La Plume d'Aliocha

22/02/2011

Quand la finance murmure à l’oreille du politique

Filed under: Coup de griffe — laplumedaliocha @ 09:30

Qu’on aime ou pas Nicolas Sarkozy, il faut bien admettre qu’il a eu raison d’inscrire au menu du G20 la régulation des marchés financiers de matières premières. Histoire que les délires d’une poignée de génies de Wall Street ne viennent pas semer la pagaille, pour ne pas dire pire, dans l’alimentation mondiale (blé, sucre, cacao etc…), après avoir déclenché la crise financière que l’on sait en jouant sur leurs platebandes non régulées. Mais vous allez voir que la crise, dont nous ne sommes pas sortis, est déjà loin dans les esprits de nos chers financiers. Ils récupèrent très vite leurs vieux réflexes consistant à freiner des quatre fers dès lors que le politique fait autre chose que de mettre la main à la poche pour réparer leurs âneries. Car le spectre de la réglementation approche et a sur eux l’effet d’une tête d’ail sur un vampire ou d’un bol d’eau bénite sur la tête d’un possédé.

L’ambition de réguler ces marchés, à Paris comme à Bruxelles, part du constat que la spéculation se déplace des marchés actions vers les marchés de matières premières. Sur fond d’émeutes de la faim en 2007-2008, dont le souvenir se trouve opportunément rappelé par l’actuelle flambée des matières premières, il s’agit donc d’imposer des règles de fonctionnement et de transparence susceptibles de calmer les fantasmes spéculatifs et d’éviter ainsi la formation de bulles purement financières sur les matières premières.

Un refrain bien connu

« Horreur ! » s’écrient les financiers. Et les voici qui nous sortent sans rire une longue série d’arguments éculés :

« le président de la République s’empare du sujet dans une perspective électoraliste, voire populiste » : ça, ils vous le disent en off. Je ne suis pas certaines que le public mesure exactement les enjeux du problème. Comme sujet électoraliste, on a déjà vu mieux. Mais en admettant qu’ils aient raison, Nicolas Sarkozy n’a pas inventé le problème que je sache, il ne fait que l’inscrire au menu du G20. Il suffit de lire les conseils d’investissement délivrés par les grandes figures de la finance pour se convaincre que les matières premières sont bien inscrites dans leur viseur. Accessoirement, c’est une contestation classique du politique sur le terrain de la légitimité liée à l’expertise. « Nous seuls comprenons ce que nous faisons, s’écrient les financiers, que le politique aille jouer ailleurs, ces sujets le dépassent techniquement ». A ce compte-là, autant confier tout de suite les manettes de la France à un comité de techniciens.

« il ne connait rien au dossier » : possible, mais ses conseillers si. Et de l’avis général, sur ces matières-là, ils sont excellents depuis le début de la crise.

« le lien entre la flambée des cours et la spéculation n’est pas démontré. Les marchés de matières premières fabriquent eux-mêmes des bulles et sont soumis à leurs propres aléas » : en effet, ces marchés sont soumis par nature aux aléas climatiques. Par ailleurs, la hausse constante de la demande mondiale entraîne une augmentation des prix. C’est précisément pour cette raison qu’on ne veut pas y ajouter un phénomène spéculatif. Mais au fait,  depuis quand faut-t-il attendre qu’un immeuble ait déjà brûlé pour installer un dispositif de sécurité anti-incendie ? Oui, je fais appel au bon sens, et j’assume. Les polytechniciens qui ont conçu les spendides produits financiers à l’origine de la dernière crise ne m’en imposent plus du tout. Ils feraient mieux de retourner construire des ponts. Accessoirement, l’argument tiré du lien non démontré entre un phénomène et sa cause supposée s’appuie, là comme ailleurs, sur des rapports le plus souvent commandés et financés par ceux qui ont intérêt à défendre cette position.

« les financiers sont indispensables au bon fonctionnement des marchés de matières premières » : Tiens donc ! Elles sont où les études démontrant le caractère indispensable de la finance en la matière ? Il y aurait donc des croyances appelant des preuves et d’autres auxquelles on serait sommé d’adhérer les yeux fermés ? Quand je parle d’études, je songe bien sûr à des travaux indépendants, pas aux propres productions de nos amis financiers, ni aux consultations universitaires téléguidées.

« la réglementation risque de brider le redémarrage des économies » : ça c’est une variante de l’air bien connu « plus vous réglementez, plus vous nuisez à la créativité et à la compétitivité ». Entre nous, si la régulation nous évite l’équivalent d’une crise des subprime sur le marché du blé, franchement le jeu en vaut la chandelle. Question innovation et compétitivité de la finance, on a déjà donné…

La finance exige la transparence…chez les autres

Mais il y a mieux. Mon amie la finance est en train d’organiser un joli tour de passe-passe. Comme elle ne peut s’opposer à la volonté sarkozyste d’imposer le sujet au G20 (pour une fois que l’obstination du Chef de l’Etat s’avère utile), elle enfourche le débat pour mieux l’orienter. Et en profite pour stigmatiser le manque de transparence des marchés physiques de matières premières. En clair, l’information insuffisante sur l’état des stocks, par exemple. Eh oui, un manque de transparence qui l’empêche de fonctionner de manière optimale. Autrement dit d’exploiter totalement les moindres failles des marchés de matières premières pour spéculer. Comment voulez-vous créer une pénurie artificielle destinée à faire grimper les cours pour empocher un maximum de bénéfices en un minimum de temps si vous ne savez pas exactement quel est le niveau de production ?

Ceux que le sujet intéresse pourront aller lire le rapport de l’Association française des marchés financiers. Sans vouloir faire d’angélisme, la position des financiers français sur le sujet est relativement raisonnée, même si elle ne peut s’empêcher de ramener l’argument des effets maléfiques non démontrés de la spéculation. Il est vrai que, politiquement, la finance en France se sent actuellement obligée de jouer profil bas. Entre nous, je vois mal au nom de quoi la spéculation pourrait entraîner des effets différents selon que l’on est sur les marchés actions ou sur les marchés de matières premières. Le blé aurait-il le pouvoir de la rendre vertueuse ? Elle ne cesse de créer des bulles partout où elle passe mais il ne faudrait pas s’inquiéter de la voir désormais lorgner de manière appuyée le blé ou le riz ?

