La Plume d'Aliocha

06/02/2011

Rêveries dominicales

Filed under: Réflexions libres — laplumedaliocha @ 16:56

Il est une habitude, adoptée récemment mais à laquelle je ne déroge jamais, celle de lire la presse hebdomadaire le dimanche matin à la terrasse du bistrot en bas de chez moi. « La lecture des journaux est la prière du matin de l’homme moderne », écrivait Hegel. Las ! Mon bistrot était fermé pour cause de travaux. Pour prier, encore faut-il un lieu de culte, et franchement, je ne connais rien de plus approprié à la lecture de la presse qu’un café. Je me retrouvai donc bien embarrassée, jusqu’à ce que je me souvienne de l’existence d’un autre bistrot accueillant, pas très loin, qui a en outre l’heureuse habitude d’offrir à ses consommateurs de la musique classique. C’était une violoncelliste ce matin. Une jolie jeune femme asiatique aux cheveux très longs, gracieusement penchée sur son instrument. Le spectacle était autant dans la rue qu’à l’intérieur de la terrasse couverte. Car à ma grande surprise cet instrument, certes magnifique mais aussi d’une tristesse infinie, attirait les enfants. C’est ainsi qu’en une heure je vis à peu près une dizaine de gamins, entre 4 et 6 ans, trainer leurs parents vers le café et coller leur nez à la vitre pour observer, fascinés, la musicienne.

C’est la beauté qui sauvera le monde, écrivait Dostoïevski…

De Tunis à la Jonquera

Pour ma part, j’étais plongée dans la lecture de Marianne. Et c’est ainsi que je passai sans transition de la révolution égyptienne à un article décrivant le fonctionnement du plus grand sexodrome d’Europe sis à la Jonquera, petit bourg catalan. D’un côté de la méditerranée on se bat pour la démocratie, de l’autre on se vautre dans le trafic des femmes. Ne vous méprenez pas, je n’oppose pas des peuples vertueux en lutte pour leurs droits à un Occident en perdition. Non, ce qui m’intéresse, c’est l’homme, et je crois qu’il est partout pareil, sublime ou répugnant, selon les cas. Mais dites-moi donc où l’on peut trouver pareil terreau à réflexion, si ce n’est dans un journal ? Je vous renvoie en passant au billet de mon ami Philarête sur la conception qu’avait Tocqueville de la presse. Page 23 du numéro de Marianne sorti cette semaine, cette citation en exergue :« Moubarak doit nous rendre notre liberté. On ne cèdera pas. Il ne nous fait plus peur, même quand il envoie ses milices pour semer la terrreur ». Page 62, cette déclaration d’un patron d’hôtel du sexodrome évoqué plus haut : « je fais oeuvre de service public : les hommes pensent avec leurs couilles. Perso, si je ne fais pas l’amour, je vire dangereux ». Le tout sur un air de violoncelle, la mort du cygne. Troublant. Plus loin, Nicolas Domenach raconte que Carla Bruni ne se sent presque plus de gauche. Ouf, nous revoici sur du solide, de l’idiotie crasse et réconfortante. D’ailleurs, Jean-François Kahn tente une synthèse : et si la France aussi se révoltait ? Et si nous étions dans une situation pas si éloignée de celle de l’Egypte et de la Tunisie ? Allez savoir…La comparaison m’a heurtée. J’ai songé qu’en France nous avions des problèmes de riches. Et si nous la faisions fonctionner notre démocratie, au lieu de la laisser péricliter pour menacer ensuite de la démolir ?  Un court article, toujours dans Marianne, s’enthousiasme pour Claude Alphandery, lequel appelle à un nouveau pacte civique en ces termes : « Il s’agit d’une nouvelle approche du changement de la société. Les signataires s’engagent à transformer leurs comportements en même temps qu’ils s’engagent à transformer la société toute entière ». Elle me plait bien, cette ambition là !

L’autre révolution

Mais voyons donc ce que l’Obs nous raconte du monde. L’heure du déjeûner approche. Je feuillette le magazine rapidement. Mon confrère Nicolas Arpagian évoque le rôle de Facebook et de Twitter dans les démocraties. Après avoir été accusés de les mettre en péril, voici qu’on les encense d’avoir rendu possible la révolution tunisienne. Et si c’était les deux faces d’une même médaille ? Je me demande bien ce qu’en penseraient Tocqueville  et Hegel. Page 66, j’apprends sous la plume de Sophie Faye que l’ancien journaliste et désormais député vert européen, Pascal Canfin, lance un Greenpeace de la finance. En clair, il s’agit de créer une ONG qui portera le point de vue de la société civile sur les grandes réformes financières, histoire de ne pas laisser le sujet entre les mains des lobbyistes bancaires. Il était temps d’opérer cette révolution douce !

Il est 13 heures. La violoncelliste a posé son instrument. Le serveur dresse le couvert pour le déjeuner. Je sors du café, mes journaux sous le bras, il est temps de s’affairer aux multiples tâches de la journée. Un peu étourdie à l’issue de cette longue rêverie silencieuse je me dis qu’au fond, Hegel avait raison. La lecture des journaux est bien la prière de l’homme moderne. Puissent-ils ne pas disparaître, mais s’installer aux côtés de cette nouvelle forme de « prière de l’homme moderne » qu’est Internet.

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40 commentaires »

  1. I’m Gonna Make A Change,
    For Once In My Life
    It’s Gonna Feel Real Good,
    Gonna Make A Difference
    Gonna Make It Right . . .
    I See The Kids In The Street,
    With Not Enough To Eat
    Who Am I, To Be Blind?
    Pretending Not To See
    Their Needs …
    I’m Starting With The Man In
    The Mirror
    I’m Asking Him To Change
    His Ways
    And No Message Could Have
    Been Any Clearer
    If You Wanna Make The World
    A Better Place
    Take A Look At Yourself, And
    Then Make A Change

    On peut s’enthousiasmer pour Claude Alphandery … ou pour Michael Jackson !

    Commentaire par Yves D — 06/02/2011 @ 18:58

  2. « La comparaison m’a heurtée. J’ai songé qu’en France nous avions des problèmes de riches ».

    Je ne sais pas dans quel monde vous vivez. Il y a des millions de pauvres en France. On a même inventé les travailleurs pauvres, des gens qui ont un boulot, un salaire… et qui pour certains couchent dehors parce qu’ils n’ont pas les moyens de se loger.
    Alors une bonne grosse révolte des gueux n’aurait rien d’étonnant.

    Aliocha : dans le même que vous, c’est-à-dire dans une démocratie, quand les peuples qui se révoltent espèrent précisément obtenir une démocratie comme la nôtre. De fait, comparer notre situation à la leur ne me parait pas forcément pertinent.

    Commentaire par Gilbert — 06/02/2011 @ 23:35

  3. Chère Aliocha,
    Pardonnez moi ce hors sujet, mais je m’intéresse depuis quelques jours au traitement de ce qu’il convient d’appeler la révolte des magistrats par les médias. Je remarque que si une grande part est donnée aux mouvements de report des audiences, il n’en est pas de même pour les explications de leur colère; de même, le soutien d’une partie des organisations syndicales de la police et de la pénitentiaire n’est pas relayé. Est-ce une difficulté des magistrats à communiquer? (je précise que ce n’est pas une critique…). Ou bien est-ce que le sujet est trop complexe pour être traité dans le peu de temps que consacrent les journaux au sujet (expliquer que, s’il faut vraiment trouver un coupable, il faut regarder du côté du manque de crédit, donc de la politique publique de la justice, plus que des personnes qui l’appliquent…)? Bref, j’aurais voulu avoir votre regard de journaliste, et d’ancienne juriste, sur ce sujet!

    Aliocha : je ne l’ai pas suivie de très près parce qu’au fond, elle ne m’apprend rien que je ne sache déjà. Ce que j’ai vu, c’est un retournement de situation, le gouvernement qui attaquait se retrouve lui-même attaqué sur la question des moyens, laquelle émerge enfin de manière bruyante et concrète. Question com’, c’est une belle victoire. Personnellement, j’aperçois deux problèmes. D’abord les magistrats en effet communiquent moins bien que les services du gouvernement. Et pour cause, ce sont les syndicats qui s’expriment, et ils n’ont pas de service com’. Donc cela dépend de la capacité des responsables à se faire entendre, sachant que les magistrats sont plutôt discrets et pas forcément rompus aux relations presse. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça les met en situation d’infériorité. Ensuite, toute révolte professionnelle est perçue avec défiance dans le public qui soupçonne toujours un réflexe corporatiste. A fortiori quand un gouvernement comme le nôtre passe son temps à casser du juge. En d’autres termes, il y a ce que les journalistes disent et ce que le public est capable d’entendre. Sa capacité d’adhérer au message et de s’indigner. C’est ce que je voulais dire dans ce billet en évoquant notre capacité à faire vivre notre démocratie. Maintenant j’ai le souvenir d’avoir lu et vu des reportages ces dernières années sur les conditions de travail affolantes des juges. Je crois que le plus utile journalistiquement n’est pas de les faire parler mais d’enquêter. Un magistrat qui dit « je manque de moyens », ça n’intéresse personne. Une caméra qui montre les locaux vétuste, les horaires infernaux des tribunaux correctionnels dans certains régions, ça fait du sens. Mais on en revient toujours à la capacité du public d’entendre le message et surtout d’en tirer les conséquences. Etant précisé en outre que si on dépasse le seul problème de moyens, il s’agit de domaines complexes, mettent en jeu des sujets passionnels, sujets sur lesquels précisément notre président s’amuse à titiller les mauvais sentiments (peur, désir de vengeance, exigence de sécurité à n’importe quel prix…).

    Commentaire par Elyssa — 07/02/2011 @ 00:10

  4. « J’ai songé qu’en France nous avions des problèmes de riches  »
    Mais si, Gilbert, nous avons bien (comme les Tunisiens) des problèmes de riches, comme on a des problèmes de dents, ou de fuites d’eau.
    Il faut soigner les fuites, colmater les dents et imposer les riches, pour éviter qu’ils ne s’imposent à nous, eux-mêmes, plus longtemps.

    Commentaire par Clafoutis — 07/02/2011 @ 00:42

  5. @ Aliocha et Elyssa,

    Tout à fait. Les revendications de moyens, qui renvoient à l’impénétrable complexité budgétaire, sont très abstraites.

    Le budget de la justice est supérieur à 7 milliards d’euros. C’est assez ou pas assez? Comment le savoir? Et comment savoir si l’argent est bien dépensé? Et si on rajoute de la dépense, est ce que ça servira à quelque chose? Quel sera le rendement de cette augmentation des dépenses? Sera-t-il croissant ou décroissant?

    Tout ça c’est abstrait, finalement.

    Et puis il n’y a pas que les moyens financiers et leur transformation en moyens humains et matériels par une structure plus ou moins efficace dans sa production d’actions. Il y a aussi la matière grise (la capacité à générer de l’organisation, si possible pertinente). C’est encore plus abstrait.

    L’architecture du système « justice pénale » est elle cohérente ou déconnante? Est ce qu’elle accroit les facteurs de risques ou est ce qu’elle en permet la maîtrise?

    On flotte dans le conceptuel et il est bien difficile de faire comprendre à quel point ces questions sont pourtant fondamentales.

    En revanche, la description par le personnel judiciaire, pénitentiaire et de police des conditions réelles de travail, dans le concret de la quotidienneté, est beaucoup plus parlante. On s’identifie beaucoup plus facilement, donc on comprend mieux, alors même que le discours sur l’insuffisance des moyens est réducteur et superficiel. Même si ça nous cause pas comme il le faudrait pour bien comprendre, ça nous cause.

    Elyssa, si vous cherchez à comprendre, allez chez Maître Mô ou Eolas (en lien dans la blogroll): vous y trouverez les posts rédigés par des magistrats et, sous ces posts, des coms de professionnels (noyés dans le bordel, mais c’est ça qui est bien justement). Le mieux c’est encore d’écouter ceux qui parlent et de voir les réactions que cela suscite dans un fil de dial ouvert à d’autres personnes que « ceux qui savent ».

    Ca permet de mesurer les distances qui séparent, accessoirement de comprendre que la démagogie a encore de beaux jours devant elle, mais surtout de percevoir que la crise est profonde et dépasse le simple problème des moyens.

    PS: Aliocha, c’est marrant, on vous sent un peu blasée sur le sujet. Pour ma part, cet épisode m’en a appris encore un peu plus sur l’institution. Rien de révolutionnaire, des petits détails, mais des détails importants.

    Commentaire par tschok — 07/02/2011 @ 10:42

  6. C’est vrai qu’il y a le meilleur et le pire dans l’homme.

    Par exemple, j’adore le violoncelle. La partition du violoncelle dans le trio n°2 piano-violon-violoncelle de Schubert est une pure merveille.

    Mais si vous saviez quelles idées traversent mon esprit de mâle quand je vois une femme jouant du violoncelle… 😉

    Commentaire par Mussipont (mais aussi Opération Aliocha sur Twitter en 2011) — 07/02/2011 @ 11:12

  7. @Tschok : Virtuel le budget ? Oui et non. Quand on dit que la France est 37ème sur 43 en Europe, ça parle : http://www.union-syndicale-magistrats.org/web/p356_la-france-au-37eme-rang-sur-43-pour-son-budget-consacre-a-la-justice.html
    Au moins théoriquement. Et si ensuite vous montrez les conséquences en pratique, ça devient carrément lumineux. Sauf que le public entend et vit la même chose avec l’hopital, l’école, l’université etc. D’où un effet de lassitude, le sentiment que peut-être c’est un problème de mauvaise gestion plus que de moyens. Moi ce qui me révolte, c’est le train de vie des élus au regard de l’incroyable pauvreté du service public. Tout est à revoir dans les finances publiques. Il faut moraliser l’utilisation de l’argent public à tous les échelons et surtout en haut, là où on ose penser et même dire « c’est normal que je me sucre aux frais de la princesse, mes talents seraient tellement mieux rémunérés dans le privé ». Eh bien faut y aller dans le privé mon gars, personne te retient. Ensuite sans doute améliorer la gestion du service public. Et de toutes façons augmenter le budget de la justice.
    Blasée moi ? Oui, un peu. Ou plus exactement déprimée. Voilà des années qu’on parle de l’insuffisance du budget de la justice sans que rien ne soit fait, excepté pondre des réformes qui coûtent cher et ne sont assorties d’aucun financement. Je désespère que ça change. Oui, franchement.En plus,je suis scandalisée par la manière dont on charge la justice de tous les maux. C’est si facile. En face, il y a 7000 magistrats qui ne pèsent rien électoralement et 50 000 avocats dont le métier consiste précisément à faire ch…l’exécutif la plupart du temps, même s’ils sont aussi des auxiliaires de justice indispensables. Vous noterez en revanche que quand les notaires parlent, tout le monde s’applatit. Auxiliaires de l’Etat… idem pour les experts-comptables. Eh oui, ça a l’air con comme métier, expert-comptable, mais ça vous assure que la base d’imposition des entreprises est exacte, alors on évite de les agacer ces gens-là. Surtout qu’ils sont plutôt de droite et qu’ils sont les conseils privilégiés du tissu économique français…
    Il y a des jours où tout ça me fatigue un peu, en effet.

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/02/2011 @ 12:13

  8. @ Aliocha

    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre. J’adhère d’ailleurs totalement à votre point de vue : les juges (et les autres d’ailleurs) peuvent parler, mais ne sera souvent que mal entendue: les magistrats ne peuvent normalement pas, ou peu, parler en leur nom propre (l’obligation de réserve oblige), et parlent par des syndicats qu’on va taxer de corporatisme… et je retiens cette idée: aux journalistes d’enquêter… mais pas seulement, d’ailleurs, puisque les citoyens vont venir siéger en correctionnelle: ils verront dans quelles conditions nous travaillons!
    Et je finis en disant que lectrice de journal papier, je prierai bien souvent encore!

    Commentaire par Elyssa — 07/02/2011 @ 13:18

  9. Aliocha, ne soyez pas déprimée. Tout ce qui se passe est passionnant.

    Nicolas Sarkozy est un démagogue qui instrumentalise les services publics (police justice) sans le moindre scrupule et dans le seul but de gagner les élections, même si cela doit conduire à un naufrage des institutions qu’il instrumentalise, ce dont il se fout comme moi de ma première paire de chaussettes. Bon, on la compris, je crois.

    Depuis combien de temps on n’avait pas eu un Tartuffe de ce calibre là dans la vie politique française? Il faut bien reconnaitre que nos réflexes démocratiques se sont émoussés. Nous nous sommes accommodés des petits Tartuffe qui, sans être meilleurs que lui sur le fond, soignaient les apparences. Lui, non. C’est cash.

    C’est un prédateur et le rôle d’un prédateur c’est de contribuer à l’amélioration de l’espèce. Si Sarkozy n’avait pas mis en œuvre une politique ubuesque en matière de gardes à vue, croyez vous que notre justice aurait d’elle même évolué comme elle l’a fait en quelques mois à peine?

    En se comportant comme un tyran républicain, qui a bien des égards fait penser à Ben Ali, il active les défenses immunitaires de notre société. Il nous rend à tous un énorme service. Il nous réapprend la démocratie.

    Comparons-le à Chirac par exemple. Chirac aussi était un mec violent en politique, un tueur cynique. Tout ceux qui l’on côtoyé ou qui ont étudié son parcours le disent. Lui aussi il mettait des gens sur écoute. Lui aussi avait créé des rézos (la Chiraquie à Paris), lui aussi mangeait de la rétrocommissions, lui aussi était dans les plans à la con. Lui aussi était menteur comme un arracheur de poils. Mais avec Bernadette, il passait bien. Ca ronronnait doucement. Il respectait les formes, alors ça passait. Et puis il a pris quelques décisions de portée historiques qui l’ont fait rentrer dans la catégories « grands hommes », dixit la patrie reconnaissante.

    Sarkozy, c’est le même genre, sauf que lui ne s’embarrasse pas de faux semblants:quand il joue la carte de la démagogie, il la joue à fond, sans se voiler la face, et place ceux qui veulent s’opposer à lui dans un rapport de force et après c’est le meilleur qui gagne.

    Bien sûr il est Prèz, donc ça lui donne l’ascendant direct. Il est pas con: quand on se met dans un rapport de force, on évite de s’en prendre à plus fort que soi, c’est la règle n°1. Sinon, on fait diplomate. Alors voilà, c’est un type de comportement où ça passe ou ça casse (toi pov’con).

    Ce qui est ennuyeux dans l’histoire c’est que la société française en sort un peu esquintée. Faut pas se leurrer: Nicolas Sarkozy n’est pas l’homme de la grandeur des autres. C’est la sienne qu’il recherche.

    Par ailleurs, c’est un mec de droite avec une idéologie de droite bien à droite. Donc, pas de surprise non plus de ce côté là. On pourra pas dire qu’il y a eu trahison sur la marchandise.

    En fait, c’est notre George Bush à nous. C’est l’aiguillon qui nous pique les fesses et nous oblige à bouger notre cul pour défendre ce en quoi on croit. Maintenant, attention: on joue gros dans l’histoire. S’il gagne, on vivra dans une société de merde, une société qui lui ressemble: le bling bling dehors, la paranoia à l’intérieur, dissimulée sous la Rolex.

    Des caméras partout, des flics partout, des fichiers partout, du chômage et de la pauvreté dans des zones confinées (le 9-3), des passes droits pour les puissants (Bettencourt), la mise en coupe réglée de l’économie publique (Woerth), le condominium Etat/grandes entreprises pour monopoliser les marchés, un grand désert médical pour les classes moyennes, etc.

    Bon, on le connaît le profil de la société sarkozienne idéale: si MAM est allée passer ses vacances en Tunisie, avec la clique Ben Ali, c’est qu’elle s’y sentait bien. Ca renseigne tout de suite sur le modèle de société que le gouvernement a en tête.

    (Sont chiants les Tunisiens! C’est des briseurs de rêves ces gens là)

    Bref, on a une vision très nette de l’enjeu si on perd le rapport de force. Et ça, c’est quand même un grand mérite de Sarkozy: nous mettre les yeux en face des trous.

    Commentaire par tschok — 07/02/2011 @ 13:25

  10. J’ajouterais que Sarkozy est tellement convaincu que les Français sont des boeufs qu’il n’hésite pas à supprimer des escadrons de CRS et de gardes mobiles.

    Certes, pour les CRS ça n’a pas marché parce qu’ils ont gueulé. Mais pour la gendarmerie mobile, c’est en route.

    Ben ça, ça montre que le mec n’a pas peur d’une réaction populaire: il peut se payer le luxe de supprimer le corps de manœuvre qui sert à mater les foules, vu qu’il est sûr qu’elles vont pas moufeter.

    C’est tout lui. Et ça ne l’empêche nullement, en parallèle de tenir un discours sécuritaire. On y va au bluff, quoi.

    Commentaire par tschok — 07/02/2011 @ 13:35

  11. @ tschok

    « Le budget de la justice est supérieur à 7 milliards d’euros. C’est assez ou pas assez? Comment le savoir? Et comment savoir si l’argent est bien dépensé? Et si on rajoute de la dépense, est ce que ça servira à quelque chose? Quel sera le rendement de cette augmentation des dépenses? Sera-t-il croissant ou décroissant?
    Tout ça c’est abstrait, finalement ».

    Un chiffre qui n’a rien d’abstrait : la France est 37ème en Europe (sur 43) en ce qui concerne la part de la richesse nationale consacrée à la justice. Perso, je préfère quand c’est au handball qu’on est champion.

    Aliocha : je rappelle que le schmiliblick est un oeuf et qu’un oeuf ne fait pas de politique ! Hein ? quoi ? Mais non je l’ai pas dit.

    Commentaire par Gilbert — 07/02/2011 @ 14:41

  12. @ tschok, décidément

    7 milliards c’est à l’évidence pas assez quand on voit où la justice en est pour remplacer un toner d’imprimante. Même si, comme dans toute la fonction publique, et ce n’est pas un jugement de valeur de ceux qui y participent, il y a un problème d’organisation de la dépense. Celui-ci est inhérent aux grandes structures en général, aux services rendus par l’état (on rend pas compte aux actionnaires mais aux élus, administrés, usagers, et parfois aux agents,…)au mode particulier de gestion des RH de la fonction publique, etc…
    Au handball ça marche parce qu’une vingtaine de types ont réussi, jusqu’à présent, à faire leur agiornamento. C’était déjà probablement pas simple.
    PS : une pensée pour Justicier Ordinaire qui me vient, il auraît peut-être aimé jouer dans l’équipe de hand de la justice ?

    Commentaire par NP — 07/02/2011 @ 15:32

  13. Les petits pois font tâche d’huile ! (désolée, pas pu m’en empêcher….) : http://www.20minutes.fr/article/665528/societe-la-fronde-juges-contre-nicolas-sarkozy-fait-tache-huile

    Commentaire par laplumedaliocha — 07/02/2011 @ 15:34

  14. Oups, à quoi ai-je la tête ? Je voulais écrire « je préfèrerais que ce ne soit pas qu’au handball qu’on soit champions ».

    Aliocha : je vous taquinais surtout sur votre info que j’ai donnée quelques lignes plus haut 😉

    Commentaire par Gilbert — 07/02/2011 @ 16:19

  15. « La lecture des journaux est bien la prière de l’homme moderne. »

    Ah bon. Et la prière, tout court, que devient-elle ?

    Parce que les journaux sont emplis de vide. Vide des infos, des perspectives, des faits, des brèves. Nous sommes gavés d’information, mais nous ne sommes pas construits. Faire le point à l’issue de la lecture d’un newsmagazine sur les apports d’un journal est un exercice assez cruel parce qu’il est assez rapide de montrer que cela pourrait au maximum se résumer à une demi-page. Entre les brèves qui ne servent à rien, les marronniers et les infos lues 100 fois, les pubs, les news people dont tout le monde se fout éperdument, les actualisations d’histoire déjà connue (ce qui est, c’est vrai, le but d’un journal 🙂 ) la teneur d’un journal pour l’enrichissement du savoir personnel est faiblissime. Mais pas nulle, parce que de temps en temps, des articles viennent rompre la monotonie et viennent clairement apporter des nouveaux regards, des idées, et des concepts jamais vus auparavant.

    Avant j’étais un fou furieux du journal. Maintenant, je suis un fervent du bouquin. Mais du bouquin qui enrichit, qui structure, qui apporte. Pas comme les infos, qui par définition, ont tendance à passer.

    PS : Allez, si je suis sévère, c’est parce que j’ai été comme vous. Preuve en est ce texte que j’ai relayé à une époque pas si lointaine, et qui me parlait pas mal, et dans lequel, je subodore que vous devriez vous y retrouver…
    http://abimopectore.over-blog.com/article-5352470.html

    Aliocha : il faudra que vous m’expliquiez un jour comment on peut être catholique et ultra ou néo, bref libéral de l’extrême. Franchement. C’est une question de posture, comme la lecture du journal que vous évoquez ?

    Commentaire par Polydamas — 07/02/2011 @ 16:57

  16. @ NP,

    Ben pourquoi « décidément »?!

    Si ça se trouve, 7 milliards, ça suffit. Mais peut être qu’il faut le double. Comment on a fait pour décider? Et… a-t-on décidé quelque chose, ou bien s’est-on contenté de dupliquer une dépense d’une année à une autre?

    La justice a un défi: ne pas créer de la dette. La justice est et a un coût de fonctionnement.

    Maintenant, on peut dire que c’est un investissement (perso, chuis d’ac avec ça et je pense que c’est une priorité idéologique de l’affirmer et de l’imposer, vraiment au sens strict: imposer. Impôt, quoi): mais la capacité d’investissement doit être corrélée avec la croissance. Comment fait-on quand la croissance est molle, c’est à dire comment fait on quand la croissance ne suffit plus à rembourser le capital et suffit à peine à couvrir l’intérêt, sauf à emprunter à nouveau?

    Ben on joue sur la productivité= politique du chiffre, dont on voit l’un des résultats en ce moment même. On demande des efforts à des gens qu’on va délibérément faire souffrir.

    Si vous voulez une justice qui ne coûte pas cher en temps de croissance molle, vous allez faire souffrir deux catégorie de gens:

    – Les justiciables

    – Le personnel judiciaire, pénitentiaire et de police

    Bon, on y est. On fait quoi maintenant? On a fait souffrir tout le monde, on a pas vraiment avancé. Ah si! On a des héros: Nicolas et sa meuf.

    Je les appelle Papa et Maman, car j’aime la république monarchique et les vraies histoires d’amouuuuuur (« c’est du sérieux »). Mais ils ne me feront pas bouffer. Ils vont bouffer sur moi.

    On a fait souffrir les gens qu’il fallait faire souffrir, on a honoré le prince et la princesse Nicolas et Carla, mais notre système continue à déconner et notre endettement à augmenter. On fait quoi, maintenant?

    Bilan: on a pas d’objectif, plus énormément de moyens, c’est le négatif.

    Au positif on a beaucoup de coupables potentiels. Historiquement, on a reconstitué notre stock de Juifs que Pétain a dilapidé pendant l’Occupation: sur le marché des victimes, le Juif c’est ce qu’il y a de mieux, mais il y en a plus de bons; Israel a beaucoup nuit. Et en plus, c’est très cher le Juif. Il reste quoi? La femme violée, ça ce tient bien. L’enfant violé aussi. Le Rom: une valeur avec du potentiel, mais il faudrait des camps pour que le cours démarre. On y travaille (les prochains récits historiques de souffrances estampillée Rom seront prochainement disponibles sur le marché). Le Musulman est pas mal, mais à l’international, il cesse d’être une victime et, après être passé par une phase « ennemi- choc des civilisations » qui a été très profitable devient un valeur second marché réservée à des connaisseurs. On a du Noir, ancien esclave avec beaucoup de culpabilité sur le commerce triangulaire et en France, nous avons un produit dérivé qui est très bien: l’intello nègre. On l’aime surtout quand il meure.

    Donc, côté victimes, on n’est pas dépourvu. On a refait le plein, c’est OK. Brice et Besson ont bien bossé.

    Mais côté projet d’avenir, y a rien.

    Vous!

    Dites moi ce que vous voulez. Pour vous, l’avenir, cékoi?

    Commentaire par tschok — 07/02/2011 @ 17:21

  17. Sous le commentaire 3 Mme Aliocha dit

    « Personnellement, j’aperçois deux problèmes. D’abord les magistrats en effet communiquent moins bien que les services du gouvernement. Et pour cause, ce sont les syndicats qui s’expriment, et ils n’ont pas de service com’. Donc cela dépend de la capacité des responsables à se faire entendre, sachant que les magistrats sont plutôt discrets et pas forcément rompus aux relations presse. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça les met en situation d’infériorité. Ensuite, toute révolte professionnelle est perçue avec défiance dans le public qui soupçonne toujours un réflexe corporatiste ».

    Lors de ses multiples confrontations avec les magistrats, Sarkozy sait bien cette inégalité des armes, et que le rapport de force lui est favorable. En premier lieu, il peut tirer parti d’une sorte d’hostilité atavique à la magistrature, fortement prégnante parmi nombre de nos concitoyens.

    De plus, il engage un débat facile pour lui et malaisé pour ses contradicteurs, où les idées claires mais bancales s’opposent aux idées complexes mais véridiques: lors de l’affaire Nelly Cremel – round de départ de la campagne électorale de Sarkozy – comment pouvait-on argumenter que la libération conditionnelle du meurtrier n’était pas objectivement une décision malheureuse?

    Les réponses apportées alors, ainsi que plus tard lors d’affaires similaires (1) ne pouvaient qu’être imparfaites, insatisfaisantes, voire inaudibles, surtout lorsqu’on les mesure à l’aune de la douleur des victimes.

    Il fallait un gourou de la communication, ou un sophiste de talent pour réussir à emporter la conviction des gens.

    Dans le cas d’espèce, la martingale s’est grippée, et les gens de bon sens se seront rendus compte qu’il n’y avait pas matière à engager la responsabilité de l’institution judiciaire avec la virulence manifestée par Sarkozy. Certains pourront même conclure à l’hypocrisie des promesses des multiples lois destinées à lutter contre la récidive, car dans le même temps que se complexifient les modalités d’aménagement de peine, les moyens accordés à la justice restent à la traîne.

    (1) le faible taux de récidive criminelle, l’esprit des lois qui accorde une chance à l’évolution positive de l’individu au prix d’un risque mesuré pour la société, la nécessité de préparer la réinsertion tout au long de la réclusion

    Commentaire par Switz — 07/02/2011 @ 17:56

  18. Bon,

    Oué Jalmad? Kesk’elle fout? Elle est en AG, elle est sur le trajet, elle fait son vin de noix, elle lit des BD insondables?

    Si ça continue, va falloir l’inscrire au FPR.

    Je sais pas comment vous pouvez penser sans information, mais moi, je peux pas. Et l’info, dans ce pays, c’est de la merde.

    Commentaire par tschok — 07/02/2011 @ 20:02

  19. @ Tschok : l’est en grève. RDV Nantes, jeudi, aurai arrosoir jaune.

    Commentaire par Jalmad — 07/02/2011 @ 22:19

  20. Bon sérieusement, c’est juste que je m’attendais pas à ce que vous parliez de ça ici, sous ce post qu’a quand même rien à voir….

    et pis, c’est quoi qui vous manque comme info ? z’avez parfaitement décrit la situation, là, dans votre post 9. Et vous savez ce qui est amusant, c’est que sur cette base, on peut même, si on est pessimiste comme moi, prédire l’avenir :

    – Fillon soutient Sarko, mais opère un petit glissement sémantique laissant entendre que non, Sarkozy n’a pas dit qu’il y avait forcément des responsables qui seraient sanctionnés, mais seulement que SI on identifiait des fautifs, ALORS ils seraient sanctionnés. Bon, ça c’est fait, ça date de ce matin ;
    – l’ensemble de la droite se mobilise pour appeler les magistrats à plus de « modération » et à ne pas « prendre en orage les justiciables » ; ça, c’est en court (cf les déclarations de Balkany and co) ;
    – Mercier fait l’édredon : il absorbe les chocs, temporise, promet sans promettre, un peu mais pas trop ; c’est lancé, c’est pour cette semaine ;
    – le gouvernement esquive en provoquant un autre buzz ; les petits pois rentrent dans leur boîte avec une enveloppe de crédit un peu rallongée, la satisfaction du devoir accompli et c’est reparti pour un tour.

    Commentaire par Jalmad — 07/02/2011 @ 22:27

  21. @ tschok

    Décidément, ça m’est venu parce que j’ai vu qu’on vous répondais par ailleurs voilà, sans plus.

    Ce que je veux ? Que les politiques pensent enfin qu’on n’est pas loin du mur et qu’il faut nous parler autrement. Surtout ceux qui gouvernent, parce qu’ils sont là pour ça et pas pour penser à leur réélection à J3 de leur mandat. D’ailleurs, ils devraient pas être réélus et aller dans le privé après ou dans le public, pourquoi pas, mais pour bosser ! J’ai ouï dire que, en afrique du nord, ils font la révolution parce que, entre autres raisons, ils sont maintenant assez éduqués pour demander qu’on leur parle autrement. Nous on peut peut-être passer au stade suivant, c’est-à-dire exiger que les paroles soient suivies d’effets autres que d’annonces.
    Ensuite, des moyens on n’en a plus trop mais faut pas dire qu’on en a plus du tout. Je fais bis au post d’Aliocha en 7. Je ne vis pas dans les tribunaux mais je suis persuadé que la-dedans tout le monde travaille avec des bouts de ficelle. Donc, plus de pognon pour plus de personnels, plus de salaires et plus de moyens, y compris les rémunérations d’aide juridictionnelle des avocats (faut bien que Mô ait sa coupette du vendredi et Eolas son match du Tournoi, vous chépa). Dans la police pareil. Et, je me mouille, dans l’Education Nationale aussi. Mais quelques contreparties, bien sûr, en termes de gestion financière et de RH. Bon, évidemment, pour satisfaire tous ces gens et combler ces dettes (mais quel service public a pour objectif de ne rien coûter ?), faudra en facher d’autres et vider quelques placards parci-parlà, transférer quelques délégations de service public à du privé vraiment contrôlé, demander aux salariés de cotiser à des syndicats qui pourront payer leurs permanents qui videront, ainsi que leurs copains ex-élus ou ex-conseillers ou ex-copains tout court, quelques sinécures de la République. Et je veux bien payer plus d’impôts (bon, ouais, je le redirai pas) le temps que tout ça soit remis d’aplomb.
    L’avenir cékoi ? Chépabien, et c’est bien le problème. Une p… d’élection dans un an et la garantie de tout entendre ? Je suis médecin maintenant depuis assez longtemps et j’aimerais que mes patients se disent qu’il est facile de me voir quand ils ont un problème, qu’ils ont confiance en moi pour les traiter ou les adresser là où on le fera humainement et techniquement de façon irréprochable, ou pas loin. Si je construis ça c’est déjà pas mal et ça me donne l’impression qu’on est un peu tous ensemble.
    Pour les coupables je suis pas fort, je vous laisse la négo avec Nico c’est plus dans vos cordes. Je vous suggère de l’orienter sur les néozélandais, j’aime bien le rugby et, tous en tôle, on auraît une chance de plus de gagner chez eux l’automne prochain. S’il était vachement sympa il y mettrait aussi les australiens, c’est tous d’anciens bagnards !

    Commentaire par NP — 07/02/2011 @ 22:55

  22. Jalmad en 2à :« prendre en orage les justiciables »

    Qui sème le vent…

    Commentaire par lambertine — 08/02/2011 @ 10:34

  23. Comme le soulignait Eolas dès lundi, Tony Meilhon aurait vu un conseiller d’insertion que sans doute ça n’aurait pas changé grand chose. Ce qu’a dit également le magistrat Didier Gallot hier soir sur le plateau de Mots Croisés. Mais Metzner relance la polémique en évoquant un mandat d’arrêt non exécuté.
    http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/affaire-laetitia-la-gendarmerie-mise-en-cause-915894/

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2011 @ 10:44

  24. Je crois que Mercier a perdu une occasion de s’offrir une belle posture politique.

    Il a choisi de prendre la défense de NS (sur le mode « nan, mais il a pas vraiment dit ce que tout le monde a entendu ») alors qu’il était plus en position de force qu’il ne l’a réalisé. Il pouvait prendre la défense haut et fort des magistrats (« braves petits soldats patati patalère qui font ce qu’ils peuvent avec le peu qu’on leur donne et qui font un travail admirable qui force l’admiration et qu’ils y aillent avec leur enquête interne, pas peur pas peur ») ce qui lui permettait de rester en position de médiateur dans le conflit actuel, et de ne pas s’aliéner les magistrats (ils n’auraient pas été complètement dupes, mais ils lui auraient donné crédit d’avoir pris leur défense). Il offrait en plus une belle occasion à son parti de faire entendre un son de cloche un peu distinct, parfaitement dans ses cordes, sur le sujet de la Justice, occase sur laquelle ils auraient certainement sauté (vu qu’on ne parle pas beaucoup d’eux ces temps-ci), et pour laquelle Mercier aurait pris un peu de visibilité personnelle – surtout s’il avait transformé l’essai en se montrant un peu plus qu’habile dans la gestion de sa propre mission (ou de la conception qu’il s’en fait).

    Ni NS, ni Fillon n’auraient eu les coudées franches pour le remettre à sa place compte tenu de la nécessité dans laquelle ils allaient se retrouver de rétro-pédaler discrètement.

    Quelqu’un comme Rama Yade n’aurait pas une seconde laissé passer cette occasion de briller, par exemple. Marrant. Mercier n’est peut-être pas assez narcissique.

    Aliocha : pour ce que j’en ai vu jusqu’à présent, il n’a pas endossé son costume de ministre mais est resté un parlementaire sympa et blagueur essayant de ménager la chèvre et le chou. Je ne serais pas surprise que, comme Dati, il prenne ses ordre de l’Elysée et se contente de gérer gentiment en attendant 2012. Je ne sais plus qui écrivait cette chose remarquable « l’ambitieux se rêve au faîte du pouvoir tout en s’aplatissant dans la boue du servilisme, c’est ainsi que l’on grimpe dans la même position que l’on rampe ».

    Commentaire par Fantômette — 08/02/2011 @ 10:45

  25. Moi je suis comme Polydamas, ce que je retiens c’est que vous avez séché la messe !

    Aliocha : m’enfin, c’est pas que le dimanche à 11 heures, la messe. En fait, ce que j’ai vraiment loupé, c’est le footing. La presse, c’est impérativement le dimanche matin, quand les cafés sont encore calmes, du coup, si je paresse au lit, peux plus faire et le footing et la lecture du journal. Résultat : paf le footing. Alors ne me compliquez pas tout avec la messe 😉

    Commentaire par Hub — 08/02/2011 @ 13:36

  26. @ Tous :

    Ne suivant pas complètement l’affaire dans la presse, est-ce qu’on a un retour du justiciable sur ce mouvement des magistrats. Le peuple paraît-il solidaire de sa justice ? (Jalmad, sur le terrain, quel ressenti ?)

    Commentaire par Gwynplaine — 08/02/2011 @ 13:48

  27. @ Aliocha :

    Z’avez qu’à aller à la messe dans la paroisse d’à côté, en courant. Vous sortez de là en allant au café, et hop, 3 en 1. (Mon grand-père lui aussi avait fait sauté la messe, mais l’avait gardé l’étape bistrot.)

    Commentaire par Gwynplaine — 08/02/2011 @ 16:20

  28. @ Aliocha :

    D’accord avec vous, il y a des messes très bien à 19h à Paris.

    Pour le reste, pas du tout, rien à voir avec une posture. Mais de profondes convictions. Vous savez comme moi que l’amour est la base de la religion catholique. Ce qui implique de suite la liberté. Nul amour ne peut être vrai si il n’engage pas deux personnes libres. Or la liberté, c’est la capacité à choisir un bien, quel qu’il soit, économique ou pas, même s’il est n’est pas aussi bien qu’on le pense, c’est aussi la capacité de se planter et d’apprendre dans la douleur. Pour les faibles comme pour les forts, l’idée étant que l’important est de préserver la capacité d’initiative de chacun, et que personne ne puisse détenir de monopoles trop importants sur un marché, et empêchent l’initiative de prendre le pas. Et si l’Etat est effectivement nécessaire au bien commun, je ne suis pas certain par contre que son intervention soit toujours justifiée, vu qu’elle entraine souvent des conséquences qui sont parfois pires que le mal. L’Etat n’engageant pas sa survie, il est de facto moins souple dans la recherche et la mise en œuvre d’opportunités.

    La base du libéralisme est là. Alors, autant je peux avoir un problème avec le libéralisme philosophique, autant le libéralisme économique ne me pose pas trop de problèmes (et ce, même si je sais bien que ces deux libéralismes sont liés, on a tous des contradictions), les scolastiques, avec notamment l’école de Salamanque, ayant montré qu’il n’était pas immoral de rechercher son profit en exploitant les différentiels d’information dans les situations que l’on peut rencontrer.

    Je ne suis pas d’accord avec toutes les idées d’Hayek, mais ce qu’il dit dans ce texte me parait tout à fait juste sur la nature d’un marché, et la souplesse requise par l’évolution économique.
    http://fr.liberpedia.org/L%27utilisation_de_l%27information_dans_la_soci%C3%A9t%C3%A9_par_Friedrich_Hayek

    Aliocha : Théoriquement. Le problème, c’est qu’on voit bien qu’en pratique cela se traduit par un appât du gain proprement délirant, un mépris total des autres sur le mode « qui baise qui ? », la conviction profonde que l’intelligence se mesure à l’aune exclusive de la taille du compte en banque, etc…Comment résolvez-vous cette difficulté ? S’agit-il de valeurs chrétiennes, au final ? Je pense personnellement que non. On est plus proche de l’adoration du veau d’or. Ce que je veux dire, c’est que le point de départ théorique peut, à la limite, se révéler compatible avec les valeurs chrétiennes, mais que le résultat, à l’arrivée, ne l’est pas. C’est donc qu’il y a une erreur quelque part. Je suis libérale, mais pour un libéralisme encadré, raisonné, surveillé. Je ne pense pas en effet qu’il y ait de meilleur système en l’état, sans désespérer toutefois que du côté de l’altermondialisme naisse autre chose, ce qui m’interpelle chez vous c’est votre côté néolibéral pur et dur. Vous voyez quand même que ça ne marche pas ? Vous ne pouvez pas me dire que les centaines de milliers d’américains chassés de leur maison, c’est bien ? Vous ne pouvez pas soutenir que les financiers de wall street qui consomment les putes comme d’autres un ice cream et qui se shootent à la coke comme moi au café, c’est idéal d’un point de vue chrétien ? Que les profs de Harvard qui se font payer par les banques pour produire des rapports sur commande, c’est correct ? Que les spéculateurs qui vont jouer sur le cours du blé sont inspirés par le message d’amour du Christ ? Franchement ? La liberté me dites-vous ? Mais laquelle ? Celle de se comporter comme un porc ? Alors dans ce cas, supprimez toutes les lois, et toutes les règles morales, allez jusqu’au bout de votre idée de la liberté. Il n’y a pas que les marchés financiers, dans votre logique, qui sont purs et parfaits, mais toutes les activités humaines. Pourquoi réserver cette merveilleuse liberté à la seule économie ? C’est partout qu’il faut l’étendre. Votre conception de la liberté est totalement incompatible avec toute forme de règle ou de valeur. Elle doit être absolue. Et vous savez ce qu’il y a au bout ? Le chaos et l’asservissement total.

    Commentaire par Polydamas — 08/02/2011 @ 17:04

  29. @ Gwynplaine : ben, disons que comme le principe c’est qu’on renvoie les audiences, ben on les voit pas les justiciables….Disons que de mon côté, comme je n’ai pas eu d’audience publique mais seulement des audiences de cabinet (= personnes convoquées dans mon bureau, le cas échéant avec leur avocat), j’avais pris les devants pour faire annuler les rendez-vous et donner une autre date par mon greffe. Donc je n’ai pas eu affaire aux justiciables. Donc je ne sais pas.

    Commentaire par Jalmad — 08/02/2011 @ 17:20

  30. Après MAM en Tunisie, Fillon en Egypte, c’est la curée…..
    http://info.sfr.fr/politique/articles/fillon-invite-par-moubarak-en-vacances,404729/?sfrintid=HCA_actu_actu_txt_mea1

    Commentaire par laplumedaliocha — 08/02/2011 @ 17:42

  31. @ Jalmad,

    Je guette l’arrosoir jaune!

    Commentaire par tschok — 08/02/2011 @ 18:24

  32. Pendant la révolution, les vacances continuent!

    Commentaire par Ozarmétcétaira — 08/02/2011 @ 19:27

  33. p’tain, dire que comme une conne j’ai raqué mes billets d’avion, que j’ai séjourné dans des hôtels pourris et que je me suis fait ch’ avec le bas peuple dans les bus, quand j’suis allée en Egypte, au Yemen, etc…. J’savais bien qu’j’aurais dû faire Ministre, il avait raison mon père : quitte à vivre dans une tour d’ivoire, autant passer des vacances de luxe aux frais de ses potes dictateurs ou de leurs aminches….

    @ Tschok : naaaan, désolée, j’y vais pas à Nantes, because of the gesund. Mais si vous voulez, j’prendrai quand même mon arrosoir jaune ce jour là.

    Commentaire par Jalmad — 08/02/2011 @ 21:35

  34. Pour faire de la paraphrase de dialoguiste célèbre:
    les électeurs ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait.
    Merci les électeurs.

    Commentaire par Ozarmétcétaira — 08/02/2011 @ 22:14

  35. En revenant de Nantes, Zadig Zadig…bah non mieux vaut l’ taire…

    Commentaire par Ozarmétcétaira — 08/02/2011 @ 23:04

  36. @ Aliocha :

    Que le système soit dévoyé par l’orgueil, la cupidité, les rapines, nul doute à cela. Mais je préfère, et de loin, un système où on permet plus ou moins à chacun de garder des initiatives, qu’un système de lois, de réglementations, où l’Etat est omnipotent, basé justement sur une idéologie contestable où on retrouverait de toute façon nombre de ces défauts. Et là, ce serait d’autant plus injuste que fondé sur le bien commun, il suffit d’être proche du pouvoir pour avoir la main sur l’économie. Tous les défauts que vous citez ne sont pas imputables au système mais à l’homme, c’est aussi idiot que cela.

    Si je puis me permettre, mettez vous dans le crâne qu’il n’y a pas de système économique idéal d’un point de vue chrétien, comme il n’y a pas de système politique idéal. Ce n’est pas le job de l’Eglise d’en définir un, mais son but, comme elle le développe dans sa doctrine sociale, c’est d’être une boussole pour tous les hommes, quel que soit leur système politique ou économique. Partant, je préfère uns sytème adulte où chacun doit assumer ses propres responsabilités, qu’un système d’Etat Providence qui infantiliserait les citoyens, et qui serait de toute façon à la masse pour encourager les initiatives. Tant que j’ai la liberté de faire ce que je veux dans mon coin, c’est le plus important.

    Aliocha : mais l’Etat est devenu partout Providence durant la crise, et en particulier aux Etats-Unis. Je n’ai pas entendu hurler les banquiers et assureurs que l’on sauvait. En revanche j’ai entendu hurler la banque qu’on ne sauvait pas. De fait, j’ai soudain du mal à comprendre ce libéralisme fondé sur la liberté et la responsabilité individuelle qui salue l’Etat quand il éteint les incendies mais qui l’envoie paître quand il veut mettre en place des systèmes anti-incendie. En fait, ce qui nous sépare vous et moi tient à très peu de choses. Vous croyez que la liberté suppose l’absence de règles. Je pense qu’il n’existe pas de liberté sans règles pour l’organiser.

    Commentaire par Polydamas — 09/02/2011 @ 11:39

  37. @ Polydamas,

    Ce qui est amusant, c’est que vous voyez le système qui dissimule l’homme dans une logique socialiste (« l’État omnipotent »), et que vous voyez l’homme qui dissimule le système dans la logique libérale (« les défauts que vous citez ne sont pas imputables au système mais à l’homme »). Miroir, mon beau miroir… il n’y a pas à dire: la représentation, c’est vraiment la clé. Voilà qui est « aussi simple que cela ». On devrait pouvoir conceptualiser les « représentations-écran » comme on parle de lois-écran.

    En général, quand deux arguments contradictoires se retrouvent à ce point là symétriques, c’est le signe d’une impasse. A partir de maintenant, vous êtes bloqué. La seule solution est oblique, il faut prendre une diagonale. Visez le réel.

    Commentaire par Fantômette — 09/02/2011 @ 12:13

  38. @ Fantomette :

    Je ne vous comprends pas très bien. Dans mon esprit, on retrouve les défauts cités par Aliocha dans tous les systèmes, le libéralisme est aussi matérialiste que l’interventionnisme socialiste. La vraie solution n’est pas une question de systèmes, mais d’hommes. Quel que soit le système, pour que ça fonctionne, il faudrait des saints, complétement investis par la notion de bien commun. Ce n’est pas le cas, et ne risque pas de l’être. Alors quid ?
    Et bien, je choisis le système qui me permet d’être le plus tranquille et le plus libre possible, de pâtir le moins possible des effets néfastes des monopoles et du pouvoir, et qui me laisse la possibilité d’être ce que j’ai envie d’être, c’est à dire le libéralisme.

    @ Aliocha:

    Bien d’accord avec vous, c’est pour cela que j’ai du mal avec les plans de sauvetage, bien des banquiers auraient du faire faillite pour leur connerie, le problème étant que les banques ont monopolisé à quelques unes le centre du système pour se gaver. Le GlassSteagall Act ne manquait pas d’intelligence. Et si je suis d’accord qu’il faut des règles juridiques, il faut aussi que l’Etat intervienne le moins possible dans l’économie. Parce que les subprimes, à l’origine, c’est quand même un système aberrant dans le remboursement de crédit mais aussi de fortes incitations étatiques pour faire accéder tous les pauvres à la propriété, ce qui est, à mon humble avis, une douce utopie.
    Et puis, il y a beaucoup, mais alors beaucoup plus extrémiste que moi en terme libéral. Vous devriez entendre les anarcho-capitaliste, je vous assure, ça vaut le détour. 🙂

    Commentaire par Polydamas — 09/02/2011 @ 15:24

  39. @ polydamas

    « Et bien, je choisis le système qui me permet d’être le plus tranquille et le plus libre possible, de pâtir le moins possible des effets néfastes des monopoles et du pouvoir, et qui me laisse la possibilité d’être ce que j’ai envie d’être, c’est à dire le libéralisme ».

    Dans votre système à la con, où est la liberté. Et la votre tout d’abord. Le premier con venu, du moment qu’il soit plus fort que vous, vous cassera la gueule et vous piquera tous vos biens. C’est ça votre liberté et votre tranquilité ? Moi, j’appelle ça la loi du plus fort, la loi de la jungle.
    Des types comme vous me font toujours penser à cette formule, toujours aussi juste : l’ultra libéralisme, c’est le renard libre dans le poulailler libre.
    Vous avez de la chance d’être anonyme. Des gars comme vous ne méritent qu’une chose : se faire braquer.

    Commentaire par Gilbert — 10/02/2011 @ 18:16

  40. Mais oui, Gilbert, vous êtes mignon…

    Commentaire par Polydamas — 13/02/2011 @ 14:24


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