La Plume d'Aliocha

09/03/2011

Je twitte donc je suis…l’actualité !

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 11:27

« Tu es sur Twitter, tu vas voir, ça va te lasser, moi je n’ai pas compris à quoi ça servait ! »

« Ah, bon, tu as un compte Twitter, mais ça sert à quoi ? »

« Moi je n’y suis pas, je n’ai pas le temps de gazouiller »

Voilà à peu près quelles ont été les réactions de mon entourage quand je leur ai confié avec ravissement ma nouvelle aventure webesque. Geeks de tous pays, inutile de ricaner, oui, c’est nouveau pour moi, donc je vais expliquer candidement à de plus novices encore, à quoi cela peut bien servir. Et comme on sait que les français utilisent encore peu twitter, la goutte d’eau de mon ignorante contribution ne pourra que s’ajouter utilement à l’océan de votre savoir. Personnellement, quand un article pédagogique sur Twitter commence par « c’est un outil de microblogging », je décroche. Alors faisons simple, ce qui ne vous empêche pas de me corriger si je dis des bêtises.

Un outil extrêmement simple et intuitif

D’abord, l’ouverture d’un compte ne prend que quelques secondes, un nom ou un pseudonyme, une adresse e-mail, un mot de passe et, si on le souhaite, une photo personnalisant le compte pour éviter de se voir attribuer un oeuf, par défaut. L’une des qualités de Twitter, c’est qu’on échappe  à l’interrogatoire serré de Facebook qui exige de savoir jusqu’à la taille de vos chaussettes, ce que je trouve inadmissible. Non pas que j’aie de grands pieds, je chausse du 37, mais protégeons nos données personnelles, par pitié !

Ensuite, on s’abonne à tout ce qui répond à ses centres d’intérêts. En ce qui me concerne, mes blogueurs favoris, les organes de presse, et des institutions type Sénat, CNIL etc. Il suffit de taper le nom dans la fenêtre de recherche en haut de la page. S’affichent alors sur la droite tous les comptes Twitter liés à la recherche, c’est-à-dire toutes les institutions qui délivrent de l’information via ce canal. On clique sur celui qui intéresse, on vérifie qu’il s’agit du bon profil et on s’abonne.

Une remarquable source d’information en temps réel

Instantanément les informations se mettent à défiler. Un mot à mes confrères journalistes free lance. N’hésitez pas une seconde, c’est un moyen remarquable d’être connecté en permanence et en temps réel à l’information. Un genre de fil de dépêches comme on peut en avoir dans une rédaction. Vraiment très utile.

De la même façon qu’on s’est abonné à des comptes, d’autres vont s’abonner au nôtre puisque Twitter offre  la possibilité d’envoyer ses propres messages.  On peut donc y signaler et commenter l’actualité, dans la limite de 140 signes, ce qui ne déstabilisera aucun journaliste, la synthèse nous y sommes habitués. Les utilisateurs combinent mots d’esprits et liens, l’idée étant toujours d’informer.

Pour tweeter une page web, il suffit de cliquer sur le logo de Twitter (vous l’apercevez en bas de ce billet, ce peut être aussi un simple « t » bleu), la plupart des sites affichent cette fonction.  Apparait alors une fenêtre avec le lien de la page qui vous intéresse, en version raccourcie pour économiser des signes puisque le lien va dévorer une partie des 140 caractères que comprend un tweet. On y glisse son texte, éventuellement à la place de celui qui y figure déjà, et on envoie. Si la page ne propose pas d’outil de partage, on copie le lien et l’ on utilise un « raccourcisseur » d’URL, par exemple celui-ci.

Il est possible de répondre à un tweet, la fonction s’affiche dans la fenêtre en bas, ou bien encore de le retweeter, c’est-à-dire de l’envoyer à tous ses abonnés.

Une incitation à faire des mots d’esprit

Les utilisateurs de Twitter ont eu un remarquable prédécesseur en la personne de Felix Feneon dont j’avais déjà parlé sur ce blog. C’était un journaliste, collaborant au Matin, doté d’une faculté de synthèse exceptionnelle. Voici quelques unes de ses « Nouvelles en trois lignes » dont le format correspond à celui d’un tweet :

« Madame Olympe Fraisse conte que, dans le bois de Bordezac (Gard), un faune fit subir de merveilleux outrages à ses 66 ans » (123 caractères)

« Allumé par son fils, 5 ans, un pétard à signaux de train éclata sous les jupes de Mme Roger, à Clichy : le ravage fut considérable » (130)

« Le mendiant septuagénaire Verniot, de Clichy, est mort de faim. Sa paillasse recelait 2000 F. Mais il ne faut pas généraliser » (125)

« Congédié mardi par son patron, le 13-ans Godillot de Bagnolet, n’aura pas osé reparaître au logis. Enfant, rentre : on t’ attend » (129)

« C’est au cochonnet que l’apoplexie a terrassé M. André, 75 ans, de Levallois. Sa boule roulait encore qu’il n’était déjà plus »(126)

« A Trianon, un visiteur s’est dévêtu et s’est couché dans le lit impérial. On conteste qu’il soit, comme il le dit, Napoléon IV » (126)

Féneon connait de dignes successeurs sur Twitter, dont un mystérieux Nain_Portekoi, parfaitement désopilant, sans compter les saillies tout à fait savoureuses d’Eolas qui lui ont déjà valu récemment les honneurs des Echos en version papier. Vous pouvez en trouver des exemples sur le site tweets de comptoir.

Twitter permet également d’effectuer des recherches sur un sujet. Le résultat est parfois inattendu. C’est ainsi que j’ai appris hier en fin de journée, qu’une célébrité judiciaire du moment avait déjeuné au bistrot en bas de chez moi quelques heures plus tôt. Las ! J’espérais justement la rencontrer. Loupé. Je prends cet exemple pour montrer que chacun se fait un peu reporter sur Twitter et que l’information y est donc complémentaire de celle que l’on trouve ailleurs. Attention toutefois, comme toutes les informations, celles-ci nécessitent d’être vérifiées.

Evidemment, Twitter à développé une culture que l’on met un peu de temps à appréhender. Beaucoup d’informations figurent dans la fonction « Aide », les autres sont accessibles  sur de très nombreux sites. Mais au fond, rien ne vaut l’expérience, quitte à prendre le risque de se tromper.

Encore un mot. Cela peut devenir très chronophage, surtout si l’on se pique au jeu de commenter en live par exemple une intervention du Chef de l’Etat à la télévision.

A vos tweets !

Note : Les nouvelles en trois lignes de Felix Fénéon ont été rééditées en 2009. Editions cent pages – Cosaques – 432 pages, 28 euros.

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