La Plume d'Aliocha

19/05/2011

L’affaire DSK interroge le journalisme à la française

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 13:16

Il fallait sans doute un choc à la mesure de l’affaire DSK pour que le journalisme français s’interroge sur ses pratiques, sous l’effet conjugué de la violence de l’événement et de la comparaison forcée avec son homologue américain. Comme à l’habitude, l’auto-dénigrement a pris beaucoup de place. Avant d’observer les travers qui nous mènent à nous frapper – une fois de plus –  la poitrine, voyons donc les aspects positifs.

A l’actif de la presse française

Il faut bien reconnaître à l’actif de notre presse un réel effort de respect de la présomption d’innocence. On m’objectera que celui-ci est d’autant plus grand que son bénéficiaire est un homme puissant. C’est vrai. Que les journalistes sont majoritairement de gauche et qu’il s’agit d’une figure du socialisme français. On ne peut pas le nier. Que l’on peut y voir aussi un réflexe naturel de défense d’un de nos compatriotes sur fond d’antiaméricanisme plus ou moins larvé. Ce n’est pas impossible. Qu’enfin, notre approche plus « décontractée » des questions sexuelles a sans doute joué dans la distanciation de l’information. C’est probable. Je crois néanmoins qu’au delà de toutes ces réserves,  nous avons mesuré l’intérêt que pouvait représenter l’approche française de ces questions judiciaires. Il n’est pas inutile d’ailleurs de faire la liste des différences qui sont apparues dans le traitement journalistique du dossier des deux côtés de l’Atlantique. Nos lois protègent la vie privée, de sorte que l’on répugne encore à se pencher sur les moeurs sexuelles de nos politiques. Elles protègent la présomption d’innocence, ce qui nous interdit de montrer des images d’une personne menottée et nous oblige par ailleurs à jouer du conditionnel tout en saupoudrant les phrases de l’adjectif « présumé ». Signalons au passage l’apparition de la notion de « victime présumée » en miroir au fameux « présumé coupable ». D’une manière plus générale, nos pratiques journalistiques cultivent la retenue. Jusqu’ici on n’y voyait que complicité, lâcheté et compromission, on commence je crois à comprendre qu’au-delà de ces travers réels nous touchons à des valeurs profondes de société que les journalistes français ne font que révéler. Aux Etats-Unis, on montre la personne mise en cause non seulement au stade de la garde à vue, mais aussi dans l’enceinte même du tribunal. Au grand dam des amis de DSK et à la surprise de tous les autres. Eh oui, Outre-atlantique,  puissants et misérables sont logés à la même enseigne, la célébrité en l’espèce donnant même l’impression d’une sévérité accrue. Les affaires sexuelles ne sont pas considérées comme relevant de la vie privée. Mieux, elles sont analysées comme un indice non négligeable du niveau de moralité général d’un individu et plus particulièrement de la crédibilité d’un politique. En revanche, le nom et la photo de la victime ne sont pas révélés. J’ai appris d’ailleurs chez Arrêt sur Images que la presse française a révélé l’identité de la jeune femme alors que la presse américaine se l’interdisait.

Dire ou se taire ?

Néanmoins, les journalistes politiques français sont entrés dans une grande phase de mea culpa concernant leur manière de traiter, ou plutôt de ne pas traiter, la vie privée des politiques. A l’exception notable de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération, dont la phrase sur DSK et son amour des femmes est soudain devenue emblématique d’un courage que l’on juge a posteriori trop rare, tous les autres se sont tus. Fallait-il ou non révéler ce que l’on savait sur les moeurs de DSK, s’interroge aujourd’hui la presse française.  Non, répondent certains, car il n’y a aucun point commun entre une attitude de séducteur et un comportement de violeur. Oui, assènent les autres qui ne s’aperçoivent sans doute pas à quel point ils vont vite en besogne lorsqu’ils se repentent de n’avoir pas aperçu le violeur en puissance derrière le séducteur. A ce stade, il m’apparait prématuré de penser qu’on aurait évité la commission d’un délit non prouvé en relayant des informations elles-mêmes discutées. Il n’est pas trop tôt en revanche pour porter sur la place publique un débat récurrent du journalisme français, à savoir la détermination des limites entre vie publique et vie privée.  « On ne peut pas juger, nous journalistes, de ce qui se révélera décisif ou pas dans les informations que nous recueillons, et c’est pourquoi nous livrons tout, à charge pour le lecteur de se faire son opinion » confiait en substance Marcus Mabry, journaliste au New-York Times dans l’émission « Ce soir ou jamais » diffusée hier soir sur France 3 qui abordait précisément ce sujet. Et Christophe Deloire, auteur du célèbre Sexus Politicus, de mettre en garde : « il ne faut pas que la vie privée soit notre secret défense ». L’auteur confiait s’en être tenu pour sa part dans son livre aux éléments de vie sexuelle susceptibles de rendre le sujet concerné vulnérable, ce qui l’avait conduit à écarter les « simples » infidélités de son champ d’investigation. De son côté, Marie-France Etchegoien a confié que lorsque l’Obs évoquait la vie privée des politiques, le journal recevait des protestations indignées des lecteurs. Ce faisant, elle abordait à mon sens le fond du problème.

Montre moi ta presse, je te dirai qui tu es

Car le grand enseignement de cette confrontation entre un homme politique français et le système américain, c’est la différence culturelle profonde qui nous sépare et s’exprime avec violence sur le terrain judiciaire et médiatique. Les médias fonctionnent en osmose avec la société. Si le journalisme français  ne s’intéresse pas aux frasques sexuelles des politiques, c’est que notre culture y voit un espace de liberté à préserver,  quand ce n’est pas le signe d’une personnalité épanouie à vanter, tandis que nos amis anglo-saxons en font un indicateur éthique.  Comment s’étonner qu’en France on choisisse de sourire et de se taire,  quand aux Etats-Unis au contraire, l’on observe avec sévérité et l’on dénonce ? De même, si nous n’installons pas encore des caméras à demeure dans les prétoires (mais ça viendra, tant les exceptions à l’interdiction de filmer les audiences se multiplient), c’est que nous n’avons pas opté pour le même équilibre entre transparence et protection des droits et libertés de chacun. Et ainsi de suite. Montre moi ta presse et je te dirai quelles sont tes valeurs. « Nous aurions évoqué le sujet de la vie privée de DSK lors de la campagne » assurait hier Laurent Neumann, directeur de la rédaction de Marianne,  sur le plateau de France 3. Tout comme l’hebdomadaire avait déjà mis en garde sur la psychologie de Nicolas Sarkozy lors des précédentes présidentielles. Et sans doute le journal se serait-il attiré les mêmes critiques sur son manque d’élégance…

Les journalistes français ont entendu la leçon et s’interrogent. Cela pourrait bien influer sur le traitement médiatique de la campagne à venir. Car si les lois figent les valeurs d’une société à une période donnée, elles peuvent être comprises et appliquées différemment, et l’on peut même les changer si la société finit un jour par ne plus s’y reconnaître. Ce ne sont donc pas seulement les journalistes qui doivent débattre de ce sujet, mais tous les citoyens car cela nous renvoie à notre rapport à la morale, à la transparence et au politique. Vaste sujet !

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48 commentaires »

  1. Bonjour Aliocha,

    Christophe Deloire (directeur du CFJ) et non Delaire! Merci!

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 19/05/2011 @ 13:27

  2. Quatremer n’a pas été le seul, il y a bien eu « Sexus Politicus » de Christophe Deloire (et non Delaire !)et Christophe Dubois.
    Au final, que pensez-vous ? Doit-on s’en remettre aux différences culturelles ? Stop. Le débat est terminé ? Ou se poser effectivement la question de savoir si un certain comportement dans la sphère privée peut-avoir une influence sur la sphère publique ? Nous en revenons souvent au même exemple : les écoutes téléphoniques exigées – illégalement – par F. Mitterrand pour savoir quelles étaient les personnes qui connaissaient ou pas le secret Mazarine.
    Les journalistes français ne devraient-ils pas plancher sérieusement sur une charte déontologique applicable à tous plutôt que de se cacher derrière le concept flou d’éthique ?

    Aliocha : tiens, c’est vrai, elle en est où notre charte déontologique ? Je ne sais pas vous, mais moi j’envie parfois l’organisation de professions comme celle d’avocat, avec des instances représentatives, des règles professionnelles, une déontologie, une histoire et des valeurs communes…

    Commentaire par BABs — 19/05/2011 @ 13:31

  3. Autant je suis loin de partager la vision anglo-saxonne sur le sujet, autant je trouve que recourir à l’argument de la vie privé dans cette histoire est de la plus grande hypocrisie.
    Le problème avec les antécédents de DSK c’est que plus d’un élément n’avait plus rien à voir avec la vie privé. La tentative de viol (voir viol réel à vérifier) sur Tristane Banon ce n’est pas de la vie privé. Quand une femme (député ou attaché parlementaire lié au parti socialiste je ne sais plus exactement comment je cite de mémoire ) déclare avoir peur de se trouver dans la même pièce que lui ce n’est pas de la vie privé.
    Qu’il s’envoie en l’air avec qui il veut ça c’est de la vie privé et effectivement les journalistes n’ont pas à y mettre leur nez. Mais à partir du moment où il y a usage de violence ou de pression ce n’est plus du domaine privé.

    Les hommes qui violent leurs femmes c’est du domaine de la vie privé aussi?

    Aliocha : depuis que les journalistes politiques se mettent à parler, et même à balancer, on découvre en effet un sacré faisceau de présomptions mais c’est facile à dire, après. Tant mieux si ça nous sert de leçon pour l’avenir. Quant au viol, évidemment non ce n’est pas de la vie privée, les journalistes ne s’abritent pas derrière la vie privée pour ne pas dénoncer des infractions, mais pour éviter de porter sur la place publiques des ragots la plupart du temps invérifiables…parce qu’ils n’avaient pas le réflexe jusqu’à présent de les vérifier. C’est ça, qui est en train de changer, je crois.

    Commentaire par LordPhoenix — 19/05/2011 @ 14:11

  4. Oups, la faute est corrigée, il doit y en avoir d’autres d’ailleurs, je fais tout trop vite en ce moment…

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/05/2011 @ 14:35

  5. Bonjour,
    Une amie a attiré mon attention sur une prochaine pièce de théâtre qui je pense peut vous intéresser, car elle parle de la langue, de la façon dont on communique pour faire passer certains messages. Je n’y suis pas encore allé, vu que c’est le 1er juin donc impossible de vous donner un avis plus étayé.
    Voilà le pitch, comme on dit:

    « Euphémismes, une comédie à la française », mise en scène par Elsa Ménard, Cie Mange ta tête, qui se joue à Confluences maison des arts urbains, 190 bd de Charonne, M° Alexandre Dumas à 20h
    Nous avons voulu la fermeté et l’humanité, E. Raoult, 1997.
    Nous voulons une politique généreuse mais ferme, L. Jospin,1998.
    Je serai humain parce qu’il le faut, je serai ferme parce que je le dois, N. Sarkozy, 2006.

    Euphémismes, une comédie française revient sur le vote de la loi Reseda, relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France, proposée par la gauche en 1998. On assistait alors à une Vague Rose sur la France mais certains dénonçaient déjà le choix d’un consensus permanent qui allait peu à peu dissoudre le PS, de l’intérieur…
    Au plateau, neuf acteurs dont six ne s’expriment que par citations.
    Une traversée de la violence au sein du langage politique et médiatique. Violence dont l’un des outils est la répétition. Que cherche t-on à nous faire entendre ? Quel est ce réel que l’on nous fait constater sans pouvoir le contester ? Combien de temps peut-on y résister ?

    Aliocha : alléchant en effet, je n’avais pas vu cela, merci !

    Commentaire par Javi — 19/05/2011 @ 14:42

  6. @Lord Phoenix
    la députée en question est Aurélie Filippetti.

    On voit effectivememnt les journalistes s’interroger sur leurs pratiques mais c’est qd mme étonnant, pour le moins, que la question se focalise sur la vie privée qd on parle de crime (avec l’affaire dsk) mais aussi de comportements abusifs d’hommes politiques. Je ne trouve pas que la question porte essentiellement sur la vie privée.
    Dans l’affaire DSK, des journalistes revendiquent qu’il n’y avait aucun fait, pas de preuves, uniquement des rumeurs et que donc pas de quoi faire des articles.Doit on comprendre que des témoignages de femmes qui ont déclaré être harcelées par dsk, par ex., et qui sont multiples, ne valent rien journalistiquement? Ca sonne pas comme une alerte? Pourtant, Courrier International avait publié un article du Temps rempli de témoignages http://www.courrierinternational.com/article/2008/11/07/dsk-ou-l-archetype-du-sexus-politicus.
    D’autres que quatremer qui a pris une volée de bois verts après son fameux article sur le comportement à risques de DSK, s’y sont essayé comme agoravox qui a publié hier une interview inédite de tristane banon qu’ils n’avaient osé diffuser à l’époque où celle-ci a été réalisée tellement l’omerta est forte http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/tristane-banon-dsk-et-agoravox-94196. Sans parler des pressions du chargé de com de dsk que Backchich a révélées http://www.bakchich.info/article5414.html. J’ai qd mme l’impression que les journalistes s’en tapent au vu des qqs réactions glanées ici et là, comme de jf kahn, qui parle de troussage plutôt que de viol.
    Bref, on sent bien que les journalistes s’interrogent et qu’ils culpabilisent un peu, enfin pour certains. L’affaire DSK ne pose pas la question de la vie privée mais du rapport de dominations et l’abus de pouvoirs qu’un homme politique se croit autorisé sans craintes de représailles.
    Bon, j’arrête là, je suis déjà trop longue dans mon commentaire.

    Aliocha : du tout, vous avez toute la place que vous voulez, j’ai choisi ce format de blog pour que les commentateurs puissent écrire long 😉 et je suis d’accord avec votre analyse

    Commentaire par Romane — 19/05/2011 @ 14:54

  7. @Romane
    Absolument d’accord !

    Commentaire par BABs — 19/05/2011 @ 15:05

  8. Débat surréaliste.

    Si des journalistes se battent la coulpe de n’avoir pas divulgué l’information comme quoi DSK était un violeur en puissance, il peuvent se la battre (la coulpe) pour tous les hommes de cette planète, dont je suis, qui sont tous des violeurs en puissance.

    Par contre, s’ils se battent la coulpe d’avoir assisté à un acte délictueux d’agression sans en référer aux autorités, ils ont raison (de se la battre) (la coulpe).

    Et pour ce qui est de publier ou non ce fait, ça me parait accessoire s’ils ont commencé par en référer aux autorités.

