La Plume d'Aliocha

01/07/2011

Une question d’honneur professionnel

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:11

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont pris des risques inconsidérés, éructent les professionnels de l’insulte sur les forums des organes de presse. Et nos soldats, ajoutent-ils, dont ils ont mis la vie en danger ? Et nos impôts qui ont servi à payer ces chasseurs de scoop ?

« Nous réglerons nos comptes avec eux, quand ils sortiront »

Dans un article très intéressant sur l’affaire que j’ai déjà mentionné sous le précédent billet, Raphaëlle Bacqué du Monde rappelle les premiers dérapages à l’égard des journalistes et raconte cette scène survenue en février 2010 : « A Paris, l’Elysée a aussi conscience que les déclarations des plus hautes autorités contre les otages sont devenues incongrues. Nicolas Sarkozy décide donc de recevoir enfin les familles. Les parents de Stéphane Taponier, la compagne d’Hervé Ghesquière sont donc conviés au Château. L’entretien est éprouvant. Le président est tendu. Agressif.  » Nous réglerons nos comptes avec eux, quand ils sortiront », menace-t-il devant les familles accablées avant d’ajouter brutalement« mais s’il faut payer, je paierai ! » ». Entre nous je comprends, sans l’approuver, la réaction du Président de la République. Un autre à sa place se serait tu, ce qui eût été à la fois plus sage et plus élégant, mais il aurait sans doute réagi de manière similaire. Je m’explique moins en revanche cette réaction quand elle vient des citoyens qui, en l’espèce, sont les titulaires du droit à l’information sur la politique que l’on mène en leur nom. Le conflit en Afghanistan pèse lourd en termes  d’intérêts stratégiques, diplomatiques et militaires. Nicolas Sarkozy est dans sa logique quand il s’irrite que des professionnels tentent d’aller au-delà de l’information officielle en sortant du giron de l’armée. Les journalistes qui veulent cherchent l’information au-delà de la communication officielle ont raison aussi. Ce sont deux logiques aussi respectables l’une que l’autre qui s’affrontent. Raison d’Etat contre liberté de l’information. Droit à la sécurité contre droit de savoir. Vivre ce type de conflit est un privilège réservé aux démocraties, nous devrions nous en féliciter. Que ceux qui dénigrent Hervé et Stéphane prennent au moins la mesure de la profondeur du débat dans lequel ils décident de prendre parti et réfléchissent un tout petit peu avant d’invectiver.

« Pas assez près »

Ce qui nous amène au coeur du problème, à savoir une soi-disant recherche du scoop. C’est aussi un argument du gouvernement. Et c’est une réaction assez naturelle du pouvoir à l’égard de la liberté de la presse.  Commençons par écarter un regrettable malentendu lié à la méconnaissance du métier qui affecte tout le monde visiblement, de l’internaute mal embouché jusqu’au Chef de l’Etat. Le journalisme de guerre ne rapporte rien.  Le scoop juteux, c’est dans les magazines people qu’on le trouve, c’est ça qui rapporte au journaliste et à l’organe de presse lui-même. L’information sur qui contrôle une route en Afghanistan, cette information que précisément Hervé et Stéphane sont allés chercher, elle ne vaut rien financièrement. En revanche, elle est nécessaire, voire indispensable si l’on veut comprendre une situation pour l’expliquer ensuite le plus fidèlement possible au public. Ce qui est vrai, c’est que lorsqu’on aime ce métier, on veut aller sur le terrain, être là où les choses se passent.  « Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près » disait le célèbre photoreporter Robert Capa. Alors ces professionnels là vont toujours plus près, parce que c’est l’esprit même du métier, et parce que c’est aussi une exigence professionnelle. Ravaler cela au rang de simple chasse au scoop, c’est aussi stupide qu’insultant. Des journalistes envoyés dans des pays en guerre, il y en a deux catégories. Ceux qui restent à l’abri de l’armée, embedded, comme on dit,  et voient ce qu’on leur montre, répètent ce qu’on leur dit. Et puis ceux qui pour le même salaire et pas davantage de reconnaissance ou de notoriété (qui connaissait Hervé et Stéphane avant qu’on les enlève ?) décident de faire vraiment leur boulot, d’aller chercher eux-mêmes l’information…. ce qui suppose de prendre des risques. Pour le public, la différence au final est infime, voire invisible, c’est donc aussi facile que tentant de rester bien à l’abri et de rapporter un reportage superficiel, bâclé.  De fait, ceux qui leur crachent au visage ne s’aperçoivent même pas qu’ils insultent les meilleurs d’entre nous, ceux qui risquent leur peau précisément pour rapporter une information de qualité, pour ne pas se laisser piéger par les apparences et les mensonges officiels, pour ne pas tomber dans les travers qu’on reproche habituellement aux journalistes. Accessoirement, ils envoient un dangereux signal aux médias en montrant qu’ils ne font pas la différence entre un bon et un mauvais travail journalistique. On ne peut pas dire que ce soit très encourageant.

Les risques du métier

Peu importe, me dira-t-on, au final leur inconscience a mis nos soldats en péril et nous a coûté de l’argent. Non, ils n’ont pas fait preuve d’inconscience. Ce sont des reporters chevronnés. A eux deux, ils ont couvert l’ex-Yougoslavie, le Rwanda, l’Irak, et d’autres conflits encore. Ils avaient pris toutes les précautions, je vous renvoie à ce sujet à l’excellent papier de Libération. Lisez-le, prenez le temps de visionner la vidéo où Hervé s’explique. Ecoutez les centaines de journalistes présents applaudir quand il dit qu’il faut continuer d’aller sur place. Ils ont fait leur travail, dans une zone à risque, et ils ont été piégés. Comme auraient pu l’être à leur place des ingénieurs, des humanitaires ou tout autre professionnel intervenant dans un pays en guerre. Et puisqu’on parle d’impôts et de vies humaines, n’est-ce pas important de savoir si notre présence là-bas est utile, légitime, et donc au final de comprendre pourquoi on y dépense nos impôts et on y risque la vie de nos soldats ? Comment répondre à ces questions si personne n’a le courage d’aller sur place, pour vérifier  ce qu’il s’y passe ?

Nous continuerons d’aller sur le terrain

Il ne s’agit pas d’en faire des héros, eux-mêmes ne se vivent pas ainsi. Revoyez leur arrivée sur le tarmac. La première réaction d’Hervé a été de dire « d’habitude, je suis de l’autre côté », c’est-à-dire de l’autre côté des objectifs. Elle n’a l’air de rien cette petite phrase et pourtant, elle est lourde de sens. Elle signifie « nous ne sommes pas à notre place ici, laissez-nous revenir parmi vous confrères, nous ne sommes pas intéressants, c’est le monde qui est passionnant. Il y a encore tant de choses à voir, à comprendre, à raconter, ne perdons pas notre temps ». Leur numéro de duettiste, leur humour poussé jusqu’à l’auto-dérision, tout démontre à qui veut bien regarder avec la même objectivité que celle qu’on exige de nous, la même attention à l’autre, la même sensibilité, la même absence de préjugé,  qu’ils ne sont pas à l’aise dans ce rôle là, que leur raison d’être à eux c’est de se tenir derrière les caméras, pas devant. Qu’ils n’ont qu’une hâte, comme ils l’ont dit tous les deux, c’est de reprendre le travail. Eh oui, ce travail qui leur a coûté 547 jours de leur vie. Vous pensez qu’on peut faire ça pour une autre raison que la passion ?

Thierry Thuillier, directeur de l’information de France Télévision a lancé un message hier : «Notre honneur, c’est d’aller sur le terrain et nous continuerons à le faire.»

Notre honneur…

Je comprends d’autant mieux l’irritation que suscitent les médias que je la ressens moi-même de manière extrêmement violente parfois. Mais bon sang, un peu de discernement, ne mélangeons pas l’amuseur public du samedi soir et le journaliste professionnel, le traqueur de cul de star au téléobjectif et le reporter de guerre. Sinon, à terme, il ne restera que le pire.

Publicités

80 commentaires »

  1. Nous pouvons tous discuter des imperfections des médias ,les travers de la presse, d’une intimité presque « incestueuse » de certains journalistes avec le pouvoir etc. mais pour moi s’il y a bien une situation qui fait bien plus que l’honneur de la profession de journaliste mais sa grandeur, c’est bien celle là.

    Commentaire par bleu horizon — 01/07/2011 @ 10:33

  2. J’invite tous les lecteurs du blog à lire le passionnant « Carnage et Culture » de Victor Davis Hanson. Ce brillant hélenniste universitaire américain s’est attaché au cours de sa carrière à décrire le modèle occidental de la la guerre. Hanson après avoir rappelé la supériorité de ce modèle occidental en terme d’efficacité militaire, démontre que, depuis la démocratie athénienne du Vème siècle avant JC, « l’audit civil » (selon son expression )sur les opérations militaires fait partie intégrante de ce modèle guerrier et de son perfectionnement à travers les âges. Cet audit civil a un rôle majeur à jouer dans le contrôle des opérations et il est bien évident que dans notre monde moderne c’est aux journalistes que revient une bonne part de ce contrôle.

    Commentaire par Marquis de Mussipont — 01/07/2011 @ 11:47

  3. Bonjour Aliocha,

    Comme vous le dites très bien, l’issue heureuse de cette aventure doit nous réjouir tous. Je voudrai simplement rappelé qu’en Afghanistan 63 militaires français, dont beaucoup avaient juste 20 ans, ont perdu la vie. C’est au nom des valeurs de notre pays, de nos valeurs, qu’ils sont morts parce que les gouvernements de ce pays, gouvernements issus d’élections démocratiques et représentants de ce fait nous, le peuple français, ont estimés qu’il fallait défendre ces valeurs. On a tout à fait le droit de critiquer cette présence ainsi que les stratégies entreprises, qu’elles soient politiques ou strictement militaires, et il ne serait pas normal de les taire. Ceci dit, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont, avant d’exercer la profession de journaliste, français et il en va de même pour tous leurs confrères de ce pays.
    J’ignore s’ils ont pris des risques inconsidérés mais je crois utile de rappeler que l’Afghanistan est surtout un pays en guerre et que malgré leur profession, la nationalité d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier les rangent immanquablement dans un camp. Même si cela leur déplait, ils ne sont pas et ne peuvent pas se revendiquer neutres et observateur impartial de ce conflit. Le soucis d’informer est noble mais dans un pays en guerre, les journalistes des pays partie prenante au conflit ne peuvent se revendiquer simple observateur voire arbitre en titre. Que cela plaise ou non, ils sont dans un camp, pas au milieu. Comme disent les anglais « wright or wrong, it’s my country ». Je suis assez bien placé pour savoir que nos soldats, engagés dans un conflit long et difficile, apprécient assez peu de se sentir parfois observés comme on observe un cobaye et de voir des compatriotes à eux frayer avec ce qu’il faut bien appeler l’ennemi (je pense particulièrement au lamentable reportage paru dans un grand hebdomadaire après l’embuscade d’Uzbin). A cette aune, pourquoi pas des reportages dans les lignes allemandes pendant le dernière guerre ou dans le camp 113 de sinistre réputation au cours de la guerre d’Indochine? Que l’ensemble de vos collègues soit cependant rassuré, il se trouvera toujours quelques idéalistes pour les sortir d’une panade éventuelle même si pour cela, les idéalistes doivent y laisser leur peau.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 01/07/2011 @ 14:08

  4. Comme beaucoup — je l’espère — je m’inquiète aussi du sort des accompagnateurs : sont-ils restés là-bas, s’en sont-ils sortis eux aussi ? Ca ne m’empêche pas de trouver particulièrement mal-venue la réflexion « nous réglerons nos comptes avec eux, quand ils sortiront ». C’est Sarko qui a dit ça ? Devant les familles ? Ca ne va pas rehausser mon estime à son égard !

