La Plume d'Aliocha

20/07/2011

Briser le miroir médiatique

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 00:53

Cela faisait longtemps qu’aucune critique à l’égard des journalistes n’était passée dans mon radar. Las ! N’ayant le temps de rien en ce moment et en particulier pas celui de surfer sur Internet, je m’en tiens à la lecture de mes blogueurs préférés, et encore, de manière erratique. C’est donc de mon ami Philarête qu’est venue l’attaque. Je l’admire trop pour lui en vouloir, mais cette admiration même m’oblige à lui répondre…

Voici qu’une journaliste du Nouvel Observateur se retrouve sous le feu des critiques de nos éminents philosophes nationaux. Son crime ? Avoir tenté d’expliquer au grand public pourquoi la nomination d’une personnalité de ce petit univers aussi fermé qu’aristocratique à un poste en vue au Collège de France déclenchait une guerre picrocholine. Si je cite le nom de Claudine Tiercelin, cela vous évoque-t-il quelque chose ? Rien, n’est-ce pas ? Eh bien voilà le difficile sujet que la journaliste en question a choisi de traiter.

Quelle ne fut pas son erreur ! Philarête évoque « un paradigme du mauvais journalisme à prétention philosophique » et renvoie à une critique cinglante de Jacques Bouveresse, l’homme qui a proposé la nomination de la dame, ainsi qu’à une critique plus approximative de Marie-Anne Paveau. Mais je sens que cette mise en bouche vous a donné envie de lire l’objet du délit, c’est ici. En substance, la journaliste relate les réactions suscitées par la nomination de Claudine Tiercelin à la prestigieuse chaire  « Métaphysique et philosophie de la connaissance ». On découvre au passage en lisant son article les petites médiocrités ordinaires typiques de n’importe quelle communauté humaine lorsqu’il est question de pouvoir et de récompense, sur fond de querelle plus intéressante entre philosophie continentale et analytique, laquelle s’enracine si j’ai bien compris dans une rivalité  entre français et américains commune à bien des disciplines.

Ce qui est intéressant dans la polémique déclenchée par cet article, c’est qu’elle contient à peu près l’ensemble des mauvais procès que l’on fait habituellement à la presse.

Commençons par la lettre de Jacques Bouveresse en réponse à l’article de l’Obs. Certes l’analyse est aussi fine que savante, mais les reproches sont au fond très ordinaires et fort discutables.

on parle toujours des mêmes dans les médias : c’est exact, et je vais aller au bout du raisonnement, j’aimerais moi aussi qu’on voie un peu moins BHL ou Onfray et un peu plus les autres. A ceci près que les autres n’acceptent pas toujours de se montrer, que leur pensée n’est pas forcément aisée à vulgariser, que tout le monde n’est pas apte à se prêter à l’exercice médiatique. C’est un élément qu’il faut toujours garder à l’esprit quand on s’irrite de voir les mêmes personnes dans les médias.

ce qui est ignoré des médias n’est pas forcément dénué d’intérêt. Je suis entièrement d’accord, mais le propos de la journaliste n’est pas celui-là. Elle rend compte de l’ignorance réelle ou feinte des collègues de la philosophe, pas de celle des médias.

les journalistes sont malintentionnés et partisans : cela arrive sans doute en effet, mais cette critique là jaillit le plus souvent lorsque l’article ne prend pas radicalement parti dans le sens souhaité par le lecteur. Il suffit parfois d’une réserve, d’une distance ou d’une simple nuance pour déclencher ce que j’appelle une « lecture hostile », prompte à déceler entre les lignes ce qui ne s’y trouve pas, à interpréter les propos dans un sens systématiquement négatif. Le procès d’intention alors n’est jamais loin.

l’angle choisi n’est pas le bon : hélas trois fois hélas, l’une des libertés du journaliste consiste à choisir son sujet et la manière de le traiter. Je conçois que rendre compte d’une querelle interne autour d’une nomination plutôt que de dresser le panégyrique de la dame concernée puisse froisser certains esprits. Toutefois,  en tant que lecteur extérieur à l’affaire, il se trouve que cette querelle m’intéresse car elle m’offre une clef de compréhension que je n’aurais aucune chance de trouver ailleurs que dans un article de presse. En tout cas pas exprimé avec cette franchise que seule l’indépendance du journaliste rend possible.

le journaliste n’y connaît rien : ça c’est l’argument de toute communauté maitrisant un savoir, une science, une technique et qui s’émeut naturellement qu’un néophyte vienne y mettre son nez. C’est une question assez passionnante de territoire, d’orgueil et de pouvoir. Hélas une fois de plus, c’est notre métier, il faudra bien s’y habituer. Les théoriciens de la régulation économique résument fort bien la difficulté : celui qui sait est compétent, mais il n’est pas indépendant, celui qui ignore est indépendant mais pas compétent. Le journaliste est un esprit indépendant qui tente perpétuellement de surmonter son incompétence. La critique de celui qui sait à l’égard de celui qui sait moins ou qui ignore se nourrit généralement d’une faute ou d’une légère imprécision. Ici il s’agit d’un nom mal orthographié. Evidemment, l’auteur n’imagine pas un instant qu’il puisse s’agir d’une coquille, ou d’une une faute d’inattention. Ce genre de procès me fait toujours sourire, tant les plus éminents spécialistes sont eux-mêmes capables parfois de trébucher sur un nom, un mot, une expression qu’ils n’ont pas encore tout à fait assimilé. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont idiots. Il en va de même pour le journaliste.

le journaliste insinue, suggère implicitement etc. c’est nous prêter plus d’intelligence ou de rouerie que nous n’en sommes capables. Informer est déjà assez difficile dès lors qu’il faut s’assurer d’être exact et se mettre en peine d’être compris du plus grand nombre. Suggérer est souvent au-dessus de nos forces et de la place qui nous est impartie. Cela arrive, mais bien plus rarement que le lecteur ne se plait à l’imaginer.

Passons à l’autre article.

« Elle cède elle aussi à cette bizarre habitude que semblent avoir les journalistes d’agrémenter leurs portraits de marqueurs physiques et de comparaisons qui, sur le plan de l’information, n’apportent rien à leur travail ». Qu’en termes péremptoires ces choses là sont dites. Voici que les philosophes nous donnent des leçons de journalisme. Ils ont en effet beaucoup de choses à nous apprendre, mais pas sur le terrain qu’ils ont choisi. Ainsi donc, lorsqu’on s’adresse au grand public et que l’on prétend lui décrire une personnalité, il faudrait s’abstenir d’évoquer son apparence physique, en tout cas si l’on parle d’un philosophe. Le philosophe est-il à ce point désincarné que l’on doive ignorer son sexe, sa taille, son âge pour se consacrer uniquement à la sèche description de sa pensée ? La règle vaut sans doute pour les savantes revues réservées à une toute petite élite, mais dès lors qu’il s’agit de presse grand public, l’exigence est inverse. Il s’agit de donner une consistance au récit, de permettre au lecteur de se faire une idée fut-elle approximative de la personne dont on parle. Il se trouve qu’un journaliste décrivant un personnage se doit de le brosser en quelques traits physiques, c’est sans doute scandaleux de bêtise aux yeux de nos brillants esprits, mais c’est ainsi. Au passage, vous comprendrez pourquoi on parle toujours des mêmes. Parce qu’il y a ceux qui se prêtent au jeu en acceptant le caractère modeste et très imparfait de l’exercice journalistique et les autres qui s’estiment bien trop haut dans leur propre échelle de valeur pour s’abaisser à n’être que des hommes, décrits par d’autres hommes à l’attention d’un public…

La journaliste a pris le risque d’évoquer une querelle, elle en est devenue l’otage. C’est comme ça à chaque fois. Nous avons l’habitude. Je regrette simplement que les philosophes concernés n’aient pas eu l’idée d’apprécier le travail de ma consœur non pas à l’aune de l’idée qu’ils se font de ce qu’elle aurait dû écrire mais en s’appuyant sur les règles de notre métier. Simple question de méthode…Ils ont préféré briser le miroir parce qu’ils n’ont pas aimé ce qu’il y voyaient. Dommage.