    Commentaire par Ginkgo — 19/05/2011 @ 15:06

  9. Je ne comprends pas vraiment ce qu’on reproche aux journalistes français.
    On a tous lu (et depuis longtemps) que DSK était un séducteur, on nous a dit à de très nombreuses reprises que son talon d’Achille (on a même eu l’info de sa bouche même) était les femme (avec le fric et la judéité).
    Pour ma part, dans les dernières révélations, la seule chose que j’ai apprise, c’est qu’il fréquentait (à priori) des boîtes échangistes…. et là franchement, je suis ravi que cela n’est pas été raconté, et surtout je suis choqué qu’un certain nombre d’articles publiés aujourd’hui sous-entendent que ce type de comportement (les boites échangistes et le libertinage) aient pu représenter le moindre signe avant coureur d’une agression sexuelle!
    à priori DSK était un dragueur invétéré (et lourd), et ce n’était pas vraiment secret (un journaliste de l’express avait même posé la question à sa femme en 2006, c’est dire si c’était tabou). De là à imaginer qu’il puisse commettre une agression sexuelle, il y a un gouffre à franchir et il est heureux qu’ancun journaliste ne l’ai fait (en plus d’être inélégant, c’eût été illégal)

    Aliocha : c’est tout le problème, enquêter sur les moeurs sexuelles de quelqu’un parce qu’un faisceau de présomptions donne à penser qu’il y a des abus c’est, dans notre culture, un pas difficile à franchir. Même si les journalistes sont souvent friands d’ailleurs de ce type d’anecdotes. Mais le qui couche avec qui continue de relever de la science personnelle de chacun et du non publiable, même quand le qui couche avec qui frise le pénal. Avec l’argent, on y va franco, avec le sexe, c’est plus compliqué.

    Commentaire par JaK — 19/05/2011 @ 15:57

  10. Bonjour Aliocha,

    Dans cette affaire, je crois que la réaction est d’autant plus violente que, pour la première fois à ma connaissance, un membre de la caste médiatico-politique qui est installée à la tête de ce pays se fait prendre pour ainsi dire la main dans le sac et que, contrairement à ce qui se serait probablement passé chez nous, les autorités locales ne lui ont pas fait de cadeau. L’impunité n’est plus. Là est le choc.
    Il ne me plait pas du tout de voir un représentant de notre pays, qui plus est prétendant au plus haute fonction, suspecté d’un tel crime et traité de la sorte mais c’est là, malheureusement, le lot quotidien de nombreux individus. Que je sache ou me souvienne, nombreux sont ceux ou celles qui, avant d’être puni ou non par la Justice, ont vu leur vie broyée par le simple discours médiatique, celui-ci culminant généralement par un pilonnage en règle de ceux ou celles en charge d’appliquer la loi tout en s’exonérant d’une quelconque responsabilité en cas de dérapage. Curieusement, et heureusement, le juge new-yorkais Melissa Jackson, et non pas la juge comme s’obstinent à écrire bêtement vos collègues qui confondent servilement fonction et genre, n’a pas fait l’objet des critiques portant sur la compétence, l’absence de formation ou l’inhumanité que n’auraient pas manqué de susciter une décision équivalente prise par un simple Juge des Libertés et de la Détention en France. « O tempora, o mores ». Il est vrai que chez les abominables américains, on ne s’attaque pas impunément au troisième pouvoir. Dans l’excellent billet que Maître Eolas consacre à ce sujet (http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/05/16/De-quelques-aspects-juridiques-de-l-affaire-DS), allez lire le commentaire 184: il vaut tous les reportages lus ou entendus sur ce sujet. Il est vrai que la curiosité n’est pas le fort de nos modernes tartuffes.

    Bonne soirée

    Aliocha : je ne suis pas forcément complètement d’accord mais c’est très intéressant. Le lien précis avec le commentaire.

    Commentaire par H. — 19/05/2011 @ 16:56

  11. A lire , avec les commentaires de lecteurs :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/david-medioni/190511/sur-dsk-la-presse-et-ce-qu-elle-savait

    Commentaire par phedra — 19/05/2011 @ 17:18

  12. Bonjour,
    Le problème n’est pas « est-ce que DSK était un violeur en puissance? » mais « est-ce que sa conduite le mettait potentiellement en position de faiblesse dans un poste à haute responsabilité ». J Quatremer avait donc parfaitement vu. Et on va le lui faire bien sentir, à ce journaliste qui n’a pas pu faire paraitre son article dans son journal. Or là, pour un homme (DSK) qui aspire à la présidence de la république, il ne s’agit plus de vie privée. Le parti socialiste a été en l’occurence d’une grande légereté ou inconséquence.
    Quant à « Comme à l’habitude, l’auto-dénigrement a pris beaucoup de place. », alors là chère aliocha nous n’avons pas vu ni entendu la même chose. Bien au contraire j’ai noté la plupart des journalistes s’abritant derrière la sacro-sainte « chambre à coucher » pour rester prés des puissants. le « je laisse les médias anglo-saxons dans leur fange et leur boue. Pas de ça chez nous » de A Duhamel sur RTL ce matin était pitoyable!
    Pas étonnant que les affaires qui sortent arrivent bien souvent depuis le Palais de justice, sous forme de fax dans les rédactions!

    Aliocha : ceux qui réfléchissent ont tendance à se frapper la poitrine, les autres sont dans le déni, en effet. La bonne question est certes celle de la vulnérabilité, mais aussi en l’espèce si les faits sont avérés celle de l’agression, de la toute puissance, du sentiment d’impunité, de l’impossible maitrise de soi etc…jusqu’à la transgression pénale, ce qui nous ramène à Raskolnikov, considérant dans crime et châtiment que les lois sont faites pour les gens ordinaires et que les êtres d’exception ont le droit, voire le devoir de les ignorer au nom de leur supériorité et pour faire avancer le monde. C’est pourquoi je pense que cette affaire passionnante nous interroge sur des valeurs extrêmement profondes et pose de vraies questions philosophiques.

    Commentaire par araok — 19/05/2011 @ 17:22

  13. @ araok:
    Non, il ne s’agit pas de savoir si « sa conduite le mettait potentiellement en position de faiblesse dans un poste à haute responsabilité ».
    Le scandale n’est pas de l’avoir trouvé à moitié nu dans son bureau du FMI avec une secrétaire sur les genoux.

    Il est accusé d’une agression sexuelle! Cela n’a rien à voir avec le fait qu’il semblait draguer tout ce qui passait à sa portée: il n’y a aucun lien de cause à effet entre être un mari volage et libertin d’une part et user de violence pour abuser sexuellement d’une femme d’autre part.

    La mise en garde de Jean Quatremer collait parfaitement au scandale précédant impliquant DSK et une de ses collaboratrice, mais cela n’a strictement rien à voir ici: un viol ne peut en aucun cas être consécutif à une ‘technique de la drague’… même la plus macho imaginable.

    Commentaire par JaK — 19/05/2011 @ 17:41

  14. @JaK 13
    Je ne juge pas DSK (j’ai mon idée) mais l’attitude des médias.
    On ne peut pas reprocher à ceux-ci de ne pas avoir prédit le crime supposé. Par contre de ne pas avoir souligné le risque potentiel que son style de vie faisait courir à la collectivité, ça oui!

    Commentaire par araok — 19/05/2011 @ 18:18

  15. On entend répéter sur les plateaux, et notamment par des psychiatres, qu’il n’y a pas de continuum entre la drague lourdingue et la tentative de viol : il y aurait une différence de nature, qui impliquerait des profils différents de suspects. En d’autres termes, il est incompréhensible qu’un séducteur se transforme en violeur : le plaisir du premier viendrait d’un désir de plaire et d’être aimé, celui du second viendrait d’un rapport de domination brutale.

    D’où la conclusion des journalistes : si un Quatremer pouvait à la rigueur prédire l’affaire Piroska Nagy, nous ne pouvions prédire l’affaire du Sofitel.

    Le cas DSK ne devrait-il pas nous amener à réviser ce paradigme ? N’y a-t-il pas continuum entre l’attitude qui consiste à se savoir suffisamment sûr de son ascendant social et hiérarchique pour harceler des jeunes femmes avec un sentiment d’impunité et quelque espoir de succès, et l’attitude qui consiste à exiger violemment des faveurs de la part d’une jeune femme de chambre ?

    Dans les deux cas, il y a mépris de la victime et certitude d’être en position de force. Il n’y a pour moi qu’une différence de degré, le passage à la violence étant rendue possible par l’écart extrême de statut social entre un personnage qui a rang de chef d’état et une petit soubrette. Aucune velléité d’opposition ne pouvait être admise : en la forçant, il lui faisait presque une faveur.

    Rétrospectivement, nous sommes forcés d’admettre que, collectivement, nous avons été trop complaisants envers les prétendus exploits de séducteurs de nos hommes politiques : derrière cette séduction, il y a toujours rapport de force déséquilibré. Des femmes en ont toujours été les victimes, à des degrés divers. Cette fois-ci, nous sommes tous victimes : sur ce visage hirsute encadré par des flics cravatés par Walmart, c’est notre propre honte que nous lisons.

    Commentaire par Tocquevil — 19/05/2011 @ 19:31

  16. Le cas DSK ne devrait-il pas nous amener à réviser ce paradigme ? N’y a-t-il pas continuum entre l’attitude qui consiste à se savoir suffisamment sûr de son ascendant social et hiérarchique pour harceler des jeunes femmes avec un sentiment d’impunité et quelque espoir de succès, et l’attitude qui consiste à exiger violemment des faveurs de la part d’une jeune femme de chambre ?

    Il y a bien continuum, à mon sens, mais je ne vois pas en quoi cela implique de changer de paradigme, sauf à considérer que la séduction et le harcèlement sont de nature similaire. Le harcèlement, comme le viol, se base sur le mépris du désir de l’autre.

    Commentaire par Schmorgluck — 19/05/2011 @ 19:41

  17. @Tocuqevil: à mon avis, et vu les précédent Affaire Banon et même Nagy), je ne qualifierais DSK ni de « séducteur », ni de « dragueur ».
    JE pense que ces adjectifs sont mis là aujourd’hui uniquement pour faire oublier ces antécédents, et pour justement s’abriter derrière la discontinuité dont vous parlez (dont je ne crois pas qu’elle soit à remettre en question pour l’instant).

    Commentaire par Javi — 19/05/2011 @ 21:00

  18. Aux Etats-Unis, on appelle cette présentation du mis en cause par la police devant le public et les journalistes « la marche du suspect ». France 2 a rappelé opportunément que cela s’était produit pour Michael Jackson et Bernard Madoff. (émission en ce moment avec notamment Badinter, commentaire de l’audience en cours)

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/05/2011 @ 21:13

  19. The Guardian est sidéré que l’Obs ait publié le nom et l’adresse de la victime. Emission spéciale sur France 2

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/05/2011 @ 21:31

  20. Il est indubitable que la frontière de la vie privée est floue. D’autant que l’on s’habitue à être filmés sous tous les angles et que l’on ne sais plus très bien où se situe la lisière (lorsque l’on téléphone dans la rue, par exemple, tout le monde vous entend). Un journaliste écoutant les secrets DSK avouant à son avocat au téléphone dans la rue devrait-il se taire ou pas ?

    Aliocha : tout dépend si les secrets présentent un intérêt pour l’information du public ou pas.

    Commentaire par Ceriat — 19/05/2011 @ 22:01

  21. Un sondage IPSOS diffusé sur France 2 montre que les français tiennent à ce que les journalistes continuent de respecter la vie privée

    Commentaire par laplumedaliocha — 19/05/2011 @ 22:45

  22. « (…) la présomption d’innocence (…) nous oblige par ailleurs à jouer du conditionnel tout en saupoudrant les phrases de l’adjectif « présumé ». Signalons au passage l’apparition de la notion de « victime présumée » en miroir au fameux « présumé coupable ». »

    Justement, à ce propos, il faudrait que les journalistes n’abusent pas de cet adjectif, ou mieux, qu’ils l’emploient à meilleur escient. La présomption est une notion juridique. Elle instaure un présupposé. Si quelque chose est « présumé », c’est justement qu’il n’y a pas à la prouver et qu’on peut la tenir pour vraie jusqu’à preuve du contraire. Dit autrement, et pour faire simple, la règle générale est que celui qui affirme quelque chose doit la prouver. La présomption renverse la charge de la preuve dans des cas bien définis… Par exemple, l’époux d’une femme est présumé être le père des enfants nés dans le mariage… Il n’y a pas à en faire la preuve. Au contraire, c’est à celui qui infirme cette présomption d’en apporter les preuve.

    Dans certains cas, la présomption est dire irréfragable. Cela signifie que même face à une preuve contraire, la présomption l’emporte.

    La présomption est donc un dispositif juridique précis. Le terme « présumé » signifie donc « certain jusqu’à preuve contraire ». En droit français – vous le soulignez – c’est l’innocence qui est présumée : on n’a pas à faire la preuve de son innocence. C’est à l’a partie adverse de prouver la culpabilité. Il est donc juste de parler d’un « présumé innocent », mais en aucun cas d’un « présumé coupable ». Dire « présumé coupable » est tout aussi attentatoire à la présomption d’innocence que de dire « coupable certain » ou « coupable probable ». Je le répète : si l’on est présumé quelque chose, c’est d’être innocent. Rien d’autre.

    La langue française est assez riche pour que les journalistes emploient le bon terme : un « supposé coupable » me paraît le mieux adapté. Je vous en remercie par avance. Ça marche aussi pour la « supposée victime ». On pourrait aussi la décrire comme la « soi-disant » victime, la « victime (auto)déclarée » ou « prétendue victime ». J’admets que ces termes introduisent peut-être une suspicion malvenue sur les affirmations de la victime, qu’on n’a pas lieu de tenir ainsi à distance de notre compassion potentielle… Ce sont pourtant des termes exacts, auxquels il serait bienvenu de familiariser le lectorat plutôt que de l’entretenir dans le mésusage de l’expression « présumé coupable ».

    Maintenant que cette impropriété vous saute aux yeux, ça ira forcément mieux.

    Je retourne à la lecture de votre article que je n’ai pas encore terminée.

    Bien à vous,
    L’Ankou

    Aliocha : vous avez raison, c’est une aberration pure. Mais je continue de penser que cette sottise a été inspirée par la loi présomption d’innocence et qu’elle vient du ministère de la justice, mais c’est à peine une ombre de souvenir, impossible d’en retrouver l’origine exacte.

    Commentaire par An Ankou — 19/05/2011 @ 22:53

  23. La présomption d’innocence est effectivement une vieille idée puisqu’elle est présente dans la première déclaration des droits de l’homme édictée par la révolution de 1789. Ce sont les lois Guigou qui ont remis à l’honneur cette notion avec une série d’obligations concrètes.

    Les journalistes ont tort bien entendu de croire, depuis ces lois, qu’il suffit de parsemer leurs articles de « présumé » pour être dans les clous. Le juge des référés (procédure de l’urgence et de l’évidence) peut d’ailleurs exiger, sur la demande d’une personne mise en cause, de corriger un article trop à charge. Car le problème est bien là: si on « normalise » l’information jusqu’au moment où toutes les voies de recours sont épuisées (puisque la personne n’est définitivement coupable qu’à l’épuisement des délais d’appel, de cassation, etc), on ne parlerait plus de rien.

    Une ordure qui se suicide ne pourrait par exemple être citée puisque, juridiquement parlant, l’action de la justice est éteinte et elle est définitivement innocente, c’est-à-dire non condamnée. Fourniret, le serial violeur et killer de jeunes filles, ne serait pas nommé jusqu’à la fin de ses procès. Sans parler des gens qu’on ne retrouve pas (celui qui a vraisemblablement tué sa famille à Nantes) qui sont présumés innocents. Imaginons un enfant enlevé où l’on diffuse la photo et le signalement d’un suspect et qui pourrait dire que c’est un scandale car il est présumé innocent. Etc. D’autant que, dans tous les cas que je viens de citer, on peut faire, de bonne foi, des erreurs.

    Je pense que la présomption d’innocence, en pratique, requiert une certaine honnêteté du journaliste (et de la place pour écrire les articles car les nuances, c’est long). D’ailleurs, la loi (qui autorise les référés que je citais plus haut) décrit ce processus: éviter les exagérations, donner la parole au suspect et indiquer qu’il nie, ne pas être définitif, indiquer que la personne n’est pas encore jugée, que l’enquête n’est pas terminée, etc.

    Quant au terme de « présumée victime », il n’est pas nouveau. On l’utilise parfois (généralement avec la désapprobation de nos collègues journalistes) dans une affaire sexuelle qui nous semble louche… Car, selon que l’on est grand ou misérable (voir l’affaire d’Outreau), la présomption d’innocence est à géométrie variable.

    Commentaire par didier specq — 20/05/2011 @ 03:17

  24. Sans vouloir casser le moral des troupes, il faut signaler aussi qu’une affaire DSK est probablement impossible en France.

    Imaginons une agression, dans un palace français, perpétrée peut-être par une star internationale de la politique sur une femme de ménage à temps partiel qui ne peut produire, à titre de « preuves » immédiates, que quelques griffures et ses pleurs. Je n’arrive pas à m’imaginer que, dans les minutes qui suivent, des équipes spécialisées de la police et du procureur débarquent avec une batterie de tests ADN, découpent la moquette pour tenter de trouver de la salive ou du sperme, bloquent les entrées de la chambre, interrogent tout le monde et coincent illico l’innocent jamais condamné dans son TGV ou son avion avant d’opérer des tests sur ses fringues, sa peau, son téléphone, etc.

    Par contre, dans les minutes qui suivent le dépôt de plainte, j’imagine très bien le coup de téléphone du procureur (averti par la police) qui lui-même avertit la chancellerie afin de demander des instructions. Et j’imagine très bien les conseils de prudence de la chancellerie pendant que les éventuels et si tenus éléments de preuve disparaissent dans la chambre d’hôtel ouverte à tous les vents… Entendons nous bien: je parle d’une supposée agression sans trop de dégâts physiques où la preuve est difficile à rapporter et où un procureur raisonnable peut même douter qu’elle ait existé.

    Commentaire par didier specq — 20/05/2011 @ 03:33

  25. @An Ankou,
    Pourquoi ne pas dire tout simplement « plaignant(e) », plutôt que d’employer des termes dont vous reconnaissez vous-même qu’ils jettent la suspicion ?

    Commentaire par XC — 20/05/2011 @ 07:39

  26. Bonjour,

    D’accord avec vous, M. Specq. Au-delà du substitut et des policiers et gendarmes en charge immédiat de l’affaire, imaginons la pression (médiatique?) sur le JI ou le JLD (voir mon poste plus haut). Allons plus loin, imaginons le même évènement à l’intérieur du Château (pas de Versailles, l’autre) impliquant celui en charge du pays??? En attendant, c’est notre président qui doit être content, les jurés populaires sont très décidément très sévères (voir les chefs d’inculpation retenus)!!!

    Désolé Aliocha mais j’ai trouvé ces précisions intéressantes dans la presse, non pardon, sur le web: http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2011/05/20/je-decouvre-la-prison-privee.html#comments

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 20/05/2011 @ 07:39

  27. @Aliocha: Je vous approuve quand vous dites qu’il ne faut pas relayer des rumeurs. En revanche, les rumeurs d’actes, sinon illégaux, du moins dénotant un grave manque de respect et de retenue envers les femmes, auraient pu, auraient dû déclencher une enquête.

    Commentaire par DM — 20/05/2011 @ 09:22

  28. @DM : yep, mais pour enquêter, encore faut-il juger qu’une enquête est nécessaire. En d’autres termes, on voit bien ici que le journalisme est le miroir de la société. Le débat ne concerne donc pas uniquement les journalistes mais tout le monde. Si vous suivez l’actualité de la CNIL et les déclarations d’Alex Turk par exemple, vous verrez que la protection des données personnelles et donc de la vie privée est un sujet beaucoup plus sensible en France qu’aux Etats-Unis. En fait, tout nous ramène à la question de la transparence dans cette affaire. Enquêter ou non sur la vie privée, si oui jusqu’à quel point et dans quels cas, aborder ou non la vie sexuelle des politiques, montrer ou non une personne menottée, faire une différence ou pas en fonction de la position de la personne arrêtée, faire entrer ou non les caméras dans les prétoires, révéler ou non l’identité de la victime et son adresse, montrer sa photo ou pas etc.

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/05/2011 @ 11:02

  29. A propos de la toute-puissante com’ (si chère à Aliocha) : de Nicolas Beau, journaliste :

    La soumission de la presse au monde de la communication ne permet pas au simple citoyen de comprendre des séismes comme la chute de Ben Ali ou l’effondrement de DSK. Deux tiers des Français qui croient aux théories du complot dans le drame humain du patron du FMI, voici un terrible signal d’alarme. C’est à une presse indépendante, débarrassée des fabricants d’icônes, qu’incombe la charge de raconter notre monde et de le rendre intelligible.
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/20/affaire-dsk-l-inquietant-pouvoir-des-communicants_1524821_3232.html#ens_id=1522342

    Commentaire par toto — 20/05/2011 @ 11:38

  30. Et personne n’est choqué par le fait que ces derniers jours, la presse ait abondamment parlé d’un sondage « montrant » que 57% des français pensent que DSK est victime d’un complot ?…

    Alors on fait des sondages sur la culpabilité des gens maintenant ?… C’est sûr que c’est moins fatigant que d’enquêter réellement, mais quand un sondage remplace l’information, c’est vraiment que la presse va mal !

    Commentaire par Arnaud — 20/05/2011 @ 11:40

  31. D’après mon dico
    Le sondage se fait à l’aide d’un instrument cylindrique long et fin, plein ou creux… ça nous ramène à qui vous savez !

    Commentaire par arbranesque — 20/05/2011 @ 12:58

  32. @Arnaud

    « quand un sondage remplace l’information, c’est vraiment que la presse va mal ! »

    Pas nouveau, il n’y a que la presse française pour manifester une telle appétence pour des sondages réalisés à chaud, qui n’apportent qu’une stricte photographie de l’opinion à un instant donné, et rien de plus. Le pire dans ce sondage est que les Français se voient ainsi rabaissés au rang de psychotiques à tendance paranoïaque, alors que les « 57% des Français » regroupent des fractions de sensibilité d’une tonalité variable: penser – à l’instar de BHL (1) – que « oui, sans nul doute, DSK est victime d’une conspiration » reste une opinion bien différente que « oui, peut-être » (car à ce stade aucune hypothèse n’est à exclure).

    (1): pour paraphraser un commentateur américain, je dirai simplement que BHL est devenu l’embarras national n°1 devant Johnny Halliday. Il est temps que le bonhomme se retire sur ses terres, çà lui fera des vacances et à nous aussi.

    Commentaire par Switz — 20/05/2011 @ 13:33

  33. Le debriefing exceptionnel du web-médiateur du Monde : http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/05/20/affaire-dsk-le-proces-des-journalistes_1524766_1522571.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 20/05/2011 @ 14:46

  34. Bonjour Aliocha, question incidente : vous écrivez « Que les journalistes sont majoritairement de gauche », ce qui est une affirmation qu’on lit souvent sous des plumes diverses. A-t-elle été un jour étayée par une enquête (si possible au 21ème siècle) qui nous permette d’en mesurer la validité ? Sinon pensez-vous qu’elle soit réellement fondée ?

    Merci !

    Aliocha : je n’ai pas de statistiques, excepté les miennes, la quasi-totalité des journalistes que je cotoie depuis 15 ans sont de gauche.

    Commentaire par Hub — 20/05/2011 @ 16:46

  35. Bonjour,

    Je pense que la culture française de respect de la vie privée est tout à fait justifiable. Ce qui me choque, en revanche, c’est le revirement opéré. Que l’on nous dise que les histoires précédentes de DSK relevaient de sa vie privée et n’avaient pas forcément à être mises sur la place publique, soit. Mais que, une fois l’accusation portée contre lui, tout le monde se déchaîne et sorte toutes les affaires qu’il connaît (l’Express, le Point…), je trouve cela très choquant.
    Si l’on refuse de publier des informations sur le plan de l’éthique, alors on doit refuser de le faire sur toute la ligne. Parce que là, c’est vraiment tirer sur une ambulance. La présomption d’innocence brandie… mais vite massacrée derrière par les fonds de tiroir. Et le tout en insistant sur la « victime présumée » ou le « présumé violeur ». Non : il n’est pas « présumé violeur », il est présumé innocent, et accusé de viol.
    En outre, cela ne fait à mon sens que renforcer l’impression que finalement, le petit monde médiatico-politique savait, mais pas le petit peuple, et que finalement on consent à délivrer cette information, au compte-goutte.

    Je ne serais donc absolument pas aussi positif que vous, concernant l’auto-critique ou l’auto-contrôle d’une partie de la presse.

    Aliocha : vous pointez là un autre travers des médias, le déboulonnage des idoles. La presse commence par porter aux nues, puis elle se retourne et massacre. C’est le cas par exemple d’Ingrid Betancourt. Je me souviens d’en avoir parlé avec un journaliste d’un newsmagazine, au moment où, après sa libération, son image a commencé d’être égratignée par ses ex compagnons de captivité. Je lui confiais qu’une de mes amies avait fait sciences Po avec elle et en gardait le souvenir d’une femme arrogante, désagréable, persuadée qu’elle aurait un destin d’exception. « Nous le savions me répondit-il, mais on ne déboulonne pas une idole ». En tout cas pas avant qu’elle ne soit à terre, pourrait-on compléter. Pourquoi ? That’s the question. S’agissant de DSK, j’y vois de l’amour et de l’espoir déçu, de la culpabilisation de la part de la presse qui s’en veut de son aveuglement, et quelque chose de plus sombre aussi, il faut bien l’avouer, l’homme du temps de sa puissance était intouchable. Maintenant qu’il est à terre….

    Commentaire par Tom — 20/05/2011 @ 19:11

  36. Où est le bien, où est le mal ? Vaste sujet en effet !

    L’affaire DSK est, intrinsèquement, une affaire banale. Les affaires de moeurs sont le pain quotidien de nos tribunaux.

    Et on peut légitimement se demander, non seulement si les journalistes (et politiques) n’auraient pas dû nous alerter plus énergiquement sur les façons de Strauss-Kahn, mais aussi pourquoi nous ne nous alertons pas plus énergiquement sur les débordements dont notre société si développée, si rationnelle, si fière d’elle-même… est le lieu. La responsabilité individuelle est une chose, la responsabilité collective en est une autre.

    Si l’affaire DSK est intrinsèquement banale, la personnalité de l’accusé et l’intérêt planétaire qu’elle suscite la rendent littéralement extraordinaire.

    Et donc là aussi responsabilté collective : c’est nous, ce sont nos regards, c’est notre intérêt passionné… qui la rendent exraordinaire. Nous sommes tous les acteurs du drame qui se joue. Car c’est un drame, un drame dont ni la plaignante, ni ses proches, ni l’accusé, ni ses proches ne sortiront indemnes.

    La recherche de la justice, la recherche de la vérité justifient-elles cela ?

    Et rien ne semble pouvoir empêcher ce désastre annoncé…

    Commentaire par DMonodBroca — 20/05/2011 @ 20:15

  37. @DMonodBroca

    juste en passant, l’affaire dsk n’est pas une affaire de moeurs!! on parle de viol, même si ça reste encore à prouver.

    Commentaire par Romane — 20/05/2011 @ 22:42

  38. Le débat sur la place du curseur à régler en fonction du respect de la vie privée des politiques n’est pas nouveau et instruire le procès de la presse n’est pas justifié, me semble-t-il, même s’il rejaillit en raison de l’affaire DSK.

    La presse n’a pas besoin d’être attaquée ni qu’on la défende !

    J’ai entendu, ici ou là, que le principe serait trop restrictif.

    Pourtant, il y a des livres, des articles de journaux, des publications qui font état de la vie privée des politiques lorsqu’elle interfère dans la sphère publique.

    La « sphère d’intimité » chère au doyen Carbonnier prend sa place exacte en droit : c’est vraiment le droit à l’intimité de la vie privée.

    Et, comme le rappelle Raphaëlle Bacqué lorsque qu’il y a interpénétration vie privée/vie publique c’est un devoir de révéler ce qui a un impact.

    D’ailleurs, son livre d’investigation écrit en collaboration avec Ariane Chemin et intitulé « La Femme Fatale » (Ed. Albin Michel, 2007), à propos du couple Royal/Hollande lors de la campagne présidentielle, a fait l’objet d’une action en justice pour atteinte à l’intimité de la vie privée et diffamation, ça n’a pas empêché de voir les plaignants déboutés.

    Quand j’ironisai sur la boule puante le 12 mai sur votre blog, à propos de la photo de la Porsche, c’est bien dans un livre que j’ai eu l’information selon laquelle DSK était décrit comme « séducteur obsessionnel, entreprenant, voire inconvenant compulsif ».

    J’étais loin d’imaginer que la boule puante que vous évoquiez allait se réaliser 3 jours plus tard de manière planétaire ! J’en demandais pas tant !

    Commentaire par Le Chevalier Bayard — 20/05/2011 @ 23:57

  39. @Hub

    Si, si, des sondages ont déjà été effectués et ils confortent l’opinion personnelle d’Aliocha: la majorité des journalistes, à la base, est de gauche. Mais à mon sens, il faut préciser qu’il s’agit d’une gauche, disons, sociétale: ils sont pour le mariage homo, la légalisation du cannabis, la paix dans le monde, ne pas laisser couler l’eau pendant qu’ils se lavent les dents mais pour les voyages en avion aux Maldives, l’abbé Pierre, l’Europe, la suppression des frontières, etc. Mais ils sont en général très loin des réalités sociales, populaires, syndicales, agricoles, ouvrières. Disons que c’est souvent une gauche D.S.K.

    Commentaire par didier specq — 21/05/2011 @ 18:48

  40. Selon le sondage du CSA, 57% des français croient au complot visant à inculper DSK pour tentative de viol. Subitement, les français , choqués que leur futur président annoncé puisse avoir un comportement odieux, pensent à la manipulation concernant une gaudriole quasi anecdotique face au bilan désastreux du FMI.

    Abracadabra ! Les complots n’existent pas sauf quand ils existent !

    Le mystérieux sondage CSA souhaite défendre Dominique-nique-nique et
    s’approprie l’opinion française pour blanchir les sous-vêtements du FMI à
    moindre frais. Le mot interdit est lâché,  » C-O-M-P-L-O-T  » Mais alors on
    nous aurait menti, les braves gens de la politique, acharnés à apporter tout
    le bonheur possible à leur concitoyens, font parfois des coups en douce ? Mince
    alors, nous étions persuadé de l’éthique irréprochable de nos élus et
    élites.

    Petit Flashback rapide sur le sacro-saint reportage de Canal +  » Un an avec
    Dominique Strauss-Kahn « , un brave homme de gauche compétent et si altruiste
    qu’il aide tous les pays du monde en difficulté, et brasse même la salade
    dans sa cuisine en compagnie de sa chère et tendre épouse qu’il aime plus que
    tout au monde. Quel dévotion, quelle fidélité, que de bravoure et
    d’héroïsme, la France va enfin trouver une alternative à la droite
    capitaliste en 2012, à défaut d’être élu par les français, DSK serait élu
    par les sondages et par les média. Nous sommes sauvés !

    A quelques détails près, les humanistes à la Jacques Attali, les adeptes du
    micro-crédit, financent les pauvres gens méthode  » FMI-style  » ils ne
    donnent pas de l’argent, ils en prêtent comme n’importe quelle banque.
    C’est-à-dire ils prêtent de l’argent qu’on a volé aux européens, pour
    récupérer et mettre dans leur poche les intérêts de ces emprunts. Ils
    conseillent à la Grèce de vendre des îles, leurs ports ou de démolit leurs
    salaires, conseillent aux africains affamés de produire du coton plutôt que
    des céréales, ainsi que de privatiser les entreprises les plus rentables. Bien
    évidemment, le but est on ne peut plus honorable, réduire la dette abyssale
    des pays étranglés au lieu de s’attaquer aux racines du problème : la
    création monétaire aux mains de Monseigneur Benjamin Schlomo Bernanke.

    Diantre, il n’y a pas complot, le FMI sauve des pays, il ne les rackette pas,
    cela coule de source.
    Quand Attali et DSK appelle ouvertement à la gouvernance globale, il n’y pas
    complot, car Nicolas Pal Stéphane Sarközy de Nagy-Bosca appelle lui aussi au
     » Nouvel Ordre Mondial  » Ce sont des gens de gauche, pas de droite, il y a les
    roses et les bleus, comme un match de foot, il est impensable qu’ils
    s’arragent sur le résultat.

    Quand Jacques Servier est décoré d’une prestigieuse récompense pour
    empoisonner les français, sous couverture médiatique, il n’y a pas complot,
    pas plus que pendant l’épidémie dévastatrice de la grippe A, où les
    français, convaincus de la parfaite impartialité de Roselyne Bachelot-Narquin,
    se sont vaccinés à un taux d’à peine 5%.

    Quand des terroristes islamistes djihadistes détruisent très habilement trois
    tours avec deux avions, et attaquent le Pentagone, miraculeusement les caméras
    tombent en panne. Il n’y a pas complot, tuer un million d’irakiens et des
    milliers de civils afghans et seulement une conséquence parallèle, l’avion de
    la CIA blindé de cocaïne de retour en Afghanistan est bien entendu, une
    exception.

    Quand les français, irlandais, hollandais refusent le traité européen et que
    malgré cela, leurs élus, qui sont sensés les représenter, votent le texte,
    puis osent redemander un second vote histoire de confirmer que vraiment, ce sont
    les machines à voter qui se sont trompées, pour une fois dans le mauvais, il
    n’y pas complot, c’est la démocratie européene droit-de-lhommiste qui
    s’exprime pour la paix.

    Quand les principaux personnages médiatiques et politiques d’un pays se
    réunissent dans le secret au diner du siècle, il n’y pas complot. Leur
    intégrité est indiscutable, David Pujadas doit bien entendu être au courant
    de quoi il parle, il prépare sa reconversion du public au privé. Tout comme
    TF1 qui est loué automatiquement à Bouygues, ce n’est pas un cadeau, mais dû
    à leur extraordinaire compétences et sens du professionalisme.

    MAIS, quand DSK se fait attraper pour une drague un peu trop osé, il y a
    COMPLOT. C’est sur et certain les français l’ont dit et ils ne sont pas
    idiots ! Il s’est fait piégé par un complot des capitalistes parce que lui il
    vaut sauver le monde. Certes l’agent secret qui l’a dragué savait qu’il
    avait déjà eu des pulsions pour Tristane Banon et Piroska Nagy, mais agent
    secret ou pas, il fallait pas tomber dans le panneau.

    Complot ou pas, il n’est pas difficile de s’en débarrasser vu les
    casserolles qu’il traine. On se débarrasse de lui tel un Sadam Hussein, Eric
    Woerth, Obama Ben Laden.

    Plus attiré par les fesses des secrétaires que les comptes de Washington, DSK
    gère le monde comme Berlusconi gérerait l’UNESCO. C’est beau d’être riche
    et invincible, quand y a la crise, mêmes les criminels doivent se creuser la
    tête pour bosser, quand on ne sert plus M. Rotschild, on dégage !

    Commentaire par robin — 22/05/2011 @ 09:10

  41. « Il faut bien reconnaître à l’actif de notre presse un réel effort de respect de la présomption d’innocence. »

    Il est vrai que les médias ont fait de réels efforts pour ne pas diffuser en boucle et en toute illégalité les images du suspect menotté. Mais en vain, le naturel était trop fort.

    « Les médias fonctionnent en osmose avec la société. »

    C’est peut-être le discours de légitimation que se répètent quelques journalistes, mais il est juste faux. Je n’ai pas vu d’ « osmose » pendant l’affaire Polanski… Des enquêtes montrent régulièrement le peu de confiance de la société à l’égard de ces journalistes. De plus, maintenant l’osmose est telle, que quand les journalistes parleront d’un candidat, on pourra se dire : ils nous cachent encore quelque chose. Les médias qui sont censés informer ont réussi ce tour de forcd de se présenter aujourd’hui comme une source de propagande et de mensonges permanents.

    Commentaire par londo — 22/05/2011 @ 15:03

  42. chère hôtesse,
    votre votre commentaire à mon intervention en 13
    « jusqu’à la transgression pénale, ce qui nous ramène à Raskolnikov, considérant dans crime et châtiment que les lois sont faites pour les gens ordinaires et que les êtres d’exception ont le droit, voire le devoir de les ignorer au nom de leur supériorité « .
    hé, oui.
    Pour en être convaincu, l’hallucinante intervention/plaidoyer de R Badinter à l’émission (consternante) de Pujadas jeudi dernier. R Badinter, illustration de l’aristocratie autoproclamée, de ces gens qui « se considèrent ontologiquement supérieurs au reste des gens » (Ph Meyer in Esprit public).
    La fin, on la suppute: c’est pas vrai, c’est pas moi, c’est pas grave (combien de millions €?).

    Commentaire par araok — 23/05/2011 @ 11:05

  43. Que Jack LANG se soit confondu, une fois de plus, pour ça et/ou pour autre chose … Sur la fin du temps de Tonton, il prenait déja peu de précautions … et depuis que Mr le Président le fait danser au dessus d’une boite en rotin en lui jouant de la clarinette …
    Qu’un type comme R-BADINTER ait pu se fourvoyer dans une telle démarche de soutien aveugle et presque repoussant à l’ami DSK: ça, ça me laisse pantois. Il restera une de mes références, mais il va descendre d’une étagère ou deux dans mon Panthéon.
    Les microcosmiques de haut vol commencent à se faire (très) vieux …

    Un grand moment de mes interrogations sur le journalisme à la française, en début de ce week-end denier: DSK assigné à résidence à NY, dans le cadre de cet incroyable, incommensurable, ineffable … immarescible, fluorescent (et pourquoi pas?)… cataclisme traumatisme séisme international, que le monde entier il a les regards tournés vers NY et qu’il envoie des lettres de soutien à la France; des journalistes du monde entier (vraisemblablement surtout européens) commencent à causer un trouble à l’ordre public en s’entassant au pied du bâtiment (et flics et barrières et barrages et … foutoir); et vas-y qu’on interroge tous les résidants habituels du bâtiment qui veulent bien causer quand ils sortent … et que le premier montré, un gars d’une trentaine d’année explique: « ouh lala je sors de chez moi ce matin et touça touça! mais j’aurais jamais cru! »; suivi d’une blonde tout aussi étonnée du foutoir mais qui elle, depuis 10 jours que l’Amérique, NY, et le monde entier, ne sont sensés parler que de ça et suivre tout ça, est à peine au courant du procès, et qui renvoie au journalistes qui lui expliquent rapidement les raisons du bobinar: « ouh lala!! mais je ne suis plus qu’à moitié tranquille tout à coup de savoir qu’on a assigné à résidence dans mon immeuble un gugusse comme ça »!

    Avez-vous anticipé sur le moment où le procès DSK va s’arrêter parce que transaction secrète, ou parce qu’il va aboutir à un acquittement? Ca va encore être un drôle de moment médiatique et national (si ça ne tombe pas le jour de l’accouchement de Carla à l’Elysée).
    Ses avocats ont sorti de la vase M- JACKSON et OJ SIMPSON. L’affaire DSK n’a l’air bien plus trappue.

    Commentaire par Grantumu — 23/05/2011 @ 16:23

  44. Mais que se passe-t-il ???

    Il n’y a même pas 10 jours l’affaire DSK débordait de toutes les unes et étouffait toutes les autres nouvelles…

    Et aujourd’hui, juste après avoir appris que DSK avait écrit une longue lettre à ses pôtes du FMI pour faire part de « sa profonde tristesse et de sa frustration d’avoir à quitter l’institution dans ces circonstances « , et accessoirement clamer son innocence, voilà qu’on entend (en petit bruit de fond lointain) que des traces de spermes de DSK auraient été retrouvées sur le chemisier de la femme de ménage…

    Et pourtant, c’est à peine si les journaux tv, radio et presse nous parlent encore de DSK, après s’être largement étalé sur la sécheresse, le volcan islandais, les boites noires du vol rio-paris, un joueur de tennis classé 150.ème qui a gagné 10 places à Rolland-Garros, le festival de Cannes, la tornade au usa, les pauvres biquettes d’une bergère d’une vallée d’Alsace qui n’ont plus de lait, …

    Bref, on dirait même qu’on nous présente des sujets les plus éloignés possible de cette affaire !

    J’ai même entendu aux infos qu’une étude scientifique aurait enfin mis en évidence le gène de l’homosexualité chez un escargot d’amazonie… Quelqu’un peut-il confirmer cette découverte extraordinaire ?

    Commentaire par Oeil-du-sage — 24/05/2011 @ 14:32

  45. @Oeil-du-sage

    Merci pour cette dernière info, mais je peine à comprendre la notion d’homosexualité lorsqu’elle s’applique à un animal hermaphrodite.

    Le fait qu’on ne parle plus de DSK en ce moment atteste peut-être que l’homme est définitivement sortie de l’histoire – par la petite porte, en l’occurrence – au terme d’une des déchéances les plus brutales de l’actualité récente.

    Commentaire par Switz — 24/05/2011 @ 15:46

  46. ah la la ! l’argument de la la droite « mais ils n’ont même pas eut un mot pour la victime » ! Quelle hypocrisie !

    Outre qu’il ne convient pas de parler de victime, ce qui bafoue la présomption d’innocence, comme le précise Eolas, le même écrit ceci que je cite :

    Dominique Strauss-Kahn est une personnalité de premier plan, qui a des amis qui peuvent être sincères dans l’affection qu’ils lui portent, peu importe qu’elle soit parfois mâtinée d’arrières pensées politiques. À chaque fois qu’une personne est accusée de quelque chose d’incroyablement grave, ses proches ont le réflexe naturel de refuser de croire que c’est seulement possible. Le premier réflexe est de protéger, de voler au secours, parfois maladroitement, telle cette épouse croyant voler au secours de son mari accusé de braquage et qui ne trouva rien de mieux à dire à la barre de la cour d’assises : “Assassin, peut-être, mais voleur, sûrement pas !”

    Des réactions maladroites, voire complètement idiotes ont eu lieu. La plupart de ceux qui les ont tenues se sont rétractés ou ont exprimé leurs regrets en réalisant l’absuridté de leurs propos. Mais il y a une réaction à la réaction qui me paraît totalement déplacée et qui fleure bon son Tartuffe. C’est le refrain du “vous n’avez pas eu un mot pour la victime”. La palme revient sans doute à Laurent Joffrin, opportunément soutenu par Franz-Olivier Gisbert s’en prenant à Robert Badinter jeudi soir sur France 2. On sent les éditorialistes qui savaient que DSK avait un problème relationnel avec les femmes et qui tentent de se racheter une virginité en jouant les sycophantes.

    Le terme de ‘politiquement correct” est souvent galvaudé, mais là on est plein dedans.

    Oui, il est permis, quand on a des sentiments d’amitié pour quelqu’un qui est accusé d’un crime, de se soucier de lui, de rappeler qu’il est présumé innocent, et par conséquent de ne pas verser des larmes de crocodile sur la personne qui l’accuse. On peut être convaincu, irrationnellement puisque sans se reposer sur des éléments objectifs dont on ignore tout, de l’innocence d’un ami. Ce qui implique de penser que la plaignante n’est pas et ne sera jamais une victime. La décence invite uniquement à ne pas accabler cette personne dont on ne sait rien, parce qu’on peut se tromper sur un ami, et le mieux à faire pour cela est de ne pas parler d’elle. Cette attitude est tout à fait morale et même recommandable. Et le fait d’interpréter ce silence comme la preuve irréfutable d’un mépris ne mérite que ce dernier sentiment en retour.

    Quand j’appelle une mère pour lui annoncer que son fils est à Fleury, elle n’a jamais un mot pour le plaignant éventuel. Elle ne se soucie que de son fils. Dois-je donc l’engueuler, monsieur Joffrin ?

    Commentaire par alithia — 24/05/2011 @ 21:07

  47. De la connivence (instrumentalisation serait-il plus correct?) des medias et des hommes politiques: une magnifique illustration, par Denis Jeambar
    http://mai68.org/spip/spip.php?article2841 ou
    http://www.inversalis-productions.eu/blog/2011/05/dsk-ce-quil-disait-a-%C2%AB-marianne-%C2%BB-il-y-a-trois-semaines/
    Vendredi 29 avril 2011.13 heures. Un salon particulier d’un restaurant dans le XVIIe arrondissement de Paris. Dominique Strauss-Kahn boucle dans ce trois-étoiles un ultime tour de chauffe médiatique français avant de se lancer officiellement dans la bataille de la primaire socialiste à la fin du mois de juin prochain.
    Pour autant, il fixe les règles du jeu. Un off complet. L’engagement est pris autour de la table de ne rien dévoiler des échanges qui vont avoir lieu. Il sera respecté. Evidemment, les événements de New York délivrent notre parole et rendent même nécessaire de publier la teneur de cette conversation pour mieux éclairer la personnalité de DSK.

    Et pourquoi les événements les délivrent de leur parole?
    Enfer et putréfaction!

    Commentaire par araok — 24/05/2011 @ 21:47

  48. Tiens, pour faire bonne mesure,un élément du florilège:
    « Le masque est tombé. Plus de propos allusifs. Si la requête est choquante, elle a le mérite d’être claire et de montrer la conception qu’a Dominique Strauss-Kahn de la presse : c’est un rapport de soumission qu’il sollicite, un engagement militant. »

    Et marianne s’est exécuté, off course…

    Commentaire par araok — 24/05/2011 @ 21:56


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