    Aurait-il dit la même chose si ces journalistes avaient attrapé le choléra à Haïti — ce qui fait aussi partie des risques professionnels, je suppose…

    Etrangement, j’ai peu de respect pour la classe dite « les journalistes » en général… Mais j’ai beaucoup de respect pour les professionnels de tout bords — journalistes, médecins, infirmiers et autres — qui vont là où c’est dangereux pour faire leur métier de la façon dont ils estiment devoir le faire. Dont acte !

    S’il vous plait, continuez à faire votre métier de la sorte. Et merci d’être là !

    Commentaire par Yves Pouplard — 01/07/2011 @ 14:24

  5. Bonjour H.
    Passons sur votre comparaison finale avec la seconde guerre mondiale. Que je sache, la France n’est pas en guerre avec l’Afghanistan. Je comprends votre empathie pour nos soldats, qui risquent leur vie au nom de l’Etat Français. Mais la presse n’a pas à soutenir le moral des troupes, à porter la voix de la France. Le propre d’un Etat de Droit, c’est entre autre de permettre la liberté d’expression. Et contrairement à vous, je cois que cela bénéficie à tous, soldats y compris.
    Oui, ce reportage après Uzbin peut choquer, et pas seulement les soldats. Mais choquer ou non n’est pas la question. La question est plutôt: en quoi ce reportage peut amener le lecteur à mieux comprendre la situation, sa complexité. Si la réponse est: « en rien », alors effectivement, il est inutile. Mais je n’en jurerais pas. Qui en France comprend quelque chose à la nature du pouvoir en Afghanistan? Qui le détient, comment, quels sont les alliances, les enjeux, les possibles retournements? Et donc les évolutions possibles…
    C’est pour nous aider à comprendre que des journalistes risquent eux aussi leur vie. Car effectivement, ils sont eux aussi perçus comme une cible par certains groupes. Leur enlèvement en ai la preuve la plus éclatante. Comme les soldats, eux aussi, ils risquent leur vie pour faire leur travail. Simplement, leur travail n’est pas le même.
    J’ajouterais que je ne connais pas de journaliste de guerre qui ce soit réjouie lors du décès d’un de nos militaires. car mieux que nous encore, eux comprennent les risques quotidiens et les sacrifices faits sur place.
    Cordialement

    Commentaire par kaeldric — 01/07/2011 @ 14:30

  6. J’ai remis la main sur « Carnage et Culture » et je vous recopie un passage important :

    « Encourager les évaluations publiques et reconnaître les erreurs au sein de l’armée finit par inspirer une meilleure stratégie et des réponses plus souples face à l’adversité. le simple fait de savoir que la conduite de l’armée sera contestée par les soldats eux mêmes, contrôlée et examinée par des instances étrangères à l’armée, mais aussi interprétée, commentée et souvent déformée par des journalistes est de nature à entretenir un sentiment de responsabilités et à assurer un large échange de vues ».

    Selon Hanson, le journalisme et les critiques sur l’action de l’armée ont pour conséquence au final une amélioration de l’efficacité de cette action et sont donc bien partie intégrante de l’outil de domination qu’est l’armée des pays occidentaux. Etonnant, non?

    Commentaire par mussipont — 01/07/2011 @ 14:36

  7. Qu’y a-t-il à attendre d’un être qui entourée d’une armada de CRS s’en va-t-en guerre contre les jeunes de banlieue en les insultant comme un écolier de primaire ? Il n’a d’ailleurs que faire de la liberté d’expression.
    Bon retour parmi nous de deux hommes courageux. J’espère qu’il ne sera pas désormais interdit aux reporters de sortir des sentiers battus.

    Commentaire par Ceriat — 01/07/2011 @ 14:57

  8. Qu’y a-t-il à attendre d’un être qui entouré d’une armada de CRS s’en va-t-en guerre contre les jeunes de banlieue en les insultant comme un écolier de primaire ? Il n’a d’ailleurs que faire de la liberté d’expression.
    Bon retour parmi nous de deux hommes courageux. J’espère qu’il ne sera pas désormais interdit aux reporters de sortir des sentiers battus.

    Commentaire par Ceriat — 01/07/2011 @ 14:58

  9. Juste deux remarques au sujet des personnes qui pointent du doigts les 10 millions qu’auraient coûté à la France la localisation des journaliste.

    L’Afghanistant coûte au contribuable français 1.3 millions d’euros par JOUR. Auquel on doit ajouter les 224 morts de l’Otan durant les opérations et les milliers d’Afghans morts également.

    Alors expliquez moi par quel raisonnement vous passez de ces insuportables 10 million aux coûts journalier de cette guerre qui eux ne vous gênent pas.
    Qui ici est au juste capable de nous expliquer ce que nous faisons en Afghanistan, qui peut citer la date et l’heure d’un quelconque débat parlementaire sur la poursuite de cette guerre?

    Chasser les talibans? On ne contrôle même pas le trottoir d’en face du quatier général de l’Otan à Kaboul et vous avez vraiment le sentiment que nous allons chasser qui que ce soit à part les moustiques dans les chambrées?

    Aider le gouvernement afghan à se reformer, les femmes afghanes à retrouver leur liberté… j’en passe et des meilleurs?
    Qui parmi vous à des infos vérifiables qui démontrent que nous allons bien dans ce sens? Citez les puisque le gouvernement ne le fait pas.

    J’ai plutôt le sentiment que nous menons une guerre sans objectifs ni perspective. On est là bas parce qu’il faut bien être quelque part et que ce n’est pas à cela que doivent servir l’armée française et l’argent du contribuable.

    Mais au fait, les informations fiables et vérifiables données par le gouvernement, quelqu’un les a dans un placart et pourrait nous les montrer?

    Commentaire par fredo — 01/07/2011 @ 15:24

  10. votre article me désole, Aliocha….qu’il faille encore écrire ce genre de choses, sans enfoncer des portes ouvertes, je veux dire….

    sinon, à chaque fois que j’ai vu des journalistes otages revenir ces derniers temps, j’ai été impressionnée par le fait qu’ils arrivent toujours à dire des trucs intelligents dès la sortie de l’avion, à peine remis de l’émotion du retour, et ce sans même s’effondrer d’émotion, ou quoi….ça s’apprend en école de journalisme, ou quoi ?

    plus sérieusement, j’espère que leur « mise au point », ils n’auront pas manqué de la faire à Sarko, les yeux dans les yeux. Ce type a besoin d’entendre des choses comme ça (même si j’ai peu d’espoir sur le fait que ça le fasse changer).

    Commentaire par Jalmad — 01/07/2011 @ 16:07

  11. Oh mince, Jalmad, je vous ai laissé un com chez Eolas sur un tout autre sujet, mais j’avais pas lu celui là.

    Et je vous trouve dure.

    Vous semblez vous étonner de ce qu’à peine sorti de l’avion on puisse dire des choses intelligentes après une longue et stressante détention. Sans prêter à la détention plus de vertu qu’elle n’en a, je peux vous dire que moi, ça ne me surprend pas. Ce sont des expériences que la plupart des gens ne vivent pas dans leur vie ordinaire et qui ramènent à l’ossature de l’être humain. Et dans ces cas là, beaucoup d’entre nous deviennent simplement fulgurants. Ils disent simplement ce qu’ils ont à dire. Sans façon. Ceux qui ne trouvent rien à dire gardent le silence, bien souvent parce qu’ils sont détruits. Comment décemment leur reprocher de ne pas être loquaces?

    Trop difficile de se faire juge d’une parole ou d’un silence, ou même d’un simple soupir. Ou même d’un parole arrangée. Après tout, même ça peut se justifier.

    Sur Sarko, en revanche, je vous rejoins. Je pense qu’il avait l’intention d’être lâche dans cette affaire (j’assume ça comme une pure spéculation de ma part) mais qu’il en a été dissuadé par une administration, la sienne, qui accorde une énorme importance stratégique au « care »: le care, c’est à dire la volonté de prendre soi des nôtres. Le « care », quand il est bien pensé et bien mené vaut à lui seul plusieurs SNLE, sans coûter le même prix en euros et en vies humaines. Ce « care » là est un accès inattendu d’intelligence et de sens de l’action qui peut générer la surprise.

    Ce « care » est un vrai job et il est tenu comme tel par un nombre important de gens (et je vous classe dans ceux là) qui se retrouvent dans le mot « Fraternité » de la devise républicaine.

    Pour ma part, je pense que Sarko a été débordé par cette tradition administrative qui a inhibé ses désirs démagogiques et qui l’a forcé à traiter cette affaire avec soin, alors qu’à l’évidence, au début, il considérait les deux journalistes comme les salariés d’une entreprise délocalisée: perte collatérale, point barre.

    Et son administration lui a dit non. Et il s’y est fait.

    Dans l’histoire, il n’est pas impossible qu’il ait même eu une attitude plus intelligente et qu’il ait « marché avec » son administration pour participer à un « fog of war »: induire l’adversaire en erreur par des déclarations publiques (genre: pour faire baisser les enchères, affirmer publiquement qu’il n’en à rien à foutre des otages).

    Mais tout ça, on n’en sait rien.

    Sur notre réaction: je pense qu’on doit être fier. On arrive à récupérer des gens dans des situations vraiment impossibles. Il y a du savoir faire derrière tout cela. Il y a de la vertu. Et il y a nous, c’est à dire notre pays, nos institutions, notre pomme, et il y a eux. Mais on va pas faire un lâché de ballons,non plus. ce que je vous propose, c’est qu’on identifie bien notre ennemi, celui qui nous a fait chanter et qu’on monte sur le ring avec la volonté de gagner. Et attendre. L’histoire est longue et le monde est vaste, non?

    Alors, je vous propose d’être fière. Fière d’Aliocha, fière d’eux. Et de ne pas mégoter notre plaisir. C’est une force!

    Ce post là ne me désole pas (ok, pour le Piss Christ ou « osez le clito », Aliocha est du genre plutôt réac et elle devient pénible, pour moi en tout cas). Mais là, c’est un sujet plutôt fédérateur, pourquoi bouder notre plaisir?

    Ou, à moins que vous ayez raison: on est dans un scénario « Rwanda ». Il y aurait une trahison fondamentale. Un truc grave qui est passé inaperçu et dont on se rend compte après, c’est à dire trop tard.

    Oui, mais quoi?

    Commentaire par tschok — 01/07/2011 @ 17:29

  12. C’est marrant comme certain(e)s sautent sur l’occasion de conforter leur mauvaise opinion de Sarkozy en ne retenant qu’une partie de l’article de Raphaelle Bacqué, où elle ne fait d’ailleurs que rapporter une conversation à laquelle elle n’a pas assisté.

    Mme Bacqué nous apprend aussi que Sarkozy s’est largement impliqué dans la négociation. Alors moi j’ai envie de vous dire merci, Monsieur le président. (C’est curieux comme on a l’air con quand on prononce ces mots, mais j’assume 🙂 )

    Commentaire par Tocquevil — 01/07/2011 @ 17:40

  13. @H : ce qui ne laisse d’autre choix pour couvrir une guerre que l’information officielle ou le recours à quelque journaliste issu d’une tribu du fin fond de l’Amazonie. Car vous imaginez bien que si l’on pousse votre raisonnement jusqu’au bout, il ne peut exister de regard indépendant dans une guerre, que ce soit au sein de l’un des belligérants ou du côté des amis, partenaires, de l’un ou l’autre camp. Je me demande même si une tribu amazonienne pourrait être impartiale sur le conflit en Afghanistan. Soyons sérieux. Les journalistes vont sur place pour collecter des faits, pour confronter discours officielle et réalité, pour donner une consistance aux choses, des images, des mots. L’exercice est discutable, imparfait, mais nécessaire. Quant à l’armée idéaliste, je crois qu’elle fait son travail, comme les journalistes. Je vous ai épargné le lyrisme sur la presse, dispensez moi de l’équivalent militaire 😉

    @Mussipont : vous êtes drôlement intéressant quand vous daignez être sérieux !

    @Fredo : jolie mise en perspective

    @Jalmad : j’ai eu aussi l’impression d’asséner de dire des évidences, c’est toujours le problème quand on s’adresse à un public indéterminé, au final, il y a ceux qui savaient et à qui on n’apprend rien.

    @Tschok : il ne vous est pas venu à l’esprit que ce que vous aimez et ce que vous détestez pouvait être indissolublement lié et vous renvoyer à vos propres contradictions ? Personnellement, je me trouve assez cohérente dans mon idéalisme, que j’appellerais plutôt le goût de regarder les belles choses, de voir ce qui va bien, de cultiver des valeurs etc, etc…Et ce verre au fait, j’avais lancé la balle dans votre camp, je crains qu’elle n’ait fait plouf !

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2011 @ 19:34

  14. Ces deux journalistes ont effectivement fait ce que leur profession exige d’eux. Ils se sont rendus en Afghanistan pour en apprendre davantage sur une route du pays, information qui n’intéresse probablement pas le grand public mais qui est une pièce du puzzle, parmi tant d’autres, pour mieux comprendre ce qui se passe là-bas. Le problème n’est pas là.

    Le problème, à mon sens, est un Président qui affirme que s’il faut payer, il paiera. Eh bien non. Non, on ne paie pas. Lorsque des journalistes sont pris en otage ils le sont en ayant fait leur travail et en était parfaitement conscient des risques qu’ils prenaient. Il ne faut pas oublier que pour libérer deux journalistes nous avons également libéré deux combattants talibans et payé une rançon (de plusieurs millions d’euros selon Frédéric Helbert). Et je ne parle pas du temps, de l’énergie et du personnel mobilisé pour ce seul cas…
    Stéphane Taponier a même déclaré : « On savait qu’on ne risquait pas notre vie dès le début, on représentait de l’argent […] On n’a pas été menacés, car on ne détruit pas sa tirelire ». Il est vrai qu’en Afghanistan depuis plusieurs années l’enlèvement a été érigé au statut d’entreprise nationale.

    Il y a quelque chose qui me met très mal à l’aise dans la célébration indirecte de la libération et le financement des talibans.

    Commentaire par John Lee Maverick — 01/07/2011 @ 19:35

  15. @John Lee Maverick : voui, c’est super confortable d’être otage un an et demi dans une région aussi stable, en effet on ne risque rien du tout et les talibans sont juste des gens qui s’ennuient dans leur montagne et qui obligent des étrangers à leur tenir compagnie, c’est évident. Jamais ils ne toucheraient un cheveux de leur tête, c’est clair aussi. Et c’est vrai qu’il ne faut pas payer les rançons, mais laisser mourir tous les otages. Enfin, je pense parce que si on commence à entrer dans le bins du métier des otages, de la légitimité de leur présence sur place, de leur âge, situation de fortune, utilité d’intérêt général, amis et relations, ainsi que dans des considérations sur les auteurs de l’enlèvement, on n’est pas sortis.

    Commentaire par laplumedaliocha — 01/07/2011 @ 19:56

  16. Dans l’épisode Ghesquière et Tapponier, il est évident que la profession est aussi satisfaite du dénouement que l’opinion est divisée sur son traitement médiatique, perçu par beaucoup comme « corporatiste » (les critiques de cette nature – mille fois entendues au bistrot, ou lues sur le net) ont été zappées par les journalistes). Qu’en dire ?
    Que de toutes les façons, ça n’a jamais été le grand amour en France entre journalistes et citoyens. JAMAIS. à la différence des amerloques ou des anglais par exemple. Pourquoi ? Hypothèse : parce que le journalisme français est congénitalement un journalisme d’opinion et politique. Voyez comment il est encore dominé par les éditorialistes politiques, qui eux-mêmes finissent d’ailleurs patrons (Joffrin, FOG, Gérard leclerc, C. Ockrent, etc.) à la faveur de la croyance hyper française selon laquelle il faut être journaliste pour être patron d’un journal. c’est un journalisme qui est très « français » dans ce sens que comme les français sont étatistes, les journalistes français eux aussi sont plus intéressés par l’Etat (au sens le plus large : les partis, les ministères et leurs cabinets, la vie parlementaire) que par la société. Voyez la condescendance à l’égard du 13h de JP Pernaut : Pernaut parle de la société, la profession se moque en faisant valoir que le « vrai » journalisme c’est celui qui parle de la politique (surtout internationale). J’ai une copine qui était encore à l’école de journalisme de sciences po qu’elle rêvait déjà d’écrire des éditos et qu’elle a offert du champagne le jour où Le Monde a publié d’elle… une tribune politique.
    Cet hypertropisme politique de nos journalistes – qui nous fait passer notre temps à nous demander si tel journaliste est de droite ou de gauche et qà détester tel ou tel journaliste en fonction de son bord – est aggravé par la sur-représentation dans la profession de littéraires, donc écrivains ou artistes refoulés. En tout cas, tout cela donne aux journalistes français une prétention élitiste que n’ont pas les britanniques ou les amerloques. Confirmation par le sociologue Alain Accardo : « Les membres de la profession […] sont soumis dans les écoles de journalisme à un apprentissage dominé par la croyance élitiste, définitive et indiscutée, que “le journalisme n’est pas un métier comme les autres” et que ceux qui l’exercent n’ont rien en commun avec de vulgaires “fonctionnaires” réputés pointilleux sur le respect des horaires, enclins à l’absentéisme et toujours prompts à réclamer leur dû. »
    Autre confirmation. L’un des documents wikileaks relatifs à l’ambassade us à Paris : c’était une note de l’ambassadeur au département d’Etat sur les journalistes français. L’ambassadeur US disait que les journalistes parisiens sont très étonnants car ils ne sont pas tant journalistes qu' »intellectuels » ou aspirant à être perçus comme tel. Il était frappé de voir à quel point ils avaient tous un avis sur ce qu’il fallait faire dans tel domaine ou dans tel autre… et à quel point ils n’aimaient pas vraiment l’économie de marché…

    Commentaire par Michaud — 02/07/2011 @ 07:49

  17. @ Tschok : oh putain, si même vous vous prenez mon ironie au pied de la lettre, c’est que je dois changer quelque chose dans ma manière d’écrire….

    Au sujet des journalistes otages qu’ont toujours des trucs intelligents à dire : je suis réellement admirative. Et comme vous, je suis fière d’eux en fait (alors que c’est le truc le plus con du monde d’être fier d’un truc qu’on ne maitrise pas) : d’être des « vrais » journalistes, de risquer leur peau pour nous, alors qu’une bonne partie de l’opinion non seulement n’en a rien à foutre, mais même est capable de leur reprocher de faire leur métier, et en plus, d’avoir des qualités morales indéniables qui nous explosent au visage quand ils rentrent et apparaissent si solides et dignes, et intelligents, à leur retour.

    Pour le fait que le texte d’Aliocha me désole, en fait, c’est (mais je crois qu’elle l’a compris) que ce genre de mise au point soit encore nécessaire, qui me désole.

    Et, oui je me réjouis. J’ai plus la télé, mais je peux même vous dire que j’aurais sans doute eu les larmes aux yeux devant les images d’eux sur le tarmac (et depuis que j’ai un môme, je vous raconte, c’est l’inondation à chaque occasion « émotion »).

    Commentaire par Jalmad — 02/07/2011 @ 10:01

  18. Au fait, comment se fait-il que l’on ait couvert les murs de France d’affiches sur ces deux otages, et rien sur les 4 otages d’AQMI au Mali?

    Commentaire par DM — 02/07/2011 @ 10:32

  19. Bonjour,

    Je ne peux m’empêcher de laisser un commentaire en lisant cela.

    Je comprends bien vos arguments et la sacro-sainte liberté de la presse qui sert à tout justifier, néanmoins, qualifiez moi de populiste si vous le voulez, dites que mon discours est celui du bistrot du coin, peu importe, je retiens ceci :

    1/ Deux journalistes vont dans une zone à risque sans en demander l’autorisation à qui que ce soit, et encore moins au peuple français, à moi, à vous, à tout le monde. Je ne dis pas qu’ils auraient dû, seulement voilà, personnellement j’aurais été contre. Certes mon opinion ne vaut rien à elle seule, pourtant, comme vous l’avez souligné, ce sont bien des impôts que je paye qui ont servi à financer des opérations visant à les retrouver. En somme, n’importe quel journaliste, selon sa fantaisie, et pour « informer », pour échapper à l’emprise oppressante des méchants militaires qui ne racontent que des mensonges sur les ordres du méchant pouvoir en place, peu se mettre en danger, mettre à contribution les ressources de son pays, et être décrit à moitié comme un martyr par toute la profession journalistique. Pour laquelle, on l’aura compris, je n’ai aucun, mais alors vraiment aucun amour.

    2/ Et justement la description de monsieur Guêpiere et monsieur Tamponnier par leurs confrères. Permettez moi de vous dire que je l’ai trouvé absolument scandaleuse. Il y a, par le monde, d’autres otages français, pourtant en parle t on autant que ces deux là ? Non pas du tout ! Qui avait droit à un rappel quotidien, à chaque fin de JT, eux ! Tout juste si l’on précisait en passant que d’autres otages existaient. Parfois même, je l’ai constaté quatre fois, on ne le précisait pas ! Alors que ces otages là ont choisi de prendre un risque au nom de la « liberté d’information », les autres, eux, ne voulaient pas prendre de risque, pour autant que je le sache ! Pourtant, les journalistes, dans un réflexe qui, quoiqu’on en dise, était corporatiste, n’ont cessé de harceler les français à chaque JT, sur chaque chaîne, pour rappeler que St Guêpiere et St Tamponnier avaient été pris en otage.

    Voilà ce que je vois monsieur. Et plus j’écris plus je suis hors de moi (j’espère ne pas trop le montrer, en tout cas je suis certain de n’avoir pas été injurieux), donc je m’arrêterais sous peu.

    Simplement je suis scandalisé qu’à chaque fois qu’on critique le journalisme, qu’à chaque fois qu’on tente de dire ce que j’ai dit, on se voit objecter deux arguments immuables : liberté d’information, et, de la part du critique, populisme, démagogie, etc.

    Et ça ne vaut pas seulement pour les journalistes de terrain mais aussi pour les commentateurs sur leurs fauteuils qui ont le droit de tout critiquer et de tout rabaisser sans qu’on puisse leur rendre la pareille.

    Alors, monsieur le journaliste, vous allez sans doute lire mon commentaire avec une moue méprisante et vous dire « ah ! encore un de ces commentateurs du café du commerce qui ne sait pas la chance qu’il a d’avoir des journalistes attachés à la liberté d’information ».

    Eh bien je vous le dis comme je le pense (formule populiste je sais bien) : des journalistes comme ces deux messieurs, je serais ravi de m’en passer.

    Ah ça soulage !

    Bonne continuation.

    Commentaire par Nath — 02/07/2011 @ 12:25

  20. Pour info, ici http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Le-traitement-mediatique-de-la-liberation-des-otages-suscite-une-vive-emotion-chez-les-militaires_a307.html un commentaire différent mais complémentaire par un journaliste très attaché à la chose militaire.

    Commentaire par kaeldric — 02/07/2011 @ 12:32

  21. Merci pour cet article kaeldric, dont j’ignorais l’existence et qui renforce mes positions plus que je ne saurais le dire.

    Je cite en particulier deux points :

    « Hervé Ghesquière a cru bon d’expliquer, juste après son retour, que « personne ne nous a rien dit. Que ce soit clair ». Ce n’est malheuresement pas aussi clair et la direction de France-Télévisions n’ignore pas qu’il existe des traces écrites des avertissements lancés par l’armée française la veille même de l’enlèvement des deux journalistes, le 30 décembre 2009. Idem sur l’existence de conversations téléphoniques assez directes entre les deux reporters et un officier français (que l’on peut difficillement qualifié d’hostile à la rédaction de France 3 pour des raisons personnelles). Tout le monde sait qu’ils ont bien été avertis du danger de se rendre dans ce secteur non sécurisé, qui plus est à la recherche de contacts avec les talibans. D’ailleurs, tous les journalistes français arrivant sur le théâtre afghan le sont systématiquement.  »

    Donc en plus, enfin si l’on en croit ce journaliste de Marianne (on ne peut pas dire que ce soit un journal très proche du pouvoir n’est ce pas ?), les deux journalistes sont des menteurs.

    et également :

    « Ces enlèvements coûtent fort cher aux contribuables français (desmillions d’euros). Ils mobilisent d’importants moyens de l’armée, du Quai d’Orsay et de la DGSE. Ils gênent, de manière parfois importante, l’action militaire et diplomatique de la France. Tout cela est exact. Et alors ? On fait quoi ? On rapatrie illico et manu militari tous les Français présents – pour leur activité professionnelle – dans des zones à risques et on laisse tomber nos otages pour faire des économies ? On interdit aux journalistes français de se rendre en Afghanistan, suaf pour des reportages bien encadrés auprès des forces françaises ? Les citoyens de notre pays se contenteront alors de ce qu’en disent les médias américains.  »

    Hé bien moi en tant que citoyen, j’ai foi en ce que me dit l’armée et je me contenterais du récit des journalistes français qui seront bien encadrés par nos forces armées. Désolé de ne pas verser dans le conspirationnisme journalistique.

    Commentaire par Nath — 02/07/2011 @ 12:38

  22. Comme quoi! Je tire la conclusion inverse de cet article. Quelques aient pu être les circonstances précises autour de cet enlèvement, la présence hors du contrôle de l’Etat (donc ici de de l’armée) est la condition pour être informé.
    Cela a un prix. Pour eux d’abord, ils ont été otages, il ne faudrait pas l’oublier, pour le pays, qui « négocie »… le coût strictement financier, soyons honnetes est négligeable. C’est notre présence sur place qui coute cher, infiniment plus cher qu’une quelconque rançon. Alors, oui, peut-être qu’il ne faudrait plus en payer. Mais dans ce cas, le,prix en vie humaine sera lourd. Pas uniquement chez les journalistes. Je ne crois pas possible un changement de doctrine de l’Etat français sur ce point: elle est constante quel que soit le pouvoir en place.
    Quand à se réjouir de leur retour, j’ai beau y réflechir, je ne comprends pas ou est le problème. Oui, je préfère les hommes vivants et libres! Personne n’oblige à partager cette joie. De là à venir gacher la fête de ceux qui sont heureux, il y a une marge.

    Commentaire par Kaeldric — 02/07/2011 @ 12:55

  23. Le saviez-vous?

    Pour son première soir de liberté, DSK, son époux et deux amis ont mangé des pâtes dans un restaurant italien.
    Vrai comme je ti vois.

    Selon les sources, c’était dans ze eupère Manatan (en anglais dans le texte) ou dans un restaurant huppé de Mahattan, l’un n’empêchant d’ailleurs pas l’autre.

    Nous savons cela (et même le prix du plat) grâce au courage des journalistes qui sont allés sur le terrain au risque de se rompre les os (ils devaient bien être une cinquantaine sur le coup).

    Autre endroit chaud du globe, Monaco. J’espère que les journalistes qui crapahutent là-bas ont bien pris la mesure des risques de prises d’otages.

    Commentaire par focalix — 02/07/2011 @ 13:17

  24. Avec tout le respect que je dois à Jean-Dominique Merchet, je ne pense pas que l’on puisse comparer le traitement des soldats morts en Afghanistan avec celui de deux journalistes otages dans ce même pays. Dans le second cas, la médiatisation est un choix destiné à faire pression sur le gouvernement en vue de leur libération, choix d’autant plus nécessaire que les discours du départ sur l’imprudence des chasseurs de scoop avaient de quoi inquiéter sur la motivation de les libérer. C’était aussi une manière de les soutenir, soutien d’ailleurs qui leur a été précieux, là où ils étaient. Et cela a duré presque autant que leur détention, par nécessité, d’où le poids au final de cette médiatisation. A l’inverse, la mort de soldats, si douloureuse soit-elle n’entraine forcément pas les même répercussions. Dans un cas, il y a utilisation de la puissance médiatique pour atteindre un objectif, dans l’autre, traitement de l’information. S’ils avaient été assassinés, là nous pourrions comparer, et encore faudrait-il intégrer à cette comparaison un correctif lié à la différence des métiers. Je sais que l’Empire du Bien cher à Muray tente de nous faire croire que nos guerres sont justes et propres, de sorte que personne n’y meurt sauf les méchants, mais je continue de penser sans doute bêtement que la mort d’un soldat dans une guerre, si douloureuse soit-elle, fait partie de la logique sinistre des choses. Pas celle d’un journaliste.
    Quant au traitement différencié des otages selon qu’ils sont journalistes ou pas, avant de hurler à l’injustice, rappelons-nous que le gouvernement avait interdit d’évoquer l’enlèvement d’Hervé et Stéphane pour ne pas entraver les négociations. La profession et leurs familles a décidé au bout de quelques semaines de ne plus suivre cette consigne. Que savons-nous des décisions prises par les autres familles ? Quand leurs photos apparaissent, d’après mon souvenir certaines les montrent aux prises avec leurs ravisseurs, les visages sont floutés ou les yeux cachés par un bandeau noir. C’est la loi qui interdit de montrer des personnes dans des situations humiliantes (port de menottes, victimes sur une civière etc.) Je rappelle encore une fois le traitement médiatique qui a été réservé à Ingrid Betancourt, il me semble qu’il a dépassé de très loin celui d’Hervé et Stéphane, parce que telle était la volonté de son comité de soutien.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2011 @ 13:18

  25. …La seconde fois je voulais écrire: « Manhattan ». Ca m’apprendra à faire le guignol avec l’orthographe.

    Commentaire par focalix — 02/07/2011 @ 13:20

  26. Cet article ayant été repris sur Marianne et le site ayant fermé les commentaires depuis le mois de mai dernier, je préviens les aimables lecteurs de Marianne 2 en visite ici que toutes les opinions peuvent s’y exprimer librement à condition d’être argumentées et de ne contenir aucun propos insultant. Les commentaires qui ne respecteront pas ces principes simples seront mis à la corbeille.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2011 @ 13:24

  27. Kaeldric : attention, je suis ravi pour eux et je n’ai jamais souhaité qu’il leur soit arrivé quelque chose, n’exagérez pas, si vous disiez cela pour moi, bien que j’ai quelque griefs à leur endroit, je ne suis pas du tout à ce point en colère que je leur souhaite du mal !

    laplumedaliocha : tout de même, vous n’avez pas répondu à Jean-Dominique Merchet sur le point suivant : il y a des preuves qui contredisent les déclarations de vos confrères. De plus, il me semble tout de même incroyablement facile de votre part de dire que si les autres otages sont moins médiatisés, c’est la volonté de leurs proches et de leurs comités. Certes je ne sais pas plus que vous quelles sont les décisions prises par les autres familles, mais il me semble tout de même que bien qu’on ne sache pas, il est assez raisonnable de supposer qu’elles veulent revoir leur proche par tous les moyens y compris via la super puissance médiatique.

    De plus, votre exemple quant à Ingrid Betancourt est assez amusant, parce que selon wikipédia (mais je peux vous trouver une autre source si celle ci ne vous convient pas hein, c’est juste que c’était le plus rapide)

    « Elle est enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 23 février 2002 alors qu’elle fait campagne, malgré les avertissements de la police et de l’armée, dans une zone où la guérilla est fortement présente. »

    Le point essentiel dans la phrase étant évidemment « malgré les avertissements de la police et de l’armée ».

    Il me semble que madame Betancourt a cela de commun avec vos confrères que, tous les trois, ils choisissent de prendre des risques malgré les avertissements qu’on leur donne, que tous les trois ils sont là à cause de leur imprudence, et que votre profession encense les gens qui vont « chercher la vérité »/ »faire campagne »/etc, au péril de leur vie (je ne dis pas, c’est noble de croire à une cause et de défendre certaines valeurs, mais là n’est pas la question), et que les gens plus ordinaires, qui eux n’ont ignoré aucun avertissement et qui n’étaient pas engagés dans de grandes causes, ne semblent pas mériter l’attention des médias.

    Et puis, vous aurez tout de même mauvaise grâce à affirmer que la médiatisation du sort de ces deux otages ne devait rien au fait qu’ils soient journalistes.

    Commentaire par Nath — 02/07/2011 @ 13:29

  28. Effectivement, sur ce premier point je vous suis. Entre un décès brutal, par définition irrévocable, et un enlèvement, ou l’action est possible, la médiatisation ne peut que favoriser ce second cas. On retrouve ce distingo dans le simple traitement des faits divers (meurtres ou enlèvements).
    Sur la différence des métiers, je vous suis moins. Par essence, un soldat risque sa vie. Mais un reporter de guerre aussi. L’histoire l’a prouvé à de multiples reprises. C’est un risque du métier aussi pour un reporter de guerre. Récemment, combien sont morts en Libye? On en a parlé, une brève en fin de journal…

    Commentaire par kaeldric — 02/07/2011 @ 13:30

  29. @Kaeldric : oui, tous deux risquent leur vie, mais il y a une nuance de taille entre celui qui observe un combat et celui qui y participe, non ? Et c’est bien au nom de cette « nuance » qu’il est de règle de ne pas tirer sur les journalistes, humanitaires, etc qui se trouvent sur le lieu d’un conflit sans y participer eux-mêmes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2011 @ 13:58

  30. Concernant Hervé et Stéphane, ils n’ont pas pris la grosse tête. Ils ont fait leur boulot, ils sont tombés dans un piège.
    Je ne crois même pas que c’est en tant que journalistes qu’ils ont été détenus, mais en tant que « marchandise » monnayable.

    Si cette médiatisation de leurs libération peut avoir une utilité, c’est de sensibiliser l’opinion à l’injustice de toutes les prises d’otages.
    Leurs premiers mots, ou presque, ont d’ailleurs été pour les otages toujours captifs.

    Concernant Ingrid Betancourt, j’ai toujours pensé: Ingrid et les milliers d’otages des FARQ, dont elle était en quelque sorte le visage.
    Je regrette qu’une partie de la presse l’ait pipolisée au point d’occulter le vrai problème.

    A chaque fois qu’un otage est détenu, qu’il soit journaliste ou pas, l’opinion doit mettre la pression pour qu’il soit mis un terme à cette situation.
    Il me semble que de plus en plus de gens le comprennent.

    Commentaire par focalix — 02/07/2011 @ 14:15

  31. Bien sur les reporters ne combattent pas! A priori, les tirs directs ne les visent pas, ne serait-ce que parce qu’ils ne représentent pas une menace immédiate. Mais les guerres ne tuent pas que des militaires. La population, les médecis et journalistes entre autres font partie des victimes classiques.
    Mais un journaliste peut aussi être perçu comme un oppresseur, représentant l’ennemi et abattu à ce titre. Surtout dans des zones de conflits que ne sont pas des guerres « classiques » (nations contre nations). Nos troupes sont souvent non combattantes, assurant simplement une présence en armes, ne pouvant pas riposter sur à un tir (type FINUL). En Afghanistan, les ripostes sont possibles (à ce que j’ai cru comprendre, n’étant pas militaire, je maitrise mal les doctrines de tir), mais pas forcément l’initiative du tir. e comprends qu’un soldat vive très mal d’attendre de s’être fait tirer dessus pour pouvoir riposter! Cette mission ambivalente ‘mi-soldat mi-police’ contribue à effacer les repères classiques binaires amis-ennemis. Les journalistes peuvent donc suivant le cas être sciemment considérés comme des cibles, ou à l’inverse comme des alliés à séduire pour mettre la cause insurgée en valeur. Dans un tel bourbier, la mort est clairement un risque que le reporter ne peut pas ignorer et qui est tristement banal.

    Commentaire par kaeldric — 02/07/2011 @ 14:42

  32. Vous êtes journaliste? voici une info que vous ne manquerez donc pas de vérifier tant cela semble énorme. Et le travail sera facile puisque les gradés en question sont nommément cités…
    http://thomasjolyfn.over-blog.com/article-la-verite-sur-herve-ghesquiere-et-stephane-taponier-par-sylvia-jules-dufresne-78284403.html

    Commentaire par incredule — 02/07/2011 @ 18:40

  33. Bonsoir Aliocha,

    Non, il ne peut y avoir de regard indépendant sur un conflit surtout quand on possède la nationalité d’un des belligérants. C’est peut être gênant mais c’est ainsi. Jean-Dominique Merchet le rapporte très bien dans son dernier billet. Je suis cependant en désaccord complet quand il défend le droit d’aller voir le camp d’en face et j’ai toutes les raisons de croire que ce sentiment est partagé par la communauté militaire dans son ensemble.
    Quant à la nuance qui voudrait qu’on laisse de côté les journalistes, humanitaires, etc qui se trouvent sur le lieu d’un conflit sans y participer eux-mêmes, j’en suis navré mais elle n’engage que vous. Allez l’expliquer aux TalIbans et autres milices et gouvernements qui, à travers le monde, ne comprennent visiblement pas la subtilité sémantique occidentale. Le journaliste, si respectable que puisse être sa profession et sa façon de faire, n’est pas un individu « mondial » placé sur Terre pour observer ses semblables et distribuer des bons ou mauvais points. Il appartient avant tout à une communauté, ici la France, et le simple bon sens doit l’amener à éprouver un peu plus de compassion envers ses concitoyens, surtout quand ils sont éprouvés, qu’envers l’adversaire en titre. Dans le cas contraire, il s’expose seul aux risques inhérents à une guerre et la simple décence défend d’en dire plus.
    Ne vous méprenez pas sur mes propos, la guerre et la conduite de la guerre dans cette partie du monde appellent bien des critiques mais une guerre n’est pas un match de foot. Il n’est pas nécessairement besoin de se jeter dans le gueule du loup pour l’affaiblir, il y a tout ce qu’il faut en métropole (exemple: comment expliquer l’ardeur belliciste de nos gouvernants – Afghanistan, Libye – alors qu’ils n’ont eu de cesse depuis la chute du Mur de diminuer les crédits affectés à la Défense?). Je n’ai pas besoin de reportage pour savoir que la population locale vit mal, voire très mal, ce conflit mais j’ai parfois le sentiment qu’il est accordé plus (je dirai trop) d’intérêt à ceux qui utilisent des enfants pour faire sauter des bombes ((http://www.atlantico.fr/pepites/enfant-huit-ans-attaque-suicide-afghanistan-130545.html) qu’à ceux chargés par la communauté internationale d’éliminer ce que le politiquement incorrect appelle simplement des barbares.

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 02/07/2011 @ 18:42

  34. @incrédule : jolie source, joli papier, jolie mentalité. Bref, tout bien joli comme il faut. Tiens, ça me rappelle une chanson de Maxime Le Forestier…je compte sur les fidèles pour la trouver 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 02/07/2011 @ 18:45

  35. Vous pouvez bien discuter la source tant que vous voulez, il n’en demeure pas moins que l’information est là: moi, je vois des haut gradés, dont le nom est donné, qui apportent des informations intéressantés. Mais si cela ne vous interesse pas d’en savoir plus, je me demande bien pourquoi
    Quand à Maxime le forestier, c’est pas mon truc, désolé…

    Commentaire par incredule — 02/07/2011 @ 18:52

  36. Bonjour, la critique généralisée des journalistes en France me semble tenir à diverses raisons:
    – la concentration des médias entre les mains de quelques uns (Lagardère, Pinault, Arnault, Dassault…) qui, à tort ou à raison, fait douter de la liberté de la presse et des médias.
    – une poignée de journalistes qu’on entend et qu’on voit partout, dissimule la masse des précaires dans des rédactions paupérisées.
    – les collusions réelles ou supposées des journalistes et des politiques.

    La situation de guerre n’est jamais explicitée clairement par le gouvernement. Les explications qui sont données ne sont pas claires, ( géostratégie contre l’URSS et la Chine pour l’Afghanistan? pétrole en Irak ou en Libye?) .
    Je comprends que les militaires se sentent ignorés, mais une population ne peut pas soutenir son armée dans des conflits qu’elle ne comprend pas et dont elle doute de la légitimité.
    Je suppose que les militaires ont un avis sur la question, mais comme on leur demande de se taire, si des journalistes ne vont pas sur le terrain, on restera dans « l’enfumage ». J’ai été censurée sur le site de Mr Merchet sur M2, pour avoir posé des questions sur les Talibans. Faut pas poser de questions.

    Merci pour votre article, la liberté de la presse est un des rares contre-pouvoir qu’il nous reste.
    La télévision publique s’honore de nous offrir des fenêtres sur le monde; des gens sont morts en Tunisie ou en Egypte pour avoir le droit d’être informés et pas enfumés.
    Je compte sur Ghéquière et Taponier pour nous expliquer ce qu’ils ont compris de ce conflit. Ils n’ont fait que leur travail. Prévenus ou pas, une zone de guerre n’est jamais un parcours de golf, et le nombre de journalistes victimes chaque année est là pour le prouver.

    L’argent qui a été versé pour la libération des deux journalistes et de leurs accompagnateurs est une goutte d’eau à côté des interventions en Côte d’Ivoire, en Libye et en Afghanistan. Quand on a une dette publique de 1600 milliards d’euros on devrait peut-être justifier ces interventions auprès des contribuables.
    Merci encore.

    Commentaire par MAX Claire — 02/07/2011 @ 19:07

  37. Cher incrédule,
    l’information a déjà été vérifiée: http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Otages-en-Afghanistan-le-general-Roudeillac-n-a-jamais-tenu-les-propos-odieux-qui-lui-sont-pretes-actualise_a161.html
    Pour info, il ma fallu 1 minute sur google. Comment appelle-t-on un homme politique qui reprend sciemment des propos qu’il sait faux pour construire dessus un argumentaire sur la vérité?
    Sans commentaires…

    Commentaire par kaeldric — 02/07/2011 @ 19:31

  38. « T’as rien perdu de ton talent, tu rates pas une embuscade,
    mais comme on ne tire plus vraiment, tu trouves ça fade.
    C’est p’têt’ pour ça qu’t’as les yeux tristes,
    parachutiste. »

    bon, j’gagne quoi ?

    Commentaire par jalmad — 02/07/2011 @ 20:54

  39. Les réactions négatives contre Ghesquiere et Tapponier posent une vraie question au journalisme français : pourquoi les journalistes français n’ont-ils pas eu conscience de l’existence dans l’opinion d’une importante sensibilité critique à l’égard de leurs formes de mobilisation pour Ghesquiere et Tapponier ? Et pourquoi certains de ceux qui en ont pris la mesure méprisent-ils cette sensibilité critique ? Ces questions en appellent une troisième : comment se fait-il que des acteurs d’une profession dont la vocation est de servir le public peuvent-ils être aussi indifférents à ce que le public pense d’elle ?
    Et cette autre question encore : comment est-il possible qu’un groupe se fourvoie aussi massivement dans la justification de sa solidarité avec l’un des leurs ? Si l’on y prête attention, personne ne conteste l’idée que si un compatriote est anormalement privé de sa liberté à l’étranger, une exigence de solidarité nationale nous fasse vouloir que tout soit fait en vue de sa libération. Ce qui ne « passe pas », et à juste titre, c’est l’idée qu’il doit y avoir en la matière un privilège journalistique au nom du fameux « droit à l’information ». Je n’arrive toujours pas à comprendre que les journalistes ne comprennent pas que cet argument fonctionne d’autant moins auprès de l’opinion qu’il ne vaut rien. Rien de rien. Pour plusieurs raisons :
    – l’utilité sociale et politique relative d’un militaire est supérieure à celle d’un journaliste ; le militaire accepte de mourir dans « l’intérêt supérieur » de l’État et de la nation. La démocratie et la liberté d’information présupposent un état et un espace national dont l’existence même est garantie par… les militaires. Si on n’a pas cette considération à l’esprit, on ne comprend pas grand-chose à l’article de Merchet.
    – cet argument repose sur le présupposé que nous sommes tout le temps informés de ce qui se passe dans le monde et qu’il y aurait un problème à ce que nous ne le soyons plus. Cela est tout sauf vrai. Je n’entends jamais parler de la Corée du Nord qui a pourtant une importance géopolitique considérable. Et puis qui peut démontrer que si Ghesquière et Tapponier n’avaient pas été otages, on aurait eu des informations telles que, par exemple, le gouvernement aurait été contraint de retirer nos troupes ?
    – cet argument n’est mobilisé qu’en France. Comme les journalistes anglais ou américains ne les mobilisent pas pour les leurs, on doit donc en conclure que le droit à l’information les intéresse moins ? Évidemment non : ils considèrent simplement que ce sont les risques du métier qui n’empêcheront pas d’autres journalistes de continuer de vouloir faire le job. J’en conclus que ce qui, dans le cas Tapponier, Ghesquière choque (y compris des journalistes étrangers), au-delà même du corporatisme, c’est le sentiment que les journalistes français considèrent que l’État a à leur égard dans ce genre d’affaires des obligations comparables à celles qu’il a à l’égard de ses agents en difficulté, de ses FONCTIONNAIRES.

    Commentaire par Michaud — 02/07/2011 @ 21:51

  40. « Parachutiste » dans l’album « Mon frère » 1972 : j’avais 17 piges ! Heureusement, Prince, jeudi soir au stade France me les a redonnés pendant 3 heures !

    Tu avais juste dix huit ans
    Quand on a mis un béret rouge
    Quand on t’as dit rentre dedans,
    Tout ce qui bouge.
    C’est pas exprès
    Que tu étais faschiste,
    Parachutiste

    Chanson écrite à la suite de son passage dans l’armée dans les paras.

    « Sans la musique la vie serait une erreur » ! J’ajouterai « et les paroles » ! En 73 je me suis fait réformé ! Merci Nietzsche !

    Je crois me souvenir que dans la pochette du 33 tours les paroles avaient été interdites.

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 02/07/2011 @ 22:03

  41. Com 38. Dont acte. Et j’ai vu que l’autre a également démenti.

    Commentaire par incredule — 02/07/2011 @ 22:27

  42. Trouvé sur RITIMO (Réseau d’information agréé par l’Éducation Nationale):
    « La région de la mer Caspienne, à laquelle l’Afghanistan fournit un accès stratégique, renferme environ 270 milliards de barils de pétrole (20% des réserves mondiales), ainsi que du gaz naturel (1/8e des réserves mondiales).
    Ces ressources sont situées dans la région politiquement la plus instable du monde. En attaquant l’Afghanistan, en installant un régime soumis, + de grandes forces militaires, les Etats Unis ont cherché à établir un contrôle hégémonique. »
    Voir aussi dans Wikipédia « la géopolitique du pipe-line » TAP (Turkestan/Afghanistan/Pakistan) et le gazoduc IPI à l’initiative de l’Iran (IRAN/Pakistan/Inde). Ben Laden en idiot utile d’une guerre coloniale? Chut…

    Commentaire par MAX Claire — 03/07/2011 @ 07:36

  43. Il ne faudrait quand même pas oublier un fondamental : nous sommes là-bas engagés dans une guerre, dont on peut penser ce qu’on veut (on n’a pas toutes les billes pour juger) mais on y est, avec des alliés y compris afghans, et des ennemis pas tous afghans (ils viennent recruter aussi chez nous sous notre nez). Ca a aussi son importance, non ?

    Commentaire par Jean Roche — 03/07/2011 @ 09:49

  44. @ Michaud :

    Je crois qu’aucun journaliste n’a réclamé un privilège spécifique ou quoi, en qualité d’otage. Certains soulignent simplement, à juste titre, que leur situation est « singulière » en ce sens que lorsqu’en effet ils prennent le risque d’aller sur une ligne de front, c’est au nom de leur profession, et sans doute, d’un certain idéal. Certains ne supportent pas d’entendre cela, je crois ; peut-être que ça les ramène à leur vie de merde, plan-plan, sans prise de risque, sans passion, je sais pas.

