (relisez donc le Figaro des années 30 qu’on rigole) ou « la presse est nulle dans ce pays », c’est exactement la même chose que d’accabler l’ensemble de la classe politique pour les maux de quelques-uns, c’est une généralisation outrancière, fondée sur rien d’autre que des perceptions subjectives et étriquées, qui a pour but de se gausser d’une profession de toutes façons peu appréciée. Autrement dit, c’est du poujadisme.

    Quant à critiquer un argumentaire en en extrayant une simple phrase sans faire le moindre de cas du reste, ce n’est certes pas du poujadisme, mais c’est seulement parce que ce n’est pas grand-chose tout court.

    Commentaire par Braillard — 30/07/2011 @ 02:31

  92. Le corporatisme n’est pas mort, à moins que ce ne soit que l’effet du discours d’auto-victimisation très à la mode depuis Sarkozy. En tous les cas, merci de m’avoir fait découvrir Maître Eolas, autrement plus intéressant que tous les journalistes du Figaro.

    Commentaire par Sadi Carnot — 30/07/2011 @ 13:06

  93. Crois moi cocotte, tu passes pour une conne là.

    Commentaire par Sad Panda — 30/07/2011 @ 22:20

  94. @ Sad Panda : et vous, pour un rustre.

    Commentaire par Marquis de Mussipont — 31/07/2011 @ 12:34

  95. « @ Sad Panda : et vous, pour un rustre ».

    C’est vrai, il aurait pu le dire autrement, ce goujat.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 31/07/2011 @ 20:41

  96. @Braillard :

    « Il tape sur la journaliste, alors qu’en creux c’est la politique éditoriale du journal qu’il devrait attaquer »
    Il fait les deux, à part égales.

    « il n’y a guère plus que les journalistes pour défendre le journalisme ».
    En défendant cet article, défend-on le journalisme ? Critiquer un mauvais article, c’est signifier aux journalistes qu’ils sont lus, que la mission qui est la leur est d’importance (la démocratie doit quelques une de ses dix lettres à leur plume), que leur lectorat ne se résigne pas à ce qu’ils bâclent leur travail. C’est donc leur témoigner de l’intérêt et du respect.

    Cela dit, j’admets que l’attaque nominative est très violente, qu’il y a de l’injustice à ce que le couperet s’abatte sur tel article plutôt qu’un autre et qu’une réaction de défense de la personne attaquée est saine et courageuse.

    A la critique de la généralisation abusive à l’ensemble de la presse, vous savez, si vous êtes dans la recherche que la faculté de généralisation est une des plus belles de l’esprit humain et qu’elle a probablement été sélectionnée par l’évolution des espèces. Il est très rare de trouver une généralisation qui soit parfaitement correcte, vous même vous généralisez abusivement en parlant de « quasiment 100% des critiques contre les journalistes [qui] finissent invariablement par des attaques d’ordre général ». Comptez par exemple sur la centaine de commentaires de ce post.

    Commentaire par kuk — 31/07/2011 @ 23:32

  97. Je n’ai pas vu de réponse à Tinkerbell qui est pourtant juste. Il ya des phrases vraiment gênantes dans l’article.

    « Toujours dans l’idée d’éviter les risques d’annulation, la charge procédurale s’est également considérablement accrue dans les commissariats: en moyenne chaque garde à vue comporte 10 PV de forme supplémentaires. » D’après Eolas (et je n’ai rien lu de contraire) c’est factuellement faux, c’était possible de vérifier non ?

    « Dans une note adressée à l’Élysée, le ministère de l’Intérieur s’alarme des conséquences de la réforme de la garde à vue qui institue l’arrivée des avocats dans les commissariats aux côtés de leurs clients. Les deux inspections de la police et de gendarmerie nationales ont nourri ce premier bilan, sombre, présenté au Château, près de quatre mois après l’entrée en vigueur de la loi. »
    Aucun recul, aucune remarque sur le bénéfice de la baisse des GAV abusives un « sombre » sans le moindre guillemet ni distance.

    Et plus généralement, naturellement, un seul son de cloche. Ne faites pas mine de ne pas comprendre, vous ne voyez pas l’effet sur l’électeur moyen ? Vous ne voyez pas l’impact de cet article biaisé ? Oui il y a de bon journalistes au Figaro et les pages étrange ou culture sont parfois très bien, mais en politique intérieur, visiblement les directives internes sont fatales (au point de provoquer la colère de certains journalistes, vous avez lui Libération comme moi).

    Commentaire par Christophe Démaret — 01/08/2011 @ 10:50

  98. Je n’en suis qu’au 68e commentaire, mais il me semble qu’UN POINT MENSONGER de l’article n’a pas été relevé: l’histoire des 10 PV de forme supplémentaires… est fausse d’après Eolas, pour qui il y en a, comme avant, toujours 3 !

    Alors ? Voila un « point de détail » qui éclairerait bien les méthode de travail de la journaliste, non ?

    Commentaire par Cabeza de Vaca — 01/08/2011 @ 11:27

  99. Et en passant, sur Atlantico, je ne saurais mieux dire que http://guybirenbaum.com/20110730/un-vieux-vent-sur-linfo/

    Commentaire par Christophe Démaret — 01/08/2011 @ 12:11

  100. @cabeza de vaca : j’aimerais bien l’avis d’un policier là-dessus. Personnellement, je n’ai jamais fait de pénal, mais j’ai vu des dossiers, à chaque fois qu’il se passe quelque chose, hop, un PV, donc si la procédure devient plus sophistiquée (et c’est tant mieux), ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait plus de PV. En tout état de cause, LDC ne trompe personne puisqu’elle dit bien qu’elle relaie la position du ministère de l’intérieur. Si c’était dans le cadre d’une enquête journalistique, on pourrait lui reprocher de ne pas être allée sur le terrain pour vérifier, là, elle donne la position de l’intérieur, c’est simple, clair, y’a pas tromperie, on sait exactement qui parle et en vertu de quelle logique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/08/2011 @ 12:16

  101. @Christophe Démaret : et pourtant vous auriez du essayer de mieux dire. Par exemple que le problème n’est sans doute pas qu’on ne parle pas de l’immigration, mais qu’on est incapable d’en parler autrement que de manière idéologisée de part et d’autre et finalement de manière hystérique. Autrement dit, on est incapable d’en parler intelligemment, sereinement. Cela étant, à mon avis l’erreur consiste à croire que ça ne vaut que pour l’immigration. Globalement, c’est le cas de tous les sujets.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/08/2011 @ 13:33

  102. @Aliocha: Non, elle ne dit aucunement que c’est « selon le ministère ». Relisez la phrase:
    « Toujours dans l’idée d’éviter les risques d’annulation, la charge procédurale s’est également considérablement accrue dans les commissariats: en moyenne chaque garde à vue comporte 10 PV de forme supplémentaires. »
    Point de guillemets, rien. Dans le contexte, vous avez déduit que c’était toujours le ministère qui parle ? Admettons, à votre avis combien de lecteurs auront simplement compris qu’il y avait 10 PV en plus puisque « c’est marqué dans le journal » ?

    Sur Atlantico, on pourrait débattre longtemps sur le sujet de l’immigration même, en attendant lire un papier titré « Est-il interdit de parler d’immigration en France ? » en 2011 alors que c’est LE sujet de la droite depuis plus de 10 ans me consterne. Mais à la différence du Figaro c’est rangé dans Décryptage, c’est donc une opinion, la leur, fort bien. Mais c’est pas ça qui va me motiver à lire Atlantico (alors que les Echos qui sont pourtant de droite, oui). Je n’adore pas Birenbaum mais là il tape terriblement juste.

    Commentaire par Christophe Démaret — 01/08/2011 @ 14:56

  103. @Christophe Démaret : L’article est une synthèse de la note ; elle ne va pas répéter à chaque fois « selon l’Intérieur… ». Quant à Birenbaum versus Altlantico, chacun tient son rôle et c’est dommage, l’un pense qu’on ne peut pas en parler, l’autre rétorque qu’on ne fait que cela. Pardonnez-moi de réprimer un bâillement d’ennui. De la polémique, encore de la polémique, toujours de la polémique…

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/08/2011 @ 15:08

  104. Un simple conditionnel m’aurait suffit. Ou bien des guillemets. Ou bien un autre son de cloche. Bref…

    Commentaire par Christophe Démaret — 01/08/2011 @ 15:23

  105. […] puis quelques jours plus tard de vous voir monter au créneau pour cette bouse » observe Hurd sous le billet précédent dans lequel je donne un avis sur l’article du Figaro pulvérisé […]

    Ping par Fragments de réalité « La Plume d'Aliocha — 01/08/2011 @ 15:31

  106. De la même manière que NS a encore des supporters, la Gazette du Château a encore quelques défenseurs. Pas trop, j’espère.

    Commentaire par Bill — 02/08/2011 @ 15:49

  107. C’est à pleurer.
    l’article en cause du FIGARO est digne du colportage de ragots, mais à comme intérêt de servir sans ambiguité (par ses contreverités) une étude véritablement pratique des premières gav « assistées ».
    le blog d’EOLAS est impressionnant de vérité pour qui connaît la profession.

    Commentaire par pif — 02/08/2011 @ 23:18

  108. Un truc archi-tendance, c’est basher du blogueur connu, pas besoin d’élaborer un billet constructif ou détaillé, il suffit de répéter la même critique simpliste plusieurs fois.

    Personnellement, lorsque j’ai lu le billet d’eolas (que je survole une fois tous les mois), j’ai déploré que -le Figaro- soit tombé aussi bas. Quand j’ai lu que « la journaliste » n’avait pas fait les recherches nécessaires, j’ai IMMÉDIATEMENT lu « on n’a laissé à la journaliste ni le temps ni le choix, on lui a donné les chiffres et on lui a demandé un papier ‘adéquat’ et basta », y’a pas 30 000 façons de faire passer sans accroc un article pré-écrit et la contraintes temps est la plus efficace (et associer « ré-écriture de certains passages par la direction pour ne pas gêner les investisseurs » avec « perte de temps » est d’un facile…).

    Et j’ai également senti qu’Eolas avait fait un effort pour limiter les accusations directes envers la direction du Figaro et le Ministère de l’Intérieur (alors qu’on sent que cela le démange pas possible, ça se voit comme le nez sur la figure : on peut lire ce que je qualifierais de « facilités » de langage, un ton parfois peu retenu, chose inhabituelle sur son blog).

    Il fait semblant de faire peser la responsabilité de l’infâme papier sur la pôv Charette (et il faut être bien aveuglé par la colère ou l’ignorance pour n’y voir que ce premier sens superficiel), qui comme tout le monde le sait, est encore au Figaro parce qu’il faut bien avoir un boulot, qu’elle partage (je suppose) une bonne partie de l’idéologie portée par le Figaro, qu’elle ne veut pas quitter ses collègues et cette boîte, et que de toute façon « ce genre de papier commandé, y’en a dans toutes les rédactions ».

    Alors soit Eolas la ferme, c’est l’auto-censure complète, soit Eolas réagissait à ce papier commandé mais devait éviter soigneusement de porter des accusations directes contre le Figaro et le Ministère (il y a des conséquences, et pas seulement judiciaires, à attaquer de front le clan Sarkozy *et* Dassault en même temps). Laurence de Charette, ayant accepté le « contrat », le papier commandée, elle a sa part de responsabilité et est -pour ainsi dire- payé/pas viré pour ce job ingrat et désagréable (du moins pour ceux réfléchissant à ce qu’ils écrivent). Laurence de Charette a donc été choisis comme représentante du Figaro et du Ministère.

    Eolas : « Le Journal Officiel Figaro, sous la plume de Laurence de Charette, nous gratifie encore d’un grand moment de journalisme (comprendre l’art de signer de son nom les communiqués de presse rédigés par le gouvernement), qui me fournit l’occasion rêvée pour faire un nouveau point sur la garde à vue, deux mois, à une semaine près, après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. »

    => il lui reproche de signer (« sous la plume de… », « l’art de signer de son nom les communiqués ») l’article, pas de l’avoir écrit ou de croire au contenu. Il lui reproche d’avoir obéit aveuglément, rien de plus.
    => « qui me fournit l’occasion rêvée pour faire un nouveau point sur la garde à vue » : cet article et cette signature par Laurence lui PERMET de raccrocher sur la question de la garde à vue et la nouvelle loi, « l’occasion rêvée » = il était dans une position d’attente, il manquait une accroche pour aborder le sujet, l’article de Laurence est alors archi-secondaire, ce n’est que le déclencheur de ce qu’il veut démontrer, l’excuse, le pied dans la porte, le petit levier, qui lui permet d’aborder le véritable sujet sous-jacent : le Ministère de l’Intérieur utilise le Figaro pour publier des communiqués mensongers, le Ministère de l’Intérieur cherche à discréditer la nouvelle loi, le droit à la défense et la CEDH par le biais du Figaro.

    Parler de Laurence c’est hors-sujet, ce n’est qu’un camouflage pour éviter qu’on ne l’accuse de s’en prendre au Ministère de l’Intérieur directement.

    ps : défendre Laurence, c’est humain et justifié. Défendre le Figaro, tel qu’il est aujourd’hui, c’est soit un aveuglement idéologique soit une nostalgie de l’ancien Figaro, vous aussi ne vous trompez pas « d’adversaire » 🙂

    Commentaire par Bash-fr — 06/08/2011 @ 03:54


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