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61 commentaires »

  1. Une fois de plus on a droit de votre part à une défense corporatiste et étroite du métier de journaliste. Votre sens de la confraternité vous honore, mais relisez posément le courrier de Bouveresse au lieu de lui faire un mauvais procès et de faire des bonds en l’air dès lors qu’on égratigne un de vos confrères ou une de vos consœurs. Il est truffé d’un bout à l’autre d’arguments, des vrais arguments, qu’à aucun moment vous ne réfutez, qui s’opposent à la légèreté du papier de dame Lancelin. Ces arguments, vous les évacuez avec la même légèreté que la prose d’Aude Lancelin. Certes, elle a le droit d’écrire ce qu’elle écrit, avec le ton qu’il lui plait. Mais quelqu’un qui a de sérieuses références dans le domaine concerné a le droit de pointer les approximations, les erreurs, et le vide du papier de la folliculaire.
    Comme le dit Bouveresse : « Je ne suis pas surpris que Claudine Tiercelin soit inconnue du Nouvel Observateur et des médias en général, mais la présenter comme une inconnue tout court n’a pas de sens. Elle est tout à fait connue dans les milieux philosophiques et intellectuels qui ont des raisons de s’intéresser à ce qu’elle fait, et elle a même une réputation internationale que beaucoup de philosophes pourraient lui envier ».
    Vous avez sans doute raison par ailleurs en soulignant que la pensée de BHL ou d’Onfray se prête peut-être davantage à la vulgarisation. Mais faudrait peut-être pas pousser le bouchon trop loin en pensant que le crétin de lecteur n’est pas apte à ce qu’on lui serve quelque chose d’un peu plus roboratif.

    Pour illustrer ce que dit Bouveresse (« je trouve particulièrement inquiétante la tendance que l’on a aujourd’hui de plus en plus à oublier que la célébrité médiatique et la célébrité tout court ne constituent pas une preuve suffisante de la qualité et de l’importance, et n’en sont pas non plus une condition nécessaire »), rien de mieux que ce disaient déjà Pierre Vidal-Naquet et Cornélius Castoriadis de BHL, faussaire depuis toujours :
    http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49.

    Commentaire par Gilbert Duroux — 20/07/2011 @ 03:29

  2. Querelle très intéressante. N’étant ni journaliste, ni philosophe, je vous donne un point de vue ‘non corporatiste’, même s’il ne prétend pas à l’exactitude.
    Je vois cette querelle essentiellement comme ‘politique’, une querelle pour le pouvoir. Il y a volonté d’instrumentaliser la journaliste, ou de la considérée comme telle. L’objet de l’article n’est pas la philosophie est elle même, sont objet, ses débats, mais bien davantage la mise en lumière de nominations. La théorie philosophique est le pretexte utilisé par des clans luttant pour le pouvoir (titre/prestige). Sous des formes diverses, on trouve cela partout. Simplement ici, le contexte est le Collège de France. C’est tout. Rien de plus.
    Je trouve la réponse d’Aliocha au contraire particulièrement détaillée et argumentée. La lettre de Bouvresse est claire: 5 points de critique. La réponse d’Aliocha les reprends 1 à 1.
    Un exemple typique: la ‘non notoriété’ de Thiercelin. Pas une fois dans l’article la journaliste ne s’exprime! Elle cite des propos. Elle ne les fait pas sien. De plus, elle les contre en fournissant dans la foulée une biographie de Thiercelin! Dire que l’ignorance de la journaliste n’est pas un critère n’ aucun sens ici. Elle se contente simplement de dire que cette notoriété faible est l’un des arguments utilisés par les opposants à cette promotion. Quand à dire que seuls les opposant de Thiercelin sont interrogées, c’est juste ignorer qu’elle est elle même largement citée. A moins qu’elle ne soit sa propre adversaire?

    Les points 1 et 2: on reproche à la journaliste de ne pas critiquer les propos tenus. Normal, elle les rapporte! Elle décrit la polémique, n’y prend pas part. Pour reprendre une remarque récente d’Aliocha: le journaliste est un observateur, pas un combattant.
    Les points 4 et 5 sont mineurs: une faute d’orthographe et un titre erroné… Véniel.
    Le point 3 est au contraire particulièrement traité. On comprend bien à la lecture de l’article que l’argument national (ou plutôt l’opposition France/USA) est un utilisé de part et d’autre. Cela ne veut pas dire qu’il est juste, vrai, pertinent. Mais que dans le cadre de cette lutte d’influence, cet un argument utilisé, rien d’autre.

    On retrouve ici la difficulté même du métier de journaliste. Il décrit, alors que les personnes citées sont impliquées. Dans mon métier, je peste régulièrement contre les journalistes. Ils se trompent souvent, et donnent la parole parfois plus à des ‘gourous’ qu’à des gens réellement compétents. Est-ce leur faute?

    – l’erreur est souvent de bonne fois.
    Le journaliste n’est pas un spécialiste. Parfois elle est volontaire, pas en tant qu’erreur, mais que simplification, vulgarisation, explication. Expliquer en trois ligne un concept qu’un professionnel à mis plusieurs années à apprivoiser ne peut pas se faire sans ‘dégats’ sur le plan de l’exactitude théorique. Donc maitriser la bonne formule, l’image l’exemple est la clé. Un journaliste fait aussi de la communication.

    – l’usage de la parole est complexe.
    Aliocha explique très bien pourquoi ce sont toujours les mêmes. Vous accepteriez vous d’être interviewé et cité? Moi non!
    Il faut donner la parole aux deux camps les bleus et les rouges) pour expliquer le problème. a ne veut pas dire que c’est 50/50, que la vérité est entre les deux, ou que les camps sont comparables (même taille, même légitimité…). Mais montrer et exposer, incarner deux points de vus rend l’explication plus vivante, moins arride. Ce n’est pas un procédé très neuf. Le questionnement Socratique repose sur cette mise en scène. Une conversation est plus marquante qu’un pur exposé théorique abstrait.

    Bref, je découvre par cet article des querelles ordinaires. Mais dans un contexte qui l’est moins. Au passage, j’ai une idée approximative des partis en présence, des leurs arguments, et j’apprends quelques notions rapides de philosophie morderne (plus exactement comment divers courants s’articulent), tout ça en rendant compte d’une nomination. C’est pas si mal en quelques lignes!

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 07:19

  3. Le commentaire de GD est une cinglante réponse.
    La philosophie n’est pas, comme toutes sciences, une entreprise publique mais il est normal et naturel qu’un journalisme prétentieux et à l’usage de simples qui s’ignorent, l’utilise à des fins mercantiles comme la publicité utilise par exemple le sport.
    Les journalistes qui luttent dans les dictatures politiques ou populaires exerceraient en Europe une autres activité !
    Le journalisme ici est, disons les choses franchement, une entreprise de prostitution comme sa soeur, la publicité.

    Commentaire par Claude Ries — 20/07/2011 @ 07:53

  4. Pour ma part, j’aurais une critique à la fois à l’égard de la journaliste et de quelques unes personnes interviewées : l’anonymat. Exemple : « souligne perfidement une consœur » — « émoigne rue d’Ulm un philosophe trentenaire déjà renommé ». Ceci relève de ce que dans le monde universitaire, nous appelons les « bruits de couloir » ; il ne me viendrait personnellement pas à l’esprit de citer pareils propos malveillants dans un article…

    Il y aurait beaucoup à dire sur les rapports entre monde universitaire et journalisme — par exemple, comment certains arrivent à se créer une notoriété médiatique, comment ils l’exploitent, etc. J’ai quelques exemples ; il faudrait que je trouve un moyen d’en parler sans vexer les collègues.

    Enfin, j’aurais une critique de fond contre le propos d’Aliocha. Essentiellement, ce qu’elle dit sur plusieurs points, c’est que le métier de journaliste, c’est comme ça même si ça ne nous plaît pas. Bien entendu, chaque profession n’apprécie pas que des extérieurs, qui ne sont pas forcément familiers de ses contraintes, lui donnent des conseils (j’avoue par exemple un certain énervement quand des ignoramus m’expliquent comment « les scientifiques » devraient aborder tel ou tel problème). En revanche, je constate que la presse est en crise ; divers titres ne survivent que grâce à des subventions. Peut-être est-ce justement que le genre de journalisme évoqué ici est rejeté par le public visé, qui donc n’en achète plus les produits ?

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 08:27

  5. @DM
    Sur le premier point, c’est la fameuse question du off. Sans anonymat, sans protection des sources, certaines informations ne sortiraient pas. Mais l’anonymat est justement le véhicule idéal pour la calomnie, manipulation… Comment arbitrer entre nécessité et facilité/faiblesse? En première approximation, je dirais: anonymat pour les sources vérifiables par ailleurs, factuelles (documents, descriptions systémiques…). Dès que l’on touche à l’opinion, l’avis, la conviction, la position personnelle, on cite propos et auteur, ou rien. C’est une approche basique, dont je crains qu’elle ne résiste pas longtemps à la complexité du réel.
    Sur le second point (le journalisme c’est comme ça…): oui, c’est un oeil externe, pas forcément bienveillant (ce qui ne veut pas dire malveillant), donc déstabilisant. Souvent pour rien (questions naïves de profanes…) mais parfois éclairante. Une question extérieur peux aussi amener un regard neuf. Il faut garder que l’article ne s’adresse pas aux personnes interviewées, ni à leur pairs, mais au lecteur qui est lui aussi extérieur au domaine concerné.
    On peut discuter des subventions, mais je les vois plus comme un symptôme de la société française que comme source des dysfonctionnements journalistiques. Les rebondissements sur la presse anglo-saxonne prouvent qu’elle n’est pas non plus parfaite. Pourtant, Murdoch ne touche pas de subventions et ses titres se vendent.

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 09:33

  6. @kaeldric: En effet, comme vous le soulignez, l’anonymat des sources peut se comprendre pour les affirmations factuelles, mais quand il s’agit de jugements de valeur, qui plus est avec argument d’autorité (pensez donc, un brillant philosophe trentenaire de la rue d’Ulm, ça en impose 🙂 ), il ne se justifie pas.

    Une autre critique : une personne qui aurait vent de cette querelle uniquement via des articles comme celui du Nouvel Observateur apprendrait qu’il y a une sorte de querelle de chapelle entre « philosophie continentale » et « philosophie analytique », que la première est plutôt ce que l’on entend habituellement comme philosophie en France tandis que la seconde est plutôt anglo-saxonne (d’où des accusations d’américanisme) et d’inspiration scientifique (d’où des accusations de scientisme), mais au final… ne saurait pas quelles sont les différences d’approche, de méthode, d’objet etc. entre ces deux traditions. C’est un peu comme expliquer l’actualité politique en disant que la « gauche » et la « droite » se querellent, en citant des « petites phrases » des uns au sujet de la nomination d’une personnalité venant de l’autre bord, mais sans jamais tenter de synthèse sur les différences de valeurs, d’idéologie, de programme ou d’action !

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 09:50

  7. Je suis d’accord, sauf que votre exemple prouve la difficulté de la chose. Comment vous définiriez vous les ‘valeurs de gauche’ et les ‘valeurs de droite’? Même les politiques entre eux sont très loin d’être unanimes sur ces définitions: les positionnements sont complexes, certaines questions ‘sociétales’ traversent les camps… et les individus changent avec le temps…
    Comprendre les querelles de pointe de la philosophie n’est simplement pas possible hors contexte. Cette description est sans doute la meilleure possible pour le grand public. Comment expliqueriez vous au grand public les querelles sur les voies pour tenter d’unifier physique quantique et relativité générale? Vu la complexité du sujet, on se contente en général de: bloc orthodoxes/majoritaire à base de théories des cordes contres des théories minoritaires / non orthodoxes mais moins établies. Pourquoi l’une plutôt que l’autre, points de convergence/divergence ne sont juste pas explicables sans connaissances scientifiques approfondies. Einstein, c’était il y a un siècle, et la plupart des gens n’y comprenne rien! La philosophie, c’est un peu pareil, en pire. Très complexe, de nombreuses branches au 20ème siècle, mais avec en plus une coloration et/ou récupération politique, sans que contrairement à la science une expérience ‘visible’ permette de trancher à la fin!

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 10:06

  8. @Gilbert Duroux : est-ce qu’on pourrait de temps en temps s’épargner l’expression « défense corporatiste » qui prend des allures de pléonasme tarte à la crème ? Je ne défends pas au sens où je prétendrais qu’elle a raison, j’essaie de montrer que le terrain de critique est mal choisi. J’ignorais tout du sujet, j’ai lu le papier après les critiques et en toute objectivité je n’ai pas eu le sentiment que la journaliste descendait la philosophe, bien au contraire. Elle lui donne l’occasion de s’exprimer en lui présentant froidement les vacheries de ses collègues. Quant à la relative méconnaissance qui l’entoure, il y a un malentendu, la journaliste ne dit pas « à l’obs on ne la connait pas », elle relaie l’ignorance réelle ou feinte des autres philosophes. C’est très différent.Et je crois que Bouveresse extrapole en prétendant que ce qui est inconnu des médias serait perçu par les médias eux-même comme dénué d’intérêt. J’admets qu’il y a un effort de notre part à faire continuellement pour aller chercher d’autres gens que ceux qu’on voit habituellement, mais nous ne sommes pas sots au point de croire qu’il n’y a que 2 philosophes dignes de ce nom en France, BHL et Onfray.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 10:45

  9. @Kaeldric : vous l’avez dit mieux que moi, c’est un problème en effet de tentative d’instrumentalisation et c’est une des difficultés majeures du métier, si ce n’est la principale

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 10:47

  10. @Claude Ries : vous êtes du genre mesuré dans vos analyses, vous ! Que cela plaise ou non le journaliste a l’obligation professionnelle de vulgariser, c’est-à-dire d’être compréhensible par tous ses lecteurs. Je vous assure que c’est une vraie contrainte. Moi-même en tant que juriste je suis régulièrement rappelée à l’ordre par mes rédacteurs en chef quand je jargonne. Cela m’agace, j’ai le sentiment en traduisant un mot ou une idée en termes simples que j’en deviens approximative, mais c’est mon boulot et je dois m’y plier. Au final, 9 fois sur 10 je suis bien obligée de reconnaître que le résultat est plus agréable à lire et que l’entorse à une méticuleuse exactitude n’est au fond pas si grave que cela. Le journalisme est un exercice d’une très grande modestie, il ne faut jamais l’oublier.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 10:51

  11. @kaeldric: On n’est pas non plus obligé de rentrer dans les détails techniques, et on peut vouloir s’adresser au public cultivé. On pourrait par exemple dire que la philosophie analytique s’est penchée par exemple sur la logique, et que donc elle se rapproche des mathématiques et de l’informatique théorique, et procède par raisonnements assez formels sans se préoccuper de faire œuvre littéraire ou d’avoir une influence politique, tandis que la philosophie continentale, au contraire, fait des raisonnements moins formalisés, prétend avoir un rôle moral ou politique, et fait œuvre littéraire — me trompé-je ?

    Au sujet des théories de grande unification, on peut expliquer la querelle elle-même, sans rentrer dans le détail mathématique des approches : « Les physiciens tentent de décrire le monde physique à l’aide de constructions mathématiques : ainsi, les relations de Newton décrivent la chute des corps ; plus généralement, la « mécanique classique » permet de prédire, par le calcul, aussi bien les trajectoires des planètes que le comportement des ponts sous une charge. Cependant, cette « mécanique classique » n’explique pas aussi bien certains phénomènes microscopiques que certains phénomènes à grande vitesse (petits décalages entre des horloges sur terre et dans des satellites, sensibles pour des applications de haute précision comme le GPS) ou grande échelle (par exemple, au voisinage d’étoiles massives). On a donc développé deux raffinements : la mécanique quantique pour les petites échelles et la mécanique relativiste pour les grandes échelles ; le problème est que ces deux théories prétendent décrire le même monde physique, mais sont mathématiquement incompatibles. Il faudrait donc une théorie unifiée qui raffine à la fois la mécanique quantique et la mécanique relativiste générale, mais pour le moment on ne l’a pas. Les scientifiques explorent donc différentes directions, et il y a des querelles pour savoir laquelle est la plus prometteuse. »

    Pouvez-vous essayer de faire pareil en 15 lignes au sujet de la philosophie analytique vs continentale ?

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 10:51

  12. @Aliocha: Il y a deux professions qui ont un devoir particulier d’intelligibilité : les enseignants et les journalistes. Les premiers ont l’avantage que, le plus souvent, les élèves ont étudiants sont plus ou moins contraints d’assister aux cours (même si évidemment cette contrainte n’est pas la même entre un élève de collège à l’âge où l’enseignement scolaire est quasi-obligatoire, et un étudiant qui peut choisir sa formation, voire ses modules), tandis que les seconds sont à la merci de la moindre distraction du lecteur, qui peut reposer son journal à tout instant. C’est une contrainte que je reconnais.

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 10:55

  13. Puisqu’Aliocha me fait l’honneur de prendre à parti mon allusion à la querelle autour de cette nomination, je me permets d’apporter quelques précisions à mon propos, qui était volontairement succinct.

    1. Je me suis contenté de mentionner l’article et deux réactions qu’il avait suscitées, pour éviter d’entrer moi-même dans la polémique. Cela dit, puisque j’ai porté des jugements de valeur («mauvais journalisme à prétention philosophique», par exemple), peut-être aurais-je dû préciser que la journaliste en question n’est pas n’importe quelle folliculaire s’efforçant consciencieusement d’introduire un lectorat cultivé, mais non expert, à des problèmes hautement spécialisés. Aude Lancelin est agrégée de philosophie. Elle est donc censée connaître un peu son sujet. Ignorer le nom exact de W. V. O. Quine est sûrement excusable pour un profane – pas pour un(e) agrégé de philo, vu qu’il s’agit tout de même d’un des philosophes importants du 20° siècle.

    2. Mme Lancelin, dans son article — et c’est mon reproche principal — ne fait pas exactement du journalisme. J’avais d’ailleurs pris soin — en espérant par là, très consciemment, désarmer une éventuelle réaction d’Aliocha, que je sais chatouilleuse sur le point de l’honneur des journalistes — de mentionner à la fin le bon article de Roger-Pol Droit, comme pour signaler que je n’avais rien en principe contre le traitement journalistique des questions philosophiques. Or ce que fait Aude Lancelin, c’est mettre sa plume acérée au service d’une coterie. Une coterie que quiconque est familier de l’univers philosophique parisien (si «univers» et «parisien» ne font pas oxymore…) aura identifié au premier coup d’œil. On pourrait l’appeler «la bande à Badiou». Il aurait été intéressant, tant qu’à faire de la sociologie intellectuelle, de donner un peu d’arrière-plan à la querelle, en remontant aux années héroïques de Vincennes, aux rancœurs jamais digérées du maoïste impénitent Badiou, ou même, si l’on voulait prendre un peu de hauteur, à la résistance désespérée de ces philosophes formés à l’ENS face au retour de la métaphysique qui s’effectue aujourd’hui dans le sillage de certains penseurs américains (dont celui auquel Claudine Tiercelin a consacré une bonne partie de son travail, C.S. Peirce). Au lieu de cela, Aude Lancelin a joué ce qu’on appelle techniquement les porte-flingues.

    3. Et elle l’a fait en invoquant successivement les plus mauvais arguments qu’on puisse opposer à la reconnaissance d’un travail philosophique: les allusions, les affects, l’appel à l’ignorance (on ne sait même pas qui c’est, elle cite des auteurs bizarres qui tiennent des propos abscons, etc.). Bref, Bouveresse a parfaitement raison de taxer ces réactions de «nationalisme», car c’est le nationalisme le plus stupide, le plus démagogique, qui s’exprime dans cette polémique. On croit parfois lire une adaptation, au premier degré, de la satire de Montesquieu sur «l’esclavage des nègres»: comment une pensée intelligente pourrait-elle sortir d’un cerveau féminin manifestement inféodé aux puissances rétrogrades qui tiennent le Nouveau Monde dans l’ignorance des exploits philosophiques de nos penseurs nationaux.

    4. Il me semble que la grandeur du journalisme consiste d’abord à informer, et parfois à prendre parti. Or Aude Lancelin n’informe pas, elle caricature; et si elle prend parti, ce n’est pas en son nom propre, mais en se mettant au service d’une bande rivale: c’est cela que je trouve finalement le plus affligeant. Pour finir sur une pointe un peu grandiloquente, on pourrait rappeler que Peirce, l’auteur de prédilection de C. Tiercelin, pensait qu’il était impossible de cultiver sérieusement la logique et d’être vicieux. Cultiver la logique est déjà, en soi, une attitude éthique – parce que cela revient à prendre tous les moyens pour se prémunir de l’erreur, et pour ne pas y entraîner les autres. Je ne suis pas éloigné de penser qu’au fond de l’hostilité à Claudine Tiercelin gît, chez les philosophes français concernés, plus que la jalousie ou le dépit, le mépris viscéral de la logique. Elle a, entre autres, ce défaut majeur de rendre peu perméable au style oraculaire et incantatoire cultivé justement dans la coterie qui a trouvé chez Aude Lancelin un complaisant relais.

    Commentaire par Philarête — 20/07/2011 @ 10:55

  14. DM 4 : la citation anonyme est un problème, il ne faut jamais en abuser, mais en l’espèce elle n’avait pas le choix. Ce ne sont pas des bruits de couloir mais l’expression d’une animosité qui semble tout à fait réelle et qui éclaire les conditions de la nomination et surtout la polémique qui l’entoure.
    Sur les réputations usurpées, c’est le cas dans toutes les disciplines, ce ne sont pas forcément les meilleurs qu’on voit le plus dans les médias. De même que ce ne sont pas forcément les plus doués qui se retrouvent aux postes à responsabilité. Je crois que le problème dépasse de très loin le journalisme, vous ne trouvez pas ?
    Quand je dis, c’est notre métier, je veux attirer l’attention sur le fait que celui-ci a des contraintes dont il convient de tenir compte pour nous juger, rien de plus. Quant à la crise de la presse, vous savez aussi bien que moi qu’elle ne relève pas de la seule question de la qualité. Si on s’ent tient à la France, il y a un retard d’investissement, une procédure de diffusion qui date de 45 est se révèle lourde couteuse et dépassée, un syndicat du livre qui ne nous aide pas, c’est le moins qu’on puisse dire, et surtout un choc technologique.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 10:57

  15. @laplumedaliocha: Le problème des citations d’anonymes, qu’ils soient pris dans un « micro trottoir » ou croisés dans les couloirs d’un département universitaire, fût-ce le pavillon Pasteur de la rue d’Ulm (ou, plus agréablement, la Cour aux Ernests), c’est qu’on ne sait rien de leur représentativité. Autrement dit, on ne sait pas si l’on s’est contenté d’interroger une coterie, ou un échantillon représentatif des opinions dans le domaine concerné. Par exemple, on nous dit que ce type de philosophie est inconnu à la Sorbonne : a-t-on interrogé Jean-Baptiste Joinet, par exemple ?

    C’est pour ces raisons que sur Wikipédia, par exemple, il est interdit de rapporter des opinions personnelles et anonymes : toute opinion doit être attribuée à une personne ou un groupe identifiable, lequel, dans l’idéal, doit être placé dans le domaine étudié.

    Sur un bon nombre de sujets scientifiques, vous trouverez plusieurs approches et des querelles pour savoir laquelle est la plus prometteuse (question qui n’est pas franchement scientifique, puisqu’il s’agit d’anticiper, « au jugé », qui aura des résultats « intéressants », le critère de ce qui est intéressant ou non n’étant lui-même guère scientifique). Si vous n’interrogez que les partisans d’une des approches, vous produirez un article biaisé. (Je pourrais fournir des exemples précis, mais cela n’éclairerait sans doute guère les lecteurs…)

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 11:11

  16. Dans le même ordre d’idées : j’ai longtemps eu l’impression que certains journaux anglo-saxons, s’ils voulaient écrire sur la politique française, interrogeaient systématiquement des parisiens (plus simple, moins de déplacements) politiquement de droite en les présentant comme la voix de la modernité et du réalisme apolitiques, et présentaient les autres opinions en sous-entendant qu’elles sont passéistes et idéologiques…

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 11:26

  17. @Philarête
    J’ignore de qui Mme Lancelin est proche. Mais à la lecture de l’article, j’avais parfaitement saisi le coté ‘bande à Badiou’ vs Thiercelin à coup d’arguments peu reluisants. Et je ne voyais pas Mme Thiercelin en victime: elle a la parole, répond et fournit des arguments plutôt logique. Après lecture de l’article, mon sentiment personnel (qui vaut ce qu’il vaut) était plutôt qu’une sommité internationalement reconnue dans son milieu a été nommée, provoquant par là l’ire et la jalousie d’un groupe puissant localement (Germano-Pratin?), même si sans influence réelle dans le monde.
    Je suis stupéfait de voir comment votre lecture et la mienne du même article parvient à la fois à nous faire partager la même vision des faits et avoir une perception radicalement différente du positionnement du journaliste, voir du ton de l’article lui-même! Sans doute que vos a priori et les miens sont si différents que le même objet finit par nous être deux images.

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 11:29

  18. @DM
    Votre résumé en 4 ligne Continental/Analytique est parfait! Simplement, l’angle de l’article était: controverse sur une nomination dans le petit monde de la philosophie parisienne, et pas introduction aux approches philosophiques modernes. Donc on parle du premier et pas du second.

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 11:34

  19. @Philarête: étant moi-même un novice absolu, en lisant l’article j’ai eu exactement la même image de la situation que kaeldric, vu votre propre commentaire cette image ne paraît pas fausse, donc il me semble probable que la journaliste a bien fait son boulot! Il me paraît clair que votre réaction est en grande partie liée au fait que vous faites vous même partie (ou en tout cas, que vous vous en sentez proche) d’une des coteries en présence non?

    Commentaire par QIAH — 20/07/2011 @ 11:52

  20. @kaeldric: Si l’on explique la controverse sur une nomination par le fait que la personne nommée défend une approche généralement déconsidérée en France, ne faut-il pas, pour éclairer le lecteur, expliquer sommairement en quoi les deux approches divergent, sans rentrer dans les détails techniques ? Sinon, on réduit tout à de pures querelles de personnes et d’ambitions (je sais bien que c’est à quoi tendent certains sociologues des sciences…).

    Prenons par exemple la nomination de mon collègue Martín Abadi pour parler de sécurité informatique pendant une année au Collège de France. Il n’y a pas eu controverse, mais imaginons qu’il y en ait eu une. Certains auraient pu dire que ce n’est pas la meilleure personne pour parler de ce sujet, vu qu’il est plutôt théoricien (quoiqu’il se soit penché sur des problèmes nettement plus pratiques ces dernières années) et que les problèmes de sécurité informatique effectivement rencontrés sont plutôt des problèmes « mains dans le cambouis » (par exemple, les buffer overrun sont permis par l’usage massif de techniques de programmation dont on sait depuis 40 ans qu’elles sont peu sûres, pas besoin d’un grand bagage en logique pour le comprendre) — mais un enseignement « technique » aurait-il sa place au Collège de France ? Voilà une façon assez rapide de poser le problème, mais qui peut éclairer le lecteur sur les positions des uns et des autres.

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 12:02

  21. @DM: C’est sans doute un biais français/cynique, mais je tends à penser que c’est effectivement un problème de personne, et que le reste est surtout un ensemble d’arguments qui servent à masquer une mesquine jalousie! Si il n’y avait pas eu problème de personne, alors il n’y aurait pas eu de discussion sur la ‘nature’ du profil.
    Je conçois que ce point de vue soit parfaitement subjectif et un peu déprimant. Et j’admire les gens qui pensent différemment: eux amélioreront peut-être le monde, là où les cyniques s’en contentent…

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 12:13

  22. @kaeldric: J’admets fort bien qu’il puisse y avoir une querelle de personnes, mais celle-ci, comme souvent, va s’appuyer sur une différence. Il est possible, voire probable, que l’influence de telle ou telle « chapelle » dans tel ou tel pays découle de problèmes de personnes (au sens péjoratif comme au sens neutre : influence de tel ou tel professeur dynamique et charismatique) ; cela n’empêche pas qu’il y ait des différences d’approches !

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 12:19

  23. En fait, le sujet est encore plus intéressant que je ne le pensais. J’ai beau lire et relire l’article incriminé, je suis bien en peine d’y trouver le parti-pris qu’on dénonce. Loin de me dégouter de la philosophe concernée, il me donne envie de la lire. Or, je pense être un cobaye assez idéal dans la mesure où, à ma grande honte, je suis d’une inculture crasse en philosophie, ce qui fait de moi l’archétype du profil de lecteur auquel doit s’adresser un journaliste de presse grand public.

    @philarête : je vous répondrai à tête reposée, comme d’habitude, vous êtes passionnant 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 13:02

  24. C’est pour moi aussi le moment de réviser Quine (et non Quayle…).

    Commentaire par DM — 20/07/2011 @ 13:33

  25. @ Philarête: votre réponse est très intéressante, en ce qu’elle illustre le biais de lecture de celui qui connaît déjà le sujet – et a donc, qu’il le veuille ou non, une opinion sur la querelle.

    Moi qui ignorais absolument tout de l’existence de cette querelle, et des deux conceptions de la philosophie qu’elle oppose, j’ai lu l’article et ai tiré la même conclusion que kaeldric. C’est d’ailleurs ce que dit A.Lancelin dans la chute: « Le Collège de France, un western pour vrais durs. »

    On peut éventuellement reprocher à Aude Lancelin de n’avoir donné la parole qu’à deux catégories de protagonistes: Mme Thiercelin elle-même,et ses opposants les plus violents. Elle a forcément des partisans puisqu’elle a décroché le poste, mais l’article ne les fait pas parler. Cela peut donné un sentiment de déséquilibre. Il y a aussi le titre, qui prend parti.

    Mais de là à traiter Aude Lancelin de porte-flingue,il y a de la marge.

    Commentaire par Gwynfrid — 20/07/2011 @ 14:40

  26. Petite question technique HS : quelqu’un a des nouvelles de misssfw ? Mon lien ne fonctionne plus….

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 15:48

  27. @Aliocha
    Son nom de domaine à expiré (Expiration date: 18 Jul 2011 08:33:41). Il lui faut vite le racheter
    Pour ce type d’info, http://www.whois.net vous dit à qui appartient un nom de domaine, une range IP…
    Le site est toujours accessible par google. Mais au lieu de cliquer dessus, il faut cliquer sur ‘Cache’

    Commentaire par kaeldric — 20/07/2011 @ 16:08

  28. @kaeldric : mille mercis ! j’ai cherché une partie de la soirée sans succès. J’en viens, et décidément elle m’enchante….

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 16:32

  29. aïe, des anonymous arrêtés : http://www.journaldunet.com/solutions/securite/piratage-de-paypal-arrestation-des-anonymous-0711.shtml
    j’avoue éprouver une tendresse coupable pour les pirates de la toile….

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 17:39

  30. Une critique de plus http://www.authueil.org/?2011/07/18/1855-secrets-de-l-enquete

    Commentaire par monsieurprudhomme — 20/07/2011 @ 21:04

  31. @monsieurprudhomme : il n’a pas complètement tort, à cette réserve près que le fautif dans l’histoire, c’est celui qui viole son secret professionnel…

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 21:49

  32. Tiens, j’avais loupé ça, regardez comme c’est beau un plan de com’, en plus on l’avait anticipé ici il y a quelques temps déjà : http://www.marianne2.fr/Sarko-et-Carla-a-la-plage-un-reportage-de-legendes_a208457.html
    ce que nous n’imaginions pas à l’époque, c’est que l’actualité, cette ingrate imprévisible, volerait la vedette à Carla…

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 23:13

  33. Je l’aime bien Hugues : http://www.atlantico.fr/decryptage/rupert-murdoch-news-world-journalisme-investigation-147441.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/07/2011 @ 23:17

  34. Pendant ce temps, un américain est poursuivi pour avoir téléchargé des articles universitaires d’une base d’articles en ligne (sans piratage de cette base), « en nombre excessif ». Rappelons que les éditeurs universitaires ne rémunèrent ni auteurs ni relecteurs, et, actuellement, sous-traitent leurs activités éditoriales en Inde ou autres pays à bas prix.

    Merveilleux monde du copyright, merveilleux parlementaires qui votent les lois qui permettent cela, merveilleux gouvernements qui négocient dans notre dos des traités qui nous lient sur ces sujets.

    Commentaire par DM — 21/07/2011 @ 11:06

  35. Honnêtement Aliocha, c’est une véritable gageure que d’essayer de prendre la défense d’Aude Lancelin (surtout après le commentaire implacable et d’une grande clarté de Philarête), dont la lecture d’autres articles d’elle permet de constater que c’est là son style habituel. Son article est mauvais. Le grand public serait en droit d’avoir une mise en situation. On pourrait apprendre que ceux qui se réclament de la tradition analytique gagnent progressivement du terrain sur le plan institutionnel. On pourrait parler du mari de Mme Tiercelin (et non Thiercelin comme Kaeldric et Gwynfrid l’écrivent), Pascal Engel.

    A ceux que ça intéresse, voir le petit livre de Roger Pouivet, Philosophie contemporaine aux Puf.

    Faire un article uniquement à partir des petites phrases mesquines de ses opposants, c’est juste bon pour alimenter les commérages de quartier. Le journalisme n’en sort une nouvelle fois pas grandi.

    Commentaire par Episteme — 21/07/2011 @ 11:13

  36. @Episteme : nous sommes toujours dans le problème du miroir, d’ailleurs la critique sur le fait qu’elle ait décrit physiquement Aude Lancelin Claudine Tiercelin est assez lourde de symbole. Indiscutablement, la description physique entre dans le boulot du journaliste dans ce type de papier. Le reproche est nul et non avenu. La journaliste pouvait traiter le sujet sous plusieurs angles :
    – un simple portrait d’Aude Lancelin la philosophe façon der de Libé,
    – une évocation très savante de son courant philosophique et de la manière dont il s’inscrit dans le contexte français,
    – une interview
    – une explication de son travail
    etc.
    elle a choisi « petits meurtres entre amis » pour lever le voile sur les coulisses du milieu, ce n’est pas flatteur, mais c’est une information. Le journalisme ne patauge pas toujours dans le sérieux ou dans le sublime, c’est aussi une affaire d’homme racontant ce que font d’autres hommes de bien, ou de moins bien. Je n’ai jamais dit que c’était un papier emblématique du journalisme de qualité, j’ai dit que c’était un papier qui ne méritait pas la virulence des critiques qu’il a soulevées. En parlant de la querelle elle s’est retrouvée prise dans celle-ci, ce qui n’a pas grand chose à voir avec l’analyse objective de son boulot. Tous les lecteurs non initiés qui se sont exprimés ici partagent mon sentiment de néophyte, nous n’avons pas l’impression qu’elle défend une chapelle et au final, on est plutôt tenté de lire la philosophe. Par conséquent le lecteur lambda qui constitue la cible du papier, celui qui n’y connait rien et qu’il faut d’abord intéresser, pour pouvoir l’informer, celui-là ne me semble par avoir été trompé. Il faut être agrégé de philo pour lire entre les lignes. De là à penser que les agrégés de philo y voient ce qu’il y mettent et non ce qui y est écrit, il n’y a qu’un pas. Que je franchis joyeusement sans craindre beaucoup de me tromper 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/07/2011 @ 11:38

  37. @Aliocha vous avez confondu la journaliste et la philosophe en 36 non? Ah, ces-journalistes-qui-n-y-connaissent-rien… 🙂

    Commentaire par QIAH — 21/07/2011 @ 11:51

  38. @QIAH : Yep, merci. Ah ces journalistes surmenés qui font des fautes d’inattention 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 21/07/2011 @ 11:57

  39. Aliocha. Je suis arrivé sur votre blog par le farfelu hasard, en trouvant un lien dans la gestion des stats d’un des nombreux sites web que j’exploite à des fins mercantiles. C’est bien la première fois que je passe du temps sur la toile, sur quelque chose qui ne me rapporte pas d’argent ! Agréablement surpris et séduit, j’ai été lire dans ses entrailles, non par haruspication mais avec le plaisir étonné de constater qu’il n’y aurait donc pas sur la toile que des cons et des commerçants qui ont quelque chose à leur vendre. Et le plus incroyable dans tout cela est que je découvrais la prose d’une journaliste dont l’esprit me séduisait infiniment, au point que j’ai intégré le flux sur une de mes interfaces ou il parait chaque matin entre des échelles et camemberts de statistiques… Mais pourquoi donc ne lirions-nous pas la même prose dans les journaux ?! C’est pourquoi je ne lis pas les journaux ! Je ne regarde pas non plus les chaines de télévision mais je sais ce que les uns et les autres contiennent… Je sais que les cadres des journaux squattent les plateaux télé et je sais que si nous étions propulsés dans les années quarante, ces gens de presse dîneraient à la Kommandantur aussi souvent qu’ils sont présent sur les plateaux télé ! C’est pourquoi, je dis, je redis et j’affirme que le journalisme est une profession de prostitués.

    Commentaire par Claude Ries — 21/07/2011 @ 13:16

  40. Pour essayer d’élargir un peu le débat, je crois comprendre un des éléments qui peut énerver les habitués du monde philosophique: pour une fois qu’on parle de leur univers, c’est pour raconter une histoire de rivalité minable… c’est sûr que ça doit être frustrant.
    Ceci dit, la raison d’être de l’article ce n’est pas, par exemple, la parution d’un nouvel ouvrage de Claudine Tiercelin (qui justifierait l’angle « courant philosophique ») mais bien la nomination elle-même, et là, l’angle « rivalités et querelles de chapelles » me semble pertinent.

    Commentaire par QIAH — 21/07/2011 @ 13:43

  41. Aude Lancelin est une très grande journaliste et des gens prennent sa défense: http://vanessa-schlouma.blogspot.com/2011/06/aude-lancelin-enquetrice-philosophique.html
    Aude restera dans l’histoire de la philo!

    Commentaire par Sandrine — 21/07/2011 @ 19:38

  42. Aliocha, désolé, mais pour moi, l’article d’Aude Lancelin participe de l’anti intellectualisme. C’est comme ne voir la politique qu’au travers de malversations et de népotisme : c’est limité et ça laisse entendre une petite musique dont le refrain est l’habituel tous pourris. Loin d’élever le débat, on le ramène inlassablement dans sa partie fangeuse. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas en parler, mais se focaliser uniquement là-dessus relève d’une myopie malheureuse.

    Qiah, une élection au Collège de France devrait être l’occasion de faire un petit encart sur le courant philosophique auquel se rattache la personne. Ce pourrait être l’occasion de citer des noms assez peu connus du grand public français tels que Frege, Lewis ou encore Kripke pour n’en citer que quelques uns. L’existence de rivalités peut être signalé mais dans un cadre élargi, celui de la progression et de la visibilité grandissante du courant analytique en France.

    Et pour info, je ne suis nullement philosophe (mon pseudo pour les connaisseurs ferait de moi un foucaldien impénitent) mais ancien étudiant en histoire.

    Commentaire par Episteme — 22/07/2011 @ 10:46

  43. Voici la preuve exclusive qu’Aude Lancelin est une journaliste exceptionnelle: http://vanessa-schlouma.blogspot.com/2011/06/aude-lancelin-enquetrice-philosophique.html
    Merci Aliocha pour ce billet plein d’intelligence et de finesse.

    Commentaire par Constance — 22/07/2011 @ 18:49

  44. Pourriez-vous, chère madame, expliquer à vos lecteurs l’affaire du RER B à la lumière de la compétence et de la déontologie journalistique que vous tenez pour acquise.Le père du journalisme moderne s’appelle Joseph Goebbels et je vous invite à méditer sa célèbre phrase »il n’y a pas d’information, il n’ya que de la propagande ».

    Commentaire par alain dandreu — 23/07/2011 @ 06:31

  45. @Alain Dandreu: Vous voulez dire l’affaire du RER D ?

    Commentaire par DM — 23/07/2011 @ 09:17

  46. Toujours merci et bravo Alliocha pour ce blog.
    Je crois qu’il faudrait canoniser Joseph Goebbels comme patron de beaucoup de journalistes.
    Lamda

    Commentaire par Lambda — 23/07/2011 @ 15:28

  47. Bon moi j’ai fait l’inverse de tout le monde, j’ai été lire l’article après avoir suivi la polémique. Finalement, dans l’article je n’ai relevé qu’une faiblesse : « La philosophie analytique, courant anglo-saxon épris de formalisme logique et notoirement arrogant à l’égard d’une tradition continentale plus volontiers littéraire ». Et plus précisément le « notoirement arrogant ». Comme cette phrase est sans guillemet ni aucune référence, on peut en déduire que c’est la pensée de l’auteur qui se révèle. Et donc elle se classerait du côté des « continentaux » (si j’ai bien compris) par rapport aux « analytiques » .

    Bref, comment prendre position au détour d’une seule phrase (et même deux mots en réalité, « notoirement arrogant »). C’est bête il ne manque vraiment pas grand chose. Par exemple remplacer « notoirement » par « considéré comme ».

    Finalement, je suis prêt à croire que ce n’était pas son intention, que c’est juste une façon de résumer la querelle entre les deux clans de façon extrêmement succincte, etc… Seulement vous faites un métier dangereux. Et quand vous mettez votre nez dans des conflits, je pense que c’est de votre responsabilité de ne pas prêter le flanc aux critiques en faisant ce genre de maladresse.

    En résumé, soignez votre communication quoi. [s’enfuit en courant]

    Commentaire par JO — 24/07/2011 @ 12:19

  48. En y repensant ce we, une évidence m’a frappée: la position de Jacques Bouveresse ne me semble pas cohérente.
    Si j’ai bien suivi, il est le principal instigateur de la nomination de Claudine Tiercelin au collège de France. Et c’est au nom du rôle qu’il a joué dans cette nomination qu’il refuse de répondre aux questions d’Aude Lancelin lorsqu’elle prépare son article.
    N’aurait-il pas été plus logique qu’il s’exprimât dans le cadre de l’article afin de faire entendre le son de cloche des pro-Tiercelin, en faisant en sorte bien entendu que l’article mette en lumière son rôle dans la nomination?

    Commentaire par QIAH — 25/07/2011 @ 10:17

  49. « C’est une question assez passionnante de territoire, d’orgueil et de pouvoir. »

    Non, c’est une question de connaissances…

    Commentaire par Totogpl — 25/07/2011 @ 21:51

  50. De quoi s’agit-il exactement. Après toutes ces lignes indigestes, on est siasi par un tel
     » Autourdupotisme ».

    Commentaire par peir baltaz — 26/07/2011 @ 03:40

  51. « Si je cite le nom de Claudine Tiercelin, cela vous évoque-t-il quelque chose ? Rien, n’est-ce pas ? Eh bien voilà le difficile sujet que la journaliste en question a choisi de traiter. »

    Vous en connaissez ma bonne dame des noirs qui soient pas fainéants ? Mais il y a pire que les noirs fainéants, il y a les journalistes qui ne font pas leur boulot et qui malgré cela n’hésitent pas étaler leur corporatisme et leur condescendance. Et j’ai la preuve. En effet, l’article incriminé et que vous défendez commence par :

    « «Claudine, qui ?» Stupéfaction Rue-d’Ulm. Emoi place de la Sorbonne, où la nouvelle élue au Collège de France, Claudine Tiercelin, était encore inconnue. »

    Eh mmeeerrdde !! Ce qui lui est reproché, ce n’est pas donc ce que vous suggérez malhonnêtement avec votre argument du café du commerce, ce qui lui est reproché est de faire passer pour une inconnue dans le milieu une philosophe qui y est connue. Un peu d’investigation journalistique (votre boulot, je vous le rappelle) vous aurait appris non seulement que cette inconnue a écrit des livres d’un certain poids, mais qu’elle a été présidente du jury d’agrégation pendant plusieurs années. Il n’est donc pas possible qu’elle soit une inconnue à moins d’avoir vécu dans une grotte philosophique pendant ces cinq derniers années.

    La leçon du jour (mais je sais que c’est inutile avec beaucoup de journalistes : pour preuve, les erreurs et les fautes professionnelles dans le traitement de l’affaire DSK à peine vaguement reconnues, on se vautre dans les mêmes erreurs et fautes dès le premier attentat) : quand on n’y connait rien, on gagne à se taire.

    Commentaire par Philon — 26/07/2011 @ 11:03

  52. @Totogpl : commentaire lumineux, non, vraiment, je vous félicite.
    @peir baltaz : idem que votre petit camarade du dessus
    @philon : mon monde à moi, ce n’est pas les philosophes mais les avocats. Vous savez comment ils font pour démolir un de leurs confrères auprès d’un journaliste ? Ils commencent généralement par dire : qui ça ? Ah, ben je le connais pas. Au lieu de prendre la journaliste pour une conne, lisez-là, et osez regarder ce qu’elle vous montre, les petites mesquineries ordinaires du milieu concerné.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/07/2011 @ 15:21

  53. @Philon

    « Au début des années 2000 surtout, lorsque Claude Allègre en fit la première femme présidente d’un jury d’agrégation de philosophie. »

    Le devoir des journalistes d’investigation est d’enquêter comme vous dites. De qui est-ce le devoir d’au moins lire les articles jusqu’au bout avant de critiquer?

    Commentaire par JO — 26/07/2011 @ 21:22

  54. […] modestie, sont moins faciles à lire que les pamphlets mondains de la presse hebdomadaire (et les blogs pseudonymes de journalistes). Je l’ai lu, non pas en philosophe, mais en linguiste qui […]

    Ping par Les soieries de la métaphysicienne. Le ciment des choses (1) | La pensée du discours — 27/07/2011 @ 08:34

  55. « Au lieu de prendre la journaliste pour une conne, lisez-là, et osez regarder ce qu’elle vous montre  »

    Mais bien sûr, le fait de rapporter sans recul ces propos caricaturaux sont sans aucun doute de la vulgarisation intelligente. De même que l’erreur sur le nom d’un des plus importants philosophes du xx siècle et la comparaison sexiste à Barbarella que vous vous empressez de justifier… Aurait-on osé décrire un philosophe comme un Conan pour parler de sa philosophie…? En fait, vous êtes en train de nous expliquer que les journalistes ont le droit de tromper leur public.

    @JO

    « Le devoir des journalistes d’investigation est d’enquêter comme vous dites. De qui est-ce le devoir d’au moins lire les articles jusqu’au bout avant de critiquer?

    Et le devoir des cons est-il de falsifier les propos ? Ce point n’apparaît à aucun moment dans l’article et son auteur soit fait semblant de l’ignorer pour produire une défense de mauvaise foi, soit ne l’a pas lu. Donc retour à l’envoyeur.

    Commentaire par philon — 27/07/2011 @ 11:39

  56. @philon

    « Ce point n’apparaît à aucun moment dans l’article(…) »

    Vous vous êtes rendu compte que la phrase que j’ai mise entre guillemet est un copié-collé de l’article de Mme Lancelin quand même non? Ou alors quand vous dites l’article, vous voulez parler du billet d’Aliocha?

    Commentaire par JO — 27/07/2011 @ 19:09

  57. @ JO : et vous vous êtes quand même rendu compte que je ne parlais pas de cet article ?

    Commentaire par philon — 27/07/2011 @ 22:01

  58. […] à tout point de vue, quoique ce ne soient pas là des considérations de nature à mitiger le corporatisme qui semble être la norme dans ce qui passe pour du journalisme en France. Non seulement Tiercelin, […]

    Ping par Paveau lectrice de Tiercelin « Hady Ba’s weblog — 28/07/2011 @ 13:39

  59. Pour quelqu’un d’exterieur au domaine, l’article est tres mauvais : un florilege de citations duquel on a du mal a extirper la nature exacte du conflit au College de France. Et tres franchement la journaliste donne quand meme l’impression de prendre legerement parti pour les adversaires de Mme Thiercelin.

    Surtout, la journaliste n’a apparemment pas fait l’effort d’enqueter serieusement (je veux dire par la, verifier ce qu’on lui dit, et ne pas se contenter de donner des extraits de citations glanees dans des entretiens avec les protagonistes). Il faut dire que le sujet n’interesse probablement pas grand monde… du coup on n’y consacre pas beaucoup de temps (mais dans ce cas, pourquoi se donner la peine d’ecrire un article qui n’eclaire en rien le lecteur).

    Commentaire par professeurtournesol — 16/08/2011 @ 17:09

  60. Aliocha, vous ecrivez en reponse a Episteme : « elle a choisi « petits meurtres entre amis » pour lever le voile sur les coulisses du milieu, ce n’est pas flatteur, mais c’est une information. Le journalisme ne patauge pas toujours dans le sérieux ou dans le sublime […] En parlant de la querelle elle s’est retrouvée prise dans celle-ci, ce qui n’a pas grand chose à voir avec l’analyse objective de son boulot. Tous les lecteurs non initiés qui se sont exprimés ici partagent mon sentiment de néophyte, nous n’avons pas l’impression qu’elle défend une chapelle et au final, on est plutôt tenté de lire la philosophe. Par conséquent le lecteur lambda qui constitue la cible du papier, celui qui n’y connait rien et qu’il faut d’abord intéresser, pour pouvoir l’informer, celui-là ne me semble par avoir été trompé. Il faut être agrégé de philo pour lire entre les lignes. De là à penser que les agrégés de philo y voient ce qu’il y mettent et non ce qui y est écrit, il n’y a qu’un pas. Que je franchis joyeusement sans craindre beaucoup de me tromper 😉 »

    D’une part vous allez un peu vite en besogne en ecrivant que « Tous les lecteurs non initiés qui se sont exprimés ici partagent mon sentiment de néophyte ». Etant neophyte je ne partage neanmoins pas votre sentiment.

    Ensuite je vous accorde qu’ « En parlant de la querelle elle s’est retrouvée prise dans celle-ci, ce qui n’a pas grand chose à voir avec l’analyse objective de son boulot », mais comme le souligne Episteme elle s’est mise toute seule en situation d’etre partie prenante de la polemique en attaquant son article par « «Claudine, qui ?» Stupéfaction Rue-d’Ulm. Emoi place de la Sorbonne, où la nouvelle élue au Collège de France, Claudine Tiercelin, était encore inconnue. » Aude Lancelin n’affirme pas ici que la philosophe est inconnue du grand public (ce qui est une evidence) mais qu’elle est inconnue des philosophes de l’ENS et de la Sorbonne (ce qui est faux).

    Enfin, au-dela de cela, la journaliste a-t-elle reussi a « interesser pour informer » ? Je ne vais pas parler pour les autres, mais dans mon cas la reponse est clairement « non ». Son article ne m’a pas interesse (ce qui est tres subjectif, j’en conviens), mais surtout il ne donne aucune information : on y decouvre que les philosophes sont aussi des etres humains avec leur lot de rancoeur et de petits conflits mesquins (ce qu’on savait deja), mais on n’apprend rien sur les enjeux du conflit, son contexte, etc…

    Alors effectivement, ce n’est pas « un papier emblématique du journalisme de qualité » (du point de vue du lecteur neophyte que je suis).

    Commentaire par professeurtournesol — 22/08/2011 @ 09:23

  61. @professeurtournesol : évidemment que ses collègues la connaissent, mais ils jouent aux cons (excusez-moi, je ne vois pas d’expression plus appropriée), entre nous, c’est le réflexe classique des collègues jaloux d’une promotion que j’observe tous les jours dans mon domaine à moi, chez les juges, les avocats etc. En lisant le papier, j’ai tout de suite compris que c’était cette jalousie dont la journaliste voulait rendre compte. En fait, ce papier est le genre d’article qu’on écrit souvent sous le coup du dégout. Habituellement, nous nous en tenons au factuel, untel a dit ça, fait ça, tel jour, pour telle raison. En taisant la « matière humaine », la sympathie ou au contraire l’antipathie que nous inspire le sujet, la personne concernée, les petites confidences « off » qui sont autour etc. Le factuel, rien que le factuel. Sauf qu’il arrive parfois que s’en tenir au factuel n’ait pas de sens ou mène à présenter une réalité tronquée. Il arrive aussi qu’on soit fatigué de se taire, de présenter une image lisse de ce qui ne l’est pas. Alors on balance, comme elle l’a fait. Soit simplement par écoeurement, soit pour foutre un peu le bins, façon coup de pied dans la fourmilière. Je crois plus à ce genre de réflexe qu’à une volonté de défendre un camp par rapport à un autre. Mais entre nous, je ne la connais pas, je ne fais que subodorer à partir de ce que je sais de la psychologie des journalistes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 22/08/2011 @ 10:37


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