La Plume d'Aliocha

23/07/2011

Hervé Ghesquière : « je vais continuer »

Filed under: Comment ça marche ?,Coup de chapeau ! — laplumedaliocha @ 15:12

J’en avais rêvé, Daniel Schneidermann l’a fait : une heure et douze minutes d’entretien avec Hervé Ghesquière pour parler de son parcours, du fameux reportage en Afghanistan qui lui a coûté ainsi qu’à Stéphane Taponier 547 jours de détention, mais aussi du journalisme en général et du reportage de guerre en particulier. Je ne vais pas vous résumer ici l’interview, il faut la voir, écouter les paroles autant que les silences pour comprendre ce qui motive un journaliste de ce calibre, mais aussi et surtout comment il travaille. Juste quelques observations comme ça, en vrac, que je soumets au débat.

Regard de journaliste

Ce qui m’a frappée et qui à mon avis devrait inciter la profession à réfléchir c’est l’intérêt réel du regard que porte Hervé sur l’Afghanistan, mais aussi sur la guerre en général puisqu’il en a couvert beaucoup, de l’ex-yougoslavie au Rwanda en passant par l’Irak.  Tout ceci se résume souvent à deux minutes trente de reportage au JT, deux minutes trente pour exprimer la complexité d’une situation,  les intérêts en présence, la souffrance des civils, les motivations des combattants…La réduction des formats est en train de tuer lentement le journalisme et de ramener l’information à la dimension d’un spot publicitaire. Aussi et surtout, son récit montre l’intérêt qu’il y aurait à réserver davantage de place au commentaire des journalistes lorsqu’ils rentrent de reportage. Pour qu’ils puissent expliquer les images, le contexte, bref, éclairer leur propre travail.

L’enlèvement

Concernant la querelle sur les risques pris, elle est inédite. Hervé souligne que généralement on commence par libérer les otages et ce n’est qu’ensuite, éventuellement, qu’on leur passe un savon. Lui-même ignore la raison de cette colère présidentielle, et pour cause, il était détenu quand elle  a éclaté. Mais il avance une explication au conditionnel, l’armée aurait tout simplement voulu se couvrir. Ce qui n’empêche pas Hervé d’ajouter que si le gouvernement français n’était pas intervenu avec un grand professionnalisme, il ne serait pas sur le plateau pour témoigner. Encore une fois, il faut écouter l’interview, mais quelques éléments quand même sur les conditions du reportage. L’émission Pièces à conviction avait envoyé deux équipes, l’une était en charge d’enquêter auprès de la population essentiellement à Kaboul, l’autre de suivre l’armée française. L’exploration de la fameuse route sur laquelle ils ont été enlevés, l’axe Vermont, avait été décidée avant leur départ avec le rédacteur en chef, c’était le « fil rouge » du reportage. Voilà qui met fin au mythe des journalistes inconscients qui ont soudain l’idée de partir en balade. Le 30 décembre, Hervé et Stéphane sont déjà sur place depuis 27 jours et doivent repartir début janvier. Quand ils décident d’aller voir cette route, leur reportage est donc quasiment terminé.  Au départ, Hervé prévoit d’y passer 4 jours, puis il se ravise, la route est dangereuse, moins au regard du risque d’enlèvement que de celui d’être pris entre deux feux. Par ailleurs, il est impossible de dormir dans les villages. Ce sera donc une grande journée, de l’aube jusqu’à la nuit. Ils partent dans une voiture banalisée sans logo presse, habillés en afghans, avec trois accompagnateurs professionnels. Le premier check point qu’ils croisent est infiltré par les talibans, quelques kilomètres plus loin, ils tombent dans une embuscade. La suite est connue. Hervé est formel : l’armée ne leur a jamais interdit d’aller sur cette route.

Le culot d’oser faire autre chose que Pernaut

Il parle aussi de ses débuts. Comment à 17 ans, il a vu au cinéma le film Under Fire et décidé que c’était cela qu’il voulait faire, comment il s’est lancé dans le métier en finançant lui-même son repartage en ex-Yougoslavie avant d’être embauché par France Télévision. Il raconte l’adrénaline et la peur, les traumatismes qu’il a appris à surmonter, l’obsession de comprendre pour raconter, le temps qu’il faut passer sur place pour parvenir à saisir une situation. Et quand Daniel Schneidermann l’interroge sur le JT de Jean-Pierre Pernaut, Hervé ne dézingue pas le présentateur comme ses confrères parisiens et salue même son succès, ce qui ne l’empêche pas de rêver : « Et si on osait faire non pas quelque chose de plus intelligent, ce serait prétentieux, mais autre chose ? ».

Cette émission est le deuxième numéro de la « série de l’été » que le site Arrêt sur Images consacre courageusement au thème « La guerre en face ». La première émission traite de la guerre en Libye, je ne l’ai pas encore vue mais je vais m’empresser de le faire. Convenez que ça nous change des sujets sur les destinations de vacances ou sur les nouvelles habitudes sexuelles des français. Chapeau à l’équipe d’@si pour avoir l’audace de « faire autre chose ». S’il y a ici des lecteurs qui ne sont pas encore abonnés au site c’est le moment de sauter le pas.

Message personnel

Quant à Hervé Ghesquière, je vais me permettre un message personnel. Merci de porter si haut le flambeau du journalisme, et de le faire avec autant d’humilité, d’obstination, et de passion. Nous sommes nombreux dans la profession à espérer avec vous qu’un reportage sur l’Irak fasse l’ouverture du JT plutôt qu’un banal sujet sur la chaleur en été ou la neige en hiver. Le plus terrible, c’est que je suis persuadée que le public le souhaite aussi. Comme vous dites, c’est à nous et à ceux qui nous emploient d’avoir « le culot d’oser faire autre chose ». Sinon, je suis d’accord avec vous, Under Fire a vieilli, comme beaucoup de films de l’époque d’ailleurs. Personnellement, j’ai un faible pour Salvador d’Oliver Stone, mais entre nous, je ne suis qu’une humble journaliste de presse économique et je serais bien en peine de savoir lequel est le plus proche de la réalité. Dans ma branche à moi, la référence ce serait plutôt Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil…

Mais le titre me direz-vous, amis lecteurs ? Vous avez raison, je m’égare, le titre, c’est la dernière phrase que prononce Hervé sur le plateau, « je vais continuer ». Quand je vous dis qu’on l’a dans la peau, ce fichu métier, vous voyez que je ne mens pas. Par ailleurs, décousu pour décousu, je précise que France 3 réfléchit à la diffusion du reportage tourné par les deux ex-otages, surveillez vos programmes TV de près ! Allons, je m’arrête là, je n’ai pas tout dit et même pas l’essentiel, exprès, pour ne pas déflorer le sujet, allez l’écouter, il est vraiment passionnant !

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74 commentaires »

  1. commentaire très intéressant sur le métier de journaliste reporter de guerre vu par hervé Ghesquière. Moi aussi je m’intéresse à tout ce que fait HERVE et justement j’aurais bien voulu découvrir cette émission de Schneidermann de 85 mn dans laquelle hervé en dit plus long que dans les précédents interviews radio qu’il a donnés il y a 1 semaine. MAIS, on peut pas voir la video de l’émission Arret sur Image du 22/07 car IL FAUT PAYER et ETRE ABONNE ! c’est inadmissible, on devrait pouvoir la regarder en accès libre sur le net !
    une solution pour voir la video ?

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 16:55

  2. Bonjour Aliocha.

    Parmi les propos d’Hervé Ghesquière que vous rapportez, j’aime beaucoup le « Et si on osait faire non pas quelque chose de plus intelligent, ce serait prétentieux, mais autre chose ? ». C’est cet « autre chose » qui accroche l’oreille du lecteur.

    Je suis un ignorant de la base, et j’avoue avoir du mal à mettre de l’ordre dans mes réflexions sur la profession de journaliste, mais je me souviens avoir lu quelque part que cet « autre chose » avait un coût, et qu’il était de plus en plus difficile à assumer pour certains quotidiens. D’où un recours de plus en plus fréquent aux « fixeurs » ? Je me demande quelle est la part de fantasme et la part de réalité dans ces histoires de fixeur. Je me souviens aussi d’une réflexion de Florence Aubenas au sortir de son livre sur le quai de Ouistreham : lors d’une conversation avec une employée comme elle, sa collègue lui aurait dit que les journalistes ne s’intéressaient pas aux gens comme eux. Incompréhension, désintérêt, rupture ? le dernier conséquence des deux premiers ?

    J’écoute aussi souvent que je le peux l’émission « à plus d’un titre » sur France Culture, et même si j’apprécie beaucoup la façon dont Tewfik Hakem mène ses entretiens, je préfère la partie de Jacques Munier sur l’actualité des essais. Outre le fait que cette émission parle absolument de tout, elle permet de tomber parfois sur quelques pépites. Dernièrement, il nous a été donné d’entendre le rédacteur d’un essai sur les instituts de sondages nous expliquer comment la profession semblait s’accommoder des entorses faites à l’orthodoxie méthodologique par une main-d’œuvre par nature précarisée, du fait de l’activité exercée. C’était passionnant ! Le ton bonhomme de Jacques Munier soulignant le côté percutant de tout ce qui était dit, l’air de rien.
    Ceci m’a amené à me dire que nombre sociologues, démographes, historiens et autres acteurs des sciences humaines, plus ou moins obscurs, thésards, débutants ou chevronnés, réalisaient tout un travail que le milieu journalistique devrait s’empresser de (re)prendre à bras le corps, se réapproprier. Je ne sais pas si cette impression recèle un peu de vrai, mais elle se retrouve renforcée par une lecture très épisodique du « Diplo », où l’on trouve aussi tout un tas d’essais dont la lecture nous est recommandée par les journalistes en charge de ces pages.

    Alors le journaliste se retrouve-t-il désormais réduit à servir de courroie de transmission, de la parole ou du témoignage du fixeur ou de l’essayiste-chercheur ?
    Non pas que ce rôle soit dégradant dans mon esprit : parmi la quantité d’ouvrages qui sortent chaque jour, nous avons tous besoin d’un coup de main pour faire le tri, d’un avis éclairé… et ça, c’est un sacré boulot ! Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a là territoires et matières pour les journalistes. Question d’angle, on a forcément beaucoup à y gagner.

    Commentaire par Zarga — 23/07/2011 @ 17:29

  3. @ Beurdeley

    Toute peine mérite salaire.

    Il ne me viendrait pas à l’idée de réclamer gratuitement un exemplaire d’un quotidien régional ou national à quelque kiosque que ce soit, alors pourquoi attendre d’Internet qu’il offre en accès gratuit absolument tout? De nombreux sites permettent l’achat d’un article à l’unité (cf. Causeur), et il est très facile de s’abonner et de se désabonner sur d’autres sites d’info (cf. Médiapart).

    Je ne trouve pas choquant d’avoir à payer une matière qui promet d’être des plus roboratif…

    Commentaire par Zarga — 23/07/2011 @ 17:37

  4. pas d’accord, 80% des sites d’information sur Internet sont en accès GRATUIT. Pourquoi Schneidermann ferait exception avec son émission ?
    je rappelle que ARRET SUR IMAGE était avant diffusée sur France 5 (en accès libre puisque chaine publique !)
    Pour une fois qu’ hervé discute de mon métier pendant plus d’une heure , on ne peut pas le voir ni l’entendre ! sauf quelques privilégiés;
    j’ai pas les moyens de m’abonner à ce site car suis au RSA ! tu piges ?

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 18:35

  5. @beurdeley : si c’est ton métier, alors tu dois savoir que ça coute de faire du journalisme. DS fait ce qu’il peut pour en vivre sans pub et faire vivre une équipe en faisant ce qui rapporte le moins, à savoir du travail intelligent. Donc il fait payer. Mais il y a des tarifs spéciaux pour les étudiants et les chômeurs de mémoire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 18:51

  6. Pour une fois qu’ hervé discute de SON métier (j’avais fait une faute de frappe dans mon précédent message)

    bon alors, si je suis ton raisonnement, tous les autres sites d’information sur internet qui font du journalisme d’investigation et qui sont gratuits…ne font pas du « travail intelligent » ?

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 19:20

  7. @Beurdeley, au prix où sont les abonnements à @si, il est déraisonnable de s’en priver. Les consulter en bas de page du site.

    Commentaire par XC — 23/07/2011 @ 19:42

  8. @beurdeley : en principe on se vouvoie ici 😉 . Le modèle de la presse à bas prix en partie financée par la publicité est née au 19ème siècle d’une intuition géniale d’Emile de Girardin http://fr.wikipedia.org/wiki/Émile_de_Girardin. L’idée est simple, je passe de la pub payante, ce qui me permet de vendre mon journal moins cher puisque ce sont les annonceurs qui le financent. A partir de là, il y a différents modèles. Les journaux sans pub type Canard enchainé, qui ne vivent que des achats en kiosque et des abonnements, et les gratuits à l’autre extrémité qui ne vivent que de la pub. Au milieu, il y a tous les autres qui suivent le modèle mixte de Girardin. Avec Internet, tout ceci est tombé par terre et le nouveau modèle reste à inventer. L’exigence de gratuité de la toile empêche de faire payer l’information a priori, ce d’autant plus que l’information générale est si facile à trouver et surtout si vite obsolète qu’elle devient très difficile à vendre. Vous me direz, misons tout sur la pub. Hélas, les annonceurs tardent à venir sur Internet, en tout cas ils n’y dépensent pas assez d’argent pour financer entièrement la presse. Ajoutons à cela que les éditeurs de presse traditionnels ont tardé à venir sur Internet, à y investir et avant tout à comprendre la révolution technologique pour s’y adapter et nous avons la situation actuelle, une catastrophe. Le papier ne se vend plus, la toile n’est pas rentable. Quelques aventuriers ont quand même tenté le pari. Mediapart, Rue 89, Bakchich, Causeur, Owni. Et ils se sont divisés en deux camps. Ceux qui ont opté pour le payant en faisant le pari de la qualité et de l’exclusivité (vous trouverez chez nous ce qu’il n’y a nulle part ailleurs : @si et mediapart) et ceux qui ont fait le pari du gratuit (Rue89, Slate, Owni, Causeur). Face aux difficultés que rencontraient les deux camps, certains ont même tenté un retour au papier, Mediapart, Rue 89, Causeur, Bakchich. Pour Bakchich, ça s’est mal terminé. Tout ça pour dire que je ne prétends pas que ceux qui optent pour le gratuit font de la merde, ils espèrent juste se financer autrement. Ce que je dis, c’est que ceux qui font payer ne sont pas des monstres de mercantilisme. A mon avis, ils flirtent à peine avec l’équilibre dans le meilleur des cas. Donc non, ce n’est pas un scandale que @si fasse payer. L’abonnement est modique, les situations particulières ont droit à un tarif réduit etc…, ce sont juste des professionnels passionnés par leur métier qui tentent d’en vivre, en pleine révolution technologique et alors qu’aucun génie du genre Girardin n’a encore trouvé le modèle économique qui permettra de financer la presse sur Internet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 19:42

  9. @Beurdeley

    « j’ai pas les moyens de m’abonner à ce site car suis au RSA ! tu piges ? »

    Ben non, je pige pas tant qu’on ne me le dit pas! J’ai été recalé au C.A.P. de diseuse de bonne aventure, alors…

    Plus sérieusement, je ne sais pas ce que donne le RSA, moi je n’ai connu que le RMI à l’époque, et c’était pas lourd!

    Pour les sites d’info gratuits, moi je passe beaucoup de temps sur OWNI, Rue89 et Marianne2 qui sont gratuits. Les autres ont choisi une autre formule, libre à eux.

    J’ai le privilège d’être salarié, ce qui m’a permis de m’abonner à Médiapart pendant un certain temps (pas assez longtemps à mon goût).

    C’est d’ailleurs là qu’on peut retrouver Didier Porte, un ancien du service public lui aussi… devenu payant par la force des choses. Pas de podcast gratuit, il faut raquer pour se fendre la poire, c’est pas juste mais c’est comme ça. Le prix de l’indépendance, peut-être?

    Commentaire par Zarga — 23/07/2011 @ 19:44

  10. @zarga : on en revient toujours au problème de moyens, d’ailleurs le sujet est abordé dans l’interview d’Hervé. Les chaines télé ferment leurs bureaux internationaux, les budgets reportage sont réduits etc. Sauf erreur de ma part, Florence Aubenas a fait cette enquête à ses frais en misant sur la vente du livre. Hervé raconte comment il a financé ses premiers reportages, utilisé et d’ailleurs flingué sa propre voiture, et comment au final la vente de son travail lui a permis tout juste d’être à l’équilibre. Effectivement, on est poussé de plus en plus à se cantonner au rôle de relais, et effectivement c’est un problème.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 19:48

  11. vous défendez votre position de journaliste…qui défend un confrère journaliste (DS)…
    Moi je remarque juste que toutes les interventions de Hervé dans les médias (RFi, France Inter, France Info, I-Télé, France 3 pas de calais, TF1)…étaient toutes en accès gratuit sur le Net . le site de Schneidermann est un des rares (avec mediapart) à faire payer les videos des interviews de ses invités (étrange quand on sait que cette même émission était diffusée sur une chaine publique auparavant…)

    et non, j’ai le RSA et malgré le « cout modique » comme vous dites, de l’abonnement de @si, je ne peux pas souscrire (le RSA c’est 410 eur/mois)
    donc je ne verrai pas hélas l’interview de Hervé !

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 20:25

  12. @beurdeley : je ne défends pas j’explique, dirait Audiard. DS ne « vend » pas Hervé, il propose un modèle d’information payant. C’est tout. Et vous savez pourquoi il n’a plus d’émission à la télévision ? A ma connaissance, parce que à force de faire une analyse critique des médias, il a fini par se mettre du monde à dos. Alors il est allé sur Internet, monter sa propre entreprise. Cela n’a rien d’étrange. C’est juste courageux.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 20:33

  13. J’en profite pour rappeler les tarifs d’@si : 3 euros par mois, 35 euros par an, 15 euros par an pour les étudiants et les chômeurs. Gratuit pendant un an sur lettre de motivation. Entre nous, je ne connais pas une entreprise commerciale qui fonctionnerait de manière aussi « citoyenne ». Il faut avoir des peaux de merguez sur les yeux pour critiquer le site. Comme me l’a souvent répété une amie patronne de presse depuis des décennies, les journalistes ne savent pas se vendre, ils sont allergiques au business. Nous en avons là un splendide exemple. Et je trouve que c’est tout à leur honneur.

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 20:40

  14. @beurdeley : Je travaille pour arretsurimages.net. Sachez que si vous nous écrivez un message argumenté, il y a de bonnes chances que nous vous offrions un abonnement, c’est ce que nous faisons pour une dizaine de personnes par mois, je crois.
    Et je me permets de vous rappeler qu’auparavant diffusée sur France 5, ASI n’était pas gratuite, mais financée par la redevance télé payée par les Français possédant un poste…

    Bonne soirée !

    Commentaire par Dan Israel — 23/07/2011 @ 21:04

  15. je vis chez ma mère (cause chomage) qui est elle-même retraitée et non imposable donc non assujettie à la redevance TV
    je ne vois pas pourquoi je devrais envoyer mon avis de non imposition + justificatif RSA de la CAF à @si pour prouver ma bonne foi et demander la gratuité de l’accès à votre site. Où est le respect de la vie privée et de l’anonymat ? …vous noterez que je n’ai pas demandé à recevoir l’intégralité de @si pour visionner TOUTES les interviews en video de ce site …mais SEULEMENT celle de Hervé G. du 22/07 car j’apprécie sa franchise, son courage et sa conception du journalisme, c’est tout.

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 21:21

  16. @beurdeley je vais vous dire, j’espère que vous êtes un troll, parce que si vous êtes réellement aussi mal embouché pour de vrai, y’a un problème. Dan ne vous a pas demandé ça, à aucun moment. Tout n’est pas dû dans la vie, on ne vous l’a pas dit ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 21:38

  17. vous le faites exprès ? … Dan m’a demandé d’envoyer un « message argumenté » à @si pour solliciter la gratuité du site. ce qui veut dire écrire une lettre en donnant mon nom et justificatifs de chomage donc dévoiler mon identité + statut RSA , je tiens à préserver ma vie privée. Désolé de vous décevoir, je ne suis pas un troll…. et on va arrêter là , merçi !

    Commentaire par beurdeley — 23/07/2011 @ 21:48

  18. Au fait, j’ai oublié de le mentionner ici, mais je suis sûr que ça va intéresser du monde, et c’est dans le sujet : cet été, sur France Inter, du lundi au vendredi de 16h à 17h, il y a une émission, « Témoins de passage », consacrée aux reporters. Hervé Ghesquière y est passé, aussi, il y a quelques jours.

    On peut réécouter les quinze dernières là : http://www.franceinter.fr/emission-temoins-de-passage

    Commentaire par Schmorgluck — 23/07/2011 @ 21:57

  19. @schmorgluck : génial, je n’étais pas au courant, merci !!!!

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/07/2011 @ 22:00

  20. @beurdeley sans insister outre mesure… nous ne demandons aucun justificatif, simplement un petit mot. Par ailleurs, vous serez ravi d’apprendre que nos abonnés votent pour les contenus qu’ils souhaitent voir mis à la disposition de tous gratuitement. Il est probable que, dans la semaine, cette émission passe en gratuit pour quelques jours. Vous pouvez jeter un oeil tous les matins sur le site pendant les qq jours à venir, cela devrait se faire…

    Bonne soirée

    Commentaire par Dan Israel — 23/07/2011 @ 23:38

  21. « La réduction des formats est en train de tuer lentement le journalisme et de ramener l’information à la dimension d’un spot publicitaire. »

    « l’ouverture du JT plutôt qu’un banal sujet sur la chaleur en été ou la neige en hiver. »

    Dans le fond c’est plutôt peinard journalisse. Y a-t-il une profession où leurs membres parlent autant d’eux-mêmes avec autant de plaisir.

    http://www.dailymotion.com/video/x32ddh_amy-winehouse-valerie_music#from=embediframe

    Commentaire par Bourguignon — 24/07/2011 @ 01:28

  22. Au secours !

    Commentaire par Claude Ries — 24/07/2011 @ 07:04

  23. Je vous trouve un peu réductrice : il y a aussi les sujets « chaud en hiver »/ »froid en été » qui sont autrement plus nourrissant pour l’esprit.

    Commentaire par JO — 24/07/2011 @ 12:02

  24. Malheureusement Mlle Alliocha, les explication de Mr Ghesquiere ne sont pas tout a fait le reflet de la realite..C’est bien plus prosaique et moins heroique que cela.
    J etais avec la 2eme equipe , et je travaillais sur Nijrab , Tagb et Alasay lors de leur venue avec mon equipe de 30 collegues afghans ( dont des Talebs du HiG) et avec les populations de la vallee ou ils ont ete enleves…
    Me contacter si vous vous voulez les details ( et les preuves evidemment)

    Commentaire par Jeff O — 24/07/2011 @ 13:26

  25. à Dan : « Il est probable que, dans la semaine, cette émission passe en gratuit pour quelques jours. », bon alors j’attends avec impatience la mise à disposition gratuite de la video de l’interview de Ghesquière par DS sur le site @asi…
    car il est prématuré de donner un avis à partir d’un extrait de 2,40 mn !
    merçi de me prévenir quand ce sera fait svp

    Commentaire par beurdeley — 24/07/2011 @ 14:04

  26. Bonjour, ces deux journalistes sont partis pour FR3, télévision publique, financée par nos impôts.
    J’attends depuis leur retour que FR3 veuille bien nous donner les informations qu’ils ont ramené.
    Je n’irai pas payer, où que ce soit, pour ce qui n’est pas un scoop, mais le résultat de leur enquête.
    Bien à vous

    Commentaire par PilouCamomille — 24/07/2011 @ 14:12

  27. @beurdeley : pourquoi, ça vous coute quelque chose de vérifier vous-même tous les jours ? On vous donne du gratuit et en plus il faut vous le servir sur un plateau ? Vous ne voulez pas un café et des croissants tant qu’on y est ?
    @PilouCamomille : ils ont laissé leur reportage à l’hôtel, de sorte qu’il a été sauvé. Mais il faut maintenant procéder au montage. D’après ce que j’ai compris, ils sont en train d’y travailler.
    @Jeff O : oui, ça m’intéresse, mais pourquoi ne pas l’écrire ici ? Ce blog n’est pas la pravda, si vous avez une autre version des choses, elle est la bienvenue, à condition bien sûr d’être argumentée

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/07/2011 @ 14:23

  28. Mince alors, Beurdeley est en train de légitimer les propos de Wauquiez sur l’assistanat…
    Personnellement, je suis content de filer quelques euros à une équipe de cette qualité, après avoir lu gratuitement les tonnes de merde des éditions en ligne des grands quotidiens.

    Commentaire par VilCoyote — 24/07/2011 @ 15:10

  29.  » La réduction des formats est en train de tuer lentement le journalisme et de ramener l’information à la dimension d’un spot publicitaire. »

    Très bonne phrase, j’y souscris complètement. Je m’en vais voir l’entretien.

    Commentaire par oli66 — 24/07/2011 @ 16:23

  30. vous ne connaissez rien à la situation du chomage, et vos remarques sont pitoyables !

    Commentaire par beurdeley — 24/07/2011 @ 16:32

  31. C’est à dire que quand vous trouvez « inadmissible » que des gens demandent à être payés pour le travail dont ils essaient de vivre, qu’ils vous disent que vous allez sans doute pouvoir le voir gratuitement quand même, que vous ne dites pas merci, et que vous exigez qu’on vous prévienne quand ce sera possible alors que manifestement vous n’avez que ça à foutre de vérifier de temps en temps, j’ai du mal à ne pas avoir envie de vous sucrer votre RSA et de vous mettre ma main sur la gueule, histoire que « inadmissible » prenne pour voir un sens plus juste.

    Commentaire par VilCoyote — 24/07/2011 @ 16:44

  32. pour Aliocha , la groupie : lisez ca =>
    http://sepecat.blogspot.com/2011/07/ghesquieres-groupie.html

    Commentaire par beurdeley — 24/07/2011 @ 17:44

  33. @beurdeley : lumineux en effet, donc j’ai tort parce que….j’ai tort. On appelle ça une tautologie, non ? Vous m’étonnez, hier soir vous hurliez de ne pouvoir entendre Ghesquière, aujourd’hui vous balancez un non billet pour dire que Ghesquière dit faux sans avancer quoique ce soit à l’appui de cette affirmation. J’avais donc raison, vous êtes un troll. Surtout, ne me détrompez pas. C’est une élégance que je vous fais de croire que vous le faites exprès.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/07/2011 @ 18:26

  34. pauvre petite fille, incapable de se remettre en question, je n’ai fait aucun commentaire sur le lien que je vous ai donné, puisque justement je n’ai pas encore pu visionner l’interview, je vous ai seulement suggéré de le lire ! à l’évidence vous êtes incapable d’apporter une critique objective sur cet interview, bien laudateur… et vous ne supportez pas les commentaires qui vont dans un sens critique opposé au vôtre !

    Commentaire par beurdeley — 24/07/2011 @ 18:39

  35. Inconscients , vus l’expérience j’en doute.
    Risque oui mais quelle guerre n’est pas risquée. Métier à risque pour que nous soyons « informés » bien à l’abri . Alors là MERCI
    Pièces à convictions est une émission surprenante de par la journaliste qui la présente. Autant elle est nulle dans le JT et, dans ce magazine elle surprend parfois à vraiment poser des questions moins consensuelles.

    Commentaire par manu — 24/07/2011 @ 19:00

  36. @beudeley : quel dommage d’être obligés de se dire au revoir, je commençais à m’attacher, si, si, vraiment….vous avez beaucoup apporté au débat.

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/07/2011 @ 19:02

  37. @Dan Israel,
    En tant qu’abonné @si (même peudo), je m’oppose à ce qu’il soit fait cadeau ne serait-ce que d’une virgule gratuite à ce Beurdeley.

    Commentaire par XC — 24/07/2011 @ 19:24

  38. j’aime tellement les Journalistes est que je me demande pourquoi, depuis que les deux ex otages ont été libérés, on ne parle pas des autres otages non libérés, sauf un billet dans Marianne (Merci au Pacha).
    Alors que le gars Hervé se bouge aussi pour que l’on parle des autres encore déténus (sauf bien sûr, si tous veulent le silnce radio).

    Commentaire par Jon 64 — 24/07/2011 @ 21:40

  39. Je decerne ici le Santochî d’or à Aliocha pour n’avoir pas viré le malotru qui s’est cru obligé de nous faire l’étalage de sa bétise.
    J’ai été au chômage (et enceinte et célibataire, c’est dire si j’ai cumulé les difficultés) et pourtant, à l’époque, j’étais abonnée à @si. Et si aujourd’hui je ne le suis plus, c’est simplement parce que le serveur de mon employeur bloque mon accès aux vidéos (je n’ai plus d’ordi à la maison #addiction).
    Ce n’est donc pas qu’un problème de moyens financiers mais surtout une question d’ouverture d’esprit.
    Bien à vous

    Commentaire par cloeliae — 25/07/2011 @ 09:17

  40. Bon ben il va y avoir des heureux, arrêt sur image vient de rendre accessible à tous l’interview: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4193

    Commentaire par Yoann — 25/07/2011 @ 09:44

  41. Bonjour
    Pour les détails , le problème n est pas de les laisser sur votre site , après tout ça a plus de 547 jours d’ancienneté cette histoire 🙂 , mais ça va faire un long message.
    Mais si vous êtes ok , je vais le faire ..

    Commentaire par Jeff O — 25/07/2011 @ 13:08

  42. @40
    C’était bien la peine de jouer à celui qui avait la plus grosse … grande gueule.

    Commentaire par herve_02 — 25/07/2011 @ 13:08

  43. @Jeff O : je suis OK

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 15:04

  44. @Jeff O : mais si vous trouvez que c’est vraiment trop long, vous pouvez me contacter par mail : aliocha.karamazov@club-internet.fr

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 15:53

  45. Je préfère largement le journalisme qui cherche les faits sur le terrain au journalisme qui juge de tout depuis son bureau et commente hors de ses compétences !
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2011/07/25/Le-journal-Le-Monde-expert-en-psychologie

    Commentaire par DM — 25/07/2011 @ 16:33

  46. @DM : vous oubliez de dire que le sens de l’article consiste à montrer que la Norvège reste fidèle à ses valeurs malgré cette attaque. Si le visage du criminel est noirci, c’est parce que l’article a été écrit dans l’émotion (c’est un quotidien) et qu’elle sert de contrepoint au propos principal. Sur l’incidence des jeux électroniques, il y a deux écoles, ceux qui pensent que c’est bon parce que ça permet d’exprimer la violence et ceux qui au contraire adhèrent au danger évoqué par le monde. En fait, personne n’en sait rien. J’ai souvenir d’un criminologue qui avait l’air de penser que c’est neutre, le type équilibré qui joue à ça restera équilibré, le dingue aurait de toute façon dérapé. Ce qui m’intéresse davanatge que les convictions de l’individu, ou ses distractions, c’est le qualificatif de narcissique. Là Le mOnde vise juste. Intuitivement, je vous dirais que nous sommes face à un vrai risque, l’individualisme grandissant, la solitude entretenue par les écrans, la soif de célébrité et d’autres choses que j’ai encore du mal à cerner nous entrainent vers ce type de réactions aberrantes de la part des plus fragiles. Mais ce n’est qu’une vague intuition de ma part, rien de plus.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 16:57

  47. @Aliocha: Je ne vous suis pas du tout sur votre commentaire 46. Non Le Monde ne devrait pas écrire d’âneries pour illustrer ou en contre-point d’une ligne générale. Un journaliste doit informer et faire confiance au lecteur, parfois doté lui aussi d’un cerveau, pour faire la part des choses. Rien ne justifie le ‘visage veule et arrogant’, sans parler d’Internet, cause de massacre… C’est juste idiot. Le fait que le gouvernement norvégien ne cède pas à la démagogie justifie que le journal le fasse? J’avoue ne pas comprendre.
    Comme vous le dites vous même, rien ne lie (en bien comme en mal) jeux vidéos et violences. Donc s’il n’y pas de lien, pourquoi l’évoquer? Il n’y a pas non plus de liens avec le port de casquettes, la pratique du vélo… et on n’en parle pas. Le devrait-on?
    Quand au narcissisme… C’est de la psychologie de comptoir. On ne sait (en tout vous, moi, le journaliste du Monde) rien de cette personne. Nous ne le connaissons pas. A ma connaissance il n’a pas encore été examiné par un vrai psychiatre, qui n’ donc pas rendu de rapport. Une analyse de personnalité est déjà une opération à haut risque quand elle est faite par des professionnels, alors à plus de mille kilomètres… Cela en dit plus sur nos propres préjugés que sur la personne elle même. C’est un tout autre débat que celui sur le journalisme, mais est-il si évident que l’individualisme prime de plus en plus? On pourrait en débattre longtemps, mais je suis loin d’être convaincu que la conclusion soit évidente.
    Le Monde s’appuie sur une réputation d’exactitude, de journal de référence. C’est ambitieux, risqué, difficile. S’il cède à la facilité (émotion au premier degré, faits mal rapportés, articles café du commerce) il perd sur les deux tableaux. Il perdra ses anciens lecteurs sans pour autant faire venir ceux de France-Dimanche!

    Commentaire par kaeldric — 25/07/2011 @ 18:00

  48. @kaeldric : ah, enfin on se réveille ici ! je suis contente que vous ne soyez pas d’accord, j’en déduis que lorsque vous me suivez c’est sincère et ça me fait plaisir parce que vous êtes souvent d’accord 😉 entre nous, il s’agit d’un édito, donc d’une opinion, elle vaut ce qu’elle vaut. C’est la mise en cause d’Internet et des jeux vidéos qui vous choque ? Puisque les experts ne sont pas d’accord entre eux (j’ai vu un nombre incroyable d’émissions sur le sujet), le monde est libre d’exprimer une opinion, et vous d’être d’une opinion différente. Quant au narcisisme, on n’en sait pas assez pour condamner un homme mais bien suffisamment pour avoir un avis, surtout sur un individu qui avoue et même revendique ses actes. Sur le fond, je vous rejoins, je n’aime pas la psychologie de comptoir, mais je n’aime pas non plus qu’on s’abstienne de réfléchir et d’exprimer un ressenti sous prétexte qu’on n’est pas spécialiste de ceci ou de cela. Quelque part, il y a au bout le risque de la démission et même une forme de lâcheté. La vraie question à ce stade c’est : l’avis que je donne, et la manière dont je le donne, est-il susceptible de nuire ? Eh bien voyez-vous, il y a quelque chose qui me choque beaucoup plus, c’est quand Marianne qui est pourtant un journal que j’aime beaucoup, fait parler un psychanalyste sur les hommes politiques, lequel qualifie Ségolène de bisseuxelle psychiquement, ça me pose problème, parce que c’est un spécialiste qui s’exprime, qu’il n’a pas vu les gens dont il parle, que ses considérations sont invérifiables et qu’elles n’apportent rien. Pour moi, ça pose vraiment question. Et par comparaison, l’avis du Monde dans le feu de l’émotion, m’apparait beaucoup plus anodin. (je parle du Marianne papier d’il y a deux ou trois semaines, j’avais commencé un billet que je n’ai pas eu le temps de finir)

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 18:28

  49. Une opinion vaut ce qu’elle vaut… Justement, c’est là le problème. Si ce n’est rien qu’un avis, elle ne mérite pas d’être publiée, fusse-ce dans un édito. Bien entendu, si elle elle construite, argumentée, bref, riche, alors oui elle a toute sa place. Ce qui me gêne, c’est d’utiliser des arguments ‘faciles’ (le physique, la psychologie d’autorité) pour justifié une opinion. Une conviction est à mes yeux d’autant plus crédible qu’elle ne se cache pas derrière une prétendue vérité et qu’elle n’utilise pas d’arguments absurdes. Seuls les spécialistes ont le droits de s’exprimer? Si c’est qui ressort de mon commentaire, c’est que je dois progresser en expression écrite 🙂 Ce que j’essayais de dire, c’est que même un diagnostique porté par un spécialiste qui fait de son mieux est sujet à caution, donc une analyse amateure sans élément ne me semble pas pouvoir prétendre à une forme d’autorité (ici on assène un narcissisme: il l’est, c’est comme ça).
    Je comprends qu’on publie une opinion, et je suis violemment opposé à la censure. Simplement, ce qui me gène, c’est que l’opinion est présenté dans cet article comme un fait.
    Quand à Marianne, mais c’est loin d’être le seul magazine à le faire, il cède justement à cette forme de faiblesse qui consiste à faire venir des spécialistes pour justifier des propos de comptoir, le titre ronflant servant de caution à de pures spéculations. Avec ça on fait des gros titres faciles, mais on verse dans le militantisme, pas dans l’information.
    Vous parlez souvent des difficultés de la presse. Le lecteur en attend peut-être trop, l’idéalise et est déçu. C’est possible. Mais faute de pouvoir changer le lecteur, peut-être faut-il travailler sur l’élément sur lequel la presse à une influence directe: ses propres publications. Ici, Le Monde me semble ne pas justifier ce qu’il prétend me vendre: un journal de référence.

    Commentaire par kaeldric — 25/07/2011 @ 19:00

  50. @Aliocha: Ce qui me dérange, c’est le jeu sur deux tableaux. D’une part, Le Monde, c’est le journal français qui se veut de référence, qui prétend fournir une information vérifiée, relue, ainsi que des réflexions choisies. D’autre part, cet éditorial cède à l’émotion, comme vous l’expliquez-vous-même, en présentant comme des certitudes des hypothèses qu’on peut charitablement qualifier d’hasardeuses, et moins charitablement qualifier de propos de Café du Commerce.

    Comprenons-nous bien. Je ne suis pas opposé au fait que l’on propose des hypothèses, des intuitions. En revanche, il faut clairement les afficher comme telles et bien distinguer ce qui relève des faits (et, pour le moment, sur cette affaire, on en sait assez peu) de ce qui relève de la construction hypothétique, du scénario que l’on plaque.

    Enfin, je me demande quelle utilité il peut y avoir pour le lecteur à lire les opinions d’une personne ne connaissant pas l’affaire sinon de très loin, et (a priori) non qualifiée en psychologie. C’est un peu comme les opinions de mon coiffeur sur la robotique (et autres sujets), sauf que mon coiffeur se contente d’en faire profiter ses clients, pas l’ensemble des lecteurs.

    Franchement, si je veux lire des opinions sur un sujet, je lis un blog d’une personne qui connaît réellement le sujet.

    Bref, sur cette affaire de tireur, j’aimerais plus de faits et moins d' »explications ».

    Commentaire par DM — 25/07/2011 @ 21:11

  51. @kaeldric : vous avez raison, sur tout. Et j’aime notre désaccord parce qu’il m’oblige à approfondir et à me demander pourquoi ça ne me choque pas comme vous. En fait, voyez-vous, je prenais un verre avec un amie attachée de presse toute à l’heure, et je lui disais qu’il n’y avait rien de plus irritant que ses collègues qui envoient des mails après la sortie d’un papier pour dire « j’ai lu votre article avec intérêt et justement, je regrette que vous n’ayez pas pensé à interviewer mon client Mr X ». Ce qui signifie au choix, vous avez interrogé des cons qui n’y connaissent rien, ou plus grave vous avez évoqué un problème qui me concerne sans me donner la possibilité de répondre. Vous savez pourquoi ça m’irrite ? Parce qu’en me disant cela, à tort ou à raison et souvent à tort – elles vendent leur soupe -, elles me rappellent sans le vouloir qu’un article de presse, c’est toujours raté. Toujours. Il n’y a que les jeunes journalistes qui sont contents de leur travail. Quand on prend de la bouteille, et qu’on a pas un ego aveuglant, on ne peut qu’être insatisfait de son travail, parce qu’on a pas pu voir tout le monde, creuser assez, dire tout ce quo’n avait à dire, parce qu’on s’aperçoit qu’on n’a pas été au fond et même quand on a fait tout cela, on pense que finalement on ne l’a pas exprimé assez bien, on n’a pas su exprimer ce qu’il fallait dire, ou pas assez bien. C’est la raison pour laquelle je ne relis jamais mes articles après publication, ils me font horreur, malgré tout le mal que je me suis donné pour les écrire. Hervé Ghesquière dit dans son interview qu’il est allé 10 fois en ex Yougoslavie avant de comprendre ce qui s’y passait. Je pense qu’il veut dire avant de saisir, de ressentir, de vraiment trouver le fil conducteur, d’avoir le sentiment de pouvoir enfin dire quelque chose d’à peu près sensé sur son sujet. C’est ça, la réalité du métier. Voilà pourquoi j’ai du mal à critiquer mes confrères, sauf situation particulièrement choquante. Ce n’est pas de la défense de caste, c’est juste l’expérience des limites du métier. Sans compter qu’il y a des jours ou on est en forme et d’autres pas, des sujets qu’on sent et d’autres qui nous échappent, quoiqu’on fasse.

    Au-delà de ce ressenti personnel, il y a le paradoxe de la presse. Le journal que vous venez d’acheter dit des choses importantes, dans certains cas extrêmes il peut même faire vaciller un gouvernement, mettre en difficulté une multinationale, clouer au pilori un homme de pouvoir, mais quoiqu’il advienne, il finira le soir à la poubelle ou bien à sécher les chaussures qui auront pris la pluie. On finit par ne plus y penser, mais au début de ma carrière, ça m’avait amusée de voir que mon boulot avait une durée de vie si limitée, qu’il ne valait plus rien le lendemain. Et puis des années plus tard ce journal d’abord important, puis jauni et sans valeur, deviendra un document historique ou à tout le moins une référence qu’on relira de manière dépassionnée, simplement pour le factuel, ou pour l’esprit du moment. Tout ça pour dire qu’on oscille entre important et dérisoire d’une manière qui m’a toujours interpelée. Pour répondre à votre question sur les lecteurs qui attendraient trop de la presse, oui et non. Non si on la voit sous l’angle de son pouvoir, cela justifie d’être exigeant, oui si on n’aperçoit que le côté éphémère et le plus souvent dérisoire de l’exercice. Peut-être faut-il conserver les deux aspects présents à l’esprit pour continuer d’exiger de la qualité sans trop s’émouvoir lorsque celle-ci n’est pas au rendez-vous 😉 C’est pour ça que je répète souvent ici que c’est un exercice très modeste et très imparfait. Certains d’entre nous ont beaucoup de talent, il y a eu des exemples dans l’histoire de journalistes de génie qui, par un article, un reportage ou une photo, ont changé la face du monde, mais globalement on fait un métier modeste et pour la plupart nous le savons. Je crois au fond que le public se fait beaucoup d’illusions sur le statut, le métier en lui-même, le soi-disant pouvoir que nous aurions, et cette idée il se la fait à cause de quelques figures médiatiques qui n’ont pas grand chose à voir avec la réalité quotidienne du métier et parfois même pas grand chose à voir avec le journalisme….

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 22:27

  52. @Aliocha: il n’y a pas tant un désaccord qu’une différence de point de vue. C’est la raison d’être de ce blog, nous faire partager, comprendre, toucher du doigt votre métier. Il est complexe, en ce sens que je ne suit pas certains que vos collègues le vivent eux-même tous de la même façon. Alors vos lecteurs, parfois, essaient eux-aussi de faire partager le point de vue « d’extérieur ». Il est lui aussi très contradictoire, le diversité des lecteurs n’ayant rien à envier à celle des journalistes. Le monde n’est pas simple…
    Le plus surprenant finalement est que vous ayez des amies dans la comm 🙂

    Commentaire par kaeldric — 25/07/2011 @ 23:01

  53. @DM : ce qui me gêne en l’espèce, c’est qu’on sort un édito de son contexte, un édito, ça correspond souvent à l’événement le plus important traité dans le journal. Je n’ai pas acheté le Monde aujourd’hui mais je suppose qu’il y a une ou deux pages sur les événements en Norvège et que cette analyse, si imparfaite soit-elle, s’inscrit dans ce contexte. L’édito n’a rien à voir avec l’avis de votre coiffeur, il est celui d’une rédaction qui a passé la journée et une partie de la nuit sur l’événement et qui en présente son récit. Le résultat est peut-être maladroit, imparfait, discutable, mais l’idée force est intéressante. Après les attentats du 11 septembre, aux Etats-Unis comme en Europe, on a changé de paradigme, la sécurité a pris le pas sur la liberté. Cet article souligne que la réaction norvégienne pour l’instant est différente. Votre journal de référence considère qu’à ce stade, c’est ça qui est important. Je trouve que ce n’est pas bête. Le factuel que vous avez raison d’exiger est ailleurs dans le journal. L’édito a justement vocation à donner un avis qui n’est pas autorisé dans les autres articles. Et peut donc s’émanciper du rappel des faits.

    Commentaire par laplumedaliocha — 25/07/2011 @ 23:04

  54. Pardon, Aliocha,

    Si l’Edito n’est pas l’avis de mon coiffeur (ou de mon architecte, de mon boulanger ou de mon cardiologue), mais celui d’une équipe qui a passé la nuit à réfléchir, peut-être cette équipe devrait-elle faire attention à ne pas laisser passer dans cet édito (celui-là, ou un autre, d’ailleurs) des avis qui s’ils n’étaient pas ceux de « journalistes leaders d’opinion », mais ceux de mon coiffeur, ou de mon architecte, ou de mon boulanger, ou de mon cardiologue, seraient qualifiés de « propos du Café du Commerce ». Parce que ce qu’a relevé DM, c’est exactement ça, et c’est indigne d’un journal de référence. Et ça, quelle que soit la qualité et le propos du reste de l’article.

    Commentaire par lambertine — 25/07/2011 @ 23:37

  55. Pour en revenir à l’interview d’Arrêt sur Image, effectivement, il faut la regarder. L’écouter même. Par son format, elle est très proche d’un entretien radio, et n’évoque en rien la télévision. C’est un point annexe, mais Internet ne change pas que la donne économique (je pense même que c’est marginal), il change la donne technique. Pourquoi faire court? Sur internet, il ne sert à rien de faire article avec 10 lignes de moins, une interview de 2 minutes pile, la place, on l’a, en abondance.
    Il est très difficile de résumer en quelques mots cet échange, mais il faut le voir, c’est très instructif. Il y a plus à méditer qu’à commenter suite à cet entretien.
    Toutefois, une question annexe, d’intendance presque m’est venue à l’esprit. Un journaliste ‘salarié’ (enfin, par opposition à free-lance), peut-il donner des interview à d’autres médias? Ce sont tout de même des concurrents. Dans quel mesure France Télévision peut elle ‘exiger’ l’exclusivité sur les propos de ses journalistes, puisqu’ils étaient clairement en mission pour elle? D’une manière générale, se problème doit se poser pour les pigistes. Connaissant un secteur dans lequel ils sont spécialisés, dans quel mesure un article est exclusif à un journal, ou peut être recyclé? Qu’en de l’exclusivité de l’information, ou plus modestement de l’analyse?
    Vous couvrez la finance. Dans quelle mesure, si vous publiez un article sur une société pour un journal cela vous crée-t-il une période de carence avant d’évoquer à nouveau le sujet?

    Commentaire par kaeldric — 26/07/2011 @ 08:33

  56. @kaeldric : très franchement, j’ai beau être juriste je ne me suis jamais posé la question pour ce qui me concerne. La simple honnêteté impose de ne pas vendre plusieurs fois le même papier. Et comme souvent, l’éthique rejoint le pragmatisme, c’est aussi une question de bonnes relations avec ses employeurs. Il m’arrive de traiter le même sujet pour plusieurs titres, quand c’est le cas, je fais en sorte de faire quelque chose d’original pour chacun, pas le même angle, pas les mêmes personnes interviewées etc. En pratique, c’est assez facilement réalisable. Par exemple, un quotidien économique me demande 3000 signes sur un procès en matière financière, ce qui l’intéresse ce sont les enjeux économiques. La même affaire traitée pour la presse juridique sera vue sous l’angle des enjeux d’application de la règle de droit en 10 000 signes. Même sujet, traitement différent. Certains titres ne s’intéressent qu’au fait d’être les premiers. Une fois qu’ils ont passé le papier, ils se moquent de savoir si on revient dessus ailleurs, plus tard. D’autres sont plus exclusifs. S’ils sont directement concurrents, je me mets d’accord avec les redac’chef pour traiter un domaine précis pour chacun de sorte que lorsqu’un sujet surgit il soit destiné « mécaniquement » à celui qui m’emploie dans le domaine considéré. Cela évite les malentendus et les rivalités. Une fois j’ai eu un problème, à une époque où j’étais salariée. J’avais un scoop, un énorme scoop, mon journal estimait qu’il n’avait pas les reins assez solides pour le sortir (il est sorti un mois plus tard dans Le Monde). Je n’ai pas eu l’idée à l’époque de le sortir ailleurs, question de loyauté un peu bête. On m’a expliqué ensuite que j’aurais du acter le refus du rédacteur en chef et le proposer à un autre titre.

    S’agissant d’Hervé, je ne connais pas les règles à la télévision. Oui, sans doute, théoriquement on pourrait lui imposer de se taire, on peut toujours tout faire quand on est de mauvaise foi. Mais entre nous, ça servirait à quoi ? Ce n’est pas son travail qu’il raconte, c’est sa captivité. Ce qui appartient juridiquement à la rédaction qui l’emploie, c’est le reportage qu’il a réalisé avec Stéphane avant leur enlèvement, missionné par sa chaine, avec le matériel de sa chaine et sur les fonds de sa chaine. Le reste, c’est à lui.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 10:45

  57. @ Aliocha :

    Bonjour. Le discours de Ghesquières sur la réduction des formats s’inscrit dans la droite ligne de ce que j’avais pu entendre de la bouche d’Anne Nivat ou de Florence Aubenas, et de ce qui a poussé semble-t-il Patrick de Saint-Exupéry à créer XXI. Nous avions déjà échangé quelques mots là-dessus.

    Vous dites, et je vous suis là-dessus, que vous pensez :
    – que des tas de journalistes le déplorent et ne demandent qu’à produire des reportages (de guerre ou autre) de qualité, ce qui nécessité temps et argent et n’est pas aisé quand leur rédaction ne les suit pas ou pour quelqu’un en free-lance qui doit donc avancer les frais sans être certain de vendre son travail derrière (voire en étant même plutôt quasi-certain de ne pas pouvoir le faire vu justement l’absence de plages suffisamment larges pour ce type de reportages)
    – que les lecteurs aiment et seraient clients de ce type de reportage de fonds.

    XXI marche, sauf erreur, super bien.

    La question est donc toujours la même : pourquoi, alors, cet état de fait ? On peut avancer des hypothèses, des éléments : concentration des médias, mode de financement, etc….Mais vos éléments de réponse, à vous, quels sont-ils ?

    D’autre part, j’ai lu avec intérêt vos échanges avec Kaeldric, avec lequel je suis assez d’accord ; j’ai par ailleurs bien compris vos explications sur le fait que vous avez du mal à flinguer des collègues car vous connaissez les limites et les difficultés du métier ; j’ai exactement le même type de démarche avec mes collègues. Mais quand il y en a un qui déconne, il y en a un qui déconne, et lorsque certaines limites de déconnade sont franchies, à un moment, faut quand même savoir le dire. J’ai l’impression que lorsqu’il s’agit d’édito, c’est plus difficile de dénoncer quand c’est de la merde, sous prétexte justement qu’il s’agit d’un « avis » par essence. Si vous voulez, j’ai un peu l’impression que cet « édito » est pour les journalistes l’équivalent de la marge d’appréciation juridique inhérente à toute a toute application de la règle de droit pour nous magistrats : un truc réel, mais derrière lequel on aura facilement tendance à se cacher. Comme les arguments de la chancellerie repris par la plupart des magistrats pour s’opposer à la présence des avocats en garde à vue : c’était de la connerie en barre, bien enrobé, certes, mais de la connerie en barre quand même.

    Et ben, votre edito du Monde, là, tout évidemment n’est pas à jeter, mais disons, la première moitié, c’est juste de la connerie à l’état brut : on rappelle que la Norvège est un pays riche, premier de la classe en économie, qualité de vie, limite c’est la petite maison dans la prairie, et paf, là surgit le Monnnnstre, au visage hideux (non, pas hideux, il a pas osé quand même, juste veule et arrogant). Bon, le mec a déconné, dans l’urgence, OK, on peut pas être bon tout le temps.

    Mais d’une manière générale, perso, je m’interroge sur ces « edito » : parce que j’en lis régulièrement qui sont juste de la connerie en barre ; du pur propos de café du commerce enrobé de références historiques ou culturelles. Il y a quand même pourtant me semble-t-il une marge entre avancer une opinion, argumentée si possible, ou du moins de façon un peu humble, et affirmer le genre de conneries qu’on peut lire ça et là.

    Tenez, exemples récents sur l’idée émise par Eva Joly de supprimer le défilé militaire du 14 juillet. On peut ne pas être d’accord avec cela et certainement avoir de bons arguments en ce sens. Mais, là, que peut-on lire par exemple ?

    Nouvel Obs Joffrin : « supprimer le défilé du 14 juillet ? la candidate écologiste aurait mieux fait, ce jour là, d’aller cultiver son jardin bio ». Et plus loin d’indiquer qu’une « certaine candeur écologiste qui s’allie trop souvent au catastrophisme » explique sa position (le rapport avec la choucroute ? sais pas, vous m’expliquerez ?)

    Figaro Yves Thréard : « ce petit côté castriste, nord-coréen et soviétique en dit long sur l’idéal de société de l’alliée du futur candidat PS »

    L’Express Christian Makarian : « On peut imaginer une France qui devienne un jour la Belgique ou la Norvège, mais ça ne semble pas être la volonté du peuple pour le moment. Ce qu’Eva Joly a donc bafoué, c’est non seulement l’histoire, la tradition, la conscience nationale, etc. C’est aussi, et surtout, la démocratie.  » (le mec a expliqué juste avant que l’idée d’Eva Joly, comme toute idée, se respectait…).

    Pondre des phrases comme ça, quand même, même au milieu d’un texte un peu argumenté et plus solide, faut quand même en vouloir, non ? C’est quand même gênant, car il me semble que les éditorialistes sont un peu la vitrine de votre métier (c’est sans doute un tort) et sont sensés donner en quelque sorte le ton général de leur canard, ce qui, pour le coup, est parfois inquiétant.

    Je sais pas, mais j’ai l’impression que ces éditorialistes n’ont juste plus rien à voir avec des journalistes ; et pourtant, je suis la première à défendre l’existence d’une presse d’opinion, qui n’essaie pas de se cacher derrière une impossible neutralité. Mais on peut espérer une presse d’opinion de qualité, non ?

    Commentaire par Jalmad — 26/07/2011 @ 10:57

  58. @Jalmad : ça fait plaisir de vous revoir !
    Bon, sur les formats, nous en avons beaucoup parlé ici, revenons-y. J’ai participé il y a quelques années à un brainstorming pour pondre une nouvelle formule du quotidien pour lequel je travaillais. Deux ou trois consultants sont venus nous expliquer : que les gens n’avaient plus le temps de lire, que par conséquent il fallait réduire les formats et tout le lot de conneries habituelles. Vous vous souvenez du film Les grandes familles de Denys de la Patellière ? A un moment Biraud Jean Dessailly vient voir son père, Gabin, grand capitaine d’industrie, et lui dit qu’il a pondu une nouvelle formule du quotidien familial, avec des formats plus courts, plus aérés, parce que les lecteurs n’ont plus le temps de lire. C’était en….. 1958 ! La vie s’accélère, la presse suit, à tort ou à raison. A mon avis, avec Twitter on est au bout de la rapidité et de la synthèse, donc on ne peut que revenir en arrière. Mais ce n’est qu’une supposition. Très prosaïquement, c’est le jeu habituel des consultants qui croient savoir, des éditeurs qui se couvrent en suivant les consultants et qui en plus y trouvent leur compte parce que réduire les formats, c’est dépenser moins en coût journalistique. Donc c’est du win, win à courte vue. Hervé raconte dans son interview la réduction des temps de reportage, la fermeture des bureaux à l’étranger (en pleine mondialisation, on croit rêver !!!!), l’absence de culot pour faire autre chose etc. Sauf qu’il y a la question des moyens, la peur d’investir, la fausse idée qu’on se fait du public, de ce qui est rentable ou pas. J’adore sa dernière phrase, « quand on ne fait rien, on ne se trompe qu’une fois ». Alors de temps en temps il y a des saumons qui remontent le courant, comme XXI et ça marche. Il faut croire que le salut de la presse ne viendra pas des grosses machines très professionnelles mais aussi très frileuses et inertielles, mais de francs tireurs comme XXI ou encore comme les pure players de la toile, type Mediapart, Owni etc. En tout cas j’espère.
    Sur l’édito du Monde, entre nous, je n’arrive pas à m’indigner. Y’a quand même plus important, non ? Je vous assure que le numéro de Marianne sur la psychanalyse de nos politiques était bien plus dérangeant.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 12:04

  59. @jalmad : une cigarette plus tard, on peut résumer tout ceci en une formule : nous pensons ne plus avoir les moyens de faire du journalisme. Pourquoi ? J’en sais rien. A mon avis parce qu’on est tous secteurs confondus emportés par la vague du fric facile et rapide. A ce compte-là, vous imaginez bien que ce n’est pas le reportage d’un mois en Afghanistan qui apparait comme la source de recette la plus immédiate et la plus importante…

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 12:18

  60. @Aliocha

    Il y a 2 raisons de ne plus avoir les moyens de faire :
    1 – le choix du fric facile
    2 – le dévoiement de la presse « de masse » comme un moyen de propagande pour une oligarchie financière qui dirige via des pantins élus par les médias.

    Commentaire par herve_02 — 26/07/2011 @ 12:43

  61. @laplumedaliocha: Cela rejoint ce que je disais sur les rubriques d’opinions peu informées.

    Réunir de l’information sur le terrain, comprendre un problème, interroger les gens qui savent de quoi ils parlent, tout cela prend du temps, donc de l’argent. Des envoyés spéciaux en Afghanistan, cela coûte cher, et ce d’autant plus s’ils font un vrai reportage sur le terrain, par opposition à rester planqués dans un hôtel de la capitale. Le problème n’est pas nouveau, Jean Yanne avait fait le début d’un film sur ce thème dans les années 70.

    Comparativement, il est bien moins cher d’avoir une rubrique d’opinion. Ceci explique le succès de la « talk radio » aux États-Unis, ou, en France, des « blocs-notes », d’émissions comme « les grandes gueules », etc.

    Chomsky va plus loin sur ce point: il fait remarquer qu’en restreignant les formats, on restreint forcément les opinions à celles qui sont les plus schématiques, émotionnelles, simples à faire passer. On le remarque ici : une analyse de café du commerce (« c’est la faute aux jeux vidéos », « c’est la faute à Internet », comme il y a 15 ans c’était la faute aux jeux de rôles et il y a 25 ans au heavy metal), c’est bien plus court et facile à écrire qu’une analyse plus complexe, qui demanderait d’attendre de connaître mieux les faits, des connaissances sur la société norvégienne, etc.

    Personnellement, je veux bien payer pour de l’information sur l’Afghanistan. Je n’ai pas envie de payer pour des opinions de bistrot sur mon dieu les jeunes et les terroristes sur Internet, ni pour des analyses d’« intellectuels médiatiques » qui jugent de tout y compris de ce qu’ils ne connaissent pas.

    Commentaire par DM — 26/07/2011 @ 12:51

  62. Pour oser un parallèle : il suffit d’une minute pour dire « les antennes de téléphone portable causent le cancer, regardez, j’ai une amie qui habite près d’une antenne et elle a un cancer », il faut considérablement plus de temps et de moyens pour faire une étude sérieuse, avec isolation des autres facteurs et usage de cohortes suffisamment nombreuses, et en plus au final on aura un résultat mitigé.

    Devinez ce qu’il est plus facile de faire passer dans un média qui limite le format et qui veut des réponses binaires (ce en partie afin d’alimenter des « polémiques », qui ont l’avantage de permettre de publier des nouvelles en s’abstenant de rechercher l’information : il suffit de relayer les affirmations des uns et des autres).

    Commentaire par DM — 26/07/2011 @ 12:55

  63. @ Aliocha : mais je n’étais jamais partie ! simplement les aléas de résiliation d’abonnements etc…ça m’inspirait moyen. Bref.

    Je ne m’indigne pas spécialement sur l’édito du Monde. Vous avez raison : on s’en fout. Ou plutôt, on s’en foutrait si ce n’était qu’anecdotique, une sorte d’exception. Mais moi, et c’est ce que j’essayais d’exprimer en prenant les exemples avec le truc d’Eva Joly, j’ai l’impression que les éditorialistes des canards les plus vendus peuvent se permettre de faire régulièrement de la merde en barre, parce qu’ils sont devenus des sortes de Dieu vivants du journalisme, et que c’est ça votre vitrine, et que les financeurs aiment bien ces articles binaires, où on affirme sans trop réfléchir. Et ça, à mon avis, ça participe de ce qui vous tue. Putain, mais virez nous (en disant cela, j’ai bien conscience que vous n’en avez pas plus le pouvoir que moi toute seule) ces Joffrin and co, qui ont sans doute un temps été des professionnels sérieux, mais qui sont devenus des piliers de comptoir.

    Commentaire par Jalmad — 26/07/2011 @ 13:07

  64. @ DM : oh, faites gaffe, vous, si vous commencez à parler de Chomsky….

    Commentaire par Jalmad — 26/07/2011 @ 13:10

  65. @Jalmad: J’ai dit un gros mot ?

    (Petite analyse psychologique : je lis un livre de théorie algorithmique qui, à un moment, parlait de langages formel et des travaux de Chomsky et Schützenberger. C’est sans doute cela qui m’a remis à l’esprit les propos de Chomsky et Bourdieu sur la télévision et le formatage qu’imposent aux idées les formats courts et l’impératif d’avoir des opinions simples, voire binaires.)

    Commentaire par DM — 26/07/2011 @ 13:13

  66. @ Jalmad: Je ne suis pas Bourdieu (Scoop!!!), mais la binarisation (quel horrible mot!) ne vient pas uniquement du raccourcissement du format, mais du principe même de l’expression en public, sans recul, dans l’instant. Lorsque vous discutez, face à face, à une table de café d’un sujet quelconque, vous échangez avec votre interlocuteur. Il y a une forme d’écoute active, d’enrichissement du dialogue (pas de manière systématique, soit). Il suffit de déplacer la table et les chaises sur une scène de théâtre, avec une centaine de spectateurs, et la discussion est devenue un combat. Devant un regard tiers, personne ne veut perdre la face. C’est l’essence de la télévision: confronter un petit nombre devant une foule. La rhétorique, le bagout l’emporte donc sur la profondeur… C’est un problème aussi ancien que Socrate et les sophistes. Simplement transposé dans une modalité moderne que nous n’avons pas (encore?) apprivoisée.

    Commentaire par kaeldric — 26/07/2011 @ 14:32

  67. @Jalmad : y’a pas un bouquin qui est sorti justement pour dénoncer les « éditocrates » ? C’est à eux que je faisais allusion à la fin de mon com’ 51. J’ai un autre billet jamais terminé sur les « stars du journalisme » c’était le titre de l’émission de Guillaume Durand, Face aux français. Il avait invité July, Colombani, Aphatie, Ockrent, et je crois qu’il m’en manque un. Star du journalisme est, ou devrait être, une contradiction absolue. Il n’y a pas 36 solutions, quand on commence à se regarder le nombril et pire, à le montrer, on n’est plus journalistes. Hop, c’est fini. On devient autre chose. C’est ce que j’ai aimé dans l’arrivée sur le tarmac d’Hervé et Stéphane, la gêne manifeste, évidente, lourde, qu’ils ressentaient à se retrouver de l’autre côté des objectifs. Voilà des vrais journalistes, des gens qui s’intéressent mille fois plus au monde qu’à eux-mêmes. C’est une nature, ensuite ça devient une déformation professionnelle, je n’y mets pas de jugement de valeur, c’est juste comme ça. Accessoirement, à l’époque de la grande polémique sur les blogueurs qui revendiquaient le statut de journaliste, on sentait bien un gros problème d’ego, genre moi aussi je veux le titre, la carte, les privilèges, la célébrité. Contresens absolu que je n’ai jamais réussi à leur faire comprendre, le journalisme n’est pas un métier qui valorise l’ego, c’est même tout le contraire, on s’épuise à regarder, comprendre, raconter ce que font les autres. Il faut se taire, écouter, regarder, absorber et restituer. L’ego n’a pas sa place dans un job pareil, il ne peut être que polluant. Non seulement on ne devient pas célèbre, mais on en prend plein la tête. D’ailleurs ceux qui ne sont pas faits pour le métier finissent vite par souffrir de bovarisme et dérapent alors dans la collusion avec le pouvoir. D’autres ne se sentent pas à l’aise dans le rôle de simple observateur et préfèrent passer dans le camp des acteurs. Il faut un caractère très spécial pour faire ce métier et s’y plaire.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 16:02

  68. Pour mémoire, sur la captivité d’Hervé et Stéphane, je rappelle le récit très complet de Raphaëlle Bacqué publié le 8 juillet http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/07/08/prisonniers-des-talibans-le-long-recit-d-herve-ghesquiere-et-stephane-taponier_1546280_3216.html et je recommande la série de France Inter évoquée par Schmorgluck (lien dans le com 18) consacrée aux grands reporters, dont une émission avec Hervé Ghesquière.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 17:23

  69. XXI est un trimestriel (si j’ai bien compris leur site). Le Canard enchaîné un hebdomadaire. Est-ce que la crise de la presse n’est pas surtout une crise de la presse quotidienne? Même s’il pleuvait de l’argent sur Le Monde, Le Figaro, Le Parisien ou que sais-je… est-ce que de toutes façons les journalistes auraient le temps matériel de publier, chaque jour, à côté de l’actualité quotidienne, les longs reportages sur des sujets arides comme celui de Guesquière et Taponnier?

    D’ailleurs comment va la PQR? Est-ce qu’elle est dans un état économique différent de la nationale?

    Commentaire par JO — 26/07/2011 @ 18:28

  70. @Aliocha #67

    Puisqu’il est question d’@si et de « journalistes stars » atteints de Bovarysme …
    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11782

    (PS : on doit l’écrire avec un « y », comme la madame … http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/search.exe?25;s=2506803000;cat=0;m=bovarysme; )

    Commentaire par Yves D — 26/07/2011 @ 22:54

  71. Bonjour,

    c’est une chose connue, et notamment des économistes : les grosses structures ont une inertie énorme ; les petites structures sont dynamiques et innovantes. En somme, on a le mammouth frileux, posé sur son cul, et l’entrepreneur actif, qui prend des risques (ce qui se montre parfois payant !).
    Or, les grosses structures ont tendance à vouloir absorber les petites…tuant alors l’innovation, la créativité (c’est vrai dans des domaines très différents…le jeu vidéo par exemple. Mais ce doit l’être dans le journalisme aussi). Heureusement, d’autres petites structures émergent alors.

    Pour la suite du débat, rien à ajouter. Donner son opinion n’empêche en rien de garder le sens de la mesure…et la rigueur intellectuelle qui va avec (pour les éditorialistes) ; et j’aime à rencontrer des gens valorisant le savoir-être sur d’autres considérations.

    Journaliste, c’est un savoir-être avant d’être un métier. Il en va de même de toute une série de professions, qui sont plus des « fonctions » que de véritables « métiers ».

    Bien à vous.

    Commentaire par Flashy — 27/07/2011 @ 02:11

  72. […] de passage«  consacrée aux grands reporters. Je remercie mille fois Schmorgluck de nous l’avoir signalée. Le style de la journaliste, Guyonne de Montjou, est différent. On […]

    Ping par A ne pas manquer « La Plume d'Aliocha — 29/07/2011 @ 22:35

  73. Bonjour Aliocha.

    J’en reviens à mon exemple des essais dont je vous avais parlé. Voici, depuis le site de Radio France, la présentation dudit essai : « Un laboratoire du salariat libéral. Les instituts de sondage » de Rémy Caveng.
    Rémy Caveng est maître de conférences en sociologie à l’Université de Picardie Jules Verne, chercheur au Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique (CURAPP), chercheur associé au Laboratoire de sociologie quantitative (LSQ-CREST, Insee) et au Centre de sociologie européenne (CSE-CESSP, Université Paris 1-EHESS).

    « Omniprésents sur le devant de la scène politico-médiatique, les professionnels des sondages revendiquent de rendre la société transparente à elle-même
    par la « révélation » de l’opinion publique. Mais ils cultivent l’opacité des coulisses et protègent jalousement leurs secrets de fabrication.
    Parfois, à la faveur d’erreurs trop manifestes, il leur arrive d’évoquer certains aspects de leur cuisine interne (pondération, redressement, biais d’échantillonnage…).

    En revanche, on ne connait pas grand-chose de la production des enquêtes et encore moins de la condition de ceux qui les produisent.
    Ce silence ne révèlerait-il pas le peu de fierté que les sondeurs en retirent ? Il est permis de le croire au regard du principe sur lequel repose le modèle économique de cette industrie : la flexibilité et de la précarité généralisées.

    Employés le plus souvent sous des contrats de vacation ponctuels et de courte durée, les salariés d’exécution (enquêteurs, superviseurs, codificateurs, opérateurs de saisie…) ne connaissent aucune sécurité de l’emploi.
    En recherche permanente de missions et en concurrence les uns avec les autres, ils doivent entretenir des relations quasi commerciales avec les cadres chargés de la distribution du travail et accumuler, par eux-mêmes, le capital de compétences qui les rendra « employables ».
    Cette condition qui les place à la lisière du salariat et de l’activité indépendante tend à les convertir en petits entrepreneurs d’eux-mêmes.

    Ce livre s’attache à analyser la condition de ces salariés qui incarnent l’avenir du salariat si on laissait au marché du travail le soin de se réguler lui-même ; un salariat libéral où chacun deviendrait seul responsable de sa fortune ou de sa faillite et dont les conséquences sur la vie des individus pourraient s’avérer désastreuses. »

    Et le meilleur de la présentation, le plus explosif en terme d’actualité, vient à la fin de la présentation :

    « Au détour, il interroge la légitimité sociale des entreprises de sondages et questionne la « qualité » de leurs données au regard de ce qu’il est « offert » à ceux qui les recueillent. »

    C’est dans le questionnement de la qualité des données recueillies que la chose vous pète au visage. On pense tout de suite à la boulimie sondagière qui s’est emparée de l’actuel président de la république, et à la matière que l’on pourrait en tirer en terme d’information.

    De même, on peut rapprocher l’étude sur le type de salariat étudié de ce que proposent nos candidats à l’élection présidentielle. Je pense ici aux propositions de François Hollande en matière de rapport entre la loi et le contrat, par exemple.

    C’est là que l’angle de l’approche journalistique est indispensable, parce que tout intéressant que soit ledit essai, la publicité qui lui a été faite relève de l’invisible.

    Je rêve, je brûle de voir un ou plusieurs journalistes s’emparer du contenu de tout cela et de le soumettre à nos candidats. L’approche de ces professionnels est indispensable.

    P.S. : je ne sais toujours pas poser les balises html pour modifier mon texte, et ajouter du caractère gras, italique ou souligné. Se trouvera-t-il quelque bonne âme pour m’indiquer comment on procède… siouplait???

    http://www.franceculture.com/emission-a-plus-d-un-titre-litterature-laurent-gaude-et-kamel-daoud-essais-remy-caveng-2011-05-04.ht

    Commentaire par Zarga — 03/08/2011 @ 11:32

  74. les gens ayant eu affaire personnellement à ce type ne l’ont guère en grande estime et s’il se fait passer pour LE héros de la guerre d’Afghanistan, grand bien lui fasse mais il ferait mieux de se faire discret et de se regarder dans le miroir !
    au fait, qu’en est-il des autres otages français dont on ne sait qui ils sont retenus on ne sait où par on ne sait qui ???????????

    Commentaire par catherine thiriot — 19/10/2011 @ 16:08


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