Allons, soyons sérieux. Devrons-nous attendre une crise pour admettre, le nez dans le fumier, qu’il aurait fallu surveiller ces marchés et adopter en urgence des réformes qui s’avéreront alors inutiles car la catastrophe suivante s’amorcera ailleurs ?

Il y a également cet autre document, rédigé par le centre d’analyse stratégique du gouvernement. Dans les deux cas, il faut savoir lire entre les lignes. Les sujets sont si sensibles qu’on les aborde à grands coups d’euphémismes prudents. Le rappel systématique du lien non démontré entre spéculation et volatilité relève ainsi de la pure tartufferie. Si l’on veut réformer la finance, autant ne pas l’irriter….

Reste à savoir si le G20 pourra avancer sur le sujet. Rien n’est moins sûr. Car aux Etats-Unis, on rigole. Les marchés européens de matières premières sont des nains. Tout se passe à Chicago. Autant dire que notre crédibilité n’est pas au top sur le sujet. Or, si on ne parvient pas à mettre en place un système mondial de régulation, autant jeter l’éponge tout de suite. A cela s’ajoutent d’autres difficultés. Le Brésil et l’Argentine, gros producteurs, n’entendent pas se laisser dicter leur conduite par l’Europe.

La volatilité menace de s’inviter dans nos assiettes !

Invité de Mots Croisés hier soir dans le cadre d’un débat sur les dangers de l’agriculture en France (pesticides sur les cultures, antibiotiques administrés aux animaux, etc.) le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a émis le souhait d’indexer le prix des produits alimentaires sur le coût des matières premières. Il relaie ainsi une proposition de la FNSEA. Il s’agit de sauver les producteurs, en grandes difficultés actuellement, en leur permettant de répercuter sur leurs prix la hausse de leur coût de revient. Mais si on ne régule pas la finance sur les marchés de matières premières, cela signifie que les français vont prendre de plein fouet les conséquences de la spéculation dans leur assiette…

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62 commentaires »

  1. Hélas, comme vous avez raison. Maintenant, une question : pensez-vous, comme moi, qu’aucune décision concrète et de portée non négligeable sortira de tout cela et qu’au final on continuera comme avant ?

    Commentaire par DM — 22/02/2011 @ 11:18

  2. Le monde de la finance ”déraille”,face à ce constat, des Eurodéputés mettent en place une association de vigilance financière :
    http://www.finance-watch.org/

    Une affaire à suivre?

    Mamouchka.

    Commentaire par Mamouchka — 22/02/2011 @ 11:56

  3. Paul Krugman, qui n’est pas exactement un grand ami de Wall Street, pense que pour l’instant il y a début de pénurie (due aux diverses catastrophes naturelles de ces 2 dernières années), mais pas spéculation sur la nourriture (mais qu’il y a tentative se spéculation sur d’autres marchés).

    Pour qu’il y aie vraie spéculation (au sens de manipulation des prix), sur un produit non immatériel, il faut constituer des stocks physiques. Ce n’est pas encore le cas.
    (C’est d’ailleurs comme ça qu’une banque anglaise s’était retrouvée avec de gros stocks de cuivre il y a quelques années et avait coulé).

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/02/05/soaring-food-prices/

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/02/06/food-the-late-surge/

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/02/07/signatures-of-speculation/

    Commentaire par folbec — 22/02/2011 @ 13:41

  4. Je ne suis pas encore allée bien loin mais « Blé, sucre, CACAO » ???
    On reconnaît bien là les gourmades…

    Commentaire par cloeliae — 22/02/2011 @ 16:45

  5. Bonjour Aliocha,

    Gesticuler, même avec l’appui de notre amie la Com., n’a jamais rien amené. Comme vous le soulignez très bien, les marchés européens sont des nains et font tout pour le rester avec ce type de mesure aussi inutile qu’inefficace. En Russie, les grands fleuves coulent du sud au nord. Ce serait mieux s’ils coulaient d’ouest en est pour la pénétration de cet immense pays mais c’est la géographie physique qui dicte sa loi. En matière économique c’est la même chose. Prétendre imposer une régulation en matière financière relève d’une même utopie. C’est séduisant mais irréalisable. De plus, cela témoigne d’une curieuse conception de la notion de liberté pour quelqu’un qualifié très abusivement de libéral.
    Jamais le principe de Peter n’a été aussi bien illustré qu’avec notre leader maximo. Il serait autrement plus judicieux qu’il se démène pour faire respecter, par les grands établissements bancaires européens et français, les règles prudentielles voulues par Bâle III, qu’il prenne enfin les meures propres à restaurer la position du pays qu’il dirige (pour information, la position nette de la France en tant que nation est déficitaire vis-à-vis de l’étranger de l’ordre de 1 000 milliards d’euros à cause des déficits accumulés de la balance commerciale et des investissements directs étrangers et en tenant compte du fait que 68,9 % de la dette de l’Etat sont détenus par des étrangers-d’après les derniers chiffres révisés de l’AFT, fin septembre-), qu’il explique au bon peuple ce qui s’est réellement passé les 17 et 18 février derniers (http://www.lecho.be/actualite/entreprises_finance/Les_prets_d-urgence__de_la_BCE_inquietent.9023631-3027.art?ckc=1) et enfin qu’il dote ce pays de structures propres à imposer des règles saines d’activité aux acteurs financiers (vu son amour pour le pouvoir judiciaire, j’ai des doutes. Y’aurait-il des cadavres dans les placards de la politique française?). Il y gagnerait en crédibilité et éviterait aux populations européennes de futurs petits matins blêmes. Ce qui est sûr, c’est qu’il est en campagne électorale et avec une population ignorante des règles élémentaires de l’économie, shootée à l’état providence, il est logique qu’il tente de se refaire une virginité avec des idées aussi simplistes que courtes (il a tenté la Justice il y a peu…), surtout au moment où le peu qu’il a construit part en fumée (voir les récents et immenses succès de la diplomatie française).

    Bonne soirée

    Commentaire par H. — 22/02/2011 @ 17:03

  6. Ouh là, ça va un peu trop vite, les billets en ce moment. C’est que, voyez-vous, on a aussi un boulot, ça nous laisse pas beaucoup de temps pour trouver chaque jour des solutions aux enjeux planétaires.

    Quel appétit ! Vous mangez quoi, à part du steak de Miura sacrifié dans l’arène ?

    Commentaire par Tocquevil — 22/02/2011 @ 17:30

  7. Supposons que les conseillers de Sarkozy sachent vraiment comment reglementer la finance pour obtenir un certain effet. (Une hypothese difficile a croire vu que les banquiers eux meme ne comprennent pas entierement comment ca fonctionne.) J’ai du mal a voir ce qui incitera ces memes conseillers a construire une bonne reglementation. J’ai plutot tendance a penser que comme d’habitude un lobby ou un autre capturera le processus pour ses interets propres. Allez lire l’article de wikipedia en anglais: « Bootleggers and Baptists » et « Regulatory Capture » pour voir de quoi je parle.

    Commentaire par prometheefeu — 22/02/2011 @ 19:48

  8. Tiens, pour détendre l’atmosphère j’ai une p’tite blague (même pas grivoise, c’est vous dire si je suis fier de vous la raconter) sur les polytechniciens et les ponts.

    Un jour, un ingénieur de l’école des Ponts et Chaussées conçoit un pont. Le pont est construit. Il s’écroule. L’ingénieur des Ponts et Chaussées reprend ses calculs mais ne trouve pas l’erreur qui a conduit à la destruction du pont.

    Un autre jour, un ingénieur de l’école Centrale conçoit un pont. Le pont est construit. Il s’écroule. L’ingénieur Centralien reprend ses calculs et finit par trouver l’erreur qui a conduit à la destruction du pont.

    Encore un autre jour, un ingénieur de l’école Polytechnique conçoit un pont. Le pont est construit. Et il ne s’écroule pas!. L’ingénieur polytechnicien reprend ses calculs mais n’arrive pas à comprendre pourquoi le pont ne s’est pas écroulé.

    Voilà. Vous avez ri?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 22/02/2011 @ 21:18

  9. Oui, oui. D’ailleurs j’en ai rajouté une couche, mais ailleurs.

    Commentaire par tschok — 23/02/2011 @ 00:09

  10. Où ça?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 23/02/2011 @ 07:35

  11. Un p’tit sujet sur la couverture journalistique des révolutions autour de la Méditerranée ? Il me semble qu’il y a là un champ plutôt vaste.

    Commentaire par truc — 23/02/2011 @ 09:57

  12. Tiens, pour commencer de bonne humeur…
    http://www.slate.fr/story/34543/neurosexisme-etudes-con-nous-prennent-pour-connes

    Quoi que…

    Hi, hi!

    mussipont (le bien nommé) 8: à l’école on disait la variante suivante:
    le pont du polytechnicien s’écroule, mais il sait pourquoi
    le pont du centralien s’écroule mais il ne sait pas pourquoi
    le pont de l’ingénieur Batiment TP ne s’écroule pas mais il ne sait pas pourquoi.

    Commentaire par araok — 23/02/2011 @ 11:13

  13. Merci pour cet intéréssant article.
    J’apprécie ce que vous dites et en particulier de faire la part des choses en ce qui concerne Sarko, personne ni rien n’est tout bon ou tout mauvais et c’est signe d’intelligence de ne pas contrer systématiquement… Si on pouvait penser à autre chose qu’aux élections ce serait une avancée dans la maturité.

    Commentaire par scaramouche — 23/02/2011 @ 11:26

  14. Merci pour cet intéréssant article.
    J’apprécie ce que vous dites et en particulier de faire la part des choses en ce qui concerne Sarko, personne ni rien n’est tout bon ou tout mauvais et c’est signe d’intelligence de ne pas contrer systématiquement…
    Si on pouvait penser à autre chose qu’aux élections ce serait une avancée dans la maturité.

    Commentaire par scaramouche — 23/02/2011 @ 11:35

  15. @ araok, ben oui le Pont, ça me connait! 😉

    Toujours sur les ingénieurs (pardon Aliocha, je sais, on dérive!).

    Un ingénieur généraliste sait rien sur tout,
    Un ingénieur spécialiste sait tout sur rien.

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 23/02/2011 @ 11:53

  16. Bon, je propose d’instituer une nouvelle règle sur le blog. Il est désormais inutile de faire précéder un commentaire hors sujet de la mention HS, vu que le HS est devenu la règle. En revanche, je remercie les commentateurs d’alerter par la mention DS, s’il leur venait l’idée par inadvertance d’être Dans le Sujet (DS, donc). Sinon, j’attends avec impatience une analyse de Fantômette sur l’art de commenter, la dérive des commentaires, le phénomène de distorsion entre les intentions de l’auteur et les réactions des commentateurs.
    Cela étant dit sur un ton taquin, comme de bien entendu. S’il me venait ici l’idée folle de tenter d’encadrer les commentateurs, je sais que je m’exposerais à une mutinerie en bonne et due forme 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 23/02/2011 @ 12:08

  17. Bon Aliocha, on va faire un deal win-win comme ils disent :

    Vous vous inscrivez sur Twitter et je m’engage à ne faire aucun HS sur votre blog pendant, disons, 3 mois.

    OK?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 23/02/2011 @ 13:15

  18. Loué(e) soit Aliocha qui déclare: »La volatilité menace de s’inviter dans nos assiettes ! »
    J’ai bon?
    Sinon celle-ci pourrait convenir:
    « Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés. Les grands sont tenus secrets par l’incrédulité du public. » (MacLuhan, théoricien de la communication.
    Je peux rester?

    Aliocha : Génial ce Mac Luhan ! mais vous avez oublié la mention DS 😉

    Commentaire par araok — 23/02/2011 @ 13:31

  19. « La volatilité menace de s’inviter dans nos assiettes ! » On va se faire plumer ?

    Commentaire par Gwynplaine — 23/02/2011 @ 15:27

  20. Moi j’ai une question Hors Sujet sur les techniques journalistiques…
    Aujourd’hui, on parle de la publication d’une tribune écrite par « des diplomates », qui se surnomment Marly; tribune qui critique Sarko.
    Alors là moi je me demande… Comment ça se passe ?… Le journal reçoit une lettre non-signée et la publie ?… Comment sait-il que les gens qui écrivent sont bien des diplomates ?… Et combien sont-ils ?… Trois, ou la moitié du ministère ?…
    Il y a bien quelqu’un qui vérifie, non ?
    Et s’il y a quelqu’un qui vérifie, alors les diplomates ne sont plus si anonymes… Donc pourquoi les journalistes qui publient le texte ne disent pas de qui ils l’ont reçu ?…
    Sont-ils dans leur rôle quand ils publient des textes anonymes ?
    N’est-ce pas le devoir du journaliste de révéler le nom et le nombre des auteurs ?…

    Je me demande…

    Aliocha : des informations anonymes dans les journaux vous en avez des tonnes. Parfois, les auteurs sont complètement invisibles parce que le journaliste endosse leurs propos. Parfois on évoque « un proche du dossier », ou bien « un observateur » ou encore « une source qui préfère rester anonyme ». Le journaliste sait de qui il s’agit, mais il s’engage à ne pas révéler le nom, c’est la fameuse protection des sources. Si vous ne la garantissez pas, vous n’avez pas d’info. Maintenant, la tribune collective anonyme est un exercice plus rare. Je ne doute pas que Le Monde s’est assuré que les anonymes étaient bien des diplomates en retraite. D’ailleurs, je ne serais pas surprise qu’ils aient proposé, ou l’un d’entre eux, la chronique en se dévoilant mais en précisant qu’ils ne voulaient pas apparaître sous leur vrai nom. Visiblement, leur identité est un secret de Polichinelle dans la presse : http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/02/23/pourquoi-j-ai-signe-la-tribune-contre-la-diplomatie-de-sark.html

    Commentaire par Arnaud — 23/02/2011 @ 16:00

  21. Il arrive que Sarkozy ait de justes et pertinentes intuitions, et en il faut alors savoir taire ses éventuelles inclinations négatives à l’égard du personnage: j’approuverais certainement, si le président devait affirmer un jour que la terre fût ronde, que le brocoli fût un légume bon pour la santé mais mauvais tout court et que Napoléon çà avait de la gueule pour un peu trop de morts.

    Qu’attendre cependant de la proclamation présidentielle et de la croisade qu’il entend mener: le président est aussi décrédibilisé que Silvio « Bunga bunga » Berlusconi, il risque de ne pas être présent au prochain G20, qui, de plus, sera organisé au Mexique, et les pronostics malheureux s’enchaînent quant à son avenir en 2012 (1).

    Franchement, Sarko c’est le drame du pouvoir vieillissant, dans son palais d’illusions, il me fait penser à Gloria Swanson dans Sunset Boulevard: la vedette déchue qui ressasse ses mirages en contemplant sa gloire passée, entourée d’un chimpanzé domestique, de son vieux majordome allemand et de quelques jeunes intrigants.

    (1) Mais je ne parierai là-dessus qu’une couille et pas les deux

    Aliocha : en fait, il a plein de problèmes, notre président. Il n’est pas forcément mal intentionné, mais il est toujours très maladroit. Il applique à mon avis les idées qu’il rêve de mettre en oeuvre depuis 30 ans, sauf que, pas de bol, il prend une crise majeure sur la tête, ce qui aurait du l’amener à changer son fusil d’épaule. Il manque cruellement de culture et d’habileté. Il est shooté aux médias et ça va lui retomber dessus de plus en plus violemment. Il est mille fois trop réactif. Quand il se plante, il s’obstine dans un rapport de force qui finit par être dangereux. Il veut déverrouiller la société mais il ne parvient qu’à remettre en cause ses repères fondamentaux. Il ferait mieux de lire La princesse de Clèves et d’oublier un peu les mannequins, les yachts et les rolex, ou bien d’admettre que tout le monde ne rêve pas de la même chose que lui. Il n’empêche, il y a tout de même une part de sincérité et d’intelligence au milieu de tout ce bordel qui surgit parfois inopinément. Plus sérieusement, on ne s’en rend pas compte en France, mais depuis la crise, l’hexagone propose un modèle alternatif au libéralisme américain. Evidemment, ça les fait rigoler de l’autre côt éde l’atlantique, quand ça ne les fout pas carrément en rogne, mais je vous assure que sur bien des sujets, il y a une vraie voix française, assez pertinente d’ailleurs. Sarkozy n’en est pas entièrement responsable, c’est le poids d’une culture porté et défendu par une poignée de hauts fonctionnaires.

    Commentaire par Switz — 23/02/2011 @ 16:29

  22. A VENDRE (URGENT) : modèle alternatif au libéralisme américain. Prix 1.600 milliards d’euros. S’adresser au Ministère de l’ Economie, des Finances et de l’Industrie, Direction du Budget, rue de Bercy, Paris, France.

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 16:57

  23. Goloubchik : c’est du DS ou du HS votre annonce?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 23/02/2011 @ 17:30

  24. @ Aliocha,

    votre défense et illustration de notre président me fait sourire, car elle ressemble à celle que je sers à mes proches, pratiquement depuis le début du quinquennat. Je les convainc rarement, et j’ai de plus en plus de mal à me convaincre moi-même…

    Ce que Chirac avait fait – souder les français autour de son refus irakien – Sarkozy n’a pas été en mesure de le faire autour de la défense d’un modèle alternatif au libéralisme. Question de crédibilité sans doute, entamée dès le premier jour avec le Fouquet’s.

    Commentaire par Tocquevil — 23/02/2011 @ 17:45

  25. @ Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) en 23

    DTC ?

    Ok, Ok… —–> []

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 17:53

  26. @ Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011)

    Je teste un truc nouveau : le DHS (depuis que la possibilité de faire du HS nous a été officiellement consentie, je ne ressens plus ce sentiment grisant de m’opposer à l’autorité à mes risques et périls).

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 17:54

  27. Pourquoi pas une rubrique « cour de récré » (avec un préau s’il pleut) ?

    Du coup, j’en profite…

    [TOTALLY HS]

    AFP 23/02/2011
    L’ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, dont les premiers propos à la presse ont suscité la polémique, menace de poursuivre en justice toutes les personnes utilisant des images de lui destinées à un usage privé, a déclaré mercredi son avocat.
    La photographie du nouvel ambassadeur en maillot de bain, diffusée sur le site « Copains d’avant », a été largement reprise dans les médias et récemment brandie lors d’une émission politique par la présidente du FN Marine Le Pen.
    M. Boillon « n’a pas donné autorisation à quelque média que ce soit de diffuser et de publier des images privées, prises à l’occasion de moments privés et destinées à un usage privée », selon un communiqué diffusé par son avocat, Me Jean-Marc Fedida.
    Il a demandé à son avocat « de saisir toute juridiction utile tant en France qu’à l’étranger afin de faire sanctionner les débordements occasionnés par l’utilisation illicite de son image(…) », ajoute- t-il.
     »

    Ouh ouh j’ai trop peur et j’ajoute LMAO ainsi que ROFL !

    Lui, je sens qu’il va finir en couv’ de Têtu… 😄

    Aliocha : Ferdy, je finis un papier sur les normes IFRS qui me fait bailler d’ennui et vous arrivez avec votre diplomate en petite tenue (très, très, très appétissant). Comment voulez-vous que je me concentre, franchement ? Vous êtes incorrigible 😉

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 18:08

  28. @Aliocha

    Oui, Sarkozy a affronté la pire crise depuis 29, et cet évènement inopiné a ruiné ses marges de manoeuvre à un point qu’on ne peut lui tenir totalement rigueur de l’aggravation des vicissitudes traversées par la France.

    D’un autre côté les catastrophes extérieures dévoilent et amplifient les qualités et défauts des dirigeants, et peuvent les mettre à nu avec cruauté: il y eut un avant et après Katrina lors de la présidence Bush.

    Bien gérer la crise était à la portée du président, qui a dû se trouver à l’aise dans une situation incertaine marquée par un caractère d’urgence, comme Offenbach, qui avouait ne pouvoir composer que lorsque son logis était plein de vacarmes et de désordres.

    Maintenant, il y a la sortie de crise à gérer, et plus encore l’attente générale d’un nouvel horizon, d’un nouveau dessein, la promesse d’une vision ou d’un cap. C’est une responsabilité trop lourde pour un homme, dont on sait la fébrilité et l’inconstance, et qui reste avant tout otage de ses lubies ou de ses foucades.

    Quant au fait qu’il soit pris de haut par les Américains, Thucidyde a écrit qu’il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent, comment dès lors peuvent-ils considérer celui qui voulut être leur plus fidèle supplétif d’Europe occidentale à l’instar de Berlusconi, Aznar et des jumeaux polonais. Je n’ai d’ailleurs jamais perçu l’opportunité du retour dans le commandement intégré de l’Otan, dont le pays n’a récolté aucun des bénéfices que le président se vantait d’obtenir.

    Et aussi, je crois modestement que le modèle français que vous défendez avec ardeur gagnerait à intégrer les meilleurs aspects de l’exemple US: Là-bas le chômage est un problème cardinal, et nul américain ne saurait en tolérer la persistance comme en France depuis 1973. C’est peut-être l’explication première d’un meilleur dynamisme entrepreunarial, la prise de risque étant facilitée par la perspective de pouvoir retomber à bon port en cas d’échec – Bill Gates, Apple, internet et toussa. Et en général, les politiques économiques contracycliques adoptées là-bas sont plus intelligentes qu’en France, où l’on fait du Juppé en période de récession et du Jospin en période de croissance.

    Commentaire par Switz — 23/02/2011 @ 18:16

  29. @Ferdydurke

    Vous êtes jaloux, z’avez vu les tablettes suchard du gars! Moi c’est plutôt abdominaux type « mousse au chocolat ». Quand j’ai vu la photo, j’ai pris de bonnes résolutions: demain, je commande un sport-élec, (« t’as du bide t’es bidon »).

    Commentaire par Switz — 23/02/2011 @ 18:24

  30. Il faut que je vous dise un truc… Il se trouve que je connais Boris Boillon. Nous étions voisins de chambre à l’internat quand nous étions étudiants, il y a… longtemps.
    Je suis désolé pour les hommes qui fondent de grands espoirs sur son orientation sexuelle, il n’a rien de gay… croyez-moi.
    Il faut ajouter d’ailleurs que je suis aussi désolé pour les femmes qui ont les mêmes espoirs, il est marié avec une femme charmante.

    Sinon, je reviens sur cette histoire de Marly et le rapport qu’Aliocha semble faire entre tribune anonyme et protection des sources… Que cela s’applique au Monde, pourquoi pas… mais cet engagement ne concerne pas le reste de la presse, non ?
    Donc n’est-il pas le devoir des journalistes de nous dire si ce fameux Marly c’est 3 gugusses au fond d’une cave ou bien 150 diplomates de haut niveau ?!!
    Vous semblez dire que l’identité des gars est un secret de polichinelle… Donc au nom de quoi la presse décide de ne pas diffuser cette information ?
    Et vous… si vous saviez qui sont ces Marly, et combien ils sont… vous tairiez-vous ?

    Aliocha : vous m’ôtez un doute affreux. Le fait de se faire photographier en maillot de bain et de cultiver une silhouette pareille donnait à penser en effet qu’il y avait de l’homosexualité dans l’air. Contente de voir qu’il n’y a pas que les homos qui soignent leur look 😉 (hé les filles, c’est pas une bonne nouvelle, ça ?). Accessoirement, on m’a toujours dit en raison de mon caractère trop cash que je ne ferais jamais carrière au Quai d’Orsay. Faut croire que les habitudes ont changé, je pourrait tenter ma chance…Plus sérieusement, non, je ne révélerais pas l’identité de ces messieurs si je la connaissais. Pour une raison très simple mais qu’on ne peut comprendre sans doute que quand on est journaliste : les gens qui parlent, c’est rare et c’est précieux, donc source perso ou pas, de toutes façons, on protège, dans l’intérêt de l’information et de la confiance que les gens doivent avoir en nous pour accepter de nous parler.

    Commentaire par Arnaud — 23/02/2011 @ 19:05

  31. @ Switz

    Le problème c’est que ce ne sont pas les abdos qui sont le plus utiles en matière de diplomatie. Les Tunisiens l’ont vite remarqué…

    @ Aliocha

    Vous savez bien que j’arrive toujours au moment où il faut… That’s my job, dear ! En l’occurrence, vous voilà sortie de l’ennui. Merci qui ? Merci Ferdy !

    Tant qu’à faire, si vous pouviez aider ce brave petit à se détendre et à ne pas prendre la mouche à la première question qui chatouille, la France et sa diplomatie (du moins ce qu’il en reste) vous en seront éternellement reconnaissantes.

    (j’observe toutefois que je ne vous ai pas pris en traître : « ambassadeur en maillot de bain » c’est explicite. J’en conclus que vous n’êtes pas la dernière à être prête à balancer les normes IFRS aux orties dès qu’il s’agit d’aller mater un mâle en maillot de bain, coquine que vous êtes)

    Aliocha : ça c’est un VBI comme ils disent dans Biba (vraiment bonne idée). Je vais lui proposer un media training en précisant qu’il vaudrait mieux le faire en maillot de bain pour qu’il se sente un peu moins à l’aise et qu’il s’habitue à ne plus prendre les journalistes de haut. Accessoirement, je pourrais lui montrer que quand on est gentil avec une journaliste blonde on peut espérer finir l’interview en off et en apothéose. Oui, enfin bref, me remets au boulot moi….Et cessez donc de me distraire !

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 19:07

  32. @ Arnaud

    On s’en fout qu’il soit gay, bi, hétéro ou autre chose (mais quoi alors ?), marié, pacsé ou autre chose. J’ai juste dit qu’une photo pareille peut faire une couv’ de Têtu. Je dirais la même chose à propos de Daniel Craig dans la même pose (même si Aliocha me déchiquète pour cela).

    Aliocha : je sens que je vais me repasser Casino Royale ce soir…Mourdiou, c’est pas bientôt fini ?!

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 19:11

  33. @ Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon – Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l’hôtesse)

    Un de mes contacts m’a fait connaître qu’Aliocha avait lundi fait appel à Stéphane Fouks pour corriger son image de pudiblonde. Honoraires élévés mais assortis d’une obligation de résultats. Il a pas tardé à se mettre au boulot, le gars.

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 19:24

  34. « On s’en fout qu’il soit gay, bi, hétéro ou autre chose »…
    Je suis bien d’accord… N’empêche que si on cherche sur Google « Boris Boillon », la première proposition qui apparaît, c’est « Boris Boillon Gay »… Donc il faut croire que nombreux sont ceux qui se sont posé la question… 😉

    Et puisqu’on parle de sa tenue, je rappelle tout de même que dans son poste précédent d’ambassadeur en Irak, il allait au boulot non pas en maillot de bain, mais avec un gilet pare-balles. Qu’il était obligé d’être séparé de sa famille parce que sa femme et ses enfants ne pouvaient pas habiter dans un pays aussi dangereux.
    Je rappelle que pendant qu’il était en poste là-bas, l’ambassade de france a été la cible de plusieurs attentats.

    Donc quand je compare Boris et les « courageux » signataires de la tribune anonyme, vous comprenez où va ma sympathie…

    Commentaire par Arnaud — 23/02/2011 @ 19:24

  35. @ Aliocha

    Vous voulez que je vous raconte la scène où il sort de l’eau pour vous mettre en appétit ?

    @ Goloubchik

    Je vous dirais bien que c’est une excellente idée mais vu l’état dans lequel semble l’avoir mise une bête photo d’ambassadeur, un soin fessier du type « cul dans la neige » serait plus approprié… ou alors un autre type de coaching, permettant d’apaiser l’ardeur qui la consume, avec obligation de résultats ET de moyens. 😉

    PS : bravo pour le « pudiblonde » : C’était simple mais fallait y penser.

    @ Arnaud

    Vous allez croire que je le fais exprès et vous aurez raison. Je n’ai rien contre lui, personnellement, mais contre son comportement de sarkoboy. Cependant…

    Il n’a pas été obligé – tout comme n’importe quel expat – de partir en Irak. Il a choisi.

    Je connais plein de couples qui gagnent certainement moins qu’un ambassadeur et qui vivent à distance parce que l’un des deux a un job ou une mission en expat et que l’autre conjoint devrait sacrifier son job, voire en retrouver en autre sur place, pour accompagner celui/celle qui part.

    Lui aussi, il vit à Bagdad et c’est sans doute plus dur pour lui que pour un ambassadeur sous protection.

    Il y a même plein de gens qui vivent et travaillent dans des zones de conflit et risquent leur peau, sans bénéficier de la même protection qu’un ambassadeur : le personnel de l’ONU, des organisations humanitaires et les journalistes, par exemple.

    Sans omettre (en faisant abstraction de toute opinion sur les motifs et l’utilité de leur présence ainsi que des habituels poncifs du type « C’est leur job, ils connaissent les risques, si cela ne leur convient pas qu’ils changent de métier ») : les troupes présentes sur zone.

    Oh ! J’ai failli les oublier ! On n’y pense jamais assez, n’est-ce pas ? C’est pourtant évident… La population locale, bien sûr. Elle n’a vraiment rien demandé. Ni les Saddam de tout poil, ni les troupes étrangères, ni les bombes et les missiles sur la gueule, ni les attentats-suicides, ni les IED, et cetera.

    La population locale, contrairement aux autres, elle, n’a pas choisi.

    Si je vous accorde évidemment que les signataires que vous évoquez ne sont pas à plaindre, vous comprendrez sans problème que Boris Boillon est loin de figurer en tête de liste de mon classement « compassion pour les gens qui ont la vie dure et qui la supporte courageusement ». Que ce soit ici ou ailleurs.

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 21:31

  36. « Il n’a pas été obligé – tout comme n’importe quel expat – de partir en Irak. Il a choisi. »

    Hein ?!!!

    Il est au service de l’Etat, il va où on lui dit d’aller. C’est une noble mission, pas juste un job…

    Vous diriez la même chose d’un pompier ?… Il n’a pas été obligé de rentrer dans la maison en flammes… Il a choisi…

    Sérieusement…

    Commentaire par Arnaud — 23/02/2011 @ 22:19

  37. @ Arnaud

    Allons…Votre affection pour l’intéressé vous honore si vous avez eu personnellement l’occasion d’en apprécier les qualités humaines et, en ce qui me concerne, je trouve plutôt sympathique que vous assumiez sa défense face à une meute de hyènes ricanantes (dont je suis).

    Mais, plus que servir l’Etat, Boris a surtout choisi d’être un Sarkoboy.

    Entendons-nous. Qu’on secoue sorkosystiquement la poussière, même maladroitement, à l’intérieur d’une France enkystée dans ses toiles d’araignée idéologiques, ça peut avoir du bon.

    Mais en matière de relations internationales, on n’a PAS le droit pas de jouer au kéké.

    Le MAE est une très vieille maison, avec ses rites et surtout une maîtrise du vocabulaire, à la virgule près, qui a fait ses preuves depuis des siècles.

    Et là, votre pote Boris, il la joue Sarkocowboy, dans un contexte international qui est, en temes d’impact, l’équivalent de la chute du mur de Berlin.

    Et ceci cans le fil du comportement absolument inadmissible d’une MAM, qui, honte de chez la honte pour une diplomate en chef, est infoutue de mentir correctement.

    Si vous êtes encore en contact avec Boris, le meilleur service que vous puissiez lui rendre est de lui faire comprendre qu’il a intérêt à ranger très rapidement son ego dans son slip de bain.

    Aliocha : ce qui nous laisse imaginer la taille du slip…. 😉

    Commentaire par Goloubchik — 23/02/2011 @ 23:02

  38. @ Arnaud

    Boilon n’a pas été contraint d’aller en Irak. Dès l’instant où l’on n’est pas contraint, on a la possibilité de ne pas faire, on dispose donc de son libre arbitre. Tous les juristes vous le diront. Kant aussi vous le dirait. 😉

    Bien sûr que le pompier choisit ! Il peut refuser d’entrer dans une maison en flammes et il lui arrive parfois (et à raison) de faire ce choix.

    Accessoirement, la prise de risque du pompier est autrement plus importante que celle d’un ambassadeur protégé.

    Si vous voulez, c’est tout à son honneur d’avoir accepté d’aller en Irak ou si vous préférez de ne pas avoir refusé de le faire. Je ne cherchais pas à discréditer son job ni à minimiser sa prise de risque mais à relativiser cette dernière.

    Pour le reste, je rejoins sans réserve le point de vue de Goloubchik. Même moi, qui suis plutôt direct et franc du collier, pas du tout formé aux règles et usages de la diplomatie, je veillerais à exprimer ma désapprobation autrement. Avec les formes… Surtout vu les circonstances et devant une caméra !

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 23:26

  39. Manque un « l » à Boilon. Désolé, je m’en voudrais de l’écorcher d’avantage 😉

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 23/02/2011 @ 23:27

  40. Aliocha, vous seriez déçue si je ne réagissais pas, alors j’y vais : suggérer que les polytechniqicens retournent faire des ponts, c’est à peu près aussi pertinent et de bon goût que vous encourager à retourner derrière vos fourneaux.

    Comment ? Vous n’avez pas une formation de cuisinière mais de journaliste ? Et alors ??? Ah non, en fait de juriste, mais vous préférez écrire ? Les deux ? Vous auriez plusieurs compétences ? etc.

    Commentaire par Hub — 24/02/2011 @ 00:43

  41. ouais, on y crois un max le sarko qui rêve de grande chose et que pas de bol la crise lui tombe sur le coin de la gueule et ruine son beau plan intelligent et huilé.

    Il faut être un peu aveuglé par un parisianisme auto-centré ou la vie va tellement vite qu’on n’arrive plus à prendre le temps de réfléchir correctement. Ce type est une bête de politique qui arrive en écrasant les autres : son modèle n’est pas la coopération (le gagnant-gagnant) mais l’affrontement (je suis le chef, et toi ta gueule). TOUS ses choix suivis d’actions ont été poussées par un électoralisme de bas étage avec une pensée particulière pour les copains : il n’a JAMAIS été honnête, il a un gouvernement de truands et de menteurs, et il se contrefout de la constitution comme de sa première chemise. Il a une telle opinion de lui même qu’il considère que l’état c’est lui et en décide tout. Il continue à diriger l’ump, il brade tout ce qu’il passe à sa porté pour juste payer la charge de la dette qu’il explose avec joie et bonheur.

    Vous pouvez en penser ce que vous voulez, il restera, à mon humble avis, le président le plus détesté de la 5ème république et l’exemple type d’une dérive autocratique et raciste de la démocratie. Il n’y a rien de vrai en lui : c’est un pantin asservie à ses émotions et il n’a même pas l’intelligence du coeur.

    Commentaire par herve_02 — 24/02/2011 @ 01:44

  42. @ arnaud

    Pour M. Boillon : qu’il faille un certain cran pour accepter un poste en Irak j’en conviens aisément. Maintenant, pour quelqu’un qui veut faire carrière dans la diplomatie ou la politique c’est une opportunité extraordinaire impossible à refuser. Alors dans le choix de M. Boillon quelle est la part de dévouement patriotique, quelle est la part de carriérisme, je ne saurais vous répondre…

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 24/02/2011 @ 08:56

  43. Ce qui m’amuse personnellement, c’est que le presse bashing à la sarko fonctionne assez bien en France, mais n’est visiblement pas transposable hors de nos frontières….

    Commentaire par laplumedaliocha — 24/02/2011 @ 09:45

  44. @ Arnaud,

    Autant moi aussi j’apprécie votre courage quand vous prenez ici la défense de Boris Le Clone, autant je me demande quel genre de courage il faut pour aller en Irak dans un gilet pare balle, entouré d’une équipe de protection rapprochée niveau GIGN, le tout empaqueté dans un véhicule blindé qui, contrairement à un VAB de la Légion étrangère en Afghanistan, peut encaisser un coup direct de RGP 7 sans broncher.

    C’est un homme que ses fonctions nous obligent à entourer de kevlar. Cela ne réduit en rien sa valeur, mais cela réduit incontestablement les risques.

    Alors faire de son courage une vertu cardinale qui le définit en tant qu’être, je veux bien, mais n’exagérons rien non plus.

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 12:23

  45. @ Swist, com 28,

    Je vous cite: « Oui, Sarkozy a affronté la pire crise depuis 29, et cet évènement inopiné a ruiné ses marges de manoeuvre à un point qu’on ne peut lui tenir totalement rigueur de l’aggravation des vicissitudes traversées par la France. »

    Tout à fait. Je faisais même partie des gens qui pouvaient supporter un Sarko dans une économie à croissance molle (aux alentours de 2%) qui lui permettait de jouer les Gatsby Le Magnifique. Mais à 1,5% de croissance, avec un déficit public abyssal, il se révèle pour ce qu’il: un populiste démagogue et tartuffier.

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 12:30

  46. @tschok… Même avec un gilet pare-balles, l’Irak reste plus dangereux que les salons parisiens…

    Et ne vous emballez pas comme ça… je ne fais pas de son courage « une vertu cardinale qui le définit en tant qu’être »… Je le comparais juste aux braves diplomates qui signent anonymement Marly…

    Commentaire par Arnaud — 24/02/2011 @ 13:51

  47. @ Arnaud

    En passant…

    « L’Irak est le vrai laboratoire de la démocratie dans le monde arabe, c’est là que se joue l’avenir de la démocratie dans la région. Potentiellement, l’Irak peut devenir un modèle politique pour ses voisins et qu’on le veuille ou non, tout cela a été obtenu grâce à l’intervention américaine de 2003 », Boris Boillon

    « Le bilan de la guerre en Irak est globalement positif », Boris Boillon

    Oui, je sais, on dirait du G.W. Bush 😉

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011, 2ème bataillon - Opération Rubrique cuisine érotique sur ce blog en 2011, abandonnée pour cause de pudibonderie de l'hôtesse) — 24/02/2011 @ 14:38

  48. @ Arnaud,

    Détrompez vous mon cher, les salons parisiens sont très dangereux. Si Boris le Clown était diplomate, il le saurait.

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 14:57

  49. Heureusement qu’on a Ferdyduke qui a l’air de parfaitement maîtriser le sujet de l’Irak…

    😉

    Commentaire par Arnaud — 25/02/2011 @ 00:03

  50. Bonjour, nous sommes un groupe de diplomates anonymes qui avons pris le nom de « Balto » en hommage au café où nous nous réunissons, et nous tenons à publier cette lettre ouverte dans le journal Le Monde parce qu’il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que les cafés chicos qui y aient droit !!!… Non mais c’est vrai quoi !!!

    Et nous en profitons d’ailleurs pour vous demander de ne pas tenir compte de cet autre groupe de diplomates nommé « Bar PMU le Calvados », c’est rien que des copieurs !!!

    Commentaire par Arnaud — 25/02/2011 @ 01:01

  51. @ Arnaud,

    Vous avez oublié d’évoquer les courageux anonymes du « Rostand » :

    http://www.lefigaro.fr/international/2011/02/24/01003-20110224ARTFIG00654-reponse-aux-diplomates-anonymes.php

    Commentaire par Goloubchik — 25/02/2011 @ 09:51

  52. @ Goloubchik et Arnaud : le courage de la lettre anonyme est une valeur également partagée par les diplomates de gauche et de ceux de droite. Les magistrats auront eux fait « grève » à visage découvert ce qui a quand même plus de classe.

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 25/02/2011 @ 10:03

  53. @ Goloubchik: c’est justement parce que j’ai entendu parler du « Rostand » que j’ai posté cette courageuse intervention du « Balto »… 😉

    Non parce que si on va par là, on va en avoir un paquet ! des bars-tabacs qui interviennent dans la vie publique…

    Commentaire par Arnaud — 25/02/2011 @ 10:18

  54. @ Arnaud,

    Notez qu’il s’agit là d’une vieille tradition. Fort sympathique au demeurant.

    Commentaire par Fantômette — 25/02/2011 @ 10:27

  55. @ Arnaud : « Non parce que si on va par là, on va en avoir un paquet ! des bars-tabacs qui interviennent dans la vie publique… », c’est déjà le cas, allez lire les commentaires sous les articles du figaro.fr (ou de libération.fr d’ailleurs), les piliers de bar qui ont une solution à tout y pullulent comme des cacahouètes sur le zinc.

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 25/02/2011 @ 10:37

  56. @ Arnaud,

    Pour s’en tenir à l’aspect com’ dans cette affaire, ce que je trouve agacant, c’est l’absence de cohérence dans l’argumentaire de l’Elysée.

    On ne peut (ainsi par exemple par la voix de Guaino) critiquer violement le procédé utilisé -l’anonymat- puis s’en satisfaire, sinon l’initier, dès lors que le sens de la démarche vous est favorable.

    Commentaire par Goloubchik — 25/02/2011 @ 11:16

  57. En même temps, tant qu’à prendre le nom d’un café, il y avait des noms de cafés peut-être plus judicieux que Marly, comme le café La Fronde, qui avait le mérite d’annoncer la couleur.

    Le Grenier Voyageur fait doucement écho aussi bien à la grande mobilité des diplomates qu’à l’aspect obscur et retiré de leurs fonctions, et me semblait également bien adapté.

    Le Zéro de Conduite résumait, dans un trait d’humour, l’essentiel du message adressé à Nicolas Sarkozy.

    Le Next (please) offrait également la possibilité d’une interprétation subliminale réjouissante.

    Plus sérieusement, je ne suis pas gênée par l’anonymat du groupe Marly. Dès lors, comme cela semble être le cas, que les journalistes qui relaient leur message garantissent qu’il ne s’agit pas d’un fake, ça me semble suffisant. Quelle valeur ajoutée apporterait le fait d’avoir une liste de noms, en l’occurrence? S’il ne s’agit que de disqualifier le propos au seul et unique prétexte que la sensibilité politique de ces diplomates les situerait plutôt dans l’opposition, c’est de la paresse intellectuelle, pure et simple. La position qu’ils expriment se soutient, et je conçois qu’elle se conteste. S’ils avaient délivré des accusations plus précises, les choses auraient été différentes. Un délateur anonyme s’appelle un corbeau, et ce genre d’oiseau-là n’a rien de pertinent à dire. Mais ici, ce n’est pas le cas. Les critiques sont à la fois suffisamment générales et étayées pour permettre à qui le souhaite de défendre la diplomatie sarkozienne si ça lui chante. Dès lors que le débat est possible – et j’ajouterais qu’il me semble même rendu possible par cet anonymat qui nous soulage du poids des intérêts personnels et dispense d’orner le discours de précautions oratoires confinant à la langue de bois – je prends, avec une certaine gourmandise, et sans hésitation.

    Commentaire par Fantômette — 25/02/2011 @ 11:30

  58. @Fantômette

    par contre, je ne recommanderais pas le « bar’atteint » comme lieu de rassemblement.

    Commentaire par Switz — 25/02/2011 @ 16:59

  59. @ Fantomette: « Plus sérieusement, je ne suis pas gênée par l’anonymat du groupe Marly. Dès lors, comme cela semble être le cas, que les journalistes qui relaient leur message garantissent qu’il ne s’agit pas d’un fake, ça me semble suffisant »

    Certes… Mais ce que j’aimerais savoir, moi, c’est s’ils sont 3 ou 150…

    Commentaire par Arnaud — 25/02/2011 @ 18:08

  60. @ Arnaud,

    Vous n’avez pas cherché très longtemps pour avoir la réponse à votre question: Aliocha donne plus haut un lien qui y répond. Ils sont une trentaine, dont une vingtaine actuellement en activité.

    Commentaire par Fantômette — 25/02/2011 @ 18:49

  61. […] Quand la finance murmure à l’oreille du politique « La Plume d’Aliocha. […]

    Ping par Quand la finance murmure à l’oreille du politique « La Plume d’Aliocha | LE BLOG DE LA CRISE — 26/02/2011 @ 17:27

  62. Votre article a été mis en ligne sur le blog

    http://www.penseeunique.fr

    Bonne lecture

    Commentaire par Onewaythink — 05/03/2011 @ 19:21


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