La Plume d'Aliocha

14/02/2011

Le coup de la fuite au Figaro

Filed under: Comment ça marche ? — laplumedaliocha @ 10:30

La bataille de communication de l’Elysée contre le système judiciaire continue.

Comment donner le maximum d’impact au rapport d’inspection remis ce jour à Michel Mercier, garde des Sceaux, sur l’affaire Laetitia en évitant dans le même temps qu’il ne soit soumis à la critique de ceux qu’il met en cause ?

En le faisant fuiter dans un journal ami, avant sa remise officielle. Ledit journal fier de son scoop recueilli au pied du fax va le sortir en faisant un minimum de bruit pour ne pas éventer l’information avant qu’elle ne soit publiée. En effet, quand vous détenez un scoop, si vous passez des coups de fil à droite et à gauche pour avoir des réactions, vous risquez :

1. de vous faire griller par un concurrent,

2. de ruiner votre effet de surprise.

Donc Le Figaro nous sort ce matin les grandes lignes du rapport à l’état brut et sans les avoir soumises au jeu classique du contradictoire.

Les conclusions du rapport sont immédiatement reprises par les concurrents.

Résultat ? L’information selon laquelle il y a eu des fautes de commises dans le suivi de Tony Meilhon tourne en boucle toute la journée. Au milieu du brouhaha médiatique, le lecteur/auditeur/téléspectateur retient une idée force : il y a bien eu dysfonctionnement. Ensuite, il suffit de laisser prospérer l’idée induite dans l’esprit du public : si le suivi de Tony Meilhon avait été assuré, il n’aurait pas tué Laetitia.

CQFD.

Mais vous pouvez toujours lire Eolas pour vous désintoxiquer.

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124 commentaires »

  1. Marrant quand même que cette « fuite » ait atterrie à la rédaction du Figaro et non pas au Nouvel Obs, à Libé ou à l’Huma. Très étrange, très étrange…

    Nous prendrait on pour des cons?

    Sur France Info ce matin,le journaliste parlant de ce rapport utilisait l’expression « dysfonctionnement mineurs », c’est mieux que rien.

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 14/02/2011 @ 10:47

  2. Encore une fois, le Figaro est à la pointe de l’info (pardon, je ne suis Jean de la Fontaine).

    Ce n’est pas très surprenant (car on nous prend pour des cons). Ce qui m’agace, c’est le silence complet sur la source de cette fuite : les autres journalistes signalent l’info publiée par le Figaro (normal) mais pas un mot sur le fait que c’est le Figaro, et lui seul, qui a eu l’info et le légitime soupçon de manipulation …

    Ce n’est pas ça aussi le journalisme ?

    Aliocha : la critique du discours médiatique est une spécialité à part entière pour l’instant. Il faut donc aller la chercher chez les rares courageux comme Daniel Schneidermann qui la pratiquent à temps complet et chez les médias internet qui en font de temps en temps.

    Commentaire par ctpjano — 14/02/2011 @ 11:11

  3. Laurence de Charette, reine en son royaume la Chancellerie ! Ce n’est pas la première fois – et donc pas la dernière – qu’elle nous balance « en exclu » des rapports tant attendus (cf Rapport Léger, Varinard etc etc).
    Mince, selon le p’tit Robert, un scoop, c’est donc bien « une nouvelle importante donnée en exclusivité par une agence de presse ». Encore un scoop du Figaro, donc.

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 11:21

  4. Bonjour Aliocha

    Comme par hasard, la fuite concerne le rapport commandé à l’inspection des services judiciaires, pas celui commandé à l’inspection des services de police. Non pas que je pense qu’il y ait une « faute » imputable aux services de police, je n’en sais rien. Je suis simplement frappé depuis le départ de voir que les critiques se concentrent sur l’institution judiciaire alors que les propos incriminants du président de la République visaient aussi la police.

    Et puis l’avantage de cette fuite, c’est que le fameux rapport n’a à cet instant été lu que par Le Figaro, et que ce qui tourne en boucle en ce moment sur les ondes radiophoniques et sur internet, c’est un raccourci interprété par Le Figaro, organe de presse qui se signale par son impartialité en cette matière.

    Quand le rapport sera public, chacun se croira dispensé de le lire, les journalistes parce que ce ne sera plus de l’info coco, le public parce qu’il se croira informé.

    Tout bénéf pour les politiques, si tout peut s’expliquer par la « faute » individuelle d’un juge ou d’un SPIP…

    Commentaire par ranide — 14/02/2011 @ 11:23

  5. […] This post was mentioned on Twitter by Laure Leforestier, Albertine Proust. Albertine Proust said: RT @LaureLef: Le coup de la fuite au Figaro « La Plume d'Aliocha http://yoolink.to/inR […]

    Ping par Tweets that mention Le coup de la fuite au Figaro « La Plume d'Aliocha -- Topsy.com — 14/02/2011 @ 11:26

  6. Une conférence de presse a lieu à 13h15 à La chancellerie. Canal +, BFM et France 3 ont déjà installé leurs caméras en face du ministère, le service presse est saturé d’appels….ça va bouger !

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 11:52

  7. Le plan comm’ du gouvernement est vraiment bien au point, comme par hasard, la Pravda publie ce matin un intéressant sondage pointant avec un à propos confondant les maus dont la justice souffre : le manque de sévérités des magistrats et leur insupportable irresponsabilité :

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/13/01016-20110213ARTFIG00186-recidive-la-justice-pas-assez-severe-selon-les-francais.php

    On nous prend pour des cons mais en plus ça va marcher.

    Aliocha : il faudra un jour qu’on m’explique l’intérêt objectif des sondages d’opinion. J’ai beau chercher, je ne vois pas. En revanche, j’aperçois bien l’intérêt en termes de com’ de poser à chaud des questions orientées à des gens qui n’ont pas les pièces du dossier en main. Je vais lancer mon sondage moi aussi : êtes-vous pour ou contre le crime ? Le mauvais temps ? La maladie ? Les catastrophes naturelles ? Pensez-vous que les gens qui commettent des fautes doivent être sanctionnés ou récompensés ? Estimez-vous qu’il faut laisser les choses qui vont mal en l’état ou tenter de les améliorer ?

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 14/02/2011 @ 12:12

  8. Les maux, pas les maus. Oups

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 14/02/2011 @ 12:12

  9. « Le rapport des services judiciaires, que s’est procuré Le Figaro dans sa boite mail après avoir double-cliqué sur « fichier-joint », observe de nombreuses failles dans le suivi pénitentiaire de Tony Meilhon. »

    Modestie d’une écriture tout en nuance – une nuance qui s’exprime également à merveille lorsqu’il s’agit de désigner le principal suspect, « Tony Meilhon, ce trentenaire multirécidiviste assassin présumé« .

    Je subodore que les journalistes ont lu le rapport sans en comprendre grand chose – mis à part les passages dans lesquels figuraient des mots qui ont manifestement déclenché la salivation l’intérêt de leurs envoyés spéciaux préposés à la relève du fax, comme « faute » ou « erreur ». On manque toujours d’informations bêtement concrètes pour se faire le début d’une idée sur la situation pénale exacte de l’intéressé au moment de sa sortie de détention.

    Commentaire par Fantômette — 14/02/2011 @ 12:21

  10. Tiens, Europe 1 avait aussi le rapport et semble l’avoir mauvaise que Le Figaro s’en attribue le mérite : http://www.europe1.fr/Faits-divers/Meilhon-des-erreurs-en-serie-412165/
    Du coup, soit les fuiteurs avaient choisi plusieurs médias pour lancer l’offensive com’, soit ledit rapport a été adressé à la presse sous embargo et Le Figaro a violé l’embargo, mais j’en doute…
    On peut imaginer aussi qu’il est tombé du fax chez les uns et qu’il a été obtenu de manière plus journalistique par d’autres…

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 12:59

  11. @ Fantômette
    Ce ne sont pas « les » journalistes, mais l’ineffable Laurence de Charette, qui sait, en effet, bien lire ses mails : cf. les « exclus » du rapport Léger, du rapport Varinard etc etc

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 13:13

  12. Moi aussi j’ai une idée de sondage :

    Êtes vous pour ou pour l’arrivée d’Aliocha sur Twitter en 2011?

    Je sais, je sais, je suis lourd… 😉

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 14/02/2011 @ 13:24

  13. Petit saut à la Chancellerie où le ministre reçoit les représentants des syndicats. Pour l’instant, ils discutent. Une conférence de presse suivra. La fuite du rapport n’a donc pas pour seul intérêt de toucher l’opinion publique, elle met aussi la pression sur les discussions. Puisqu’il y a eu des fautes, il faudra sortir de la réunion avec des solutions. Le problème du procédé utilisé, c’est qu’il est très humiliant pour les interlocuteurs de la Chancellerie qui ont découvert ce matin dans le figaro les fautes qu’on leur impute. On reconnait la brutalité du gouvernement actuel….
    Sinon, qui a dit que la presse était manipulée ? Le Figaro en première ligne bien sûr, mais tous ceux qui ont relayé ensuite l’info. Où l’on voit que la com’ est l’art d’exploiter les travers du système médiatique. Un « scoop » ne se refuse pas, donc il sort, même s’il est douteux, et il est ensuite relayé en boucle par tous les concurrents. La machine infernale est lancée.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 13:49

  14. Ah ! J’oubliais. Pour être sûr que le sujet passe au 20 heures, on prévient les journalistes TV qu’ils pourront faire des images et on les convoque à l’ouverture de la réunion pour filmer le ministre recevant les syndicalistes.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 13:54

  15. Dans le baromêtre de confiance TNS des medias:
    Moins de 50% de confiance dans les journaux ou la télévision (et ça se dégrade).
    http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/2011/2/7/sondage-medias.pdf

    Mais peut être que les journalistes récoltent ce qu’ils sèment?

    Non? C’est la faute à Sarko? Ah, bon!

    Quabt à la magistrature, elle serait plus crédible s’il n’y avait pas eu la catastrophe Outreau et sa sanction symbolique.

    Si un chauffeur de car provoque un accident n’ayant pas respecté ses temps de repos au motif qu’il n’y avait pas un deuxième chauffeur (les moyens) je doute fort que le juge ne fasse que le gronder…

    Pour Outreau: trop de monde (60?) en faute? Est-ce une illustration du théorême de Chirac: quand ça se gâte faut mettre la m…dans le ventilateur?

    Aliocha : le bouc-émissaire a le mérite de permettre à une communauté de se souder en choisissant une victime au hasard et en exerçant sa violence contre elle, évitant ainsi à ses membres de se battre entre eux. Mais il n’a jamais permis de régler le moindre problème….

    Commentaire par araok — 14/02/2011 @ 14:01

  16. Les représentants du syndicat des avocats de France n’ont pas été admis à la réunion ! Alors qu’ils dont partie de l’intersyndicale. Et ils remettent deux rapports, au lieu d’un. Pffffffff… quelle fumisterie. On apprend également que les audiences ont repris au sein des cours d’appel.

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 14:03

  17. Bonjour Aliocha,

    Tout d’abord, un grand merci pour cette remise en perspective. Elle est salutaire et vous honore.
    Curieuse, la conception qu’ont de leur métier bon nombre de vos collègues. Défenseurs de la démocratie avez-vous dit un jour, fossoyeurs plutôt tant ils se complaisent dans la facilité et l’abjection et font bien attention à travestir ou masquer la vérité. Le site « Enquête et Débat » (http://www.enquete-debat.fr/) présente un certain nombre d’articles ou reportages qui parlent de ces dérives, indubitable, triste et regrettable marque de fabrique du journalisme à la française. Quant à Tony Meilhon, il est heureusement le méchant du moment. Que n’entendrions-nous pas après sa tentative de suicide si c’était un gentil. Les mêmes tartufes rappelleraient à longueur d’articles et de reportages que la Liberté est la règle et l’incarcération l’exception.
    Au-delà d’éventuels erreurs et/ou dysfonctionnements, les propos tenus par M. Sarkozy sont graves car ils touchent à la conception même de la vie démocratique. J’ai entendu assez peu de personnalités politiques (majorité et opposition comprises) s’exprimer sur ce sujet en dehors des traditionnelles et très creuses prises de position qui font malheureusement le bonheur des échotiers en tout genre, échotiers pour qui analyse politique se confond avec les bruits de chasse d’eau. Serait-ce parce qu’elles partagent peu ou prou son point de vue. Dans ce cas, c’est inquiétant pour les citoyens que nous sommes. Comme le souligne Michel Huyette sur son blog (http://www.huyette.net/article-le-pouvoir-les-juges-et-la-democratie-66694893.html): « Mais le véritable enjeu est bien ailleurs. Il est dans l’équilibre des pouvoirs. Il est dans l’intelligence et l’honnêteté du débat démocratique. » Heureux de voir le Figaro, pour ne citer que lui mais il n’est pas le seul, participer de si belle manière à ce débat et souhaitons à ses responsables ainsi qu’à l’auteur de ce « scoop » de n’avoir jamais à répondre de leur choix.

    Bonne journée.

    Aliocha : ce n’est pas moi qui dit que les journalistes sont les chiens de garde de la démocratie, c’est un tas de gens respectables comme par exemple la CEDH et avant elle de nombreux penseurs, philosophes et autres. Quant à la conception qu’ont certains d’entre nous de leur métier, ça fait mal à dire, mais ce n’est pas certains, c’est nous tous, moi comprise. Et ce n’est pas une conception, plutôt un embourbement généralisé, un endormissement, une lassitude, un manque de vigilance, de courage, de foi dans la possibilité d’apprendre à nous faire respecter, de contraintes économiques. Tout ceci donne un mélange contestable d’actes de courages et de petites lâchetés, je crois qu’aucun d’entre nous n’y échappe. En tout cas je n’entends pas me positionner en donneuse de leçons et distribuer des bons et des mauvais points. Il faut que vous compreniez qu’aucun journaliste n’aurait refusé de prendre ce rapport et d’en rendre compte. Ne perdez pas de vue que derrière un manipulé coupable de se laisser faire, il y a un manipulateur qui mérite aussi la critique. Cela étant, je crois que rien n’est perdu, il faut qu’on réapprenne à aimer ce qu’on fait, à en mesurer l’importance (du métier, pas de nos petites personnes), à réinjecter de l’éthique, des valeurs et surtout à prendre la mesure de la puissance de la communication et du mal qu’elle nous fait. Il me semble que ça vient tout doucement. Et il me semble aussi, accessoirement, que notre problème nous dépasse, c’est celui d’une société tout entière en quête de sens.

    Commentaire par H. — 14/02/2011 @ 14:40

  18. Whaouh, sondage sur le site internet, le Figaro lance la campagne 2012, là c’est sûr :

    http://www.lefigaro.fr/international/2011/02/14/01003-20110214QCMWWW00461-redoutez-vous-une-nouvelle-vague-d-immigration-clandestine-en-provenance-d-afrique-du-nord-a.php

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 14/02/2011 @ 14:41

  19. Quel dommage Aliocha que votre article ne traite que de la communication de l’information.
    Apparemment, savoir si ce que dit ce rapport est vrai ou faux vous intéresse beaucoup moins…

    Bien sûr c’est de la com. Et alors ?… Les deux camps n’ont pas de leçon à donner l’un à l’autre sur ce point.
    Reste simplement l’information… Est-elle vraie ou fausse ?… C’est là dessus que j’aurais aimé vous voir réagir.

    Aliocha : Je vous renvoie au Figaro, il va tout bien vous expliquer.

    Commentaire par Arnaud — 14/02/2011 @ 14:42

  20. @Arnaud : en fait, il y a mieux que Le Figaro : http://www.lemouvementpopulaire.fr/actualites/-Les-magistrats-ne-peuvent-s-exonerer-de-leurs-responsabilites–9015.html
    je vous laisse surfer sur le site, c’est tout plein de vraies informations garanties non biaisées par les journalistes de gauche (pléonasme)

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 14:53

  21. @ Arnaud : décidément, sur tous les bons blogs à déverser votre fiel…

    Le fait est que se prononcer sur la véracité ou non de l’information présente dans un rapport remis aujourd’hui aux autorités mais non publics, c’est se lancer dans la comm’, donc personnellement comme je crois un grand nombre de lecteurs d’Aliocha, j’apprécie la pertinence de son regard sur le mécanisme de la communication gouvernementale.

    @Aliocha : le sondage de ce matin était effectivement un bel exemple :

    62% des français pensent qu’il faudrait sanctionner plus sévèrement les juges … … … (en tout petit caractères) qui ont commis une faute.

    No comment

    Commentaire par niodayoda — 14/02/2011 @ 14:55

  22. Eolas a bien « répondu » aux accusations (bien que son billet y soit antérieur), mais bien sûr, le blog d’Eolas ne peut pas avoir le même impact qu’un si beau coup de com’, et l’Élysée le sait.

    Cette stratégie présente quand même un risque, c’est que le Figaro perde en crédibilité une fois que le rapport complet sera sorti, s’il est correctement décortiqué par la concurrence…
    Pour ceux qui y accorderaient encore de la crédibilité, s’entend.

    Commentaire par jor — 14/02/2011 @ 15:02

  23. Marrant cette affaire de com’ du Figaro. C’est monté comme un soufflé. Tout le monde en parle. Tiens, parmi d’autres, la CGT pénitentiaire envoit à l’instant un communiqué en parlant de « comm de l’Elysée ». Pourquoi, les grossières stratégies de communication du pouvoir intéressent-elles par à-coups ?

    Aliocha : je suppose qu’il faut que l’importance de l’affaire se conjugue avec la grossiereté du procédé. Au final, ça donne un joli cas d’école 😉

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 15:05

  24. Chère Aliocha 15
    Comme vous, j’ai vu Satan tomber comme l’éclair, mais il avait la tête d’un petit juge dont la violence n’était pas que mimétique.
    Et sa corporation,bien indulgente, essaie de rebrancher le ventilateur dont les pales sont encore toutes maculées.

    Aliocha : ne mélangez pas tout. Il y a Burgaud d’un côté, la magistrature de l’autre. Vous pensez ce que vous voulez du premier, personnellement, je n’en pense aucun bien mais on ne peut en aucun cas faire de lui l’emblème de la magistrature. Et l’affaire qui nous occupe n’a rien à voir avec Outreau. C’est même tout le contraire. Dans Outreau il y avait un problème d’excessive sévérité, là les magistrats sont accusés de négligence et de laxisme. Si on tient absolument à dénoncer un dysfonctionnement général à partir de cas particuliers, il va falloir se décider une bonne fois pour toute : les magistrats, trop durs ou trop laxistes ?

    Commentaire par araok — 14/02/2011 @ 15:21

  25. QUELQU’UN PEUT-IL M’EXPLIQUER POURQUOI LAURENCE DE CHARETTE EST à LA CHANCELLERIE (dans la même salle d’attente que vous, Aliocha)ALORS QUE C’EST ELLE QUI A EU L’EXCLU FIGARO ????????

    Aliocha : suis sortie, j’avais du boulot. Attendre trois plombes pour entendre 4 banalités, c’est pas dans mes habitudes. Cela étant, détendez-vous, elle vient connaître la suite, ce qui signifie qu’il y a des choses que même Le Figaro ne peut avoir avant les autres. C’est positif, non ? 😉

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 15:40

  26. @Aliocha 26
    Dites donc, Aliocha, depuis quand le SM représente-t-il « les juges » ? Ce sont les magistrats du SM qui « contre attaquent », ce qui n’est pas tout à fait la même chose…

    Aliocha : eh bien, je vous trouve nerveuse aujourd’hui. Je vous jure que je ne suis pas Laurence de Charette. Craché. Maintenant, je lis dans l’Obs un papier qui fait autre chose que relayer le scoop du Figaro et je trouve ça intéressant. C’est pas l’USM ? Ben non, mais c’est un magistrat tout de même, non ?

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 15:48

  27. @ Aliocha
    J’ai arrêté de cloper.

    Tout à fait, c’est un magistrat. Vous avez compris ce que je voulais dire.

    Excusez-moi.

    Je vais me retirer quelques jours dans une cave pour hurler et m’énerver contre L de C et le reste du monde.

    Aliocha : et moi j’ai presque doublé ma consommation de tabac, d’où mon calme relatif. Continuez votre effort, si vous saviez ce que je vous envie 😉 et oubliez LDC, vous n’aimeriez pas être à sa place en ce moment ? Bon, alors tout va bien.

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 15:58

  28. Ca me donne envie d’en griller une, tant de zénitude.
    Allez, vais bosser, moi.

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 16:11

  29. @21: « @ Arnaud : décidément, sur tous les bons blogs à déverser votre fiel… »
    J’avoue prendre un certain plaisir à lire les commentaires de ces anti-sarkos qui toisent le reste du monde, convaincus de leur absolue pureté ethico-dogmatique… Tellement sûr qu’ils incarnent le bien et que ceux qui ne pensent pas comme eux sont soit des abrutis, soit des ordures…

    Cela dit, moi je n’ai pas jugé de la validité de ce rapport. Je me disais juste que, plus important que la communication gouvernementale, il y avait le fait de savoir si ce que disait ce rapport était vrai ou faux…

    Mais puisque vous écrivez ceci: « Le fait est que se prononcer sur la véracité ou non de l’information présente dans un rapport remis aujourd’hui aux autorités mais non publics, c’est se lancer dans la comm’ », j’avoue être un peu désespéré… La vérité n’est pas un argument de communication… même quand elle vous déplait.

    On verra bien, une fois le rapport rendu public, les avis contradictoires qu’il génèrera… Moi ça m’intéresse plus que de faire remarquer que c’est le Figaro qui l’a eu…

    Vous vous indignez, vous, quand Le Monde, Mediapart, Le Point, Libé etc… écrivent: « selon un rapport que nous nous sommes procurés… » Non ?… Eh bien c’est pareil… On s’en fout un peu.

    Aliocha : ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je ne vais pas donner un avis sur un rapport que je n’ai pas. Pas plus que je ne peux vérifier s’il est exact sur la seule foi de ce que m’en dit le figaro. Au surplus, si j’avais eu envie de le faire, c’est un travail qui n’aurait pas eu sa place ici. En revanche, je vois bien la manipulation politique qui consiste à ameuter le public dès l’aurore en lui disant qu’il y a faute (vous devriez vous en prendre au figaro qui sort l’info sans faire le travail que vous espériez), pour ensuite faire pression sur les syndicats reçus à la Chancellerie pour aborder le problème. Les caméras ont été convoquées. Donc les parties à la discussion n’ont pas le choix, il faudra qu’il sorte quelque chose de cette réunion. On aurait pu faire le même travail discrètement, sans pression, en s’accordant le temps de la réflexion, en prévoyant plusieurs réunions, sur des semaines, voire des mois (soyons fous) et convoquer la presse à l’issue de ces travaux approfondis pour en présenter les conclusions. Au lieu de cela, nous avons un nouvel exemple de travaux minuscules accompagnés d’une communication monstrueuse. C’est ce qu’on reproche au président depuis le début, et ça continue. On agit peu, on réfléchit encore moins, mais on cause, qu’est-ce qu’on cause….

    Commentaire par Arnaud — 14/02/2011 @ 16:33

  30. SARKO va certainement obtenir les relevés des communications concernant les auteurs de cette fuite et demander l’enlévement des ordinateurs du FIGARO!!!

    Commentaire par BALLIF — 14/02/2011 @ 16:54

  31. Pour info :

    « D’après le Journal du Dimanche , qui a pu s’entretenir avec un collaborateur de Michel Mercier, il n’est pas certain que le rapport de Jean-Amédée Lathoud, le directeur de l’administration pénitentiaire, rassure les magistrats. Son enquête ne corrobore pas les critiques de l’Elysée mais n’absout pas non plus le système judiciaire … »
    http://fr.news.yahoo.com/80/20110213/tfr-affaire-latitia-le-rapport-d-inspect-a7ee481.html

    Pour moi la responsabilité est collective : 100 milliards d’euros de recettes fiscales ont été perdues en 10 ans (http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/07/05/entre-100-et-120-milliards-deuros-de-recettes-perdus-par-letat-en-dix-ans/).

    Une petite partie de cette somme aurait pu contribuer à améliorer le travail des services judiciaire. Malheureusement le sport national en France c’est de payer le moins d’impôts possible …

    Commentaire par toto — 14/02/2011 @ 16:55

  32. Je sors de ma cave un instant : la Chancellerie débloque 5 millions d’euros pour les SPIP, sanctionne les SPIP de Nantes, met en place un groupe de travail… et maintenant, hop, lecture des deux magnifiques rapports !

    Aliocha : Vous les avez ? Je ne les ai pas trouvés en ligne, vais être obligée de m’en tenir à la version du Figaro, c’est ballot 😉

    Commentaire par BABs — 14/02/2011 @ 17:41

  33. Oups, parlé trop vite, les voici par mail !

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 17:56

  34. La déclaration ddu garde des sceaux en intégralité :

    Communication de Monsieur le Garde des Sceaux,
    Ministre de la justice et des libertés, à l’issue de la réception des syndicats des
    magistrats et des SPIP, 14 février 2011

    « Il y a près d’un mois, le mercredi 19 janvier dernier, à Pornic, en Loire
    Atlantique, Laetitia PERRAIS, une jeune fille de 18 ans a disparu. Une enquête
    a été ouverte dans le cadre d’une présomption d’enlèvement et un suspect, Tony
    MEILHON a été identifié et interpellé, dès le 20 janvier. Ce suspect a été mis en
    examen le 22 janvier pour enlèvement et séquestration suivi de mort. Dès le 24
    janvier, j’ai diligenté des inspections administratives pour que toute la lumière
    soit faite sur le fonctionnement de la chaine pénale dans cette affaire et que des
    réponses soient apportées aux dysfonctionnements qui pourraient être observés.
    Le 11 février dernier, les rapports de l’inspection générale des services
    judiciaires et de l’inspection des services pénitentiaires ont été communiqués.
    *****
    Il est rapidement apparu que l’intéressé, libéré de prison le 24 février 2010,
    devait faire l’objet d’un suivi dans le cadre d’un SME pour outrage à magistrat
    et menaces. Ce dossier a été transmis par le service d’application des peines du
    TGI de Nantes avant même la libération de Monsieur MEILHON, le 24
    novembre 2009 avec mention « urgent, saisir le SPIP ». Ce dossier a été
    enregistré par le SPIP le 9 décembre 2009, il n’a pas été affecté
    nominativement à un travailleur social eu égard à la nature de l’infraction.
    De ce fait, si Monsieur MEILHON a bénéficié d’un suivi effectif en milieu
    fermé, il n’a pas été suivi après sa libération en milieu ouvert.
    Par ailleurs, il a été constaté par les inspections sur la gestion du dossier de
    Monsieur MEILHON :
    – un suivi antérieur dans le cadre d’une mise à l’épreuve prononcée en 2001
    non transmis au SPIP en raison d’une erreur de gestion, n’a pas été mis en
    oeuvre ;
    – une absence de liaison entre les conseillers d’insertion du milieu fermé et
    du milieu ouvert ;
    – une mauvaise utilisation des moyens informatiques des suivis des
    dossiers ;

    – des critères d’affectation des dossiers méconnaissant le principe
    d’individualisation des suivis, ne tenant pas suffisamment compte du
    profil des personnes condamnées ;
    – des carences manifestes au niveau de l’organisation des services (absence
    de réactivité de la hiérarchie, gestion des RH défaillantes…) et dans la
    circulation des informations entre les différents acteurs ;
    Les inspections ont également révélé concernant le fonctionnement des services
    :
    – des choix inadaptés sur l’affection des moyens, tant au niveau de la
    juridiction du TGI de Nantes que de la cours d’appel de Rennes, alors
    qu’ils auraient pu être affectés notamment au service de l’application des
    peines, qui avaient appelé l’attention de sa hiérarchie à plusieurs reprises
    sur sa situation ;
    – l’audit de la DAP concernant le SPIP de Nantes, dont les conclusions ont
    été transmises en septembre 2010 à la direction interrégionale des services
    pénitentiaires n’ont pas été prises en compte. Certaines recommandations
    visaient les carences décrites antérieurement et proposaient des solutions ;
    – des charges de travail lourdes pesant sur les deux services et une
    inadéquation des moyens à la charge réelle de l’activité (quatre postes de
    conseillers insertion probation manquants, deux postes de greffier et un
    poste de juge d’application des peines vacants).
    S’agissant des conclusions à tirer de ses rapports :
    – en ce qui concerne les suites à donner sur le plan d’éventuelles
    sanctions, je prendrai mes responsabilités et vous ferai part dans les
    prochaines de mes conclusions ;
    – sur le fond des choses, j’ai toujours indiqué que mon principal souci était
    de mettre un terme à travers cette triste affaire, aux dysfonctionnements
    observés par une remise à plat de l’organisation et des méthodes sur le
    plan national.
    A la demande du Président de la République et du Premier ministre, je viens de
    proposer aux organisations syndicales de les retrouver rapidement, sous forme
    de groupes de travail, afin d’évoquer les questions suivantes :
    – l’organisation des services pénitentiaires d’insertion et de probation (bilan
    des orientations 2009, organigramme, rôle de l’encadrement, répartition
    des charges et des ressources humaines…) ;

    – l’évaluation de l’activité et des moyens des services de l’application des
    peines au sein des juridictions ;
    – les modalités du suivi des personnes condamnées, et en particulier des
    récidivistes et des délinquants sexuels…
    En parallèle et afin d’enrichir ce travail, une inspection conjointe
    justice/finances va être lancée sur l’ensemble de ces questions.
    Une organisation nouvelle est recherchée. Des moyens complémentaires y
    seront immédiatement consacrés. Ils prendront la forme :
    – d’un triplement du budget consacré en 2011 à la réserve judiciaire et
    pénitentiaire, ce qui permet de dégager dès maintenant 5 millions d’euros
    pour des vacations supplémentaires, principalement consacrés aux
    services de l’exécution et de l’application des peines et aux SPIP,
    – de l’anticipation dès 2011 de l’arrivée dans les services en 2012 de 400
    greffiers avec la mobilisation du même nombre de vacataires ;
    – de l’augmentation des crédits consacrés aux juges de proximité.
    Par ailleurs, et pour conclure, je me suis engagé auprès des organisations
    syndicales à ne pas envisager la mise en oeuvre de nouvelles réformes sans
    évocation des moyens nécessaires.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 17:58

  35. Le rapport téléchargeable ici :

    http://www.liberation.fr/societe/01012319942-laetitia-mercier-denonce-des-carences-manifestes

    Commentaire par toto — 14/02/2011 @ 18:21

  36. Dieu a créé les politiques et les journalistes…Ah quel farceur ce Dieu!

    Commentaire par Ozarmétcétaira — 14/02/2011 @ 19:03

  37. @Aliocha en 36:

    En gros, le Garde des Sceaux nous présente les choses comme si la responsabilité était partagée, et que le manque de moyens était pas le principal problème, mais l’augmentation des moyens annoncée en fin d’intervention ressemble fort à un aveu quand même.

    Il va être intéressant de voir le genre de sanctions qui seront (ou non) prises, et surtout la façon dont le gouvernement en parlera. Il semble que des sanctions lourdes pourront difficilement être prises, vu l’absence apparente de faute grave, non ?
    Donc si après toute cette polémique, seulement des sanctions symboliques sont prises, le gouvernement va éviter de trop en parler…

    On parie qu’ils préparent déjà une diversion (genre grosse polémique sur les roms, ou autre contrefeu médiatique) pour changer de sujet dès demain, et laisser les gens sur l’impression de la sévérité envers la justice fautive ?

    Aliocha : je vous rejoins à 100% 😉

    Commentaire par jor — 14/02/2011 @ 19:13

  38. Il est amusant de constater comment le Figaro se délecte à sélectionner quelques « erreurs » pour les relater, alors même que, des observations mêmes des rapporteurs, ces erreurs n’ont pu avoir aucun lien avec l’absence de suivi qui fait l’objet des critiques. Tenez, le coup de l’erreur matérielle sur la durée du 1er SME : cette erreur a été RECTIFIEE : youhou, rectifiée ! et ce avant même qu’il ne sorte de détention ! donc sans effet pour la situation qui nous occupe. Mais bon, voyez comme ils sont incompétents et je m’en foutistes ces magistrats, à à peine faire la différence entre 2 et 3 ans de suivi (mais c’est vrai que ces dossiers ne sont pour eux que des statistiques).

    2 ème erreur : le juge des enfants a oublié de prendre en compte l’exécution de la peine de prison ferme dans le calcul de la fin de son délai d’épreuve. En effet, c’est une erreur. Mais là encore, sans aucun effet pour l’affaire qui nous occupe, puisque, et c’est écrit noir sur blanc dans le rapport, entre temps, il a de nouveau été condamné à une nouvelle mise à l’épreuve. Donc de toutes façons, il devait être suivi.

    Et, bien évidemment, le Figaro ne s’attarde pas sur ces considérations bassement matérielles que sont le manque d’effectif chronique des magistrats et greffiers du service, et de l’absence d’effets des différentes notes transmises et relayées à la Chancellerie….ces détails…..

    Alors, il se produit désormais quelque chose que j’avais prévu personnellement, sans vouloir me vanter, depuis la publication de ce fameux sondage selon lequel plus de 60 des français soutenaient le mouvement : on blanchit les magistrats histoire de les calmer (en ce sens Mercier qui annonce qu’il n’y aura pas de sanction contre des magistrats ; même si, oui, bien sûr, on organise une sorte de contre-feu via le Figaro, pour que l’opinion n’ait pas non plus l’impression que le Grand Chef est désavoué et a dit n’importe quoi ; il en restera quelque chose, et à la prochaine occas’, on s’les paiera ces petites juges !), et on trouve un dérivatif : en l’occurrence, le SPIP. Alors lui, il va s’en manger plein les dents. C’est déjà en marche, il n’y a qu’à savoir lire entre les lignes le rapport.

    Et ça, ça me débecte, perso. J’espère que le mouvement ne va pas s’essouffler et leur apporter le soutien qu’ils méritent, car pour le coup, on est tous dans la même galère, celle de la gestion de la pénurie organisée.

    Quant aux policiers, même chose, mais bizarre comme on entend plus rien sur les policiers depuis quelques temps : la droite aurait pris conscience de sa gaffe, et chercherait à se rabibocher discrètement ? wait and see.

    Aliocha : merci pour cet éclairage. Une chose me trouble néanmoins, c’est cet absentéisme de 30%. Je n’en tire aucune conclusion hâtive, mais je trouve que le rapport en dit trop ou pas assez. Une fois qu’on a écarté l’hypothèse de ce « ramassis de fonctionnaires feignants », il faudrait quand même comprendre pourquoi le service (12,5 personnes, si j’ai bien compris) totalise 1000 jours d’absence (je dis cela de tête, c’est dans le rapport, s’il y a une erreur elle est involontaire, suis crevée).

    Commentaire par Jalmad — 14/02/2011 @ 19:22

  39. juste encore une chose sur le déblocage de 5 millions annoncés : ce sera sur la « réserve pénitentiaire et judiciaire » : comprenez qu’il n’y aura pas de réelle création de poste, ni de CIP ni de magistrats. Pire, en ce qui concerne un éventuel renfort de magistrats, cette réserve ne pourra pas (c’est statutaire) assurer des fonctions juridictionnelles. Bref, c’est du pipeau total.

    Commentaire par Jalmad — 14/02/2011 @ 19:24

  40. Je vous signale qu’on peut voir le débat entier avec Thierry Levy et Marc Trevidic dont nous parlions ce week-end. C’est chez Juan : http://sarkofrance.wordpress.com/2011/02/14/sarkozy-beaucoup-plus-dangereux-que-tony-meilhon/#comment-9128
    Les arguments de Trevidic frappent juste.

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 21:07

  41. je voudrai faire une autre analyse de cette histoire Laeticia

    Pas tant que mes conclusions soient différentes des votres, mais que j’y vois un changement de tendance de la sarkozie.
    Jusqu’à présent on était dans cette fameuse logique « un fait divers, une loi ».

    Et puis sur cette affaire on assiste à un changement de cap, vous vous en êtes même étonnée.

    Etes vous sûre que le fond de l’affaire n’est pas plutôt, à l’approche des présidentielles de 2012, de faire oublier que sarkozy est aux affaires depuis 10 ans et que le bilan de l’insécurité, c’est d’abord SON bilan?

    après tout l’opposition est pour l’instant peu crédible sur à peu près aucun sujet et il n’est pas exclus d’avoir un nouveau 2002 l’année prochaine.

    Je trouve tout de même ahurissant que depuis 4 ans l’opposition ne monte au crénaux sur aucun sujet. Ce n’est pas normal qu’un gouvernement puisse aussi continuement se deshonorer et déshonorer son pays depuis aussi longtemps en toute impunité.

    Commentaire par fredo — 14/02/2011 @ 21:57

  42. @ Aliocha :

    personnellement, je ne faisais référence qu’au seul rapport concernant l’inspection des services judiciaires, car je n’avais pas encore lu le rapport concernant le SPIP rendu par l’AP. C’est désormais chose faite.

    S’agissant très précisément de la question que vous vous posez, si comme j’ai cru le comprendre, il s’agit de l’absentéisme des effectifs SPIP, tout est dans ce rapport page 24 :

    pour un effectif cible de 21, seulement 16,5 agents opérationnels (et pas 12,5). Vous avez même le détail qui y est précisé, sur ces 1094 jours d’absence : 245 jours de congé maternité (quel scandale, 3 CIP enceintes ! le genre d’absence qui ne me paraît pas franchement imprévisible et insurmontable dans des professions largement féminisées depuis plusieurs années….à condition d’avoir le volant suffisant de postes volants pour les remplacer pendant les congés maternité ; ce qui n’est pas le cas chez nous magistrats, ma juridiction en ayant récemment fait les frais, et s’apprêtant à remettre le couvert prochainement….), 238 jours de congés longue maladie (même remarque), 81 jours de congés longue durée (ça je vous avoue que je ne sais pas trop à quoi ça correspond, si quelqu’un peu nous éclairer). Reste un gros poste en effet : 522 jours de maladie ordinaire. A répartir donc en moyenne sur 16,5 personnes, sur l’année, il est clair que ça fait pas mal. En même temps, foutez 16,5 personnes (en réalité plutôt 14,5 compte tenu de l’absence chronique d’environ 2 de ces personnes du fait qui d’un congé maternité, qui longue maladie) à faire le taf de 21 pendant 1 an dans un boulot déjà par nature relativement anxiogène, et vous verrez si vous n’augmentez pas le taux moyen d’arrêt maladie.

    Commentaire par Jalmad — 14/02/2011 @ 22:07

  43. @jalmad,

    à l’expiration de ses droits à congés longue maladie, le malade a probablement enchaîné avec des CLD.

    « Le fonctionnaire (stagiaire ou titulaire) en activité a droit à un congé de longue durée (CLD) en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis.

    Le bénéfice du CLD est ouvert aux fonctionnaires ayant épuisé leurs droits à la période rémunérée à plein traitement d’un congé de longue maladie (égale à 1 an) : cette période d’un an est alors réputée être une période du congé de longue durée et s’impute sur la durée de ce congé »

    http://vosdroits.service-public.fr/F18098.xhtml

    Commentaire par Tocquevil — 14/02/2011 @ 23:11

  44. Il est intéressant à ce stade de relire le billet d’Eolas intitulé « Eléments de langage » publié le 8 février, qui révélait l’argumentaire distribué par le château aux élus UMP sur l’affaire Laetitia et la révolte des juges. Un bel exemple du com’ qui montre que la parole politique n’est plus qu’un argumentaire marketing pondu par une poignée de conseillers.
    http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/02/08/Éléments-de-langage
    Où l’on voit que la com’ pollue le débat public, voire le rend impossible….

    Commentaire par laplumedaliocha — 14/02/2011 @ 23:39

  45. Vous faites une faute, vous serez sanctionnés.
    -Grêve, on veut des moyens
    Dysfonctionnements véniels: Il n’y aura pas de sanction.
    -Reprise du travail!

    Tiens je croyais que c’était pour avoir des moyens…

    Tocquevil 45: « en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis. » à votre avis, maladie mentale plutôt que tuberculose?

    chère aliocha 24, il ne s’agit pas de juges plus ou moins laxistes mais de la crédibilité de leur instance disciplinaire (Burgaud a été grondé par ses pairs).

    Commentaire par araok — 15/02/2011 @ 08:21

  46. Bonjour Aliocha,

    Je prends acte de votre réponse et vous présente mes plates excuses pour vous avoir prêté des propos qui n’étaient pas les vôtres.
    Ceci dit, si je peux comprendre qu’un membre de votre confrérie ne fasse pas la fine bouche devant une information exclusive, il me semble qu’il ne gagne rien à travestir cette information. J’ai lu les deux rapports incriminés. A tout le moins, ceux-ci appellent à un minimum de retenu quant à leur exploitation et vaudraient, dans un autre pays que le nôtre, quelques rudes soirées pour le pouvoir en place. Je pense que nous sommes bien d’accord sur le « petit » problème d’éthique que cet exploit journalistique soulève. Maintenant, si les autorités vont jusqu’à la sanction pour les personnels du SPIP incriminé, bon courage à eux. J’ose espérer que vos confrères, dont celle du Figaro, sauront trouver les mots pour dénoncer un acharnement aussi imbécile que fumeux, des audits identiques dans tous les services et tribunaux de France ne pouvant aboutir peu ou prou qu’à des conclusions similaires.
    « Caramba, encore raté » pourrait dire notre Emilio Zapatta national d’opérette s’il n’avait pas modéré ses velléités d’ingérence dans l’appareil judiciaire et d’état d’un pays souverain.

    Si cela peut vous rassurer, je partage votre conclusion et suis sincèrement heureux de voir les choses bouger même si le mouvement est pour le moment faible. Soyons optimiste pour l’avenir.

    Bonne journée

    Commentaire par H. — 15/02/2011 @ 09:42

  47. @ Araok,

    Votre tentative de synthèse laisse singulièrement à désirer.

    A Rennes, les magistrats ont adopté la motion suivante: «Les plus hautes autorités de l’Etat instrumentalisent l’émotion que suscite cette affaire, pour en faire porter la responsabilité aux autorités judiciaire, policière et pénitentiaire », dit la motion lue en audience publique. Les magistrats rennais apportent leur soutien à leurs collègues nantais, « contraints de faire face, dans une situation criante et plusieurs fois dénoncée d’insuffisance d’effectifs, à une mission particulièrement sensible».

    A Nanterre: « Les magistrats du tribunal de grande instance de Nanterre dénoncent l’amalgame fait par les plus hautes autorités de l’État entre la commission d’un crime et les prétendues carences décisionnelles des services de la justice, de la police et de l’administration pénitentiaire. Aucun professionnel n’est pourtant en mesure de prévoir ni d’empêcher la commission de tels faits. En revanche, il appartient à l’État de pourvoir aux moyens de la justice : à Nanterre, 1025 mesures d’application des peines ne peuvent pas être suivies et un poste de juge de l’application des peines est vacant. En l’état, au regard des mises en cause personnelles réitérées au plus haut sommet de l’État, les magistrats de Nanterre ont décidé du renvoi de la totalité des audiences, seules étant traitées les urgences judiciaires jusqu’au vendredi 11 février 2011 inclus. »

    A Charleville-Mézière: « Nous, la majorité des magistrats du tribunal de grande instance de Charleville-Mézières,
    – Affirmons notre émotion face au crime horrible dont Laëtitia Perrais a été victime.
    – Regrettons qu’avant même le terme des inspections en cours, la responsabilité de magistrats, fonctionnaires judiciaires et pénitentiaires, comme celle des officiers de police judiciaire, soit affirmée.
    – Déplorons les attaques répétées du chef de l’État, faites en violation des principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice alors même qu’il en est le garant en vertu de l’article 66 de la Constitution.
    – Constatons qu’en dépit de la baisse continuelle des moyens et la multiplication des lois qui ne permettent plus à la justice de remplir l’ensemble de ses missions de manière satisfaisante pour ses concitoyens, les autorités étatiques demeurent sourdes aux efforts des magistrats et fonctionnaires déployés pour absorber l’accroissement continu du nombre d’affaires à traiter.
    – Rappelons, à cet égard, que la France est classée au 37e rang des pays européens sur 42, en terme de budget consacré à la justice et que cette situation n’est pas à la hauteur des missions qui lui sont confiées.
    – Assumons la responsabilité qui découle de notre statut, lorsqu’il y a lieu de rendre des comptes sur des dysfonctionnements avérés dans l’exercice de nos fonctions.
    – Réaffirmons, avec force, notre engagement indéfectible au service public de la justice, rendue au nom du peuple français.
    – Exigeons le respect du principe de l’indépendance de l’autorité judiciaire et des moyens à la mesure de l’importance des missions qui sont les nôtres.
    – Exprimons notre entier soutien à nos collègues du tribunal de grande instance de Nantes
     »

    A Nîmes: Les magistrats du Tribunal de Grande Instance de Nîmes, réunis en assemblée générale extraordinaire :
    – dénoncent les propos démagogiques et populistes du chef de 1’Etat, stigmatisant une nouvelle fois les magistrats à la suite d’un fait divers dramatique, en violation caractérisée du principe de la séparation des pouvoirs et de la présomption d’innocence;
    – rappellent qu’en jetant ainsi l’opprobre sur l’institution judiciaire, alors que l’attention des pouvoirs publics est attirée depuis des années sur les dangers d’une diminution continue des moyens et des effectifs qui lui sont alloués pour remplir sa mission, le président de la République se dédouane à bon compte de ses responsabilités alors même qu’il est le garant constitutionnel de l’indépendance de la magistrature, elle-même garante de la liberté individuelle;
    – apportent sans réserve leur actif soutien aux magistrats, fonctionnaires et travailleurs sociaux du tribunal de Nantes qui avaient vainement alerté leur hiérarchie depuis des mois sur leur situation de pénurie;
    -appellent au renvoi de toutes les audiences ne revêtant pas un caractère d’urgence jusqu’au vendredi l1 février inclus et à un rassemblement dans le hall du palais de justice le jeudi 10 février 2011 à 14h30;
    -invitent les personnels du SPIP, de la PJJ, de la justice et de la police, ainsi que les avocats du barreau de Nîmes, à se joindre à la journée d’action du jeudi 10 février 2011;

    J’en passe, évidemment.

    Alors, vraiment, les magistrats n’ont fait que demander des moyens supplémentaires? Vous en êtes bien certain? Relisez mieux, peut-être qu’entre les lignes, ils demandaient également une augmentation de leur traitement? Des voitures de fonction? Des robes en cashmere?

    A aucun moment, il ne vous a semblé qu’ils avaient été (légèrement) offusqués de leur mise en cause personnelle par un président de la république (dont je tairais le nom, par respect pour la présomption d’innocence) qui a été jusqu’à parler de « magistrats ayant couvert » une faute – à croire qu’un magistrat avait aidé le suspect à s’évader de prison avant de se planquer sous le bureau de son chef de juridiction, avec la bienveillante bénédiction de celui-ci?

    Et il ne vous semble pas qu’un rapport qui dit (je reprends vos termes) « dysfonctionnements véniels », avant que de dire « pas de sanction », vient surtout établir que « pas de faute »?

    Et qu’un rapport qui conclut à la nécessité d’une (énième, hein, mais bon) évaluation des besoins sur le terrain et le triplement du budget (ha ha ha ha ha) de la réserve judiciaire pour avoir recours à plus de vacataires (youpi, dites donc, les vacataires, c’est tellement adapté pour mettre en place une politique cohérente sur la durée en matière d’application des peines, rien de tel qu’un défilé permanent d’interlocuteurs différents pour ancrer un condamné dans ses projets), c’est également un rapport qui reconnait la pertinence des demandes faites par les magistrats (tout en n’y répondant pas, mais c’est évidemment un autre problème, totalement déconnecté du premier)?

    Commentaire par Fantômette — 15/02/2011 @ 10:16

  48. « dans une situation criante et plusieurs fois dénoncée d’insuffisance d’effectifs »

    « il appartient à l’État de pourvoir aux moyens de la justice : »

    « des moyens à la mesure de l’importance des missions qui sont les nôtres. »

    « les dangers d’une diminution continue des moyens et des effectifs qui lui sont alloués »

    Mais oui, fantomette, les magistrats ont été offusqués.

    Mais quand ils déclarent  » Assumons la responsabilité qui découle de notre statut, lorsqu’il y a lieu de rendre des comptes sur des dysfonctionnements avérés dans l’exercice de nos fonctions. » je ne peux m’empècher d’entendre Outreau et sa réprimante.
    Bouh, le vilain! Au coin? Même pas (parquet de Paris, section antiterroriste, avant que le scandale ne devienne énorme).
    Et là, chère Fantomette, on peut s’interroger sur la résistance du corps à toute mise en cause…
    Pour conclure (en ce qui me concerne, ne voulant pas abuser de l’espace d’Aliocha) l’honneur des magistrats m’a semblé plus chatouilleux à Nantes qu’à Outreau.

    Commentaire par araok — 15/02/2011 @ 11:30

  49. Je rebondis sur le sujet de la responsabilité des magistrats. Hier, j’ai regardé à la télé une rediffusion de l’émission « Faites entrer l’accusé » consacrée au meurtrier en série Guy Georges. Il faut savoir qu’au cours de l’enquête la police et le juge d’instruction ont eu à un moment Guy Georges en garde à vue (il était même incarcéré à ce moment là pour une agression sexuelle) mais n’ont pas fait procéder à une comparaison ADN de Guy Georges avec des traces ADN relevées sur 2 crimes. Enorme erreur qui coûta la vie à 2 jeunes filles que Guy Georges assasina après sa sortie de prison avant d’être identifié et arrêté.

    Si l’on responsabilise les magistrats, il est évident que ce juge d’instruction aurait dû être sévèrement sanctionné voire carrément viré : 2 vies humaines massacrées à cause de lui, c’est encore pire que Burgaud à Outreau, non?

    Ce juge fautif, qui d’ailleurs dans l’émission reconnaît pleinement cette faute, c’est Georges Thiel, un de nos juges d’instruction les plus renommés.

    Je trouve personnellement qu’il aurait été dommage que la France se passe des services d’un Georges Thiel même pour une faute aussi grave.

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 15/02/2011 @ 12:09

  50. @ Araok :

    juste une ou deux précisions en rapport à votre com selon lequel ayé, fini, dès lors que les magistrats ont appris qu’on n’irait pas rechercher leur responsabilité (sous entendu « ah les sales corporatistes, CQFD »:

    – l’intersyndicale magistrats/fonctionnaires judiciaires a été rejointe hier par des syndicats pénitentiaires ; lors de cette réunion, les orientations suivantes ont été retenues, en accord avec la pénitentiaire, donc : arrêt en effet du mouvement de renvoi des audiences, qui pourrait devenir à la longue impopulaire et surtout fait peser sur les justiciables un délai de traitement supplémentaire, ce qui n’amuse personne (même pas les magistrats, qui pourtant, y voient un peu d’air, c’est à dire le temps de rédiger leurs jugements, entre autre…), mais poursuite du mouvement sous d’autres formes ; d’une part pour soutenir le personnel pénitentiaire qu’il n’est pas pensable de laisser seul, face à de probables poursuites disciplinaires totalement imméritées également, car les dysfonctionnements pointés, s’ils existent en effet, sont en lien direct avec le manque d’effectif criant ; d’autre part, en effet, car les annonces effectuées par le Ministre en terme de moyens sont totalement insuffisantes. Les modalités de poursuite du mouvement sont ainsi à décider en AG au sein de chaque Tribunal, et ce qui est notamment proposé par l’intersyndicale : état des lieux service par service, par écrit, à faire remonter par la voie hiérarchique jusqu’à la chancellerie et aussi à diffuser largement ; invitation des élus à venir constater par eux mêmes nos problèmes de fonctionnement ; organisations de journées porte ouvertes pour les citoyens, pour expliquer notre fonctionnement et nos difficultés quotidiennes ; application stricte des textes de procédures (par exemple prendre un greffier à chaque audience, pas comme on s’en affranchit parfois (voire souvent) dans certains services pour pouvoir continuer à faire tourner la machine au rendement maximum). Par ailleurs, il est déjà question d’une journée de mobilisation nationale en mars, dont les modalités seront à organiser d’ici là, en fonction aussi des suites qui seront données par le Garde vis à vis du SPIP.

    – mon TGI s’est réuni en AG ce matin, et a voté l’arrêt du renvoi et la poursuite du mouvement selon quelques unes de ces modalités ; d’autres sont à l’étude.

    En bref : la presse a un peu trop vite parlé d' »arrêt du mouvement ». Et oui, on va continuer (j’espère) à soutenir les fonctionnaires pénitentiaires. Et non, nous n’avons aucune revendication salariale ni en l’occurrence, statutaire sur ce coup là. Et oui, nous pouvons être responsables disciplinairement, mais, comme n’importe qui, nous souhaitons simplement pour cela qu’on établisse une ou plusieurs fautes susceptibles de justifier des poursuites disciplinaires. Manifestement, au vu du rapport, tel n’était pas le cas pour les magistrats et fonctionnaires judiciaires ; or le Président a quand même annoncé avant même les résultats de l’enquête qu’il y avait nécessairement des fautifs. Je crois que ça vous énerverait, vous, d’avoir le sentiment d’être jugé (par le Préz, par une partie de l’opinion) avant même les résultats de l’enquête ; et vous auriez raison.

    Commentaire par Jalmad — 15/02/2011 @ 12:11

  51. Juste une chose, Jalmad.

    Je pense quand même que ce taux d’absentéisme révèle une gestion pour le moins aléatoire du service pendant des années.

    J’ai lu le rapport de l’administration pénitentiaire. Ce qui me gêne quand même est cette impression de roue libre dans les pratiques des conseillers d’insertion et de probation : cf p.15 les edplications du CIP qui n’a pas jugé opportun d’alerter ses collégues du milieu ouvert.

    Mon inquiétude, mais je vous accorde que c’est du domaine de l’impression: la situation délétère du SPIP de Nantes indique pour une absence de direction claire qui, à mon avis, a dû perduré des années durant.

    Commentaire par Véronique — 15/02/2011 @ 13:16

  52. @ Véronique

    On touche là du doigt les problèmes de management (ou plutôt d’absence de management) au sein de la fonction publique. Mais le problème n’est pas circonscrit au SPIP de Nantes et comme vous le soulignez très bien, il ne date pas d’hier. Alors, si faute il y a , à qui l’imputer?

    Commentaire par H. — 15/02/2011 @ 13:31

  53. @ Veronique : oui, c’est possible. Mais juste: essayez d’avoir une « direction claire » absolument sur tous les points quand votre énergie est grandement absorbée par la gestion quotidienne d’une pénurie d’effectif chronique et importante (on parle là d’absence, hors pb de maladie et congés mat’, de 5,5 personnes sur 21, soit environ 25 %), avec ce que ça suppose d’ajustement, réajustement, rapports de signalement, décisions en urgence et tensions suscitées entre les agents par ces difficultés, etc….
    Ce qui ne signifie pas pour autant que tout le monde a été parfait et a toujours pris les bonnes décisions à chaque instant ; simplement, peut-être peut on comprendre, sans agiter la faute disciplinaire, que ces personnes, dans ces conditions de travail là, n’étaient pas mises en mesure de toujours prendre les décisions les plus lucides et les plus pertinentes.

    Tenez, pour vous parler de moi (mais il se trouve que c’est la situation que je connais la mieux) : j’ai signalé à diverses reprises à mon Président et au chef de greffe ce que j’estime relever d’une sorte peut-être pas de dysfonctionnement, mais disons, pointé une pratique qui me semble pouvoir être assez facilement améliorée et de nature à sécuriser le service (concrètement, il s’agit de l’organisation du tableau de roulement du greffier de permanence, et du remplacement de la greffière titulaire lorsque celle-ci est en congés) ; j’ai même fait plusieurs suggestions par oral. Ce depuis plusieurs mois. Et notamment suite à une certaine frousse suscitée par un « louper » (très relatif : retard de traitement de seulement 1 journée, qui n’a pas eu d’incidence procédurale) quant à une demande de mise en liberté d’un détenu provisoire. Et bien, le système n’a toujours pas été changé, et demeure toujours aussi insatisfaisant.

    Sauf que :
    – je n’ai évidemment pas fait de note écrite pour signaler la difficulté, juste un mail ou deux, plus quelques demandes orales ; négligence ? oui, sans doute. Mais qui s’inscrit dans un contexte où, la communication et les relations étant bonnes avec mon Président et mon Chef de greffe, et ces personnes étant des personnes compétentes et attentives aux difficultés (mais débordées) qui en général réagissent sans note écrite, et où moi même je suis assez débordée, et ai donc plus facilement tendance à privilégier le travail juridictionnel sur les problèmes administratifs ;

    – mon chef de greffe a beau prendre le pb dans tous les sens, l’organistaion des tableaux de roulkement dans un contexte de sous effectif chronique est une gageure à organiser de façon à répartir équitablement entre les différents agents cette charge de permanence supplémentaire ; il doit donc trouver un savant équilibre entre « équité » (sinon, levée de boucliers de la part des fonctionnaires, auxquels on demande déjà beaucoup….heures supp non récupérées et non payées notamment….) et efficacité et sécurité de la prise en charge du service.

    Et, vous voyez, je ne doute pas que, demain, s’il y a un pépin relativement à une demande de mise en liberté avec des conséquences importantes, on va pouvoir tomber à bras raccourci sur mon chef de greffe qui n’aura pas organisé au mieux la répartition du service, organisé les formations suffisantes des fonctionnaires, ma pomme qui n’a pas signalé par écrit officiel le premier incident, etc etc….Et bien évidemment, personne n’ira décrire les heures supp effectuées, les réunions en urgence dans tous les sens, la gestion de la carte judiciaire portée à bout de bras à la même période, etc….par ces mêmes personnes.

    Commentaire par Jalmad — 15/02/2011 @ 13:51

  54. @ H.

    Meilleure gouvernance et responsabilisation de la fonction publique : on peut effectivement former le souhait que ce psychodrame porte ses fruits au-delà de la seule question – incontournable – des moyens accordés à notre justice.

    Ce serait une sortie par le haut de cette crise : une justice à l’indépendance réaffirmée, aux moyens accrus et dotée d’une meilleure gouvernance.

    Mais pour le coup, je n’y crois pas trop : la Sarko-déprime me gagne. Sa gestion de l’affaire Cassez se révèle être également une catastrophe…

    Commentaire par Tocquevil — 15/02/2011 @ 14:08

  55. @ Tocquevil : « Sa gestion de l’affaire Cassez se révèle être également une catastrophe… »,

    là nous avons eu droit à du grand, du très grand gribouille…

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 15/02/2011 @ 14:18

  56. @ Tocquevil

    Je plussoie à votre propos que ce soit dans sa conclusion ou dans votre préliminaire. Comme le souligne très bien Jalmad, il est difficile, sinon impossible, de concevoir et de mettre en place des solutions innovantes quand le quotidien est consacré de façon quasi-exclusive à gérer la pénurie. L’abnégation du personnel, pour reprendre un mot cher aux communiqués militaires, a ses limites. On n’envoie pas les soldats à la bataille sans leur donner les armes idoines.

    Commentaire par H. — 15/02/2011 @ 14:56

  57. @ Toquevil et Mussipont,

    Et voilà qu’après avoir hier jeté de la tequila sur le feu, NS appelle aujourd’hui à « garder son calme » dans l’affaire Cassez…

    http://www.lepoint.fr/monde/florence-cassez-sarkozy-la-france-est-determinee-a-resoudre-le-probleme-15-02-2011-1295424_24.php

    De Gribouille à Cornegidouille, du personnage irréfléchi de la comtesse de Ségur à l’Ubu de Jarry, ça progresse tout en finesse. Consternant.

    Commentaire par Moubarak Exraïs — 15/02/2011 @ 15:43

  58. J’espère qu’ils n’auront pas l’idée d’envoyer la légion étrangère au Mexique, la dernière fois, cela avait mal fini.

    Commentaire par Switz — 15/02/2011 @ 16:22

  59. Il va finir par nous déclencher une grève des juges mexicains !

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2011 @ 16:33

  60. @ Switz : cela avait mal fini, certes, mais dans la gloire, au moins à Camerone!

    @ Aliocha : vous demanderez à M. Bissonet si c’est une bonne chose d’être jugé un jour de grève des magistrats. 😉

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 15/02/2011 @ 16:47

  61. @Mussipont

    Oui, l’art de la guerre à la Française, le style, le panache, l’honneur, et souvent la défaite…

    Commentaire par Switz — 15/02/2011 @ 17:01

  62. @switz : autrefois, parce qu’avec le gouvernement actuel, je crains qu’il ne faille faire une croix sur le style, le panache et l’honneur. Reste la défaite….

    Commentaire par laplumedaliocha — 15/02/2011 @ 17:03

  63. @ Mussipont (#62) J’avais bien aimé le twitt à ce sujet qui avait dit « se prendre 30 ans de réclusion criminelle un jour de grève générale des magistrats, je valide, c’est une #VDM« 

    Commentaire par Fantômette — 15/02/2011 @ 17:09

  64. @ Jalmad

    Ne le prenez pas mal. Mais je ne pense pas que votre travail soit d’organiser le greffe de votre tribunal. Je pense que ce mélange des genres est problématique.

    Quand je parle d’absence de direction claire, c’est lié à mon impression d’une sorte de confusion entre les métiers qui sont très différents. Organiser le travail d’un greffe – sous réserve que je comprenne à peu près de quoi est fait le travail d’un greffier – relève d’une compétence de logisticien, donc a priori ni d’un greffier même en chef, ni d’un greffier tout court, ni d’un magistrat, quand bien même ce magistrat s’appelle Jalmad et qu’elle a toute ma sympathie. Faire travailler, organiser, manager une équipe est un métier.

    Commentaire par Véronique — 15/02/2011 @ 18:24

  65. @laplumedaliocha

    J’aurais aimé suivre un cursus en psychanalyse pour tenter de comprendre le mécanisme intime sous-jacent au comportement de notre président, et à sa propension à se saisir personnellement de toute affaire concernant une femme prise en otage, incarcérée, ou victime de violences.

    C’est même plutôt frappant en matière pénale, car les indignations présidentielles suite à un crime médiatisé semblent sélectives et largement dépendantes du sexe de la victime – même s’il est vrai que l’agression d’une femme par un homme fasse généralement l’objet d’une plus forte réprobation, car cet acte heurte l’attachement à des valeurs chevaleresques, outre qu’il démontre l’indéniable lâcheté de l’agresseur.

    L’autre obsession présidentielle concerne les fous dangereux, le moindre homicide commis par déséquilibré suscite le même zèle à proposer une énième législation ou à mettre en cause des institutions – en l’occurrence les psychiatres. Et pourtant, les crimes commis par les psychotiques sont rares, tandis que cette population manifeste statistiquement une moindre dangerosité contrairement aux idées reçues.

    Commentaire par Switz — 15/02/2011 @ 18:28

  66. @ Veronique : je ne le prend pas mal, et vous avez raison de dire que ce n’est pas à moi de faire ça. En revanche, je suis relativement bien placée pour voir quand ça déconne total, et il m’appartient, je pense, de le signaler. Faire des suggestions, non, en effet, mais voyez vous, quand on a du mal à obtenir un changement, mon idée est de me dire que de proposer une solution « clef en main » aide à obtenir gain de cause. J’ai testé à moultes reprises, (en prenant le soin le cas échéant de laisser le responsable, pour peu qu’il soit un peu chatouilleux de l’orgueil, s’attribuer le mérite de mon idée !) et je sais que ça marche.

    Après, vous vous plantez si vous pensez que ce n’est pas le boulot d’un greffier en chef : c’est justement ça, son boulot, en l’occurence (avec la gestion budgétaire) et il est formé pour ça. Et vous vous plantez encore si vous pensez que des personnes non au fait du fonctionnement judiciaire seraient à même de venir faire le management chez nous.

    Je vais vous donner une illustration de ce que je viens de dire : pour avoir effectué diverses formations dans divers domaines (informatique, réflexions menées avec des sociologues, psychologues même du travail, etc…), j’ai pu observer combien, les intervenants totalement extérieurs à la justice, aussi compétents dans leur domaine soient ils et plein de bonne volonté, avaient extrêmement de mal à se représenter les rôles de chacun (greffier, magistrats, avec différence selon si siège/parquet, et leur hiérarchie respective) et surtout les interactions entre ces différents intervenants. Et du coup, ne se rendaient pas forcément compte de quelques énormités qu’ils pouvaient avancer, tant c’était décalé avec les prérogatives de chacun.

    Vous me dites, ce n’est pas mon rpole d’organiser le fonctionnement de mon greffe, et vous n’avez pas tord. Mais en même temps, si ma greffière en chef autorise ma greffière à travailler selon les horaires suivants : 7h du mat’ 11h, et 13h 15h30, alors je suis dans la merde pour assurer mon service car je peux difficilement convoquer des gens avant 8h30 et entre 12h et 13h30. Et inversement, si je décidais de ne bosser que la nuit parce que je suis nyctalope et insomniaque, à la limite, je ne suis pas soumise à des horaires mais juste à un service à faire, mais ma greffière aurait comme qui dirait quelques raisons de m’en vouloir, ou, sans aller jusque là, si je décidais de convoquer suffisamment tard pour qu’elle explose ses horaires chaque jour….Même chose : s’il n’y a pas un minimum de concertation entre ma greffière et moi pour nos dates de congés, alors on peut se retrouver à ne faire que se croiser avec ma greffière, et là aussi c’est problématique pour assurer convenablement le service. Et quand je suis là mais ma greffière en congés, je dois savoir qui la remplace pour savoir ce que je peux ou non confier comme tâche à cette greffière. Etc etc…. Et pourtant, on ne relève pas de la même autorité hiérarchique.

    Commentaire par Jalmad — 15/02/2011 @ 19:02

  67. @ Aliocha : je profite de ce billet, comme ça ce ne sera pas trop hors-sujet… Avez-vous vu la série produite par Canal, « Reporters » ? Je viens de voir le premier épisode, et ça s’annonce très bien – j’espère que la suite sera à la hauteur, comme Engrenages a pu l’être.

    Commentaire par Vil Coyote — 15/02/2011 @ 22:36

  68. @ Fantômette : je me suis bien sûr inspiré de ce twitt pour venir faire mon intéressant ici… 😉

    Commentaire par Mussipont (=Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 15/02/2011 @ 23:24

  69. @ Jalmad

     » Tenez, pour vous parler de moi (mais il se trouve que c’est la situation que je connais la mieux) : j’ai signalé à diverses reprises à mon Président et au chef de greffe ce que j’estime relever d’une sorte peut-être pas de dysfonctionnement, mais disons, pointé une pratique qui me semble pouvoir être assez facilement améliorée et de nature à sécuriser le service (concrètement, il s’agit de l’organisation du tableau de roulement du greffier de permanence, et du remplacement de la greffière titulaire lorsque celle-ci est en congés) » (votre post 55)

     » Après, vous vous plantez si vous pensez que ce n’est pas le boulot d’un greffier en chef : c’est justement ça, son boulot, en l’occurrence (avec la gestion budgétaire) et il est formé pour ça.  » (votre post 69)

    Je suis d’accord pour dire qu’il est nettement préférable, effectivement, qu’un chef d’atelier maîtrise le fonctionnement général des métiers nécessaires au bon fonctionnement de sa salle des machines. En revanche, je reste convaincue qu’un bon juriste – et a priori le socle de la formation et de la culture professionnelle du greffier en chef est de cette nature – ne fait pas nécessairement, et loin de là, un bon manager, ni un bon chef d’atelier, ni un bon chef d’équipe.

    Concernant votre exemple, eh bien non, Jalmad, votre greffier en chef, quand il est un professionnel bien formé,  » formé pour ça  » , il est précisément de sa compétence, de son savoir-faire, de sa mission que de détecter le presque dysfonctionnement sur lequel vous attirez l’attention. Et d’y remédier.

    Pour revenir au SPIP de Nantes, la décision de placardiser des dossiers, pas officiellement, ni officieusement – c’est entre les deux – intervient à la veille des congés d’été 2009.

    Vous allez hurler. Mais je me risque…

    Le surcroît de dossiers apparaît-il d’un coup d’un seul ?
    Est-ce trop imaginer que d’envisager l’idée qu’il était possible pour le SPIP de Nantes d’anticiper une hausse du stock des dossiers, qui à mon avis est peut-être récurrente à cette période de l’année. Par ailleurs, on ne comprend pas bien l’utilité des hiérarchies censées chapeauter le SPIP de Nantes en tant que tel. Très simplement, je pense que le directeur du SPIP d’alors a choisi une forme de facilité. Dans l’hypothèse où un surcroît de dossiers pouvait être anticipé, notamment par les crânes de sa direction régionale, il aurait dû à mon avis EN PREMIER essayer de tout faire pour ajuster son équipe à l’activité du service. Quitte à redéfinir bien en amont la gestion des équipes au moment des congés. En même temps, je précise que l’information concernant les effectifs en périodes de congés n’est pas donnée dans le rapport. Mais je pense qu’il n’est pas neutre que la décision de laisser des dossiers en souffrance – auxquels quand même il ne sera donné aucune suite – intervienne au mois de juin.

    Je ne dis pas du tout qu’il était aisé, facile ou simple d’explorer cette première piste. Au contraire, je pense que compte tenu de la situation particulièrement conflictuelle du SPIP de Nantes, dans cette hypothèse, un directeur risquait gros en tensions de la part de son équipe. Mais à mon avis, là, il aurait été réellement dans son rôle de logisticien et de chef d’atelier.

    Commentaire par Véronique — 16/02/2011 @ 06:47

  70. Je m’interroge à propose de la grève du zèle suggérée, et du fait qu’actuellement, les procédures (par exemple présence d’un greffier) ne sont pas souvent respectées. Un tel non respect ne serait-il pas susceptible de faire casser tout procès ? Si un jour je suis condamné pour quelque chose, ne suis-je pas en droit d’attendre de l’état qu’il me condamne en respectant ses propres lois et procédures ?

    Commentaire par Gathar — 16/02/2011 @ 18:29

  71. @ Veronique :
    AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!

    (oui, vous me faites hurler)

    « il aurait dû à mon avis EN PREMIER essayer de tout faire pour ajuster son équipe à l’activité du service » : il fait comment pour « ajuster » son équipe, quand son équipe de 21 est de fait réduite à 16,5 (en réalité on l’a vu, plutôt 14,5 de fait) et que quand il le signale, on lui dit (grosso modo) : « fuck, tu te débrouilles avec ça » ???? il refuse leurs congés à tous les présents, et ce pendant toute l’année, en dépit de la législation du travail, et quitte à ce qu’on lui claque encore plus de congés maladie ?

    pour le fait que selon vous, l’augmentation des stocks était « sans doute prévisible ». Première remarque : non, il n’y a absolument aucune raison que ce type de stock augmente de façon habituelle à ce moment là de l’année ; c’est plutôt pendant l’été, en raison d’un rythme d’audience et de convocations moins soutenu, que le greffe arrive à « sortir » les dossiers pour les transmettre au SPIP, chez qui ça arrivera mécaniquement plutôt vers septembre/octobre. Et puis, ah ah ah ah, je me marre….vous n’imaginez pas comme on anticipe bien notre gestion des stocks, dans les juridictions : le stock de jugements en retard à la frappe, ce même stock, qui, une fois résorbé, se déverse automatiquement chez le JAP, qui lui-même, s’il est en sous-effectif, stocke à son tour, jusqu’à ce qu’on lui débloque le personnel suffisant, auquel cas il déverse son stock au SPIP. Et tout ça peut aller très vite : on a miraculeusement obtenu des fonctionnaires placés ou des crédits pour embaucher un/plusieurs vacataires ; vous parliez de management, tenez, d’après vous, combien de temps à l’avance sait-on si on va avoir un remplaçant, d’après vous, ou des crédits ? et bien, à tout casser, 1 mois. Pour combien de temps ? on sait pas trop, 2 mois, avec un peu de chance, 3. Et autant vous dire que le SPIP en bout de chaîne n’est pas dans la confidence. Et si d’un coup ça débloque en amont dans la chaîne pénale, il peut en effet se retrouver avec un flux énorme se déversant en 1 ou 2 mois. Et lui-même, espérant sans doute une amélioration légitime (chez eux, c’est comme chez nous : on est toujours là à espérer une ou plusieurs affectations des postes vacants…) a pu essayer de temporiser un peu, à un ou deux mois, parce que désorganiser tout un service coûte aussi en temps et en énergie, et ce n’est pas efficace si on désorganise tout sur du court voire très court terme, et on hésite légitimement à deux fois, quand, normalement, on essaye de gérer les choses sur du long terme….

    Le pb, c’est que vous ne semblez pas comprendre que du management de pénurie chronique ne peut qu’être du mauvais management. Plus ou moins mauvais, disons, mais jamais bon. Point barre. Et ce même si vous mettez des super gestionnaires.

    Commentaire par Jalmad — 17/02/2011 @ 18:49

  72. Saacrée Véronique, toujours en train de s’amuser à faire crisser la craie sur le tableau noir ! Dites Véronique, si vous êtes toujours dans les parages malgré les hurlements de Jalmad qui nous déchirent les tympans, vous aviez cité un jour un très bel extrait de Zola sur la presse chez Eolas, je ne le retrouve plus. Vous n’auriez pas cela en magasin par hasard, vous que je devine très méthodique et ordonnée 😉

    Commentaire par laplumedaliocha — 17/02/2011 @ 19:39

  73. Jalmad et Aliocha! Vous êtes méchantes!

    Véronique est une intellectuelle.

    la pénurie, c’est très abstrait comme concept!

    C’est pas quelque chose qui se comprend immédiatement. Faut avoir lu pour saisir le début du commencement de l’idée qui précède essence de la notion du concept. C’est un long chemin parsemé d’embuches, faut pas croire.

    Je vous trouve dures et injustes avec Véronique qui, elle, fait l’effort de vous comprendre.

    Hein Véronique?

    Aliocha : eh bien Tschok, on essaie d’enrichir son poulailler d’une nouvelle recrue ?

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 01:15

  74. @ Aliocha

    Je crois me souvenir qu’il s’agissait des Adieux de Zola dans le Figaro du 22 septembre 1881:

    http://emilezola.free.fr/d_journaliste.htm

    (…) « Depuis plus de quinze ans, je me bats dans les journaux. D’abord, j’ai dû y gagner mon pain, très durement, je crois bien que j’ai mis les mains à toutes les besognes, depuis les faits divers jusqu’au courrier des Chambres. Plus tard, lorsque j’aurais pu vivre de mes livres, je suis resté dans la bagarre, retenu par la passion de la lutte. Je me sentais seul, je ne voyais aucun critique qui acceptât ma cause, et j’étais décidé à me défendre moi-même ; tant que je demeurerais sur la brèche, la victoire me semblait certaine. Les assauts les plus furieux me fouettaient et me donnaient du courage.

    A cette heure, j’ignore encore si ma tactique avait du bon ; mais j’y ai au moins gagné de bien connaître la presse. Mes aînés, des écrivains illustres, l’ont souvent foudroyée devant moi, sous de terribles accusations : elle était l’agent démocratique de la bêtise universelle. J’en passe, et des plus féroces. J’écoutais, je songeais que, pour en parler avec cette rancune, ils ne la connaissaient pas ; non, certes, qu’elle fût absolument innocente de tout ce qu’ils lui reprochaient, mais parce qu’elle a des côtés puissants et qu’elle offre des compensations très larges. Il faut avoir longtemps souffert et usé du journalisme, pour le comprendre et l’aimer.

    A tout jeune écrivain qui me consultera, je dirai : « Jetez-vous dans la presse à corps perdu, comme on se jette à l’eau pour apprendre à nager. » C’est la seule école virile, à cette heure ; c’est là qu’on se frotte aux hommes et qu’on se bronze ; c’est encore là, au point de vue spécial du métier, qu’ont peut forger son style sur la terrible enclume de l’article au jour le jour. Je sais ben qu’on accuse le journalisme de vider les gens, de les détourner des études sérieuses, des ambitions littéraires plus hautes. Certes, il vide les gens qui n’ont rien dans le ventre, il retient les paresseux et les fruits secs, dont l’ambition se contente aisément. Mais qu’importe ! Je ne parle pas pour les médiocres, ceux-là restent dans la vase de la presse, comme ils seraient restés dans la case du commerce ou du notariat. Je parle pour les forts, pour ceux qui travaillent et qui veulent. Qu’ils entrent sans peur dans les journaux : ils en reviendront comme nos soldats reviennent d’une campagne, aguerris, couverts de blessures, maîtres de leur métier et des hommes.

    Les meilleurs d’entre nous, aujourd’hui, n’ont-ils point passé par cette épreuve ? Nous sommes tous les enfants de la presse, nous y avons tous conquis nos premiers grades. C’est elle qui a rompu notre style et qui nous a donné la plupart de nos documents. Il faut simplement avoir les reins solides, pour se servir d’elle, au lieu qu’elle ne se serve de vous. elle doit porter son homme.

    Ce sont là, d’ailleurs, des leçons pratiques que les plus énergiques paient très cher. Je parle pour moi, qui l’ai souvent maudite, tellement ses blessures sont cuisantes. Que de fois je me suis surpris à reprendre contre elles les accusations de mes aînés ! Le métier de journaliste était le dernier des métiers ; il aurait mieux valu ramasser la boue des chemins, casser des pierres, se donner à des besognes grossières et infâmes. et ces plaintes sont ainsi revenues, chaque fois qu’un écoeurement m’a serré à la gorge, devant quelque ordure brusquement découverte. Dans la presse, il arrive qu’on tombe de la sorte sur des mares d’imbécillité et de mauvaise foi. C’est le côté vilain et inévitable. On y est sali, mordu, dévoré, sans qu’on puisse établir au juste s’il faut s’en prendre à la bêtise ou à la méchanceté des gens. La justice, ces jours-là, vous semble morte à jamais ; on rêve de s’exiler au fond d’un cabinet de travail bien clos, où n’entrera aucun bruit du dehors, et dans lequel on écrira en paix, loin des hommes, des oeuvres désintéressées.

    Mais la colère et le dégoût s’en vont, la presse reste toute puissante. On revient à elle comme à de vieilles amours. Elle est la vie, l’action, ce qui grise et ce qui triomphe. Quand on la quitte, on ne peut jurer que ce sera pour toujours, car elle est une force dont on garde le besoin, du moment où l’on en a mesuré l’étendue. Elle a beau vus avoir traîné sur une claie, elle a beau être stupide et mensongère souvent, elle n’en demeure pas moins un des outils les plus laborieux, les plus efficaces du siècle, et quiconque s’est mis courageusement à la besogne de ce temps, loin de lui garder rancune, retourne lui demander des armes, à chaque nécessité de bataille.  »

    Adieux, Le Figaro, 22/09/1881

    Aliocha : Yes, c’est ça. Merci beaucoup !

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 03:37

  75. @ Jalmad

    Je n’ai pas écrit que le directeur devait refuser les congés. J’ai seulement noté que la décision de placardiser des dossiers – excusez-moi, j’ai presque envie d’ajouter l’adverbe ouvertement – intervenait au mois de juin. J’en déduis qu’un service qui comptabilise 32% d’absentéisme, à mon avis, est forcément encore plus fragilisé et démuni quand viennent les congés d’été.

    J’ai essayé de dire qu’il existait peut-être d’autres façons de gérer un surcroît de dossiers – a priori effectivement inhabituel: « accélarations de l’activité des Jap en un temps extrêmement court  » (p.9)- qu’une simple et sommaire décision de non affectation de dossiers pendant les congés d’été –  » pour laisser les CIP finir les dossiers en cours  » (p.8 du rapport )-

    Ne serait-ce que de la part du directeur sur le départ solliciter l’intervention et l’appui opérationnels de sa hiérarchie face à cette difficulté supplémentaire . A moins que cette façon de procèder ne soit qu’une sorte de une norme non écrite mais admise par tous, jusqu’au plus haut échelon de la hiérarchie.

    Je n’accable pas. Je pense juste que cette façon de mettre entre parenthèses des dossiers a eu des conséquences infiniment graves. Non seulement pour une jeune fille, mais également pour un jeune type dont le parcours est lourd d’une  » triste histoire judiciaire  » ( expression d’Eolas que je trouve très juste).

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 04:48

  76. @ tschok

    Une pénurie de moyens fait beaucoup de dégâts, une pénurie de direction aussi. Les deux ensemble…

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 05:52

  77. Odieuse, Aliocha. Vous êtes odieuse.

    Comment pouvez vous me soupçonner d’une chose pareille?

    Aliocha : qu’est-ce qui vous chiffonne exactement ? Que j’ai repéré le coq de basse-cour qui sommeille en vous ou que je vous soupçonne de vouloir accrocher Véronique sur le tableau de vos conquêtes webesques ? 😉

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 12:18

  78. @ Veronique :

    je sais que vous n’avez pas écrit cela.

    Mias, si certes le DSPIP aurait pu, et peut-être en effet aurait du, signaler en plus spécifiquement l’arrivée massive de dosseirs supplémentaires pour solliciter de nouveau un renfort, et même si je sais que vous ne cherchez pas à l’accabler, il faut aussi peut être à un moment donné comprendre que, quand vous avez signalé votre sous effectif, connu, archi cionnu, donc, à votre héirarchie, et ben vous vous dites que signeler le surplus ponctuel d’activité du fait d’un déblocage des JAP, et ben, vous SAVEZ (et vous avez raison) que cela n’aura aucun effet supplémentaire. Vous vous vous résignez, en quelque sorte ; et vous n’avez pas envie de dépenser encore un peu plus d’énergie supplémentaire à alerter car c’est voué à l’échec. Et il y a tout de même une certaine arrogance et indécence à venir dire « ah mais Monsieur, certes, vous étiez dans une merde noire depuis plus d’un an, ce que tout le monde savait, mais là, franchement, placardiser des dossiers sans réclamer un coup de main, c’est un manque de direction de votre service « , comme si, de bien évidemment, ça aurait changé quelque chose.

    Le véritable scandale, Véronique, qui ne semble pas vous offusquer outre mesure, c’est de DEVOIR à un moment donné, placardiser des dossiers. A partir de ce moment là, vous êtes automatiquement baisé : vous ne pouvez, par essence, pas prendre de façon infaillible dans tous les cas, la bonne décision, en gros, c’est la peste ou le choléra, que vous jouez plus ou moins à pile ou face. Et vous, ce qui semble vous désoler, c’est , je vous cite « cette façon de placardiser les dossiers », c’est à dire plutôt d’une part que les critères retenus de placardisation n’étaient pas toujours opérants, et d’autre part, que le chef de service n’a pas fait remonter de nouveau cette situation. La question que je voudrais donc vous poser est la suivante : y aurait-il eu selon vous une « bonne façon » de placardiser ces dossiers ?

    C’est quand même assez extraordinaire, parce que, très concrètement, c’est ça qu’on reproche au SPIP : de mal avoir placardisé. Bien sûr, au passage, on relève qu’il y avait une situation critique dans le service, et puis tenez, on pourvoit quelques postes. Mais on fait quand même sauter un mec qu’on avait mis dans une situation de ne pas pouvoir faire correctement son taf. Je ne sais pas si ce type était super compétent ou pas ; s’il aurait pu, à la marge, atténuer encore un peu plus les difficultés. Et à la limite, peu m’importe, et d’ailleurs, peu importe à tout le monde : il fallait une tête, on en a trouvé une. On saupoudre un peu de moyens, on fait sauter un type, on pond une ou deux directives totalement débiles et superfétatoires (transmettre les casiers au SPIP : je vous jure, je n’invente rien, j’ai reçu ça dans ma boite pro hier, comme si on y avait pas pensé tout seul avant…) et hop, c’est reparti comme en 40, et rien ne change à long terme.

    Commentaire par Jalmad — 18/02/2011 @ 12:36

  79. @ Jalmad

     » Et vous, ce qui semble vous désoler, c’est , je vous cite « cette façon de placardiser les dossiers », c’est à dire plutôt d’une part que les critères retenus de placardisation n’étaient pas toujours opérants, et d’autre part, que le chef de service n’a pas fait remonter de nouveau cette situation. »

    Ce qui me choque est le fait qu’une décision de mettre entre parenthèses des dossiers ait été prise dans l’entre soi d’un service. Je suis sans illusions sur le soutien éventuel qu’aurait pu apporter une hiérarchie face à une situation devenue inextricable.

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 13:10

  80. @ Veronique : vous avez en théorie raison : ce type de décision devrait bien évidemment faire l’objet de concertations avec sa plus haute hiérarchie. Et bien, figurez vous que c’est souvent dans ces moments là qu’on ne trouve plus personne….ou, qu’habitué à ne pas voir ses alertes suivies d’effet, on finit par se décider à se démerder tout seul, dans l' »entre-soi » de son service, comme vous dites, cet « entre-soi » dans lequel on vous a si bien fait comprendre depuis longtemps qu’il est votre seul horizon de travail……

    Mais il y a une chose qui devrait vous satisfaire, c’est que je crois que beaucoup d’entre nous en auront au moins tiré cette leçon (pour combien de temps ? je ne sais pas) : tout écrire, garder tous ses mails, arroser à maximum de monde dans sa hiérarchie pour les « mouiller » et, en cas de pépin, les faire tomber avec soi. Tenez, vous avez le fax direct de Mercier ? parce que, si oui, ça m’intéresse : j’aimerais bien lui signaler les 30 jugements d’assistance éducative et 15 ordonnances de règlement en souffrance dans mon bureau depuis 2 mois, et que je m’apprête à emmener chez moi ce soir pour les rédiger pendant ma semaine de congés. Ce n’est pas très amusant d’en arriver là : le management par la peur et les rapports de force. Et surtout, je ne pense pas que ça améliore l’efficacité. Mais puisqu’on doit entrer dans une mentalité où il faut penser à sauver ses fesses avant de penser à l’efficacité et la qualité du service, et bien, ma foi, nous avons bien reçu le message.

    Et ça, c’est de la belle-mentalité service public. Soyons modernes.

    Commentaire par Jalmad — 18/02/2011 @ 14:04

  81. @ Jalmad

     » j’aimerais bien lui signaler les 30 jugements d’assistance éducative et 15 ordonnances de règlement en souffrance dans mon bureau depuis 2 mois, et que je m’apprête à emmener chez moi ce soir pour les rédiger pendant ma semaine de congés. »

    Ben, en réalité, si j’ai bien suivi dans le détail la chronologie du rapport d’inspection de l’administration pénitentiaire, votre 2 mois ça ne craint pas encore de trop. Euh, à Nantes, entre la décision entre-soi de mettre entre parenthèses des dossiers (juin 2009) et une reconnaissance ouverte de l’existence des dossiers entre parenthèses (mars 2010) il se passe jamais que …9 mois…Euh..entre-temps un directeur a pris l’initiative en décembre 2009de demander un audit de son service…

    Au fond, je pense que concernant les hiérarchies jusqu’à celles ++++++++++++++++++++++++++++++, ce qui a eu un effet dévastateur, particulièrement dans une situation de pénurie de moyens, est d’avoir laissé dans le non dit – le tabou – la situation particulièrement problématique, conflictuelle, délétère du SPIP milieu ouvert de Nantes.

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 14:42

  82. Mon petit cœur d’honnête homme se serre quand je vous entends détruire en une phrase assassine tout ce que le soin que j’ai apporté à l’édification d’une renommée irréprochable m’a coûté pendant de si longues années d’efforts acharnés.

    (je ne garantis pas la syntaxe de cette affirmation, mais le fond y est)

    Vous savez que j’aurais pu être marié à la fille d’un pasteur luthérien? Sans aucune difficulté! Si, Madame! Je suis l’expression vivante d’un modèle matrimonial aujourd’hui tombé en désuétude: le gendre idéal!

    Et c’est à terre où je gis que vous me poignardez dans le dos. Les femmes sont perfides…

    Aliocha : « petit coeur d’honnête homme » ? Chic un double oxymore à triple piston inversé, j’ai toujours su que vous aviez un talent de styliste hors normes. Quant au gendre idéal, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness tout le monde croit l’avoir vu mais personne n’a la preuve de son existence. Dommage que vous terminiez sur une image d’épinal et un pléonasme. Allons, allons, Tschok, vous me reprenez la fin, on dirait du Maxime Chattam dans le texte. Vous êtes rouillé, mon ami.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 15:07

  83. @ Véronique,

    A propos de la pénurie, qui est à l’abondance ce que l’absence de vide est au néant, méditons ces profonde paroles de Soto Ki Khi, sages parmi les sages, paroles qu’il adressait à ses disciples dont les baguettes affamées grattaient, mais en vain, le fond de leurs bols de riz, vidés par la disette:

    « Kanyapu, yapu »

    En français: quand il n’y a plus, il n’y a plus.

    Mais au fait Véronique, avez vous lu les rapports des keufs et des pandores? Parce qu’il y a eu 4 rapport dans l’histoire.

    Saviez vous qu’un gendarme, peu avant le meurtre de Laetitia avait hélé le suspect et sorti son arme de service, mais ne l’avait pas interpelé?

    Je veux bien qu’on se mette à compter les trombones dans les bureaux du SPIP, mais encore faut il capter ces moments où le destin de la jeune femme s’est noué et voir ce qui a été loupé à ce moment là et pourquoi. Et cela ne s’est pas passé dans le bureau d’un conseillé de probation ou celui d’un JAP à 3 virgule quelque chose ETPT, mais sur le terrain.

    Par exemple, la caisse des pandores était elle équipée d’un terminal permettant d’interroger le FVV (fichier véhicule volé)?

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 15:20

  84. Chuis dérouillé oui!

    Aliocha : bon, je pose la cravache si vous abjurez votre croyance dans la Danette et les plaques à induction pour embrasser la vraie foi, à savoir la cuisine au gaz et le dessert bio au soja non transgénique parfum vanille ou chocolat.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 15:23

  85. No surrender but death!

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 15:38

  86. @ tschok

    Non, je n’ai pas lu. La Police m’intéresse nettement moins que la Justice. Pour dire les choses, j’aurais beaucoup aimé faire le métier de Jalmad. De là mon intérêt très prioritairement dirigé vers les métiers et les professionnels de la Justice.

    Et puis, la mise en cause présidentielle visait la Justice. Je pense que c’est mieux de se faire son propre jugement en s’efforçant de lire le rapport de l’inspection pénitentiaire.

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 16:10

  87. Véronique,

    Vous êtes une intello et vous êtes à côté de la plaque.

    Au moment où je vous écris ce com, le post d’Eolas affiche plus de 180 coms d’intellos qui, comme vous, ne s’intéressent pas à la police et ont a moitié compris que la mise en cause présidentielle visait la « chaine pénale » c’est à dire, puisque vous avez vraiment besoin d’une version sous titrée pour les mal comprenants:

    – La répression pure (l’action de police ou opération de police)
    – L’action judiciaire (essentiellement l’acte de condamner) qui concerne les magistrats (parquet et siège), lmais maintenant le JAP
    – L’après peine confiée à l’administration pénitentiaire, avec le JAP, et qui se voit confier à travers les SPIP une double, puis une triple mission, dont la dernière ne correspond pour l’instant qu’à un vœux, sans mettre des moyens en face:

    Première mission: prévenir la récidive. Si vous allez sur le site du ministère de la justice, vous verrez des documents internet consacrés au recrutement des conseillés qui exposent le profil recherché par l’institution. En gros, des gens souples dans le domaine de l’assistanat social en environnement de contrainte administrative forte.

    Deuxième mission: la probation. C’est à dire faire ses preuves. C’est à ce moment là que la société demande à l’un de ses membres de justifier des espoirs qu’on a placé en lui pour assurer sa « rédemption ». En droit, on dit « amendement ». Les gens du SPIP sont chargés de vérifier tout cela.

    A l’intérieur de ce compartiment de la probation, on a développé une fonction de « surveillance »: c’est là que se trouve toute ambiguïté du SPIP. Le fantasme: on lui demande de pister le « prédateur » pour le coincer avant qu’il mette sa queue dans le sexe de sa victime. La réalité: ils n’ont que des tampons encreurs avec horodatage en option.

    Pour l’instant, les 180 coms sous le billet d’Eolas reflètent cette douloureuse prise de conscience: un tampon encreur n’empêche pas la commission d’un crime. On en est là.

    Assez logiquement il y a donc eu deux rapports: le premier porte sur la « japerie », le second porte sur le SPIP.

    MAIS: à côté de cela il y a le terrain.

    Un délinquant vient rarement tout seul devant ses juges. Pour l’y amener il faut des keufs et des pandores.

    Deux autres rapports ont donc été rédigés. Vous ne vous y intéressez pas, intellos que vous êtes. La tête dans les grands principes et jamais les mains dans le cambouis.

    C’est dommage pour vous.

    Si vous saviez ce qu’est un capitaine, vous sauriez que c’est une faute majeure: un capitaine c’est quelqu’un qui, lorsqu’il se produit une merde sur son navire, une merde grave qui exige une action, commence par interroger les soutiers, les mecs qui sont sous la ligne de flottaison. Parce que s’il y a une merde grave sous la ligne de flottaison (les œuvres vives) et qu’il s’en fout et ne fait rien, c’est tout le navire qui coule.

    Alors, Véronique, vous allez me faire un grand plaisir, puisqu’il parait que j’ai fait votre conquête: vous allez mater ces deux putains de rapports et me dire ce que vous en pensez.

    Il y en a un pour la police et l’autre pour la gendarmerie. Ils sont tous les deux en ligne sur Le Monde.

    Et après, si vous voulez, on reparlera grands principes. Et on comptera les trombones de la main droite, avec l’index de la main gauche sur la ligne budgétaire correspondante pour voir si tout cela correspond aux besoins.

    Je compte sur vous. Vous êtes curieuse, déterminée et d’une intelligence patiente et pénétrante.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 17:40

  88. @Tschok : c’est intéressant ce concept de chaine pénale, ça me renvoie à la chaine de sécurité en matière financière. C’est incroyable, on vit dans un monde de chaines, y’en a partout, tout le monde raisonne en chaines. Problème, plus il y a de chaines, plus il y a de maillons, et donc de risques que ça pète. Et c’est d’autant plus fâcheux, que la chaine est justement censée nous protéger du risque. Par son existence même. Sur le mode :pus il y a de systèmes de sécurité en chaine, moins il y a de risque. A chaque crise financière, on renforce la solidité de tous les maillons qui ont défailli ou auraient pu défaillir. Et puis on en ajoute d’autres. Vachement solides. Et ça pète ailleurs. Il est peut-être temps d’arrêter de raisonner en termes de chaine, non ?

    Commentaire par laplumedaliocha — 18/02/2011 @ 17:51

  89. @ tshok

    Si vous pouviez mettre les liens des rapports police et gendarmerie. Je ne les trouve pas.

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 18:22

  90. Comme vous le verrez, le suspect est vraiment passé très près d’un interpellation dans un cas, et au moins d’une convoc au poste de police dans l’autre, sa dangerosité étant avérée ou soupçonnée dans l’un et l’autre cas, mais pas en tant que serial killer.

    Alors que les accusation portées contre la justice sont de mon point de vue sans objet et celles portées contre le SPIP assez illégitimes, les interrogations qu’on est en droit de diriger vers la police et la gendarmerie me semblent actuelles.

    Juste actuelles.

    Dans cette histoire, tout le problème vient des fantasmes (les nôtres, pas ceux du suspect, lui il en a pas: il passe à l’acte). Mais je vous laisse découvrir.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 18:57

  91. Aliocha,

    Vaste sujet. A part la chaîne il y a la théorie des ensembles. Ou les rézos. C’est des représentations mentales. Ca couvre les besoins courants.

    Qu’est ce qui vous turlupine dans l’histoire? La causalité?

    A ce sujet, vous avez le problème des trois corps de Poincaré.

    Aliocha : c’est plutôt la dilution des responsabilités qui me turlupine, chaque maillon comptant sur le reste de la chaine pour assurer une sécurité qu’il se sent incapable de garantir seul, au point de ne plus s’occuper du sujet même qui le concerne. Exemple typique : kerviel et le contrôle interne de la socgen. La hiérarchie comptait sur le contrôle interne qui comptait sur on se sait trop quoi. On connait le résultat. Sinon, les trois corps de Poincaré, c’est quoi ?

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 19:02

  92. @ tshock

    Merci pour le lien.

    eh bien, je dois dire que j’ai beaucoup moins mal à la tête que quand j’ai lu ( et relu) le rapport de l’inspection de l’administration pénitentiaire.

    C’est…succinct, tout se met en place d’un coup d’un seul. Au reste, on n’entend aucun des protagonistes de l’histoire.

    Première impression: l’entre soi et soi. Le brigadier de police qui ne transmet pas. Les gendarmes qui n’actent pas leurs procédures. Ils savent (depuis 2009) que TM a un comportement agressif et susceptible d’être dangereux , mais, pressés de se rendre sur demande d’ intervention initiale, ils ne l’interpellent pas.

    Là, pour reprendre la réponse précédente d’Aliocha, ce n’est pas le cas du figure du maillon qui compte vaguement sur le reste de la chaîne, mais le cas de figure du maillon, qui est son propre patron, en roue libre, qui ne compte que sur lui.

    Bref, comme pour le SPIP, mais où sont les capitaines ?

    Commentaire par Véronique — 18/02/2011 @ 19:56

  93. @ Véronique,

    Merci d’avoir fait cet effort. Vous avez sous vos yeux, selon moi, la clé. Enfin le début d’une clé, car ces deux rapports amènent des informations qui doivent être explorées (en droit, informées; si Jalmad me dit que la lecture de ces deux rapports la laisse de marbre, alors qu’elle soit condamnée pour l’éternité à vous contredire car elle le méritera!).

    Vous avez beaucoup moins mal à la tête? C’est bon signe: vous devenez intelligente et l’intelligence n’a jamais fait de mal à personne (en dépit du grand nombre de plaignants).

    Vous dites: « c’est succinct » Non, c’est concis. Eh! j’y peux rien! Un rapport de soutier ne raconte pas la vie des soutiers: il raconte la vie de la soute. C’est vite vu.

    Votre première impression: l’entre soi. Je vous fais confiance et je vous suis.

    Dans le rapport des gendarmes, le suspect est envisagé comme un danger pour sa famille, pas pour une tierce personne (pas pour Laeticia). Entre soi, donc.

    Dans le rapport de police, l’ex-compagne de Meilhon donne l’impression de porter plainte pour dégager sa responsabilité par rapport à son bailleur (elle veut visiblement lui donner un acte officiel pour se barrer de son appart sans respecter le préavis légal et retrouver un autre appart avec le même bailleur). Entre soi encore.

    Vous avez raison et vous marquez un point.

    Qu’est ce que vous avez pensé de la scène où les deux gendarmes sont au contact du suspect et où l’un des gendarmes sort de son étui son arme de service pour éventuellement s’en servir contre Meilhon, mais ne l’interpelle pas? Est ce que ça vous parait courant comme situation?

    Par exemple, je suis le shérif du village, vous êtes Bonnie (de chez and Clyde) je vous vois, je sors mon flingue mais rien ne se passe: vous, vous rebroussez chemin et moi, je vais faire un tour ailleurs. Mais je vous ai vue et j’ai mon flingue en main et vous êtes Bonnie et moi je suis le shérif et c’est clair dans votre esprit et le mien.

    Comment on le met dans le scénario, ça? Comment ça tient? Comment on se loupe tous les deux?

    En principe il y aurait dû y avoir un truc, là. Un échange de coups de feu, ou une interpellation pourquoi pas?

    Mais non, rien. RAS.

    Ca vous semble normal?

    Et l’aller retour? Les pandores descendent de leur caisse pour noter le numéro de plaque de la bagnole de Meilhon. Bon. Mais ensuite? Ils ont quoi eux mêmes dans leur caisse? Un terminal informatique (un écran avec des boutons)?

    Vous vous souvenez, quand un gendarme vous épingle, vous, c’est tout juste s’il est pas capable de vous dire le diamètre de votre propre trou du cul.

    Eh ben là, ça c’est pas passé çakom. Ils ont dû revenir au poste pour interroger le FVV, semble t-il. C’est du moins ce que je comprends.

    Con, hein? Leur Kangoo avait pas l’option « je communique avec le rézo »? Mais on n’en sait rien.

    Et si moi j’ai envie de savoir? Parce que le discours du monstre, du juge coupable et du Sarcaustique qui érode notre droit ça me casse les burnes, je fais comment?

    Allez Véronique, c’est le moment d’avoir une migraine.

    Vous avez dit que vous aimez le boulot de Jalmad? Eh ben allez-y.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 21:32

  94. Aliocha, ça m’étonne que vous me demandiez ça parce qu’une femme comme vous devrait instinctivement savoir ce que trois corps veulent dire.

    Un mari, un amant, un prêtre. Et à chaque fois une trahison.

    (et une plaque à induction qui, elle, ne faiblit pas)

    Je vous concède que Poincaré ne voulait pas exactement dire ça et j’avoue ma faiblesse: l’essentiel à retenir est que la chaîne causale ne marche plus selon le rôle qu’on lui assigne.

    Pour le reste, voyez des gens plus compétents que moi, sachant que faute d’en avoir tiré des leçons, nous avons longtemps cru par exemple que l’ADN était 100% déterminant, abstraction faite de l’inné ou de l’acquis, alors qu’en fait ça ne vaut rien.

    Je ne veux pas dire que l’ADN est ou n’est pas déterminant. Je veux dire que c’est une interaction, et qu’en l’état des connaissances, une partie de ses résultats sont prévisibles et une autre partie non. Et il est possible qu’une des deux parties interagisse sur l’autre dans une mesure qui peut être localement aberrante, voire totalement aberrante.

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 22:11

  95. Ah, Poincarré et le problème des trois corps – le « chaos déterministe »…

    A l’époque, la question posée -appelé problème des trois corps, ou problème des N corps – était la suivante: peut-on décrire et prédire les trajectoires de 3 corps célestes soumis à la force de l’attraction universelle. Autrement dit, un tel système est-il stable – et donc descriptible – ou non.

    Poincarré sera le premier à mettre le doigt sur la sensibilité du système aux conditions initiales. « Une variation minime dans la position initiale de la trajectoire peut modifier radicalement son comportement à long terme. Combiné avec le fait que les exposants caractéristiques, qui mesurent la vitesse asymptotique à laquelle les trajectoires se séparent, sont non nuls, le système dynamique peut réellement être décrit comme chaotique. » (source)

    Pour le dire autrement, c’est la sensibilité aux conditions initiales qui engendre des conséquences de nature chaotique dans un univers par conséquent à la fois déterministe et aléatoire.

    L’aléa et le déterminisme, articulés et imbriqués, exerçant leurs influences paradoxales sur le cosmos (lequel, pour compliquer un peu la donne, compte un peu plus de trois corps célestes, comme vous ne l’ignorez pas). Tout le problème est de tenir serré dans la main les extrémités de ces deux fils d’Ariane. Lâchez l’un des deux, et vous êtes perdue.

    Commentaire par Fantômette — 18/02/2011 @ 22:15

  96. Yes!

    Fantômette a raison.

    Et donc, conclusion de la théorie du chaos: pourquoi au début il y a un Dieu.

    Pourquoi au début des 4 rapports le mec s’appelle Tony Meilhon?

    On est tous censés l’avoir loupé. Mais non, son état civil lui a couru après, comme un chien enragé court après le facteur pour le mordre et lui dire: « tu t’appelles Tony Meilhon ».

    Pourquoi le mec qu’on est pas censé chercher, dès le début on connait son nom?

    C’est un pote à Ben Laden!

    Commentaire par tschok — 18/02/2011 @ 22:58

  97. @ tschok,

    Oui, la conclusion nous ramène au début de l’histoire, c’est-à-dire, l’arrestation, ou encore, les conditions initiales.

    Le déterminisme suinte des pages des rapports que vous avez mis en lien: TM devait être arrêté, à un moment ou à un autre. Les forces de police et de gendarmerie sont alertées, et attendent… disons, le bon moment. Et d’ailleurs, le suspect le sait également.

    L’aléa, c’est l’occasion, finalement.

    Commentaire par Fantômette — 18/02/2011 @ 23:24

  98. Une ligne droite tendue vers un crime.

    Une ligne rompue par des occasions que ne se sont pas présentées.

    Donc une ligne qui poursuit sa droite.

    Bof.

    Tout cela ne nous ramène à rien. Et c’est pour cela que les victimes gueulent: le bateau coule et elles ne voient rien venir.

    Sauf si…

    On reprend l’historique et on agit au moment voulu.

    Aliocha et vous, vous êtes très pessimistes et je n’ai pas compris pourquoi. Très différemment l’une de l’autre, mais en fin de compte, vous m’envoyez chier (ou bien alors cémoi?).

    Chez Eolas, il y a aussi Fassbinder (elle est terrible celle-là). Très pessimiste aussi, mais rusée (vous avez vu qu’elle a « testé » Jalmad? Un truc que ni vous, ni moi, ni même Tocquevil a osé faire? Et elle l’a fait direct).

    Enfin tout ça, c’est pas bien. Je ne suis pas d’accord avec ça.

    Mais d’un autre côté il y a une fantastique énergie vitale!

    Il suffit d’avoir les yeux en face des trous et de le voir! C’est un feu d’artifice d’intelligence, de sensibilité et de créativité comme on n’en a pas vu depuis ce qui a fait la gloire du XIXième siècle!

    Moi-même qui suis un illettré notoire (ne dites pas non, Fantômette, vous m’offrez des bouquins) je le vois.

    Non?

    Commentaire par tschok — 19/02/2011 @ 00:14

  99. @ tschok

     » Qu’est ce que vous avez pensé de la scène où les deux gendarmes sont au contact du suspect… »

    Eh bien je pense que cette séquence est parfaitement assortie aux séquences antérieures du film « Les Gendarmes de Coueron », genre je commence le boulot et je ne le finis pas, genre je prends la déposition d’une plainte mais je n’acte mes recherches, tout simplement parce qu’en fait de recherches, en réalité, il n’y en a pas eu –

    Ce n’est évidemment que mon intuition, mais elle rejoint celle des inspecteurs dans leurs conclusions « investigations réalisées qui n’ont pas été actées (…) laissant à penser que certaines recherches n’ont pas été réalisées « .

    La rencontre Meilhon-gendarmes du 10 décembre est fortuite. Ils ont fait un détour par rapport à leur mission initiale: ils viennent d’être alertés par la famille de TM. L’ordre l’objet de la mission n’est pas d’interpeller TN -il s’agit d’une mission de surveillance générale avec une intervention prioritaire prévue initialement dans le timing – intervention dont on ne sait rien d’un supposé caractère urgent ou non, important ou pas – .

    C’est le « on verra ça plus tard… ». En fait je pense que le véhicule des gendarmes possède l’ordinateur dont vous parlez, mais bon, c’est juste que ce n’est pas le moment dans le timing de la matinée d’interroger le fichier.

    A priori je dirais que c’est le fonctionnement bureaucratique qui prévaut avec la culture: j’en fais le juste assez.

    Le rapport parle de réactivité de la part des gendarmes, je pense que c’est totalement le contraire.

    Côté police, nous sommes le 26 décembre…C’est un peu comme les mois d’été au SPIP de Nantes…On gère une pénurie – au sens carence – de direction.

    Ce qui me surprend est le fait que le brigadier de police s’intéresse beaucoup à la vie du couple de TM et de sa compagne – rappel du stage de 2006, sans vouloir être méchante mais bon on pense immédiatement genre stage psycho à deux balles sur la vie conjugale ! -.

    Néanmoins, ce brigadier ne ne se pose pas la question de savoir qui est dans LE REEL ce TM ? Bref, on est chez Delarue ou chez Mireille Dumas. Un tout petit détour par un fichier aurait pu lui donner quelques indications…En septembre il a fait l’objet d’une alerte FIJAIS. Un dossier au sulet des recherches est transmis par la police…le 24 décembre.

    ps: je maintiens: ces rapports ne sont pas concis, ils sont particulièrement succincts

    Commentaire par Véronique — 19/02/2011 @ 07:59

  100. les 2 rapports m’intéressent évidemment. Pour être précise, je les avais cherché le jour où ils avaient été annoncés avec ce seul commentaire dans les media « pas de faute des policiers et gendarmes », et ne les avais pas trouvés. Cela m’avait même hyper énervé. je suis donc bien aise de pouvoir aller les lire grâce à vous Tschok. La flemme, là, mais ci-mer, j’y reviendra plus tard.

    ps à Veronique : tous les véhicules de police et gendarmerie ne sont pas équipés d’un terminal en état de fonctionnement, c’est une réalité. De même qu’une certaine culture du « je vérifie à la gueule du client et si j’estime en avoir le temps » existe aussi certainement. Mais si les gendarmes se cassent à vérifier une fois rentrés au poste, c’est plutôt à mon sens qu’on était dans le cas de figure n° 1. Mais bon, c’est sans garantie.

    Commentaire par Jalmad — 19/02/2011 @ 09:49

  101. Mais, tschok, je ne parle pas d’une ligne droit tendue vers le crime, mais tendue vers l’arrestation au contraire.

    Commentaire par Fantômette — 19/02/2011 @ 10:24

  102. @ Jalmad

    Il me semble que dans le cas de figure d’un rapport effectué suite à une affaire au retentissement médiatique et politique que nous savons, l’histoire du terminal est très loin d’être anecdotique. Si le véhicule n’avait pas été équipé d’un terminal ou si le terminal n’avait pas été en état de fonctionnement, il me semble que cela aurait été mentionné dans le rapport. Concernant la question du terminal rien dans le rapport et d’une interrogation éventuelle d’un fichier.

    Et puis, au fond, le gendarme a-t-il vraiment besoin d’interroger le terminal ? Il est dit que l’un des gendarmes est particulièrement au fait du profil agresssif, voire dangereux de TM: il sort son arme, il identifie TM de suite.

    Non, je pense que l’interpellation ne rentre simplement pas dans les rails de l’emploi du temps prévu pour la matinée.

    Commentaire par Véronique — 19/02/2011 @ 10:32

  103. @ Véronique

    Les gendarmes partaient en intervention.

    Or, ils font un détour pour vérifier les informations qu’ils venaient de recevoir de la part de la famille de TM, qui leur indique apparemment que TM circule dans un véhicule qu’ils croient volé, et qu’ils savent avec qui TM traine actuellement, le dénommé Cyril, défavorablement connu pour ILS. Ensuite, soit le Cyril en question est suffisamment connu pour que les gendarmes savent où le trouver, soit, ce qui me semble plus probable, la famille de TM leur a également fourni l’adresse en question.

    Et les gendarmes y vont de suite. Et déjà ça, ça me semble significatif.

    En fait, c’est assez drôle, mais ce que ces deux rapports font, c’est exactement le contraire de ce que font généralement les forces de police ou de gendarmerie avec la technique du faisceau de présomptions.

    Au lieu d’assembler les présomptions, ils les isolent. Et c’est en les isolant qu’ils dissimulent les hiatus et les dysfonctionnements, car ils n’apparaissent que lorsqu’on fait un travail de juxtaposition.

    On peut s’en rendre compte en comparant les deux rapports, par exemple, qui n’offrent pas du tout la même vision d’un même homme.

    Dans le rapport de l’IGPN, on vous dit que la fréquence annuelle retenue par le PR pour la vérification du FIJAIS ne dénotait pas que l’on se trouvait ici en présence d’un individu signalé comme particulièrement dangereux, d’une part, et d’autre part, que TM n’était pas connu localement par les forces de police pour présenter un tel profil.

    Dans le rapport de l’IGGN, on vous dit exactement l’inverse: « il convient d’insister sur la très bonne connaissance de la problématique posée par TM par la majorité des militaires de la brigade territoriale du Coueron. Sa dérive délinquante et son comportement de plus en plus dangereux était connu de ces derniers. Lors des mises en cause de l’intéressé dans les procédures évoquées supra, les militaires ont toujours tenté de le localiser. La réactivité de la patrouille du 10 décembre 2010 et les nombreuses investigations réalisées postérieurement… s’inscrivent pleinement dans cette volonté d’interpeler TM »

    Il y a aussi l’alerte interpersonnelle lancée le 23 décembre par la gendarmerie, restée inconnue de la PJ qui reçoit la plainte de l’ex-petite amie de TM le lendemain.

    Et ensuite, même au sein d’un même rapport, les discordances s’entendent lorsque vous interrogez les faits en rapport les uns avec les autres. Par exemple, dans le rapport de l’IGPN, vous comprenez que l’APJ qui reçoit la plainte de la concubine n’est pas alertée sur une particulière dangerosité de TM, parce qu’elle va interpréter la démarche de la plaignante dans une autre perspective que celle qui serait d’obtenir une arrestation et/ou des dommages intérêts. Pour en avoir le coeur net, il faudrait avoir la copie du dépôt de plainte, mais au vu de ce qui est rapporté de cette plainte, je ne blâmerais pas l’APJ sur ce point, d’ailleurs.

    (Par contre, j’ai été surprise d’apprendre que cette plainte n’avait pas été transmise à l’OPJ (?) C’est du classement en opportunité carrément opéré par les APJ oukoi? Ou alors c’est une plainte qui a été transformée en une sorte de main-courante de fait?)

    Mais le vrai problème est plutôt qu’à cette date-là, on cherche à connaître la résidence de TM, et cette femme vient de la lui apporter, ou en tout cas, lui apporte sa dernière adresse connue puisqu’elle vient de le mettre à la porte. C’est le paragraphe du dessus dans le rapport, mais à aucun moment le rédacteur ne fait le lien.

    J’ignore si l’on peut parler de fautes des intervenants au vu de ces rapports. Ça ne me semble pas évident en première lecture. Mais ce qui me semble déjà nettement plus évident, c’est que l’éclatement des efforts des uns et des autres, la fragmentation des services, des fichiers même (les gendarmes vont interroger cinq ou six fichiers, et TM ne semble être sur aucun d’entre eux), perturbe la lecture correcte de la situation.

    Un autre élément, dans le rapport de l’IGGN est tout de même frappant: il y est écrit à peu près clairement qu’à compter du 4 janvier, on se prépare à arrêter TM, et on attend simplement le bon moment pour le faire. C’est quinze jours avant la disparition de Laetitia. Mais le rapport s’arrête là. C’est un peu étrange pour le coup.

    Par contre, au vu de ces éléments, il n’est pas surprenant que TM, lié à la victime, ait fait figure de suspect idéal à la fois aux yeux de sa famille, et aux yeux des gendarmes. J’ignore ce qu’on finira ou non par lui imputer, mais la logique de cette arrestation me laisse tout de même songeuse.

    Commentaire par Fantômette — 19/02/2011 @ 11:46

  104. @ Fantômette

    Il y a un choix de verbe intéressant dans la conclusion (IPGN) de ce qui n’est jamais qu’une mission d’évaluation :

     » Les procèdures judiciaires établies par les militaires de la brigade autonome de Coueron ne REFLETENT aucine carence en terme d’investigations  »

    On reste à la surface des choses.

    Mon étonnement est le fait que les contrôleurs se soient contentés de rester à la surface des choses et des événements.

    Le manque total de coordination entre la police et la gendarmerie est dévastateur, et semble sans réelle importance ou incidence aux yeux des contrôleurs.

    Concernant la police, le brigadier en question verse dans la posture psy. J’y lis une forme de complaisance pour les histoires de couple que rapporte la compagne de TM.

    Peut-être que les consignes vont dans ce sens concernant les violences conjugales. Faire le psy. Mais bon, ce qui me paraît étrange dans cet entretien est le fait que la compagne , à mon avis, à forcément mentionné que son compagnon était sorti de prison depuis février.

    Comme vous le dites, la police recherche TM. On apprend également que la gendarmerie a transmis en novembre à la police de Nantes une procédure d’enquête préliminaire (P. 22 – paragraphe 22) du rapport de l’IPGN.

    Le goût du brigadier pour la psychologie a été lourd de conséquences.

    Commentaire par Véronique — 19/02/2011 @ 13:21

  105. @ Véronique,

    J’ignore si ça va vous choquer ou non, mais je ne suis pas convaincue que l’APJ a fait une mauvaise appréciation de la plainte déposée devant elle.

    Cette femme vient porter plainte, initialement, pour des faits de violences et menaces. Nous somme dans le cadre de violences entre concubins, mais l’urgence de la situation a été directement été prise en charge par la plaignante, qui a fichu son compagnon à la porte, et changé les serrures. Elle vient porter plainte parce qu’elle a besoin d’un récépissé à fournir à son bailleur. Elle décline l’invitation à se rendre aux unités médico-judiciaires qui permettrait d’établir la réalité et la mesure de son éventuel préjudice.

    Elle ne va évoquer des faits d’agression sexuelle qu’en toute fin d’audition, comme en y pensant après coup, et si la plainte a été faite dans les termes qui figurent au rapport, l’infraction de viol me semble difficile à caractériser. On est dans une zone floue, où il est difficile de distinguer l’absence de consentement au rapport sexuel de l’absence d’envie du rapport sexuel (pour reprendre une distinction faite par un commentateur chez Eolas). D’après ce que dit la plaignante, elle ne voulait pas avoir de rapport sexuel, son ami voulait, elle a choisi de se laisser faire passivement pour ne pas réveiller le petit qui dormait à côté. Toujours d’après ce qui est rapporté, il ne semble y avoir eu aucune violence ni surprise, la contrainte ou la menace, en l’état, ne semblent pas d’avantage caractérisés. Le tout dans le contexte d’une séparation un peu houleuse, et avec une plaignante qui refuse l’examen médical, mais insiste plusieurs fois pour avoir immédiatement un récépissé qu’elle doit fournir à son bailleur, l’APJ n’est pas en mesure – à partir de ces seuls éléments – d’identifier dans la personne de TM une personne dangereuse.

    Mais effectivement, il en aurait été différemment si l’APJ avait eu connaissance, soit du fait que TM vient d’être inscrit sur le FPR, soit qu’il fait l’objet d’une procédure de flagrance pour recel, et qu’il est même surveillé comme le lait sur le feu par les gendarmes.

    Les limites des rapports sont nombreuses, mais l’une d’elle me frappe tout particulièrement, et elle tient dans l’objectif des rapports, qui consiste à se poser la seule question de savoir s’il y a eu faute, si oui, laquelle et par qui a-t-elle été commise. Au lieu de chercher à comprendre ce qui s’était passé (comment les conditions initiales et leur mise en mouvement a laissé le crime se produire), il a fallu se pencher sur la question de savoir qui avait éventuellement commis une faute.

    Typiquement, ce type d’objectif (chercher pour savoir qui punir) produit soit du bruit, soit du silence, soit les deux.

    Les rapports concernant la japperie et les SPIP ont produit beaucoup de bruit, en ce sens où les rédacteurs ont exagérément grossi certains éléments de faits extrêmement peu pertinents (comme l’erreur de notification initiale du délai de mise à l’épreuve), se sont appesantis sur des détails fastidieux et inutiles, des descriptifs abscons, le tout tournant à peu près en eau de boudin.

    Les rapports concernant les services de la PJ et de la gendarmerie ont essentiellement produit du silence, en laissant totalement de côté ce qui aurait éclairé le faisceau de micro-dysfonctionnements ayant concouru à la production de la catastrophe.

    Commentaire par Fantômette — 19/02/2011 @ 19:27

  106. @ Fantômette

    J’ignore d’une façon précise la différence entre une plainte et une main courante. Toujours est-il que le choix du format adopté par le brigadier s’appelle  » plainte pour menaces et agressions sexuelles « .

    Je suis bien consciente du fait qu’il est très facile d’incriminer après coup, sachant ce que l’on sait aujourd’hui.

    En même temps, et vous-même le signalez dans votre post 107, la suite donnée à cette plainte sera égale à zéro puisque le brigadier ne transmet pas à un officier de police la plainte, la réduisant ainsi à une sorte de main courante.

    Je suis surprise de l’écart existant entre la dénomination de la plainte, dénomination destinée, j’imagine, à déclencher une enquête et des recherches, et le sort qui lui sera réservé par la suite .

    Franchement, vous ne trouvez pas que ça fait un peu beaucoup tous ces professionnels qui prennent la décision de faire de la rétention d’informations une pratique professionnelle courante et admise, qui n’apprécient les choses qu’entre eux et eux.

    C’est le CIP du milieu fermé de Nantes qui ne juge pas utile d’assurer une liaison avec le milieu ouvert, c’est le milieu ouvert qui placardise des dossiers en attendant la rentrée des congés d’été, c’est le directeur du SPIP de Nantes qui quitte son poste en trois semaines, sans rien transmettre à son adjointe, ce sont les gendarmes qui enregistrent des plaintes mais bon, ne jugent utiles d’acter leurs recherches – difficile d’acter quand aucune recherche, en réalité, n’a été faite – , c’est le brigadier de police qui décide que les mots menaces et agressions sexuelles, bah, au fond c’est juste parce qu’il faut écrire quelque chose, parce que la plaignante, en fait, elle n’est venue que pour obtenir un papier à présenter à son bailleur ?

    L’impression qui domine, le langage courant la traduirait ainsi : chacun des protagonistes de cette infiniment triste histoire dont la conclusion aboutit à une tragédie est « maître compagnon ».

    Et je ne vous parle même pas des courroies de transmission police / gendarmerie ou inversement, totalement inopérants.

    Mettez bout à bout tous ces manquements et carences, et je pense qu’on peut avoir une idée assez juste de l’état de solidité et de fiabilité de ce qu’il est convenu d’appeler la chaîne pénale de notre pays.

    Commentaire par Véronique — 20/02/2011 @ 06:28

  107. @ Véronique,

    « vous ne trouvez pas que ça fait un peu beaucoup tous ces professionnels qui prennent la décision de faire de la rétention d’informations une pratique professionnelle courante et admise, qui n’apprécient les choses qu’entre eux et eux. »

    Là où je crois que vous vous plantez, c’est lorsque vous songez à l’enchainement des évènements comme le fait de « décisions ». Je ne crois pas, à proprement parler, que ces professionnels « prennent la décision » de faire de la rétention d’informations – pas plus que je ne crois qu’il s’agisse là d’une rétention à proprement parler, au sens où il y aurait volonté de dissimuler quoi que ce soit. Tout ce fonctionnement est connu, et en tout état de cause probablement visible.

    Par exemple, vous dites que l’AJP a fait de la rétention d’information en omettant de faire part de cette plainte à l’OPJ, mais en même temps, la plainte a été enregistrée, donc, elle est sur les registres. Aucun OPJ n’a donc été de lui-même se renseigner sur l’activité du commissariat pendant que l’AJP avait été de permanence. Cela se fait-il ou non? Comment cela fonctionne-t-il? Comment ça se passe concrètement? On ne le sait pas, parce que les rapports ne permettent pas de le savoir.

    Vous me demandez si « ça ne fait pas beaucoup », toutes ces personnes qui gèrent leur activité avec une autonomie que leur statut et/ou leur mission ne leur permet normalement pas.

    En fait, je ne me pose pas cette question-là. Je constate la mise en plaque de ces pratiques – acceptées et répandues (sinon, on peut supposer que ces 2 rapports n’auraient pas été les mêmes) – et je me dis qu’elles correspondent donc à peu près forcément à une nécessité; elles répondent à un besoin.

    Autrement dit, ce que vous décrivez comme un problème, est au contraire, du point de vue des personnes concernées, une solution. Peut-être bien mauvaise (probablement même). Mais une mauvaise solution reste une solution. Se contenter de dire vaguement (comme le fait le rapport de l’IGPN), qu’il faudra rappeler aux APJ qu’ils ne sont pas sensés procéder de cette façon, c’est supprimer la solution, sans s’être donné la peine de repérer le problème. Je dirais qu’il n’y a donc presque aucune chance pour que cela modifie les comportements en profondeur, ou sur le long terme.

    Commentaire par Fantômette — 20/02/2011 @ 18:35

  108. @ Fantômette

    Je suis d’accord pour dire que ma phrase  » ces professionnels qui prennent la décision de faire de la rétention d’informations  » ne convient pas et qu’elle est impropre pour décrire la situation.

    Je partage également votre avis quand vous écrivez que de la part de la hiérarchie policière se contenter de rappeler qu’il convient de ne pas procèder de cette façon n’apporte aucune solution.

     » je me dis qu’elles correspondent donc à peu près forcément à une nécessité; elles répondent à un besoin. »

    Ma question est sans doute assez sommaire, mais au fond je me demande quelles sont alors la nécessité et le besoin de maintenir des directions et des adjoints là, des colonels ici ou des officiers de police judiciaire là-bas.

    Commentaire par Véronique — 21/02/2011 @ 05:07

  109. Honnêtement, parfois, vous m’effrayez Véronique.

    Pas de place en marge de la règle, jamais. Du solide, du sûr, de l’assumé. Le directeur ne fait pas que diriger – il gouverne, il régente, il est partout. On lui rapporte, il sait. Il dicte, on exécute. Et s’il n’est pas capable de « remplir » sa mission, comme l’air remplit le volume d’une pièce, c’est qu’il ne sert à rien.

    Vous me faites penser à ce mot, de je ne sais plus qui, dont je raffole: « vous connaissez la différence entre la théorie et la pratique? Eh bien, en théorie, il n’y en a aucune, mais en pratique, elle est énorme ».

    Commentaire par Fantômette — 21/02/2011 @ 19:44

  110. @ Fantômette

    Extrait de:

    http://www.marianne2.fr/Pornic-une-mauvaise-cooperation-police-gendarmerie_a202924.html:

     » En mai et août 2010, L M, frère de, et sa femme porteront plainte par trois fois contre lui auprès de la police nantaise pour des menaces de mort et des dégradations sur leur domicile (…)  »

     » En septembre, une nouvelle plainte est déposée auprès de la police nantaise. Une amie de Céline, l’ex-compagne de TM, l’accusait d’avoir brûlé sa voiture. En octobre, elle redéposera plainte pour un pneu crevé. Les policiers tenteront alors de localiser TM via son portable afin de l’entendre. En vain. Le 23 décembre, l’ex-compagne de TM est entendue par la police et apprend aux policiers nantais qu’elle vit avec actuellement avec l’intéressé  »

    D’accord Fantômette, dans un monde idéal, celui de la théorie, celui que vous me reprochez, les morceaux s’ajustent trop bien les uns aux autres.
    Cependant, avez-vous une explication pour m’éclairer sur le fait que dans votre monde réel, celui où les règles, somme toute, ne sont que virtuelles, une pure convention, et leur respect sans réelle conséquence, ni incidence, pouvez-vous m’expliquer pourquoi ces séquences sont totalement ignorées dans par exemple dans l’analyse de l’IGPN censée établir:

     » l’analyse la plus objective et la moins contestable des mesures et des choix opérés par les policiers de la direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique, dans le traitement des procédures judiciaires mettant en cause TM  » (introduction IGPN)

    Pourquoi les inspecteurs ne prennent-ils en compte que les procédures judiciaires qu’à partir du 26 décembre ?

     » vous m’effrayez Véronique  »

    Je ne pense pas que mes questions soient effrayantes. Je vais vous dire, Fantômette, imaginons que je sois poursuivie pour tel ou tel délit ou crime, eh bien, je serais effrayée si vous, mon avocate, vous me disiez, mais Véronique acceptez de la part de ce qui vous accusent et qui vous poursuivent que, compte tenu des nécessités et des besoins des services, bah, dans notre réalité policière et judiciaire, la règle souffre toutes les marges.

    Commentaire par Véronique — 22/02/2011 @ 05:29

  111. @ Véronique,

    Ce qui m’effraye, ce n’est pas le fait que, dans ce cas précis, vous trouviez le décalage déconnant. Il l’est, je n’ai jamais dit l’inverse. C’est le fait que vous sembliez trouver tout décalage théorie/pratique, par définition, en soi, déconnant, au point d’écrire quelque chose comme: « si c’est comme ça, on se demande à quoi ça sert d’avoir des directions ».

    Le problème, que je vous l’indiquais plus haut, mais peut-être trop superficiellement, me semble venir précisément d’une « culture » de la punition (le terme n’est peut-être pas le meilleur, mais je n’en trouve pas d’autres), par opposition à une culture de la compréhension.

    (Si vous n’avez jamais rien lu de Christian Morel, je vous le recommande. Les Décisions Absurdes. Il publie régulièrement des articles, et s’apprête à sortir un nouveau livre, précisément sur ces questions.)

    On a magnifiquement vu jouer le phénomène dans l’affaire du Pornic, évidemment.

    Il « faut bien » chercher les responsables, il « faut bien » condamner les coupables. Bref, il « faut bien » punir ceux par qui l’erreur a été commise, ou à défaut, ceux par qui elle n’a pas été évitée.

    Toute catastrophe, surtout médiatisée, emporte immédiatement cette réaction, le plus souvent avant même que l’on ait compris ce qui s’était passé. Tel crash, tel scandale médical, environnemental, financier… Le public, emporté par une empathie passionnée (et encombrante) pour les victimes, fait sienne leur douleur et leur colère. Il les répercute – oubliant au passage que ce rôle ne lui revient pas, et qu’il ne saurait contribuer à apaiser des sentiments qu’au contraire, il ne peut qu’amplifier.

    La justice, d’ailleurs, est plus souvent l’instrument que la victime de cette logique, évidemment. Gardes à vue, mises en examen, qui entrainent ou accompagnent les limogeages des personnes concernées, et leur désignation à l’attention d’une opinion publique hostile…

    Mais cette culture s’exerce généralement aux dépens d’une autre approche, moins focalisée sur un objectif restreint (chercher les responsables).

    De nombreuses organisations, depuis longtemps, et notamment celles qui travaillent dans des domaines à haut risque (nucléaire, aviation civile ou militaire) ont adopté une démarche résolument inverse.

    Ces organisations, qui sont celles où les conséquences d’une erreur sont les plus dramatiques, sont également celles qui les punissent les moins. Étonnant, non? Et ces politiques s’avèrent bien plus efficaces à prévenir la réitération de telles erreurs que les politiques répressives qui ont pu les précéder.

    Un exemple, donné par Morel, justement: En 1974, aux États-Unis, un crash d’avion fut évité de justesse. L’avion était sorti de sa route, et s’approchait de l’aéroport. La tour de contrôle lui délivra le feu vert pour atterrir, ce que les pilotes interprétèrent comme signifiant que tout allait bien. Or, pour les contrôleurs aériens, qui avaient noté que l’avion était sorti de son couloir, mais supposaient que cette sortie de route était voulue et relevait par conséquent de la seule responsabilité de l’équipage, cela signifiait simplement que la piste était dégagée. L’avion volait en réalité beaucoup trop bas, et il manqua de peu de se crasher sur une colline.

    La compagnie en question a fait passer le message à l’ensemble de ses pilotes qu’un message « cleared for approach » concernait uniquement la question de l’accès à la piste d’atterrissage, mais pas la route suivie par l’appareil dès lors que celui-ci s’en était écarté. Elle s’est cependant bien gardée d’en avertir la FAA (Federal Aviation Administration), qui aurait vraisemblablement pris la décision de retirer sa licence aux pilotes concernés (culture de la punition).

    Six semaines plus tard, un avion d’une autre compagnie n’eut pas la chance du précédent. Également sorti de son couloir, la même autorisation d’atterrir lui fut délivrée, dans les mêmes termes. Le pilote commis la même erreur d’interprétation que le précédent, mais n’évita pas la colline. Crash.

    C’est à cette époque que la FAA a changé de politique, et décidé d’accorder l’immunité aux rapports d’erreur. Une structure chargée de recueillir les rapports d’erreurs fut créée, dont la gestion fut confiée à la NASA. On répertorie plus de 4000 rapports de ce type depuis la création de cette organisation.

    Je pense que vous devez être tentée de voir, dans l’approche précédente, une défaillance de la direction. La règle était claire: une sortie de route, et vous perdiez votre licence. Le problème est que la prévalence d’une culture de la punition va générer un dévoiement de la mission de direction, qui va chercher à contourner (ou couvrir les contournements) la règle dont l’application trop stricte génère des injustices (comme ici) ou s’avère en pratique inapplicables (gérer des recrudescences d’activité dans des contextes de pénurie de personnel et de moyens).

    L’un des principaux intérêts de cette politique de non-répression est qu’elle permet d’accroitre considérablement le volume d’informations récoltée sur le fonctionnement d’un système, d’une technologie, d’une organisation… en pointant du doigt tel risque d’erreur, de dysfonctionnement, ou d’accident. Elle est donc associée à une politique de particulière vigilance vis-à-vis de tout incident, même mineur, qui permet d’éviter aux organismes, institutions, systèmes… de développer des pratiques opaques, qui génèrent elles-mêmes des dynamiques obsidionales.

    Ce qui devient répréhensible, le cas échéant, ce n’est pas le fait d’avoir commis une erreur, mais de ne pas la rapporter. Comme l’écrit Christian Morel, il s’agit là de l’inverse de la formule juridique bien connue de tous les amateurs de série américaine: « Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous » est remplacé par « Rien de ce que vous direz ne pourra être retenu contre vous, mais vous devez parler ».

    Cette politique est particulièrement adaptée aux situations complexes, dans lesquelles les conséquences néfastes, voire catastrophiques, que l’on cherche à éviter auront résulté de causalités multiples, d’actions et de rétroactions, tout en arborescence.

    Y farfouiller à la recherche de l’agent causal premier, ou prépondérant, sera au mieux vain, et au pire, pervers, parce qu’il empêchera – peut-être définitivement – de comprendre ce qui s’est passé, et comment ça s’est vraiment passé.

    On ne cherche pas à punir comme on cherche à comprendre. On ne mobilise ni les mêmes ressources, ni les mêmes outils, ni les mêmes logiques. C’est la raison pour laquelle j’écrivais plus haut que les rapports établis dans cette affaire avaient particulièrement bien illustrés les limites de cette logique, en nous fournissant des documents, certes intéressants, mais incomplets, ayant généré, dans un cas, beaucoup de bruit (on dispose d’élément peu pertinents pour comprendre ce qui peut être amélioré pour limiter le risque qu’une telle affaire ne se reproduise), et dans l’autre cas, beaucoup de silence (on n’a pas tous les éléments en main pour se faire une idée de ce qui a rendu possible, à la fois, un tel encerclement judiciaire de TM, et malgré cela, le retard dans son arrestation).

    Selon que, dans tel ou tel système, vous chercherez à renchérir une culture de la punition plutôt qu’une culture, disons, de la vigilance et de l’analyse, vous ne mettrez pas en place les mêmes logiques de direction, non plus.

    Commentaire par Fantômette — 22/02/2011 @ 12:05

  112. Bonjour Véronique,

    De la rétention d’informations, dites-vous?

    Là, je crois que vous commettez une erreur d’analyse: ce n’est pas parce que l’info ne circule pas qu’il y a rétention. L’absence de fluidité dans la circulation de l’information peut avoir bien d’autres causes.

    Le problème de la gendarmerie est qu’elle a raisonné sur un modèle de dangerosité qui s’est révélé erroné: le mauvais garçon qui est agressif à l’égard des membres de sa famille, mais qu’il suffit de surveiller régulièrement en attendant qu’il retombe parce qu’il s’est inscrit dans une trajectoire qui reste délinquante. Les gendarmes semblaient donc redouter des violences contre sa famille, pas contre une tierce personne.

    Cette prévision n’a pas été tout à fait exacte: l’agresseur connaissait sa victime, certes, mais elle ne faisait pas partie de sa famille.

    Cependant, on peut dire que le modèle intellectuel des gendarmes s’est révélé le plus proche de ce qui est devenu une réalité et vous remarquerez qu’il n’y a pas de secret: les gendarmes avaient une approche personnelle du bonhomme (les déplacements sur le terrain, les rencontres avec la famille, etc).

    Le problème de la police est différent:elle a été induite en erreur par la plainte de l’ex-compagne d’une part, et d’autre part, elle a conduit son travail administratif de façon impersonnelle, en traitant normalement le dossier du justiciable Meilhon qui ne remplissait pas les obligations mises à sa charge en ce qui concerne son adresse, alors que les plaintes s’accumulaient.

    La plainte de l’ex-compagne aurait pu faire comprendre à la police qu’il fallait passer en vitesse supérieure, malheureusement la plaignante a relativisé elle-même la gravité des faits et la police a poursuivi l’instruction du dossier Meilhon, qui a continué son petit bonhomme de chemin pour arriver au point où il a été inscrit au FPR le 4 janvier. Et pour le reste, un récépissé de plainte a été remise à l’ex-compagne pour ses démarches auprès de son bailleur. Mais on comprend entre les lignes que l’APJ qui a reçu la plainte était prête à fouiller, si nécessaire, et qu’elle ne la pas fait parce que la plaignante ne lui a pas donné une impression de danger (dans son intervouive au Parisien, en revanche, elle a bien forcé la dose sur ce plan-là, mais pour une raison qui se comprend très bien).

    Et pour la police le type n’avait pas de dangerosité. Modèle intellectuel qui s’est révélé par la suite très éloigné de la réalité.

    Vous avez donc deux modèles intellectuels: l’un était très proche de la réalité, mais à une nuance près il est passé à côté du truc. L’autre était très éloigné, mais une nuance près il a failli se remettre dans le truc. Les fonctionnaires des deux services avaient à peu près les mêmes infos, sauf ce qu’ils avaient dans la tête. Mais si fin décembre on avait organisé une table ronde policiers/gendarmes avec pour ordre du jour Tony Meilhon, je ne suis même pas sûr que ça aurait changé l’approche globale.

    Pour moi, la rétention d’infos n’a rien à voir là-dedans (c’est un acte volontaire en général). Mais vous, qu’est ce qui vous fait croire à cela?

    Rétrospectivement, je crois qu’on a tous une impression: ce type était comme une grenade dégoupillée prête à exploser. Le pire, c’est que ce genre de bonhomme n’est pas si difficile que ça à désamorcer. On a donc l’impression amère d’une occasion manquée. Oui, mais le problème, c’est que des grenades comme lui, il y en a un paquet en circulation et il faut savoir ce qu’on demande aux forces de l’ordre: se disperser dans une politique répressive du zéro tolérance qui est une forme moderne de saupoudrage (vous savez, le truc qui nous a fait perdre la guerre de 40)? Ou se concentrer sur ce qui, à un endroit donné et un moment donné, est une source de troubles graves à l’ordre public?

    Alors, faut-il tout faire, partout et tout le temps, ou se concentrer sur une cible?

    Et dans cette question, il y a celle de l’initiative individuelle: quelle est la part d’initiative individuelle qu’on laisse aux agents de l’Etat? Et dans cette question il y en a une autre: le système mobilise-t-il ses agents ou les démobilise-t-il? Les agents vont ils être obligés de surperformer le système pour éviter les catastrophes et si oui, comment on les récompense en cas de succès et comment on les punit en cas d’erreur?

    Commentaire par tschok — 22/02/2011 @ 12:56

  113. Et vous savez ce que je crois? Je crois que les lapins nains, il les avait donné à bouffer à son boa constrictor.

    Commentaire par Fantômette — 22/02/2011 @ 19:29

  114. Ah? Vous voyez les petits corps de lapins nains, en train de gémir dans le boa?

    C’est triste, hein?

    D’ailleurs, ne dit on pas: ah que c’est triste le son du corps au fond du boa?

    (oui, je sais, elle est nulle, mais j’ai pas fait polytechnique)

    Commentaire par tschok — 23/02/2011 @ 00:07

  115. @ Fantômette

    Je ne suis pas dans cette logique de la faute et du responsable à punir.

    « si c’est comme ça, on se demande à quoi ça sert d’avoir des directions ».

    Mais évidemment !

    Vous avez des services on ne peut plus hiérarchisés. J’imagine que ces hiérarchies – en surabondance – sont particulièrement tatillonnes, caporales, « contrôlantes » à l’excès mais… pour des détails.

    Quand il s’agit de demander une information ou de construire une information fiable, par exemple un état des lieux précis et détaillé (cf. mise au placard des dossiers au SPIP de Nantes), les choses restent dans le vague et l’imprécision.

    Il faut attendre l’audit du printemps 2010 pour qu’un état précis des dossiers mis entre parenthèses soit établi. Je ne dis pas que les agents du terrain pouvaient consacrer du temps à cet inventaire et qui reste tout de même un élément déterminant pour une prise de décisions. En revanche, les directions pouvaient parfaitement déléguer un de leurs cadres à cette mission.

    Vous avez raison de souligner que le seul objectif des rapports est évidemment celui de dédouaner de ce qui pourrait être reproché.

    Je comprends bien la philosophie de l’immunité accordée aux rapports d’erreurs. Cependant, je pense cet état d’esprit – comprendre ce qui s’est passé – ne peut être instauré que si vous avez des inspecteurs-contrôleurs indépendants et désenclavés des intérêts des compagnies aériennes. Ce qui est très loin d’être le cas en ce qui concerne les inspections dont nous parlons.

    @ tschok

    Dans mon échange avec Fantômette, j’ai admis sans aucune difficulté que l’expression  » rétention d’informations  » ne convenait pas et était impropre pour décrire la situation.

     » Vous avez donc deux modèles intellectuels: l’un était très proche de la réalité, mais à une nuance près il est passé à côté du truc. L’autre était très éloigné, mais une nuance près il a failli se remettre dans le truc.  »

    Géographiquement, Couëron se situe à… 11 km de Nantes. Je le précise cela car permet de se rendre compte de l’effet dévastateur de la compartimentation des services de police et de gendarmerie.

    Si j’en crois la presse, le rapprochement est à l’étude depuis 2003 et avait été annoncé comme effectif en 2008. En même temps, l’intérêt n’est sans doute pas de confondre la police et la gendarmerie: deux analyses – même différentes, surtout différentes – d’une situation valent mieux qu’une.

    Ce qui est totalement invraisemblable, c’est visiblement à travers cette affaire, l’incapacité d’avoir su mettre des en place des outils performants de partage d’informations et d’avoir su initier une réelle volonté de part et d’autre de partage des informations.

    Vous parliez de Polytechnique avec Fantômette… Si on considère l’armada de crânes qui a du plancher depuis 2003 sur l’illusoire rapprochement Gendarmerie-Police, je suis sidérée du fait que pour des applications concrètes comme la transmission d’informations soit, les choses soient restées dans l’état que nous lisons à travers ces rapports.

    A pleurer.

    Commentaire par Véronique — 23/02/2011 @ 06:07

  116. Séchez vos larmes belle Véronique (ne faites pas attention, c’est la faute à Aliocha).

    Trop d’informations tue l’information. Même en communiquant, la police et la gendarmerie n’auraient fait que s’embrouiller mutuellement.

    le problème est en amont: la ménagère de 50 piges, électrice de base de Sarko et de son clone Boris (mon Dieu qu’il est bo!) est craintive. Elle a voulu des fichiers obèses. Plein de fichiers obèses, car elle a peur de tout et ne veut rien oublier. Et elle les a eus.

    Et nous, les hommes, nous avons créé des systèmes d’info qu’on gave (il y a de plus en plus d’entrées mais peu de sorties: regardez les conditions d’entrée au FIJAIS par exemple et comparez les aux conditions de sortie, puis mesurez le temps qui passe). On a oublié qu’un fichier doit être chimiquement pur pour être utile. Sinon, c’est le grenier où on fout le bordel (le STIC).

    Alors, on peut toujours chiner dans un grenier: qu’est ce qui a de la valeur, qu’est ce qui n’en a pas? Mais ça prend un temps fou. Et pendant ce temps là, Tony se rapproche de Laetitia…

    Elle ne pouvait être sauvée que par un miracle (un miracle, c’est le contraire d’une catastrophe qui est elle-même un enchainement de petites causes qui s’accumulent progressivement pour se déchainer, le moment venu, dans un événement dommageable).

    On a créé les conditions de la catastrophe, elle s’est produite et on constate qu’on n’aurait pu l’éviter que par miracle. C’est si déplaisant comme constat qu’on coupe une tête (pas une grosse: un dirlo inter-régional de chez pas quoi dans la pénitentiaire).

    Primitif, quoi.

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 15:40

  117. Sur l’aspect miracle par exemple, il faut des Hercule Poirot ou des Miss Marple.

    Des gens capables de subodorer sur des têtes d’épingles (comme une plainte pour traitement cruel sur animaux par exemple) sans se laisser aller.

    En fait il faut relire la littérature policière.

    Commentaire par tschok — 24/02/2011 @ 15:53

  118. Yep. Dans le rapport de l’IGPN, on indique que les gendarmes, après la plainte de la belle-sœur, en septembre dernier, vont consulter les fichiers. Ils en consultent cinq: JUDEX, FPR, FVV, SNPC, et FNA. Et ça n’a rien apporté de spécial aux investigations en cours. J’ignore pour quelle raison le FIJAIS et le STIC n’ont pas été consultés, ni si ça aurait changé quoi que ce soit.

    On se rend bien compte ici à quel point la multiplication des fichiers nuit à leurs objectifs. Eux aussi, ils produisent à la fois du bruit et du silence.

    Et ne pensez pas qu’une interconnexion des fichiers serait simple à réaliser. C’est très très loin d’être le cas. C’est techniquement possible, si vous voulez, mais très souvent, on n’arrivera pas à établir simplement une passerelle. Pour fusionner deux fichiers, il faut en réalité les crasher, et en créer un troisième. Vous imaginez crasher l’ensemble de ces fichiers, pour les réunir sur un seul? Et vous imaginez le coût d’une telle opération? On parlerait en dizaines de millions d’euros, au bas mot, si ce n’est plus. Alors pour la… dizaine (?) de fichiers de police/gendarmerie concernés, et sans budget…

    Commentaire par Fantômette — 24/02/2011 @ 16:43

  119. « Alors pour la… dizaine (?) de fichiers de police/gendarmerie concernés, et sans budget… »

    Et alors, avez-vous une idée du coût que peuvent représenter les armées de hiérarchies: petites, grandes, moyennes, qui contrôlent tout, qui ne contrôlent rien, qui dirigent tout, qui ne dirigent rien et l’armada de crânes censée plancher sur des outils opérationnels ? A mon avis, là il y a den termes de moyens et de budget des marges invraisemblables.

    Franchement, je pense qu’en réalité il y a une sorte de prévention – au sens opinion préconçue et négative – à investir les salles des machines, parce que c’est ressenti comme trop ingrat, trop compliqué, trop source de conflits. C’est pour moi ce genre d’état d’esprit qui empêche, par exemple, la hiérarchie du SPIP de Nantes de demander un état précis des dossiers mis entre parenthèses, qui autorise à Couëron des gendarmes à ne pas acter des recherches.

    Contrairement à ce que dit tschok, tout le monde, le politique en tout premier, se fiche de la ménagère de 50 ans. Il y a une impuissance généralisée parce qu’il est bien plus difficile de se poser les vraies questions, celles qui ne font plaisir, et qui risquent de lever les tabous liés à des pratiques professionnelles. Tout le monde se contente d’un équilibre de surface, qui ne fâche personne, mais cependant très précaire.

    Et puis, même tschok, n’y croit pas une seconde à sa fable de la ménagère de 50 ans.

    Commentaire par Véronique — 25/02/2011 @ 05:38

  120. Bonjour Fantômette,

    Ben dans le cass des gendarmes, z’ont pas consulté le STIC parce que c’est la police, le STIC. Chez les pandores, c’esst JUDEX.

    Quelques chiffres:

    Le STIC, c’est 34 millions d’individus fichés pour une durée de 20 à 40 piges. D’après la CNIL seuls 17% des fiches sont exactes. On peut dire que c’est un fichier à la fois obèse et bordélique de type samaritaine (car, comme le disait la réclame « on trouve tout à la Samaritaine », mais à la condition d’avoir le temps=avoir que ça à foutre). Ce n’est pas un fichier chimiquement pur comme le FVV.

    Le JUDEX c’est 2,5 millions d’affaires, 2 millions d’auteurs et 8.000 consultations par jour.

    ARIANE, fichier commun police/gendarmerie doit fusionner les deux fichiers et était en cours de test en 2010 (ce qui est bien avec le bordel, c’est que c’est contagieux: le bordel police va contaminer le bordel gendarmerie et réciproquement).

    Il faut bien évidemment comprendre qu’un fichier de police n’est pas une protection: Il n’empêche pas une infraction de se commettre et son existence même suppose qu’une infraction a déjà été commise. En revanche, c’est un outil de base de toute répression ou oppression qui se respecte: il permet de retrouver plus facilement une cible, de l’enfant juif au voleur de poules en passant par le serial killer ou l’opposant politique.

    la création des fichiers en France a été compulsive. Je trouve ça amusant, car le verbe compulser veut dire aussi consulter. La compulsion est vraiment associée aux fichiers de police.

    Commentaire par tschok — 01/03/2011 @ 12:21


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