La Plume d'Aliocha

16/02/2011

L’empathie à géométrie variable de Nicolas Sarkozy

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 10:13

Alors comme ça Nicolas Sarkozy téléphone à Florence Cassez au moins une fois tous les deux mois ?

Il est si mobilisé sur le dossier qu’il en vient à déclencher une crise diplomatique avec le Mexique.

Comment ne pas comparer cet engagement aux côtés d’une de nos compatriotes, ontologiquement innocente parce que française, comme le faisait remarquer hier Daniel Schneidermann, avec le traitement  réservé à deux autres de nos compatriotes, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ?

Rappelez-vous, quand on a appris leur enlèvement il y a aujourd’hui 414 jours, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant n’ont pas particulièrement brillé par leur compassion. On les a traités de chasseurs de scoops, on leur a reproché leur « imprudence coupable » et leur « irresponsabilité ». Le chef d’état major des armées a surenchérit : ils coûtent cher à la France en frais de recherche. On a même décidé à l’époque, étrange coïncidence, de voter une loi pour mettre à la charge des otages une partie des frais engagés pour leur sauvetage.

Mais ces journalistes ne faisaient que leur travail, Mesdames et Messieurs du gouvernement. Valent-ils moins que ceux d’entre vous qui se font inviter dans des palaces par des dictateurs au beau milieu d’une révolution ?

Face à eux, une jeune femme, Florence Cassez, condamnée par la justice mexicaine pour enlèvement. Sans doute faut-il tout tenter pour obtenir l’application des conventions internationales, et même pour faire la lumière si, en effet, il y a eu dysfonctionnement de la police et de la justice du Mexique dans ce dossier.

Mais qu’est-ce qui peut bien justifier cette différence de traitement entre Florence Cassez et mes confrères ? Cette incroyable empathie pour la première et ce souverain mépris à l’égard des seconds ?

Je ne vois qu’une explication. Florence Cassez, c’est Madame Toutlemonde, n’est-ce pas ? N’importe quel français pourrait être à sa place. Et puis c’est une femme, jolie de surcroît, donc attendrissante. La cause est politiquement juteuse. A l’inverse, les journalistes sont des boucs-émissaires de choix. Ils sont ontologiquement coupables. Mais coupables de quoi, au fait ?

Publicités

76 commentaires »

  1. Ne parlons même pas des autres otages français dont personne ne parle jamais.

    Commentaire par BABs — 16/02/2011 @ 10:20

  2. Oui, BABs, puisque le titre du blog nous y invite, parlons de l’empathie des journalistes pour les autres otages…

    Aliocha : bon, ça faisait longtemps. Ontologiquement coupables donc…..Essayez de comprendre que lorsqu’un journaliste est pris en otage, cela pose un problème supplémentaire. Vous savez pourquoi ? Parce que ça met en péril VOTRE DROIT A L’INFORMATION. Donc il ne s’agit pour les médias de faire du bruit corporatiste en utilisant les facilités que leur métier leur offre par rapport au citoyen lambda, mais d’attirer l’attention sur le fait qu’une liberté démocratique est mise en danger. OK ? Maintenant, je n’ai pas souvenir qu’Ingrid Betancourt soit journaliste, pas plus que Florence Cassez. Et on parle ou on a parlé de ces deux femmes bien plus que des journalistes. Et bien moins que des autres otages. Conclusion ? Il y a des inégalités de traitement de ces affaires, oui. Parce que certaines familles médiatisent et d’autres pas. Parce que le politique s’empare de certains dossiers et laisse les autres dans l’ombre. On peut en rechercher les causes, s’en agacer, trouver cela injuste. Mais pas faire porter le chapeau exclusivement aux journalistes, ça devient lassant.

    Commentaire par araok — 16/02/2011 @ 10:41

  3. Remarquable mise en perspective, Aliocha.

    (Je twitte votre billet immédiatement 😉 )

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 16/02/2011 @ 10:42

  4. Il n’est pas du tout certain que « la cause [soit] politiquement juteuse » pour NS.

    Elle pourrait même s’avérer très contre-productive auprès de son électorat le plus fidèle, comme cela s’est produit dans l’affaire Polanski.

    Commentaire par Goloubchik — 16/02/2011 @ 10:45

  5. @ araok
    Je suis trop nouvelles sur les blogs. C’était désagréable votre propos à mon égard ? J’suis larguée.

    Commentaire par BABs — 16/02/2011 @ 10:46

  6. Bonjour BABs, je crois que c’était vendredi dernier la journée nationale du premier degré.

    Commentaire par Fantômette — 16/02/2011 @ 10:52

  7. @ Fantômette
    Pffffffffffff… J’ai honte. Mais je n’ai toujours pas repris la cigarette. Je m’en vais à nouveau faire un tour dans ma cave.

    Commentaire par BABs — 16/02/2011 @ 10:56

  8. Bonjour,

    Permettez-moi de disconvenir respectueusement, ou du moins de nuancer votre propos.

    Je sais que ce billet et court et qu’il ne vise qu’à souligner la différence de traitement, mais je le trouve un peu injuste (bien qu’étant loin d’être un fan de notre président).

    Certes, il y a eu les commentaires sur les journalistes de France Télévision, mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont été abandonnés par les autorités. Et idem pour les autres otages: ce n’est pas parce que les gouvernants n’en parlent pas qu’ils ne s’en occupent pas. Et allez savoir, peut être que les commentaires initiaux visaient à communiquer vis à vis de ceux qui seraient tentés d’enlever des français, en signifiant que la France en a marre de s’occuper des otages, et que donc ils deviendraient assez vite peu rentables. Et si je me souviens bien, le contexte était assez tendu. En la matière, étant donné qu’on sait rarement ce qui se cache sous tel ou tel propos, je serais plus prudent…

    En revanche, Florence Cassez est peut être Mme Toulemonde, oui, et il y a sûrement une visée électoraliste derrière, mais la comparaison me paraît injuste: le dossier pourrit depuis des années dans les tiroirs, et n’avance finalement jamais. Peut-être la diplomatie française a-t-elle estime que le moment était venu de mettre un coup de projecteur médiatique dessus, en négociant en sous-main avec le Mexique.
    De plus, nous sommes un peu schizophrènes: si le président montre une indifférence, il est critiqué, s’il montre de l’empathie (fût-elle à but politique, mais qu’en savons-nous ?), il est critiqué.

    Comparer 2 cas aussi différents, et dont nous ne connaissons pas le début des détails (le cas de Florence Cassez est loin d’être clair), me paraît un peu injuste…

    Commentaire par Tom — 16/02/2011 @ 10:59

  9. Eléments d’éclairage fournis par le site Latin Reporters:

    http://www.latinreporters.com/mexiquepol14022011bw.html

    Commentaire par Goloubchik — 16/02/2011 @ 11:04

  10. @ Goloubchik,

    « …la France officielle dit se soucier des victimes, mais ajoute qu’il convient d’éviter qu’une procédure irrégulière ne transforme d’éventuels innocents en coupables. »

    « il convient d’éviter qu’une procédure irrégulière ne transforme d’éventuels innocents en coupables ». C’est très bien dit, ça.

    Je crois que je vais rajouter cette phrase à mon modèle de conclusions de nullité des garde à vue – en citant « la France officielle », bien sûr.

    Commentaire par Fantômette — 16/02/2011 @ 11:16

  11. @ Aliocha sous BABs (2)

    Effectivement, je vous suis sur le fait que les journalistes en parlent parce que c’est important pour le droit à l’information etc etc…

    Mais à l’inverse, cela sonne presque dans votre bouche comme une « théorie du complot » du pouvoir politique contre les journalistes. Je le mets entre guillemets pour ne pas attirer votre foudre, je ne cherche pas la polémique. D’ailleurs, peut-être y a-t-il une vendetta du pouvoir contre les journalistes, je n’en sais rien je ne suis pas dans les arcanes de ces relations.
    Mais convenez qu’il est difficile de comparer tous ces cas, en 2 lignes, et d’en tirer la conclusion selon laquelle il y aurait une inégalité de traitement au seul motif que le président l’aurait décidé.

    Le cas de Florence Cassez pourrit depuis un moment. Quant à Bettancourt, elle était en otage chez les Farc, qui n’ont pas précisément pour habitude de relâcher ce type d’otage au bout de 6 mois contre une rançon (trop connue), et visiblement les diplomates français ont estimé possible de mettre la pression sur les colombiens pour régler cette affaire, comme pour Florence Cassez. C’est peut être critiquable dans la forme, peut être même que c’est une erreur, mais c’est une possibilité.
    Alors que concernant le cas des journalistes, on nous répète à longueur de journée dans les médias (mais cela serait-il faux ?) que si on en parle pas trop, c’est pour éviter de faire monter les enchères et de tenter d’éventuels preneurs d’otages.

    Là encore, la comparaison me paraît osée, à moins que vous ayez des informations que je n’ai pas (et dans ce cas là je serai ravi de les connaître)…

    Aliocha : si j’ai pris le sujet par le bout de l’empathie, c’est que précisément on ne peut comprendre la différence de traitement que sous cet angle, à mon avis. La première réaction politique sur l’enlèvement des journalistes a été pour les accuser d’avoir commis une faute. Degré d’empathie : 0. Du jamais vu à ma connaissance dans un dossier de prise d’otage. Il n’y a pas de complot, c’est beaucoup plus simple que ça. Il y a un flair exacerbé du sujet sur lequel l’empathie présidentielle suscitera la sympathie citoyens-électeurs. Journaliste est un métier qui certes continue de faire rêver les ados et d’impressionner dans les cocktails, mais qui en terme de sympathie du public frise le zéro absolu. On pouvait donc sans difficultés leur taper dessus, autrement dit leur réserver un traitement inférieur à celui auquel aurait eu droit n’importe quel autre otage. Accessoirement, les journalistes français dérangent le gouvernement français en Afghanistan. Inutile de vous expliquer pourquoi, je suppose. Donc on tape. Avec même une petite chance de s’attirer la sympathie du public, car le presse bashing ça marche toujours. En face, vous avez donc une jolie jeune femme victime – forcément victime – d’une erreur judiciaire. Un : parce que le président ne porte pas la justice dans son coeur. Deux : parce que le Mexique est forcément un pays sous développé (que le mexicains me pardonnent, ce n’est pas mon opinion. Trois : parce que le personnage de zorro est flatteur. Alors oui, je soutiens que c’est de la com’. Avec une seule réserve au bénéfice de la défense : il n’est pas impossible que ce soit purement instinctif de la part du Chef de l’Etat. Mais alors au fond, ce serait encore plus discutable qu’une vraie belle manipulation de communication politique. Je me méfie personnellement des gens qui ont la tête trop près du bonnet, surtout s’ils prétendent diriger un pays.