    Par ailleurs, je n’ai pas vu de mépris des journalistes ; une solidarité plus marquée parce qu' »un des leurs » est touchée, sans doute, oui ; mais quoi de plus normal ? si demain, un membre de votre profession est gravement en danger du simple fait de l’exercice normal de cette profession, ça vous ferait pas réfléchir, vous vous diriez pas « putain, ça pourrait être moi », vous vous sentiriez pas plus impliqué que si quelqu’un d’autre courait le même danger ? on réagit tous comme ça, et ça ne veut pas dire qu’on méprise pour autant « les autres », et qu’on est pas sensibles à leurs problèmes.

    Enfin, vous assénez, comme ça, qu’un militaire est socialement et politiquement plus utile qu’un journaliste. Vous avez le droit de penser cela. Mais sachez que c’est un point de vue. Et que je ne le partage pas, et que sans doute pas mal de personnes pensent comme moi. Ne vous méprenez pas, je respecte les militaires, et en particulier ceux qui risquent leur peau au front ; mais je suis désolée, je crois qu’ils se gourent si ils pensent (sans doute en toute bonne foi) faire avancer l’humanité, ou sauver l' »honneur » de la France, en défendre les « valeurs », ou en garantir l’intégrité physique. Enfin, je n’ai pas envie de me lancer dans ce type de querelle d’opinion.

    Commentaire par Jalmad — 03/07/2011 @ 10:35

  45. « Certains ne supportent pas d’entendre cela, je crois ; peut-être que ça les ramène à leur vie de merde, plan-plan, sans prise de risque, sans passion, je sais pas. » Il faut nécessairement avoir un mauvais fond, de mauvais affects pour écrire ce genre de choses. Cela ressemble même plutôt à une sorte de transfert. En tout cas si je vous comprends bien tous les journalistes ont une vie « passionnante », « avec prise de risque » ? J’étais loin d’imaginer que tous les journalistes ont une vie de reporter de guerre ; que les milliers de précaires que compte la profession correspondent à votre description. Si vous pouviez vous intéresser à certaines questions soulevées, comme celle-ci : pourquoi les français ont-ils une idée infiniment plus négative de leurs journalistes que les anglais, les amerloques, les allemands ?

    Une solidarité professionnelle est-elle légitime ? Franchement je ne sais pas si vous êtes journaliste mais si c’est le cas, votre manière de lire m’inquièterait plutôt sur la qualité intellectuelle de la profession car je ne vois pas où j’ai discuté cette solidarité. Je n’ai parlé que DES MODALITES de cette solidarité. Cher Jalmad, si vous étiez plus intéressé à analyser qu’à lancer des fatwas ici et ailleurs, vous auriez pu prêter attention au fait que la mobilisation en faveur de Ghesquière et Tapponier a irrité (par ses modalités)… y compris des journalistes, et spécialement des journalistes de presse écrite (je vous laisse trouver les références).

    Mon problème n’est pas de respecter ou non les militaires, de les aimer ou non. Je dis simplement que ce sont des acteurs de la souveraineté de l’Etat. Et que pour qu’il y ait démocratie et donc intérêt social du journalisme, il faut déjà qu’il y ait un Etat. Je suis désolé, ce n’est pas un point de vue, c’est un fait : le fait militaire (au sens le plus large) est consubstantiel au politique (je dis bien « au » politique et pas « à la » politique) ; pas le journalisme. Mon cher Jalmad, tous les penseurs du politique depuis la nuit des temps ont à un moment ou à un autre pensé le fait militaire, la guerre, la violence légitime, (patati et patata) mais pas le journalisme…

    Commentaire par Michaud — 03/07/2011 @ 11:12

  46. Jalmad,

    Je pense que vous caricaturez un peu la position de Michaud. Ce qu’il critique surtout est ce côté corporatiste. Certains journalistes, ne vous en déplaise, se voient comme des citoyens un peu à part, en conséquence, une attention plus grande devrait leur être accordée. Et ça tombe bien, leur métier leur en donne la possibilité. Mais pour nombre de nos compatriotes, de même que les frasques aristocratiques supposées ou réelles de nos femmes et hommes politiques énervent, ce côté du travail journalistique essentiel à la vie démocratique exaspère car il est à maints égards exagéré. Le travail journalistique de qualité est utile à la démocratie, celui que l’on voit le plus souvent horriblement néfaste au contraire.

    La qualité générale de la production journalistique est au mieux médiocre et c’est tout à l’honneur d’Aliocha de s’indigner contre cela, de souligner qu’elle ne tombera pas dans le jeu des communicants, gardera son esprit critique quoi qu’il en coûte. De même, j’apprécie qu’elle donne à voir les contraintes propre à son métier qui permet de pondérer un jugement à l’emporte-pièce.

    Mais il n’en reste pas moins que dans une société soucieuse d’égalité politique, qui réclame une égale attention envers chacun, nous laisse voir que certains sont plus égaux que d’autres. Si vous n’êtes pas une personnalité publique (Betancourt) ou journaliste, tout otage que vous fussiez, vous n’aurez pas droit à une attention aussi forte que pour ces deux catégories de personnes. Je pense que si chaque soir, le rappel portait sur chaque otage et non uniquement ces deux-là, il n’y aurait eu que des critiques de grincheux peu soucieux de leur prochain. Mais la distorsion médiatique, le beau rôle que nombre de journalistes aiment à se donner, leurs liens pour certains avec le monde politique et économique (mais peut-il en aller autrement ?)qui les classent ipso facto parmi les élites sont là un cadre qui irrite nombre de nos concitoyens (dont moi).

    Commentaire par Episteme — 03/07/2011 @ 11:41

  47. @Episteme : je vous remercie de la gentillesse de vos propos, mais je voudrais préciser plusieurs points :
    – je n’ai aucune qualité pour m’exprimer au nom de mes confrères, néanmoins, ce que j’exprime ici de manière générale reflète souvent le sentiment de la majorité d’entre eux sur les difficultés du métier, l’influence grandissante de la communication etc. Je suis une journaliste parfaitement ordinaire et non pas une sorte d’esprit éclairé au milieu d’une bande de traine patins.
    – la production journalistique a ses médiocrités, je ne pense pas qu’elle soit globalement médiocre, je pense qu’il y a un expectation gap entre ce qu’on attend de nous et ce que nous pouvons faire et, de notre part, un manque de communication sur la somme de travail, de difficultés, de stress voir de dangers qui accouche d’un article apparemment anodin ou d’un reportage. Les contraintes de délai et de place y sont pour beaucoup, mais c’est le jeu.
    – sur la différence de traitement des otages, je n’ai pas d’information, mais je redis ici que nous n’avons pas tous les éléments pour juger. Les familles d’Hervé et Stéphane ont fait le choix de briser le silence qu’on leur imposait, et de faire beaucoup de bruit, nous ne savons pas si les autres familles ont adopté la même stratégie. Le traitement médiatique d’un dossier ne vient jamais de nulle part, à l’origine il y a des gens qui veulent s’exprimer ou pas.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/07/2011 @ 12:35

  48. 1 ) Vous justifiez la décision de ces deux journalistes en parlant de l’éthique de ce métier et de la prise de risque quasiment obligatoire pour bien le faire. Enlevés, ils deviennent des héros.

    2 ) Quand un soldat meurt, vous parlez aussi de risque du métier, et au nom de ce risque leur mort parait logique et personne ne les pleure.

    Ne me dites pas que vous êtes objectif, logique, rationnel et sans parti pris.

    Commentaire par Domi — 03/07/2011 @ 12:38

  49. @ Episteme et Michaud

    Peut-être que je caricature en effet les propos de Michaud, mais il faut dire qu’il m’y aide bien….

    si l’idée est de dire qu’il y a de mauvais journalistes, qu’il y en aurait même beaucoup, que certains sont des connards imbus d’eux-mêmes et corporatistes, prêts à bouffer sur le dos des pauvres pour faire vivre leurs privilèges, alors oui, nous sommes d’accord. Mais une fois qu’on a dit cela, est-ce pour autant une raison suffisante pour condamner la visibilité qui a été donnée à l’enlèvement de ces deux journalistes ? est-ce une raison suffisante pour soupçonner absolument tous les journalistes d’être de ceux-là, et de se tamponner comme de leur première chemise de tous les autres otages ?

    par ailleurs, je sais bien que tous les journalistes n’ont pas des vies trépidentes et ne sont pas reporters de guerre. En revanche, les deux dont nous parlons ont été enlevés en Afghanistan, où je doute qu’ils se rendaient pour tenter de soutirer une photo du cul d’une princesse quelconque. Bon.

    Moi, ce qui me saoûle, c’est quand j’ai l’impression que des discours essayent de niveler par le bas. Du style (je sais, vous allez encore me dire que je caricature, ou que je lance des fatwas, j’en sais rien) : « les militaires sont plus utiles socialement et politiquement (la preuve, il y des milliers d’années déjà, les penseurs écrivaient sur le fait militaire et pas sur le journalisme CQFD….l’argument me laisse sans voix, mais bon….) que les journalistes, certains journalistes sont des cons/incompétents/arrogants, donc quand des journalistes sont font enlever sur le lieu d’un conflit armé où nous sommes engagés (se poser la question de la légitimité de l’engagement, de sa nature et de sa réalité, et par conséquent de l’ultra nécessité d’y voir des journalistes y pointer leur nez, ça vous effleure ?), et bien je trouve que c’est absolument abusif que les autres journalistes mettent l’accent sur le sort de ces 2 otages.

    Sur le discours : que les journalistes rappellent la liste de tous les otages, et on les soupçonnera p^lus de corporatisme. OK, d’accord. Mais alors que le gouvernement de la France s’émeuve autant du sort des yéménites que des afghans et des lybiens, etc etc….. Moi, je prends ce qu’il y a à prendre : 2 journalistes sont enlevés, il me paraît normal que ce soit médiatisé, et il me parait normal de se réjouir quand ils reviennent, tandis qu’il ne me paraît pas normal de commencer à compter les millions, ou comparer l’utilité d’un militaire à celle d’un journaliste. Si je voulais entrer dans ce petit jeu, très cyniquement, je dirai : bah, quoi, un militaire qui meure au front du fait de décisions prises par des inconscients, c’est le métier qui veut ça, non ?

    Commentaire par Jalmad — 03/07/2011 @ 12:42

  50. A Jamald

    Cher(e) Jalmad, merci de bien vouloir me dire où est-ce que j’ai parlé de « mauvais journalistes » ou de « journalistes imbus d’eux-mêmes » « cons », « arrogants », de « bons » ou de « mauvais journalistes », etc. Ma conviction est faite, vous êtes dans le transfert : à force pour vous de voir des « cons » des « arrogants », des « merdeux », etc. vous croyez que tout le monde n’a que ce répertoire de perception et d’analyse de la vie, des choses de la vie.
    Si vous êtes journaliste, alors à coup sûr vous en êtes un(e) TRES TRES mauvais(e) : parce que vous ne savez pas lire ou parce que vous ne prêtez pas attention à ce que l’on vous dit ; vous n’êtes intéressé(e) qu’à radoter et à vous imaginer investi de je ne sais quelle mission qui doit faire (j’en suis heureux pour vous) que vous au moins vous n’avez pas cette « vie de merde » que partagent tous ceux qui ont le malheur de ne pas vous trouver suprêmement inspiré(e).
    Désolé mais rien de ce que vous dites n’a de rapport avec ce dont j’ai parlé. Vraiment rien. Alors de grâce faites vos éditoriaux sur d’autres observations que les miennes.

    Commentaire par Michaud — 03/07/2011 @ 13:23

  51. @Michaud 40 : Les français irrités du soutien à nos confrères ? Avez-vous des statistiques là-dessus ? Des irrités il y en a partout et toujours sur tous les sujets. Les journalistes en savent quelque chose, quoiqu’ils disent, montrent, écrivent, il y aura toujours quelqu’un pour s’en offusquer. Parce que jamais il n’est possible d’avoir un consensus, en particulier dans un pays aussi apte à la polémique que le nôtre. L’irritation que vous évoquez, si irritation il y a et dans une proportion qui reste à démontrer, n’est rien d’autre que l’expression d’une irritation classique contre les médias doublée de la conviction en large partie erronée que les journalistes appartiendraient à une élite, un pouvoir. Comme vous le soulignez vous-mêmes dans un autre com’, les journalistes en France c’est 37 000 personnes en FRance dont beaucoup de précaires et encore plus d’inconnus qui vivent comme des français moyens. Tout le monde ne s’appelle pas Aphatie, July ou Colombani. D’ailleurs ceux-là sont-ils journalistes, rien n’est moins sûr. Ils l’ont été, sans doute, à mon sens ils ne le sont plus. Il suffisait d’entendre Aphatie expliquer chez Face aux français qu’après avoir « enquêté » sur la « victime » de DSK (Tristane Banon) il avait été dérangé par les versions contradictoires et avait laissé tomber. Eh oui, une enquête c’est difficile, les gens défendent leur version, certains mentent, d’autres manipulent. C’est un métier de débrouiller tout ça, on appelle cela le journalisme.
    Ensuite, les journalistes n’ont jamais réclamé de traitement privilégié dans le sauvetage de nos otages parce qu’ils étaient journalistes. Ils ont demandé à l’inverse qu’ils ne soient pas traités plus mal. C’est l’attitude du gouvernement au départ de l’affaire qui a pourri les choses. Traiter les confrères de chasseurs de scoop inconscients et menacer de leur faire la peau quand ils reviendraient, ça laissait supposer que le gouvernement n’avait pas très envie de les tirer de là. Pire, qu’il prenait appui sur l’irritation de la population à leur endroit pour faire passer le message que leur sauvetage coutait cher et mettait des vies en danger. Je n’ai pas le souvenir que d’autres otages français aient eu droit à un traitement aussi pitoyable de la part de l’Etat. C’est donc en réaction qu’ils ont déclenché cette campagne. Hervé et Stéphane avaient une radio, l’un captait la BBC, l’autre RFI. Vous imaginez ce que ça fait quand on est coincé entre les mains des talibans d’entendre le gouvernement vous accuser d’être un vulgaire chasseur de scoop qui coute cher à son pays ? Ben c’est juste dégueulasse.
    Enfin, je passe sur l’utilité comparée des militaires et des journalistes, comme Jalmad, je trouve l’argument absurde et sans lien avec le sujet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 03/07/2011 @ 13:45

  52. restons en aux faits
    ces deux journalistes ont été odieux pendant leur séjour sur le camp, puis ils se sont barrés au petit matin, en catimini, en taxi afghan, par une route qu’on leur avait formellement déconseillée.
    après chacun peut avoir son opinion sur cette attitude

    Commentaire par anonyme — 03/07/2011 @ 15:23

  53. Jamald et Aliocha

    « Avez-vous des statistiques là-dessus ? Des irrités il y en a partout et toujours sur tous les sujets. Les journalistes en savent quelque chose, quoiqu’ils disent, montrent, écrivent, il y aura toujours quelqu’un pour s’en offusquer ».

    Il faudrait savoir : ou bien vous voulez des statistiques ou bien vous savez déjà à l’avance qu’il n’y a que des « irrités » pour ne pas penser la même chose que vous.

    Malheureusement il y a des statistiques : les études d’opinion sont des statistiques. Et il suffit de savoir qu’il y a à peine 10% des études d’opinion qui sont publiées et qu’il y en a sur tout et sur rien pour faire l’hypothèse qu’il devait y en avoir eu sur le retour de Ghesquiere et Tapponier et pour se donner les moyens (oh rien d’illégal, des amitiés dans les instituts) de les voir presque toutes (et pas seulement les 2 ou 3 parus dans la presse) et de se dire : « il y a un problème dans l’opinion sur cette libération ». Exactement comme avec Ingrid Bettancourt dont j’observe que personne n’a fait remarquer que son livre a été un bide commercial pour son éditeur…
    J’ai eu beau expliquer que je ne vois pas de problème au retour de G et T et que j’essaie simplement de comprendre pourquoi il y a eu crispation de l’opinion (en quoi cette crispation pouvait être « compréhensible »), vous m’imputez toujours des idées ou des pensées que je n’ai pas. Alors désolé, je ne suis pas fait pour le réductionnisme « pour » ou « contre » – je pense qu’il y a infiniment plus de choses à capter en dehors de cette dialectique – et préfère ne plus me sentir importun ici. Amitiés.

    Commentaire par Michaud — 03/07/2011 @ 15:25

  54. Le lien initial comporte « ils ont pris des risques pour nous ». Et le titre est « Une question d’honneur professionnel ».

    Bon, je travaille dans une caisse de retraite, est-ce que si je fais ce qu’il y a de plus périlleux pour gagner de l’argent pour les retraités, est-ce que l’on considérera que j’ai pris des risques pour ces retraités, et qu’il s’agit de mon honneur professionnel ? Où que j’ai juste suivi mon ego pour remplir une certaine idée de ma fonction ? Si je prends les mêmes risques qu’un Kerviel, suis-je un taré orgueilleux de la pire espèce, ou un bienfaiteur du service public ayant tenté d’œuvrer correctement au bien commun ?

    En d’autres termes, l’absence d’un reportage sur deux routes pommées en Afghanistan est-il de nature à faire disparaitre la liberté de la presse ? Pas que je sache. Alors, un moment, il va falloir arrêter avec les risques inconsidérés. Ou alors, s’ils l’assument, qu’ils se démerdent ensuite, et ne comptent pas sur l’État pour venir pallier leurs conneries.

    Et le jour où je verrai Elise Lucet en larmes pour un de nos soldats morts en Afganisthan, il est certain que je commencerai à avoir davantage de respect pour les journalistes.
    On en est loin.

    Commentaire par g2-cd657fd9ca43504b5f46c19b9fe2e67a — 03/07/2011 @ 16:23

  55. Je me demande ce qu’il faut faire pour que certains prennent conscience de la chance d’avoir encore des journalistes d’investigation. Bien que souvent très critique par rapport à ce que je lis dans la presse, je suis totalement solidaire avec vous et avec tous les journalistes qui prennent des risques pour faire leur métier.

    Commentaire par Alixe — 03/07/2011 @ 17:33

  56. Et pour répondre à g2-cd657fd9ca43504b5f46c19b9fe2e67a :

    « l’absence d’un reportage sur deux routes pommées en Afghanistan est-il de nature à faire disparaitre la liberté de la presse ? »

    1/ Oui, parfaitement, car avec cette logique, il n’y aurait sans doute aucun reportage sur les pays en guerre ou connaissant des troubles. Alors, ce serait quoi, l’information ? La foire aux casseroles de Trifouillis les Oies ? C’est intéressant, mais cela ne nous aide pas à décider si ceux qui dont au pouvoir agissent vis à vis de l’Afghanistan de manière appropriée selon notre système de valeur personnel et si on a envie de voter ou non pour eux aux prochaines élections.

    2/ Oui parce que s’ils n’étaient pas allé rechercher d’autres témoignages sur le sujet dont ils traitaient, le reportage aurait été de la désinformation et n’aurait eu aucune valeur. Le fait qu’ils ne se soient pas tenus à une seule vision de leur sujet montre leur professionnalisme. Or si nous condamnons ceux qui ont à cœur de faire de bon reportages, nous allons finir par ne plus avoir de vrai journalisme du tout… et on en revient au point numéro 1 : nous ne seront plus capable de nous faire notre idée sur l’état réel de notre société ni d’évaluer les idées, promesses et actions de ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire.

    La conséquence est que nous n’auront plus les connaissances nécessaires pour jouer notre rôle de citoyens. Sans presse libre et exigeante, pas de démocratie, juste un vote en fonction de la capacité de séduction des candidats. J’espère que des raisonnements comme les vôtres ne nous y conduiront pas.

    Commentaire par Alixe — 03/07/2011 @ 17:48

  57. G2 et quelques, c’est ma pomme, ce n’est pas moi qui veut me planquer, c’est le formulaire qui déconne.

    1) Non, ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas traiter 0.01% des sujets que vous ne pouvez pas faire les autres 99,99% de manière plus satisfaisante. Ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas aller sur le terrain, dans les zones les plus risquées que vous ne pouvez pas faire parler les gens en postes, ou proches des infos intéressantes.

    2) Leur professionnalisme ? Se faire kidnapper, c’est du professionnalisme ? Bientôt, quand je ferai sauter les contrats d’assurance, et ma boite également, on appellera ça aussi du professionnalisme ?

    3) « Sans presse libre et exigeante, pas de démocratie, »
    Ben voilà, exactement ce que je vous reproche, les journaleux, gardiens de la démocratie, mais bien sûr, c’est tellement mignon.
    Réveillez vous, ça fait longtemps que le conformisme a tué la démocratie en France, et que le journalisme est à la botte de ce conformisme.
    Petite suggestion : vous vous battrez davantage pour la démocratie en explorant l’endogamie des liens unissant associations militantes, et autres ONG, avec les partis politiques, et pourquoi pas les journaux, plutôt qu’en couvrant un conflit dont l’impact est très limité en France. Ne vous trompez pas de sujet, la démocratie n’a que faire du conflit en Afghanistan, par contre, les liens entre tout ceux qui font l’opinion publique, là, c’est plus intéressant.

    Commentaire par Polydamas — 04/07/2011 @ 10:10

  58. @Polydamas : vous avez des réactions d’enfant gâté mon cher. Votre presse fonctionne donc vous lui crachez dessus. Et avec des arguments douteux en plus. C’est pas important une guerre ? Ben voyons ! Pour le reste, allez-y, on vous regarde. Après tout les blogueurs se trouvent plus malins que les journalistes, n’est-ce pas ? Banco !

    Commentaire par laplumedaliocha — 04/07/2011 @ 10:28

  59. Notre presse fonctionne ? Par rapport au dynamisme de la presse anglo-saxonne, j’ai bien peur qu’elle ait quelque peu à pâlir. Enfant gâté, je veux bien, encore faudrait-il que j’abuse de cette même presse, ce qui loin d’être le cas.
    Quant à la guerre, je n’ai pas dit que ce n’était pas important, j’ai dit que ça l’était beaucoup moins que la structure d’organisation de l’opinion publique en France, ne travestissez pas mes propos, s’il vous plait. Et si les journalistes considèrent vraiment que c’est très important, alors pourquoi ne pas faire le même foin d’enfer que pour vos copains enlevés à chaque fois qu’un soldat meure là-bas ? Je vous rappelle que vous êtes la première à avoir la délicatesse de ne pas mettre en avant votre fonction de journaliste dans vos problèmes privés, et vous ne dites rien sur l’instrumentalisation de leur fonction à des fins corporatistes ? En même temps, vu ce qu’on avait fait pour Aubenas, ils y sont allés très mollo, je vous l’accorde aisément, mais tout de même, le rappel quotidien du nombre de jours de leurs journalistes enlevés dans leur JT, c’est à la limite de la décence.

    Enfin, sur les blogueurs, ils ne sont pas moins subjectifs, mais ils ont au moins le mérite de ne pas se prétendre gardiens de la démocratie, eux.

    Commentaire par Polydamas — 04/07/2011 @ 11:20

  60. @Polydamas

    « La démocratie n’a que faire du conflit en Afghanistan ». Yeps, c’était bien l’intuition du candidat Sarkozy, lorsqu’il affirmait pendant la campagne présidentielle qu’il n’y aurait pas durant son mandat de renforcement de la présence militaire française au côté des Américains. Quelques mois après, le président Sarkozy réalisait tout le contraire de sa promesse, et finit par jouer aux soldats en plastique en ces terres éloignées, en espérant bien que personne ne prêterait attention.

    Vous avez raison l’Afghanistan, on s’en fout. Comme lors de la guerre contre le Viet Minh, c’est loin, c’est confus, c’est opaque, et de toute manière le corps expéditionnaire est formé d’une majorité d’étrangers recrutés au sein de la Légion. Un jour, il y eut Dien Bien Phu, le réveil a été pénible.

    Commentaire par Switz — 04/07/2011 @ 11:30

  61. Ce qui est choquant c’est toute la publicité qui est faite pour les journalistes quand d’autres passent plus ou moins sous silence ou sont carrément oubliés.
    je sais bien que le journalisme est une grande famille qui se soutient et travaille pour une noble cause mais lorsque nous les revoyons bien nourris et en forme nous ne pouvons nous empêcher d’avoir quelques mauvaises pensées.ou plutôt quelques pensées émues pour les sommes engagées les criminels libérés et les moyens utilisés.pour leur liberté.
    Dire que ce sont les risques du métier serait malvenu mais si de mauvaise langues pensent que d’autres otages dans le même cas sont moins favorisés il pourraient bien ne pas avoir totalement tort .

    ..

    Commentaire par scaramouche — 04/07/2011 @ 13:07

  62. Je ne comprends vraiment pas ceux qui s’indignent du fait que ces 2 journalistes ont été plus médiatisés que les autres otages.
    D’une part, que je sache, les autres otages ne sont pas enlevés par le même groupe, donc à situation différente, stratégie différente, ça parait cohérent.
    D’autre part, il me semble impossible de nier que cette médiatisation est en partie une réaction aux déclarations de Sarkozy et de son entourage. A partir du moment où l’on estime que l’enquête de Ghesquière et Taponier est légitime, alors il est légitime que la profession les défende si les autorités de l’Etat semble y rechigner.
    Et pour ceux qui en doutent: oui, la profession de journaliste est indispensable en démocratie. Une démocratie sans presse, ça n’existe pas. Bien sûr, tout est perfectible et il y a sans doute des brebis galeuses, mais est-ce bien le sujet ici?

    Commentaire par QIAH — 04/07/2011 @ 13:57

  63. @ Jalmad, com 17,

    Nan, nan, changez rien, c’est moi: figurez vous que l’ironie m’est passée à 15.000 pieds au dessus du crâne (enfin j’ai vu le côté ironique, mais pas le BON).

    Je vais télécharger ma mise à jour (ça va me prendre la journée, c’est un gros fichier).

    Sinon, pour les larmes, c’est très bon signe!

    (en fait j’en ai aucune idée, mais instinctivement j’le pense)

    Commentaire par tschok — 04/07/2011 @ 14:00

  64. @ Aliocha, com 13,

    Cette semaine, quand vous voulez. Vous avez mon mail?

    Commentaire par tschok — 04/07/2011 @ 14:01

  65. Bonjour à tous,
    La libération de ces 2 otages est une bonne nouvelle. La différence de traitement médiatique entre cet évènement là et d’autres similaires par leur nature ou par leur lieu peut choquer. Voilà 2 faits.

    Par exemple, qui est capable de citer de tête le nom d’un des otages restants français retenus à l’étranger sinon leur famille? Est-ce que le rappel de leur existence sera entretenu maintenant que les 2 journalistes n’en sont plus?

    Depuis ce week-end, les journaux du 20h donnent la réponse, et je suis persuadé que ces autres otages passent à la trappe médiatique. Comment voulez-vous que le public (et particulièrement les militaires ou les expatriés) ne pense pas que les médias sont une caste.

    Je généralise volontairement outrancièrement pour faire toucher du doigt le principe de cette idée, pour la rendre accessible en tant que base de discussion (pas le fait que les médias soient une caste, ce qui est faux, mais que la différence de traitement médiatique tend à accréditer des idées de la sorte).

    Les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires français ont pour devise celle de la France: « Liberté, Égalité, Fraternité ». N’étant liée à aucun des précédents, le 4ème pouvoir (la presse) revendique sa liberté et lutte pour elle. Son public ne pourrait-il pas revendiquer de sa part un peut plus d’égalité?

    Commentaire par ji_louis — 04/07/2011 @ 16:11

  66. j’avais connu hervé il y a des années grâce à un ami. bien sûr je ne l’avais jamais revu ni entendu parler de lui. jusqu’à l’année dernière. son nom est apparu sur les murs et les écrans de télé.
    et comme tu l’as si bien écrit, les gens se sont lancés dans une croisade générale contre les journalistes-reporters. couvrir un sujet en Afghanistan est aussi important que faire un reportage sur la fonte des glaces au pôle sud bien que beaucoup plus dangereux. merci pour l’hommage à ces hommes et ses femmes qui choisissent la voie difficile de reporter de guerre (et en redemandent) et fuck ceux qui veulent les faire taire soit-disant parce qu’ils nous coûtent de l’argent, à nous citoyens lambdas.
    la liberté de la presse c’est comme la liberté d’expression personne ne devrait la remettre en question.

    Commentaire par Matthieu GADENNE — 05/07/2011 @ 04:02

  67. « Personne ne nous a rien dit. Que ce soit clair ». A peine arrivé en France, Hervé Ghesquière l’un des deux journalistes retenu en otage en Afghanistan, répondait aux attaques faites par certains durant leur détention. Mais sur le blog Secret Défense de Jean-Domnique Merchet, journaliste à Marianne, on apprend que les ex-otages auraient pris des risques sur place allant à l’encontre des avertissements lancés par l’armée française le 30 décembre 2009, la veille même de leur enlèvement. Les deux reporters auraient également eu des conversations téléphoniques avec un officier français sur les dangers du secteur où ils souhaitaient se rendre.

    Mais quel journaliste croire? Celui qui dit ou celui qui dit le contraire?

    Un expert c’est une opinion
    Deux experts c’est une contradiction
    trois expert c’est la confusion..

    Commentaire par araok — 05/07/2011 @ 09:18

  68. @araok : et que voulez-vous que l’armée leur dise d’autre que « c’est dangereux, n’y allez pas? »
    Le rôle de l’armée en la matière est de minimiser tout risque de prise d’otage, c’est légitime. Mais qu’un journaliste aille à l’encontre de ces recommandations, c’est légitime aussi: ce sont deux logiques qui s’affrontent, et elles sont toutes les deux valides. Mais un journaliste qui n’irait enquêter que là où on l’autorise (!) à enquêter serait un piètre journaliste.

    Commentaire par QIAH — 05/07/2011 @ 10:19

  69. QIAH
    Je n’en disconviens pas. Mais là n’est pas ma question.
    Je remarque seulement qu’un journaliste (je souligne) dit « on m’a rien dit » et qu’un autre journaliste (je resouligne) écrit « si, on vous a dit ».
    Alors j’attends le troisième journaliste (je reresouligne) qui dira?…

    Commentaire par araok — 05/07/2011 @ 10:39

  70. « la liberté de la presse c’est comme la liberté d’expression personne ne devrait la remettre en question » nous assène M. Gadenne.

    Il serait bien que les journalistes à votre image, et Dieu sait qu’ils sont nombreux, cessent de rejeter toutes les critiques au nom de cette liberté invoquée à tout bout de champ qui confine à l’anomie. Il est moins question de liberté de la presse que bien peu contestent, ne vous en déplaise, que de QUALITE de la presse. Quand une personne participe à une manifestation et qu’après celle-ci il choisit de rester parmi ceux qui choisissent d’en découdre avec les forces de l’ordre, que pour empêcher les CRS de dégager le passage pour les pompiers il s’interpose en brandissant sa carte de presse, est-ce la liberté de la presse ? Quand une journaliste de Rue89 choisit de livrer le nom d’un ophtalmologiste en pâture au nom de son obsession anti raciste, et de maintenir l’article en l’état malgré toutes les informations qui paraissent par ailleurs, est-ce la liberté de la presse que vous défendez?
    Quand Marianne titre en couverture « Ces névrosés qui veulent nous gouverner », comment ne pas y voir un discours qui participe du tous pourris ? Tout cela est fait au nom de cette « liberté de la presse sans laquelle la démocratie n’est plus possible », poncif incessant recraché à la face du moindre citoyen qui rappellerait aux journalistes qu’ils sont responsables de ce qu’ils écrivent.

    Comme l’a noté un précédent commentateur, le journalisme à la française souffre d’être une presse d’opinion. On en ressort avec le sentiment que le lecteur n’est pas apte au jugement, qu’on doive moins lui livrer une information qu’une bouillie pré mâchée qu’il doit ingurgiter sans mot dire. Et critiquer le travail d’un journaliste, c’est critiquer la sacro sainte liberté de la presse, tout comme condamner le discours négationniste serait une privation de la liberté d’expression.

    Commentaire par Episteme — 05/07/2011 @ 10:46

  71. araok: oui, j’aurais dû être plus clair, alors allons-y: il est possible que les deux journalistes aient raison, l’un énonçant « on ne m’a rien dit » au sens de « on ne ma rien dit de plus que d’habitude », et l’autre ne faisant que rapporter les propos habituel de l’armée. Bref, un journaliste exprime la logique journalistique, l’autre exprime la logique militaire.

    Commentaire par QIAH — 05/07/2011 @ 10:46

  72. @Episteme: encore un fois, est-ce vraiment de cela qu’il s’agit lorsqu’on critique Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier?

    Commentaire par QIAH — 05/07/2011 @ 10:48

  73. QIAH,

    Mon précédent commentaire portait sur une phrase précise, non sur Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Eux, je ne les connais pas, je ne les critique pas. J’aurais même plutôt tendance à les défendre eux.

    Mais ce que je critique à la base (Cf. mon premier commentaire dans ce fil), c’est le traitement médiatique différencié entre les personnalités publiques et les journalistes d’un côté, et les citoyens lambda de l’autre. Je m’énerve face à la masse d’articles médiocres, injurieux que produisent nombre de journalistes et la réponse hautaine à laquelle les critiques ont droit : si vous nous critiquez, vous êtes contre la démocratie (les instituts de sondages produisent le même type de réponse d’ailleurs), ou variante à la Rue89 façon Haski, vous faites parti de la fachosphère. Vous pouvez argumenter, rien n’y fait. La règle est inscrite en lettres d’or : on ne critique pas le travail d’un journaliste.

    Je veux bien croire qu’on puisse se planter, penser écrire un bon article et produire un mauvais papier au final. Mais alors, la moindre des choses serait de le reconnaître. Dès qu’on tient des émissions de qualité (pour parler uniquement de la télé) tel qu’ASI ou encore pendant quelques temps le médiateur de France2 après le journal de 13H00 du samedi, on se réconcilie avec le journalisme. Ah, ils gardent un regard critique sur leur production, savent un peu écouter leur téléspectateurs. Mais malheureusement cela ne dure guère. La tour d’ivoire finit par se refermer.

    Commentaire par Episteme — 05/07/2011 @ 11:16

  74. @Episteme:je veux bien, mais la phrase qui a déclenché votre ire allait en illustration d’une défense de Ghesquière et Taponier.
    De même – vous avez raison là dessus – que l’on doit avoir le droit de critiquer DES journalistes, on a quand même aussi de défendre DES journalistes. Et oui, la défense de Ghesquière et Taponier s’appuie bien sur l’appel aux grands principes du journalisme, là dessus M. Gadenne a raison.

    Commentaire par QIAH — 05/07/2011 @ 11:48

  75. Pour vous détendre, Aliocha, relisez Monsieur Malaucène de D. Pennac…

    Commentaire par araok — 05/07/2011 @ 15:15

  76. On remonte le temps?

    Aliocha vous êtes maraboutée.

    Commentaire par araok — 07/07/2011 @ 10:06

  77. Voilà pourquoi j’ai encore un peu d’estime pour les journalistes. Quand les des papiers sont de cette nature : http://alliancegeostrategique.org/2011/07/06/petites-histoires-de-journalistes-dotages-de-heros-et-vautours/
    Via Alexandre Delaigue.

    Commentaire par Polydamas — 07/07/2011 @ 16:07

  78. la seule chose qui m’a énervé c’est que m Taponnier avance que selon lui ses problèmes sont dus au fait qu’un des soldats afghans du dernier check point a prévenu les talibans du passage de journalistes; alors que ce sont les 40 soldats afghans présents au check point qui ont prévenus qui un cousin qui un frère ou un beau-frère, l’ignorer au moment du passage au check point est faier preuve d’un dramatiqeu amateurisme

    Commentaire par thomas — 11/07/2011 @ 17:13


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :