La Plume d'Aliocha

16/02/2011

L’empathie à géométrie variable de Nicolas Sarkozy

Filed under: Mon amie la com' — laplumedaliocha @ 10:13

Alors comme ça Nicolas Sarkozy téléphone à Florence Cassez au moins une fois tous les deux mois ?

Il est si mobilisé sur le dossier qu’il en vient à déclencher une crise diplomatique avec le Mexique.

Comment ne pas comparer cet engagement aux côtés d’une de nos compatriotes, ontologiquement innocente parce que française, comme le faisait remarquer hier Daniel Schneidermann, avec le traitement  réservé à deux autres de nos compatriotes, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ?

Rappelez-vous, quand on a appris leur enlèvement il y a aujourd’hui 414 jours, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant n’ont pas particulièrement brillé par leur compassion. On les a traités de chasseurs de scoops, on leur a reproché leur « imprudence coupable » et leur « irresponsabilité ». Le chef d’état major des armées a surenchérit : ils coûtent cher à la France en frais de recherche. On a même décidé à l’époque, étrange coïncidence, de voter une loi pour mettre à la charge des otages une partie des frais engagés pour leur sauvetage.

Mais ces journalistes ne faisaient que leur travail, Mesdames et Messieurs du gouvernement. Valent-ils moins que ceux d’entre vous qui se font inviter dans des palaces par des dictateurs au beau milieu d’une révolution ?

Face à eux, une jeune femme, Florence Cassez, condamnée par la justice mexicaine pour enlèvement. Sans doute faut-il tout tenter pour obtenir l’application des conventions internationales, et même pour faire la lumière si, en effet, il y a eu dysfonctionnement de la police et de la justice du Mexique dans ce dossier.

Mais qu’est-ce qui peut bien justifier cette différence de traitement entre Florence Cassez et mes confrères ? Cette incroyable empathie pour la première et ce souverain mépris à l’égard des seconds ?

Je ne vois qu’une explication. Florence Cassez, c’est Madame Toutlemonde, n’est-ce pas ? N’importe quel français pourrait être à sa place. Et puis c’est une femme, jolie de surcroît, donc attendrissante. La cause est politiquement juteuse. A l’inverse, les journalistes sont des boucs-émissaires de choix. Ils sont ontologiquement coupables. Mais coupables de quoi, au fait ?

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