    Commentaire par Tom — 16/02/2011 @ 11:24

  12. Pourquoi ne pas faire éditer un petit « guide du français à l’étranger » ? Le gouvernement doit déjà plancher dessus:

    a) si vous êtes journaliste: veillez à rester dans l’ambassade de France du pays en question. Des parcours prédéfinis sont organisés une fois par semaine sous haute protection militaire, afin que vous puissiez faire votre travail dans des conditions optimum.
    b) si vous choisissez d’être pris en otage: veillez à ce que votre cause soit médiatiquement rentable. Aucun remboursement ne sera consenti dans le cas contraire.
    c) si votre voyage est au frais du dictateur local: démerdez-vous pour que la presse ne l’apprenne pas, bordel !

    Commentaire par jor — 16/02/2011 @ 11:37

  13. « Mais ces journalistes ne faisaient que leur travail, Mesdames et Messieurs du gouvernement. Valent-ils moins que ceux d’entre vous qui se font inviter dans des palaces par des dictateurs au beau milieu d’une révolution ? »

    Wéééé !!! On se lâche complètement !!! On dit n’importe quoi !!! C’est la fête !!!

    Aliocha : Mince, vous vous êtes encore égaré ici. Je vous avais pourtant montré le chemin hier. Chez vous c’est là-bas.

    Commentaire par Arnaud — 16/02/2011 @ 11:55

  14. Bien vu Goloubchik (4).

    J’ai fait un tour sur les commentaires du Figaro : comme je le pressentais, les réactions sont très critiques vis à vis de Sarkozy, à la fois sur la gestion du dossier, et sur son opportunité. En revanche, l’opposition soutient le président, pour l’instant en tous cas.

    Commentaire par Tocquevil — 16/02/2011 @ 11:58

  15. @ Fantômette,

    Arf! 😉

    Méfiez-vous tout de même. Un mauvais esprit pourrait faire valoir que « la France officielle », pareille à un canard sans tête, manque furieusement de cohérence et de coordination dans ses dires et démarches.

    Le 3 février 2011, l’Ambassade de France au Mexique pondait ceci :

    http://www.ambafrance-mx.org/francais/ambassade-150/relations-politiques/annee-du-mexique-en-france/article/communique-de-presse-lancement-de

    Commentaire par Goloubchik — 16/02/2011 @ 12:01

  16. Hé hé, Aliocha version « pasionaria de la défense des journalistes ». Réjouissant, comme à chaque fois.

    Commentaire par Tocquevil — 16/02/2011 @ 12:08

  17. @ Aliocha

    Sous cet angle je vous comprends mieux, en effet. De toute façon, le président actuel est celui qui, en ne pouvant s’empêcher de se mettre en avant, montre le plus souvent ce qu’il pense à titre personnel… Remarquez, et comme cela a été souligné, il n’est pas sûr que la cause soit si juteuse que ça.
    Quant à l’empathie vis à vis des journalistes, je vous trouve un peu dure : tout dépend du public auquel vous vous adressez. Si vous visez l’électorat de base de l’UMP, alors effectivement vous pourrez mépriser les journalistes (et les magistrats) et être récompensé. Mais concernant les autres électeurs, pas si sûr qu’ils soient d’accord…

    Commentaire par Tom — 16/02/2011 @ 12:13

  18. Mince ! (J’adore cette exclamation Aliochienne, aussi démodée que le schmilblick et les shadoks). Si Arnaud est mis à la porte, qui va-t-il rester pour tempérer la dérive gauchiste manifeste de notre hôte ? 🙂

    Aliocha : vous n’allez tout de même pas me traiter de vieille chouette au moment précis où je me rapproche des forces de progrès 😉 Arnaud n’est pas mis à la porte, nous avons besoin de contestataires sinon on s’ennuirait. Mon empathie naturelle m’incite seulement à lui montrer le chemin de son paddock, il a l’air de se sentir si mal ici….

    Commentaire par Tocquevil — 16/02/2011 @ 12:15

  19. @Tom

    « Alors que concernant le cas des journalistes, on nous répète à longueur de journée dans les médias (mais cela serait-il faux ?) que si on en parle pas trop, c’est pour éviter de faire monter les enchères et de tenter d’éventuels preneurs d’otages. »

    Oui, la gestion d’une crise d’otages est problématique car elle pose un dilemme: la médiatisation risque de provoquer une inflation des exigences des ravisseurs, mais le choix de la discrétion peut à l’inverse conduire à l’oubli, et s’avérer finalement préjudiciable aux captifs.

    Il est difficile d’adopter une stratégie adaptée, les différents partis présentent des inconvénients majeurs.

    Néanmoins, le fond du propos d’Aliocha – et je partage pleinement son opinion – vise la désinvolture et l’irrespect manifesté par le gouvernement: ces journalistes ont presqu’été qualifiés de « pieds nickelés », alors qu’ils disposaient d’une solide expérience professionnelle de reporters, on a opposé de manière injuste la sécurité des militaires et le droit à l’information, et franchement le rappel du coût supporté par le contribuable est navrant.

    Quelques mois avant cette affaire, deux jeunes filles de Besançon ont été confrontées au classique problème de dissimulation de drogues dans leurs bagages, alors qu’elles faisaient du tourisme en Amérique centrale. Après que leur cas eut fait l’objet d’une médiatisation par TF1, M. Joyandet a organisé avec la bénédiction de l’Elysée une opération de sauvetage avec jet privé affrété par l’Etat, devant les caméras de TF1. Il est normal que la république soit venue en aide à ces nunuches, point n’était nécessaire cependant d’envoyer un secrétaire d’Etat en mission spéciale avec l’avion et tout le toutim – deux billets retour classe tourisme auraient été amplement suffisants.

    Commentaire par Switz — 16/02/2011 @ 12:17

  20. on a tous besoin de vacances ^^
    Bonnes vacances Aliocha ^^

    Commentaire par docjac21 — 16/02/2011 @ 12:59

  21. Et on dira que je fatasme quand je parle d’une obsession de la communication chez le Chef de l’Etat : http://www.20minutes.fr/ledirect/671061/politique-nicolas-sarkozy-vante-davoir-plus-regarde-match-france-bresil

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/02/2011 @ 14:59

  22. Et hop, un nouveau dossier de récidive : http://www.europe1.fr/Faits-divers/A-peine-libere-le-pedophile-recidive-415873/

    Commentaire par laplumedaliocha — 16/02/2011 @ 15:43

  23. Et hop, une nouvelle « mission » – confiée au magistrat Corinne Moreau – pour définir « les missions » du futur office de prévention de la récidive des délinquants sexuels ou violents.

    Commentaire par BABs — 16/02/2011 @ 15:47

  24. C’est notamment pour cela que l’électorat tendance sécuritaire (dont NS aura bien besoin au 1er tour) ne peut être séduit par le positionnement adopté concernant Cassez : il considère que si votre libéré avait été condamné à 60 ans de prison (par des juges non-laxistes), il n’aurait pu récidiver.

    Commentaire par Goloubchik — 16/02/2011 @ 15:51

  25. Ce que je vois surtout, c’est qu’empathie ou pas, dès que NS s’en mêle, ça tourne au fiasco.

    Votre billet me met mal à l’aise. Je suis souvent d’accord avec vos points de vue, mais pas sur celui-là et pas à ce moment-là.

    Je ne pense pas qu’une française à l’étranger soit ontologiquement innocente. Je n’exclus même pas qu’au-delà des manipulations et des irrégularités de procédure, il puisse se trouver dans le dossier de Florence Cassez des éléments de preuve suffisants pour entraîner sa condamnation. Mais voilà, de mon point de vue, elle n’a pas bénéficié d’un procès équitable. La procédure mexicaine, si j’ai bien compris est écrite, pas de débats publics ; l’opinion publique mexicaine s’est forgée sur la base d’une arrestation filmée alors qu’il s’agissait d’une mise en scène.

    Le problème de l’action des autorités françaises, ce n’est pas qu’elles agissent trop mais qu’elles agissent mal. Aussi bien dans le cas de Florence Cassez que dans le cas de vos deux confrères enlevés en Afghanistan.

    Ce qui différencie à mon avis le traitement réservé à ces deux affaires, ce n’est pas tant le fait que Florence Cassez soit une femme ontologiquement innocente (la religion de NS ne me paraît pas trop fixée là-dessus), c’est seulement qu’ayant affaire dans son cas à un Etat, notre président a pensé qu’il pourrait obtenir un succès qui redorerait son blason en France. Dans le cas des deux journalistes enlevés par un groupe terroriste incontrôlable, il a fait le pari qu’il n’avait rien à y gagner.

    Dans les deux cas, ces petits calculs sont honteux. Le mépris dans lequel NS tient les journalistes, et plus généralement tous ceux qui constituent un contre-pouvoir, est scandaleux. Simplement, votre billet laisse l’impression que si on abandonne les 2 journalistes de France Télévision à leur sort faute de savoir quoi faire et comment le faire, Florence Cassez devrait subir le même sort.

    Ca me gêne vraiment, surtout à un moment où en France les voix des partisans de la Realpolitik se font de plus en plus bruyantes. Ce sont les mêmes qui pensent qu’en France aussi, on gagnerait en sécurité si on se passait d’une procédure équitable.

    Aliocha : non, mon billet ne dit rien de tel. Et en tout état de cause, l’alignement sur le plus petit dénominateur commun, c’est pas mon genre. A la limite j’aurais dit : traitez mes confrères aussi bien que Cassez. Sûrement pas l’inverse. Notez, à ce stade, je commence à me féliciter qu’il méprise les journalistes parce que la famille de Cassez flippe un peu de la tournure que prennent les choses, craignant que Florence n’en soit finalement victime. Ils n’ont pas tort. Le problème de la médiatisation, c’est que c’est une arme à double tranchant. Quand les effets bénéfiques se renversent, la descente aux enfers est violente .

    Commentaire par ranide — 16/02/2011 @ 15:53

  26. Vous savez, Aliocha, que vous allez finir par lire et aimer Chomsky ?

    dans la Fabrique du consentement, l’un de ses thèmes de prédilection majeur est de tenter (et à mon sens il y arrive plutôt bien) de montrer qu’il y a les « bonnes » et les « mauvaises » victimes. Celles qu’on mediatise à tout va, pour des raisons politiques, et celles qu’on occulte complètement, pour les mêmes raisons. Il prend des exemples extrêmement concrets, et met en parallèle des évènements assez comparables : enlèvement et assassinat de tel groupe de religieux dans une sombre dictature d’Amérique latine cliente des US, et ça, faut croire que ça n’intéresserait personne vu la couverture mediatique disons « modérée », et indignation planétaire pour le sort réservé à tel prêtre dans un pays satellite de l’URSS (et attention, il ne s’agit pas de dire que l’indignation dans ce cas n’est pas légitime, mais de s’interroger, comme vous le faites, sur ce 2 poids 2 mesures).

    Et là où ça devient hautement intéressant, c’est quand on essaye de comprendre pourquoi les media suivent comme un seul homme en sur-mediatisant ce qui leur est désigné comme la « bonne » victime, et, en effet, en « oublient » de parler des « mauvaises » victimes, au sort pourtant tout aussi peu enviable et révoltant.

    Parce que vous dénoncez l’empathie à géométrie variable de l’Elysée, et vous avez raison. Mais à la limite, de leur part, ce n’est pas tellement étonnant: ce sont des politiques qui ont une vision assez sommaire de la politique, qui se résume peu ou prou à « faut qu’j’ gagne les prochaines élections ».

    Mais il est peut-être encore plus intéressant de s’interroger sur ses propres empathies à géométrie variable, non ?

    je veux dire, chacun à les siennes, le tout c’est de se méfier de soi. Comme juge, j’en fais l’expérience quasi tous les jours : par exemple, le truc qui me fait chialer dans les chaumières, moi, perso, ce sont les accidents de la route. Les accidents mortels que j’instruis, je vous raconte pas. Je me paie des envies de coller des peines de ouf à des chauffards, alors que je ne suis pas spécialement répressive, mais j’essaye de me tempérer et de relativiser parce que je sais que c’est un peu, sans doute à cause de mon histoire personnelle, ma corde sensible.

    Mais les medias, qui eux, comme vous le relevez, sont ceusses qui donnent accès à l’information, et donc une aide précieuse à la réflexion, en dehors de ces inclinaisons personnelles propres à chacun, qu’est-ce qui peut les pousser à vous pondre 10000 articles secondes sur Cassez ou les types de l’Arche de Noe, et que chi sur d’autres otages ? et là, on parle des otages, mais c’est vrai sur un peu tous les sujets : telle guerre, tel scandale, etc…

    j’ai pas plus d’éléments de réponse que ça, je pressens juste une distinction à faire entre les journalistes personnes physiques et les organes de presse, et j’aimerais bien avoir votre opinion (et, please, épargnez-moi le « ben, c’est le lecteur qui commande »).

    Aliocha : non, je ne vais pas vous répondre que c’est le lecteur qui commande mais plus précisément le contrat passé avec le lecteur, autrement appelé « ligne éditoriale ». Au fond, ce qui commande, c’est surtout le fait d’actualité. On le voit ou pas, on le juge important ou pas, il y a des choses à en dire, ou pas. Autrement dit, il faut un fait, c’est-à-dire quelque chose de nouveau, d’inédit, qui attire l’attention. Ensuite, parmi les faits, on sélectionne en fonction de l’intérêt. Et enfin, on cherche l’information, ce qu’on peut en dire. Il arrive que les deux premières conditions soient remplies mais pas la troisième. Sur les prises d’otage, quand les familles ou les politiques médiatisent, ils alimentent régulièrement le flux d’information, jusqu’à créer une sorte de bulle médiatique. Ceux qui se taisent à l’inverse tarissent très vite la production médiatique. Voyez le dossier fétiche de ce blog, je veux dire l’affaire Kerviel. Elle a éclaté dans les médias parce qu’il y avait un fait, révélé par la banque, une perte de 4,9 milliards. Un fait important, plus grosse perte de trading de l’histoire. Et puis elle a été alimentée ensuite par les rebondissements factuels (enquête de police, détention, instruction, procès), par les commentaires autour de l’affaire (querelles de spécialistes sur les responsabilités le tout sur fond de crise), les actions des protagonistes (interviews, livres, etc). Quelques mois plus tard, la caisse d’épargne subissait une perte de trading de plusieurs centaines de millions d’euros. Vous vous en souvenez ? Je parie que non. Il y a eu du bruit autour du dossier ? Non. Indéniablement il y a un fait, mais il est moins important que celui qui l’a précédé et surtout personne dans ce dossier n’entretient l’intérêt médiatique. Au contraire, l’avocate du trader concerné a clairement indiqué qu’ele allait adopter la stratégie inverse de celle de Kerviel et conserver un silence absolu. Quant à la banque, elle a intérêt à se taire. Toutes les situations ne fonctionnent pas ainsi, mais je trouve celle-ci assez intéressante au vu de votre question.

    Commentaire par Jalmad — 16/02/2011 @ 15:54

  27. @ Goloubchik : des juges non-laxistes, et, en l’occurrence, probablement un jury populaire : 12 ans, ça fait verdict d’assises, un peu quand même (sauf à être en récidive d’agressions sexuelles aggravées ? mais dans ce cas, on aurait évidemment parlé d’un « multi-récidiviste » et pas juste d’un « récidiviste » (présumé innocent, mais bon…))….

    Aliocha : et vous avez vu en fin d’article l’allusion assassine au décret non publié ? responsabilité de l’Etat ?

    Commentaire par Jalmad — 16/02/2011 @ 16:02

  28. « L’affaire Kerviel, fétiche de ce blog. »

    Vous tendez des bâtons pour vous faire battre.
    Mais qu’est-ce qui a bien pu justifier cette incroyable empathie pour lui, si ce n’est son attendrissante frimousse ?

    Aliocha : je l’ai déjà maintes fois expliqué. Faut-il que je recommence ? D’abord je vous renvoie à ma réponse à Jalmad. En tant que journaliste j’obéis aux réflexes que je décris. A fait exceptionnel, intérêt journalistique exceptionnel. Ajoutez à cela que dans mon univers aride de presse économique, qui m’oblige à lire toute la journée les rapports de l’amf, Bercy et autre, à assister à des conférences de presse dont la technicité le dispute à la langue de bois, ou encore à des colloques sur des sujets aussi excitants que la nouvelle compatbilisation des contrats de location aux normes IFRS, l’affaire Kerviel c’est un shoot d’adrénaline pure. La com’ s’effondre, une banque se fout à poil, la planète financière entière frissonne de trouille, bref, les sujets habituellement gris et chiants se transforment en feu d’artifice. De fait, la frimousse comme vous dites, de Kerviel, c’est au mieux la cerise sur le gâteau 😉

    Commentaire par Tocquevil — 16/02/2011 @ 16:32

  29. @ Jalmad,

    Mon opinion est que l’électeur tendance sécuritaire se fiche pas mal du fait que le verdict soit rendu par un jury populaire (surtout que si ça se met en place pour la correctionnelle, ça va déranger beaucoup la vie quotidienne des jurés, ’cause le taf, les vacances programmées, la garde des gosses le soir, la trouille que le condamné ou sa famille vienne leur demander des comptes, etc). Non, ce qui est voulu c’est des juges sans états d’âme, appliquant sans y regarder de trop près des condamnations que la loi française prévoierait sans remises de peines et beaucoup plus lourdes que celles actuelles (là est d’ailleurs le hic franco-mexicain sur l’application de la Convention de Strasbourg). En substance, ce que fait le Mexique, ben, ça lui paraît pas mal, à cet électeur. Le scénar de la jeune fille égarée dans une histoire d’amour avec un truand, ça aurait même tendance à l’énerver. Le côté mi-pater familias mi-marines, « on ne laisse pas nos blessés sur le terrain » a fait long feu, surtout si, Française ou pas, ça coûte des sous et que le traitement privilégié semble tenir du fait du prince par rapport aux 2 ou 3000 compatriotes (non journalistes 😉 ) actuellement en prison à l’étranger, dont les parents ne semblent pas avoir été reçus à 10 reprises par le Prez’. Au cas présent, NS joue contre son camp. Switz avait lancé le lièvre sur le billet précédent : NS fait une fix sur FC et le résultat, c’est portnawak.

    Commentaire par Goloubchik — 16/02/2011 @ 17:04

  30. C’était juste un clin d’oeil, Aliocha 🙂 Votre traitement de l’affaire Kerviel était nécessaire et remarquable.

    Commentaire par Tocquevil — 16/02/2011 @ 17:45

  31. Bonjour Aliocha,

    Je m’éloigne un peu du sujet premier mais c’est votre dernière réponse à Tocquevil et celle faite plus haut à Jalmad qui suscitent là mon intérêt.
    OK, je prends en compte ces réponses . Vous êtes journaliste économique et vous vous farcissez à longueur de journée des rapports ou conférence plus ou moins indigestes. Et puis, vous nous dites que ce qui retient votre attention est la situation délétère d’une banque. Vous êtes donc à l’affut de l’information qui détonne (ce qui est normal).
    Je suis depuis déjà quelques années le blog de Jean-Pierre Chevallier (http://www.jpchevallier.com/) et dispose de suffisamment de connaissance en la matière pour en apprécier le bien-fondé. Tenant de l’école monétariste plutôt école autrichienne, il s’avère que ses analyses collent plutôt bien à la situation économique et que, à titre personnel, j’y vois par leurs justesses, une des explications de la fuite en avant de notre président à qui tout échappe un an avant la fin de son mandat. Le problème, c’est qu’au niveau des médias spécialisés ou non, c’est l’omerta la plus complète. On nous y ressasse toujours les mêmes explications, généralement assez foireuses qui, comme vous le soulignez fort bien, tiennent plus souvent de la communication que de l’information. Si je peux comprendre que vous, ou un autre de vos confrères, soyez tenu par la ligne éditoriale de celui qui vous paie, je m’étonne cependant de ne jamais entendre la petite voie discordante qui rend la lecture du dernier bulletin de santé de la SG un peu plus excitante (voir http://www.jpchevallier.com/article-les-meccanos-de-la-generale-2010-67334516.html). Si je suis la banque, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si je suis JP Chevallier, les nuages s’amoncellent et visiblement, cette entreprise est assise sur un volcan. Reconnaissez qu’il y a là quelques chose d’assez détonnant. Pourquoi un tel silence autour de ce constat? Personne n’est donc capable dans votre milieu d’observer la scène avec d’autres lunettes? Un des deux se trompe et ment (vous comprendrez que, en ce qui me concerne, la messe est dite). Jalmad a raison quand elle dit en 26: « Et là où ça devient hautement intéressant, c’est quand on essaye de comprendre pourquoi les medias suivent comme un seul homme en sur-médiatisant ce qui leur est désigné comme la « bonne » victime, et, en effet, en « oublient » de parler des « mauvaises » victimes, au sort pourtant tout aussi peu enviable et révoltant. »
    Je pourrai prendre bien d’autres exemples comme les crises que connaissent les pays du Magrheb (Tunisie, Algérie) ou les pays du Moyen-Orient (la crise égyptienne). Je vous renvoie là au blog de Bernard Lugan (http://bernardlugan.blogspot.com/). Idem en ce qui concerne la Justice. C’est depuis qu’Eolas a lancé son blog que le discours journalistique sur cette dernière a commencé à se teinter d’un minimum de sérieux.

    Je suis désolé mais votre explication est un peu courte et ne me satisfait pas. Que l’actualité soit votre guide n’est pas gênant mais après nous avoir fait part du menu, il serait bon de nous faire découvrir les cuisines ou les arrières cuisines. Là, la plus-value que vous revendiquez (les journalistes, pas directement vous Aliocha) prendrait toute sa valeur.

    Bonne soirée

    Aliocha : Jalmad posait la question du choix des sujets. Vous en soulevez une autre, aussi complexe, leur type de traitement. Pour les résultats de la Société Générale, un journaliste de la presse économique va d’abord vous restituer les faits. Très classiquement le résultat net, puis vous expliquer comment il se décompose, les activités qui ont progressé, etc. S’il a un peu de mémoire et de la place, il fera un petit rappel pertinent du contexte économique, des événements de l’exercice considéré, voire une comparaison avec les concurrents. Voilà l’info de base. La Socgen a pignon sur rue. C’est une institution, elle est crédible. L’annonce des résultats est perçu comme un exercice classique, sans grand intérêt journalistique, consistant à rendre compte des données. N’oubliez pas que ce type de presse s’adresse en priorité à des cadres et des décideurs économiques, pas au grand public. C’est communautariste, on part du présupposé que ceux qui veulent en savoir plus consulteront les analystes. C’est tout. Fin de l’histoire. Je crois qu’il ne viendfrait à l’idée de personne de douter des infos publiées par la banque. A ce stade, ce n’est même plus de l’autocensure, mais du mimétisme vis à vis de l’univers observé. Et si un journaliste avait l’idée folle de douter, il ne trouverait ni le temps ni les moyens de faire autre chose que de rendre compte des résultats tels que la banque les présente. Parce qu’il se heurterait au mur de la com’, au mutisme des experts et au doute sur la crédibilité des voix discordantes. Vous observerez que les scandales économiques ne sortent jamais dans la presse économique alors que c’est pourtant là que sont les meilleurs journalistes spécialisés. Les journalistes des autres titres ont eux la distance nécessaire pour échapper au prisme de leur confrère, mais pas forcément la compétence technique ou simplement le temps de s’y consacrer. Voilà pourquoi la puissance de la com’ m’inquiète, elle ne va faire qu’aggraver le phénomène. Internet peut être un début d’antidote, à cette réserve que la com’ ne va pas se gêner pour polluer aussi ce média. Et puis j’espère aussi un phénomène d’overdose qui finira par une rébellion collective 😉

    Commentaire par H. — 16/02/2011 @ 17:46

  32. @ BABs 5
    Non, ce n’était pas désagréable.
    J’essaie de l’éviter sur ce blog toujours élégant et souvent pertinent.
    Vraiment.
    Mes hommages, chère hôtesse.

    Commentaire par araok — 16/02/2011 @ 17:47

  33. Bonjour,

    Vous faite allusion dans votre billet à une loi censée mettre une partie des frais de libération à la charge des otages:

     » Le chef d’état major des armées a surenchérit : ils coûtent cher à la France en frais de recherche. On a même décidé à l’époque, étrange coïncidence, de voter une loi pour mettre à la charge des otages une partie des frais engagés pour leur sauvetage. »

    Cette loi a-t-elle effectivement été votée? ou n’était-ce qu’une idée en l’air des politiques?

    Commentaire par Maxi — 16/02/2011 @ 17:51

  34. Nicolas le Savant, Sarko le Juste, Sarkozy le Grand Justicier… sait qui est responsable et qui est irresponsable, sait qui a tort et qui a raison, sait qui est innocent et qui est coupable. Alors il pense, parle, agit en fonction de son savoir. Malheureusement il se trompe. Un tel savoir, personne ne le posséde. C’est le propre des idéologies et des idolâtries de croire le posséder. Illusion aussi commune que dangereuse…

    Commentaire par Denis Monod-Broca — 16/02/2011 @ 18:02

  35. @ Aliocha,

    Merci pour votre réponse. Donc la SG vous semble crédible: « La Socgen a pignon sur rue. C’est une institution, elle est crédible. L’annonce des résultats est perçu comme un exercice classique, sans grand intérêt journalistique, consistant à rendre compte des données. ». Pour autant, l’analyse des résultats (j’ai pas mal tripatouillé ce type de chiffre) fait apparaître quelques petites discordances. En clair, il y a des tâches gênantes sur le tableau. Vu le poids qu’occupe cette entreprise dans notre paysage économique, les liens incestueux qu’elle entretient avec le pouvoir politique, je suis persuadé que les milieux spécialisés comme celui du grand public seraient intéressés par des explications supplémentaires ne serait-ce que parce que ces tâches ne peuvent que titiller votre curiosité ou celle de vos confrères. Un peu comme si on montrait à un périodique spécialisé dans l’aéronautique (suivez mon regard) la photo, même flou, du dernier chasseur US ou chinois ou russe. Alors, va-t-on attendre la prochaine catastrophe?

    Aliocha : à l’intérieur du système économique, oui, la Société Générale est crédible, simplement parce qu’elle est puissante. Malgré les affaires du Sentier, Kerviel, les pertes sur les subprimes et autres fantaisies du même genre. Or, la presse économique est insérée dans ce système. Résultat, elle tapera sur les petits parce que les grands acteurs sont les premiers à faire le ménage en éradiquant les petits voyous pour préserver leur image collective, mais jamais elle n’attaquera les gros, sauf s’ils ont été mis à terre par un élément extérieur (presse généraliste, justice, autorité quelconque). Je n’adhère pas à ce que je vous décris, je me contente de constater. Il me semble que c’est la même chose dans toute la presse spécialisée. Les lecteurs de cette presse sont aussi les sujets dont elle parle, ainsi que les abonnés et les annonceurs qui la font vivre. Comment imaginer un instant qu’elle puisse être indépendante ?

    Commentaire par H. — 16/02/2011 @ 18:51

  36. Donc le fruit est encore plus pourri que je le pensais. Inquiétant. Bon courage [(PS: ouvrez un blog économie. Vous aurez au moins un lecteur -;)].

    Aliocha : pourri est un bien grand mot. Médiocre conviendrait mieux.

    Commentaire par H. — 16/02/2011 @ 19:35

  37. « On va les aider à se sortir de la situation dans laquelle ils se sont mis eux-mêmes »…
    Commentaire de NS à propos des journalistes otages.

    Commentaire par Ozarmétcétaira — 16/02/2011 @ 23:06

  38. Bonjour.
    Faute d’une adresse où écrire à l’auteur, je mets juste un commentaire hors contexte pour souhaiter une bonne fête à l’auteur : http://nominis.cef.fr/contenus/prenom/1289/Aliocha.html

    Commentaire par Bertrand Lemaire — 17/02/2011 @ 00:20

  39. Je ne suis pas diplomate. J’en ai seulement parmi mes – très – proches, qui ont régulièrement à s’occuper de cas comme celui de Florence Cassez. Ca fait partie de leur boulot. Je dirai même de leur boulot quotidien. Et leur avis sur le sujet c’est « plus on en parle au pays, moins nous avons de chance de faire libérer ces personnes, ou de leur permettre d’être renvoyées purger leur peine chez nous ». Ce n’est pas une question d’empathie. C’est une question de politique. Une personne médiatisée « vaut » plus cher (« on la laisse partir si en échange… (je ne parle pas nécessairement d’argent) ». Et les dirigeants d’un pays traîné dans la boue par la presse, et plus encore par un chef d’Etat étranger, ont tendance à se braquer sur leur position.

    Commentaire par lambertine — 17/02/2011 @ 08:28

  40. Hors sujet mais d’actualité avec toutes les dernières annonces des bénéfices des banques :
    http://deligne.over-blog.com/article-la-crise-unsecteurenpleine-expansion-67356378.html

    Commentaire par Oeil-du-sage — 17/02/2011 @ 09:08

  41. Heurts et malheurs de la com’ : http://info.sfr.fr/monde/articles/cassez-nouveau-clash-diplomatique,416723/?sfrintid=HCA_actu_actu_txt_mea1

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/02/2011 @ 09:25

  42. Bonjour Aliocha,

    Désolé de remuer le couteau dans la plaie mais vous avez dressé, à travers vos différentes réponses à mes interrogations, un tableau assez noir de votre environnement. Je n’en suis pas particulièrement surpris mais où se situe ce fameux droit à l’information dans cette perspective. Il y a matière à s’interroger sur la santé réelle d’un grand acteur de l’économie nationale et internationale et…rien. A vous lire, la presse spécialisée n’existerait que pour satisfaire les égos et conforter les certitudes de ses acteurs (je caricature un peu évidemment). Pourquoi et comment la presse généraliste échapperait-elle à cette malédiction puisque ses bailleurs de fonds sont les mêmes? Pour quelqu’un qui récuse la théorie du complot, ça m’interpelle légèrement un peu au niveau du vécu!
    Ne voyez dans mes propos qu’une interrogation supplémentaire pour tenter de mieux comprendre le monde qui nous entoure. Le verrouillage est donc si important? Est-il absolu? Existe-t-il des portes de sortie? Sommes-nous rentrés, à notre corps défendant mais avec notre complicité plus ou moins passive, dans un monde inféodé à un totalitarisme, soft mais excessivement dangereux, qui nous enferme doucement mais sûrement dans une nouvelle termitière (cf Terre des hommes pour cette allégorie)? Si les réponses à ces questions confortent vos dires et nos réflexions, quel intérêt y-a-il à continuer ce jeu de dupes? La presse écrite française est morte et bien morte.

    Malgré le pessimisme de ce commentaire, je vous souhaite une très bonne journée.

    Aliocha : le journalisme a toujours été un exercice imparfait. Nous ne sommes pas des flics, nos moyens d’investigation sont limités, nos moyens tout court aussi en ce moment. Plus la communication prend le pouvoir et plus nous avons du mal à travailler. Figurez-vous par exemple qu’il est devenu impossible aujourd’hui d’avoir un interlocuteur dans une grande entreprise ou une institution, en France comme à Bruxelles (je viens d’en faire l’expérience à la commission européenne) sans devoir passer par un professionnel de la com’ qui vous aiguille, surveille l’entretien, exige de relire les citations, et parfois même fait des signes à celui qui parle pour qu’il se taise. La parole officielle est contrôlée, si elle n’est pas muselée. Reste les documents, les montagnes de documents à décrypter, les conversations off avec les gens qu’on connait bien (le fameux carnet d’adresses du journaliste). Mais tout va si vite. Donc la plupart du temps, on en est réduit à relayer l’information en l’analysant plus ou moins. C’est en quelque sorte le niveau 1 de l’info. Factuelle, brute, pas tout à fait fausse, et pas tout à fait vraie non plus. N’empêche qu’il reste de vraies enquêtes comme celle que j’ai vue hier sur France 3 à propos de la nourriture. Il n’y a pas de complot, plutôt une dérive vers la maitrise de l’information, chacun ayant compris l’intérêt que la presse parle de lui à condition de maîtriser au mieux le résultat final. C’est au « consommateur d’info » de sélectionner les journaux, les émissions, les sites d’information qui lui paraissent les plus crédibles. Il y a d’excellents journalistes qui font du très bon boulot, suffit de les identifier…

    Commentaire par H. — 17/02/2011 @ 10:15

  43. @Aliocha 18…
    Vous avez tort… je me sens très bien ici… Bien sûr que je suis de droite. Et je préfère de loin visiter des sites qui heurtent mes convictions plutôt que d’autres où on me caresserait dans le sens du poil.
    Cette façon de voir est malheureusement répandue… Combien de fois ai-je lu, sur Rue89 par exemple, le commentaire: « Si vous n’êtes pas d’accord avec nous, allez sur un autre site ! »…

    Au contraire !!! J’invite les gens de gauche à visiter les sites de droite, et inversement !… Quitte à discuter avec quelqu’un, je préfère qu’il ne soit pas d’accord avec moi.

    En fait j’ai une mentalité de minoritaire… mettez-moi au milieu d’une foule de gens qui pensent pareil, j’adopterai systématiquement la position opposée.
    J’étais à une réunion d’un des clubs de l’UMP la semaine dernière, et j’ai eu le plaisir de me faire huer par la foule pour avoir tenu des propos opposés à l’atmosphère d’auto-congratulation qui y régnait.
    Les foules sont stupides…

    Mais pour en revenir au « fond », je maintiens que votre phrase « Mais ces journalistes ne faisaient que leur travail, Mesdames et Messieurs du gouvernement. Valent-ils moins que ceux d’entre vous qui se font inviter dans des palaces par des dictateurs au beau milieu d’une révolution ? » était ridicule…
    La question n’est pas celle de la « valeur » de tel ou tel…
    Je comprends que vous soyez plus touchée par l’enlèvement de journalistes que par celui de… par exemple… d’employés d’Areva. Mais n’en faites pas un principe.
    Moi par exemple, je viens d’une famille de militaires… Et l’idée qu’un soldat puisse être blessé voire tué lors d’une opération visant à libérer des otages à qui on a dit et répété: « n’allez pas là, c’est dangereux, on ne pourra pas vous protéger, c’est votre propre responsabilité » me choque…
    Alors peut-être qu’ils « font leur travail »… Mais c’est regrettable que la profession assume si peu, et se retourne aussi vite vers les militaires pour demander de l’aide, juste après avoir rejeté leurs conseils.

    Aliocha : vous aimez la contradiction, ça tombe bien, moi aussi. Au point de me contredire moi-même systématiquement d’ailleurs. Mais puisque vous êtes là, je vais pouvoir, une fois n’est pas coutume, plaider en ma faveur. Je crois que c’est une question de valeurs, si. Et je trouve même qu’elles sont singulièrement dévoyées. Quand deux ministres passent tranquillement leurs vacances aux frais de dictateurs en train de se faire déboulonner, je trouve inacceptable que l’on vienne critiquer des reporters qui, eux, risquent leur peau pour ramener de l’information. Cela me pose un problème de valeurs. Un gros, même. Tout comme me pose un problème de valeurs de voir que ces journalistes n’inspirent que des soupirs d’agacement à notre président, tandis qu’une jeune femme qui vivait avec un criminel notoire a droit à toute son attention au point de mettre en péril les relations entre la France et le Mexique. Encore un problème de valeurs. Et un gros. Quant à l’armée, on en a déjà discuté me semble-t-il. Pourquoi croyez-vous que la France tient à conserver l’AFP, c’est-à-dire une agence de presse qui lui coûte la peau des fesses ? Parce que c’est très important pour un pays, c’est même stratégique l’information. Dans l’armée on le sait fort bien. Alors qu’on ne vienne pas me dire que mes confrères ne servent à rien. Ils risquent de déranger la propagande des armées, c’est possible, est-ce pour cela qu’on rechigne à les sauver ? J’ose espérer que non.

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 10:40

  44. On rechigne à les sauver ?… J’ai pourtant entendu à plusieurs reprises les proches des 2 journalistes dire que le gouvernement faisait tout son possible pour les sortir de là… Evidemment il y a eu des espoirs déçus, mais à moins que vous soyez mieux informés que moi, je ne crois pas que qui que ce soit « rechigne »…

    Autre chose… « Quand deux ministres passent tranquillement leurs vacances aux frais de dictateurs en train de se faire déboulonner »… Si l’accusation peut éventuellement passer pour Fillon, je ne crois pas que MAM ait fait payer ses vacances par Ben Ali… Vous voyez la presse fonctionne comme ça… Répétons autant que possible « MAM » et « Ben Ali » dans la même phrase, peu importe le contenu de cette phrase, ça finira par coller… Révélation d’hier, MAM aurait téléphoné à Ben Ali !!!!! Les médias annoncent: « nouvelles révélations sur les vacances de MAM en Tunisie !!! »… Toujours rien à lui reprocher, mais c’est pas grave… on remplit des pages.
    Tout à l’heure, chez le marchand de journaux, je vois le dernier numéro du Monde… A la Une: Les Liaisons Dangereuses entre la France et la Tunisie. A côté, une photo de MAM… L’article parle-t-il d’elle ?… Non… C’est un article historique. Mais collons toujours la photo de MAM à côté… Ca finit toujours par coller…

    Aliocha : Ah ! on ne rechigne pas ? Et ça s’appelle comment alors dire que ça coute cher d’aller chercher des chasseurs de scoop ? On ne rechigne pas ? Mais alors pourquoi dit-on qu’à cause d’eux les militaires risquent leur vie ? A-t-on jamais entendu pareil argument de coût financier et humain pour aller libérer des otages ? Et vous me dite qu’on ne rechigne pas ? Me prendriez-vous pour une imbécile ? Et pendant ce temps on bousille les relations diplomatiques avec un pays ami à cause d’un soupçon de dyscfonctionnement judiciaire. Mais qu’est-ce que c’est que ces pitreries ? Quant à MAM, elle utilise un avion privé, sa famille fait du business, mais tout ça est OK, n’est-ce pas ? Je n’ai rien contre MAM, j’avais même en soute un billet pour souligner que les pleureuses professionnelles passent aussi leurs vacances dans ces pays. D’ailleurs, je viens d’apprendre à midi que les quotidiens français sont interdits en Tunisie depusi 15 ans. C’est à vérifier mais si c’est vrai, ça pourrait amener les journalistes à en rabbattre. Toujours est-il que ça ne change rien au fait qu’on a d’un côté des ministres qui se dorent au soleil dans des pays en pleine révolution pendant que des journalistes bossent dans des pays en guerre. Et que les premiers osent prendre de haut les seconds. Inacceptable.

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 14:23

  45. Quelque chose qui va dans le sens d’Aliocha. Il y aurait, d’après cet article de Georges Moréas ( http://moreas.blog.lemonde.fr/2011/02/16/la-justice-mexicaine-florence-cassez/ ) 2 500 prisonniers français à l’étranger. Certains condamnés à des peines plus lourdes que Florence Cassez (condamnation à mort).
    Il n’y a donc aucune raison que Florence Cassez occupe tant de place, sinon qu’elle permet à not’ nano président de se livrer à son habituel exercice de démagogie.

    Commentaire par Gilbert — 17/02/2011 @ 15:35

  46. @ H. : Bernard Lugan est certes un grand spécialiste de l’Afrique, mais raconte, à ses heures, n’importe quoi sur fond de biais idéologique à la Père Blanc. Comme sur le Rwanda par exemple (ce qui est quand même dommage vu qu’il est expert près le TPIR). Mais juste, lisez-le (et notamment son Histoire de l’Afrique, très bien faite), mais n’hésitez pas à recouper. Faisez gaffe, quoi.

    @ Aliocha : et alors, je vous l’envoie ce Chomsky, ou quoi ?

    Commentaire par Jalmad — 17/02/2011 @ 15:43

  47. @ Jalmad

    Je peux vous rassurer au sujet de Bernard Lugan, ce n’est pas l’Alpha et l’Oméga de mes connaissances africaines. N’empêche que c’est chez lui que j’ai lu l’analyse la plus pertinente sur la crise ivoirienne (pays que je crois connaître assez bien et en dehors de l’hôtel Ivoire). Je le citais simplement à titre d’exemple.

    Dernière info: Eolas s’est fendu d’un excellent billet, clair et concis (http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/02/17/Les-rapports-dans-l-affaire-Meilhon) sur le dossier chaud du moment. Lisez-le vite.

    Commentaire par H. — 17/02/2011 @ 16:19

  48. @ Gilbert 45:
    Le problème n’est pas le fait que Florence Cassez soit en prison. Le problème est que sa condamnation a été prononcée – si on en croit ses défenseurs – sans le moindre respect du droit le plus élémentaire.

    Qu’un assassin, trafiquant de drogue ou autre, jugé correctement, croupisse dans les prisons de tel ou tel pays, ça n’a jamais posé de problème à aucun gouvernement.

    Aliocha : vous avez déjà vu un avocat qui a perdu un procès dire que le jugement est remarquable ?

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 16:29

  49. Ah mais sur le fond de l’affaire moi j’en sais rien…
    Je dis juste que l’élément déclencheur du soutien apporté par l’état à Florence Cassez n’est pas le fait qu’elle soit en prison… effectivement il y en a plein d’autres comme elle.
    L’élément déclencheur c’est qu’on à jugé, à tort ou à raison j’en sais rien, que le droit n’avait pas été respecté.
    Non parce que sinon, c’est pareil que les infirmières en Libye… elles aussi elles avaient été condamnées pour meurtre, ou empoisonnement, quelquechose comme ça…

    Aliocha : et vous pensez que les 2500 autres dossiers de français emprisonnés à l’étranger sont procéduralement inattaquables ? Mazette….

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 16:37

  50. @ Aliocha 44:
    « Mais alors pourquoi dit-on qu’à cause d’eux les militaires risquent leur vie ? »
    Parce que c’est vrai…
    Je sais bien que probablement, comme beaucoup de français, vous considérez les militaires comme des domestiques corvéables à merci, comme on dit…
    Eh bien à moi il me semble que c’est un peu gonflé de demander aux militaires de réparer les conneries des journalistes !… Ca n’est pas parce que EUX ne se plaignent pas du matin au soir qu’on peut leur faire faire n’importe quoi !…

    « Et que les premiers osent prendre de haut les seconds. Inacceptable. »
    Euh… excusez-moi mais… vous avez lu la presse, récemment ? vous avez écouté des interviews politiques à la télé ou à la radio ?… Ce sont les politiques qui prennent les journalistes de haut ???????
    Sérieusement… tous les jours j’entends ou je lis des journalistes parlant de sujets qu’ils ne maîtrisent absolument pas traiter des politiciens (de tous bords) comme des accusés, les sommant de s’expliquer sur ceci ou cela… Les interviews politiques n’existent plus. Il n’y a plus que du people où le journaliste n’a qu’un but, faire dire à son interlocuteur une « petite phrase » qui pourra être reprise partout… de préférence le forcer à dire du mal de quelqu’un, et encore mieux de quelqu’un de son camp.

    Il n’y a plus de réflexion. Aphatie est assis au milieu de chroniqueurs potiches et passe entre Omar & Fred et la Météo… Bourdin a définitivement abandonné l’idée de parler de politique et ne fait plus que du commentaire des petites phrases des autres ou des sondages…

    Ho ! Hé !… Qui prend qui de haut, là ?!!

    Aliocha : vous pensez mal mon cher. Je serais bien en peine de vous faire la liste des héros militaires dans ma famille, comme ça, de tête, un arrière-grand-père légionnaire, trois grands oncles dans l’armée de l’air, un spahis, et d’autres encore, tous couverts de médailles pour leur courage. Tous auraient gueulé après les journalistes sans doute, mais comme gueulent tous les militaires après ces putains d’enc… de civil, ce qui n’aurait rien changé au fait qu’ils auraient risqué leur peau pour les sauver.

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 16:47

  51. @Aliocha 49: Aliocha : et vous pensez que les 2500 autres dossiers de français emprisonnés à l’étranger sont procéduralement inattaquables ? Mazette….

    Moi je ne pense rien… Contrairement à beaucoup (de journalistes par exemple), je n’ai aucun scrupule à dire que je ne sais pas quand effectivement je ne sais pas.
    Je dis juste que l’argument de la contestation, c’est ça… le non respect du droit. Est-ce que c’est vrai ou faux, j’en sais rien… mais vous non plus.

    Commentaire par Arnaud — 17/02/2011 @ 16:50

  52. Pour ne pas parler sans savoir, on peut aussi se reporter à ce résumé succinct proposé par l’Express, qui semble équilibré :

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/florence-cassez-ceux-qui-l-accusent-ceux-qui-la-defendent_963186.html

    La thèse d’une machination visant à couvrir la mise en scène menée par Genaro Garcia Lunale, le chef de la police – entré depuis au gouvernement – est tout de même très très crédible.

    Commentaire par Tocquevil — 17/02/2011 @ 16:54

  53. pourquoi vous ne parlé pas de salah hammouri qui est un prisonnier politique français dans les geoles de l’etat d’israel
    le president ne veut meme pas recevoir sa maman
    2165 jours de prison parce que tu es palestinien il ne peut pas communiquer

    il est accusé de terrorisme

    Commentaire par pradier — 17/02/2011 @ 20:30

  54. Aliocha,

    je vous cite: »Florence Cassez, c’est Madame Toutlemonde, n’est-ce pas ? N’importe quel français pourrait être à sa place. Et puis c’est une femme, jolie de surcroît, donc attendrissante. »

    Comment on dit déjà, Ah oui: je disconviens respectueusement (ça m’arrache la gueule de dire un truc pareil, zavez aâs un truc à boire?)

    Chuis pas dac, quoi: yapa que les jolies femmes qui soient attendrissantes! Tenez, MAM par exemple. Ben elle m’arrache une larme (faut dire qu’elle y va au lacrimo).Côté émotion, elle mégote pas. Elle accompagne son papa chéri en Tunisie. Bon, c’est vrai, ils on fait quelques petites courses en passant. Rien de grave.

    A son retour on lui demande: vous avez vu quelque chose?
    – Non rien.
    – Même pas un peu de fumée?
    – Ben euuuuh, non.
    – Une odeur de cramé?
    – Ben vous savez, l’odeur du kérosène, ça couvre.
    – Et la révolution?
    – A 10.000 mètres d’altitude, qu’est ce que vous voulez que je voie?
    – Et les caisses de lacrimo?
    – Je défends le commerce extérieur.
    – Et votre papa?
    – C’est ooodieux ce que vous dites. Odieux! Mais euuuh!

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 01:05

  55. Le père Marie, quelle abnégation, tout de même. Il lègue la mairie de Biarritz à fifille. Et à 93 ans, sans doute pour assurer un petit pécule à sa descendance, il s’en va avec sa fille en Tunisie pour aller y faire quelque bonne affaire en prenant des parts dans une société d’Aziz Miled, un homme d’affaires tunisien en cheville avec le clan Ben Ali. Au moment même où le régime Ben Ali s’effondre. Dans n’importe quel pays un tant soit peu démocratique, on ne garderait pas un ministre des Affaires étrangères qui ne peut plus avoir aucun crédit en parlant au nom de la France.

    Aliocha : La mairie c’est St Jean de Luz, pas Biarritz.

    Commentaire par Gilbert — 18/02/2011 @ 03:18

  56. @ Arnaud : Votre commentaire en 43 m’a fait définitivement changé d’avis : même de droite, quelqu’un qui aime la confrontation d’idées comme vous le décrivez ne peut pas être foncièrement mauvais !

    Sur la qiestion d’Hervé Guesquière et Stéphane Taponnier :

    Vous défendez dans plusieurs commentaires les militaires, qui n’ont pas à aller se faire trouer la peau pour sauver des journalistes. Soit.
    Mais vous ne voyez pas l’incohérence de cette position alors que ces deux journalistes étaient en reportage pour montrer certains aspects de la situation en Afghanistan que le gouvernement ne veut pas montrer ?
    Parce que si les militaires risquent de se faire trouer la peau en ce moment là-bas, parmi les principales raisons je vois :

    – la décision du Président de la République, qui n’a donné lieu à aucun débat à l’Assemblée nationale malgré plusieurs demandes de l’opposition.
    – les équipements souvent décris comme vétustes et/ou inadaptés

    Alors reprocher comme vous le faites à ces journalistes d’avoir voulu montrer autre chose que la version officielle qui veut que tout va pour le mieux et que promis juré dans 10 ou 15 ans on aura stabilisé toute la région (version officielle qui se fait rare ces temps-ci, ça fait quelques temps qu’on a pas entendu parler de cette guerre là, ou lu quelque chose ailleurs que dans le Canard Enchaîné), c’est vraiment gonflé !

    @ Aliocha : Je crains que vos réflexions en HS sur les relations de proximité entre la presse et le domaine qu’elle étude ne soient encore plus juste dans le secteur économique, mais ma crainte vient sûrement de ma lecture en ce moment du livre de Stiglitz « Quand le capitalisme perd la tête ».
    Sinon pour terminer sur une note d’espoir et faire plaisir à Mussipont, on peut suivre sur twitter certains politiques et malgré ma jeunesse sur twitter j’ai jusque-là constaté que la langue de bois et le politiquement correct étaient moins présents.

    Aliocha : j’aime bien Stiglitz. Sinon, je gage que la presse médicale, comme ça, à vue de nez, est encore pire. Parce que croyez-moi, les scandales liés à des médicaments, on va en voir. Et encore, tout ne sortira pas. Là encore, on retrouve une allégeance intellectuelle et économique totale.

    Commentaire par niodayoda — 18/02/2011 @ 04:19

  57. Au passage, rapidement pour faire plaisir à Aliocha et contredire Arnaud :

    C’est pas du mépris envers les journalistes ça ? http://goo.gl/ViCiK

    Commentaire par niodayoda — 18/02/2011 @ 04:31

  58. Allez un dernier petit lien pour la route, attention les descriptions sont crues : http://goo.gl/ClPaj

    Commentaire par niodayoda — 18/02/2011 @ 04:36

  59. @ Aliocha,

    Ça fait un moment, pour ma part, que je suis (en « ligne de fond ») les questions relatives à la politique de la santé et de l’environnement, notamment, qui font ressortir des questions récurrentes sur ce blog: la question de l’expertise et de sa légitimité, les corps intermédiaires (associations, grenelles, consultations publiques…) et leur propre légitimité, également, gestion des risques systémiques et réactions aux catastrophes, marges de manœuvre du champs politique, enjeux économiques et financiers, enjeux universitaires (recherches, publications, labos…) et – ce qui vous intéressera probablement d’avantage – la façon dont se construisent les représentations des uns et des autres sur ces différents sujets, la façon dont un discours « public » s’élabore à partir des différents discours privés et des intérêts dont ils se font l’écho, etc.

    Internet étant un instrument particulièrement bien adapté à connecter ces éléments autrement épars de réflexion, puisqu’instrument de diffusion aussi bien d’un discours militant (sites engagés, sites associatifs ou syndicaux) que d’un discours politique (journaux, blogs, débats parlementaires, travaux des commissions), expertal (blogs, publications universitaires), il en permet non seulement le recollement (ce qui est déjà beaucoup), mais également la confrontation (> le mouvement).

    Il rend possible, en d’autres termes, une « tectonique des savoirs ».

    Comme d’habitude, dans votre réponse à Niodayoda, votre filtre mental vous fait avant tout repérer le rapport de force (vous parlez d’allégeance économique et intellectuelle). Je ne dis pas que ce n’est pas le reflet d’une certaine réalité. C’est une façon de « lire » l’information disponible, c’est vrai. Mais ce n’est pas la seule, et ce ne sera peut-être pas non plus forcément la plus efficace, en fait. Notamment parce qu’elle va flirter en permanence avec des jugements de valeur, qui vont tôt ou tard nous aveugler partiellement, en nous faisant loupe sur la perversion de certains acteurs, aux dépens d’une analyse plus précise des contingences dans lesquelles ils peuvent être emberlificotés.

    Je vais citer Larcenet (spéciale dédicace Gwynplaine) qui écrivait quelque part (dans Un Combat Ordinaire, je crois): « arrêter de chercher un responsable, ça rend les problèmes passionnants » (je cite de mémoire).

    Aliocha : Ah Fantômette, mais l’information est stratégique voyons, et comme elle est stratégique, elle suscite forcément un rapport de force dont vous ignorez totalement l’ampleur. L’univers économique en reflète bien les données. Sur les marchés financiers par exemple, l’information peut vous faire gagner ou perdre des milliards en quelques secondes. Faites circuler une rumeur sur une société et vous impactez son cours de bourse à la hausse ou à la baisse dans des volumes considérables. Disposez vous d’une information privilégiée et vous pouvez devenir multimillionnaire. Avez-vous en tant qu’émetteur une mauvaise nouvelle à annoncer et votre cours chute de façon vertigineuse. On a même vu ces derniers mois des Etats en péril, sur la base de quoi, si ce n’est de l’information ? C’est bien pour cela que les trois grands délits de drroit boursier sont la fausse information financière, le délit d’initié (utilisation d’une information privilégiée) et la manipulation de cours qui consiste à envoyer uen fausse information au marché pour en tirer un bénéfice. Passons à la santé, et regardez ce qui se passe dans l’affaire du Mediator. L’information révélée sur le médicament pose tout simplement la question de la survie de l’entreprise. Et vous me dites que c’est moi qui raisonne en termes de rapports de force ? Vous savez pourquoi je les repère ? Non pas comme vous le supposez parce que je fonctionne moi-même sur la base du rapport de force, mais au contraire parce que je déteste ce type de fonctionnement. Donc je le repère comme l’arachnophobe est le premier à trouver une araignée dans une pièce. L’accès à l’information est une guerre dont les enjeux se chiffrent en milliards de milliards. Pas une quête intellectuelle de la vérité menée par quelques esprits éclairés n’apercevant que les limites de l’esprit humain. Internet change les paramètres de cette guerre en la rendant encore plus violente car les outils d’accès à l’information et de diffusion sont mille fois plus puissants que ce qu’on connaissait. C’est wikileaks révélant des dizaines de milliers de documents, c’est la tectonique que vous décrivez, c’est aussi tout ce qui relève du marketing. C’est la guerre Fantômette….

    Commentaire par Fantômette — 18/02/2011 @ 11:16

  60. @ Aliocha (et Arnaud par voie de conséquence)

    J’ai beaucoup ri quand vous avez renvoyé Arnaud chez lui. Sur Firefox équipé de WOT (Web Of Trust), ça donne ceci.

    Commentaire par Ferdydurke — 18/02/2011 @ 11:50

  61. Un joli petit exemple de mauvais journalisme. Challenges interviewe Oudéa sur les résultats de Socgen. Format court, Trois questions à…. Le journal est fier d’avoir décroché ce petit entretien, car la parole des grands chefs sioux est difficile à obtenir. Aveuglé par l’exploit consistant à parler au big boss, le journaliste ne s’aperçoit même pas que le contenu est creux, voire pire. Oudéa répète depuis un an qu’il se recentre sur la banque de détail. L’objectif ? Rassurer les clients et faire bonne figure pour qu’on oublie les pertes sur les subprimes et l’affaire Kerviel sur fond de crise financière remettant en cause les activités risquées des banques. Je ne pense pas que c’est la baanque de détail qui leur permettra d’atteindre leur objectif de 6 milliards en 2012. Mais bon. Le journal pense avoir fait un exploit en obtenant l’interview et le boss quant à lui a diffusé tranquillement son message publicitaire, sans payer une page de pub et en bénéficiant en plus de la caution journalistique. Joli marché de dupe. http://www.challenges.fr/actualites/finance_et_marches/20110216.CHA3249/nous_changeons_pour_un_modele_moins_risque.html

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/02/2011 @ 12:45

  62. @ Ferdydurke : Merci pour le fou rire, j’installe de ce pas Web Of Trust sur tous les ordinateurs que j’utilise !

    Commentaire par niodayoda — 18/02/2011 @ 14:17

  63. Ces banquiers sont vraiment des profiteurs.

    Challenges va attaquer la socgen pour parasitisme?

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 14:56

  64. @ niodayoda

    Sage décision ! Surtout qu’en plus, une fois WOT installé, chacun peut ajouter sa propre évaluation et là… mwahahaha! XD

    Commentaire par Ferdydurke — 18/02/2011 @ 17:53

  65. @Jalmad
    J’ai lu « La fabrique du consentement » à cause de ce blog… je ne sais plus qui en avait parlé, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’Aliocha… j’étais donc persuadé qu’elle l’avait lu…
    Bref, je suis d’accord avec vous et je participerais de bon gré à l’achat d’un exemplaire pour notre hôtesse.
    Un bouquin fort intéressant.
    Donc si c’était vous, merci 🙂

    @Fantomette
    Hors sujet, mais en entendant cette citation de Desproges tout à l’heure, j’ai pensé à vous et à nos discussion sur la logique flou:
    « De deux choses l’une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien Jacques Séguéla n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »

    Commentaire par khazan — 18/02/2011 @ 20:09

  66. Bonsoir Khazan,

    Je la connais!

    J’adore cette phrase, c’est vrai. Et c’est marrant, mais je ne ne l’avais jamais envisagée sous l’angle de la logique floue. C’est bien vu 😉

    Commentaire par Fantômette — 18/02/2011 @ 22:07

  67. @ Aliocha,

    l’information est stratégique voyons, et comme elle est stratégique, elle suscite forcément un rapport de force dont vous ignorez totalement l’ampleur.

    Je ne crois pas en ignorer l’ampleur, Mam’zelle. Mais j’ai un autre point de vue, c’est-à-dire que je les regarde sous un autre angle, et les compare à d’autres objets. Je ne suis pas donc aveugle à leur ampleur, mais littéralement, je la relativise. Je la rétablis dans un ordre de grandeur qui diffère du vôtre. Mais, encore une fois, je ne nie pas que vous décriviez la réalité. Je vous dis autre chose, c’est tout.

    Je ne dis pas vraiment que vous fonctionnez sur le mode du rapport de force, je dis que votre tamis mental est structuré pour les isoler du reste. Ce n’est pas tout à fait équivalent. Et peu importe les raisons qui font que c’est le cas, par ailleurs, quelle importance? Mais les distinguer particulièrement nettement ne devrait pas conduire à vous faire oublier le fond de réalité sur lequel ils se détachent. C’est à peu près tout ce que je vous invite à voir, ce qui ne casse pas trois pattes à un canard, de fait.

    Aliocha : certes, mais au final, c’est un peu comme si vous tendiez à l’un de nos soldats en Afghanistan un exemplaire de La violence et le sacré, en l’invitant à faire un pas de côté. Suis pas sûre qu’il vous suivrait 😉

    Commentaire par Fantômette — 18/02/2011 @ 22:46

  68. @ Khazan : ce devait en effet être moi, ou alors Gilbert. Nous sommes les Chomsky boy and girl assumés de ce blog. Aliocha ne l’a jamais lu, ce qui ne l’empêche pas de le détester cordialement et de dire exactement en quoi il a tort (ouhouhou, la provocation à 2 balles….)

    Aliocha : puisque vous me provoquez, allez donc visionner l’émission sur le totalitarisme que Philarête met en lien chez lui. Edifiant. Le rapport, me direz-vous ? Les gens qui pensent qu’il suffit de changer de système pour changer l’homme m’inspirent un sentiment de panique. C’est pourquoi je fuis toutes les explications idéologiques du monde. L’homme bon sang, tout part de lui et tout nous y ramène. Rien ne le changera, sauf peut-être comme me le disait hier une copine, l’éducation. C’est tout con, mais je crois qu’elle a raison.

    Commentaire par Jalmad — 19/02/2011 @ 09:34

  69. hé hé, Aliocha….

    « Les gens qui pensent qu’il suffit de changer de système pour changer l’homme » : et d’où tirez-vous que Chomsky fait partie de cette catégorie de personne ?

    Commentaire par Jalmad — 19/02/2011 @ 12:31

  70. @ Jalmad

    God damned ! Un magistrat qui lit Chomsky ! L’ultra-gauche a infiltré la justice ! 😉

    Commentaire par Ferdydurke (Opération Aliocha sur Twitter en 2011 - 2ème bataillon) — 19/02/2011 @ 12:37

  71. @ Aliocha, Nope. C’est plutôt comme si je lui tendais un exemplaire d’un bouquin sur l’Expérience de Milgram en l’invitant à faire un pas de côté. Je ne doute pas que la plupart trouverait ça très con de ma part.
    Et je vous rappelle qu’en tout état de cause, vous pensez que les gens ne changent jamais. Alors pourquoi paniquer?

    Aliocha : pourquoi je panique ? Très simple : parce que les idéologies au 20ème siècle ont toutes poursuivi le même but, créer une sorte de paradis sur terre en pensant sincèrement qu’un système bien organisé pouvait mettre fin à tout ce qui faisait le malheur des hommes. Résultat, on a tué des millions de gens dans les camps staliniens, dans les camps de concentration d’Hitler, dans ceux de Pol Pot etc.. et le résultat a été pire encore.

    Commentaire par Fantômette — 19/02/2011 @ 18:48

  72. Heuuuu… on est passé du médiator à Pol Pot, Staline et Hitler, c’est ça?

    ‘Scuzez, mais vous parlez de quoi, en fait, vous?

    Parce que, encore une fois, en ce qui me concerne, je ne parle pas d’idéologie. Je ne suis pas du tout – mais alors, pas du tout – en train de vous vendre un système unique d’explication du monde (et je suis même étonnée que vous ayez pu lire dans mes coms précédent quelque chose de cet ordre-là). Je vous invitais à complexifier votre vision du monde en regardant à côté du rapport de force, ou en l’observant de profil, ce qui est donc à peu près le contraire.

    (En passant, vous devriez songer à complexifier également votre analyse des idéologies).

    Si j’utilise fréquemment l’expression « faire un pas de côté », c’est (entre autre) parce qu’elle évite le piège de penser à cette technique intellectuelle comme une façon de « prendre de la hauteur ». Je ne propose pas de prendre de la hauteur. Je ne propose pas d’adopter le point de vue de Sirius. Je ne propose pas de regarder les choses de plus loin. Je vous propose simplement de décaler le regard, pour regarder autre chose, ou la même chose sous un autre angle. Ce n’est pas un éloignement, ce n’est pas une façon de rendre les choses plus abstraites non plus, encore moins plus idéologiques.

    Je ne crois, par exemple, puisque vous êtes branchée sur les thématiques totalitaires actuellement, que les analyser sous l’angle du seul rapport de force permette d’obtenir une image complète du phénomène. Donc, je me suis contentée de dire que si bien entendu les rapports de force existent et qu’ils sont importants à observer et analyser, on ne peut réduire l’analyse du monde ou des affaires que vous citiez plus haut à la seule question du rapport de force.

    Commentaire par Fantômette — 20/02/2011 @ 13:02

  73. @ Fantômette :

    Aaah Le combat ordinaire… Voilà bien une oeuvre qu’il me faudra lire et relire tout au long de mon existence… En Cherchant un peu je n’ai pas retrouver la citation que vous faites, mais je crois également qu’elle en est tirée.

    @ Aliocha :

    Avant que de lire Chomsky, lisez si vous m’en croyez Le combat ordinaire (mais lisez Chomsky ensuite, hein)… Vous qui cherchez l’homme, vous l’y trouverez à chaque page, vous sautant au visage pour le rire et pour le pire. Sérieusement, si je savais où vous atteindre je vous l’offrirait derechef. Allez, pour vous, encore un petit extrait (alors que le personnage, journaliste, va couvrir une grève de dockers dont le chantier naval est menacé de fermeture, chantier où le père du héro a travaillé toute sa vie) :

    « Le pur désespoir pose des questions tellement essentielles qu’il ne peut s’accommoder d’idéologie. L’escroquerie idéologique, c’est de convaincre qu’il existe une vérité. Le réel n’importe plus alors que dans la mesure où il peut se plier pour s’y conformer. Pourtant, la rue ou les métastases, par exemple, sont abyssalement indifférentes au CAC 40 ou à la ligne du parti… On m’objectera sans doute qu’elles le sont tout autant à la poésie, et on aura tort. Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux. Depardon, Brassens, Miyazaki, Bonnard, Jarmush, Sempé, Tom Waits, Cézanne, Monty Python, Monet, Brel, Desproges, Klee, Cartier-Bresson, Springsteen, Céline, Harvey Keitel, Baudelaire, Van Gogh… La poésie rachète tout. »

    Commentaire par Gwynplaine — 22/02/2011 @ 17:21

  74. @ Gwynplaine,

    +1

    J’ai vraiment adoré cette série. On m’a offert l’intégrale pour Noël.

    Je connaissais – et aimais déjà énormément – le Retour à la Terre, et j’ai beaucoup aimé lire l’un et l’autre, à la suite. La « stratégie poétique » qui sous-tend les deux ouvrages m’a évoqué ces deux recueils de poésie de William Blake, vous savez: « Songs of Innocence », et « Songs of Experience ».

    Une vie, vue sous l’angle des « chants de l’innocence », et la même, vue sous l’angle des « chants de l’expérience ».

    Commentaire par Fantômette — 22/02/2011 @ 18:50

  75. @ Fantômette :

    Non je ne connais pas les recueils de Blake. Mais c’est tout à fait ça pour Le retour à la terre et Le combat ordinaire (dont les sous-titres – Les quantités négligeables, Ce qui est précieux, Planter des clous – sont magnifiques je trouve, et trouvent leur justification dans chaque album de fort belle manière).

    Sur le même mode de narration que Le retour à la terre, mis en place par Ferri (le scénariste), vous avez de celui-ci (qui est aussi un excellent dessinateur) le très drôle De Gaule à la plage, et bientôt De Gaule à Londres. De ce même Ferri, je vous recommande également Les fables autonomes, dont la drôlerie poétique vous sierra parfaitement j’imagine, et qui sont ce qui s’est fait de mieux dans l’humour depuis des lustres(l’humour étant ce qu’il y a de plus difficile).

    Commentaire par Gwynplaine — 22/02/2011 @ 19:16

  76. Merci Fantômette, d’avoir fait cette citation,

    j’ai passé de très bons moments à la rechercher dans les Combats ordinaires. Elle se trouve dans le premier tome, dans un de ces très beaux passages en « voix off » (que l’on appelle récitatif en bd) illustrés de dessins « cartes postales » pastels où la voix du narrateur à l’air de se confondre avec celle de l’auteur. La citation exacte est : « arrêter de vouloir mettre à jour des responsabilités, ça rend les problèmes passionnants. »

    Commentaire par Gwynplaine — 23/02/2011 @ 19:43


RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :