La Plume d'Aliocha

26/02/2011

Profession : variable d’ajustement

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:45

Hier, les sites lemonde.fr et le post.fr étaient en grève. Motif ? Ils redoutent que la nouvelle équipe de direction ne prépare des réductions d’effectifs. Ils ont des raisons. Car les journalistes en France ont toujours été traités comme la seule variable d’ajustement en cas de difficultés financières. Le coût du papier ? Les groupes de presse n’ont jamais vraiment su le négocier. L’imprimerie et la diffusion ? Entre les mains du syndicat du livre. On ne touche pas à ces gens-là, sinon, ils vous pètent une rotative aussi facilement qu’ils vous pètent la gueule. C’est le dernier bastion du marxisme en France. Les journaux auront disparu depuis longtemps qu’ils continueront à exiger d’être payés à faire tourner les rotatives à vide. Je gage même qu’ils réclameront des augmentations. C’est comme ça mon bon Monsieur, on ne touche pas aux avantages salariaux des camarades. Non mais des fois !

La grande vie, c’est pour nos dirigeants

Et au milieu de tout ce cirque, il y a les journalistes. Sont gentils les journalistes. Plèbe souple et maléable, prête à tout pour avoir le droit d’écrire un papier, à subir la précarité, à multiplier les CDD, à se faire payer en droits d’auteur alors que c’est illégal, à toucher des salaires de misère et encore, versés des mois après la remise du travail. Et prêts à se faire virer quand on ne sait plus comment faire des économies. Ô bien sûr il y a eu longtemps des privilégiés, je n’en disconviens pas. Des légions de journalistes occupant des postes dorés dans des titres prestigieux, mais à l’époque, c’était la grande vie pour tout le monde. Aujourd’hui, la grande vie est réservée aux cadres dirigeants qui s’en mettent plein les poches sous prétexte de tenter de redresser la barre et puis qui se cassent ailleurs quand ils voient qu’il n’y arrivent pas.

Eh bien dansez maintenant !

Désormais, c’est la galère pour presque tous.Alors les journalistes trinquent plus que jamais. Même là où il n’y a plus de frais de papier ni d’imprimerie et de diffusion, c’est encore les journalistes qui paient. Car les éditeurs de presse n’aiment pas les journalistes. Mieux, ils estiment qu’ils n’en ont pas besoin. C’est cher, c’est chiant, et avec tout ce contenu gratuit sur Internet qui n’attend qu’une chose, être exploité, à quoi bon payer des professionnels ? Surtout que l’information ne se vend plus, depuis qu’elle est gratuite sur Internet. Il faut inventer un nouveau modèle et c’est fatiguant intellectuellement. Ce sont les services associés à l’information qui ont une chance d’être monétisables. L’info est devenu produit d’appel, c’est tout. Alors on ne va pas en plus payer pour la produire. Surtout sur le web auquel on continue de ne rien comprendre. Et pourtant, il y a des gens très sérieux et très experts qui ont des solutions à proposer. Des gens qui travaillent dans la presse depuis plusieurs décennies, qui ont développé un vrai savoir-faire. J’en connais, je sais qu’ils ont les solutions pour aborder le web tout en conservant le papier, et rendre tout ça rentable. Mais ça n’intéresse personne. Trop compliqué, trop d’investissements à faire, trop de mauvaises décisions à avouer. Faudrait quand même pas prendre des risques, mieux vaut laisser crever tout ça et invoquer ensuite la faute à pas de chance.

Chers confrères du Monde et du Post, vous payez, nous payons tous, des décennies d’incompétence à la tête des groupes de presse français. Nos anciens dirigeants ont trop longtemps cru à leur talent alors qu’ils surfaient sur un succès dont ils n’étaient en rien responsables. Ils n’ont pas vu venir Internet, ils n’ont pas anticipé ni investi. Ils ont chanté tout l’été. Et c’est à nous qu’on dit aujourd’hui « eh bien dansez maintenant ».

Résister, mais jusqu’à quand ?

Alors on se fait tous embaucher chez l’ennemi, dans les services de communication. Eux aperçoivent bien nos mérites. Ils apprécient nos plumes, nos capacités d’investigation, nos carnets d’adresse, notre connaissance intime du fonctionnement des médias. Il ne se passe pas un jour en ce moment sans que j’apprenne qu’untel est à la com’ d’une grande banque, qu’un autre s’installe à son compte en tant que conseiller en communication, qu’un troisième se lance dans le media training, qu’un autre encore intègre un ministère. C’est l’hémorragie, la débandade. Moi je tiens, mois après mois, parce que je l’aime ce putain de métier, parce que je hais la com’, parce que, comme vous, je préfère galérer dans un boulot qui a de la valeur à mes yeux que d’aller faire la pute sous prétexte d’un salaire garanti et mirobolant chez les marchands de mensonges.

Mais jusqu’à quand ? Combien de temps encore va-t-on devoir subir l’incompétence ? Vivre sur l’idée folle qu’on peut faire de la presse sans journalistes ? Baisser la qualité et s’étonner qu’il n’y ait plus de lecteurs, en refusant d’admettre que c’est tout simplement parce qu’il n’y a plus d’information digne de ce nom ?

Courage confrères. On aura toujours besoin de nous, et même de plus en plus, faut juste serrer les dents, laisser passer l’orage, et continuer de l’aimer ce métier, envers et contre tout.

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58 commentaires »

  1. Bravo ma chère, bravo.
    J’ai à une quinzaine de mètres d’où je suis un IUT d’info/comm. Il serait bon de leur montrer cet article, non ?…

    Commentaire par Triskael — 26/02/2011 @ 11:35

  2. Vous êtes dans la même situation que les infirmières qui, par amour du genre humain, se voient contraintes à une abnégation professionnelle laquelle, au final, cautionne le système.
    Leur utilité et leur dévouement ne sont contestés par personne mais on les gratifie de louanges tout en les exploitant.
    Aux parasites la grande vie, aux autres la médaille en chocolat.
    Et si on arrêtait tout, comme ça, pour voir?

    Commentaire par Denis Ducroz — 26/02/2011 @ 12:04

  3. un journaliste se doit d’être fouille-merde,iconoclaste et indépendant , de toute façon il se fera viré comme les autres quelque soit sa servilité ou sa loyauté !

    un étudiant en maitrise de journalisme m’avait confié qu »il avait un enregistrement de 2009 à berlin de la commémoration de la chute du mur , il refuse de le diffuser parcequ’il veut avoir un poste de journaleux … sur cet enregistrement on voit et on entend surtout que les seuls présidents sifflés sont Poutine et … Sarkozy !

    la crainte d’être tricard à vie dans les rédactions justifie-t-elle à ce point la veulerie et la poltronnerie légendaire des journalistes ???

    les journalistes peureux prennent en otage la Liberté , ils ne meritent que leur sort !

    Commentaire par constant — 26/02/2011 @ 12:19

  4. @ constant : vous rigolez ou quoi ? Au contraire, la presse se jette sur ce genre d’enregistrement comme les abeilles sur le miel. On en a des dizaines d’exemples depuis que Sarko est président !
    Trouvez autre chose pour justifier vos attaques irrationnelles sur les journalistes.

    Commentaire par Tocquevil — 26/02/2011 @ 13:10

  5. « C’est le dernier bastion du marxisme en France. »

    Les dockers, c’est pas mal aussi…

    Les ports français et les journaux auront du mal à s’en sortir…

    Commentaire par araok — 26/02/2011 @ 13:39

  6. En vertu de quel principe les ouvriers devraient ils servir de variable d’ajustement plutôt que les journalistes? Pourquoi devraient ils accepter sans rien dire des conditions de travail aussi déplorables que celles subies par les journalistes?
    Plutôt que de fustiger systématiquement le syndicalisme et de donner une valeur péjorative au terme « marxisme », peut être serait il plus intéressant de réfléchir sur la manière dont ouvriers et journalistes (qui sont les deux catégories indispensables à la production d’un journal) pourraient collaborer en se passant de ces patrons de presse qui « s’en mettent plein les poches ».

    Aliocha : aussi déplorables ? Vous vous foutez de ma gueule ? 6 500 euros mensuels pour un chef de rotative (info 2007) vous trouvez que c’est déplorable comme salaire ? Ils le savent, vos camarades ouvriers des autres secteurs, combien vous gagnez ? Je ne fustige pas le syndicalisme mais les errances du syndicalisme. Et je ne vois aucune différence entre les patrons de presse qui se goinfrent sur le système et les syndicalistes qui se goinfrent de la même manière. Absolument aucune. Dans les deux cas, les excès nous ont mené où nous sommes.

    Commentaire par tolbiac — 26/02/2011 @ 14:09

  7. On assiste à un retour des maréchaux-ferrant et à d’autres types de paysans.
    Que les journalistes vivent une mauvaise passe, c’est certain. J’en sais quelque chose.
    Avouons aussi que si le Livre (qui était aux 32 heures et mieux rétribué que les journalistes, sauf haute hiérarchie) a su résister, même s’il s’est précipité sur les retraites anticipées facilitant des suppressions de poste qui ont bouché l’accès à la profession à sa progéniture, c’est parce qu’il était moins complaisant avec le patronat que les journalistes, souvent un peu trop conciliants, voire flattés des attentions que consentaient rarement les patrons.
    Aujourd’hui, c’est la pub. Autrefois, c’était les fausses nouvelles boursières rétribuées, les rumeurs (ou le chantage : comme chez Édouard Drumont et sa Libre parole ; naguère ou déjà antan ?).
    Je suis en fins de droits, je tente de m’en contenter, et je ne cherche pas à me faire embaucher au Post (qui n’y tiendrais certainement pas, et pour cause…).
    Peut-être faut-il brûler ses vaisseaux, tenter autre chose, autrement, et ne plus rien attendre des patrons.

    Commentaire par Jef Tombeur — 26/02/2011 @ 16:02

  8. Ceux que le sujet intéresse peuvent consulter ce mémoire d’un étudiant de Sup de co Reims, pas mal fait du tout. Page 9, ils trouveront la répartition des coûts dans un quotidien. De 15 à 25% pour la rédaction, c’est-à-dire la production du contenu intellectuel et sa mise en forme, et de 30 à 50% pour la fabrication et la distribution par les amis du Livre. Il me semble que les chiffres parlent d’eux-mêmes….

    Les entretiens à la fin du mémoire, notamment avec Eveno sont intéressants.

    Commentaire par laplumedaliocha — 26/02/2011 @ 16:28

  9. Sincèrement, tous ceux qui ne sont pas journalistes et qui, de surcroît, n’ont pas été pigistes ne peuvent comprendre entièrement ce que vous dites, Aliocha. C’est un beau métier mais exercé par beaucoup de connards. J’englobe les dirigeants, les rédac chefs, les profs des écoles de journalisme (ça aussi, quelle imbécillité). C’est un beau métier mais débordant de nullités ou d’escrocs (que dire de tous les « rédacteurs » des maisons d’édition spécialisées qui ont la carte de presse alors qu’un pigiste qui galère peut toujours se fouiller pour l’avoir). Je maudis Tintin. Mais j’ai ça dans le sang.

    (p.s : quand même, Aliocha, vous oubliez de mentionner que les journalistes bénéficient d’un abattement fiscal considérable… totalement injustiable aujourd’hui !)

    Aliocha : pas si injustifiable que ça. L’abattement est encore une aide à la presse, elle permet aux éditeurs de nous payer moins. Vous imaginez le sort de tous les pigistes aujourd’hui si on le supprime ? Même salaire de misère imposé plein pot ? Maintenant, on pourrait le réserver aux bas salaires, ce serait justifié. Moi ce qui me choque surtout, c’est la clause de cession, mais bon. Toute cette industrie marche sur la tête depuis 1945, c’est l’heure de payer la facture et elle fait très mal.

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 17:18

  10. Mais ceux qui gagnent misérablement leur vie, ne doivent

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 17:54

  11. … Pardon. Ne doivent

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 17:55

  12. Désolée. J’arrête de croire que je sais me servir de cet iphone de malheur.

    Bref, concernant l’abattement, les pigistes misérables s’en battent les c… puisque de toute évidence ils ne payent pas l’IR, non ? Hélàs, tout cela ne change guère le débat.

    Concernant Le Monde, certaines restrictions imposées par la nouvelle équipe dirigeante ne m’ont pas paru dénuées de bon sens, dont la suppression, par exemple, des voitures de fonction, ou la diminution des abonnements journaux etc etc. Je suppose que vous connaissez les locaux ? C’est magnifique mais est-ce bien raisonnable ?

    Enfin, là, non plus, tout cela ne changera pas l’avenir de ce métier.

    Aliocha : réduire le train de vie en effet ne me parait pas idiot. Le tout est de le faire avec un minimum de doigté. La suppression des plateau-repas pour les permanenciers de Noël m’a semblé un peu sotte. Je vous ai raconté cette anecdote que je tiens d’une consoeur du Figaro ? C’était une grande plume du journal qui inscrivait toujours ne bas de ses notes de frais : TMSP. Un jour, un nouveau comptable osa demander ce que ça signifiait. Ce à quoi le journaliste répondit : tant mieux si ça passe !

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 18:04

  13. Bonsoir Aliocha,

    Diable, le moral est au niveau des chaussettes semble-t-il? Essayez le whiskhy japonais. C’est original et en plus, il est très bon.
    Plus sérieusement, la situation que vous décrivez de l’état de votre profession et de ses dirigeants me fait penser à celle de notre pays: un bateau ivre où l’état-major, commandant en tête, continue à ripailler et à se goinfrer alors que les icebergs sont tout autour, que le temps est très mauvais et que le barreur (et pour cause) est aux abonnés absents. Comme vous le dites bien, « c’est l’heure de payer la facture et elle fait très mal. »

    Bon courage

    Aliocha : Merci, vais essayer, on m’en a déjà parlé. Pour l’instant, je teste un bordeaux bio, pas mal. Suis plus en colère que triste, je ne m’habitue pas au fait que l’utile ne soit pas rentable et le superflu incroyablement juteux. Mais bon. Soit je pars élever des chèvres au milieu de nulle part (dieu que c’est tentant !), soit j’accepte de gré ou de force des règles sociales et économiques dont l’absurdité souvent me révulse. Quoique, il y a mieux encore : fermer les écoutilles, tracer sa route et garder les yeux fixés sur son étoile. Allons, c’est reparti ! Un chef d’entreprise aussi autodidacte que brillant me disait hier : le grand problème des français c’est qu’ils ont peur. De tout. Faut arrêter de réfléchir et avancer. Je crois qu’il a raison. Mais c’est ancien rugbyman du Racing club de France. Il a une longueur d’avance dans l’action.

    Commentaire par H. — 26/02/2011 @ 18:13

  14. Arrêtons de croire que les « patrons » de presse se « goinfrent ». Faut pas déconner non plus.

    Aliocha : Ah ? « Mon journal ne va pas bien, je n’ai pas les moyens de payer des études sophistiquées de développement » expliquait il n’y a pas si longtemps un patron de presse à un consultant de mes amis qu’il avait invité à déjeuner à ….la Maison du caviar. Et que dire des cadres. Un de mes ex-rédacteurs en chef était payé 10 000 euros par mois à ne strictement rien faire, mais vraiment rien. Il est aujourd’hui à la tête d’un beau quotidien national. Ce journal était une armé mexicaine. Au point que, lorsque j’y suis entrée, moi qui m’intéresse aux titres ronflants comme à ma première paire de chaussettes et qui suis capable de demander de l’argent aussi facilement que Kadhafi appellerait à la raison, j’ai demandé à être chef quand j’ai vu comment ça fonctionnait. On m’a dit : mais de quoi ? J’ai répondu : de mon service composé de moi-même. Et j’ai été nommée chef. Explication du PDG : celui qui demande un poste à responsabilité est digne de l’exercer. CQFD. Notez, ils en ont eu pour leur argent, je faisais partie des journalistes les plus productifs de la boite. Suis partie au bout de trois ans, sans rien demander, excepté de ne plus jamais les voir de ma vie. J’avais le scoop économique français de la décennie et ils ont refusé que je le publie….C’est Le Monde qui l’a sorti, trois semaines plus tard.

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 20:07

  15. Mais là, vous me décrivez des abrutis et non des goinfrés !

    Certes, certains gagnent bien leur vie mais avouez que 10 000€ pour une fin de carrière dans un national, ça n’est quand même pas un salaire exorbitant. Vous qui semblez bien connaitre le secteur économique, je ne vous apprends rien.

    Au fait, le scoop, c’est vous qui l’avez sorti au Monde ?

    Aliocha : il avait 40 ans, c’était pas une fin de carrière, et le canard était modeste, je n’ose imaginer ce qu’il gagne aujourd’hui dans son grand quotidien national 😉 Non, c’est pas moi qui l’ai sorti, je l’avais filé à un copain d’un autre titre économique, histoire qu’il sorte, il s’est dégonflé aussi. La presse économique est lâche, tellement lâche…

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 20:31

  16. Heeeeeeeeiiiiinnnnn, quoiiiii ? Vous « filez » des scoops, vous ? Alors, là, je ne comprends pas.

    Moi, j’ai un pote red chef, 3000€ bruts/mois. Classe non ?

    Aliocha : qu’est-ce que vous ne comprenez pas ? J’ai une info d’utilité publique et je ne peux pas la sortir. Il aurait fallu que je l’enterre, façon : elle sera à moi ou à personne ? Ben non, je la donne, parce qu’il y a un moment où il faut être cohérent, non ? On fait ce métier pour informer, que je sache. Alors sur les sujets vraiment graves, faut que l’info sorte, à n’importe quel prix et tant pis pour l’ego. L’affaire dont je vous parle est sortie en 2002 et elle fait toujours l’actualité. Avec le recul, je sais aujourd’hui que je me débrouillerais pour la sortir moi-même mais à l’époque, j’étais pas très dégourdie. J’avais confiance dans mes pairs. Ils m’ont lâchée, je n’ai pas su quoi faire.

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 20:40

  17. Ce que je ne comprends pas est plutôt simple : pourquoi n’avez-vous pas vendu le papier au Monde ou à un autre journal ? Mais, là, je vous pose des questions qui n’intéressent peut-être pas vos lecteurs.

    Aliocha : parce que j’étais en poste dans un journal et que je suis loyale, je ne me voyais pas aller vendre un article à d’autres. Parce que c’était mon premier titre de grande presse et que leur attitude m’a déstabilisée, je ne connaissais pas le système, je n’avais pas le recul que j’ai aujourd’hui. Et sans doute aussi parce que je dois être au fond une sorte de bisounours. J’ai pensé que si des types plus expérimentés que moi me disaient non alors qu’ils avaient une chance unique de donner une visibilité exceptionnelle à leur canard, c’est qu’ils avaient une raison. J’ai compris plus tard que la raison n’était pas professionnelle mais purement carriériste, ils ne voulaient pas s’attaquer à un gros poisson au risque de perdre leur poste en froissant leur actionnaire.

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 21:26

  18. Voilà. Là, je comprends. Merci d’avoir répondu à mes questions. Quel métier … Bonne soirée, Aliocha.

    Commentaire par BABs — 26/02/2011 @ 21:47

  19. Encore une fois, beaucoup de questions qu’évoque la série REPORTERS 🙂
    Courage Aliocha… si ça peut très vaguement vous réconforter, vous contribuez au fil des billets et des mois à nuancer quelque peu le jugement que je portais sur les journalistes.

    Commentaire par VilCoyote — 26/02/2011 @ 22:45

  20. vous ne lisez pas bien aliocha. je n’ai pas dit que les conditions de travail des ouvriers du livre étaient déplorables, j’ai dit que celles des journalistes l’étaient, et qu’il était compréhensible que les autres acteurs de la branche ne souhaitent pas se voir imposer les mêmes contrats précaires et payes au lance-pierre.
    cela dit (et l’interview par pulvar d’un syndicaliste du livre il y a quelques mois l’a montré), il semble que beaucoup de chiffres fantaisistes circulent concernant les salaires de ces ouvriers. et enfin, même si des abus existent, je doute qu’ils soient à la hauteur des salaires farfelus de certains journalistes vedettes.

    Commentaire par tolbiac — 26/02/2011 @ 23:59

  21. @babs
    « 10 000€ pour une fin de carrière dans un national, ça n’est quand même pas un salaire exorbitant. »

    d’après le site révolution-fiscale.fr :
    « Avec 10 000 € de revenu brut par mois, vous faites partie des 2 % des Français les plus riches »

    Commentaire par tolbiac — 27/02/2011 @ 00:09

  22. @Aliocha

    Comme je vous comprends, j’aurais la haine, comme vous, mais
    1 – étant carpettes depuis 30 ans, comment voulez-vous que les journalistes soient respectés par leurs dirigeants et/ou par les lecteurs : La situation actuelle n’est que le résultat de leurs renoncements successifs.
    2 – qu’un chef de rotative gagne 7 000 euros par mois, en quoi cela change le salaire des journalistes : pensez vous qu’en le mettant à 800 euros vous prendrez les 6 200 euros de différence ? Juste pour ma petit gouverne : pour faire un journal, combien de chefs de rotatives, et combien de journalistes ?
    3 – ce phénomène de variable d’ajustement ce n’est pas seulement chez le journaliste, c’est la presque totalité de la « classe » qui travaille qui est variabilisée, et pas seulement depuis 2 ans ! mais chez le « journaliste », les laissés sur le carreau, c’était sont juste des « faignants » des profiteurs ou des bon à riens, jusquèà ce que ça lui arrive aussi, et là c’est le drame.

    Ben nous dirons alors que les journalistes viennent juste de rejoindre la cohorte des bons à riens profiteurs et faignants.

    Aliocha : il ne s’agit pas de lorgner sur le salaire des chefs de roto mais de dire que les salaires exorbitants du Livre, leur tendance à vous bloquer une impression ou une diffusion dès qu’ils sont contrariés ont surenchérit les coûts de la presse française de manière délirante. Les patrons de presse n’ont jamais osé s’y opposer, à l’exception notable d’Emilien Amaury dont le journal a failli couler. Il est mort d’un accident de cheval et certains se demandent encore s’il n’a pas été assassiné. Je ne dis pas que c’est le cas, mais le simple fait qu’on se pose la question vous donne une idée de la violence qui caractérise les conflits avec le Livre. J’ai un vieil ami qui raconte combien de fois il s’est fait poursuivre à coups de battes de baseball et à quel point il a eu parfois le sentiment très net de risquer sa vie en s’opposant à eux. Eh oui. C’est à ce point là.

    Commentaire par herve_02 — 27/02/2011 @ 00:28

  23. Oui, continuez à vous accrocher, nous avons besoin de vraies informations. Nous digérons les infos minutes à une telle vitesse, que nous ne savons plus ce qui nous concerne réellement. La désinformation prime dans notre époque difficile. Alors un peu de vérité nous permet de rester éveillés.

    Commentaire par Ceriat — 27/02/2011 @ 09:36

  24. Et pendant ce temps, d’autres journaux prospèrent, mais à quel prix ? http://eco.rue89.com/2011/02/25/marketing-combien-vaut-une-journaliste-beaute-192252

    Commentaire par laplumedaliocha — 27/02/2011 @ 09:47

  25. @Aliocha

    Ok, mais cela ne réponds en rien à mes interrogations, tout juste un épiphénomène.

    Vous pensez sérieusement que les coûts d’édition sont à l’origine des soucis de la presse ? Vous pensez sérieusement qu’il faut comprimez les prix de revient pour gagner 30 cts à la vente et que cela va décupler vos clients ?
    Vous êtes victime, comme 95% de vos concitoyens du phénomène des boucs émissaires : c’est la faute au syndicat des livres (et pourquoi pas aux roms et autres arabes) si c’est la crise dans la presse.

    C’est la crise parce que depuis 15 ans (?) vous ne fournissez pas _régulièrement_ une _information_ de _qualité_ _indépendante_ et _sans concessions_.

    Vous avez beau jeu de trouver des responsables à droites et à gauches, d’en appeler à la conscience du péquin pour qu’il achète des journaux en priant pour que cela permette de remettre du vrai contenu, mais je dirais vous d’abord. Mettez du vrai contenu et les gens achèteront. Vous ne voulez/pouvez pas ? pas de bol. R.I.P

    Attention : je n’ai rien du tout contre vous mais je ne peux m’empêcher de mettre en rapport votre défense du journaliste et votre scepticisme lorsque certains cherchent à défendre internet.

    Aliocha : vous ne faites que déplacer le phénomène du bouc-émissaire que vous prétendez dénoncer : c’est pas le syndicat du Livre mais les journalistes. So what ? on les tue tous et on en choisit d’autres à la place ? Je vous explique simplement que c’est une industrie gérée depuis des décennies à la va-comme-je-te-pousse. Le Livre gueule un peu ? On la ferme et on accepte des coûts de production et de diffusion aberrants en appelant ensuite l’état à la rescousse qui met la main à la poche pour éviter une crise sociale. On ne constitue pas de réserve, on n’investit pas, on ne voit pas venir les changements technologiques, on pense bêtement que le lecteur n’a plus le temps de lire et qu’il faut agrandir les photos et diminuer la taille des papiers, faire dans la détente, le vite-lu et le rigolo. On réduit la pagination parce que ça fait des économies de papier. On sabre dans les rédactions pour faire des économies de personnel. On supprime les SR et correcteurs qui savaient mettre un papier en valeur, vérifier qu’il est écrit en français et corriger les fautes d’orthographe. Et ainsi de suite. Et moins ça marche, plus on continue. C’est affolant de connerie. C’est tout ce que je dis. Alors à l’arrivée, y’a plus rien dans les journaux. Et donc plus de lecteurs. Un patron de presse dont je préfère taire le nom se demandait il n’y a pas si longtemps à quoi ça servait que son titre ait un site Internet et s’il fallait vraiment l’alimenter quotidiennement. Pourquoi ne pas l’alimenter uniquement quand il y a de l’information, se demandait-il. On en est là de la réflexion stratégique dans la presse française.

    Commentaire par herve_02 — 27/02/2011 @ 10:44

  26. « je ne m’habitue pas au fait que l’utile ne soit pas rentable et le superflu incroyablement juteux. »
    C’est de l’économie tout ça.
     » Soit je pars élever des chèvres au milieu de nulle part (dieu que c’est tentant !), soit j’accepte de gré ou de force des règles sociales et économiques dont l’absurdité souvent me révulse. »
    Pour qui fait profession d’informer, cela touche à la déontologie.
    Et si vous utilisiez votre efficacité de Vraie Journaliste pour dénoncer ce bazar…
    1- auriez-vous la moindre efficacité?
    2- commettriez-vous une trahison de clan? Et dans ce cas-là comment vous la ferait-on payer puisque vous ne boxez pas dans la même catégorie?
    3- le fait de ne pas le tenter serait-il assimilable à auto-censure peu glorieuse?
     » Le poète a dit la vérité, il faudra l’exécuter ».
    Courage, il reste le p’tit café en bas de chez vous.

    Aliocha : je ne suis pas plus « vraie » que mes confrères, suis même une humble parmi les humbles, je réfléchis tout haut, c’est tout et j’essaie d’expliquer ici qui on est vraiment, ce qu’on fait et quelle est notre situation. Ce que j’ai de plus peut-être, c’est la passion, et je la dois en grande partie à ce blog. On finit toujours par oublier ce qu’on aime et par agir mécaniquement. Les vieux couples le savent bien 😉 et puis il suffit de risquer de perdre ce qu’on aime ou bien encore de subir des attaques pour prendre conscience des choses. C’est ce qui s’est produit ici et je me dis qu’en partageant cela, j’ai une chance de diffuser le virus à mes confrères et de montrer aux lecteurs l’enjeu des évolutions actuelles. Qui sait ?

    Commentaire par Denis Ducroz — 27/02/2011 @ 11:22

  27. Oui, les journaliste paient le prix de leur manque de courage… A force de se coucher, il sont devenus inutiles. Combien de journalistes se sont levés et ont-ils quitté la salle lorsque Sarkozy a mouché Joffrain en public par une sortie aussi méchante que mensongère ? 0. Combien ont rit servilement à la bonne plaisanterie du bouffon président ? Quasiment tous !

    Mais pas tous.. Ces jours derniers, Denis ROBERT, après un combat de plusieurs années, a gagné enfin tous les procès que lui ont intenté les organismes dont il avait démontré la compromission.

    Combien de collègues l’ont soutenu ? Combien ont fait leur combat de la liberté d’information dont Denis Robert pensait pouvoir faire usage ? Et vous Aliocha ? Vous l’avez soutenu ? VRAIMENT ?

    Autre chose, combien de journaux sont capables aujourd’hui de sortir des scoops ? A par le canard, et Marianne pour la presse écrite, c’est zéro !

    Par contre, Médiapart, Rue89, Bakchich (malheureusement disparu), eux en ont sortis, qui ont été repris ensuite par la presse écrite..
    Et vous savez une des différences ? C’est que dans la presse internet, les journalistes doivent bosser leur sujet ! Sinon, ils se font étriller dans les commentaires par des vrais spécialistes des questions évoquées dans leur papiers, qu’ils soient avocats, historiens, économistes, (et tous citoyens).
    Rien de tout cela dans la presse écrite ou audiovisuelle… On peut dire n’importe quoi, lire le communiqué de presse, et baste !

    J’exagère ? Cela fait des années que de nombreux sites parlent des dangers des gaz et pétroles de Schistes.. Jusqu’à la semaine dernière, vous avez lu quelque chose dans la presse vous ?
    Nib, Nada, Niente, nichts, nothing, QUE DALLE !
    Alors, vous voyez, la presse écrite, je m’en tape !
    En revanche la liberté et la neutralité d’internet, ça je trouve que c’est fondamental ! Car c’est là qu’est le combat pour la liberté d’information aujourd’hui. Je suis sûr que vous vous battez pour cela aussi, n’est-ce pas ?
    Dernière chose, puisque vous êtes braquée contre le syndicat du livre… Internet, c’est la solution, non ?

    Aliocha : à propos de Denis Robert, je me souviens surtout que Le Monde l’avait dézingué dès la sortie du livre et je me suis toujours demandée pourquoi. Permettez-moi de saluer son courage mais de ne pas adhérer à sa théorie. Qu’une chambre de compensation puisse servir de lessiveuse c’est tout à fait possible, comme un couteau sert au choix à couper des carottes ou à tuer. Mais de là à ce qu’on soit face à un système organisé, j’ai des doutes. Il n’empêche, il a fini par gagner en cassation au motif que son enquête était sérieuse et je m’en félicite. A cette réserve près qu’on voit bien dans cette affaire que la justice est une arme contre la liberté d’expression. Il a gagné, mais au bout de 10 ans et à quel prix ?

    Quant à vos pure players vous savez pourquoi ils sortent des scoops ? Moins parce qu’ils sont sur Internet que parce que ce sont des « journaux » de journalistes. Voilà comment ça travaille des journalistes qui n’ont pas de comptes à rendre à des éditeurs de presse plus intéressés par le marketing que par l’information. Le problème, c’est que produire de l’information et pouvoir en vivre, juste en vivre, même modestement, cela suppose une somme d’expertises que les journalistes ne possèdent pas à eux tout seul. Voyez Bakchich. Quand ils ont lancé leur hebdo papier, ils n’ont pas pensé à un détail (parmi mille autres), leur positionnement dans les kiosques et les maisons de la presse. Vous l’ignorez peut-être, mais c’est stratégique. Par exemple, c’est un classant Psychologie dans les féminins, que Servan-Schreiber a fait un tabac en touchant son coeur de cible, les femmes. Bakchich aurait dû être placé à côté du Canard et de Charlie, ce qui n’était pas le cas. Voilà ce qu’un éditeur de presse professionnel qui a de la bouteille leur a expliqué, mais il était déjà trop tard. Si le lecteur n’a pas un nouveau canard sous le nez dans la famille de journaux qu’il a l’habitude d’acheter, il n’aura pas le réflexe d’aller le chercher et ne saura peut-être même pas qu’il existe. Quand vous parlez à des gens de presse, des vrais, vous vous apercevez que la presse est une somme incroyable de savoir-faire et de talents dans tous les domaines. Et que tout ça est en train de se perdre. Il ne suffit malheureusement pas de sortir des scoops pour faire vivre un organe d’information. C’est beaucoup plus compliqué. En particulier sur le web où l’info n’est pas monneyable. D’accord elle coûte moins à produire, mais s’il elle ne rapporte rien du tout, vous en vivez comment ? Vous savez que plus vous avez de lecteurs et plus ça vous coûte en bande passante ? Eh oui. Donc on aboutit à ce paradoxe que le succès s’avère couteux. Quand je vous dis que c’est compliqué 😉

    Commentaire par BigTof — 27/02/2011 @ 12:08

  28. La question est peut-être un brin naïve, mais si le coût de revient est si élevé (et injustifié) au niveau de l’impression, qu’est-ce qui empêche la presse papier de s’unir pour investir dans ses propres rotatives, et de court-circuiter le syndicat du Livre ?

    Aliocha : ils n’ont jamais eu le courage. Ils ont préféré rester en concurrence plutôt que de s’unir, s’amusant même des déboires des autres qui leur permettaient de vendre mieux leur propre canard. C’est ce qui est arrivé à Emilien Amaury. Et aujourd’hui, je crains que ce soit un peu tard.

    Commentaire par jor — 27/02/2011 @ 12:13

  29. A propos du Canard Enchaîné, un article du journal suisse « Le Temps » donne à réfléchir sur le rôle joué par ce journal et sur « cette France qui savoure les fuites sans se poser de question sur l’identité et les motifs de leurs auteurs ».

    http://www.courrierinternational.com/article/2011/02/23/pan-sur-le-bec-du-canard-enchaine

    Commentaire par Tocquevil — 27/02/2011 @ 12:59

  30. Vidant leurs informations dans la boîte aux lettres du Canard enchaîné, ses ennemis inconnus s’attirent la sympathie et peuvent se donner les galons de défenseurs de l’honneur de la République. Dans l’idéal réalisé de WikiLeaks, il n’y aurait plus besoin de Canard enchaîné. Donc, en effet, WikiLeaks est potentiellement dangereux.

    Repris du site mentionné par Tocquevil 29.
    Ce n’est pas idiot.

    Commentaire par araok — 27/02/2011 @ 18:59

  31. @Aliocha, commentaire 8 sur les coûts dans un quotidien « De 15 à 25% pour la rédaction, c’est-à-dire la production du contenu intellectuel et sa mise en forme, et de 30 à 50% pour la fabrication et la distribution par les amis du Livre. »

    Ne vous plaignez pas, voyons, dans l’édition, l’auteur « producteur de contenu » ne touche que 10 % environ du prix du livre, la fabrication et distribution coûtent 33 % et le détaillant 36 %…

    Commentaire par Yepok — 27/02/2011 @ 19:28

  32. @ Aliocha (27)

    Il est amusant de noter que vous ne portez pas dans votre coeur « les éditeurs de presse plus intéressés par le marketing que par l’information » (corrigez-moi si je l’ai mal compris) pour souligner ensuite qu’une des erreurs de Bakchich est de ne pas avoir « pensé à un détail (parmi mille autres), leur positionnement dans les kiosques et les maisons de la presse« , ce qui relève justement du marketing, voire du merchandising au niveau du rangement dans un kiosque.

    PS « on aboutit à ce paradoxe que le succès s’avère couteux« . Cela n’a rien de paradoxal, c’est purement économique, valable pour toute entreprise et lié (en bref) à la notion de seuil de rentabilité.

    Aliocha : non, ce n’est pas amusant, comme vous dites, c’est une question d’équilibre. Je n’ai rien contre une approche marketing du positionnement de la presse, c’est même indispensable. J’ai tout contre une approche uniquement marketing. Bon, sinon, j’ai lu les tribulations de Boillon sur mediapart, revu la vidéo, et je vous confirme que j’ai encore failli me laisser piéger par un play boy. Pas très malin, le gars, faut bien l’avouer. Surtout quand il affirme sans rire il y a quelques années que Kadahfi est devenu un type bien. Aphatie manque d’avaler son micro et moi j’ai failli m’étranger avec mon bol d’azukis.

    Commentaire par Ferdydurke — 27/02/2011 @ 20:00

  33. VICTOIRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Aliocha : Ah ! Tout de même ! Jamais là quand il faut, vous. Quand j’ai débarqué, j’attendais mes acclamations, comme De Funès dans la Folie des GRandeurs, et rien, nada, des nèfles, peau de z…oui enfin bref. L’est où la caisse de Pomerol que vous m’aviez promise ???????

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 27/02/2011 @ 20:56

  34. @ Mussipont

    Commentaire par Ferdydurke — 27/02/2011 @ 21:06

  35. Votre amie la com’… dans la presse féminine.

    http://eco.rue89.com/2011/02/25/marketing-combien-vaut-une-journaliste-beaute-192252

    Votre opinion là dessus, Aliocha? (J’avoue quant à moi ma profonde ignorance de la presse féminine, que je ne consulte éventuellement que dans les salles d’attente…)

    Aliocha : je l’avais mis en lien plus haut. Mon avis ? J’espère que cette saloperie, bien réelle, restera cantonnée à la presse féminine dont l’utilité démocratique n’est pas encore démontrée. Quoique. Cela nuit à la réputation de la presse et c’est de la désinformation pure. Enfin, faut aussi être très sotte pour croire à l’efficacité des crèmes anti-rides ou encore penser qu’un sac à main en peau de laitue retournée est le must-have de la saison. Je leur ferais volontiers bouffer leur carte de presse à ces pétasses.

    Commentaire par DM — 27/02/2011 @ 21:18

  36. @ Aliocha

    « je vous confirme que j’ai encore failli me laisser piéger par un play boy

    Allons, allons, cela arrive à tout le monde… Heureusement il y a plein de mecs biens sur votre blog. N’est-ce pas qu’on est des mecs biens ? 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 27/02/2011 @ 21:44

  37. @ Aliocha : Mais bien évidemment vous avez fait exprès d’arriver le jour d’un repas familial de la plus importance (lapin aux olives+vin des hospices de Beaune) qui m’a bien sûr tenu éloigné de tout ordinateur. J’ai remarqué de toute façon que je ne vous ai guère manqué et que nous ne m’avez pas attendu pour commencer à papoter avec vos copines, n’est ce pas?

    Pour le Pomerol c’est non, je le garde pour les jours de déprime et aujourd’hui n’est pas du tout un jour de déprime! 😉

    Aliocha : comment ça pour le Pomerol c’est non ? Je fais tout comme vous avez dit de faire, au passage je me crée une nouvelle addiction (m’en doutais que c’était prenant ce truc) et non seulement vous n’êtes pas sur le pont pour m’accueillir mais y’a rien à boire. Mourdiou ! Si vous aviez été sympa, je vous aurait dit qu’il y avait un papier de Ploquin dans Marianne papier sur les quartiers de haute surveillance dans les prisons et qu’il vient même de faire un livre dessus, mais voilà, je vous le dis pas parce que vous n’êtes pas cool du tout.

    Commentaire par Mussipont — 28/02/2011 @ 08:16

  38. @ Mussipont

    Pour une fois que ce n’est pas moi qui trinque… 😉 C’est dans ces moments-là qu’on mesure toute la valeur d’une partie de wargame entre potes ou celle d’une bonne pinte de bière brune en solo, pas vrai ?

    Commentaire par Ferdydurke — 28/02/2011 @ 10:08

  39. « Par contre, Médiapart, Rue89, Bakchich (malheureusement disparu), eux en ont sortis, qui ont été repris ensuite par la presse écrite… Et vous savez une des différences ? C’est que dans la presse internet, les journalistes doivent bosser leur sujet ! Sinon, ils se font étriller dans les commentaires par des vrais spécialistes des questions évoquées dans leur papiers, qu’ils soient avocats, historiens, économistes, (et tous citoyens). »

    Il y a effectivement, dans les commentateurs des sites d’info en ligne, ces vrais spécialistes (même s’il faut se farcir avant de palanquées de niaiseries). C’est à eux que je pensais en lisant l’édito/eau tiède de Sergent dans Libé : n’importe quel Egide de Rue89 fait autrement mieux.

    PS1 Un peu après que le Monde ait viré 200 personnes, son site titrait sur Madame Sarkozy III en écrivant Cécilia au lieu de Carla. C’est sûr qu’il fallait virer les correcteurs.

    PS2 Suite à mon premier livre, j’ai eu à connaître il y a une dizaine d’années une affaire bien douloureuse (des vieux religieux malmenés, le mot est faible, par la communauté de religieuses qui les avait employés au temps de leur force physique). Ils n’arrivaient pas à intéresser les médias de leur paroisse (Le Pèlerin, la Croix, la Vie catholique). Je promets à leur représentant de contacter un journaliste d’Ouest-France. Ce que je fais. Réaction du monsieur : Si je vais voir vos Frères, une heure après coup de téléphone de la communauté à l’Evêché, deux heures après coup de téléphone de l’Evêché à Ouest-France, trois heures après coup de téléphone d’Ouest-France chez moi pour me dire de déchirer mon article. Donc, je n’irai pas voir vos Frères.

    Pas impressionné, j’ai refilé le bébé à Nicolas de la Casinière. Qui en a fait deux papiers, un pour Libé un pour la Lettre à Lulu (un mix du Canard et de Charlie à la nantaise). Gros souk dans le département, OF a bien été obligé d’en parler et, après quelques péripéties, ces hommes ont été confortés dans leurs droits.

    Commentaire par PMB — 28/02/2011 @ 11:57

  40. @ Aliocha : Tiens, c’est bien la première fois de ma longue vie qu’une femme me dit qu’elle a fait ce que je voulais qu’elle fasse. Ah la bonne blague! Vous n’en avez fait qu’à votre tête comme d’habitude et je mesure bien que je ne suis absolument pour rien dans votre arrivée sur Twitter, je sais rester modeste. Donc je garde mon Pomerol pour les jours de déprime comme prévu.

    @ Ferdyduke : pour le wargame j’ai une vaste gamme de breuvage qui va du Chablis (excellent en début de partie) à la bière trappiste belge (Westmalle par exemple) excellente pour nourrir la réflexion en cours de partie et la

    Aliocha : pft ! puissiez-vous vous noyer dans votre tonneau de bière, ingrat !

    Commentaire par Mussipont — 28/02/2011 @ 15:06

  41. Guinnes en fin de partie pour noyer sa déception d’avoir encore vu sa flotte sombrer corps et bien! 😉

    Commentaire par Mussipont — 28/02/2011 @ 15:07

  42. @ Aliocha : ça

    Commentaire par Mussipont — 28/02/2011 @ 15:28

  43. Satané clavier!

    ça vous apprendra à croire aux belles paroles des hommes et cela vous guérira (peut être) de votre coupable penchant pour l’alcool. 😉

    Aliocha : en effet, je mets immédiatement fin à mon penchant coupable pour les hommes. En revanche, je poursuis l’exploration des beautés du vin.

    Commentaire par Mussipont — 28/02/2011 @ 15:29

  44. @ Mussipont

    « Ah la bonne blague! Bien envoyé. Si les femmes faisaient ce qu’on voulait, ça se saurait. 😉

    @ Aliocha (43)

    Vous ne savez pas que vous perdez. Vous devriez même associer beauté du vin et beauté des corps.

    Tenez, imaginez un certain Daniel C. langoureusement allongé dans votre plumard aux draps de satin, son corps musculeux luisant après le massage à l’huile d’ylang-ylang que vous lui avez administré, un filet de cru classé ruisselant entre ses omoplates jusqu’à ses reins que vous vous apprêtez à … (biiiiiiip).

    (en alternance avec le coulis de griottes, de framboise, le chocolat ou le lait chaud, c’est très bien, parole d’expert)

    Sur ce, je vous souhaite de beaux rêves, bien agités 😉

    Aliocha : eh ben, ça m’étonne pas que ce soit le cirque ici à chaque fois que je vous laisse les clefs. Moi je suis une fille ordonnée, mon cher, la nourriture dans les assiettes, le vin dans les verres, et l’homme dans le lit, ou ailleurs, mais chacun à sa place. Sinon, je le fous dans le lave-vaisselle roulé en boule pour le nettoyer, programme vaisselle très sale, avec liquide lustrant, le tout à 90°. Non mais de fois, c’est quoi ce bins ?

    Commentaire par Ferdydurke — 28/02/2011 @ 18:02

  45. Donc, si j’ai bien compris, si je veux améliorer mes revenus, il faut que je devienne ouvrier rotativiste ou patron de presse! Excellent!

    Aliocha : pour le premier faudra être pistonné et le temps presse. Pour le second faudra trouver des investisseurs et risquer quand même quelques billes personnelles avec la quasi-certitude que ça capotera, donc prévoyez une solution de repli…ou un magnifique salaire.

    Commentaire par DM — 28/02/2011 @ 19:41

  46. Le temps presse pour le Livre? Voulez-vous dire que, le papier disparaissant, le pouvoir du Livre va en faire de même?

    (Nb: J’ai lu _Spéciale dernière_. Très intéressant, mais j’aurais préféré que l’auteur donne des sources et références pour les faits avancés. Déformations professionnelle tout ça.)

    Commentaire par DM — 28/02/2011 @ 21:22

  47. Un peu de doc :

    http://www.minefe.gouv.fr/fonds_documentaire/dgccrf/boccrf/99_17/a0170009.htm

    Commentaire par Goloubchik — 28/02/2011 @ 22:02

  48. @ Mussipont :

    BRAVO !!! Dites, avoir rempli son objectif 2011 en février, c’est pas un peu la déprime pour les 9 mois restant ?

    @ Aliocha :

     » (…) je ne m’habitue pas au fait que l’utile ne soit pas rentable et le superflu incroyablement juteux. »

    Vous allez dire que je fais une idée fixe, mais mon objectif à moi sera de vous faire lire Le combat ordinaire en 2011, je vous en remets donc une louche – un dialogue entre le personnage principal, Marco, photographe de son état, et son éditeur :

    Marco : « Vous êtes photographe ? »

    L’éditeur : « Non. J’ai été journaliste avant de devenir éditeur. Mais j’aime les images… Elles racontent aussi bien les hommes qu’elles représentent que ceux qui les font parce que, au fond, elles racontent toujours l’homme secret. »

    Marco : « J’aime l’idée que je me reproduis à travers mes images… D’ailleurs, je me connais plus sur le papier que dans mon corps… Si je deviens un peu ce que je photographie, l’image sera intéressante. Si elle ne me modifie pas, elle ne sert à rien, elle est ratée… Aujourd’hui, elles habillent des produits de consommation, enjolivent des objets, rendent séduisantes des idées douteuses, mais cette profusion ne nous modifie pas… Elle ne nous apprend rien… »

    L’éditeur : « Ca ne durera pas… Nous ne pourrons pas nous passer de l’essentiel bien longtemps… »

    Aliocha : vous faites bien, je vous avais lu et puis j’avais été interrompue avant de vous répondre. Si vous voulez en parler sur le blog, n’hésitez pas 😉

    Commentaire par Gwynplaine — 28/02/2011 @ 22:05

  49. @ Gwynplaine : Il reste quand meme pas mal de boulot comme vous faire venir à votre tour sur Twitter… 😉 Et puis aussi tschok, goloubchik, toquevil, et la liste n’est pas close!

    Aliocha : j’y pensais aussi, mais dites-moi Ferdy, il y est ou pas ?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 01/03/2011 @ 06:42

  50. Mais Monsieur le marquis, j’y fais un tour figurez vous.

    C’est le yamato en image de fond? Avec les japs qui font leur gym sur le pont?

    Commentaire par tschok — 01/03/2011 @ 09:29

  51. @aliocha: Ceci dit, cela ne semble pas forcément restreint à la presse féminine. J’ai des amis qui travaillent dans, disons, la presse des loisirs « high-tech ».

    S’ils se déplacent à des salons, démonstrations, etc., c’est toujours frais payés par les producteurs ou importateurs, jamais aux frais du journal (qui est pingre); d’après eux, les seuls qu’ils ne procédaient pas ainsi c’étaient les journalistes de Libé, et encore c’était il y a un bout de temps, quand le journal allait mieux financièrement.

    Ils me jurent que cela n’influence pas leurs conclusions, mais j’ai un peu du mal à croire que quand on vous paye un voyage à Chicago tous frais payés, vous ne devez pas faire en retour un papier un minimum sympathique…

    Commentaire par DM — 01/03/2011 @ 10:03

  52. @ Aliocha

    Ben oui qu’il y est Ferdy… Depuis le début ! 😉

    @ Tschok

    Connaissant (un peu) Mussipont, je penche pour le Bismarck.

    Aliocha : bon sang, mais pourquoi on ne me dit jamais rien à moi !

    Commentaire par Ferdydurke — 01/03/2011 @ 12:12

  53. @ Ferdydurke,

    Je suis un gros tricheur: j’ai maté les propriétés de la photo.

    Mais d’un autre côté, les canons de 460 mm en tourelle triples sont reconnaissables.

    (je fais ma femme savante, mais wikipédia est mon joker)

    Commentaire par tschok — 01/03/2011 @ 12:33

  54. @ Tschok

    Meuh non, vous vous êtes montré plus malin que moi. J’aurais du penser aux propriétés de la photo (surtout moi qui en fais). Après, je suis une vraie buse en ce qui concerne la marine de guerre (à deux-trois trucs près) : il n’y a que les voiliers qui m’attirent, comme les filles qui chaloupent sous mes yeux 😉

    Commentaire par Ferdydurke — 01/03/2011 @ 12:47

  55. Oh mais je n’avais pas vu que ça continuais par ici!

    @ Tschok : c’est le pont du Yamato en effet, bien vu! C’est quand même beau une tourelle de 18 » non? J’adore les gros canons. Faudra que j’en parle à mon psy un de ces jours, ça doit vouloir dire quelque chose…

    Bon mais vous y êtes réellement sur Twitter? Sous quel pseudo? En gros avez vous fait la même farce que Ferdyduke qui se transmute en passant d’Aliocha à twitter?

    Commentaire par Mussipont — 01/03/2011 @ 16:40

  56. @ Aliocha
    Je suis les commentaires de votre article sur Marianne2 et je me disais que c’était bien dommage de ne pas voir vos propres commentaires aux réactions des internautes, qui sont, comme à l’habitude sur le Net, quelque peu contestables !
    Je crois qu’une petite mise au point serait nécessaire mais vous avez sans doute de bonnes raisons de ne pas intervenir !

    Votre conception du journalisme me laisse à penser que vous serez peut-être intéressée par les analyses et les propositions de ce site :
    http://www.egalitedesdroits.info

    Il date de 2004 et n’a pas été conçu par des pros, mais le contenu est tellement d’actualité !
    Le constat n’a pas changé, les inégalités sévissent toujours, de plus en plus même parce qu’elles se creusent.

    Commentaire par Béa Vira — 02/03/2011 @ 07:22

  57. @ Mussipont,

    Ben… j’ai créé un compte mais j’ai oublié mes identifiants.

    Je suis pas super doué question twittage.

    Commentaire par tschok — 04/03/2011 @ 15:33

  58. @ tschok : recréez en un, c’est rigolo twitter…

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 04/03/2011 @ 16:36


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